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THE MUSEUM
OF«ftDEflNART
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Digitized by the Internet Archive
in 2012 with funding from
Media History Digital Library
http://archive.org/details/cina21pari
i
Numéro 1
6 Mai 1921
■^ £ • •£• Hebdomadaire Illustré 4 4 4
L. DELLUC et A. ROUMANOFF, Éditeurs
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NORMA TALMADGE
La forte et séduisante star de tant de drames d'écran reparait
cette semaine avec Dnus la Nuit. Cette image la montre dans
une scène de L'Ile Déserte (The isle of conquest).
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Amiel et André Obey.
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Bordeaux, petites et grandes dames à Deauville, étrangers à Paris, Parisiens à l'étranger; Nice,
Biarritz, Londres ; et jusqu'aux (êtes à Pétrograd, à Home et à Madrid, que Michel Georges-
Michel décrit d'une plume amusante et féroce et qui souvent dévoile d'étranges côtés de 1 Histoire.
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Petite Star. — Mae Murrav est l'in-
terprète américaine d'Anice, de Un Déli-
cieux petit din hit-, et de beaucoup de char-
mantes comédies où elle est souvent
remarquable : Mae Murrav est française
et a beaucoup de talent, et elle l'a prouvé
dans Papillons et dans Li-Hang-le-Cruel,
où elle fut supérieure à bien des stars plus
célèbres. Je ne sais pas pourquoi elle ne
troune pas davantage. Je le regrette.
Poppy. — i" Il est très exagéré de dire
que les intérieurs du Rêve ont été tournés
en plein air. et les extérieurs en studio. Il
est vrai que le Clos-Marie a été recons-
titué dans les ateliers de Neuilly. et aussi
le porche de l'église avec la petite place:
2" Vous préferez la Cathédrale de Blasco-
Ibanez ? Je comprends ça.
Lucien Fenestre. — Non. On peut «met-
tre en scène » sans être metteur en scène
et être un auteur qui réalise lui-même ses
idées pour être servi à son goût, sans
doute, h. H. Violet est un vrai metteur
en scène et non des moindres, avouez-le.
Le metteur en scène français le plus accom-
pli, est Maurice Tourneur, mais il reste à
New-York.
R. Th. — On a acclame Les Deux Ga-
mines. Mademoiselle, et vous vous en plai-
gnez? Et vous déplorez qu'on n'ait pas
acclamé L'Ame de Koura-San? Et que
diriez-vous si chaque épisode des Deux
Gamines comportait deux mille mètres
— et si L'Ame de Koura-San n'était pas a
l'affiche r... Je puis vous dire que les films
d Havakawa vont dans le monde entier.
Je n'en dirai pas autant des Deux Gamines.
Tout cela va bien, croyez-moi. et ce qu'il
faut obtenir est seulement ceci : qu'on ne
soit pas oblige de voir a la fois le ciné-
roman et le film d'envergure. Il est indis-
pensable de séparer les genres et de ne
pas traiter l'écran — ou plutôt l'attention
du spectateur — comme une boite a ordu-
res où l'on jette n'importe quoi.
Il v a des gens qui aiment entendre
Georgius et Georgel, et d'autres Chalia-
pine. Eh bien '.ces chanteurs ne paraissent
pas dans les mêmes établissements. Et il
en sera ainsi pour le ciné, un jour, bien-
tôt. Patience.
P. R. S. — Vous excuserez certainement
Cinéa de ne pas consacrer un article à la
censure. D'ailleurs, si personne n'en par-
lait jamais, il y a longtemps qu'elle aurait
disparu.
SuziE S. — Non Mademoiselle, ne faites
pas de cinéma.
Henriette G. R. — Il ne suffit pas d'être
belle pour devenir une star. Si toutes les
femmes qui sont belles devenaient des
stars — eh bien, mon Dieu, après tout,
ça ne ferait pas beaucoup de stars...
Fi.or d'ombra. — Lisez la dernière page
de Cine pour tons.
RENÉ B. — Naturellement, dans nos co-
lonnes tous les avis sont indépendants,
et je le crois, sincères: mais ce n'est pas
une raison pour ne pas vous faire un avis
personnel.
Marcelle Kahn. — Voyez-vous, il est
juste de ne pas aimer tel ou tel film, mais
il faut reconnaître sa valeur, s'il en a. et
sa sincérité.
Ginette F. — Mais non. mademoiselle,
ne faites pas de cinéma.
L'anonyme. — Comment voulez-vous
que le directeur de X-Palace sache que
vos amis et vous tenez à voir les films
suédois, si vous ne le lui dites pas?
Sœurs Patia. — i° Gladys Brockwell.
2" Je crois bien. Notamment dans un mélo
curieux qui s'appelait, me semble-t-il,
L'Irresponsable, et dont nous n'avons vu
qu'une copie infecte, mais qui nous a laissé
un vif souvenir.
Albert. — i° Oui. y Oui. y Peut-être.
4° C'est une reunion de gens qui ne peu-
vent pas se sentir et qui se font de grands
compliments. =," Comme dans le monde.
en effet. 6° Seulement, ils ne sont pas tous
bien élevés.
M. Blanc et Noir. — Tristan n'est pas
positivement anticinégraphique. Il y a la
manière de s'en servir. Mais non. ce ne
serait pas ennuyeux. Voyez Les Proscrits,
de Siostrom.
LIne rose. — Jack Pickford a débute en
iooq, a la Biograph Company dont sa
sœur. Marv. faisait alors partie.
Cow-boy 3. — Ne vous faites pas d'illu-
sion sur votre scénario. Vous le placerez
difficilement, quoi qu'il soit médiocre.
Nous en connaissons trois remarquables
(originaux, commerciaux et économiques,
parole d'honneur), eh bien, personne n'en
veut. C'est triste? Pauvre jeune homme!
Avez-vous lidée des difficultés d'un écri-
vain de talent à ses débuts? Il y eut un
nommé Jack London...
/.. /.. a. — Bon voyage.
s. y. — Non. non. non. Mademoiselle.
ne faites pas de cinéma.
Marie-Rolande. — Mais pourquoi vou-
lez-vous faire du cinéma? Faites des mé-
nages, c'est plus sur.
Louis Deli.uc.
THÉÂTRE DU COLISÉE !
Direction :
CINEMA
Téléphone : :
P. MALLEVILLE _«.-„- *, - ELYSÉE 29-46
— =g= — 38, Av. des Champs-Elysées
PROGRAMME 6 MAI AU 12 MAI
La Maison du Fantoche, dessins animés.
Picratt, danseuse I
Le Mentor, film d'aventures, avec William Hart
Gau mont- Actualités.
Dans la Nuit, comédie dramatique, avec
NORMA TALMADGE.
cinea
PROGRAMMES DES CINEMAS DE PARIS
du Vendredi 6 au Jeudi 12 Mai
2<= ARRONDISSEMENT
Cinéma de la Presse, 12s. rue Mont-
martre. — La Fleur des Indes, drame. —
Oh! ce baiser, comédie. — Voleurs de
femmes, 2e épisode. — Joe cbe% les cow-
boys. — Dacremont.
Parisiana, 27, boulevard Poissonière,
directeur M. P. Ruez. — Altkirch et ses envi-
rons, plein air. — Belle-maman, comédie.
— Agènor le bien-aimè, comique. — Pari-
si an a-Journal, actualités. — Le Lys brisé,
drame. — Chariot papa, comique.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. 2- Aubert-Journal, les actualités du
monde entier. — A travers la France, par
Ardouin Dumazet, auteur du Voyage ae
France, couronné par l'Académie Fran-
çaise. — Le long de la Durance. — Les
coulisses du cinéma, 6e série, documen-
taire. — Les joueurs, comédie dramatique
interprétée par Harrv Morey et Helen
Ferguson. — Gai... Gai .. marions-nous,
comique.
En supplément facultatif : Mysteria.
cine-roman publié par La Lanterne, 9e et
dernier épisode : La main qui punit.
Salle Marivaux, 15. boulevard des
Italiens. Les actualités de la semaine. — La
maison du fantoche, dessins animés. — La
canonisation de Jeanne d'Arc à Rome. —
Zidore ou les métamorphoses, vaudeville
interprété par Biscot. — Le centenaire de
Napoléon. — Les Barrais, jonglerie hu-
maine. — Dans la nuit, grande scène dra-
matique, interprétée par Norma Talmadge.
Omnia-Pathé, 5. boulevard Mont-
martre. Patbé-Jourual. — Gigolette, grand
drame parisien par Pierre Decourcelle.
adapté par H. Pouctal. i'c' époque : Les
ailes blanches. Canonisation de Jeanne
d'Arc, documentaire. — Supplément facul-
tatif. — Le Fauve de ta Sierra, 9° épisode :
Le Secret du Fauve.
3= ARRONDISSEMENT
Béranger-Cinéma. 40. rue de Bretagne-
— Un documentaire. — Travail, 2« épi-
sode : l'Apostolat (Pathéi, d'après l'œuvre
de Zola. — L'âme de Koura-San (Pathé).
comédie dramatique — Petit Pont. Frico-
tin et Coco (Pathe), comique, partie
concert. — Bréval. diseur fantaisiste.
Théâtre du Kinérama, y, boulevard
Saint-Martin. Archives 4'3-i6, directeur
M. Imbert. Le Mont Pilote, plein air. —
J'épouse ma veuve, comédie comique. —
Les Vautours, comédie dramatique. — La
chute de Rome, comique. — Ce veinard de
Georget.
4e ARRONDISSEMENT
Majestic, 33, boulevard du Temple. —
Quelques poissons. — Le Tourbillon, 2e' épi-
sode. — Le pantin meurtri. — Béguin
dAtlania. — Chariot ett Fait y. —
5' ARRONDISSEMENT
Chez Nous. 7(1. rue Moulïetard.
Directrice Mme Walltier. — Hors la loi,
(grand film du Far-West). ■ Monte-
Cristo, 1 ie épisode ; Le triomphe de Dan-
tès. — Billv chef de gare, comique.
Panthéon. [3, rue Victor-Cousin. Ri-
beauville. — La pieuvre, 5e épisode. —
Rançon de l'or, — Amour et loterie. —
Chariot et Fatty.
Saint-Michel-Cinéma. 7, place Saint-
Michel. Pathe Revue 11" S. — Actualités. —
Monuments de Sévi/le. — LA mi Fritr, avec
Huguette Duflos, de Max et Mathot.
Danton-Cinéma-Palace, 99-101, boule-
vard Saint-Germain. Pathé Revue. —
Chariot et son mannequin boxeur, comique.
— L'Homme aux trois masques, y épisode.
— Zidore et les métamorphoses, comique
joué par Biscot. — L'aveugle de Twin-
Fortb, comédie dramatique. — Gaumont-
actuatité.
III faut voir!
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"L'ami commun"
m
: ' ' Le pauvre amour
9 » ■
i "Le lys brisé"
| "Jeanne d'Arc" \
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: Ceci n'est pas i
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Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Le centenaire de Napoléon, reconstitu-
tion historique. — Le plus grand combat
national de boxe, Nilles contre Journée. —
Prince- Rigadin dans Le meurtrier de Théo-
dore. — Attraction : Les Poïliardys, pati-
neurs. — Le Rêve, d'Emile Zola. — Zidore
ou les métamorphoses, comédie comique.
6° ARRONDISSEMENT
Raspail, 91, boulevard Raspail. De
Moret éi Montiguv. — Pathé Revue. —
L'Homme aux trois masques. — Joe Gentle-
man. — Le Sphinx. — Chariot mitron.
T ARRONDISSEMENT
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet.
M. G. Moyse, directeur. Pulcherie au dan-
cing, comique. — La favorite du Maha-
radjah, 2- épisode : Le miracle de Brah-
mane. — L'homme aux trois masques,
2'' épisode : Le calvaire de Pascaline. —
Perebicol . le grand chanteur populaire de
l'Olympia. — Grand match de boxe, Nilles-
lournée. — Le Talion, grand drame.
8 ARRONDISSEMENT
Pépinière-Cinéma. (), rue de la Pépi-
nière. — La pèche dans les parages d'Hanoï.
— Neal Hart dans l'Abîme, comédie
d'aventures. — Pieratl danseuse, scène
comique. — L'Homme aux trois masques,
y épisode. — Pépinière Journal. — Le
Rêve, avec Signoret, d'après Emile Zola.
— Intermède : Maud'Hva.
Alcazar d'été, Champs-Elvsées. — Le
Duc de Reisehtadl. — Fatty au bain. -
Pathe Journal. - Pathe Revue.
9e ARRONDISSEMENT
A rtistic Cinéma, 61, rue de Douai. —
Central 81-07. Gigolette. ire époque. —
Beaucitron dentiste, comique. — Le Fauve .
de la Sierra, tf épisode : Le secret du
Fauve. -- Patbe-Jourual.
10e ARRONDISSEMENT
Folies-dramatiques, boulevard Saint-
Martin. — La reine des provinces (dernière
série). — L'homme aux trois masques,
y épisode. — Fatty aviateur, comique. —
Une savonnerie danoise. — L'aveugle de
Twiu-Fortb, grand drame. — Les chansons
filmées de G. Lordier. — Fernande^. —
Les chahas.
Cinépax. 30. boulevard Bonne-Nou-
velle. 10'* Pathé-Journal, actualités. — Le
Fauve de la Sierra. - - Pathé-revue. —
Gigolette, ire époque. — Beaucitron den-
tiste, scène comique.
Cinéma-Palace . 42, boulevard Bonne-
Nouvelle io1'. Une savonnerie danoise. — Le
Talion, dramatique. — La reine des pro-
vinces (dernière série). — Joe gentleman.
comique. — L'homme aux trois masques,
y épisode. — Les chansons filmées de
G Lordier.
Paris-Ciné. i7. boulevard de Stras-
bourg I0L\ Beaucitron dentiste, comique. —
Gigolette, T'e époque. — Pathé-revue. -
Le Fauve de la Sierra. — Patbé-Jourual.
actualités.
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8, boulevard Bonne-Nouvelle. — Le châ-
teau de Blois. — L'ingénieux ingénieur. —
L'étreinte de la pieuvre, [cr épisode : Le
chéri de la danseuse. — Napoléon ij(u;-
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Crystal Palace-Cinéma. (), rue de la
Fidélité, 96. faubourg Saint-Denis. Nord
07-59. Maître Evora, film français en
6 parties, interprété par Mme Régina
Badet. — L'ingénieux ingénieur, comédie
d'aventures en =; parties, interprétée par
Bert Lytell. — Travail dans une mine de
charbon. — Palace Journal . actualités de la
semrine. — Attraction : Pélado, champion
du déchirage de cartes. — La semaine pro-
chaine : /..■ Rêve, d'Emile Zola.
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Comique, du Théâtre Français et
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jours d'avance à j
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Artistic-Cinéma. 4=; bis, rue Richard-
Lenoir (place Voltaire. Bill en va-
drouille, comique. — Voleurs de femmes,
2* épisode — Rose Marv. la f ce aux pou-
pées, comédie dramatique.
Voltaire- A ubert-Palace. qç, rue de la
Roquette Auheri Journal. Les actuali-
tés du monde entier. — Pathé-revue, le
magasine de l'écran. — Mystêria, cine-
roman publié par La Lanterne, 9 et der-
sode : La main qui punit. — GeorgMe et
sou chauffeur, délicieuse comédie senti-
mentale, interprétée par Bessie Love. —
Gai... Gai., marions-nous, comique. —
Gigolette, grand drame parisien en quatre
époques de M. Pierre Decourcelle. irc
époque : Les ailes blanches.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace. 12, .uedeLvon. — Zidore
ou les métamorphoses, comédie comique. —
Le centenaire de Napoléon, reconstitution
historique. -- Le plus grand combat na-
tional de boxe, Nilles contre Journée. -
Attraction : Les Trobar's, dans leur nu-
méro : Le miroir brise. — Gigolette, grand
drame parisien en 4 époques. Première
époque : Les ailes blanches.
M1 ARRONDISSEMLNT
Orléans-Palace. 100 et 102. boulevard
[ourdan, 14°. Actualités Pathc. — Le Mont
Maudit, drame. — Le Tourbillon, 2e épi-
sode. — Chariot au spectacle. — Sur scène
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Splendide-Cinéma. 3, rue Larochelle.
Directeur M. Ch. Roux. — Les actualités
de Splendide-Cinéma . — Le Secret du ma-
gicien. — Mystêria, 8- épisode. — Zigoto
machiniste, comique. — Le Tourbillon,
grand ciné-roman, 2^ épisode : L'eau qui
tue. publié par Le Petit Journal. — Jeanne
d'Arc, film sensationnel, grande mise en
scène Grand film de C. B. de Mille, avec
Géraldine Fanar.
Régina- Aubert-Palace. i^î. rue de
Rennes. Aubcrt-Joiirnal, les actualités du
monde entier. — Mystêria, ciné-roman en
g épisodes publié par La Lanterne. 8e épi-
sode : Le Secret du magicien. — Bessie
Love dans Georgette et son chauffeur, déli-
cieuse comédie sentimentale. — Pathé-
revue, le magasine de l'écran. — Chris-
tiane Vernon et Georges Lannes dans Le
Traquenard, comédie dramatique.
Mille-Colonnes. 20, rue de la Gaîté.
La baie de San Alassio. — La pieuvre,
Se épisode. — Le Mont maudit. — Le
speces d Atlanta. — Chariot mitron.
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Grand Cinéma Lecourbe. 11s, rue Le-
courbe. Saxe ^6-4,. — Pour la première
t'ois : Le célèbre chanteur champion cy-
cliste : Perchicot . — Le roman d'un jeune
homme pauvre, d'après le roman popu-
laire d Octave Feuillet, interprète par
Pina Menichelli. — Voleurs de femmes.
4e épisode : La proie des vagues. — Le
Traquenard, film français de M. Maurice
de Marsan, interprété par Christiane Ver-
non et Georges Lannes. — Gaumont actua-
lités. — Jeudi 12 mai. soirée de gala or-
ganisée par l'Union Nationale des Com-
battants.
16 ARRONDISSEMENT
Théâtre des Etats-Unis. 56 bis, avenue
Malakoff, 16e. Les Deux Gamines. 8e épi-
sode : Parmi les loups. — May Allisôn
dAii^ un film d'aventures extraordinaires:
L'enlèvement de Miss Maud . — William
Hart dans Le message secret, comédie dra-
matique. — Chariot sabote le circuit.
Maillot-l'alace-Cinéma. 74, avenue de
la Grande-Armée. 16e. — Programe du 6
mai au o mai 1921 : A travers l Au-
vergne, plein air. - Mystêria, 9e et 10e épi-
sode : la main qui punit. — Fatty et Char-
iot dans le ring, comique — Les Carabeâ
documentaire. — Gigolette, |cr épisode :
Les ailes blanches Grand drame parisien
en 4 époques, de Pierre Decourcelles. -
Pathe Journal, actualités.
Programme du 10 mai au 12 mai 1921 :
Les laudes de Jutlaud. plein air. —
L'homme aux trois masques, v épisode :
l'Innocent — Picratl danseuse, comique.
— La Hèrissonne, documentaire. — Dans
la nuit, interprète par Norma Talinadgej
Eclair Journal . actualités.
Paladium de Paris. 83, rue Chardon-
Lagache et 3, rue Callot iboul. Exelmans).
Auteuil 29-20. Actualités Gaumont.
L'heure, documentaire. — Le Mentor
(William HartJ. — La canonisation de
Jeanne d'Arc. — Zidore ou les métamor-
phoses. — Salvator, diseur. - Lakitta,
jongleur antipodiste. — Le phoque « Bi-
chette », présenté par Bill v |udge. de
I'Alhambra.
Le 10 mai. soirée de gala : Les chanson-
niers de Montmartre : Xavier Privas.
Francine Loree. Gaston Secrétan. Balder.
Mévisto. Jean Varennes, Gaston Bertier
(2e prix du concours de chansons de
Comœdia) La deche est née, revue de
|. Varennes :
Mozart-Palace. 4c), 51. rue d Auteuil.
i(w. — Programme du 6 mai au i) mai 621 :
Les laudes de Jutlaud, plein air. —
L'homme aux trois masques, y épisode :
L'innocent. — La hèrissonne. documen-
taire. — Dans la nuit, interprété par
Norma Talmadge. — Eclair Journal, ac-
tualités.
Programme du 10 mai au 12 mai 1921 :
A travers l'Auvergne, plein air. — Mvs-
lena. 90 et dernier épisode : La main qui
punit. — Fatty et Chariot <laus le ring,
comique. — Les carabes, documentaire. —
Gigolette. grand drame parisien en quatre
époques, de Pierre Decourcelles. ireépoque :
Les ailes blanches.
17e ARRONDISSEMENT
Ternes-Cinéma, s. avenue des Ternes.
17e Wagram (12-10. Les iles Hawaï. — Le
Tourbillon, 3e épisode. — Pathe Journal.
— Fattv bistro. — Le championnat de
Franc de boxe. — La canonisation de Jeanne
d'Are éi Rome. — Dans la nuit, grand
drame.
Batignolles-Cinéma. 59, rue de la Con-
damine.
Programme nu 6 mai au 8 mai 1621 :
Concours de la reine des provinces. — La
lutte pour la vie. — Pathe Journal actua-
lités. — Tout se pave. — Le chéri de la
dadseuse. comique.
Programme du 9 mai au 12 mai :
De San Francisco au Japon. — Fattv
aviateur, comique. — Attraction : Joe
Grev et ses chiens, comédiens et acrobates.
— Gigolette, i'e époque : Les ailes blanches.
— Le duc de Reicbstadt, 2e époque : Sa
mort. — Pathé Journal actualités. — Con-
cours de la reine des provinces, série finale.
Cinéma Demours. 7. rue Demours. Di-
recteur M. F. Destannes. Les cascades de
J
cinea
1 Arc-eu-ciel, voyage. — L'Homme aux
trois masques, y épisode : L'innocent. —
Le Mentor, comédie interprétée par
William Hart. — Eclair Journal, actur-
lités. — L'ami commun, grand drame en
2 époques.
Splendid-Cinéma Palace. 60, avenue
de la Motte-Picquet. Métro La Motte-
Picquet-Grenelle. Saxe 65-03. Di-rection
artistique : G. Messie. Grand orchestre
Bymphonique : A. Leducq. Patbé Journal.
actualités au jour le jour. — Patbé Revue.
grand magazine cinégraphique. — Le
parasite du citron. — Vieille Alsace. —
Danseuse tunisienne. — Record de saut . —
Le lac majeur. — L'Homme aux trois
masques, 3e épisode : L'innocent. — Le
meurtrier de Théodore, d'après le vaude-
vile de Clairville. Brot et Bernard. Adapté
et mise en scène par Georges Monca, in-
terprété par Prince Rigadin. — La belle
daine sans merci, d'après l'argument de
Mme Hillel Erlanger. Adaptation et
mise en scène de Mme Germaine Dulac,
Agenorle bien aime. — Intermède : Comique
Thipp's. jongleur excentrique.
Tous les jeudis à 2 h. 1 2 : Matinée spé-
ciale pour la jeunesse, — La semaine pro-
chaine : à la demande générale, représen-
tation du Lys Brise.
Villiers-Cinéma. place Lévis, 21. rue
Legendre. Wagram 78-31. M. Paul de
Hermua. directeur. Les gorges de Dunaul.
plein air. — Le tailleur facétieux, scène
comique. — Mystêria, cf épisode : la main
qui punit. — Le destin rouge, drame avec
Van Drele. — Eclair Journal, actualités.
Lutetia-Wagram. 31, avenue de Wa-
gram. - - Les coulisses du cinéma, docu-
mentaire. — Cosmopolis, ciné-drame tiré
du roman de Paul Bourget. -- Le plus
grand combat national de boxe, Nilles
contre Journée. — Miriam Cooper dans Le
Droit chemin, étude de mœurs. — Gau-
mont actualités. — Voleurs de femmes.
grand ciné-roman en 12 épisodes. 4e épi-
sode : La proie des vagues.
Royal -Wagram, 33, avenue de Wa-
gram. — Le collier de sa Reine! fantaisie
burlesque. — Les Joueurs, grand drame
en 4 parties. — Picratt danseuse, film
comique. — Le centenaire de Napoléon,
reconstitution historique. — Gigolette.
grand drame parisien en 4 époques.
f0 époque : Les ailes blanches. — Patbè
Journal .
CJrand Cinéma, 147, avenue de Saint-
Ouen (près la porte Saint-Ouen). M. Mois-
set et Cie, directeurs-propriétaires. —
L'instinct qui veille, grand drame des
mers arctiques. — Le Tourbillon. 2e épi-
sode : L'eau qui tue. — Agenor et la main
qui vole, comédie gaie. — Actualités :
Patbc Journal. — Quelle est la reine des
reines des provinces, concours du Journal .
— Attraction : Les Montignv, chanteurs
tyroliens.
18 ARRONDISSEMENT
Barbes Palace. 34. boulevard Barbes.
Nord 35-58. Directeur M. !.. Garnier.
Jeanne d'Arc, reconstitution historique. —
Dans la nuit, grand drame d'actualité
avec Norma Talmadge. — Match fournèe-
Nilles. — Sélection du concours de la reine
des provinces. — Le centenaire de Napoléon.
L'Homme aux trois masques, 3e épisode.
Le Select. 8, avenue de Cliehv. — Gau-
mont actualités. — Voleurs de femmes,
grand ciné-roman en 12 épisodes. 4e épi-
sode : La proie des vagues. — Jeanne
d'Arc, grand film historique. — Les cou-
lisses du cinéma, doenmentaire. S'' série. —
L'Américain, comédie d'aventures. — Le
plus grand combat national de boxe.
Nilles contre Journée.
Grand Cinéma Ornano. 43. boulevard
Ornano. Directeur M. Viguier. Les plantes
artillcuscs. — Mystêria, 8- épisode. —
Neal Harl En soirée. — Picrals danseuse.
— Carmen. — Fait y et Chariot découchent.
Grand Cinéma Concert Ramey, 40 rue
Ramey (impasse Pers). L'instinct qui veille.
— Tombée du nid. — Actualités.
Marcadet-Cinéma-Palace, 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81 L'aveugle de Twin-Forth,
grande comédie dramatique tirée de la
pièce de Emerson -Hough avec Mlle
Marguerite de Lamothe. — Le Duc de
Reischstadt, la célèbre reconstitution his-
torique, 2<= et dernière partie. — Fatty aux
bains. — La reine des provinces : La reine
des reines. — De Sau-Francisco au Japon.
plein air. — Pathe-Joumal. Pathc-Rcvuc.
— Attraction : Le chanteur Montv.
Palais Rochechouart, 56, boulevard
Rochechouart. A travers la France, par
Ardouin Dumazet, auteur du Vovagc en
France, couronne par l'Académie Fran-
çaise. — La Provence pittoresque. — Mvs-
teria. ciné-roman publié par La Lanterne.
(/ et dernier épisode : La main qui punit.
— Cosmopolis, grand drame tiré du cé-
lèbre roman de M. Paul Bourget. de l'Aca-
démie Française — Aubert Journal, les
actualités du monde entier. — Gigolette.
grand drame parisien en 4 époques de
M. Pierre Decourcelle. 1™ époque : Les
ailes blanches.
19e ARRONDISSEMENT
Royal-Tandou. 31, rue Tandon. Mer-
veilleux glaciers de l'Etat d'Or égon. — Si-
mone Genevois dans La Sisane. — Enid
Benett dans Le Désert — Mister Koko
(attraction), le plus petit comique du
monde. — Ecumeurs du Sud, 8e épisode :
La main infernale.
Alhambra-Cinéma. 22. boulevard de la
Villette. Directeur-propriétaire M. Victor
Deunier. Contrebandier maigre lui. co-
mique. — Les Deux Gamines. 12e épisode.
— Actualités Patbé. — L'Homme aux trois
masques, ciné-roman en 12 épisodes du
Petit Parisien. - Le Rêve, de Zola. — La
lutte pour la vie. d'Alphonse Daudet.
20 ARRONDISSEMENT
Cinéma Gambetta [05, avenue Gam-
betta. /..' pauvre amour. — L'homme aux
trois masques, y épisode. — Déveine d'un
mercauli . comique. — Le Fauve de /,/ Si, rra
Y épisode.
Gambetta Palace, cinéma-théâtre, <>.
rue Belgrand (place Gambetta). Roquette
31-74. Gambclta-Joui ual. — Patbé Revue.
— Fatty et Chariot dans te ring. — Le
roman d'un jeune homme pauvre. — La vie
d'un prodige. — Eu intermède : Le célèbre
calculateur Inaudi.
Mercredi 11 mai. gala de comédie
Mme Suzanne Despres dans La Robe
rouge. 4 actes de M. Brieux.
Modern-Cinéma. 4, rue Henri-Che-
vreau. Cork et ses environs, plein air. —
Gladvs Leslie dans Sylvia, comédie dra-
matique en 4 parties. — Les ecumeurs du
Sud. ciné-roman en 10 épisodes. — Au
pays des Chrysanthèmes, drame en 4 par-
ties. — Une fameuse invention, comique.
- Les chansons filmées de Lordier.
Paradis Aubert-Palace. 42. rue de Bel-
leville. — Charlie Chaplin dans Chariot
récidiviste, comique. — MYsteria. ciné-
roman en g épisodes publie par La Lan-
terne. 8° épisode : Le secret du magicien,
- George/te et son chauffeur, délicieuse
comédie sentimentale interprétée par
Bessie Love. — Cosmopolis, grand drame
tiré du roman de M. Paul Bourget. de
l'Académie Française.
Belleville-Palace, 130. boulevard de
Belleville. — Gaumont actualités. — Quand
l'amour commande, comédie dramatique
en 4 parties. -- Attraction : De Rocroy,
dans ses créations. - - Gigolette. grand
drame parisien en 4 époque : i1"' époque :
Les ailes blanches. — Picratt danseuse.
film comique en 2 parties.
Féerique-Cinéma. 14b. rue de Belle-
ville. — Patbè Journal . — Fatty aviateur,
film comique. — Gigolette, grand drame
parisien en 4 époque. i'e époque : Les
ailes blanches. Attraction : Le trio
Pareutons. — Le Rêve, d'après Emile Zola.
BANLIEUE
Magic-Ciné. 1 bis, rue du Marché (Le-
vallois). Blanchette, d'après l'œuvre de
Brieux. adapte et mis en ecene par Hervil.
interprète par de Féraudy. Mathot. — La
Légende du Saule, fantatsie orientale avec
Viola Dana. — L'Homme aux trois masques.
2e épisode. — Norbert and Piétines.
Fontenay-Cinéma. S. rue Boucicaut
(Fontenav-aux-Roses). Tsoiu-Tsoin. détec-
tive. — La Caravane, interprétée par
William Hart. — Li's Deux Gamines,
40 épisode : La morte vivante. - Pulcbe-
rie. capitaine des pompiers.
Grand Cinéma National. 11(1. boule-
vard National (Ivrv-sur-Seine). Ivry-15.
Directeur Gaston Tournier. Histoire des
fourmis documentaire. — Mystêria, y épi-
sode : Le temple enseveli. — Le dernier
des Duanes, comédie d'aventures. — Char-
iot et l'étoile, comique.
Vlncennes Palace, rue de Paris-Vin-
cennes. Eu lutte avec les glaces. — L'Homme
aux trois masques. Colomba, Chariot et
Fait y.
cinea
Les Films d'aujourd'hui
Dans la Nuit, interprété par Nor-
ina Talmadge (Select Pic-turcs).
La plus grande gloire de Dans la
Nuit, sera certainement d'avoir rete-
nu quatre mois durant le visa de la
censure française et pour des raisons
dont la puérilité n'a plus le droit
d'étonner personne, après L'Homme
du Large, après Li-Ilang le Cruel,
après La Boue... Sachez pourtant que
les personnages de Dans la Nuit
portent des noms à consonnances
russes, qu'ils sont vêtus de fourrures
et de houppelandes et qu'ils promè-
nent leurs passions dans les paysages
de neige d'une «Illyrie»en proie à la
Révolution.
Vous avez tout à fait compris.
Ce drame nous montre Fex-prin-
cesse Marie en butte aux persécutions
amoureuses d'un nommé 'Semenoff,
ancien chef de la Police, qui, après
avoir renversé le Gouvernement, fait
désormais subir à tout le pays la
rigueur d'une implacable dictature.
La princesse Marie parvient d'ailleurs
à déjouer toutes les intrigues, à échap-
per à tous les pièges qu'on lui tend,
et après avoir vengé, comme il con-
venait, les victimes de Semenoff, s'en-
fuit en compagnie du bel officier de
la Cour avec qui elle fut naguère
fiancée et qu'elle n'a pas cessé d'ai-
mer.
Les péripéties de ce drame sont
assez bien enchaînées, mais la mise
en scène est plus médiocre que négli-
gée. Nous ne saurions accepter l'astu-
cieuse maquette qui doit nous révéler
la beauté mélancolique d'un village
sous la neige, non plus que le clair
de lune, où le fond clans lequel est
largement découpé un croissant sans
rayonnement est si malheureusement
éclairé qu'il ne saurait faire illusion
au moins initié et qu'on se croirait
soudain revenu aux fastes d'un Am-
bigu de province.
L'interprétation manque d'unité.
Les efforts s'y conjuguent mal et les
efforts n'atteignent pas à cette pathé-
tique puissance jusqu'où eut pu les
élever l'admirable talent de [Norma
Talmadge. A peine, clans une ou deux
scènes, pressent-on le jaillissement de
cette émotion qui nous secoua dans
La Secrétaire privée, Le Secret de
Dollg,La Cite défendue. Le Fantôme
du Passe.
En tout cas, la fable ne saurait
tromper personne; et si les auteurs
ont songé à une propagande quel"
conque, ils ont eu bien tort, car les
rapprochements qu'on pourrait faire
désarmeraient les meilleures bonnes
volontés.
Tel, Dans la Nuit est un mélo ni
plus ni moins mauvais que tant d'au-
tres auxquels, seule, l'interprétation
de Norma Talmage prête un suffisant
intérêt.
Léon Moussinac.
La Belle dame sans merci.
— Une actrice célèbre fut jadis
(quand elle était pauvre et obscure),
lâchée par un homme du monde qui
l'avait séduite ; devenue comédienne
en renom, elle se venge sur tous les
hommes qui lui tombent sous la
main et voilà pourquoi on l'a sur-
nommée « La belle dame sans merci »;
se retrouvant face à face avec celui
qui la fit tant souffrir, elle rend (et on
ne saurait l'en blâmer) le mal pour le
mal : elle dresse l'un contre l'autre
son ex-amant et son fils, pousse celui-
ci au suicide, et la femme de son
séducteur dans les bras d'un de ses
amis. Heureusement que, l'artiste
fatale partie, les choses reprendront
leur cours normal : la femme ne
quittera pas sa place au foyer et le
fils ne mourra pas.
La mise en scène de Madame Ger-
maine Dulac est très artistique et
contient de fort jolies trouvailles ;
excellente photo; interprétation par-
faite : Jean Toulout, Denise Lorys,
Tania Daleyme, etc. Il est seulement
dommage cpie le film soit un peu long
et alourdi par des détails inutiles.
Le Duc de Reichstadt.
Avec les éléments dont disposait le
metteur en scène de ce film, on pou-
vait, on devait faire un chef-d'œuvre;
au lieu de cela qu'est-ce qu'on nous a
donné? lue histoire fantaisiste qui
n'a qu'un rapport extrêmement loin-
tain avec la vérité ; on nous présente
d'abord un Aiglon imprévu : brun,
plutôt laid ; puis un Metternich
encore plus imprévu : il ressemble à
Charles Alstrup et ferait un valet
de grande maison tout à fait réussi ;
tous les personnages sont aussi ridi-
cules c] ue les deux précédents ; on ne
compte pas les fautes de mise en
scène : un tramway malencontreux
qui vient égayer un tableau un peu
morne, les cordes et les piquets qu'on
a oublié d'enlever dans les apparte-
ments, etc. (car, et j'arrive là à la
seule qualité du film), il est incontes-
table qu'il a été réellement tourné
clans le palais et le parc de Schun-
brunn et que les accessoires : caros-
ses, certains costumes, etc., ont une
grande valeur au point de vue de la
documentation historique. Mais c'est
tout ce qu'il y a de bien, hélas!
La Légende du Saule. — A
son tour, après Mary Pickford et tant
d'autres, Viola Dana se transforme
en une gentille petite japonaise éprise
d'un américain qui l'aime et finit par
l'épouser. Entre temps, elle nous
apparaît en princesse de légende,
épouse d'un guerrier antique. Tout
cela est très gentil, la légende est
jolie, l'histoire moderne, poétique et
originale ; c'est doué d'une très belle
mise en scène ; mais Viola Dana si
gaie, si vive, si primesautière, nous
fait un bien drôle d'effet en princesse
triste ou en petite marchande au
désespoir ; le rôle ne lui convient
altère.
La Fiancée de la Haine. -
Le sujet est essentiellement, profon-
dément américain : il est basé tout
entier sur la haine, le mépris des
Américains pour les hommes de cou-
leur, ou même simplement de sang
mélangé ; c'est dire qu'il nous semble
bizarre et monstrueux ; le fait cle
sacrifier sans scrupules le cœur et la
vie d'une jeune fille, simplement
parce que son maître la croit tille
d'une esclave, nous paraît vraiment
répugnant ; d'autant plus répugnant
que cela parait tout naturel à tous
les personnages du film ; quelle drôle
de mentalité ont ces gens-là I
Frank Keenan joue avec son talent
habituel le rôle du maître cruel ; miss
Marjorie Wilson est une gentille
esclave. La photo et la mise en scène
sont bonnes, sans plus.
Henriette Janne.
cinea
13
De "Rose-France" à "El Dorado"
Marcel L'Herbier est devenu Lin poète,
au sens hellène du terme : il crée. On
put craindre à ses premiers poèmes que
les vieux lvs préraphaélites de John
Ruskin et d'Oscar Wilde — ou du moins
de Wilde tel que les jeunes poètes se le
représentent — ne l'empêcheraient de
dormir. On imagina aussi de reconnaître
l'ombre de Paul Claudel derrière les
mœurs cinégraphiques modifièrent sen-
siblement le ton de ces essais plastiques.
Tels quels, dépouillés de leurs joyaux ou,
du moins, de leur atmosphère, ces thèmes
commencèrent d'imposer en France le
goût du conte visuel conçu, compris et
réalisé pour l'écran. Je ne doute pas que
la vision du Torrent, que la lecture de
Bouclette (à qui on aurait bien pu laisser
souples hymnes de l'Enfantement du
Mort, sa première œuvre dramatique.
Il est de pires idoles pour un jeune
croyant de lettres, et ce n'est pas mon
affaire, mais n'est-il pas curieux que la
tendresse éclectique de ce poète ait élu
avant tous autres des aînés décoratifs,
stylisés, visuels? Ainsi le cinéma, filtré
par un lyrisme « de beauté », pénétra
l'esprit de Marcel L'Herbier.
Auteur d'abord, il tache de trouver
cette formule directe et synthétique, in-
dispensable actuellement à la compréhen-
sion unanimiste des foules. Vous avez vu
le Torrent. Vous avez vu Bouclette. Les
exigences ou les douces habitudes des
son étiquette primitive : l'Auge de minuit)
n'aient eu certaine importance dans
l'évolution — devenue vertigineuse main-
tenant — de ce qu'on appelait le scénario
de cinéma.
Tout cela n'est rien. Poète, tu es arti-
san. Quand le poète se révéla artisan, une
chose neuve parut. Rose France est un
événement de notre art muet. Ce film-
poème a paru sur peu d'écrans, Il a été
sifflé par le public. Les journaux l'ont
traîné dans la boue. Peu de spectateurs
ont consenti à ne pas voir les gaucheries
un peu agressives de ce début. Bien peu
ont compris l'importance de l'effort. La
première tragédie de Racine a dû scanda-
liser les amis de l'antique — parce que
trop soudainement française. Rose-France
pour la première fois, réalisait une ciné-
graphie française, mais les Français
perdent tellement de temps a maudire
les étrangers qu'ils ne s'aperçoivent pas
Cliché ftys-Film
Jaque Catklain Mlle Aisse
dans ROSE-FRANCR
-
14
Une des visions à flou partiel de L'HOMME DU LARGE 61- Gaumont
cinea
dus. etc.), virtuosité technique ou
L'Herbier prodigue sa maestria d'inven-
teur et de prospecteur, mais il vaut
mieux qu'on lait émondé de ce luxe troa
vif encore pour des spectateurs mal pré-
parés. L'Homme du Large est un succès.
La censure l'a sabote. Cela suffit a
confirmer sa réussite et sa valeur.
Enfin Pilla Destin va fondre en une
heure d'humour les dons somptueux;
ironiques et parfois contradictoires de ce
poêle des images animées. Une sorte de
sécheresse mathématique, un mouve-
ment de jongleur anglo-saxon, un rvthme
parodique ou perce comme involontaire-
ment de lasensibité, un air de se moquer,
des choses qu'il faut nous faut faire aimer,
bref on ne sait pas si c'est un théorèmej
un poème, une toile vivante, — un film.
Il me semble que là encore peu compren-
dront. Mais l'apparence du film permettra
que ce malentendu prenne une allure de
succès. Ainsi les exigeants et les igno-
rants seroue satisfaits à la fois, C'est un
des secrets du cinéma. En tous cas, Villa
Destin donne son prix véritable à une
des découvertes de leur pays. L'important
est que Rose France ait attiré des intellec-
tuels au cinéma, converti des artistes,
encouragé des chercheurs, éclairé des
tourmentés.
Depuis, la manière de Marcel L'Her-
bier s'est épanouie. Développant ses dons
de peintre et de technicien, de composi-
teur, voulais-je dire, il a minutieusement
étudié le détail orchestral et s'est rap-
proché du stvle symphonique de l'en-
semble. Le Carnaval des Vérités nous a
séduits et aurait connu le triomphe des
monstres d'art si l'auteur n'avait pas
sacrifié le rythme ou le caractère que
demandait le scénario. Thème insigni-
fiant, exécution à la Stravinskw il v eut
là un désaccord tout,à fait inutile.
L'Homme dit Large conjugue plus heu-
reusement la conception et la réalisation.
Aéré, vigoureux, bien vivant, le drame a
un style étoffé qui entre à son aise dans
l'attention de la foule. La première ver-
sion comportait des raffinements excessifs
de présentation (cadres, titres, fon-
1
Il '
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•
mm.
Hallys Feeld Paillais Bouddha Cliché GaumoDi
dans une des scènes parodiques de VILLA DESTIN
Bob Scalon et Lili Samuel dans VILLA DESTIN Cliché Gaumonl
tentative d'art visuel qui est une maîtrise, je veux dire un
outil puissant aux mains d'un artiste.
El Dorade ajoute à ces efforts brillants une somptueuse suite
en décors majeurs où la virtuosité s'assouplit et cherche une
âme. Le moment est-il proche ou Marcel L'Herbier ne sera
plus « le premier photographe de France » selon l'expression
d'un admirateur piquant ? Souhaitons-le pour notre joie et
pour son art.
Mais nous ne lui reprocherons point d avoir été un photo-
graphe puisqu'il fut photographe prestigieux et puisque la
photographie qui n'est pas du cinéma est un généreux prélude
au style cinégraphique.
Louis Delluc.
LE FILM RUSSE — M"c' BOLDIREFF
dans une scène de La nuit du 1 1 Septembre (Ermolieff-Film)
LE FILM AMERICAIN — LOUISE GLAUM
si émouvante dans Pour sauver sa race, reparait dans La Honte
et bientôt dans Expiation.
EVE FRANCIS
dans le nouveau film de Marcel L'Herbier : El Dorado dont elle vient de créer le principal rôle.
Déjà dans l.,ih\'lr Espagnole elle synthétisait l'Andalousie passionnée dont elle évoquera de
nouveau, dans un prochain film en préparation, le rythme et la saveur.
cmea
MAE MURRAY
dont on a beaucoup goûté, à New-York, la
charmante création du Lys Dore, son nou-
veau film, qui dépasse en grâce et fantaisie
les visions aimables d'Anice et de Un déli-
cieux petit Diable.
En Amérique
Le monde du Cinéma s'agite et se
plaint, en Amérique comme ailleurs
— excepté en Allemagne où l'on se
contente de travailler et de prendre
la place des autres.
Tout d'abord les éditeurs cons-
tatent — ce sont des choses qu'on a
entendu dire, niais auxquelles on
ne croit que lorsqu'elles vous ar-
rivent à vous — qu'il ne suffit pas de
s'outiller en vue de produire tant de
pieds linéaires — ou cubiques —
pour que les loueurs les achètent et
que les exploitants les projettent
Mais cela se tassera ; on nous affirme
même que la crise ne pourra que
profiter à la qualité des films améri-
cains. Attendons.
Un autre danger, et la question se
pose, dans les mêmes termes pour
tous les pays, est signalé par Lionel
Barrymore dans un récent inter-
view (1). C'est la différence de goûts
entre le public populaire et provin-
cial, qui adhère essentiellement à
certaines conventions, à certaine es-
thétique, qui tient à ce que le film
soit moral et finisse bien, et le public
des villes qui réclame quelque chose
de plus âpre, de plus corsé, de moins
conventionnel (étant admis qu'il y a
moins de convention, par exemple,
dans Zola que dans Octave Feuillet).
Comme on ne peut faire de films
destinés au petit nombre et qui
seraient du caviar pour le peuple,
on est obligé de sacrifier le caractère
profond des œuvres. Voici par
exemple les romans de Joseph Con-
rad : comment faire accepter au
public du cinéma sa vue amére et
désespérante de l'existence? On
hésite à relire Victory, tellement ce
livre puissant vous laisse découragé,
abattu, pessimiste; quand Maurice
Tourneur a transposé le roman pour
l'écran, il a fait marier les héros à la
fin, tout comme dans un Salammbô
de néfaste mémoire. Et l'on considère
qu'il lui a fallu un véritable courage
pour ne pas conclure de la même
manière son récent film, Le dernier
des Mohicans.
Dans le même magazine, 'William C.
de Mille (frère de Cecil 13., mieux
connu en France) est plus rassurant ;
il prévoit que nous aurons sous peu
des films lyriques, épiques, drama-
tiques, composés par des écrivains
différents, s'adressant à des publics
■—■■ ■
18
cinea
différents. Mai» il ne parait pas
s'arrêter au côté commercial de la
question.
En Amérique comme chez nous
sévit enfin la Censure, et pour la
même raison; on considère que le
cinéma ne doit comporter que des
spectacles accessibles à un public
enfantin, que l'idéal serait de mettre
en film le dernier discours sur les
prix de vertu.
11 paraît sans intérêt d'annoncer à
nos lecteurs la mise en cliantier de
films qui ne verront peut être jamais
le jour; nous ne parlerons donc que
des œuvres achevées, présentées,
soumises à la Critique.
La plus notoire, parmi les récentes
est The Kid (Le gosse) de Charlie
Chaplin, qui comporte une touche
pathétique plus marquée que les
œuvres antérieures du maître. On
donne comme particulièrement réussi
le rêve où il est transporté au ciel.
Nous avons cité tout à l'heure Le
dernier des Mohicans de Maurice
Tourneur. Le roman de Cooper est
resté célèbre en France; il arrive
même qu'on le lise, et avec plaisir.
La transcription est exacte, pitto-
resque, et l'interprétation générale-
ment bonne sans avoir rien de stel-
laire.
Griffith reste fidèle à Limeliouse, au
livre de Thomas Burke et aux récits
des quartiers pauvres de Londres.
Le dernier film de cette série est
Flaming Lamps, qu'interprète Carol
Dempster.
La Reine de Saba et Le Lys doré
permettent d'admirer sans voiles,
parmi des cadres somptueux les
corps charmants de Betty Blythe et
de Mae Murray, et La lumière
d'amour ne fournit point à Mary
Pickford l'occasion de se surpasser.
Et maintenant Dieu seul sait à
quel moment, sous quels titres, et
avec quelles déformations nous pou-
vons espérer voir tout cela. A cet
égard nos confrères techniques nous
donnaient quelque espoir en an-
nonçant que, grâce au manque
d'expérience des opérateurs, les
vieux films se détérioraient très rapi-
dement. Mais, hélas! les éditeurs
doivent avoir conservé les négatifs...
Pour être complets nous devrions
mentionner les mariages et les di-
vorces des étoiles. Mais il semble
qu'on pourrait simplifier la question
en suivant le principe du planton
qui « attendait le contre-ordre ». 11
sera toujours temps d'annoncer un
mariage si le divorce n'est pas inter-
il n'y aurait plus ni romans, ni scé-
narios de films; mais sur ce dernier
point, cela ferait-il une grande diflé-
venu avant l'année prochaine. Il est- rence avec l'état de choses actuel?
vrai que si l'on suivait ce principe. Lionel Landry.
SESSUE HAYAKAWA
qui n'est plus seulement pour nous « le Japonais de Forfaiture », niais le
mime aigu qui a marque dune forte et subtile personnalité ses rôles de
Œil pour œil, Le Temple du Crépuscule, £1 Jaguar, Hara-Kiri, L'Ame de
Koura-San, Amour de Geisha et Pour l'Honneur de sa Race*
~z
l'irritante cadence
De l'Espagne farouche et tintante qui danse
0 misère animale, active, Iriompliunte,
() saveur île la pauvreté,
sous le ciel des guerriers, des trônes, des infantes.
/mus le brasier bleu de télé!
Huns ce royaume d aryenl noir
La Vierge luit comme un miroir...
() palais calme comme un vase,
/'amis, plafonds coloriés,
Frais salons de parfums rayés
Ou l'âme cric ri meurt d'extase
les palais d'été
Ombragés du hois noir des arbres,
Ou l'eau s'endort, contre les marbres
Du sommeil de la volupté!
Comtkssi Mathieu de Noailles.
JAQUE CATELA1N
dans le rôle du jeune Suédois Heedwick
EVE FRANCIS
dans le principal refle
de la Danseuse Andalouse Svbilla
MARCELLE PRADOT
dans le rôle d ' 1 1 1 i a n a
Les interprètes d'El Dorado le
grand film que Marcel L'Herbier
vient de tourner en Andalousie.
cinea
l'IlilTO Ml Mil i \MH:\
ELENA SAGRARY
Une nouvelle star franco-slave, qui s'est brillamment essayée
avec le rôle saisissant de l'«Orientale» dans La Bouc et qui
tourne le personnage principal dans Jettatura.
cinea
CHARLIE TRAVAILLE
Voici en plein labeur l'humoriste aigu de Une Vie de Chien et
de Chariot Soldat. Il vérifie la prise de vues, comme il vérifie
interprétation, costumes, décors, lumière des productions dont
il imagine la joyeuse âpreté. Son nouveau triomphe est un
grand film, tout d'humour et d'attendrissement, The Kid.
20
cinea
M
Le Cin
FILMS
éma allemand
M
CUBISTES
jkt i
jK
Il y a en Allemagne des dizaines
de maisons du rang de Pathé et de
Gaumont : maisons qui représentent
dans le monde eette troisième indus-
trie nationale, maisons d'exportation,
maisons depropagande, cotées comme
des usines et des fabriques de maca-
ronis, selon leur rendement, la lon-
gueur kilométrique des films, la
célébrité théâtrale d'une étoile, le
rang académique d'un auteur, etc.
Nous ne nous attarderons pas à ces
maisons de commerce : contentons-
nous de citer le trust le plus impor-
tant et le plus influent « Ut a », dont
la marque est connue dans le monde
entier, sinon en France. Son dernier
atout notamment fut effarant : un
des rares films européens, qui fut
non seulement agréé en Amérique
mais qui récolta un succès artistique
et matériel très grand : Madame
Dubarry, un épisode de la grande Ré-
volution française, porte l'estampille
de cette firme allemande.
Il est évident d'ailleurs, que la vie
cinégraphique d'outre-Rhin ait suivi
les mêmes péripéties cpie celle des
autres pays, dont la plus grave erreur
fut et est encore la transposition pure
et simple d'une pièce du théâtre à
l'écran. De eette erreur sont nées
toutes les méprises des metteurs en
scène dés les débuts de ce nouvel art.
Or, il y a partout déjà quelques
esprits lucides, qui comprennent que
et' chemin n'est qu'un cul-de-sac et
que, pour atteindre â des réalisations
plus adéquates â l'art « de la lumière »,
il faut changer de fond en comble,
les règles et habitudes déjà trop
enracinées. Cela est difficile, plus
difficile qu'il ne paraît au premier
abord. Car la théorie ancienne est
dès maintenant trustée, capitalisée,
immunisée : la renverser nécessite
une révolution tout aussi grave et
dangereuse et épineuse, que la natio-
nalisation ou l'électrification de che-
mins de fer: et ce n'est pas l'ancienne
idée mais l'ancien matériel qui s'op-
pose à tout renouvellement.
Devant cet état de choses, l'on
comprendra aisément que la réalisa-
tion d'une nouvelle technique ciné-
graphique ne peut être tentée que
par des jeunes. En France, le « Film
d'Art » et certains artistes groupés
ont pris cette voie, avec des succès
alternants avec l'énévitable pénurie
de capitaux. lien est de même ailleurs.
Cependant il semble qu'en Allemagne
on soit toujours plus ouvert aux
suggestions de la jeunesse, les prota-
gonistes d'une forme nouvelle d'art
cinégraphiqueont constitué certaines
associations qui vont vers une réali-
sation de grandes découvertes. Citons
entre autres la ïlag, la Neos, la Dê-
cla, film Gesellschaft,
Tout l'art moderne allemand qu'on
appelle depuis dix ans exprès.
sionniste, était prédestiné à emboî-
ter le pas au film, car son essence
même était l'évolution de l'action,
l'abandon de la phrase (autant que
possible): c'est ainsi que les pièces
de théâtre des poètes expressionnistes
réduisent au minimum les paroles des
personnages, ne leur font dire — en
mots hachés et découpés — que le
strict nécessaire, mais, par contre,
concentrent tout l'intérêt du drame
dans l'action des figures. Alors : de
là au film, il n'y avait qu'un pas, iné-
vitable.
La meilleure preuve fut donnée par
une pièce célèbre de Georg Kaiser :
Du matin à minuit écrite et prépa-
rée entièrement et sans aucune
arriére-pensée pour le théâtre, mais
dont l'adaptation au cinéma fut une
vérité nécessaire et immédiate.
Dans le court espace d'un jour, du
« matin â minuit », s'accomplit la
destinée entière d'un homme, d'un
caissier de banque, de cinquante
ans, qui a femme et enfants, mais
qui, un beau matin en voyant la
main rose et parfumée d'une femme
lui tendre un chèque â son guichet,
comprend toute l'étroitesse de sa vie
morose, et s'embarque dans une nou-
velle existence. Il vole les soixante-
mille francs de la caisse et s'imagine
pouvoir maintenant vivre, vivre, â la
façon des autres, acheter des femmes,
l'amour, acheter l'ivresse, la beauté
de la vie : il va dans les bals, les bars,
dans la rue, il jette l'argent où il peut
mais nulle part il ne trouve le plaisir
qu'il attendait : la vie n'est pas belle,
~
ctnea
21
celui d'un pauvre être morfondu et
cherchant au dehors ce qui n'était
pas en lui.
De ce film datera sûrement un
nouvel essor de l'art cinégraphique.
C'était un essai : mais il a complète-
ment réussi. Il ne plaira pas à tous
les publics, assurément. Il faudra les
habituer lentement à cet art plus
véridique que tout réalisme! mais on
peut être certain qu'il conquerra la
sympathie des foules, tout aussi bien
que les courses et " salto mortale "
des Américains. Allons ; le « film
cubiste » sera encore plus vite pré-
senté aux cinémas de nos boulevards,
que les toiles de Braque ou de Gris
suspendues au Louvre.
Ivan Goll.
les hommes sont bétes et méchants,
inutile de vivre désormais...
Le tout se déroule dans une atmos-
phère fiévreuse, et voici qu'un grand
et jeune metteur en scène, Karl Hein/
Martin, qui est aussi Régisseur au
Deutsches Theater de Rheinhardt,
s'empare du sujet et crée avec cela,
et entouré des meilleurs peintres de
sa ville, le premier film expressioniste
cubiste : c'est-à-dire, tous les paysages
tous les objets démesurément agran-
dis ou rapetisses, selon l'idée de la
scène : le tout vu avec les yeux du
caissier halluciné, des guichets de
banque chancelants, des rues de tra-
vers, des homme» qui crient tous
comme des fous : toute l'âme du héros
répétée et transposée dans les choses,
dans les formes, dans l'atmosphère
intérieure du film. Et seul le film pou-
vait réaliser cette nouvelle expression
de la vie, faire vibrer ensemble en un
rythme discontinu les hommes et les
choses, réduire l'aspect du monde à
22
cinea
SPECTACLES
Tristan et Isolde prend l'âme
et l'esprit ; Sërafin conduit en chef
passionné son orchestre et la parti-
tion magique. Mme Rakowska-Sérafin
n'est pas qu'une flamme ardente, c'est
aussi une voix sans une faiblesse et
celle de Mme Capuana est souple,
douce et chaude c'est Brangàene
elle-même avec un style que je n'avais
pas encore connu ; et Basai, ah
Hassi T
Votre Tristan du 2e acte est le plus
beau qui soit avec cette voix vivante
qui décroche le cœur dans la poi-
trine.
Revenez, nous avons besoin de
chanteurs vivants... etMarcoux aban-
donne Wagner...
■
La bataille, de Frondaie. Un beau
roman de Farrére pas théâtre. . .
Mais Gémier est un artiste et il japa-
nise si bien, et Mary Marquet est si
belle et Mme Roggers a un rire et des
attitudes si joliment orientales.
■
Le Héros et le Soldat, de
Shaw. Que c'est agréable à voir et â
entendre malgré le traître Hamon.. .
•
Cœur de Lilas. C'est petit I Une
pièce ça? André Brûlé n'a que des
boutades et quelques mots d'amour,
c'est trop peu. Dommage, et Madeleine
Lély est presque aussi fugitive. Tant
pis.
■
Le Cocu magnifique de Crom-
melynck. Une œuvre î Bien jouée I
avec un Lugné Poë remarquable.
■
La 8e femme de Barbe bleue
d'A. Savoir. C'est charmant, c'est
léger, avec [parfois de l'intensité
dans la grâce, c'est écrit et Lysês
me plaît.
■
La Rose de Roseim,de J.Variot
Pauvre Jean Périer qtd a tant de
talent, pauvre public qui n'a rien
dit, stoïque !
■
MARGARITA XIRGU dans Fédo-
ra et La Maison en ordre.
Une simplicité forte, une autorité
brillante, une passion contenue qui
sait se déchaîner et un beau visage ;
admire Réjane, et aime m'a-t-elle dit
le talent sensuellement intelligent
d'Yvonne de Bray.
Eve Francis.
La Cbauve-Souris.
Nikita Baliefl' triomphe. La caisse
de Chauve-Souris déborde-t elle? J'ai
peur que non. L'essentiel est que
Nikita Baliefl' triomphe par son
influence sur la couleur et la mise en
scène des théâtres de Paris.
Souvent les Russes ont agi forte-
ment sur nos mœurs scéniques. Les
larges exécutions visuelles de Boris,
de la Pskovitaine, de la Khovan-
china, puis — ô Alexandre SanineT —
d'Hélène de Sparte et Salomé avec
Ida Rubinstein renouvelèrent un art
théâtral que l'excès de réalisme
dépouillait de synthèse, de style et
de puissance. Les ballets de Serge de
Diaghilen ont accentué et intensifié
cet art nouveau. Bakst, Benois, Lario-
now, Gontcharowa, nous sont plus
familiers que les titres d'œuvres
célèbres d'auteurs non moins célèbres.
Et maintenant Baliefl...
On lui a reproché de se souvenir de
Meyerhold et de Stanislavsky. Qu'est-
ce que ça fait ? Il sait où sont les
beaux cadres. Il sait où sont les
bonnes couleurs. Il sait s'en servir et
il crée de belles pages de rythme et
d'atmosphère.
Dans notre théâtre ingénument et
maladroitement pervers, dans nos
réalisations pour calendriers des
P. T. T., sa note sonne en fanfare.
Jéricho ne croulera pas pour celai Du
moins Baliefl, Wavitch, Soudéïkine,
Rémisofl', et leurs pairs, ont imposé
â notre mémoire lassée des éclairs
généreux comme Le Restaurant
Yard, Les houzards noirs, Katinka,
Les romances de Glinka, et ce qui
suit, et ce qui suivra. La gaîté, l'es-
prit, l'humour de ces spectacles
m'enchante. L'œil s'y réjouit. Je ne
parle pas de l'œil de cinégraphistes
qui ne voient rien ni de l'œil des gens
de théâtre qui voient peu.
■
Oncle Vania.
Deux heures de nuances et de
rythme intérieur. Nous avons lu — en
profondeur — Dostoiewsk}- et Tour-
gueniefl. Nous vivons — en intensité
— Tchekow , comme Andreiew,
comme Shaw et comme Strindberg.
Oncle Van ia, c'est delà vie en dedans.
C'est de la vie. La vraie.
Pitoëfl y tient le rôle du médecin
qui fut cher â Stanislawsky. Il y est
aussi aigu et saisissant qu'il le fut
dans Celui qui reçoit les gifles. Ma
femme danseuse ou Les Ratés. Lu-
dmilla Pitoëfl' est une brillante syn-
thèse du charme. Mlle Albane, M. Pe-
ney, M. Jim Géralds, Mlle Sylvère
sont justes et nous les suivons pas
â pas, de virgule en virgule.
■
Phi-Pbi.
Dire que c'est fini.
Dire que nous regretterons Ph i-Ph i.
Il 3r avait là, du moins, un théâtre
où l'on ne jouait pas autre chose...
Casino de Paris.
Ça, c'est de la belle peinture. La
couleur grouille. La lumière est
comme folle. Ça sue l'électricité. On
rit avec ses yeux.
Les jazz-band se sont assagis. Adieu,
les permissionnaires américains I
Mistinguett travaille dans le genre
théâtral. Mais voici Chevalier si gai,
si Parigot avec ses « hommes du
monde » et Boucot, qui se fit naguère
acclamer dans des chansons idiotes
et que voici fort drôle dans des scènes
fort tristes. Mlle Fabris shimmise
élégamment. Jenny Golder est supé-
rieure à ses chansons, car elle était
Oh la la, oui, oui, en chair et en os.
Les grandes a mou reuses me plaisent
parce c'est du music-hall et que l'art
visuel n'y vient point d'un couturier,
mais du hasard, ou plus exactement
de ce rythme hardi qui est l'âme
même du music-hall.
On a failli faire un chef-d'œuvre
avec la reine de Saba qui est Mlle Myro
avec sa voix, sa peau, son nombril
et ses perles photogéniques que
l'ombre brusque nous révèle phospho
rescentes. C'est joli.
L. D.
cinea
23
DERRIÈRE L'ÉCRAN
En Sicile
Après s'être complu aux candeurs
angéliques d'un petit enfant, ce met-
teur en scène a voulu se pencher sur
les abîmes infernaux, aux exhalai-
sons de soufre, aux miasmes délé-
tères et dont l'accès épouvanta des
civilisations... Le Stromboli, dont le
nom même semble être une grondante
menace a pourtant vu ses lianes gra-
vis, son cratère visité par des Pari-
siens, des jeunes femmes... : Luit/.
Morat, metteur en scène des 5 Gen-
tlemen maudits, avec ses interprètes
Pierre Régnier et Modot, créateur de
Un Ours et Malhias Sandorf;
Yvonne Aurel, créatrice de Fabienne
et Mlle Chapuis, nouvelle venue au
cinématographe est à Païenne et
tourne les extérieurs d'un film dont
il est avec Alfred Vercourt l'auteur
du scénario. La Terre du Diable.
Chez Footiit
Au bar fameux de la rue Montai-
gne, Footitt reçoit, gentleman humo-
riste et artiste ès-eoektails. Le cinéma
n est pas un gêneur dans ce home
britannique. Souvent on y voit Fail-
li v Ward et Jack Dean, son mari, et
Eve Francis, qui répète avenue Mon-
taigne entre deux films. Quant à
Footitt, nous le verrons sans doute
bientôt à l'écran dans une nouvelle
picture qu'il va tourner.
FOOTITT Dessin de Bécan
le célèbre clown Anglais du Nouveau
Cirque vient enfin au Cinéma.
Espana
C'est le multiple caractère de fré-
nésie dansante, de mendicité enso-
leillée, de dévotion, de somptueuse
indolence dans les Palais mau-
resques, et d'élégie nocturne dans les
jardins orientaux, que Marcel I. 'Her-
bier est allé cueillir dans les plus
authentiques provinces espagnoles
pour composer cet FI Dorado que l'on
attend déjà.
Il fallut l'entremise des Affaires
Dessin de I.. Laforge
SUZANNE DhSPRKS
après son remarquabledébutcinégraphique
dans Le Carnaval des Vérités, vient de tour-
ner L'Ombre Déchirée, pour Léon Poirier.
Etrangères, des Ambassades, des
Administrations et des Municipalités
locales, tout l'empressement d'une
société espagnole accueillante et
admirative, pour obtenir les autori-
sations jamais encore accordées de
tourner dans l'Alhambra de Grenade,
et dans les de Séville au passage des
illustres processions pascales. A l'oc-
casion de certaines scènes, on alla
dans les quartiers pauvre» et jus-
qu'aux « cuevas » creusés à même le
roc, où habitent les Gitanes, afin d'ob-
tenir une figuration et des danses
authentiques. Le plus grand souci île
vérité, la plus complète documen-
tation semblent d'ailleurs avoir pré-
sidé au travail de chacun.
SIGNORKT Dessin île Bépan
nui vient d'être si remarquable dans LeR'cve
tourne /.<■ Père Goriot, pour |. deBaroncelli.
Eve Francis, pour un rôle île dan-
seuse, prit des leçons île flamenco et
île garrotin avec les gitanes, repro-
duisit la coiffure, le costume, voire
les moindres détails île toilette des
femmes du pays.
Marcelle Pradot, à qui un rôle
île jeune fille de la haute société
interdisait la recherche d'un pareil
réalisme, s'attacha à harmoniser ses
toilettes avec les blancheurs îles
Palais mauresques, à rappeler même
par la forme d'une certaine robe, les
silhouettes surannées des petites
infantes de Vélasquez.
En antagonisme avec cette atmo-
sphère Andalouse, un élément nor-
dique interviendra dans le drame,
par les personnages île Jaque Cate-
lain et Claire Prelia. Auprès de celle-
ci qui prêtera à un rôle de dame
Scandinave la douceur et la sérénité
expressives île ce visage qu'on admi-
ra dans L'Homme du Large, Jaque
Catelain, en peintre suédois, porte
les costumes d'un pays qui, est celui
du jeune acteur ; il a précisément
rapporté de chez lui îles documents
qui lui ont permis d'établir la ma-
quette de ses décors personnels.
Ceux-ci, île même que le décor de la
maison île danses, conçu par un jeune
dessinateur, Louis Le Hertre, seront
exécutés par Robert-Jules Garnier,
dont on connaît l'habileté et l'autorité.
A. Daven.
24
cmea
Les pages
de ma Vie
par
Fcdor Chaiiapine
Mes .souvenirs datent de l'âge de
5 ans.
Une soirée triste d'automne... Je
suis chez Tiehon Karpovitch, le meu-
nier à Ometevo, village des environs
de la ville de Kazan, derrière le Fau-
bourg des Drapiers. La femme du
meunier, Kyrillovna, ma mère et
deux ou trois voisines filent la laine
dans une chambre mi-obscure, éclai-
rée à peine. La lumière inégale et
blafarde d'une « loutchina » (1) fait
trembler les ombres le long du mur,
comme si quelqu'un d'invisible re-
muait un voile noir autour de nous.
On entend le bruit de la pluie der-
rière les vitres; le vent murmure
dans la cheminée.
Et les femmes filent en récitant
doucement l'une après l'autre des
histoires étranges et mystérieuses
ou on apprend comment les maris
décédés depuis longtemps reviennent
auprès de leurs épouses survivantes.
Tout d'abord un serpent ailé couvert
de ilammes descend de l'espace
aérien, c'est lui, le mari. Puis, après
avoir lancé autour de soi des milliers
d'étincelles, il se transforme en moi-
neau et entre ainsi dans la pièce.
Une fois là, il reprend son aspect
humain Le voici, le mari bien-aimé,
tel qu'il était de son vivant. Et la
femme le caresse tendrement. Seule-
ment en l'embrassant il ne fallait pas
lui toucher le dos.
« C'est que, mes belles, expliquait
Kyrillovna, il n'a pas de dos. A sa
place se trouve une flamme verte
qui, si on la touche, est capable de
il éclairage primitif, très en vogue chez les paysans
NlSSes : des copeaux ;illninr> cl arrangés d.ltlS une sorte
île vase île fer.
brûler complètement l'homme tout
entier et son âme avec! »
Tous ces récits produisaient une
très grande impression sur moi. Cela
me plaisait et me faisait peur en
même temps. Je me disais : « Il y en
a des choses extraordinaires dans la
vie! »
Les récits terminés, les femmes,
tout en filant, commençaient a chan-
ter de lentes chansons mélancoliques
où il est question de la neige blanche
et touffue, de la tristesse virginale,
de la pauvre petite « loutchina » qui
éclaire à peine, vaguement. Et en
effet, celle-ci n'éclairait guère.
Au rythme des paroles tristes de la
chanson, mon âme rêvait tout douce-
ment à des choses confuses, indéfi-
nissables; je volais au-dessus de la
terre sur un coursier enflammé ; je
courais à travers les champs cou-
verts d'une couche de neige épaisse,
d'une blancheur immaculée ; je
m'imaginais voir Dieu Notre Sei-
gneur en train d'ouvrir chaque matin
une cage dorée et lancer par de là le
ciel bleu, à travers l'espace, le So-
leil, ce grand Oiseau de Feu.
— Ce qu'il est tard ! Yvan aurait dû
déjà être là !...
C'était la voix de ma mère qui
m'arrivait confusément à travers le
brouillard de mes rêves.
Yvan, c'est mon père.
Il rentrait vers minuit. Le matin à
7 heures, il prenait son thé et se ren-
dait à « l'audience ». Ce mot me fai-
sait peur; il s'associait dans mon
esprit avec l'idée d'un tribunal, des
juges et j'avais entendu dire beau-
coup de mal de la Justice. Plus
tard j'ai appris que « l'audience ■»
n'était autre chose que le bureau de
l'administration locale du district où
mon père travaillait comme simple
employé aux écritures.
De notre village jusqu'à ce bureau
il y avait plus de six verstes. Mon
père s'y rendait tous les jours vers
9 heures du matin. Il revenait vers
4 heures de l'après-midi pour dîner
et à 7 heures, après s'être reposé et
après avoir bu son thé, il disparais-
sait de nouveau jusqu'à minuit.
Une fois je m'aperçus que deux
jours passèrent sans que mon père
ne fut rentré. Ma mère était toute
affolée.
Le troisième jour il apparut, com-
plètement ivre. Ma mère l'accabla de
reproches,
— Qu'allons-nous faire maintenant?
De quoi aurons-nous à manger? se
plaignait-elle amèrement.
Tout tremblant de peur, j'observais
mon père qui vociférait en versant
sur elle tout un Ilot d'injures des
plus grossières.
— Fiche moi la paix! Va-t-en au
diable! Vous m'embêtez, vous autres!
Je suis comme une bête de somme!
Travailler tout le temps sans répit...
Non, non! Il faut bien que je m'amuse
aussi un jour!
C'est alors que je compris que mon
père va à « l'audience » pour travail-
ler, qu'il est payé pour ça et qu'il a
laissé au cabaret tout ce qu'il venait
de toucher à la fin du mois ; d'ailleurs
c'est ainsi que procédaient la plupart
de ses collègues.
Je compris aussi que de ces app.nn-
tements mensuels dépend toute notre
existence. C'est avec cet argent que
ma mère achète les carottes, les
pommes de terre et parfois toutes
—
~~
cinea
25
L'os petites choses douces, agréables
à manger. Et c'est grâce à cet argent
qu'elle prépare une fois par mois
mon plat préféré, les « pelmeny » (1)
que nous ne mangeâmes que le 20
de chaque mois (2)
A partir de ce jour, mon attitude
plutôt indifférente à l'égard de mon
père a changé, avant compris, peut-
être, que mon sort dépendait de lui,
ou bien parce que j'étais intimidé par
ses menaces et ses injures.
Et lui, il se mit à boire de plus en
plus souvent, jusqu'à ce que c'était
devenu pour lui une habitude régu-
lière le 20 de chaque mois.
Au début, ce jour passait sans que
mes parents se disputassent. Ma
mère d'habitude, pleurait doucement
dans un coin quelconque. Puis mon
père se mit à la traiter d'une façon
de plus en plus grossière, et un jour
je vis qu'il la battait.
En hurlant de rage, je m'élançai
, pour la défendre mais, naturellement,
cela n'a pas réussi. 11 n'y avait que
quelques coups de plus pour moi. Je
pleurais, je me traînais par terre,
j en m'efforçant d'échapper aux coups
le mon père qui pleuvaient sur moi
sans interruption. Tout cela faisait
un vacarme épouvantable.
Il arriva que mon père eut battu
ma mère tellement qu'elle perdit
• connaissance et s'affaissa immobile
sur une banquette. J'étais persuadé
qu'elle était morte. Immobile, les
yeux fermés, ses vêtements en lam-
beaux, elle gisait parterre, sans res-
pirer. Je me mis â pleurer en pous-
sant des cris désespérés. Elle rouvrit
les yeux, jeta un regard abruti
autour de soi et m'embrassa tran-
quillement en disant :
— Allons, allons I Ne pleure pas...
Ce n'est rien! Nitchevo. Et comme
d'habitude en inclinant ma tète sur
ses genoux, elle se mit à écraser les
puces dans ma chevelure, en me
berçant tristement :
— Est-ce qu'on sait jamais avec ces
ivrognes? Toi, petit, ne fais pas at-
tention à ça...
Après ces batailles, la vie quoti-
dienne reprenait : mon père allait au
bureau aux heures régulières; ma
mère travaillait, réparait le linge,
cousait. En travaillant elle chantait...
des chansons un peu tristes, un peu
'i i Sorte de pâtés de viande.
2) Jour de paie ilmis toutes les institutions de l'Etat
singulières, mais toujours d'un air
grave, préoccupé. Dans sa jeunesse,
c'était probablement une femme
extraordinairement robuste, car je
l'entendis se plaindre quelquefois :
— Jamais j'aurais cru qu'un jour
j'aurai des douleurs dans les reins,
qu'il me soit difficile de laver le
plancher ou le linge. Dans le temps,
il n'y avait pas d'ouvrage que je
n'eusse exécuté en souriant et main-
tenant...
Mon père la battait souvent et
d'une manière atroce; â l'époque ou
j'avais neuf ans, il buvait déjà non
seulement le 20 de chaque mois, mais
tous les jours. Elle était enceinte
alors. Mon frère Vassily devait être
mis au monde incessamment.
Je la plaignais beaucoup.
C'était pour moi le seul être auquel
je pouvais confier tout ce qui emplis-
sait mon âme â cette époque .
En me recommandant d'obéir en
tout â mon père et â elle-même, ma
mère m'apprenait que la vie est dif-
ficile, qu'il faut travailler sans cesse,
que tous les chemins sont fermés
pour le pauvre.
« Les conseils et les ordres de ton
père doivent être exécutés rigoureu-
sement. C'est un sageT »
Pour elle cet homme était le
maître vénéré et infaillible.
Grâce aux soins de ma mère, notre
intérieur était très bien ^tenu. Un
ordre parfait régnait partout. Une
petite lampe était allumée toujours
devant l'Icône sainte.
Souvent je voyais les yeux gris de
ma mère se poser sur l'image â peine
éclairée par cette petite lumière cli-
gnotante et une plainte craintive,
un soupir mi-étouffè se faisait en-
tendre confusément.
Extérieurement, c'était une femme
comme il y en a des centaines de
mille, chez nous en Russie : de petite
taille, le visage doux, toujours mo-
deste, effacée...
Mon père était un homme étrange.
Il avait l'air très distingué, grâce â
sa barbe soigneusement taillée ; assez
grand, maigre, il avait des cheveux
fins et soyeux, toujours bien peignés.
Vraiment, je n'ai vu chez personne
une coiffure aussi jolie. C'était un
plaisir pour moi de caresser ses che-
veux aux rares moments de nos rap-
ports pacifiques. Il portait une che-
mise molle avec un col rabattu, faite
par ma mère et avec une petite fi-
celle en guise de cravate. Par dessus
la chemise il mettait un veston; il
portait des bottes montantes et des
bandes de toile en place de chaus-
settes.
Lorsqu'il n'était pas ivre, il deve-
nait très silencieux ne disant que le
strict nécessaire et toujours â mi-
voix, presque en chuchotant. A mon
égard, généralement, il était assez
gentil, seulement quelquefois, lors-
qu'il était de mauvaise humeur, il
m'appelait, je ne sais pourquoi :
— Un trou !
Je ne me rappelle pas de l'avoir vu
commettre une mauvaise action ou
de tenir des propos grossiers aux
moments ou il n'était pas ivre.
Si quelque chose l'agaçait il grin-
çait les dents et se retirait loin des
gens. Et cela jusqu'à ce qu'il redeve-
nait saoul. Pour arriver â cet état, il
lui fallait peu de chose : deux, trois
verres, pas plus.
Et alors, je voyais devant moi un
homme tout à fait différent. Mon
père devenait arrogant, cherchait
querelle pour un rien; il n'inspirait
que du dégoût.
Je détestais les ivrognes en général,
à plus forte raison si c'était mon
propre père.
J'avais honte de lui auprès de mes
camarades, quoique la plupart d'eux
avaient des pères absolument pareils
au mien et qui étaient tous des alcoo-
liques convaincus.
Je me demandais : « Pourquoi? »
Quelle est la raison de cette passion?
Un jour, j'ai goûté de l'eau-de-vie,
une boisson amére et puante... Je
concevais le plaisir de boire du
« Kwas », mais qu'est-ce qui peut
pousser les gens à boire ce poison?
Et je décidai que l'on boit pour la
plupart rien que pour la débauche,
comme si ainsi on faisait preuve
d'une bravoure extraordinaire.
Le fait qu'un homme saoul doit
faire un scandale me paraissait chose
tout à fait logique, inévitable.
Tous les ivrognes agissaient de la •
sorte.
Lorsqu'il était saoul, mon père
s'accrochait dans la rue à chaque
passant qui, pour une raison quel-
conque lui paraissait antipathique.
(A suivre)
L. Vai.tkr, trad.
Les Concours de cinéa
CONCOURS
DE SCÉNARIOS
Envoyez-nous un scénario cinégraphique. Des
journaux comme Le Film, Ciné pour tous,
Bonsoir, en ont publié d'excellents qui vous
ont appris le découpage, le style et le
mouvement de ces ouvrages spéciaux. Essayez
de composer un thème d'écran, drame ou
comédie, découpez-le et bornez-vous à des
moyens simples : peu de décors, peu de
personnages mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si vous pouvez.
Le Jury sera composé des plus remarquables
personnalités du cinéma français. Dans nos
prochains numéros nous donnerons leurs
noms et la liste des récompenses.
c i n e a
10, R U E DE
L'ELYSÉE
PARIS
LA BOUE
Drame Cinégraphique
de Louis DELLUC
réalisé par l'auteur
Il XX 11
Sarah EVE FRANCIS
L'Orientale ELENA SAGRARY
M.litis VAN DAELE
Topinelli ... . : MODOT
L homme au chapeau gris FOOT1TT
La femme à la pipe Yvonne AUREL
Le petit fonctionnaire . . . . A. -F. BRUNELLE
Patience Solange RUGIENS
L'ivrogne L.-V. de MALTE
La Naine Lili SAMUEL
La Rafigue Noémie SCIZE
Colibri Gastao ROXO
Pompon Marcelle DELVILLE
Le joueur de manille BARRAL
Grimail WAROQUET
Pêche verte Jacqueline CHAUMONT
Prunelle SISKA
Flora Jeanne CADIX
Javolte VINTIANE
César Léon MOUSSINAC
Tonneau BOLE
Alvar W. de BOUCHGARD
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Opérateurs GIBORY et LUCAS
Le premier ouvrage de
=LUXE=
consacré au cinéma
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Photogénie "
DE BRUNOFF, éditeur
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Pour savoir ce que sont
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dramatique et parlois badin ; pour guider votre choix
sachez donc que c est la marque d un lilm et non son titre
qui doit retenir votre attention. _L rès artistiques et plaisants
à voir, les lilms signés G 3011)0 l)t ont une réputation légen-
daire; ils constituent de merveilleuses réalisations dont la
vision vous fera toujours passer des heures agréables, ua
production est des plus variées, puisqu elle comporte les
\crrands lilms artistiques (ïaûnjoot de la
série Fax - _L,a nouvelle production
suédoise de la Ovenska. - .Les
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13 Mai 1921
Numéro 2
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ses robes, son originalité délicieuse dans Cœur d'Héroïne, la Marque de Caïn, la Fille de Bohème, et
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Tous les Programmes des Cinémas de Paris
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Directeur: Irénée Mauget
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20 h. 30. — Le Sentier Secret.
pièce en 3 actes, de M. Auguste Villeroy.
Mmes H- Melvyl Marcelle
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D. Real Cilberte
MM, M. Mayen Jacques
de Loisel Hart
La Souriante Madame Beudet.
tragi-comédie en 2 actes, de MM. Denys
Amiel et André Obey.
MmesGréta Prozor • Mme Beudet
C Vallet ... Gabrielle
Bl. Peyrens • • Marguerite
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cmea
On tourne
Dans le film que Jean Kemm a tiré
de la Ferme du Choqua rt, de Victor
Cherbuliez, on verra pour la pre-
mière fois dans un grand rôle d'écran,
Mary Marquet, la brillante interprète
de l'Aiglon, de l'Homme à la Rose,
de la Bataille, etc.
Germaine Dulac, metteur en scène
de La Cigarette et de La Belle Dame
sans merci achève La mort du So.
leil, d'André Legrand, avec André
Xox.
Les interprètes du Rail, d'Abel
Gance, sont Séverin Mars, Pierre Ma-
L;nier, Gabriel de Gravonne, Térof
et Miss Ivy Close.
Ecee homo d'Abel Gance, est un
film inachevé où devaient paraître
Berthe Bady et la danseuse-mime
Dourga, entrevue dans La Sultane
de l'Amour.
Les Trois Mousquetaires (Edition
française) ont été ainsi distribués
par H. Diamant-Berger et Andréani:
Aimé Simon-Girard (D'Artagnan),
Henri Rollan (Athos), Martinelli(Por-
thos), De Guingand (Aramis), De Max
(Richelieu), Desjardins (M. de Tré-
ville), Andrew F. Brunelle (Buckin-
gham), Rieffer (Louis XIII i, Joffre
(Bonacieux), Armand Bernard (Plan-
chet); Pierrette Madd (Madame Bo-
nacieux), Claude Mérelle (Milady),
Jeanne Desclos (Anne d'Autriche),
Germaine Larbaudière (Mme de Che-
vreuse), G. Jacquet (de Winter).
Les Trois Mousquetaires (Edition
américaine) sont adaptés par Edward
Knoblock et Fred Niblo et interprétés
par Douglas Fairbanks (D'Artagnan),
Georges Siegmann (Porthos), Mar-
guerite de la Motte (Mme Bonacieux),
La Nuit du 13 est pour Henri Fes-
court une sorte de début. Abondant
producteur de bandes faciles et intel-
ligentes, chez. Gaumont avant la
guerre, il réapprit le métier, tout dif-
férent de l'ancien système, pour exé-
cuter Mathias Sandorf, ciné-roman,
chez Louis Nalpas. Maître de ses
moyens, maintenant il réalise tout à
son aise ce qu'il souhaitait. La Nuit
du l.i, premier d'une série que nous
espérons féconde, est interprété par
Yvette Andreyor, Jean Toulout et
Vermoval.
D. W. Griffith, le puissant ouvrier
d'Intolérance et du Lys brisé, pré-
pare une vaste composition cinégra-
phique d'après le Faust de Gœthe.
L'auteur de Jésus-la-Caille et des
Innocents, Francis Carco, a suivi
l'exécution cinégraphique de son
Equipe, interprétée par Jeanne Diris,
Lagrenée, Valbel, Dalio, d Esparbès.
etc., etc.
•
Nous verrons un jour à l'écran
Georges Pitoëff, l'intéressant comé-
dien et metteur en scène de théâtre.
On lui proposa tout dernièrement
une création originale dans un film
pittoresque en voie d'achèvement
dans le plus grand studio de Paris.
Mais il dut sacrifier ce début d'écran
à son labeur théâtral, c'est-à-dire à
Celui qui reçoit les gi/les. Oncle Va-
nia, Mademoiselle Julie.
Louise Lagrange est de retour à
Paris. Fort goûtée naguère dans les
productions du Film d'Art et de Pathé,
elle épousa en Amérique, le comédien
Georges Elliott, connu pour sa mul-
tiple activité de cinéphile. On dit que
la jeune artiste favorisa beaucoup
l'entrée de certains de nos films aux
Etats-Unis.
Gilles Veber vient d'acheverà Gènes
les extérieurs de son drame d'écran,
Jettatura, dont les principaux inter-
prètes sont Elena Sagrary et Jean
Dehelly.
Au studio du Film d'Art, à Neuilly,
J. de Baroncelli achève de tourner
le Père Goriot, d'après un épisode
du roman de Balzac.
Les principaux interprètes sont :
G. Signoret, Grétillat, S. de pedrelli,
Jeanne Cheirel, Claude France, Moni-
que Chrisès et Noémi Seize. Opéra-
teur de prise de vues : Gibory.
L'Œii.-de-Chat.
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Le Numéro de
= c i n é a =
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Deux francs.
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L'étrange aventure
du Docteur Jekyll
I volume in- 1 6
6 75
Pour paraître prochainement :
Multatuli
Max Havelaar
(Histoire d'une vie aux Indes
Néerlandaises)
Nicolo Macchiavelli
Réponses à quelques lettres
La Mandragore
(Nouvelle traduction intégrale).
c i n e a
demande à MM. les
Directeurs de Cinéma
d'envoyer leur programme
dix jours d'avance à
c i n é a
Pi riTE Star. — Vous aurez rectifie de
vous-même la coquille du dernier numé-
ro, où il était parlé de Mac Murray (inter-
prète américaine d'Anice et Un délicieux
petit diable), et de Mag Murray (interprète
française de Papillons et Li-Hang-le-Cruel).
Christian. — Dans un tout prochain
numéro nous publierons un scénario qui
vous renseignera suffisamment surle style.
le découpage, le mouvement d'une com-
position cinégraphique.
Mary. — Ecrivez à M. Thiollat. 37. rue
Ampère. Il vous procurera d'excellentes
photos des stars de New-York et aussi de
Paris.
). R. — Cinéa répond à toutes les lettres.
Dans le dernier numéro. Louis Delluc ré-
pondit à ses correspondants de Paris-Midi.
Charles V. — M. Edmond Sée a été
jeune, certainement, mais bien avant le
cinéma — et peu après Porto-Riche.
Costel — Ce qui me dégoûte un peu,
c'est que les commerçants du ciné sont
tous d'accord quand ils veulent protester
contre des taxes absurdes, pour proclamer
les vertus de propagande, d'enseignement,
d'idéalisation, etc. du cinéma. Quand on
pense que justement le film d'éducation
est traite avec un mépris obstiné, il y a
de quoi grogner un peu. Pour un mélo-
drame les capitaux sont presque aussi
faciles à trouver que pour une petite
femme qui veut figurer aux Folies-Ber-
gère, mais essayez donc de trouver vingt
mille francs pour un beau « documen-
taire » français...
Un ieune homme. Certainement,
faites une société anonyme, mais ne pre-
nez pas comme président du Conseil
d'administration quelqu'un qui a passe sa
vie à obéir à d'autres présidents du Conseil
d'administration.
Henry. — En somme, les commandi-
taires voient grand dans les comptes d'un
film, il n'aiment que ce qui est vaste,
important, sérieux. Ainsi, ne leur parlez
pas d'une bouteille de porto (12 francs)
pour une scène d'ivresse : ils vous déclare-
ront avec éloquence qu'une scène d'ivresse
s obtient aussi bien avec un litre d'eau
rougie. Mais parlez leur de huit jours
supplémentaires de studio (la location du
studio est généralement de mille francs
par jour, électricité non comprise) et je
suis persuadé qu'ils vous encourageront.
V. S. - Mme Sorel n'a tourne qu'une
fois, je crois, et c'était La Tosca au Film
d Art, il y a dix ou douze ans M. Le
Bargy était Scarpia Le film n'est pas au
musée de la Comédie-Française.
Love vol'. — Vous axez raison. Geor-
getle et son chauffeur est une sale blague
faite a Bessie Love. Si pure dans Pour sau-
ver sa race, si vive et ardente dans La
Conquête de l'or, si humaine dans Intolé-
rance, la voilà toute quelconque en robes
bètes dans un film sot. et très vieux. Mais
vous la verrez (un jour) spirituelle, tendre
et quasi nue dans son nouveau film pas-
toral.
Mlle Fifi. — 11 ne faut pas vous énerver
comme ça. Tout va de lavant peu a peu.
oui, oui. Les critiques soulevées par la
photo (?) et la mise en scène( ??) de La Plus
Belle Femme de France ont scandalise ceux
qui avaient executc(? ??)cette illustre série.
Et pourtant ILS ont apporte cent fois plus
de soin a la série de la Reine des Pro-
vinces. 11 v a même de jolis portraits :
la Basquaise, la Corse aux yeux flous, la
Savoyarde, etc.. Et je vous assure que la
prochaine fois, ce sera encore mieux.
Françoise. — Nous en reparlerons.
Canudo. — Non Canudo, tout ce que
vous voudrez, mais pas ecraniste. C est
horrible. Trouvons autre chose. Les Amé-
ricains disent : directeur, les Allemands :
régisseurs, et les Français : metteurs en
scène. Pas beau, tout ça. Trouvons, trou-
vez autre chose. Et nous dirons merci a
CASA.
Roland P. — Naturellement, ILS ne
pouvaient pas supporter que nous disions
tant de mal d'eux et tant de bien des
Américains. Mais alors, pourquoi se sont-
ils mis a les imiter? Mal. d'ailleurs.
V. V. — Le Crapouillot avait déjà consa-
cré un numéro au cinéma, il y a un an,
je crois. Il y a là quelques esprits qui
comprennent le cinéma et qui. surtout,
aideront a le faire comprendre.
Suzanne B. G. — Ai reçu votre photo.
Eh bien, vraiment, ne faites pas de cinéma.
Votre photo révèle votre beauté et une
àme aimable, qui n'a point de temps a
perdre dans l'art, le travail, le mariage
ou le cinéma. Votre maquillage de ville
est excellent. Entrez, dans un bar — n'im-
porte lequel de la rue Caumartin — et je
serais bien étonné si. au bout d'une heure
ou deux, quelqu'un de très bien ne se
faisait un plaisir de vous donner des con-
seils pour votre avenir. Bonne chance.
Rose F. — Vous la trouvez distinguée
(sur l'écran) et votre sœur la trouve
froide (sur l'écran). Et bien, je vous dirai
que. à la ville comme a l'écran, elle est
idiote. Mais ne lui dites pas que c'est md
qui vous l'ai dit.
l'Œil-de-Chat.
cinea
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 13 au Jeudi 19 Mai
2< ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux. 15, boulevard des
Italiens. — Patbé-Revue, — Les actua-
lités. — Chariot jonc Carmen (réédi-
tion). — La fille du fauve, scène drama-
tique jouée par Pearl White. — Reprise
de David Garriek, comédie romantique
du xviue siècle.
Cinéma de la Presse, 125, rue Mont-
martre. — Les mutinés de l'Elsinore,
drame. — Silence de femme, comédie dra-
matique. — Voleur de femmes. 3e épisode :
Claudia Ryss.
Omnia-Pathé, s. boulevard Mont-
martre. — Actualités de Pathé-Journal. —
Gigolelle, grand drame de la vie pari-
sienne par Pierre Decourcelle adapté par
H. Pouctal. 2e époque : La bataille de la
vie. — Chariot joue Carmen, Ie'' chapitre.
— Le Fauve de la Sierra, grand cinéma-
roman 10e et dernier épisode : Résurrec-
tion imprévue.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Auhert-Journal, les actualités du
monde entier. — Patbé-Revue, le maga-
sine de l'écran. — Franck Mayo dans
l'Indomptable, comédie dramatique. —
Chariot joue Carmen, comique interprété
par Ch. Chaplin, Ier épisode : Le coup de
tondre.
En supplément facultatif : Le Roi de
l audace, ciné-roman en 10 épisodes, inter-
prété par Fddie Polo, publié par La Presse,
ie'' épisode : La confession rouge. — Le
singe d'Alhalie, comique.
Parisiana, 27, boulevard Poissonnière
directeur M. P. Ruez. — Divorçons, comé-
die gaie. — La Paloma, drame. — Pari-
siana-Journal, actualités. — La belle dame
sans merci, interprété par M. Jean Tou-
lout et Mines Tania Duleyme et Denise
Lorys. — Picratt danseuse.
3e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Kinérama, 37, boulevard
Saint-Martin. Archives 43-16. directeur
M. Imbert. — Les exploits du pirate alle-
mand : » [/.<■ Mœwe », film réclamé par la
clientèle. — Venise et le lac Majeur, plein
air. — Rose Mars, la fée aux poupées.
comédie sentimentale. — Velty, la terrible
coic-hoy. comédie comique, — L'enlève-
ment de Miss Pinguett, ultra comique.
Palais delà Mutualité, 235, rue Saint-
Martin.
Crande salle du rez-de-chausséi
Patbé-Revue, cinémagazïne animé, docu-
mentaire scientifique, amusant. — Chariot
mené une vie d'artiste, comique américain.
IL FAUT'
VOIR :
"Dans les
de l 'au =
■ ■
griffes
d e 1 à "
■
"La Belle Dame
sans merci"
■ ■
■
"David GarricK"
■ ■
■
"Le R
■ ■
ê v e "
■
"Le Dieu
■ ■
captif"
Ceci n'est pas de la
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Dessin de Bécan.
Richard Barlhtlmess que vous
venez de voir dans , fe rôle émouvant
du Chinois (Le Lys ZBrisé) et que vous
reverrez la semaine prochaine dans cUrois
Maris pour une femme avec Margue-
rite Clark
— Les trésors du cœur, comédie sentimen-
tale en 3 actes, interprétée par la jolie
Mary Milles. — Gigolette, grand drame
parisien par Pierre Decourcelle, 2<' époque :
La bataille de la vie. — Pathé-Jourual,
toutes les actualités au jour le jour.
GRANDE SALLE DES FÊTES Ie'' ÉTAGE
Toutes les actualités au jour le jour. —
Chariot est bien reçu, comique américain.
— L'indomptable, grand drame d'aven-
tures en 4 actes, interprété par Frank
Mayo le superbe athlète. — La Fille du
Fauve, grande scène dramatique de
l'Alaska en s actes, interprétée par Miss
Pearl White. — L'Homme aux trois
masques, grand ciné-roman publié par Le
Petit Parisien, 4e épisode : Le remords de
Fergus.
5e ARRONDISSEMENT
Chez Nous, 7b, rue Mouffetard. —
Directrice Mme Walltier. — Cœurs d'en-
fants. — Le match d'Anatole. — Fattv et
Charlie découchent.
Saint-Michel-Cinéma. 7, place Saint-
Michel.. — Actualités. — Le Rêve, d'après
le chef-d'œuvre de Zola, avec Signoret,
André Brabant. — Les oiseaux sauvages
sur la côte d'Islande.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Les monuments éi Seville, plein air. —
Le Capitaine Fracasse, de Théophile Gau-
tier, tragédie héroï-comique. — Attrac-
tion : Le trio Frantos. perchistes. — Gigo-
lette, grand drame parisien en 4 époques
par Pierre Decourcelle. Mise en scène de
M. H. Pouctal. i'e époque : les Ailes
blanches. — Picratt danseuse, film comique
en deux parties.
6e ARRONDISSEMENT
Danton-Cinéma-Palace. 99-101, boule-
vard Saint-Germain. — L'Homme aux
trois masques. 4" épisode. — L'américain
(Douglas Fairbank). — Gigolette, 1"' épo-
que : Les Ailes blanches. — Gaumout-
actualite.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet.
M. G. Movse. directeur. — L'homme aux
trois masques. 3e épisode : L'Innocent. —
Narcisse garçon d'hôtel, comique. — Pour
l'honneur de sa race, grande scène drama-
tique avec Sessue Hayakawa.
Madeleine-Cinéma, 14, boulevard de
la Madeleine. Louvre ^0-78. — Les actua-
lités. — Les /resors du cœur, comédie senti-
mentale. — Rome. 2e promenade. — L'in-
domptable, drame d'aventures. — Le singe
d'Athalie, comique.
cinca
Programmes des Cinémas de Paris
■■«■■■■■■■■■■■•■■■•■■■■■■■■■■■■■a
THEATRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction : Téléphone :
P.MALLEVILLE ELYSÉE ^9-46
PROGRAMME DU 13 AU 19 MAI
Le Singe d'Athalie, comique.
Les Trésors du Cœur, comédie
avec Mary Miles.
Gaumont- Actualités.
L'Indomptable, film d'aventures
joue par Frank Mayo.
■■■■ ■■•••■■■■•■•■■■■
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8 ARRONDISSEMENT
Pépinière-Cinéma. (). rue de la Pépi-
nière. - Le travail des scaphandriers. —
Tout arrive, avec Tom Mix. — Joe gentle-
man, fantaisie comique. — L'Homme aux
/rois masques, 4e épisode. — Pépinière
Journal. — Le pauvre amour, interprété
par Lilian Gish. Farv dans son répertoire.
Alcazar d'été, Champs-Elysées. — Les
trésors du cœur, avec Mary Miles. — Les
exploits du pirate allemand %, Le Mœwe ».
oe ARRONDISSEMENT
Artistic Cinéma, ni, rue de Douai. —
Central 81-07. Gigolette, 2e époque. —
LeFauve de la Sierra, ioe épisode : Résur-
rection imprévue. — Pathé-Journal. —
— Patbé-revue.
I0« ARRONDISSEMENT
Cinématographe Porte Saint-Denis.
cS, boulevard Bonne-Nouvelle - Visite à
Stockolm, plein air. — L'enlèvement de Miss
Maud. film d'aventures. — L'étreinte de la
pieuvre, 2e épisode. — Fatty aviateur.
comique.
Folies-Dramatiques, boulevard Saint-
Martin. — De San Francisco au Japon. —
Les trésors du cœur, joué par Mary Miles.
— Le chéri de la danseuse, comique. -
L'homme aux trois masques. - Le trio
Anton (haute école) Dalignv. — Les chan-
sons filmées de G. Lordier.
Cinépax. 30, boulevard Bonne-Nou-
velle. — Patbé-revue. — Gigolette. 2e épo-
que. — /.-' galaul tailleur, comique. —
Pathé-Journal, — Le Fauve de la Sierra,
ciné-roman. — Un loup dans la bergerie.
fou rire.
Cinéma-Palace . 42. boulevard Bonne-
Nouvelle. — /..' chéri de la danseuse, co-
mique. — Les trésors du cœur, joué par
Mary Miles. — De San Francisco au Japon.
voyage. — L'homme aux trois masques. —
Les chansons filmées de G. Lordier.
Paris-Ciné. i7. boulevard de Stras-
bourg. — Un loup dans la bergerie, foil-
rire. — Le Fauve de la Sierra. — Palhe-
fournal. — Le galant tailleur, comique. -
Gigolette, 2'' époque. — Patbé-revue, co-
loris.
Crystal-Palace-Cinéma. g, rue de la
Fidélité, 96. faubourg Saint-Denis. Nord
57-59.— Le Rêve, d'Emile Zola. Adapté et
mis en scène parj. de Baroncelli. — M.
Maurice Hamel, homme de lettres parlera
d'Emile Zola et du Rêve. — Le Destin
ronge, drame Français de Frantz Tous-
saint en 4 parties. — Les coulisses du
cinéma, y série. — Palace Journal . actua-
lités de la semaine. — Attraction : Régine
Odry, chanteuse d'Opéra-Comique.
11' ARRONDISSEMENT
Artistic-Cinéma. 4=, bis, rue Richard-
Lenoir (place Voltaire. — Ce doux Fatty,
Comique. — Voleurs de femmes. y épisode,
— Maître Evora, drame avec Régina
Badet. — Intermède : l.vebel. chanteur à
voix.
Voltaire-Aubert-Palace. y,, rue de la
Roquette. — Pathe-Rcvue. le magasine de
l'écran. — Chariot et Fait y dans le ring,
comique avec Charlie Chaplin et Fatty
Arbuckle. — Cosmopolis. drame d'après la
roman de M. Paul Bourget de l'Académie
Française. — Eddie Polo dans Le Roi «/.
l'audace, grand ciné-roman en 10 épisodes
publié par La Presse. — ie' épisode : La
confession rouge. — Gigolette, grand
drame parisien en quatre époques de
M. Pierre Decourcelle. fe époque : La
bataille de la vie.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. - Toutes
les actualités et les faits divers du monde
entier par le Gaumoul-aclualiles. — Picrall
danseuse, film comique en 2 parties. —
Douglas Fairbank et Aima Rubens dans
L'Américain, comédie d'aventures. —
Attraction : Le trio Riova's. equilibristes.
— 'Gigolette, grand drame parisien en
4 époques par Pierre Decourcelle. Mise en
scène de M. H. Pouctal. 2° époque : La
bataille de la vie.
14e ARRONDISSEMLNT
Orléans-Palace. 100 et 102. boulevard
Jourdan. — Les actualités Pathe. — Le h s
brise. — Le Tourbillon, y épisode. —
Mago Maga eu Chine. — Sur scène :
Mehams.
Régina- Aubert-Palace. 15,, rue de
Rennes. Aiibcrt-Joiirual, les actualités du
monde entier. — A travers la France, par
Ardouin Dumazet, auteur du Voyage de
France. — Le long de la Durance. — Mvs-
teria. ciné-roman en 9 épisodes publié par
La Lanterne, tf et dernier épisode : La
main qui punit. — Gai... Gai., marions-
nous, comique. — Cosmopolis, grand drame
tiré du célèbre roman de M. Paul Bourget.
Splendid-Cinéma. 3. rue Larochelle.
Directeur M. Ch. Roux. — Les actualitt i
de Splendide-Ciuema . — Fatty, le joyeua
eomique. — Mystéria : La main qui punit.
— Le moulin de la mort, grandes aven-
tures sensationnelles. — Le Capitaine Fra-
casse, tragédie héroï-comique.
i5 ARRONDISSEMENT
Splendide-Cinéma-Palace. 60. avenue
de la Motte-Picquet. Saxe 0,-03. M. Messie.
— Pathé-Journal. actualités au jour le
jour. — Types et paysages corses, docu-
mentaire. — L'Homme aux trois masques.
4' épisode : Le remords de Fergus. La
Caution, drame en s parties avec Dorothy
Phillips. -- Gigolette, grand drame pari-
sien en 4 époques. Première époque : Les
ailes blanches. — Chariot mitron, comique.
— Intermède : Rosel. sosie de Ma vol dans
son répertoire.
cinéa
Programmes des Cinémas de Paris
Grand Cinéma Lecourbe. nç, rue Le-
çourbe. Saxe 56-45. - Zidore ou les
métamorphoses, comédie comique. — Vo-
leurs de femmes. se épisode : Les deux
rivaux. — L'Indomptable, comédie drama-
tique jouée par Franck Mayo — Zigoto
dans les carrières, film burlesque. — Gau-
mont-actualités. — Attraction : Les Stanley
Bros, acrobaties aériennes.
Vauglrard-Cinéma. — Pathè Journal,
actualités. — Le signât d'alarme, drame.
— Georgette et son chauffeur, comédie sen-
timentale. — Chariot joue Carmen, ["épi-
sode.
16= ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace, 40, 51, rue d'Auteuil.
16e. — Programme du 13 mai au 16 mai 1621 :
Les étoiles du cinéma. 10e série. — L'homme
aux trois masques, 4- épisode : Les re-
mords de Fergus. — Fridolin chef de
rayon, comique. — L'ami commun, grand
drame en deux époque, adopté du célèbre
roman de Ch. Dickens. — Éclair Journal,
actualités. — Programme du 17 mai au
12 mai 1921. — foi- le marin, comique. —
Georgette et sou chauffeur, comédie inter-
prétée par Bessie Lowe. — Gigolette.
2'' époque: La bataille de la vie. — Pathè
fouinai, actualités.
Paladium de Paris, 83, rue Chardon-
Lagache et 3, rue Callot (boul. Exelmans).
Auteuil 2g-26. Actualités Gaumont.
Le Mont d'Or, plein air. — Nemests, de
Paul Bourget. — Chariot violoniste —
Attractions : Les 2 Berney. musicaux. -
Les Partallv, duettistes. — Les Poliardis.
patineurs.
Théâtre des Etats-Unis. 56 bis, avenue
Malakoff. — Les Deux Gamines, qe épi-
sode : Le serment de Ginette. — Louise
Glaum, dans Esclave du Passé, scène dra-
matique. — Olive Thomas dans Une
enfant terrible, comédie. — Bill Bockey
cbe{ le dentiste, comique. — Le Scarabée.
documentaire.
Maillot-Palace-Cinéma, 74. avenue de
la Grande-Armée. — Programme du 13
mai au 16 mai 1921 : Joe le marin, comique.
— Georgette et sou chauffeur, comédie in-
terprétée par Bessie Lowe. — Gigolette,
2c épisode : La bataille de la vie. — Pathè-
foumal, actualités. — Programme du 17
mai au 16 mai iq2i : Les Etoilcsdu cinéma.
10e épisode. — L'homme aux trois masques,
4e épisode : Les remords de Fergus. —
Fridolin chef de rayon, comique. — L'ami
commun. 1 "' époque. Grand drame en
2 époques, adapté du célèbre roman de
M. Charles Dickens. — Eclair-Journal.
actualités,
Le Régent, 22, rue de Passy. — Refuges
pour animaux, documentaire. — 5///' le
ring, dessins animés. — Fleur des neiges.
comédie dramatique. — Gaumonl-actua-
litès. — Dans la nuit, drame. — Margot
aime les ours, comique.
78-31. Directeur
— Le château de Blois
Roi de l'audace
17 ARRONDISSEMENT
Villiers Cinéma, place Lévis. 21, rue
Legendre. Wagram
M. Paul de Hermua.
documentaire. — L<
i'r épisode : La confession rouge.
Eclair-Journal, actualités. — Jimmv le
mystérieux, comédie dramatique.
Royal -Wagram. avenue Wagram. —
Fridolin chef de rayon, comique en 2 par-
ties. — Miss Mary Miles dans Les trésors
du cœur, comédie sentimentale en cinq
actes. — Gigolette, grand drame parisien
en 4 époques par Pierre Decourcelle. Mise
en scène de M. H Pouctal.
Ternes-Cinéma. 5. avenue des Ternes.
Wagram 62-10. — La Rochelle. — Le Tour-
billon, 4e épisode. — A lad in ou la lampe
merveilleuse. — Joe le marin. — Pathè-
Journal. — Gigolette, i'e époque.
Lutetîa-Wagram. avenue Wagram. —
Le singe d'Alhalie, film comique. — Bessie
Barriscale dans Le vrai coupable, grande
scène dramatique — Patbc-Rcvnc. film
documentaire. — Frank Mayo dans L'In-
domptable, drame d'aventures. — Toutes
les actualités et les laits divers du monde
entier par le Gaumont actualités. — Voleurs
de femmes, grand ciné-roman en 12 épi-
sodes publié par l'Eclair et les grands
régionaux Adapte par P. d'Ivoi et Louis
d'Hée. 5e épisode : Les deux rivaux.
Batignolles-Cinéma. 59, rue de la Con-
damine. — Pathc-Journal, actualités. —
Le signal d'alarme, drame. — George/le et
son chauffeur, comédie sentimentale. —
Chariot joue Carmen, i^1' épisode.
Cinéma Demours, 7, rue Demours. Di-
recteur M. F. Destannes. — 5//;' les som-
mets du Larch Mountain, voyage. —
L'Homme aux trots masques, grand ciné-
roman en 12 épisodes du Petit Parisien.
4e épisode : Le remords de Fergus. — Le
singe d'Alhalie, scène comique hilarante.
Eclair- Journal, actualités. — L'ami com-
mun, grand drame adapté du célèbre ro-
man de Ch Dickens. 2e époque.
Orand Cinéma. 147. avenue de Saint-
Ouen (près la porte Saint-Ouen). Direc-
teurs-propriétaires : M. Moisset et Cie. —
Mailre Evora, grande comédie dramatique.
Auteur-interprète : Regina Badet. — Le
Tourbillon, 3e épisode : Le Moulin de la
mort. — Chariot rival d'amour, comique.
— Actualités Pathe-Joumal. — Attraction :
Le chanteur romanichel.
18 ARRONDISSEMENT
Qaîté-Parisienne, 34. boulevard Or-
nano. M. Renaut, directeur. — Un cas de
conscience, comédie dramatique. — Gigo-
lette, 2e époque : La bataille de la vie. —
Les trois masques, grand ciné-roman.
4"* épisode. — Attraction : Régis, de
l'Opéra.
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
Une Vie de Chien
avec CHARLIE CHAPLIN
DaVid Garrich
avec DUS TIN FARNUM
Le Trésor d'Ame
avec MARY JOHNSON
La Conquête de l'Or
000 avec BESSIE LOVE
Les Frères Corses
avec KRAUSS et ROUSSEL
L'auberge du signe du loup
de Th. H. INCE
00 00 00 00
Une Aventure à New-York
avec DOUGLAS FAIRBANKS
M i c k e y 0
avec MABEL NORMAND
Olivier Ttoist
oo OJ avec MARIE DORO
La Dette 0
avec DOROTHY PH1LIPPS
Les Corsaires
avec L I L I A N G I S H
cinéa
Programmes des Cinémas de Paris
Petit Cinéma. 124. avenue de Saint-
Ouen. — La bombe d'avion, comique. —
Les surprises du dancing, comique. — La
Dentellière, comédie. — Douglas au pars
des mosquées.
Barbés- Palace. ^4. boulevard Barbes.
Nord 36-68 — La ceinture des amazones,
film a grand spectacle avec le célèbre
athlele Ausonia. — L'enVevemeni de Miss
Maud. comédie interprétée par May Alli-
son. L'homme aux trois masques, y épi-
sode : Les remords de Fergus. — Attrac-
tion sensationnelle : De Rocroy. le plus
fort illusioniste manipulateur du monde.
Grand Cinéma Concert Ramey, 49, rue
Ramey 1 impasse Pers). — Fleur des Indes,
— Une femme d'attaque.
(ira ml Cinéma Ornano. 43. boulevard
Ornano. Directeur M. Viguier. — L'argyro-
nette, y épisode. — Héroïque mensonge. —
L'aveugle de Twin-Forth. — Deux bons
copains.
Le Select. 8, avenue de Clichy. —
Patbè-Revue, film documentaire. — Voleurs
de femmes, grand ciné-roman en 12 épi-
sodes, publie par Y Eclair et les grands
régionaux. Adapté par P. d'Ivoi et Louis
d liée. se épisode : Les deux rivaux. —
Bessie Love dans Georgette et son chauffeur.
comédie sentimentale. — Cosmopolis, ciné-
drame tiré du roman de Paul Bourget. —
Fndolin chef de rayon, comique en deux
parties.
Marcadet-Cinéma-Palace. 110. rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
det 22-81. — Le Traquenard, comédie sen-
timentale avec Christiane Vernon et
Georges Lannes. — L'inénarrable Chariot
dans Chariot jonc Carmen, en 2 parties. —
Le collier de la reine, comique. — Le singe
d'Atbalie, comique. — Attraction : Wald
and Mertens original comedy acrobats. —
Gaumont Palace, 1. rue Caulaincourt.
— Napoléon et ses gregnards. grande allé-
gorie avec soli. chœurs et ballet. Partition
spéciale écrite par Jean Nougués. — Mme
Delna de l'Opéra, la Vivandière. L'évoca-
tion du tombeau. Le défilé des grognards.
Chansons de route. Grand divertissement
militaire. Un bivouac aux armées d'Iéna.
Apothéose. 220 exécutants. Hn deuxième
partie : Le chef-d'œuvre de Paul Bourget :
Nênêsis.
Palais Rochechouart. =;(>. boulevard
Ri chechouart. — Gai... gai... marions-nous,
comique. — Aiihcrl-Jonrnal . les actualités
du monde entier. - Charlie Chaplin dans
Chariot joue Carmen, désopilante fantaisie
en deux épisodes, i,r épisode : Le coup
de foudre. Eddie Polo dans le Roi de
l'audace, ci ne-roman d'aventures en io épi-
sodes publie par /.,/ Presse, ier épisode : la
confession rouge. - Patbè-Revue, le ma-
gasine de l'écran. — Les coulisses du ci-
néma, (v série, documentaire. — Gigolette,
grand drame parisien en 4 époques de
M. Pierre Deçourcelle. 1" époque : La
bataille de la vie.
19e ARRONDISSEMENT
Alhambra Cinéma 22. boulevard de la
Villette Directeur-propriétaire M. Victor
Deunier. — Fridolin vainqueur, comique.
- La Tisane, comédie interprétée par la
petite Simone Genevois. — L'Homme aux
trois masques, 2e épisode : Le calvaire de
Pascaline. — Actualitès-Pathè. — La lutte
pour la vie, d'après le drame d'Alphonse
Daudet. — Les chansons filmées de G. Lor-
dier.
PEARL WHITE
reparaît dans La Fille du Fauve.
Alhambra Cinéma. 22, boulevard de
la Villette. Fridolin vainqueur. —
L'Homme aux trois masques. 2e épisode. -
La Tisane, comédie avec la petite Simone
Genevois. — Actualités Pathè.
Gambetta Palace cinéma-théâtre, 6
rue Belgrand (place Gambetta). Roquette
31-74. Gambetta-Journal. — |oubé dans
Fleur des neigt s (adaptation musicale avec
chant). — /.(• Roi de l'audace, avec Eddie
Polo ;er épisode. Gigolette. d'après
Pierre Deçourcelle. — Biscot dans Zidore
OU les métamorphoses.
Paradis-Aubert-Palace. 42. rue île Bel-
leville. — Gai... gai... marions-nous, co-
mique. Mystèria, ciné-roman publie par
/../ Lanterne oc et dernier épisode : La
main qui punit. — Charlie Chaplin dans
Chariot mitron, comique. -- Eddie Polo
dans Le Roi de l'audace, grand ciné-roman
en 10 épisodes publié par La Presse.
Ier épisode : La robe rouge. — Fleur des
neiges, comédie dramatique interprétée
par Romuald |oubé.
Belleville-Palace. 130. boulevard de
Belleville. — Toutes les actualités et les
faits divers du monde entier par le Gau-
mont actualités. — Miss Helen Fergusson
et Mitchell Lewis dans Les Vautours.
grande scène dramatique. — A/traction :
Les Renaudis, duettistes. — Gigolette,
grand drame parisien en 4 époques, par
Pierre Deçourcelle. Mise en scène de
M. H. Pouctal. 2e époque : La bataille de
la vie.
Féerique-Cinéma. 14b. rue de Belle-
ville. - Toutes les actualités et faits
divers du monde entier par le Pathè Jour-
nal. — Patbè-Revue, film documentaire. -
Gigolette. grand drame parisien en 4 épo-
ques, par Pierre Deçourcelle. Mise en
scène de M. IL Pouctal. 2e époque : La
bataille de la vie. — Attraction : Sartel.
diseur vedette. — Pina Menichelli dans /..
roman d'un /eu ne homme pauvre, d'après
l'œuvre célèbre d'Octave Feuillet.
BANLIEUE
Magic-Ciné. 1 bis, rue du Marché (Le-
vallois). Wagram 04-91. — Dans la nuit,
grand drame d'actualité avec Norma Tal-
madge. — Jeanne d'Arc, grand film de
reconstitution et illustration de la vie de
la grande héroïne française. — L'Homme
aux trois masques, y épisode : L'innocent.
— Les Dalcv. jongleurs comiques de
PAlhambra.
Fontenay-Cinéma. 8, rue Boucicaut
Fontenav-aux-Roses). — L'Homme du
Large, par Marcel L'Herbier. — Les Deux
Gamines. ^' épisode. — Le 1rs sons l'orag. .
— Un emploi di confiance, comique.
Grand Cinéma National. 116, boule-
vard National (Ivry-sur-Seinei. Ivry-15,
Directeur Gaston Tournier. — Le cratère
du Vésuve. -- Mystèria, 4e épisode : La
folie ou l'or. — Silence sacre, avec W. Rus-
sell. — Bélier de renfort, comique.
Un abonnement j
0 d'un an 0 \
donne droit!
■
■
à quinze lignes j
de publicité j
cinea
Les Films d'aujourd'hui
Le Dieu Captif
C'est un film de William Hart...
Voilà ! C'est presque devenu une
constatation péjorative et cela suffit
à distinguer le caractère périssable
des œuvres de ce grand tragédien.
Un film de Hart. C'est-à-dire qu'il y
a des luttes, des corps à corps impres-
sionnants, des batailles et ces grands
«silences », qu'imposent soudain aux
spectateurs la face fermée et pour-
tant convulsive de L'Homme aux
i/eux clairs.
On s'est ici avisé de travestir son
éternelle figure de ranchman en chef
indien. Pour être selon les lois du
Far- West, de l'autre côté de la barri-
cade, Hart n'en reste pas moins lui-
même : le Justicier.
Ce film, quant à l'intrigue, me rap-
pelle furieusement le bon vieux livret
d' Aïila. Chipia, chef indien aime la
fille du chef ennemi tout comme
Radamès adore la fille d'Amonosro.
Pour le reste : rivalité de tribus,
combats, ruines aztèques, sacrifices
aux dieux, vierges amoureuses de la
victime, tout est traité selon une bonne
technique, sans éclat, a vécu ne rigueur
puritaine.
William Harl anime cela de tout
son corps sec, musclé, précis; du re-
gard de ses yeux calmes et de sa
force harmonieuse.
ha photo est obscure. On semble
avoir coupé délibérément les gros
plans ». Est-ce un vieux film ? Est-ce
un film mutilé?
L'état actuel du cinéma en France
ne me permet pas de décider sur ces
questions pourtant strictement com-
merciales.
Gigolette
Et on a « tourné » Gigolette.
11 n'en pouvait être autrement
puisque M. Decourcelle dirige une
firme d'éditions cinématographiques.
C'est pour beaucoup une raison né-
cessaire et suffisante.
On a fait de Gigolette un film en
quatre parties. Tous les éléments du
roman-feuilleton s'y rassemblent :
viol, vol, rapt, folie, substitution
d'enfant, apaches, filles, etc. C'est
« de la belle ouvrage ». Vous ne tenez
sans doute pas à ce que je vous
raconte les malheurs de Pâlotte, de
Zélie, du grand Charles et de leurs
compagnons, foutes ces histoires
si- ressemblent et celle-là ne fait pas
exception dans le genre.
Maintenant, il serait injuste de ne
point accorder à M. Pouctal une
réelle maîtrise pour traiter de tels
sujets. Ce vieux routier du cinéma, a
traversé les âges héroïques et
s'adapte, avec un bonheur inégal
mais parfois remarquable, à notre
époque.
11 y a au début de la troisième par-
tie, une fête de nuit au /•'rolic's Bar
admirablement réglé. Cette scène ins-
truira les provinces dans le bel Art
du, Jazz et du Shimmy. Elle apprendra
à la jeunesse dorée île Brives et de
Marvejols qu'il est à Paris îles res-
taurants viennois où des nègres au
son d'orchestres américains, esquis-
sent des pas russes.
Et l'interprétation, grâce à Mlle
Séphora Mossé, à M. Colin, à M. Sté-
phen et à Miss Vernon sauve de la
monotonie un film où les plus rocam-
bolesques aventures semblent pré-
vues! Pierre Scize.
•
Fille de Rien.
De l'amour, du jeu, des danses, des
courses de taureaux, une gitane que
SHPHORA MOSSK. GEORGES COLLIN et MAUD GIPSY dans "GIGOLETTE
H
cinea
l'on croit coupable et qui est la plus
pure des femmes. Cela fait toujours
passer une heure ou deux.
•
L'homme fort.
A quel moment le héros du film
mérite-t-il ce nom ? Ce n'est point
lorsque, armé de ses millions, il tue,
vole, et ruine impunément ; c'est à
l'heure où, transformé par le travail
et la vie ail milieu des travailleurs,
son énergie implacable lui permet,
après avoir sauvé une innocente, de
s'accuser lui-même et d'expier volon-
tairement ses crimes
Le masque hallucinant de Frank
Keenan, où il y a du faune et du Pré-
sident Lincoln, évoque cette étrange
nouvelle de Hawthow e ou des -F.gi-
pans dansent sous les yeux indignés
d'un capitaine puritain. Le puissant
acteur dégage parfaitement l'idée
maîtresse du drame, malgré les au-
teurs, malgré un scénario chargé
d'incidents qui ne sont pas tous très
nouveaux : une double erreur judi-
ciaire, l'empoisonnement d'un mari
ivre le soir de ses noces, etc., etc.
Suivant l'usage il y a un procès en
cour d'assises, où les jurés sont repré-
sentés par la douzaine de bimanes
hirsutes qui jouent habituellement ce
rôle. Les scènes où l'homme fort, im-
placablement, maintient son opinion
contre tous, refuse de compléter l'una-
nimité exigée par la loi, et, de lassi-
tude, arrache de ses collègues le
verdict d'acquittement sont particu-
lièrement frappantes.
L. L.
Blaster Beverley dandy.
Voilà un des films les plus charmants
de la semaine. Ceux qui ont vu Un
drame au temps île Croznwell : Le
chevalier de la Taverne retrouveront
avec plaisir, sous d'autres noms, la
jolie Cynthia, Gregory Ashburn, et
quelques autres. La mise en scène, de
M.Maurice Elvey. estaussi bonne que
celle du Chevalier c'est-à-dire qu'elle
est pleine de jolies trouvailles et d'ef-
fets artistiques fort originaux, rehaus-
sés par une photo-splendide. Le sujet
est aussi romantique que celui de
l'œuvre précédente ; en un mot tout
le film est digne d'être comparé à son
devancier, et nous devons souhaiter
que M. Elvey nous donne encore
beaucoup de films comme ces deux-là.
IL J.
LA BELLE DAME
SANS MERCI
/,./ Belle Dam, sans merci est le dernier
film réalise par Mlle Germaine Dulac
d'après l'argument d'Irène Hillel-Her-
langer. Une lumineuse harmonie, un
beau rythme, du goût et du style
attestent la valeur de cette cinégraphiste
et font vi\re l'intelligente interprétation
de |ean Toulout, Tania Daleyme et
Denise Lorys.
I'IIOIip lll-.Mll CASTEIIA
VAN DAELE
Quelques mois ont mis en valeur ce talent sobre et vif d'inter-
prète français avec La Croisade, Ames siciliennes, Narayana,
Le Destin Rouge.
cinea
EN AMÉRIQUE
LOUISE FAZENDA
ET QUELQUES AUTRES
On raconte qu'une charmante et
.spirituelle actrice, après avoir quitté
le théâtre pour se marier, s'était vue
obligée de remonter sur les planches,
son mari ayant perdu à la fois santé
et fortune. Mais sachant combien il
soutirait à l'idée que celle qu'il aimait
se livrait au public, elle déguisait
absolument sa personnalité et ne
paraissait que derrière le masque de
rôles grotesques.
La double personnalité de Louise
Fazenda pourrait faire songer a cette
histoire: mais non; car, tant que
nous ne savons pas ce qu'elle est
hors de l'écran, le rapprochement
n'est pas possible; et si nous le soup-
çonnons, c'est parce qu'elle-même a
levé son masque. Philomène, en rup-
ture de Mack Sennett, serait-elle lasse
de ses déboires, et devons nous nous
inquiéter de ce que son auteur favori
est Dostoïevski ?
Tout artiste est un prisme, à tra-
vers lequel nous voyons l'homme et
la nature. En nous parlant des autres,
il nous renseigne sur lui-même. Lisons
donc les croquis rapides par lesquels,
en trois ou quatre coups de crayon,
elle évoque ses camarades :
La princesse du conte de fée. L'ar-
bre de mai. La poupée au sommet du
sapin de Noël, Petits chats blancs.
Qui ne reconnaît Mary Piekford?
Samovars et aigrettes. Un poi-
gnard dans une gaine de satin. Des
corbeaux. Une cithare à travers les
jalousies. Panthère familière. Souf-
fle de l'Arabie.
Est-il utile de nommer Nazimova?
Voici les soeurs Talmadge : Norma :
Des pavots dans les champs île
blé. Dîner aux bougies. Parfum de
jasmin dans la brise du soir. Zibe-
lines.
Et Constance :
La femme de César. Alliances en
platine. Piqué blanc. Yacht. Glace
à l'ananas. Lune île miel au bord
île l'eau.
Au lecteur tic deviner maintenant!
Voici venir, mais point dans l'ordre
indiqué, Gladys Brockwell, May Ali-
son et Anita Stewart :
Fleurs de pommier. Cygnes sui-
tes lacs d'été. Arc en ciel. Souvenir
d'un sourire. Brise i) travers les
lilas.
Apaches. Tubéreuses. Orchidées
noires. « L'autre femme. »
Muets et Asphodèles. Turquoise.
Rayon de soleil après la pluie. La-
pins blancs.
Passons aux hommes. Lisez ceci...
l'n flamand sur le soleil couchant.
Parfums d'amandes sur une allée
sombre. Hart Sehaffner et Marx à
Nagasaki. Jeune Bouddha jouant
au golf...
... Et dites si l'on pourrait mieux
faire comprendre ce qu'est Sessue
Hayakawa à quelqu'un qui ne l'au-
rait jamais vu?
William Earnum est :
L'Hamlet des forêts du Xord. Un
violoncelle. Camps de bûcherons.
Peinture d'un lion.
Et Charlie Chaplin... Ici, nous hési-
tons. On n'oserait essayer de définir
Charlie Chaplin en un livre ; les mots
manquent : Louise Fazenda sollicite
notre indulgence.
Le prélude de Rachmaninoff joué
enragtime. Une mouche sur la tarte.
Le jour s'en va. Saucisses aux
petits pois. Vielle. Petits chiens
perdus.
Il est plus aisé de circonscrire Pau-
line Frederick. En voici le périple :
Agate. Réincarnation d'une reine
de Bohême. « La seconde Mme Tan-
queray ». Lueur d'une lampe ci tra-
vers le brouillard.
Et la synthèse d'Enid Bennett :
Lys de Pâques. Chant du prin-
temps, de Mendelssohn. Phalènes
blancs. Sainte Cécile.
Ouvrons une parenthèse. Ce pou-
voir évocateur qu'on attribue d'ordi-
naire à la seule musique, ce don de
faire sentir des parfums, entendre
des voix qui ne sont pas celles des
instruments, le septième art le pos"
sède donc pour ceux qui le compren-
nent? C'est un test ; que ceux qui ne
suit pas capables de le subir se recon-
naissent aveugles et ne parlent plus
cinéma.
Avez-vous vu Florence Vidor ? On
craint presque de la voir, de peur
qu'elle fte réponde pas à la descrip-
tion :
Portia. La maison au milieu du
jardin tranquille. Le soleil sur l'en-
fant endormi. Dimanche matin.
Pour annoncer des artistes relati-
vement peu connus chez nous, l'im-
pression de Louise Fazenda vaut
mieux qu'une photographie Je n'ai
plus rien à apprendre sur Hobart
Bosworth :
Tempêtes en mer. Acier bleui.
Héros de Jack London. Vikings.
Expéditions polaires. Taches de
sang sur la neige.
Ni sur Aima Rubens :
Un lys rouge. Message d'amour
dans un vieux missel. Rubis. Clair
de lune sur l'Alhambra.
O magie de la couleur I La même
flamme rutile dans le nom de l'artiste,
la fleur et la pierre qu'elle évoque,
et le nom rappelé du palais de Gre-
nade, /:'/ hamra, signifie le Rouge.
Dans une teinte plus pâle, voici
Clarine Seymour :
Lucioles. La nuit, le parfum îles
orangers, le gémissement des uku-
lelé(è Hawaii) Fleurs d'abricotiers.
Et maintenant que le prisme nous
a livré les images des autres, que
nous dira-t-il de lui-même ?
Combinons la réfraction et la ré-
flexion, plaçons le prisme devant une
glace.
Fandango à Copenhague. Un en-
fant perdu dans la foule. Une larme
sur l'affiche du cirque. Héroïnes de
Tolstoï en maillot.
Et c'est ainsi que nous voyons
Louise Fazenda au travers d'elle-
même...
Lionel Landry.
LOUISE FAZENDA
Un sera surpris sans doute de retrouver sous
cet aimable aspect la burlesque et presque vi< i-
lente fantaisiste des comëéies Mack-Sennett.
Cette brillante clown-ladv est aussi une
essayiste littéraire de goût. Dans ces char-
mants portraits littéraires ne voyons-nous
pas le sien propre — que vous lirez au bout
de l'article voisin? Il vaut un petit poème et
rayonne de psychologie.
12
cinea
Et maintenant, les Films Suédois !
Il paraît que- le cinéma français va
se décider à être français. Nous le
croirons quand cela sera. Il n'est
point cinéma du tout dans ses adap-
tations toutes théâtrales d'ceuvre.s
théâtrales, — et il n'est point fran-
çais dans ses adaptations timorées
de la somptueuse et forte technique
américaine. Et pas davantage le ci-
néma français ne serait-il français
en adoptant —adoption, adaptations,
ou parodie I — l'art muet des Sué-
dois.
Le style d'écran des Américains
reste pour le moment la formule quasi
parfaite en sa netteté du drame ci-
négraphique. Les films suédois n'ont
pas cette verve directe que nous
avons aimée avec Hart, Hayakawa,
Chaplin, Norma Talmadge, Ince, Grif-
fith, Mac Sennett et leurs pairs. Le
style d'écran des Nordiques participe
plutôt du roman et n'atteint que par
un détour ses vertus propres. Mais
il comporte tant de soin, de goût,
d'intelligence, il est servi par de tels
talents, par de tels esprits, que sa
force l'impose. Et les noms deSvenska
et Skandia menacent d'éclipser ceux,
illustres, de Goldwyn, Selzniek, Pa-
ramount, BigEiveou Robertson Cole.
Mais ce n'est pas l'incroyable mise
au point de cet effort d'art qui lui
livra notre admiration. Nous avons
aimé chez les Suédois leur sens de
l'intimité, de l'âme, de la pensée, de
toute la vie intérieure. Une atmos-
phère nuancée et profonde rend le
scénario presque inutile. Vivre avec
des gens et les connaître, quelle im-
pression I Et comme les voilà tout
soudain stylisés parce que nous sen-
tons (autrement que par des actes)
leur pensée. L'image animée devient
autre chose que de l'imagerie. La
psychologie la plus simple, la plus
souple, la plus vivante et naturelle,
se développe devant nous et envahit
nos yeux d'abord.
Les Proscrits, ce film importe à
l'art muet, comme, en leur temps.
Pour sauver sa race ou David Gar-
rick. C'est le premier duo d'amour
entendu au cinéma. Un duo qui est
toute une vie, qui nous fait vivre
toute une vie. Est-ce un drame ? Que
s'est-il passé? Je ne sais. Se passe-t-il
quelque chose dans Roméo et dans
Tristan ? Des gens s'aiment et vi-
vent. C'est tout.
Nous avons eu souvent cette im-
pression aiguë de vérité et d'étude
humaine dans les films suédois. Le
Trésor d'Arne est un beau poème.
Ceux qui l'ont vu l'ont adoré. Mais
peu l'ont vu. Car les directeurs de
cinéma n'aiment pas les films sué-
dois. Pourtant (ne serait-ce que pour
mettre en relief Judex et Tue-la-
MortT) ils gagneraient à offrir aux
spectateurs ces pages lumineuses. Je
ne pense pas que le public ait boudé
au Monastère de Sendomir, qui n'a
pas la pureté séduisante du Trésor
d'Arne, mais dont l'atmosphère a
tant de chaleur.
Ahl l'atmosphère I Rappelez-vous
la délicieuse intimité grisaille de la
Montre brisée, la grâce prenante de
la Petite Fée de Solbakken, et même
du trop ingénieux Mariage de Jou-
jou. La Vengeance de Jacob Yindas
a déplu aux Parisiens, mais leur
déplaira toujours ce qui touche à la
religion sans lyrisme, comme na-
guère le Cl} rétien, puissant film an-
glais, et la Rédemption de Panamint,
émouvant film américain. Les Fran-
çais préféreront le Rêve, et sa plus
solide poésie.
On nous annonce d'autres, beau-
coup d'autres productions suédoises.
Ne les négligez pas. Elles apportent
des merveilles. Encore une fois, que
les cinéphiles de France ne se trom-
pent point. La beauté impérieuse de
ces films n'est point due à la photo-
graphie, aux projecteurs, aux caches,
fondus, et autres trucs de l'opéra-
teur. Ce sont là accessoires de prix
et de luxe, mais rien de plus. Le goût,
le tact, la mesure, l'intensité en pro-
fondeur, et surtout l'humanité, cette
humanité avec quoi les Américains
nous firent parfois pleurer et qui,
chez les Suédois, filtrée par une cul-
ture et une délicatesse inouïes, nous
touche au plus secret du cœur. Sans
humanité, vous ne serez que des
photographes et des cabots. Il y a
autre chose, que nous réclamons.
Et cela n'empêche pas de constater
la virtuosité visuelle, photographi-
que ou picturale de ces œuvres, ni
de saluer la sobre autorité des inter-
prètes. Nous n'avons pas vu ailleurs
ce Siostrom, violoncelle troublant
des thèmes de Selma Lagerloff (les
Proscrits, la Montre brisée), cette
Tora Teje, sensuelle et précise d'ex-
pression (le Monastère de Sendomir,
la Montre brisée), Renée Bjorling,
Richard Lund, et surtout Mary John-
son, lumière vivante du Trésor
d'Ame, et il nous reste à voir Har-
riett Bosse, la grande star des écrans
de Stockolm, et Jenny Hasselquist,
l'illustre ballerine, à peine entrevue
dans Wolo, d'harmonieuse mémoire,
et tous les collaborateurs de ces
Kappelmeisters photogéniques :
Maurice Stiller, Ivan Hedquist, Sios-
trom, etc. Voilà des interprètes de
cinéma. Voilà des hommes de ciné-
ma. Voilà du cinéma.
Loi is Delluc.
La crise du français
Les critiques qui ont assisté à une
présentation récente ont pu lire ce
qui suit sur le programme qui leur
était distribué :
« Andrew, fils de la première femme
de l'illustre maison de Cudlestone,
cherche pour faire face à des dettes
criardes et pour satisfaire à ses nom-
breuses passions, de ruiner morale-
ment dans l'esprit de Lord Cudles-
tone son père, son demi frère, George,
officier dans le régiment de la Reine,
afin de s'approprier des biens fami-
liaux ».
Lu peu plus loin, ils ont trouvé ceci :
« Il va en exiger le payement immé-
diat lorsqu'il apprend que Lady Elsie
Gorton, pupille d'Andrew, qu'elle
vient de lui signer un chèque afin
qu'elle liquide sa situation ».
Quelques jours auparavant, dans
un film dont les détails étaient fort
soignés et même raffinés, ils avaient
vu, en lettres plus ou moins onciales,
qu'encadraient des fruits, des fleurs,
des feuilles et des branches, ces mots:
« Elle tâchait à lui persuader... »
Où diable les maisons d'édition
vont-elles chercher leurs rédacteurs?
Que ne font-elles appel aux licenciés-
ès-lettres qui, nous dit-on, sont obli-
gés de prendre des postes de grais-
seurs d'essieux ? Comment veut-on
que le public prenne au sérieux des
œuvres qui lui sont présentés avec
une telle négligence ?
L. L.
*kxf
DKSSl.N li E1N \K M ■ KM 4\\
HARRIET [BOSSE
la grande vedette du cinéma
suédois, mais la seule que nous
n'ayons pas encore vue sur
nos écrans
14
cinea
DERRIÈRE L'ÉCRAN
Aux Studios Gaumont
On prêtait de nombreux projets a
l'auteur du Penseuret de Narayana,
on annonçait même qu'en collabora-
tion avec M. Pierre Decoureelle,
M. Léon Poirier allait filmer L'Arté-
sienne; ce projet en restera vraisem-
blablement là et nous croyons que
L'Ombre déchirée venant d'être pré-
sentée, le metteur en scène tourne-
rait Le Co/I'ret de Santal, conte chi-
nois, transposé en Persan, qui aurait
cette particularité de ne comporter
que des intérieurs.
Quant à ce parfait gentleman qui
quitta les studios de la Villette — Et
pourquoi? — au lendemain du succès
d'un excellent film, à la veille de la
présentation d'un autre non moins
bon, il s'y trouve de nouveau. Et
avec le concours, pour l'interpréta-
tion, de Mlles Iribe et Madys, de
MM. Roanne et Genika Messério, il se
dispose à tourner une bande, dont
le titre serait : Les Ailes déployée*.
Ce retour ne signifie pas un rattache-
ment à la maison Gaumont , car M. Guy
du Fresnay qui mit en scène L'Ami
des Montagnes, est chargé de filmer
maintenant pour le compte de la
firme Jupiter.
•
La Maison Gaumont vient de s'at-
tacher par contrat comme metteur
en scène M. Desfontaines, qui va com-
mencer un film tiré du roman de
Mme Delarue-Mardrus : Les Trois
Lus. L'interprétation comprendra M.
Baissac, du Théâtre Sarah-Bernhardt,
Mme Grumbach, de l'Odéon, et Mlles
Yvonne Desvignes et Gine Avril.
•
Mais ?...
Musidora reviendrait-elle au genre
de films qui firent son succès?... C'est
possible. On dit même que, délaissant
les épopées carlistes, l'étoile irait
prochainement en Autriche, aux en-
virons de Vienne, tourner deux films
policiers.
•
M. D'Auchy.dont laterreur épan-
due dans Ames Siciliennes empoigna
le cœur des âmes simples change sa
manière et veut nous prendre main-
tenant par des effets d'attendrisse-
ment. Avec le concours, pour l'inter-
prétation, de MM. Maulov, Warriley
et André Luguet, et de Mlles Andrée
Lyonnel et Vasseur, le metteur en
scène tourne une adaptation de
l'Ecran brisé, d'après le roman de
M Henrv Bordeaux.
Ressouvenance
Violet fit un jour Li-lIang-lc-Cruel...
Il fut coupable. .
Nous faillîmes avoir avec la Chine
de tortueuses complications diploma-
tiques... Les Eils du ciel n'oublient ni
le Bien ni le Mal.. Ils se souviennent
de Violet...
Celui-ci de son côté a bonne mé-
moire...
Il fit L'Epingle Rouge...
Il eut raison...
Dernièrement, la bande fut présen-
tée à la Censure...
Et, comme par hasard, il s'y trouva
un envoyé du Céleste Empire... Les
mcf\
Fils du ciel n'oublient ni le Bien, ni
le Mal...
Or, celui-ci parti avec des intentions
horriblement cruelles, s'en retourna
souriant et ravi. .
Son compatriote avait, dans le film,
le rôle sympathique.
Violet avait bien du Talent...
Nous n'aurons pas la guerre avec
la Chine...
Portrait express :
Norma Talmadge débute à quator/.e
ans sur l'écran à la Vitagraph
Company aux appointements de cinq
livres par semaine. Aucune prépara-
tion, aucune expérience, mais un
tempérament et aussitôt le succès.
Parmi ses meilleurs films : Poppu,
MODOT
Le caractéristique interprète de
Un Ours. /<■ Chevalier <7.' Gaby,
Monte-Cristo, In Fête espagnole,
tourne en Sicile la Terre du
Diable.
0"^
Elena SAGRARY
Vient de tourner a Gênes Jetta-
lura de Gilles F. Veber, dont
elle est la protagoniste, avec
|ean Dehelly comme partenaire.
De Luxe Annie, The Isle of conquest,
The loves and lies. A dautjhtcs of
two worlds, Yes or oo, etc. Taille :
cinq pieds deux pouces. Cheveux :
noirs. Yeux : bruns. Mari : Joseph
Schenck.
Les trois vedettes
Je les ai vues toutes trois ensemble.
Peu jalouses pour des princesses de
l'écran, ELLES étaient réunies.
L'une est cette jeune femme brune,
héroïne des ciné-romans les plus lar-
cinea
moyants, qui se brouilla récemment
avec notre national fabricant d'épi-
sodes.
L'autre est cette jeune première
aux appâts charnus, dont les foules
de la Villette — où elle se révéla,
d'ailleurs — aimèrent la perruque
blonde en forme de bonnet à poils.
La dernière, enfin, est cette jeune
fille qui cultive si bien l'art muet, que
le rôle qu'on lui distribua pour ses
charmes de grisette dans un music-
hall montmartrois, est lui aussi...
muet. Je les ai vues toutes trois.
Dans un dr(Me de quartier, pour
des « stars » : au fond des Batignolles.
Et je vais vous dire ce qu'elles y fai-
saient : elles y ornaient l'étalage d'un
tout petit papetier de rien du tout.
Yvonne AUREL
Jeune première dans Fabienne
et (comme l'indique ce dessin de
Bécan) épave passionnée dans
la Bouc, elle fait une création
brillante dans la Terre du Diable
de Luitz Morat. qui se passe à
Naples. Palerme. Taormina.
Sous les espèces d'une série de cartes
postales à vingt centimes où, vêtues
de rose crevette et coiftées de vert
bonbon, elles souriaient de mille fa-
çons diverses à des messieurs cosmé-
tiques pour bien prouver que :
Le meilleur 'Bonheur, c'est l'Amour
Kl quand on aime, c'est pour toujours...
La Dame photogénique
Cinquante taillées sur le même pa-
tron. Un type... une calamité de la
vie moderne.
C'est une dame qu'on voit partout.
Dans les petits et les grands studios,
à toutes les présentations. Elle har-
cèle chacun, ne lâche personne. Elle
Jaque CATELAIN
Le charmant et jeune héros du
Carnavaletde l'Homme du Large
achève aux studios Gaumont
El Dorado où il joue un person-
nage de jeune suédois.
est inévitable et tenace comme un
ennui d'argent.
Nul ne veut la présenter: aussi,
elle vous aborde, s'arrogeant des
titres, la poitrine en avant, souriante
et prête au combat : « Mlle X. . . pro-
tégée de M. Z... » Elle a apporté
25 photos... pas un bout de pellicule.
Elle s'asseoit, très à l'aise, cite de
grands noms : « M. Untel m'a fait
tourner... Oh! j'avais désiré moi-
même peu de chose à faire... je vou-
lais essayer... j'étais contente... seu-
lement après... on a coupé tous mes
premiers plans... vous savez, c'est
bien difficile!... A présent je suis sûre
de moi... mais il me faudrait un rôle,
parce que la figuration, n'est-ce pas?
Un personnage dramatique surtout.,,
mon genre, écoutez, c'est Nazimova,
mais j'aime bien aussi Robinne. Et
puis, j'ai beaucoup de toilettes. Et je
fais du cheval, je sais nager, con-
duire...
Et comme on n'a pas été grossier
avec elle, elle reviendra...
Physiquement, elle a presque tou-
jours une tare : des joues tombantes
ou des yeux inégaux. Point pauvre
(alors quelle excuse ?) elle promène
la richesse de ses robes et de ses pré-
tentions, la misère de son incons-
cience.
D'ailleurs,
mais tourné
ment, voilà
nique !
C'est une daine qu'on voit partout,
inévitable et tenace comme un ennui
d'argent. Quelqu'un que je connais
l'a surnommée : l'Insistance Publique.
Daven.
elle ment. Elle n'a ja-
Heureusement I Seule-
elle se croit photogé-
NOTES
SIGNORET. — Après Flipotte, le
voilà, dans le Rêve, l'évêque. L'onc-
tion ne l'abandonne d'ailleurs ja-
mais. Un fonds de grâce et de ten-
dresse humanise ses caricatures et
et synthétise ses types sentimen-
taux. C'était l'homme le plus souple
de l'ancien théâtre d'Antoine. C'est
le masque le plus mobile du cinéma
français. Voir le Vagabond. Voir
le Secret de Lotie Star. Voir la
Rose. Voir Le père Goriot.
EMMY LYNN. - Mater Dolorosa l'a
créée. La Dixième Symphonie l'a
épanouie. Visage voilés, Ames
closes la révèle.
VAN DAELE. — Deux yeux qu'on a
vu quelque part dans un chapitre
de Sienckiewicz. La Croisade, c'est
bien. Amess iciliennes, c'est mieux.
Narayana, c'est lui.
JAQUE CATELAIN. — C'était un
danseur dans le Torrent. Quelqu'un
ne le nomma-t-il point «un petit
Nijinsky d'appartement. » Il danse
encore — mais en dedans — pour
Rose-France, pour le Carnaval des
Vérités et pour l'Homme du Large.
Ce sera du style dans le rythme.
SUZANNE DESPRÉS. — Suzanne
Després.
MODOT. — Une gueule d'espada.
Machaquito ou Luis Freg. Un par-
fum de ganaderia, une souplesse
de sportif, une aisance d'artiste.
Un artiste, disons-le.
A.-F. BRUNELLE. — Chignole. Et
puis un tas de jeunes premiers.
Ah ! les jeunes premiers... Qu'il
vienne au drame, et vite !
EOOTITT. — Le seul. Pathé lui offrit
naguère la place que Prince accepta.
Aïe! Mais il revient au ciné. Vingt
ou trente ans de gloire sur piste
préfacent très bien une gloire neuve
à l'écran. Ce clown voit juste. Résu-
mons-nous : il voit.
ANDRÉ NOX. — Une sérénité qui~së
ravage. Le Penseur. Cne Brute.
Le Sens de la Mort. Le sens du
ciné aussi, bien entendu.
ALCOVER. — Il n'avait pas besoin
de quitter la «Moliére's House». Le
ciné prouvait qu'il n'était pas du
tout « Comédie-Française ». Voir
Champi- Tortu.
YVONNE AUREL. — On lui a fait
jouer les ingénues. Pourquoi pas
d'Artagnan ou Œdipe ? Un vrai
tempérament d'interprète du silence
Elan. Sincérité. Vérité.
ANDRÉE BRABAXT.— Renonce enfin
aux petites filles. Faite pour le
drame. Destinée à l'intensité.
16
cinéa
L'ART
POUR LE
SEPTIÈME ART
Il serait inutile de rappeler ici les
raisons qui nous ont fait baptiser
d'un nombre ordinal cet art en lequel
nous avons mis toute notre foi esthé-
tique. Le Septième Art. Cela est
entré, en deux mois, depuis ma confé-
rence au Quartier Latin, dans le lan-
gage commun. Mais il est bon que
l'on se souvienne déjà, que le « Sep-
tième Art » représente, pour ceux qui
l'appellent ainsi, la puissante syn-
thèse moderne de tous les Arts :
arts plastiques en mouvement ryth-
mique,arts rythmiques en tableaux
et en seulptures de lumières. Voilà
notre définition du Cinéma ; et, bien
entendu, pour le Cinéma-Art comme
nous le comprenons, et vers quoi
nous nous efforçons.
Septième Art, parce que l'Architec-
ture et la Musique, les deux Arts Su-
prêmes, avec leurs « complémentai-
res » : de Peinture, Sculpture, Poésie
et Danse, ont formé jusqu'ici le chœur
hexa-rythmique du rêve esthétique
des siècles.
Le C. A. S. A. ce club des Amis du
Septième Art, qui intéresse déjà le
monde des artistes en France, autant
qu'en Italie, en Amérique, en Pologne,
à Tunis, en Espagne, en Roumanie, à
surgi de notre volonté de grouper les
forces vives de cet art, pour l'enno-
blir. Et voici nos buts :
a) Affirmer par tous les moyens le
caractère artistique du cinéma. Le
cinéma étant indéniablement un Art,
le Septième.
h) Relever le niveau intellectuel de
la production cinématique française ;
et ce, dans un but esthétique autant
que commercial. Car il ne faut pas
oublier que la littérature française
ne s'est imposée au monde entier que
par sa « qualité ».
e) Mettre tout en œuvre pour atti-
rer vers le cinéma les talents créa-
teurs, les écrivains et les poètes, ainsi
que les peintres et les musiciens lies
générations nouvelles.
d) Considérer comme urgent l'éta-
blissement d'une « hiérarchie des
salles » telle qu'elle existe au théâtre :
Salles populaires et Salles d'élite, afin
de mettre un frein à l'invasion totale
et avilissante de la production feuil-
letonesque. Et ce, pour attirer au Ci-
néma les innombrables intellectuels
qui s'en détournent, se refusant au
« nivellement par en bas » de l'émo-
tion artistique qu'ils demandent à un
spectacle, et qui nient, en conséquence,
le caractère d'art du Cinéma.
e) Organiser une propagande des
plus actives pour une plus complète
connaissance, de la part du public,
des besoins autant que des fautes
d'organisation et de directives de la
production cinématique française. Et
ce, dans le but de fournir aux réali-
sateurs les moyens que cet art nou-
veau réclame aujourd'hui plus que
jamais.
/') Agir, par toutes voies de propa-
gande, auprès de l'Etat, afin que des
lois équitables et des appuis raison-
nables soient par lui fournis à l'Art
de l'Ecran, dans la même mesure au
moins qu'il le fait pour l'Art de la
Scène.
a) Attirer l'attention du public sur
l'origine et l'évolution du Cinéma en
France, par l'organisation officielle
d'un premier Festival Cinématique
Français. Contribuer à l'organisation
du premier Congrès du « Film Latin ».
On connaît notre action, qui se dé-
veloppe de jour en jour, avec nos
« Lectures Cinématiques » déjà illus-
trées pour Abel Gance.René Le Somp-
tier, Germaine A. Dulac, Louis Xalpas.
On connaîtra ici les réalisations que
nous poursuivons, et que nous atten-
dons. Une seule devise, pour tous :
L'Art pour le Septième Art !
Canudo.
Le principe de relativité
Que nos lecteurs se l'assurent ;
nous n'allons pas commenter les tra-
vaux d'Einstein, mais simplement
rechercher pourquoi les maquettes
et modèles à petite échelle, sou-
vent employés en cinématographie,
produisent rarement un effet satisfai-
sant.
Quand il s'agit des bateaux jouets
qu'on nous montre agités par la tem-
pête, ou brûlant comme dans Caharia
ou la Reine îles Césars, l'échec de
l'illusion est généralement imputable
aux mouvements trop rapides qu'on
leur imprime.
La question est plus subtile quand
les maquettes sont immobiles, et on
ne voit pas, au premier abord pour-
quoi, toutes les proportions relatives
étant respectées, la maquette d'une
ville ne produirait pas le même effet
que la ville elle-même. Il semble qu'il
faille attribuer la différence à la
perspective aérienne, à la dégrada-
tion progressive des lointains qui
manque sur le modèle à petite échelle.
On pourrait peut-être y suppléer en
diminuant la transparencede l'atmos-
phère qui entoure le modèle, en opé-
rant par exemple après avoir créé
un état d'humidité qui assure une
absorption plus rapide des rayons
acténiques. Il serait intéressant que
des expériences fussent entreprises
dans ce sens.
L. L.
Pour Vous abonner à
c t n e a
envoyez Votre nom et
soixante = quinze francs â
c t n e a
M»"- Ida Rubinstein, dont les dons
plastiques enthousiasmèrent l'aria avec
Clêopdtrc et qui tenta de si curieuses
réalisations théâtrales, du Martyre de S, nul
Sébastien à Phèdre, vient au cinéma
enfin. Elle a tourne en Italie La Muv de
d'Annunzio, que l'on a annoncée a Rome,
a Londres, a New- York — et une l'on
verra peut-être a Paris :: :: :: :: ::
l'HfllO OTTO
Mme IDA RUBINSTEIN
dans Hélène de Sparte
IH>M\ llh Whlil M VRI 1
IDA RUBINSTEIN
dans Le Martyre de Saint Sébastien
André Antoine, défenseur de l'art
muet comme de l'art dialogué, a
beaucoup appris — et beaucoup
enseigné — depuis ses émouvants
Frères Corses jusqu'à l'harmonieuse
A/"e de la Seiglùre et aussi la Terre,
d'après Zola, qu'il nous montrera
bientôt.
DKSS1N DK CAPIKI.LI
André ANTOINE
On peut revoir Un Roniiin d'Amour
et d Aventures le premier et le seul
film de Sacha Guitry, plein de détails
charmants et ironiques. Absorbé par
ses succès d'acteur et d'auteur dra-
matique (vous avez tous vu le Grand
Duc) Sacha n'a pas le temps de
penser au cinéma.
B MU! l.l ITP.V.
SACHA til'ITRY
cinea
19
LES PAGES DE MA VÏE\
Par F. CHALIAPINE
Il commençait par saluer poliment
l'inconnu, en lui adressant la parole
d'une manière très courtoise. Il arri-
vait qu'un monsieur très distingué
prêtait l'oreille aux propos de mon
père et avec un sourire extrêmement
aimable le demandait à son tour :
— Et vous désirez, monsieur?
Et mon père de dire :
— Je désire savoir pourquoi vous
avez des yeux de cochon.
Ou bien :
— Est-ce que vous n'avez pas honte
de promener dans les rues une
gueule aussi dégoûtante?
Alors le passant devenait furieux,
traitait mon père de fou, en décla-
rant que c'est lui qui avait une
gueule ignoble, etc.
Généralement, tout ceci avait lieu
après le « vingt du mois » date que
je détestais de tout mon cœur. C'était
le jour où tout ce monde au milieu
duquel passait ma vie s'empoison-
nait de l'eau-de-vie en bloc, sans
aucune exception et se plongeait
dans la débauche la plus noire. Les
gens en se dépouillant de toute appa-
rence humaine, se battaient entre
eux, gueulaient à tue-tête, gémis-
saient, roulaient dans la boue, la vie
devenait un cauchemar terrible, im-
monde, atroce.
Le lendemain, mon père restait au
lit pendant toute la journée et buvait
du kwas avec de la glace.
— Kwas!...
C'était la seule parole qu'il pro-
nonçait durant toute cette période.
Son visage devenait livide, ses yeux
hagards.
Ce qui me frappait surtout c'était
la quantité du « kwas » qu'il avalait
et je m'en vantais devant mes cama-
rades en disant que mon père boit
autant de « kwas » qu'un cheval de
l'eau à l'abreuvoir. Ils ne s'éton-
naient guère et me croyaient sur
parole, semble-t-il.
Lorsque mon père n'était pas saoul
il me battait relativement peu mais
cela lui arrivait quand même et sans
aucune raison plausible, comme il me
semblait.
Je me rappelle d'avoir fabriqué un
jour un cerf-volant C'était une mer-
veille tout orné qu'il était de grelots
et de boites d'allumettes. Au moment
de prendre son essor, il s'accrocha au
sommet d'un arbre et comme je ne
voulais pas le sacrifier ainsi, je grim-
pai sur l'arbre, décrochai le cerf-vo-
lant et me mis à descendre. Je fis cela
d'une façon si maladroite qu'à mi-
chemin j'eus une branche de cassée
sous mon poids et en faisant des
FEDOK CHALIAPINE
dans Boris Godounow qui est avec
La Pskowitaine, Judith et Le Prince
Igor un de ses plus grands succès
de chanteur tragique.
volte-faces par dessus la haie et le toit
je m'abattis par terre presque sans
connaissance.
Je restai étendu ainsi un temps
indéfini, avec mon cerf-volant entiè-
ment brisé, puis je me relevai et après
après avoir versé quelques larmes
sur les restes du pauvre mutilé je
trouvai d'autres distractions.
Le lendemain mon père m'ordonne :
Prépare-toi, on va aller aux bains!
J'adore encore maintenant d'aller
aux bains publics, mais les bains en
province c'est vraiment une chose
exquise! Et surtout parce qu'après le
retour à la maison, on buvait chez
nous du thé avec des confitures.
A cette époque mon père et ma
mère habitaient déjà le Faubourg
des Drapiers.
Donc, mon père m'amène aux bains.
Il était de très bonne humeur. Nous
nous déshabillons. Tout à coup il se
met à me regarder fixement et en
désignant du doigt mon côté droit, il
me dit :
— Qu'est-ce que c'est que ca?
Alors je vis que tout mon corps
était couvert de taches bleues et
jaunes, comme une vraie peau de
zèbre.
— Je suis tombé. Cela m'a fait un
petit peu mal.
— Un petit peu? Mais ton corps est
tout entier en rayures. Comment cela
c'est produit?
J'avouai tout. Mon récit terminé il
prit quelques grosses branches
sèches et se mit à me battre avec, en
répétant :
— Cela t'apprendra à grimper sur
les arbres!
Ce n'était pas la douleur physique
qui me causait tant de souffrances,
c'était la honte d'être ainsi exécuté
en présence de cette masse de bai-
gneurs qui, tous, étaient ravis d'as-
sister à cette distraction inattendue.
Ils rigolaient, sans aucune méchan-
ceté d'ailleurs, et encourageaient
mon père.
— Vas-y, vas-y! Là! Flanque lui un
bon coup! Pas la peine de prendre
soin de la peau, elle ne sera que plus
fraîche ainsi.
Un bon petit coup dans le derrière!
C'est ça! Encore!
En général je n'étais pas très froissé
lorsqu'on me battait, je trouvais cela
tout à fait naturel. Je savais qu'au
Faubourg des Drapiers tout le monde
était battu, les grands comme les
petits, sans trêve, le matin et le soir.
Les coups étaient en quelque sorte
une chose tout à fait normale, léga-
lisée, inévitable. Mais une exécution
publique aux bains devant toute une
assemblée d'hommes nus et rien que
pour les faire rire, m'offensait beau-
coup.
(A suivre) L. Valter trad.
Les Concours de cinéa
CONCOURS
DE SCÉNARIOS
Envoyez-nous un scénario cinégraphique. Des
journaux comme Le Film, Ciné pour tous,
Bonsoir, en ont publié d'excellents qui vous
ont appris le découpage, le style et le
mouvement de ces ouvrages spéciaux. Essayez
de composer un thème d'écran, drame ou
comédie, découpez-le et bornez-vous à des
moyens simples : peu de décors, peu de
personnages mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si vous pouvez.
Jury : Dans ce Jury seront représentés les metteurs en
scène (J. de Baroncelli, Marcel L'Herbier,
Léon Poirier, T^ené Le Somptier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van Daële, Jlndré 3\Cox,
Séverin-Mars, etc. Jet les spectateurs ({F$oisyvon,
René ffizet, Canudo, J.-L. Croze, Fréjaville,
Lionel Landry, *P. de la ^orie, ^Pierre Henry,
Pierre Seize, Urroiller, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême pour l'envoi des manus-
crits est fixée au 1er Août prochain
Prix : Le meilleur scénario choisi par le Jury recevra
un prix de Mille francs et sera publié dans
Cinéa, si l'auteur le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire connaître des
maisons d'édition française
c i n e a
10. RUE DE
L'ELYSÉE
PARIS
PF.ARL WHITK
est à Paris, non pour tourner la suite des
Mystères de. New-York ou de la Maison
de la Haine, ni pour voir son dernier
film, mais tout simplement pour
voir Paris, la rue de la Paix, les grands
magasins et les couturiers a la mode.
Les Concours de cinéa
CONCOURS
DE PHOTOGRAPHIES
D'AMATEURS
Envoyez à cinéa des photos de
n'importe quel format, représentant
des acteurs de ciné dans la vie
privée, ou des aperçus Au travail
cinégraphique en plein air, en studio,
etc..., tout ce qui se rapporte à
I écran et pourra résumer en quelque
sorte les coulisses du Cinéma.
Le jury sera composé de six opéra-
teurs français : MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et Lucas.
Ru prochain numéro, là liste
G*/ w/ • • • ••• *•• ••• • • • / L K-s O ••• ••• ••• ••• • •• L-' I 1 1\.
c i n e a
10, RUE DE
L'ELYSÉE
PARIS
Imprimerie spéciale de cinéa, 84. rue Rochechôuart, Paris. Le gérant : A. Paty.
20 Mai 1921
Numéro 3
£-£-■£• Hebdomadaire Illustré 4 4 4
Louis DEL LUC et A. ROUMANOFF, Éditeurs
io. Rue de l'Elysée, Paris - Tél. : Élys. 58-84
Abonn'. 75 fr.
Le IN" .. 2fr.
L' HOMME LE PLUS CONNU DU MONDE
Tous les Programmes des Cinémas de Paris
CONCOURS
DE SCÉNARIOS
(©*©«•©••
Envoyez nous un scénario ciné-
graphique. Des)ournauxcomme
Le. Film, Ciné pour tous, Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appris le décou-
page, le style et le mouvement
de ces ouvrages spéciaux.
Essayez de composer un thème
d'écran, drame ou comédie,
découpez-le et bornez vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (]. de Batoncelli, Mai-
cel L' Herbier, Léon 'Poirier,
T^ené Le Somptier. etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daèle, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaville, Lio-
nel Landry, P de la {Rorie]
Pierre Henry, Pierre Seize,
Ur ciller, Marcel Yonne t, etc.)
Clôture : La date exlrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au I er Août prochain.
Prix : Le meilleur scénario
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
connaître des maisons d'édi-
tions françaises
cmea
10, RUE DE L'ELYSÉE
PAR 13
Vous qui désirez des photos de
Ch. Chaolin Viola Dana Pearl White
W.S. Hart Maë Marsh Lilian Gish
S. Hayakawa Mildred Hartis Dorothy Gish
Charles Kay N. Talmadge Priscilla Dean
Ecrivez à J THiOLAT. 3y. r. Ampère
Paris (17^1
2 fr. la photo (franco) - 18 fr. les 12
Si
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Cinéma
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Henry CASTERA
51. RUE DE CLICHY
.AYlbum officiel du Concours
de Beauté des Provinces de
France (publié par le Journal,
édité par Comœdia illustré).
Dans ce magnifique album
seront reproduits les portraits
de toutes les lauréates du
concours, dans leurscostumes
régionaux. Prix de souscrip-
tion : i5 francs. Ce prix sera
porté à 20 fr. dès l'apparition.
Adresser demandes et man-
dats au Journal, ico, rue de
=== Richelieu ■
COURS DE PROJECTION
par Chef-Cpérateiir dans Etablissement parisien
Certificat de capacité professionnelle
délivré en fin de cours après passage
. . . au poste double en exploitation . . .
CONDITIONS AVANTAGEUSES
G. DROMAZ, I, rue Franklin, Paris (16e)
ABONNEZ=VOUS A
cinéa
CONCOURS
DE
PHOTOGRAPHIES
D'AMATEURS
Envoyez à Cinéa des
photos de n'importe
quel format, représentant
des acteurs de ciné dans
la vie privée, ou des
aperçus du travail ciné-
graphique en plein air,
en studio, etc., tout ce
qui se rapporte à 1 écran
et pourra résumer en
quelque sorte les coulis-
ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
opérateurs français :
MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et
Lucas
Au prochain numéro,
la liste de nos prix.
cinéa
10, RUE DE L'ELYSÉE
PA RIS
cinea
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 20 au Jeudi 26 Mai
J<= ARRONDISSEMENT
Electric-Palace, s. boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal, les actualités du
monde entier. — Zut et Flut chiens savants,
comique. — Jack, mèdecen malgré lui,
comédie interprétée par William Russel.
— Charlie Chaplin dans Chariot joue
« Carmen », fantaisie comique en 2 épi-
sodes. 2'' épisode : Souvent femme varie.
En supplément facultatif : Eddie Polo
dans Le Roi de l'audace, ciné-roman en
10 épisodes, publié par La Presse. 2e' épi-
sode : L escapade miraculeuse.
Omnia-Pathé. s. boulevard Mont-
martre. — Pathé-Journal, actualités. —
Gigolette, de M. Pierre Decourcelle, 3e
époque : Les dessous de Paris. — Chariot
wue v> Carmen », 2'' chapitre. — Supplé-
ments facultatifs : Lui cheç les cow-boys,
comique. — La chasse aux faucons, docu-
mentaire.
Parisiana. 27. boulevard Poissonnière.
Gutenberg 56-70. — La grande aventure.
comique. Rome /''''promenade, plein air. —
Fridoliu vainqueur, comique. — Parisiana-
Jonrnal. actualités. — Le drame des Eaux-
Mortes, d'après le roman de M. Charles
Foley. — Chariot récidiviste, comique.
Cinéma de la Presse, 125, rue Mont-
martre. — Hiver au Niagara. — Un roman
d'amour et d'aventures, avec Sacha Guitry
et Yvonne Printemps. — Le ballon ronge,
comédie sentimentale. — Voleurs de
h mines. 4e épisode. — Berias, chanteur
comiqne.
3e ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Pathé-Journal, Faits
divers mondiaux. — La chasse aux Fau-
cons, documentaire. — Lui chc{ les cow-
poys, comique, interprété par Harold
Lloyd. — Je me vengerai ! 5e épisode de
L'Homme aux trois masques. — Gigolette.
3e époque : Les dessous de Paris, drame
de la vie parisienne. — Agènor le bien-
aime. comique.
Théâtre du Kinerama, 37, boulevard
Saint-Martin. Archives 43-16, directeur
M. Imbert. — Fatty aime pour lui-même.
Comique. — L'aveugle de Twin-Forth,
grande scène dramatique. — Godasse,
terreur des fauves, comique. — Polochon
' \r\ on coiffeur, comique.
4" ARRONDISSEMENT
Saint-Paul, 73, rue Saint-Antoine,
Aarhus cite Danoise, plein air. — Dandv
tient la bonne place, comique. — Lui... chef
< ' 'owboys, comique. — Je me vengerai,
V épisode de L'Homme aux trois masques.
— Ci galette. 3e épisode : Les dessous de
Paris, drame de la vie Parisienne.
5l ARRONDISSEMENT
Chez Nous, 26, rue Mouffetard. — La
dame de Pique. — Pic rat t express. — Un
contre tous.
Saint-Michel-Cinéma. 7, place Saint-
Michel. — Actualités. — Dans la nuit, (avec
Norma Talmadge, - - Petitpont, Fricot in,
Coco et Cie.
Mésange. 3, rue d'Arras, Pathé-Journal,
faits divers mondiaux. — Pathé-Rcvu, .
n" 20, documentaire. — L'homme aux trois
masques, 4e épisode : Les remords de Fer-
gus. — Gigolette, 2'' époque : La bataille
de la vie. drame de la vie parisienne. —
Agènor le bicu-aimec, comique.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— ■ Le collier de sa reine, fantaisie bur-
lesque. — Marguerite Clarcke et Richard
Barthelmess dans Trois maris pour une
femme, comédie en 4 parties. — Attrac-
tion : Jeux Olympiques. — Gigolette.
2' époque : La bataille de la vie.
6e ARRONDISSEMENT
Danton-Cinéma-Palace, 99-101, boule-
vard Saint-Germain. — Pathé-Rcvuc,
L'homme aux trois masques, 5e épisode. —
Jack médecin maigre lui. comédie. — Gi-
golette, 2e époque. — Gaumout-actuatités.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Sèvres, 80 bis, rue de Sèvres,
(angle du boulevard de Montparnasse,
boulevard des Invalides). Fleurus 28-og. —
Les trésors du Cœur, comédie sentimentale
interprétée par Mary Miles. — Gigolette.
grand drame parisien en 4 époques de
M. Pierre Decourcelle, 2e époque : La ba-
taille de la vie. — Pathé-Journal. Pathc-Rc-
vue. — Attraction sensationnelle.
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet.
Direction G. Moyse. — Avec les flotteurs
de bois eu Suéde. — Fatty en vacances.
comique hilarant. — La Tisane, comédie
avec Simone Genevois. — L'Homme aux
trois masques, 4e épisode : Les remords
de Fergus. — Attraction : Chambard,
comédien comique. — Violence, grande
comédie dramatique, avec Prescillia Dean.
8e ARRONDISSEMENT
Pépinière-Cinéma, q. rue de la Pépi-
nière. — Dans h's abîmes de la mer. —
Agènor. légataire universel, comique. —
L'Homme aux Irais masques, 9' épisode. —
Pépinière journal . — B/aiicbet/e, avec de
Feraudy. — Intermède : Reine Chanteix.
Théâtre du Cotisée. 38, avenue des
Champs-Elysées. Elysées 29-46. Direction :
Malleville. — Lui cbc{ les cow-boys, co-
médie gaie. — Jack médecin malgré lui,
avec William Russel. — Gaumont-ac/ua-
lités. — Les naufrages du sort, drame de
M. Roger de Chèteleux, joué par M. Jan-
vier et Mlle Germaine Dermoz.
Alcazar d'été, Champs-Elysées. —
Jacques, médecin maigre lui. comédie avec
William Russel. — Infernale obsession,
drame.
9e ARRONDISSEMENT
Artistic Cinéma, 61, rue de Douai. —
Central 81-07. — Gigolette, y époque.
Les dessous de Paris. — Lui chec les Cow-
boys, comique joué par Harold Lloyd. —
La chasse aux faucons, documentaire. —
Pathé-Journal.
Aubert-Palace, 28, boulevard des Ita-
liens. — Nouveautés journal . faits divers
mondiaux. — L'ami commun. 2'' époque
(fin) d'après le roman de Ch. Dickens,
drame. — Je me vengerai. se épisode de
L homme aux trois masques. — La mai
sou eu ruines, drame.
NE MANQUEZ PAS
DALLER VOIR
"Chariot soldat"
avec Charlie Chaplin
■ ■
■
"Le Bonheur
en Ménage"
■ ■
■
"Le Pauvre Amour"
• •
■
" Le Rêve "
■ ■
Ceci n'est pas de la
£ £ publicité •# ^
cinea
Réponses à quelques lettres
pamphlétaire, ça? Un
voilà tout. Et encore il
Coulomb. — Mais non, mais non, qu'on
nous préserve des « présentations » pari-
siennes, [e sais bien quelles ont l'avan-
tage de rapprocher du cinéma l'absurde
et actif public dit du Tout Paris. Mais les
succès qu'on y récolte ne valent pas ceux
du faubourg, ceux de la province, ceux
des pays lointains. Et tant de pièces ont
souffert du caprice des répétitions géné-
rales... Seigneur, preservez-en le cinéma
français!
S. M. — Un
maître-chanteur,
chante faux...
M. D. — Mathot tourne actuellement
sous la direction de M. l.eprince, au
Studio Pathé, à Vincennes les intérieurs
de L'Empereur des Pauvres.
Lover Film. — Celle qui Paie est un
film très, très remarquable. Son titre Amé-
ricain est 77'o.sy IVbo Pay. Bessie Barriscale
v est admirable. Howard Hickmann et
Melbourne Mac Dowell dans les autres
rôles. D'autres films de Bessie Barriscale
a voir ':... mais ils le sont tous.
Peggy & Suzy, — En France le métier
d'interprète de cinéma ne nourrit pas son
homme. Si vous êtes photogéniques, si
vous avez un peu de talent, beaucoup de
temps, et surtout des rentes, essayez
toujours. Mais la carrière est déjà bien
encombrée.
Si Kong Man. — Vous êtes trop curieux.
Envoyez moi votre adresse je vous répon-
drai par lettre particulière.
Jou|ou. — Les extérieurs de L'Homme
du Large furent tournés pour la plupart
dans les environs de Vannes, Penmarck
et Quiberon. ( )ui à Grenade, puis à Séville.
Eve Francis. |aque Catelain, Marcelle
Pradot, Claire Prélia. Lucas probablement.
I ucien Arnoux. — Je n'en sais rien.
Filma, 3, boulevard des Capucines. Conti-
nuez donc de vendre vos programmes,
c'est encore plus rémunérateur.
Madame Peacoqh. — [ewel Carmen est
la séduisante et talentueuse interprète du
Pardon du Forçat, Lu Femme Fardée, Une
l 'olonté, Torture, etc..
PanthÉa. — Cet artiste ne vous a pas
répondu et vous aviez joint quatre francs
de timbres. Peut-être en fait-il collection.
Cinéphile. Voyez par exemple le
scénario de La Fête Espagnole, dans le
numéro ^s de Ciné pour Tous.
Fleur de Ions. — Les effets de nuit!
Et bien on tourne tout simplement le jour
et on teinte le film en bleu ou en vert.
Pour plus de vérité on tourne maintenant
la nuit avec le secours de projecteurs.
Voyez Lu Caravane qui en est un bel
exemple.
AziadÉ. — Cette artiste Française étant
fort discrète, quant à son âge. je ne puis
vous renseigner. Signoret possède en
effet une mobilité faciale extraordinaire.
Voyez-le dans La Rose, Le Secret du Lone
Star, Flipotte, Le Silence.
Le Nocturne. — Vous vous étonnez que
l'église de Beaumont de style roman a
l'intérieur ait un porche de style gothique.
Gela n'est pas anormal s'il a fallu plusieurs
siècles pour la construire, le style a pu en
être modifie.
Jacojjes Chistiany. Pour Georges Lannes
écrivez lui aux Films Lys Rouge, S. rue de
Douai
Harrassowitz. — Comment se font les
dessins animés ? nous vous en parlerons
d'ici quelque temps.
Fleur des Neiges. — Oui c'est exact,
Irène Castle, l'admirable interprète de
Cœur d'Héroïne est veuve de Vernon
Castle qui fut tué sur le front Français.
Vous aurez, satisfaction, nous en parlerons
d'ici peu.
Pilier du Colisèe. — Oui, il a paru dans
ce film, où d'ailleurs il avait un rôle très
effacé.
Suzanne. — Suzanne Grandais repose,
je crois, au cimetière St-Vincent à Mont-
martre. Hélas elle est déjà bien oubliée.
Robert Périscope. — Il est généralement
tenu un registre ou les spectateurs peuvent
formuler leurs désirs. C'est à vous de le
réclamer. Malheureusement jusqu'alors
ils ne passent guère que dans une salle
ou deux en première semaine et la
seconde ils disparaissent à tout jamais de
l'écran. Oui, Sjostrom, Stiller, Bruni us,
1 Iedquist.
Carmen. — Mary Pickford se nomme
en réalite Glady Smith et est originaire
de Toronto. Vous avez raison. Abel Gance
est un réalisateur incomparable, mais
comme scénariste...
Douglas. — L'adresse de Signoret ?
Ecrivez lui au Film d'Art, 14. rue Chau-
veau, Neuillv-sur-Seine. Oui. générale-
ment il répond.
l'CEil-de-Chat.
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
Chariot Soldat
avec CHARLIE CHAPLIN
SYDNEY CHAPLIN
et EDNA PURVIANCE
Terrible Adversaire
avec DOUGLAS FaIRBaNKS
et JEWhL CARMEN
Vour sauVer sa Race
avec WILLIAM HART
Louise GLAUM et Bessie LOVE
û Le Penseur 0
avec ANDRE NOX
L'Homme aux Yeux Clairs
avec WILLIAM HART
Le Lys et la Rose
avec LILIAN GISH
et FRANK MILLS
0 Le Silence d
avec EVE FRANCIS
:-: et SIGNORET :-:
0 Œil pour Œil 0
avec SESSUE HAYAKAWA
0 Le Faune 0
:-: avec FEBO MARI :-:
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
Madeleine-Cinéma, 14. boulevard de
la Madeleine. Louvre 3(1-78. — Les actua-
lités. — Les naufrages du soit. — Jack
médecin malgré lui.
Delta-Palace-Cinéma.
boulevard
Rochechouart. — Delta-Journal. — Jof
gentleman a poils, comique. — Le Tourbil-
lon. V' épisode : En plein ciel. — Le Raton.
documentaire. — Ce doux Fatty. comique.
— Le Talion, drame en 4 parties. —
Iuterin'ede : Les sœurs Helly dans leurs
duos tvroliens.
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 66-ig. Directeur :
M. A. Jallon. — Eclair-Journal. — Jacc-
Hotel, comique. — L'Homme aux trois
masques, 5e épisode : Je me vengerai. —
Iuterin'ede : L'original ventriloque et ses
mannequins. — Le tour du monde d'un
gamin de Paris, film sensationnel d'après
le chef-d'œuvre de Boussenard.
10e ARRONDISSEMENT
Cinématographe Porte Saint-Denis.
8, boulevard Bonne-Nouvelle — Wiesba-
deu. plein air. — Le traquenard, comédie
dramatique. — L'étreinte de la Pieuvre,
y épisode. — Fatty aux bains comique.,
Crystal-Palace-Cinéma, 9, rue de la
Fidélité, 96. faubourg Saint-Denis. Nord
O7-59. — Dans la nuit, grand drame en
5 parties, interprété par Norma Talmadge.
— L'enlèvement de Miss Maiid, film d'aven-
tures interprété par May Allison. — La
Suisse inconnue, vovage. — Zigoto dans
les carrières, comique américain en 2 par-
ties. — Palace-Journal, actualités de la
semaine. — Attraction : Langlois, de
l'Opéra-Comique.
Folies-Dramatiques, boulevard Saint-
Martin. — La maison des fantoches. — Les
naufrages du sort, dramatique. — Un
oncle d'Amérique, comique. — L'Homme
aux trois masques, grand ciné-roman. —
Le barvton Wolff. — Attraction : Le trio
Schmaievsky.
Cinépax, 30. boulevard Bonne-Nou-
Nouvelle. -- Patbér Journal. — Gigoletfe.
drame de M. Pierre Decourcelle. — Lui
che: les cow-boys. — La fugitive, drama-
tique. — La chasse aux faucons.
Cinéma-Palace , 42. boulevard Bonne-
Nouvelle. — Plantes sensibles. — L'Homme
aux trois masques, grand ciné-roman. —
Un oncle d'Amérique, comique. — Les nau-
fragés du sort, drame. — La maison des
fantoches. — Les chansons filmées de Lor-
dier.
Paris-Ciné, i7, boulevard de Stras-
bourg. — La chasse aux faucons. — La
fugitive, dramatique. — Lui. chc{ les cow-
boys. — Gigolette, drame de M. Pierre
Decourcelle. — Patbê- Journal, actualités.
Voltaire-Aubert-Palace, 05, rue de la
Roquette. — Zut et F/ut chiens savants.
comique. — L'indomptable, comédie dra-
matique, interprétée par Frank Mavo. —
Eddie Polo dans Le roi de l'audace, ciné-
roman en 10 épisodes publié par La Presse.
2e épisode : L'escapade miraculeuse. —
Gigolette, grand drame parisien en quatre
époques de M. Pierre Decourcelle, y épo-
que : Les dessous de Paris.
Tivoli, K). faubourg du Temple. —
La chasse aux Faucons, documentaire. —
Dandy tient la bonne place, comique. —
Tivoli Journal, faits divers mondiaux. —
Je me vengerai. se épisode de L'homme aux
trois masques. — Gigolette, y époque :
Les dessous de Paris, drame de la vie pa-
risienne.
11e ARRONDISSEMENT
Artistic-Cinéma, 4s bis, rue Richard-
Lenoir (place Voltaire. — Zigoto dans les
carrières, comique. — Prométhéc banquier.
— Voleurs de femmes. 4e épisode. — Les
Canards sauvages, comédie \ dramatique.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Fridolin
chef de rayon, comique en 2 parties. —
Gauniont-actualites. — Le collier de sa
reine, fantaisie burlesque. — Olive Tho-
mas dans Rêves dorés, comédie drama-
tique. — Attraction : Trio Vircaz, volti-
geurs. — Gigolette, grand drame parisien
en 4 époques par Pierre Decourcelle. Mise
en scène de M. A. Pouctal 3e époque : Les
dessous de Paris.
i3c ARRONDISSEMENT
Qobelins. 66, bis Avenue des Gobelins.
Pathé-Joiirual, faits divers mondiaux. —
Pathé-revue. documentaire. — Les remords
de Fergus. 4e' épisode de L'homme aux
trois masques. — Gigolette, 2e époque : La
bataille de la vie, drame de la vie pari-
sienne. — Anatole au sérail, comique.
14e ARRONDISSEMLNT
Orléans-Palace. 100 et 102. boulevard
Jourdan. — Les actualités Patbê. — Les ca-
nards sauvages. — Le Tourbillon, 4e épi-
sode. — Rivalité de Fatty et Picratt. — Sur
scène, le chanteur populaire Vais.
Gaieté, rue de la Gaieté. — Pathé-Jour-
nal, faé\ts divers mondiaux. — Pathé-revue,
n" 20, documentaire. — Je me vengerai
5e épisode de L'Homme aux trois masques.
— Gigolette, 2e épisode : La bataille de la
vie. drame de la vie parisienne. — Dandy
Gacier, comique.
Régina-Aubert-Palace.
rue de
Rennes. — Auberf-Journal, les actualités
du monde entier. — A travers la France,
par Ardouin Dumazet, auteur du Voyage
en France, couronné par l'Académie Fran-
çaise : La Provence pittoresque. — Eddie
Polo dans Le roi de l'audace, ciné-roman
en 10 épisodes publié par La Presse, i*'
! THÉÂTRE
■
DU
! COLISÉE
CINÉMA
■
38, Av. des Champs Élysées, 38
■
S Direction : Téléphone :
j P. MALLEVILLE ELYSÉE 29-46
: PROGRAMME DU 20 AU 26 MAI
■
Lui, chez les cow-boys, comédie
gaie.
■ Jack, médecin malgré lui, avec
: William Russel.
Gaumont- Actualités.
m
Les Naufragés du Sort, drame de
M. Roger de Chateleux,
joué par M. Janvier et
Mlle Germaine Dermoz.
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
épisode : La confession rouge. — Chariot
et Fatty dans le ring, comique. — Pathè-
Revue, lé magazine de l'écran. — La belle
dame sans merci, comédie dramatique
adaptée et mise en scène par Mme Ger-
maine Dulac.
Splendide-Cinéma, "$. rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Les actualités
de Splendide-Cinéma. — Le pont de la mort,
grandes aventures sensationnelles. —
- Joe cbe{ les Cow-boys, comique. —
Zidore et les métamorphoses, interprété par
Biscot, grande scène comique. — Le
Jockey de la mort, drame sensationnel
d aventures et d'amour en 3 parties.
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle. 122. rue du théâtre Pathé-
Journal, faits divers mondiaux. — Patbé-
Revue, n" 20, documentaire. — L'homme
aux /rois masques 5e épisode: Jcme venge-
rai. — Gigolette 2e époque : La bataille de
la vie, drame de la vie parisienne. — Ne-
gro chien policier, comique.
Splendide-Cinéma-Palace, 60. avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie.
Patbè-Jowrnal. — Pathé-revue. — Les lacs
Suisses, documentaire. — L'homme aux
trois masques, V' épisode : Je me vengerai.
— Colombe, de Prosper Mérimée. — Gigo-
lette, 2e époque : La bataille de la vie. —
Joe le marin. Scène comique avec le singe
Joë Martin. — Intermède : Rima, ténor
dans La Tosca et Paillasse. — Tous les jeu-
dis a 2 h. 1/2 : matinée spéciale pour la
jeunesse. — La semaine prochaine : Les
naufragés du sort, grand film d'art fran-
çais.
Grand Cinéma Lecourbe. 115, rue Le-
courbe. Saxe s6-4=;. — Némésis, comé-
die dramatique, d'après le célèbre roman
de Paul Bourget de l'Académie Française.
interprétée par la grande tragédienne
Soava Galone. — Voleurs de femmes. 6e épi-
sode : Zara triomphe. — Un cas de cons-
cience, drame joué par Francis Bushmann,
dans un double rôle. — Attraction : Ren-
trée de Sarthel. le spirituel diseur des
Ambassadeurs.
16e ARRONDISSEMENT
Le Régent. 22. rue de Passy. — Le Re-
nard, documentaire. — Le Bain turc,
dessins animes. — Betsy Love, comédie
dramatique — Gaumont-actualitès. — La
Falaise, comédie dramatique. — Un déjeu-
ner ehee la marquise, comique.
Mozart-Palace. 4c), 51, rue d'Auteuil.
[6«. — Programmedu 2omai au 23 mai 1621 :
Une savonnerie danoise, documentaire. —
L'homme aux trois masques, 5e épisode :
Je me vengerai. — Amoureux Bécolliu. co-
mique. — Eclair Journal, actualités. —
L'ami commun, (d'après Ch. Dickens) 2'' et
dernière époque. — Ribadouille veut divor-
■■■■■■■•■•••■a
Nous demandons à
VOI R
encore une fois
Une Vie de Chien
avecCHARLIE CHAPLIN
DaVid Garrick
avec DUS TIN FARNUM
Le Trésor d'Arne
avec MARY JOHNSON
La Conquête de l'Or
000 avec BESSIE LOVE
Les Frères Corses
avec KRAUSS et ROUSSEL
L'auberge du signe du loup
00 00 00 00
de Th. H. INCE
Une Aventure à New- York
avec DOUGLAS FAIF BANKS
M i c k e y 0
avec MABEL NORMAND
Olivier Twist
00 00 avec MARIE DORO
La Dette 0
avec DOROTHY PH1LIPPS
Les Corsaires
avec L I L I A N G I S H
•■«■■■■■■■■■■■•■■■■■•■■•••■■■■■■■■•.•■•■•■••■■an
c,r, comique. — Programme du 24 mai au
26 mai 192 1. — Rome, plein air. — /.
de Simonn,\ interprétée par la petite Si-
monne Genevois. — Chariot joue Carmen,
(en deux épisodes) i1'1' épisode. — Gigolette.
3'' époque : Les dessous de Paris. — Palhé-
Journal. actualités.
Maillot-Palace-Cinéma. 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du 20
mai au 23 mai 1921 : Rome (plein air). — Le
rêve de Simonne, interprétée par la petite
Simonne Genevois. — Chariot joue Car-
men (en deux épisodes) 1" épisode. — Gi-
golette, 3c épisode : Les dessous de Paris.
— Pathe-Journal. actualités. — Programme
du 24 mai au 26 mai 1921 : Une savonnerie
danoise, documentaire. — L'homme aux trois
masques, se épisode. Je me vengerai. —
Amoureux Becottin. comique. — Eclair-
Journal, actualités. — L'ami commun. 2e et
dernier épisode d'après Charles Dickens.
— Ribadouille veut divorcer, comique.
Théâtre des Etats-Unis. 56 bis, avenue
Malakoff. Direction : Marcel de Léonardi
et Cie. — Les Deux Gamines, iof épisode :
Le candidat à la mort. — Le Sac de Rome.
tragédie de la Renaissance italienne. -
Charlie Chaplin dans Chariot soldat.
17e ARRONDISSEMENT
Batignolles-Cinéma. ,9, rue de la Con-
damine. — Industrie des conserves du sau-
mon. — Pathe-Journal, actualités. — Les.
naufragés du sort, mise en scène de Ro-
ger de Chateleux. — Neal Hait en soirée,
comédie américaine. — Chariot joue Car-
men. 2« épisode. — Programme du 23 mai
au 26 mai. — Pathe-Journal, actualités. —
L'aveugle de Twin Fort. — Grande scène
dramatique de Hmerson Hough. — Attrac-
tion : Le parfait chanteur Porelli dans son
nouveau répertoire. — La maison du fan-
toche, dessins animés comiques. Gigolette.
3e époque : Les dessous de Paris.
Grand Cinéma, 147, avenue de Saint-
Ouen (près la porte Saint-Ouen). Direc-
teurs-propriétaires : M. Moisset et Cie. —
Pour sauver l'honneur de sa race, grande
comédie dramatique interprétée par Sessue
Havakawa. — Agènor, le bien-aime. comé-
die gaie. — Le Tourbillon, 4e épisode : Le
Pont sur l'abîme. — Actualités Pathé-Jour-
nal. — Attraction : Alex, le comique co-
médien.
Villiers-Cinéma, Stockholm, plein air.
— Gai... gai... marions-nous, comédie. —
Le roi de l'audace. 2« épisode : L'escapade
miraculeuse. — Eclair-Journal, actualités.
— Le Rêve, d'après le chef-d'œuvre
d'Emile Zola. — Intermède : Andrée Rai vil;
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, s.
Wagram 02-10. Rome. i'e promenade. —
Le Tourbillon. îe épisode : En plein ciel.
— Pathé-Joumal. actualités. — Constance
cinéa
Programmes des Cinémas de Paris
Talmadge dans Les prétendants tir Lucie.
— Gigolette, 2'' époque : La bataille de la
vie.
Cinéma Demours. 7. rue Demours.
Directeur : M. F. Destannes. — La Chine
et les Chinois, film documentaire. —
L'Homme aux trois masques, 5e épisode :
Je me vengerai ! — Chariot jour « Carmen »,
scène comique. — Eclair- Journal, actua-
Royal Wagram. avenue Wagram. —
Les Carabes, film documentaire. — Les
naufrages du sort, drame. Scénario et
mise en scène de Roger de Chateleux. —
Gigolette, grand drame parisien en quatre
époques par Pierre Decourcelle. Mise en
scène de M. H. Pouctal. 2e époque : Les
dessous de Paris. — Toutes les actualités
et les faits divers du monde entier par le
Patbè-Journal.
Lutetia-Wagram. avenue Wagram. —
La fabrication des cigarettes, film docu-
mentaire. — Marguerite Clarcke et Ri-
chard Barthelmess dans Trois maris pour
une femme, comédie en 4 parties. — Wil-
liam Russel dans Jack médecin malgré
lui. grande scène d'aventures en s actes.
— Gaumont-actualités. — Voleurs de
femmes, grand ciné-roman en 12 épisodes,
publié par l'Eclair et les grands régionaux.
Adapté par P. d'Ivoï' et Louis d'Hée.
6= épisode : Zara triomphe.
Le Select. 8, avenue de Clichy. —
Voleurs de femmes, grand ciné-roman en
12 épisodes, ' publié par Y Eclair et les
grands régionaux, adapté par P. d'Ivoï et
Lonis d'Hée. 6e épisode : Zara triomphe.
Frank Mayo dans L'Indomptable, drame
n'aventures. — Gaumont-actualités. — La
fabrication des cigarettes, film documen-
taire. — William Russel dans Jack méde-
cin maigre lui, grande scène d'aventures
en 5 actes.
lités. — Les naufragés du sort, drame en
fi parties. Scénario et mise en scène de
Roger de Chateleux.
Cinéma Legendre. 128. rue Legendre.
— Legendre actualités. — Les mystères du
ciné, comique. — L'homme aux trois
masques, ,c épisode : Je me vengerai. — Le
capitaine tracasse, d'après le chef d'oeuvre
de Théophile Gautpier. — Intermède : Lan-
glois dans son répertoire.
18e ARRONDISSEMENT
Grand Cinéma Concert Ramey. 40, rue
Ramev (impasse Pers). — Actualités. —
Lorençaccio. — La paix cbc{ soi.
Gaîté-Parisienne, 34. boulevard Or-
nano. M. Renaut, directeur. — La lutte
pour la vie, tiré du roman d'Alphonse
Daudet. — Gigolette, y> époque : Les des-
sous de Paris. — L'homme aux trois masques,
7« épisode. — Attraction : De Buxeuil, Le
chanteur aveugle
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43.
Maurice Robert, directeur. — Le mystère
d'osiris. — L'Homme aux trois masques,
Se épisode : Je me vengerai. La rivalité de
Fatty et de Picratt. — Attraction : Wolfi".
Lucette Max.
CHARLIE
et soi maillet
Petit Cinjma. 124, avenue de Saint-
Ouen. — Tsoin-Tsoin en famille, dessins
animés. — Un départ précipite. c< unique. —
La petite manoeuvre, comique. — Le Bar-
rage, drame en 4 parties.
Marcadet-Cinéma-Palace, 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
det 22-81. — Lès naufragés du sort, comé-
die dramatique avec M. Janvier du théâtre
Antoine et Mlle Germaine Dermoz. —
Chariot joue Carmen, 2" et dernière partie-
— Lui,.. ehe{ les cow-boys, scène dramatique
avec Harold Llovd. — La maison du fan-
toche. dessins animés. — De San Francisco
au Japon, voyage, Patbè-Journal, actualités.
— Attraction: Milliam et Millie gymnastes
aux anneaux.
Gaumont-Palace, 1. rue Caulaincourt.
— Les naufrages du sort, avec l'interpréta-
tion dramatique de Mlle G. Dermoz et de
M. Janvier du théâtre Antoine, La charmante
Enid Benett dans .une comédie moderne :
Le bonheur en ménage. — Le Port de Celle,
cinéma en couleur naturelles.
Clichy. — Pathe- tournai, faits divers
mondiaux. — Lâchasse aux faucons, docu-
mentaire. — L'Homme aux trois masques :
îc épisode. ■- Gigolette. 5e époque : Les
dessous de Paris, drame de la vie pari-
sienne. — Lui ehec les cow-boys, comique
interprété par Harold Lloyd.
Barbes Palace, 34, boulevard Barbes.
Nord J5-68. — Les naufrages du sort, scé-
nario et mise en scène de Roger de Chate-
leux. interprété par Germaine Dermoz et
Janvier. — „ack médecin malgré lui. comé-
die d'aventures avec William Russel. —
L'homme aux /rois masques, y épisode : |e
me vengerai.
Grand Cinéma Ornano, 43. boulevard
Ornano. Directeur M. Viguier. — Les vers a
soie, documentaire. - L'or de la forêt,
Ier épisode. — Colomba. — Joe cbec les
cow-boys, comique.
Palais-Rochechouart. so. boulevard Ro-
chechouart. — Aubert-Journal,les actualités
du monde entier. — Le théâtre et la vie,
poème héroï-comique, d'après unelégende
deShakespeare. -Eddie Polo dans Le roi de
l'audace, ciné-roman en 10 épisodes publié
par La Presse. 2e épisode : L'escapade
miraculeuse. — Chariot joue Carmen, fan-
taisie comique en 2 épisodes, interprété
par Ch. Chaplin, 2- épisode : Souvent
femme varie. - Gigolette. grand drame-
parisien en 4 époques de M. Pierre Decour-
celle, Y époque : Les dessous de Paris.
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7, Avenue Secrétan. Patbè-
Journal, faits divers mondiaux. - La
chasse aux faucons. — documentaire. —
L'Homme aux trois masques. =;c épisode : Je
me vengerai. — Gigolette. 3e époque : Les des-
sous de Paris, drame de la vie parisienne.
— Lui ehec les cow-boys, interprété par Ha-
rold Llovd.
20= ARRONDISSEMENT
Cinéma (iambetta 14s. avenue Gam-
betta. Paris.— Le Fauve de la Sierra. 9e épi-
sode. — L'enlèvement de Sabine, comédie.
— Le Gardénia Pourpre. — L'homme aux
trois masques : se épisode.
Programmes des Cinémas de Paris
cinea
Modern-Cinéma. 4, rue Henri Che-
vreau.— Les Indes pittoresques, éducation.
— Charlie sauvé par son chien, dessins ani-
mes. — Les chansons filmées de Lordier,
avec chanteur. — Georgette, grande scène
dramatique d'après le romain de Victorien
Sardou. — Bill en vadrouille, fou rire.
Gambetta-Palace, cinéma-théâtre, 6.
rue Belgrand (place Gambetta). Roquette
31-74- — Programme du 20 mai au 2s mai.
et jeudi 20 en matinée : Gambetta- Journal,
actualités. — Marv Miles dans Les /resors
du cœur, comédie. — Le Roi de l'audace,
2e épisode : L'escapade miraculeuse. — In-
termède: Les Arna, chansons d'hier etd'au-
jourdi. — Gigolette, 2' époque: La bataille
de la vie. — rv époque. Chariot joue Car-
men, comique. -- Programme du |eudi
2b mai. en soirée : La cocarde de Mimi-
Pinson, opérette.
Paradis- Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — Znl et Fini, chiens savants,
comique. — L'envolée, comédie drama-
tique. — Eddie Polo dans Le roi de l'au-
dace, ciné-roman en 10 épisodes publié
par La Presse. 2'' épisode : L'escapade
miraculeuse. — Christiane Vernon et
Georges Lannes dans Le Traquenard, co-
médie sentimentale.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualités. — Zigoto
dans les carrières, film comique. — Gigo-
lelte. grand drame parisien en 4 époques
par Pierre Decourcelle. Mise en scène de
M. H. Pouctal. y époque : Les dessous de
Paris. — Attraction : Les San Brouwn,
cyclistes comiques. — Christiane Vernon
dans Le Traquenard, comédie sentimen-
tale de Maurice de Marsan.
Féerique-Cinéma, 146,
ville. — Pathè-Journal. -
rue de Belle-
Biscot dans
Zidore OU les métamorphoses, comédie co-
mique. — Douglas Fairbank et Aima
Rubens dans L'Américain, comédie dra-
matique. — Attraction : Dobok, le roi des
ombromanes. — Gigolette, grand drame
parisien en 4 époques par Pierre Decour-
celle. Mise en scène de M. H. Pouctal.
2e époque : Les dessous de Paris.
Cinéma l'Epatant. 4 Boulevard de Bel-
leville. — Le Philtre mystérieux — Gym-
nastique synthétique. — Quand Dagobcrt
vient à Paris. — Le truc du locataire. —
Le Ranch de la mort . if épisode.
BANLIEUE
Magic-Ciné, 1 bis, rue du Marché (Le-
vallois). Wagram 04-91 . — Gigolette. drame
d'après Pierre Decourcelle adapté et mise
en scène par Pouctal, 1" époque : Les ailes
blanches. -- L'homme aux trois masques,
4- épisode : Les remords de Fergus. —
Chariot récidiviste, scène comique. — At-
traction : Les Franlix, chutes m >rtelles
acrobatiques.
Fontenay-Cinéma. 8, rue Boucicaut
(Fontenay-aux-Roses). — Programme du
21 mai au 22 mai. — Tsoiu-Tsoin et la Tor-
pille.— Le roman de Mary, comédie dra-
matique par Mary Pickford. — Les Deux
Gamines, 6e épisode : l'accalmie. — Les
amours de Pélagie, comique.
Bagnolet. — Pathè-Journal, faits divers
mondiaux — La chasse aux faucons, docu-
mentaire. — L'homme aux trois masques,
5e épisode : Je me vengerai. — Gigolette,
3e époque : Les dessous de Paris, grand
drame de la vie parisienne — Lui che; les
cow-boys, comique, interprété par Harold
Llovd.
Vanves. Palhe-Journal. faitsdivers mon-
diaux.— Pathc-Rcvuc, n° 20 documentaire.
— L'homme aux trois masques, 5« épisode :
|e me vengerai. — Gigolette. 2e époque :
La bataille de la vie. drame de la vie pari-
sienne. — Agenor le hien-aime. comique.
Levallois. Palhe-Journal, faits divers
mondiaux. — Beaucitrou dentiste, comique.
If homme aux trois masques, 4e épisode : Les
remords de Fergus. — Attraction : Jeanne
Leblanc, de la Cigale, dans ses créations. —
Gigolette. grand drame parisien par Pierre
Decourcelle. mise en scène de Pouctal. in-
terprété par Séphora Mossé et Georges
Colin. i'e époque : Les ailes blanches. —
Le béguin d'Atlanta, comique.
Montrouge. Types de la faune améri-
caine, documentaire. — Moutroiige-actuali-
les. faitsdivers mondiaux. — La fuite de
Jackon Bill, drame d'aventures. — L'homme
aux trois masques, 5e épisode : Je me ven-
gerai. — Jack médecin maigre lui. )oue par
William Russell.
I c 1 n e a
■
■
I demande à MM. les
■
■
■
1 Directeurs de Cinéma
■
■
■
] d'envoyer leur programme
■
! dix jours d'avance à
■
■
I c i n é a
cinea
M
NOTES
M
Irène Castle. — Un lévrier court
dans un bois de bouleaux. Une
danseuse flexible fait l'ëcharpe
dans une salle de tango. Un visage
d'enfant, une grâce surmenée, des
mains mélancoliques, quelque chose
de touchant, quelqu'un d'étrange,
mais comment voulez-vous que je
fasse le portrait d'Irène Castle ?
L'écran est un tonneau de Danaïdes
et Cie. On y jette à pleins yeux les
robes de Cœur d'héroïne, les pyja-
mas de Cœur d'héroïne, les bon-
nets cubistes de Cœur d'héroïne,
la jeunesse et l'esprit et la vive
verdeur, et puis tout continue
comme si rien ne s'était passé. Il
est vrai que les jours de pluie ar-
rivent cyniquement comme s'il
n'avait pas fait soleil le jour d'au-
paravant.
Wagner. — Vous vous étonnez
qu'on parle théâtre et musique
dans une feuille d'écran et pourtant
vous trouvez naturel qu'on parle
cinéma dans un coin de tous les
journaux de théâtre — Wagner
éclate de vie profonde en Tristan.
Amadeo Bassi et l'orchestre de
Serafin ont arraché toute sa jouis-
sance au deuxième acte. Et voici
que le grand Urlus et son Isolde
néerlandaise ont trouvé le style de
pureté du troisième où tout est
amour et mort d'amour qui est
plus qu'amour. C'est beau. Mais
cela va fâcher Mlle Dussane et
n'apprendra point les secrets du
rythme aux personnes qui « font
des fdms » ou qui font semblant.
Mais on donne Molière au Théâtre
Français. Mais c'est au Second
Théâtre Français (Métro : Odéon)
qu'il y a de la musique (Française,
oui, oui) de Georges Auric.
•
Louise Glaum. — Qui diable se
mêle de l'embourgeoiser ? Elle a
créé et peiné à l'école de Thomas
H. Ince. Quand elle parut dans
Pour sauver sa race, c'était le
petit taureau de Miura qui se jette
dans l'arène sournoise avec bien du
désordre et une bonne humeur
d'entêtement. On nous la rend dans
des peignoirs sentimentaux, dans
des villas trop neuves, dans des
comédies vieillotes. Ce n'est pas çâ,
Louise Glaum. Nous voulons cette
créature violente, au cou volon-
taire, au front têtu aux yeux d'en-
fant dur qu'on a battu et qui battra
aussi.
•
Grock est revenu. — Ce clown
franco-anglais est magistral comme
un sociétaire. Il jongle avec le rire
du spectateur comme font les chi-
nois avec des baguettes et des
assiettes. Il jongle avec soi-même.
L'autorité de sa bouffonnerie est im-
périeuse. Qu'il parle î Qu'il chante I
Qu'il danse! Qu'il tripotte violon,
piano, accordéon — et tout est bien.
Derrière la violente gaîté qu'il in-
vente rayonne le style généreux de
l'école d'humour où s'instruisirent
Little Tich, Max Dearly et, maître
de la photogénie, Charlie Chaplin.
•
Georges Lannes. — Ce sera peut-
être — nous ne demandons que çâ
— un interprète de cinéma. Pour le
moment, c'est un jeune homme qui
tient des rôles de vieux messieurs,
de préférence, grands industriels
ou présidents du conseil.
•
La belle dame sans merci com-
porte parmi nombre d'élégantes
minutes animées un beau tableau.
On se croirait chez les frères
Bernheim. C'est la vision de la
piscine, avec la fatale et savoureuse
Tania Daleyme. Le tact, la sensibi-
lité, le sens du raccourci, une sorte
de style font penser aux Manet du
meilleur temps. A quand le nu
cinégraphique d'un Renoir nou-
veau ? On laisse trop â Mack
Sennett et â ses baigneuses le soin
de développer en moving pictures
les plans anatomiques.
•
Il y a aux Folies Bergères un char-
mant quart d'heure photogénique.
Mais vous avez tous vu déjà ces
« Chevaliers de l'Ombre ». Ils éton-
nent le public, venant après une
heure de seins, de cuisses, de fesses
et d'esprit si j'ose dire. Mais ils
conquièrent et la parade schémati-
que des travestis de satin blanc
emmi les rideaux [noirs charme
jusqu'à l'enthousiasme et se fixe —
fugace chanson floue — en traits
précis dans le souvenir.
Marcelle Pradot. — Combien vive
et harmonieuse dans le Carna-
val! Quand on veut opposer les
jeunes visages de France aux jeunes
visages d'Amérique, on doit la
nommer avant tant d'autres.
Eve Francis. — Verhaeren. Mal-
larmé. Claudel. Rimbaud. La Fête
espagnole. Le Silence. La Boue.
El Dora do.
•
Elena Sagrary. — Un début. Une
nature. Une plastique. Cette Russe
d'origine monténégrine et de famille
vénitienne domine tous ses dons de
celui-ci : l'équilibre.
Gaston Jacquet. — Un de nos ac-
teurs qu'on ,voit le plus souvent
et le moins à sa place. Supérieure-
ment doué. Inégalement utilisé.
Dommage, dommage ! Ses inter-
prétations sont (ou peuvent être)
du vrai ciné.
•
Lili Samuel. — Quel est donc le
sculpteur aigu et minutieux qui a
modelé cette cire pensive?
•
Chariot joue Carmen. — Il sait trop
que le public aimera ça. Il est moins
lui. De. temps en temps, il s'aban-
donne. Il élargit la parodie jusqu'à
la tragédie. L'air girl d'Edna-Car-
menetlalourdeur plaisante de Mac-
Escamillo nous rassurent. Charlie
a un duel vertigineux. Tous les oi-
gnons, tous les jambons, tous les
alcarazas meurent de son épée de
fer-blanc. Et puis il mourra lui
aussi, puisque Don José doit mou-
rir. Il meurt en marge du film. Il
meurt, et e'est tout. Deux secondes.
L'une de ces deux secondes est char-
mante. L'autre est magnifique. Vous
avez vu mourir Zacconi, Giovan-
ni, Grasso, Chaliapine? Vous avez
vu mourir aussi Charlie Chaplin. Je
ne veux plus voir aucun ténor au
dernier acte de Carmen.
Loris Delluc.
cinea
Les Films d'aujourd'hui
Trois maris pour une femme
Charmant! oh! charmant! Du de
Flere et Cailla vet de la bonne époque.
Et, au fait, il passe là-dedans comme
un écho — terriblement précis — de
la Belle Aventure.
Une très jolie jeune fille au moment
d'épouser un vieux barbon, répond :
non! à la question du pasteur et se
sauve... Elle court à toutes jambes,
use de l'auto et du chemin de fer et
se réfugie dans une propriété de sa
mère.
Péripéties ! La villa est louée à trois
hommes, un musicien, un docteur,
un avocat, qui sont venus y cultiver
une mysoginie consécutive de plai-
sirs mondains.
Les trois bourrus accueillent mal
la jolie fille. Mais ils s'apprivoisent
vite, et l'un d'eux, le jeune avocat
Kent, en devient amoureux. Vous
voyez d'ici le baiser final, en fondu
avec le flou artistique, ce qui se fait
de mieux!
Ce film est plein de détails d'un hu-
mour, d'une observation charmants
11 nous confirme dans l'idée que, seuls
les Américains savent traiter avec
esprit le dialogue photogénique.
C'est admirablement joué par Ri-
chard Barthelmess, l'a tout jamais
célèbre chinois de Broken Blossom,
et par la jeune Marguerite Clark,
ravissante, et acidulée comme les
bonbons au curry qu'on vend... over
there.
P. S.
Le Vengeur (G. P. C)
Un film interminable : sept parties!
Mais le début absolument remar-
quable, sauve le reste.
Dans le désert de l'Ouest, un homme
et une femme marchent, hâves, allâ-
mes. La route est jalonnée de sque-
lettes de voyageurs. Lorsque, à bout
de force, l'un ou l'autre des fugitifs
veut s'arrêter, on voit du fond de
l'horizon, venir calme, inexorable,
certain, un cavalier. Ils repartent.
Ils se sont aimés, mais maintenant
ils se battent. Le cavalier les rejoint.
Il va tuer l'homme. .
Alors le film s'interrompt, on ne
veut pas, hélas! nous laisser plus
longtemps dans l'incertitude. Et, com-
mence un long récit des événements
antérieurs. Le charme, l'intérêt.fuient
de toutes parts Le banquier Man-
nister qui vient de reconquérir ainsi
sa femme, se venge au long de six
parties de ses ennemis.
Il les ruine les uns après lesautres,
ce qui est, somme toute, son métier.
Puis il pardonne a sa femme...
Toute la première partie, je le ré-
pète, est hors de pair. Le découpage
du film en général, est excellent. Les
éclairages sont recherchés.
Et c'est admirablement joué par
W lhwoll, qui rappelle le William
Hart des grands films.
Une œuvre attachante, en somme.
Pierre Scize.
•
La puissance du remords
Ce n'est pas encore un chef-d'œuvre
de logique et de vraisemblance, mais
cela reste pourtant attachant et
même poignant d'un bout à l'autre.
De plus, la mise en scène est intéres-
sante, avec de curieux effets de brouil-
lard; très bien joué par de bons artis-
tes dont je n'ai malheureusement pas
retenu les noms; je ne me rappelle
que celui de Miss Madge Stuart, qui
fut la belle Cynthia du Chevalier de
la Taverne et qui mérite bien, par
sa beauté et son talent, d'être plus
connue qu'elle ne l'est.
Les Naufragés du sort
Le sujet tient du plus pur mélo-
drame et les hasards miraculeux font
la base de l'action. Heureusement
que cette action est située dans un
pays fort pittoresque (sur la Côte-
d'Azur près de la frontière italienne),
et que c'est joué par d'excellents
artistes : Janvier, Germaine Dermoz,
Thérèse Vasseur, Minia Gray, Jean
Lord, etc. Bonne photo, mise en scène
adroite de M. Roger de Chàteleux.
La maison en ruines
Pour une fois, les Italiens nous ont
donné un drame moderne qui n'a pas
déchaîné de fou rire le jour de la pré-
sentation; c'est assez rare pour être
signalé. Ce n'est pas que la Maison
en ruines soit irréprochable, mais
enfin cela sort de la moyenne des
films italiens : une action intéressante,
des artistes sincères, sans grimaces
ni grands gestes, une mise en scène
exacte sans exagération, tout cela
constitue un bon film fort moral et
agréable à regarder.
Henriette Jannk.
•
Pulchérie veut boxer
Assez bonne imitation de Louise
Fazenda sur fond de petites femmes
en maillot.
•
Trois femmes pour un mari
Film préhistorique, antérieur même
à la naissance des Bathing tjirls de
Mack Sennett, et que l'absence de
costumes de bains agréablement gar-
nis fait paraître vide.
L'As de pique
Fils d'un cadet de grande famille
anglaise qu'un frère perfide a désho-
noré et chassé de son pays en l'accu-
sant faussement d'avoir triché au
jeu, et d'une jeune hindoue qui s'est
brûlée sur le tombeau de son époux,
Edward, élevé par les prêtres boud-
dhistes dont il a appris les secrets
magiques, venge son père, aidé par
une jeune fille de sang mêlé qui lui
fournit le nerf de la guerre en volant
les joyaux de Bouddha.
Montagu Love essaie de tirer parti
d'un rôle inexistant, sa jeune parte-
naire imite Constance Talmadge, et
l'acteur anonyme qui joue le rôle de
l'oncle dénaturé est bon. Atmosphère
terne : l'Inde n'est ni représentée, ni
suggérée. Il y a des détails ridicules,
notamment la veuve qui s'en va se
brûler toute seule dans un coin sur
un fagot.
L'auteur — si tant est qu'il y ait
un auteur — semble ignorer que le
suicide des veuves n'était pas pra-
tiqué chez les Bouddhistes, de même
qu'il lui paraît naturel de faire pren-
dre à la fille d'un baronet, le titre de
lacly ou de faire mettre à ses person-
nages une cravate noire avec un
habit. Chacun de ces détails isolés
peut échapper au public ; mais, dans
l'ensemble, une œuvre dont les dé-
tails sont ainsi négligés donnera tou-
jours une impression fausse.
L. L.
BETTY
BLYTHE
LA REINE
DE SABA
Sur les écrans de New-York, Betty
Blythe représente avec deux douzaines
de somptueux costumes — ou d'absen-
ces de costumes — le personnage de
l'illustre princesse dans un grand film
qui lit sensation et provoqua un véri-
table scandale.
A Paris, c'est au music-hall, dans la
nouvelle revue du Casino de Paris que
Mlle Jeanne Myro évoque l'amoureuse
de Salomon avec une parure de perles
phosphorescentes qui se dessinnent
très photogéniquement dans l'obscu-
rité soudaine.
Photo Sobol.
IEANNE MYRO
0
cinea
L'impossible aveu
Toute l'histoire est contenue dans
le titre. Un honorable gentleman
accusé à tort du meurtre d'un louche
individu se laissera condamner à
mort plutôt que de compromettre
une femme avec qui il se trouvait au
moment du crime. Finalement tout
s'arrangera. Thème banal, mais le
scénario est bien mené et l'intérêt se
soutient du commencement à la fin.
On revoit une histoire qu'on a déjà
vue bien souvent, mais on ne s'en-
nuie pas, et de plus, cette histoire
n'est à aucun moment invraisem-
blable.
La mise en scène sobre, précise,
luxueuse, convient parfaitement au
sujet, elle n'est pas originale, mais
cela vaut peut-être mieux, car le sujet
ne demandait pas une autre mise en
scène, une mise en scène compliquée
eut fait ressortir la banalité de l'ac-
tion. On ne nous montre que ce qui
est nécessaire et cela est bien suffi-
sant. A quoi cela nous eut-il servi de
voir les salons, les couloirs, les cham-
bres, les salles de bain, et le tapis du
palace où loge l'honorable gentle-
man? Il nous suffit de voir le bureau
de ce palace. De même, nous n'avons
pas besoin de visiter toute la villa
où le crime a lieu, ce qui importe,
c'est que la pièce où se passe l'action
soit meublée convenablement, et que
tout y soit en rapport avec la situa-
tion du propriétaire. Cela est atteint,
encore une fois c'est bien suffisant,
il n'en faut pas plus.
Harry Morey qui joue le principal
rôle est absolument le personnage
qu'il représente. Evidemment, il ne
fait pas une composition, mais au
cinéma, c'est bien dangereux de faire
une composition. La majorité de nos
films français est gâchée par ces artis-
tes qui font des compositions. Une
partie du public les trouve d'ailleurs
admirables. Pensez donc cet homme
à grande barbe, au dos voûté est le
même que celui qui la semaine der-
nière faisait le jeune premier. Quel
artiste! Quel effort! Oui, quel effort,
et c'est justement cela qui est fâcheux,
sauf de très rares exceptions, les
artistes qui se transforment ainsi
ne nous donnent jamais l'illusion
complète du personnage qu'ils doi-
vent représenter, tout leur jeu est
gêné par l'effort constant qu'ils s'im-
posent pour rester le personnage
qu'ils jouent. Or, ce qui importe au
cinéma, c'est de voir la vie. Nous ne
voulons pas voir des gens qui jouent
la vie, nous voulons voir la vie. Il
faut qu'il n'y ait aucun décalage entre
la place de la Concorde et les gens
qui y circulent, et l'artiste qui, au
tableau suivant, assis à son bureau,
téléphone. L'artiste qui dans ixn film
a une barbe, dans un autre des gran-
des moustaches, dans un autre est
tout rasé et qui a toujours l'air de
jouer un rôle, qui n'est jamais exac-
tement ce qu'il devrait être, est bien
moins admirable que celui dont l'as-
pect physique ne change jamais, mais
qui mis, à sa place, a toute la sponta-
néité de la vie.
L'interprétation féminine de l'Im-
possible Aveu est aussi parfaitement
adéquate à l'action. Et que c'est re-
posant de ne pas voir des personna-
ges qui portent sur leur visage toutes
les douleurs humaines, qui tendant
à devenir l'expression synthétique
de l'humanité soutirante, sombrent
dans le grotesque et les contorsions,
mais de voir tout simplement des
personnages qui se contentent d'être
ce qu'ils sont, des hommes, des fem-
mes qui souffrent, qui rient, simples
unités dans la vie immense.
•
La déclaration de Bill.
Film comique en deux parties, qui
n'amusera personne.
Jacques-Henry Léyesque.
BhRTER KRAUSE
dans le rôle
de Silas IVegg
••LAM1 COMMUN"
Film Danois de la Nordish-Fihn
tiré du roman de Dickens
EGILL ROSTRL'PP
dans le rôle
de Mortimer Lightwood
Clichés ■■ Union-Éclair
cinea
a VARIATIONS
0
Le Superviseur.
L'Opérateur.
L'Ecran (personnage muet).
L'Opérateur.
Le Superviseur, qui revient de New -
York où il est allé présider au mon-
tage de la Femme aux yeux d'escar-
boucle est au premier plan, allongé,
de profil sur un roeking chair.
L'opérateur, juché sur un haut ta-
bouret, à côté d'un petit appareil de
projection, y fait passer successive-
ment des fragments de pellicule.
L'Opérateur. — Nous arrivons au
geste décisif du film.
Le Superviseur. — Ahl Et comment
l'avez vous compris ?
L'O. — Vous allez voir ; vous choi-
sirez entre diverses versions. Voici
l'idée toute nue...
Le S. — Oh I Attention à la Censure !
L'O. — Je m'entends.
L'Ecran. — Mabel, en pyjama, saute
à bas du lit, va vers le téléphone
placé sur la table à brosses et dé-
croche le récepteur.
L'O. — Vous comprenez : elle
demande Jack pour lui avouer qu'elle
est déjà mariée avec Sydney.
Le S., (rêveur). — Jack... Sydney...
Je n'y suis plus très bien... Quatre
nuits de chemin de fer... Je croyais
que le fiancé s'appelait Howard... Non.
C'est dans un autre film... Enfin, je
m'y remettrai. Comme vous dites,
c'est unpeu nu. 11 faudrait corsercela.
L'O. — J'ai essayé de divers éclai-
rages.
L'E. — Même mouvement, Mabel
étant éclairée par un jour frisant
qui fait rutiler ses cheveux d'or.
Même mouvement, Mabel vue di-
rectement et en même temps dans
une glace à contre jour.
Même mouvement, Mabel vue à
travers un rideau de tulle.
Le S. (avec un geste de lassitude
dramatique). — Les choses? Pourquoi
nous montrer toujours les choses !
Nous n'en voyons jamais que l'om-
bre...
L'O. J'ai eu la même idée.
L'E. — Même mouvement. L'ombre
de Mabel passe sur le mur, saisit
l'ombre du téléphone.
Le S. — ...ou même que leur impres-
sion négative...
L'O. — J'y ai songé aussi.
L'E. — Même mouvement, en néga-
tif,cheveux blancs, vêtements noirs.
Le Superviseur arrête le balance-
ment de sa chaise, se redresse, puis
se prend la tête entre les mains.
Le S. — Ce n'est pas dans cette voie-
là qu'il faut chercher. Au fond, le Ci-
néma est le Maître de l'Heure; il accé-
lère ou retarde le temps...
L'O. — Exemples.
L'E. —Même mouvement au ralenti.
Même mouvement à l'accéléré.
Le S (qui n'a pas regardé). — Dans
la réalité, Christopher...
L'O. — ... Vous voulez dire Jack.
Le S. ... Jack saura d'abord
qu'elle est au téléphone ; ce n'est qu'en-
suite qu'il se la représentera sautant
du lit.
L'O. — On pourrait représenter
Yinversione du mouvement, comme
dans une fugue.
L'E. — Mouvement renversé. Mabel
part du téléphone, recule, remonte
sur son lit.
Le S. — Avez-vous songé à changer
de point de vue ? Il faut abolir cette
convention, datant de l'âge de guerre,
en vertu de laquelle tous les gestes se
voient de profil. L'écran n'est pas un
vase étrusque, que diable î
L'O (froissé). — J'ai travaillé avec
David Grill'ith.
L'E. — Même mouvement, Mabel
vue de face, allant en grossissant.
Même mouvement, Mabel vue de
dos, allant en diminuant.
Même mouvement. Mabel en rac-
courci vu d'en haut.
Même mouvement. Mabel en rac-
courci, vue d'en bas à travers une
glace sans tain.
Le S. (avec chaleur). — Excellent T
original I mais tout de même, difficile
à justifier !
L'O (flatté). — J'ai songé aussi à
détailler le mouvement.
L'E. — Deux pieds nus qui s'avan-
cent sur le tapis.
Le S. — Pourquoi les pieds ?
L'O. — Le geste décisif consiste à
marcher jusqu'au téléphone ; or, le
pied, a dit un général connu, est un
organe indispensable à la marche.
Le S. — Non. Le geste décisif, c'est
la main qui le fait en décrochant le
récepteur...
L'O. — Soyez heureux.
L'E. — Une main qui décroche un
récepteur.
Le S. — (réfléchissant). — ... ou plu-
tôt, si l'on veut, c'est la bouche qui
parle...
L'O. — J'y ai pensé.
L'E. — Une bouche gui parle de-
vant un cornet.
Le S. — (réfléchissant). Tout compte
fait, la chose décisive, c'est la réponse
que va lui faire Stamford...
L'O. — Vous voulez dire Jack? Je
comptais amener cela plus tard.
L'E. — Une oreille devant laquelle
se place un écouteur.
Le S. — (se levant et arpentant la
pièce). Tout cela, c'est du déjà vu, des
solutions mesquines. 11 faut faire
grand, user de tous nos moyens d'ac-
tions, tenter de combiner les effets de
point de vue, d'éclairage et de temps.
L'O (modestement). — J'ai fait
quelques essais dans ce sens.
L'E. — Mabel vue d'en haut, à
contre jour, à la fois directement et
dans une glace, endouble raccourci,
à l'accéléré.
Le S. — Est-ce que c'est la fille de
nouveaux riches? Parce qu'autrement
on comprendra difficilement qu'il y
ait des glaces par terre dans sa
chambre.
L'E. — Mabel vue de face, éclairée
de côté avançant vers le téléphone,
à travers une gaze, au ralenti.
Le S. — On pourrait supposer que
sa chambre est au rez-de-chaussée.
L'E. — Mabel de profil, en négatif,
vue la tête en bas, en mouvement
renversé.
Le S. - - (Il se redresse un peu
inquiet, ajuste son lorgnon). Vous êtes
sûr de ce dernier effet? Ce n'est pas
un mastic ?
L'O. — Mais non ; c'est simplement
le négatif vu la tête en bas et déroulé
d'avant en arrière. Si vous voulez, je
recommence.
L'E. — (Comme plus haut).
Le S. (perplexe). — Tentant. Mais
j'ai peur que le public ne comprenne
pas très bien.
L'O. — Voulez-vous que nous recom-
mencions du début.
L'E. — (La première version).
Le S (se levant). — C'est la plus
simple, mais je crois que c'est encore
la meilleure. Bonsoir. Je pars à minuit
pour aller surveiller les prises de vue
du viol légal. Continuez dans la même
note.
Lionel Landry.
12
cinea
INTERPRÉTATION
par ROGER KARL
Le cinéma est un art complexe. On
établira longtemps encore, au cours
de sa progression, des principes, des
théories et des systèmes contradictoi-
res; mais ces débats ne concerneront
et n'intéresseront utilement que ses
vrais maîtres, les metteurs en scène.
J'ai lu dernièrement dans une
feuille hebdomadaire quelques ré-
flexions d'un des meilleurs artistes
de l'écran : Hayakawà ; et je n'ai rien
trouvé de plus que ce que les plus
modestes savent déjà. « Pense/., dit-
il, soyez sincères, vivez votre rôle.
Quand je pense à cambrioler une
banque, je ne regarde aucun endroit
ilu mur, ni même le mur, je suis un
malfaiteur, j'ai besoin d'argent, je
vais voler. Si je pense cela fermement,
les spectateurs saisissent ma pensée,
même si je néglige de fixer les yeux
sur un endroit quelconque du mur.
La sincérité avant tout, etc.... » Oui,
soit, la sincérité; et alors il n'y a
point à disserter, c'est une question
île sensibilité, de sentiment, de sug-
gestion, avec un phj'.sique plus ou
moins approprié.
Le physique I « Si les pauvres
avaient des profils, dit O. Wilde, il
n'y aurait aucune difficulté à résou-
dre le problème de la pauvreté. » Si
tous les acteurs de ciné avaient des
profils... Mais non ; je pense à cer-
tains visages intenses et beaux
quoique asymétriques et barbares et
j'évoque de jolies ligures figées dans
leur ovale parfait qui ne sont plus
supportables après quelques images.
Cependant, je me demande encore
si le physique, le visage, quand il est
singulier, intelligeut, attachant par
lui-même, n'a pas plus d'importance
en ses seuls traits que par les senti-
ments qui les peuvent animer. La
passion doit être si réservée, elle doit
rester si intérieure!
On dit à l'interprète : « Pensez,
vivez intensément la scène... » Soit ;
mais il y a au ciné une manière dis-
crète d'animer la vie, une manière
qui n'est pas celle du théâtre ; mais
qui n'est pas non plus dans la repré-
sentation exacte de nos gestes quoti-
diens.
Et ce dilemme s'offre à l'acteur de
ciné : Penser à la meilleure façon d'ê-
tre vrai, c'est-à-dire d'imiter la vie pour
l'écran"; ou vivre intensément sans
s'occuper de toute théorie préalable.
Je crois que cette dernière manière
offre des risques et prépare des désil-
lusions à l'heure de la projection.
Je considère deux individus discu-
tant dans la rue à une certaine dis-
tance. Ils sont sincères ; la passion
les anime, ils prennent des « temps » ;
ils gesticulent, ils sont libres, vrais,
et cependant nullement cinégraphi-
ques. Si, peut-être, de loin; mais pour
obtenir cette vérité à la distance ordi-
naire et surtout en premier plan,
vous n'obtiendrez pas de ces profanes
la transposition nécessaire.
ROGER KARL
dans L'Ombre Déchirée
Cette transposition est donc à étu-
dier et à étudier selon chaque indivi-
du. Tel acteur obtiendra avec ses
yeux une valeur d'expression, où tel
autre, pour le même résultat, devra
avoir recours aux gestes, à l'attitude
générale.
J'ai remarqué au cinè, pour cette
raison peut-être, que la pensée anes-
thésie le muscle ; plus un acteur est
lent, plus il a l'air de réfléchir. Il est
vrai aussi qu'une lenteur préméditée
fait remarquer mieux chez certains
acteurs le mépris ou l'absence de cette
faculté, Il n'y a point de règle à tout
cela; on voit de jolies et humbles
jeunes filles qui ne se sont jamais
embarrassées de théories et qui sont
sacrées, sinon consacrées. « stars » dès
leur premier film. Hasard? Vocation
secrète? Non, joliesse plutôt, et passi-
vité. Bel objet articulé dans les mains
du metteur en scène. Il y a aussi,
heureusement, de vrais artistes, dont
la beauté s'amplifie et se commente
dans la passion : Lilian Gish, Xazi-
mova, Eve Francis, Suzanne Després.
Celles-là ont su regarder, étudier leur
apparence; elles savent le jeu précis
et délimité de la lumière sur leur être
en mouvement.
Roger Karl.
Roger Karl, qui vient île se classer parmi les pins
intéressants comédiens français de l'écran, débuta dans
l'arl muef avec Mireille que filma Henri Cain avec le
poêle Mistral. Plus récemment nous l'avons revu dans
l'aimable Siège </es J'rois de J. de Baroncelli. Et cette
: ée même enfin il a erré L'Homme du Large de
Marcel L'Herbier, L'Ombre Déchirée de Léon Poirier
pour qui il est on nain de joner le rôle principal d'un
pittoresque film Persan-
ALLA N AZIMO VA
Obscure danseuse russe, le
hasard d'une tournée la condui-
sit en Nord-Amérique, où elle
devint la comédienne intense
d'Ibsen puis la visuelle interprète
de la Lanterne rouge, de Révé-
lation, de Hors la brume, de
La danse de la mort, où rayonne
son étonnant masque de mime.
DESSIN II kINAR NfRMIN
1-lliiTil Ht Mil HAM Kl
EVE FRANCIS dans L'Annonce faite à Marie.
Au théâtre, l'interprète lyrique de Verhaeren. Mallarmé,
Rimbaud, a connu ses plus grands succès dans des per-
sonnages d'un idéalisme presque mystique, notamment
dans L'Otage, et L'Annonce faite <z Marie, de Paul Claudel.
De la scène
I TU lll-.NRV (.ASTI Bl
EVE FRANCIS dans La Bouc
Au cinéma. Eve Francis a réalisé presque toujours des
personnages pittoresques, passionnés, sensuels, comme
dans La Fête espagnole, LaBoue.El Doradô, etc.. qui révèlent
et éclairent un côté nouveau de ce talent si complet.
à V écran
cinea
LE SYNCHRONISME MUSICAL
Le cinématographe, né en France,
de parents français, s'est expatrié
très vite pour aller chercher fortune
en Amérique. La science française ne
lui a pas tenu rigueur de cette ingra-
titude. Elle a continué à s'occuper
secrètement de l'enfant prodigue et à
se consacrer à son éducation artisti-
que qui avait été jusqu'ici un peu
négligée. Elle lui fait présent, aujour-
d'hui, d'un petit appareil fort ingé-
nieux qui va lui apprendre sans fati-
gue la musique, la danse et les belles
manières, et lui donner des leçons de
maintien. Cette petite machine mys-
térieuse, qui se place sur n'importe
quel appareil ordinaire de projection,
a été baptisée assez bizarrement par
son inventeur du nom gréco-latin de
« visiophone ». C'est un appareil de
synchronisation basé sur un principe
nouveau.
Depuis les débuts du cinématogra-
phe, on a cherché vainement une
solution élégante au problème du
synchronisme : l'intérêt d'une concor-
dance parfaite entre la vision animée
et le commentaire musical qui l'ac-
compagne n'est plus à démontrer.
Le film qui se déroule avec le petit
grésillement monotone de son appa-
reil de projection, ne saurait se passer
de musique. Il faut que, dans la salle
obscure, la fantasmagorie lumineuse
qui retient l'attention de l'œil soit
complétée et équilibrée par le dérou-
lement parallèle d'ondes harmonieu-
ses qui bercent l'oreille, arrachent le
spectateur aux réalités quotidiennes
et le livrent sans défense aux sugges-
tions de l'écran. A cette fascination
purement physique, la musique
ajoute l'éloquence précise d'un com-
mentaire qui souligne et explique
l'action et en développe le caractère
poignant, tendre ou joyeux.
Pratiquement, cet accord n'a jamais
été complètement réalisé. Les chefs
d'orchestre s'appliquent à suivre, de
leur mieux, la vision animée en exé-
cutant îles partitions-macédoines,
de vastes « pots-pourris » où ils
s'efforcent de faire coïncider, tour
;'i tour, les valses lentes et les mar-
ches funèbres avec les situations
heureuses ou tragiques; mais, mal-
gré toute leur attention et leur dexté-
rité, ils n'arrivent pas à éviter les
« bavures » de la musique au mo-
ment où se succèdent à l'écran les
rapides métamorphoses de l'action.
Le lamento empiète parfois sur la
scène joyeuse et il faut à chaque ins-
tant étouffer brusquement un allée/ ro
qui s'était jeté étourdiment en pleine
tragédie. La couleur musicale « dé-
borde » constamment les contours de
la réalisation plastique et donne une
impression de déséquilibre aussi gê-
nante et aussi irritante qu'une gra-
vure en couleurs dont le repérage a
été défectueux.
- •
On a proposé bien des procédés
pour remédier à cet intéressant «dé-
calage » musical, mais la plupart des
recherches procédaient d'un point de
départ trompeur. On a fabriqué d'in-
génieux dispositifs rendant la rota-
tion d'un disque de phonographe
étroitement solidaire du déroulement
de la pellicule. Mais, outre que le
phonographe ne saurait remplacer,
dans un commentaire symphonique,
la voix persuasive de l'orchestre,
cette conception rigoureuse ne peut
satisfaire les artistes. L'automatisme
dans la synchronisation n'est pas un
idéal : c'est, au contraire un ècueil à
éviter î Même dans le cas où la solu-
tion de l'instrument de musique mé-
canique serait écartée, l'idée de river
le bras du chef d'orchestre à l'appa-
reil de projection n'est pas heureuse.
La coïncidence la plus parfaite, obte-
nue dans ces conditions, sera toujours
insuffisante. Car, dans ces deux
rythmes que l'on s'efforce de super-
poser, l'un est exact et l'autre faux.
Et c'est ce dernier qui triomphe I
Le rythme faux, chose singulière,
est celui de la machine et le rythme
exact est celui de l'homme. L'erreur
est à l'écran et la vérité à l'orchestre.
Tout le problème est donc à renver-
ser : au lieu de forcer la musique à
s'asservir automatiquement aux dé-
formations de l'écran, il faut corriger
les déformations rythmiques de la
vision animée pour l'amener, régu-
larisée, disciplinée et assouplie, a
s'inscrire exactement dans les limites
précises du cadre musical. Ainsi la
coïncidence n'exclura pas la sou-
plesse, l'exécution conservera sa
liberté et son aisance, lors de toute
contrainte mécanique, et ne renon-
cera pas au privilège de « l'équation
personnelle » de l'interprétation hu-
maine. C'est sur cette base ration-
nelle que repose l'invention du visio-
phone.
Prenons un exemple. Vous voulez
cinématographier un rythme élémen-
taire : celui d'un régiment en marche.
Les soldats marquent le pas avec
régularité, aux accents d'une musi-
que militaire conduite avec une par-
faite précision de mesure. Tournez
votre prise de vue avec tous les soins
désirables, développez, tirez et pro-
jetez sur l'écran : vous n'arriverez
pas à reconstituer le rythme du défilé.
Les soldats avancent par saccades,
trop vite ou trop lentement, et, mal-
gré toute son adresse, le chef d'or-
chestre n'arrivera pas à « plaquer »
la marche militaire sous les pas de
ces bataillons indisciplinés. Vous
avez constaté cent fois cette anoma-
lie. En voici l'explication.
Le cinéma vous a apporté trois
graves éléments de déformation
rythmique. Tout d'abord, un ciel gris,
un nuage qui passait devant le soleil,
une heure défavorable ont parfois
obligé l'opérateur à ralentir le dérou-
lement de la pellicule vierge pour
lui laisser le temps de s'imprégner
d'une lumière trop faible premier
coefficient d'erreur.
Ensuite, malgré ses soins, l'opéra-
teur n'est pas absolument maître de
ses réflexes musculaires : ses tours
de manivelle ne sont pas rigoureuse-
ment égaux entre eux. Les forces
d'inertie provenant de l'épaisseur
différente de telle ou telle marque de
pellicule ou du poids variable de la
bobine qui s'allège à mesure que se
dévide le film, viennent encore multi-
plier entre elles ces irrégularités.
Deuxième source de déformations.
Enfin, lorsque vous projetez ce film,
où les rythmes sont déjà faussés,
vous aggravez encore ces imper-
fections. Car votre moteur, alimenté
cinea
17
par un courant électrique qui subit
sans censé d'importantes et brusques
variations de vitesse et achève de
détruire le rythme initial que vous
vous flattiez de reproduire.
Et voilà pourquoi les films les plus
artistiques, les plus soignés, ceux où
l'on a dépensé des millions de dollars
pour obtenir une mise en scène presti-
gieuse, réalisent des miracles mais
échouent devant l'humble difficulté
de conserver à l'écran le rythme du
pas humain I Voilà pourquoi tous les
gestes, tous les mouvements sont
plus ou moins faussés par instants et
pourquoi il est impossible d'obtenir,
par exemple, la plus banale réali-
sation de danse respectant musicale-
ment le mouvement et la mesure.
Vous pouvez reconstituer au cinéma
toute la civilisation babylonienne :
vous êtes incapable d'enregistrer
correctement un modeste pas de
polka.
L'inventeur du visiophone s'est
attaqué à cette face du problème. Son
instrument est un correcteur instan-
tané des irrégularités de la vision
animée. Pour reconstituer un mou-
vement correct, il faut pouvoir modi-
fier, à tout instant, la vitesse de pro-
jection de la pellicule, augmenter ou
diminuer le nombre d'images à la
seconde pour rendre sa souplesse à
un rythme saccadé ou sa vigueur à
un mouvement trop alangui. Le
visiophoniste — qui peut être le chef
d'orchestre, ou un de ses instrumen-
tistes, ou un observateur placé en un
point quelconque de la salle — aura
sous la main un curseur qui lui per-
mettra de déplacer une aiguille le
long d'une échelle graduée indiquant
le nombre d'images projetés à la
seconde. D'un coup de pouce il impo-
sera à la projection la souple disci-
pline de ce « métronome visuel » et
rectifiera tous les écarts de mouve-
ment.
Il est le maître du rythme de
l'image qu'il a les moyens de corri-
ger d'une façon quasi-foudroyante,
puisqu'il peut passer de dix images
à vingt-huit images à la seconde, à
la vitesse de 1 150<= de seconde î Dans
sa cabine, le projectionniste laisse se
dérouler normalement sa bande ; le
chef d'orchestre, même, peut se désin-
téresser de la projection et prendre
librement les mouvements de son
choix : le visiophoniste assure entre
eux la liaison parfaite en parcourant
son petit clavier de vitesse qui lui
permet de faire coïncider l'arabesque
visuelle et l'arabesque sonore à la
façon d'un pianiste « suivant » les
vocalises d'un chanteur.
Le synchronisme est donc réalisé
d'une façon complète en évitant le
danger de l'automatisme. Le passage
de la bande ne sera plus un banal
dévidage automatique de bobines
comme dans une filature : son glisse-
ment, discipliné par la main d'un
artiste, aura l'élasticité et la sou-
plesse de l'archet sur la corde. Le
film n'est plus un ruban impitoyable-
ment tiré par un engrenage, il devient
ainsi une matière maléable et ductile
qui se prête à toutes les exigences
des réalisateurs.
Il est facile de prévoir les consé-
quences pratiques d'une telle inven-
tion. Voici, d'abord, l'entrée à l'écran
d'une réalité plus profonde, plus
humaine, plus vraie qui donnera la
vie à la plus artificielle des marion-
nettes. Voici la possibilité de corri-
ger, d'améliorer le jeu des acteurs,
d'effacer des fautes d'exécution qui
étaient jusqu'ici indélébiles. Voici
enfin la réalisation prochaine du
cinéma-lyrique de l'opéra, de l'opéra-
comique, de l'opérette, de toutes les
expressions de la danse auxquelles
il avait fallu renoncer. Les musiciens
voient s'ouvrir devant eux des pers-
pectives de vulgarisation illimitées.
Le spectacle lyrique est actuellement
un luxe de plus en plus coûteux
réservé à quelques rares grandes
villes : le film lyrique ira partout, à
peu de frais. Il développera, dans les
plus petites agglomérations, le goût
de la musique et des belles réalisa-
tions musicales. Des ensembles tels
que les ballets russes ou suédois
pourront professer en tous lieux leur
cours d'esthétique, et le légendaire
contribuable de Sisteron,, qui se
plaint d'être obligé de participer à la
subvention de l'Opéra où il n'est
jamais entré, pourra, enfin, sans se
déranger, applaudir notre incompa-
rable Zambellil...
La création du visiophone peut
transformer rapidement le niveau
artistique du cinématographe en lui
apportant des moyens d'expression
nouveaux.
En « sensibilisant » ainsi l'appa-
reil de projection, il donnera un
caractère d'art à ce qui n'était qu'une
synthèse mécanique de l'image.
Vlillkrmoz.
c i n e a
Sommaire du N ° 1 •
Les films d'aujourd'hui. Léon :
Moussinac, Henriette Janne.
De "Rose-France" à "El Dorado" — ;
Louis Delluc.
En Amérique. — Lionel Landry.
Films cubistes allemands. — [van •
Goll.
■
Spectacles. — Eve Francis.
Derrière l'écran. — Daven.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Echos, Réponses, Concours.
Photos et Portraits de Norma Tal- j
madge, Cappellani, Mado Mintv. laque :
Catelain. Lili Samuel. Hallys Feeld. ■
Boldiretï. Louise Glaum. Eve Francis. j
Mae Murray, Sessue Hayakawa. Mar- :
celle Pradot, Elena Sagrary. Charlie ;
Chaplin, Footitt, Suzanne Després. !
Signoret. Chaliapine. etc.
Sommaire du N ° 2 \
• - — — ■
■
Les films d'aujourd'hui. — Pierre •
Seize. Léon Moussinac. Henriette i
Janne, L L.
Louise Fazenda et quelques autres, i
— Lionel Landry.
Les films suédois. — Louis Delluc.
L'art pour le septième art. — Canudo. ■
Notes.
Les pages de ma vie. — Chaliapine. ;
Derrière l'écran. — Daven.
Photos et Portraits de Pearl White, \
Irène Castle. Barthelmess. Antoine. |
Sacha Guitry, Van Daële. Modot. Ida :
Kubenstein. Chaliapine. Yonne Aurel, j
etc.
Dessins de Cappiello. Sacha Guitry, j
Einar Nermann. Bécan. A. -F. Martv. i
Sommaire du N ° 3 \
•• m
Les films d'aujourd'hui. Pierre ■
Seize. Léon Moussinac. L. L.. Henriette j
Janne, J.-H. Levesque.
Notes. — Louis Delluc.
Variations. — Lionel Landry
Interprétation. — Roger Karl
Le synchronisme clnémato-:
graphique. — Vuillermoz.
Spectacles. — Eve Francis.
Derrière l'écran. — Daven.
Pages de ma vie. — Chaliapine.
Echos, Réponses, Concours
Photos et Portraits deCharlieChaplin. •
Nazimova, Betty Blvthe. Jane Myro, \
Roger Karl. Eve Francis". Pavlowa, j
Diaghilew, Bakst, Stravinskv. etc.
18
cinea
DERRIÈRE L'ÉCRAN
Nous avons annoncé que
M. Léon Poirier allait tourner un
film dont le titre serait Le coffret de
Santal. Celui-ci est changé et devient
Le coffret de Jade. Les principaux
protagonistes en seront : M. Roger
Karl qui vient de terminer l'Ombre
déchirée et dont on se rappelle la
remarquable composition de Y Ho mine
du large, Mlle Myrga, interprète de
.Xa raya na, et M. Mendaille, du Vau-
deville, dont ce seront, je crois, les
débutç à l'Ecran.
L'Ombre déchirée, pour lequel on
compose une adaptation musicale
spéciale, ne sera présenté qu'à la
rentrée en une même séance que Le
coffret de Jade.
•
M. Henri Desfontaines qui lit
Sa Gosse, la Suprême Epopée et la
Marseillaise, est prêt de terminer
pour la maison Gaumont Les Trois
Lys de Mme Lucie Delarue-Mardrus.
•
Mme Germaine Du lac achève
La Mort du Soleil avec André Nox.
•
M. Guy du Fresnay, metteur
en scène de la firme « Jupiter » finit
les extérieurs des Ailes qui s'ouvrent.
[il SSIN [>E III i AN
VAN DAELE
L'interprète de rJaranaya et d'Âmes sici-
liennes vient d'être engagé par la compa-
gnie russe Thiemann,
A Epinay.
M. (iilles Veber, le metteur en scène
du Tiare noir est rentré d'Italie et
tourne les intérieurs de Jettatura :
film moderne dont les décors ont été
établis d'après les maquettes du
peintre A. Kabre.
•
On va, paraît-il, tourner Cyrano.
M. Pierre Magnier, serait et Cyrano
et... le metteur en scène. . .
•
M. André Hugon qui nous donna
L'Affaire Plassard, filmerait pro-
chainement Le liai de Camargue
d'après le roman de Jean Aicard.
•
Le nouveau théâtre d'East-
man. George Eastman, le président
de la Cie Eastman Kodak d'Amérique,
est en train de faire construire à
Rocbester, dans l'état de New-York,
un immense cinéma, où ceux qui
veulent étudier l'exploitation et la
présentation des films trouveront
toutes les comodités.
•
Jeune Star.
Le petit Jackie Coogan, qui joue
avec Charlie Chaplin dans The Kid
(Le Couse) n'a que cinq ans et est
déjà consacré étoile. 11 vient de tour-
ner un film dont il est la vedette,
Peck's Bad Bog. Il va, de plus, faire
une tournée dans les principaux
théâtres de vaudeville aux appointe-
ments de 2ô0 dollars par semaine. 11
est vrai que cet enfant prodige s'est
révélé acteur merveilleux.
•
Nazimova dans la Dame
aux Camélias. Mme Nazimova a
définitivement choisi les artistes qui
l'entoureront dans La Dame aux
Camélias, qu'elle va tourner. C'est
Rudolph Valentino qui interprétera
le rôle d'Armand. Ce jeune artiste de
talent a toutes les qualités requises
pour bien jouer ce rôle, qualités dont
il a fait preuve dans le rôle principal
du film The Four Horsemen of the
Apocalypse.
•
Hayakawa.
Sessue Hayakawa annonce sa qua-
trième production pour la Robertson-
Cole Compagnie : The Siramp (Le
Marais) scénario de J. Grubb Alexan-
der. Bessie Love sera sa partenaire.
•
Mae Marsh.
I.a deuxième production pour la
Robertson-Cole Compagnie, avec Maë
Marsh comme principale interprète
est terminée. C'est une adaptation
d'un roman Mary Cary, contant les
aventures d'une orpheline. 11 est
intéressant de noter que le petit
enfant de Maë Marsh jouera un grand
rôle dans ce film.
•
Fox va tourner en Europe.
William Fox va tourner un film
historique Mary, Queen ofScots en
Europe, et plusieurs metteurs en
scène et acteurs sont partis pour tout
préparer pour cette importante pro-
duction. Les Américains se deman-
dent quand un producteur Américain
aura l'idée de se rendre soit dans
l'Amérique du Sud ou au Mexique
pour tourner des films au lieu d'aller
en Europe, comme on le fait habi-
tuellement. 11 y a certainement des
sites aussi jolis et aussi pittoresques
dans les pays Sud-Américains.
Daven.
m ssi\ m BEI >v
FRANCE DHELIA
L'interprète de La Sultane de 1 Amour, de La
Croisade, de Malencontre. achève un nouveau
film sur la Riviera.
cinea
19
NEQ.MAN
Anna Pavlowa Serge de Diaghilew Léon Bakst
Une répétition de Ballets Russes
Igor Stravinsky
M
SPECTACLES
M
Mademoiselle Julie.
Ah le bon air sec, savoureux et
cruel que le génie en tempête de
Strindberg T Vous aimez La dan.se de
la mort? Un Sirocco savant qui des-
sèche tout ce qu'il effleure. Il y a
aussi Créancier.*... Il y a aussi
d'autres superbes gifles de cette en-
vergure. Et il y a Mademoiselle Julie.
J'ai lu quelque part — avec la si-
gnature d'un grand critique — que
c'était « écœurant et ennuyeux »
Bravo ! Pavoisons pour la critique.
J'ai lu ailleurs — avec la signature
d'un moins grand critique — que« une
telle œuvre était bien le fruit d'un
pays barbare et vil, tandis que nous
peuple civilisé, etc., etc. «. Bravo en-
core ! Illuminons, illuminons I Et puis
j'ai lu bien d'autres choses qui méri-
tent tous les fanions, tous les lam-
pions de la réjouissance.
Mais j'ai vu Mademoiselle Julie.
L'âpre folie de Strindberg y semble
classique. Le drame se ramasse
comme un chat furieux. On rit dou-
loureusement. C'est beau, n'est-ce
pas ? Et cela ne gène personne, mes-
sieurs les mécontents, puisqu'on re-
prend Phi-Phi.
Il paraît que, sous Antoine, c'était
joué par Eugène Nan et Arquillière.
J'ai vu Pitoëff. très ange déchu, et
Luduilla Pitoëff qui dans un person-
nage assez loin de son tempérament
dépense ses heureuses qualités de
charme et son talent.
American syncopated or-
chestra.
Les affiches du théâtre des Champs-
Elysées disent le contraire de ce
qu'elles devraient dire : Ce n'est pas
un jazz-band, c'est de l'art, etc.
Comme c'est malin I nous qui aimons
tant retrouver l'écho aigu du style
dans des bastringues élégants où la
foule se borne à gigoter sans émo-
tion, nous aurions préféré trouver le
Syncopated orchestra dans un pro-
gramme de cirque ou de music-hall
pour aimer sans rien dire l'art para-
doxal de cette compagnie.
C'est vrai que c est un jazz. C'est
vrai que c'est un chœur aussi éton-
nant, j'allais dire angoissant, que les
Ukrainiens. C'est vrai que c'est une
invention symphonique. Nous regret-
tons tous qu'ils aient cru plus habile
de composer leur répertoire de fox-
trotts et de rag-times fortement écu-
lés Ils peuvent mieux.
L'impression est tout de même
charmante. Je pense à un mulâtre de
la Réserve de Saint-Jean-de-Luz qui
chantait et cymbalait en sourdine
l'été dernier pour nous faire danser
au bord de l'Atlantique. Il était émou-
vant et je crois qu'il arrivait â don-
ner un sens â la danse même pour
tous ces tristes gigolos qui font du
tango une épineuse combinaison ma-
thématique.
Le Syncopated Orchestra a l'air
parfois, d'une tendre confidence.
Chauve-Souris.
Est-ce vraiment le dernier spec-
tacle ? Tant pis. Quelque chose man-
quera â quelques-uns. Et quelques
autres n'auront pas le temps d'y ve-
nir comme il eût fallu. Je dis cela pour
certains metteurs en scène de théâtre
et même de cinéma. Le principe de
synthèse décorative et d'intensité de
vie â la fois est merveilleusement
appliqué chez Balieff.
Son nouveau et ultime programme
donne quelques bijoux : La parade
des soldats de bois est une chose
parfaite au même degré que le furent
Katinka ou les Romances Tziganes.
On aimera Le Menuet, Le Trio de
Mozart, Le CoifJ'eur, L'Heure Espa-
gnole de Eranc-Nohain que voilà
rebaptisée .L'horloger de Tolède. On
aimera moins La grande Pâque
russe car un orchestre miniature ne
suffit pas Rimskv. Mais comme on
aimera, comme on célébrera, la déli-
cieuse Mort subite d'un cheval de
Bois et La chanson des houzards,
chaude, ivre, désespérée, infinie et
fugitive, qui vous chavire comme un
parfum terrible. Evi<: Francis.
20
cinea
LES PAGES DE MA
Par F. CHALIAPINE
VIE !
Plus tard, à l'âge de 12 ans je com-
mençais à m'opposer aux brutalités
de mon père ivre., Je me rappelle, ma
résistance le mit dans un tel état de
fureur qu'il saisit un énorme bâton
et se jeta sur moi.
Craignant en vérité d'être assommé
je m'enfuis précipitamment dans la
rue, tel que j'étais pieds nus et en
caleçon; il faisait très froid, quelques
1> degrés au-dessous de zéro; après
avoir parcouru en toute vitesse une
distance de près d'un kilomètre, je
me réfugiai chez un de mes cama-
rades et le lendemain — toujours en
caleçon et pieds nus — et par le
même froid, je revins chez nous.
Mon père était sorti et ma mère,
tout en approuvant ma conduite se
mit à me gronder quand même. Est-
ce que je n'avais pas honte de courir
ainsi pieds nus dans la neige.
Malgré tous mes efforts de la per-
suader que je n'avais pas le temps
de me chausser, elle aussi faillit de
commencer à me battre.
Parfois mon père, après avoir bu,
commençait à chanter d'une voix
aiguë, presque féminine qui ne s'ac
cordait pas du tout avec sa haute
stature et son caractère brutal.
C'était une chanson étrange toute
composée de paroles complètement
inintelligibles rappelant les mots
tartares abîmés et déformés à souhait.
Je n'osai jamais lui demander que
signifiait cette chanson ainsi que son
proverbe où il était question d'un
Dieu infaillible qui s'appelait, je ne
sais pourquoi « Epimaque ».
Généralement, il ne me parlait
jamais de Dieu. Il allait rarement à
l'église, mais lorsqu'il s'y trouvait il
priait avec beaucoup de piété, regar-
dant toujours tout droit devant soi.
Il faisait rarement des signes de
croix, mais on sentait qu'il disait en
soi-même, toutes les prières qu'il
avait appris.
Je ne crois pas qu'il en connaissr.it
un grand nombre, au moins, je ne
l'ai jamais entendu dire une prière
en se couchant ou en se levant du lit.
Dans l'église il était très silen-
cieux, seulement de temps en temps
il me lançait un coup dans le dos,
lorsque je commençais à regarder
ce qui se passait autour de nous.
— Ne bouge pas, trou! disait-il
doucement en laissant tomber un
coup magistral sur mon crâne et je
prenais immédiatement l'aspect d'un
humble fidèle tout plongé dans ses
prières.
Plus tard, quand je travaillais
avec mon père â l'Ouprava (régence
provinciale) j'aperçus que sur sa ser-
viette était dessinée une tombe ; on y
distinguait un petit monceau de
terre avec une ; croix plantée au-
dessus et une inscription en bas :
« Ici point de tristesse, ni souf-
frances, ni soupirs ; rien que la béa-
titude éternelle. »
?!«■* premiers pas
dan» la vie
Malgré les disputes incessantes de
mon père et de ma mère je menais
une existence plutôt assez agréable.
J'avais beaucoup de camarades au
village, tous de braves garçons. Nous
grimpions sur les arbres et les toits,
nous fabriquions des arcs primitifs,
nous lancions des cerfs-volants, nous
dévastions les potagers de nos voi-
sins, en volant des concombres et
des navets, nous noits baladions â
travers les champs, les fossés, etc.
Tout ceci était pour moi d'un très
grand intérêt. La vie entr'ouvrait
devant moi ses petits secrets en
m'apprenant de l'aimer et la com-
prendre.
Je m'étais creusé un repaire der-
rière un potager et je m'imaginais
que c'était ma maison à moi et que
j'étais seul au monde, libre, sans
parents. 11 me semblait dans mes
rêves que ce ne devait pas être mal
du tout d'avoir des chevaux, des
vaches, qui m'appartiendraient; en
somme, ce furent toujours des rêves
confus, imprécis, enfantins, où la vie
ressemble â un conte de fées.
Je me réjouissais surtout â voir
les chorovodes (1) qui avaient lieu
h Danses populaires cntri mêlées de chants, t-l donl le
uiou\ement est réglé »\w un an véritable. OH ■ danse
ressemble beaucoup au « péricoo » Sud Américain.
dans ce pays deux fois par an : au
printemps et â l'automne.
Les jeunes filles venaient ornées
de rubans écarlates, portant des
sarafanes (2) éclatants avec beaucoup
de rouge et de blanc sur la figure.
Les gars se faisaient aussi remar-
quer par une tenue très élégante et
tout le monde en formant un cercle
chantait des chansons exquises.
Tout ceci : la démarche lente et
solennelle des gens, leurs parures,
leurs figures réjouies, tout ceci,
dis-je, faisait entrevoir une vie diffé-
rente, belle et calme, sans débauche,
sans disputes, sans saoùleries.
Un jour mon père alla avec moi au
bain. C'était déjà la fin de l'automne
et, même, il gelait déjà. Chemin fai-
sent le pied lui glissa, mon père
tomba et se disloqua la jambe. Nous
rentrâmes avec beaucoup de diffi-
cultés. Le désespoir de ma mère
n'avait pas de limites.
— Qu'allons-nous faire, mon Dieu,
qu'allons-nous faire maintenant ?
répétait-elle en pleurant.
Le lendemain matin, mon père
l'envoya â l'Ouprava dire au secré-
taire pour quelle raison il n'avait
pu venir au bureau.
— Qu'il envoie quelqu'un pour voir
si je suis réellement malade. Autre-
ment ces diables sont capables de me
mettre â la porte tout simplement.
Je comprenais déjà que si mon
père était mis â la porte, notre situa-
tion deviendrait affreuse. Il ne nous
resterait plus qu'à mendier dans les
rues.
Déjà nous ne nous logions que
dans une toute petite chaumière de
village pour un rouble et demi par
mois.
Ohî je me rappelle très bien cette
maison en bois et, en cas d'incendie,
nous aurions pu être brûlés vifs, sans
aucun moyen de se sauver.
(A suivre)
L. Valter, trad.
(2) Vêtement de femmes pour les jour* de letc nu .lis
cérémonies religieuses. Long, flexible, il rend parfaite-
meul la grâce nonchalante de* femmes Ma\r>.
cinea
V A L L
M A L L
Paroles d'un Genevois.
Nos écrans sont accaparés par la
production allemande envahissante.
Nous avons eu, vous le savez, La
Dubarry, Le Galérien (de Balzac),
Carmen, La Maîtresse du Monde,
L'Homme d'à rai le, L'Opium,
L'Amour d'un grand homme. Le
bénéfice des quatre diables, Anne de
Boleijn, La Statue en marche. Tous
ces films sont parfaits au point de
vue exécution et ils ont obtenu un
succès très caractéristique auprès du
public.
Quand donc la production française
pourra-t-elle améliorer ses procédés
techniques et renouveler ses moyens
d'expression ? Comment décider vos
maisons d'édition à tenter le coup en
Suisse ? Il nous faut de la nouveauté
encore et toujours et l'on nous sert
des navets qui sont d'une puérilité
sans pareille.
Pourtant ces temps-ci Le Rêve a
fait grand effet, Mlle de la Seiglière
également, ainsi que Blanchette,
mais ce sont des adaptations
aucune œuvre écrite spécialement
pour l'écran! Savez-vous qu'à l'heure
actuelle nos quotidiens ont tous une
chronique cinégraphique y compris
l'austère organe de l'officiel protes-
tantisme. Et je vous prie de croire
que le public lit cette chronique avec
un intérêt symptômatique.
F.
•
Au C A S A
Lundi dernier, les personnalités les
plus en vue de la littérature, de l'art,
et mondaines se pressaient au « Gre-
nier de Montjoie » pour entendre
Mme Germaine Albert-Dulac, rémi-
ttente écraniste, faire la troisième
Lecture Cinématique.
Le maître J .-II . Rosny aîné honorait
de sa présence cette réunion extrême-
ment brillante.
« Ceci est une histoire comme il y
en a dans la vie de chacun de nous
— dit Mme Dulac — sans aucun de
ces actes extraordinaires qui consti-
tuent,à proprement parler, une aven-
ture, mais riche de ces chocs et mou-
vements intimes qui bouleversent
les cœurs et les âmes.
« L'argument de Mme Erlanger,
plein de charmes et d'élégances, il
fallait le développer, le reconstituer,
dans l'atmosphère, dans le rythme et
dans les caractères de l'impression
première, et aussi le modifier. L'œu-
vre cinématographique, pour toucher
commercialement tous les pays, doit
éviter de parler d'adultère ; d'autre
part, si le Cinéma peut se permettre
de montrer dans un scintillement
impressionniste une diversité de
détails qui créent une atmosphère, il
faut dans l'action principale qui
groupe les caractères, une unité dans
le « parallélisme et la continuité».
« Mon effort a donc été de créer
l'ambiance d'élégance, de charme, de
grâce, par le décor, les détails rapi-
dement vus et accumulés des choses
telles que nous les apercevons dans
la vie sans y attacher d'importance.
De faire sentir l'effervescence créée
par la présence de Lola dans la petite
ville, par des traits rapides, sans
y consacrer une scène, de resserrer
le drame entre l'actrice symbolisant
« l'aventure », le Comte « la légèreté »,
la Comtesse et le jeune d'Amaury, les
forces sincères, et de tracer par des
traits visuels les caractères de cha-
cun d'eux...
« J'ai essayé d'exprimer, en usant
le plus possible des moyens propres
au cinématographe, — a-t-elle ajouté,
— le maximum de la vie. C'est en
voulant mentir, pour plaire soi-disant
au grand public, qu'on risque de se
tromper . .»
M. René LeSomptier, du Comité du
C. A. S. A., a précisé ensuite les
directives des Amis du Septième Art :
« On a voulu nous représenter
comme des révolutionnaires, qui ten-
teraient de jeter la perturbation dans
les milieux cinématographiques. Rien
n'est plus faux. Nous ne sommes les
meneurs de personne, et nous con-
naissons trop la situation grave dans
laquelle se trouvent les éditeurs et
les exploitants, pour faire quoi que
ce soit qui puisse leur porter préju-
dice. Xous voulons construire et non
point détruire.
« Notre intention est d'aller dans
les quartiers populaires de Paris, en
province, à l'étranger, où nous avons
déjà nos délégués, parler des beaux
films, expliquer aux foules si accessi-
bles,toutes les possibilités artistiques
du Cinématographe. Dans nos réu-
nions, nous ferons preuve d'un éclec-
tisme absolu. Le C. A. S. A. n'est pas
une petite chapelle. Il veut être
l'animateur et le défenseur de toutes
conceptions nouvelles et de tout
effort qui tente précisément à affer-
mir et à augmenter le prestige de
l'Art Cinématographique français,
qui, lui aussi, est un grand mutilé
de la guerre. . .
« Nous nous intéressons particuliè-
rement, et de la manière la plus
active, à l'état désastreux créé par les
lois en cours, à la saine exploitation
du cinéma français. »
M. Canudo présenta enfin le compo-
siteur Carol-Bérard, dont l'œuvre :
La Danse sous la pluie est un remar-
quable essai de musique cinémati-
que. Cette partition, extrêmement co-
lorée, crée une véritable atmosphère
musicale autour de la Vision de
l'écran.
| BONSOIR]
s
: !
a •
■ ■
[ Vo us dira quels'-
m ■
m ■
■ ;
'•sont les bons soirs-
m ■
• ■
■ •
: au cinéma
■ ■
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■ •
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■
\Si Vous aimez le\
m «
■ •
■ •
\ cinéma, Vous aimez ;
■ ■
■ ■
■ ■
■ ■
■ •
■ ■
■ ■
■ ■
IbonsoirI
CHARLIE CHAPLIN
est un grand artiste, vous le savez
tous, mais vous devez savoir aussi
que Ton vous donne maintenant
de très vieux films de lui, sans vous
dire qu'ils sont antérieurs aux douze
ou quinze délicieuses créations que
vous avez acclamées. Donc ne dites
pas que Charlie Chaplin, dit Chariot,
est en décadence, au contraire ! Et
réclamez, comme nous, ses trois
derniers films, qui ont enchanté
New- York, Londres, et la moitié de
la terre — et que nous attendons.
Imprimerie spéciale de cinéa, 84, rue Rochechouart, Paris. Le gérant : A. Pat y
27 Mai 1921
Numéro 4
■^ £ ■ ■£• Mebdomadaire Illustré -^ -^ 4
Louis DELLUC et A. ROUMANOFF, Éditeurs
io. Rue de l'Elysée, Paris - Tél. : Élys. 58-84
Abonn'. 75 fr.
Le N". .. 2fr.
RAaUEL MELLER
La célèbre chanteuse espagnole qui fut acclamée à Paris comme à Barcelone et à Madrid pour ses interprétations de GitaniUo,
kl Relicario, etc.. vient de triompher sur les scènes sud-américaines et connaîtra la gloire de l'écran avec son beau film Les Arlequins
de soie et d'or (Los Arlecchines di seda v 010) où elle représente une émouvante gitane amoureuse. Raquel Meller sera aussi la
protagoniste desjardins de Mincir, le prochain film de Louis Mercanton. réalisateur de L'Appd du Sang, de Miarka et de Pbroso.
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cinaa
D
PROGRAMMES M
CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 27 Mai au Jeudi 2 Juin
V ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, i,, boulevard des
Italiens. — Les actualités de la semaine. —
Patbé-Rcvue. — Sur la rouir, drame inter-
prété par Edith Clayton. — Une étoile,
scène comique. — Une Salomé moderne,
grande scène dramatique interprétée par
Miss Hope Hampton. d'après une idée
d Oscar Wilde. Mise en scène de Léonce
Perret. — Attraction : Perchicot, le célèbre
chanteur.
Cinéma de la Presse, 125, rue Mont-
martre. — La montre de Chariot, comédie
dramatique. — La lutte pour la vie, comé-
die sentimentale. — Voleurs de femmes,
^ épisode. — Yallan, chanteur fantaisiste
Electric-Palact*. s. boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. les actualités du
monde entier. — A travers, la France, par
Ardouin Dumazet. auteur du Voyage en
'France, couronné par l'Académie Française,
Sisteron. — Une Etoile, comédie comique.
— Patbé-Revue, le magazine de l'écran. —
Olive Thomas dans Héritière d'un jour,
comédie dramatique. — Le salut de Fattv.
comique avec Fatty Arbuckle. — En sup-
plément facultatif : Eddie Polo dans Le
Uoi de l'audace, ciné-roman en loépisodes,
publié par L:\ Presse, y épisode : Une
attaque audacieuse.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre. — Patbê- Journal, actualités. —
Gigolette, 4e époque : Rédemption. — Une
Etoile, Mack-Sennett comédie. — Supplé-
ment facultatif : Une poule cheç les Coqs.
comédie avec Prince-Rigadin.
Parisiana. 27, boulevard Poissonnière.
Gutenberg sfr-70. — Dans le Telemack.
plein air. — Le microbe du hox-trott, co-
mique.— L'Embûche, drame interprété par
Léo Bai rd. — Parisiaua-fourual, actualités.
— Dans la Nuit, drame avec Norma Tal-
madge. — Joe le marin, comique. — En
supplément de 7 h. 1/2 à 8 h. 1/2, excepté
dimanches et fêtes : Champi-Tortu. avec
Marie KousnezoffetAlcxandre.de la Comé-
die française.
3= ARRONDISSEMENT
Pathé Temple. — Pathe-Journal. —
Pathé-Revue n" 22. documentaire. —
L'Homme aux trois masques, 6e épisode : La
Fille du forçat. — Gigolette, 4e époque :
Rédemption 1 fin) .— Une poule chef les coqs.
avec Prince.
Théâtre du Kinérama, 37, boulevard
Saint-Martin. Archives 4'3-i6, directeur
M. Imbert. — Washington à vol d'oiseau,
plein air. — Ce doux Fatty. comique. —
Jack médecin maigre lui. comédie senti-
mentale. — Le Cœur de Ginette, comédie
sentimentale. — Mabel cherche un mari,
comédie comique.
Palais des Fêtes, 8, rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chausske
Pathé-Revue. — Le Salut de Fattv, comi-
que en 1 acte. — Les Naufragés du sort,
comédie en 5 actes. — Gigolette. 4« époque:
Rédemption. — Pathé- tournai.
Grande salle des fêtes du ier étage
Palhé-Journal . — Une Poule chef les Coqs,
ciné-vaudeville avec Prince-Rigadin. —
Une Salomé moderne, grande scène drama-
tique. — L'Homme aux trois Masques, 6e
épisode : La Fille du Forçat.
4<= ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73. rue Saint-Antoine,
Dans les profondeurs de la mer, plein air. —
Saint-Paul-Journal. — Une poule chc{ les
coqs, interprété par Prince. — L'Homme
aux trois masques, 6e épisode : La Fille du
forçat. — Le voleur volé, comique.— Gigo-
lette, 4e époque : Rédemption.
5 ARRONDISSEMENT
Chez Nous, 26, rue Mouffetard. — Un
cas de conscience, drame. — Match de lutte,
ultra-comique. — Un contre tous. 2- épi-
sode : La faute de la mort.
Saint-Michel-Cinéma. 7, place Saint-
Michel. — Actualités. — La Hurle, avec Ju-
liette Malherbe. — Joe cher les Cow-boys,
avec le chimpanzé Joe Martin.
Mésange, 3, rue d'Arras, Patbè-Journal.
— La chasse aux faucons, documentaire —
L'homme aux trois masques, y épisode : Je
me vengerai — Gigolette, 3e époque : Les
Dessous de Paris. — Lui... cher les Cozc-
boys. comique interprété par Harold Lvod.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Fridolin chef de rayon, comique en 2
parties. — Olive Thomas dans Rêves
dorés, comédie dramatique. — Gaumont-
actualités. — Attraction : Les Anna Lina.
duettistes. — Gigolette. y époque : Les
dessous de Paris.
6e ARRONDISSEMENT
Danton-Cinéma-Palace, 99-101, boule-
vard Saint-Germain. — La chasse aux
faucons, documentaire. — L'homme aux
/rois masques, ()' épisode — Lui... chef 1rs
Coic-Bovs. comique. — La proie pour
l'ombre, comédie dramatique. — Gigolette.
3e époque. — Gaumout-actualités.
■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■••■•■■■■a
THÉÂTRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction :
P.MALLEVILLE
Téléphone :
ELYSÉE 29-46
Programme du 27 Mai au 2 Juin
Le Salut de Fatty.
Douglas For Ever, réédition avec
Douglas Fairbank.
Gaumont- Actualités .
Une Salomé Moderne, grande
scène dramatique, jouée par
Miss Hope Hampton.
•■•■■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■•■■■■■■•■■■a
cinea
Réponses à quelques lettres
|ean de MÉzières. - Non. Pearl White
ne tourne plus de films a épisodes. File a
quitté la Pathé-Exchange depuis 2 ans et
tourne maintenant pour la Fox-Film des
comédies dramatiques de métrage courant.
Les six premières sont achevées, ce sont :
Tbe Wbite Moll. The Tiger's Cub (La Fille
du Fauve). Pagan of the Hills, The Tbief
(d'après le voleur d'Henri Bernstein). The
Mountain IVoman, Knoiv your men.
- Harold Lockwoi d est décédé le
u) octobre 1918. victime de l'influenza. -
11 naquit à Brooklyn en 1887. — Le Ciné-
ma perdit en lui. un de ses comédiens les
plus sincères.
Admirateur W. Hart. - - Vous avez
reçu sa photo dédicacée — Quelle chance.
Avis aux amateurs.
Dominique B. — Voici la distribution
d'Intolérance : Mary : Maë Marsh ; Bobby :
Robert Harron ; La femme au berceau :
Lillian Gish ; La jeune fille de la monta-
gne : Constance Talmadge ; Antinéa :
Seena Owen ; Balthazard ; Alfred Faget ;
La femme dévoyée : Miriam Cooper ; Le
Grand-Prête de Baal : Tully Marshall : Les
autres rôles étaient tenus par Bessie Love,
Sam de Grasse, Elmo Lincolm, Tom et
Margery Wilson, E. W. Lawrence. Ralph
et Vera Lewis, Elmer Clifton, George
Fawcet, George Seigma, Eugène Palette,
Spottiswoode Aitken. Le Scénario et la
Réalisation sont de D. W. Griffith. L'Opé-
rateur : G- W Bitzer.
Cosmopoi.is. — Les films suédois vous
déplaisent et Le Lys Brisé vous a indignée.
Vous préférez Les Deux Gamines et Pr'cs
des Cimes. Bravo, Mademoiselle, le public
de barrière vous approuvera.
Unk future Étoile. — Vous liriez
avec profit l'ouvrage Photogénie. Chez
de Brunoff, l'éditeur.
Admiratrice Van Daële. — Oui. Jacques
Hébert dans Narayana. D'alonzo dans
Ames Siciliennes. Louis Marie dans La
Croisade. Pierre Lacroix dans La Cbinùre.
Prochainement dans La Boue, le rôle de
Militis.
Futur Opérateur. Adressez- vous
plutôt à G. Dromaz, 1. rue Franklvn (i(v )
qui vous l'enseignera sûrement et rapide-
ment. Il vous fera des conditions très
avantageuses. Ne vous fiez donc pas tant
à la déloyale et intéressée publicité de ces
écoles. Comme vous le dites, elles en
forment 300 tous les ans, mais n'en pla-
cent aucun.
L'Ouvreuse de Marivaux. — En effet,
M. Poirier avait d'abord songé a Geinier
pour interpréter le rôle de Dartigues dans
Le Penseur. Par la suite il le confia a
André Nox.
Mori.aymane. — Vous trouverez ces
renseignements sur Gaby Morlay dans le
numéro 41 du «Ciné pourTous». — Léon
Mathot naquit à Roubaix le s mars 1886,
Carmen White. — Vous n'aimez pas
René Navarre, vous êtes très originale.
Mademoiselle, et vous avez trouvé les
films suédois si remarquables... là nous
allons nous entendre.
Pianola. — The Spy est je crois le titre
américain de Le Sort le plus beau avec
Dustin Farnum et Winifred Kingston.
Lillian Blue. — Si vous n'êtes pas
directrice de cinéma, aucune maison ne
vous procurera ces photos. — Demandez-
les donc à J. Thialet. 37, rue Ampère qui
vous les procurera à bon compte.
Ranchman. — Enid Bennett dans ces
2 films ; Impossible de vous renseigner,
je ne vais pas au théâtre. — André Bra-
bant je pense. — Non je ne connais pas le
nom de l'interprète du rôle de la belle-
mère dans Pour les Beaux Yeux de Mary. —
Le vrai nom de Theda Bara est Theodosia
Goodman. — La suite au prochain numéro.
Soledad Magri. — L'Agonie des Aigles
n'est un grand film que par sa longueur.
C'est du cinéma à la manière de 1913. —
Interdire en France les films Américains...
je serais bien curieux de savoir par quoi
vous les remplaceriez.
Litti.e American. — Vous voulez tour-
ner un bout d'essai, adressez-vous au
Studio, 82. rue d'Amsterdam qui pour un
prix modique vous donnera entière satis-
faction.
Venus Victrix. — Andrée Brabant :dans
les 20 ans ; W. S. Hart aura 4=; ans le 6
décembre prochain. Marion Davies
dans La Belle de Nezc-York. Elsie |anio
est de passage à Paris. — Ces superbes
vues dans Marouf sont dues à M. Grignon
un as de la technique.
Cow-Boy. — La distribution de L'Homme
aux Yeux Clairs comprenait : W. S. Hart,
Maud George, Gertrude Claire, Robert
Mac Kun, Robert Gordon. Ce film a été
tourné au Canada.
L'Œil-dk-Chat.
Nous demandons à
VO I R
encore une fois
Chariot Soldat
avec CHARLIE CHAPlIN
SYDNEY CHAPLIN
et EDNA PURVIANCE
Terrible Adversaire
avec DOUGLAS FAIRBANKS
et JEWhL CARMEN
Pour sauVer sa Race
avec WILLIAM HART
Louise GLAUM et Bessie LOVE
0 Le Venseur 0
avec ANDRE NOX
L'Homme aux Yeux Clairs
avec WILLIAM HART
Le Lys et la Rose
avec LILIAN GISH
et FRANK MILLS
0 Le Silence 0
avec EVE FRANCIS
:-: et S I G N O R E T :-:
0 Œil pour Œil 0
avec SESSUE HAYAKAWA
0 Le Faune 0
:-: avec FEBO MARI :-:
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Sèvres. 80 bis. rue de Sèvres,
(angle du boulevard de Montparnasse,
boulevard des Invalides). Fleurus 28-oc). —
Pathè-Journal. — La Parure, d'après la nou-
velle de Guy de Maupassant. — Gigolette,
8e époque : Les dessous de Paris. — Attrac-
tion sensationnelle. — G and orchestre
symphonique de 20 musiciens.
8e ARRONDISSEMENT
Pépinière-Cinéma, q, rue de la Pépi-
nière. — Les Eponges. — Enlèvement de
Miss Maud. comédie gaie. — L'Homme aux
trois masques, 6e épisode. — Pépinière-
Journal. — Jemmy le mystérieux, comédie
dramatique. — Intermède : Granval, dans
son répertoire.
Alcazar d'été, Champs-Elysées. —
Une Salome moderne, mise en scène de
Léonce Perret. — Fatty et Mahel en ménage.
— Deux coqs vivaient eu paix.
Théâtre du Cotisée. 38. avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
Elysées 29-46. — Le Salut de Fattv. —
Douglas for Ever, avec Douglas Fairbanks,
réédition.. — Gaumont-acfualités. — Une
Salomé moderne, grande scène dramatique
jouée par Miss Hope Hampton.
9e ARRONDISSEMENT
Artistic Cinéma, Cm, rue de Douai. —
Central 81-07. — Gigolette, 4e époque :
Rédemption. — Une poule chef les coqs
ciné-vaudeville interprété par Prince-Riga-
pin, mise en scène de G. Monca. — Pathè-
Journal. — Pathe-Revue.
Aubert-Palace, 28, boulevard des Ita-
liens. — Dans les profondeurs de la mer,
plein 'air. — Nouveautés journal. — Le
voleur volé, comique. — L'homme aux trois
masques, 6e épisode : La Fille du forçat. -
Un drame sous Napoléon, ire époque.
10e ARRONDISSEMENT
Cinématographe Porte Saint-Denis.
8, boulevard Bonne-Nouvelle. — Rt'f"g>-' et
établissements pour animaux, documen-
taire. — Betsy Love, comédie dramatique.
— L'étreinte de la pieuvre. 4e épisode. —
Le singe d'Atbalie, comique.
Folies-Dramatiques boulevard Saint-
Martin. — L'Homme aux trois masques,
grand ciné-roman, 6e épisode. — Agénor
le bien-aimè, comédie. — La Parure, d'après
Guy de Maupassant. — Lee Sam.
Cinépax, 30. boulevard Bonne-Nou-
Nouvelle. — Pathè-Journal. — Gigolette,
4e époque. — Une poule che^ les coqs, comé-
die. — Pathe-revue. — La Fille de Delft,
drame.
Cinéma-Palace , 42, boulevard Bonne-
Nouvelle. — Fabrication des cigarettes. —
La Parure, d'après Guy de Maupassant. —
Agénor le bien-aimè, comédie. — L'Homme
aux trois masques, grand ciné-roman. —
Les chansons filmées de Lordier.
Paris-Ciné, i7, boulevard de Stras-
bourg. — Pathè-Journal, actualités. — La
Fille de Delft, grand drame. — Une Poule
cbe{ les coqs, comédie. — Gigolette, 4e épo-
que. — Patbe-Rcvuc.
Tivoli, R), faubourg du Temple. —
Tivoli Journal. — La fuite de Jackson Bill,
drame d'aventures. — L'homme aux trois
masques. t>e épisode : La Fille du Forçat. —
Le salut de Fatty, comique. — Gigolette.
4e époque : Rédemption.
Crystal Palace Cinéma g. rue de la
Fidélité, 96. faubourg Saint-Denis. Nord
(07-59. — L'Américain, comédie dramati-
que en cinq parties, avec Douglas Fair-
banks. — Le Traquenard, comédie senti-
mentale en cinq parties avec Mlle Chris-
tiane Vernon et M.Georges Lannes. — Les
Coulisses du Cinéma, 7e série. — Palace-
Journal . actualités de la semaine. — Attrac-
tion : Max Alex et sa soubrette, illusion-
niste.
11e ARRONDISSEMENT
Artistic --Cinéma. 4c bis, rue Richard-
Lenoir (place Voltaire. — L'observatoire du
mont IVilson. — Picratt danseuse, comique.
— Voleurs de femmes, 5e épisode. — Le
drame des eaux mortes. — Intermède :
Dugard, fantaisiste.
Voltaire-Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Chariot Joue Carmen, fantai-
sie en deux épisodes, ier épisode : Le coup
de foudre. — La maison en ruines, comédie
dramatique. — Eddie Polo dans Le roi de
l'audace, ciné-roman en 10 épisodes publié
par La Presse, 5e épisode : Une attaque au-
dacieuse. — Pathe-Revue, le magazine de
l'écran. — Gigolette, 4e époque : Rédemp-
tion.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumont-
Act milites . — Zut .. FI ut. chiens savants.
— Pathe-Revue. — Ethel Clayton dans Sur
la Route, comédie dramatique en 4 parties.
— Attraction : Les Polliardis , patineurs. —
Gigolette, grand drame parisien en 4 épo-
ques par Pierre Decourcelle. Mise en scène
de M. A. Pouctal. 4e époque : Rédemption
i3c ARRONDISSEMENT
Gobelins. 66, bis Avenue des Gobelins.
— Pathè-Journal. — La chasse aux]faucons,
documentaire. — L'homme aux trois mas-
ques. 4e épisode : Je me vengerai. — Gigo-
lette, ^ époque : Les dessous de Paris. —
Lui.., cheç lesCow-Boys. comique interprété
par Harold Lloyd.
14e ARRONDISSEMENT
Qaîté. rue de la Gaieté. — Pathè-Journal.
— La chasse aux faucons, documentaire. —
L'Homme aux trois masques. 6e épisode :
La fille du forçat — Gigolette, 3e époque :
Les dessous de Paris. — Lui... cheç les
Cow-boys, comique interprété par Harold
Lloyd."
Orléans-Palace, 100 et 102, boulevard
Jourdan. — Les actualités Patbê. — La
Preuve, drame. — Le Tourbillon, 5e épi-
sode : En plein ciel. — Corrida Royale,
avec Gallilo et Belmonte. — Sur scène :
Douai, chanteur fantaisiste.
Splendide-Cinéma, 3. rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Industrie du
Ri{ en Chine. — Les actualités de Splendide-
Cinéma. — En plein ciel, aventures sensa-
tionnelles, — Le Mentor, comédie drama-
tique avec William Hart. — Les Morts
parlent, grande scène dramatique de Pierre
Morodon, mise en scène de l'auteur, inter-
prété par Lady Nobodv.
Régina-Aubert-Palace, 155, rue de
Rennes. — Aubert-Journal, les actualités
du monde entier. — Papillons, comédie
dramatique avec Léon Mathot. — A travers
la France, par Ardouin Dumazet, auteur du
Voyage en France, couronné par l'Acadé-
mie française :Sisteron. — Eddie Polo dans
Le roi de l'audace, ciné-roman en 10 épi-
sodes publié par La Presse. 2e épisode :
L'escapade miraculeuse. — Gladys Leslie
dans Pluie d'or, comédie dramatique.
i5e ARRONDISSEMENT
Grenelle. 122, rue du théâtre, Pathè-
Journal. — La chasse aux faucons, docu-
mentaire. — L'homme aux trois masques,
(V épisode : La fille du forçat. — Gigolette,
3e époque : Les dessous de Paris. — Lui...
che: les Cow-boys, comique interprété par
Harold Llvod.
IL FAUT VOIR
du 27 Mai au 2 Juin 0
"Corrida Royale"
= avec Gallito et Belmontc =
a ■
■
"Le Mentor"
avec William Hart
■ ■
■
"L'Indomptable'
<t
(•
Chariot Marin"
Douglas for ever"
avec Douglas FairbanKs
■
Ceci n'est pas de la
^ £ publicité ^ £
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
[ m !
Splendide-Cinérna-Palace. 60, avenue Batignolles-Cinéma, 59, ruedelaCon- 18° ARRONDISSEMENT
de la Motte-Pîcquet, Saxe 65-ov M. Messie. damine. — Programme du 27 mai au Théâtre Montmartre cinéma music-
Pathé-JournaL— La Chine et les Chinois, 29 mai. — Pathè-Journal, actualités. — Le hall, place Dancourt et rue d'Orsel at,
documentaire. - L'homme aux trois mas- Cœur et la petite main, comédie gaie jouée Maurice Robert directeur Frank
ques, 6e épisode : La Fille du forçat.- par Peggy Hyland. — La Parure, comédie Mavo> dans l'Indomptable, roman daven-
Rivalitê de Fatty et Picratt, grande scène dramatique d'après Guy de Maupassant. — iures\ /. Cirque de la vertu le film le
comique. — Gigolette, y époque : Les des- Le salut de Fatty.— Programme du 30 mai plus comique de la sajson. V L'Homme aux
sous de Paris. — Les Naufragés du sort, au 2 juin. — Pathé-Journal, actualités. — trois masques 6e épisode • La Fille du forçat
scénario et mise en scène de R. de Chate- Promèthèe banquier, fantaisie dramatique. /(. ticmn d'Atlanta scène comique
[eux, joué par J. Janvier du Théâtre An- interprétée par Sîgnoret. — Tout arrive, Attractions: le désopilant Rastel-Gimm et
toine, Mlle Germaine Delmoy, etc. — comédie jouée par Tom Mix. — Intermède: sa chienne Calzellï et son orchestre
Intermède : Mme de Lilde, phénomène vo- Sélections de Manon, avec le concours de ,, - „. . , -, .
1 \ r u a. /-■ J ■ r> a t mu c ■ 1 vi\ r m c Petit Cinéma. 124, avenue de Saint-
cal. — A 1 orchestre : Girope-Girofla. lous Mlle rerrari.dc 1 Opera-Comique. — M\i- ,. . , , nn , „ . . .
, ,. . , , .. - ■ ■• ■ , , . • - r , ' , . . Ouen. — Autour au ruv-de-Doiue. plein
les jeudis a 2 h. 1/2: matinée spéciale pour batur, premier prix du concours de ténors ■ , .. . '
1 ■■ ■ 1 • /; 1 /" j- *-■ 1 n D- air. — La mariée exigeante, comique. —
la jeunesse. — La semaine prochaine : Un de Lomcedia. — Gigolette, 4e époque : Ke- ,,, , , . . b , ■,, ,
, ■ xr , ,. ' ... , P ,. 7, ,'■ \- • Chariot marin, comique. — L Homme du
drame sous Napoléon, demption. — Le sim>e d Athalie. tou-nre. -, , * A.
„ . ,,. / . . . ..... „. , , silence, drame en quatre parties.
Grand Cinéma Lecourbe, 115, rue Le- Villiers-Cinéma. 21. rue Legendre. — „„ „. XM _ .'
,-^.n-Ko ç-w» r^ 1- / ,<■ ,,i,,f,-,rr\- v,, t-.- *■ o i j u iw i j Ma rcadet-Ciném a-Palace , no, rue
courbe, baxe so-45. — Les naufrages du Direction : Paul de Hermua. — Wiesbaden. .. , . . , , .. ' n . ',
sort, comédie dramatique, interprétée par plein air.- Zigoto dans les carrières, scène Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
Germaine Dermoz et MM. janvier, Fouché comique. - Eclair-Journal, actualités. - <?det "'^ ' ~ L" Paru"> ^med.e drama-
,.t i„.,n 1 ,,,-,n /?„/,/,„ .•'",,,,„.-. ~^,^j,a\0 1 ■ j ;• j ■ • j 11 ^ tiq;;e tirée d une nouvelle de uuv de Mau-
et Jean Loict. — tfobbv s amuse, comédie Le roi de l audace, w épisode : Une atta- ' , ^, .. , . -,,.
- ,m, ,,,a i/ni ,.,■ i<> /•.,,,„,.<■ -eàni^riû. a n 1 -i j passant. — La Châtelaine, comédie senti-
comique, — Voleurs de femmes, / épisode. que audacieuse. — Dans la mut. drame ' . n . , r , ,
cnc„,„i:, r,-,,,, ,„-,,, i' à -t,, ,7,7 -c tv,-./,- m -r 1 j 1 * - 1 mentale avec Bessv Love. — Le Salul de
l.nsexelis. — uaiiiiioiit-Attuatitis — trois avec Norma I almadge. - Intermède: .... À ., , , , ...
maris pour une femme, comédie gaie, avec Jean Casai ha"v- Çp^ique. - Pathe-Journal actualités.
Marguerite Clarcke et Richard Barthelmess, Ternes-Cinéma avenue des Ternes - —Patbc-Revuc- Attraction : Nayarroanâ
Ann-tinn./,P,/-i;,/[,l,nd(»„rt-l,.,n „, Cinéma^ a\ enue ûes leines. ,. partner ongleurs sérieux-comiques. —
— Atti action. Lis PohllY: s dans leurs Utan- Wagram 02-10.— Rome 2* promenade.- Le , ■ 1 ■ 1 j. u a a<
ennnottoc i mile yv -r ° i-i, • ■ j t , • La semaine prochaine : La pocharde, a après
sonnettes Louis XV. Tourbillon, (r épisode: La lutte au sein l fnman A,iM M«„
^ . . .,w. ^ .... . . ,,. -»■.,. , ., V, . , , ... e oman de u es v ai \ .
16e ARRONDISSEMENT des Ilots. — Pathé-Journal, actualités.— „ ... . -, , , , n ,.
, n, 10 t 1 • j j. -j- s*- Barbes Palace. ^4. boulevard Barbes.
Le Régent, 22, rue de Passy. — tour- La cousine de campagne, comédie. — Gim- v, , 0 ro ,7 7 „ . ,
7 • , , . v • t • ; « o ' 1 j j o ■ Nord 35-60. — e/» drame sous Napoléon,
neur sur bois, documentaire. — l soin- 1 soin lette. V époque : Les dessous de Fans. . . , ' .... ., r» 1
, ., , ,, , 2 r. tire du célèbre roman de Conan Uovle. —
lutte, dessins animes. — Un cas de cous- cinéma Demours. 7. rue Demours. >, , D A ■ r ■ "
, ,, , r, 1 ■ v ^. .. r ÎZ ' ,, .. Oncle Bemacen deux époques. ire époque
n,v,v. drame.- M^/,,; /^vr/Vv. comédie Directeur : M. F. Destannes. - £/« W- _ /(, ^^ d- ès ,'a Jouvdle ^ fc
dramatique. - ft^im*. comique „^, ;/ 5w«« Mo»,/ voyage - Lta de MJ assant. _^ L, 5fl/tt/ d, Fdth, dJ_
Mozart-Palace, 49 5,, rue d Auteu.l. ,/».v fn», m^^s 6e épisode : La Fille nicre scène comique du célèbre fantaisiste.
,6e.-PROGRAMMEDU27MAiAU3OMAi.92i: du forçat. - Chariot joue Carmen, 2' epi- _ Lh(mme aux ^ ms> 6e épisode!
Les kloiles du Cinéma. 11e série. — L homme sodé : Souvent femme varie. — hclair- , , c:n„ 1 , l- .--,♦
i , ■ ■ ■ j 1 r--ii i f 7 i- ,t 1 \i 1 La rille un roi^at.
aux trois masques, h- épisode : La rille du Journal, actualités. — Un drame sons Napo- *,*—.,« 11 1
,-,,/.,,,■'.,. ,. , ... , . [ Grand Cinéma Ornano. 43. boulevard
forçat. — Le tailleur facétieux, comique. — leon, grand hlm historique. „ ^. ., ... : ^ , , .,
,, j \t j. i- a u- * ■ ,x» Ornano. Directeur M. Viguier.— Le château
Un drame sous Napoléon, drame historique Royal -Wagram. avenue Wagram. — , e/ • , . , , onH;„ & , • ,. . , .• -,
j , , j /- r. . ,± r-.-, . 1 ■ ,to , de Blois. documentane. — Lw <?< /<? /o;.7,
en 2 époques adapte du oman de Conan Zut étFlut, chiens savants, - La parure. 2, . isode _ U cbute & &„„ ^S ■
Doyle. - &W yo»n„,/. actualités. - comédie dramatique en s parties, d après ^ J comi _ L,, ^„,/oMrs. _ I7y,'
Programme du 31 mai au 2 juin 1921. — a nouvelle de Guy de Maupassant. — . „,/, . m;„„0
n , . < , • ,, „. , ,, , • „ . , .' ,r roisme de Biliv. comique.
Cascades norvégiennes, plein air. — // ;;r Gigolette, 4e époque : Rédemption. — Tou- '
faut pas dire fontaine, interprété par Owen tes les actualités du monde entier par le Palais-Rochechouart. =,(>. boulevard Ro-
Moore. - Gigolette. 4" époque : Rédemp- Pathe-Journal. ch&choxx&n.— Aubert-JournalMs actualités
tii,n Chm-lnt innr Cnrme*i ->e énisodp ■ ± ^ \%r wr du ui( >nde entier. — Eddie Polo dans Le roi
non. — i^odiior loin L.ainnn, 2 episocie, Lutetia-Wagram. avenue Wagram. — , 7. ,
comique. Pathè-Revue, documentaire. - Miss Hope àe l audace cne-roman en .0 épisodes
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue Hampton dans Une Salome moderne, grande lulblle f ar. Lû P'rf.: ?*P™fe : Une *«$
MalakolT- Les Deux Gamines. . .«épisode : scène' dramatique en s actes.Mise en scène fe audacieuse.- L impossible aveu. corne-
La cite des chiffons— William Hart dans de Léonce Perret. - Ethel Clayton dans ^ dramatique interprétée par Harrv
Le Mentor, scène dramatique.-- Le Tour S„r la Roule, comédie dramatique en Morey. - Patbe-Revue le magazine de
du monde d'un gamin de Pans, d'après le 4 parties. _ Le saiut dc Fatty, comique.- eC'"an- ~ ^ff % f T^/ ç //T
rhpf-rl'«>iivr<» Hp I nnîc Hoiisspmrd intpr- 7- , , i -, ■ is ; ' j /• tion. — rattv ArbUCKle. dans Le failli de
cuti a œuvre ut louis noussenaïu. îniti- Gaumout-octitalitcs. — Voleurs de femmes, F
prête par le jeune Fran-e Copelli. — Riva- grand ciné-roman en 12 épisodes! publie ha - ' comRiue-
Utè de Fatty et Fierai 7, fou-rire. par {'Eclair et les grands régionaux. Adap- Grand Cinéma Concert Ramey, 49, rue
17' ARRONDISSEMENT té par P. d'Ivoï et Louis d'Hee. ;<--episode : Ramey (impasse Pers). — Gaiimont-Actua-
Orand Cinéma, 147. avenue de Saint- Ensevelis; lités. — Kneltens, comique. — Les canards
Ouen (près la porte Saint-Ouen). Direc- Le Select. 8, avenue de Clichy. — sauvages, comédie.
teurs-propriétaires : M. Moisset et Cie. — Les monuments à Séville, film documentaire. Gaîté-Parisienne, ^4. boulevard Or-
Le Rêve, grande comédie dramatique. Voleurs de femmes, ciné-roman en 12 épiso- nano. M. Renaut, directeur — Jeu Cruel'y
d'après le chef-d'œuvre d'Emile Zola. — des. publié par l'Eclair et les grands avec Olive Thomas. — Gigolette. 4e epo-
Le Tourbillon, 4e épisode : En plein ciel. — régionaux, 7? épisode: Ensevelis. — Le salut que. — Le Salut de Fatty. comique. —
Chariot papa, comique. — Actualités Pathé- d, Eatty, comique. — Gaumout-actualiles. L'homme aux trois masques, 6« épisode. —
Journal. — Attraction : Les Florestans, — Une Salomè moderne, comédie avec Miss Attraction : Les Giachi, acrobates sauteur^
chanteurs duettistes a transformations. HopeHampton. — Zut et Fini. chiens savants. Nitta Fox, chanteuse fantaisiste.
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
Qaumont-Palace, i. rue Caulaincourt.
— Le fameux artiste acrobate Fred Stone
dans La proie pou y l'ombre, comédie d'aven-
tures. — F.thel Clayton.la gracieuse artiste
dans Sur la rouir, comédie sentimentale.
— Partie de concert avec le célèbre violon-
celliste ./. Holmann. — Fn Tunisie, film
Gaumonten couleurs naturelles. — Le salut
de Fatty, par le gai fantoisiste.
19e ARRONDISSEMENT
Alhambra-Cinéma. 22, boulevard de la
Villette. Directeur-propriétaire, M. Victor
Deunier. — Lavallée de Fiume, documen-
taire. — Bigoruo marie sur commande^
comique. — L'Homme aux trois masques,
4e épisode : Les Remords de Fergus. — Le
Léopard de l'enfant, comédie. — Actualités-
Palbé. — Gigolette. grand drame parisien
en 4 époques, !''<-• époque : Les chansons fil-
mées de G. Lordier.
Secrétan, 7, Avenue Secrétan, Pathé-
Jo/imal. — Palhe-Revue n° 22, documentaire.
L'Homme aux trois masques, 6e épisode : La
tille du forçat. — i.igotcttc, 4e époque:
Rédemption. — Une poule chef les Coqs.
avec Prince.
20= ARRONDISSEMENT
Cinéma (jambetta 14^, avenue Gam-
betta, Paris.— Le Fauve de la Sierra, ior épi-
sode : La Fille du Fauve. — Bill Bockey,
confiseur. — L'homme aux trois masques,
(y- épisode.
Modem-Cinéma. 4. rue Henri Che-
vreau.— Nuages et glaciers, éducation. -
tes eeumeurs du Sud. — La Hantise du
passé, comédie dramatique. - Le célèbre
Albertini dans Cœur généreux, grand
drame d'aventures. — Bigomo garçon de
ferme, fou-rire. — Les chansons filmées de
Lordier, avec chanteur.
Gambetta-Palace, cinéma-théâtre, 6
rue Belgrand (place Gambetta). Roquette
31-74. — Gambetta- Journal, actualités. —
Betsy Love, coméeie. — Le Roi de l'audace,
y épisode : Une attaque audacieuse. —
Intermède : le chanteur Paul Gesky. —
bigolette.y époque: Les dessous de Paris.
Chariot joue Carmen, 2e époque (fini. —
Jeudi 2 Juin. Gala Lyrique : Mam'eelle
Nitouche. avec Dranem.
Cinéma l'Epatant. 4 Boulevard de Bel-
leville. — Une faute de jeunesse. — Le com-
mandant île la Croquiguole. — Nos hâtes
malgré eux. — Mangeons des œufs. — Le
Ranch de la mort, 10e épisode.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-aclualités. — Mar-
guerite de Lamothe dans L'Aveugle de
Twin-Fortb, comédie dramatique en s actes.
— Attraction : Les Damiers, acrobates de
force. — Pathc-Rcvuc, film documentaire.
- Gigolette, 4e époque : Rédemption.
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville.—Charlic Chaplin et Fatty Arbuckle
dans Chariot et Fatty dans le ring. -- Les
joueurs, comédie dramatique interprétée
par Harry Morev et Hélène Ferguson. —
Attraction : Borcet, le vagabond virtuose.
— Eddie Polo dans Le roi de l'audace,
ciné-roman en 10 épisodes publié par La
Presse, y 'épisode: Une attaque audacieuse.
— La Belle dame sans merci, comédie dra-
matique, adaptée et mise en scène par
Mme Germaine Dulac.
Féerique-Cinéma, 146. rue de Belle-
ville. — Pathé-Journal. — Gigolette, 4e épo-
que : Rédemption. — Attraction : Les
Partnor's, jongleurs. — Bessie Barriscale
dans Le vrai coupable, grande scène drama-
tique.
BANLIEUE
Magic-Ciné, 1 bis, rue du Marché (Le-
vallois).Wagram 04-91 . — Gigolette, 2e épo-
que : Amour de Fille. — Fleur des neiges.
comédie dramatique interprétée par Ro-
muald Joubé. — L'homme aux trois masques.
5e épisode : |e me vengerai. — Le chan-
teur comique Carpentier, dans ses der-
nières créations.
Fontenay-Cinéma, 8, rue Boucicaut
(Fontenay-aux-Roses). — Programme du
28 mai au 2c) mai. — Le Maçout . documen-
taire. — La petite Fée de Solbakken, comé-
die en 5 parties. — La crise du logement,
comédie comique. — Les Deux Gamines.
7e épisode.
Bagnolet. — Pathé-Journal. — Pathc-
Rcvuc u" 22, documentaire. — Une poule
ebeç les Coqs, avec Prince. — L'homme air:
trois masques. 6e épisode : La Fille du For-
çat. — Gigolette, 4e époque : Rédemption.
Agéuor le hicu-aime. comique.
Vanves. — Pathé-Journal. — La chasse
aux faucons, documentaire. — /, homme aux
trois masques, 6e épisode : La Fille du For-
çat. — Gigolette, 3e époque : Les dessous
de Paris. — Lui... cher les cow-boys, comi-
que avec Harold Lloyd.
Levallois. — Pathé-Journal. — l'athé-
Revue n" 20, documentaire. — L'homme
aux trois masques, se épisode : )e me ven-
gerai.— Attraction: Paul Dulac, chanteur.
Gigolette. 2= époque : La bataille de la vie.
— Rihadouille oncle d'Amérique, comique.
Montrouge. — Dans les profondeurs de
la mer. — Dandy tient la bonne place, co-
mique.— L'homme aux trois masques, 6° épi-
sode : La Fille du forçat. — Mou/rougc-
acluali/cs. — Les Naufragés du sort, drame.
Clichy. — Pathé-Journal. — Pathè-
Rcvuc u" 22. documentaire. — L'Homme
aux trois masques : <>■ épisode : La Fille du
Forçat. — Gigolette. 4= époque : Rédemp-
tion.— Une poule cbc{ les coqs, avec Prince.
■■■■■■ ••>•■■•■
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
Une Vie de Chien
avec CHARLIE CHAPLIN
DaVid Garrick
avec DUSTIN FARNUM
Le Trésor d'Ame
avec MARY JOHNSON
La Conquête de l'Or
000 avec BESSIE LOVE
Les Frères Corses
avec KRAUSS et ROUSSEL
L'auberge du signe du loup
00 00 00 00
de Th. H. 1NCE
Une Aventure à New- York
avec DOUGLAS FAIR BANKS
M i c k e y 0
avec MABEL NORMAND
Olivier Twist
oo o, avec MARIE DORO
La Dette 0
avec DOROTHY PHILIPPS
Les Corsaires
avec L I L I A N G I S H
«•■■•••••■••■•••■•■■■••••■■•■*•■••■
■■■■■■■••■
cinea
Les Filins d'aujourd'hui
La proie pour l'ombre
Mais non, Mademoiselle, ne faites
pas de cinéma. Allez voir Fred Stone
clans La Proie pour l'Ombre, et
vous constaterez quel sort attend les
malheureux qui n'écoutent pas ce
conseil. !.. L.
aux fées. Les récits qui charment
l'âme britannique, influencée à la fois
par des survivances celtiques que le
dur et précis génie latin a effacées
chez nous, et par l'atmosphère exoti-
que qu'ont importée chez nos voisins
trois siècles de voyages et de com-
merce — ces récits laissent froid ou
ennuient le peuple le plus spirituel
de la terre. Mais la grâce un peu lan-
guissante de Viola Dana désarmera
les sceptiques, qui ne discuteront pas
et se laisseront aller au charme.
L. L.
Sur la route
Ethel Clayton, une automobile, un
forçat qui n'est pas un forçat. . . S'il
pleut, autant aller voir cela qu'autre
chose.
Un drame sous Napoléon
11 faut ou bien ne point faire de
drame historique à grande figura-
tion, ou bien faire les frais de cette
figuration. 11 faut, si l'on s'attaque à
l'histoire de France, ne pas aller
chercher un sujet dans un médiocre
roman d'un médiocre romancier an-
glais. Il ne faut pas écraser de
malheureux comparses sous les noms
de Napoléon, de Savary ou de Lassalle,
et ne pas nous montrer un général de
division, aide de camp de l'Empereur,
allant en personne arrêter un malfai-
teur â la tète de quatre hussards
conduits par un colonel. Si M. Bour-
geois avait évité ces diverses erreurs,
il aurait pu faire un très bon film, et
chacun aura plaisir à voir les marais
où clapotent les cavaliers, les rues
du vieux Boulogne, le moulin au clair
de lune, et certains coins de forêt.
L. L.
La lampe merveilleuse
Après avoir charmé les rêves de
Viola Dana, qui joue le rôle d'une
pauvre petite orpheline recueillie
dans un village d'Irlande, la « Lampe
Merveilleuse » qui n'a que de loin-
tains rapports avec celle que célé-
brait naguère l'amusante féerie de
« Rip », rend une mère à l'enfant
abandonnée et lui donne le bonheur.
Le Français, né malin, ne croit pas
Héritière d'un jour
Jamais la pauvre Olive Thomas n'a
tourné tant de films que depuis sa
mort. Il faut croire, ou bien que les
éditeurs se doublent de médiums, ou
bien plutôt qu'ils ont acquis la ma-
chine à remonter le temps de Wells,
et s'en servent pour nous faire assister
aux débuts photogéniques de la jolie
actrice, et nous ramener peut-être
au temps où elle dansait, fraîche et
jolie choriste, dans ce séminaire de
l'art que représentent les Folies Zieg-
feld.
Pour composer ce film on a pris un
conte de O. Henry, un conte bref et
pénétrant, fier, tendre et mélancoli-
que ; on en a enlevé la vie intérieure,
la fierté, la tendresse, la mélancolie
et la brièveté. L'héritière sous con-
dition qui dépense l'héritage sans
savoir qu'elle sera obligée de le ren-
dre et n'est sauvée de la ruine que
par l'opportune éviction du traître
ne représente pas une donnée très
nouvelle.
Il paraît que les films américains
sont essentiellement moraux. On veut
bien nous annoncer, à un moment
donné, que Grâce et George sont ma-
riés et nous constatons, en effet, qu'ils
sortent du même lit. Mais, à la vérité,
la manière dont ils se tenaient
nous laissait supposer qu'ils l'étaient
depuis longtemps. L. L.
Chevalier nocturne
Ce chevalier, c'est George Walsh,
qui, naturellement sauve l'innocence,
confond le crime et trouve le bonheur.
Et il fait tout cela avec cette aisance
souriante qui fait que, si voisin qu'il
soit de Douglas Fairbanks, il conserve
malgré tout sa plaisante et sympa-
thique personnalité. L. L.
*
Une Salomé moderne
Comme tant d'autres, M. Léonce
Perret a cédé à la tentation d'accro-
cher un drame moderne à quelqu'un
des sujets éternels de la littérature et
de démontrer ainsi que tout est dans
tout, ou, comme dit le mexicain que,
en todas partes se eueeen habas.
Ici la similitude est assez superfi-
cielle. Si Mrs Vandam, surprise pat-
son mari en tête-à-tête avec deux
hommes dont l'un essayait de la
violer et l'autre de la défendre, accuse
ce dernier, ce n'est point parce qu'elle
l'aimait et qu'il a repoussé son amour,
c'est parce que l'autre possède des
lettres compromettantes. Mrs Van-
dam est une Salomé â la manque.
Aucun développement psychologique
cinea
LILLIAN GISH
L'illustre interprète du Lys Brise parut déjà en France dans de beaux films de la Triangle : Les Corsaires, Le Lys
et la Rose. La Chimère de Su {ou. on la vit trop peu dans Le Pauvre Amour et vous la reverrez d'ici peu de
jours dans Le Roman de la Vallée Heureuse, où 1). W. Griffith fut une fois de plus son puissant animateur.
cS
cinea
d'ailleurs sur la naissance et le déve-
loppement de son amoui' pour Tor-
rance ; peut-être y a-t-il eu là des
coups de ciseaux. La scène où, dans
son délire, elle évoque son homonyme
asmonéenne, se voit dansant devant
llérode pour obtenir la tête de Joka-
naan-Torrance est ingénieusement
amenée, mais l'atmosphère du drame
est trop sèche pour qu'elle produise
son effet.
Miss Mope Ilampton a aussi peu
que possible le physique de l'emploi,
et sa danse l'ait songer à celle des
cantatrices qui, dans la pièce de
Strauss, refusaient de confier les sept
voiles à une doublure. Elle revêt suc-
cessivement trente ou trente-cinq
costumes différents, costume de bain,
maillot de danseuse, robes de bal
(sept ou huit), pyjama, peignoir, tea
gown. avec coiffures assorties, et
accomplit les grimaces tradition-
nelles aux endroits pathétiques. Le
drame est également revêtu de tous
les effets que comporte le cinéma :
Danses, neige, feuilles qui tombent,
luttes (deux ou trois, toujours la
même), fête de nuit (fort réussie),
viol avec épaule, bassins avec jet
d'eau, strangulation avec tête retour-
née et cheveux épars (et tout cela est
à elle, ma chère î) ; enfants munis
d'abord d'un balai plus grand qu'eux,
puis en larmes implorant la pitié de
leur mère ; restaurants de nuit avec
danseuses ; ateliers de peintres (sans
modèles ; pourquoi ?) tête ébouriffée
s'eneadrant entre les feuillages, etc.,
etc. Trois ou quatre fois — par exem-
ple du moment où s'éteint le feu d'ar-
tifice — cette riche orchestration
habille quelque chose, correspond à
l'expression dramatique ; mais en
regardant ce spectacle si profits, si
varié, et nullement ennuyeux, on
sent l'auteur tellement plus préoc-
cupé de démontrer sa virtuosité
technique que de l'histoire elle même
qu'on croirait être dupe en se laissant
émouvoir. L. L.
Trois choses ne changent jamais :
la vie, l'amour, la mort; l'héroïne de
ce beau film en fait la triste expé-
rience : après avoir été une gaie
jeune fille heureuse de vivre, inno-
cente, souffre par l'amour qu'elle
avoue à un beau peintre qui ne voit
en elle qu'un modèle intéressant ;
puis, ne pouvant survivre à son
amour, elle meurt. Comme vous
voyez, le scénario est assez simple
et banal, mais M. Maurice Elvey ne
MARCEL LEVESQUE
le Cocantin et le Serpentin délicieux
de l'écran, le vif comédien de la scène,
écrit pour Cinèa de nouvelles pages
d'humour et d'esthétiquecinégrapnique
La vie . l'Amour la Mort
Drame de Marie Corelli, adaptè*par
Maurice Elvey
saurait rien faire de banal et le sujet
le plus mince passant par ses mains
donne un film si bien joué, émaillé
de tant de jolis détails et de trou-
vailles si originales que jamais il ne
fatigue, ni ennuie. Comme dans tous
les films de cette série, la photo est
superbe et Miss Madge Stuart joue à
ravir le principal rôle.
Henriette Janne.
La parure
Tiré d'une nouvelle de Guy de Mau-
passant. Je reprocherai d'abord au
sujet deux invraisemblances bien
difficiles à avaler. 1 Une parure per-
due dans de telles circonstances que
la retrouver n'aurait dû être qu'un
jeu. 2 Une femme ne porte pas pen-
dant dix ans une parure sans s'aper-
cevoir que des diamants faux ont été
remplacés par des vrais. A part cela,
le sujet est attachant, original; c'est
joué peut-être un peu froidement (il
est vrai que c'est un film Anglais),
la mise en scène est exacte.
Henrikttk Janne
Lui... chez les Cow-Boys.
On retrouve dans cette comédie
rapide, bien composée, toute la fan-
taisie de Harold Lloyd. 11 s'agit ici
d'une parodie des films du Far-West.
Harold Lloyd en caricature aler-
tement les héros. Il est lui-même le
héros de l'aventure en qui se résu-
ment toutes les aventures de la prai-
rie. C'est très intelligent, trop intel-
ligent. On voudrait un peu de cette
émotion profonde par quoi un Char-
lot soulève notre angoisse sous des
rires. Sachons gré, néanmoins, à
Harold Lloyd de sa façon d'exprimer
le pittoresque.de sa fantaisie vivante,
directe et de son originalité.
Une poule chez les « Coq »,
D'après le vaudeville de MM. Orsini
et Delrue.
Nous avons vu cela au Palais-
Royal, au Théâtre Cluny, a Déjazet,
ou ailleurs... C'était peut-être drôle.
Ça n'est plus à l'écran qu'une niaise-
rie, que la niaiserie de Prince-Rigadin
porte à son paroxysme.
LÉON MOUSSINAC
Il
cinea
William
Shakespeare
HART
Naquit à Newburgh (Etat de New-
York), le 6 décembre 1876, de père
anglais et mère irlandaise. Son en-
fance s'écoula dans un ranch du
Dakota. Entra, à 18 ans, à l'Ecole
Militaire de West-Point. Abandonna
la carrière des armes pour le théâtre,
où il parut dans « Hamlet » — « The
Barrier » — « Roméo et Juliette » —
« The Squaw Man » — « The Virgi-
nian », etc. Vint au cinéma en 1914,
sous la direction de Thomas H. Ince.
SES FILMS
New- York Motion Picture C
(direction Th. H. Ince). . .
he Barqdin. T^ L**t
The Bargdin. îk Ut ^
Cash Parrish's Pal. i^ljf
Tools of Providence. J JL. , i]>f
Keno Bâtes, Liar. **}/ /?/f
t^The Ruse. JtJLj,%-
ivr
l<\tÇ
Upholding the Law (Le Shérif) av.
Louise Glaum.
The Return of Draw Egan.
The Devil's Double av. Enid Markey.
The Square De al Man.
The Arijan (Pour sauver sa Race)
av. Louise Glaum.
Wolf Lowry (La vengeance de Jim).
Truthfull Tulliver (Les Indésirables)
avec A. Rubens. lf/j
The G un Fighter.
The Désert Man (La Cité du Déses-
poir) av. M. Wilson.
Paramount- Artcraft (supervi-
sion Th. H. Ince) (septembre 1917 à
octobre 1919).
The WolHfes of the Rail (A l'affût du
Rail) avec Vola Vale.
The Silent Man (Le Droit d'Asile) av.
Vola Vale. >V7
The Xarrow Trail (La Révélation)
av. Sylvia Breamer. Scénario de
W. S. Hart.
Blue Blazes Rawden (L'Homme aux "/
yeux clairs) av. Maud George. Scé-
nario de J. G. Hawks. FaJt>, i<nf
The Tiger Man (Le Tigre humain) /
av. Jane Novak.
Sel/ish Yates (L'Etincelle) av. Jane y
Novak. Scénario de C. Gardner
Sullivan.
The Moneij Corral (Le Gardien de
Nuit) av. Jane Novak. Scénario de
W. S. Hart.
Shark Monroë (Un Eorban) avec y
Katherine Mac Donald. Scénario de
C. Gardner Sullivan.
y Riddle Gawne (Le Vengeur) avec ^
Katerine Mac Donald. Scénario de
Charles Allen Seltzer.
The Border Wireless (Le Message y
s/ Secret) avec Wanda Hawley.
i/Pinto Ben.
Bad Buek of Santa Ynez. lW/jT
Tahing of LuHc M(ïcr\Tane.hf>J^,t'^m
rThe Roughneek. Af\'£, 'i/f
^The Man from Noivhere. ^w**-, tcl>*'
KMr.Silent Hawkins. *&■ , <ïf
The Grudge. Fijr, i\'f
SThe Passing of Tivo Gun Hicks. Rk.,%
In the Sage Brush Countru. I7.cc, (J/y
Conversion of Frostij Blake.
rit. WU Hw**. '«J n«JLmt lift
The Scourije of the Désert. •!•*.,'?'*"
Y~-°J+Ï \ »* Tj^ul* TU. P^jitOH llm
Triangle Keystone (direction
Th. H. Ince).
The Disciple avec Dorothy Dalton. *
Ilell's Ilingcs (Le Justicier) avec
Louise Glaum.
The Daiv Maker av. Blanche White.
The Patriot av. Dorothy Dalton.
/The Apostle of Vengeance,
Betivecn Man (Les Loups) av. Enid
Markey.
The Captive God (Le Dieu Captif)
avec E. Markey.
10
cinea
/.
Bvanding Broadway (Le Mentor av.
SeenaOwen. Scénario de C. Gardner
Sullivan.
]/ Breed of Mon (Le Shérif Carmody)
av. Seena Owen. Seenario de J. G.
i Havvks.
v The Pop pi] Girl'fi Husband (non
édité iei) av. Juanita llansen. Sce-
v nario de C. Gardner Sullivan.
y Square Deal Satuierson (Le Frère
inconnu) av, Ann Little. Seenario
de Charles Alden Seltzer.
Wagon Tracks (La Caravane) avec
Jane Xovak. Scénario de C. Gardner
Sullivan.
John Petlicoats (non édité iei) avec
Winifred Westower. Scénario de
C. G. Sullivan.
Hart Artcraft (direction Lambert
Hillyer) (avril I<I20 à avril 1921).
The Toll date avec Anna Q. Nilsson.
Scénario W. S. Hart et L. Hillyer. i*|to
Sand avec Mary Thurman. Seenario
île Russell A, Bogers lll-o
y.
The Cradle of Courage avec Ann
Little. Scénario de Fred Bradbury.
The Testing Bloek avec Eva Xovak.
Scénario de W. S. Hart. )f\z»
O Malleg of the Mounted avec Eva
Novak. Scénario W. Hart.
The Whistle avec Myrtle Stedman.
Seenario W. Hart.
Travelling On avec Vola Vale. Scé-
nario W. Hart.
Depuis son contrat arrivé à expi-
ration, Hart a manifesté l'intention
de se retirer de l'écran pour écrire
des romans d'aventures destinés à la
jeunesse.
Ajoutons qu'il a les yeux bleus, la
chevelure châtain, mesure l m. 88 et
pèse 82 kilos.
Fidèle à ses nombreuses admira-
trices \Y. S. Hart est resté célibataire.
Adresse :
William S. Hart
Corner of Hâtes and Effie Streets
Hollywood (California U. S. A.)
Pall Mail
Miss Pearl Wliite dans un
sketch
Au bal blanc et noir donné au théâ-
tre des Champs-Elysées, par M. Jac-
ques Hebertot miss Pearl YVhite
parut dans un sketch de M. Camille
de Rhynal, dont voici le sujet :
« Quatre noirs en caleçon blanc
(effet d'éclairage), apportent sur le
ring une malle close qui s'ouvre brus-
quement, après quelques soubresauts
et d'où l'on voit sortir, en se contor-
sionnant sur le sol, la célèbre artiste,
vêtue de blanc et noir, ligottée et les
yeux bandes. Elle parvient â se dé-
faire de ses liens et arrache son ban-
deau. Mais un bandit masqué de noir
aux dents blanches (effet d'éclairage)
surgit, revolver au poing. Scène ter-
rible où miss Pearl White emploie
tour â tour le charme et la violence,
celle-ci surtout, au grand dam de son
partenaire, M. Gaston Gerh's, de la
Gaîté-Rochechouart. Soudain, de la
salle, l'auteur, M. Camille de Rhynal,
intervient : « Voyons miss Pearl
White, un peu plus d'expression. Vous
ne savez donc pas votre métier? Et
vous, le bandit, vous avez touché
dix sept francs cinquante pour vous
faire casser la figure. Allez-y donc. »
Et l'héroïne, énergiment,« en remet ».
Knock out. »
•
Aux studios de Join ville
M. Protozanotf a commencé pour
les films Thiemann la réalisation de
Pour une nuit d'amour, d'après
Emile Zola, avec Van Daële dans le
principal rôle.
•
Après El Dorado, voici L'Infante
à la rose, qui appelle à la rescousse
les somptueux décors de l'Alhambra
de Grenade. M. Henry Houry est le
metteur en scène du roman de Ga-
brielle Réval, dont la protagoniste
sera Gabrielle Dorziat.
•
En Allemagne
La maison d'importation et d'ex-
portation de films Otto Dederscheck,
Berlin, parait sur le marché avec une
quantité de nouveaux films. M. De-
derschek procédera â un agrandis-
sement considérable de sa firme et
pour ce but installera des succur-
sales dans toutes les places commer-
ciales d'importance.
Twl>^»«k ,/US*
cinea
11
M
NOTES
JT
Voici que les films français sont de
plus en plus jolis.
C'est très ennuyeux.
Ne criez pas au paradoxe et com-
parez sincèrement cette production
contemporaine dont vous êtes si fiers
à l'ancienne série de nos comédies
cinématographiques d'avant-guerre.
Ce musée des horreurs, quasi oublié
maintenant, c'était plus près du bon
chemin que les « chefs-d'œuvre »
d'aujourd'hui. Sans ambition sé-
rieuse, sans adresse et sans travail
respectable, les monstres de naguère
tendaient pourtant à intéresser la
foule, et trouvaient dans leur simpli-
cité des formules directes, presque
justes, qui, développées et humani-
sées, pouvaient établir la personna-
lité de notre race dans l'art du cinéma.
Malheureusement, cette époque de la
pellicule comportait une part d'er-
reurs dans laquelle on s'obstina, et
quand éclata mondialement — en
pleine guerre — la preuve de notre
infériorité, la révolution trop brus-
que amena l'anarchie du genre.
Toutes les tendances, toutes les imi-
tations s'implantèrent. Les films rus-
ses, anglais, italiens, américains ser-
virent tour a tour de modèles. Aucun
ne fut dans la mesure où il le fallait,
aimé ou tenu à l'écart.
Actuellement sévit le plus grossier
pastiche de la cinégraphie améri-
caine. Remarquable en elle-même et
incomparable jusqu'à nouvel ordre,
elle devait servir de modèle, d'ensei-
gnement, de conseil. On la décalque.
Que devient dans cette copie niaise
le sentiment vigoureux des Ince,
des Griffîth, des Fitz Maurice et l'art
des interprètes qu'ils ont modelés et
animés ?
La hantise de la perfection techni-
que est la pire maladie que pouvait
craindre le film français, si handicapé
par ailleurs. On songe au studio, à la
photographie, à l'émulsion de la pel-
licule, à la chimie du maquillage, à
bien d'autres choses, et ce serait très
bien, mais on ne songe qu'à cela et on
oublie que ces outils de constructeur
ne sont intéressants que si l'on a
quelque chose à construire.
La prétention ne manque pas chez
nos metteurs en scène qui tous sont
certains d'être des auteurs. Sur quels
sommets éblouissants s'égarent-ils V
Dès qu'ils sont à l'œuvre, ils dispa-
raissent et nous ne savons plus rien
d'eux et de leur pensée, si tant est
qu'ils en aient une. « C'est le génie »,
disent-ils, comme dans le Midi on dit
pour s'excuser de tout : « Té, c'est le
trctcassin I » Du génie V Du génie ?
Ils ne savent pas lire. Ils se déclarent
poètes, et le prouvent en nous pro-
menant inlassablement parmi d'har-
monieux paradis à jamais déserts.
J'aime mieux en somme la fran-
chise du cinéma italien qui compose
d'impeccables cartes postales (en
couleurs aussi, cela ne tardera pas),
mais qui ne dédaigne pas d'intéresser
le spectateur à ce qui se passe dans
ces cartes postales. A défaut de l'art
américain, que l'on s'en tienne donc,
ici, aux séduisantes bonhomies du
film latin.
Mais que dis-je ? La technique amé-
ricaine domine tout Je vous dis que
nos meilleurs films, ceux du moins
qui nous ont fait croire au progrès
national dans cet art universel, sont
uniquement la jonglerie froide et
raffinée de la grande « manière » des
transatlantiques. Imitation aussi
vaine que totale. Ce n'est pas de là
que sortira une idée française. Ni de
ces huit ou dix artificiers savants, ni
de leurs innombrables disciples ingé-
nus. Il y aurait d'amusantes choses
à conter sur ceux qui emploient les
trucs à tort et à travers. Les caches,
les fondus, les surimpressions, les
décentrations d'iris, l'ouverture et la
fermeture de l'œil-de-chat, tout cela
est si amusant, n'est-ce pas ? Alors,
sans raison autre que déraisonner
copieusement, nos as font évanouir
l'image du héros au milien d'une
scène, ferment moelleusement l'iris
sur un détail insignifiant que rien
n'incitait à isoler, casent au lointain
le plus lilliputien des actes émouvants
et transforment en « premier plan «
gigantesque le visage morne de la
jeune première qui transpire sous le
maquillage. Cela se voit tous les
jours. Cela c'est la grande pitié du
cinéma de France.
Oubliez donc cette science étran-
gère dont vous ne savez pas vous
servir. Ayez une pensée, une idée, un
scénario à la rigueur, et vous trou-
verez ensuite la façon de l'exprimer.
Vous ne pouvez pas ne pas la trou-
ver. Vous aurez peut-être même la
chance de découvrir une forme ori-
ginale. Cela vaudra mieux que de
parodier ce que vous ne comprenez
pas, ce génie d'autrui qui vous va
comme un gibus et des escarpins à
un roi nègre tout nu.
•
Joachim Gccsc/uet. — Le poète Joa-
chim Gasquet qui vient de mourir
était un homme. Il avait un rythme
en lui qui faisait penser à Lamarti-
ne. Il se sentait tellement Français!
Mais son meilleur poème n'était-ce
pas lui-même ?
Ne le cherchez pas dans ce qu'il
a signé. Trouvez-le dans ce qu'il a
suscité. Des littérateurs, des pein-
tres, des comédiens sont nés de son
enthousiasme. Ce tribun d'Ingres
et de Cézanne reconnut, révéla et
parfois inventa de jeunes talents.
Le Salon d'Automne lui doit beau-
coup.
Son épique ronde à travers la
peinture le conduisit un jour à la
peinture animée. Il comprit. Il
aima. Il commença à batailler. A
la cohorte, maintenant forte et
nombreuse, des intellectuels ciné-
philes, il apporta son loyalisme de
Gaulois provençal et son âme de
chef. Animateur, il eût créé là
aussi. Je me souviens d'un soir où
il évoqua tant de possibilités du
blanc et noir. Il y avait avec nous
l'admirable peintre Fauconnet que
son art synthétique menait peu à
peu à l'écran. Fauconnet est mort.
Gasquet est mort.
11 préparait joyeusement une tra-
gédie qui devait s'appeler : Le Sou-
rire Ecrasé. Et cela peut servir de
titre à cette fin de poète : Le Sourire
Ecrasé... #
Metteur en scène, si j'ose m'exprimer
ainsi, est une laide expression.
Mais Canudo se trompe en nous
offrant écraniste.
Je n'ose insister pour lui propo-
ser cinéaste, qui me plait.
J'aimerais aussi qu'on adoptât,
pour préciserle rôlede ces artisans,
le terme: tourneur. Mais beaucoup
de cinégraphistes français ne sup-
portent pas qu'un de leurs aines
s'appelle tourneur et ait réussi
mondialement, via New-York.
Louis Delluc.
12
cinea
UNE TÉNÉBREUSE AFFAIRE
Composition cinégraphique
d'après le roman de Balzac
A Madame Eve Francis.
Liste des décors
Plein air
i . — Une route couverte de neige dominée par de hautes
montagnes.
ii. — Un coin de la forêt de Nodesme (le même, neige),
ni. — Un autre coin de la forêt de Nodesme, avec un
étang.
iv. — Un troisième coin de la forêt.
v. — Un quatrième coin avec un épais fourré donnant
sur l'étang.
vi. — Haute futaie.
\ ii. — Une allée de la forêt sous la neige,
vu a. — Une crête à l'orée de la forêt,
vin. — Une route sous bois, au bord de la Marne, près
de Lagny.
vin a. — Un coin de paysage, près de Cinq Cygne.
vin b. — Un autre coin de paysage,
vin c. — Une clairière dans une forêt.
vin (/. — Fourrés donnant sur l'ouverture d'une cachette
(le même, neige).
îx. — Un camp de l'armée de Condé.
x. - - Le champ de bataille de Sommosierra.
xi. — Le champ de bataille de la Moskowa.
xu. — Une route au bord de la Saale.
xni. — Sur le plateau, devant léna.
xiv. — Même paysage au soir.
Architecture et paysages
xv. — Hôtel de la Police générale : la voûte d'entrée,
xvi. -- Rues de Paris (la rentrée de Bonaparte après
Marengo).
xvn. -- Parc de Gondreville : devant le pavillon du
garde.
xviii. — Parc de Gondreville : une grande allée d'arbres.
\ix. — Parc de Gondreville : une pelouse.
xix <•«. — Parc de Gondreville : le perron du château,
xx. - Château de Cinq Cygne, vu de loin,
xxi. — Château de Cinq Cygne: la brèche,
xxn. - Château de Cinq Cygne : la grille.
nu nous demande de préciser — à propos de notre Concours de Scénarios — ce que
nous entendons par le style cinégraphiqve. Rien ne vaut l'exemple. Kl nous allons
publier quelques scénarios français de valeur. Celui-ci est inédii. Nous ne recomman-
dons pas les adaptations de romans, mais ceux qui oui encore beaucoup ;i apprendre se
rendront mieux compte de la difllculté et du goùl que demande ri' qu'où appelle uu
n découpage »,
XXIII.
neige),
xxin a.
XXIV.
xxv.
XXVI.
rieures.
XXVII.
rieures.
XXVIII.
générale
xxix .
xxx.
XXXI.
XXXII.
XXXIII.
XXXIV.
XXXV.
XXXVI.
XXXVII.
XXXVIII.
salon,
xxxix.
XI,.
Raison.)
XI.I.
XI, II.
xi.m.
XI.IV.
XI, V.
XI. VI.
xi, VII.
XI, VIII.
XI. IX.
1,1.
[.II.
nient de
Château de Cinq Cygne : le perron (le même,
Parc de Cinq Cygne : une allée tournante.
Parc de Cinq Cygne : un coin.
- Sur le plateau devant Jéna : une chaumière.
Intérieurs
— Le grand salon de l'Hôtel des Relations exté-
- Un petit salon de l'Hôtel des Relations exté-
— Le cabinet de Fouché à l'Hôtel de la Police
- Le cabinet de Talleyrand.
— L'intérieur d'une chaumière, près d'Iéna.
— Le cabinet du sous-préfet d'Arcis.
— Notre-Dame (le tableau du Sacre de Napoléon).
— La salle des Assises à Troyes.
— Les caves de l'hôtel de Malin à Paris.
— Une cave obscure.
- Une seconde cave où se trouve une imprimerie.
— Une salle voûtée fermée par une grille.
— L'hôtel du marquis de Chargebœuf, à Troyes;
- Le club des Jacobins d'Arcis.
— Une église désaffectée Cortège de la Déesse
— Le vestibule de la prison de Troyes.
— Cellule de la prison de Troyes.
— Autre cellule de la prison de Troyes.
— Château de Cinq Cygne : le vestibule.
— Château de Cinq Cygne : le salon.
— Château de Cinq Cygne : la salle â manger.
— Château de Cinq Cygne : autre pièce.
— Château de Cinq Cygne: le logement de Michu.
— Château de Cinq Cjgne : les caves.
— Château de Gondreville : le salon.
— Château de Gondreville : l'intérieur du logc-
Michu.
i « 1800 ».
2) Une route couverte de neige, dominée par de hautes
montagnes I). Tandis que des soldats conduisent des che-
vaux, les tirant par la bride, d'autres, attelés â des cordes,
baient des canons enfermés dans des troncs d'arbres évidés.
Bonaparte passe, enveloppé dans un grand manteau.
cinea
13
3) « Bonaparte franchit le Saint-Bernard pour aller
secourir Masséna assiégé dans Gènes. »
41 Le grand salon de l'hôtel des Relations Extérieures
(xxvi). Riche ameublement officiel. Tables de jeu, conver-
sation. Un homme maigre, pâle, à la physionomie inquiète,
se lève.
5) « Le citoyen Fouché, ci-devant oratorien, ministre de
la Police générale. »
6) (xxvi) Fouché fait signe à un autre homme qui se lève
et le suit. Celui-ci est élégamment vêtu, de mine aristocra-
tique; il boite légèrement.
7) « Le citoyen Talleyrand, ci -devant évêque d'Autun,
ministre des Relations Extérieures. »
8) (xxvi) Fouché et Talleyrand se dirigent vers une
petite porte; un troisième personnage qui était debout,
adossé au mur, les suit d'un mouvement presque imper-
ceptible.
9) « Le citoyen Sieyès, ci-devant abbé, ex- consul. »
10) (xxvi). Un groupe suit le mouvement avec curiosité.
Le centre de ce groupe est un petit homme, froid et sévère,
d'allure militaire.
11) « Le citoyen Carnot, ministre de la guerre ».
12) (xxvi). Carnot (premier plan).
i3) « Je crains le brelan des prêtres ».
i4) (xxvi). Carnot se dirige sans hâte vers la petite porte.
i5) (xxvn). Un petit salon; porte vitrée fermée. Fouché,
Talleyrand, Sieyès sont réunis. X'ne ombre se profile sur
les vitres, la porte s'ouvre. Carnot entre. Talleyrand ferme
la porte, pousse le verrou.
16) (xxvn). Sieyès (premier plan).
17) « Et que comptez-vous faire si Bonaparte est vaincu?»
18) xxvn). Carnot premier plan!.
19) « Il sera vainqueur. On peut tout attendre de cet
homme. »
20) (xxvn). D'un coin obscur surgit un cinquième per-
sonnage qui se relève à demi du fauteuil où il était assis.
21) « Le citoyen Malin, ex-conventionnel. »
22) (xxvn). Malin premier plan).
23) « Soyons francs : s'il est vainqueur, nous l'adorerons;
s'il est vaincu, nous l'enterrerons.
24) (xxvn). Carnot.
25) « Vous étiez là, Malin? Soyez des nôtres. »
26) (xxvn . Fouché.
27) « Nous devons être prêts à toute éventualité. 11 faut
que du jour au lendemain nous puissions constituer un nou-
veau directoire. »
28) (xxvn) Sieyès, avec un geste circulaire.
29) « Justement nous sommes cinq. »
30) (xxvn). Fouché.
3i) « Méfions -nous de Lucien Bonaparte. »
32) (xxvn). Sieyès fait signe de se taire. Une ombre appa-
raît sur la porte; Sieyès va doucement dégager le verrou.
La porte s'ouvre, entre Lucien Bonaparte.
33) « Bonnes nouvelles, Messieurs ! Mon frère vient de
remporter une première victoire à Montebello. »
34) (xxvn). Carnot.
35) « La bataille décisive va se livrer bientôt. »
39) (xxvn). Lucien et Carnot continuent à causer, les
autres s'éloignent.
37) « Comment l'on prépare un coup d'Etat. »
38 (xxxv). Une cave obscure. Fouché et Malin entrent,
Malin portant une lanterne sourde.
39) (xxxvi). Ils passent dans une seconde pièce où un
homme barbu, en carmagnole, travaille devant une presse,
il tire une épreuve d'une affiche et la passe aux deux
hommes. Ils la regardent, signalent une faute. L'imprimeur
corrige, tire une seconde épreuve. Malin déploie l'affiche.
40) « Citoyens,
« La patrie est en danger. La situation réclame une
énergie toute révolutionnaire.
« Un nouveau gouvernement, composé de républicains
éprouvés, vient de se constituer. Le général factieux qui
avait usurpé le pouvoir.
41) (xxxvi). Les deux hommes regardent l'affiche d'un
air approbateur; ils passent à la fin.
42 « Vive la France ! Vive la Révolution!
Les membres du Directoire exécutif
Carnot, Fouché, Malin, Sieyès, Talleyrand. »
43) « Tous ces préparatifs étaient terminés quand par-
vint... »
44) Un pigeon voyageur.
45) «... la nouvelle de la victoire de Marengo. »
46) (xxxiv). Malin cachant les ballots d'affiches dans
ses caves.
47) « Et tandis que les ballots d'affiches, désormais
inutiles, s'entassaient dans les caves de Malin ».
48) (xvi). Le retour triomphal de Bonaparte à Paris.
49) « i8o3. »
50) (u). Un coin de la forêt de Nodesme. Demi-jour. Une
amazone passe sous bois, saute un arbre couché à terre.
5i) « Laurence de Cinq-Cygne. »
52) (m) Laurence s'arrête, écoute, regarde. Son regard
tombe sur un petit étang.
53) (m). Laurence (premier plan) penchée sur le cou de
son cheval, et regardant l'eau où se reflètent les branches
des arbres.
54) (iv). Autre partie de la forêt. Arrêtés chacun d'un
côté d'un arbre, deux cavaliers observent.
55) « Paul et Marie de Simeuse, après avoir émigré et
combattu à l'armée de Condé. . . »
56) (vi). Ils passent à travers bois, à petite allure.
57) «... reviennent en France pour prendre part au coup
de main organisé par MM. de Polignac et de Rivière... »
58) (v). Arrivés devant un épais fourré ils mettent pied
à terre, regardent sous les branchages bas. Dans l'eau, par
reflexion, ils voient Laurence, immobile sur sa selle.
59) « ... et recevoir les instructions que doit leur trans-
mettre leur cousine Laurence de Cinq Cygne. »
60) (in). Laurence voit à son tour, par reflexion dans
l'eau, ses cousins. Elle leur fait un signe et part pour les
rejoindre.
61) « Elle retrouve, avec ses cousins, Robert et Adrien
d'Hauteserre, les fils de son tuteur. »
62) (vil. Haute futaie. Laurence à cheval entre les deux
Simeuse, causant tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, et se
retournant parfois pour adresser un sourire ou un mot
aimable à l'un des d'Hauteserre.
li
14
cinea
63) « Les deux Simeuse, qui depuis dis ans vivent avec
le souvenir et l'image de leur cousine...
64) 1 ix). Au bivouac de L'armée de Condé. Les deux frères,
devant un feu, ouvrent et regardent un médaillon.
1)3) « ... l'aiment sans qu'elle ait jamais voulu préférer
un des deux. »
(!(!) (vi). Les deux Simeuse, encadrant Laurence premier
plan). L'un parle :
67 « Eli bien, ma cousine, avez -vous cboisi entre nous
deux ? »
68) (vu. Laurence les regarde tous deux (premier plan).
69) « Quand l'usurpateur aura été renversé, quand le roi
sera rétabli sur son trône, je pourrai songer à cela ! »
70) (vi). Les deux Simeuse continuent. Laurence s'ar-
rête, est rejointe par les deux d'Hauteserre, qui l'enca-
drent.
71) « Messieurs d'Hauteserre, votre père et votre mère
ignorent que vous êtes si près d'eux ce soir. »
72) (vi). Signe approbatif des deux jeunes gens. Tandis
que les Simeuse, l'air morne, précèdent, Laurence continue
son cbemin entre les deux d'Hauteserre.
-'■S ) (xvn). Devant le pavillon du garde, Micbu nettoie
sa carabine pendant que sa femme et sa belle-mère le regar-
dent avec une inquiétude mal dissimulée. Le cbien est couché
au soleil, le museau posé sur les pattes allongées.
74) « Micbu, régisseur du domaine de Gondreville, confis-
qué sur les Simeuse, et racheté par Malin, ex-conventionnel,
conseiller d'Etat. »
75) xvn). Micbu charge sa carabine avec soin (premier
plan).
76) « Ancien Président du Club des Jacobins d'Arcis... »
77 (xxxix). La séance du Club.
78) «... Micbu a épousé la fille d'un autre jacobin, Pré-
sident du Tribunal Révolutionnaire. »
7<j) (xvn). Marthe Micbu, assise sur sa chaise (premier
plan) .
80) « ... qui, sur l'ordre de son père, avait figuré, dans
les cortèges républicains, la déesse Raison. »
81) (xl). La fête de la déesse Raison.
82) (xi.). Marthe Michu en déesse Raison (premier plan).
83) (xvn). Marthe Micbu, visiblement angoissée :
84) « Tu veux tuer des chevreuils, Michu? »
85) (xvn). Michu.
86) « Non, mais un loup-cervier que je ne veux pas man-
quer. »
87) (xvn). Le chien se dresse sur ses pattes et aboie.
Michu passe la carabine à sa femme qui la met derrière
son dos.
Entrent Corentin et Peyrade. Corentin :
88) « Ne sommes-nous pas à Gondreville? »
89) (xvn). Michu répond d'un signe de lête.
90) « Le château est-il loin ? »
91) (xvn). Signe négatif de Michu.
92) « De quel côté? »
93 (xvn . (Sieste du bras.
94) « M. le Conseiller d'Etat Malin est-il à Gondreville ? »
95) (xvn). Signe affirmatif de Michu. Peyrade regardant
Marthe :
96) « Et pourquoi cachez-vous cette carabine, la belle
enfant? »
97) (xvn). Corentin, à Micbu.
98) « Vous avez donc des loups, par ici? »
99) (xvn). Michu, goguenard.
100) « 11 y a toujours des loups là où il y a des moutons. »
101; (xvn). Corentin et Peyrade s'éloignent. Michu les
guette, revient prendre sa carabine avec un geste d'impa-
tience auquel répond un mouvement d'angoisse de sa femme.
Puis, après avoir bien épié autour de lui et fait coucher le
chien, il part, la carabine à la main.
102) (xix a). Devant le château de Gondreville: Malin,
Grévin, Corentin, Peyrade. Laissant ces deux derniers,
Malin part avec Grévin.
io3) (xviiij. Une grande allée d'arbres dans le parc de
Gondreville. Malin et Grévin s'y promènent, causant à voix
basse.
104) Malin (premier plan).
io5) « Le complot royaliste est découvert : on sait qu'un
des principaux groupes de conjurés doit partir de la forêt
de Nodesme. »
106) (xviii). Grévin.
107) « Est-ce pour cela que ces deux agents de Fouché
sont ici? »
108) xviii). Malin.
109) « Pour cela et pour autre chose. Ils flairent peut-
être ce que j'ai dans mes caves. »
110) (xxxiv . Les ballots dans les caves (u° 46).
m) (xvm). Grévin.
112) « Tu les as transportés ici? »
n3) (xviii). Malin arrête brusquement Grévin et se jette
derrière un arbre.
114) (xviii). Ce qu'il a vu : le canon de fusil dans le feuil-
lage d'un arbre premier plan).
n5) (xviii). Malin fait un signe à Grévin (premier plan .
116) (xviii). Tous deux s'éloignent en se mettant à cou-
vert dans la contre-allée.
117) (xvm). Dans l'arbre. Le feuillage s'écarte douce-
ment. Apparaît Michu, l'air atterré. 11 suit du regard les
deux hommes; au bout d'un moment il saute à terre et part
au pas do course.
118) (i.u). Chez Michu; sa femme et sa mère travaillent.
Michu entre brusquement, pose sa carabine, fait signe à sa
femme de prendre sa coiffe, de le suivre.
119) (xvn). Il saute à cheval, prend sa femme en croupe,
part.
120) (11) puis 121) (vi). Traversée de la forêt (demi-jour),
122) (xx). Au débouché de la forêt, Cinq Cygne vu de
loin avec les fenêtres éclairées. Michu et Marthe mettent
pied à terre. Marthe.
123). « Qu'as-tu à faire au château de Cinq Cygne ? »
124 (x^)- Michu (premier plan), commence à parler. Elle
l'écoute avec étonnement, puis avec ravissement, s'agenouille
devant lui et lui baise la main. Il la relève, l'entraîne sur
le bord de la route, et lui montre.
125) (.vu a) ... se profilant contre le soleil couchant, la
silhouette d'un gendarme en vedette.
126) xx). Marthe, seule, guette. Laurence arrive à che-
cmea
15
val, venant de la foret. Marthe l'arrête du geste. Laurence :
127) « La femme de ce Judas, de cet ancien serviteur de
mon oncle qui l'a indignement trahi ! Je n'ai rien à faire
avec vous. »
128) (xx). Marthe :
129) « Le complot est découvert. Votre maison est cernée.
Passez par la brèche ; mon mari vous y attend ; il vous dira
tout. »
i3o) (xx). Laurence, retenant son cheval, la regarde avec
étonnement.
i3i) (xx). Marthe :
i3s) « Allez ! vous apprendrez ce que vaut un Judas. »
i33) (xxi). La brèche du côté du château. Le jour est
tombé. Clair de lune. Michu et Laurence causent avec
animation.
i34) (xxi). Les mêmes, premier plan. Michu.
l35) « J'ai vu votre oncle et votre tante de Simeuse dans
leur prison, le jour de leur mort.
i36) (xlii). Evocation. Une cellule de la prison de Troyes.
Le marquis et la marquise de Simeuse (cheveux blancs, de
deux nuances différentes) attendant la mort. Entre Michu
(bonnet rouge et carmagnole) l'air arrogant, suivi d'un
porte-clefs. 11 dit un mot à ce dernier, qui part comme s'il
avait oublié quelque chose. Alors Michu change d'expres-
sion; il écoute avec un respect religieux ce que lui dit son
maître. Celui-ci lui serre la main ; Michu s'agenouille pour
baiser respectueusement la main de la marquise. Il se relève
soudain, reprenant son expression insultante; le porte-clefs
rentre.
1^7) (xm). Evocation : le vestibule de la prison de.
Le marquis a les cheveux coupés, les mains liées; la mar-
quise les cheveux coupés, le bourreau lui lie les mains. Elle
jette un regard à Michu qui s'approche.
i38) (xi.i). Premier plan: Michu s'approche, tâte les liens
comme pour vérifier qu'ils sont bien attachés.
i3g) (xi.i). Les mains liées; la main droite prend dans la
manche gauche deux boucles de cheveux qu'elle donne à
Michu.
140) xxi). Laurence agitée :
141) " Ces boucles qu'un inconnu m'a fait parvenir. C'est
vous... I)
142) (xxi). Michu fait un signe de tête. 11 reprend:
i43) « Pour pouvoir accomplir ma mission, j'ai fait le
jacobin... »
i44) Evocation : le n° 77 (séance du club).
i45 ) Evocation : le n° 81 (la déesse Raison).
146) (xxi). Laurence 6erre la main de Michu. Ils partent
tous deux vers le château, continuant à causer.
147) (xxm a). Laurence et Michu marchent en causant
dans une allée tournante. Michu:
148) « Ce misérable Malin a déjoué tous mes plans en
achetant Gondreville, que j'espérais pouvoir rendre à vos
cousins. Ce soir, je le tenais au bout de mon fusil.
149) Evocation : le n° 1 14.
150) « Mais j'ai entendu ce qu'il disait : j'ai appris que
le complot royaliste était découvert, que vos cousins étaient
traqués, et j'ai pensé qu'il fallait avant tout vous prévenir. »
151) xxm). A la porte du château, Laurence dit un mot
à un petit valet (Gothard) qui part en courant.
t52) (xx). Corentin, Peyrade, le lieutenant de gendar-
merie passent sur la route. Corentin donne ses indications.
j7>'A) (xx). Corentin (premier plan).
l54) « Comment découvrir les papiers compromettants?»
1 55) (xxi. Peyrade (premier plan).
l56) « Il faut les faire avertir et les surprendre an moment
où ils essaieront de brûler ou de cacher leurs papiers. »
107) (xi.v). Château de Cinq Cygne; le salon, M. et
Mme d'Hauteserre, l'abbé Goyet, jouant aux cartes.
r58) « Au château de Cinq Cygne. M. d'Hauteserre, le
tuteur de Laurence, Mme d'Hauteserre et l'abbé Goujet.
109) (xr.v). Entre brusquement le maire, Goulard, paysan
habillé. Goulard :
160) « Le château est cerné; vous allez subir une visite
domiciliaire. »
161) (xi.v . Expression générale de terreur et d'étonne-
ment.
162) « Si vos fils, si MM. de Simeuse sont là, faites les
évader. Si vous avez des papiers compromettants, brûlez-les.
Je vais tâcher d'amuser les agents. »
i63) (xxm). Sur le perron, Goulard essaie de parle-
menter avec Corentin et Peyrade; ceux-ci s'écartent et
entrent, suivis des gendarmes.
164) [xxi). La brèche du côté du château, Laurence à
cheval, Michu debout à côté d'elle; derrière, Catherine
Gothard tenant leurs chevaux en main. Après quelques mots
échangés, Michu descend dans le fossé. Laurence commence
à descendre à cheval.
i65) (xxi). La douve vue par le travers. Laurence arrive
au fond, commence à remonter.
i()(J) (xxi). La douve vue de la campagne (premier plan,
pris du niveau du sol), on voit apparaître la tête du cheval
qui grimpe, puis Laurence.
167) (xxi). Même vue, ensemble. Laurence prend pied
sur le haut de la brèche; Michu achevai à côté d'elle. Arri-
vent Catherine et Gothard qui émergent de la douve, tirant
leurs chevaux par la bride. Michu leur donne des indica-
tions ; ils montent à cheval, partent dans deux directions
différentes.
168) (vin a) Gothard file, entraînant plusieurs gendarmes
à sa poursuite.
169) (vm 6) Catherine file d'un même côté, faisant la
même chose.
170) (xxi). Laurence et Michu partent au galop.
171) (xi.v). Au Salon, Corentin et Peyrade. Commencent à
fouiller. Corentin prend à part Mme d'Hauteserre.
172) . « Je suis un des vôtres, c'est moi qui vous ai envoyé
le inaire. Défiez-vous de mon collègue et confiez-vous à moi,
je vous sauverai tous. »
173 (xi.v). Corentin et Peyrade continuent à fouiller.
Deux gendarmes entrent, amenant Catherine prisonnière.
Corentin hausse les épaules.
174 (v). Dans la forêt. Laurence et Michu parviennent à
la cachette. Les jeunes gens sont partis. Consternation. 11
faut les avertir.
175) (v . Laurence donne à Michu sa bague (premier plan).
176 (v). Michu part à grande allure; Laurence revient
vers le château.
16
cinea
177) (xlv). Au salon ; d'autre? gendarmes amènent
Gothard, qui prend l'air stupide. Corentin, dans un coin,
essaie d'entreprendre l'abbé.
1 78 (xi,\ . Corentin (premier plan).
17;)). «Je vous avais fait prévenir . .. »
180) (xi. v). L'abbé (premier plan).
181). « Oui, mais vous êtes arrivé un peu trop sur les
talons de celui que vous aviez envoyé.
182) (xi.v . Corentin, à M. et Mme d'Hauteserre.
[83. « Mlle de Cinq-Cigne se promène souvent la nuit ? »
184) (xi, v. Entre Peyrade, portant une cassette de bois de
Santal qu'il vient de découvrir . Il demande, avec un geste de
tête, si quelqu'un en a la clef. Corentin prend la cassette,
tire de sa poche un petit poignard, essaie de la forcer. Brus-
quement entre Laurence.
i85) (xlv. Laurence abat sa cravache sur les mains de
Corentin qui laisse tomber la cassette ; elle la ramasse, la
jette dans le feu et se place devant la cheminée, l'air mena-
çant. Peyrade, s'élance, Laurence essaie de lui donner un
coup de pied, il lui saisit la cheville et la renverse sur le
sofa ; il prend la cassette, qui s'est enflammée, la pose à
terre et s'assied dessus pour l'éteindre.
186). «Ne m'obligez pas, belle citoyenne, à employer la
force contre vous. »
187 (xlv), Peyrade se lève, saisit la cassette dont les
côtés charbonnés cèdent. Laurence que Corentin a lâchée, le
regarde avec un mélange de mélancolie et de mépris.
188 (xi.v). Premier plan ; la cassette s'ouvrant sur la
table entre les mains de Peyrade.
189) (xi.v). Premier plan : Laurence.
190). « Les secrets de cette cassette ne concernent pas le
gouvernement. Quand vous aurez lu les lettres qui y sont,
vous aurez, malgré votre infamie, honte de les avoir lues. »
i«)i (xi.v). Peyrade impassible fait glisser sur le tapis
de la table à jouer trois lettres et deux mèches de cheveux
blancs.
192) (xlv). Laurence :
19'S. « Mais avez-vous encore honte de quelque chose '! ■>
194) (xlv). Peyrade prend les boucles de cheveux.
195) (xr.v). (Premier plan) ce sont des cheveux blancs de
doux teintes différentes.
196) (xlv). Corentin prend une lettre, Laurence :
I9")- (( C'est la lettre que m'ont écrite mon Oncle et ma
Tante de Simeuse, avant de monter à l'échafaud. Lisez-là
tout haut, ce sera votre châtiment. »
198 (xlv . Corentin, après avoir lu la lettre sans remuer
les lèvres, y remet tranquillement les cheveux. La pose de
côté sur la table en plaçant sur le coin un panier plein de
jetons. Peyrade a pris une autre lettre ; il la déplie.
199). « 1*794- Andernach, avant le combat.
Ma chère Laurence, je vous aime autant que la vie. et je
veux (pie vous le sachiez bien ; mais si je viens à mourir,
sachez que mon frère Paul vous aime autant que moi... »
200) (xlv). Laurence.
201). « < "est de mon cousin Marie de Simeuse. L'autre est
de son frère ; elle ne vous apprendra rien.
202) (xlv). Peyrade, regardant les lettres par transpa-
rence.
20.Î 1. « Vous correspondiez avec des émigrés ? »
204) (xlv). Laurence.
205) « Il y a neuf ans ! »
2o(i) (xlv). Corentin s'approche de Laurence et lui parle
à l'oreille.
207). « Vous les avez vus il n'y a pas si longtemps (pie
cela ! Je venais pour les sauver, et c'est ainsi que vous m'en
avez récompensé ! »
208) (xlv). Laurence regarde l'abbé (premier plan).
209) (xlv). L'abbé répond à Laurence par un regard
d'avertissement (premier plan).
210) (xlv). Peyrade essaie la boîte pour voir si elle con-
tient un secret (premier plan . Laurence s'avance vers lui
presse un coin de la boîte et montre ..
211). (Premier plan)... deux médaillons, les portraits des
deux frères de Simeuse, en uniforme de l'armée de Condé.
212) (xlv). L'abbé à Laurence.
2i3). « Et vous jetiez cela au feu ! »
214) (xlv). Laurence lance à l'abbé un regard éloquent,
2i5) (vin). Une route sous bois au bord d'une rivière.
Michu, monté sur un cheval fourbu, surgit d'un taillis, arrête
du geste quelques cavaliers qui se rangent autour de lui,
dont les Simeuse. Il leur montre l'anneau de Laurence ; ils
délibèrent, puis se dispersent ; Michu part avec les Simeuse
et les d'Hauteserre.
216) (vni e). Une clairière où sont attachés cinq chevaux
frais, Michu et les gentilshommes rajustent leurs selles sur
leurs nouvelles montures.
217) (xlv). Corentin, s'adossant à la cheminée et regar-
dant Laurence.
218). « Nierez-vous avoir vu vos cousins ? »
219). Laurence.
220). « Xon. Mes cousins et MM. d'Hauteserre, dans leur
parfaite innocence, comptaient demander à profiter de l'am-
nistie et â revenir à Cinq-Cigne. Mais quand j'ai pu croire
que le sieur Malin voulait les envelopper dans quelque
trahison, je suis allée les prévenir...
221) Laurence, imperturable.
222 . «... de retourner en Allemagne... »
223 (vin e). Michu et les quatre gentilshommes partent à
grande allure.
224) xlvii). Peyrade fouillant divers recoins du château.
225) (xlv . Au salon. Les d'Hauteserre, l'abbé, Laurence,
affalés dans des attitudes variées. Corentin, debout, les sur-
veillant.
226) il. Au petit jour. Les cinq cavaliers passant sur la
lisière de la forêt de Nodesme. La neige commence à tomber.
Leurs chevaux sont épuisés.
227) (xxm i. Jour plus clair. La neige tombe. Corentin et
Peyrade sortent du château.
228) (vu). Une allée de la forêt, cinq chevaux sur le flanc,
sur lesquels tombe la neige. Deux gendarmes en tournée
arrivent, mettent pied â terre.
229 (vm d). Fourrés donnant sur l'ouverture d'une
cachette (neige) Michu, conduisant les quatre gentilshommes,
les fait passer parle trou.
(A suivre)
Lionel Landry
cinea
17
LE PEINTRE
AU CINÉMA
Attention aux dessins animés T
Il y a un abîme au delà des scènes
humoristiques à la Binjamen Rabier,
comique superficiel qui trouve son
meilleur emploi dans la publicité
parce que c'est encore neuf de voir
ramoner l'intestin.
On conçoit difficilement une appli-
cation de ce truquage à des œuvres
qui visent plus haut qu'une floraison
cinématique équivalente aux pièces
d'ombres chat-noiresques.
Imagine-t-on ce que seraient des
paysages animés, peints en tons pho-
togéniques par Signac et ce que de-
viendraient, ainsi transposées les
figures asymétriques de Matisse et
les femmes perverses de Van Dongen?
Seul, le Cubisme semble posséder
la discipline de soi-même par qui
pourraient être réalisées des images
vivantes, progression de plans, déve-
loppement de volumes synthétiques
et sensibles.
Ces images interviendraient dans
le film, résumant, en temps voulu,
l'essentiel qui risque d'être submergé
sous le vérisme mécanique.
Ainsi disparaîtrait l'énervement
des symboles, colombes-roses-poi-
gnards, analogies poétiques et pri-
maires.
Certains écranistesse vantentd'une
technique impressionniste.
Le Cinéma est un art trop jeune
pour se permettre une telle décadence
et se précipiter dans le marais où la
Peinture a failli périr.
Attention aux décors I
L'économie, qui est en art le garde
fou de toute réalisation, oppose à la
perfection minutieuse d'un réalisme
trompe-l'ϕl l'intention de plans
simples aux combinaisons infinies,
conjugués parfois avec la réalité du
plein air.
Le Cinéma, comme la Sculpture,
trouve la stabilité dans l'unité mono-
chrome de la lumière qui en déter-
mine la matière.
Ne désirons pas trop vite pour
l'écran la généralisation de la photo-
graphie autochrome.
Il n'y a qu'un pas de la statuaire
peinte de Tanagra aux cires du Mu-
sée Grévin.
Qui veut trop prouver ne prouve
rien.
Assez d'adaptations de chefs-d'œu-
vre à moins d'en justifier le choix en
les projetant brutalement à travers
le prisme de votre vie moderne.
Assez de reconstitutions histo-
riques, ruineuses, inexactes, illogi-
ques, comme une cage d'ascenseur
Louis XVI î
Le fait même d'apparaître sur
l'écran exclut de l'anecdote périmée
toute vraisemblance et toute valeur
émotive.
Il faut aimer le Cinéma pour lui-
même, comme on aime la Peinture et
la Musique et parce qu'on les aime.
Jean Francis Laglenn.
■••■«■■■■■■■■■■■■■•••••■•■■•■■■■■••■■i
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
La Voix des A ne êtres
avec HARRIET BOSSE ooo
0 Les Proscrits 0
avec VICTOR SJOSTROM oo
0 Madame Qui ?
avec BESSIE BARRISCALE o
Richesse maudite
avec CHARLES RAY ooo
00 La 'Bombe 0 0
avec HARRIETT BOSSE oo
00 Un Ours 0J
avec M O D O T ooo ooo
Le Retour aux Champs
de J. DE BARONCELLI ooo
Carmen du Klondyke
0 Intolérance 0
avec MAE MARSH, LILIAN
GISH, BESSIE LOVE,
SEENA OWEN, ROBERT
HARRON ooo ooo ooo
&■■■*■■•■•■■■■■■•••••••••■•••••■■■■■■■■■■■••■•■■■■■
a DERRIÈRE L'ÉCRAN
cinea
Cœur sensible
Le succès îles Deux Gamines, ou le
Dieu des larmes faciles a-t-il touché
M. Feuillade d'une grâce définitive?
Son coeur, en tous cas, s'avère tout
attendrissement et toute sentimenta-
lité, car le voilà travaillant à Nice à
une nouvelle série qu'interprète sa
fidèle troupe au grand complet, San-
dra Milowanoff et Biscot en tète...
Le titre du 3e épisode, déjà atteint,
promet la bienfaisante terreur : « Le
complot... »
Le titre du ciné-roman promet, lui,
tout un avenir de délices lar-
moyantes -.Jeannette l'orpheline!...
Après Le Rêve et en apprenant la
mise en scène du Père Goriot, cer-
tains cinégraphistes reprochèrent à
M. de Baroncelli de ne pas vouloir
écrire de scénarii et de se borner
seulement à l'adaptation des romans.
Le metteur en scène veut-il démon-
trer que rien n'est moins justifié?
Toute porte à le croire puisqu'il tour-
nerait, Le Père Goriot terminé, un
scénario écrit par lui, intitulé Le
Fleuve.
Ce personnage principal serait le
Rhône et c'est tout au long de ses
rives que se déroulerait l'action.
•
Qui?
Qui faut-il croire? Les uns disent
qu'il partirait bientôt en Italie pour
tourner un grand scénario avec sa
fidèle interprète. Les autres an-
noncent qu'une grande firme se
presse de signer un contrat...
La vérité est que la première chose
n'est qu'un projet, la seconde aussi,
mais il pourrait se faire également
que M. Le Somptier signe avec la
puissante firme et qu'il aille en Italie
tourner son grand scénario...
Le metteur en scène de La montée
vers l'Acropole, lui... demeure muet.
Lorsque se répandit le bruit qu'on
allait « le » tourner, cela fit sensa-
tion, on en parla beaucoup. Tous les
jeunes premiers, les bruns, les blonds
furent en émoi.
Elle — toujours accueillante —
reçut d'innombrables visites. On dit
même qu'elle fixa son choix sur un
jeune Roumain.
On parla d'un metteur en scène
connu.
Puis on ne parla plus de rien du
tout...
Que s'est-il passé?...
Colette a-t-elle changé d'avis?
Ce n'est pas aujourd'hui encore que
nous verrons Chéri à l'écran.
Projets
La firme « Lucifer », dont le der-
nier film l'Epingle rouge fut un réel
succès, tournerait prochainement.
M. Violet a l'intention de partir très
loin réaliser deux ou même trois
films.
Nous n'en pouvons aujourd'hui rien
dire de plus précis mais ces jours-
ci...
La vérité
On avait annoncé que M. Pierre
Magnier allait tourner Cyrano. On
avait même dit qu'il serait le met-
teur en scène de l'œuvre de Ros-
tand.
Aussi chaque matin chez l'excellent
artiste était-ce un défilé de régisseurs
venant lui demander du travail, de
figurants le priant de les engager...
Pierre Magnier n'en dormait plus...
Aussi a-t-il annoncé bien haut qu'il
devait en effet tourner Cyrano, mais
engagé seulement comme interprète
par une grande maison italienne ..
•
Croquis
Les « réclamiers »
Dans l'obscurité des salles, on
trouve plusieurs espèces redoutables.
La dame nerveuse d'abord qui, se-
couant fortement les fauteuils voi-
sins, trépigne pendant la bataille,
maudit le traître, à voix haute, ou
pleure bruyamment sur le sort des
infortunés; celle aussi qui, balancée
au rythme d'une poursuite Mack
Sennet, cache alternativement de son
chapeau naturellement vaste la
droite ou la gauche de l'écran . Le
Monsieur qui change souvent de
place et vous écrase les pieds en
laissant basculer son fauteuil ou celui
qui ôte, remet et retire constamment
son pardessus. Et encore le couple
acharné interminablement enlacé,
que les regards exaspérés ne peuvent
éviter, le couple amoureux, inévi-
table, critique inconsciente des dé-
nouements de drames.
Je passe sur le monsieur ou la
dame toujours bien renseignée qui
explique tout haut l'intrigue du ro-
man à épisodes ou vous renseigne
sur Sessue Hayakawa.
Mais, ces catastrophes, elles nous
épargnent si nous sommes assis
devant elles. Tandis que les Récla-
miers, eux, on les entend de dix
rangs de fauteuils à la ronde.
Quand ils arrivent, les sièges vides
sont trop près ou trop loin, ou trop
sur la gauche, ou sur la droite,
qu'est-ce qu'ils risquent?... Puis,
pour se débarrasser plus vite de
l'ouvreuse, ils la laissent attendre,
muette et méprisante, les dix sous
qui ne viendront pas.
Mais voici les actualités. Pourquoi
fait-on marcher les enterrements
comme des courses à pied? Le ciné-
roman, clandestinement espéré de-
puis huit jours, les rendra muets
d'angoisse jusqu'à la lumière reve-
nue où il sera complètement idiot.
Bien entendu, Chariot est banal et
Mary Pickford porte fichtrement ses
cinquante ans. Un premier plan de
Nazimova ou de Norma Talmadge
vient-il enfin, par un crispement des
sourcils, d'énoncer l'âme sublime et
ravagée d'une artiste admirable :
auprès de vous, l'obscurité insolente
et sévère décrétera (que c'est invrai-
semblable de grimacer comme celai)
Ce sont ceux-là qui savent que le
cinéma est méprisable, qu'il fait du
mal aux foules et que la censure ne
sera jamais assez impitoyable,
Au besoin, pour mieux sévir, ils
reverront une seconde fois l'un des
films et partiront, maugréant, très
amers, et très philosophes, mais dé-
plorant la semaine entière qui les
sépare du prochain programme, mais
conscients de leur contrôle, avec la
satisfaction du devoir accompli.
Cette espèce est le plus souvent
composée par le sexe faible : c'est
Madame Réclamier.
A Davkn.
cinen
19
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
^ :
Quand même, durant l'absence de
mes parents je réussissais à démon-
ter le châssis de la fenêtre et tous les
trois nous commençâmes à errer à
travers les rues de la ville, sans
oublier de rentrer à l'heure voulue,
au logis. Alors le châssis de la fenêtre
était replacé au même endroit et
tout se passait très bien.
Le soir lorsque les feux étaient
éteints cette chambre close me fai-
sait peur énormément. Les sombres
histoires de Kyrillowna, la meunière
me revenaient à la mémoire et je
Iremblais littéralement d'angoisse.
Malgré la chaleur étouffante qui ré-
gnait à l'intérieur, nous nous enfon-
çâmes sous la couverture et ainsi,
silencieux, sans bouger, tremblants
de peur, nous restions immobiles
pendant des heures entières.
S'il arrivait à quelqu'un parmi
nous de tousser ou de respirer forte-
ment, il était immédiatement rap-
pelé à l'ordre par les autres.
— Chut!... Ne bouge pas!... Si-
lence!...
Et c'était pour nous une joie sans
pareille d'entendre enfin les pas de
maman et sentir ses mains ouvrir la
poi te d'un geste calme et précis.
Cette porte donnait dans un couloir
mi-obscur qui faisait partie de l'es-
calier de service de l'appartement
d'une générale. Un jour, m'ayant
rencontré dans le couloir, la géné-
rale m'arrêta et se mit à me parler
avec beaucoup de bienveillance. En-
suite elle me demanda si je savais
lire.
— Non.
— Eh bien, viens me voir. Mon fds
t'apprendra à lire.
Je me présentai chez elle et son fils.
un collégien de seize ans, immédia-
tement, comme s'il eut attendu cette
occasion depuis longtemps, se mit à
m'apprendre à lire.
J'appris à lire assez rapidement,
ce qui causa un grand plaisir à la
générale, et bientôt elle prit l'habi-
tude de me garder chez elle et de me
faire lire à haute voix pour elle.
Mais c'est alors que quelque chose
d'inexplicable se produisit : après
avoir achevé la lecture d'une page il
fallait aborder la suivante et je n'ar-
rivais pas à comprendre si c'était en
avant ou en arrière qu'il fallait la
retourner. Je ne sais comment cela
se faisait, mais toujours après avoir
feuilleté les quelques pages en des
directions opposées je tombais juste
sur la page que je venais de lire.
La générale m'expliqua longue-
ment et d'une façon très compliquée
comment il fallait retourner les
pages. Je répondis que j'avais parfai-
tement compris tout, mais je ne sais
comment il m'arriva encore cette
fois-ci de me tromper et d'avoir de-
vant moi de nouveau la page lue
précédemment.
Alors la générale se fâcha et me
traita d'imbécile. Mais même ce
moyen énergique ne put aider, et
arrivé à la dernière ligne de la page
j'hésitai quand même ne sachant au
juste comment la retourner. Je finis
par fondre en larmes et je crois
n'avoir jamais pleuré aussi sincère-
ment.
Ces larmes ont probablement ému
la générale car elle me dit :
— Cela suffit. Assez de lecture !...
Dès ce jour je cessai mes visites
chez elle.
Peu de temps après je trouvais
quelque part le livre des aventures
du prince Bora et j'y appris avec une
grande stupéfaction que Bora réussit
à mettre en fuite toute une armée de
cent mille hommes rien qu'avec un
simple balai.
— Ça, c'est un vrai héros! pensai-
je, si j'avais pu faire la même chose
aussi!...
Tout plein d'ardeur et animé par le
désir de réaliser des exploits inouis,
je sortais dans la cour et commençais
à poursuivre les poules de nos voi-
sins qui me battaient copieusement
en récompense.
Je prenais beaucoup de plaisir à la
lecture; je lisais chaque bout de pa-
pier qui tombait sous mes yeux. Une
fois je trouvais un billet rédigé ainsi :
« ... Prière pour la bonne santé de
Jeraxa, Ivan, Eudoxie, Fédor, Nico-
las, Eudoxie... »
Ivan et Eudoxie, c'étaient mon père
et ma mère, Fédor, c'est moi, Nicolas
et Eudoxie, mon frère et ma sœur.
Mais qu'est-ce que c'est que ça,
Jeraxa?
Ce nom inconnu me paraissait
mystérieux et celui qui le portait
devait être ou un sorcier ou un ban-
dit légendaire.
A la fin je me décidai de demander
à mon père :
— Papa, qu'est-ce qu'est Jeraxa?
Mon père me répondit brièvement:
Je travaillais au village jusqu'à
l'âge de 18 ans. Puis je partis en ville.
Là je fis tout : porteur d'eau, ba-
layeur, dwornik jusqu'à ce que le
pristane (1) Tehirikoff m'embaucha
comme ouvrier.
(A .suivre)
L. Vai.tkk, trad.
( 1 1 Officier de police dans, la Russie de l'ancien ré
20
cinea
! LE FILM !
« L'Art du Film est indépendant
« des autres branches de l'industrie
« cinématographique, aussi îndépen-
« dant que l'Art Littéraire l'est de
« l'Industrie du Livre, c'est-à-dire de
« l'Imprimerie et de la Librairie. »
Il me semble aussi qu'on oublie
dans la crise actuelle ceci :
C'est qu'on ne fait du film parce
qu'il y a de par le monde lîO.000 sal-
les de cinéma, mais que 00.000 salles
ont été construites parce qu'il y a
vingt ans un art nouveau est né,
plus complet, plus vaste, plus scien-
tifique, plus expressif, plus populaire
que tous les autres.
Et cet Art nouveau est en train de
bouleverser le Monde.
Les frères Gutenberg ont découvert
l'Imprimerie, ils avaient devant eux,
le trésor accumulé depuis des centai-
nes de siècles, de toutes les recherches
de l'esprit humain.
Leur merveilleuse invention a pré-
cipité le progrès de l'humanité et,
cependant, elle n'eut à ses débuts
pour la soutenir, la développer, l'en-
courager que les quelques milliers
de savants, d'intellectuels, de poètes,
d'écrivains.
. . .Mais pensez à ceci :
L'enseignement par le livre n'a
gagné en cinq siècles que le quart
à peine de l'humanité en laissant
subsister la barrière des langues.
En vingt ans, sous une forme d'ex-
pression universelle capable d'expri-
mer, de suggérer, d'enseigner, d'in-
terpréter la presque totalité de la
chose acquise par toutes les civilisa-
tions qui se sont succédées sur cette
terre, l'Art du Film a rallié à lui la
presque totalité des hommes de toutes
les races, de toutes les religions, de
toutes les langues, de tous les âges.
J'ai dit : la presque totalité des
hommes.
Qui donc se détourne de lui ? Est-ce
le sauvage ? Non pas T L'ignorant ?
Encore moins I - L'ouvrier? C'est son
seul plaisir. — Le bourgeois ? 11 y
prend de plus en plus goût I
Seuls, l'Artiste, l'Intellectuel,
l'Homme Politique, le Financier,
ceux-là même qui auraient du exer-
cer leur influence féconde sur ce
nouveau-né dont la destinée s'an-
nonce si complète, si puissante, si
formidable, ceux-là l'ignorent, s'en
méfient ou la méprisent.
Nous avons l'ambition de faire
connaître notre Art et ses Artisans,
et nous réclamons pour nos Ecra-
nistes la place à laquelle ils ont droit
dans la grande famille Intellectuelle
et Artistique.
Venez voir ce que nous faisons.
Vous êtes Poète ? Peintre ? Musicien V
Auteur Dramatique? Ecrivain? L'Art
du Film a besoin de vous.
C'est un enfant si merveilleusement
doué que toutes les Muses l'adoptè-
rent. Allez-vous renier l'héritage de
vos déesses ?
Vous, Poète, qui chantez la Nature
et la beauté, ne sentez-vous pas cette
irradiation mystérieuse des formes
qui se dégage de l'écran? Aidez-nous
à en découvrir le mystère, à la per-
fectionner, à la développer.
Vous, Peintre, dont la mission con-
siste à manier les lignes, les lumières
et les couleurs et à fixer les êtres et
les choses dans une expression syn-
thétique ; venez voir, il ne nous man-
que que la couleur — et nous l'aurons
demain — pour animer vos synthèses.
Apprenez-nous l'esthétique picturale,
la valeur des éclairages, les rapports
des couleurs. . .
Vous, Musicien, étudiez le rythme
de nos images ; voyez comme nos
expressions visuelles ressemblent au
développement de vos phrases musi-
cales que nous essayons, maladroite-
ment hélas, d'adapter à notre langage
muet.
Songez à la communion de ces deux
sens : la Vue et l'Ouïe — à la Musique
qui suggère, à l'Image qui réalise.
Vous êtes le vieil ancêtre qui, depuis
des centaines de milliers d'années,
fait résonner, avec quelques notes,
toutes les fibres de la sensibilité
humaine. Nous avons besoin de vous
pour nous éduquer, nous soutenir,
nous compléter. . .
Vous, Auteur Dramatique, Ecrivain,
Romancier, qui passez dans la vie
l'œil et l'oreille ouverts à toute la
misère et à toute la beauté humaines,
qui analysez les événements, les
caractères, les situations, qu'atten-
dez-vous pour venir à nous ?
Nous avons puisé dans vos œuvres,
nous avons essayé de faire revivre
pour l'écran, les héros nés de votre
imagination.
Ce que vous avez écrit avec des
mots pour le Livre ou pour la Scène,
nous l'avons exprimé en Images.
Notre tâche est rude et quelquefois
décevante I Penchez-vous sur nos tra-
vaux, regardez vos œuvres animées
par la vie, considérez la puissance
dramatique qui se dégage de ces
tableaux encore imparfaits I
Songez que, par la magie de
l'écran, les choses elles-mêmes par-
lent, agissent, suggèrent. Vous avez
ri de nos revolvers et de nos télépho-
nes. Vous avez eu tort I La vision
rapide, violente, isolée d'un browning
sur le coin d'une table où un homme
s'affaisse, produit une impression
que vous ne pourrez jamais rendre
avec les mots.
Parce qu'elle n'est qu'un éclair
dans le mouvement de notre film, il
semble que cette chose inerte em-
prunte de la vie et de la sensibilité
au tableau qui précède et à celui qui
suit
Avez vous pensé, vous les spécia-
listes de l'émotivité et de la sensibi-
lité, à tout ce qui reste à découvrir
dans ce domaine nouveau?
Vous, Homme Politique, avez-vous
pensé que 10 millions de Français
défilent chaque semaine devant nos
2.500 écrans, que chaque jour il s'en
construit de nouveaux, qu'aucun
journal n'a plus de deux millions
d'abonnés ?
Avez-vous pensé à la proportion de
ceux qui lisent vos articles ?
Avez-vous pensé qu'on ne peut
guère, en face de l'écran tourner les
pages pour aller aux faits-divers et
que, consentant ou réfractaire, l'idée
traduite en images s'impose à l'enten-
dement de tous et s'imprime dans le
cerveau ?
Avez-vous pensé à l'influence au
dehors ? aux 00.000 écrans du monde
entier ? aux 300 millions de lecteurs
assidus ? à tout ce rayonnement de la
Pensée Française que vous devez
aider, encourager, développer?
Vous voulez faire connaître la
France aux Marocains, aux Malga-
ches, aux Tonkinois, aux Turcs, aux
Chinois . . Ils ne savent ni lire ni
écrire, et ils ne comprennent pas
votre langage.
Qu'attendez-vous pour employer la
langue universelle ?
. . Vous, Financiers, que l'argent et
les chiffres seuls intéressent, vous
avez assisté méfiants et souvent
hostiles, à la naissance et aux pre-
miers pas d'un Art Industriel qui,
en 10 ans, oui en 10 ans, s'est classé
le troisième de toutes les Industries
du Monde entier.
Et vous en êtes encore à en recher-
cher les tares, et vous ne voulez pas,
à l'exemple de vos confrères Améri-
cains, Anglais. Italiens ou Allemands,
en étudier le mécanisme et les ressour-
ces . .
Et cependant, c'est pour exposer
nos produits que 00.000 immeubles
nouveaux ont été transformés ou ont
surgi de terre pendant ces derniers
20 ans, que des palaces s'édifient cha-
que jour qui immobilisent des cen-
taines de millions de francs, que des
studios s'érigent dans les pays de
soleil, que d'autres s'ouvrent au fond
des caves. . .
Loris Nai.pas.
cinea
:
V A L L
M A L L
Scénarios
Beetram Braekrn qui a tourné les
Kazan et The Mask, deux films
qu'Export et Import de New-York
offrent à l'étranger, dit que le publie
aime mieux un bon scénario, plutôt
qu'une pièce dont l'intérêt est la ve-
dette. Et les étoiles qui gagnaient
autrefois des appointements fabu-
leux, en ont de plus modestes et que
l'un consacre plus d'argent à se pro-
curer des scénarios plus intéressants.
•
La commission principale du
Reichstag, a discuté ces jours-ci le
budget du Ministère des Affaires
Etrangères; à cette occasion, le doc-
teur Simons s'est prononcé également
pour le film-département du Minis-
tère et soulignait l'importance du
film pour le rétablissement plus pro-
pice des relations internationale.
Le Syndicat Allemand du film, la
plus grande organisation des tra-
vailleurs de cinéma, lors de la der-
nière réunion s'est prononcé contre
la communalisation des entreprises
cinématographiques.
•
L'Union des Fabricants Allemands
de Films a sollicité le gouvernement
de supprimer le contrôle sur l'expor-
tation de films.
Le 28 mai, à 9 heures du soir, salle
Gaveau, Récital de violon par Adila
Fachiri.
Au programme : Sonate pour violon
et piano. César Franck; Adagio et
Fugue en sol mineur, pour violon
seul, Bach ; Le Trille du Diable,
Tartini ; a) Romance en fa majeur,
Beethoven, b) Rit mi et capitain
Fracasse, Castelnuovo, c) Varia-
tions, Tartini-Kreisler; a) En bateau,
Debussy, b) Danse Hongroise,
Brahms-Joachim, c) Z a pâte ado,
Sarasate.
•
Fantasio-Films :
Notre aimable confrère dont le pari-
sianisme est connu, goûté, va créer
une série de films qui portera son
nom. Le scénario, très court, devra
faire revivre un des côtés amusants,
élégants, pittoresques de la vie de la
Capitale,
Envoyer les sujets sous forme de
nouvelle ou de fantaisie (2 pages de
Fantasio) avant le 11 juin. Chaque
auteur primé recevra 500 francs. En
outre, parmi les dix nouvelles rete-
nues, une somme supplémentaire de
2.000 francs sera répartie entre les
quatre nouvelles les plus aptes à être
mises à l'écran.
Pour les autres conditions du con-
cours s'adresser à Fantasio, 1, rue
de Choiseul.
•
Voici un livre émouvant : il est
vrai comme la douleur : La Prière
sur l'Enfant Mort, par Mme Jane
Catulle-Mendès. C'est le livre d'une
mère, c'est aussi celui de toutes les
mères qui ont cessé de recevoir les
lettres tant attendues, qui se sont
retenues à un espoir, et qui, un jour,
ont dû se rendre à la tragique évi-
dence. 11 commence comme un jour-
nal intime : un doute d'abord, puis
l'inquiétude qui se glisse entre les
lignes, grandit, devient cauchemar,
et enfin vérité T Reliquaire où sont
rassemblées toutes les lettres de l'en-
fant — et celui-ci s'appelait Jean-
Primice Mendès, et nous l'avons
connu, — il offre aussi à la charmante
mémoire du héros un bouquet de
regrets, de ferveur et d'adoration T
(Librairie A. Lemerre.)
•
Et c'est ici le livre des amants :
Une d me en peine, pages de guerre,
pages d'amour, par J.-M. Fontanges.
I ne grande douleur s'y exprime dans
de courts poèmes en prose ; des
phrases simples jalonnent les étapes
de ce nouveau calvaire. Comme dans
le livre de Mme Jane Catulle-Mendès,
nous suivons ici pas à pas l'inquié-
tude dans son avance sournoise.
L'ami qui n'écrit plus, mais dont nul
ne connaît le sort, est toujours pré-
sent dans ce livre où quelques nota-
tions du plus troublant et du plus
intime réalisme se mêlent à des envo-
lées pleines d'émotion et de lyrisme.
Ces livres, il faut en parler avec
discrétion ; et on doit les lire avec
recueillement : car en tournant cha-
que page on peut y reconnaître le
visage de sa propre douleur. (Editions
Fast.)
L'Atlantide.
Parmi les efforts que fait actuelle-
ment le cinéma français pour s'affir-
mer le premier à la face du monde,
l'une des tentatives les plus considé-
rables a été entreprise en faveur du
beau roman de Pierre Benoît :
L'Atlantide qui a été tournée au prix
de quelles difficultés et de quels
dangers, en plein désert, par l'habile
et talentueux metteur en scène Jac-
ques Feyder, entouré d'une troupe
admirablement choisie et à la tête de
laquelle se trouvait Stacia Napier-
kowska, interprète idéale d'Antinéa.
Le 4 Juin à deux heures et demie
précises, la Société pour le dévelop-
pement de la cinématographie fran-
çaise présentera tout spécialement
— et sur invitation — ce film sensa-
tionnel au Gaumont-Palace.
Tous les lettrés, tous les artistes
voudront applaudir les premiers
l'une des plus pures merveilles de
cet art si français : le cinématogra-
phe.
[BONSOIR
■
■
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■
j Vo us dira quels
m
m
\sont les bons soirs
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\ du cinéma ..
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\Si Vous aimez le
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\ cinéma, Vous aimez
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Ibonsoir
Envoyez nous un scénario ciné-
graphique. Desjournauxcomme
Le Film, Ciné pour tous. Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appris le décou-
page, le style et le mouvement
de ces ouvrages spéciaux.
Essayez de composer un thème
d'écran, drame ou comédie,
découpez-le et bornez vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Baioncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon 'Poirier,
T^ene Le Somptier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaville, Lio-
nel Landry, P. de la ïBorie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Urviller, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au I " Août prochain.
Prix : Le meilleur scénaiio
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
connaître des maisons d'édi-
tions françaises
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-rAjbum officiel du Concours
de Beauté des Provinces de
France (publié par le Journal,
édité par Comœdia illustré).
Dans ce magnifique album
seront reproduits les portraits
de toutes les lauréates du
concours, dans leurs costumes
régionaux. Prix de souscrip-
tion : i5 francs. Ce prix sera
porté à 20 fr. dès l'apparition.
Adresser demandes et man-
dats au Journal, i oo, rue de
' Richelieu ■
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Certifient de capacité professionnelle
délivré en fin de cours après passage
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la vie privée, ou des
aperçus du travail ciné-
graphique en plein air,
en studio, etc., tout ce
qui se rapporte à l'écran
et pourra résumer en
quelque sorte les coulis-
ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
opérateurs français :
MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et
Lucas
Au prochain numéro,
la liste de nos prix.
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Imprimerie spéciale de cinéa, 84, rue Rochechouart, Paris.
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Numéro 5
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10. Rue de l'Elysée, Paris - Tél. : Élys. 58-84
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Le N°. .. 2fr.
DOUGLAS FAIRBANKS
Le populaire Doug, cher aux deux continents, vedette de ces incomparables fantaisies : Une Aventts/re à
NeW'York et Terrible Adversaire, reparait avec l'éblouissant Douglas for ever et, dans quelques jours. Le métis
où nous retrouverons sa charmante partenaire Jewel Carmen.
Tous les Programmes des Cinémas de Paris
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Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
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Prix : Le meilleur scénario
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10, RUE DE L'ELYSÉE
PA RIS :
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M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 3 au Jeudi 9 Juin
2e ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — De Gérardmer éi fVildenstein. —
Les actualités de la semaine. — La rose de
Grenade, scène de mœurs espagnoles avec
Suzanne Talba — Potiron homme invisible,
dessins animés. — Le sens de la mort, de
Paul Bourget, interprété par André Nox.
— Attraction : Vaseç, Ramseç et Green, the
popular Comedians presenting soin new
ideas in comédy.
Cinéma de la Presse. 12s. rue Mont-
martre. — La célèbre fontaine d'Arangueç.
— jaek cherche un emploi, avec William
Russell. — Voleurs de femmes, 6<* épi-
sode. — Marias, comédie dramatique. —
Zigoto et les carrières, comique.
Parisiana. 27. boulevard Poissonnière.
Gutenberg 56-70. — Rome, 2e promenade,
plein air. — Paul à frire, comique. — Les
aventures de Pépita, comédie sentimentale.
— Parisiana-jourual, actualités. — La Honte,
drame interprété par Louise Glaum. —
— Chariot mitron, comique. — En supplé-
ment de 7 h 1/2 à 8 h. 1/2. excepté diman-
ches et fêtes : Flipotle, interprété par
Signoret et André Brabant.
Omnia-Pathe 5, boulevard Mont-
martre. — Pathè- Journal, actualités. —
Le cachet de cire, comédie dramatique. —
Beaucitron et le sous-marin, comique. —
Supplément facultatif: La Pocbarde, 1e1' épi-
sode : les flammes mortelles.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. — La roue infer-
nale, comique. — Au pays des loups, comé-
die dramatique. — Picratt jockey, comique.
— En supplément facultatif : Le Roi de
l'audace, ciné-roman en 10 épisodes. 4° épi-
sode : Le mauvais destin.
3<= ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Pathe-Journal. —
Beaucitron et le sous marin, comique. —
Le cachet de cire, comédie dramatique. —
La Pocbarde, cinéroman en 12 chapitres.
d'après le roman de Jules Mary, Mise en
scène de M. Etiévant, interprété par Jacque-
line Forsane. ier chapitre: Les Flammes
mortelles. — L'Homme aux trois masque.
7e épisode : Le marquis de Santa-Fiore.
Théâtre du Kinérama, 37, boulevard
Saint-Martin. Archives 4J-16, directeur
M Imbert — L'irascible épouse d'Ugéne,
comique. — Les Trésors du cœur, comédie
sentimentale. — Fatty aux bains, comique.
— Lharley à l'école, comédie.
Palais des Fêtes, 8, rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée
Picratt Jockey, comique à trucs en 2 parties.
— Le sens de la mort, drame philosophique
en 4 actes de Paul Bourget, de l'Académie
Française ; interprété par André Nox. —
La pocbarde. ic chapitre : Les flammes
mortelles — Beaucitron et le sous-marin,
comique.
Grande salle des fêtes du ier étage
Le sous-marin du capitaine Heaucitron,
comique. — Au pays des loups, comédie
dramatique en 4 parties, interprétée par
Charles Ray. — L'Epingle rouge, ^rand
drame en s actes. Pathe- ournal. —
L'Homme aux trois Masques. 7 épisode :
Le marquis de Santa-Fiore.
4* ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73, rue Saint-Antoine.
-- La Grande Kabylie, plein air. — Saint-
Paul-Journal. — L'Homme aux trois mas-
ques. 7' épisode : Le marquis de Santa-
Fiore. — Beaucitron et le sous-marin, comi-
que. — La Pocbarde, cinéroman en 12
chapitres, d'après le célèbre roman de Jules
Mary 1" chapitre : Les flammes mor-
telles. — L'épingle rouge, d'après la nou-
velle de M. Bienaime, drame.
5' ARRONDISSEMENT
Chez Nous, 26, rue Mouffetard. — Fleur
des Indes, somptueuse vision orientale. —
Bigorno voyage, fou-rire. — Un contre tous.
2 - épisode : Le ravin maudit.
Saint-Michel-Cinéma. 7. place Saint-
Michel. — Attraction : Les Tbrem-nate. —
Actualités. — Les 3 masques, de M. Henry
Krauss. — Ce doux Fatty .
Mésange. t,. rue d'Arras, Pathé-Journal.
— Patbc-Rcvuc n" 22. — L'homme aux trois
masques. 6e épisode : La Fille du Forçat. —
Gigolette, 4e époque : Rédemption. - Une
Poule cbe{ les coqs, interprété par Prince.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Gaumont-actualitcs. — L'Américain.
comédie dramatique avec Douglas Fair-
banks et Aima Rubens. — Attraction : Les
Portellv. — Gigolette, 4e époque : Rédemp-
tion. — Le Salut de Fatty, comique.
6e ARRONDISSEMENT
Danton-Cinéma-Palace, 99-101, boule-
vard Saint-Germain. — Une Foule ebe; les
coqs, comédie. — L'homme aux trois mas-
ques, 6e épisode. — Lès naufrages du sort,
comédie dramatique- Gigolette, 4e époque.
— Gaumont-actuaiités.
THÉÂTRE
DU
COLISEE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction :
P.MALLEVILLE
Téléphone :
ELYSÉE 29-46
Programme du 3 au 9 Juin
Potiron, homme invisible, dessins
animés.
Picratt jockey.
Au pays des Loups, avec Char-
les Ray.
Gaumont- Actualités .
Le Sens de la Mort.
cinea
André Nox au Cinéma
Je crois que l'on a tort de dire que le Cinéma est « un
art muet ». On devruit plutôt accorder cette désignation
a la peinture et à la sculpture.
Le Cinéma est un « art vivant » qui « parle » aux yeux
au lieu de parler aux oreilles. C'est de la sculpture et de
la peinture animées. Il dispose de moyens plus complets
d'expliquer et de faire « éprouver » que le tableau d'un
maître ou le chef-d'œuvre d'un statuaire qui ne valent
que par les sensations différentes qu'il suggère en chacun
de nous, selon nos mentalités particulières.
Plus je travaille, plus je me rends compte que le cinéma
est un art spécial qui diffère de tous les autres et surtout
de ses proches parents, la mimique et le théâtre.
Ce qu'il faut, par dessus tout, à un interprète cinéma-
tographique, c'est une grande conscience artistique : le
feu sacré. Si « tourner » pour lui, n'est qu'un métier, il
devrait s'abstenir.
Il doit vivre réellement son rôle, incarner exactement
son personnage, non pas seulement au studio, pendant
les séances photographiques, mais, chez lui, partout,
durant toute la réalisation du scénario.
Si un artiste, possédant le masque nécessaire, est con-
vaincu et sincère, s'il souffre, il est bon. Il saura imposer
au spectateur les sentiments intimes de son personnage,
il l'obligera à comprendre, il forcera le succès par con-
séquent.
Parmi tous mes films, deux rôles, surtout, m'ont parti-
culièrement fait souffrir : Le Penseur et Michel Ortègue
du Sens de la Mort. Ce sont mes deux drames préférés.
Je ne peux revoir ces productions à l'écran sans ressen-
tir à chaque fois les douleurs morales et, même, phy-
siques de ces deux grandes figures.
J'ai beaucoup aimé, aussi, Plus loin que l'Amour —
Johannès /ils de Johannès — Ames d'Orient — La Mon-
tée vers l'Acropole — L'ami des Montagnes.
Tous ces rôles m'ont beaucoup plu . ..
Je tourne, en ce moment, pour la marque André Le-
grand, avec Mme Germaine Dullac, un très beau film,
intitulé : La Mort du Soleil. Je crois que sa haute portée
morale, l'excellente propagande qu'il contient devront
intéresser les spectateurs de tous les pays.
Hervil m'attend à Londres où je dois interpréter Le
Crime d'Arthur Saville d'Oscar Wilde. J'éprouve une
très vive satisfaction à l'idée de collaborer avec les plus
grandes vedettes anglaises.
Après... je ne sais pas. Peut-être, j'aiderai un ami delà
première heure à faire triompher le film Français, sur le
Marché Mondial.ee à quoi il travaille sans relâche depuis
plusieurs années. Le moment est peut-être venu...
J'ai tant de propositions, tant de projets T..
Et voilà...
Voulez-vous me permettre d'écrire ici une véhémente
protestation î
C'est un crime d'obliger les artistes à travailler dans
des studios dont les appareils lumineux ne sont pas pour-
vus de verres plombagines. Pourquoi infliger à nos yeux
une souffrance inutile !
Les metteurs en scène devraient mettre à l'index le»
établissements qui s'entêtent dans leur routine, pour
nous, si préjudiciable.
André Nox.
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
Régina-Aubert-Palace. 155, rue de
Rennes. — Aubert-Journal, les actualités
du monde entier. — Eddie Polo dans Le
roi de l'audace, ciné-roman en 10 épisodes
publié par La Presse. 3e épisode : Une
attaque audacieuse.— Une Etoile, comédie
comique. — Patbc-Revue. — Jack médecin
malgré lui, comédie dramatique, avec Wil-
liam Russell. -- Chariot joue Carmen fan-
taisie comique en 2 épisodes avec Charlie
Chaplin ier épisode : Le coup de foudre.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Sèvres, 80 bis. rue de Sèvres,
(angle du boulevard de Montparnasse,
boulevard des Invalides). Fleurus 28-09. ~~
Jack, médecin maigre lui, comédie gaie
interprété par William Russell.— Gigolette,
4e époque : Rédemption. — Patbè-Joumal.
— Patbé-Revue, — Attraction sensation-
nelle.
Cinéma Bosquet, 83. avenue Bosquet.
Direction G. Movse. — Chariot marquis.
comique. — L'Homme aux trois masques.
6e épisode : La Fille du Forçat. — Le fin
diseur Salvator. de l'Eldorado, dans ses
créations. — La légende du saule, avec
Viola Dana.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Colisée. 38, avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
Potiron, homme invisible, dessins animes.
— J ieralt Jockey. — Au Pays des Loups.
avec Charles Ray. — Gaumout-actualités.
— Sens de la mort. — Elysées 29-46.
Pépinière-Cinéma, 9, rue de la Pépi-
nière. — La chasse aux requins. — La fuite
de Jackson Bill, comédie d'aventures. —
Dandy gabier, comique. — L'Homme aux
trois masques, 7e épisode. — Pépinière-
Journal. — Les naufragés du sort, comédie
dramatique. — Intermède : Mars Moncey,
diseuse gaie.
Alcazar d'été, Champs-Elysées. —
Scènes de la Vie de Bohême, avec Alice Bra-
dy. — Le voyage de noces de Sii{y.
9e ARRONDISSEMENT
Aubert-Palace, 28, boulevard des Ita-
liens. — La Grande Kahylic, plein air. —
Nouveautés journal. — Picratt Jockey.
comique. — L'homme aux trois masques.
7e épisode: Le marquis de Santa-Fiore —
Un drame sous Napoléon, 2e époque.
Delta-Palace-Cinéma.
boulevard
Rochechouart. — Delta-Journal. — Was-
hington il vol d'oiseau, voyage. — Fatty et
Mabel en ménage, comique. — Betsy Love
comédie sentimentale en 3 parties. —
Le Tourbillon. 6e épisode: La passerelle tragi-
que. — Fleur des Neiges, drame en 5 parties.
Intermède : Jane Hilton, l'exquise diseuse
à voix dans ses créations.
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 60-11). Directeur :
M. A. Jallon. — Eclair-Journal. — Le
Sa/ vie du grand magasin, comique en 2 par-
ties. — La Petite Sirène, comédie en 3 ac-
tes. — L'Homme aux trois masques. 70 épi-
sode : Le marquis de Santa-Fiore. —
L'ingénieux ingénieur, comédie dramatique
en 4 parties. — Intermède : Les Franlix.
chutes mortelles acrobatiques.
DESSIN DE klNAlt M-.lt.MANN
NIKITA BALIEFF
l'ironique et l'impérieux producer de
la Chauve-Souris qui a présente, sur
la scène du Théâtre Femina, des
« numéros « remarquables comme
Katinka. Chanson teigane. Le Restau-
rant Yard. Parade des Soldais de
bois. Les Frères Zait{cff . etc.
10e ARRONDISSEMENT
Folies-Dramatiques, boulevard Saint-
Martin. — La Reine Margot. — Zidore ou
les métamorphoses, joué par Biscot. —
L'Homme aux trois masques. 7e épisode.
Le Pierrot rouge. — Bertou.
Cinépax, 30. boulevard Bonne-Nou-
velle. — Patbe-Jounial. - La Pochaide.
le grand ciné-roman de Jules Mary. —
Beaucitron et le sous-marin, comique. —
Le cachet de cire. — Nuage et rayon de soleil,
jnué par la petite Mary Osborne.
Cinéma-Palace, 42, boulevard Bonne-
Nouvelle. — Jack médecin malgré lui. —
Pathe-Joiirual . -- A;i{ bav anarchiste. —
m minutes an Music-Hall. — L'Homme aux
trois masques,"]* épisode. grand ciné-roman.
— Les chansons filmées de Lordier. —
Attractions : Fortini, Jillard.
Crystal Palace-Cinéma, 9, rue de la
Fidélité, 96. faubourg Saint-Denis. —
Nord 07-59. — Jack médecin maigre lui,
comédie dramatique avec William Russell
L'Indomptable, avec Frank Mayo. — Les
Glaces fumantes, documentaire. — Palace-
Journal .actualités de la semaine.— Attrac-
tion : Danvers, dans son répertoire.
Paris-Ciné, i7, boulevard de Stras-
bourg.— Le cachet de cire, drame.— Pathe-
Joumal. — La ' ocharde, le grand ciné-
roman de Jules Mary. — Nuage et rayon
de soleil, joue par la petite Mary Osborne.
— Beaucitron et le sous-marin, comique.
Cinématographe Porte Saint-Denis.
8, boulevard Bonne-Nouvelle — Tourneur
sur bois, documentaire. — Le Mentor, comé-
die dramatique. — L'étreinte de la pieuvre.
5e épisode. — La culotte de Fatty, comique.
Tivoli, ic). faubourg du Temple. —
Les coulisses du Cinéma 11" ô. — Tivoli-
Journal. — L'homme aux trois masques.
7e épisode : Le marquis de Santa-Fiore. —
Lui... chc{ les Cow-boys, comique. — La
rose de Grenade, comédie dramatique, inter-
prétée par Suzanne Talba. — Un drame
sous Napoléon. 1"' époque.
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire- Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Le salut de Fatty, comique
avec Fatty Arbuckle. — Eddie Polo dans
Le roi de l'audace, ciné-roman en 10 épiso-
des publié par La Presse, 4e épisode : Le
mauvais destin. — L'Epingle rouge, grand
drame. — Chariot joue Carmen, fantaisie
en deux épisodes. 2e épisode : Souvent
femme varie. — La Pochante, drame en
12 chapitres. Ier chapitre : Les flammes
mortelles.
i2<= ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumont-
Actualités. — Le salut de Fatty. comique.
— L'Indomptable, drame avec Frank Mayo.
L'Epingle rouge, nouvelle dramatique. —
Attraction : Le trio Charley météore. —
La Pocharde, drame en 12 chapitres.
ier chapitre : Les flammes mortelles,
i3c ARRONDISSEMENT
Gobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
Pathé-Jourual. — Patbé-revue n° 22. —
L'homme aux trois masques. 0e épisode : La
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
Fille du Forçat. — Gigolette, ^ époque:
Rédemption. — Une Poule cheç les Coq.
avec Prince.
14e ARRONDISSEMENT
(iaitè rue de la Gaieté. — Pathè-Journal.
Patbè-Revue. — L'Homme aux trois mas-
qués, y1' épisode : Le marquis de Santa
Fiore. — Gigolette, V époque : Rédemp-
tion.— Une Poule cbeç les Coq. avec Prince.
Splendide-Cinéma, 5, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Un Plein air.
— Les actualités de Splendide-Cinéma.— La
lutte au sein des flots. — :ack médecin
maigre lui, grande scène d'aventures en
5 actes avec William Russell. — Le Destin
ronge, drame avec Van Daéle.
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122. rue du théâtre Pathé-
journal. — Pathé-Rcvuc 11022. — L'homme
aux trois masques. 7e épisode: Le marquis
de Santa-Fiore. — Gigolette. 4e époque :
Rédemption. — Une Poule chef les Coq.
avec Prince.
Splendide-Cinéma-Ralace. 6o, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Pathè-Journal. — Patbè-Revue,
— L'homme aux trois masques. 70 épisode :
Le marquis de Santa-Fiore. — Un drame
sous Napoléon, ire partie. — Gigolette,
4e époque: Rédemption. — Agénor le bieu-
<;/»/<', comique. — Intermède : Mlle Fer-
nande Desnoyers, chanteuse à voix. —
Tousles jeudis à 2 h. 1/2: Matinée spéciale
pour la jeunesse.
Grand Cinéma Lecourbe. 115, rue Le-
courbe. Saxe 56--I3. — Un drame sous
Napoléon, film historique. — Voleurs de
femmes. 8e épisode: Volée dans les nuages.
Une Salome moderne, comédie dramatique
avec Miss Hope Hampton. — Gaumout-
aelualites. — Attraction : Freed and M M' s.
les célèbres cyclistes comiques de l'Alham-
bra.
i6<= ARRONDISSEMENT
Le Régent, 22, rue de Passy. — Le Raton.
documentaire. — Tsoin-Tsoin en Chine.
dessins animés. — Trois maris pour une
femme, comédie dramatique. — Gaumont-
actualitès, — Les Vautours, grande scène
dramatique — Fat tv joue Douglas, comique.
Mozart-Palace, 49, 51, rue d'Auteuil.
16e. — Programme du 3 au 6 juin. — Cine-
Magasine. — L'homme aux trois masques.
Ie épisode : Le marquis de Santa-Fiore. —
Dandy tient la bonne place, comique. —
Un drame sous Napoléon, 2« époque. —
Eclair Journal. — Programme du 7 au
juin 192 1. — Aarhus, cité danoise. — La
vie. l'amour et la mort, de Marie Corelli,
adapte par Maurice Elvey. — La Pocharde,
en 12 chapitres, d'après le roman de Jules
Mary, ^'chapitre : Les Flammes mortelles.
— Le salut de Fatty, comique. — Patbè-
Jourual.
Maillot-Palace-Cinéma. 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du 3 au
(1 juin 192 . — Aarhus, cite danoise.
— La pocharde, en 12 chapitres d'après le
roman de Jules Mary, icr chapitre : Les
I lammes mortelles. — Le salut de Fatty.
comique. — La Vie. l'Amour et la Mort.
de Mary Corelli, adapté par Maurice Elvey.
Pathè-Journal. — Programme du 7 au m
juin 1921. — Ciné-magaçine.— L'hommeaux
trois masques, 7e épisode : Le marquis de
Santa-Fiore. — Dandv tient la bonne place,
comique. — Un drame sous Napoléon.
2'' époque. — Eclair-Journal, actualités.
Théâtre des Etats-Unis. 56 bis, avenue
Malakoff. — Les Deux Gamines. 12e épisode :
Le Retour — Constance Talmadge dans
Les Prétendants de Lucie. — Le célèbre
film d'Henry Roussell : Visages voilés...
Ames closes . . . , interprété par Emmy Lynn
et Marcel Vibert. — Bill hockey concierge.
comique,
17e ARRONDISSEMENT
Cinéma Demours. 7, rue Demours.
Directeur : M. F. Destannes. — Sur le
Glummer Glass. voyage. — L'Homme aux
trois masques, grand cinéroman en 12 épi-
sodes, d'Arthur Bernède, publié par Le
Petit Parisien : 7e épisode : Le Marquis de
Santa Fiore. — Potiron invisible, dessins
animés. — Un drame sous Napoléon, grand
film historique : deuxième et dernière épo-
que.
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, s.
Wagram 02-10. — Naissance du poulet. —
Le Tourbillon, 7e' épisode : La passerelle
tragique. — Constance Talmadge dans
A la recherche du Bonheur. — Pathè-Journal,
actualités. — Gigolette, 4e époque et fin :
Rédemption.
Villiers-Cinéma. 21. rue Legendre. —
Direction : Paul de Hermua. — Mœurs
hrahmamiques. documentaire. — Les Threm
Nais, acrobaties. — Eclair-Journal, actua-
lités. — Le roi de l'audace. 4« épisode :
Le mauvais destin. — Les trésors du cœur,
comédie interprétée par Marv Miles. —
Intermède : Frèjaville.
Cinéma Legendre. 128, rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Ce doux Fatty,
comique. — La fuite de Jackson Bill, drame
policier en 3 parties. — L'homme aux trois
masques. 7'' épisode : Le Marquis de Santa
Fiore. —Legendre- Actualités. — Pour l'hon-
neur de sa race, drame en 4 parties inter-
prété par Sessue Hayakavva. — Intermède:
Jane Rite , diseuse a voix.
Le Select, 8, avenue de Clichv. —
Voleurs de femmes. 8e épisode : Volée dans
les nuages, — Le Vengeur, comédie drama-
tique. — Gaumont-actuatites. — Le sens de
la mort, avec André Nox. — Picratt Jockey,
comique.
Nous demandons à
VOI R
encore une fois
Une Vie de Chien
avec CHARL1E CHAPLIN
DaVid Garrick
avec DUSTIN FARNUM
Le Trésor d'Ame
avec MARY JOHNSON
La Conquête de l'Or
000 avec BESSIE LOVE
Les Frères Corses
avec KRAUSS et ROUSSEL
L'auberge du signe du loup
00 00 oo 00
de Th. H. INCE
Une Aventure à New- York
avec DOUGLAS FAIRBANKS
M i c k e y m
avec MABEL NORMAND
Olivier Ttoist
00 00 avec MARIE DORO
La Dette 0
avec DOROTHY PHILIPPS
Les Corsaires
avec L I L I A N G I S H
iiiiiiiiii iiiniiimii iiiiiuiiiii
cinea
MAE MARSH
La tragique et profonde «douloureuse « à! Intolérance
va reparaître à Paris dans la partie moderne de ce
grand film, transformée en un film nouveau : Charité.
D.-W. Griffith lui-même a autorisé le morcelage des
quatre époques A' Intolérance — Babvlone, le Christ.
la Saint-Barthélémy, la Grève — en quatre films
séparés qui ont obtenu chacun le plus gros succès.
FRANCESCA BERTIN1
L'étoile italienne, célèbre par ses robes sans nombre,
par ses chapeaux, par ses belles attitudes de Fedora,
La Dame aux Camélias, L'Affaire Clemenceau. La
Tosca, reparait dans Mariai la Courtisane.
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
Royal -Wagram. avenue Wagram. —
Au Pays des loups, comédie dramatique en
4 parties, avec Charles Ray. - Fierait
Jockey, comique. — La Pocharde, drame
en i2chapitres. i cr chapitre : Les flammes
mortelles.- Le sens de la mort, avec André
Nox. — Patbê-Journal.
Lutetia-Wagram. avenue Wagram. —
Beaucitron et le sous-marin, comique. —
L'épingle rouge, nouvelle dramatique. — Le
Vengeur, comédie dramatique. — Gaumont-
actualités. — Voleurs de femmes, 8e épisode :
Volée dans les nuages.
Batignolles-Cinéma. s*-), rue de la Con-
damine. — La Cors,-, plein air. — Blanc et
noir, comique. — La Pocharde, i01' épisode :
Les flammes mortelles. — Le sens de la
mort, avec André Nox. — Pathé-Jourual.
actualités. Programme du 3 au s juin.
Programme du 6 au 9 juin. — Pathé-
Jourual, actualités. — La Chine et les Chi-
nois, documentaire. — Le Cachet de Cire.
comédie dramatique. — Cri-Cri, fantaisie-
opérette. — Zidore ou les métamorphoses.
comique avec Biscot.
18e ARRONDISSEMEMT
Palais-Rochechouart. 56, boulevard Ro-
chechouart. — Aubert-Journal,\es actualités
du monde entier. — Eddie Polo dans Le roi
de l'audace, ciné-roman en 10 épisodes
publié par La Presse. 4e épisode : Le mau-
vais destin. — Tsin-Hou et Donatien dans
L'Epingle Rouge, grand drame. - Beauci-
tron ei le sous-marin, comique. — La
Pocharde, grande série française en épiso-
des, d'après le célèbre roman de Jules
Mary. Ier épisode : Les flammes mortelles.
Grand Cinéma Ornano, 43. boulevard
Ornano. Directeur M. Viguier. - Tunniciers
et Mollusques, documentaire. — L'or de la
forêt. Y épisode. — Sauvée des cannibales.
Comique. — La Ceinture des Amadoues
(les 2 épisodes). — Le Béguin d'Atlanta,
comique.
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel. 43.
— Maurice Robert, directeur. — Les
Actualités Mondiales. — Reprise de Bou-
clette, avec l'admirable interprétation de
Gaby Deslys, Signoret, Harry Pilcer. -
Le Galant Travesti, comique. — L'Homme
aux trois masques, 7e épisode: Le Marquis
de Santa Fiore. - Attractions : le cho.iteur
populaire Hoiries ; Jaurice. danseur.
Grand Cinéma Concert Ramey, 49, rue
Ramey (impasse Pers). — Gaumont-Actua-
lites. — La Pocharde. en 12 chapitres. —
Les Mutines de l'F.lsiuore, drame.
Petit Cinéma. 124. avenue de Saint-
Ouen. — L'Hiver au Niagara, plein air. —
Une cure involontaire, comique. — Chalu-
meau a peur des femmes, comique. — La
Cite du Desespoir, drame en 4 parties joué
par William Hart.
Montcalm-Cinéma. 134, rue Ordener. —
Actualités Gaumont. — Les Mystères du
Ciné. — Voleur de femmes. 7' épisode. —
Gigoletle. 2'' époque : La bataille de la vie.
— La Pocharde. 1"' époque : La flamme
mortelle. — Sur scène : Courtade, le repute
chanteur.
Barbes Palace. 34. boulevard Barbes.
— Direction : L. Garnier. — Nord :$-68.
— Un drame sous Napoléon. D'après le
roman de Conan Doyle ; 2e et dernière
époque. — Une Salome moderne, comédie
sentimentale en actes. — L'homme aux trois
masques, 7e épisode : Le Marquis de Santa
Fiore.
Grand Cinéma Qrnano. 43. boulevard
Ornano. — Direction : Viguier— L'Or de
la Fout, y épisode. — La ceinture des
Ama{oues, fantaisie à grand spectacle avec
l'athlète Ausognia. — Sauvée des Canni-
bales, comédie comique.
Marcadet-Cinéma-Palace, 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — La Pocharde, Ier chapitre :
Les flammes mortelles. — Le sens de la
mort, avec André Nox. — Beaucitron et le
sous-marin comique. — La Chine et les Chi-
nois, documentaire. — Pathé-Jourual actua-
lités.— Attraction : Vergés, de l'Opéra de
Marseille.
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7. Avenue Secretan. Pathé-
Journal. — Beaucitron et le sous-marin,
comique. — Le cachet de cire, comédie
dramatique. — La Pocharde. drame en
12 chapitres, i'1' chapitre : les flammes
mortelles. -- L'Homme aux trois masques.
7« épisode : Le marquis de Santa Fiore.
Alhambra-Cinéma. 22. boulevard de la
Villette. — Directeur-propriétaire. M. Vic-
tor Deunier. — La blessure de l'enfant.
comédie. — Zigoto dans les carrières, comi-
que. — L'Homme aux trois masques, 5e épi-
sode : )e me vengerai — Actualitcs-Pathc.
Gigolette. 2- époque : La Bataille de la vie.
Les chansons filmées de G. Lordier.
20^ ARRONDISSEMENT
Cinéma l'Epatant. 4 Boulevard de Bel-
leville. — Amour. — Fiancé de sa femme.
— Glissement de ruchers. — Kelh fait du
Cinéma. — Le ranch de la mort.
Paradis-Aubert-Palace. 42. rue de Bel-
leville. — Le tombeau des cœurs, comique.
— Les Herinnyes vaincues, grand drame
interprété par Pina Menichelli. — Le roi
de l'audace, ciné-roman en 10 épisodes,
interprète par Eddie Polo, publie par La
Presse. 4'' épisode : Le mauvais destin. -
Le Loup, drame d aventures en 4 parties,
interprété par Earle Williams.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualités. — Pieralt
Jockey, comique. — Trois maris pour une
femme, comédie en 4 parties. — Attraction :
Léon Roger, imitateur. — La pocharde,
1 "' chapitre : Les flammes mortelles..
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Pathé-Jourual. — Fridolin chef de
rayon, comique. — La Pocharde. \--r épi-
sode : Les flammes mortelles. — Attrac-
tion : Les Red Stars, gymnastes. — Les le -
sors du cœur, comédie sentimentale en
5 actes.
BANLIEUE
Fontenay-Cinéma, 8, rue Boucicaut
(Fontenay-aux-Roses). — Programme du
4 et s Juin. — Vues d'Islande. — Papillon
de nuit, comédie en 5 parties, interprétée
par Ethel Clayton. — Les Deux Gamines,
8e épisode. — Pulchèrie, conducteur de
train comique.
Montrouge. — La Provence pittoresque.
— Montrouge-actualitès. — L'homme aux
trois masques. 7r épisode : Le Marquis de
Santa Fiore. — La Rose de Grenade, comé-
die dramatique interprétée par Suzanne
Talba. — Un drame sous Napoléon, drame
de l'époque napoléonienne. ire époque. —
— Le Salut de Fa/fv. comique.
Levallois. — Pathé-Jourual. — La el
aux faucons. — L'homme aux trois masques.
6e épisode : La fille du forçat. — Attraction.
— Gigolette. y époque : Les dessous de
Paris. — Lui. . . chec les Cozc-Boys. comi-
que, interprété par Harold Lloyd.
Vanves. — Pathè-Journal. — l'athe-
Revue n"22. — L'homme aux trois masques.
7« épisode : Le Marquis de Santa Fiore. —
Gigolette. 4e époque : Rédemption. — Une
poule ehec les coqs, d'après le vaudeville de
MM. Orsoni et Delrue. interprété par
Prince.
Magic-Ciné. 2 bis, rue du Marché (Le-
vallois). Wagram 04-91 . — Gigolette. y épo-
que : Les dessous de Paris. — Jack méde-
cin maigre lui. comédie sportive en s actes.
— L'homme aux trois masques. 6° épisode :
La Fille du Forçat. — Attraction : Les
deux peaux rouges dans leurs danses exo-
tiques.
Bagnolet. — Pathé-Jourual. — Beauci-
tron et le sous-marin, comique. — Le cachet
de cire, comédie dramatique. — fa Po-
charde. en 12 chapitres. Ier chapitre : Les
flammes mortelles. — L'homme aux trois
masques. 7e épisode : Le Marquis de Santa
Fiore.
Clichy. — Palhe-.'ourual. — Beaucitron
el le sons-marin, comique. — Le cachet de
cire, comédie dramatique. — fa Pocharde
en 12 chapitres. Ier chapitre: Les flammes
mortelles. — L'Homme aux trois masqu, r,
7e épisode : Le Marquis de Santa Fiore.
cinea
Les Films d'aujourd'hui
La Pocharde, d'après le roman
de Jules Mary, mis en scène par
M. Estiévant.
La Pocharde pourrait avoir cbînme
sous-titre « ou les méfaits d'un four à
plâtre ». On ne raeonte pas un tel
sujet. Je n'en veux pas savoir d'ail-
leurs le nombre d'épisodes. Mais je
retiendrai seulement qu'après les
tmpêria, les Tue-la-Mort et autres
inepties à l'usage du populaire qui.
d'ailleurs, les vomit. La Pocharde
apporte au moins une réalisation soi-
gnée, intéressante, plus dignes, ma
foi, de notre attention, que tant de
drames et de comédies dramatiques
des fournisseurs en faveur.
La mise en scène témoigne, en effet,
de goût, de sincérité et d'intelligence.
Combien de films nous ont-ils offerts
avec une scène aussi bien établie,
jouée et rythmée, que celle des as-
sises de Rouen, par exemple?
L'histoire émouvante de La Po-
charde retiendra la foule, sa mise à
l'écran nous empêchera cette fois de
dire tout le mal que nous pensons
des ciné-romans.
Le gentilhomme pauvre, co-
médie en 5 parties, d'après le roman
d'Henri Conscience.
Voici une excellente romance sen-
timentale qui satisfera tous les pu-
blics. Elle nous vient de Belgique et
ceci nous prouve que nos amis tra-
vaillent et s'appliquent à l'écran avec
un goût et une conscience qui —
pour être sans puissante originalité
— n'en sont pas moins dignes de
notre attention. Les scènes sont trai-
tées ici, sans emphase, avec une so-
briété exacte, la poésie parfois, une
poésie un peu trop à la Coppée en-
core, n'en est pas absente. Les éclai-
rages sont excellents et le rythme
est fort bon et bien interprété,
i Le gentilhomme pauvre constitue
un excellent spectacle pour familles,
où les amis de l'écran trouveront
aussi diverses satisfactions.
Une famille de toqués, scène
comique jouée par Harold Lloyd
(Lui).
Harold Lloyd est parfait dans ce
film où les idées comiques abondent
et qui est réalisé dans un mouve-
ment remarquable, avec un sens de
la parodie qui nous console heureu-
sement de tous les Rigadins de
France, d'Amérique et d'ailleurs.
Ce film vient tout de suite après
ceux de Chariot. Il faut le voir.
•
L'Epingle rouge, scénario de
P. Bienaimé, mis en scène par E. E.
Violet.
M. E. Violet qui nous avait vive-
ment séduits avec Papillons, nous
avait vivement déçus avec Li-Hançj
le Cruel qui connut bien des dé-
boires... Il prend sa revanche, une
revanche que je voudrais moins ba-
nale avec l'Epingle rouge. On y re-
trouve son goût, sa sensibilité, sa
science de composition, sans que ce-
pendant tant de qualités s'unissent
assez fortement pour s'imposer d'un
coup à notre admiration. Si, une
seule fois, dans les toutes dernières
scènes de son film, grâce aussi à la
force dont témoigne soudain son
principal interprète M. Tsin-Hou, on
touche à un instant de pathétique
extrême et d'une réelle grandeur.
Rien que pour cet instant, ce film
vaudrait d'être vu. Il nous fait ou-
blier certaines longueurs, cette scène
d'un sadisme aussi odieux qu'inutile
que M. E. Violet lui-même, je pense,
auracoupeé, cet abus permis à M. Do-
natien de décorer les intérieurs des
différents héros du drame avec une
trop uniforme fantaisie.
Beaucoup d'habileté, trop d'habi-
leté peut-être, trop sensible, et une
minute de tragique beauté. Ceci fait
mieux que compenser cela, et je le dis
sans aucune arrière pensée.
Le Cachet de cire, comédie
dramatique en 4 parties.
Où grâce à un cachet de cire qui
lui brûla le bras, enfant, une char-
mante jeune fille qu'on croyait per-
due dans un naufrage sera retrouvée
par son père et épousera, après di-
verses péripéties, le jeune homme de
ses rêves. Banalité du scénario, cela
n'est rien ; banalité de la mise en
scène, cela est tout. L'interprétation
cependant n'est pas, parfois, sans
intérêt. L'héroïne est jolie et joue
dans un vif mouvement.
Cela doit faire 1.500 mètres au
moins et nous vient inutilement
d'Amérique. Nous avons, chez nous,
hélas ! tant de ce métrage et de cette
qualité!
•
Beaucitron et le sous-marin,
avec Harry Pollard.
C'est une scène assez comique où
Charlie eût été admirable et où
Harry Pollard est seulement amu-
sant. On y observe avec plaisir un
groupe charmant de jeunes bai-
gneuses que Beaucitron, marin d'oc-
casion, délivre des mains des pirates
grâce à son ingénieuse balourdise et
qui opposent leurs jolies silhouettes
aux clownerie de Beaucitron.
Un film où chaque âge trouvera
son compte.
Léon Moussinac.
Cœur de mannequin
L'histoire de la vendeuse, épousée
par un honnête homme, veuf, déjà
âgé, pourvu d'une grande fille, qui
retrouve le complice d'une faute an-
cienne, essaie de démasquer ses pro-
jets sur la jeune fille et recule devant
les menaces de chantage du misé-
rable, est tirée d'une nouvelle de
Fannie Hurst, qui a écrit l'épopée du
magasin de nouveautés américain.
La nouvelle finit mal, mais il faut
bien ménager les sentiments des
spectateurs de Keokuk (Iowa) et,
grâce au postulat selon lequel, lors-
qu'on en vient aux coups, l'honnête
homme flanque une raclée au coquin,
le film finit bien. En outre, et pour
des motifs facile â concevoir, le
cadre — grande coutures, manne-
quins, clientes — vient en avant; il
en résulte un ensemble fort agréable,
dont se détachent plaisamment la
8
cinea
silhouette élégante, La jolie figure et
le jeu satisfaisant île Francelia Bil-
lington.
•
Le Vengeur
L'exposition, belle et puissante, la
poursuite à travers le désert, l'ago-
nie des misérables qui meurent de
soif, l'âpre geste de l'amant qui ar-
rache à la femme la bouteille d'eau,
la vipère levée sur la piste du che-
val, le rat acculé, tout cela l'ait pâlir,
paraître plus banal le reste du
drame, la vengeance détaillée que
tire le mari de chacun de ses enne-
mis. De savantes amputations, qui
ont retardé la sortie du film, ont
fait disparaître les longueurs dont
se plaignait M. P. S. mais sans
arriver à rétablir l'équilibre entre
les deux parties du drame. Dans
l'ensemble, un beau film, bien tourné
et bien joué par Henri B. Walthall.
•
Au pays des loups
Il semble qu'une des raisons de la
supériorité manifestée par les films
Scandinaves et par certains films
américains soit le rôle actif qu'y
joue la nature. Le fjord de Quand
l'amour commande, la rivière de
Dans les remous, les cascades des
Proscrits, la mer gelée du Trésor
d'Arne ne sont pas des fonds pitto-
resques auxquels se juxtapose un
drame; ce sont des éléments, des
personnages du drame lui-même.
Ainsi le désert du Vengeur dont
nous venons de parler, et la neige
du Pays des loups, acteur aussi effi-
cace que les loups, les indiens, les
trappeurs, et même que le jeune,
sain et vaillant Charles Ray, dans ce
film savoureux et fort.
La contre-partie nous serait four-
nie par le très médiocre parti que
tirent les italiens de leurs beaux
paysages; ou encore, pour prendre
deux œuvres françaises, par une
comparaison entre l'Appel du sang,
où le paysage est un acteur, et Vi-
sages voilés, où il est un décor.
•
Jim de Piccadilly
Ou l'Américain à Londres. La
donnée a plus de sel pour le public
anglais que pour nous; mais grâce à
une bonne interprétation, à Owen
Moore notamment, le film reste
agréable et amusant.
•
Chariot et le mannequin
Un Scherzo de la première manière
qui n'est point la meilleure, mais qui
retient son charme. Pourquoi repro-
cher à Charlie Chaplin ses pieds en
dehors, son pantalon à derrière d'oie
et sa petite moustache? Ce sont les
limites aussi strictes que celles d'un
sonnet ou d'un rondeau, d'une fugue
ou d'un menuet, dans lesquelles
s'exerce son génie propre, sans en
être plus gêné que ne l'étaient les
poètes du xvi1 siècle, ou bien les mu-
siciens du xvme siècle, avant que
Charles Philippe Emmanuel Bach
eût décidé que son père avait tort.
Le Sens de la Mort.
« Si la mort n'est qu'une fin, elle n'a
pas de sens. » Dans cette assertion se
traduit la volonté de l'être qui fait
instinctivement de sa personnalité le
centre du monde et qui ne conçoit
pas comment, lui disparu, l'univers
pourrait subsister. Mais la mort sans
être une fin, peut être une transforma-
tion, une condition nécessaire de la
vie, qui, tel le flambeau antique, fait
passer d'une génération à l'autre, à
travers les chutes successives des en-
veloppes qui le protègent et le propa-
gent, un germe immortel. Pourquoi
n'envisager que l'immortalité du sa-
vant ou de l'artiste? La vraie immor-
talité, c'est de revivre en ses en-
fants : Ortègue souffrirait moins de
quitter la femme qu'il adore s'il lais-
sait derrière lui un autre lui-même
qui deviendrait, sans qu'il eût le droit
d'en être jaloux, le nouveau pôle
d'affection de la survivante.
D'ailleurs Ortègue est un phéno-
mène attardé, un fossile. Le métaphy-
sicien matérialiste de l'Ecole de Bùch-
ner n'existe plus aujourd'hui ; seul
M. le Dantec peut en donner une
image affaiblie. Le plus incroyant des
penseurs contemporains n'ignore pas
le problème religieux et ne prétend
plus déduire la morale de la méca-
nique rationnelle.
L'antagoniste d'Ortègue ne repré-
sente pas non plus très brillamment
le point de vue catholique. Nous avons
peine â admettre ce jeune fanatique,
torturé de scrupules maladifs pour
un amour qu'il a su toujours garder
secret, mais qui ne craint pas de re-
procher à un homme, en proie aux
plus atroces tortures matérielles et
morales, d'user de la morphine, qui
ose adresser ce reproche alors qu'il
voit, â côté 4e son lit, l'image du
Christ, qui, cloué sur la croix, a de-
mandé à boire...
Mais nous ne sommes pas ici pour
philosopher sur la vie |ou la mort ;
n'oublions pas qu'il s'agit d'un film...
... D'un trèy beau film, très humain,
très impressionnant, l'un des plus
marquants que nous ayons vu depuis
longtemps, solidement composé et
admirablement interprété. Et ceci fa-
cilite la critique, car autant il est
futile d'écraser le néant, autant il est
intéressant de chercher les défauts
d'une œuvre qui existe.
On doit en signaler quelques-uns.
Tout le passage de la mine, du coup
de grison, est un hors d'œuvre, rompt
l'action, nous fait passer du psycho-
logique dans le documentaire. Il y a
dans l'exhibition des scènes chirurgi-
cales une cruauté inutile ; l'impres-
sion pathétique que nous donne une
souffrance intérieure et silencieuse
est incompatible avec l'émotion bru-
tale qu'entraîne la vue du sang. Où
donc enfin l'auteur a-t-il pris qu'avant
la guerre on sortait du bal à minuit?
C'est l'heure où l'on arrivait...
M. André Nox est un artiste puis-
sant dont les moyens sont peut-être
limités et qui reste encore sous l'im-
pression de ses créations antérieures.
Ortègue n'est pas un fou, un hallu-
ciné, un satanique ; dans son labora-
toire, c'est un prêtre sûr de son
dogme ; chez lui c'est un homme qui
supporte en silence une double tor-
ture, de corps et d'âme.
Mlle Yanova est une grande artiste ;
elle sait donner â tout son corps une
expression plastique admirable, et
son visage, qui correspond mal,
lorsque nous le voyons pour la pre-
mière fois, à l'image que nous nous
faisons de Catherine jeune, rejoint le
personnage à mesure que celui-ci se
trouve mûri et ravagé par le temps
et l'angoisse. Peut-être ces deux excel
lents acteurs abusent-ils, à la fin, du
jeu facile des yeux exorbités ; à ce
point de vue, la leçon d'Hayakawa
ne devrait jamais être oubliée. Les
autres acteurs ne méritent point de
cinéa
reproche et tiennent avec une justesse
parfaite des rôles de second plan.
Lionel Landry.
Le Sens de la Mort.
Sommes nous assez savants en l'art
cinématographique, pour nous per-
mettre de porter à l'écran des drames
psychologiques 'cmme ceux qu'ima-
gine M. Paul Boirget ? Non. Nous
avons déjà bien des difficultés à réali-
ser une intrigue simple, à trouverdes
artistes qui puissent exprimer des
pensées également simples. Comment
peut-on prétendre traduire des. senti-
ments amoureux, religieux, qui se
confondent par instant en une bande
de dix huit cents mètres.
Le Lys brisé, Le Pauvre Amour
étaient deux leçons pour nos metteurs
en scène. Ils n'ont sans doute pas eu
le temps encore de les comprendre.
Le Sens de la Mort est très habile-
ment interprété. L'actrice russe Ya-
nova n'est peut-être pas physique-
ment la femme qu'on voudrait pour
le chirurgien Ortègue, et qui hésite
entre l'amour qu'elle lui doit et la
tendresse qu'elle a pour son cousin.
Elle a l'air trop étrange, et trop félin.
Mais elle a un regard qu'on n'oublie
pas et de la mesure dans la douleur.
Le jeune cousin M. Henri Clair, a les
meilleures qualités du jeune premier
de l'élégance et de la simplicité dans
le jeu. Mais il faut mettre à part
M. Nox qui s'affirme là, comme le pre-
mier acteur de cinéma que nous ayons.
Les expressions de son visage, sont
d'une intensité et d'une intelligence
rare chez nos interprètes.
Mais, tant d'efforts dépensés font
regretter qu'on ne choisisse pas mieux
les scénario, et surtout qu'on témoi-
gne dans ce choix d'une méconnais-
sance quasi total de ce que doit être
le cinéma. La mise en scène qui est
soignée, d'un réalisme souvent exa-
géré, eut gagné a être sacrifiée davan-
tage au souci de faire « émouvant ».
Et puisqu'on voulait exposer des
états d'âme, il fallait qu'ils fussent
compréhensibles, et qu'on ne vit pas,
par exemple, Mme Ortègue, désespé-
rée de la mort de son mari, et toute
en larmes encore, courir brusquement
vers le lit où agonise son tendre cou-
sin, près duquel elle verse d'autres
pleurs. On a beau ne pas toujours
croire à la sincérité féminine. Il y a
plus de subtilité dans ses faiblesses.
René Bizet.
^ j/^ét*
TSIN-HOU
dans « L'BpingJc vougc
On n'a pas assez vu Anieka Yan à
Grâce à « Idéal et Realité « elle va y
du Colisée — ses plus caractéristic s
recherche presque classie
d'une séc I
2 K A YA N
n premier concert de danses l'hiver dernier,
senter aux parisiens — le 1 1 juin sur la scène
s expressions rythmées où elle affirme une
i e du style et un modernisme aigu
i! tion peu commune.
'lll
12
cinea
I MAMMAMOUCHI !
Faut-il regretter l'impatience et
l'acuité de notre libre esprit, ce grin-
cement perpétuel de la critique qui
mord sur l'imagination qui crée, et
envier un état statique et rédactif ?
Non, certes. Dans le domaine esthé-
tique comme dans bien d'autres sans
doute, tout conflit de théories et
d'idées constitue un divertissement,
et qui peut être de quelque profit.
Ceci, toutefois, ne doit être compté
que comme bénéfice de hasard. L'ar-
tiste, communément. ne discute guère:
il fait son œuvre, suit sa loi. Les créa-
teurs de tout ordre, et jusqu'au plus
modeste, doivent peu aujourd'hui à
leurs censeurs, si ce n'est, d'aven-
ture, une douce et salutaire gaieté.
C'est dans cet esprit de bonne hu-
meur que l'écran, pour une fois, re-
gardera la salle.
Il n'est pas question, sans doute,
de chicaner un public attentif sur
son adhésion, son silence passionné,
et de débattre avec lui si le mélo-
drame où Margot a pleuré, vaut ou
ne vaut point au jugement de l'Art
pur ; mais nous aviserons volontiers
le coin des raisonneurs. Grands clers
en toute chose, ils décident sans appel
de la beauté d'une œuvre ou d'une
femme, du mérite d'un écrit ou d'un
film. Ce sont, pour le surplus, de
redoutables donneurs de conseils.
Mais rentrons dans le champ. Voici
un art nouveau, le Cinéma, que beau-
coup aiment et servent. C'est une très
récente invention, une merveille toute
jeune encore et en plein «devenir».
Dans son destin, qui est lumière,
mouvement, vie, se concentrent, vir-
tuels ou présents, les prestiges et les
magies, les sortilèges et les vérités.
Le cinéma doit être suivi de cet œil
aigu et affectueux à la fois qui seul
est capable de comprendre et de con-
naître. Qui voit cet art se définir sans
se limiter, s'enrichir dans sa techni-
que et son esprit sans rester accablé
par ses acquêts ou par ses prises ne
le considère et ne l'interroge plus
qu'avec respect. Il a ses imperfec-
tions, ses gaucheries, ses gènes, ses
taches. Il s'efforce. Peut-être n'en
est-il encore, dans sa voie, qu'aux
peintures du Cros-Magnon, peut-être
nos plus brillants opérateurs sont-ils
semblables à cet homme de la préhis-
toire qui, sous les arbres du Luxem-
bourg, rit de surprise et d'orgueil
devant la maladroite image qu'il
vient de tailler. Peut-être... Mais le
point d'aboutissement de cette forme
primitive et gros.sière, de ce « por-
trait » de renne ou de mammouth au
minium, c'est la chapelle Sixtine et
la Vénus de Milo. Avant de gravir,
mesurez les étapes, comptez les civi-
lisations, méditez l'écart du départ
au terme. Nous en sommes au mam-
mouth, trop souvent aussi — je l'ac-
corde et le déplore — au mamma-
mouchi.
Cependant cette erreur qui est le
jeu d'un art encore enfant, ne justifie
point l'abondance des conseils qui
tombent si dru sur le cinéma. Nous
avons lu en quatre ou cinq endroits,
par exemple, la condamnation à mort
du ciné-roman, et c'est à vous que je
ôeûfty]
JACQUES DE BARONCELLI
le metteur en scène français de
Siège des Trois, Le Roi de la Mer,
Le Retour aux Champs, La Rafale,
Le Secret du Loue Star, La Rose,
Cbainpi-Tortit, Flipotte, Le Rêve,
Le Père Goriot, efe.
pense, mon cher Canudo.en écrivant
ces lignes, à vous dont j'admire le
talent, et dont la vie privée durant
ces dernières années, est l'une des
plus belles pages de patriotisme
ardent et désintéressé.
Plus de ciné-roman, justes cieux!
et pourquoi, s'il vous plaît? Parce
que c'est du roman feuilleton ? Sans
doute, il y a M. Ponson du Terrail et
M. X. de Montépin, pour ne citer que
des maréchaux, mais n'y a-t-il pas
aussi Balzac? Vautrin, dit Trompe-
la-Mort, traîne après soi le plus fan-
tastique attirail de mélo, et tout ce
mélo — avec quelques œuvres plus
classiques et plus sûres, il est vrai —
est encore l'honneur des lettres fran-
çaises. N'écrivez donc point qu'il faut
bannir le ciné-roman de nos pro-
grammes, « conseillez » simplement
qu'on l'améliore. Ne contestez pas le
genre: il a ses titres; mais tout de
même que pour le café — celui de
Balzac, par exemple — exigez la qua-
lité.
Pas d'adaptation T s'écrient en outre
nos censeurs. Sur ce chapitre, nous
avons vingt fois déclaré notre senti-
ment. Pas d'adaptation ? Fort bien,
mais quoi, de grâce ? Plus de cinéma,
sans doute I Souffrez que nous soyons
d'un avis différent et tenez pour as-
suré que l'adaptation aura vécu le
jour où de véritables auteurs de
film, où les écrivains pour cinéma
seront nés. Je ne doute point, d'ail-
leurs, qu'ils le soient déjà et que leur
éducation se fasse, sans qu'ils s'en
doutent, avec celle de notre art. Nous
les « espérons ».
En attendant, nous ne saurions,
comme on nous le propose un peu
tard, imiterservilement les films amé-
ricains Cette imitation qui n'était
pas un esclavage, non plus que nos
adaptations , le cinéma français l'a
pratiquée à son heure. Il s'est mis,
quand il l'a fallu, à l'école des maî-
tres, mais, la classe quittée, il pré-
tend agir par lui-même et à sa guise ;
c'est la règle, la bonne, l'éternelle,
honnête, digne, et seule féconde. L'art
français aujourd'hui n'a pas à se
plaindre de cette recherche person-
nelle et indépendante de la beauté.
Et ses services, ses succès, ses erreurs
même, lui donnent droit à plus de
crédit encore, il a droit à être affran-
chi de tous les poseurs de borne, de
tous les metteurs d'entraves et d'œil-
lères, il a droit à la liberté. C'est,
pour lui, sous la sauvegarde des hau-
tes, des éternelles disciplines, le loisir
de la recherche, la joie du risque,
l'attrait de l'inconnu, l'occasion de
développer toutes ses puissances,
c'est le droit à l'échec, c'est aussi le
droit au chef-d'œuvre.
Patience. Nous en sommes, disiez-
vous.au temps du Gros-Magnon. Que
l'on épargne donc au cinéma la plate,
étroite et hargneuse querelle, qu'on
lui fasse, sous réserve d'une critique
ouverte, le don cordial d'une confiance
dont il a besoin et qui est la plus
précieuse des subventions morales.
Que les esprits chagrins se mettent
(chacun son tour) à l'école du public.
Celui-ci, loin de chicaner les plaisirs,
les savoure dans leur réalité immé-
diate, et par ses exigences courtoises,
son désir plus impérieux, son goût
chaque jour plus exercé, sollicite et
encourage, dans son ordre et dans sa
voie, les progrès d'un art qu'il aime.
Car le cinéma, comme tous les arts,
a besoin de ces divins bienfaits qui
sont à l'origine de toute pure beauté
humaine: la sympathie et la liberté.
Jacques de Baroncelli.
cinea
13
0 STUDIO 0
Un studio est un théâtre de prises
de vues. Un théâtre de prise de vue
est une cage vitrée où l'on s'enferme
pour tourner. La location de ces
pièges à drame atteint à Paris le
taux de mille francs par jour. L'élec-
tricité se compte à part.
•
L'électricité est tout dans un studio.
C'est pourquoi on y dispose tout pour
que le soleil y tienne la première
place.
•
Il y a d'ailleurs trop d'électricité
dans un studio français ou du moins
trop d'appareils électriques. On se
sert de tous. Il vaudrait mieux sa-
voir se servir d'un seul.
•
Peu de gens ont des idées à eux
sur toute cette mécaniques. Ils ont
des modes. Autant de modes que de
modèles de lampes. Ainsi se suc-
cèdent la vague de lampes à mer-
cure, la vague de sunlight-arc, la
vague baby-spot-light, la vague des
projecteurs et cela continue. Alors
qu'une seule vague suffirait à noyer
un fdm.
•
Il y a aussi deux autres vagues :
la vague de froid et la vague de
chaleur. On trouve dans un studio
des poêles pour l'hiver et, paraît-il
des ventilateurs pour l'été. Bien en-
tendu ils n'ont qu'une valeur décora-
tive. C'est de la mise en scène. L'hi-
ver, un studio est une source de
congestion pulmonaire, l'été de con-
gestion cérébrale. De toute façon, le
cinéma mourra de congestion.
•
Il n'y a qu'une pièce bien faite
dans un studio. Pas trop petite, pas
trop grande. Bons fauteuils. Télé-
phone. Journaux. Excellents abat-
jour pour ne pas blesser la vue. Calo-
rifère ou feu de bois. Au besoin, une
bouteille de porto dans le coffre-fort.
Une seule personne vit dans cette
pièce : le directeur. Seulement il n'y
est jamais.
•
Les lampes électriques des studios
français sont habilement disposées
pour brûler les yeux des interprètes.
C'est sans doute pour les maintenir
dans un état de sensibilité intense.
Ils tournent toute la journée. Ils
hurlent toute la nuit de douleur,
d'insomnie, de colère, etc. C'est fort
dramatique.
Il est vrai que le même traitement
est appliqué aux acteurs comiques.
•
Il n'y a pas de loges pour les ar-
tistes dans un studio. Il n'y a que des
water-closets. On les balaie peu. On
les éclaire mal. On les chauffe en
principe. Il y a une chaise, un porte-
manteau, une cuvette quelquefois, il
n'y a jamais d'eau, mais il y a de la
poussière, et on l'arrose quelquefois
pour qu'elle colle bien aux robes du
soir. Quand les carreaux ne sont pas
brisés, on n'a pas d'air. C'est plus in-
time. Des loges? Des water-elosets.
•
Mais il n'y a pas de water-closets.
Il y a une soute gluante, quelque
part, sans lumière et sans strapon-
tin. Particulièrement avantageux
pour les robes du soir et les « cos-
tumes d'époque ». Vous trouvez ces
détails dégoûtants? Vons trouveriez
ces territoires encore plus dégoû-
tants. Rappelez-vous la caserne, et
comme les sous-officiers corses nous
faisaient astiquer les water-closets .
Les acteurs de cinéma n'ont pas en-
core compris qu'ils doivent nettoyer
ça eux-mêmes.
•
Il doivent tout faire eux-mêmes.
Ils n'ont pas d'habilleuses.
lis n'ont pas de coiffeur.
Ils n'ont rien.
•
Ils ne sont rien.
Il n'y a pas d'abri pour les acteurs
pendant les pauses. Ils ont le droit
de s'asseoir sur un tas de paille, ils
ont le droit de lire un journal prêté
par l'accessoiriste, ils ont le droit de
dire du mal de leurs camarades et
vous pensez bien qu'il serait criminel
de leur réserver une salle calme,
claire, paisible, munie de livres et de
magazines, avec « de quoi écrire » et
«de quoi s'asseoir... »
•
Les figurants ne sont pas plus favo-
risés. Si, après une scène de foule —
trois cents figurants! — le metteur
en scène veut se consacrer à trois
personnages, il ne peut éloigner ses
trois cents collaborateurs. Cela est
ainsi fait pour lui faire connaître le
vrai public qui parle, fume, crache,
fredonne, écoute peu et regarde mal.
•
Le metteur en scène...
C'est quelqu'un si l'on en croit la
presse du cinéma et quelques spec-
tateurs.
Mais dans le studio...
« Metteur en scène, me dit un ami
qui justement fait ce métier-là, met-
teur en scène, c'est un mot, comme
direction, régie, réalisation, comme
écraniste, cinéaste, tourneur, fou,
etc. etc., mais moi je suis le secré-
taire adjoint des machinistes.
•
L'auteur dans le studio.
Non, non, nous ne parlons plus que
de choses possibles, ou ce ne serait
pas la peine d'être civilisés.
•
L'opérateur est une sorte de tarte.
Je veux dire qu'il se coupe en quatre :
une part pour le metteur en scène,
une part pour l'électricien, une part
pour le directeur du studio, une part
pour l'appareil. Ce n'est pas un mé-
tier pour lui. Pour son appareil non
plus. Certes l'opérateur ne compte
pas, et son appareil est sacré. Par
conséquent on prend toutes sortes de
précautions pour l'appareil. Que
craint-il? Le soleil. Mettons le à
l'ombre. L'appareil est donc garé
dans un placard. S'il n'y a pas de
placard on le fourre à la cave, une
cave humide de préférence comme il
convient au vin d'Anjou, aux cham-
pignons et aux ratons.
A ce régime on s'étonne de ne pas
voir sortir des cancrelas ou des
mille pattes de l'appareil béni.
Enfin, il en sort bien quelque chose
de ce genre.
Louis Deli.uc.
14
cinea
Moving Picture Land
par HENRY ROUSSELL
M
New-York, 8 mai 1921.
Que de choses a dire sur le « Moving
Picture » d'ici étudié au triple point
de vue :
1' Industriel. — (Transactions entre
producteurs. — (Intermédiaires. —
Négociants. — Distributeurs).
2 Artistique. — Etablissement du
négatif, — sa conception, — sa réa-
lisation).
3° Exhibition. — (Théâtres d'exploi-
tation, — différentes formes d'exhi-
bition, — goûts du public).
D'une étude complète, détaillée,
poursuivie au cours d'un séjour de
deux mois en Amérique, je ne déta-
cherai aujourd'hui que quelques
notes concernant le point de vue
n"3.
Non pas que je veuille garder pour
moi seul les résultats de mes obser-
vations sur les deux points de vue
précédents.
J'ai fait ce long voyage dans un but
qui ne demeurera pas étroitement
égoïste. Oh î je ne voudrais certes
pas prétendre que j'ai consacré tant
de temps, d'efforts et d'argent, ayant
pour seul objectif le sauvetage du
cinématographe français, qui d'ail-
leurs ne me priait nullement de le
sauver ! Je suis venu ici pour y puiser
des enseignements qui me permet-
tront de faire fructifier au maximum
les capitaux qui m'accordent leur
concours et leur confiance.
Mais si l'ensemble de notre indus-
trie cinématographique est intéressé
par la documentation fournie que je
rapporterai des Etats-Unis, on me
verra très heureux d'avoir pu, dans
la mesure de mes faibles moyens,
l'aider à compredre, à connaître un
marché sans l'appui duquel elle ne
peut que végéter, hélas ! peut-être
disparaître.
Je dirai donc dans d'autres circons-
tances ce que je sais, ce que j'ai vu,
vécu, dans les « offices» les «stu-
dios » les milieux « production » et
« vente ».
Aujourd'hui parlons d'autre chose.
Constatant le peu d'entraînement
véritable du public français pour le
ciné j'ai vu souvent des observateurs
s'étonner de cette froideur condes-
cendante des foules françaises com-
parée à l'ardeur passionnée des foules
étrangères pour l'Art muet.
C'est que, en plus de cette raison
que chez nous, premiers expérimen-
tateurs du ciné, des années et des
années de productions cinématogra-
phique tâtonnante et d'essais parfai-
tement indigents, ont habitué le
public à une résignation un peu
méprisante, on ne fait pas des efforts
suffisants pour organiser les spec-
tacles avec le maximum d'attrait.
A part quelques exceptions extrê-
mement rares et localisées en tous
cas dans les très grandes villes,
l'organisation des spectacles demeure
lamentablement « foraine », incon-
fortable, sans goût, sans soins même,
sans égard pour le public, sans com-
préhension du cinématographe.
Il y a encore en France à l'heure
actuelle une grosse partie de la popu-
lation qui est nettement hostille au
spectacle de l'Ecran. Eh bien î je suis
convaincu que si, choisissant parmi
le plus irréductible de ces réfractaires
à l'art muet, nous pouvions faire
assister les iconoclastes à une séance
du « Capitol »" de New-York, nous les
verrions sortir de là transformés en
« initiés » désormais conquis.
Mais ne croyez pas qu'un seid éta-
blissement en Amérique peut être
cité pour le «soigné » et l'art detoutes
ses représentations.
La plupart des théâtres de quartier
laissent bien loin derrière eux, à ce
point de vue, nos établissements
parisiens les plus cotés.
Dès l'entrée la supériorité se fait
sentir en ceci que vous n'avez plus —
une fois votre place payée â la porte
— un cent à donner à qui que ce soit
au cours de la soirée. On vous déli-
vre « poliment » et « gratuitement »
un programme, on vous conduit
« gratuitement » à votre place. (Il
vous est loisible d'ailleurs d'en choi-
sir une vous-même â votre gré).
Sièges confortables, public toujours
silencieux, attentif et correct.
Dans certains établissements, or-
chestre de 60 â 80 musiciens composé
de virtuoses et grand orgue.
Quant au spectacle, un maximun
voulu, visiblement recherché d'agré-
ments.
Copie toujours irréprochable au
point de vue photographique Jamais
usée (on les renouvelle fréquemment).
Projection dirigée avec soin — ja-
mais de saut de lumière — vitesses
repérées par les projecteurs et intel-
ligemment variées. On ignore ici les
« décadrements », les défauts de
« mise au point » à la projection, le
« filage », etc.
Et alors, arrivons au point princi-
pal, l'adaptation musicale qui accom-
pagne le film.
Cette adaptation est toujours intel-
ligente et soignée même dans les
établissements qui renouvellent leur
affiche tous les jours mais dire qu'elle
est soignée ne serait pas suffisant
pour la plupart des établissements.
Elle est â proprement parler, magnifi-
que de compréhension, d'ingéniosité
de goût.
On peut dire même que dans cer-
tains grands « cinémas » la représen-
tation d'un film s'accompagne d'un
concert symphonique de haute va-
leur.
On voit ce qu'un accompagnement
de cette qualité peut ajouter d'émo-
tion, de plaisir délicat disons d' « ex-
cinea
15
tériori.sation sentimentale » à un beau
film.
L'adaptateur ne se borne pas à une
sélection ingénieuse et artistique, il
relie entre eux les motifs, les combine.
Il varie et joue en virtuose des rémi-
niscences, des leit-motiv, les super-
posant dans des sonorités diverses
s'adaptant aux circonstances de
l'histoire.
L'adaptation musicale serre de si
prés le sujet, les personnages, qu'elle
fait corps avec l'action. Les person-
nages, qui dans le scénario, ont un
caractère spécial, caractéristique et
de qui les agissements impriment à
l'intrigue des mouvements divers,
ont chacun « leur motif » musical
particulier (Il ne s'agit pas toujours
des protagonistes de 1 histoire).
Naturellement les lois de la pro-
gression et du mouvement sont admi-
rablement observées.
J'assiste en ce moment à la prépa-
ration par un virtuose spécialiste
d'une adaptation musicale spéciale
pour le film par lequel j'ai débuté
dans le cinématographe : L'Ame du
bronze, maintenant oublié en France
et qui va commencer sa carrière aux
Etats-Unis par une « présentation »
à « Carnegie hall » (salle de 4.500
places), je suis émerveillé des res-
sources d'art, d'imagination que
déploie — et avec quelle aisance -
dans cette besogne qui m'enchante le
très savant, très grand musicien
qu'est M. Rosenfeld, chef d'orchestre
du « Capitol ».
Ce n'est pas ici que l'auteur ou le
directeur d'un film doit — s'il tient à
sa tranquilité — ne pas commettre
l'imprudence fatale d'assister à une
représentation de son œuvre.
C'est une tradition chez nous parmi
les directeurs (metteurs en scène) de
fuir les salles de spectacle où
« passent » un film dont on s'est
rendu coupable.
On sait bien qu'on courre de trop
grands risques de souffrir mille
morts à la vue d'un massacre soit
par une copie effroyable, soit par des
coupures abracadabrantes, et le plus
souvent par une adaptation musicale
parfaitement inexistante quelquefois
par le tout à la fois, sans parler d'une
projection bousculée, essoufflée, tré-
pidante, voulue ainsi par le projec-
teur omnipotent. Affolée à l'idée de
rater son métro T. ..
Chez nous les protestations de l'au-
teur seraient accueillies avec un
silencieux et méprisant sourire par
les auteurs du désastre. Quand aux
protestations du public elles ne se
produisent jamais. Le public du ciné
semble en France, résigné à tout.
Si par extraordinaire on traitait le
public du Moving Picture américain
avec cette désinvolture, on en verrait
de belles ce soir-là dans la salle T
Quel boucan I II faut voir les protes-
tations si par grand hasard un acci-
dent insignifiant se produit à la pro-
jection.
On voit sans qu'il soit nécessaire
d'y insister davantage combien une
« présentation » de cette qualité at-
tache au cinématographe d'innom
brables adeptes dont la foule grossit
tous les jours.
Il faut que chez nous tous les chefs
d'établissement veillent à obtenir
des résultats semblables. Quelques-
uns y parviennent, car disons-le, cer-
tains établissements français appro-
chent de la perfection des établisse-
ments américains, pourquoi tous n'y
parviendraient-ils pas?
Que ces Messieurs renoncent à cet
état d'esprit fâcheux qui leur fait
croire que le public n'est pas sensible
au « fini » des représentations. Leurs
recettes ne diminuent pas malgré la
pauvreté du spectacle qu'ils offrent,
soit, mais qu'ils soient bien persua-
dés qu'elles augmenteraient dans de
grandes proportions si on assistait
chez eux aux représentations at-
trayantes offertes au public améri-
cain.
Qu'ils refusent impitoyoblement
les copies non conformes à la copie-
type sur le vu de laquelles ils ont
loué le film. Qu'ils choisissent leur
chef d'orchestre, leur projeteur, leur
appareil de projection, et surtout
qu'ils aiment le ciné qui les enrichit,
qu'ils l'aiment et le comprennent
Mais non, mais non, cher Monsieur,
je ne pars pas dans le rêve!
Ces exploitants là existent innom-
brables en Amérique, vous convien-
drez bien qu'ils peuvent exister ou
plutôt se multiplier chez nous.
Henry Roussell.
c i n e a
ABONNEZ=VOUS A
c i n e a
Sommaire du N ° 1
Les films d'aujourd'hui. Léon
Moussinac. Henriette |anne.
De "Rose-France" à "El Dorado" —
Louis Delluc.
En Amérique. — Lionel Landry.
Films cubistes allemands. — Ivan
Goll.
Spectacles. — Eve Francis.
Derrière l'écran. — Daven.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Echos, Réponses, Concours.
Photos et Portraits de Norma Tal-
madge, Cappellani, Mado Minty, Jaque
Cateïain. Lili Samuel. Hallys Feeld.
Boldireff, Louise Glaum. Eve Francis.
Mae Murray, Sessue Hayakawa, Mar-
celle Pradot, Elena Sagrarv. Charlie
Chaplin. Footitt, Suzanne Despres,
Signoret. Chaliapine. etc.
Sommaire du N ° 2
Les films d'aujourd'hui. — Pierre
Seize. Léon Moussinac. Henriette
Janne. L L.
Louise Fazenda et quelques autres.
— Lionel Landry.
Les films suédois. — Louis Delluc.
L'art pour le septième art. — Canudo.
Notes.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Derrière l'écran. — Daven.
Photos et Portraits de Pearl White,
Irène Castle, Barthelmess. Antoine.
Sacha Guitrv. Van Daële. Modot. Ida
Kubenstein. Chaliapine. Yonne Aurel.
etc.
Dessins de Capniello. Sacha Guitry,
Einar Nermann, Bécan, A. -F Martv.
Sommaire du N ° 3
Les films d'aujourd'hui. — Pierre
Seize. Léon Moussinac. L.L., Henriette
|anne, |.-H. Lévesque:
Notes. — Louis Delluc.
Variations. — Lionel Landry.
Interprétation. — Roger Karl.
Le synchronisme cinémato-
graphique. — Vuillermoz.
Spectacles. — Eve Francis.
Derrière l'écran. — Daven.
Pages de ma vie. — Chaliapine.
Echos, Réponses, Concours
Photos et Portraits deCharlieChaplin.
Nazimova. Betty Blythe. Jane Myro,
Roger Karl. Eve Francis. Pavlowa.
Diaghilew, Bakst, Stravinskv, etc.
16
cinea
0 DERRIÈRE L'ÉCRAN a
Un loup
M. Jean Durand, le metteur en
«cène de Marie-la-Gatté, tourne en
ce moment sur les studios Gaumont
les intérieurs d'un scénario d'aven-
tures; avec le concours pour l'inter-
prétation de Mmes Berthe Dagmar et
Françoise Maïa et M. Camille Bardon.
Nous y verrons Mme Dagmar aux
prises avec des loups et dans un corps
a corps avec un ours, en compagnie
d'un acrobate remarquable M. Mar-
ceau dont M. Jean Durand guide les
débuts au cinématographe.
Le film a pour titre : Un loup.
•
Concours
Ce metteur en scène, tout récem-
ment rattaché à la maison Gaumont
ne manque pourtant point d'imagi-
nation... cependant il est sur les
dents... Il cherche un titre pour son
film... tous ceux qu'il présenta...
L'homme et la Poupée... Pierrot
meurtri... etc.. furent refusés et on
ne lui en donna point en échange.
M. Mariaud est sur les dents... il
veut organiser un concours de films
selon le genre histoires sentimen-
tales...
•
En Provence
A Aix-en-Provence, le metteur en
scène de l'Ami des Montagnes,
M. Guy du Fresnay, a terminé les ex-
térieurs de son film Les ailes qui
s'ouvrent.
The Kid
On dit que — enfin I — une maison
française a acheté les droits d'exploi-
tation pour la France de The Kid, le
grand film de Charlie Chaplin, où
s'est révélé le petit prodige Jackie
Coogan, à côté du célèbre humou-
riste
•
Ceux qui tournent et ce qu'ils
tournent
Sur les studios Gaumont
M. Marcel L'Herbier termine El Do-
rado, mélodrame, avec Eve Francis,
Marcelle Pradot et Jacque Catelain.
M. Léon Poirier réalise Le Coffret
de Jade, avec Mlle Myrga, Mme La-
croix, MM. Roger Karl et Mendaille
M. Henri Desfontaines termine Les
Trois Lys, avec Mmes Grumbach,
Yvonne Desvignes, Gine Avril,
MM. Baissae et Kscande.
M. Maurice Mariaud achève L'Hom-
me et la Poupée, avec Mme Suzanne
Delvé et M. Tallier.
M. Guy du Fresnay finit les inté-
rieurs des Ailes déployées, avec-
Miles Iribe et Madys, MM. André
Roanne et Genika Messirio.
M. d'Auchy vient de terminer et
fait le montage de L'Ecran brisé,
qu'il a tourné avec MM. Mauloy, War-
riley, André Luguet et Mlles Liondel
et Vasseur.
M. Jean Durand finit de mettre en
scène Un Loup, avec Mme Berthe
Dagmar et Françoise Maïa.
M. Louis Feuillade va s'occuper des
intérieurs de Jeannette l'Orpheline,
qu'il réalise avec toute sa troupe.
•
l'n peu partout
M Luitz Morat fait les intérieurs
de La Terre du Diable, avec Pierre
Régnier, Modot, Yvonne Aurel et
Chapuis.
Mme Germaine Dulac s'occupe du
montage de La Mort du Soleil, qu'elle
vient de terminer, avec Denise Lorys,
Régine Dumien et André Nox.
M. Gilles Veber termine les inté-
rieurs de Jettatura avec Elena Sa-
grary, Jean Dehelly et Nino Veber.
M. René Hervil tourne les inté-
rieurs du Crime de Lord Arthur
Saville, avec Cecil Mannering, Olive
Sloane et André Nox.
M. Jean Legrand réalise avec Séve-
rin Mars, Le Cœur magnifique, inter-
prètes : Séverin Mars, Léon Bernard,
Tanya Daleyme, Maxudian et France
Dhelia.
M. Champavert adapte à l'écran
Le Porion, de M. Gerbidon.
M. Henry Houry met en scène L'In-
fante à la Rose, avec Gabrielle Dor-
ziat dans le rôle principal.
La Société d'Editions Cinématogra-
phiques a chargé M. André Antoine
de mettre en scène L'Artésienne, que
devait réaliser M. Léon Poirier em-
pêché. On y reverra Gabriel de Gra-
vone.
M. de Baroncclli termine l'adapta-
tion du Père Goriot avec Signoret,
Cheirel, Grétillat et Sylvio de IV-
drelli.
Quand nous serons à cent...
M. d'Auchy se vouerait-il à l'adap-
tation cinégraphique des œuvres de
M. Henry Bordeaux? Le metteur en
scène d'Ames Siciliennes vient en
effet de terminer l'Ecran brisé et
commence sous peu la réalisation
de La neige sous les pas, du même
auteur. Voilà qui va réjouir les fer-
vents de l'œuvre du maître et ravir
d'aise les amateurs de films tout rem-
plis de sentimentalité. L'interpréta-
tion sera sans doute celle de l'Ecran
brisé, avec peut-être un ou deux
autres personnages, Mlle Andrée
Lionnel, MM. Warriley et André
Luguet.
•
Un autre...
M. Jacques Robert, que l'on vit dans
l'Essor, le Fils de la Nuit, que l'on
verra dans l'Ombre déchirée, de
M. Léon Poirier, délaisserait sans
doute l'interprétation pour la mise
en scène.
Le jeune artiste va tourner, en effet,
un scénario de Jean-Joseph Renaud.
L'interprétation ne nous en est point
connue encore, non plus que le titre.
Nous aurons sans doute le plaisir d'y
retrouver Jean Toulout.
C'est la maison Gaumont qui édi-
tera sa production.
•
Fantasio
Nous aurons bientôt des films pleins
d'odeurs légères, de petites comédies
délicieusement parisiennes...
M. Félix Juven, le directeur du spi-
rituel Fantasio, vient en effet de s'en-
tendre avec M. Léon Gaumont, et
c'est sur les studios de celui-ci que
va se tourner une série de petits sce-
narii de (500 mètres qu'éditera la Mai-
son Gaumont.
Le metteur en scène de ces œuvres
sera Pierre Colombier, le dessinateur
bien connu. Il va commencer bientôt
le premier de ces petits films : Le
Paradis Perdu.
L'interprétation comprend déjà
M. Boucher, l'excellent comédien du
Retour, et M. Lefaur, son partenaire
à l'Athénée. . .
L'écran français manque de petites
comédies gaies et spirituelles... Sou-
haitons de tout cœur la bienvenue à
celles-ci. . .
Daven.
cmea
17
Spectacles
Lopokowa danse.
Je n'avais jamais vu Pêtrouchka.
Je me souviens pourtant de Xijinsky.
de Karsavina, de Bolm. Feux d'arti-
fice I Lopokowa reparaît comme un
frisson, comme je ne sais pas quoi î
Est-ce autre chose que Pêtrouchka ?
Est-ce le vrai Pêtrouchka? Vraiment
on ne peut pas savoir.
Lopokowa danse.
•
Marie Dalbaïcin danse.
Dans les âpres et doux faubourgs
de Séville on voit beaucoup de dan-
seuses. Il n'y a pas si longtemps que
Dora la Cordobesita, la Condesa Zoé,
Trinidad Ruiz se livraient, fièrement
audacieuses, à nos yeux de passage.
Beauté sévère en sa facilité, tradi-
tion, style, humanité, que ne peut-on
dire de ces thèmes plastiques ? Le
plus médiocre anéantit de grands
talents d'ici.
Mais le programme de Serge de
Diaghilew, mais le décor de Picasso,
mais la scène exagérée de la Gaité
Lyrique — ne savent pas ce que c'est
que le flamenco et son étonnante
architecture. Le «cuadro » qu'on nous
offre réunit tous les charmes d'une
nuit de Barcelone ou de Valence,
mais en égare la grandeur. La dan-
seuse bouffe, le guitariste, l'homme
sans pieds, la chanteuse à cascades
tragiques, que peuvent-ils ? Marie
Dalbaïcin est acclamée de confiance,
comme un numéro de Barnum ou une
production de café-concert.
Rendez-vous en Andalousie.
Du moins elle est exquise dans Le
Tricorne de Falla, On y vit naguère
Léonide Massine et Catherine Devil-
liers. Voici Woidzikowsky aux sa-
voureuses désarticulations et Marie
Dalbaïcin, inquiète comme une pay-
sanne dans un musée, mais fraîche,
franche, juste, émouvante de froi-
deur, chaude d'indifférence et de
spontanéité.
•
Elsie Janis danse.
Je songe à Pavlowa.
Elsie Janis est une grande enfant
délicieuse.
Elle est tellement fine, tellement
gracieuse, tellement distinguée qu'on
se demande pourquoi les gens du
Paris d'après guerre ne sifflent pas.
Eve Francis.
• CRMAN
MARIA DALBAÏCIN
la savoureuse ballerine
andalouse présentée
par Serge de Diagilew
dans le dernier specta-
cle des Ballets russes.
ESSIN II KIWIl M UM1N\.
18
cinea
UNE TÊNÊ'BREUSE AFFAIRE
Composition cinégraphique
d'après le roman de Balzac
{Suite et fin)
2.'io (xxxvin. Ils se trouvent tous cinq clans une vaste
salle voûtée, fermée par une grille. Michu allume une torche,
leur montre comment s'installer.
•2',U). « Pendant sept mois, les quatre jeunes gens vécu-
rent dans cette cachette. »
2.'$2) (iv . Laurence à cheval à travers hois.
2.'5.'5) (v). Laurence attache son cheval à un arbre et pénètre
dans les fourrés.
2.54) (xxxvn). Laurence dans le caveau au milieu des
quatre jeunes gens.
2.5Ô (v). Un policier, observe le cheval de Laurence, se
cache. Laurence revient, monte à cheval, part. L'homme
apparaît, suit la piste de Laurence a travers les feuillages.
236). « Mais lorsque Bonaparte se fût couronné Empe-
reur... »
237) (xxxn). Le tableau du Sacre.
a38). «... les Simeuse et les d'Hauteserre, compris dans
l'amnistie, reparurent au château de Cinq Cygne. »
2;}y) (xlv). Le retour des quatre jeunes gens, M. et
Mme d'Hauteserre embrassent leurs enfants ; les deux
Simeuse tiennent chacun une main de Laurence ravie.
240) (xlv). Laurence entre les deux frères, habillés de la
même façon.
241)- « Comment voulez-vous que je choisisse entre vous?
Je ne puis même pas vous distinguer ? »
242) (xi. vi. Elle revient, apportant une cravate blanche
qu'elle fait mettre à Paul.
24'5) (xxiii a). Laureuce se promenant dans le parc entre
ses deux cousins.
244) ( vin a). Laurence, les Simeuse, les d'Hauteserre,
chassant.
245) (xxiii). Une calèche désuète s'arrête devant la porte
de Cinq-Cygne.
24<>). « Le marquis de Chargebœuf, chef de la branche
ainée, vient rendre visite à ses parents. »
247) (xxiii). Les Simeuse aident le marquis à descendre
de calèche, le font entrer.
24B) (xi.v). Au salon, entretien qui devient vite sérieux.
249 (xlv). Le marquis (premier plan).
2.">o). » On sait que votre garde-chasse a voulu tuer Malin...
J'aimerais mieux que vous fussiez autre part qu'ici... »
a5l) xlv). Suite de l'entretien. Le marquis, se levant, à
Laurence et aux Simeuse :
252). « Malin a acheté vos biens, il veut prendre le titre
de Comte de Gondreville ; vous le gênez, prenez garde !
Transigez si vous pouvez : sinon observez toutes vos actions
même les plus légères. »
a53 1 xxiii). Le départ du marquis.
254) xlv). Au salon, après son départ. Indignation un peu
méprisante des jeunes gens. Paul de Simeuse :
255). « Et c'est le chef de la famille qui parle ainsi ! »
2.")(J) (xlv). Son frère :
25"). « Gondreville devenir le nom d'un Malin! »
2,")S) (xlv). Laurence.
25g). « J'aimerais mieux le voir brûlé! »
260 (xixa). Le perron de Gondreville. Une berline s'ar-
rête, d'où descend...
261) (xix a), premier plan... Malin.
262). « Et cependant Malin, futur comte de Gondreville,
arrivait dans son domaine... »
263) (xxvm). Le cabinet de Eouché au Ministère de la
Police générale- Le Ministre se lève, va au fond de la pièce ;
arrive près d'une table...
264) (xxvm). (premier plan ... il presse un ressort, ouvre
un tiroir secret.. .
265). « ... Non sans que Fouché s'inquiétât de ce dépla-
cement. »
266) (xxvm). On frappe ; Fouché repousse le tiroir, dit
d'entrer ; un huissier annonce, un visiteur, signe affirmatif
de Fouché ; l'huissier sort, Fouché prend un papier dans le
tiroir, le referme, revient à sa table. Corentin entre, salue ;
Fouché lui tend la main, lui dit quelques mots, lui montre
l'affiche.".
267). L'affiche (n° 42).
2G8 (xxvm). Fouché (premier plan).
2(iq). u Quel jeu joue Malin en ce moment ? Il conserve
des ballots de vos affiches que la prudence lui ordonnait de
détruire.. .
270) ixxviii). Fouché froisse l'affiche, la jette au feu, la
regarde brûler un moment, puis reprend :
271). « ... Mais pas à Paris en tout cas. J'ai fait fouiller
sou hôtel ; tout doit être à Gondreville. »
272) xxvm). (Premier plan] Corentin, ses yeux s'illumi-
nent, il regarde dans le feu.
27 .">i. Dans le feu il voit l'affiche qui achève de brûler,
les noms disparaissent l'un après l'autre, rongés par la
flamme. Mais à la place du papier il voit la cassette jetée
par Laureuce, puis, au milieu des flammes, le coup de cra-
vache qu'il a reçu sur les mains.
274) [xxvm). Corentin détourne ses regards et regarde
de nouveau Fouché : celui-ci continue.
275). « Il faudrait s'en assurer. »
276) xxvm . (Premier plan Corentin, de nouveau maître
de lui-même.
277 . « On dit que Malin a subi des revers de fortune, on
prétend qu'il veut vendre Gondreville. »
cinea
278) (ma). Le sillon de Cinq Cygne. Le soir. Tous les
hôtes habituels réunis. Entre Miehu qui annonce une nou-
velle. Impression ; on se lève.
279) (xi.v). Au premier plan, Michu, Laurence elles deux
Simcusc parlent avec animation.
2801 (xxiii). Grand jour. Les quatre gentilshommes ;
Laurence, Michu, montent à cheval et partent.
28 r) (xx). Sur la route, ils croisent au paysan. Celui-ci les
salue.
282) « Salut, messieurs ! Vous allez donc à la chasse,
malgré les arrêtés de la préfecture ? Prenez garde, vous avez
des ennemis. »
288 (xx). Paul de Simeuse, souriant (premier plan).
284). « On ! Dieu veuille que notre chasse réussisse et tu
retrouveras tes maîtres. »
285). (vl. Dans la forêt, Laurence reste en voiture, à che-
val, les cinq autres s'enfoncent sous bois.
286) (1,1). Salon de Gondreville. Malin et Grévin jouent
aux échecs au coin du feu ; deux dames causent dans un coin.
2871 (m). Premier plan. La table d'échecs. Malin (vu de
face) et Grévin, Malin tressaille, se lève.
288) (1.1). Entrée brusque de cinq hommes masqués dont
un, court et trapu, porte une large barbe rousse en éventail.
Chacun maitrîse un des occupants du salon, le cinquième
commence à attacher Grévin sur sa chaise.
289) (li). Les deux femmes, Grévin, sont attachés sur
leurs chaises ; les hommes partent, emportant Malin gar-
rotté.
290) (xix a). L'homme barbu et l'un de ses compagnons
sont à cheval ; on hisse Malin sur le cheval de l'homme
barbu, et les deux cavaliers partent.
291) (vmi d). Les deux hommes font passer Malin, tou-
jours garrotté, par le trou, puis reparaissent et commencent
a murer le trou avec des pierres et du plâtre préparé d'avance.
292) (xxxvin). Dans la salle voûtée. Malin adossé contre
la grille. Un homme paraissant de l'autre côté, coupe les
liens de ses mains, puis s'en va. Malin achève de se dégager,
se lève regardant autour de lui.
2g3) (li). Des domestiques entrent, délivrent les deux
femmes. Grévin qui part en hâte.
294) (xxxi). Grévin entre brusquement chez le sous préfet
d'Arcis. Un instant plus tard, entrée du lieutenant de gen-
darmerie.
295). Le télégraphe jouant.
296) (lu). Michu rentre chez lui, les vêtements sales de
plâtre. Sa femme ; sa belle-mère, l'accueillent. Soudaine arri-
vée des gendarmes. Le brigadier de gendarmerie.
29;)- « Vous êtes accusé d'avoir enlevé M. le Sénateur
Malin. Qu'en avez-vous fait ? Il y va de votre tête... »
298) (xliv). Vestibule de Cinq-Cygne. Laurence et les
quatre jeunes gens rentrent, très gais, en costume de cheval.
Elle s'arrête, regardant ses deux cousins.
299) « Aujourd'hui le sort décidera entre vous deux ! Le
premier à qui ma tante d'IIauteserre adressera la parole, ce
soir, à table, après le benedicite, sera mon mari. »
300) (xlviI. A table. Le benedicite. Expression d'anxiété
générale. Mme d'Hauteserre la remarque.
3oi). « Mais il s'est passé quelque chose d'extraordi-
naire... »
3o2) (xlvi). Laurence.
3o3). « A qui parlez- vous ? »
3o4) xlvi). Mme d'Hauteserre, servant la soupe dans les
assiettes.
3o5). « A vous tous. »
(3o6 (xlvi). Mme d'Hauteserre tend une assiette à l'aîné
des Simeuse qui est déjà servi. Celui ci lui signale son erreur
d'un geste. Mme d'Hauteserre, lui parlant.
307). ii Je me trompe toujours, malgré vos cravates. Je
croyais servir votre frère. »
3o8) (xlvi). L'autre Simeuse, devenant pâle, regarde Lau-
rence avec un sourire triste.
309). « Vous le servez mieux que vous ne pensez. Le voici
l'époux de Laurence. »
3ïo) (xlvi). Emotion générale. Explications. Tout à coup
la porte s'ouvre ; entre l'abbé Gigue t.
3n). L'abbé (premier plan).
.3 12). « Fuyez ! on vient vous' arrêter ! »
3i3) (xlvi). Les deux Simeuse étonnés (premier plan).
3i4). « Pourquoi ? »
3i5) (xlvi). L'abbé Giguet insiste : discussion. Entrée du
juge de paix, suivi des gendarmes qui procèdent à l'arresta-
tion.
3i6) (xxvin). Corentin est introduit dans le cabinet de
Fouché.
317). « Monseigneur, la mission est accomplie. »
318) (xxvin). Corentin, continuant à parler.
319) (xix). Une pelouse du parc de Gondreville. Trois
hommes transportent des ballots de papier, les entassent,
les brûlent. Une grande flamme monte.
3io) (xxvin). Corentin continuant à parler. Fouché le
félicite d'un signe de lête ; il sort.
32i) (xxvni). Chez le marquis de Chargebceuf, à Noyés.
Laurence, le marquis, M. et Mme d'Hauteserre, consternés.
Entre Bordin.
322). « Le célèbre juriste Bordin, qui vient diriger la
défense. »
323) (xxvin). Bordin, après un moment d'entretien.
324). « Mais enfin qu'avez-vous fait ce jour-là ? »
325) (xxvin). Laurence.
32(5). «Le bruit courait que Malin voulait vendre Gon-
dreville. Nous somn es allés chercher dans la forêt. .
327) (xxmj. La troupe, comme au n° 280.
328). « Un million en or, appartenant à mes cousins de
Simeuse, et caché par les soins de Michu ».
329) (iv). Les quatregentishommes et Michu transportant
des sacs.
33o). Et nous l'avons ramené à Cinq-Cygne pour avoir
l'argent sous la main ».
33l) (xLix).Les mêmes dans une cave du château, cachant
les sacs sous une voûte qu'ils murent ensuite.
337) (xxvm). Bordin découragé :
333). « Personne ne vous croira, ou bien l'on pensera que
vous avez pris cet or à Gondreville, et l'on ajoutera à l'in-
culpation d'enlèvement celle de vol... »
20
cinea
334). (x.win). Consternation des auditeurs.
335) (xxxm). Devant le jury criminel. Commencement du
procès.
336) (in). Chez Michu. Marthe, acablée, et son fils. Entre
la mère de Marthe.
337). « Un homme de Troyes veut te parler de la part de
Michu. Il t'attend dehors. »
.'{'58 xxn). Unhomme.de l'autre côté de la grille (demi
jour) échange quelques mots avec Marthe, lui remet un
billet.
33;j) (mi). Marthe rentre, lit le billet, puis, l'ayant lu, le
brûle à la chandelle. Elle prend un panier, y met du pain,
du saucisson, du vin et part, tenant à la main une lanterne.
340) (xxxvii). Malin, debout, regarde par la grille.
341) xxxvii). Il voit uue petite lueur au loin. Elle dispa-
raît, reparaît, zigzague, s'approche. Marthe arrive de l'autre
côté de la grille, passe des vivres à Malin ; il lui saisit la
main, elle se débat.
342) (v). Le chien aboie.
343) (xxviii). Deux hommes arrivant de l'autre côté de la
grille, arrêtent Marthe. L'un, armé d'un levier, écarte les
barreaux, délivre le sénateur.
344) (xxxiii). Suite du procès. On amène Malin et Marthe.
Marthe pleure, raconte ce qui s'est passé.
345 (xxxiv . Michu bondit :
34')). « Ce n'est pas vrai, je ne t'ai jamais écrit ! montre
cette lettre ! »
347) (xxxiii). Marthe Michu, consternée.
348). « Tu me recommandais de la brûler. »
349) (xxxiii). Michu retombe accablé.
'i')o) (xxxiii). La lecture du verdict.
35 1). « ... en conséquence sont condamnés.
« Michu à la peine de mort... »
352) (xxxiii ). Michu (premier plan).
353). « Paul de Simeuse a vingt- quatre ans de travaux
forcés. »
354! (xxxiii). Paul de Simeuse (d°).
355). « Marie de Simeuse à vingt-quatre ans de travaux
forcés. »
350 (xxxiii). Marie de Simeuse d°).
357). « Robert d'Hauteserre à dix ans de travaux forcés. »
358) (xxxiii). Robert d'Hauteserre (d°).
359) « Adrien d'Hauteserre à dix ans de travaux forcés ».
3(>o (xxxm). Adrien d'Hauteserre (d°).
36i) xxxiii). La salle pendant la lecture du verdict. On
emmène les condamnés. Leur geste d'adieu à Laurence.
362) (xxxvin). Le marquis de Chargebœuf, M. et
Mme d'Hauteserre, Laurence, Bordin. Celui-ci.
363). « Nous n'avons plus maintenant qu'un espoir, la
clémence de l' Empereur. »
304) • (xxxvili). Laurence indignée :
365). « Demander leur grâce et à un Bonaparte! »
366) (xxxvm). Bordin, au marquis.
3li7). « Monsieur le marquis, courons à Paris les sauver
sans elle. »
368) (xxxvm). Le marquis.
3G9). « Je connais Talleyrand ; il fera quelque chose pour
nous. »
'>7d) (xxix 1. Le cabinet du prince de Bénévent. Celui-ci
fait quelques pas et va s'asseoir au coin du feu pour lire un
journal.
371). (Le journal.) « Le pourvoi présenté par les condam-
nés du procès de Troves vient d'être rejeté par la Cour de
Cassation. »
372) (xxix . Le prince regarde rêveusement dans le feu.
37.3). Dans le feu, un tas de cendres qui peu à peu rede-
vient une affiche (n° ^2). Les lettres, les signatures s'effacent
alors peu à peu, la dernière demeurant seule en vue.
374) (xxvn). Evocation ; le n" 28.
Î75) (xxix). Un huissier annonce une visite. Le prince
fait un signe de tête. Entrent le marquis de Chargebœuf et
Bordin. Le prince se lève pour les accueillir, fait asseoir le
marquis, puis après un entretien d'un moment, fait signe à
Bordin de s'asseoir à une table, et dicte :
376 . La plume d'oie, écrivant :
« Sire,
« Quatre gentilshommes innocents, déclarés coupable par
le jury, viennent de voir leur condamnation confirmée par
Votre Cour de Cassation.
« Votre Majesté Impériale ne peut plus que leur faire
grâce. Ces gentilhommes ne réclament cette grâce de Votre
auguste clémence que pour avoir l'occasion d'utiliser leur
mort en combattant sous vos jeux...
377) (xxix). Talleyrand, adossé à son bureau et dictant.
378). « Talleyrand en dictant ces mots ne savait pas être
prophète. »
379). Les flammes de la cheminée. Elles prennent corps.
La fumée devient celle d'un combat (x). Mêlée de cavalerie.
Les deux frères de Simeuse tombent l'un après l'autre.
38o . « Les deux frères de Simeuse devaient tomber à
Sommosierra, trois ans plus tard...
38i) (xi). Un champ de bataille. Un cadavre étendu.
382). « ... et Robert d'Hauteserre à la Moskowa. »
383) (xxix). Bordin finit d'écrire et se lève.
384) <( Et Michu, Monseigneur ? On ne peut pas les sau-
ver sans lui ! »
385) (xxix). Talleyrand.
386). « N'allez pas vous embarrasser de votre drôle de
garde-chasse ! »
387) (xxix). Bordin, avec éi an.
388). « Un homme sublime ! »
389) xxix). Talleyrand, à Bordin.
390). « U faut une victime ! N'en demandez pas trop ! »
3<)i) (xxix). Talleyrand au marquis.
392). « Et n'oubliez pas que la grâce de vos parents ne
peut être obtenue que par une seule personne... par Mlle de
Cinq Cygne. »
3g3) (xi.m). Dans la prison de Troyes, Marthe Michu ago-
nise sur un grabat, soignée par Laurence. Entre Michu,
enchaîné et gardé par un gendarme.
3g4) (xi.iii). Ses derniers adieux â sa femme. Elle meurt.
795 xi.iii . On emmène Michu. Laurence lui serre la main
en lui disant :
39G . « Je vous sauverai. »
3(»7) (xxxm). Laurence etle marquis montent en calèche.
3<)8 (xxxn i. La calèche franchit la grille.
cinea
21
I99). « Après de longue journées de voyage. »
400 xn). La calèche roule le long d'une rivière. Passent
îles soldats qui la regardent avec curiosité.
401) (xn). (Premier plan) . Laurence interroge un soldat.
402). « Quelle est cette rivière »
|o3) (xu). Le soldat.
4<>4)- « C'est la Saale. »
4o3) (xn ). Laurence.
4<>(i . « Où sommes nous ? »
407) (xn). Le soldat :
4<>x). « Près d'iéna. »
4°9) (xi.v . Un gendarme arrive. 11 interroge le marquis.
410) (xn). Le marquis (premier plan).
4> 1). « Je veux voir l'Empereur, j'ai une dépêche du prince
de Bénévent pour le Grand-Maréchal Duroc. »
4iH) (xn). Le gendarme part. Arrivent deux officiers à
pheval, couverts de grands manteaux, l'un grand, l'autre
petit. Ils s'arrêtent en voyant la calèche. Laurence s'adresse
au plus grand, qui lui répond.
I 41^)- l( Vous ne pouvez pas rester ici ; vous êtes entre les
ieux armées : Si l'ennemi faisait un mouvement et que l'ar-
tillerie jouât, vous seriez entre deux feu. »
; 4T4) (XI1)- (Premier plan). Laurence répond d'un air indif-
férent. — Ali? —
I 4'^) (XI0- ^es deux officiers (premier plan). Le plus
petit au plus grand.
, 41*')- (< Comment cette femme se trouve-t-elle là ? »
417) (xn). Laurence (premier plan).
• 4'8)- |( Nous attendons un gendarme qui est allé prévenir
Ile Grand Maréchal Duroc, en qui nous trouverons nn protec-
teur pour pouvoir parler à l'Empereur. »
419) (xn). Le premier officier :
421)). « Parle!- à l'Empereur ? Y peusez-vous ! A la veille
l'une bataille décisive ! »
4^i (xn). Laurence.
422). « Oh ! vous avez raison, je ne dois lui parler
qu'après demain : la victoire le rendra clément, n
423.) (xn). Un nombreux cortège d'officiers arrive, se
range autour du plus petit des deux officiers : C'est l'Empe-
reur. H donne des ordres.
424) (xui). Dans la prison de Troyes, Michu, enchaîné
issis sur son lit.
42")) (xui). (Premier plan). Il ferme les yeux et revoit...
42'» (xui). Evocation : le n° 36.
427) (xlu). Le procureur entre, suivi de l'abbé Gignct, qui
exhorte le condamné : puis deux gardiens viennent l'emme-
ner, l'abbé l'accompagnant.
428). (xxvj. La calèche est garée derrière une chaumière.
Duroc s'avance, échange quelques mots avec le marquis de
Chargebœuf, puis le fait entrer avec Laurence dans la chau-
mière.
429) xxx). Devant une table desservie, Napoléon, en
culotte blanche et en habit vert, prend la tasse de café (4ue
lui présente Constant sur un plateau. Feu de bois vert dans
la cheminée. Berthier, debout, est derrière l'Empereur.
Entrent Laurence, le marquis, Duroc.
430) (xxx). (Premier plan) Napoléon, regardant brusque-
ment Laurence.
43 1. « Que voulez- vous? Vous ne craignez donc plus de
me parler avant la bataille ? »
432) (xxx). Laurence, regardant fixement l'Empereur.
433). « Sire, je suis Mlle de Cinq-Cygne.
434) (xxx). Napoléon, premier plan, d'un air colère : -—
Eh bien ?
435) (xxx). Laurence, tombant à genoux et lui tendant le
placet.
43(>) (xxx). Laurence (premier plan).
43"). « Ne comprenez-vous donc pas, sire ? Je suis Mlle de
Cinq Cygne et je vous demande grâce. »
438) (xxx). L'Empereur la relève gracieusement.
43<)) « Serez vous sage enfin ? Comprenez-vous ce que doit
être l'Empire français ? »
44°) (xxx). Laurence, vaincue.
44')* (< ^u ■ ^e ne comprends en ce moment que l'Empe-
reur. »
442) (xxx). Napoléon, regardant le placet.
443). « Sont-ils innocents ? »
444) xxx). Laurence, avec feu :
44"»)- « Tous ! »
44'») (xxx . Napoléon.
447)« « Tous? Non. Le garde chasse est un homme dan
gereux qui tuerait mon sénateur sans prendre votre avis. »
44^) (xxx). Le dialogue continue. — Sire, si vous aviez
un ami qui se fut dévoué pour vous, l'abandonneriez vous ?
Vous êtes une femme. — Et vous un homme de fer ! — lia
été condamné par la justice de son pays. — Il est innocent !
449) (xxx). Napoléon, se levant :
4")o). « Enfant ! »
4")i) (xxx). 11 prend Mlle de Cinq Cygne par la main et
la l'ail sortir de la chaumière.
4.")2) (xiv). Napoléon, sur le plateau, montrant l'horizon
éclairé de feux. 11 parle avec animation. Laurence reprend,
suppliante. Napoléon reprend.
453). « Sachez, Mademoiselle, qu'on doit mourir pour les
lois de son pays, comme on meurt ici pour sa gloire. Retour-
nez en France, vos cousins seront libres sous caution en
attendant mes ordres. »
454) (xxv). Laurence et le marquis remontent dans la
calèche. La nuit tombe.
Lionel Landry.
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de lettres qui ait ouvert une rubrique
cinégraphique.
Le Crapouillot a publié sur le cinéma des
articles de Victor PERROT, Harry BAUR,
Alexandre ARXOUX, Loi is DELLUC ,
Claude BLANCHARD, P.xri. REBOUX,
Henri EALK, Dominique BRAGA.G. MOUS-
SINNAC, René KERDYCK, Marcel GRO-
MAIRE, René BIZET; et l'analyse de
toutes les représentations importantes.
Le récent numéro spécial du Crapouillot
sur « Le Cinéma » est adressé contre
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DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 10 au Jeudi 16 Juin
2? ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Le renard et le corbeau, dessins
animés de Louis Forest. — Les actualités de-
là semaine. — Patbè-Revue. — Le Gardien.
scène dramatique interprétée parjoë Ham-
man. — Lily Vertu, comédie avec Huguette
Duflos. — Attraction : Cartel . dans son
répertoire.
Cinéma de la Presse. 12s. rue Mont-
martre.— Le Due de Reiebstadt. - Voleurs
de femmes, 7e épisode. — Le retour du cœur,
comédie sentimentale — J'icra/t danseuse,
comique.
Parisiana. 27. boulevard Poissonnière.
— Nous et les animaux, documentaire. —
La maison du fantoche, dessins animés. —
Seule dans la Jungle, drame. — Le collier
de sa reine, comique. — Parisiaua-Jourual .
actualités. — Ambition, grande scène dra-
matique avec Francelia Billington. — Le
Salut de Fatty, comique. — En supplément
de 7 h. 1/2 à 8 h. 1/2, excepté dimanches et
fêtes : Tom Moore dans Un brillant Poli-
ceiiian, comédie. — Gutenberg 56-70.
3e ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Pa/be-Journal. —
Patbc-revue n° 24. — L'Homme aux trois
masques, 8e épisode : Le mendiant mysté-
rieux. — La Poebarde, 2e' chapitre : L'en-
fant du crime. — Le roman de la vallée heu-
reuse, mise en scène de D. W.Griffith.joué
par Lilian Gish. l'interprète inoubliable du
Lys brisé, drame.
4e ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73. rue Saint-Antoine.
— Les Three Mi/x.Jacrobaties.— Saiut-Paul-
Journal. — Le Renard et le Corbeau, des-
sins animés — L'Homme aux trois mas-
ques. <S<- épisode : Le mendiant mystérieux.
Patbé-Revue. n° 24. — La Poebarde.
2e chapitre : L'enfant du crime. — Chariot
dans le parc, comique. — Le roman de la
vallée heureuse, drame joué par Lilian
Gish. Mise en scène de D. W. Griffith.
5f ARRONDISSEMENT
Saint-Michel-Cinéma. 7, place Saint-
Michel. — Actualités. — Le flottage du bois
au Tyrol. — Mai/re Evora, avec Régina
Badet. — Attraction.
Mésange, 3, rued'Arras. — Patbé-Jourual.
— Beaucitron et le sous-marin, comique. —
Le Cachet de cire, comédie dramatique. —
La poebarde, en 12 chapitres. rr chapitre :
Les flammes mortelles. — L 'homme aux trois
masques, 7e épisode : Le Marquis de Santa-
Fiore.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Gaumont-aelualiles. — L'Indomptable .
avec Frank Mavo, drame d'aventures. —
Attraction : Les Headons. sauteurs. —
Palbe-Revue. - La Poebarde. drame en 12
chapitres, n' chapitre : Les Flammes mor-
telles. — y icra/l Jockey, comique.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Bosquet. 83. avenue Bosquet.
Direction G. Movse. — Ambroise satyre
mondain, comique. — L'Homme aux trois
masques. 6e épisode : Le marquis de Santa-
ls iore. — Le comique parodiste Mylos, ses
créations comiques et burlesques. — Dan-
dy gabier, comique. — Le Sphinx, d'Oc-
tave Feuillet, avec Francesca Bertini.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Cotisée. 38, avenue des
Champs-Eh sées. Direction Malleville. —
Elysées 29-46. — Chariot et le mannequin.
comique. — Plantes sensibles, documen-
taire. — Les bas de soie, comédie avec
Constance Talmadge. — Gaumont-aclualités
La revanche du Destin, comédie dramatique
interprétée par Wallace Reid.
Pépinière-Cinéma. 9, rue de la Pépi-
nière. — Vues du Vieux Prague. — Char-
lot patine. — L'Homme aux trois masques,
8e épisode. — La Parure, comédie dra-
matique.— Pépini'ere-Joumal. — Intermède:
Cloerec Maupas, chanteur-compositeur.
Alcazar d'été, Champs-Elysées. —
La Proie, comédie dramatique. — Les tri-
bulations de Nicodeme.
9e ARRONDISSEMENT
Aubett-Palace, 28, boulevard des Ita-
liens. — Images de printemps, plein air. —
Nouveautés journal. — Le Renard et le Cor-
beau, dessins animés. — L'homme aux trois
masques, 8» épisode : Le mendiant mvsté-
rie;;x. — L'Epingle rouge, drame. — Zigoto
garçon de théâtre, comique.
Delta-Palace-Cinéma. 17. boulevard
Rochechouart. — Delta-Journal. — Les
Etoiles du Cinéma, documentaire. — Dandv
lient la bonne place, comique. — Le Tour-
billon, 8e épisode : Le cercueil flottant. —
Intermède : La belle Eva, assistée par le
professeur Stelly, l'incomparable voyante
dans ses expériences extra-lucides. — Pa-
tbé-Revue. — Lu Fille du Fauve, drame en
4 parties, interprété par Miss Pearl White.
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 66-19. Directeur :
M. A. Jallon. — Eclair-Journal. — Une
Savonnerie danoise, documentaire. — Fui-
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Plantes Sensibles, documentaire.
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La Revanche du Destin, comédie
dramatique, interprétée par
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chérie, capitaine des pompiers , comique. —
L'Homme aux /rois masques, 8e épisode: Le
mendiant mystérieux. — Intermède : Les
Harry Von's, imitateurs virtuoses sur pis-
tons.
ioe ARRONDISSEMENT
Cinéma-Palace. 42, boulevard Bonne-
Nouvelle. — Maison en ruines. — Stras-
bourg. — Patbé-Journal . - - Mangeons des
œufs. — L'Homme aux trois masques, 8e épi-
sode, grand ciné-roman. — Les chansons
filmées de Lordier. — Attraction : M. Lan-
dais, chanteur.
Crystal Palace-Cinéma, 9, rue de la
Fidélité, 96, faubourg Saint-Denis. —
Nord O7-59. — Les naufragésdu sort, drame.
Palace- Journal, actualités de la semaine. —
betsy Love, scène dramatique et sentimen-
tale. — Les Carabes, documentaire. —
Attraction : Anna Pascal, virtuose musical
de lAlhambra.
Cinématographe Porte Saint-Denis,
8, boulevard Bonne-Nouvelle — Le Raton.
documentaire. — Sur la roule, comédie. —
L'étreinte de la pieuvre, be épisode. — Une
Etoile, comique.
Tivoli, ii). faubourg du Temple. —
Images de Printemps, plein air. — Tivoli-
Journal. — Le Renard et le Corbeau, dessins
animés. — Patbè-Revue no 24. — L'homme
aux trois masques. 8e épisode : Le mendiant
mystérieux. — Zigoto garçon de théâtre,
comique. — Un drame sons Napoléon,
2'' époque.
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Lyon-Palace, rue de L)on. — Gaumont-
Actualitès. — Lierait Jockey, comique. —
La Pocharde, 2e chapitre : L'enfant du
crime. — Le Roman de la vallée heureuse.
drame, avec Lilian Gish. — Attraction :
Les Portelly, duettistes. — Jack médecin
maigre lui, grande scène d'aventures avec
William Russell.
i3e ARRONDISSEMENT
Qobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
Patbé-Journal. — Beaucitron et le sons-
marin, comique. — Le Cachet de cire.
comédie dramatique. — La Pocharde.
premier chapitre: Les Flammes mortelles.
— L'homme aux trois masques. 7e épisode :
Le marquis de Santa-Fiore.
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(iaité rue de la Gaieté. — Patbé-Journal.
Beaucitron cl le sous-marin . comique. — Le
Cachet de cire, comédie dramatique. — La
Pocharde. en 12 chapitres. ier chapitre :
Les flammes mortelles. — L'Homme aux
trois masques. 8e épisode :, Le mendiant
mystérieux.
Orléans-Palace, 100 et 102, boulevard
Jourdan. — Les actualités Patbé. —
L'Exilé
-, drame. — Le Tourbillon, y'
épi-
sodé. -
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Sur
scène :
Ducar.
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Splendide-Cinéma-Palace, 60. avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Palhe-Journal. — Les Three
Nais, acrobates à l'écran. — Les Iles d'Ha-
waï, documentaire. — Le Corbeau cl le
Renard, dessins animés. — L'homme aux
trois masques. 8e épisode : Le mendiant
mystérieux. — Un drame sous Napoléon,
2' partie. — Le Sens delà mort, avec André
Nox. — Beaucitron et le sous-marin, comi-
que. — Intermède : La Sevillia et Le Bras-
seur, duettistes à voix. — Tous les jeudis à
2 h. 1/2 : Matinée spéciale pour la jeunesse.
Grenelle, 122. rue du Théâtre. — Patbé-
Journal. — Beaucitron et le sous-marin.
comique. — Le Cachet de cire, comique. —
La Pocharde, en 12 chapitres. Ier chapitre :
Les Flammes mortelles — . L'homme aux
trois masques, 8e épisode : Le mendiant
mystérieux.
Vaugirard-Cinéma, rue de Vaugirard,
273. — Ouverture le iojuin. —Programme
du 10 au 12 juin. — Patbé-Journal, actuali-
tés. — Robert Bnrat , de Jules Claretie. —
Pickratt Jockey. — IVollv's and Dolli's. —
An gel frères. — Le sens de la Mort drame.
avec André Nox. — Programme du 13 au
16 juin. — Pathé-Joumal. actualités. —
L'Homme fort, comédie dramatique. — At-
tractions : Hamel, — Ange! frères, — Gar-
dey and partner . — La Pocharde. if'' épiso-
de : Les flammes mortelles. — Blanc cl
noir, comique.
16e ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace, 49, 51, rue d'Auteuil.
i6«. — Programme du 10 au 13 |uin. — Les
Etoiles du Cinéma. 12e série. — L'homme
aux trois masques, 8e épisode : Le mendiant
mystérieux. — La Fuite de Jackson Bill.
aventure policière. — L'indomptable, inter-
prété par Frank Mayo. — Eclair Journal.
— Programme du 14 au iôjUin 192 i. —
De Biskra a Touggourt. plein air. — La
Pocharde, 2e chapitre : L'enfant du crime.
— Picratt Jockey, comique. — L'Epingle
rouge. — Patbé-Journal.
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Cinéma Legendre. 128. rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Legendre-Actua-
lités. — Chariot récidiviste, comique. —
L'homme aux trois masques. S'' épisode :
Le mendiant mystérieux. — Dans les pro-
fondeurs de la mer. — La Comtesse Chi-
mère, comédie dramatique. — Attraction:
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Orchestre. — Voleurs de femmes, — ©/'épi-
sode : La Machine infernale. — Rose Mes-
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comique. — Attraction : Wolly's and Dol-
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graphique réglé par Jeanne Ronsay et
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capitolins. — Combats de gladiateurs. —
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Paris. — La Pocharde. 2'' époque : L'En-
fant du crime. — Sur scène : René Marchais.
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Direction : L. Garnier. — Nord 35-68. —
Lily Vertu, comédie avec Huguette Duflos.
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Journal. — Pathé-Revue n" 24. — L'Homme
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mystériuex. — La Pocharde. 2e chapitre :
L'enfant du crime. — Le roman de la vallée
heureuse, avec Lilian Gish.
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Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-aclualités. — Le
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Attraction : Tommy, chanteur à voix. —
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Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Pathe-Journal. — Les Naufrages du
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tateur.— L'épingle rouge, nouvelle drama-
tique.— La Pocharde. i*T épisode : L'en-
fant du crime.
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Fontenay-Cinéma, S, rue Boucicaut
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Lune/, plein air. — Moutrougc-actualilès. —
Le Renard et le corbeau, dessins animés. —
L'homme aux trois masques, «S1' épisode ; Le
Mendiant mystérieux. — Un drame sous
Napoléon. 2e époque. — Zigolo garçon de
théâtre, comique.
Clichy. — Pathe-Journal. — Pathé-
Revue. — La Pocharde, 2'' chapitre : L'en-
fant du crime. — L'Homme aux trois mas-
ques. (Se épisode : Le mendiant mystérieux.
— Le Roman de la vallée heureuse, drame.
Levallois. — Pathè-Journal. -- Pathé-
Revue. — L'homme aux trois masques, 7e épi-
sode :Le marquis de Santa-Fiore. — Attrac-
tion : Marjel. diseur de genre. — Gigolette,
4e époque : Rédemption. — Une poule chér-
ies Coq, vaudeville.
Vanves. — Pathè-Journal. — Beaucilrou
cl le sous-marin, comique. — Le Cachet de
Cire, comédie dramatique. — La pocharde.
d'aprèsjules Mary. en 12 chapitres, ^'cha-
pitre : Les Flammes mortelles. — L'homme
aux trois masques. H* épisode : Le mendiant
mystérieux.
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le-
vallois).Wagram 04-91 . — Gigolette, 4e épo-
que : Rédemption. — Les naufragés du sort.
drame. — L'homme aux trois masques, 7e épi-
sode : Le marquis de Santa-Fiore. —
Attraction : Les Red Stars, trapézistes.
Bagnolet. — Pathè-Journal. — Pathé-
Revue. — La Pocharde. 2e chapitre : L'en-
fant du crime. — Le roman de la vallée heu-
reuse, drame. — L'homme aux trois mas-
ques, 8e épisode: Le mendiant mystérieux.
■
■ Sommaire du N ° 1 \
■ — •
■ ~ . ï • ■
i Les films D'aujourd'hui. — Léon i
■ Moussinac. Henriette Janne.
• De "Rose-France" à "El Dorado" — ■
• Louis Delluc.
• En Amérique. — Lionel Landry.
! Films cubistes allemands. — Ivan ;
: Goll.
m ■
S Spectacles. — Eve Francis.
S Derrière l'écran. — Daven.
S Les pages de ma vie. — Chaliapine.
S Echos, Réponses, Concours.
{ Photos et Portraits de Norma Tal- j
ï madge. Caiipellani. Mado Mintv. Jaque :
• Catelain, Lili Samuel. Ilallvs Feeld. ;
j Boldireff, Louise Glaum, Eve Francis. !
; Maë Murray. Sessue Hayakawa. Mar- :
; celle Pradot, Elena Sagrary, Charlie ■
■ Chaplin. Footitt, Suzanne Després. |
! Signoret. Chaliapine. etc.
cinea
Les Films d'aujourd'hui
Ames d'avare.
Sujet tout psychologique, peu pro-
pice au film : l'histoire du ravage
qu'apportent en une âme le désir, la
perspective d'un héritage. On peut,
exceptionnellement le Sens de la
Mort en est un exemple — tirer parti
au cinéma de sujets de cette nature ;
mais le plus souvent, et c'est ici le
cas, ils forment poids mort.
Le Cœur ne se vend pas.
On nous apprend que ce film est
tiré du « célèbre roman » d'Edith
Wharton. Aucun livre d'Edith Whar-
thon ne porte ce titre : les person-
nages, la plupart des incidents sont
ceux de The house ofNirth, traduit
en français sous le nom de chez les
heureux du Monde. Naturellement le
dévouement est différent : Lily Bart
et Selden se marient.
L'interprétation, la mise en scène,
le découpage sont louables ; c'est une
excellente fabrication en série, dont
le nom de Capellani suffit à garantir
la qualité.
Le Gardian.
Avant même que le cinéma en eût
visualisé le type, tous les français, ne
fût-ce que par Buffalo-Bill, connais-
saient le cow-boy américain ; Com-
bien de lettres pourraient dire le nom
du bouvier de Mireille, seul type ana-
logue existant dans notre littérature?
Le gardian de Camargue nous semble
donc, si réel soit-il, une copie de son
homologue d'outre Atlantique, et telle
est la première difficulté à laquelle se
heurte, l'intéressante entreprise de
M. Joe Hamman. Encore faut-il ajou-
ter qu'il n'a pas mis tous les atouts
de son côté. L'excellent acteur Gaston
Jacquet n'apparaît à son avantage, ni
dans le rôle, ni comme auteur d'un
assez pale scénario. Mesdemoiselles
llellen Darly et Lucie Berny nous
olfrent des silhouettes agréables, mais
connues. De beaux paysages d'eau,
tic buissons, de pins maritimes nous
auraient charmés si, lors de la pré-
sentation, l'imperfection des pelli-
cules n'avait pas zébré d'une pluie
continuelle jusqu'aux intérieurs du
pays du soleil.
L'avalanche.
Beaucoup moins original que le
film suédois, le film danois, lorsqu'il
ne s'égare pas en de pitoyables exo-
tismes, plaît par sa conscience, sa
méthode, par des qualités germa-
niques qui en font un bon article d'ex-
portation. Le sujet est assez vigou-
reusement marqué, la scène où Sabine
se prostitue pour faire vivre son
amant à la netteté d'un passage de
Knut Hanson. Il est regrettable que
la banale mise en scène d'une cour
d'assises vienne affaiblir l'effet de la
fin.
•
L'Ahurissant concierge (Suns-
hine).
Les forces domestiquées par
l'homme se révoltent, l'eau se répand
" Le Sens de la
Mort "
est
u n excellent
film fran
çais.
II
a été
fait
par
des R
usses
dans les tuyaux à gaz et réciproque-
ment, la flamme du chalumeau va
mordre les fesses de l'amoureux à
travers la cloison, les peintres mar-
chent verticalement sur les murs qu'ils
tapissent, l'atelier de photographie
s'envole, les cigognes y cueillent les
passagers... et tout cela serait extrê-
mement drôle si l'homme a grosses
moustaches, les girls, leurs épaules et
leurs jambes, la convention archi
connue des gestes et des expressions
ne nous rappelaient pas à chaque ins-
tant que nous nous trouvons en pré-
sence d'une fabrication industrielle
en série dont on ne saurait modifier
la moindre caractéristique sans ris-
quer de nuire au placement.
•
Au dessus de la haine.
Drame italien, pas plus mauvais
que beaucoup d'autres et avec une
protagoniste fort réussie dans son
genre.
La Revanche du Destin.
Comédie gaie, fantaisiste, bien jouée
par Wallie Reid et une charmante
partenaire dont il est regrettable
qu'on ne nous donne point le nom.
Expiation.
Quand la femme fatale — le vamp,
comme on dit là-bas — s'est mariée, a
trouvé le bonheur, a-t-eile le droit de
se plaindre si une autre vamp vient
le Lui souffler, comme elle a souillé
naguère celui d'une autre femme V
La symétrie forcée d'un tel sujet, la
répétition mécanique des situations
refroidit l'intérêt et peut-être la ri-
chesse extérieure du décor, la manière
dont les scènes de music hall, de danses
viennent en avant, détournent-elles
l'attention d'un drame intérieur par
trop sobrement esquissé et qui ne
comporte guère de nuances.
Louise Glaum est belle ; son type
d'Egyptienne alourdie évoque les
grandes courtisanes sacrées de Syrie
et de Chaldée. Qu'elle était émouvante
lorsque, esclave affaissée, elle se traî-
nait suppliante aux pieds de illiam
Hart I Peut-être les gestes tradition-
nels auquels se reconnaît le vampire,
les afféteries, les minauderies, les
jeux d'éventail, les allumages de ci-
garettes, les échanges de verre de
Champagne, ne conviennent-ils pas
toujours à son charme un peu brutal.
Mais elle est beaucoup plus belle que
si elle était la femme adaptée à ces
petits côtés du rôle.
On ne nous nomme point l'actrice
qui joue la Biche et c'est dommage,
car elle a bien composé son person
nage.
Le porte veine.
Mélange singulier de brutalité et de
facteur ; on dirait une statue taillée
à coup de hache dans un bloc de crème
au lichen parfumé avec quelques
sous-produit de la distillation de la
houille
Lionel Landry.
cinea
LE TRESOR DARNE
Vous reconnaissez la finale émouvante de ce beau film qui apporta en France la révélation de l'art des Suédois,
leur goût et leur sens de la poésie visuelle, et une interprétation disciplinée, précise, délicate, d'où se détache Mary
Johnson, la Bessie Love Scandinave. Donnez-nous des films suédois.
8
cinea
ANDRE NOX
Un des plus intéressants interprètes du cinéma français, un de
ceux qui ont eu la chance de rencontrer des rùles et des films
aussi émouvants que leur propre talent, comme Le Penseur de
de Léon Poirier. La Montre vers l'Acropole de René Le Somp-
tier. Le Sens de la Mort de Protazonoff et La Mort du Soleil de
A. Legrand et Germaine Dulac.
cinea
NOTES
Pourquoi vous étonner que le ci-
néma suive sa mode et non la mode?
Une robe quelconque n'a pas la
même valeur suivant qu'elle est des-
tinée à Auteuil, au Ritz, au Music-
Hall ou à l'écran. Synthèse avide, le
cinéma exige une synthèse délicate
et forte en chacun de ses éléments.
Le vêtement importe presque autant
que le masque, et davantage que le
bibelot, le meuble, le décor La robe
de l'interprète est, ou devrait être,
l'expression plastique stylisée de son
personnage.
Voulez-vous que nous parlions de
la mode masculine? Songez que des
acteurs français vont lire ceci et
qu'ils sont, si je le comprends bien,
les mâles les plus élégants de la map-
pemonde. Allez donc discuter le frac
de Brûlé, de Maurice Chevalier, de
Pierre Magnier? Allez donc tiquer
sur ces pyjamas pour fillettes dont
nos jeunes premiers sont bien ten-
drement friands? Patience, patience.
Il n'y a pas si longtemps les inter-
prètes-hommes de notre ciné ne pen-
saient à rien. Voici qu'ils pensent à
avoir un visage intelligent ou humain.
Bientôt ils penseront à la photogénie
de leur vèture, et nous verrons.
Pour le moment, amusons-nous
aux excessivismes hors de mode des
complets de Charles Ray, de Jack
Pickford, de Douglas Fairbanks, qui
tirent le meilleur parti de l'outrance
sud-américaines, vestons amples et
juponnés, pantalons parodiques,
vastes manchettes de soie molle et
cols souples non moins considé-
rables.
Mais puisque parodie il y a on peut
savourer Harold Lloyd et déguster
le style vestimentaire de Charlie
Chaplin.
Et puis Victor Siostrom réalise en
profondeur la mascarade des vieux
temps
Et puis William Hart recrée en Rio
Jim la forte élégance conquérante
des pionniers et prospecteurs de
1840.
Parlons des femmes. Ne redoutez
pas un discours sur ce qu'il ne faut
pas faire en mode cinégraphique.
Feuilletez le répertoire des coutu-
riers de Mlle Robinne et déplorez
que cette charmante dame ait été si
copieusement imitée naguère en Ita-
lie, en Allemagne, en Amérique
même, (car dans Forfaiture il y a
Fannie Ward, mais il y a les robes
de Fannie Ward) et en France, seul
paj's où l'on n'ait pas encore aban-
donné ce système d'habiller les cabo-
tins de l'écran à la dernière mode
(qui change toutes les trois se-
maines!)
*
* *
On peut d'ailleurs se servir de la
mode du jour, en la déformant ironi-
II
y a
dans
( (
VAtlan
tide "
u
n g r
and
acteur,
c'est
1
e Sa
ible
quement ou bien en y choisissant les
éléments d'un amalgame nouveau.
Par exemple : Pearl White dans
La Maison de la Haine et surtout
Par amour; Mabel Normand dans
ses farces et surtout dans Mickey où
s'affirma Mack Sennet, maître visuel;
Mary Pickford quand elle joue à la
Dame; Irène Castle plus que toutes
et particulièrement dans ce mélo-
drame : Cœur d'héroïne en quoi
Georges Fitzmaurice réalisa tant
d'art visuel.
*
* *
Il est plus facile et en somme plus
large de chercher ces déformations
dans les modes du passé. Vous êtes
choqués, spectateurs, quand Maria
Quiroga entre en scène avec le luxe
ballonné oublié depuis l'Exposition?
Vous êtes choqués par ces bals sei-
gneuriaux de l'Italie cinégraphique
moderne où toutes les figurantes ont
docilement endossé une robe du soir
d'il y a sept ans? Et vous n'êtes pas
choqués par les modes plus désuètes
de la Duse, de Sarah Bernhardt, de
Loïe Fùller. C'est que le génie de ces
créatrices a pourvu à un recul utile
et à une sûre mise au point de leurs
robes, qui ne sont pas plus antidatés
que postdatés, qui sont non datés,
bref qui ne datent pas.
*
* *
La robe en vogue est, au théâtre,
un crime. Que de pièces elle a tuées!
Au cinéma, c'est plus grave. La plu-
part des films n'ayant pas un auteur
capable de réaliser le style, il faut
craindre d'évoquer la pure documen-
tation quotidienne. En attendant les
Manet, Renoir, Van Dongen, Matisse
ou Picasso du portrait cinégraphique,
évitez les accessoires de tous les
jours. Sachez que ces détails —
robes, parures, coiffures — ne doi-
vent pas donner .sa valeur au film.
C'est le film qui doit leur donner leur
valeur.
Ainsi le drame mondain perd tout
son arôme de par un smoking der-
nier cri ou une sortie de bal ultra-
courue. Et nous ne nous détachons
pas de Carmen du Klondyke, de La
Conquête de l'or, de L'homme aux
yeux clairs où le muscle du Far-
West s'habille â la vieille France ou
dans ce ton espagnol si bien filtré
par les Mexicains. Là, mieux que
partout ailleurs, s'est formée une
ligne étonnante où je ne doute pas de
voir quelque jour les couturiers pui-
ser avec frénésie.
Et c'est là que j'ai vu la robe la
mieux comprise pour les nécessités
— et les générosités — de la photo-
génie. Rappelez vous Louise Glaum
dans Pour sauver sa race et ce pei-
gnoir agressif, net et souple, qu'elle
a dans la scène du chantage au dan-
cing et dans l'enlèvement. Il n'y a
point à épiloguer. Ceux — celles! —
qui ont compris la richesse de cette
invention d'un jour continueront le
principe.
Louis Dklluc.
0
cinea
■
I Paroles d'acteur muet
■
■
par Jaque Catelain
Le cinématographe î Qu'est-ce que
c'est? c'est du mouvement... c'est un
mécanisme déconcertant... c'est de
la vie, qui n'en est pas... c'est une
activité qui se rattache à tout et à
rien !... Le cinématographe n'est ni
la science, ni l'art ( pourtant il est les
deux, il est leur descendant, leur fils
et il ne ressemble ni à l'un ni à l'au-
tre... c'est assez gênant !... est-ce un
enfant naturel? un bâtard? on se
demande avec inquiétude où il est
nél on l'aime, ou on ne l'aime pas. 11
déconcerte... Il lasse... malgré tout
on revient à lui : il a tant de jeunes
attraits, d'inquiétantes promesses!
c'est encore « la meilleure et la pire
des choses »... ! J'ai eu le loisir de le
constater au cours de six films que
j'ai interprétés :
1" Le Torrent : je m'y suis jeté avec
une inexpérience totale... j'en suis
ressorti avec une « mention hono-
rable ».
2 Rose-France : réaction contre
cette inexpérience; croyance injusti-
fiée en mes possibilités, en la connais-
sance de moi-même. — Trop grande
volonté d'harmonie extérieure — état
intérieur, artificiel et froid!
3° Le Bereail : première tentative
vers la vérité psychologique dont
doit témoigner l'expression... tenta-
tive vaine!. . Eternel triangle de
l'adultère . . thème ingrat!. . . rôle à
chute .. chute de cheveux... et en
plus : « une redingote excessive »
a-t-on dit . .
Pourtant tout cela me valut un bril-
lant contrat!
4° Le Carnaval des Vérités : le geste
s'efforce d'être plus naturel... l'ex-
pression plus appropriée... mais l'in-
quiétude me saisit, la grande inquié-
tude qui s'empare de l'interprète
cinématographique quand il com-
mence à se connaître, et quand, sans
se voir (devant l'objectif, critique
sévère et souvent injuste), il doit vain-
cre ses maladresses, ses hésitations,
ses défauts, sans savoir aucunement
quelles armes il faut employer contre
eux, — et quand, hanté par l'idée
d'atteindre cette perfection , qui serait
d'unir à ses avantages physiques,
photogéniques, tous les dons d'exté-
riorisation indispensables pour ani-
mer un personnage auquel il lui faut
prêter ses qualités d'intelligence, de
sensibilité les plus profondes, les plus
cachées — il doit s'appliquer à mettre
en valeur, à rendre visibles tous les
états d'âme d'un être qui lui ressem-
ble plus souvent de loin que de près !
Cette inquiétude-là, ce souci de
composition m'ont privé dans ce film
d'un collaborateur précieux : l'ins-
tinct; l'instinct qui dans l'interpréta-
tion cinématographique apporte cet
éclair de vie qui nous émeut ou nous
charme . . trop d'application nuit !...
h" L'Homme cl u large : dans l'Homme
du Large, cette application est peut-
phutii r.iuHu.vr.
Jaque Catelain.
être surmontée... le mécanisme est
dépassé ... l'inquiétude vaincue. —
Pour la première fois, je ne pense
plus que j'ai un corps, que j'ai un
visage; l'objectif ne me terrorise plus;
je vis le drame simplement . . j'y
crois! Ma personnalité s'efface, sans
que je sache comment, devant celle
que l'auteur a tracée. — C'est un tra-
vail serré, un effort continu, mais
aussi un jeu passionnant, puisque
je ne suis plus désarmé par les terri-
bles difficultés d'expression rencon-
trées jusqu'alors!
Dans El Dorado, le nouveau film
de Marcel L'Herbier que nous réali-
sons actuellement, j'incarne un per-
sonnage très difficile, un homme du
Nord, calme, doux, tout en vie inté-
rieure. — Plus il exprime, moins il
est vrai... moins il exprime, plus il
est froid. — C'est extrêmement in-
quiétant !
En effet, la matière plastique d'un
visage face à l'objectif apparaît à
chaque heure d'une qualité différente,
sa valeur photogénique varie sui-
vant le temps, la lumière, l'air, le
silence, le maquillage, le développe-
ment!. . . Un jour l'appareil de prise
de vues vous enregistre à votre avan-
tage, le lendemain il vous démollit
pièce à pièce, un jour on paraît vrai,
un autre jour, complètement artifi-
ciel. . sans que l'on sache pourquoi!
L'interprète au cinématographe n'est
jamais profondément satisfait; il n'est
jamais sûr de lui; c'est l'inconnu sans
cesse; il n'y a pas de lois, pas de
bases sur lesquelles on puisse ap-
puyer des certitudes. . . on ne se voit
pas... Ou alors quand on se voit...
il est trop tard!
*
* *
Décidément, il manque encore quel-
que chose au cinématographe. Est-ce
un visage? Non, il a celui des inter-
prètes. Nous n'oublierons pas Sjios-
trom, Mary Johnson, tous les Sué-
dois; nous nous souviendrons d'Eve
Francis, de Signoret, de Marcel Pra-
dot et d'Emmy Lyon, de Lyda Borelli,
de Maë Marsh, de Charles Ray . de
quelques autres encore. Est-ce une
âme? Non, certains visualisateurs,
et nous savons lesquels (ils ne sont
pas si nombreux) lui ont prêté la
leur.
Est-ce un corps? Oui. . . peut-être!
Le sien est difforme, contrefait ou
pas encore formé, un peu de culture
physique lui serait nécessaire afin
que sa structure s'établisse, que ses
contours s'élargissent, afin que sa
forme actuelle se modifie, cette forme
qui ressemble encore trop à ces corps
acrobatiques des films d'aventures. Il
faudrait au cinématographe l'entraî-
nement intelligent, calculé, qu'avait
à subir le Penthalte.il faudrait encore
voler à ce dernier ses belles propor-
tions, sa force, sa souplesse, et aussi...
son système nerveux... car il faut
que le système nerveux du cinéma-
tographe soit bien mal équilibré,
pour que tous ceux qui l'approchent
(et même les plus patients) y eompro-
mettentplusou moins le leur, je n'ose
pas insister... ceux qui en ont fait
me comprendront!
Jaque Catelain.
cinea
11
L'Homme du Large «
CLirill GAI MUNI
« L'Homme du
Lar^e «
**- ; - **%
« L'Homme du
Large »
« Le Carnaval des Vérités « cl. galmont
Quelques images de Jaque Catelain 4 4
12
cinéa
Le Cinéma Mystique
par Jean EPSTEIN
Jf
C'était au temps où les William
Hart dans toute leur nouveauté nous
secouaient ingénuement. Salle de di-
manche en matinée. Une jeune fille,
ma voisine, confiante dans la pénom-
bre, les mains jointes sous le menton,
participait bien au drame de l'écran.
Des exclamations lui échappaient et
des gestes. Elle-même n'était plus
guère, mais la prairie, les bars, les
cavalcades et une romance naïve en
elle. Excès d'émotion, elle enleva
brusquement son chapeau et le remit.
La puissance du cinéma est extraor-
dinaire, d'une qualité unique et qu'il
ne me paraît pas qu'on ait générale-
ment saisi. Pourtant de la connaître
on éviterait ces tâtonnements où le
cinéma souvent, même aujourd'hui,
se traîne parce qu'à ce prodigieux art
tout neuf nousn'avonsdesi longtemps
compris que l'accessoire.
L'action, l'intrigue, l'esprit sont du
théâtre. Alors, vraiment, vous tenez
tant que cela â savoir s'ils se marient
au bout ? Mais il n'y a pas de films
qui finissent mal et on entre dans le
bonheur â l'heure prévue par l'ho-
raire. Les gestes réfléchissent le
drame, mais ne l'avancent, ni ne le
retardent. Il n'y a pas d'histoire. Il
n'y a jamais eu d'histoire. Il n'y a que
des situations sans queue, ni tête ;
sans commencement, sans milieu et
sans fin ; sans endroit et sans envers ;
on peut les regarder dans tous les
sens ; la droite devient la gauche.
Sans limites de passé ni d'avenir,
elles sontle présent. Quand il se passe,
non rien, mais pas grand chose, n'ayez
crainte, on ne s'y trompe pas : Le plus
humble détail rend le son du drame
sous-entendu. Le cinéma assimile mal
l'armature raisonnable du feuilleton
et toutes ses tares : présentation des
personnages, nœud, éloquence, dé-
nouement ; indifférent à cela, â peine
soutenu par l'atmosphère des circons-
tances, il étale des secondes d'un goût
particulier. Soupçon trag ii/ue est une
histoire incroyable : adultère et chi-
rurgie. Hayakawa, tragédien stupéfié,
balaye le scénario. Quelques demi-
minutes offrent le magnifique spec-
tacle de sa démarche équilibrée. 11
traverse naturellement une pièce, et
porte le buste un peu oblique, comme
penché d'avance sur l'événement
malheureux. Il tend ses gants â un
domestique, ouvre une porte, puis,
étant sorti, la ferme. Cinéma, cinéma
pur, mobilité scandée.
Essentiellement l'écran généralise
et détermine. Il n'y s'agit jamais d'un
soir, mais du soir et le vôtre en fait
partie. Le visage, et j'y retrouve tous
ceux que j'ai vus. fantôme de souve-
nirs. Au lieu (/'«ncbouche.la bouche,
larve de baisers. Chaque image de-
vient une abstraction, quelque chose
de complet.de définitif et d'universel.
Le cinéma lui-même est mouvement,
et si bien que ses natures mortes —
téléphones, usines, revolvers — res-
suscitent et trépident. Il n'y a pas â
se préoccuper de le faire vivre ; lais-
sez le faire et il donne sa vie.
Mais c'est une vie particulière, vie
d'idées, vie de sentiments. Remarquez:
tout ce qui est le témoignage d'une
pensée exclusive : habitude, fatigue»
animalité, distraction, jouit d'une
photogénie merveilleuse. Le cinéma
est mystique. Il attache une valeur
tout importante à ce qui représente
extérieurement les signes de l'intel-
ligence. Mauvais peintre, mauvais
sculpteur, mauvais romancier, il se
pourrait qu'il ne soit pas un art, mais
autre chose, mais mieux. Ceci le dis-
tingue qu'à travers les corps, sour-
noisement radiographe, il enregistre
la pensée. Il l'amplifie et parfois la
crée où elle n'était pas. Un visage
n'est jamais photogénique, mais son
émotion quelquefois. La plastique est
faible â l'écran. Encore une fois,
jouer n'est pas vivre. Il faut penser,
se donner, s'adonner, croire, désirer;
sans prétention, ni retenue ; ni spécu-
lations, ni métaphysique ; mais, ac-
teurs, sincérité, soumission, bonne
volonté.
Une idée simple, niaise, ridicule, si
elle parvient dans un acteur élu à le
remplacer, à vivre au lieu de lui et
par lui, le drame tout entier et pour
toujours est noué. Le reste est acces-
soire. La sottise du scénario sera su-
blime. Le fait divers sera immuable,
et les gros plans universels, nourris-
sants, mystérieux, classiques : l'amour
ou la douleur ou le désir faits hommes.
Transparent comme un aquarium,
l'acteur est parfait s'il se supprime
pour laisser voir l'incarnation.
Au cinéma, le vieux monsieur ré-
pète â sa femme: Que c'est bête, cette
histoire, ma bonne amie. Eh oui, vieux
Monsieur, toutes les histoires sont
bêtes à l'écran. Croyez-moi, c'est ce
qui est admirable. Il reste le sentiment.
Mais les sentiments ne vous intéres-
sent plus.
Le cinéma est surnaturel. Le surna-
turel n'a pas besoin d'y être introduit,
s'y trouvant déjà et partout, Tout se
transforme selon les quatre photogé-
nies humaine, de mouvement, d'objets
et de circonstances. Raymond Lulle
n'a point connu de si belle poudre de
projection et de sympathie. L'uni-
versest nerveux et l'air gonflé d'a-
mour.
Et qu'à un ait foncièrement mys-
tique, automatiquement philosophi-
que, philosophai, la foule prenne un
si vif plaisir à notre époque préten-
tieuse de réalités concrètes, de science,
d'utilité et de gagne-pain, c'est plus
qu'un paradoxe.
C'est un signe sur lequel j'appelle
l'attention.
Jkan Epstein.
cinea
13
'" •■•■•■«■•■■■•■■■•■•"•■■■■••■•■••■•••••••ï 8ur ia i0giqUe tie l'absurde, c'est
A ^^ JT*1 -ê jmi .-*. g tt ■ ^e Senre d'humour de votre Cha-
/l U M. U vflvl r : plin; mais nuancé chez lui d'une
■ -, , r y,, ; mélancolie presque Scandinave,
par Marcel LeVesque : ,. t- . ,V. -
: m S a une sentimentalité presque Ger-
*" * " ■■■■■» manique, d'une sensibilité presque
La fumée des cigares flottait Latine...
au-dessus des fauteuils profonds — Ah ça, par exemple! du senti-
dont les lianes semblaient engloutir, ment, de la sensibilité où en trouvez-
peu à peu, les dîneurs satisfaits. vous chez ce pitre?
Seuls, assis en « brochette » sur le Ce fut une protestation vers l'Aca-
dossier du grand divan de cuir, démicien qui venait de lancer cette
Maurice et Propelse discutaient avec exclamation.
Chanteroy (de l'Odéon) que Vigneux- — Mais, cher Maître, dit Forestier,
Labrousse avait présenté ce soir là je croyais que vous n'alliez jamais
dans la maison. au cinéma...
Forestier, selon son habitude, atti- Rossif poursuivit :
sait la discussion : — J'y éuis allé. J'ai voulu le voir
— Vous avez beau dire, le genre ce Chariot dont on me rebattait les
comique n'est pas « noble »! oreilles... Eh bien, je l'ai vu... il ne
— Toujours le même préjugé contre m'a pas fait rire une fois!
le genre gai... L'homme est-il noble Un murmure d'incrédulité s'éleva
lui?... de tous les fauteuils vers Rossif de
Ce fut une protestation générale et la Norande...
joyeuse « Certes! » — Pas une fois! confirma l'acadé-
— Fh bien, l'homme est le seul micien.
animal qui rit... donc : Le rire est — Dites-moi, lui demanda Billy,
noble. vous n'avez pas pleuré? Comme la
— Ah pardon! réclama Forestier, grosse dame de Chicago qui trouvait
Benjamin Rabier m'a montré des très triste tout ce qui arrivait à ce
chiens et des lapins qui rient... pauvre garçon! »
Le comédien eut un grand geste Un petit rire étouffé courut dans le
découragé : cercle.
— Vous n'êtes pas sérieux, mon — Je comprends Rossif, déclara
cher Forestier! Forestier.
— Je me place sur votre terrain, et Les « jeunes » firent entendre un
d'ailleurs, comment voulez-vous grondement...
qu'on prenne au sérieux le Vaude- — Non, rattrapa Forestier, je ne
ville, voyons!... vous aimez ce genre- l'approuve pas. . . pardonnez-moi,
là, vous?... et vous, Billy, vous aimez maître, si je ne suis pas de votre
le Vaudeville? dit Forestier se tour- avis, mais je vous comprends. En
nant W. K. Thornton qui achevait effet, le comique s'apparente, si j'ose
de préparer son second grog au dire à notre éducation première et
whisky... « Ah bien! je comprends « nationale »... telle histoire nous
pourquoi vous ne retournez plus en fera rire, nous autres Latins, du fait
Amérique, Billy. constata le journa- qu'elle évoque un souvenir d'enfance
liste. classé « comique » dans notre tradi-
— Oh oui! fit Billy avec un large tion, qu'elle ne fera pas même sou-
sourire et un fort accent, la diseuse rire un Anglo-Saxon qui n'aura pas
de Bonne Fortune m'a commandé de été bercé avec cette même anecdote,
me méfier de l'eau... et pour qui cette histoire n'évoquera
— Enlevez-lui son soda! cria Fores- aucun souvenir du même ordre,
tier... — La vérité, murmura Propelse au
Billy eut un rire clair : petit groupe dont il était la « tête »
— Oh non!... dans l'Océan... alors la vérité est que je crois Rossif at-
je ne traverse plus... mais, en vérité, teint d'« old fogyisme... »
le Vaudeville m'amuse; moi, j'aime — Quès aco? demanda Paroi,
le comique c'est reposant; aux Etats, — L'old fogy, d'après William
ils ne comprennent pas complète- James, est l'homme qui a perdu la
ment le Vaudeville... ce n'est pas le faculté d'établir en son intelligence
« goût Américain » comme vous dites une communication entre la conser-
1C1, vation et le progrès; en un mot,
— En effet, intervint Paroi, le l'homme qui ne sait plus adapter
comique Américain est plutôt basé ses impressions nouvelles aux idées
raccornies qui meublent sa cervelle.
— Oh! dit Paroi désappointé, c'est
ça?
— ...En Français notre qualificatif
est plus net souffla Maurice.
— Cet âge est sans pitié! remarqua
Patchkine.
William K. Thornton continuait la
conversation avec Rossif et Forestier
en son français trébuchant :
— Je vois, disait-il, vous ne com-
prenez pas comme nous faisons; ici,
dans le cinéma, c'est la littérature
qui va en avant; chez nous ce n'est
pas de même : nous faisons le cinéma
pour la vue. Aux Etats nous jouons
le base-bal... vous, Français, vous
jouez les échecs.
— ...les Dames! rectifia Forestier
clignant de l'œil.
W. K. Thornton fit sonner son rire
clair :
— Oh, nous jouons les Dames aussi,
mais sur ce côté, vous détaillez un
conte longuement avec beaucoup de
littérature et toute l'émotion de
l'histoire est dans les sous-titres ; de
l'autre côté, nous mettons l'émotion
dans la photo.
— Bravo! s'exclama Vigneux-La-
brousse, d'un mot, vous venez d'indi-
quer l'abîme entre les deux écoles :
Les Latins traitent « l'histoire » qui
souvent n'est pas picturale et tou-
jours est trop compliquée, alors que
les Américains ne traitent que « le
détail » qui, par essence, est exclusi-
vement pictural!
— Ah rapin! voilà bien une opinion
de peintre! lui jeta Paroi.
— J'ai bien peur que l'infériorité
du film européen ne tienne surtout à
la qualité de ses interprètes, déclara
Patchkine.
— N'en croyez rien ! se récria Vi-
gneux-Labrousse... et d'ailleurs il y
a-t-il infériorité? Mais la méthode
Latine a le désavantage de transfor-
mer les interprètes en simples pions
animés, reliant entre elles les diffé-
rentes parties littéraires.
— C'est très juste ce que tu dis là!
intervint Chanteroy (de l'Odéon), j'ai
paru dans un ou deux films; eh bien,
je n'avais rien à y exprimer, je ser-
vais de trait-d'union entre deux sous-
titres! et l'on s'étonne de la supério-
rité des interprètes américains... on
leur demande du moins du mouve-
ment, de l'action... ils ont des senti-
ments à exprimer, des exploits à
accomplir....
— ...des coups de poing à rece-
voir... enchaîna Forestier.
14
cinea
— ...mais les coups de poings ne
nous l'ont pas peur, déclara le comé-
dien en se redressant.
— Té, di go li que vingué, délia
Paroi avec le geste classique.
— A nous autres, comédiens Fran-
çais, continua Chanteroy, on ne nous
demande, au cinéma, qu'a ouvrir des
fenêtres, fermer des portes, serrer
des mains, monter des escaliers, et
prendre parfois un air profond pour
exprimer une pensée qui apparaîtra
tout au long dans un sous-titre...
qu'est-ce que vous voulez prouver
avec ça?
— C'est très juste! affirma Perlier.
— Ah, ah! jeune Maurice, constata
Rossif, vous voilà à votre affaire, le
cinéma! mais je serais curieux de
savoir comment vous entendez expri-
mer à l'écran votre art moderne si
volontaire, et comment vous arri-
verez à l'extérioriser, à le « visuali-
ser » comme vous dites. En littéra-
ture, il ne peut déjà pas se réaliser
sans une tension exaspérée de l'ex-
pression!
— Croyez-moi, cher Maître, inter-
vint Vigneux, le cinéma est un art
pictural qui devrait être régi par des
peintres; or, il est désormais jugé
par des littérateurs, c'est ce qui pou-
vait lui arriver de pis car, malgré
leur sincérité et leur talent ils le
détestent, ils font plus : ils l'assas-
sinent quand ils prétendent « en
faire » en voulant lui appliquer les
règles de leur art...
— Oh, ces peintres! soupira Fores-
tier.
— Mon cher artiste, vous me pa-
raissez bien injuste, protesta l'aca-
démicien. Que vous pensiez cela de
vos auteurs Néo-Modernes (je ne dis
pas cela pour vous, mon cher Pro-
pelse) passe encore, car leur mysti-
cisme ou leur philosophie volontaire
et gourmée me parait intraduisible
à l'écran; mais nous autres, voyons,
nous autres de la « vieille généra-
tion » qui étions des conteurs natu-
ralistes ou impressionnistes, nos
œuvres me paraissent, au contraire,
un réservoir ouvert et séduisant dans
lequel nos metteurs en scène n'ont
qu'à puiser.
— Plus souvent! ricana Forestier...
Pensez-vous que les metteurs en
scènes actuels vont s'astreindre à
réaliser les chefs-d'œuvre de la litté-
rature contemporaine? pas si bête!
ils préfèrent employer leurs facultés
et leur expérience à adapter les élu-
cubrations saugrenues de leur propre
vulgarité.
— Sans doute, mais les metteurs
en scène de l'ancienne école ont un
avantage sur les nouveaux venus,
pensez-y, remarqua Paroi, c'est qu'ils
ont pu réaliser vingt films par an
pendant dix ans... où les jeunes es-
poirs de la mise en scène auront-ils
désormais le loisir d'apprendre ainsi
leur métier; les autres ont mis dix
rns, mais ils l'ont appris... ils ont eu
tout à découvrir dans un pays in-
connu...
— Eh bien, conclut Patchkine, les
littérateurs vont arriver maintenant,
en terrain défriché; ils pourront
choisir en connaissance de cause...
- C'est qu'il ne s'agit pas de « choi-
sir » corrigea Vigneux, il faut
« créer» sans cesse...
- Eh bien, ils créeront en bénéfi-
ciant des progrès acquis avant eux;
ils en profiteront pour s'exprimer en
formules neuves et, de par leur cul-
ture, ils seront mieux aptes à conce-
voir et à réaliser.
— Que de balivernes! soupira Fo-
restier...
— Faites comme Billy, lui glissa
Propelse à bouche fermée do take a
Nap! dormez je le veux!
Forestier passa outre :
— Ils ont appris leur métier? Le
métier! qu'est-ce que c'est que ça, au
cinéma?
— C'est une chose nécessaire si l'on
veut atteindre le public, répliqua
Vigneux-Labrousse.
Patchkine s'indigna :
- Comment Vigneux, c'est vous,
un peintre! qui dites cela?
— Oui, moi, un peintre! Il faut
connaître la technique de son art.
— Enfin, moi, je ne crois pas à toutes
ces vaines formules, déclara l'acadé-
micien ; j'ai vu dernièrement à l'écran
un film tiré d'une œuvre de Maeter-
linck...
— Ah ça, mon cher Rossif, vous
passez donc toutes vos soirées au
cinéma, maintenant? demanda Fo-
restier, jouant la stupéfaction.
— Non, mais je ne suis pas aussi
périmé que vous semblez le croire,
jeta l'académicien avec un sourire
malicieux vers Propelse, je tiens à
garder le contact avec la jeune géné-
ration — c'est si amusant la jeunesse !
eh bien ce film, fort adroitement
tourné, était la négation même de la
possibilité de la transcription litté-
rale du symbole au cinéma... et, je le
répète, c'est une merveilleuse adap-
tation, qui fait le plus grand honneur
à l'intelligente compréhension et à
l'adresse du metteur en scène.
— J'ai vu ce film, dit Perlier, mais
je pense, cher Maître que c'est un
chef-d'œuvre de réalisation ; le cinéma
trouvait là l'application de l'une de
ses formules liminaires, si j'ose
dire : l'évocation de l'idée par des
symboles qui éveillent dans l'âme
du spectateur des prolongements
infinis...
— Oh « infinis » chez les specta-
teurs de cinéma! cet infini-là doit
s'arrêter pour eux, au bout du nerf
optique, déclara Paroi en secouant
la tête.
Nous voilà bien loin de Chariot,
mon cher Rossif, fit remarquer Fores-
tier à l'académicien qui se levait pour
prendre congé.
C'est vrai, acquiesça celui-ci,
mais je vais retourner le voir cette
semaine.
— Encore! se récria Forestier!
-- Oui, certes, et la prochaine lois,
je vous donnerai un aperçu plus com-
plet et précis dt-s raisons qui moti-
vent mon opinion.
— Mon cher Maître, déclara Yand.
je vous préviens que, d'office, je m'ins-
cris pour sa défense et que vous trou-
verez en moi un adversaire irréduc-
tible si vous l'attaquez.
— Mais, mon jeune ami, ce m'est
une joie! repartit de La Norandc
aimablement, en lui serrant la main.
Et c'est l'agrément de la discussion
d'avoir contre soi des adversaires
aussi mesurés que courtois... des
avocats tels que vous, enfin. — Je ne
puis que regretter d'être d'une géné-
ration trop ancienne déjà pour susci-
ter l'approbation intégrale d'un con-
naisseur éclairé, aussi sympathique
que convaincu. ..
. . . Propelse s'inclina un peu gêné.
— Hein, c'est tourné, ça? glissa
Parlier dans l'oreille de Yand.
— Malgré son air « dur d'oreille »,
il a sûrement intercepté votre défini-
tion de l'old l'oqijl suggéra Paroi.
— J'ai vu un portrait de Rossif
quand il avait votre âge, dit Vigneux-
Labrousse à Propelse en se levant!
eh bien, il a toujours eu un peu cet
air-là... et pourtant, le visage de
l'homme subit les altérations de son
caractère, et tel dont la sensibilité
naïve s'exprimait à vingt ans par des
lèvres inconsciemment entr'ouvertei
et l'air un peu sourd se retrouve
généralement à soixante les lèvres
pincées de biais et rair île ne plus
vouloir entendre.
— Vous serez comme ça, Propelse,
un peu de patience! dit Forestier au
jeune homme, en se dressant à son
tour.
— Je ne suis pas pressé, répondit
Yand avec un sourire.
— Pas pressé ? Alors venez tout au
long avec moi! dit W. K. Thornton
avec plus de cordialité que d'à-pro-
pos en passant son bras sous celui
de Propelse...
... Et les poignées de main échan-
gées, chacun s'en fut chez soi.
Marcel Lévesque.
cinéa
15
ELENA SAGRARY
Nous avions prévu le succès de cette brillante débutante qu'on
vient de remarquer dans Fi'cvre et qui paraîtra bientôt dans
une nouvelle création : Jettatura de Gilles Veber.
16
cinea
et DERRIÈRE L'ÉCRAN a
Rectification
Nous avions annoncé que les dé-
cors de Jet ta tara, le film que tourne
en ce moment à Epinay, M. Gilles
Veber, avaient été établis d'après les
maquettes du décorateur Fabre. Ce-
lui-ci nous demande de rectifier. Les
maquettes, en effet, ne sont pas de
lui, mais du peintre Robert Mallet
Stevens, dont on se rappelle encore
la remarquable composition moderne
du Secret de Rosette Lambert, de
Tristan Bernard.
M. Fabre, lui, a meublé différentes
pièces du film et composé certains
tissus marbrés qui sont sa spécialité.
Rendons à Mallet Stevens...
Croquis
L'Animateur... en scène.
Au soir, il mourrait... mais il fau-
drait ressusciter le lendemain.
Assisté tant bien que mal de son
opérateur, de son régisseur et de son
accessoiriste, il est, parmi les flots
en tourmente des figurants, comme
un nouveau radeau de la Méduse :
assailli, débordé, écartelé.
Le maquillage de celle-ci est une
catastrophe, la robe de celle-là une
indécence; l'un, fume auprès des
boîtes à pellicules; l'autre, en dan-
sant sur le praticable, fera tressauter
dans l'appareil, décors et acteurs.
Au moindre changement de rou-
leau, la trombe s'élance. On veut un
rôle, on veut revenir dans les autres
décors. « Madame, l'autre décor, je
» vous l'ai déjà dit, c'est un cabaret,
» on ne peut vous y revoir, on vous
» a vue « en soirée », ce serait invrai-
» semblable... » Mais plusieurs voix
impérieuses: « Et l'autre? — quel
» autre ? — l'autre décor : vous en
» avez un autre; nous le savons!
» — C'est une crèche, Madame, vous
» n'avez tout de même plus l'âge!... »
Ft cependant, il pense le contraire.
Mais il faut reprendre, pour la sep-
tième fois, la scène. Et il faut ras-
sembler le troupeau égaillé, se mul-
tiplier, tel un dieu de l'Olympe :
alanguir à la fois les danseurs du
hall au fond, exciter les rieuses du
salon, oppresser la mère inquiète
derrière la tenture, énamourer le
couple flirteur du premier plan.
Pour mieux « y être », chacun parle
aussi, piaille et crie son rôle. Et le
tumulte énorme monte, s'étale sous
la verrière surchauffée, circule entre
les nappes aveuglantes et les fais-
ceaux cruels des projecteurs, accro-
che au passage les électriciens éner-
vés, les machinistes qui clouent avec
furie, les musiciens qui s'exaspèrent
sur leur orchestre, — s'enfle encore
et gronde, — résistent sauvagement
contre la voix héroïque et désespérée
du metteur en scène, animateur de
tout cela!
« Monsieur! vous partez trop tôt...
« Madame, vous faites de l'ombre
à Monsieur, voyons !. .
Dans
Au pays
des Loups " il y
a une
actrice
admirable ;
1 a N
e i g e .
Ceci n'est pas
de la publicité
« Mademoiselle, dansez plus loin,
je vous en supplie... ne regardez pas
l'appareil, sapristi!... »
Puis... morne. . la voix retombe:
« arrêtez... c'est raté... on recommen-
ce... »
Au soir, il mourrait... Mais il fau-
drait ressusciter le lendemain.
La Dame du Mystère
Elle en fit d'abord la substance
même de son film, estompant les sym-
boles, amortissant le drame.
On assista une seule fois au résul-
tat qui, suivant les avis, est une mer-
veille ou une tentative. Et ce mystère
qui avait présidé à l'élaboration re-
tomba sur l'œuvre...
Quand verrons-nous Le Lys de la
Vie?
Des chuchotements courent sur des
combinaisons . . des consultations
royales... des interventions de grands
personnages. . .
Questionnée, Miss Loïc Fuller de-
meure sibylline, mais parait satis-
faite.
Et nous voilà contraints de rester
l'un et l'autre. 9
Conséquence ?
Avec une parfaite élégance de ton,
mais non sans une certaine mélan-
colie,ce maître de la page et de l'écran
revendiqua, dans un récent article,
un lien plus efficace entre le théâtre
et le cinéma : puisqu'aussi bien, disait-
il, des acteurs vinrent de la scène au
studio et inversement.
Or, voici qu'on parle, à la Gaité-
Rochechouart, d'une revue interpré-
tée par MM. Cresté, Biscot et Mme Rol-
lette . Mais ce n'est peut-être pas la
conséquence qu'avait rêvée M. Marcel
l'Herbier.
•
Et voilà. .
Entendu avant la présentation de
l'Atlantide:
— Comment? — l'Atlantide? con-
naissez pas, de Pierre Benoît?
— Mais non...
— Oh! voyons! vous savez bien:
ce roman qui a eu tant de succès,
qu'un auteur anglais l'a plagié. . .
Un autre. .
M. de Marsan, producer infatiga-
ble, qui nous donna Le Lys Rouge,
Le Traquenard, Près des Cimes, et
combien d'autres . . met en scène
avec M. Ch. Maudru, un scénario tiré
d'un roman anglais de Tom Gallow,
émule de Jules Mary et de Pierre
Decourcelle de l'autre côté du dé-
troit. L'Amour du mort, tel en est le
titre.
Ce film est tourné par une troupe
anglaise et française, de façon à fa-
ciliter ainsi sa vente en Angleterre.
Les principaux rôles seront tenus
par M. Bertram Burleigh « star an-
glais », M. Hepworth, Miss Amy
Vérin, M. Gaston Jacquet, M. Man-
gin, Mlle Feriel et M. Vitry.
M. Bertram Burleigh joue un rôle
de forçat évadé et pour figurer ee
personnage il lui faut avoir le crâne
entièrement rasé. Or, M. Burleigh a
poussé la conscience artistique jus-
qu'à faire le sacrifice de sa chevelure
qui tombera sous la tondeuse... à la
fin du film. On tournera ainsi en der-
nier lieu, la scène du début où on le
voit s'évader du bagne.
Et M. de Marsan a encore beaucoup
de projets. A Daven.
cinea
17
M
SPECTACLES
M
Chérubin
La pièce est petite, toute petite.
Aussi est-elle meublée avec goût et
gracieusement décorée. Les costumes
sont d'une interprétation moderniste
agréable; la mise en scène est plai-
sante. Mais les acteurs ne créent pas
d'ensemble. On remarque Jotï're et
Jeanne Provost, frémissante de fémi-
nité. Quant à Paul Bernard, il aura
peut-être une sorte de génie; déjà il
sait, par une science désarmante de
la scène, placer des soupirs et des
silences, des modulations et des cris
où toute l'inconscience et la passion
humaines s'expriment avec une lim-
pidité qui bouleverse.
Phi-Phi ne s'en allait guère loin.
Il est allé aux Nouveautés. La voilà
bien, l'ironie des mots!
Mais le plus ironique, c'est que la
salle était pleine chaque soir!
Et maintenant il réintègre les
Bouffes.
Le Pêcheur d'ombres est une
belle œuvre. Tragédie poétique et
tragédie bourgeoise, on y trouve de
quoi satisfaire aux besoins de pensée
qu'on ne peut pas toujours abandon-
ner en passant la porte d'un théâtre.
Depuis La Couronne de carton, les
facultés dramatiques de Jean Sar-
ment ont heureusement évolué ; et
voici une personnalité plus précise,
un métier plus souple. Sûr de soi,
l'auteur s'est permis, il est vrai, d'ai-
mables concessions au public, en
improvisant avec aisance sur des
thèmes fragiles et séduisants : le
manque de mémoire, l'association
d'idées sans lien sensible, l'absence
de contrôle sur soi.
Les qualités le.s plus nobles de la
pièce sont hors des scènes de fantai-
sie et de sentiment, en des médita-
tions animées où l'on cède à la puis-
sance cérébrale que l'auteur à présent
possède. Si son goût le porte ici à
traiter un cas exceptionnel, ce n'est
qu'une façon à lui de nous faire at-
teindre des vérités générales où
chacun se trouve.
Nous avons foi en Jean Sarment
qui n'a probablement pas fini de
ANIEKA YAN
La danseuse anglaise à qui Nijinskv confia
^e^ belles traditions reparait le samedi 1 1 en
matinée , au Colisée , présentée par Marie
Cavadia, avec Eve Francis. Paillette Pax,
Marie Marquet, Eva Raynal et Roger Gaillard,
pour « Idral et Réalité ».
s'acheminer vers des expressions de
lui-même plus dépouillées encore
d'un désir de plaire qui est en tous
cas efficace.
Jean Sarment joue sa pièce avec
prestige et pathétique; et puis, ses
moyens d'acteur sont si judicieuse-
ment ordonnés dans le mépris du
conventionnel! Marthe Mellot inté-
resse, mais son intelligence a trop
d'intentions, sa voix une mélodie
trop consciente. Et Marguerite Val-
mont est, avec adresse, naturelle et
captivante dans un rôle un peu on-
doyant
Paris qui filme n'a rien de ciné-
matographique, pas plus d'ailleurs
que les « films » quotidiens de l'au-
teur , Monsieur Clément Vautel. Mais
il paraît que c'est un terme très « pu-
blic »... La revue a de bonnes scènes
de brio et de comédie. Mais il y a des
interventions, en forme de sketches
ou de monologues, d'un patriota-
risme par trop facile : un mélo-dra-
matique Napoléon harangue le Sol-
dat inconnu, de misérables habitants
des pays envahis déplorent la frivo-
lité parisienne... Comment ne pas
sentir que la piété patrotique, ce ne
peut-être, sur une scène de music-
hall, que de ne point parler de la
patrie? Pour moi, la profanation et
l'indignité, c'est plutôt de distribuer
ces personnages émouvants entre
une petite femme et un danseur.
Ceux-ci sont charmants au Moulin-
Bleu. Et, auprès d'eux, Yvonne Har-
nold sait être une fantaisiste aux
jambes parfaites, à l'enjouement en-
diablé, une comédienne au jeu com-
préhensif, littéraire, distingnê.
A l' Al hambr a programme moins
bon qu'à l'ordinaire. Heureusement
il y a l'enchantement des patineurs
Reynolds, Doneggan et Company.
Sur une piste carrée limitée d'im-
menses velours bleus verticaux, évo-
luent de bizarres et délicieux petits
personnages, aux gestes contournés,
aux équilibres impossibles, des êtres
magiques et déconcertants, dont on
se demande presque l'origine...
Raymond Payellk.
cinea
jEn Amérique!
M. Herbert Brenon, qui a joué un
rôle marquant dans le développe-
ment du cinéma en Amérique et qui
vient de faire un tour en Europe, a
donné «on opinion quant à la situa-
tion du septième art sur le vieux
continent.
« J'ai trouvé, dit-il. les anglais ter-
riblement handicapés, à la fois par
leur tempérament flegmatique et non
dramatique, et par un climat défa-
vorable à la photographie. Les Fran-
çais n'ont aucune ambition et ne
cherchent qu'a refaire exactement la
même chose qu'ils font depuis dix
ans. Les Italiens bénéficient d'un
cadre idéal et sont, d'autre part, des
mimes de naissance; mais il leur
manque un public latin assez vaste
pour qu'ils puissent se lancer dans
des productions coûteuses et.de plus,
leur pays est la proie de mouvements
politiques graves qui peuvent durer
une génération. Les Allemands, sem-
ble-t-il, sont nos seuls concurrents
sérieux. Ils ont toutes les raisons
pour chercher à se développer. Ce
sont naturellement des maîtres tech-
niciens, et ils sont assez sages pour
voir au-delà de leurs propres fron-
tières. Ils vont faire et font déjà des
films destinés au monde entier... »
Il est peu rassurant, pour qui veut
parler de ce qui se passe à l'étranger,
de voir combien un homme compé-
tent, lancé sur cette matière, peut
accumuler de sottises en peu de mots.
Si l'on considère que M. Brenon igno-
re le film Scandinave, ignore le film
russe, ne se rend aucun compte des
efforts réalisés par le film français,
admire chez les italiens les paysages
de leur pays, dont ils ne tirent qu'un
parti médiocre, et le jeu grimaçant
de leurs acteurs, admire chez les
allemands la banalité d'une produc-
tion industrielle visant la conquête
des marchés plus que la réalisation
d'un objectif artistique, on se de-
mande si M. Brenon se place au point
de vue de l'art ou du commerce, et
tout en rendant justice à sa valeur
technique, on demeure inquiet quant
à la qualité de ses futures produc-
tions
La dernière, Acacia, /leur de pas-
sion, bénéficie d'une distribution
remarquable à la tète de laquelle
vient Norma Talmadge, secondée par
Courtenay Foote et par Natalie, la
plus jeune des Talmadge, qui, entre
parenthèses, vient de se fiancer par
télégraphe avec Buster Keaton. Sur
le fond du drame, il y a peu à dire;
l'inceste et le sadisme s'y mêlent à
des doses que la censure considère
comme acceptables quand il s'agit
d'un produit venant d'Amérique et
l'ensemble paraît plus pathétique que
visuel.
Autrement intéressante au point
de vue artistique est la dernière pro-
duction de Joseph de Grasse. The old
Swimming hole, basée sur un poème
de James Whitcomb Riley. C'est la
simple histoire d'un jeune campa-
gnard qui joue au hookey, pèche,
vole des pastèques, achète des sucre-
ries, livre son cœur à la coquette de
village aux cheveux bouclés, jus-
qu'au moment où un événement sen-
sationnel — un pique-nique — lui per-
met de se rendre compte qu'il aime
la simple fillette aux tresses plates.
Le cadre — un tranquille village de
la Nouvelle-Angleterre — vit et pal-
pite autour des personnages, et il n'y
a pas un sous-titre, pas une ligne
imprimée qui vienne souligner ou
gâter les images. Hélas T Si jamais
cette œuvre si particulière vient chez
nous, nos tradittori lui laisseront-
ils cette virginité?
A côté de cette savoureuse produc-
tion, les autres œuvres paraissent
pâles et banales. Par la masse, par
l'étendue du roman de Vicente Blasco
Ibanez dont le film est tiré, les Qua-
tre chevaux de l'Apocalypse sortent
cependant du peloton. L'œuvre fait
honneur à M. Rex Ingram, sans ajou-
ter cependant à la réputation que
lui ont value ses productions anté-
rieures. L'interprétation est bonne :
Wallace Beery, que l'on a vu à Paris
jouer avec Nazimova dans la Lan-
terne Rouge, rend avec vigueur un
rôle épisodique d'officier allemand.
Quant à la Noix Creuse, qui a coûté
à Douglas Fairbanks un poignet brisé,
tout ce que l'on peut dire est que cela
n'en valait vraiment pas la peine.
On travaille beaucoup en Califor-
nie, où Gloria Swanson tourne un
film d'après un des romans d'Elenor
Glyn qui ont en Angleterre et en
Amérique une saveur de fruit défendu
et où Randolph Lewis, avec la colla-
boration et les conseils personnels
du grand romancier, va tourner un
âpre conte de Rudyard Kipling. A
New-York on parle surtout du Faust
de Griffith, où, comme dans celui de
Gounod, il y aura une Marguerite et
pas d'Hélène; l'engagement que les
« Famous Players Lasky » ont con-
senti à la jolie Betty Compson prend
les proportions d'un événement.
Maurice Tourneur va filmer en
Ecosse le célèbre roman de Black-
more. . orna Donne. Et il montrera
sans peine à M. Brenon qu'il n'y a
pas de climat pour qui sait se servir
de la lumière.
Fidèles à nos principes, et aussi
parce que Cinêa n'existait pas en-
core, noue n'avions pas annoncé le
mariage de Ruth Stonehouse avec-
Joseph A. Roach. Nous avions aussi
bien fait, puisqu'il nous faudrait
maintenant annoncer leur divorce.
Lionel Landry.
■
: Apres Louise Fazznda
■ ■
! Définitions !
■ ■
■ «
Van Daele. — Un mouton ou un
tigre surpris. Un martyr sans la foi.
Un point virgule. Pensée violette.
Huguette Du/los. — Petit chat
blanc. Jeune fille à la douche. Une
fleur qui s'étiole. Un point d'excla-
mation. Chrysanthème blanc. Le Lys
Brisé.
Jaque Catelain. — Le jeune homme
à la rose. Un sapin pour Noël. Heed-
wick. Le petit bonheur. Quel grand
gosse tout de même !
Marcelle Pradnt. — La seule vraie
jeune fille. Amour, délice et orgue.
Source froide. Belle et bonne volonté.
Vous m'aimez donc, Monsieur? C'est
inconvenant.
Mathot. — Le Bourgeoisaux champs
et la Province à Paris. Le Bon Mar-
ché. Un tire-bouchon.
Musidora. — Un Dubonnet-citron.
Un jeu de loto. Bain turc. Petit chat
noir.
Xapierkoivska. — Forfaiture. La
Montée aux enfers. Le Kremlin. La
marquise de Sade. Si vous saviez.
L'épée de Damoclès.
Andrée Brabant. — Bâton de gui-
mauve. Aimez-vous le miel? Petit
chat gris.
Yvette Andreyor. — Un papillon
multicolore. La chauve-souris.
Eve Francis. — Du sang, de la vo-
lupté, de la mort. — L'avez-vous vue
dans Barcelone? Panthère. La seule
Antinéa.
André Xox. -- Bocal de serpents.
L'Eternelle Douleur. Un point d'in-
terrogation. Un masque tragique â
la manière grecque. Un rire sata-
nique.
Beaucoup d'autres. — Pourquoi
m avez-vous fait faire du cinéma?
Charles Démery.
cinea
19
M
LITTÊRA TU RE
M
Permettez-moi d'inaugurer ces
annales — petites, légères comme les
feuilles naissantes au premier vent
d'un jeune matin — par un hommage
à la mémoire d'une femme presqu'
illustre morte mercredi dernier à
Madrid après 70 ans de vie pittoresque
et mouvementée.
Elle portait un beau nom fier, arro-
gant, sonore comme ces noms des
hidalgos castillans qui paraissent
être forgé de fer impérissable
Elle s'appelait don a Emilia-Anto-
nia-Socovio Pardo-Bazan y de la
Rua-Figueroa, comtesse de Pardo-
Bazan I...
Elle écrivait des livres.. .beaucoup...
peut-être un peu trop... elle présidait
trop de cercles littéraires. . elle pre-
nait part à trop de manifestations
artistiques... elle connaissait trop de
de belles choses... elle était née peut-
être un peu trop tard, c'est pour cela
que la postérité ne l'admirera pas
trop.
C'était une belle vie pourtant, cin-
quante ans d'activité incessante, in-
lassable... des regards avides et
curieux partout autour de soi.
Saint Français d'Assise... le natura-
lisme de Zola... la révolution russe...
l'œuvre d'un vieux prédicateur triste-
ment célèbre... une tendre idylle
galycienne... un roman de passion
sauvage et implacable... vous trou-
verez de tout dans les volumes qu'elle
laisse après.
J'ai dit qu'elle était née trop tard :
c'est cela. Il y avait trop de choses
faites déjà, réalisées avant elle.
Elle aurait pu être au xvie siècle,
une autre Sainte Thérèse parcourant
les routes de Castille, fondant des
monastères, exhortant les riches à la
pénitence, gifflant les nonnes légères
et volages et languissant de passion
pour le céleste Epoux au fond d'une
cellule austère, les lèvres enfoncées
dans le froid ivoire du corps divin
immaculé.
A l'âge de 30 ans elle s'éprend de ce
fameux Don Carlos pour la gloire
duquel Mlle Musidora lutta si gra-
cieusement il y a quelque temps dans
les montagnes du pays basque avec
le concours de M. Pierre Benoît.
Seulement la belle dame espagnole
d'autrefois avait raté son effet...
Lorsqu'elle s'agenouilla devant...
l'illustre prétendant et lui demanda
SABAH 8ERNIIAJIDT, vut. fa Vàzquei Diai
IihSSIN DE VASQUEZ DIAZ
SARAH BERNHARDT
qui après ses représentations de Daniel
et d'Athalie à Paris, a été acclamée à
Londres, rentre de Madrid et de Barce-
lone ou on l'a fêtée avec un enthou-
siasme extraordinaire.
la permission de baiser cette main
royale (pour cela elle avait entrepris
le voyage à Venise) l'irrésistible Don
Carlos lui répondit que tout va bien,
qu'il est très content de son sort et
qu'à la splendeur du trône de ses
ancêtres il préfère une vie agréable
et facile aux environs de Monte-
Carlo... question de goût naturelle-
ment et grosse déception pour la
romanesque voyageuse.
Avec l'âge elle devint plus sage...
elle trouva autre chose... le fémi-
nisme... le professorat... et tout der-
nièrement l'irrésistible envie d'entrer
à l'Académie. Ce dernier désir ne se
réalisa pas malgré une campagne
énergique des milieux littéraires
espagnols.
Maintenant on lui prépare des funé-
railles solenelles quasi princièreson
prononcera beaucoup de discours...
On voit partout ses portraits.
Je regarde cette grosse dame aux
cheveux blancs et au sourire un peu
étudié et je pense qu'elle était peut-
être très belle lorsqu'elle baisait sur
une terre étrangère les mains d'un
homme qui n'a pas voulu être roya-
lement aimé de femmes.
L. Valter.
Sara h Bernhardt à Madrid
Durant son dernier séjour à Madrid,
Sarah Bernhardt a été l'objet d'une
manifestation grandiose et touchante.
L'Ateneo de Madrid, ce centre intel-
lectuel de l'Espagne entière, avait
organisé une magnifique réception
en son honneur. Des personnages
illustres tels que le comte Roma-
nonés, président du Conseil des Mi-
nistres; M. Maura, le grand homme
d'Etat espagnol, le célèbre écrivain
Azorin, etc., ont prononcé tour à tour
des discours éloquents; ils ont rendu
tous un hommage respectueux et
ému à la grande artiste qui réappa-
raissait à Madrid après trente-huit
ans d'absence. Ensuite la célèbre
comédienne espagnole Catalina Bar-
cena, au nom de tous les comédiens
espagnols, est venue s'agenouiller
devant son illustre camarade, et avec
une grâce exquise baisa les mains
de Sarah, qui , émue j usqu'aux larmes,
la releva et l'embrassa tendrement.
La réception se termina par une
ovation formidable qui dura même
après le départ de l'illustre tragé-
dienne.
20
cinea
Réponses à quelques lettres | 1 U PRESSE FRANÇAISE DU CINÉMA
Lucien Arnould. — Mais non, 5 francs
pour une photo de Tom-Mix, ce n'est pas
cher puisque vous l'avez acheté dans une
« Agence Américaine ». Il faut bien payer
la raison sociale de la maison.
Ranchman. - Pearl IVbite : care of
Fox Studios. Fort Lee. New-Jersey U.S. A.
Mary Pickford: Robert Brunton Studio
5 3 1 1 Mebrose Avenue, Los Angeles,
Californiâ U.S. A., Bessie Love : Vitagraph
Studios: Fiospect and Talmadge Streets,
Los Angeles. Jewel Carmen : Fox Studios,
1401 Wersten Avenue, Los Angeles.
Blue Jeans. — Le scénario de Prumlla
a été découpé par Charles Maigne et
réalisé par Maurice Tourneur, 11 était tiré
du roman de Granville Barker. Les prin-
cipaux interprètes étaient : Marguerite
Clark, Jules Raueourt, Harry Léoni,
Isabel Berwin, Marcia Harris, Nora Cecil,
W. J. Gross, A. V. Wood, Ch. Hartley,
A. Kennedy. L'opérateur à qui l'on doit
ces jolis tableaux est John Vanderbroeck.
Autant que possible non. Si je me permets
la moindre appréciation sur Maurice
Tourneur, je vais faire aboyer tous les
cabots de France et de Navarre.
[ean de la Chesnaie. — Oui, c'est
entendu. Tom-Mix, Buck Jones, Fred Stone
sont des cavaliers, des acrobates, des
athlètes incomparables, mais leur science
de comédiens ne vient pas à la cheville
du grand W. Hart. Son second prénom
est Shakespeare. Ce pseudonyme de Rio-
Jim lui a été donné par l'éditeur français,
tout simplement.
Litti.e Star. — Ces deux réalisateurs
sont en procès. Nous ne verrons peut-être
jamais Villa Destin. — Moi aussi, j'ai
perdu l'espoir de revoir Rose - France
ailleurs que chez Baudon St-Lo. Stock de
vieux films à prix réduits pour forains.
Quant à Gigolette aujourd'hui à Paris
dans so salles, demain dans toute la
province.
Louise Darcel. — Ce film de Bessie
Barriscale intitulé ici Une femme de Tète
se nomme (Ail of a Sudden Norma). lia
été mis en scène par Howard Hickmann,
le mari de Bessie. Le scénario avait été
tiré d'un roman de Thomas Edgelou par
[ack Cunningham. Les autres interprètes
étaient Melbourne Mac Dowell, Joseph
Dowling, A. Colby, R. H. Grey, F. Leigh,
Mickey. — Ce partenaire habituel de
Mary Miles Minter se nomme Allan Forrest.
Il n'est pas permis d'ignorer que Suzanne
Grandais n'est plus.
Lucy. — Le Courrier de Monsieur Pic
avait en effet consacré son numéro de
Janvier auCinéma.N'allezjamais demander
à un homme de théâtre son opinion sur le
Cinéma.
ZlGOTTO Lover. — Prince-Rigadin vous
amuse follement, ma foi tant mieux...
Je n'en puis dire autant. Oui, si la finesse
se mesurait au nez.
Lecteur assidu. — Il m'est très difficile
de vous donner autant de renseignements
sur les vedettes françaises, que sur celles
d'Outre-Atlantique ; les premières étant
fort modestes sur leur personnalité et
principalement sur leur âge.
Strong Man. — Non, la Fiancée du
Maharadjah n'est pas un film suédois.
C'est le chef-d'œuvre de la production
danoise. Je ne peux établir de parallèle
entre ces deux films, car ils sont loin de
se ressembler. Le Monastère de Sendomir
est un film de la Svenska, un vrai celui-
là, mis en scène par Sjostrom et interprété
par Tove Svennberg, Richard Lund, Tora
Teje, Renée Bjorling. Le scénario est tiré
d'une nouvelle de Grillparzer.
Pyjama Bleu (Lecteur passionné. —
Bessie Love. De son vrai nom Juanita
Horton. naquit à Los Angeles (Californie),
le 10 septembre 1900. Elle n'a donc pas
21 ans, Ivor Novello doit avoir dans les
25 ans, de nationalité anglaise.
Robert Périscope. — La Vierge de Stam-
boul n'a pas été tourné en Syrie mais bien
en Californie. La grande mise en scène et
la reconstitution de cette ville éphémère a
emité des sommes considérables. Heureu-
sement qu'il était déjà amorti avant son
entrée en France. D'ailleurs, s'ils ne comp-
taient que sur les 200 ou 300 salles d'ici. . .
Germaine Laribaut. — Vous trouverez
la collection des photos de Le Trésor, avec
M. Pickford. Le Gardien de nuit, avec
W. Hart et Y Aventure de P. Strong. avec
W. Reid, chez J. Tholat, ^7, rue Ampère.
Mary and Doug, — Je ne crois pas qu'il
paraisse une traduction française de Pinto
Ben. le dernier livre de W. Hart.
Paulette Besnard. — Vous aimez beau-
coup E. F. Et bien il faut lui écrire
pour lui faire part de votre grand admira-
tion. — Peut-être. — Ma foi, je n'ai jamais
rempli les fonctions d'écrivain public. . .
Admiratrice Nazimova. — Nazimova
naquit à Yalta, en Crimée, le 4 juin 187g.
Elle est mariée à Charles Bryant, son par-
tenaire dans la plupart de ses films. — Si
Fatty fait « le grand soleil « à la barre
fixe en tout cas il est excellent
nageur et cavalier. Oui. il est marié à Miss
Minta Durfee.
Gribouille. — Les artistes françaises
n'aiment pas la publicité. — Mais certai-
nement, nous parlerons des vedettes sué-
doises patience. - Renée Bjorling
fait aussi du théâtre. — David Garricl; est,
en effet, un film très remarquable. Wini-
fred Kingston était sa partenaire.
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Ciné-Magazine
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Le Film
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| Quotidiens et Revues ayant une Rubrique
régulière du Cinéma
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■ LA LANTERNE. - LE MATIN. — LE MERCI RE
I DE FRANCE Léon Moussinac . — PARIS-MIDI
• (Louis Dellur). — LE POPULAIRE (François Crucy).
■ — LA RAMPE.
cinea
21
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
C'est chez lui que je connus le
sacristain Jeraxa qui m'apprit à lire.
Je n'oublierai jamais sa bonne action.
Agis de même, toi aussi : n'oublie
; pas les gens qui te feront du bien,
ils ne seront pas nombreux et il
' te sera facile de te souvenir d'eux. »
Parfois en hiver venaient nous
voir des hommes d'un aspect sau-
vage, énormes, hirsutes, emmitouf-
flés dans de lourdes pelisses puantes
et chaussés de « laptys ». C'étaient :
le frère de mon père, Dorimédont et
ses fils. On m'envoyait chercher de
l'eau-de-vie, on buvait du thé pen-
dant des heures interminables, on
parlait de la vie difficile, des tra-
vaux de village, on racontait que
chez un tel par suite du non-paie-
ment des impôts l'administration
avait enlevé le bétail et avait pris le
samovar.
— C'est durî...
Cette expression se répétait fré-
quemment et d'une façon variée.
Je pensais :
Comme c'est bien que mon père
habite la ville et que nous n'avons
ni chevaux, ni vaches et que per-
sonne par conséquent, ne pourrait
enlever notre samovar!
Je remarquai un jour que mon
père et ma mère étaient très agités.
j Le nom du « procureur » revenait
souvent dans leurs propos et ce nom
1 me parut aussi terrible que jadis
celui de Jéraxa.
— Dis, maman, qu'est-ce que c'est
que va, le procureur? demandai-je à
ma mère.
Et elle m'expliqua :
— C'est plus que le gouverneur de
province en personne.
Ce qu'était un gouverneur de pro-
vince, je le savais déjà. J'avais en-
tendu autrefois mon père conter un
jour à nos voisins une histoire dans
laquelle une phrase m'impressionna
beaucoup :
... Le gouverneur Skariatine arriva
au village, ordonna que tous les
habitants fussent étendus demi-nus
le long de la rue principale et se mit
à les fouetter avec sa nagaïka... »
Comme on m'avait annoncé que le
procureur était un personnage en-
core plus important, j'étais persuadé
qu'il allait étendre sur le pavé la
ville toute entière pour lui infliger
une punition encore plus exemplaire.
Et alors moi aussi j'aurais ma por-
tion parmi les autres.
Mais il arriva que l'affaire fut
beaucoup plus simple : la sœur ca-
dette de ma mère était enlevée par
quelqu'un et vendue ensuite dans une
maison de tolérance; mon père, ayant
appris cela, avait adressé une re-
quête au procureur pour obtenir sa
libération.
Quelque temps après apparut chez
nous la tante Anna, jolie, gaie, tou-
jours chantant des chansons. Je
compris que dans la vie il y a des
choses qui ne paraissent pas si ter-
ribles lorsqu'on les connaît de près.
Une des fdles de notre propriétaire,
le commerçant Lysitzine, jouait du
piano, cette musique me paraissait
être une mélodie céleste. D'abord je
croyais que la jeune fdle jouait d'un
simple accordéon et ne faisait que
tourner la manivelle et que la mu-
sique se faisait d'elle-même au fond
de la boîte; mais bientôt j'appris que
la fille du propriétaire produisait
cette musique en tapant avec ses
doigts sur le clavier.
— C'est épatant ça! Si j'avais pu
apprendre à jouer ainsi!,..
Et voilà que — coïncidence bizarre
— il arrive que quelqu'un parmi nos
voisins organise une tombola avec
un vieux clavecin comme prix ga-
gnant; mes parents m'achetèrent un
billet pour 23 kopeks et... je ga-
gnai le clavecin.
J'étais fou de joie, étant persuadé
que maintenant j'apprendrai facile-
ment à jouer, mais quelle fut ma
déception lorsque je vis qu'on en-
ferma le clavecin à clef et, malgré
mes larmes et mes prières répétées
on ne me permis même pas de le
toucher.
Je ne pouvais même pas m'apprô-
cher de lui sans qu'on me cria :
— Attention! Tu vas le casser!,..
Mais en revanche, lorsque je tom-
bai malade on m'installa sur ce
meuble pour tout le temps de ma ma-
ladie, et c'était pour moi une chose
tout à fait incompréhensible : donc,
je pouvais coucher sur cet instru-
ment, mais il m'était sévèrement dé-
fendu de le toucher.
Il est vrai que bientôt cet instru-
ment encombrant fut vendu pour
25 ou 30 roubles et tout était fini.
J'avais à peu prés 8 ans lorsque je
vis pour la première fois le « pail-
lasse » Yachka. C'était dans un
cirque forain pendant les fêtes de
Pâques .
Iakow Mamonow était connu à
cette époque dans toute la région de
la Volga comme un « paillasse » in-
comparable. C'était un homme fort,
déjà âgé, aux yeux narquois, mous-
tache noire, dure et épaisse.
(A suivre)
L. Vai tkk trad.
cinea
Envoyez nous un scénario ciné-
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Le Film, Ciné pour tous, Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appiis le décou-
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découpez-le et bernez vous à
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décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Baroncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon 'Poirier,
T^ené Le Sompiier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaoille, Lio-
nel Landry, P. de la {Rorie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Urviller, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême
pour lenvoi des manuscrits est
fixée au Ier Août prochain.
Prix : Le meilleur scénario
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
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connaître des maisons d'édi-
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■ Coquillon ( Lui ) ; Dj«m-Dax< Elle); Jacques Ferréol i L'Autre ).
LE SOLEIL DE MINUIT, un acte de M. Jacques Deval.
■ Mmes Germaine Fontanes (Simone) ; Suzanne Connel
■ (Mme Darne); La Petite Mad Lopes (La Petite Fille);
E M. Harry Krumer (René).
ï TROIS TYPES, comédie en deux actes de M. Paul Giafferi
; MM. René Bussy(Gronin); Coquillon (Philipénette) ; Saulieu
; (Lapreux); Roger Bernard (Le Sergent).
cmea
Réponses à quelques lettres
Picture Mad. - - Constance Talmadge
naquil àBrookrynn(N.-Y.),le içavril 1900.
Je ne crois pas que Mary Osborne
tourne encore. Gosta Ekman est suédois.
Ranchman. — Clara Kimball Young
naquit en [891. Non. son vrai nom est
Clara Whipple; Young étant celui de son
mari. — Billy West, a mon avis n'est
digne d'aucun intérêt. — Maë Marsh est
mariée a M. Louis Lee Arms. un banquier
new-yorkais. — Fn effet, une sœur : Mar-
guerite. — Madame Huguette Duflos n'est
pas la fille, mais bien l'épouse de M. Ra-
phaël Duflos.
Roger Beudin, — La distribution de
Douglas, for ever comprenait : Cap au sud...
( Douglas Kairbanks) José l'Espagnol
(Frank Campeau) Lolita (Catherine Mac
Donald) Le lieutenant de José (James
Mason). Le scénario était d'Allan Dwan et
la réalisation de Arthur Rosson. Les meil-
leurs films de Douglas sont, à mon avis.
Une aventure à New-York et L'Ile du Salut.
Viguier-Chalumeau. — Du fait que cette
école vous a délivré une carte « avec
Mitre photo dessus », vous vous croyez
opérateur — Monsieur Gaumont en cher-
che justement un. allez donc vous présen-
ter... avec votre carte, bien entendu.
Lower Film. —Jack Mulhall était le par-
tenaire de Viola Dana dans Flirteuse.
Irving Cummings dans le rôle du mari
complaisant.
Strong Mam. — Cette salle ne possède
qu'un seul appareil de projection, c'est
pourquoi vous avez un arrêt chaque fois
que l'on change de bobine. — Cela est
assez rare aujourd'hui.
Gynette Palmyr. — Madame Renée Cari
ne tourne plus, mais dirige une académie
de cinéma.
Lover Film. — jewel Carmen, de son
vrai nom Evelvn Quick, naqui à Danville
[Kentucky) en 1898, Marjorie Daw se
nomme en réalité Margaret House, elle
naquit à Colorado Springs (Col) en 1903.
C'est depuis son mariage avec G. Burton
Hawley qu'elle joue sous le nom de Wanda
Hawley, autrefois elle paraissait sous le
nom de Wanda Petit ; alors que son véri-
table patronyme est Selma Pittack.
Point d'interro. — Tin' Squazc Mau a
été tourné deux fois, la première avec
Dustin Farnum (ce fut le premier film de
la Paramount), la seconde avec Elliott
Dexter Ann Little, Katherine Mac Donald
et Jack Holt. — Le réalisateur était C. B.
de Mille.
Rose sans fin. — Je partage votre avis
Van Daële est le premier de nos artistes
d'écran, mais la règle établie ici veut que
les producteurs soient les derniers à s'en
apercevoir.
AzYADÉ. — Depuis son mariage W. Hart
ne doit plus envoyer sa photo aux jeunes
fille. — Les lettres pour la Californie
mettent ^ à 40 jours aller et retour.
The Kid. — Ce film Jeanne d'Arc (Joan
the Woman), dont vous parlez est l'œuvre
de C. B. de Mille. — Les interprètes sont:
Géraldine Farrar, Wallace Reid, Raymond
Hatton, Hobart Bosworth. Tully Marshall.
Théodore Roberts. Charles Gary, etc. La
distribution de : Le Talisman (The Devil
Stone) comprenait : G. Farrar. Wall-Reid.
Tully Marshall, Hob. Bosworth, James
Weil. Ernest Jov. Mabel Van Buren.
Pilier ou Colisée. — J'ignore l'âge d'An-
dré Himmel.
Ranchmann. —Non ce n'est pas un parti
pris, je n'aime pas William Farnum.
parce qu'il est trop théâtre et qu'il n'a pas
le physique des rôles qu'il interprète.
Little Douglas. — Vous estimez que
Douglas manque de goût dans le choix de
ses partenaires, peut-être voudriez-vous
le voir engager Sandra Milowanoff. Je
vous engage à aller voir Katherine Mac
Donald dans Douglas for Ever, et Pauline
Curlev dans Douglas au pays des mos-
quées.
Carmen White. — Le titre américain de
La Course an Bonheur, av. B. Washburn
est The IVay of a Mau with a Maid. —
Celui de Le Voyage de noces de Suçy avec
C. Talmadge est The Honeynwon. — Celui
de Le Rêve de la Vie, av. June Caprice : A
Sniall Town Girl. — Nous vous parlerons
bientôt de S. Hayakawa.
Futur opérateur. — Voici en quoi con-
siste l'apprentissage de la prise de vues
tel que l'enseigne cette école. Un jour de
beau temps vous prenez le « moulin « et
vous partez à l'assaut de la place de la
République, vous tournez 1 m. so du
Madeleine-Bastille, 1 m. so du tram de
Charenton ; vous rentrez dans les vastes,
modernes et outillés laboratoires afin de
tirer un positif de votre « documentaire ».
Le lendemain vous recommencez machi-
nalement et ainsi de suite jusqu'à concur-
rence de 3S0 francs de pellicule. — De
professeur il n'y en a pas, d'ailleurs pour
quoi faire, l'appareil est du dernier mo-
dèle de 1905, le travail et la lumière du
studio ; pas la peine. Monsieur le Direc-
teur est partisan de la méthode Mercanton
— Au bout d'un mois ou d'un an on vous
délivre généreusement une carte avec
photographie, cachets, signatures, para-
graphes, etc.. et roulez vous êtes sacré
opérateur.
Maintenant si le cœur vous en dit apre-
nez la prise de vues.
l'Œil-df.-Chat.
U PRESSE FRANÇAISE OU CINÉMA
Périodiques consacrés à l'Art Muet
Le Cinéma
Hebdomadaire
1)' : G. LoRDiER - R' en chef : E. Fouquet
28, Boulevard Bonne-Nouvelle, PARIS
Cinéma=Spectacles
17, Rue Magenta, i7. MARSEILLE
Cinématographie Française
Revue Hebdomadaire
D' : F. Louchkt - R' en chef : P. Simonot
Administrateur : Jean Weidnkr
50, Rue de Bondy, PARIS
Ciné-Journal
Hebdomadaire
D' : G. Dureau - ?o. Rue Bergère. PARIS
Ciné=Magazine
Hebdomadaire Illustré
D,s : Jean Pascal et Adrien Maître
?. Rue Rossini, PARIS
Cinéopse
Revue Mensuelle - Dr : J.-M. Coissac
7?. Boulevard de Grenelle. PARIS
Ciné pour Tous
Revue Bi-Mensuelle - D1' : P. Henry
26 bis, Rue Traversiere, PARIS
Ciné Pratique
Directeur : Henri de Villemandy
45, Rue de Belleville. PARIS
Courrier Cinématographique
Directeur Fondateur : Ch. le Fraper
28, Boulevard Saint-Denis, PARIS
Hebdo-Film
Directeur Fondateur : A. de Relsse
28. Boulevard Bonne-Nouvelle. PARIS
L'Ecran
Journal Ofûciel du Syndical Fiançais
des Direelenrs de Cinématographe'
iqc). Rue Saint-Martin. PARIS
Le Film
Mensuel Illustré - Dr : G. Quellien
144. Rue Montmartre, PARIS
Filma
Revue Bi-Mensuelle — Dir. : Millo
;. Boulevard des Capucines, PARIS
Scénario
Revue Bi-Mensuelle - Dr : R. de Simone
9. Rue de Clichy, PARIS
Quotidiens et Revues ayant une Rubrique
régulière du Cinéma
BO\SOIR iPierre Seize. Auguste Nardy, Marcel
Achard). - CONGEDIA L. Croze). — COMCEUlA
ILLUSTRÉ (Loois Dellucl. - LE CRAPOUILLOT
Jean Rallier, Roissière, René Bizel. J.-L. Durau-
deau). — LA DÉMOCRATIE NOUVELLE. — LKRE
NOUVELLE Pierre Costar). - LESPRITNOUVï \u
— EXCELSIOR (André Heuzé . — L'INFORMATION
(Lucien Vahl). - L'INTRANSIGEANT (Boisyvon . -
LE JOURNAL. — LE JOURNAL DES DÉBATSfGuS-
tave Fréjaville). - LA LIBERTÉ P. de la Borie
LA LANTERNE. - LB MATIN. — LE MERCURE
DE FRANCE Léon Moussinac). — PARIS-MIDI
.Louis Dellue). — LE POPULAIRE François Crue? ■
- LA RAMPE.
cinea
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 17 au Jeudi 23 Juin
3= ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, is. boulevard des
Italiens. — Les actualités de la semaine. —
Trisulti. plein air. — Le Champion, comé-
die sportive, avec Charles Ray. — La nuit
du i ?, scénario et mise en scène de Henri
Fescourt, avec Yvettte Andréyof, Jean
Toulout. André Dubosc, Vermoval. —
Intermède musical (en .soirée). Yvonne
Curti. — Attraction : Cornélius et Cons-
tance, in their original artistic dancing.
Parisiana. 27, boulevard Poissonnière.
— Les Carabes, documentaire. — Don
Quichotte, de Miguel Cervantes, interprété
par M. Claude Garry, de la Comédie-
Française. — Parisiana-Journal, actualités.
— La Fille du Fauve, grand drame avec
Pearl White. — Picratt Jockey, comique. —
En supplément de 7 h. 1/2 à8 h. 1/2, excepté
dimanches et fêtes : L'Ame de Pierre, dr.
Cinéma de la Presse. 12s. rue Mont-
martre. — Voleurs de femmes. 8e épisode. —
Le chanceux, comédie sportive avec G.
Walch — L'Homme aux trois masques,
2e épisode. — Le Barbare, comédie dra-
matique interprétée par M. Traverse.
Omnia-Pathe s. boulevard Mont-
martre. — Pathé- Journal, actualités. —
Le gentilhomme pauvre, comédie. — Cœur
de mannequin, comédie dramatique. —
Supplément facultatif: La Pocharde. 3e épi-
sode : La mère aux sept douleurs.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Jourual. — Courses de
taureaux à Luuel. documentaire. — A tra-
vers la France : Cannes. — La revanche du
destin, comédie dramatique. — La chasse
aux mille lions, comique. — En supplément
facultatif: Le Roi de l'audace, 6e épisode :
Ruse de femme.
3e ARRONDISSEMENT
Palais des Fêtes, 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée
t'albe-joiirnal. — L'oiseau s'envole, comé-
die dramatique avec Dorothy Philips. —
La Nuit du /?. drame de Henri Fescourt.
La pocharde. 2* chapitre : La mère aux
sept douleurs.
Grande salle des fêtes du ier étage
La chasse aux mille lions, comique. — Le
Gentilhomme pauvre, comédie dramatique.
Le Renard et le Corbeau, dessins animes.
— La Proie, drame. — Pathé-Journal. —
/. Homme aux trois Masques, ty- épisode :
La lutte à mort.
Pathé-Temple. — Pa/he-Jourual. —
Une famille de toques, comique joué par
LUI... - - L'Homme aux trois masques.
9e épisode : La lutte à mort. - La Pocharde.
3e' chapitre : La mère aux sept douleurs. —
Le Gentilhomme pauvre, comédie d'après le
roman de M. Henri Conscience.
4* ARRONDISSEMENT
Saint-Paul.
rue Saint-Antoine.
— /mages de Printemps, plein air. — Saint-
Paul-Jourual. — Potiron homme invisible.
dessins animés. — L'Homme aux trois mas-
ques, g" épisode : La lutte à mort. - La
rose de Grenade, comédie dramatique avec
Suzanne Talba. - La Pocharde. Y cha-
pitre : La mère aux sept douleurs. — Le
( gentilhomme pauvre, drame. - Une famille
de toqués, comique joué par LUI...
5e ARRONDISSEMENT
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
- Rose messagère, scène dramatique. —
Gaumont-aclualitcs. — Attraction : les
Willaert-Glorian, duettistes — La Pocharde.
drame en 12 chapitres. 2<-- chapitre : L'En-
fant du crime. — Les Naufragés du sort. dr.
Mésange, 3, rued'Arras. — Pathé-Journal.
Patbé-Rcvitc. u" 24. — L'homme aux trois
masques, 8e épisode : Le mendiant mysté-
rieux. — La pocharde, en 12 chapitres.
2e chapitre : l'enfant du crime. — Le roman
delà vallée heureuse, drame interprété par
Lilian Gish.
6e ARRONDISSEMENT
Régina-Aubert-Palace. 155, rue de
Rennes. — Aubert-Jourual, les actualités
du monde entier. — Eddie Polo dans Le
roi de l'audace, ciné-roman en 10 épisodes
publié par La Presse. 5e épisode : Le
globe magique.. — Sur la route, comédie
dramatique. — Patbe-Rcvuc. — Le roman
de la Vallée heureuse, grand drame en
cinq parties.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Récamier, 3. rue Récamiei . —
La Pocharde, 2«époque : L'Enfant du crime.
Le Roman de la Vallée heureuse, comédie
sentimentale. — Le sens de la Mort, comé-
die dramatique. — Pathé-Journal.
Cinéma Bosquet, 83. avenue Bosquet.
Direction G. Moyse. — Fattv pipelet.
comique. — L'Homme aux trois masques.
7e épisode : Le mendiant mystérieux. —
La falaise, œuvre imaginée et mise à
l'écran par M. Paul Barlatier.
THEATRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysécs, 38
Direction :
P.MALLEVILLE
Téléphone :
ELYSÉE 29-46
Programme du 17 au 23 Juin
La Chasse aux Mille Lions,
comique.
Le Champion,
avec Charles Ray.
Gaumonl- Actualités .
La Nuit du 13, drame interprété
par Yvetîe Andkevor.
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
Cinéma-Sèvres. 80 bis. rue de Sevrés,
(angle du boulevard de Montparnasse,
boulevard des Invalides). Fleurus 28-01). —
Les bas de soie, comédie interprétée par
Constance Talmadge. — Le Gai dieu, scène
dramatique. — La chasse aux mille lions.
comique. — La Chine et les Chinois. — Le
Renard et le corbeau. — Pathé-Journal. —
— Pathc-Rcvuc. — Attraction sensation-
nelle.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Cotisée. 38. avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
F.lvsées 29-45. — La chasse aux mille lions.
comique. — Le Champion, avec Charles
Rav. - Gaumont-actualiiès. - - La nuit
du 1 ï. drame.
9e ARRONDISSEMENT
Aubert-Palace. 28, boulevard des Ita-
liens. — A travers la France : Cannes.
plein air.— Nouveautés journal.— L'homme
aux trois masques, 9e épisode : La lutte à
mort. — La Chasse aux mille lions, comiq.
— L'oiseau s'envole, drame avec Dorothv
Phillips.
Cinéma-Rochechouart. 66, rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 66-19. Directeur :
M. A. Jallon. — Eclair- tournai. — Courses
de taureaux à Lunel (Hérault). — L'homme
aux trois masques. i)e épisode : La lutte à
mort. — La pluie d'or, comédie sentimen-
tale.— L'enlèvement de Miss Maud, comédie
d'aventures. — Intermède : Marcillac,
chanteur de genre dans ses créations.
Delta-Palace-Cinéma. 17. boulevard
Rochechouart. — Delta-Journal. — La
chasse a l'Hippopotame, documentaire. —
Rihadouille oncle d'Amérique, comique. —
La fuite de Jackson Bill, drame policier. —
Le Tourbillon, (/épisode : Dans les huniers.
— L'Indomptable, drame. — Intermède :
Léonce, chanteur fantaisiste.
10e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Palace, 42, boulevard Bonne-
Nouvelle. — Le Vengeur. — Pathé-Journal .
— Fally et son chien. — 10 minutes au
Music-Hall. — L'Homme aux trois masques,
9e épisode, grand ciné-roman. — Les chan-
sons filmées de Lordier. — Attraction :
M. Lvrval. chanteur.
Cinépax. 30, boulevard Bonne-Nou-
velle. — Patbé- Journal. — Tout se paie.
d'après l'œuvre de Paul Bourget. — Une
famille de toques, fou-rire. — La Pocbarde,
y chapitre. — Anatole gagne le gros lot,
comique.
Paris-Ciné, il, boulevard de Stras-
bourg. — Anatole gagne le gros lot. comi-
que. — La pocbarde, y chapitre. — Une
famille de loques, fou-rire. — Tout se paie.
tiré de l'œuvre de Paul Bourget. — Patbe-
Journal.
Crystal Palace-Cinéma, cj. rue de la
Fidélité, 96, faubourg Saint-Denis. —
Nord O7-59. — La parure, comédie drama-
tique en s parties. — Le Vengeur, drame
d'aventures en =; parties. — Fabrication du
fromage de gruvere, documentaire. — Palace-
Journal, actualités de la semaine. — Attrac-
tion : Gr, nival.
Tivoli, [9, faubourg du Temple. —
Provins, plein air. — Tivoli-Journal. — Poti-
ron homme iuuisible. dessins animés. —
L'homme aux trois masques, tf épisode :
La lutte à mort. — La Represaille. drame
avec Clara Wieth. — La nuit du 1 ?. drame
avec Yvette Andreyor. — La chasse aux
lions, comique.
Folies-Dramatiques, boulevard Saint-
Martin. — Le Salut de Fattv. comique. —
Miarka la plie a l'ourse, drame de Jean
Richepin. — L'Homme aux trois masques.
8e épisode. — La Pocbarde. y chapitre :
La mère aux sept douleurs. — Picadora,
danseuse à transformations. — Le ténor
Barthel.
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Aubert-Journal. — Eddie Polo
dans Le roi de l'audace, ciné-roman en
10 épisodes publié par La Presse, 6e épi-
sode : Ruse de femme. — Zigoto garçon
de théâtre, comique. — La Pocbarde, drame
en 12 épisodes, y épisode : la mère aux
sept douleurs. — L'Oiseau s'envole, comé-
die dramatique. — Les deux bambocheurs.
comique.
12* ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaunionl-
Actualités. — La Pocbarde, y chapitre :
La mère aux sept douleurs. — Le Gentil-
homme pauvre, comédie. — Attraction :
Cri-Cri. sketch. — Lilv ^/«.avecHuguette
Duflos.
i3c ARRONDISSEMENT
Qobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
— Pathé-Journal. — Patbé-revue 11" 24. —
L'homme aux trois masques. 8e épisode : Le
mendiant mystérieux. — La Pocbarde.
2e chapitre : L'enfant du crime. — Le roman
de la vallée heureuse, drame avec Lilian
Gish.
14e ARRONDISSEMENT
Gaîté. rue de la Gaité. — Pathé-Journal.
— Pathe-Revue 110 24. — L'Homme aux trois
masques. <cf épisode : La lutte à mort. —
La Pocbarde. en 12 chapitres. 2e chapitre :
L'enfant du crime. — Le romande la vallée
heureuse, drame avec Lilian Gish.
Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Au pays des
glaces fumantes, plein air. — Les actualités
de Splendide-Cinéma, — Le cercueil flottant.
aventures. — Fleur des neiges, histoire en
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
Chariot Soldat
avec CHARLIE CHAPLIN
SYDNEY CHAPLIN
et EDNA PURVIANCE
Terrible Adversaire
avec DOUGLAS FAIRBANKS
et JEWEL CARMEN
Pour sauVer sa Race
avec WILLIAM HART
Louise GLAUM et Bessie LOVE
0 Le "Penseur 0
ANDRÉ NOX
avec
L'Homme aux Yeux Clairs
avec WILLIAM HART
Le Lys et la Rose
avec LILIAN GISH
et FRANK MILLS
0 Le Silence 0
avec EVE FRANCIS
:-: et S I G N O R E T :-:
0 Œil pour Œil 0
avec SESSUE HAYAKAWA
0 Le Faune 0
:-: avec FEBO MARI :-:
■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■a
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
images. — Attraction : Les Threm-Nats.—
Quand l'amour commande, comédie drama-
tique-en 4 parties.
Orléans-Palace, 100 et 102. boulevard
Jourdan. — Les actualités Patbê. — Bobby
manque de courage, comédie. — Le Tour-
billon. 8e épisode. — L'Aventure de Bijou.
comédie. — Sur scène : Maurice Dharlay
et Cécile Gilbert.
15e ARRONDISSEMENT
Splendide-Cinéma-Palace, 60, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Patbé-Journal. — Patbé-Revne.
— Les Rivières Grey et Green. documen-
taire.— L'homme aux trois masques, f épi-
sode : La Lutte à mort. — La Rose de Gre-
nade, drame de mœurs espagnoles, avec
Suzanne Talba. — LU r Vertu, avec Huguette
Duflos. — La chasse aux mille lions, comi-
que. — Intermède : Mlle Anna Pascal, la
célèbre virtuose musicale. Tous les jeudis
2 h. 1/2: Matinée spéciale pour la jeunesse.
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Patbé-
Journal. — Pa/bc-Rcvitc n" 24. — L'homme
aux trois masques. 9e épisode : La Lutte à
mort. — La Pocharde, en 12 chapitres.
2° chapitre : L'enfant du crime. — Le roman
de la vallée heureuse, drame avec Lilian
Gish.
Vaugirard-Cinéma, rue de Vaugirard,
273, — Programme du 17 au 19 juin. —
Patbé-Journal, actualités. — Le cœur et la
petite main, comédie gaie. — Mikasa Cho-
liichi, jongleurs japonais. — Le fantaisiste
Montcl's dans son répertoire. — La nuit
du /?. comédie dramatique. — Bécasson
est étourdi, comédie comique. — Pro-
gramme du 20 au 23 juin. — Patbé-Journal,
actualités. — La Corse, superbe voyage.—
La Pocharde, 2e épisode : L'enfant du crime.
— L'affaire Champignon, pièce en 1 acte
de). Moineaux. — Le Roman de la Vallée
heureuse, interprète par Lilian Gish. —
Coquin de printemps, comique.
Grand Cinéma Lecourbe, 115, rue Le-
courbe. Saxe 56-45. — Lily Vertu, comé-
die sentimentale interprétée par Huguette
Duflos, de la Comédie-Française. — Voleurs
de femmes, 10e épisode: Le cercueil d'acier.
— Gatiuiont-actiia/i/cs. — La Revanche du
Destin, comédie gaie. — Attraction : M.
Maurice Dharlay et Mme Cécile Gilbert.
dans leurs fantaisies d'actualités.
16e ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 17 au lundi 20 juin. — Dans les pro-
fondeurs de la mer, documentaire. — La
pocharde, y chapitre : La mère aux sept
douleurs. — Le renard et le corbeau, dessins
animés. — Le voleur volé, comique. —
Patbé-Journal, actualités. — Lily Vertu.
comédie dramatique. — Chariot et le man-
nequin, comique. — Programme du mardi
21 au jeudi 23 JUIN. — L'Homme aux trois
masques, (f épisode : La lutte à mort. -
Les bas de soie, comédie dramatique. -
Le sens de la mort, d'après l'œuvre de
Paul Bourget. — Eclair- oiirnal.
Théâtre des Etats-Unis. 56 bis, avenue
MalakofF. — Les deux orphelines, re époque.
— La Revanche d'un timide, avec Charles
Ray. — Joe chc-c les Cow-boys, scène comi-
que jouée par un singe.
Le Régent, 22, rue de Passy.— Gaumont-
actualitès. — Les Châteaux de Blois. docu-
mentaire — La musique adoucit les mœurs,
dessins. — Rose messagère, drame. —
Darwin arait raison, comiqne. — La Fille
du Fauve, drame.
Mozart-Palace, 49. 51, rue d'Auteuil.
[6e. — Programme du 17 au 20 juin. —
L'homme aux trois masques, qe épisode : La
lutte à mort. — Les bas de soie, comédie
dramatique. — Le sens de la mort, d'après
l'œuvre de Paul Bourget. — Eclair-Journal.
— Programme du 21 au 23 juin. — Dans
les profondeurs de la mer. documentaire. —
La Pocharde, y épisode : La mère aux
sept douleurs. — Le renard et le corbeau.
dessins animes. — Le voleur volé, comique.
— Patbé-Journal. — Lily Vertu, comédie
dramatique. — Chariot et le mannequin.
comique.
17e ARRONDISSEMENT
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
— Un hiver chee les Indiens. — Le Tourbil-
lon, f épisode : Dans les Huniers. -
Patbé-Journal. actualités. — // ne faut
jamais dire fou/aine, comédie gaie. —
Ames d'Avare, comédie dramatique. — La
chasse aux mille lions, scène comique.
Villiers-Cinéma, 21. rue Legendre. —
Direction : M. Hermua. — Le raton, docu-
mentaire. — Le Music-Hall. fantaisie. —
Eclair-Journal, actualités. — Bill Bockev
sculpteur, scène comique. — Le Roi de
l'audace. 6e épisode : Ruse de femme. —
Une Salomé moderne, scène dramatique. —
Intermède : Gauv.
Cinéma Legendre. 12S, rue Legendre.
— Directeur: A. Jallon. — Les landes du
Ju/laud. plein air. — Dandv tient la bonne
place, comique. — L'homme aux trois mas-
ques. 9e épisode : La lutte à mort. -
Legendre - Actualités. — Le traquenard.
drame en 4 parties. — Intermède : Les
New and Margareth, fantaisistes musicaux.
Royal -Wagram, avenue Wagram. —
Promenade dans Rome, plein air. — Le
gentilhomme pauvre, comédie en 4 parties.
— L'Oiseau s'envole, grande nouvelle dra-
matique en 5 parties. — Patbé-j ournal. —
La Pocharde. y chapitre : La mère aux
sept douleurs.
■■■■■■•■■■■■■■■■■■■■•■■■■■•■■■■■■■■■■■■■«■■•■■■■■
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
La Voix des A ne être s
avec HARRIET BOSSE
000
0 Les Proscrits 0
avec VICTOR SJOSTROM oo
0 Madame Qui ?
avec BESS1E BARRISCALE o
Richesse maudite
avec CHARLES RAY ooo
00 La 'Bombe 00
avec HARRIETT BOSSE 00
00 Un Ours 0^
avec M O D O T 000 000
Le Retour aux Champs
de J. DE BARONCELLI 000
Carmen du Klondyke
0 Intolérance 0
avec MAE MARSH, LILIAN
GISH, BESSIE LOVE,
SEENA OWEN, ROBERT
HARRON 000 000 000
■■■■■■■■■■■■•■■■■••■••■■•■■••aaaaaaat
cinéa
Programmes des Cinémas de Paris
Le Select. 8, avenue de Clichy. —
Voleurs de femmes, 10e épisode : Lecerçueil
d'acier. — L'épingle rouge, nouvelle dra-
matique. — Gaumont- Actualités. — l.a
chasse ,///\ mille lions, film comique. —
Cct'//r de mannequin, comédie dramatique.
Lutetia-Wagram. avenue Wagram. —
Magasine de l'ébran, documentaire. — Le
Champion, comédie en 4 parties. — La
proie, grande comédie dramatique. — l.a
ebasse aux mille lions, comique. - Gaumont-
âctualitès. — Voleurs de femmes, m- épi-
sode : Le cercueil d'acier.
(irand Cinéma, 147. avenue de Saint-
Oueri (près la porte Saint-Ouen). Direc-
teurs-propriétaires : M. Moisset et Cie. -
/.,- Talion, grand drame. — /..' Tourbillon.
8e épisode : Le cercueil flottant. — Fatty
aux bains, comique. — Pathè- Journal. —
Attraction : MIL- Claudy-Fleury, chanteuse
réaliste. — Bonheur, illusionniste prestidi-
gitateur.
Batignolles-Cinéma, 59, rue de la Con-
damine. — Programme du 17 au 19 juin.
— Patbè-Journal. — La Pacharde, y épi-
sode: La mère aux sept douleurs. — L'Af-
faire Champignon. — L'Homme fort, comé-
die dramatique. — Coquin de printemps.
comique. — Programme du 20 au 23 juin.
— Patbè-Journal - Et... débrouille-toi!
comédie gaie. — Attraction : Mikasa
Chokiehi. jongleurs japonais : Le fantaisiste
Moutel's. - La nui/ du 1 ?, drame. —
Bècasson est étourdi, comédie comique.
Cinéma Demours. 7. rue Demours.
Directeur: M. F. Destannes. — Wag.77-00.
Deux amis de la nature, documentaire. —
L'Homme aux trois masqués, 9e épisode. -
Le renard et le corbeau, dessins animes. —
Eclair-Journal, actualités. — La unit du 1 ?
scénario et mise en scène de Henri Fes-
court.
18 ARRONDISSEMENT
Barbes-Palace, 34, boulevard Barbes,
Direction : L. damier. — Nord 3^-68. —
La Proie, comédie dramatique. - La
course aux mille lions, comédie burlesque.
- Courses de taureaux a l.uuel. — L'homme
aux trois masques. 0'' épisode : La lutte a
mort. - Attraction : Les Red-Slars. voltige
au trapèze.
Gaumont -Palace, 1. rue Caulaincourt.
— La nuit du 1 j, drame.— Le Remplaçant.
avec Fred Stone. — Coins de France, film
Gaumont en couleurs naturelles. — Actua-
lités. — Attractions.
Petit Cinéma. 124. avenue de Saint-
Ouen. — Métamorphoses, comique. — Le
magot de Marmot, comique. — Son Fils.
drame en 4 parties avec Madeleine Tra-
verse.
Palais-Rochechouart. 56, boulevard Ro-
chechouart. — Le tombeau des cœurs, comi-
que. — Fddie Polo dans Le roi de l'audace,
ciné-roman en 10 épisodes publié par La
Presse. 5e épisode : Ruse de femme. —
L'Oiseau s'envole, comédie dramatique. -
Auberl-jourual. les actualités du monde
entier. - La Pocbarde, grande série fran-
çaise en épisodes, d'après le célèbre roman
de Jules Mary. 3'' épisode : La mère aux
sept douleurs. -- Les deux bambocheurs,
comique.
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43.
— Maurice Robert, directeur. — Les
Actualités Mondiales. — Les Enfants
d'Edouard, drame historique. — Fridolin
chef de rayon, comique. — L'Homme aux
trois masques, cf épisode : La lutte à mort.
— Attraction : Les Kins, excentriques vir-
tuoses. — Nord 49-24.
Montcalm-Cinéma, 134, rue Ordener. —
Actualités Gaumont. — Le singe d'Atbalie,
comique. — La Pocbarde, 3e époque : L'En-
fant du crime. — Voleurs de femmes, 9e épi-
sode.— Gigoletlc. 4e époque: Rédemption.
— Sur scène : Douai, du Petit Casino.
Marcadet-Cinéma-Palace, no, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — L'Appel du sang, avec Le
Bargy. — Coquin de printemps, comique. —
Blanc cl noir. — La Pocbarde. v chapitre :
La mère aux sept douleurs. — Attraction :
Lee Sam. danseur et chanteur fantaisiste.
- Palhc-Journal. actualités.
19= ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7. Avenue Secrétan. Patbè-
Journal. — Une Famille de toques, comique
joué par LUI. — L'Homme aux trois mas-
ques. 9e épisode : La lutte à mort. — La Po-
cbarde. y chapitre : La mère aux sept
douleurs. — Le Gentilhomme pauvre, comed.
Alhambra-Cinéma. 22. boulevard de la
Villette. — Directeur-propriétaire. M. Vic-
tor Deunier. — Un début dans le monde.
comique. — L'Homme aux trois masques.
— Bigorna et le modèle, comique. — La
Pocbarde. 2e épisode : L'enfant du crime.
— Actualités- Pathé. — Gigoletlc.^ épisode.
- Les chansons filmées de G. Lordier.
20e ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace. 42, rue de Bel-
leville. — Charlie Chaplin dans Chariot
joue Carmen, fantaisie comique en 2 épi-
sodes. 2e épisode : Souvent femme varie.
— La lutte pour la vie, comédie dramati-
que. — Le roi de l'audace, ciné-roman en
10 épisodes. de épisode : Ruse de femme.
— L'Oiseau s'envole, comédie dramatique.
Féerique-Cinéma. 146, rue de Belle-
ville. — Patbè-Journal.— Au Pays des loups.
comédie dramatique. — Attraction: The
Las-Bas duo. jongleurs arabes. — Jack
médecin malgré lui. grande scène d'aven-
tures.— l-a Pocbarde. 3- épisode : La mère
aux sept douleurs.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualitcs. — Li
Gentilhomme pauvre. Comédie en 4 parties.
La pocbarde, y chapitre : La mère aux
sept douleurs. — Attraction : les Portelly,
duettistes Louis XV. — Le Vengeur, comédie.
BANLIEUE
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le-
vallois). Wagram 04-91. — La pocbarde.
grande série française en 12 chapitres.
icr chapitre : Les flammes mortelles. —
La parure, de Guy de Maupassant. — Le
salut de Fait y. comique. — L'homme aux
trois masques. 9- épisode : La lutte à mort.
— Attraction : Les Tricos, gymnastes sur
piédestal.
Fontenay-Cinéma. 8, rue Boucicaut
(Fontenay-aux-Roses). — Programme du
18 et 19 Juin. — La Parfumerie, documen-
taire. — Dans le Désert, comédie dramati-
que. — Les Deux Gamines, 10e épisode. —
Pulcbérie au dancing, comique.
Montrouge. — Lusambo (Congo Belge),
plein air. — Montrouge-actualitès, faits
divers mondiaux. — L'homme aux trois
masques. 0'' épisode : La lutte a mort. -
La represaille. drame. — Potiron homme
invisible, dessins animés. — La fiancée du
cow-boys, comédie dramatique. Lily
Vertu, comédie sentimentale.
Clichy. — Pathc-Journal. — Une famille
de toques, comique. — L'Homme aux trois
masques. 9' épisode : La lutte a mort. —
La Pocbarde. 3e chapitre : La mère aux
sept douleurs. — Le gentilhomme pauvre.
comédie.
Levallois. — Pathc-Journal. — Bcauci-
trou et le sous-marin, comique.— /.. Cachet
de Cire, comédie dramatique. — La
Pocbarde. Ier chapitre : Les Flammes mor-
telles.— L'homme aux trois masques. 8e épi-
sode : Le mendiant mystérieux. — Attrac-
tion : Reine Chantcix. diseuse à voix.
Vanves. - Pathc-Journal. — Pathc-
Revuc. — L'homme aux trois masques. ()« épi-
sode : La lutte à mort. — La pocbarde.
2e chapitre : L'enfant du crime. — Le
roman de la vallée heureuse, drame.
Bagnolet. — Pathc-Journal. — Une
famille de loques, comique. — L homme
aux trois masques. 9e épisode : La lutte a
mort. — /.■( pocbarde. Y' chapitre : La
mère aux sept douleurs. /..• gentilhomme
pauvre, comédie.
cinea
Les Films d'aujourd'hui
Dans la nuit du 13 (A G. G.)
C'est un film très dramatique. L'his-
toire de ce collaborateur d'un grand
savant qui par ambition tue son maî-
tre, et est conduit à se tuer par sug-
gestion est habilement composée bien
mise en scène et bien interprétée.
Les Italiens, il y a quelques années
se spécialisèrent dans ce genre de
drame. Il offre de grandes facilités à
qui veut donner des impressions de
terreur et de mystère. Encore faut-il
savoir les employer. M. Henri Fes-
court n'ignore rien des ressources du
cinéma, et qualité plus rare, manie le
sous-titre avec intelligence. Il parle
au public en phrases brèves, bien
laites. On comprend les nuances de
sa pensée.
Ceci dit, je ne crois pas que le sujet
du scénario s'élève bien au-dessus de
ceux que nous voyons chaque jour, ni
que l'exécution témoigne d'efforts
très nouveaux. Mais ce n'était point,
certes dans les intentions du metteur
en scène qui a bien fait le travail qu'il
avait entrepris. N'est-ce pas déjà un
grand mérite ?
M.Toulout a droit â tous les éloges.
Il est expressif et sobre. MM. Dubosc
et Vermoyal sont émouvants. Peut-
être Mme Andreyor n'a-t-elle pas
donné toute sa mesure, parce qu'on
ne le lui a 'pas permis. Il y a plus de
métier qued'humanité dansles scènes
qu'elle interprète.
René Bizet.
Coquin de printemps (Suns-
hine.)
Les démêlés conjugaux de M. Coq
et de Mme Poule sont chose extrême-
ment joyeuse. L'application aux hu-
mains retombe dans la banalité, tou-
tefois on est tout surpris de voir qu'à
l'occasion les bathing airls vont à
à 1 eau. Mais il est curieux de consta-
ter comme l'exhibition, très chaste
et artistique de ces jolis corps serrés
dans des maillots, prend un carac-
tère obscène aussitôt que des om-
brelles viennent montrer qu'il y a
quelque chose à cacher.
Le Métis.
En voyant ce film j'avais eus l'im-
pression qu'il était tiré d'un roman
— certains détails, évidemment trans-
posés d'une autre version, le parti du
costume 1860 l'indiquaient — et le nom
de Bret llart m'était immédiatement
venu à l'esprit. J'ai vérifié depuis que
le Métis était en effet inspiré d'une
nouvelle du grand conteur Califor-
nien, qui vient d'être traduite en fran-
çais sous le titre de Dans les bois tic
Cavquinez.
Hélas I Le cinéma perd à la compa-
raison, alors que seuls sont coupa-
bles les adaptateurs assez audacieux
pour châtrer et mutiler des chefs-
d'œuvre. En lui-même le film est bon,
YVETTE ANDREYOR
dans La Nuit du i ?. le film d'Henri
Fescourt où elle a pour partenaires
Jean Toulout et Vermoyal.
mais comme il s'efface devant le texte
et quel parti aurait-on pu tirer, avec
des interprètes comme Douglas, Je-
wel Carmen, Aima Rubens, d'un récit
aussi vigoureux, de tableaux aussi
puissants î Mais l'adaptateur a cru
faire merveille en révélant ce drame,
humain et éternel, de robes à falba-
las, et n'a pas vu plus loin...
Il faut donc choisir, lire la nouvelle
ou voir le film : je n'aurais pas men-
tionné la nouvelle si le metteur en
scène n'avait pas fait tout ce qu'il a
pu pour m'en signaler l'existence :
ne parlons donc que de ce qui se
passe sur l'écran. .
Douglas Fairbanks apparaît tout
d'abord en splendide statue de bronze
nue sur un rocher. Jewel Carmen
n'imite point cet exemple, mais reste,
sous les robes d'il y a soixante ans,
l'exquise mutine et gracieuse créature
qu'on ne voit pas assez souvent à
l'écran. Aima Aubens lui donne une
bonne réplique ; elle est belle et dra-
matique ; on goûtera l'expression
puissante et contenue du geste par
lequel elle s'apprête à se dévêtir de-
vant l'homme dont elle n'a pas com-
pris la délicatesse.
Douglas Fairbanks souffre un peu
d'être obligé de restreindre ses habi-
tuelles acrobaties. 11 a tort, car il se
montre bon acteur, capable de rendre
des sentiments plus variés et com-
plexes qu'à son habitude.
Quelques jolies paysages, et un in-
cendie de forêt un peu trop visible-
ment réalisé à l'aide de pièces d'arti-
fice...
La nuit du 13.
Film caractéristique des tendances
actuelles du cinéma français, y com-
pris l'imitation regrettable des pro-
cédés chers à l'écran américain. Une
mère va voir son enfant malade à la
campagne : on nous montre le taxi, le
sifflet de la locomotive, le piston, le
marchepied du wagon, le couloir, le
postillon de la gare d'arrivée, etc.
D'ailleurs cet enfant, vivant ou mort
ne joue aucun rôle dans le drame :
il trouble même nos notions sur
Yvonne Mùller, car enfin les jeunes
filles qui préparent leur licence es
science ou leur doctorat en droit ne
se font pas faire d'enfant avec la fa-
cilité que leur prêtent nos auteurs du
cinéma. (Voir Maître Evora).
Il est un peu regrettable que ce
film rappelle par certains côtés (sans
qu'il y ait évidemment aucune imita-
tation) le Sens de la Mort, qui reste
très supérieur comme structure et
comme interprétation. Là aussi il y
a un vieux savant, et son collabora-
teur un jeune amoureux, une jeune
amoureuse ; Ce milieu où évoluent
les personnages est le même ; des
problèmes philosophiques s'y mêlent
au drame des passions. De la liste des
acteurs je ne tirerai que M. Jean Tou-
lout, qui a su être bon dans un rôle
peu fait pour lui. Le talent et les créa-
tions de Mlle Andreyor lui donnent le
droit d'être jugée autrement que sur
ce film.
Lionel Landry.
8
cinea
PORTRAIT EXPRESS
DAVID WARK GRIFFITH
Fils du Brigadier général Jacob W. Griffith, David
naquit en 1880 à la Grange (Kentucky). Ses débuts
dans l'art cinématographique remontent a 1901. Il
débute en qualité d'acteur dans la troupe d'Ed. Porter,
qui tournait The
Great Train Ro-
blery.
En 1908 il est
engagé par la
Biograph d'a-
bord comme ac-
teur, ensuite,
comme « scéna-
rio-continu ity-
writer ».
Enfin sa grande
ambition finit par
se réaliser, la Bio-
graph lui ayant
confié la mise en
scène de The Ad-
ventures ofDolly
et With the Ene-
nuj's Help avec
Mary Piekt'ord.
Ensuite il fit le
premier film en
5 parties The
Escape puis Ju-
dith of Bethulia,
OU and Water,
Home sireet ho-
me, ces deux der-
niers avec Lillian
Gish, The Aven-
ging Conscience.
Et il s'attaque a
la réalisation des
fameux Birth of
a Nation, Intolé-
rance avec L.
Gish, Marsh,
R. [larron, S.
Owen.M.Cooper.
et des milliers de
figurants. Ensuite c'est Hearts of the World tourné
en partie sur le iront français avec Lillian et Dorothy
Gish, et Robert Harron.
Fin 1017, il signe un contrat avec la Paramound-Art-
craf't «'engageant à produire •"> films, c'est: The Great
Love avec !.. Gish, R. Harron, The Greatest Tliingin
Life avec L. Gish. R. Harron, Ed. Lincoln, I). Butler,
A Romance of Happij Valley, avec L. Gish et R. Har-
ron, The Girl who Stayed at Home avec Clarine Sey-
mour et R. Harron et enfin True Heart Suzie (Le Pauvre
Amour) avec
L. Gish, R. Har-
ron, C. Seymour.
Dans les ple-
in i e r s mois de
1919 il produit
BroLen Blos-
souis(Le Lys bri-
sé,) avec L. Gish,
R. Barthelmess,
Donald C r i s p ,
qu'il exploite
pour le compte
des « Big 4 ».
De juin a dé-
cembre 1919 il
produit pour le
F. N. C. : The
Gréa test Ques-
tion avec L. Gish
et R. Harron, The
Idol Dancer avec
Richard Barthel-
mess, Clarine
Se\ mour, Creigh-
ton Haie, Scar-
let Days avec
R. Barthelmess.
En 1920 il tour-
n e à n o u v e a u
pour les « Big 4 »
1 The Love Fla-
irer avec Carol
Dempster et
R. Barthelmess.
2° Way Doivn
East avec L. Gish,
Mary Hay.R. Bar-
thelmess, Creigh-
ton Haie et Burr
M a c I n t o s h ,
3" Hank Bottlcs avec Carol Dempster, ïora Douglas.
Ralph Graves. 4° Dream Street.
A l'heure actuelle la réalisation de Faust d'après
Goethe et Marlowe serait commencée. Lillian Gish
devait interpréter le rôle de Marguerite.
cinea
CAROI. DEMPSTER
Voici un des plus harmonieux « instruments >} de
D.-W. Gritïith. qui obtint de Mae Marsh et de Lilian
(iish des « accents » étonnants. Carol Dempter a ete
révélée par deux récents films de l'auteur d'Intolc-
rance : The love flower et Hauk bottles.
0
cinea
PORTRAIT EXPRESS
! LILLIAN GISH
Lillian Gish naquit a Springfield
(Ohio) le 14 octobre 189(5.
A (5 ans elle débute sur les planches
dans un mélodrame de Blaney et
Woods. Elle paraît dans cette troupe
jusqu'à l'âge de 13 ans. A ce moment
elle abandonne la rampe pendant
quelques temps pour parfaire ses
études fort négligés jusque là. En
1912 lors d'une visite au studio Bio-
graph. D. W. Griffith la remarque et
l'engage sur le champs.
Elle tourne donc pour la Biograph
et sous sa direction de 1912 à 1915 :
OU and Water; Home siveet Home;
The Birth of a Nation (La Naissance
d'une Nation).
Puis, elle suit Griffith à la Triangle
ou elle tourne de 1915 à 1917 :
Le Lys et la Rose; La chimère de
Suzan; Les Corsaires; Diane l'Etoile
des folies; Les Parents fautent, les
enfants paient; Intolérance. Cœurs
du Monde (Hearts of the World avec
^AnruiJ
LILLIAN GISH
dans Le Pauvre Amour
sa sœur Dorothy et Robert Harron).
En 1917 Griffith quitte la Triangle
pour la Paramount et naturellement
emmène Lillian. Ils tournent pour
cette compagnie :
The Great Love; The Greatest
Thing in Life; A Romance of happij
valley (Le Roman de la Vallée Heu-
reuse); True Heart Snzy (Le Pauvre
Amour) avec R. Harron et Clarine
Sevmour.
En 1919 pour l'United Artists que
Griffith vient de fonder :
Brohen Blossoms (Le Lys Brisé)
avec D. Crisp et R. Barthelmess. The
Greatest Question.
Enfin le fameux Way Doivn Easl
dont la réalisation a demandé 8 mois
de travail acharné.
Elle a encore tourné 2 films pour la
Frohman Art Corp, mais vientde reve-
nir à Griffith pour lequel elle inter
prête le rôle de Marguerite dans sa
version cinégraphique de Faust.
Terminons en vous dévoilant la
couleur de ses yeux et de ses cheveux
qui sont respectivement bleus et
blonds et qu'elle pratique tous les
sports.
DONALD CRISP
dans Le I, y's bri
LILLIAN GISH
dans Le Roiihin de lu l'ulle,- beureust
RICHARD BARTHFJ.MF.SS
dans Le Lys brisé
cinea
CHEZ
». W. GRI FFITH
Par GERMAINE VULAC
Au moment où le succès du Lys
brisé du Pauvre amour et rfu Roman
de la Vallée Heureuse montre la
maîtrise d'exécution du cinéma amé-
ricain,on lira avec intérêt cespages
écrites par Mme Germaine Dulac,
le metteur en scène de La Cigarette,
Malencontre, etc., revenue récem-
ment de New-York où elle visita le
studio de D. W. Grif/ith, créateur
d'Intolérance et du Lys brisé. L. D.
A New- York, au cœur même de la
ville, à quelques mètres de Broad-
way, dans le centre actif des grandes
aflaires, à New-Jersay,de l'autre côté
de l'Hudson, à Long-Island, par delà
la rivière de l'Est où s'alignent les
usines, dans les coins les plus vivants,
les plus remuants de la cité géante,
sont les studios où s'élabore et se
réalise la pensée cinégraphique amé-
ricaine. De vrais usines aussi ces stu-
dios, avec leur règlement de travail,
leurs procédés de fabrication, leur
outillage parfait de production in-
tense, leur grouillement de travail-
leurs bien répartis. Une impression
d'impersonnalité pour l'individu et
de réussite pour l'œuvre. Un machi-
nisme de la pensée merveilleux et
moderne.
Les images mouvantes, afin d'at-
teindre leur grande perfection.deman-
dent-elles donc le concours de plu-
sieurs cerveaux réunis et divisés en
rouages selon une discipline indus-
trielle, et ne peuvent-elles servir,
comme la sculpture, la peinture, la
littérature et la musique, la pensée
d'un unique artiste ?
Si New-York s'allonge, s'étend à
l'infini, il est un point où les rues et
les usines s'égrènent, où les maisons
s'espacent au lieu de se serrer les
unes contre les autres, où les rumeurs
8 apaisent, et où les grandes routes
blanches bordées d'arbres conduisent
vers d'autres lieux... Un mille, deux
milles, trois milles, New-York dispa-
raît. C'est la nature calme, médita-
tive, avec de petits cottages dispersés
qui invitent au repos. Pourtant, il
existe un studio si l'on suit l'une de
ces grandes routes blanches... Dix
milles, vingt milles, trente milles
sont franchis, longs espaces dénudés,
parcs ombreux...
- « Le studio de M. Griffith, s'il vous
plait. »
11 faut quitter la route, prendre un
chemin qui s'enfonce dans la solitude,
plus loin encore des passants. De
l'eau... L'Hudson semble un lac im-
mense. On ne voit plus l'autre rive.
Une petite presqu'île. Le fleuve élargi
en baie entoure la terre. Une grille.
« Propriété privée. » — Une maison
de campagne près de laquelle un han-
gar s'élève entouré de servitudes. Au
bas du jardin, une jetée.
— Le studio de M. Griffith ?
— C'est ici.
En vain vous chercheriez la grande
usine industrielle. Vous êtes dans la
maison d'un artiste qui , dans le calme,
échafaude son œuvre. — On entre —
CONSTANCE TALMADGE
dans le rôle de la Fille de
la Montagne d'Intolérance
(Episode de Bahvlone)
le silence. — Pourtant des gens sont
là. — Ils parlent à voix basse dans le
recueillement de la pensée. — Les pla-
fonds sont hauts. Une grande chemi-
née de bois évoque les heures où l'on
se chauffe après la chasse, après la
pêche. Et l'on est pris par une émo-
tion semblable à celle qui devait au-
trefois étreindre les fidèles admis à
pénétrer dans le home du grand
homme de Bayreuth. Le génie de
Griffith ne rayonne-t-il pas sur le ci-
nématographe moderne, comme celui
de Wagner, il y a peu de temps en-
core, sur la musique ?
— M. Griffith, s'il vous plait ?
— M. Griffith a dû partir pour Phi-
ladelphie î
Le maître de la maison est absent,
mais sa présence occulte règne dans
cette demeure qu'il vient de quitter.
— Voulez-vous voir le studio ?
Un petit couloir sombre. Etle grand
atelier. — Aucun bruit. — L'opérateur
est auprès de son appareil. Dans un
décor, solide comme les murs d'une
salle habitable, qu'éclairent des
lampes à arc réparties suivant une
méthode personnelle, évolue une
toute jeune femme. — Une ardeur
surhumaine fait briller ses yeux. —
On dirait qu'elle répète sous le regard
du maître... Le maître, pourtant, est
loin. — « Miss Carol Dempster, ex-
plique-t-on. C'est pour une étude de
maquillage et de costume. » La re-
cherche personnelle et constante. On
s'attendait à l'atmosphère d'un stu-
dio, on trouve celle d'un atelier d'ar-
tiste.
Ici une maquette : le village en mi-
niature de ll'ai/ Doivn East... Mais
avec quel art une branche d'arbre en
relève le factice, avec quelle étude les
appareils électriques sont distribués
pour atténuer ou rehausser le relief
de carton. Ce n'est pas là un décor en
réduction, c'est un effet travaillé,
mûri, dont on reçoit une impression.
Miss Dempster a fini. Un jeune
homme, un tout jeune homme aux
grand yeux noirs a pris sa place. Sa
bouche, son corps essaient d'interpré-
ter par des traits aigus un caractère.
Richard Barthelmess.en même temps
que le maquillage, étudie une expres-
sion. Richard Barthelmess... le Chi-
nois du Lys brisé, quelle foi est en
lui I II ne parle pas, mais dans ses
yeux qui vous fixent passe la flamme
d'une activité morale intense. Il a tou-
jours l'air de réfléchir.
Un regard alentour. Comme les
masses de lumière sont ici tamisées,
choisies .
Voici Ralph Graves qui se met à
parler de Griffith avec admiration. —
Qui donc disait que Griffith était ab-
sent. Griffith est présent. Ses artistes
sont animés de sa pensée même. Ils
en sont le prolongement vivant.
11 est tard. Les lampes du studio
s'éteignent. On revient dans le hall à
la grande cheminée.
« — Voulez-vous voir la salle où
M. Griffith réunit ses artistes ? »
Une grande pièce carrée aux larges
fenêtres. Au fond une table de bois,
deux sièges. En face une rangée de
chaises. C'est le temple du travail
médité où Griffith, plusieurs semaines
avant de descendre au studio pour
réaliser son film, inculque sa volonté
12
à ceux qui en .seront les interprètes.
Volonté faite de l'orée et de persua-
sion, qui prend l'âme de l'acteur, la
pétrit, la l'orme avant de la jeter vi-
brante dans l'œuvre. Ah î dans cette
salle carrée, que nous sommes loin de
l'usine I Le cinéma serait donc comme
les autres arts, l'expression d'un ar-
tiste î
Une volonté, une réflexion, l'œuvre
à l'aire, non pas,' le film à sortir coûte
que coûte... L'œuvre qui doit mûrir...
La préparation à longue échéance
non pas la réalisation hâtive.
Griffith n'était pas là... On croyait
l'avoir rencontré. Quand on le voit on
le connaît déjà.
Une poignée demain cordiale. Des
yeux qui semblent par habitude, en
vous saluant, chercher ce que vous
avez en vous de capacités ignorées
et mystérieuses. Un grand homme,
très grand, très mince, aux traits vio-
lemment accusés. Il va justement re-
trouver ses artistes dans la grande
salle carrée. Carol Dempster, vive et
nerveuse, Richard Barthelmess tou-
jours renfermé dans son silence ar-
dent, Ralph Graves, fort sportif et
sain, s'apprêtent déjà vibrants à re-
cevoir la parole qui va galvaniser ce
qu'ils portent en eux d'énergie sen-
sible, pourles conduire palpitants au-
delà même de leur force expressive.
Et commence l'échange des mots.
Il y a douze ans que Griffith débuta
dans le cinéma. 11 était auteur dra-
matique. Un des premiers il comprit
que l'art muet pouvait matérialiser
certaines formes de sensations dé-
crites mais non senties de la pensée,
inaccessibles au théâtre, au roman,
à la peinture, et il s'y consacra.
Dégager le cinéma des autres
formes de l'art, lui révéler sa propre
voie, sa propre grandeur, sa propre
personnalité, tels furent l'effort et la
réalisation de Griffith qui fut toujours
un novateur et non un disciple. A lui
nous devons la découverte des pre-
miers plans qui isolent 1 expression.
de ce jeu intérieur qui visualise par
l'attitude, par l'opposition, letréfond
de l'âme, si différent du jeu drama-
tique ; cette étude des images floues
qui fondent, estompehteertainstraits;
ces projections irisées ou dégradées
en une même teinte qui encadrent
l'écran ; les tentatives de taches colo-
rées sur le noir de la photographie.
Griffith est celui qui crée et que l'on
suit. Le cinéma lui doit toute la force
de la technique actuelle.
« — Estimez-vous que le directeur
de films doit être le seul auteur de
l'œuvre ? »
Griffith sourit : « — J'achète une
idée, mais je la transforme, je la dé-
coupe moi-même. »
Et Griffith n'ajoute pas que d'une
pâle nouvelle, que d'une pièce stricte
dans ses mots et son armature dra-
matique, il amplifie l'idée, pour la re-
créer en une vie nouvelle riche de
réalisme de prolongements et de sym-
boles.Oui toute œuvre qnivâudra au
fa
v^ir?
ALFRED PAGET (Balthazar)
et SEENA OWEN (La Princesse)
dans Intolérance.
cinéma par la sensibilité et la force
doitémaner d'une seule volonté. L'évi-
dence en est claire. A un peintre on
n'imposera pas un sujet dont un arti-
san esquissera préalablement les
traits, pour ne lui laisser que la co-
loration des formes dessinées. Son
tableau entier doit résulter d'un choc
de sa sensibilité. En industrie un
procédé de division est applicable
même nécessaire, mais non en art !
Il était naturel que Griffith qui est un
grand artiste, doué d'une émotivité
profonde, s'évada des coutumes gé-
nérales et prouva que la grande œu-
vre cinématographique est indivi-
duelle comme toutes le» œuvres belles.
Et Griffith parle de ses films. Né en
cinea
1880 à La Grange (Lentucky), il dé-
buta en lî)08 par Les Aventures de
Dolly. En douze ans il fit plus de quatre
cents films («Les uns mauvais » ajout e-
t-il avec bonhomie) et dont les plus
beaux furent La Naissance d'une Xa-
tion. Intolérance. Le Lys brisé et
Way doivn east.
Une même idée philosophique sem-
ble le dominer: celle du progrès de
l'évolution humaine, toujours retar-
dée par les forces brutales de la réac-
tion. C'est le thème d'Intolérance et
sur une variante celui du Li/s brisé.
Le Chinois et la pauvre petite girl
des bas-fonds de Londres sont frères,
bien que de races différentes, par
l'égalité de leur évolution spirituelle.
Mais toutes les puissances de l'obscu-
rantisme fort de leurs droits de tradi-
tion représentés par le Boxeur se
dressent contre leur union pour
l'anéantir, comme Cyrus le Barbare
détruit Babylone la Civilisée, dans
Intolérance.
... Et Griffith parle de la musique,
de la musique qui guide la mesure des
images à l'écran. Il sait toujours en
mettant en scène le chant des instru-
ments qui correspondra à l'action qu'il
règle. Aussi n'est-on pas étonné,
quelques instants plus tard, quand
on visite les grandes salles de projec-
tion de travail, de trouver la place de
l'orchestre, et devoir un piano et des
pupitres de musiciens. Musique de
l'esprit, musique de l'œil ; le cinéma
doit être un rythme, sans dissonance.
Aussi Griffith veut-il imposer aux ci-
némas du monde entier qui prendront
ses films les compositions harmo-
niques qui doivent les accompagner.
Miss Carol Dempster, Richard Bar-
thelmess, Ralph Graves s'impatien-
tent dans la grande salle carrée . C'est
l'heure du travail. Et Griffith va vers
eux.
Tandis que, dans la brume, s'estom-
pent la grande maison de campagne
solitaire, le hangar élevé, les labora-
toires perfectionnés, alignés le long
de la baie et prêts à lancer les pro-
ductions du Maître aux quatre coins
du monde, les arbres qui cachent les
constructions en plein air faites pour
Way doivn East, les immenses usines
ou se fabrique le « film » paraissent
une hérésie, une offense au septième
art que l'industrie tuerait, si des
hommes, de grands artistes comme
Griffith n'apportaient pour le défendre
l'air pur du travail solitaire, la gran-
deur et le culte de la pensée.
Germaine Dulac.
13
LILLIAN GISH et ROBERT HARRON
dans Le Pauvre Amour
14
cinéa
0 a
NOTES
a a
Mathot. — Quand on ne voyait en
lui qu'un bon Belge bien nourri
— mais il jouait les jeunes premiers
« mondains » — la France l'adorait.
Et en somme ce n'était pas réelle-
ment Monte-Cristo, mais il avait
l'air d'un très convenable Monte-
Cristo. Peut-être reçoit-il moins de
lettres d'admiratrices
maintenant (et encore je
n'en sais rien), seule-
ment il est cent fois
mieux, et même, dans
un joli drame à paysa-
ges qui s'appelait Papil-
lons, il était tout à fait
émouvant, l'Ami Fritz
est plus facile. Blan-
chette est difficile. La
silhouette du paysan de
Blanchette existe. Donc
Mathot, interprète de
cinéma, existe.
Huguette Duflos. — Jolie.
France Dhélia. — Un peu
midinette en Sultane de
l'Amour. Mais dés qu'il
faut sortir ses griffes
pour défendre sa bouche
ou son cœur, c'est bouil-
lant comme chatte en
colère. Et s'il faut ai-
mer,chair et appel total
bien entendu, voyez son
élan.. Préservez-nous,
préservez-la des petites
jeunes filles en sucre,
de Meilhac et des films
à costumes du Chàtelet.
Débain. — S'il arrive dans une pen-
sion de famille, en Suisse, par exem-
ple, on dit (je crois) : « C'est un
Anglais en vacances. » S'il arrive
dans un film, on s'écrie : « Enfin! un
Français qui est drôle. » Et s'il
n'avait pas réussi, on le traiterait
de fumiste. Il travaille.
Fvremond. — Tout à fait exception-
nelle, cette vérité d'homme qui se
révéla en l'honneur de l'Homme
qui vendit son âme au Diable. Fin,
moqueur, pas trop, distingué, pas
insolent, pas familier, juste, vivant,
attachant, sincère, quoi encore?
Tout ce qu'il fallait pour que per-
sonne ne le fasse tourner. On n'y a
pas manqué.
M. SHVERIN-MARS dans«L<î Roue»
le prochain film d'Abel Gance.
Séverin-Mars. — Mais c'est un mon-
tagnard T Pourquoi ? Je n'en sais
rien. L'acteur de l'Oiseau bleu et
de Terres chaudes et de la Marque
de la Bête — qui heurtait son mus-
culeux énervement aux gênes du
théâtre presque d'art — s'installe
dans le blanc et noir comme un
laboureur né dans la terre. Les
beaux sillons T Cela est âpre et doux.
C'est du soleil sur le sol retourné.
La Dixième Symphonie T J'accuse!
Ah! si on avait su ce que J'accuse
accusait! Séverin-Mars a bondi
dans les tranchées de J'accuse, et
le voilà dans la Roue, l'Agonie des
Aigles, et cela va, va toujours. Le
laboureur conquiert des domaines.
Son terrain est un territoire Terre
de France, cet homme naturel et
fort est toujours, dans
des films assez euro-
péens, un front assez
français.
•
Ma g Murray. — Est-ce
elle qui est paresseuse
ou ses éditeurs qui sont
bêtes? Le fait est qu'on
ne la voit plus. Tant pis
pour nous. Cette vie di-
recte, cette sobre vio-
lence et ce don de l'em-
portement et de la il
maîtrise nous enchan-
tèrent même dans ce
drame â l'encre de
Chine, où on la faisait
violer par un Chinois
et où elle jouait à cache-
cache avec un boa cons-
trictor neurasthénique.
Yvette Andreyor. — Elle
semble brûlée par un
tourment qu'elle ne con-
fessera jamais. Peut-
être le spectre de Judex
se traîne-t-il sur ses
talons avec un bruit de
chaînes. J'aime bien son
air de fleur brisée qu'un
coup de fouet — je veux
dire un coup de nerfs —
suffit à galvaniser, à
déchaîner, à multiplier toute. Nous
l'entendons crier.
Tsin-Hou. — Que je vous dise ? On
nous annonça qu'il était sublime
On devait dire — comme on avait
dit : « Le Japonais de Forfaiture »
— on devait dire : « Le Chinois de
Li-IIang le Cruel». Très juste pré-
vision ! Et l'on n'a pas autre chose
à dire . . .
Louis Deli.uc.
15
IN DE Ml SlllIIIU .
MUSIDORA
De Jndcx à La Vagabonde et Pour Don Carlos que d'efforts,
que d'enthousiasme, et quelle autorité de rythme et de
plastique.
SIGNORET
On renonce à citer tous ses films. Il a
été des premiers jours de l'écran et le
voici en tète de l'interprétation cinégra-
phique française avec Le Rêve, Le
Silence Le Père Goriot.
DESSIN DE l'<i\ .
LYDA BORELLI
Nous ne reverrons plus a l'écran, dit-
on. la brillante comédienne tragique de
la Marche Nuptiale et du Phalène.
16
cinea
DERRIÈRE L'ÉCRAN
Deux films. .
La Société d'Editions Cinématogra-
phiques, à laquelle nous devons
Quand on aime et Gigolette, com-
mence deux nouveaux films.
Nous avons eu l'occasion déjà de
parler du premier : L'Àrïêsienne, que
devait tourner M. Léon Poirier et que
va réaliser M. André Antoine.
Le second est un scénario de M.
Pierre Decourcelle, La Bâillonnée.
Il sera mis en scène par le réalisa-
teur de l'Essor, M. Charles Burguet,
qui faillit trouver la mort dans l'ac-
cident où périt Suzanne Grandais.
A Joinville.
La Société Russe Paul Thiemann,
dont la première production Le Sens
de la Mort avec André Nox et Ya-
nova, a été un grand succès, réalise
en ce moment l'adaptation cinégra-
pbique de Pour une Nuit d'Amour
d'après la curieuse nouvelle d'Emile
Zola. M. Protazonoff en est le metteur
en scène.
Les deux principaux protagonistes:
Van Daële interprète de Narayana,
de Fièvre, etc., et Blanche Ross, jeune
étoile américaine.
•
Un Titre.
Après l'Epingle Rouge, voici La
Vivante Epingle. C'est un scénario
de Jean Joseph Renaud que tourne en
ce moment sur les studios Gaumont
M. Jacques Robert, dont ce sera le
premier film, en tant que metteur en
Scène.
L'interprétation comprend MM. Jean
Hervé et Jean Toulout et Mlle Le-
grand.
•
Petit jeu.
Quel est donc ce metteur en scène,
aussi connu par la pauvreté de ses
conceptions que le peu d'excuses de
ses réalisations — et auquel il ne fau-
drait pas le dire — que de bienveil-
lants confrères ont surnommé : L'cn-
filmeur de perles?...
Départ.
M. Hervé (pas le même) qui colla-
bora avec M. Chimot à la mise en
scène de Colomba est parti sur la
côte d'Azur, tourner Un Témoin dans
la Nuit .
ASTA NIELShN
la fameuse actrice des écrans d Alle-
magne continue par de nouveaux
succès une carrière exceptionnelle. Sa
récente interprétation cinégraphique
du rôle d'Hamlet a produit grand effet.
Du Sable ..
Après Visages voilés. Ames closes,
après l'Atlantide, voici qu'on annonce
un autre film tourné dans le désert,
ou tout au moins aux confins du
Sahara. M. Pierre Marodon vient en
effet de terminer Le Diamant Vert
ciné-roman en douze épisodes, com-
mencé en octobre dernier, et dont
l'action se déroule aux environs de
Biskra et de Touggourt. Les inter-
prètes principaux : Claude France,
Magguy Delhiac, qui tourne en ce
moment V Artésienne, Marthe LenJ
clud, Manuel Caméré, qui interpréta
vers l'argent de René Plaissettij,
Jack de Trévières et Rosti.
On raconte qu'en plus de nombreux
accident s survenus durant l'exécution
du film, quelques incidents aussi se
produisirent... entre cette artiste très
belle et le metteur en scène... de pro-
pos aigres doux, on faillit en arriver
un jour à un véritable pugilat... Au
Sahara où les soirées doivent être
mornes, on doit rechercher le plus de
distractions possibles ..
Crise.
M. Henry Bordeaux est à la mode :
après l'Ecran Brisé, après la neige
sous les pas, voici qu'on annonce la
prochaine réalisation des Rocquevil-
lard. Le metteur en scène ne serait
pas M. d'Auchy dont on s'imaginait
qu'il avait seul le droit de visualiser
les œuvres du maître, mais M. Duvi-
vier nouveau « cinéaste»...
On parle de Van Daële, Melehior,
Jeanne Desclos et de Desjardins dans
la distribution...
Nos soirées d'hiver au cinéma...
Le premier.
Fantasio est en train de terminer
son premier film. Comédie de 600 mè-
tres, qui sera éditée par la maison
Gaumont
Nous avions déjà annoncé son titre
Le paradis perdu. M. Pierre Colom-
bier en est le metteur en scène.
M . Victor Boucher devait en être
le principal interprète, mais l'artiste
empêché n'a pu tourner. Les prota-
gonistes du film sont donc : MM. Le-
faur et André Luguet et Mme Diamant.
Nous en aurons bientôt la première
présentation . André Daven
cinea
17
JEAN BORLIN et Mlle JOHANSEN
dans L'Homme et son Désir
M
SPECTACLES
M
L'homme et son désir
Quand on présente au public d'une
répétition générale quelque chose
d'un peu nouveau, il se met à hurler.
î Et si ce quelque chose est simple,
juste, intelligent, tout le monde a
peur. On peut s'amuser en lisant ce
que le poème plastique de Paul Clau-
del a suggéré aux journaux de Paris.
En voilà des furieux. L'histoire des
deux lunes, l'histoire des heures du
ijour et de la nuit, l'histoire de
Téeharpe déroulée, ce sont là de
beaux prétextes à invoquer la sa-
gesse latine, l'équilibre français, la
pureté d'Ile-de-France. Ainsi soit-ilî
Il reste pour nous et pour beau-
coup d'autres qui n'écrivent pas
dans les journaux que le thème de
'L'homme et son désir est une admi-
rable idée de poésie visuelle. La réa-
lisation décorative est d'un intérêt
surprenant. Les plans superposés où
agissent les commentaires mimiques
du poème central sont une trouvaille,
avec la sécheresse d'une trouvaille
PAUL CLAUDEL
l'auteur du poème
de L'Homme et son Désir
qu'il faudra préciser, resserrer,
mettre au point bien vite. La défor-
mation du décor et de la couleur
exige de longues recherches. Et nous
y arrivons. J'avoue d'ailleurs que
l'effort de Mme Parr est remar-
quable, et que les costumes sont par-
ticulièrement réussis.
Jean Borlin, harmonieux et sobre,
dépasse de beaucoup tout ce qu'il a
fait jusqu'ici. Son intelligence touche
par moments à la force. Il nous a
touché par telle note d'âpreté et de
trouble que nous n'osions espérer.
Parmi ses partenaires, Mlle Johansen
l'a heureusement aidé avec des gestes
délicieux, dans ce finale de sensua-
lité remarquable qui clôt le poème à
la façon d'un fondu cinégraphique.
De la musique de Darius Milhaud.
je n'ai rien à dire. Elle m'enthou-
siasme. C'est de la musique.
Eve Francis.
18
cinea
Le soleil de minuit, un acte
en vers d'intentions candide», con-
tient l'honnêteté cherchée, la mala-
dresse et la prétention petite, propres
aux « copies » d'élèves doués. Et
aussi, la volonté de commettre du
vers classique; mais celui qui en ré-
sulte n'est que fautes prosodiques et
rimes convenues. Au reste, cette
petite composition était destinée à la
Comédie-Française.
Harry Krimer a raison de chanter
son rôle, c'est une belle harmonie
qu'il y met .
Et dire que la critique sut démêler,
dans cet acte, comme dans lî&e faible
femme, naguère, la marqué précoce
du talent le plus brillent I
Mais Irénée Mauget a repris cette
sincère, gracieuse, souriante Ma-
dame Beudet à qui tout de même on
peut reprocher : le manque de nou-
veauté (n'avez-vous pas lu cela
quelque part dans Maupassant?) une
vulgarité de ton et de pensée trop
générale, le jeu trop accentué vers
le ridicule de Jacques Baumer.
Le conflit perd ainsi de sa gran-
deur. Il en garde, avec un air salubre
qui se dégage pleinement dans ce
noble Nouveau-Théâtre ou rien n'in-
tervient, on le sent, que de sincère
et de désintéressé.
Le Caducée, avec les mérites
dune éclatante distribution, a ceux
d'être exactement approprié à l'at-
tente du grand public actuel. Ce qui
est surprenant, quand on songe qui
est l'auteur. Mélodrame, donc, com-
portant dans le sujet juste la part
d'exceptionnel qui permettra les dé-
tails pittoresques; mélodrame moins
nerveux, certes, que ceux de Berns-
tein, mais moins nu aussi, moins
écorehé . Si maintes rencontres y
sont prévues, — et l'aventure elle-
même, qui s'accomplit réellement
voici quelques années... — si les ca-
ractères sont sans profonde person-
nalité, la marche des scènes est
menée sûrement et, dans les deux
derniers actes, avec une force gron-
dante. On écoute tout le temps.
Harry-Baur apporte là son origi-
nalité, sa mimique aiguë qui con-
vient si bien à ces personnages un
peu anormaux, son lyrisme, si je
puis dire, dans le réalisme qui, par
l'excès même du jeu, violente le
jugement : la perfection ne deviendra
point pour cet acteur, comme pour
tel autre, le reposoir où les publics
l'admireraient désormais de con-
fiance et sans enthousiasme nouveau.
Nelly Cormon a de l'allure, Alcover
et Janvier de la sincérité, Marie Laure
une émotion contenue très remar-
quable. Mais Simone Frévalles m'a
paru dépourvue de sensibilité,
La revue de l'Apollo met
d'autant mieux en valeur la char-
mante Elsie Janis qu'elle l'aceom-
DARIUS M I L H A U D
le compositeur
de L'Homme et son Désir.
pagne peu adroitement, pauvrement
surtout en dépit de ses richesses vo-
lontaires. Le mauvais goût des évo-
cations historico-érotiques et un
manque total de bonne humeur dans
les scènes de... fantaisie (?) causent
des moments pénibles. Mais la déli-
cieuse créature qui chante, joue,
mime ou danse, en frac, robe de
voyage ou de soirée, possède l'art de
parler au public avec modestie, et
les plus savantes roueries par où
l'artiste parvient au naturel. Elle
danse surtout, d'incomparable façon,
avec une fougue aisée d'animal
svelte. Et enfin, Miss Elsie Janis,
vous nous faites si doucement com-
prendre que vous êtes très intelli-
gente et de très bonne compagnie!
Seuls d'une copieuse distribution,
Fagan et Dalio sont personnels,
l'une agréable et l'autre adroit.
A l'Alhambra. Vingt minutes
de plaisir délicat, grâce â Billy Wells
et ses deux partenaires. Ils chantent
et dansent auec cette facilité et cette
cocasserie mesurée que semblent
seuls connaître les acteurs du music-
hall anglais. Les « numéros » de
chez nous évoquent le plus souvent
les fards ordinaires, la valise en
osier, le cervelas mangé dans la
loge. Il n'y a que ceux de là-bai
qu'on puisse imaginer endossant, au
sortir de scène et pour rentrer chez
soi, des vêtements de soirée...
Raymond Paykli.k.
c i n e a
Sommaire du N ° 2
Les films d'aujourd'hui. — Pierre
Seize, Léon Moussinac, Henriette
Janne, L.L.
Louise Fazenda et quelques autres.
— Lionel Landry.
Les films suédois. — Louis Delluc.
L'art pour le septième art. — Canudo.
Notes.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Derrière l'écran. — Daven.
Photos et Portraits de Pearl White,
Irène Castle. Barthelmess. Antoine.
Sacha Guitry. Van Daële. Modot. Ida
Ruhenstein, Chaliapine. Yonne Aurel,
etc.
Dessins de Cappiello. Sacha Guitry.
Einar Nermann. Bécan. A. -F. Martv.
Sommaire du N ° 3
Les films d'aujourd'hui. — Pierre
Seize, Léon Moussinac, L.L., Henriette
Janne, j.-H. Lévesque.
Notes. — Louis Delluc.
Variations. — Lionel Landry.
Interprétation. — Roger Karl.
Le synchronisme cinémato-
graphique. — Vuiîlermoz.
Spectacles. — Eve Francis.
Derrière l'écran. — Daven.
Pages de ma vie. — Chaliapine.
Echos, Réponses, Concours.
Photos et Portraits deCharlieChaplin.
Nazimova, Betty Blythe, Jane Myro,
Roger Karl, Eve Francis". PavlowaJ
Diaghilew, Bakst, Stravinsky. etc.
cinea
19
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
Yachka avait à profusion de cet es-
prit des rues qui plait tellement aux
foules.
Ses quolibets, ses boutades éner-
giques, sa voix forte et enrouée
m 'éblouissaient et m'impression-
naient infiniment.
J'étais persuadé que tout le monde
le craignait, même le procureur en
personne.
Je le regardais bouche bée, pen-
dant qu'il lançait ses boniments pit-
toresques et, m'efforçant de les gra-
ver à jamais dans ma mémoire, je
me disais :
— Le voilà le vrai bonheur ! Etre
un homme dans le genre de Yachka T
Tous ses collaborateurs me parais-
saient aussi des créatures extraor-
dinaires, remplies de joie inépui-
sable. Ils avaient tous l'air d'être
très heureux de pouvoir rire et plai-
santer sans fin.
Pendant des heures entières je res-
tais près de la porte du cirque forain
en regardant le défilé interminable
des « artistes » Plus d'une fois je
remarquais qu'une sorte de vapeur
émanait d'eux comme d'un samovar...
Naturellement, je ne me rendais pas
compte que c'était la transpiration la
plus vulgaire, qui était le résultat de
leur travail infernal, acharné.
Je ne saurai pas dire si c'est Jakow
Mamonoff qui, le premier, m'attira
vers la vie de théâtre, mais il se
peut que ce soit grâce à cet homme
qui se consacra tout entier â la tâche
difficile d'amuser les foules que la
passion du spectacle, l'amour du
théâtre si différent de la réalité,
naquit dans mon âme.
J'appris bientôt que Mamonoff était
un simple cordonnier et qu'il com-
mença ses « représentations » avec
le concours de sa femme, ses fils et
ses apprentis seulement. Tels furent
les cadres de sa première compagnie
théâtrale.
C'était pour moi une raison de plus
pour l'admirer. Il fallait être quel-
qu'un pour pouvoir sortir ainsi de
son sous-sol et s'élever jusqu'au rang
d'un clown î
Les jours de fête passés, la place
devenait complètement déserte, on
enlevait les toiles des baraques, tout
était fini.
Finie la fête passée comme un
rêve! La place prenait l'aspect lu-
gubre d'un cimetière sans tombes et
sans croix.
Longtemps encore je faisais des
rêves étranges, magnifiques.
C'étaient comme des couloirs très
longs, aux fenêtres rondes, d'où je
voyais des villes d'une beauté mer-
veilleuse, des montagnes, des tem-
ples étonnants comme il n'y en a pas
à Kazan et beaucoup de belles choses
qu'on ne pouvait voir que dans un
songe...
Nous nous installâmes au faubourg
Tartare dans une petite pièce qui se
trouvait au-dessus d'une entreprise
de forge.
A travers le plancher on entendait
tout le temps des coups de marteaux
joyeux et rythmiques. Toute la cour
était pleine de vieux carosses, de
roues, etc..
Je me souviens d'un forgeron, un
jeune gars qui bavardait souvent
avec moi pendant le travail. Je lui
aidais dans la mesure de mes moyens.
Il ne buvait pas d'eau-de-vie et chan-
tait très bien. C'est dommage, j'ai
oublié son nom; il m'aimait beau-
coup... moi aussi je l'aimais bien.
Généralement, lorsqu'il se mettait à
chanter, ma mère, qui restait tout le
temps assise près de la fenêtre, un
travail à la main, commençait à
chanter à son tour et c'était pour
moi un plaisir extrême d'entendre
ces deux voix qui s'accordaient si
bien ensemble.
J'essayai de me joindre à eux bien
timidement d'ailleurs, ayant peur de
brouiller la chanson, mais le forge-
ron m'encouragait :
— Vas-y, Fédia, vas-yT Chante
plus fort, tu auras le cœur plus gai.
Une chanson, c'est comme un oiseau
lâche-la et elle s'envole joyeuse vers
le ciel!
Quoique j'étais très gai, même sans
avoir recours aux chanson, je re-
marquais en effet, que lorsque je
m'étendais sur l'herbe des champs et
que je commençais à chanter, long-
temps après, lorsque la chanson
était achevée depuis un bon moment
j'avais la sensation de la voir encore
vivante qui s'envole, s'envole plus
haut vers l'infini.
D'habitude, je fréquentais assez
peu les églises. Pourtant un soir que
je jouais aux alentours de l'église de
Saint-Varlaam j'y pénétrai dedans.
Déjà sur le seuil j'entendis un chant
solennel et harmonieux. Je m'appro-
chai des chœurs et je vis qu'ils étaient
composés d'hommes âgés et de tous
jeunes garçons. Je remarquai qu'ils
tenaient dans leurs mains des feuilles
de papier réglé. J'avais déjà entendu
dire que pour le chant on employait
des notes.
(A suivre) L. Valtkr trad.
20
cmea
V A h L
M A h h
Divers
— Dans le monde il y a environ
47.000 salles de cinéma.
— George K. Spoov. (amer.) a fait
une nouvelle invention concernant
le ciné stéréoseopique.
— En Amérique a eu lieu le pre-
mier congrès de musique cinégra-
phique.
— En 1920 l'Amérique a exporté
52.500.000 mètres de film et importé
31.800.000.
— En Angleterre, Y Armée du salut
utilise le ciné pour la propagation
de leur idéal.
— A Copenhague on fait un film
pour la circulation des autos et des
gens en rue.
— A Rome le Lilliput-film, filme
des jeux de marionnettes.
— Il existe un Badecherfilm pour
les bains d'Aix-la-Chapelle. Ce film
de propagande donne des vues des
bains et des vues de la ville et des
environs.
- En Hollande on a donné avec-
succès un film traitant du blocage
alimentaire d'un peuple et de sa
répercussion sur la santé du peuple.
- Il existe en Allemagne de nom-
breux films pour l'éducation popu-
laire : Animaux sur terre et mer.
Sports. Aviation. Sciences natu-
relles. Géographie et ethnologie. Le
Rhin aux points de vue géogra-
phique, historique et industriel.
— Les films techniques aussi sont
nombreux. Il y a aussi des films po-
litiques. Pour l'éducation du peuple
il existe également des films médi-
caux.
Ciné pour écoles
Le premier ciné pour écoliers est
entré en activité le 15 janvier 1921, à
Berlin. Ce ciné groupe autour de lui
les 15 écoles d'un arrondissement (8 à
10.000 enfants).
Le capital de 10 à 12.000 marks né-
cessaire aux représentations a été
réuni par souscription à des actions.
L'entrée est fixée à un demi mark
et 10 0/0 des places sont gratuites afin
de favoriser les enfants nécessiteux.
Pour l'organisation il y a un direc-
teur, un caissier et un secrétaire.
Chaque école a son mot à dire. Les
parents sont admis aux représenta-
tions. On réunit les même classes
pour un même spectacle instructif,
ou bien la moitié supérieure de la
classe et la moitié inférieure à qui on
donnera des contes. Les anciens
élèves auront une soirée spéciale qui
ELEONORA DUSE
L'admirable « créatrice » de
La Gioconda, des Bas-Fonds, de
Locandicra, de La Femme de
Claude, reparait sur la scène
après un silence de dix ans. C'est
à Turin qu'elle vient de jouer,
avec Zacconi, La Dame de la Mer.
d'Ibsen. On nous fait espérer
sa prochaine visite à Paris.
comportera matière à éducation su-
périeure. Il y aura aussi des repré-
sentations pour adultes.
Le ciné pour écoles aura ses ar-
chives.
L'âge du film
Au point de vue de sa valeur popu-
laire, la cinégraphie allemande est
un produit de la guerre. En ce mo-
ment le marché mondial lui est en-
core fermé, mais bientôt, avec la
paix politique commencera une pé-
riode d'expansion mondiale. Mais il
faudra que l'Allemagne permette
l'import du film étranger, encore
limité pour le moment, si elle veut
que le film allemand puisse être
exporté.
Lorsque l'industrie mondiale du
film établira ses droits par des or-
ganisations nationales ; lorsque les
pouvoirs publics lui donneront le
soutien dont elle a besoin; lors-
qu'elle sera libérée des impôts et de
la censure irraisonnable, elle se dé-
ploiera de plus en plus.
Avec sa croissance, elle affinera
les moyens par lesquels la cinégra-
phie est devenue la Puissance la
plus forte qui puisse influencer la
vie spirituelle des peuples.
L'état qui n'entretient pas la vie
de cet organe vital, mutile le corps
du peuple et détruit au lieu de cons-
truire. Un jour il devra constater
qu'il a laissé échapper une chance
d'avenir, parce qu'au bon moment,
il n'y a pas eu la vision exacte de ce
qui était nécessaire à son développe-
ment.
Films historiques
Le domaine du film comprend des
pages de la vie réelle, des visions
de vie idéale, des présentations de
vie artistique et aussi des films his-
toriques.
Il n'y a pas de différence fonda-
mentale entre tous ces domaines. La
différence se trouvera là où on essaie
de délimiter les qualités propres du
film.
Ce qui manque au ciné est la pa-
role. On essaie d'y remédier par des
sous titres. C'est un compromis qui
ne peut être suffisant même lors-
qu'on le complète avec une présen-
tation artistique. Il faudrait donc ne
donner dans tout film et en particu-
lier dans le film historique que des
scènes qui comportent une image
complète, suffisante par elle-même.
Le film historique, comme tout
autre film, comporte nécessairement
une partie subjective, une tendance
déterminée. Le choix des scènes, des
personnages doit se faire de façon à
servir une direction déterminée.
C'est cette tendance qui captive le
public. De là découle que l'auteur
cmea
21
d'un film historique doit avoir une
conception solide des événements. Il
doit aussi pouvoir situer les actions
dans un milieu exact qui puisse
créer l'atmosphère. Cela demande
beaucoup de qualités qui rarement
se rencontrent en un seul être. Le
film historique en dehors du metteur
en scène demanderait une collabora-
tion avec l'auteur, d'un historien et
d'un critique d'art.
France-Amérique.
L'avis de William Fox, est que la
France doit tenir, en Europe, la place
occupée en Amérique par la Califor-
nie, c'est-à-dire devenir un centre de
production cinématographique. De
plus en plus, l'Amérique réclame du
film français et notre production na-
tionale ne peut tarder à trouver, aux
Etats-Unis, les mêmes débouchés que
la production cinématographique
américaine trouve chez nous. Notre
prépondérance du début doit s'affir-
mer à nouveau.
Notre beau pays, favorisé par la
Nature, tant au point de vue climaté-
rique que par la magnificence de ses
paysages, offre assez de sites merveil-
leux pour servir de cadre aux meil-
leures œuvres. Il n'y a donc aucune
raison pour que la France voie l'in-
dustrie cinématographique se déve-
lopper partout ailleurs, et surtout
chez ses plus proches voisins, au dé-
triment de ses intérêts.
Si les trop timides capitalistes fran-
çais restent indifférents devant l'essor
fécond de ce nouvel art, soyons re-
connaissants aux riches étrangers
qui ont le geste amical de nous tendre
la main, — une main dorée de dollars,
car il en faut beaucoup I — pour aider
cette industrie si française à repren-
dre sa place dans le monde.
Ayons donc pleine confiance en
l'amitié et en l'aide commerciale d'un
William Fox qui n'a pas hésité à faire
l'acquisition des œuvres populaires
de nos plus illustres auteurs, ni a or-
ganiser la réalisation des ouvrages.
Ce fameux manager qui est, sans
contredit, le plus grand spécialiste en
la matière, a fait le vœu de patronner
dans sou généreux pays la produc-
tion française. Aussi vient-il de déci-
der de filmer en France une série de
grandes scènes pour lesquelles il est
tout prêt à engager des sommes for-
midables.
Félicitons M William Fox, un des
princes de l'industrie d'outre-Atlan-
tique d'avoir choisi la France comme
terrain d'action et comme levier de la
Cinématographie Mondiale. Et cela,
quand tant d'autres de ses confrères
ont préféré porter ailleurs leur sym-
pathie ou leurs intérêts. Puisqu'il est
aujourd'hui un fait avéré que trop de
grandes firmes américaines ont passé
d'importants traités commerciaux ou
ont même fait fusionner leur marque
■ ■
■ ■
Les Yeux Brûlés
■ ■
■ ■
Le spectateur ne sait peut-être ■
| pas que les interprètes souffrent :
| beaucoup pour le distraire.
Il y a dans les studios des \
I lampes puissantes. Si on ne les \
S isole pas au moyen de verres \
; plombagines elles brûlent les \
; yeux qui les regardent. Et dans la i
■ plupart des studios ces verres !
■ protecteurs n'existent qu'en es- [
; pèrance. •
Et les accidents se multiplient, '
m 1 m
■ s'aggravent, il y a là un danger ■
| sérieux. Nous n'avons pas tant \
| ile bons interprètes que nous puis- \
l sions les rendre aveiuiles. i
\'oulez-vous quelques noms de \
; martiirs ?
m "
: M. Aimé Simon-Girard qui :
■ tourne d'Artaqnan îles Trois !
• ■
: Mousquetaires et qui souffre de- \
• puis cinq mois. \
M. de Max (Le Cardinal de Ri- j
: chelieu).
" !
M. André Xox (La Mort du So- :
j leil).
Mlle Denise Lorys (La Mort du :
• Soleil) très gravement atteinte. !
; Mlle Madeleine Lurisse.un mois \
! de chambre noire et de souffrance :
; et incapacité de tourner en stu- ï
! dio désormais.
\ .. .:
avec et lie de grosses maisons ciné,
matographiques étrangères.
Four tourner les films en question,
la Fox Film Corporation a l'intention
de ne s'adresser exclusivement qu'à
des interprètes français. Actuelle-
ment, dans le but d'organiser ce vaste
programme de prises de vues, M. Win-
field R. Sheehan, Directeur Général et
M. A. Carlos, Administrateur, sont
dans nos murs avec M. Gordon Ed-
wards, un des « as » de la mise en
scène dont nous avons déjà pu applau-
dir maints films sur nos écrans. Ces
pionniers de la Cinématographie sé-
journeront parmi nous aussi long-
temps qu'il le faudra pour terminer
d'abord, dans un de nos plus confor-
tables studios la mise en scène inté-
rieure de leur Home sous Néron et de
leur Vie de Marie Stuart avant d'en-
treprendre d'autres travaux aussi
intéressants dans un genre plus mo-
derne.
C'est naturellement M. Gordon Ed-
wards, qui sera chargé de la délicate
mission dégrouper les artistes Fran-
çais les plus réputés. Nous pouvons
dire dès maintenant que de sérieux
pourparlers sont déjà engagés avec
quelques-unes de nos meilleures ve-
dettes de l'écran. M. Gordon Edwards,
comme nous l'avons dit tout àl'heure,
a fait depuis longtemps, ses preuves
au Cinéma. Il est l'auteur et surtout
le réalisateur d'oeuvres fameuses,
entre lesquelles nous avons pu remar-
quer et admirer : Salomé, La Reine
des Césars, Lassiter le Vengeur, La
Femme fardée, etc.. Dernièrement
encore, il vient d'obtenir à New-York
un retentissant succès avec La Reine
de Saba. Ce merveilleux film a rem-
porté un triomphe méritéparla somp-
tuosité de la mise en scène et le souci
de l'exactitude historique. Le faste de
ces scènes de Gala, les courses de
Chars conduits par des femmes de
pure esthétique, la chevauchée gigan-
tesque de 4.000 cavaliers et la témé-
rité de la plupart des interprètes
dont plusieurs hélas ! rencontrèrent
la mort en chemin, ont vite établi la
réputation extraordinaire d'une telle
œuvré que nous espérons bientôt
contempler ici.
Il ne nous reste plus qu'à souhaiter
bonne chance à la si belle initiative
de William Fox et qu'à recommander
à nos meilleurs artistes nationaux de
s'empresser d'y collaborer en faisant
dès maintenant leurs offres écrites, à
la Fox Film, 17, rue Pigalle, en joi-
gnant leur photo à leurs références.
•
Nouveau Confrère.
Prochainement va paraître un nou-
vel organe de Cinéma, exclusivement
corpoi atif, journal officiel des régis-
seurs, intitulé : Ciné-coulisses.
Nos excellents confrères Boisyvon
et Vareddes en prendraient la direc-
tion.
Cinéa souhaite la bienvenue à Ciné-
coulisses.
m
M. Gabriel Timory va publier très
prochainement, chez Flammarion, un
volume intitulé: Les Points île Chute.
cinea
Envoyez nous un scénario ciné-
graphique. Des journaux comme
Le Film, Ciné pour tous, Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appris le décou-
page, le style et le mouvement
de ces ouvrages spéciaux.
Essayez de composer un thème
d'écran, drame ou comédie,
découpez-le et bornez vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Batoncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon 'Poirier,
Tfené Le Somptier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyoon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaville, Lio-
nel Landry, P. de la ^Borie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Ur ciller, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au 1er Août prochain.
Prix : Le meilleur scénario
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
connaître des maisons d'édi-
tions françaises
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M Davies = E O'Brien
O. Brady ■ E Hammerstein
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./"Vlbum officiel du Concours
de Beauté des Provinces de
France (publié par le Journal,
édité par Comœdia illustré).
Dans ce magnifique album
seront reproduits les portraits
de toutes les lauréates du
concours, dans leurs costumes
régionaux. Prix de souscrip-
tion : i5 francs. Ce prix sera
porté à 20 fr. dès l'apparition.
Adresser demandes et man-
dats au Journal, 1 00, rue de
=== Richelieu =^=^=
BONSOIR
Vous dira quels
sont les bons soirs
du cinéma ..
Si Vous aimez le
cinéma, Vous aimez
BONSOIR
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D'AMATEURS
Envoyez à Cinéa des
photos de n'importe
quel format, représentant
des acteurs de ciné dans
la vie privée, ou des
aperçus du travail ciné-
graphique en plein air,
en studio, etc., tout ce
qui se rapporte à l'écran
et pourra résumer en
quelque sorte les coulis-
ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
opérateurs français :
MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et
Lucas
Prix : Le premier prix
recevra deux cents francs
et sera reproduit sur la
couverture de Cinéa, il
y aura quatre seconds
prix de cinquante francs,
qui seront reproduits
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Nous dirons peut être un jour tout ce que le cinéma doit à Miss Loïe Fuller et aux inventions visuelles de cette illustre danseuse. I a
première elle sut asservir et dompter l'électricité, sans quoi le cinéma n'est rien. Et son talent de mime, son art de l'attitude,
science des étoiles légères et des draperies lumineuses qui triomphèrent naguère à Paris — et partout — sont une mine incroyable
pour les créateurs d images animées. Ses dernières manifestations (Le Songe d'une Nuit d'été, L'Ombre, etc.) ont encore grandi no1
admiration. Ht son film /.,■ Lys </<• In Vie contient des pages magnifiques en blanc et noir. Espérons qu'il n'est que le premier
d une longue série inspire d'un talent créateur qu'on admire beaucoup et qu'on pille davantage.
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Réponses à quelques lettres
Ince admirer. — Lisez le dernier nu-
méro (67) de Ci ne pour Tous, qui a consa-
cré un article très documenté à Thqmas
H. Ince.
Topinei.li. — William Russell de son
vrai nom W. Leach, est originaire de
New-York. néeni886, divorcé de Charlotte
Burton, il vient d'épouser Hélène Fer-
srusson.
Cow-Boy. — Cet artiste admirable que
vous avez remarque dans plusieurs films
de W. S. Hart se nomme Robert Mac Kim.
Il est ne a San-Jacinto (Californie), et est
l'époux de Dorcas Matthews. — 11 a ^4 ans.
les cheveux très noirs, les yeux marron et
mesure 1 m. <S8.
???. — Les décors de V Atlantide sont
signés de Manuel Orazi et non pas de
Bib.
Fleur de Lotus. — Peggy Hyland est
anglaise et se nomme en réalité P. Hut-
chinson. -- Shirley Mason, de son vrai
nom Leonie Flugrath est la sœur de Viola
Dana. — Contrairement à tout ce qui a
été dit je puis vous affirmer que Margue-
rite de la Motte n'est pas française, puis-
qu originaire de Duluth (Minnesata).
Arts et Métiers. — Les dimensions de
l'image sur le film cimàtographique sont
18 • 24 millimètres, mais ceci n'a aucun
rapport avec le découpage du scénario ou
le maquillage du jeune premier.
Assidu du « Régent ». — Le titre amé-
ricain de La Proie pour l'Ombre est The
Goat. La distribution comprend : Fred
Stone. Fannie Midgley. Charles Mac Hugh,
Rhea Mitchell. Svlvia Ashton, P. Mac
Collough, W. Greenwood. — Le scénario
est de Mise Frances Marion. la mise en
scène de Donald Crisp. — Le titre améri-
cain de Un pauvre riche est The Poor Rieh
Mau. La distribution : Francis X Bush-
man, Beverley Bayne, Stuart Holmes,
Sallv Crute. William Frederick. C. J.
Williams, J. Cowles, - Scénario tiré
par A. S. Le Vino d'une nouvelle de E.
Sterne. — Réalisation de Charles Brabin.
— Supervision de Maxwell Karger. Opé-
rateur : Frank Williams.
Marcel Viguier. — Vous avez appris de
source sure que Pathé vient d'engager le
prince Hiro-Hito pour tourner un film à
épisodes. Je vous laisse la responsabilité
de cette information.
PlCTURË mad. — Héritière d'un jour est
un film d'Olive Thomas intitulé Heiress
for a Day. Ses partenaires dans ce film
étaient Joe King, Eugène Burr. Graham
Pette, Lillian Langdon, Marv Warren. et
Anna Dodge. Le metteur en scène: Jack
Dillon. — Le pardon du forçat, est un film
de Jewel Carmen intitulé The Girl with the
Champagne Eres. Ses partenaires étaient
L. C. Shumwav. Charles Edler. G. Ray-
mond Nye, Charles Gorman. — Le scéna-
rio est de Bernard Mac Conville et la mise
en scène de C. M. Franklvn.
Rolls Royce. — Tom Mix a tourné
en ic)2o: The Fend av. Eva Novah. The
Cyclone av. Coleen Moore The Dure Devil,
Three Gold Coins, Désert Love av. E. No-
vak et Francelia Billington. The Terror. —
En 192 1 : Prairie Traits. — The Texan av.
Gloria Hope, Hands Off avec Pauline Cur-
ley. — C'est en effet, un automobiliste
endurci. — Charles Ray naquit le 15 mars
1891 ajacksonville (Illinois). Il est l'époux
de Clara Grant.
Footit. — Voici la distribution com-
plète du Trésor d'Ame [Mer Ames Peuniii-
gar) Sir Archie... Richard Lund. Sir Fi-
lip... Bror Berger. Sir Reginald... Eric
Strockassa. Torarin... Axel Wilson. Le
père Arne... Ejalmar Selander. La mère
Arne... Concordià Selander. Elsolil...
Mary Johnson. Berghild. sa sœur...
Wanda Rothgardt. — Scénario de Selma
Lagerloff. Réalisation de Mauritz Stiller.
Lecteur passionne. — Votre scénario
« Laudru » révèle votre admirable tempé-
rament cinégraphique. C'est éblouissant.
— Quelle atmosphère pour la scène de la
rôtissoire. Enfin, voila l'unité de décor
tant préconisée, puisque toutes les scènes
se passent devant le fourneau.
Germaine Namur. — Voici l'adresse de
M. Modot : Nice. 26, rue Verdi.
l'Œu.-de-Chat.
H PRESSE FRANÇAISE DU CINÉMA
Périodiques consacrés à l'Art Muet
Le Cinéma
Hebdomadaire
1> : G. Lordier - R1 en chef: E. Fouquet
28, Boufvard Bonne-Nouvelle, PARIS
Cinéma=Spectacles
Rue Maçcuta,
MARSEILLE
Cinématographie Française
Revue Hebdomadaire
D1' : F. Louchet - R' en chef : P. Simonot
Administrateur : Jean Weidner
ço. Rue de Boudv, PARIS
Ciné=Journal
Hebdomadaire
D' : G. DUREAU - ?o, Rue Bergère. PARIS
Ciné=Magazine
Hebdomadaire Illustré
Drs : Jean Pascal et Adrien Maître
?. Rue Rossini, PARIS
Cinéopse
Revue Mensuelle — D' : J.-M. Coissac
7?, Boulevard de Grenelle. PARIS
Ciné pour Tous
Revue Bi-Mensuelle - D'' : P. Henry
26 bis. Rue Traversiez, PARIS
Ciné Pratique
Directeur : Henri de Villemandy
45, Rue de Belleville. PARIS
Courrier Cinématographique
Directeur Fondateur : Ch. le Fraper
28, Boulevard Saint-Denis, PARIS
Hebdo=Film
Directeur Fondateur : A. de Reusse
2?, Boulevard Bonne-Nouvelle, PARIS
L'Ecran
Journal < >f ticicl du Syndical Français
des Directeurs de inématographes
iQç, Rue Saint-Martin. PARIS
Le Film
Mensuel Illustré - Dr : G. Quellien
144. Rue Montmartre, PARIS
Filma
Revue Bi-Mensuelle — Dir. : Mu.1.0
9, Boulevard des Capucines. PARIS
Scénario
Revue Bi-Mensuelle - D'' : R. de Simone
9, Rue de Clichy. PARIS
Quotidiens et Revues ayant une Rubrique
régulière du Cinéma
BONSOIR Pierre Seize, Auguste Nardy, Marcel
Achard). - UOMCEDIA L. Croze). - COMŒDIA
ILLUSTRÉ (Louis Delluc). - LE CRAPOUILLOT
Jean Gai lier, Boissière, René B./el. J.-L. Diuan-
deaiii. —LA DÉMOCRATIE NOUVELLE. — L'ÈRE
NOUVELLE Pierre Costar). — L ESPRIT NOUVEAU.
— EXCELSIOR (André Hcuzé . — L'INFORMATION
(Lucien Vahl). - L'INTRANSIGEANT Boisyvoni. —
LE JOURN KL. — LE JOURNAL DES DÉBATS(Gus-
tave Fréjaville). - LA LIBERTE P. de la Borie .
LA LANTERNE. - LE MATIN. — LE MERCURE
DE FRANCE Léon Moussinac . — PARIS-MIDI
(Louis Delluc). - LE POPULAIRE François Crucy).
- LA RAMPE.
• ■•■■■■■■•■•«■••■■■••■■•«■^•■•■■•■■••■■■■•■■«■■ai
cinea
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 24 au Jeudi 30 Juin
v ARRONDISSEMENT
Omnia-Pathé. 5, boulevard Mont-
martre. — Patbè-Journal, actualités. —
Quatre-vingt-treize, d'après l'œuvre de
Victor-Hugo. ir0 partie. — Patbé-Revne,
documentaire. — Fatty bolchevick, comi-
que.— Supplément facultatif: La Pocharde,
4e épisode : Un crime dans les ruines.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Joumal. — Chariot opère
liii-iueme. comique. — Pathé-Revue. —
Le fi h de son père, comédie. — Les deux
bamboebenrs, comique. — En supplément
facultatif: Le Roi de l'audace, 7'' épisode :
L'écluse de la mort. — En supplément au
programme (en une seule semaine) : Quel
es/ le plus bel enfant de France, grand
concours organisé par le journal Le Matin.
Sjlle Marivaux. 1^, boulevard des
Italiens. — Les actualités de la semaine. —
La lumière du monde, comédie avec May
Allison. — l'athc-Rcvuc . — Fatty bolchevik.
— Les yeux morts, scène dramatique jouée
par Elsie Ferguson. — Attraction : Kanui
cl Lnla. danseurs hawaïens.
Parisiana. 27, boulevard Poissonnière.
— Magasine n" 4, documentaire. — Pro-
incthcc banquier, instantané dramatique
avec Signoret et Eve Francis. — Courses de
taureaux à Luncl. — Concours du plus beau
Bébé de t rance — Parisiana-Journal. actua-
lités. — Le Sens de la Mort, drame avec
M. André Nox. — Coquin de Printemps,
comique. — En supplément de 7 h. 1/2 à
8 h. 1/2, excepté dimanches et fêtes : Rose
du Nord, comédie dramatique avec Viviane
Martin.
Cinéma de la Presse. 12=;. rue Mont-
martre. — Ascension de la Jungfrau. —
Voleurs de femmes. 9e épisode. — Un ange a
passé, comédie sentimentale. — Le tra-
quenard, comédie sentimentale. — Chalu-
meau a peur des femmes.
3<= ARRONDISSEMENT
Paihé- Temple. — Patbè-Journal. —
Pa/he-Revue, n° 26. — L'Homme aux trois
masques, 10e épisode: Méprise tragique. —
La Pocharde, 4e chapitre : Un crime dans
les ruines. — Quatre-vingt-treize, ir'- épo-
que.
Palais des Fêtes, 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée
Patbè- journal. — Pathe-Rcvue.— Les Yeux
morts, comédie dramatique.— Les merveilles
du Mexique, documentaire. — La Lumière
du monde, drame d'aventures. — La
pocharde. y chapitre : Un crime dans les
ruines.
Grande salle des eétes du ier étage
Les deux bamboebenrs, comique. — Douglas
for ever, comédie avec Douglas Fairbanks.
Le lièvre cl la Tortue, dessins animes. —
Quatre-vingt-treize, reconstitution histori-
que adaptée et mise en scène par Capellani.
L'Homme aux trois Masques, îcv- épisode :
Tragique méprise. — Patbè-Journal.
4* ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73. rue Saint-Antoine.
— Une Biscuiterie moderne, documentaire.
— Saint-Paul-Journal. — L'Homme aux trois
masques, 10' épisode : Tragique méprise.
— Zigoto garçon de théâtre, comique. — La
Pocharde, 4e chapitre : Un crime dans les
ruines. — Le lièvre et la tortue, dessins
animés. — Quatre-vingt-treize, drame, pre-
mière époque.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rued'Arras. — Pathé-Jourual.
— Une famille de loques, comique joué par
LUI... — L'homme aux trois masques, 9e épi-
sode : La Lutte à mort. — La pocharde.
3e chapitre : La mère aux sept douleurs. —
Le Gentilhomme pauvre. comédie d'après le
roman de M. Henri Conscience.
6e ARRONDISSEMENT
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
La Pocharde, y époque: La mère aux sept
douleurs. — Fille de rien, drame de mœurs
espagnoles. — Le Jeu féminin, comédie
dramatique. — Pathé-Jourual.
Régina-Aubert-Palace, 1 s S - rue de
Rennes. — Aubert-Joumal, les actualités
du monde entier. — Les deux bamboebenrs,
comique. — Eddie Polo dans Le roi de
l'audace, ciné-roman en 10 épisodes publié
par La Presse. 6e épisode : Ruse de
Femme. — Zigoto garçon de théâtre, comi-
que. — A travers la France, par Ardouin
Dumazet. auteur du Voyage eu France :
Cannes. — L'oiseau s'envole, comédie dra-
matique.— En supplément au programme :
Quel est le plus bel enfant de France ?
grand concours organise par le journal
Le Matin (en une seule semaine).
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Sèvres. 80 bis. rue de Sèvres,
(angle du boulevard de Montparnasse.
boulevard des Invalides). Fleurus 28-09.—
Patbè-Journal. — L'oiseau s'envole, comédie
THEATRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction :
P.MALLEVILLE
Téléphone :
ELYSÉE 29-46
Programme du 24 au 30 Juin
Fatty Bolchewick-
Un Homme en Loterie, comédie
interprétée par Owen Mookk.
Gaumonl-Adualite's.
La Lumière du Monde, film d'a-
ventures avec May Allison.
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
dramatique, interprétée par Dorothy Phi-
lips. — Reportage tragique. — Concours du
plus bel enfant de France. -- Attraction:
Luxor, chanteur a voix multiples et imita-
tion d'instruments.
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet.
Direction G. Movse. — Zigoto machi-
niste, comique. — L'Homme aux trois mas-
ques, (f épisode: La lutte à mort. — Le
Çbért de la danseuse, ciné-bouffe. — La
Soeur du Saltimbanque, grand drame
d'aventures avec Cavallini.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Cotisée. 38, avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
Elysées 29-46. — Fatty bolchevik. comique. —
La Lumière du monde, film d'aventures
avec May Allison. — Gaumont-actualités. —
Un homme en loterie, comédie interprétée
par Ovven Moore.
9e ARRONDISSEWENT
Cinéma-Rochechouart, 66. rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 66-19. Directeur :
M. A. Jallon. — Eclair-Journal. — L'homme
aux trois masques. 10e épisode : Tragique
méprise. — Le Fleuve Congo. Congo belge
pittoresque. — Une gentille belle-mère,
comique. — Concours du plus beau bébé de
France. — La Falaise, comédie dramatique
en 5 parties. — Intermède : Mme Sarah
Duhamel et M. Darmaine dans leur sketch
fantaisiste.
Delta-Palace-Cinéma, 17, boulevard
Rochechouart. — Delta-Journal. — Pul-
cherie tourne, comique en deux parties. —
Le Tourbillon. 10e épisode : Face à face
avec le fauve. — Dans les profondeurs de la
mer. instructif. — Concours du plus beau
bébé de France. — Un drame sous Napoléon,
grand film historique tiré du célèbre roman
de sir Arthur Conan Doyle. Adaptation et
mise en scène de Gérard Bourgeois. iPe épo-
que. — Gimm et sa chienne Ginette.
io* ARRONDISSEMENT
Cinéma-Palace, 42, boulevard Bonne-
Nouvelle. — Héritière d'un jour. — Le plus
bel enfant de France. — Pathé-Journal. —
Le Renard et le Corbeau. — L'Homme aux
trois masques, 10e épisode, grand ciné-ro-
man.— Les chansons filmées de Lordier.
— Attraction : M. Corliu. baryton.
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Tivoli-Journal. — Le lièvre cl la tortue, des-
sins animés. — l'athe-revue n" 2ô. —
L'homme aux trois masques. 10e épisode :
[Yagique méprise. — La lumèredu Monde.
comédie. — Quatre-vingt-treize, drame,
1" époque.
Crystal Palace-Cinéma. 9. rue de la
Fidélité, 96, faubourg Saint-Denis. —
Nord 07-59. — Le sens de la mort, drame
philosophique en =; parties. Héritière
d Un jour, comédie en 4 parties. — Grand
concours de bébés. — La recolle du liège eu
Algérie, instructif. — Palace-Journal, actua-
lités de la semaine. — Attraction : Poulette
de Faix, excentrique moderne. — Lily
Vertu, avec Huguette Duflos.
11e ARRONDISSEMENT
Vollaire-Aubert-Palace. 95. rue de la
Roquette. — Auberl-Journal. — Eddie Polo
dans Le roi de l'audace, ciné-roman en
10 épisodes publié par La Presse, 7e épi-
sode : L'écluse de la mort. — Un locataire
indélicat, comique. — La Pocharde, drame
en 12 épisodes. 4e épisode : Un crime dans
les ruines. — Pathé-Revue. — Charlie
Chaplin dans Chariot et le mannequin.
comique. — Quatre-vingt-treize, d'après
l'œuvre de Victor-Hugo.— En supplément
au programme : Quel est le plus bel enfant
de France, grand concours organise par le
journal Le Matin (en une seule semaine).
Splendide-Cinéma. 3, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. - Provence
pittoresque, plein air. — Les actualités de
Splendide-Cinéma. — Dans les Huniers.
aventures. — La revanche du destin, comé-
die dramatique. — L'Fpingle rouge, nou-
velle dramatique.
i3e ARRONDISSEMENT
Gobelins. 66, bis Avenue des Gobelins.
— Patbè-Journal. — Une famille de toqués,
scène comique jouée par LUI... — L'homme
aux trois masques, cf épisode : La lutte à
mort. — La Pocharde, 3e chapitre: La mère
aux sept douleurs. — Le Gentilhomme
pauvre, drame.
14e ARRONDISSEMENT
Gaîté. rue de la Gaité. — Pathé-Journal.
— Une famille de toques, comique joué par
LUI... L'Homme aux trois masques, 10e épi-
sode : Tragique méprise. — La Pocharde.
Y chapitre : La mère aux sept douleurs. —
Le Gentilhomme pauvre, comédie.
15e ARRONDISSEMENT
Orenelle, 122. rue du Théâtre. — Pathé-
Journal. — Une Famille de toqués, comique
joue par LUI... — L'homme aux trois mas-
ques. 10e épisode : Tragique méprise. —
La Pocharde. y* chapitre : La mère aux
sept douleurs. — Le Gentilhomme pauvre.
comédie.
Grand Cinéma Lecourbe, 115, rue Le-
courbe. Saxe 56-45. — Gaumont-actualités.
— /,.' Champion, comédie sentimentale et
sportive interprétée par Charles Ray. —
La chasse aux mille lions, comique. — Le
plus bel enfant de France. — Jeu féminin.
comédie dramatique avecElaineHammers-
tein. — Voleurs de femmes, lieépisode :
Dans la bourrasque. — Attraction : Strit,
le joyeux imitateur fantaisiste.
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
Chariot Soldat
avec CHARLIE CHAPLIN
SYDNEY CHAPLIN
et EDNA PURV1ANCE
Terrible Adversaire
avec DOUGLAS FAIRBaNKS
et IEWEL CARMEN
Pour sauVer sa Race
avec WILLIAM HART
Louise GLAUM et Bessie LOVE
0 Le Penseur /&
avec ANDRE NOX
L'Homme aux Yeux Clairs
avec WILLIAM HART
Le Lys et la Rose
avec L I L I A N G I S H
et FRANK MILLS
d Le Silence 0
avec EVE FRANCIS
:-: et SIGNORET :-:
0 Œil pour Œil 0
avec SESSUE HAYAKAWA
0 Le Faune 0
:-: avec FEBO MARI :-:
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
Splendid-Cinéma-Palace, 60, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Patbé-Journal. -- Naples et
Sorrente, documentaire. — Le plus beau
bébé de France. — L'homme aux trois mas-
ques. 10e épisode : Tragique méprise. — La
1 roie. grande comédie dramatique. —
L'oiseau s 'envole, comédie. — Fridolin démé-
nageur, comique. — Intermède : Due Paul.
chanteur comique. -■ Tous les jeudis à
2 h. 1/2 : Matinée spéciale pour la jeunesse.
Vaugirard-Cinéma. rue de Vaugirard,
273, — Programme du 24 au 26 juin. —
Patbé-Journal, actualités. — Le mystère
d'une nuit tragihue. film d'aventures. —
Fatty bolchevik, comique. — Attractions :
Le délicieux ténor Vorelli, dans ses der-
nières créations. Captai» Brevdson and
Partner, sensationnels équilibristes au tra-
pèze. — La Lutte pour la vie. d'après le
roman d'Alphonse Daudet. — Concours du
plus bel enfant de France. — Programme du
27 au 30 juin. — Patbé-Journal, actualités.
— Chariot s'évade, comique. — La Pocbarde.
3e épisode : La mère aux sept douleurs. —
Attractions : Trio Anton, marin' act acro-
batie. Bemy's, chanteur, siffleur. imitateur
A ton bonheur, comédie dramatique avec
Gladys Brockwell. — Concours du plus bel
enfant de France.
i6<= ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 24 au lundi "27 juin. — Lusambo.
plein air. — La pocbarde, 4e chapitre : Un
crime dans les ruines. — La chasse aux
mille lions, scène comique. — Patbé-Journal.
actualités. — Quatre-vingt-treize. r<= épo-
que. — Le plus beau Bébé de France. —
Programme du mardi 28 au jeudi 30 juin. —
L'Homme aux trois masques, 10e épisode :
Tragique méprise. — La petite châtelaine,
comédie. — La nuit du /?. drame. — Eclair-
Journal.
Le Régent, 22, rue de Passy. — Visite éi
Stockholm, voyage. — Tsoin-Tsoiu et la
Torpille, dessins animés. — < œur en exil.
comédie dramatique. — Gaumout-aetualités.
— Les Bas de Soie, comédie. — Dandv
danseuse, comique.
Mozart-Palace, 49, 51, rue d'Auteuil,
16e. — Programme du 24 au 27 juin. —
L'homme aux trois masques, 10e épisode :
« Tragique Méprise ». — La petite Châte-
laine, interprété par Bessie Lowe. — La
Nuit du 1 ?. scénario et mise en scène de
Henri Fescourt. — Eclair - Journal. —
Programme du 28 au 30 juin. — Lusambo,
plein air. — La chasse aux mille millons
comique. — La Pocbarde, 4e épisode :
\< Un crime dans les Ruines ». — Patbé-
Journal. — Quatre-vingt-treize, en 2 époques,
d'après Victor Hugo, ire époque. — Le
blus beau Bébé de France, concours.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue
Malakoff. — Les deux orphelines. 2e époque.
— La Petite Châtelaine, comédie. — Le
Dieu captif,avec William Hart. — Le salut
de Fatty, comique.
17e ARRONDISSEMENT
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
— Les animaux fripons — Le Tourbillon.
10e épisode : « Face à face avec le Fauve».
Patbé-Journal, actualités. — Stair le félon.
drame. — Quel est le plus beau Bébé de
France, concours du Matin. — Maggie, la
demoiselle, de magasin, comédie. — Fatty
bolchevick, comique.
Villiers-Cinéma, 21. rue Legendre. -
Direction : M. Hermua. — Cannes, plein
air. — Eclair-Journal, actualités. — Frido-
lin chef de rayon, scène comique. — Le
Roi de l'audace, 7e épisode : « L'Ecluse de
la mort ». ' — Jack, médecin malgré lui.
avec William Russell. — Intermède :
Danvers.
Que les Lecteurs de \
c i n é a!
■
nous écrivent fran= \
chement leurs im= I
pressions sur les \
m
films qu'ils ont Vus. \
Cinéma Demours, 7. rue Demours,
Directeur: M. F. Destannes. — Wag. 77-66.
Les merveilles du nouveau Mexique, voyage.
— La Lumière du monde, comédie d'aven-
tures. — Concours du plus bébé de France.
— L'Homme aux trois masques, 10e épisode.
Eclair-Journal, actualités. — La Vieille.
comédie dramatique.
Batignolles-Cinéma, 59, rue de la Con-
damine. — Programme du 24 au 26 juin.
— Patbé-Journal. — La Pocbarde, 4e épi-
sode: Un crime dans les ruines. — Le plus
bel 'en faut de France. — Quatre-vingt-treize.
Ier épisode. — Chariot s'évade, comique. —
Programme du 27 au 30 juin. — Patbé-
Journal. — Le mystère d'une nuit tragique.
film d'aventures. — Le plus bel enfant de
France. — Captain Brevdson. sensationnels
équilibristes au trapèze. — Au pays des
loups, comédie dramatique avec Charles
Ray. — Fatty bolchevik, comique.
Cinéma Legendre, 12N. rue Legendre.
— Directeur: A. Jallon. — L'homme aux
trois masques. io° épisode : Tragique mé-
■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■■■■■■■•■•■■■■■■■■a
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
La Voix des A ncêtres
avec HARRIET BOSSE ooo
0 Les Proscrits 0
avec VICTOR SJOSTROM oo
0 Madame Qui ?
avec BESSIE BARRISCALE o
Richesse maudite
avec CHARLES RAY ooo
00 La 'Bombe 00
avec HARRIETT BOSSE 00
00 Un Ours 0 &
avec M O D O T 000 000
Le Retour aux Champs
de J. DE BARONCELLI 000
Carmen du Klondyke
0 Intolérance 0
avec MAE MARSH, LILIAN
GISH, BESSIE LOVE,
SEENA OWEN, ROBERT
HARRON 000 000 000
■■■■«■•■■•■■•■■■■■•■••■•■■■■■■■aiiiiiiiiiiiiiiiiiiB
cinea
■
Programmes des Cinémas de Paris
;
Nous demandons à
prise. — Coucours du plus bel enfant de
France. Joe Je marin, comique en 2 par-
ties joué par le chimpanzé Joe Martin. —
La légende du saule, drame avec Viola
Dana. — Intermède : Gaston Pary, comé-
dien chanteur fantaisiste. — Legendre-Ac-
tualités.
18e ARRONDISSEMENT
Barbes-Palace, 34. boulevard Barbes,
Direction : L. damier. — Nord 3^-68. —
Quatre-vingt-treize, 1"' époque. — Cœur de
inannequin, comédie sentimentale.
Concours du plus bel enfant dé France. —
L'homme aux trois masques, 10e épisode :
Tragique méprise. — Attraction : Les Pol-
liardis, patineurs.
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
— Maurice Robert, directeur. — Les
Actualités Mondiales. — Chariot sauveteur,
comique. — Le drame des Eaux-mortes,
d'après le roman de Charles Foley. —
L'Homme aux trois masques, 10e épisode :
Tragique méprise. — Attraction : Gabriel
I.ordv. le roi de la mandoline. Nord 49-24.
Montcalm-Cinéma. 134, rue Ordener. —
Actualités Gaumont. — Dandv tient ta
bonne place, comique — La lutte pour la vie
drame. — La Pocharde, 4e époque. — Vo-
leurs de femmes. 10e épisode. — Sur scène :
Dalcourl. le fin diseur.
Petit Cinéma, 124. avenue de Saint-
Ouen. — Une visite àSéville, plein air. —
Simple histoire, comédie comique. — La
culotte de Fatty, comique. — Cœur de Titi.
drame en cinq parties, joué par Montéhus.
Palais-Rochechouart, 56, boulevard Ro-
chechouart. — Pathé-Revue. — Eddie Polo
dans Le roi de l'audace, ciné-roman en
10 épisodes publié par La Presse. 7e épi-
sode : L'écluse de la mort. — Un locataire
indélicat, comique. — La Pocharde, grande
série française. 10 épisodes, d'après le célè-
bre roman de Jules Marv. 4e épisode : Un
crime dans les ruines. — Anbert-Journal.
les actualités du monde entier. —Quatre-
vingt-treize, d'après l'œuvre de Victor-
Hugo. — En supplément au programme :
Quel est le plus bel enfant de France ?
grand concours organise par le journal
Le Malin (en une seule semaine).
Marcadet-Cinéma-Palace, 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mt>nt-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — Quatre-vingt-treize, avec
Henry Krauss. d'après l'œuvre immortelle
de Victor Hugo. — Chariot s'évade, comi-
que.— /.,/ Pocharde. 4" chapitre : Un crime
dans les ruines. — Coucours du plus beau
h< h, de France, organisé par Le Malin. —
Pathé-Revue. — Pathè-Journal, actualités.
Attraction : Paras, imitateur de grands
compositeurs de musique et de types
comiques.
Jeudi 30 juin a 8 h. 45. Grande soirée de
Gala : Les Cloches de Corueville. opérette en
3 actes de R.Planquette. Orchestre et chœur
de 50 exécutants sous la direction de
M. Monteux-Brisac.La location est ouverte.
Retenez vos places au plus tôt,
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7. Avenue Secrétan, Pathè-
Journal. — Pathé-Revue n°i6. — L'Homme
aux trois masques, 10'' épisode: Tragique
méprise. — La Pocharde. 4e chapitre : Un
crime dans les ruines. — Quatre-vingt-
treize, i'1' époque.
Alhambra-Cinéma. 22, boulevard de la
Villette. — Directeur-propriétaire, M. Vic-
tor Deunier. — Potiron homme invisible.
comique. — L'Homme aux trois masques.
— Actualités- Pathê.— La Pocharde. y épi-
sode. - - Les Naufragés du sort, drame.
— Les chansons filmées de G. Lordier.
20e ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42. rue de Bel-
leville. — Les deux bambochenrs. comique.
— Fille de rien, drame. — Attraction :
Hamel dans son répertoire. — Le roi de
l'audace, ciné-roman en 10 épisodes, 70 épi-
sode : L'écluse de la mort. — L'impossible
aven, comédie dramatique. — En supplé-
ment au programme : Quel est le plus bel
enfant de France ? grand concours orga-
nisé par le journal Le Matin, en une seule
semaine.
BANLIEUE
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — Un drame
sous Napoléon, en 2 époques. — La pocharde.
grande série française en 12 chapitres.
2e chapitre. — L'homme aux trois masques,
10e épisode.— Courses de taureaux à Lunel.
— Attraction : Les Prady's, duettistes.
Fontenay-Cinéma, 8, rue Boucicaut.
(Fontenay-aux-Roses). — Programme du
23 et 26 Juin. — Le Spitzberg. panorama.
— Némésis, l'œuvre de Paul Bourget. —
Les Deux Gamines, 11e épisode. — Un
grand couturier, comique.
Montrouge. — Une biscuiterie moderne,
documentaire. — Montrouge-actualités. faits
divers mondiaux. -- L'homme aux trois
masques, io° épisode : Tragique méprise.
- Un homme en loterie, comédie gaie. —
Le lièvre et la tortue, d'après la fable,
dessins animés. — Le sens de la mon'.
drame. — La chasse aux mille lions, comi-
que.
Clichy. — Pathe- Journal. — Pa/he Revue
11" 2Ô. — L'Homme aux trois masques.
10- épisode : Tragique méprise. — La
Pocharde. 4'' chapitre: Un crime dans les
ruines. Quatre-vingt-treize, d'après
1 œuvre de Victor-Hugo.
V01 R
encore une fois
Une Vie de Chien
avec CHARLIE CHAPLIN
DaVid Garrick
avec DUSTIN FARNUM
Le Trésor d'Arne
avec MARY JOHNSON
La Conquête de l'Or
000 avec BESSIE LOVE
Les Frères Corses
avec KRAUSS et ROUSSEL
L'auberge du signe du loup
00 00 00 00
de Th. H. INCE
Une Aventure à New- York
avec DOUGLAS FAIRBANKS
M i c k e y 6)
avec MABEL NORMAND
Olivier Twist
oo o. avec MARIE DORO
La Dette a
avec DOROTHY PHILIPPS
Les Corsaires
avec L I L I A N G I S H
cinea
HUGUETTE DUFLOS
La jolie interprète de tant
de films français ne cesse
pas de travailler et de
développer à chaque créa-
tion ses dons peu com-
muns de grâce, de finesse
et de sensibilité.
cinea
Les Films d'aujourd'hui
Feu des Quatre Fers.
Joyeux ou triste, éclairé par le sou-
rire de Douglas Fairbanks ou enno-
bli par la gravité désintéressée de
William Hart.le roman de chevalerie,
doublement chevaleresque par les
grands sentiments qui l'inspirent et
par le rôle important qu'y joue la
pins noble conquête de l'homme, con-
tinue à charmer les foules, «nonobs-
tant les railleries de Miguel Cervantes
Sans atteindre à la hauteur des
Amadisjet des Galaor, William Rus-
sell est un notoire et méritant cheva-
lier. Il monte un cheval pie éminem-
ment photogénique, si beau sous les
rayons de la lune I Les montagnes
arides et les plaines parsemées de
palmiers nains forment le cadre le
plus adéquat à des exploits ; deux
jolies partenaires, l'une brune et
l'autre blonde, chez qui la passion
n'exclut pas la noblesse des senti-
ments, le secondent fort agréable-
ment.
Aube Rouge.
Drame émouvant qui le serait da-
vantage s'il était plus concentré et
débarrassé d'épisodes parasites.
Pourquoi, lorsqu'on présente une
actrice qui brille surtout par l'expres-
sion dramatique, insister, à chaque
sous titre sur sa grâce et sa beauté ?
L'oiseau s'envole.
Dans le cadre désormais classique
de représentations théâtrales, cos-
tumes, danses, public avec un sujet
assez quelconque et le joli talent de
Dorothy Philipps.
En terre Sarde.
Alors que les littératures améri-
caines et Scandinaves surgissaient
du peuple (Bret Harte, Bjornson) les
littératures françaises et italiennes
restaient œuvres de cour, faites pour
une élite, pour un public restreint de
blasés, de délicats, de snobs.
Comment peut-on s'étonner, dans
ces conditions, de voir produire en
Amérique et en Suède des films vrai-
ment populaires, propres à atteindre
partout l'esprit et le cœur des masses,
alors que la France et l'Italie piéti-
nent dans le roman mondain?
Le film italien peut et doit reprendre
racine dans le sol natal. En terre
Sarde, sans réaliser absolument un
programme, indique une voie.
La chemise de Teddy.
La fiancée du Cowboy.
11 paraît que ce sont deux films dif-
férents. Je ne l'aurais pas supposé.
Mais comme les cowboys m'amusent
autant que m'ennuie la psychologie
conventionnelle desdrames mondains
d'Outre-Atlantique, je l'ai, — ou les
ai — vus avec plaisir sans être ca-
pable de les distinguer.
Aziz-Bey anarchiste, le Vo-
yage de Danrit, etc.
Lorsqu'on a un peu trop ri au spec-
tacle d'un film tragique, il est bon
qu'un peu d'ennui viennent vous re-
poser et détendre vos nerfs. Toutefois
certains abusent...
Le champion.
Il est curieux de voir arriver d'Amé-
rique une satire contre l'excès des
sports. Charles Ray est excellent
comme d'habitude dans un film qui
ne sort pas de la bonne moyenne.
La Rep résaille.
Il y aurait trop de mal a dire de la
conception, de l'exécution, de l'inter-
prétation, et Clara Wieth a assez de
talent pour qu'une erreur aussi com-
plète dont à vrai dire l'auteur du film
est principalement responsable ne
compte pas dans sa carrière.
La lumière du monde
Pour May Allison, l'univers est
planté de saules, vers lesquels elle
fuit sans cesse, ne négligeant point
toutefois de se laisser voir, mais
jamais assez au gré de nos désirs.
Car il s'exhale, de ses bonds, de son
sourire, de son corps dont chaque
geste révèle la grave et saine beauté,
un parfum de sensualité franche,
chaste, presque animale. Ce sont les
fleurs savoureuses, mieux que des
fleurs, presque des fruits, que porte
la vieille et robuste plante anglaise,
bouturée dans le sol luxurieux et en-
soleillé de Dixie.
Il faut le sadisme d'un metteur en
scène américain pour nous montrer
cette créature, faite pour l'amour, en
train de boxer avec son frère ou de
se déguiser en apache mâle, avec
des moustaches, de faire passer mon-
sieur son papa par-dessus son épaule
dans un mouvement savant de lutte,
de terrasser des cambrioleurs —
après s'être mise en robe de bal — et
de recouvrer des diamants volés. Tou-
tefois ses armes de femme ne sont
point émoussées, et entre temps elle
rafle sans scrupule aucun le fiancé
de sa sœur, qui est vieille, laide, et
par conséquent ne mérite pas de
pitié
On voudrait voir May Allison dans
un film encore plus bête, si possible,
que La Fille des Dieux, où il n'y
aurait point d'histoire, mais simple-
ment un beau corps, aussi remuant,
aussi bondissant, aussi frémissant et
aussi révélé que possible.
Marouf
Aller tourner en Tunisie un conte
des Mille et une nuits, c'était une ten-
tative intéressante; j'en attendais le
résultat avec sympathie. Pourquoi
ai-je été déçu? Je vois deux raisons
principales. Tout d'abord c'est une
erreur de croire que l'atmosphère
des Mille et une nuits coïncide avec
l'atmosphère réaliste de l'Orient con-
temporain. Pour nous, comme pour
l'arabe qui les écoutait au moyen-
âge, ces contes se passent dans un
pays de rêve. Les palais y sont neufs,
les hommes jeunes et beaux, les
femmes divinement jolies. Que nous
offre Marouf? Ne parlons pas de la
plastique des interprètes, mais voit-
on la fille des sultans entourée de
ses trois figurantes? 11 faudrait une
foule d'esclaves toutes jeunes et
jolies. Nous rêvons de voir danser
devant nous les plus beaux et les
plus dévoilés des corps d'hommes ou
cinéa
de femmes, parmi des palais de
marbre, et non point une Ouled Nayl
quelconque dans un café maure... A
cet égard une comparaison s'impose
avec deux autres contes : La Sultane
de l'amour et La Fille des dieux.
Nul doute que celui qui ait eu l'idée
la plus juste de l'atmosphère à créer
ne soit M. Frantz Toussaint; et s'il
avait disposé des ressources finan-
cières, pittoresques et plastiques qui
ont permis d'encadrer avec plus de
splendeur que de goût, l'admirable
corps d'Annette Kellermann, il aurait
fait de grandes choses.
En second lieu, je reprocherai aux
auteurs deAfaroH/'d'avoirvu l'Orient
du dehors; d'avoir fait du placage,
réalisé une enfilade de documen-
taires, non point une œuvre vivante.
Revenons toujours à la leçon du
Nord : les personnages des Sagas
nordiques ne cherchent pas à nous
montrer combien pittoresquement
ils sont Scandinaves ; ils vivent natu-
rellement dans leur cadre familier,
et le détail topique ressort spontané-
ment. C'est exactement le contraire
lorsque nous mettons en scène
l'Orient (ou l'Extrême...) on sent que
l'auteur passe son temps à se deman-
der comment on peut être Persan,
Arabe ou Chinois. Ainsi se com-
mettent des fautes de goût telles que
l'introduction, dans la symphonie
joyeuse qui célèbre un mariage,
d'exercices d'Aïssaouas.
De beaux paysages, de belles pho-
tographies... mais c'est de la photo-
graphie; les cascades fumantes des
Proscrits, c'était de la vie...
Les yeux morts
Qui ne serait touché de voir cette
belle jeune femme abandonner son
riche et vieux soupirant pour se
consacrer à un aveugle de guerre;
et par quel joli geste elle lui avoue
son amour en l'embrassant sur les
lèvres! Il doute; n'est-ce pas de l'ad-
miration, de la pitié? Pour l'ôter de
ce doute, elle l'embrasse de nouveau
sur les lèvres. Cela nous suffirait;
l'auteur tient à nous montrer le ma-
riage à l'issue duquel, sous l'œil
paterne du clergyman, ils s'em-
brassent sur les lèvres. Mais ces ma
riages tournent souvent mal; elle
est danseuse, il est pauvre ; nous
sommes inquiets. Rassurez-vous : on
nous les montre deux ans après; ils
ont un enfant et s'embrassent sur les
lèvres...
Eh bien, malgré tout, Elsie Fergus-
son est si vivante, si pathétique, si
jolie, qu'il faut aller la voir. Et il y
a des passages parfaits : le repas en
tète à tête, la promenade dans le
parc, la déclaration sur le banc si
délicatement jouée par les deux
acteurs.
Ce film soulève également une
question intéressante : celle de l'éclai-
rage des intérieurs. En cette matière
il y a deux objectifs à atteindre et il
est impossible de les atteindre simul-
tanément.
Si l'on veut montrer des scènes
vivantes, réelles, plausibles, on s'ef-
■ •
j Le cinéma est une langue j
\ internationale mais qui doit \
■ ■
: justement servir à répandre \
■ ■
| et à communiquer la person= \
• nalité de chacun. Les Amé= \
i ricains y sont Américains, :
■ ■
: les Suédois y restent Suê= :
• dois, les Allemands s'y]
■ ■
: affirment Allemands — nous :
■ ■
[demandons aux cinégra=\
j phistes russes d'être Russes, j
■ ■
■ aux anglais d'être Anglais, \
m m
\et aux français d'être]
[français]
■ ■
forcera de faire partir l'éclairage de
la fenêtre, des lampes, des torchères,
des lustres. Si l'on veut mettre en
valeur des jeux de physionomie, on
entrecroisera des projecteurs in-
tenses venant de tous les côtés ; mais
alors les lumières qui sont censées
éclairer la pièce paraîtront absurde-
ment pâles, et les ombres seront
invraisemblables.
Pour ne parler que des films qui
sortent cette semaine, certains pas-
sages de la Lumière du monde, le
salon, très réussi, qu'on montre au
début de la Trentième Perle pro-
cèdent de la première esthétique. Au
contraire les éclairages des Yeux
morts sont délibérément destinés à
souligner les jeux de physionomie,
aux dépens de toute vraisemblance
architecturale ou scénique.
Dans une antichambre, située au
milieu de la maison et dont on ne
voit pas les ouvertures, il semble que
deux ou trois soleils venant de direc-
tions différentes, s'entrecroisent...
On goûtera toutefois, lors de la
scène du repas, le fond chatoyant,
frémissant, imitant un feuillage, sur
lequel se détachent les visages
expressifs et bien éclairés d'Elsie
Eergusson et de sa partenaire autre-
ment mieux que sur le hideux velours
noir...
La femme sauvage
C'est La Fille sauvage de M. de Cu-
rel transposée, mais au point amélio-
rée. On a toujours plaisir à voir Clara
Kimball Young, mais pas toujours
autant de plaisir.
Le fils de son père.
Que de joailliers en une seule se-
maine ! On aurait dû évidemment
marier le fils de ce joaillier là avec
la fille de joaillier que personnifie
May Allison. Il se seraient apporté
réciproquement en dot « L'œil de la
Mer » et « La Lumière du monde » et
en y joignant la « trentième perle »
plus les vingt neuf autres cela leur
aurait fait un fonds de commerce.
La trentième perle.
Encore des bijoux T On remarquera
un début charmant comme éclairage,
comme groupement, comme compo-
sition. Ensuite on ne remarquera
plus grand chose.
Caprice du Destin.
.. . So]e mio... la sérénade de Caval-
leria Rustieana... la Tosca... le brin-
disi de la Traviata... et Fabienne Fa-
brèges.
La Lutte pour la vie.
Il parait que ce titre appartient aux
ayants droit d'Alphonse Daudet.
J'aurais plutôt cru que c'était à ceux
de Charles Darwin; mais la propriété
littéraire ne eommence à exister que
lorsque ce sont les autres qui vous
volent. L'histoire qu'il précède est
assez pénible, sauvée dans une cer-
taine mesure par le talent d'Alice
Brady,etde son excellent partenaire.
D'ailleurs si c'était un film allemand,
on nous raconterait qu'il a été fait
afin de déconsidérer l'Amérique.
Lionel Landry.
0
cinea
M NOTES
M
Impressions
0 d'Écran £>
Quelques jours en Allemagne.
Quelques films.
•
Monika Vogélsang. - La pièce de
Félix Philippi aboutit à un film
romantique dont le ton fait penser
aux drames russes mondains <>u
aux tragédies historiques italien-
nes. Il n'y a d'Allemand qu'une
insistance bien sadique à montrer
sous toutes ses faces la pendaison
du héros. Et un détail digne du
théâtre de Victor Hugo : quand on
passe la eorde au cou d'Hernani (je
l'appelle Hernani parce que j'ai
oublié son vrai nom), Monika, la
blonde Monika s'écroule au pied
de la potence en ramenant sur son
visage un voile de deuil. Quand on
la relève, quand on écarte le voile,
les cheveux blonds sont devenus
tout blancs. Et c'est fini.
Ilenny Porten, idole de toute la Ger-
manie, est belle. Elle serait fade et
froide comme une statue premier
empire, si quelque chose de dur ne
marquait son visage placide. Elle
évoque souvent Lyda Borelli par
sa tenue, son équilibre d'attitudes,
sa dignité toujours sereine et mai-
tresse de soi. Mais l'orgueil de
Lyda Borelli n'était qu'une virtuo-
sité sensuelle. L'orgueil d'Henny
Porten est de l'orgueil.
Et parfois elle a de la puissance.
Der gang in die nacht (le chemin
dans la nuit).
Tout ce long film est intelligent. Les
levons américaines y ont été em-
ployées et assimilées. Il est agréable
de voir un film où l'on s'est plus
soucié de la ligne générale et du
rhytme que du détail inutile et joli.
J'ai été frappé notamment par le
sens du gros plan : il n'est jamais
utilisé en vain, il vient toujours à
son heure et dans un mouvement
juste.
Olaf Fons et Conrad Feidt sont inté-
ressants mais « théâtre ». Et Erna
Morena est remarquable dans une
partie du film qui est d'ailleurs l'at-
traction de l'œuvre : dans la cam-
pagne et sur la mer se déchaîne
une tempête terrible, et pendant
que l'ouragan se déchaîne sur la
maison, la femme, seule et trem-
blante, sent tout une autre tempête
non moins violente monter en elle.
C'est une espèce de monologue de
trois cents mètres qui a une vi-
gueur admirable. Les accessoires
(décors, meubles, robes, etc.) y
sont précis et vivants. Et Erna
.Morena a l'élan inquiétant qu'il
faut pour nous entraîner dans ce
quart d'heure de trouble, d'ivresse
nerveuse, de demi-folie.
La plupart des films allemands qu'on
voit en Allemagne sont profondé-
ment allemands.
Je voudrais que de la plupart des
films français qu'on voit en France
on puisse dire : Comme c'eut Fran-
Lotte Neumann est affichée à tous
les coins de rues. Voici Arme Thea.
Voici Der Klafperstorchverband.
Voici des douzaines de films ge-
miïtlich avec Lotte Neumann. Elle
est au delà du Rhin ce que Mary
Pickford est au delà de l'Atlan-
tique. On l'adore.
Je crois que nous ne l'adorerons
jamais.
•
Des films de publicité charmants. Ils
sont aussi bètes que dans d'autres
pays mais d'une exécution telle-
ment soigneuse, intelligente, ha-
bile, qu'on ne peut pas les suivre.
Des films de propagande aussi
Quand les services de propagande
du Reich lancent quelque chose, ils
ne croient pas devoir y épingler l'éti-
quette : Propagande allemande.
Dont acte.
•
Dans la plupart des salles on est
très bien assis pour un ou deux
marks, le personnel ne vous en-
gueule pas, les ouvreuses ne de-
mandent rien, le gérant vient (avec
le sourire) vous faire cadeau du
programme, il y a de l'air dans la
salle, et l'orchestre ne joue pas
toutes les semaines la même chose.
Tout cela n'est rien. Une seule chose
est admirable : l'Allemagne est le
pays où un cinégraphiste peut es-
sayer ee qu'il veut sans être écar-
telé par les banquiers, par les
loueurs, par la censure et par ses
camarades.
Louis Dei.i.ic.
Dorothy Philipps
Vieil or et topaze. Héroïnes d'Ibsen.
Teagowns. Pénélope.
Anna Q Nillson
Mélisande. Dames enveloppées de
fourrures dans des droskys. Iris.
Lueur de feu sur la neige.
Juanita Hansen
Kimonos noir et or. Tulle perlé.
Lis jaunes. Vase d'ambre et de jade
sur un meuble de bois de teck.
Pola Negri
La belle dame .sans merci. Kreis-
ler jouant le Caprice viennois. Les
Superfemmes, des romans de Ter-
hune. Un jupon de dentelle jeté sur
un prie-dieu.
Helen Jérôme Eddy
Lueurs vacillantes sur une eau
calme. La sœur aînée. Fleurs d'her-
bier. Conduis-nous, Sainte Lumière
joué sur un harmonium de salon.
Elsie Janis
L'orchestre Hickman. Un lutin qui
a grandi. Lucioles. Yvette Guilbert,
édition 1921.
Louise Huff
Kentucky. Joues rougissantes. Ro-
ses-thé jaunes et fougères.
Pauline Starke
Montagne du Tennessee. Homes-,
pun. Jours de pluie. La lumière de la
lampe.
Lolisk Fazknda.
cinea
11
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LE LYS DE LA VIE
Voici de brefs aperçus du film que Miss Loïe Fuller réalisa
d'après le conte de S. M. la Reine de Roumanie et qui apporte
à l'art muet des notations d'un goût, d'un esprit, d'un
style qui nous enchantent — et vous enchanteront.
12
cinea
TANIA DALEYME
dans La BclL- Dame sans merci de Germaine Dulac
POUR LE NU PHOTOGÉNIQUE
A Mademoiselle N..., du théâtre X...
Vous avez refusé le rôle, chère
amie; vous n'avez pas voulu tourner
la scène du bain...
... D'un geste simple vous deviez
rejeter le peignoir épais qui tombait
— en ralenti — découvrant successi-
vement la courbure symétrique des
épaules — le galbe du dos qui s'effile
— l'épanouissement des hanches,
flancs de l'éternelle amphore de vo-
lupté, la ligne fuselée des cuisses,
l'imperceptible renflement du genou...
Vous descendiez les marches de
marbre, et l'arête de la plus haute
masquait peu à peu votre corps dont
l'harmonieux et flexible balancement
accusait le rythme de la descente.
Lorsque l'eau vous enveloppait
jusqu'à la ceinture, vous vous retour-
niez ; mais comme il était là, vous
regardant, un geste instinctif croi-
sait vos bras sur votre poitrine. Puis
le sourire timide devenait triom-
phant, vos bras s'ouvraient en un
mouvement d'offrande et tout votre
être disait que vous étiez heureuse
et fière d'être belle et de l'être pour
lui...
Vous avez refusé le rôle, et vous
avez proféré des paroles amères.
Vous ne m'avez point caché qu'il y a
une hiérarchie des genres, qu'on ne
demande pas à un second prix du
Conservatoire de doubler Mlle Dher-
lys; vous avez pris acte de ce que
nous n'avons pas toujours été
qu'amis pour m'accuser de jouer un
vilain personnage, pour déclarer
que, si je voulais vous faire des-
cendre dans une piscine, aux acela-
cmea
13
mations d'un peuple immense, vous
pouviez bien, moi, dans l'intimité,
me renvoyer à l'aquarium qui cons-
tituait mon habitat normal.
J'ai courbé la tête, j'ai baisé la
main qui me frappait. Vos raisons,
chère amie, sont excellentes. Mais
comment voulez-vous que je les
comprenne?
Notre métier, à nous autres au-
teurs, acteurs, est de vendre en dé-
tail, à la foule qui s'en amuse (ou
qui ne s'en amuse pas, et c'est encore
plus dur) notre corps et notre âme,
nos gestes et nos sentiments, notre
cœur et notre peau.
... Qu'il est loin, ce matin un peu
brumeux de septembre où, devant
moi, elle est entrée dans l'eau. Ce
n'était pas en descendant des mar-
ches de marbre; les piscines monu-
mentales ne servent au poète que
pour y dévêtir d'idéales amantes. A
cette époque là — vous doutiez-vous
quej'étais si vieux? — ily avait encore
sur la côte Bretonne, mille petites
plages solitaires où une Parisienne,
au lieu d'aller au bourg acheter du
fil vert, pouvait baigner son jeune
corps sous les yeux extasiés d'un
amant. Elle a eu ce geste instinctif
de croiser les bras... Maintenant elle
est veuve, elle a des cheveux gris,
elle vient de marier sa fille, et si elle
va au cinéma, se souviendra-t-elle?
Cela n'empêche pas que je la vends,
pour huit centimes le mètre de né-
gatif?
Suis-je seul coupable? Vous avez,
naguère, joué mon Erigone. J'y ai
placé des paroles que m'a dites
quelqu'un dont je ne prononcerai
jamais le nom. Mais la phrase que
profère l'amante jalouse, vous vous
souvenez de quelle phrase elle s'ins-
pire; le geste par lequel elle ressai-
sit son amant, ce n'est pas au Con-
servatoire que vous l'avez appris. Je
pouvais supposer que j'en étais pos-
sesseur — du droit du destinataire —
il avait fait naître en moi, ce geste,
assez de trouble, assez de bonheur,
assez de souffrance... (vous savez
que je ne vous en veux point) vous
ai-je reproché de l'avoir utilisé — ce
mot est affreux — pour votre rôle?
C'est le métier qui veut cela.
Triste métier. J'ai vu sur les
planches, plus que décolletée, une
femme exquise et qui écrit. J'ai
trouvé qu'elle livrait beaucoup plus
d'elle-même dans ses livres. Le grand
poète dont le Feu nous a raconté les
amours offense davantage notre pu-
deur que Georges Carpentier, ceint
du modeste pagne que lui accordent
les affiches... Vous hésitez encore?
Il faut vous résigner, mon amie;
nous ne nous appartenons plus, nous
appartenons à ceux que nous char-
mons ou que nous émouvons. Pour-
quoi nous y refuser. Pourquoi
vouloir que cette émotion soit
forcément impure? Pourquoi suppo-
ser que, de l'image projetée de votre
corps, seul le désir sauvage peut
naître? Je sais, hélas, que ce corps
est désirable, mais il est beau aussi,
beau comme un jeune palmier, beau
comme une gazelle bondissante, et
moi qui ai fait mieux que le voir, je
puis, à certaines heures, ne me sou-
venir que de sa pure beauté. Créez
du rêve, créez de l'extase, créez de
l'admiration ; meublez les yeux et
les souvenirs d'images harmonieuses
qui allégeront un instant, pourtant
de fronts courbés et d'épaules voû-
tées, le lourd fardeau des soucis et
des épreuves, qui enlèveront un peu
de l;impôt exorbitant prélevé sur
nous par la vie. Et peut-être après
tout la légende de Lady Godiva, de la
belle et pure dame qui parcourait
les rues de Coventry, montée sur son
palefroi et vêtue de ses seuls che-
veux blonds n'a-t-elle pas une autre
signification.
Pour copie conforme
Lionel Landry.
MARCELLE SOUTY
dans Narayana de Léon Poirier
14
cinea
DERRIÈRE L'ÉCRAN
0
Conscience artistique.
Elle est blonde et jolie et plus éner-
vante que le bourdonnement d'une
mouche pendant la nuit.
Lui est un jeune metteur en scène.
Elle et lui sont inséparables.
Lui tourne en ce moment les exté-
rieurs de son film.
Elle a le principal rôle.
Ces jours derniers, l'hôtel du petit
village où ils sont descendus dormait
paisiblement.
Puis, d'une chambre, des cris, des
bruits de verres brisés, de coups...
un véritable sabbat.
Les artistes sortis dans le couloir
eurent tôt situé le lieu du drame.
L'un d'eux frappe à la porte. On
ne répond pas, il ouvre.
Lui en pyjama, légèrement dépei-
gné, assis en tailleur sur le lit fumait
flegmatiquement une cigarette, pen-
dant que son épouse en costume d'Eve
le prenant pour cible, lui jetait à la
tête tout ce qu'elle avait à portée de
sa main...
La porte ouverte, la blonde enfant
se précipite dans le cabinet de toi-
lette tandis que lui : « Voyez... cette
conscience artistique... Elle répète sa
scène de demain matin. »
Sibilla
Une femme danse.
Savante et spontanée, raffinée et
inculte, complexe et nombreuse
comme la Danse elle-même, Sibilla
vire ou se cambre ou trépigne, inspi-
ratrice de désir ou de recueillement.
Une femme danse.
Dans l'atmosphère sèche et vi-
brante, en face de la cour pavée où
des enfants jouent, près des voûtes
basses d'où pendent raisins et pas-
tèques, sur la scène nue au rideau
grossier, elle agite sa robe bigarrée,
son buste flexible, ses bras onduleux.
Une femme danse.
Elle a grand succès. UEl Dorado
est plein de gens, de cris, de fumée
lourde, mais bientôt le vacarme fera
place au silence, tous les spectateurs
élégants de la loge et brutes des ta-
bles grasses, arrêteront de parler,
de boire et, après l'attention muette,
ils crieront. Et Joaô, le pitre, son si-
nistre partenaire — auquel Philippe
Hériat, donne une forme bizarre et
grotesque de long lézard — la désire
brutalement; il voudra quitter la
scène derrière elle... Michel Duran,
son sombrero jeté dans la fureur des
« Ole T » n'osera l'aller reprendre...
Lili Samuel, petite gueuse perverse,
pieds nus, en haillons, lui lancera les
fleurs qu'elle vend...
Mais elle, dont l'âme se déchire et
saigne, soulevée d'une détresse in-
soupçonnable et immense, secouée
d'un désespoir plus grand qu'elle,
loin du Désir et prés de la Mort...
Elle . .. Eve Francis — Sibilla — danse.
Croquis.
Un sympathique
S'il ne vous parlait pas, vous ne
le reconnaîtriez pas, tant il s'est trans-
formé.
Rasé de près, maintenant, les che-
veux courts, il a quitté le feutre aux
larges bords, abandonné le grand
col mou et sous le menton ne pend
plus désormais la Lavallière qui ca-
chait si bien la chemise.
En émigrant de la scène au studio
Brk'hanteau a changé de tailleur.
Sa mise est transformée. Sa men-
talité, pas.
Et vraiment?
Est-ce Brichanteau ?
Est-ce « m'as-tu vu » ?
Ni l'un, je crois, ni l'autre. C'est un
personnage spécial qui est né avec le
cinématographe... Seulement, voilà :
il est né à quarante ans.
Au début, il a maudit le cinéma,
lui opposant le « théâtre », sans sa-
voir au juste pourquoi, comme ça,
par principe.
Puis des camarades lui ont parlé
de « cachets» insoupçonnés derrière
le rideau de fer.
Plusieurs fois le soir, après l'obli-
gatoire apéritif au « Namur», la faim
se riant de lui aux terrasses des bras-
series, lui avait serré l'estomac de
ses doigts noueux et secs. Il avait
souffert.
Et maudissant ce nouveau rival,
tout en l'espérant, il est allé à lui.
11 a tourné. Oh ! consciencieusement,
car c'est un bon ouvrier, mais il n'a
pas compris.
Il s'est enhardi, cependant, il a
demandé un rôle, et comme on le lui
a refusé, il s'en est étonné, invoquant
ses créations au « théâtre ». Il a mau-
dit encore le cinéma, comme il aurait
médit de son directeur.
Il a définitivement quitté la scène
et a commencé la lamentable démar-
che d'un studio à l'autre.
Le hasard, sa façon trop correcte
de s'habiller, propre aux huissiers
en civil, l'ont classé un jour dans un
emploi : il joue les médecins.
Il les joue convenablement, les
efforts même qu'il fait pour établir
son jeu à chaque scène confondent
en regard de sa propre personnalité.
Il joue les médecins, il les jouera
jusqu'au moment où on l'aura trop
revu dans son immuable incarnation.
Alors il fera partie de toutes les
soirées... Il attendra ainsi toute sa
vie le « rôle qu'on lui prépare et qui
est tout à fait pour lui ».
Tous les metteurs en scène le con-
naissent, c'est un personnage curieux
qui dégage la mélancolie, la sympa-
thie et l'ennui.
Un jour il disparaîtra...
Il mourra obscurément et on ap-
prendra sa mort par cette chose
inconcevable : le pneumatique de con-
vocation resté sans réponse.
•
Dépat ts.
Mme Renée Cari, part tourner un
film dans le Midi.
Ainsi que M. Liabel, l'auteur du
Sanfj des immortelles.
Marcelle Pradot, qu'une indisposi-
tion de quinze jours avait immobi-
sée, s'est heureusement remise et a
pu terminer ses scènes d'El Dorado
aux studios Gaumont.
•
On dit que...
... Marcel L'Herbier entreprendrait
bientôt la réalisation d'un grand film
d'époque en épisodes, tiré d'un roman
historique.
9
Synchronisme.
Le premier essai de l'appareil dont
noire confrère M. Yuillermoz parlait
dans un récent numéro de Cinèa,
vient d'être fait à l'exposition d'Art
Français, de Wiesbaden-Biebrich -
et ce fut un succès.
André D.vvkn.
cinea
15
ANNA PAVLOWA
La grande danseuse qui créa
aux Ballets russes de Paris
Schéhéraçade, Cléopâtre, Les
Sylphides, etc.. qui a réalisé
des minutes aussi parfaites
que Le Cygne, La Libellule.
Gisèle . La Danse syrienne .
reparait parmi nous avec le
chef-d'œuvre de Paul Dukas
La Péri où le génie de l'inter-
prète trouve le rythme ma-
gistral qu'il mérite.
16
cinéa
M
SPECTACLES
M
Le Théâtre de verdure de
M. Paul Poiret est parfaitement
l'Oasis qu'il veut être. Des critiques
aigus, amoureux d'épithètes rares,
ont dit que c'était là un spectacle
très parisien. Heureusement, c'est
bien mieux que cela . Tout ce que ce
mot vulgaire signifie d'inconscient
et d'extrême est étranger à l'asile
incomparable de la mesure, qu'un
grand artiste ménagea dans un
jardin.
Des fauteuils spacieux et dociles,
heureusement bigarrés; un gravier
souple; de l'air, en guise de toiture,
emprisonné dans de la soie ; une sta-
tue parmi des feuilles; des marron-
niers pleins de lumières; de grands
salons nobles ouverts auprès: tout
se combine selon des manières ou-
bliées, en vue de plaisirs honnêtes
et polis qui ne viendraient pas tout
à fait du dernier bateau.
C'est pourquoi le succès n'a pas été
absolu.
Peut-être d'ailleurs la faute revient-
elle un peu au choix du premier pro-
gramme. On dut en retrancher la
Triche, mal goûtée. Le spectacle
commence à présent par des numé-
ros dont le meilleur est fait des chan-
sons tziganes de Mme Efrémova,dont
la première a une mise en scène bi-
zarre et émouvante.
Idrofile et Filigrane gagne à la
« fausse musique de Debussy ». Ainsi,
c'est un divertissement unique, de
la qualité la plus fine. Admirable-
ment mise en valeur, surtout par
Clara Tambour, Jean d'Yd et Pizani,
par des décors et des costumes très
ironiques, la parodie est savoureuse.
Naturellement, elle plaît beaucoup
moins aux spectateurs, mauvais fa-
miliers de Maeterlinck, qu'une farce
mélodramatique qu'on joue ensuite,
le Secret clen Mortigny, et qui, com-
parée à la première, a la qualité et
le défaut d être comique par soi-
même. Cette petite pièce est loin pour-
tant de la vulgarité, et permet à
Charlotte Lysès de montrer une fan-
taisie délectable.
Si les prochains spectacles de l'Oasis
conservent une ordonnance distin-
guée cpie risque de compromettre,
par exemple, un système d'annonce
un peu montmartrois, et s'ils se com-
posent d'une façon moins disson-
nante, ce théâtre peut avoir une
destinée unique.
// faut Voir au Théâtre
des Champs-Elysées
-«< Les Mariés de la Tour
Eiffel^ présentés pa r les
'Ballets suédois Qui ont
réalisé un ENSEMBLE.
Le thème et l'esprit de
cette fantaisie artiste
sont de Jean Cocteau,
le décor d'Irène Lagut,
les costumes de Jean
Hugo, la chorégraphie
de Jean Borlin, et la
musique des Six, c'est-
à = dire de Germaine
Taille fer, Georges Au=
rie, Darius Milhaud,
Arthur Honegger ,
Francis Poulenc ,
qui ont du talent et
des ennemis comme
trente=six. M. Rolf de
Mare, animateur des
"Ballets suédois, a bien
mérité de notre plaisir
Ceci n'est pas de la
publicité. £ £ £ £
Les Mystères de Paris, les
Deux Gosses, Gosseline, repré-
sentés actuellement en divers arron-
dissements, affirment par leur succès
combien le public populaire et petit-
bourgeois reste amateur d'émois pri-
mitifs. Ces mélodrames ressuscitent
ou prolongent une époque point du
tout méprisable dans ce genre de
manifestations, et qui n'est plus, je
crois.
Assurément, quand Fanfan et Clau-
dinet se disent adieu et quand ils se
retrouvent, ceux qui ne pleurent pas
ont quelque envie de rire. Mais c'est
cette naïveté sans feinte et sans pré-
tention qui fait tout admettre, en
prévenant la critique. Et surtout, le
public n'a que des motifs de s'atten-
drir ou de s'indigner honnêtement.
Puisque c'est là que Margot est
allée ce soir, elle a bien raison d'y
pleurer. Elle pourrait le faire plus
mal à propos. Les types créés par le
mélodrame : la douce ingénue ou la
grande dame injustement persécutée,
le traître sournois ou l'ivrogne cyni-
que seront, au derniertableau, récom-
pensés ou punis selon leurs vertus
ou leurs vices. Ces personnages
d'imagerie ont des destins accommo-
dés logiquement au goût de la meil-
leure morale, sans rien de paradoxal
ou de discutable.
Aujourd'hui (car les mélodrames
actuels, presque tous repris, d'ail-
leurs, ne semblent que les vestiges
des anciens) le gros public, celui des
bureaux, des ateliers, des chantiers,
désoriente tristement son amour du
romanesque vers cette façon de ciné-
roman où grouillent les personnages
faux et ignobles, depuis le sympa-
thique évadé du bagne jusqu'au châ-
telain-satyre, — cette espèce de spec-
tacle qui excite chez le spectateur
les plus bas instincts de sadisme
hypocrite et de sensiblerie viciée, —
et qui sera peut-être la honte du
cinématographe français .
A Ba-ta-Clan, Mansuelle est adroit
et jovial; à l'Ambigu, Parisys est
pittoresque; chez Sarah, Germaine
Dermoz est très belle, très généreuse.
Raymond Paykllk.
cinea
17
F. RICJ [BARCLAY
Ce jeune premier, mâle et distingué, a été très justement admire dans Le Rêve, de J. de Baron-
celli. C'était son début a Paris après d'intéressants essais a Londres. Il est vraisemblable que
nous le garderons parmi nous et qu'il reparaîtra bientôt dans un film de valeur.
18
cinea
LA CRITIQUE EST AISÉE
Il y avait sur les toits, de l'autre
côté de la rue, une cheminée bizarre,
noire sur le ciel foncé d'avant-mi nuit,
Derrière cet accessoire biscornu,
la lune aiguisait paisiblement la
pointe nickelée de sa faucille.
Ce petit spectacle inoffensif, émi-
nemment tranquille, me reposa.
Ma foi, oui !
Je n'étalerai pas de fausse pudeur
sur cet aveu.
Je sortais d'une salle de cinéma.
Et trois heures de film, déroulé par
kilomètres, me rendait â la rue, les
yeux quelque peu éberlués et le cer-
veau un tantinet â la dérive.
L'air frais du soir, «'ajoutant à la
vision lénitive ci-dessus précisée, me
rétablit dans cet aplomb, dans cet
équilibre, dans cette assiette, dont
l'insuffisance, d'abord, me fit voisiner
avec un état d'âme mal défini.
Or donc, je quittais un ciné, et
— faut-il le dire? —je ne me jugeai
point satisfait sans réserve du spec-
tacle qu'il m'avait offert.
En effet, me disais-je (et je ne son-
geais point à toutes les œuvres du
film, mais à la masse de la produc-
tion cinégraphique en général), com-
bien fatigante pour la rétine et com-
bien rebutante pour le cerveau, cette
succession achromatique de tableaux
trop raccourcis et souvent marqués
au coin du disparate, cette multipli-
cité de scènes brèves, hachées, dé-
cousues, juxtaposées sans soudures
ou rattachées entre elles par du fil
trop lâche.
Du découpage ? Non pas : du déchi-
quetage T
On me fait sauter brusquement de
tel point de l'épisode â tel autre, tout
différent, très inattendu, et cela non
pas une fois, mais dix fois, mais
vingt fois, mais constamment
Sans pause et sans transition, me
voici, à tout moment, transporté d'un
endroit à tel autre, — imprévu ; —
d'une époque, en plein milieu de lus-
tres fort distants.
A ne point concéder aux estomacs,
même parcimonieusement, le loisir
que souhaite un bon travail d'assi-
milation, on risque l'indigestion.
D'ailleurs, ne s'accommode point
qui veut de l'olla-podrida I
En serais-je à prononcer, de parti-
pris, le grief décisif et l'irrécusable
condamnation des compositions ciné-
graphiques?
Xont point !
Je compte bien m'expliquer dans
un instant et dissiper le nuage amon-
celé peut-être par ma rudesse ou ma
franchise.
(Je n'ai, — acceptez-en l'aveu comme
une excuse et pardonnez-moi — ni
jabot de valenciennes, ni talon rouge,
pour draper d'euphémismes ce qui
me semble être la vérité ou, tout au
moins, un fragment de vérité).
Seulement, voyons I
Cette accumulation de tranches
animées, tassées, côte à côte, â l'hé-
téroclite, rend-elle l'aspect vrai de
la vie?
Non, car la vie toujours se déroule
en lignes amples et liées, sans hiatus
dur, même dans ses moments en
« coup de théâtre ».
Fragmenter une scène ample, large
et soutenue, en la détaillant, en la
décomposant par phases successives,
qui s'interpénétrent, cela bien certai-
nement est juste, naturel.de bon effet
et requis par les nécessités de l'adap-
tation â l'écran.
Au total, ces subdivisions ne cons-
titueront qu'une action unique, sui-
vie, déroulée sans fissure, traversée
d'une eurythmie saisissable.
Non ! ce n'est point â cela que va ma
critique, trop peu bridée, sans doute.
Mais, — comprenez bien! — c'est â
ce sautillement de découpures trop
exiguës, sans suture harmonique
avec leurs voisines, bien que leur
défilé, dans son ensemble, achemine,
de coup de ciseau en coup de ciseau,
l'épisode joué vers un dénouement
intelligible.
Enfin, quoi? Ma conclusion, mon
vœu ?
Je l'ai dit :
Des scènes plus amples, plus éten-
dues, plus développées, où l'œil et
l'esprit se reposent davantage.
Un souci plus attentif et plus sa-
gace, de l'harmonie et de la logique
dans le travail d'élaboration et de
mise en place des scènes.
Plus de cohésion, plus d'homogé-
nité, plus de fondu.
Ce n'est que cela !
C'est peu et c'est beaucoup !
Mais ai-je raison de le réclamer?
G. Debacker.
c i n e a
: Sommaire du N ° 4 \
m . - -
■ Couverture. — Raque! Meller.
■ Les Films. — L. L, Henriette lanne.
■ -'
| Léon Moussinac. etc.
j W. S. Hart.
■ Notes. — Louis Delluc.
: Une ténébreuse affaire. — Composi-
• tion cinégraphique, d'après le roman
■ de Balzac, par Lionel Landry.
; Le peintre au cinéma. — ]. F. Laglen.
■
! Derrière l'écran. — Daven.
■
■ Les pages de ma vie. — Chaliapine.
■ Le Film. — Louis Nalpas.
: Photos, Dessins, Portraits de Signo-
j ret, Max Linder, W. Hart. Lillian Gish,
■ Marcel Lévesque, Prince, etc.
Sommaire du N ° 5
Couverture. — Douglas Fairbanks.
Les Films. — Léon Moussinac. Lionel
Landry. René Bizet.
Mamamouchi, par |. de Baroncelli.
Studio. — Louis Delluc.
Moving Picture Laud. — Henry Rous-
sel.
Derrière l'écran. — Daven.
Spectacles. — Eve Francis.
Une ténébreuse affaire.— Suite et tin.
Photos et portraits de Yanova. André
Nox. Nikita Balieff. Maë Marsh. 1 ran-
cesca Bertini. Tsin-Hou. Anieka-Yan.
de Baroncelli. Maria Dalbaïcin, etc.
'.Sommaire du N ° 6
m , —
; Couverture. — Jewel Carmen.
: Les Films.-- Lionel Landry.
■ Notes. — Louis Delluc.
; Paroles d'acteur muet. — JaqueCate-
: lain.
■
| Le cinéma mystique. — Jean Epstein.
; Au fumoir. — Marcel Lévesque.
S Derrière l'écran. — A. Daven.
j Spectacles — Raymond Payelle.
• En Amérique. — L. Landry.
: Définitions. — Charles Démery.
: Littérature. — L. Valtei .
■
■ Les pages de ma vie. — Chaliapine.
î Photos et portraits de Suzanne Talba.
: André Nox. |aque Catelain, Elena
! Sagrary. Sarah Bernhardt, etc.
cinea
19
V A L L
M A L L
Les dernières Lectures Ciné-
matiques du C. A. S. A.
Le C. A. S. A. continue son action
qui « compte » désormais dans le
monde cinématique. La presse quoti-
dienne et corporative, a accueilli dès
la première heure avec force sympa-
thie ce groupement d'intellectuels,
de cinégraphistes, (cinéastes, selon
M. Delluc, ou êcranistes selon M. Ca-
nudo),et de gens de goût choisis dans
le monde élégant et dans le monde
politique. Et M. Canudo pouvait der-
nièrement se plaindre, dans une spi-
rituelle causerie, que le C. A. S. A.
« n'est attaqué que par des gens plus
ou moins qualifiés, et qu'il attend en-
core un adversaire vraiment digne
d'être pris en considération »...
Les dernières Lectures Cinéma-
tiques de la saison ont été consacrées
à l'audition de la très curieuse Fin
du Monde du poète Biaise Cendrars,
ainsi qu'à un scénario de « film mu-
sical » inédit de Henri Fescourt et
Carol Bérard. Il entre dans les buts
du C. A. S. A. de connaître le rayon-
nement et les influences du Cinéma
sur les talents des artistes créateurs,
écrivains, peintres, musiciens. La Fin
du Monde de Cendrars est un ou-
vrage littéraire inspiré justement
par le Cinéma, et son succès à la lec-
ture, faite avec une grande intelli-
gence par Mme Yvette Andréyor et
M.Georges Melchior fut des plus vifs.
Le scénario d'un autre film, imaginé
par Henri Fescourt est une vision
poétique très émouvante. Des grands
amours inassouvis de tous les temps,
enveloppés dans une large atmos-
phère musicale du compositeur Ca-
rol Bérard.
M. Canudo et M. Louis Nalpas, ont
entretenu, tour à tour, l'auditoire des
nouvelles organisations du C. A. S. A.
On a lu une dépèche de M. AbelGance,
qui triomphe en ce moment à New-
York, où il a attiré l'attention des Amé-
ricains sur cette organisation unique
en faveur du Cinéma artistique, dont
il est nécessaire de relever partout le
niveau intellectuel. Dans une fort in-
téressante allocution, notre confrère
M. René-Jeanne, a annoncé l'entrée
du Septième Art à la Fédération fran-
çaise des Artistes, où le C. A. S. A.
sera représenté par ses meilleurs élé-
ments. Les deux fêtes einématiques
que le C. A. S. A. donne pour clôturer
ses travaux avant les vacances : l'une
mondaine et artistique, a eu lieu à la
Société des Amis des Lettres Fran-
çaises, et l'autre sera offerte au peuple
de Paris, à la Bourse du Travail.
Parmi les invités des derniers lun-
dis,particulièrement choisis, et qui se
pressaient dans le « home » moderne,
noir et vert, de M. Canudo, et ensuite
au dîner amical hebdomadaire chez
Pocardi : Mines Germaine A. Dulac,
Yvette Andréyor, Elmire Vautier,
Gina Relli, Comtesse de Salverte.Japy
de Beaucourt, France Dhélia, Jeanne
Janin, Thérèse Leps, Charlotte Gar-
delle. Comtesse de Breuil, Baronne
Foach, Thumen, Terpsé, MM. René
Blum.M. Bokanowski, Jean Carrère,
J. L. Croze, Louis Delluc, Roland Dor-
gelès, Henri Duvernois, Dyl, Fayard,
Henri Fescourt, Fraticelli, Kaplan,
Léo Coren, René Le Somptier, Louis
Nalpas, Pouctal, Georges Quellien,
Prince Rospiglioti, Sayama, le cri-
tique japonais Takéo Terasaki, Jean
Toulout, Valter, Waroquet, Vuanat,
Marcel Yonnet, Lubinoff, Bruno de
Geeten, André Foy, de Francisco,
Scouffos, Mme Marie Laparcerie,
Emmy Lynn, France Marqués, Elisa-
beth L. Cleveland, Bordenave.MM.Lu-
beski, Gustave Fréjaville, Charles
Léger, Daniel Riche, Marcel Sauvage,
Henri Calmbascher, Tsin-Hou, D' Vir-
gile Serdan, Raoul de Week, Duluc,
Raoul Leven, Amiante de Sicile, J. F.
Laglenne, Jean Pruvost, André Del-
horbe, Milone, M. L. Bordenave, etc.
De la valeur éducative du
film
Le D1 Stapel, directeur du Foyer
du peuple Hambourgeois dit que le
film cause un grave préjudice à l'édu-
cation spirituelle et morale de
l'homme.
Il dit :
1" Par le film on s'habitue à passer
rapidement et brusquement d'une
représentation (vision) à une autre
sans prendre le temps de faire un
jugement approfondi.
Réponse. — Une mauvaise lecture
produit le même résultat.
Le bon film sera bien conçu et bien
construit au point de vue pédago-
gique; chaque représentation sera la
suite logique de la vision précédente,
permettant ainsi de développer la
vision synthétique.
2° On s'habitue à suivre involon-
tairement un assemblage superficiel
d'images; on se borne aux jouis-
sances de l'effet et la volonté n'y
prend aucune part.
Réponse. — Les livres aussi ne
donnent souvent qu'un assemblage
de faits que nous suivons sans par-
ticipation de la volonté.
2° On s'habitue à des impressions
à peu près sans avoir conscience ni
des détails, ni du fond; de là affai-
blissement spirituel.
Réponse. — La lecture peut don-
ner la même chose.
Le ciné peut-être, s'il est bien
conçu, un stimulant puissant de l'ac-
tivité spirituelle.
Producteur et consomma-
teur du film.
Il est difficile dans la cinégraphie
de délimiter exactement les domaines
du producteur et du consommateur.
Faut-il mettre le fabricant, le
loueur, le propriétaire du ciné dans
la première catégorie et le public
dans la seconde; ou bien le proprié-
taire d'une salle de cinégraphie est-il
le dernier consommateur?
Ou faut-il dire que le fabricant pro-
duit, que le loueur distribue et que
le propriétaire du ciné consomme?
Ou encore le fabricant d'une part
est-il seul producteur et d'autre part
le loueur et le propriétaire du ciné
des consommateurs. Cette dernière
solution est la plus logique.
Vœux concernant l'industrie
cinématographique
Les soussignés :
Considérant que de tous les instru-
ments d'éducation populaire, le ciné-
matographe est celui qui peut à
l'heure actuelle exercer parmi les
masses les influences les plus démo-
ralisantes, mais aussi répandre les
notions les plus utiles.
20
cinea
Que l'industrie cinématographique
d'invention purement française, est
aujourd'hui en décadence dans notre
pays, ce qui livre, en fait, l'exploita-
tion de ce puissant facteur de l'opi-
nion publique à des sociétés étran-
gères, qui peuvent s'en servir pour
de dangereuses propagandes.
Que d'autre part, l'instruction gé-
nérale et technique en France est
très insuffisamment pourvue d'outil-
lage cinématographique alors que
dans la plupart des grandes nations
civilisées, le cinématographe est de-
venu l'auxiliaire régulier de tous les
ordres de l'enseignement public et
privé,
Emettent le vœu .
Que le Gouvernement, coordon-
nant diverses propositions en ins-
tance, soumettent, dans le plus bref
délai possible au Parlement, un pro-
jet d'ensemble tendant à relever le
niveau moral et artistique, ainsi
qu'à développer le rôle éducateur du
cinématographe en France, et cela
notamment :
En favorisant par des mesures fis-
cales et autres appropriées les pro-
ducteurs français de films ayant un
caractère scientifique, historique,
artistique et généralement éduca-
teur.
En compensant les sacrifices né-
cessaires de ce chef par une taxe
spéciale frappant à tout le moins les
films de fabrication étrangère.
Enfin, en prenant toutes mesures
utiles pour répandre dans les éta-
blissements d'enseignement l'usage
du cinématographe comme instru-
ment régulier d'éducation et de
documentation.
Présenté par M. de Dampière,
au Conseil général de Maine-
et-Loire et voté à l'unanimité.
Les points de chute
Il n'est pas de points de chute que
pour les obus : il y en a pour les
femmes, pour les financiers, pour
les hommes politiques, pour les
directeurs de théâtre , pour les
gens d'affaires... Ce sont les diffé-
rentes façons de tomber que nous
montre plaisamment Gabriel Tim-
morv, en ces dialogues d'une verve
mordante, où il excelle. Que de
dessous piquants de la vie pari-
sienne nous révèlent ces alertes co-
médies, pleines de malice et de
gaieté! Cet ouvrage qui contentera
aussi bien les délicats que le grand
public, obtiendra certainement le
plus vif succès. L'excellent artiste
Hautot a dessiné, pour Les points de
chute, une couverture finement spi-
rituelle.
Le projet Bokanowsky et la
petite et moyenne exploita-
tion
Un nombre important de petits et
moyens exploitants de Paris et de la
région parisienne réunis le (> juin au
Cinéma de la Presse, rue Montmar-
tre, pour l'examen du projet Boka-
nowsky, ont adopté à l'unanimité
après avoir entendu les observations
présentées par divers assistants, un
ordre du jour dont nous donnons ci-
dessous les extraits principaux :
Les représentants de la petite et
moyenne exploitation cinématogra-
phique protestent de la manière la
plus énergique contre la proposition
de loi émanant de M. le député Boka-
nowsky :
1° Ils la considèrent comme préju-
diciable aux intérêts et à la liberté
commerciale de la petite et moyenne
exploitation, ainsi qu'à ceux du Tré-
sor, sans apporter en échange au
film français l'appui qu'elle prétend
lui donner.
2° Ils protestent contre la décision
du Conseil d'administration du Syn-
dicat Français des Directeurs de Ci-
nématographe, qui accepte, insuffi-
samment amendé, le dit projet Boka-
nowski, contrairement à l'opinion
bien marquée de la majorité de la
dernière assemblée générale.
:>■ Ils décident de poursuivre pat-
tous les moyens en leurs pouvoirs,
l'avortement du projet Bokanowsky
et de lui substituer un projet tendant
à la modification de la loi du 26 juin
1920, établi sur des bases moins op-
pressives et plus équitables.
Pour le groupement et par ordre
G. Detay
33, rue Notre-Dame-de-Nazareth.
Chronique du ciné allemand
Le film allemand aime le grand
spectacle et les reconstitutions his-
toriques. Une des choses les plus re-
marquables est le Comte de Caalios-
tro, entièrement pris au palais de
Schonbrunn : on y voit des photo-
graphies du plus haut intérêt. La
principale protagoniste HildeWœrner
raconte dans un article, qu'elle a
joué son rôle dans le lit de Marie-
Thérèse, qu'elle s'est déplacée dans
les carrosses impériaux authen-
tiques. Toutes les curiosités de cette
belle histoire etde Schonbrunn même,
anciens uniformes, architecture, jar-
dins, fontaines, œuvres d'art et même
une soirée au théâtre du château
éternisent l'histoire d'une façon irré-
prochable. Dans ce domaine, le film
allemand a atteint une belle maîtrise.
Le Richard-Oswald-Film lance deux
nouveaux films d'aventures, atten-
dus avec impatience en Allemagne.
L'un s'appellera Lad y llamilton
l'autre le Problème de la mort, dont
le texte est écrit par Erwin Gepard.
Le Deulia-l'ilm vient de donner Le
Grand et le Petit Monde, film à
grand spectacle, où sont engagés de
premiers artistes de Rheinardt : Al-
fred Abel, llka Gruning. Max Mack
est un célèbre régisseur.
On apprend que Pola Negri, la
grande étoile allemande, très appré-
ciée en Amérique, vient d'être en-
gagée par une grande société polo-
naise.
L'événement le plus curieux des
derniers temps est le film Hamlet,
dont le principal rôle est tenu par
une femme, la grande Asta Xielsen,
la plus brillante étoile du Nord, da-
noise d'origine.
Ce film, très adroitement tiré d'une
forme primitive de la légende; par le
poète Erwin Gepard, a été réalisé au
Danemark même, aux endroits his-
toriques.
Ce film est déjà vendu en Amé-
rique, en Italie et dans tons les pays
neutres.
I. G
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Coquillon (Lui); Djam-DaxfLlle); Jacques Fer réol( L'Autre).
LE SOLEIL DE MINUIT, un acte de M. Jacques Deval.
Mines Germaine Fontanes (Simone) ; Suzanne Connel
(Mme Darne); La fetite Mad Lopes (La Petite Fille);
M. Harry Krumer (René).
TROIS TYPES, comédie en deux actes de M. Paul Giafféri.
MM. René Bussy(Gronin); Coquillon (Philipénette) ; Sa u lieu
(Lapreux) ; Roger Bernard (Le Sergent).
cinea
Envoyez nous un scénario ciné-
graphique. Des journaux comme
Le Film, Ciné pour tous, Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appris le décou-
page, le style et le mouvement
de ces ouvrages spéciaux.
Essayez de composer un thème
d'écran, drame ou comédie,
découpez-le et bornez vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Baroncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon 'Poirier,
T^ené Le Somptier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaville, Lio-
nel Landry, P. de la {Rorie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Ur ci lier, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au 1 er Août prochain.
Prix : Le meilleur scénaiio
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
connaître des maisons d'édi-
tions françaises
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de Beauté des Provinces de
France (publié par le Journal,
édité par Comcedia illustré).
Dans ce magnifique album
seront reproduits les portraits
de toutes les lauréates du
concours, dans leurscostumes
régionaux. Prix de souscrip-
tion : i5 francs. Ce prix sera
porté à 20 fr. dès l'apparition.
Adresser demandes et man-
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des acteurs de ciné dans
la vie privée, ou des
aperçus du travail ciné-
graphique en plein air,
en studio, etc., tout ce
qui se rapporte à l'écran
et pourra résumer en
quelque sorte les coulis-
ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
opérateurs français :
MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et
Lucas
Prix : Le premier prix
recevra deux cents francs
et sera reproduit sur la
couverture de Cinéa, il
y aura quatre seconds
prix de cinquante francs,
qui seront reproduits
dans Cinéa.
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Le tarant : A. Paty
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VAN DAELE dans "LE DESTIN ROUGE"
Ces deux grands films ont été édités par la Cie française des Films Jupiter
et sont exploités par la Société française des Films artistiques,
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MM sera clos le 1er Septembre prochain MM\
cinea
REPONSES
A QUELQUES LETTRES
Annie M. — Pour |ack Holt et Emory
Johnson adressez vos lettres : « Care of
Malx'l Condon Exchange ». 6035 Holly-
wood Boulevard, Los Angeles (Californie)
qui les fera parvenir rapidement à leurs
destinataires.
Admirateur W. Reid. — Tbe Man From
Funeral Range, sera édite en juillet par
les Etablissements Gaumont sous le titre
Le Revenant. Vous y reverrez Wallace
Reid, Ann Little et Lottie Pickford, la
jeune sœur de Mary.
Suzan. — Dustin Farnum est né le
27 mai 1874. — Mae Marsh naquit a Ma-
drid (New-Mexico) le o. novembre 189s.
Elle est mariée à Louis Lee Arms. — Billie
Rhodes, de son vrai nom Billie Lynn.
naquit à San Francisco le iç août 1897.
Veuve de Smilling Bill Parsons.
Calcutta. — Vous trouverez, à bon
compte, les photographies des vedettes
suédoises, américaines et françaises chez
|. Thiolat. 1, rue Darcel, en tous formats
et tous prix.
Rose Rouge. — M. André Nox est, en
effet, le petit neveu de Georges de Porto-
Riche. Andrée Marlv n'a pas fait de ciné-
ma. Décédée l'année dernière.
Teddy. — Charlie a tourné pour le
F.N.E.C. : A dog's life (Une vie de chien);
Sboulder Anus (Chariot soldat); Sunny-
side (Une idylle aux champs); A day's plea-
sure; ' aradise Allcy; Vànity Fair (ces
3 derniers ne sont pas édités en France. —
Gluant à Tbe KiA il reste la propriété de
Charlie et sera édité par les Big Four.
Sans Nom. — Fatty se nomme en réalité
Roscoë Arbuckle, il est ne le 4 mars 1887
à Smith Center (Kansas). Il est marié à
Miss Minta Durfee. — Picratt de son vrai
nom Al. Saint-John naquit à Santa-Anna
(Californie) en 1894. — Malec se nomme
réellement Buster Keaton.
Mater Dolorosa. — C'est exact Emmy
Lynn est Mme Henry Roussell, écrivez-lui
53, rue Cardinet (Paris 17''); André Nox.
25, rue Desbordes-Val more (16e); Van
Daéle. 14. rue Pestalozzi (c>e) : Signoret,
84, rue de Monceau: Eve Francis, a la
Parisia-Film, 10. rue de l'Elysée.
Bob Bright. — Marv Mac Laren, se
nomme en réalité M. Mac Donald, elle est
née le 19 juillet 1901. Tom Mix est marié
à Victoria Forde. Maurice Tourneur est
bien Français.
Doi.ly Pearly. — Les autres interprètes
de La Fille des Dieux, outre Annette Kel-
lerman. sont Mildred Keats Hugh Thomp-
son, Walter Lanwet... la mer. Scénariode
G. B. Howard. Réalisation |. Adolphi.
l'Œil-de-Chat.
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américaine que vous
pouvez voir dans
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du Vendredi 1er au Jeudi 7 Juillet
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Salle Marivaux. 15. boulevard des
Italiens. — Les actualités de la semaine —
Sous le joug de la morte, réédition. — Les
magasines de l'écran. — L'Histoire de
Marouf, tirée des Mille et une nuits. —
Attraction : The la bas duo, jongleurs.
Parisiana, 27, boulevard Poissonnière.
— La Récolte du liège en Algérie, documen-
taire. — Parisiana-Journal , actualités.
— Darwin avait raison, comique. —
Feu des Quatre fers, avec William Russell.
— Fatty bolchevik, comique. — En supplé-
ment de 7 h. 1/2 à 8 h. 1/2, excepté diman-
ches et fêtes : Esclave du Passé, drame
avec Louise Glaum.
Omnia-Pathé. 5, boulevard Mont-
martre. — Pathé- Journal, actualités. —
Quatre-vingt-treize, d'après l'œuvre de
Victor-Hugo, 2e partie. — Deux bons maris.
comique joué par Harry Pollard. — Supplé-
ment facultatif : La Pocharde, 5e épisode :
Une lueur dans les ténèbres.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Jourual. — Bigorno chi-
miste, comique. — A travers la France, par
Ardouin Dumazet, auteur du Voyage en
France : Antibes. — Loin du Cœur, comédie
dramatique avec William Hart. — Lajalou-
sie d'Hercule Bradfer, comique. — En sup-
plément facultatif : Le Roi de l'audace,
8e épisode : Une lutte de géants.
3= ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Pathé-Jourual. —
Le lièvre et la tortue, dessins animés. — '
L'Homme aux trois masques, 11e épisode :
Jean-Claude. — La Pocharde, ,e chapitre :
Une lueur dans les ténèbres. — Quatre-
vingt-treize, 2« époque (fin), drame. — Deux
bous maris, comique joué par Harry Pollard
et L'Afrique, comique.
Palais des Fêtes, 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée
Du Japon aux liés de Polynésie documentaire.
— Ames brisées, comédie dramatique
interprétée par la plus jeune étoile d'Amé-
rique Gladys Welton. — Sous le Joug de la
moi /.-.drame émouvant avec Clara Kimball
Young. — La pocharde, 4« chapitre : Claire
et Louise. — Pathe-journal.
Grande salle des fêtes du ier étage
Pathé- Journal. — Le Gardian, scènes dra-
matiques de Camargue interprétées par Joë
Hammann. — Concours de bébés, nombreux
prix en espèces. — Billy dieu d'amour,
comédie comique jouée par Billy West. —
Quatre-vingt-treize, réconstitution histori-
que adaptée et mise en scène parCapellani.
L'Homme aux trois Masques, 1 1« épisode :
Jean-Claude et Jeannine.
4= ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73, rue Saint-Antoine.
Constant i ne, plein air. — Saint-Paul-Jour-
nal.— L'Homme aux trois masques, 11e épi-
sode: Jean-Claude. — La lumière du monde,
comédie avec May Allison. — La Pocharde,
çe chapitre : Une lueur dans les ténèbres.
— Deux bons maris, comique joué par
Harry Pollard. — Quatre-vingt-treize,
drame, 2e époque (fin).
5e ARRONDISSEMENT
Mésange. 3, rued'Arras. — Pathé-Joumal.
Pathé-Revue, n° 26. — L'homme aux trois
masques, 10e épisode : Tragique méprise. —
La pocharde, y chapitre : Un crime dans les
ruines. — Quatre-vingt-treize, d'après
l'œuvre immortelle de Victor Hugo. Mise
en scène de Capellani. drame. \'« époque.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
La récolte du liège en Algérie, documen-
taire. — L'épingle rouge, nouvelle drama-
tique.— Gaumont-actnalités.— La Pocharde,
drame en 12 chapitres, y chapitre : Un
crime dans les ruines. — Attraction : René
de Buxeuil, chanteur. — Georges Carpentier
et Jack Dempsey à l'entraînement. — Quatre-
vingt-treize, drame. i'e époque.
6e ARRONDISSEMENT
Régina-Aubert-Palace, 1 s S • rue de
Rennes. — Aubert-Jourual. les actualités
du monde entier. — Eddie Polo dans Le roi
di l'audace, ciné-roman en ioépisodespublié
par La Presse. 7e épisode : L'écluse de la
mort. — Le Champion, comédie drama-
tique interprétée par Charles Ray. —
Pathé-Revue. — Qiiatre-vingt-trei{e , grand
drame. — Charlie Chaplin dans Chariot
el le mannequin, comique.
7e ARRONDISSE VIENT
Cinéma Sèvres, 80 bis, rue de Sèvres,
(angle du boulevard de Montparnasse,
boulevard des Invalides). Fleurus 28-09. —
Pathé-Joumal. — Marouf, histoire tirée des
Mille et une Nuits, interprétée par Jean
Signoret. — Quatre-vtngt-treize, grand
drame en 2 époques d'après l'œuvre de
Victor Hugo. — Pathé-Revue. — Attraction.
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
La Pocharde, 4e époque : Un Crime dans les
ruines. — Quatre-vingt-treize. — Sous le
joug de la morte, comédie — Pathé-Joumal.
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet.
Direction G. Moyse. — Chariot sabote le
circuit, comique. — Aventures estivales,
cine-bouffe. — L'Homme aux trois masques.
■■■■•■■■■■■■■■■■■•••■■■■■■■■•■■■■■■■■■■■■«■■■■■■■a
THÉÂTRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction .* Téléphone :
P.MALLEVILLE ELYSÉE 29-46
Programme du 1er au 7 Juillet
Joë, détective, comique.
L'Impérieux Souvenir, comédie
dramatique interprétée par
Clara Kimrall-Young.
Gaumont- Actualités.
Loin du Cœur, drame avec
William Hart.
'tf ■ ■■■■■■ •■■■t*M«IR«*«l
cinea
me épisode : Le complot infâme. - La
Belle dame sans merci, adaptation et mise
en scène de Mme Germaine Dulac.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Colisée. 3<S. avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
Elvsées 29-46. — Joe détective, comique. —
L'impérieux souvenir, comédie dramatique,
interprétée par Clara Kimball Young. —
Gaumont-actualitês.—Loin du Cœur, drame
avec William Hart.
9e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Rochechouart. 66, rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 66-19. Directeur :
M. A.Jallon. — Eclair- ournal. — L'homme
aux trois masques, 11e épisode : |ean-
Claude. — L'Héroïsme de Billy, comique.
— Intermède : Precac. comique èxcen-
tique. — Sur les sommets de Larcb Mountain.
plein air. — La Rafale, drame.
Delta-Palace-Cinéma. 17, boulevard
Rochechoùart. — Del/a-Joiii nal. — Le
Tourbillon. 11e épisode : Chute dans le
vide. — L'Ame de Pierre, drame en 4 par-
ties. - Un drame sous Napoléon, grand
film historique tiré du célèbre roman de sir
Arthur Conan Doyle. Adaptation et mise
en scène de Gérard Bourgeois. 2'' époque. —
Intermède : Liane d' A stier, diseuse à voix.
10^ ARRONDISSEMENT
Cinéma-Palace, 42, boulevard Bonne-
Nouvelle. — Le Sac de Rome. — Pathé-
Jourual. — Quand Dagobert vint à Paris
- L'Homtncaux trois masques, 1 Ie épisode:
Jean-Claude. — Les chansons filmées de
Lordier. — Attraction: M. Robe 11, chanteur.
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Tivoli-Journal. Une biscuiterie moderne, do-
cumentaire.— Ribadouille au dancing. c< »rn-i-
que. L'homme aux trois masques, 1 >e épisode:
Jean-Claude. — La Vieille, comédie senti-
mentale. — Qiid/rc-ving/-trci{c. 2° époque.
Crystal Palace-Cinéma, 9. rue de la
Fidélité, 96, faubourg Saint-Denis. —
Nord 67-59. — Lily Vertu, comédie senti-
mentale interprétée par Mme Huguette
Duflos, de la Comédie-Française. - - Les
Bas de soie, comédie interprétée par Cons-
tance Talmadge. — La chasse aux mille
lions, comique. — Excursion au Medoc. —
Palace-Journal, actualités de la semaine. —
Attraction : Camille Stépbani. dans son
répertoire.
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire- Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Aubert-Journal. — Eddie Polo
dans Le roi de l'audace, ciné-roman en
10 épisodes publié par La Presse, 8e épi-
sode : Une lutte de géants. — La jalousie
d'Hercule Bradfer, comique. — La Pochai de.
drameen 12 épisodes, 5e épisode: Une lueur
dans les ténèbres. — Qua/re-viugt-litiçe.
d'après l'œuvre de Victor-Hugo. — Ames
brisées, comédie dramatique interprétée
par Gladys Walton .
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumont-
Ac/nalités. — La t'ocharde, ^ chapitre :
Une lueur dans les ténèbres. — La Proie.
grande comédie dramatique. — Attraction :
Cornélius et Constance, danses excentriques.
— Zigoto garçon de théâtre, comique. —
Quatre-vingt-treize, drame, 2e époque.
i3 ARRONDISSEMENT
Gobelins. 66, bis Avenue des Gobelins.
— Pdtbé-loiu nal. — Palhc-Rcvuc //" 20.
documentaire. — L'homme aux trois mas-
ques. 10e épisode : Tragique méprise. —
La Pocbarde. 4e chapitre : Un crime dans
les ruines. — Quatre-vingt-treize, drame,
irr époque.
14e ARRONDISSEMENT
(jaité rue de la Gaîté. — Pathé-Jourual.
— Fathê-Revue n° 2(1. documentaire. —
L'Homme aux trois masques. 1 .'' épisode :
Jean-Claude. — La Pocbarde, V" chapitre :
Un crime dans les ruines. — Quatre-vingt-
treize, drame, ire époque.
Splendide Cinéma 3. rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. - Dans les
Vosges, plein air. — Lés actualités de
Spleiidide-Ciiiéma. — Face a face, aven-
tures. — Au Pars des loups, comédie d'aven-
tures avec Charles Ray. — Ealtv joue Dou-
glas, comjque. — Rose Messagère, grande
scène dramatique interprétée par Alice
Lake.
Ile champion ses Bushc^ =
• Tiré d 'une nouvelle de Earle Snell par l
■ R. Cecd Smith et réalisé par Jérôme Storm . I
: Production Ince Paramount 1919
■
! Edition Gaumont
Ben Harding ...
Mazie Palmer ...
Jim Blair
Deacon Nasbv..
... Charles Ray
...Colleen Moore
|ack Gilbert
..Otto Hoffmann
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122. rue du Théâtre. — Pathe-
Journal. — Palbe-Reviie 11" 26. documen-
taire.— L'homme aux trois masques, 1 Ie épi-
sode : Jean-Claude. — Là Pocbarde, 4e cha-
pitre : Un crime dans les ruines. —
Quatre-vingt-treize, drame. i'e époque.
Grand Cinéma Lecourbe, 115, rue Le-
coùrbe. Saxe 56-45. — Gàumont-actualitès.
— La Proie pour l'ombre, comédie gaie jouée
par Fred Stone. — Voleurs de femmes,
12e épisode : Châtiment. — Zigoto garçon
de théâtre, comique. — L'Enlèvement de
Sabine, comédie sentimentale. — Attrac-
tion : le merveilleux magicien humoriste
De Gev. présentant ses trucs sensationnels.
— Spectacle eu plein air.
Splendid-Cinéma-Palace, 60, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Pathe-Jouriial. — Palhc-Rcvuc.
— Cannes, plein air. — L'homme aux trois
masques. 11e épisode : fean-Claude et Jean-
nine. — Quatre-vingt-treize, drame. —
L'Epingle rouge, nouvelle dramatique. —
Les deux baiiibocbeurs. comique. — Inter-
mède : Les Telloi s. - Tous les jeudis a
2 h. 1/2: Matinée spéciale pour la jeunesse.
Vaugirard-Cinéma, rue de Vaugirard,
273, — Programme du rr au 3 juillet. —
La Récolte du liège en Algérie, documen-
taire.— Le Fils de son père, comédie humo-
ristique. — Attractions : Mlle Dorsav.
chanteuse a voix.Les tVortson s .vquïïïbrhtes
sur piédestal. — Marouf. conte tiré des
Mille et une nuits, avec Jean Signoret —
Pathé-Jourual. actualités. — Programme du
4 au 7 juillet.— Patbé-Joumal. actualités.
— Le lièvre et la tortue, dessins animés. —
Joe détective, comique. — La Pocbarde.
4e épisode: Un crime dans les ruines. —
Attractions : Lee Sam, l'amusant chanteur
danseur. Les Point, gladiateurs romains.
Quatre-vingt-treize, \Te époque.
16= ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma. 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi ier au lundi 4 juillet. — La pocbarde,
sc épisode : Une lueur dans les ténèbres.
— Rose de Grenade, drame de mœurs
espagnoles. — Quatre-vingt-treize. 2« et
dernière époque. — Pathé-Jourual. actuali-
tés. — Programme du mardi ; au jeudi
7 juillet. — L'Homme aux trois masques.
11e épisode: Jean-Claude. — Eclair-Jour-
ual. actualités. — Zigoto garçon de théâtre.
comique. — L'Oiseau s'envole, comédie
dramatique. — Les deux bambochent ±.
comique.
Mozart-Palace. 49. 51. rue d'Auteuil.
16e. — Programme du vendredi i& au
lundi 4 juillet. — L'homme aux trois mas-
ques, 11e épisode : Jean Claude. —
Eclair-Journal. — Zigoto garçon de théâtre.
comique. — L'Oiseau s'envole, comédie
dramatique. — Les deux hambocheiirs.
comique. — . Programme du mardi 5 au
jeudi 7 Juillet. — La l'ocbarde, y épisode :
>» Une lueur dans les ténèbres ». — Rose de
Grenade, .drame de mœurs espagnoles. —
Quatre-vingt-treize, 2e et dernière époque.
— Pathé-Jourual.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue
Malakoff. — Un drame au temps de Crom-
Well : Le Chevalier de la taverne, grand
roman de cape et d epée. — Le coup d'eu-
censoir, comédie-vaudeville avec Constance
Talmadge. — Charlie passe une nuit agitée.
dessins animés. — Flottage des bois an
Tyrol, documentaire. — Zigoto garçon de
théâtre, fou-rire.
Le Régent. 22, rue de Passy. — La Végè-
taline, documentaire.— A la dérive, comé-
die avec D. Dalton. — Le château maudit.
comédie dramatique. — Gaumont-actualites.
— Pulchcric et l'agent Bajul, comique.
17e ARRONDISSEMENT
Villiers-Cinéma. 21. rue Legendre. -
Direction : M. Hermua. — Bruges et \, s
monuments, plein air. — Eclair-Journal.
actualités. — Le Roi de l'audace. !Se épisode :
Une lutte de géants. — Pluie d'or.
comédie dramatique. — Les bas de soie.
vaudeville — Intermède : Régine Odry.
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
— L'air liquide, documentaire. —
Le Tourbillon, ue épisode : La chute
cinéa
GABY MORLAY
La délicate comédienne
parisienne si aimablement
photogénique dans Un
Ours et Le Chevalier de
Giibv va reparaître dans
L'Agonie des Aigles.
cinea
dans le vide. — Paibé-Journal, actualités.
— Une enfant terrible, comédie. — Fleur
êes neiges, drame.
Cinéma Demours. 7, rue Demours,
Directeur : M. F. Destannes. — Wag. 77-66.
— Du Japon aux îles de Polynésie, voyage.
— L'Homme aux trois masques, 1 ie épisode :
« |ean Claude ». — Le Uevre et la tortue,
dessins animés. — Eclair-Journal, actua-
lités. — Marouf. conte arabe tiré des
« Mille et une nuits ».
Royal Wagram, avenue Wagram. —
Le singe Joe Martin dans Joe détective.
comédie comique. — William Hart dans
Loin du cœur, comédie dramatique. —
Gladys. Walton. la plus jeune « star »
d'Amérique, dans Ames brisées, comédie
dramatique. — Pathe- ournal. — La l'o-
chards, 5e chapitre : « Une lueur dans les
ténèbres ».
Le Select. 8, avenue de Clichy. —
Voleurs de femmes, 12e et dernier épisode :
« Châtiment ». — Course de taureaux, film
documentaire. — Sons le joug de la morte.
comédie dramatique. — Billy dieu d'amour.
comédie comique. — Gaumont-Aclualites.
— La lumière du monde, comédie. — Le
singe joë Martin dans Joe détective, comé-
die comique.
LutetJa-Wagram. avenue Wagram. —
Billv West dans Billy dieu d'amour.
comédie comique. — Quatre-vingt-treize,
d'après l'œuvre de Victor-Hugo, deuxième
époque. — Irène Castle dans Le Diamant
de la couronne, grand film d'aventures
policières. — Gaumont-actualitès. — Voleurs
de femmes, 12= épisode : « Châtiment ».
Batignolles-Clnéma, 59, rue de la Con-
damine. — Programme du i«r au juillet.
— Le lièvre et la tortue, dessins animés. —
La Pocharde, se épisode : « Une lueur
dans les ténèbres ». — Joë détective, comi-
que. — Omit re-vi ngt-t rei ze . 2e époque. —
Patbé-Jonrnal. — Ribadouille il la berlue.
comique. — Programme du 4 au 7 juillet.
— La récolte du liège en Algérie, documen-
taire.— Le fis de son père, comédie humo-
ristique. — Attraction : Les Woortsons.
équilibristes sur piédestal.— Jean Signoret
dans Marouf. conte tiré des » Mille et une
Nuits». — Pathè-Journal .
Cinéma Legendre. 128, rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Lcgcndrc-Aclua-
lités. — L'homme aux trois masques. 1 Ie épi-
sode : « Jean Claude ». — Madge et son
bandit, comédie en 4 actes. — Fattv shé-
rif comique. — L'Indomptable, drame en
2 parties interprète par Frank Mavo. -
Intermède ; Raviva, son comique et son
groom, skeetch acrobatique til de fer.
18° ARRONDISSEMENT
Barbés -Palace, 34, boulevard Barbes,
Direction : L. Garnier. — Nord 35-68. —
Quatre-vingt-treize, suite et fin. — La
lumière du monde, comédie gaie avec Marv
Allison. — Quel voyage de noces, comédie
burlesque. — L'homme aux trois masques,
1 Ie épisode : « Jean Claude ». — Attraction :
Les Prady's. duettistes à voix.
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43.
— Maurice Robert, directeur. — A travers
l'étroit Schuru. — Tsoin-Tsoin en Cbim .
dessins animés. — Les Actualités de la
semaine. — Biscot dans Zidore ou les mé-
tamorphoses.— Le Mentor, comédie d'aven-
tures. — L'Homme aux trois masques.
11e épisode : Jean Claude. — Intermèdes :
Celmas. fantaisiste : Marthe Tremont dans
son répertoire.
Montcalm-Cinéma, 134, rue Ordener. —
Actualités Gaumont.— Une étoile, comique*
- Le Vengeur, avec H. B Walthall. — La
Pocharde. 5e chapitre. — Voleurs de fem-
mes. 1 1'' épisode. — Sur scène : l'cnséa, de
l'Européen.
| QUATRE-VINGT-TREIZE
; Tiré du Tloman de Victor Hugo et réalisé
; par Albert Capellani et André Antoine.
Production S.C.A.G.L. 1914
: Edition Pathé
: Marquis de Lantenac. Philippe Garnier j
! Cimourdain Henri Krauss :
■ ■
! Gauvain Paul Capellani j
! Sergent Radoub Dorival !
ï L Imanus Charlier i
m m
! La Flécharde ... Mme Barbier-Krauss !
■ ■
Marcadet-Cinéma-Palace, 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — La Vieille, comédie senti-
mentale. — Quatre-vingt-treize, deuxième
et dernière partie. — La Pocharde, ,e épi-
sode : « Une lueur dans les ténèbres ». —
Attraction : Strit, dans ses chansons et
imitations.
Gaumont-Palace, 1. rue Caulaincourt.
— Un grand film d'art suédois : La petite
fée de Solbakken. — Force èi la Loi, dernier
chapitre de Quatre-vingt-treize . — Joë dé-
tective, par le Singe Joë Martin. — Actua-
lités mondiales, attractions inédites, etc.
Palais-Rochechouart. 76, boulevard Ro-
chechouart. — A travers la France, par Ar-
douin Dumazet.auteurdu Voyageai France :
Cannes. — Le roi de l'audace, ciné-roman
en 10 épisodes publié par La Presse. 8e épi-
sode : « Une lutte de géants ». — Henri
Krauss et Capellani dans Quatre-vingt-
treize, d'après l'œuvre de Victor-Hugo.
deuxième et dernière partie. Aubert-
Journal, les actualités du monde entier. —
— La Pocharde, grande série française
en 12 épisodes, d'après le célèbre roman de
|ules Marv. 5e épisode : « Une lueur dans
les ténèbres ». — Gladys Walton dans
Ames brisées, comédie dramatique.
io<* ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7, Avenue Secrétan, Pathe-
/oitrual. — Le lièvre et la tortue, d'après la
fable de La Fontaine, dessins animés.
L'Homme aux trois masques, 11e épisode :
Jean Claude. — La Pocharde, 5e chapi-
tre : Une lueur dans les ténèbres. —
Quatre-vingt-treize, drame, 2e époque, fin.
— Deux bons maris, comique, joué par
Harrv Pollard et lAfrique.
Alhambra-Cinéma 22, boulevard de la
Villette. — Directeur-propriétaire, M. Vic-
tor Deunier. — L'Homme aux trois masques.
a* épisode. — Concours du plus beau bébé
de France. — La Pocharde, 4e épisode. —
Actualites-l'atbe.— Lilv Vertu, drame.—
Les chansons filmées de G. Lordier.
20e ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — Bigorno chimiste, comique. —
La maison en ruines, comédie dramatique.
- Eddie Polo dans Le roi de l'audace, ciné-
roman en 10 épisodes, 8e épisode : Une
lutte de géants. — Mme Huguette
Duflos dans Lilv Vertu, comédie drama-
tique
Féeriqu. -Cinéma, 146. rue de Belle-
ville. — Pathe-Joumal. — Alice Lake dans
Rose messagère, scène dramatique. —
Attraction : Miss Athea. contorsionniste. —
Mme Huguette Duflos dans Lilv Vertu.
comédie dramatique. — La Pocharde.
S** épisode : Une lueur dans les ténèbres.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualitès. — Le
Champion, comédie en 4 parties avec
Charles Ray. — La pocharde, y chapitre .:
Une lueur dans les ténèbres. — Attrac-
tion : Monray. chanteur troupier. —
Quatre vingt-treize, d'après l'œuvre de
Victor-Hugo. 2<* époque.
BANLIEUE
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — Un drame
sous Napoléon. 2e et dernière époque. —
La pocharde, 3e chapitre : La mère aux
sept douleurs. — L'homme aux trois mas-
ques, 10e épisode : Tragique méprise.
— Attraction : Les Poliardis, patineurs.
Fontenay-Cinéma. 8, rue Boucicaut.
(Fontenav-aux-Roses). — Programme du
2 et 3 Juillet — Le vieux Basiia. pano-
rama. — Le roman d'un jeune homme pau-
vre. d'Octave Feuillet, interprété par Pina
Menichelli. — Les Deux Gamines. 12= épi-
sode. — Visages noirs, comique.
Montrouge. — Les grandes villes du
Congo Belge, plein air. — Montrouge-actua-
lités. faits divers mondiaux. — Mystérieuse
tragédie, drame. — L'homme aux trois
masques. 11e épisode : Jean Claude. —
La nuit du 1 ;. drame joue par Yvette
André) or, André Dubosc, Jean Toulout.
Mise en scène de Fescourt. — Les deux
bamboebeurs, comique.
Bagnolet. — Pathe-Joumal. — Le lièvre
et la tortue, d'après la fable de La Fontaine,
dessins animés. — L'homme aux trois mas-
ques. 11e épisode : Jean Claude. — La
pocharde. 5e chapitre : Une lueur dans
les ténèbres. — Quatre-vingt-treize .
drame. 2e époque, fin. — Deux bons mans.
comique, interprète par Harrv Pollard et
l'Afrique.
cinea
MM LES FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Loin du cœur
Eternel poème des retours! Retour
des vainqueurs de Troie, d'Agamem-
non qui reçoit la mort à son foyer,
d'Odysséus qui la donne. Retour gro-
tesque des guerriers d'Aristophane.
Retour du marin oublié, d'Enoch
Arden qui s'en va sans rien dire, de
xMilitis — vous verrez Van Daële dans
la Fièvre qui tue. Retour du soldat,
sujet que n'ont épuisé ni MM. de Fiers
et Francis de Croisset, ni M. Jean-
Jacques Bernard (et à ce propos no-
tez combien le rond de serviette, par
lequel se noue l'action du Feu qui se
rallume mal, est un moyen cinèma-
tique, un premier plan d'écran).
La donnée qu'interprète William
Hart est celle du forçat qui revient,
trouve son foyer dévasté. La psycho-
logie n'en est point minutieusement
analysée; il s'agit d'êtres simples,
que l'auteur n'a pas la prétention de
connaître mieux qu'ils ne se connais-
sent eux-mêmes, et dont les senti-
ments ne se révèlent que par le geste.
Or, le geste de William Hart est
toujours très beau. Quand on ne le
voit pas, on est tenté de l'assimiler à
ces admirables instrumentistes qui,
de parti pris, ne veulent que jouer
parfaitement cinq ou six morceaux
toujours les mêmes; quand on le voit,
on ne voit que lui et on applaudit
sans réserve.
Son Cornac
Dans la catégorie des bons filma
américains de valeur moyenne, celui-
ci est un des plus amusants que l'on
ait vus depuis longtemps. Le cadre
en est original, la donnée sentimen-
tale est assez délicatement traitée,
les éléphants sont éminemment sym-
pathiques; Miss Shirley Nason est
excellente; elle est d'ailleurs, si je ne
me trompe, la sœur de Viola Dana
î (à moins que cela n'ait changé, les
liens de famille étant si sujet à varia-
tion en Amérique). L'artiste qui joue
le clown amoureux et perfide est très
bon ; il meurt admirablement, et son
expression pendant qu'il cherche à
, rassurer la foule tout en suivant de
l'œil la poutre qui va tomber sur lui,
reste dans la mémoire.
C'est un lien commun classique
que l'art doit chercher à peindre
l'impression que les choses font sur
l'homme plutôt que les choses elles-
mêmes. Dans ce cas, l'écroulement
du cirque sous la tempête ne prend
sa valeur, ne nous émeut pleinement
que par le regard d'effroi que jette
celui qui va en être la victime. On
verra bientôt, dans Fièvre, la terreur
de la lutte concentrée, condensée
LOUIS FOREST
plaidant la cause du Cinéma français devant
les parlementaires a la Salle Marivaux.
dans le geste apeuré d'un animal qui
en est témoin. Devons-nous conclure
de là à une infériorité du cinéma par
rapport au théâtre, de l'expression
visuelle par rapport à l'expression
psychologique ? Nullement. D'abord,
même au point de vue purement
psychologique, l'écran peut mettre
en valeur, beaucoup mieux que la
scène, un jeu de physionomie. Puis
on peut retourner la thèse et dire
que l'émotion humaine ne nous saisit
que lorsque nous en avons vu et
compris le motif: or, allez montrer
au théâtre une éruption volcanique,
l'embrasement du Walhalla, ou sim-
plement l'effondrement d'un cirque!
Le diamant de la Couronne.
Vous souvenez-vous, dans C<eur
d'Héroïne, de ce corps charmant qui
émergeait tout ruisselant de la mer?
Dans un homme, une femme, de la
poursuite à travers la forêt, des vête-
ments si pittoresquement déchirés
qu'on voyait à regret remplacer par
le comique pantalon de cuir? Il ne
faut plus chercher cela dans les nou-
veaux films d'Irène Castle; elle a
épousé un citoyen proéminent d'Il-
haca (N.-Y.) et elle ne tourne plus
que des sujets respectables. Celui-ci
vient d'ailleurs en retard, après les
innombrables diamants volés et re-
pris la semaine dernière.
Suzy Flocon de neige
Le mot leg en anglais n'est guère
poétique; celui de shanh encore
moins, non plus celui de jambe en
français; et pourtant il n'en existe
pas d'autres pour désigner ce com-
posé de chair, de muscles, d'os et de
nerfs qui sert à Anna Pennington
pour marcher quelquefois, pour dan-
ser souvent, et plus encore pour
exprimer ses sentiments de la ma-
nière la plus vive, la plus mutine, la
plus spirituelle.
Nous n'aurions point le temps — il
y faudrait des volumes, et combien
illustrés — d'instituer une comparai-
son entre les jambes les plus célèbres
d'outre-Atlantique. Celles de Mac
Murray auraient plutôt un caractère
plastique; celles d'Irène Castle — of
yorel — personnifieraient la danse,
celles de Nazimova la tragédie, celles
d'Annie Pennington la comédie. Au
surplus, allez les voir...
Sous le joug de la Morte
On essaie de placer, cet été, beau-
coup de films de Clara Kimball Young.
Peut-être les hommes du métier fe-
raient-ils une meilleure affaire en en
achetant un bon, qu'ils placeraient,
plutôt que dix ordinaires qui restent
pour compte.
8
cinea
L'Amour et la Haine
Si belle et émouvante que «oit Pau-
line Frederick, elle imprime à tous
les films où elle joue une impercep-
tible nuance de banalité (ou plu.s
exactement elle n'arrive pa.s à dé-
truire le» flots de banalité qu'y ont
déversés auteurs et metteur» en scène)
mais on ne regrette jamais de la voir.
Le Mystère des Ruines
Un amusant prétexte pour nous
montrer de belles ruines antiques
qui ne font point partiede l'action,
mais qui lui fournissent un cadre
agréable.
Le navire abandonné
Aucune mer n'a englouti plus de
vaisseaux que la Méditerranée, et ses
courtes lames sont responsables de
beaucoup plus de nausées que la lon-
gue houle océane ou les « queues de
typhon » dont se distraient les re-
tours de Chine. Et les ports latins
ont vu naître de glorieux pilotes,
semblables au vieux Lucio Polo que
chanta d'Annunzio...
Pourtant rien n'égalera jamais le
prestige redoutable de l'Atlantique
Nord, avec ses tempêtes furieuses
qui viennent se briser contre les fa-
laises désolées de l'Irlande, de l'Ecosse
et de la Norvège, avec ses abîmes,
ses courants et ses icebergs, et tou-
jours seront rois parmi les marins
les hommes qui ont labouré cette
mer, les vikings de jadis et leurs des-
cendants.
Félicitons donc la Nordisk d'avoir
délaissé les absurdes Martiniques et
les Indes improbables, et de nous
avoir montré, sur l'Atlantique — tout
au moins sur la Mer du Nord — un
vrai bateau qui Hotte, avec ses mâts,
son gréement, ses voiles, et des ma-
rins aux cheveux filasse, aux yeux
bleus, aux noms en en.
•
Louisiana
Une de ces jolies comédies où les
auteurs américains se plaisent à mar-
quer le contraste entre la vie des
champs et la vie mondaine, la pre-
mière affirmant naturellement sa
supériorité. Et ce n'est pas le moindre
triomphe de Vivian Martin, qu'après
avoir assisté avec plaisir à l'épanouis-
sement du joli papillon, on n'est pas
moins satisfait de le voir redevenir
chrysalide.
L'héritage du père Bussard
De cet héritage, le principal élément
d'actif — sinon le seul — est la jolie
Marion Daviès
La Vieille
... Et quand on a vu ces actrices,
si belles, si belles, si jolies, si jolies,
on eht tout heureux de se trouver
devant un drame sobre de la vie fa-
milière, offrant cette minutie de dé-
tails qui fait un des charmes de
Dickens et joué, ô bonheur! par une
femme âgée et pleine de talent.
Le Mois de Juillet
à Wiesbaden
OPÉRA COMIQUE. — Au Orand
Théâtre, vendredi i : Werther.
GRANDE FÊTE DE L'ART DU
VÊTEMENT. - Paulinenschloss. —
Samedi 2 : Fête de l'Eté.
CORTOT. — Au Petit Kurhaus.
dimanche 3.
VIEUX COLOMBIER AU RÉSI-
DENZ-THÉA.TRE. - Lundi 4 et ven-
dredi 8 : La Nuit des Rois. Mardi s
et samedi o : Le Carosse du St-Sacre-
ment ; Le Paquebot Tenacity. Mer-
credi o et dimanche 10: La Folle
Journée ; La Coupe Enchantée ; La
Jalousie de Barbouillé. Jeudi 7 et
lundi 1 1 : Les Fourberies de Scapin :
La Surprise de l'Amour.
Sté MODERNE D'INSTRUMENTS
A VENT. — Au Petit Kurhaus. mer-
credi 13.
Sté DES CONCERTS D'AUTRE-
FOIS. — Au Petit Kurhaus. mer. 13.
OPÉRA. — Au Grand Théâtre,
jeudi 14 : Ballets, vendredi is :
Samson et Dalila. samedi 10 : Ballets.
GÉMIER. -- Au Residenz-Théàtre.
mercredi 28 : Monsieur Codomat,
vendredi 2i : La Rabouilleuse.
OUATUOR POULET. — Au Petit
Kurhaus. samedi 23. dimanche 24.
lundi 2s : Quatuor Poulet et Yves Nat.
Mme MARIE ANGE HENRY. Mme
LÉON et M. CROIZAT. — Au Petit
Kurhaus. jeudi 28 et vendredi 29.
EXPOSITION D'ART FRANÇAIS.
— Au Château de Biebrich.
TOURNOIS DE TENNIS. — Du s
au 12 juillet.
Ceci n'est pas de la publicité
Ave Maria
... Même pas Diana Karenne, qui
pourtant est bien belle lorsque, déeue
dans son amour pour M. Albert Tho-
mas (à moins que ce ne soit M. Rap-
poport, sans barbe, on les distingue
mal), elle se jette dans les bras de la
religion : d'où le titre.
Ame sauvage
Peut-être inspiré du Secret, ce
drame nous émouvrait davantage
s'il était débarrassé de certaines atti-
tudes conventionnelles .. Mais ceci
est un avis tout personnel, et ces atti-
tudes-là, nul ne les prend mieux que
Francesca Bertini.
Paternité
Comme son titre l'indique, ce film
tourne, si l'on peut dire, autour d'un
enfant dont le rôle est joué par la
petite Madge Evans. Naguère les
enfants et les animaux figuraient
dans les films avec autant de naturel
et de simplicité que les vagues, les
arbres, la neige et les cascades. Main-
tenant ils jouent. Le tour des arbres
viendra. Et ceci n'empêche pas le
film d'être bon, et même émouvant.
Pourtant, ne trouvez-vous pas qu'on
abuse des opérations chirurgicales?
Après l'abandon
Où l'on apprend que lorsqu'une
jeune fille américaine veut avoir un
enfant, elle épargne cette honte à sa
pudique patrie, et vient à Paris, cette
ville immorale. Pourtant ce n'est pas
à Paris qu'un éditeur demanderait à
une femme de lettres, désireuse de
placer sa prose, le sacrifice de sa
vertu. Inutile de dire qu'Emily Ste-
vens lui résiste. Elle joue, d'ailleurs,
bien, fait preuve d'expression juste
et sobre, et elle est certainement trop
intelligente pour être complètement
mécontente de cet éloge, nous repose
des prix de beauté.
Tout s'arrange
Rassurez-vous, ce n'était pas très
dérangé. Et d'ailleurs, avec Haie
Hamilton...
Un homme en loterie.
Amusante fantaisie bien jouée par
Aven Moore.
L. L.
cmea
■
N
O
T
E
S
La vie de Charlie Chaplin est an
film gai. Autrefois on appelait les
films-farces des« courses-poursuites».
Il fallait que ces productions fussent
très courtes, mais plus bourrées de
faits et d'actes que le plus riche feuil-
leton romanesque.
La vie de Chaplin est courte et
abondante comme trente-six mélo-
drames bien construits. Elle comporte
beaucoup d'amertume.
Dans la banlieue de Londres, na-
quit, au printemps 1889, Charles Spen-
cer Chaplin, fils d'un chanteur et
d'une danseuse. Le père mourut. La
mère dansait. Il y eut de la maladie,
de la misère et des jours de faim dans
cette paradoxale famille semblable
à beaucoup de familles de Witecha-
pel, de Lime-house — et de Charles
Dickens en particulier.
La danseuse avait, dit-on, un beau
talent de mime. C'est pourquoi elle
était obligée de gagner sa vie comme
couturière en chambre, et c'est pour-
quoi elle enseignait, à Charlie et à
son aîné Sydney, l'art nourricier de
la couture à l'âge de six ou sept ans.
Il est probable qu'elle leur enseigna
aussi, par ses confidences, ou par son
exemple, ce qu'elle savait de la science
du silence.
Les gosses tâtèrent bientôt de la
scène. Charlie n'avait pas dix ans
qu'il s'essayait au music-hall comme
« boy ». Un de ses meilleurs films,
Sunngside, le montre dansant et vol-
tant avec une grâce exquise de, di-
sons-le, « excentric girl ». Ses débuts
dans la troupe des Lancashire Lads
consistaient en gigues naïves armées
de sabots. On a la chance avec soi ou
on ne l'a pas. Et que pensez-vous du
début pénible d'un boy de huit ans
qui doit compliquer d'une paire de
sabots son labeur difficile ? Mais les
plus petits commencent par le sport
aux collèges d'Eton, Oxford, Cam-
bridge et ailleurs.
Charlie connut un jour les rôles de
.grande envergure. On lui confia, par
un de ces hasards qui servent à éta-
blir la réputation de flair d'un direc-
teur de théâtre, le personnage de
Billy, le groom de Sherlock Holmes,
vous savez, le gamin mystérieux et
fùté qui comprend si bien les talents
de son maître et qui l'aime avec une
sentimentalité critique du meilleur
goût.
Le meilleur de son métier — et de
soi-même — Charlie l'apprit, toujours
à Londres, dans la fameuse et quasi
classique troupe de pantomine de
Karno. Toutes les traditions de la
comédie humoristique sont conser-
vées chez Karno. Acrobatie, parodie,
rire funèbre, mélancolie désopilante,
sketches, danses, jongleries, tout cela
uni et fondu sur un thème sobre,
c'est la source de ce comique anglais,
actuellement sans rival. Le réper-
toire en est aussi limité que ceux de
la tragédie. Les poètes dramatiques
brodent sur Agamemnon.sur Electre,
sur Phèdre et leurs cousins depuis
trois mille ans. La pantomine anglaise
— et la troupe Karno surtout — bro-
dait et brode perpétuellement sur des
thèmes d'imagerie, comme le Voleur
d'une bicyclette, le Joueur de billard,
la Rentrée de l'Ivrogne, la Leçon de
boxe, l'Envers du Music-Hall, l'En-
vers d'un drame romantique, sans
oublier le Gentleman êméché qui es-
calade les réverbères, le Pianiste, le
Chanteur qui prépare sa chanson
et qui ne chante jamais, le Prestidi-
gitateur maladroit, etc, etc.. Ces
contes farces ne sont pas drôles,
comme on le croit ingénument, rien
que par le flegme des interprètes, ou
par les gifles, les coups de pied au
derrière et les tartes à la crème. Il y
a sur toute la terre des clowns qui en
font autant. Voir les cirques espa-
gnols et italiens. La farce anglaise a
d'abord un rythme incroyable et
surtout elle s'impose par la synthèse.
Tout est dosé, ramassé, concentré.
Tout frappe avec une sûreté de poing
derrière lequel il y a un boxeur de
0
cinea
grand .style. Tout éclate comme un
coup de canon inattendu. Vous ave/,
parfois une impression de désordre?
Vous avez la même impression devant
une multiplication OÙ sont beaucoup
de ch if l're s. Aucune des bavures du
guignol lyonnais. Pas de ce « tapons-
nous-sur-le-ventre » qui est l'atmos-
phère du cale-concert français. Rien
de la ligne nette et tendre des ara-
besques latines ou des fioritures dont
la pantomine méditerranéenne ne se
débarrassa pas avec Deburau.Roulfe,
Thaïes, Séverin. La comédie mimée
des Anglais est une rude synthèse. On
ne lui résiste pas.
Une personnalité aussi marquée
cpie celle de Chaplin — et compliquée
d'atavismes français et espagnol
ne pouvait rencontrer meilleur
terrain d'apprentissage. Il avait dix-
sept ans quand il entra chez Karno.
Il accepta des rôles modestes. Il tra-
vailla durement. Il suivit la troupe
en Amérique, revint à Londres avec
elle, l'accompagna de nouveau à
New-York', regagna l'Angleterre, et
pendant quatre ou cinq ans mania
ce répertoire précis et suggestif. 11
devait s'en souvenir plus tard au ci-
néma. Par exemple, le film: Chariot
au music-hall rappelle absolument
la pantomine : Une Soirée dans un
music-hall anglais où il avait eu du
succès. Et son fameux monologue ci-
négraphique Chariot rentre tard
(One A. M.) est la réplique d'une co-
médie mimée sur le même thème où
Fred Karno tenait, je crois, le per-
sonnage du gentleman pochard.et où
les meubles, tapis, accessoires.étaient
« interprétés » par des acteurs: ainsi
la peau d'ours, dont l'importance
bouffe est si grande, étaient « inter-
prétés » deux ans avant Chaplin, par
Max Dearly qui entraînait chez Karno
ses qualités de fantaisiste.
Grâce à Chaplin, la comédie anglaise
i-onquit le cinéma américain. Les
films bouffes américains consistaient
— il y en a encore beaucoup de ce
genre — en coups et trépidations
d'une grossièreté extrême, mais dé-
clanchaient le rire cependant.
Quand la Keystone C" engagea ,1e
jeune mime anglais, il y a sept ou
huit ans au plus, son début consterna
la direction. Il n'avait pu se plier
exactement aux mœurs 'scéniques de
la maison. Déjà attaché à l'expres-
sion, il avait appris chez Fred Karno
que la plus joyeuscépilepsie du corps
est vaine sans les mouvements — ou
les défauts de mouvements — du
masque.
La défroque qu'il s'était composée
parut banale. Ses camarades recher-
chaient soigneusement des excentri-
cités de costume, de perruque, de ma-
quillage. Chaplin s'en tint à une tenue
déjà vue, un peu simplifiée, stylisée
en somme et exprima. Après lui avoir
proposé de lui résilier son contrat,
les directeurs de la Keystone C« com-
prirent que Chaplin n'était pas une
marionnette ordinaire, mais un comé-
dien, un interprète, un artiste. Ils le
comprirent .si bien qu'ils s'évertuè-
rent à transformer en « artiste » les
pitres agités de leur compagnie et à
parer ces partenaires de Chaplin
d'une grâce parodique toute sem-
blable.
De là cette évolution heureuse du
film comique américain. La Keystone
y gagna une fortune. Les camarades
de Chaplin y gagnèrent la conscience
de leur personnalité : nous les avons
retrouvés depuis lors sous un jour
nouveau. Ruscoë Arbuckle (Fatty)
est devenu le prestigieux meneur de
jeu de bandes irrésistiblement alam-
biquées ; Mabel, ex-petite poule insi-
gnifiante, est la Mabel Normand de
Miekey et de Jean of Plattsburg ;
Mack Swain (Ambroise) a élargi sa
gaieté trop directe dans les films ré-
cents de Chaplin.
Quand au metteur en scène qui
avait reçue Charlie aux studios de
Los Angeles, c'est Mack Sennett. Fa-
cile à contenter jadis comme le pre-
mier régisseur venu, c'est aujour-
d'hui un vrai compositeur de films.
Miekey a établi son talent et aussi les
folles comédies à baigneuses dont le
rythme nous fait songera Offenbaeh
et quelquefois à Stravinsky. De plus.
il a, consciemment ou non, donné des
indications remarquables pour ce
chapitre ds la photogénie qui sera
considérable un jour : le nu au ci-
néma.
En 1915, les petits films insensés de
la Keystone étaient célèbres de par
Charlie Chaplin. Cette production se
répandit sur toute la terre. Elle entra
même en France bien que certains
pensaient : Ce n'est pas drôle. Par-
lez-moi de Rigadin... î Quelques
mois avaient fait de Chaplin,
sous le pseudonyme de Charlie, Car-
litto ou Chariot, ce qu'il est encore :
l'homme le plus célèbre du monde.
Jusqu'à nouvel ordre, il éclipse en
renommée Jeanne-d'Arc, Louis XIV
et Clemenceau. Je ne vois que Jésus
et Napoléon qui puissent rivaliser
en notoriété. Sans doute cette gloire
est-elle provisoire. 'N'est-il pas étrange
qu'elle se soit créée si vite et si fort?
Les propositions dorées abondent.
Chaplin traite avec la Essanay C" et
débute dans ses studios de Chicago
avec Chariot apprenti (Charlie at
work) aux appointements de 6250 par
semaine. De là il retourne, toujours
pour Essanay C°, à San Francisco,
où il tourne Chariot fait la noce
(Charlie' s night ont), Chariot boxeur
(Champion Charlie), Chariot cam-
brioleur (Police), etc. Tout le monde
a vu cette délicieuse série d'Essanay
où Chaplin a pu donner des notes
aussi diverses que Chariot vagabond
(Charlie the tramp) ou Mam'zcllc
Chariot (Charlie the perfect ladu),
et surtout Chariot marin (Shan-
gaïed). Chariot veut se marier
(Charlic's elopement), Chariot au
music-hall (Charlie at the show).
Il y adopte un partenaire supérieu-
rement photogénique : Edna Pur-
viance, qui fut depuis sa parte-
naire dans tous les films. La jolie
blonde, d'abord une camarade, fut
ensuite la plus intéressante expé-
rience de Chaplin qui façonna ce
masque, lui donna de la force et dll
style et n'en rompit jamais le charme
naturel.
On voit aussi auprès d'eux Ben fur-
pin, l'agité, bon acrobate qui se trans-
forme en bon comédien.
Entre temps, Chaplin essayait de
réaliser un film dramatique. C'est
tout naturel. Il y a en lui cette sorte
de grâce française, méridionale même,
cinea
II
qui l'approche du drame sentimental.
Il est cousin de d'Artagnan.
La tragédie cinégraphique ne sem-
ble pas avoir de parenté avec Alexan-
dre Dumas père cependant. Mais nous
ne la verrons sans doute jamais, car
après plusieurs semaines de travail
il dût s'interrompre, forcé par con-
trat avec Essanay d'achever sa série
comique.
Cela vaut mieux ainsi. Il n'était
pas mûr pour s'abandonner aux
larmes. Dans les films qu'il composa
ensuite, il mêle à la farce de brèves
minutes d'émotion qui valent tout un
drame. Dans sa Citrmen, il termine
la parodie par une expression angois-
sante et désespérée que nous n'avons
malheureusement jamais vue aux
interprètes de Don José.
Quand l'engagement de l'Essanay
prit fin, Chaplin, en plein triomphe,
s'amusa quelques semaines à se lais-
ser fêter, écouta les éloges intéressés
et brusquement signa avec la Mutual
Film Corporation le contrat sensa-
tonnel qui lui valut la réputation
d'un homme gagnant un million
par an.
A vrai dire, le contrat n'envisageait
qu'un an et dépassait à peine le demi-
million, moyennant quoi Chaplin de-
vait fournir douze films. Si peu qu'on
soit informé des nécessités du cinéma
et des goûts minutieux de Chaplin,
on conviendra que la livraison de
douze bon films en douze mois est un
paradoxe. Chaplin y parvint presque
et ne se consacra guère plus d'un an
à la réalisation de cette suite éblouis-
sante — satirique, attendrie, cin-
glante, ardente — où l'on doit tout
citer et retenir et admirer.
Chariot chef de rayon (The /loor-
walker), Chariot pompier (The fire-
man). Chariot musicien (The vaga-
hond), Chariot rentre tard (One
'A. M.), Chariot chez l'usurier (The
pawnshop). Chariot fait du ciné
(Behind the screen), Chariot patine
(The rinli). Chariot ne s'en fait pas
(Easy street). Chariot fait une cure
(The cure), Chariot voyage (The im-
migrant). Chariot s'évade (The ad-
venturer), tel est le tableau. La diffé-
rence qu'il y a entre le titre anglais
et la traduction française peut sur-
prendre. Il semble que le préposé
n'ait jamais connu l'anglais, — ni le
cinéma. Mais, comme, en France, on
donne un titre nouveau à ces œuvres,
le hasard n'est pas incapable d'obte-
nir un jour la traduction vraie.
En même temps que ces fils mar-
quent un épanouissement du talent
de Chaplin et un progrès technique
de la mise en scène, ils obtiennent ce
que Chaplin, mime anglais, a si obs-
tinément demandé : la suppression
des tartes à la crème abusives, des
coups pour les coups, des chutes inu-
tiles au rythme bouffe du récit. Enfin
les personnages sont des types non
seulement pour tel ou tel film, mais
forment un ensemble spécial, avec
des caractères, comme la comédie ita-
lienne du XVIIe et comme la panto-
mine britannique du XIX«.ll est pro-
bable que si, au contraire du théâtre,
le cinéma ne reniait pas chaque jour
ce qu'il avait fait la veille.il se serait
constitué un répertoire de types
bouffes et de parodies visuelles tout
à fait curieux. Mais ces essais suivent
le tourbillon dévorateur de Chaplin
— qui ne serait pas Chaplin s'il était
capable de piétiner au même endroit.
La fortune de Chaplin grandit après
la série Mutual. En 1918, il signe avec
la First National Exhibitors Associa-
tion pour une série de huit films aux
taux global de un million de dollars.
Chaplin profite de ces conditions
confortables qui lui assurent l'indé-
pendance morale et matérielle, et il
se livre tout entier, plus libre d'in-
vention, plus sévère pour soi en
même temps, plus lui enfin.
Une 17e île chien (A dog's life).
Chariot soldat (Shoulder Arms),Une
Idylle aux Champs (Sunngside) et A
dag's pleasure ont déjà prouvé par-
tout (même à Paris avec deux ans de
retard) l'éclat de ce talent puissant
et tourmenté.
Lue autre production, The h'id,
exécutée en marge de la combinaison
First National, témoignera de plus
d'ampleur encore. The Kid, c'est le
gosse. Et je ne sais pourquoi j'asso-
cie parfois ce titre à Kim. Le nervo-
sissime Charlie est-il si loin des jeunes
hindous britannisés dont parle Ki-
pling, père de Kim le délicat ?
L'histoire de ce petit homme brun,
souriant, frisé, est simple comme ses
braves yeux clairs.
Beaucoup d'actions venues, semble-
t-il,d'un seul jet, mais un souci moral
ininterrompu lesenveloppe. Cela nous
regarde à peine.
L'interviewer ne vous en dirait pas
beaucoup plus. Chaplin, ajouterait-il,
est un milliardaire sauvage et pai-
sible. Il habite une gentille villa cali-
fornienne ; il écrit du matin au soir
quand il ne tourne pas. Il tourne du
matin au soir quand il n'écrit pas.
C'est un petit bonhomme bien sage
dont la tête bout.
Avec ses amis.il est gai. Gai comme
un acteur. Douglas Fairbanks etMary
Pickford sont ses meilleurs copains.
Il lit toute espèce de livres. Il joue
du violon. Il triture le piano. Il pra-
tique le dictaphone. Le moulin à pel-
licules est tout de même son meilleur
instrument. Et sa meilleure passion.
Il a d'autres passions. Celle des en-
fants, par exemple. On voit peu de
mômes dans ses films. Il les étudie
beaucoup cependant. Peut-être les
aime-t-il trop pour les disséquer sous
forme de photographies Les enfants
l'adorent. Je ne parle pas seulement
du public de toute la terre. Je parle
des galopins de Holywood et de Los
Angeles avec qui il a fait de bonnes
parties.
Les passions de Charlie ne lui va-
lent que mécomptes, comme à tout
vrai poète. Charlie, le comique déses-
péré, a eu un baby — qui est mort au
bout de peu de mois. Charlie a beau-
coup pleuré. Cela ne nous regarde
pas.
Charlie a aimé Mildred Harris, la
jolie têtue. 11 l'a épousée. Du jour au
lendemain, la petite Mildred Harris
est devenue Mildred Harris Chaplin,
une star. C'est toujours ça de gagné.
Les voilà divorcés maintenant I La
bien-aimèe a dit que le chéri la pri-
vait de pain, se saoulait et tapait dur.
Charlie n'a rien dit. Il a un peu mai-
gri. Le voilà de nouveau tout seul. 11
ne serait pas lui s'il n'était pas seul.
Poor man !
Et il se remarie pour voir...
Louis Dei.luc.
12
cinea
MM3&
EN A M Ê RI 5 U E
MJ&M
La question à l'ordre du jour est
celle de la moralité. Elle vient de faire
un pas redoutable dn fait que l'Asso-
ciation Nationale de l'Industrie du
Cinéma a adopté en principe le texte
d'un projet de bill instituant une cen-
sure qui aura tout pouvoir pour in-
terdire : les scènes comportant un
appel exagéré à l'instinct sexuel —
les scènes faisant allusion à la pros-
titution ou à la traite des blanches
— celles relatives à l'amour illicite,
ou tendant à rendre le vice aimable
et la vertu odieuse, celles où l'on exhibe
du nu, des personnes insuffisamment
vêtues, des scènes de bains, des
danses excitantes — celles où l'on
tue, où l'on vole, où l'on prend des
stupéfiants, où l'on raille la police,
la religion, la propriété, la famille,
etc., etc.
Lorsque ce bill sera en vigueur,
nous vous aurons vus pour la der-
nière fois, o jambes d'Irène Castle,
genoux de Nazimova, cuisses de Maë
Murray, reins de Mabel Normand,
hanches d'Annette Kellermann, flancs
de Theda Bara, seins de Betty Blythe,
dos d'Harriett Hammond, épaules de
May Allison î
L'auteur de cette admirable guillo-
tine, le Dr Wilbur F. Craft, a eu l'occa-
sion d'exposer des idées dans Sha-
dowland — cet exquis magazine où
l'on voit tant de beaux paysages et
tant de jolis corps. Avec un libéra-
lisme, un fair plaij parfaits, notre
confrère à ouvert ses colonnes au
Lamarzelle américain, qui, parmi
quelques sottises historiques (il dé-
clare par exemple que la décadence
d'Athènes et de Babylone date du jour
où la femme nue y a pris, dans l'art,
une place prépondérante T) laisse
comprendre, mieux qu'il ne l'explique
quel est le danger qu'il redoute.
Le maniement de toutes les formes
d'art en relation avec l'instinct sexuel
(en admettant qu'il en existe qui ne
le soient pas) exige en effet un tact,
une mesure dont on manque essen-
tiellement en Amérique. A ce point
de vue le problème se pose delà même
manière que pour l'alusol. Nous au-
tres français, habitués à ne demander
au vin, à la liqueur, qu'une gaieté
aimable, une lévitation factice et
momentanée de l'esprit, nous n'arri-
vons pas à concevoir que pour un
Yankee, même cultivé et policé, il
n'existe pas de milieu entre l'eau
claire et l'ivresse bestiale. En ce qui
touche les rapports des sexes, la
guerre, en démolissant nombre de
barrières conventionnelles, a dé-
chaîné une tempête dont nous ne
pouvons nous faire une idée, et dont
la production cinématique subit les
remous.
La très discutée Reine de Saha
fournit un premier exemple, et nos
lecteurs ont pu mesurer de visu les
costumes de Betty Blythe. Le dernier
film d'Allen Hollubar, l'Homme, la
Femme, le Mariage, sous prétexte
de montrer l'historique du problème
sexuel, exhibe une série comparative
d'orgies depuis l'âge depierrejusqu'à
nos jours. C'est la méthode allemande,
l'impudeur pédante : on croit voir
paraître sur la scène une femme nue
qui chausse un pince nez et vous lit
de l'Havelock Ellis.
Bien que le Lys Doré comporte éga-
lement des scènes risquées et devète
agréablement le corps délicieux de
xMaë Murray, il y a autre chose, et
notamment un parti imprévu, origi-
nal, tiré d'une donnée plutôt banale.
Mais les deux productions les plus
remarquées de ces dernières semaines
sont dues à John S. Robertson et à
Cécil B. de Mille.
Le premier a tourné, d'après deux
nouvelles de Sir James Barrie (l'au-
teur de l'Admirable Çriehton que
l'on a joué à Paris) un film intitulé
Tommi] le Sentimental. L'esprit sin-
gulier, charmant, poétique, de l'écri-
vain écossais y est précieusement
conservé. L'auteur du scénario — Jo-
séphine Levett — et le metteur en
scène ont travaillé en absolue colla-
boration d'interprétation estparfaite,
homogène : la manière dont Gareth
Hugues a composé le rôle de Tommy
évoque certaines des meilleures créa-
tions de Henry Walthalletde Richard
Barthelmess. Quel effet un tel film, où
le génie écossais apparaît sous son
aspect peut être le pi us caractéristique
et le plus difficile â saisir, produirait-
il sur le public français ? Il n'est pas
aisé de l'imaginer.
Le film de Cécil B. de Mille est basé
sur une pièce d'Arthur Schnitzler, le
dramaturge autrichien, qui a eu le
plus grand succès en Amérique, et
dont le titre pourrait, semble-t-il, se
traduire : Les expériences d'Ana-
tole. Ces expériences étaient initiale-
ment, au nombre de cinq, et se locali-
saient en Autriche ; depuis lors elles
ont été transportées en Amérique et
ne sont plus que quatre, nommées
respectivement Gloria Swanson.Bébé
Daniels, Wanda Hawley et Agnès
Ayres, Anatole lui-même étant Wal-
lace Reid. Malheureusement le charme
morbide, délicat et sceptique de la
pièce viennoise s'estquelque peuéva-
poré lors de la transcription, ce qui
n'empêche pas YVallie Reid d'être un
excellent acteur, Gloria Swanson de
se déshabiller le plus exquisement du
monde pour traverser le ruisseau que
le magnétiseur hindou lui fait voir
dans son salon, et Bébé Daniels de
gagner, d'une manière tout aussi
plastique, l'argent qui permettra de
faire opérer son père malade (ou son
mari.ee point n'est pas encore défi-
nitivement arrêté).
On notera la pudeur qui a fait na-
turaliser Yankees les personnages
autrichiens. Elle s'exerce sur les filins
allemands — sur Carmen dont les
revues spéciales n'indiquent pas la
provenance, ne nomment pas les ac-
teurs, sauf naturellement Pola Negri,
que l'on est convenu de dire polonaise
— sur Déeeption, donton parlesimple-
ment comme d'un film importé; étant
donné qu'ily estquestion d'Henri VIII,
tout le monde peut croire que c'est
d'Angleterre, sauf â changer d'avis
en voyant la mâchoire un peu trop
teutonne d'Henny Porten. Mais cela
n'empêche pas que ces films passent,
se vendent, font de l'argent, et que
les revues en parlent, alors qu'elles
n'ont jamais dit un mot d'aucun film
français, anglais ou suédois. A quoi
l'on nous répondra que nos éditeurs
n'ont jamais eu réellement envie d'ex-
porter des films en Amérique ; qu'ils
considéreraient comme un résultat
très satisfaisant de faire interdire
l'importation des films étrangers, et
d'obliger tous les français à ne plus
voir â l'écran que Giffolette. Que faire
à cela ?
Lion kl Landry.
cinea
CHARLES ALSTRUP
Le créateur de Deux Ennemis du Mariage, Un Milliard
de Dot, Un Loup dam la Bergerie. L'Epreuve du Feu.
Les Comiques
DANOIS
LAURITZ OLSEN
,e créateur d'Aventure estivale, Deux coqs, une poule
Une Partie de Campagne.
FREDERIC BUCH
Le créateur de Pamphyle, Tailleur
mondain. Amour et Loterie.
Clichés Union-Eclair
14
cinea
r ■ * " * " : .sable au Cinéma dont le dynamisme on trouve, si j'en crois eet éblouis-
■ ■- fry • j a besoin de soutiens statiques. sant Cabinet du docteur Caligari,
iv C ET C l #1 l T €? ■ Le film doit donner l'impression qu'il faudra pourtant bien montrer
: .^ . | d'une vision à la l'ois permanente, quelque jour à nos faiseurs de su-
d tt C* t IX G fit Cl successive et continue. creries. L'intelligence, la réflexion,
■ ^ l'art mathématique se sont jetés
Il ne s'agit pas de faire un album *»r le cinéma et le fécondent. Mais
L'Art, considéré jusqu'ici comme de cartes-postales, mais une fresque. ou est cette humanité des premiers
un jeu, apparaît aujourd'hui comme « a£e8 ? OÙ est le 8t>'le direct et nai?
une forme supérieure et cérébrale du Je 8ais ce que je vais chercher sur de ce" ,film8 f11 ? a.citU<? a"8' **
sport, expression nécessaire du ly- pécran> aU88i je „e m'effraie pas des s°nt fumais aussi loin du ton
■ „m , „it.,i . . .. i , actuel que la Chanson de Roland
risme vital. simulacres grossièrement enlumines , „ , , ,,. .,,
t „ n,.Ani„ „„: ,,.» r-irt 1,. ni n « ré- • a- Zi- , - i t i ou le Roman de la Rose ? \ îeilles.
Le Cinéma qui est i art le plus re- qui décorent 1 entrée du Temple. . ... .... ..
Mnto<itaiia(ii ,.<dni m'i «',»vr.rimp \p t .-i - i • i- vieilles choses déjà, dites-vous, et
cent est aussi celui ou s exprime le ye 8ai8 au jj nv a ja agrandies .... ., ..... . ,. .
«i,i« ,iirB,.tompnt wt P«r>rit «r>nrtîf 1 i.- «• • i vieilles aussi la sincérité, la vitalité
plus directement cet esprit sportit sans scrupule, que d înoflensivespho- ,_, , , _ „ A ,
jnn+ nn«Qt.ott.A«vnna1'aptna1îtâ ^an« «.-■ ,, • i • rvthmee, la force fraîche et fran-
dont nous retrouvons l actualité dans tographies. Mais pourquoi vouloir, : ,
înutAiiPoHp Wii'iiifl l p(rpr1p*fnpii» • T + c i e ' <■ cne de ces premiers romans de
les toilesde reinanci Léger, ie«v_octi » a toute force, les transformer en ai- , ,,, . „. T. „ .
de Crommelynck et la musique des fiche8 ? Se8te tle l ecran- °" aa Rl° Jim falt
c- , „ „,, , . , ,, . aussi classique et aussi puissante
« bix ». Elle n ont pas du tout 1 air de trou- .. ,? . , ., ,
• , , A, figure que Renaud de Montauban
ver cela drôle. ,. , ,*,
Les rythmes de l'accéléré, du ra- # ou 1 un des quatre fils Aymon.
lenti et de la vision normale réalisent Comme aux premiers temps poéti-
pour notre joie mentale les théories Vous êtes peintre, dites-vous et vous queg> le cjnéma a 8U8cité dan8 8Qn
fabuleuses d'Einstein. Le prisme de n'aimez pas le Cinéma. C est idiot et premier temps de réalisation des
l'écran nous révèle sans cesse de nou- c'e8t une fatiSue P°ur l*» >'eux' „ thèmes et des expressions dépouil-
ii i i 4.- xt Vous êtes eleve des Beaux-Arts. Il i > „ Qt „„j.nt„„ /,„*^n no n-tmt.
velles valeurs plastiques Nous ne tees et ardentes qu on ne retiou-
concevons plus séparément les caté- ny a pa8 de honU> a cela vera jamais. C'est là pourtant, c'est
gories face, profil et trois-quarts qui Jean-Francis Lagi.enne. ia seulement que les amis de l'art
furent hier la loi du photographe et neuf ont puisé les éléments d'une
du peintre. esthétique solide, saine, humaine,
• ■ ■ durable.
La peinture nouvelle doit beaucoup ■ l)/\f|(5|5|£ f'AV P\TQY \ La route continue, évidemment. Mais
au Cinéma. Le travail du peintre, j -1/V/lf J^lllO 1UI vVvl j n'oubliez pas le premier style — le
comme celui du metteur en scène, j m _ n mmmm : seul grand jusqu'ici — ne négligez
consiste à projeter sur une toile le pas de revoir la douzaine de dra-
film d'une même réalité recréée dans Je crois que je suis encore un peu ivre me8 cinégraphiques, source de tout
la lumière. Mais l'un et l'autre doivent et j'ai peur de ne pas m'exprimer ie reste, et, si vous n'avez pas vu
éviter laconfusion des techniques. très a-ca-dé-mi-que-ment. C'est que Douglas for ever, courez vite vous
i je sors d'une salle où l'on passait jeter dans cette lumière, dans cet
' j c Douglas for ever. Je ne l'avais air violent et vivant, dans ce mou-
Certaines œuvres de Survage, de . . T , „. . A .. , * . , , , , .
„„,,,,, , ,.. . jamais vu. L effet de cette bande vementquisemblesvnthétisertoute
Dufv, nées de 1 écran, 8 en améliorent ,, , . . ,, , , ,H, , -
•r' .. .+ , . , , ,, est comparable a celui d une bou- la santé du monde,
parce que limitées a la seule allu- . .,, , , „, . , . , . ... ,.
F. . ^ , „ . . . teille de vin du Rhin ou de vin du Nous ne sommes pas au théâtre. Il
sion. Au contraire, les rutunstes, en ,3, , , , .. . .. . ^,
... Rhône sur quelqu un qui n aurait n-v a pas de pièce à raconter. C est
voulant superposer naïvement les , , ,, . . . D ,■■., " .,
\ * • bu que de 1 eau toute sa vie. Réelle- une toile, ou un poème, ou un ca-
sensations picturales, comme des eu- . . , , . ., . . . , , , L , ■ .
r.„ ', ; „ .J., ment, je me demande si j ai w; ou pnccio turbulent, cest du cinéma.
ches successifs, ramenés a 1 unité par t A * • . + «i. il , , ,, . ^,. ,.,- .
.... f. ou cette aventure, .si c est un film Doublas, athlétique et fin, délicieux,
a vitesse, n ont abouti qu a parodier qu un yin sec Ne m<en veuiUez pa8 .^^ èmou^nt _ (Ecoutez n-im.
le rythme de leci an. Je 8&is que ce petit ton d'enthou- porte quel petit cabot, il vous dira :
• siasme est tout à fait hors de mode, «Tout ce que Fairbanks fait, je
Au Cinéma, rien n'est plus inutile mais comprenez que c'est un film, 8aj8 \e faire I » — voltige dans un
que ces prétentieux « tableaux » à la un vrai, et que je n'ai pas rencontré décor impalpable, dans une lumière
manière de... orgueil de quelques de vrai film depuis bien longtemps. palpable qui s'accroche comme une
metteurs en scène, qui croient tour- Voilà l'ancienne manière qu'illustra brume d'or aux cactus géants de
ner un chef-d'œuvre et ne dévelop- Th. Ince avant le règne des alam- Californie. Des horizons, des che-
pent que de vagues illustrations pour bics et des machineries chimiques vaux, des murs éloquents, des
magazines à treize sous. de D. ^Y. Griffith. Cela nous reporte hommes types, des femmes dessi-
Trop de metteurs en scène, consi- à l'époque inégalée de Pour sauver nées, de l'art, ce degré d'art qui
dèrent le film comme une suite d'ima- sa race et de La Conquête de l'or. fait crier: « C'est de la vie! »> un
ges alors qu'ils devraient le considé- Depuis, il y a eu beaucoup de coup d'inspiration, enfin, un film,
rer comme une unique image. science. Les films des Suédois Stil- un vrai film. Bravo!...
Les conventions du découpage et 1er, Hedquist.Siostrom sont magni- Lescinématographistesfrançaistrou-
des sous-titres nedoivent pasdétruire tiques. En Allemagne, on cherche vent ça insignifiant,
cette unité architectonique, indispen- aussi hardiment que possible — et Louis Delluc.
cinéa
15
Nous avions annoncé qu'une mai-
son française d'éditions cinémato-
graphiques avait l'intention de réali-
ser : Mademoiselle Julie, d'après le
drame d'Auguste Strindberg — que
venaient de jouer récemment à Paris
Pitoeff et sa femme. Or, nous rece-
vons de M. Fred Wingardh, de Ber-
lin, une lettre où en réponse à notre
information, il nous prie de noter
qu'il s'est rendu acquéreur pour le
monde entier, des droits exclusifs
d'adaptation cinégraphique de ce
drame.
D'ailleurs, cette réalisation com-
mencera le mois prochain à Berlin
dans les studios de l'Art-Film O, et
le rôle de Mademoiselle Julie sera
interprété par la grande actrice da-
noise: Asta Nielsen.
Le film s'intitulera : Comtesse Julie.
On parle très sérieusement de la
déconfiture totale de cette grande et
récente entreprise d'éditions de films
français qui devait donner à notre
industrie une impulsion magnifique
et dont la production — entre autres
— était d'avance achetée par l'Angle-
terre. Un jeune metteur en scène était
de cette firme le grand directeur...
Il paraît que c'est déjà fini... Le
premier film édité par cette associa-
tion n'aurait pu être payé par cette
fameuse firme anglaise.
Et de là...
On dit que cette firme française
réputée pour le caractère d'art de
ses films — et hier encore très impor-
tante — aurait, malgré le succès de
sa dernière production, fermé son
studio.
M. J. de Baroncelli, très sollicité,
irait maintenant cueillir de nouveaux
lauriers dans un pays ensoleillé —
— pays de rêve — voisin de l'Ilissos...
Un de nos confrères annonçait ces
jours-ci que M. Manoussi, metteur
en scène d'Illusion et de Fanny Lear,
collaborateur de M. J. de Baroncelli,
après avoir fondé une Société, serait
parti dans le Midi tourner un film...
M. Manoussi n'a pas fondé de Société,
il est parti... à quelques kilomètres
de Paris seulement, travailler à une
comédie en collaboration avec M. Ar-
mond qui signa avec M. Gerbidon,
l'Ecole des Cocottes.
Ce metteur en scène a été sèche-
ment prié d'offrir ses talents à d'au-
tres commanditaires. La liste des
frais de son film menaçant de mener
à une agonie certaine les fonds à lui
confiés...
Les Epiciers — quand
ils lancent un film —
ont de belles affiches
Pourquoi ces Editeurs —
quand ils lancent un film
— n'en n'ont ils pas? Nous
avons pourtant en France
des artistes de talent...
Mais voilà: ils sont moder-
nes et nos Editeurs, pas.
On attend sans doute que
nos artistes partent en
Amérique ... ...
Ce très gros éditeur n'aurait acheté
ce très grand film qu'en vue de la
promotion ordinaire du 14 juillet.
S. M. la reine Marie de Roumanie
viendrait prochainement à Paris et
assisterait à la présentation de son
œuvre : Lily of Life réalisée cinégra-
phiquement par Miss Loïe Fuller.
Des artistes anglais ont composé spé-
cialement les sous-titres de ce film
qui passerait en octobre, au Gau-
mont-Palace, avec l'école de danses
de Miss Fuller.
•
Les Trois Lys terminé, M. Henri
Desfontaines va sans doute réaliser
Chichinette et Cie d'après le roman
de Pierre Custot.
Van Daële, interprète de Narayana,
du Destin Rouge, ayant terminé
Pour une Nuit d'Amour, tourne les
Rocquevillard et partira prochaine-
ment avec Mme Renée Cari, qui lui
a confié le rôle principal du film
qu'elle va réaliser dans le Midi.
La production française que nous
verrons la saison prochaine :
Villa Destin, de Marcel L'Herbier
avec Saint-Granier, Alice Feeld et
Paulais.
El Dorado, de Marcel L'Herbier
avec Eve Francis, Jaque Catelain et
Marcelle Pradot.
L'Ombre déchirée, de M. L. Poirier
avec Suzanne Desprès, Roger Karl,
Jacques Robert.
Le coffret de Jade, de M. L. Poirier
avec Myrga, Roger Karl et Mendaille.
Les Trois Lys, de M. H. Desfontaines,
avec Mlles Devignes. Gine Avril,
Mme Grumbaeh et MM. Baissac et
Escande.
L'Orpheline, de M. Louis Feuillade,
— douze épisodes — et sa troupe.
L'Homme et la Poupée, de M. Mau-
rice Mariaud, avec Suz. Delvé et
M. Tallier.
Les Ailes qui s'ouvrent, de M. Guy
du Fresnay, avec Mlles Iribe etMadys,
MM. André Roanne et Genika Mes-
serio.
Le Paradis Perdu, de M. Pierre
Colombier, avec MM. Lefaur, Luguet
et Mme Diamant.
La Vivante Epingle, de M. Jacques
Robert avec MM. Jean Toulout, Hervé
et Mlle Legrand.
La Mort du Soleil, de Mme G. Du-
lac avec André Nox.
L'Ecran Brisé, de M. d'Auchy avec
MM. Mauloy, Warriley, Luguet et
Mlles Lionel et Vasseur.
L'Américain, de Louis Delluc, avec
Mme Eve Francis.
Pour une nuit d'Amour, de M. Pro-
tazonofï avec Van Daële et Blanche
Ross.
L'Empereur des Pauvres, de M.
René Leprince, — 12 épisodes. — Léon
Mathot.
Fièvre, de M. Louis Delluc, avec
Mme Eve Francis, Van Daële et Elena
Sagrary.
(à suivre)
André Daven
16
cinea
LES BALLETS SUEDOIS
Les Maries de la Tour Eiffel (Décor d'Irène Lagut, Costumes de |ean Hugo)
Spectacles
Les Mariés de la Tour Eiffel.
Jean Cocteau s'est amusé. Ces
choses là sont très mal vues. Beau-
coup de personnes sérieuses sont lâ-
chées.
La hanalité tragique de son mélo-
drame-farce est une trouvaille. La
noce chez le photographe! Et ce pho-
tographe est celui de la Tour Eiffel !
Exposition de if)00 avec tout son ridi-
cule presque nostalgique... C'est char-
mant comme idée.
Et c'est charmant d'avoir réuni des
concours si neufs, si prestes, si intel-
ligents. Cette jeunesse lucide qui
•s'abandonne et ne se livre pas, qui
ignore la grossièreté qui se joue d'elle-
même, cela me plaît.
Je regrette autant que vous que cet
original essai d'ensemble ne soit
qu'un essai. Faut-il incriminer l'alter-
nance de la voix-parlée avec l'or-
chestre ? Faut-il déplorer un peu de
lenteur, voire quelque solennité, dans
ce pall-mall d'humour ? Et le soin de
l'exécution est-il préférable à un peu
de spontanéité ? Le fait est que nous
avons cru trouver quelque longueur.
C'est qu'il ne suffit pas de crier dans
un pavillon de phonographe pour; sty-
liser la voix des acteurs.
L'important est que les détails de
cette production soient spirituels. Le
décor d'Irène Lagut est plaisant
comme une toile d'Irène Lagut. Les
costumes démodés avec art sont déli-
cieux et les masque de Jean Hugo,
douloureux de bouffonnerie, me font
rêver. Le marié, le marin, le photo-
graphe, la baigneuse, le garçon d'hon-
neur ont des grâces cocasses et trou-
blantes.
La musique avec le M juillet d'Au-
ric, la marche nuptiale de Michaud,
la marche funèbre d'Honegger, le
discours du général surtout (de Pou-
lenc je crois) et le ballet des dépê-
ches et le quadrille de la noce de
Germaine Tailleferr a fourni un pré-
texte parfait à la chorégraphie hardie
de Jean Borlin, dont nous ne pouvons
plus ignorer le talent depuis L'homme
et son désir. Les danseurs Suédois,
disciplinés et attentifs, lui ont obéi
à merveille.
Il faut nommer à part Carina Ari,
étoile des vierges folles et d'Ibéria,
en baigneuse de carte postale colo-
riée, inouïe de grotesque, de défor-
tion absurde, d'observation délicate,
et ma foi, de charme.
Il y a beaucoup d'art dans toutes
ces folies réfléchies. Jean Cocteau a
donc bien fait de s'amuser.
Eve Francis.
•
Après les Mariés de la Tour
Eiffel.
A Jean Borlin.
Toute œuvre d'ordre poétique ren-
ferme ce que Gide appelle si justement,
dans sa préface de Paludes : La part
de Dieu. Cette part qui échappe à
l'auteur même, lui réserve des sur-
prises, comme au public. Telle phrase,
tel geste qui n'avaient pourlui qu'une
cmea
CARINA AR1. dans les Vierges Jolies, aux Ballets suédois.
RER.MAN
8
cinea
place comparable â celle du volume
chez les peintres, contiennent un sens
secret que chacun interprétera en-
suite. Le véritable symbole n'est ja-
mais prévu par l'auteur. Il se dégage
tout seul, pour peu que le bizarre ou
l'irréel n'entrent pas en ligne de
compte. Le plancher des vaches, un
certain plancher des vaches, est donc
de première importance. Dans un lieu
féerique, les fées n'apparaissent pas.
Elles s'y promènent sans être vues.
Elles ne peuvent apparaître aux mor-
tels que dans un endroit où leur pré-
sence semblait impossible : une cui-
sine, un vestibule, une chambre à
coucher.
Les esprits simples voient les fées
beaucoup plus facilement que les
autres, car ils n'opposent pas au pro-
dige la résistance des esprits forts.
11 y a dans Les Mariés de la Tour
Eiffel un enfant plus gros que les
autres personnages. Je l'ai toujours
vu plus gros. Le public, qui prend les
choses au pied de la lettre, se demande
peut-être pour quelle raison. Je me le
serais sans doute demandé aussi,
sans un machiniste qui le montrait à
un de ses camarades en disant : « Re-
garde le môme ! Il n'est pas un peu
encombrant I C'est bien les mômes. »
Je me contente de cet admirable com-
mentaire. Plus d'une fois l'expérience
s'est reproduite, et je pourrais dire
que le chef électricien, entre autres,
m'a souvent éclairé la pièce mieux
qu'avec des lampes.
Une phrase du photographe bossu
pourrait me servir d'épigraphe :
« Puisque ces mystères me dépassent,
feignons d'en être l'organisateur ».
Dans « Lès Mariés », la part de
Dieu est, grande. Les phonographes
humains, â droite et à gauche de la
scène, comme le cœur antique, comme
le compère et la commère, soulignent
sans la moindre littérature, l'action
ridicule qui se déroule, se mime et se
danse au milieu. Je dis ridicule parce
qu'au lieu de chercher â me tenir en
dessous du ridicule de la vie, de l'at-
ténuer de l'arranger, comme nous
arrangeons, en la racontant, une
aventure où nous jouons un rôle dé-
favorable, je l'accentue au contraire
et le cherche à peindre plus vrai que
le vrai. N'est-ce pas une bonne défi-
nition de la poésie, malgré ce que pen-
sent les amateurs de voiles et de
brumes ? Le poète doit sortir objets
et sentiments de leurs voiles et de
leurs brumes, les montrer soudain,
si nus et si vite que l'homme a peine
à les reconnaître. Ils le frappent alors
avec leur jeunesse, comme s'ils
n'étaient jamais devenus des vieil-
lards officiels.
C'est le cas des lieux communs,
vieux, puissants et universellement
admis â la façon des chefs-d'œuvre,
mais dont la beauté, l'originalité ne
nous surprennent plus àforced'usage.
Dans notre spectacle, je réhabilite
le lieu commun. A moi de le placer,
de le présenter de telle sorte qu'il
retrouve ses vingt ans.
Une génération d'obscurité, de
mystère, ne se rejette pas d'un coup
Au Théâtre de l'Oasis
Paul Voir et présente
des danses barmonieu=
ses, des costumes har=
dis, des interprètes de
Valeur comme Clara
Tambour, Rachel Lau=
nay, Nyota Nyoka et la
danseuse Caryathis q.ui
a de V humour , du
rythme, de l'intelligence
sur des musiques de
Cranados et Erik Satie
d'épaule. Je sais que mon texte semble
bien trop simple, bien trop lisible-
ment écrit comme des alphabets
d'école. La musique qui l'accompagne
provoque un malentendu analogue.
Il se crée de toute pièces une clarté,
une franchise, une bonne humeur
nouvelles. Un naïf s'y trompe.
Il croit entendre un orchestre de
café-concert. Son oreille commet l'er-
reur d'un œil qui ne ferait aucune
différence entre une étoffe laide et la
même étoffe copiée par Ingres.
Dans les mariés de la Tour Eiffel,
nous employons toutes les ressources
populaires parisiennes que la France
méprise mais trouve légitimes si elles
sont étrangères et qu'un musicien
étranger ou de chez nous les emploie.
Je n'ai jamais été à la « Chauve-
Souris », mais croyez bien, par exem-
ble, qu'un Russe ne saurait entendre
Pétrouchka delà même manière que
nous. Outre les merveilles de ce chef-
d'œuvre musical. Il y retrouve son
enfance, les dimanches dePétrograd,
les chansons de nourrices.
Pourquoi n'aurions-nous pas droit
au même double plaisir ? Je vous af-
firme que le quadrille de Germaine
Tailleferr, le « chromo » de Poulenc,
l'ouverture d'Auric, la marche nup-
tiale de Milhaud, la marche funèbre
d'Honegger, m'émeuvent davantage
que bien des évocations russes ou '
espagnoles. Il n'est pas question ici
de valeur musicale, ni d'établir de
préséances. Je crois avoir assez exalté
les musiciens russes, allemands, es-
pagnols, les orchestres nègres, pour
me permettre une opinion qui n'a
rien à voir avec le chauvinisme.
Il est curieux d'entendre les pa-
triotes, d'une part, et les internatio-
nalistes, de l'autre, repousser avec
colère tout ce qui est propre à la
France et accueillir l'esprit local
étranger sans le moindre contrôle. Il
est curieux aussi que dans Les Ma-
riés de la Tour Eiffel un public averti
se soit scandalisé d'un type de gana-
che classique, placé dans le cortège
de la noce, au même titre que les
lieux communs dans le texte.
Du reste, â Paris, bonne et mauvaise
humeur d'une salle composent l'at-
mosphère la plus riche, la plus exci-
tante, la plus vivante du monde.
Serge de Diaghilew me disait un jour
qu'on ne la trouve dans aucune autre
capitale.
Sifflets et ovations — Presse terrible.
Quelques articles surprise. Trois ans
après, les détracteurs applaudissent
et ne se souviennent plus d'avoir sif-
flé. C'est l'histoire de Parade et de
toutes les pièces qui, changeant les
règles du jeu, dérangent les vieux
joueurs du cercle.
Lorsque l'ouverture d'Auric : régi-
ments qui se croisent le 14 juillet,
troupes en marche dont la musique
éclate au coin d'une rue et s'éloigne,
s'achève dans un roulement de tam-
bour et découvre le décor d'Irène La-
gut, joli comme le myosotis et le
papier-dentelle des cartes postales ;
lorsque les costumes sculptés, bâtis,
peints par Jean Hugo avec un ata-
visme du réel et du monstrueux, ap-
paraissent ; lorsque les phonographes
parlent avec des voix plus grosses
que nature ; ne vous cabrez pas, spec-
tateurs î ne cherchez pas de double
sens. Ne croyez pas qu'on vous in-
sulte. On a, depuis des semaines et
des semaines, travaillé jour et nuit
pour votre plaisir.
Jean Cocteau.
cinea
19
GASTON J A COU ET
C'est un véritabl
cinéma et si sescr
inégales c'est que
cinégraphique
sont plutôt inég
au moins : Le
Gardian, Le Talio
d'Ernoa, Les Tro
tains, i
e acteur de
éationssont
■ les œuvres
s françaises
îles. Citons
Gouffre. Le
u. Le Chemin
is Mousque-
tc i
20
cinea
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
J'ai même vu quelque part un pa-
pier semblable couvert de petits cro-
chets noirs tout à fait incompré-
hensibles pour moi.
Cette fois-ci je vis une chose tout à
fait incompréhensible pour moi.
Tout le monde avait entre les mains
des feuilles de papier blanc mais on
n'y voyait aucun de ces crochets
noirs qui m'étaient connus.
Après beaucoup de réflexions j'ai
réussi à comprendre que les crochets
noirs se trouvaient de l'autre côté de
la page tournée vers le chanteur.
Peu de temps après nous déména-
geâmes à nouveau. Nous revînmes
une autre fois au Faubourg des Dra-
piers pour nous installer dans un petit
sous-sol composé de deux pièces mi-
nuscules.
Je crois que c'est le jour même de
notre déménagement que j'ai entendu
à l'étage supérieur un chant qui res-
semblait beaucoup aux mélodies re-
ligieuses; j'appris qu'au-dessus de
nous habitait un maître de chapelle
et qu'il y avait une répétition d'en-
semble à ce moment.
Lorsque la répétition fut terminée
et les choristes partis je sortis réso-
lument et montai en haut. Arrivé
devant la porte je frappai et j'entrai.
Je n'ai même pas eu le temps d'exa-
miner plus ou moins attentivement
l'homme qui se trouvait dans la
chambre. Les yeux baissés je lui de-
mandai sans hésiter une seconde s'il
ne pourrait pas m'accueillir en qua-
lité de choriste dans sa compagnie.
L'homme prit le violon qui était
accroché au mur et me dit :
— Suis-moi!
Je m'efforçai de suivre la mélodie
en essayant d'adapter ma voix au
rythme de cette musique. Cela dura
quelques instants après quoi le
maître de chapelle posa le violon sur
la table et déclara ;
— Ça va. Tu as de la voix. Je t'écri-
rai les notes. Apprends les par
cœur.
Il prit une feuille de papier de
musique et se mit à m'expliquer la
signification des différents termes
(signes) musicaux.
Je compris rapidement toute cette
science et au bout de quelques jours
j'étais déjà capable de distribuer les
petites feuilles aux choristes au
début de la cérémonie.
Ma mère éprouva une très grande
joie en apprenant les progrès faits
par moi ; mon père, au contraire,
resta tout à fait indifférent. Toute-
fois, il émit l'espoir que si je chan-
tais d'une manière convenable, je
pourrais peut-être ajouter au moins
un rouble par mois à ses appointe-
ments modestes.
C'est ce qui arriva.
Durant trois mois je chantai gra-
tuitement; puis le maître de chapelle
m'accorda un traitement : un rouble
cinquante kopeks par mois.
Le maître de chapelle s'appellait
Chterbinine. C'était un homme sin-
gulier : il portait de longs cheveux
peignés en arrière et des lunettes
bleues qui lui donnaient un air sé-
vère et important, malgré sa figure
ravagée et difforme. Il était toujours
vêtu d'un long manteau noir sans
manches et portait un chapeau à
larges bords genre « bandit ».
Mais malgré toute sa distinction il
buvait autant que tous les autres
habitants du Faubourg des Drapiers
et comme il était employé en même
temps en qualité de commis-greffier
au Tribunal du district, pour lui
aussi le « vingt du mois » était une
date fatale.
Cela me faisait pitié de le voir
ivre-mort.
Une fois les employés du com-
merçant Tchernoiaroff eurent l'idée
d'organiser une fête dans la maison
de leur patron, je ne me rappelle plus
sous quel prétexte. Ils s'adressèrent
à Chterbinine en lui demandant de
leur procurer des chanteurs. Celui-ci
me désigna et deux de mes cama-
rades. Tous les trois nous com-
mençâmes à fréquenter les employés
du commerçant Tchernoiaroff pour
prendre part aux répétitions. Ce
furent des heures délicieuses : on
nous comblait de douceurs, on pou-
vait — chose inouïe — mettre plu-
sieurs morceaux de sucre dans son
verre de thé.
C'étaient de braves garçons' ces
employés.
Enfin, le jour de la fête arriva. Ce
fut une soirée mémorable. Il y avait
dans l'assistance quelques dames
très solennelles, des commerçants
respectables, des messieurs très
bien, enfin. Moi, j'éprouvais la sensa-
tion de ne voir autour de moi que des
choses radieuses, gaies, étincelantes
de lumière... Une sensation inou-
bliable! Nous chantâmes un trio qui
commence par ces mots :
Oh, sombre nuit!
Œil des mortels!
Je ne sais pour quelle raison le
Chœur de Tcherbine avait cessé d'exis-
ter. Je voyais seulement que cela
l'affligeait beaucoup et il se mit à boire
d'une manière encore plus atroce.
(A suivre) L. Valter trad.
cinea
21
00 PORTRAIT EXPRESS 00 \
sessue!
hayakawa!
Naquit à Tokio le 10 juin 1N89. Pré-
para la carrière navale, qu'il aban-
donna bientôt pour le théâtre, où il
parut dans le répertoire d'Ibsen et
Shakespeare. Vint en Amérique ou
Thomas H Inee l'engagea pour tour-
ner « The Wrath of the Gods » et
« The Typhoon ».
Ses Films :
Triangle lu ce 1914-1915.
The Wrath of the Gods (La colère
des Dieux).
The Typhoon (L'honneur japonais).
Paramount-Artcra ft(septembre
1915 à juin 1018).
The bottle imp.
Alien Souls (Ames d'étrangers).
The Cheat (Forfaiture, sous la direc-
tion de Cecil B. de Mille, avec Fan-
nie Ward).
Honorable Friend.
Each to his kind.
The soûl of Koura-San (L'âme de
Koura-San).
The Jaguar clairs |E1 Jaguar).
Forbidden Paths.
Hashimura Togo (Hara-Kiri).
The eall of the East (Œil pour œil).
The whiteman's /air (Drame au pays
de l'ivoire).
The Secret game.
The bravent ivag (Le sacrifice de Ta-
mura).
llidden Pearls (La blessure qui
sauve).
TheHonor ofhis house (Soupçon tra-
gique)
The Citg of d'un face» (La voix du
sang).
Haworth-Mutual (de juillet 1918
à août 1920).
His Birth right (Fils d'Amiral).
The Temple of Dus/,- (Le Temple du
Crépuscule).
A Heart in Paivn (Amours de Geisha).
Bonds of honor (Pour l'honneur de
sa race).
The courageous coirard.
His debt.
The man beneath.
The grai) horizon.
The dragon painter.
The Tong man (Le Lotus d'Or)
The Illustrions Prince (Le Prince
Mystérieux)
m
Dessin de Don.
SESSUE HAYAKAWA
The Brand ofLopez.
The Devil's daim.
Robertson-Cole (depuis septem-
bre 1920; quatre films par an).
Li-Ting-Lang .
An Arabian knight
The First Born.
Sessue écrit, dessine, et peint.
Il pratique tous les sports: la lutte,
l'équitation et la natation n'ont pas de
secrets pour lui. Ses cachets princiers
lui ont permis d'amasser une rapide
fortune et sa maison est un véritable
palace oriental orné d'une rare col-
lection d'objets d'art.
Ajoutons qu'il est marié à Tsuru
Aoki, charmante actrice japonaise,
qu'il a les yeux noirs, les cheveux
bruns, mesure 1 m. (}(> et pèse 71 ki-
logs.
Adresse :
Sessue Hayakawa
Robertson Cole Studios
Melrose Avenue and Gower Street
Hollywood (Californîa O. S. A.)
22
cinea
V A L L
M A L L
ChezMnie Alexandrine Emile
Zola.
Emile Zola est mort en 1!)02, préci-
pité à l'éternel .sommeil par un de
ces accidents tragiques, une de ces
sombres tortures comme il en avait
décrits si souvent. L'horreur d'une
de ces agonies dont on pense qu'elles
ne devraient frapper que les forbans
obscurs, au sein de la bassesse et du
crime, et qui ne semblent pouvoir se
justifier que comme un châtiment
ultime, cette horreur hélas est venue
arracher à la gloire des lettres
françaises un des écrivains les plus
solidement doués, dans la force lumi-
neuse de son talent, dans tout l'éclat
de son immense labeur. La nouvelle
se répandit au milieu de l'étonne-
ment et de la consternation géné-
rales.
Et quand, ces jours-ci, en allant
rendre visite à Mme Veuve Zola, je
montai la rue de Rome, calme sous
le foudroiement d'un gai soleil, à
peine troublée par les sifflets de la
gare voi.sine, je songeai au temps
écoulé, je demeurai stupéfait de la
précipitation tumultueuse des événe-
ments. Vingt ans nous séparent de
la mort de l'auteur du Rêve. Comme
les heures sonnent vite au cadran
de l'éternité î Emile Zola aurait
aujourd'hui quatre-vingts ans... Cet
homme qui s'était jeté si avidement
dans la lutte et que la mort enlevait
en pleine force, cet homme serait
maintenant un vieillard, tout blanc,
apaisé et recueilli, chargé d'honneur
sans doute, un de ces bons vieillards
que la jeunesse ambitieuse et émue
regarde passer en se disant que la
gloire est une belle chose, que la vie
est douce et que les hommes sont
heureux ï
Emile Zola ne connut pas cette joie
ineffable d'être respecté pour la neige
qu'on porte au front. Et cette Madame
Alexandrine Emile Zola, sa veuve si
grande et si bonne, qui a recueilli
l'offrande de cette vénération. C'est
en elle qu'on revoit le géant doux des
Kougon-Macquart, c'est dans sa sim-
plicité solitaire que revit l'effort de
ces ileux existences conjuguées, . —
aux joies et aux douleurs pal cilles. La
bonté rayonne et demeure dans ses
yeux ; on croit y retrouver un rellet
attardé de la bonté du disparu.
Mme Zola a quatre-vingt deux ans.
Et il faudrait être insensible à tout
ce qui fait vibrer le cœur et l'intelli-
gence pour ne pas se sentir pénétré
de respect en approchant le témoin
de cette grande vie, la compagne si
éprouvée de cet homme admirable.
Elle est le passé et l'histoire — vi-
vants. Elle est le drame aussi ; elle
est le souvenir d'un drame dont elle
est sortie endeuillée à jamais, déchi-
rée dans son amour, dans son atta-
chement conjugal — car il ne faut
pas oublier que Mme Zola fut la res-
capée de cette asphyxie où elle faillit
mourir à côté de son mari.
Et voici qu'au sommet de sa vie,
dans un rayon suprême, l'œuvre la
plus émue, la plus tendre de son
mari lui apparaît vivante, objective,
palpitante de lumière et de vérité. Le
Rêve se lève devant elle. Elle est
comme inondée, enveloppée par la
douceur de cette inspiration qui de-
vient presque tangible.
Cette apparition à l'écran de l'œuvre
du mari disparu n'est-ce pas un peu,
pour la femme du romancier, ce que
serait, pour la femme du chanteur,
la voix morte se réveillant, n'exha-
lant du mystère phonographique?
Mme Zola ne me cache d'ailleurs pas
son enchantement pour le film réalisé
par M Jacques de Baroncelli. Elle
me confie qu'elle va peu au cinéma à
cause de son grand âge, mais qu'elle
s'est précipitée pour voir Le Rêve,
comme naguère elle le fit pour Tra-
vail, mis en scène d'une façon si
magistrale par M. Pouctal. Avec
quelle âme, quel attendrissement
Mme Zola médit son admiration pour
l'œuvre vivante, pour l'œuvre dont
la poésie, l'humanité, la pensé s'ex-
tériorisent de façon si émouvante par
la magie photogénique et le génie du
metteur en .scène. Avec quel .sourire à
la fois rayonnant et navré elle évoque
pour moi, dans son .salon tout chaud
encore du labeur génial, dans ce
salon plein de lui, les heures d'autre-
fois, l'honnête et la bonté du grand
écrivain. Autour de nous, chaque
objet est un reflet exact du passé,
une pensée qui parle. Des bronzes,
des portraits à l'huile, des gravures,
le portrait de Zola par Manet où le
grand romancier tout jeune, mince,
avec cet air effacé et timide qu'il eut
toute sa vie, ne fait en rien pressen-
tir le lutteur qu'il devint, à une
époque troublée.
Il faudrait des pages pour dire tout
ce que contient la mémoire nette et
la noble intelligence de Mme Zola. A
quatre-vingt-deux ans, cette femme
que le chagrin n'a pas flétrie, que les
batailles n'ont atteinte qu'intérieure-
ment, cite des noms et des dates a
l'infini, avec une promptitude prodi-
gieuse, et des faits, avec une sûreté
déconcertante.
La sévérité de sa mise est atténuée
par la grâce de son sourire, la no-
blesse de son attitude par la bien-
veillance de sa parole.
Mais on sent qu'une blessure est
en elle, et que, si elle vit dans une
admiration constante, elle vit aussi
dans un deuil éternel.
Et elle peut renouveler, pour le
propre exemple qu'elle donne, le
mot que réponditLa Malibran quinze
ans après la mort de sa mère :
— J'en porte encore le deuil... parce
qu'hélas elle est toujours morte!
Maurice Hamel.
Sommaire d n N° 7
Couverture. — Jean Horlin.
Les fiims. — René Bizet. L. Landrv.
D. W. Griffuh. — (Portrait express).
Lillian (jish. — (Portrait expre.^s).
chef D. W. Griffith. — Germaine
Dulac.
Notes. — Louis Delluc.
Derrière l'écran. — Daven.
Spectacles.— Eve Francis. Raymond
Payelle.
Les pages de ma vie — Chaliapine.
Photos et portraits de S'vette
Andrevor. Griffith, Carol Dempster.
Lillian Gish, Richard Barthelmess,
Donald Crisp. Constance Talmadge.
Alfred Paget, Seena Owen, Robert
Harron, SéverinMars, Musidora. l.vda
Borelli. Sionoret. Asta Nielsen. Johan-
sen, Paul Claudel. Darius Milhaud.
Eleonora Duse. etc.
Imprimerie spéciale de cinéa, 84, rue Rochechouart, Paris.
Le gérant : A. Paty
8 Juillet 1921
Numéro 10
£■£"£• Hebdomadaire Illustré 4 ^ 4:
Louis DELLUC et A. ROUMANOFF, Éditeurs
io. Rue de l'Elysée, Paris - Tél. : Élys. 58-84
Abonn1. 75 fr.
Le N°. .. 2fr.
M
R
K
O
R D
Mollv. Marie-les-Haillons, Papa Longues-Jambes, Une pauvre petite riche. Dans les bas-fonds. Le Roman de Mary,
l'ollvanna. et il y a encore beaucoup de titres à citer de cette idole d'Amérique, que Louise Fazenda portaicture
ainsi : « La Princesse du contede fées, L'Arbre de Mai. La Poupée au sommet du sapin de Noël, Petits chats blancs ».
Les plus belles photos des "Trois Mousquetaires" (Série Pathé et Série Douglas Fairbanks)
La Société Française des Films Artistiques présente
la production nouvelle de " stars " comme Emmy Lynn,
Eve Francis, Gina Palerme, Elena Sagrary, Van
Daële, Modot, Footitt, Marcel Vibert, etc., etc.
GINA PALERME
La charmante vedette franco-américaine, aussi applau-
die à Londres qu'à New- York, entreprend une série
de comédies cinégraphiques dont la première : L'Eter-
nel Féminin, actuellement terminée, paraîtra bientôt.
cinea
:
:
D
PROGRAMMES M
CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 8 au Jeudi 14 Juillet
a* ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Les actualités de la semaine. —
Patbé-Revue.— L'Aventurier, comédie dra-
matique de Maurice de Marsan avec Chris-
tiane Vernon et Georges Lannes. — Reprise
de La Rafale, d'après la pièce d'Henri
Bernstein. Mise en scène de J. de Baron-
celli avec Fannie Ward. — Attraction : Le
trio Bel-air.
Parisiana, 27, boulevard Poissonnière.
— Amsterdam, plein air. — Le Champ de la
mort, drame. — Quel voyage de noces,
comique. — Parisiana-Journal, actualités.
— Le h ils de son père, comédie humoris-
tique interprétée par Lionel Ba rymore. —
Billv dieu d'amour, comique. — En sup-
plément de 7 h. 1/2 à 8 h. 1/2, excepté
dimanches et fêtes : La Fie. l'Amour, la
Mort, drame de Marie Corel] i.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre. — Patbé- Journal, actualités. —
L'amour et la haine, comédie dramatique
avee Pauline Frederick. — Pathé-Revue.
documentaire. — Supplément facultatif :
La Pocharde, 6e épisode : Le plus grand des
crimes.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. — Le Magnétiseur
comique. — Pathé-Revue. — Tout s'arrange,
comédie dramatique interprétée par Haie
Hamilton. — Charlie Chaplindans Chariot
et le. garde-malade, comique. — En supplé-
ment facultatif : Le Roi de l'audace,
oe épisode : Les deux supplices.— Le mer-
credi 13 juillet, en supplément au pro-
gramme : La Marseillaise, grande recons-
titution historique.
3<= ARRONDISSEMENT
Pallié-Temple. — Palhé-Jourual. —
Pathé-Revue 11° 28. documentaire. —
L'Homme aux trois masques, 12e épisode :
Le Justicier. — La Pocharde, 6e chapitre :
Le plus grand des crimes. — L'amour et la
haine, drame.
Palais des Fêtes, 8, rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée
Pathé-Revue, documentaire. — Louisiana.
comédie dramatique. — Paternité, corné-
dramatique interprétée par Lionel Belmore
et la petite Madge Evans. — La Pocharde.
6e chapitre : Le plus grand des crimes. —
Patbé- journal.
Grande salle des fêtes du 1er étage
Patbé-. tournai. — L'Amour et la Haine.
drame émouvant avec Pauline Frederick.
Un Aventurier, comédie sentimentale avec
Christiane Vernon et Georges Lannes. —
L'Homme aux trois Masques. 12- épisode :
Le Justicier.
4= ARRONDISSEMENT
Saint-Paul, 73. rue Saint-Antoine.
Lusambo. plein air. — Saint-Paul-Journal.
— L'Homme aux trois masques, 12e épisode:
Le Justicier. — Ribadouille a la berlue.
comique. — La Pocharde, 6e chapitre : Le
plus grand des crimes. — Par les cornes,
dessins animés. — La Vieille, comédie
sentimentale.
Mésange, 3, rued'Arras. — Pathé-Journal.
L'homme aux trois masques, 11e épisode :
Jean-Claude. — La pocharde, ^e chapitre :
Une lueur dans les ténèbres. — Quatre
vingt-treize, d'après l'œuvre immortelle de
Victor Hugo. Mise en scène de Capellani.
drame. 2*= époque (fin).
5e ARRONDISSEMENT
Chez Nous, 26, rue Mouftetard. — La
Petite du Sixième, comédie. — La Tisane.
— La Fortune de Polycarpe. — Du 15 juillet
au 16 septembre : Clôture annuelle.
Saint-Michel-Cinéma. 7, place Saint-
Michel. — Actualités. — Les Bas de soie.
comédie avec Constance Talmadge. —
L'ascension du Mont-Blanc. — < bilomene
fille de salle, comique. — Attraction.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Pathé-Revue n° 26, documentaire. —
Zigoto garçon de théâtre, comique. — La
Proie, comédie dramatique. — Gaumont-
actualités.— La Pocharde, drame en ^cha-
pitres. ,e chapitre : Une lueur dans les
ténèbres. — Attraction : Cornélius et Cons-
tance, danses excentriques. — Quatre-vingt-
treize, drame, 2e époque.
6e ARRONDISSEMENT
Régina-Aubert-Palace. 155, rue de
Rennes. — Aubert-Journal, les actualités
du monde entier. — Eddie Polo dans Le roi
de l'audace,ciné-roma.n en ioépisodes publié
par La Presse. 8e épisode : Une lutte de
géants. — Quatre-vingt-treize, drame. —
La Jalousie d'Hercule Bradfer, comique. —
Ames brisées, comédie dramatique inter-
prétée par Gladys Walton. — Le mercredi
13 Juillet, en supplément au programme :
La Marseillaise, grande reconstitution
historique.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Sèvres, 80 bis, rue de Sèvres.
(angle du boulevard de Montparnasse.
boulevard des Invalides). Fleurus 28-09. —
Pathé-Journal. — Un Aventurier, comédie
■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■a
THEATRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Directi' n : Téléphone :
P.MALLEVILLE ELYSÉE 29-46
THEATRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction : Té'éphone :
P.MALLEVILLE ELYSÉE 29-46
«■■■■■■ ■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■ «■
cinea
RÉPONSES A QUELQUES LETTRES
Swedish Biograph. — Les filnis suédois
que Gaùmont éditera la saison prochaine
sont : La Cbarctte fantôme (Korcarlen)
avec Sjostrora. — La 4- alliance de Dame
Marguerite , avec Einar Rod et Hildur Carl-
berg. — Maître Samuel, avec Sjostrom. —
Le Moulin en feu, avec Anders de Wahl.
— Vers te bonheur, avec Tora Teje et Lars
Hanspn. — A travers les rapides, avec
[enny Hasselquist et Mathias Taube. —
La veuve du pasteur. — Le Chevalier du
bonheur. — Sacrifice sublime. — La fille
des étudiants, avec Renée Bjorling et Ri-
chard Lund.
Roméo. — Aucun lien de parente entre
le mime Severin et l'acteur Séverin-Mars.
L'adresse de Karine Molander est : care of
Sxensk-fïlm Industri, iq, Kungs Gatan
Stockholm (Suède).
Eusèbe. — Les films Jewel (Carmen édi-
tés ici sont : Une volonté. La femme fardée,
Un drame d'amour sous la Révolution. Con-
quéror, L'éùouse de la peur. Le royaume de
l'amour. Le pardon du forçat. L'ineffaçable
tare, Eu scène pour la gloire. Torture. Cette
artiste est originaire de Danville (Keu-
tuckv) en [898. Son vrai nom est : Evelyn
Quick.
Strong Man. — Le dernier film de
Bessie BarriscaL se nomme La Doctoresse.
Ses partenaires dans ce film sont : Jack
Jack Holt. Mildred Manning, James Bar-
row. Wedgewood Nowell. L'action est
située au Far-West. A mon avis le seul
film italien qui soit supportable est Le
Faune avec Feho Mari et Héléna Ma-
kowska.
Ginette Palmyr. — Enid Markey dans
Le roman de Tartan, également dans Châ-
timent, Les Parias. Captain Harkley. Jus-
ticier
Ranchman. — Mais pourquoi me de-
mander toutes les semaines si W. Farnum
me plait ?
Marcel Justinien. — M. Dromàz, 1. rue
Franklyn (10e) vous donnera à bon compte
des notions pratiques et techniques de
projection et prise de vues.
Studio Girl. — Vous n'avez pas vu
cette scène dans le film, malgré qu'elle
figurait sur les photos exposées à la
porte? Tout simplement parce que sui-
vant leur bonnes habitudes, messieurs les
loueurs et exploitants ont t'ait leur petite
Anastasie (censure).
YoungGirl. — La nuise de Montmartre.
Mlle Geneviève Félix a paru dans le Bal-
lon Rouge. La Phalène Bleue. Les deux jar-
retières, L'ail de Si-Yves. Le Passe renaît,
La chimère avec Van Daèle. Miss Rovel .
Micheline. La Ferme du Choquai/, etc.
Gabriel H. — Votre lettre est bien sym-
pathique. — Morizot aimait vraiment le
cinéma. 11 en est mort. Cela a fait plaisir à
qui vous savez. — Nous n'aimons pas que
les films américains. Nous aimons les sué-
dois. Nous aimerions les italiens st.,. nous
aimons les français quand... Mais nous
sommes assez mal accueillis quand nous
préférons Marayana kjudex ou Villa Des-
tin à (jigolette. D'ailleurs lisez le prochain
Cinea. — Quant à Intolérance... Que nous
dire ? i° Un français très français ne peut
se sentir en compatibilité avec ce film là.
2" Certes Griffith est parfois irritant : a) par
ses prédications b). par ses effets forcés, c)
par son exploitation des nerfs publics etc.
— Mais... mais... — y avoir osé tenter
ces r\thmes parallèles (c'est plus fort que
l 'Atlantide , vous savez) c'est bien. 4" Le
Christ. Pourquoi renoncer à Cana à cause
de Véronèse ? On renoncerait à tout, 5° Ba-
bvlone.Les murs sont en carton, mais pas
la princesse, ni le prince, ni l'armée, ni la
fougue, ni la vigueur. La vérité historique?
Vous ne savez pas que Dumas père est un
grand homme. ..6" Lillian Gish. Vous avez
tort 7" Le drame moderne. Aucune valeur
d'idées. Mais nousavons M. Brieuxqui ne
vous indigne pas 8" Mac Marsh a par ins-
tants atteint le pathétique. Mon Dieu, oui!
90 Eh bien, êtes vous sûr que ce soit uni-
quement un film de 10 millions. Alors par-
lons un peu des films français, par exemple,
qui ont coûté plusieurs millions. io° Au
plaisir de vous lire.
Daniel. — Vous confondez : Darwin
avait raison n'est pas interprété par M. de
Lamarzelle. mais par un chimpanzé très
bien dressé.
Who. Knows. — Antonio Moreno est
né a Madrid en 1888 ; Norma Talmadge a
23 ans : Alla Nazimova a 40 ans : William
Russel 33 et Robert Warwick 59.
Barrabas. — Vous n'aimez pas René
(j'este ?... Pas possible !
M. Collkt. — Vous préférez les films
français aux films américains et suédois.
Quel courage !
Mater Dolorosa. — Vous aurez certai-
nement rectifié, de vous même, l'erreur
qui s'est glissée dans la rédaction de notre
dernier numéro. — Mme Emmy Lynn
n'est que l'interprète d'Henry Roussell.
Lectrice. — Suzanne Talba, oui la même
que dans Rose de Grenade. Vous la rever-
rez prochainement.
M. Cassagnes. — Faites nous parvenir
vos scénarios : nous les examinerons et
vous dirons ce qu'ils valent.
Poppy. — L'adresse de Richard Lund est
Schlelegatan, 15, Stockholm (Suéde).
Curieuse. — Lou Tellegen est le mari de
Géraldine Farrar, il est ne en Grèce. -
L'adresse de Costa Ekman est : 47. B. Ny-
brogatan, Stockholm (Suéde). — Mary
Johnson ne donnant pas son adresse parti-
culière, écrivez lui : AB. Svensk Film In-
dustri K). Kungsgatan. Stockholm (Suèdei.
Famé and Fortune. — Le titre améri-
cain de L'Ile du Saint est Down to Earth.
celui de Douglas au pays des mosquées est
Bound In Morocco. celui du lieutenant
Douglas est Arizona.
Système D. — L'Homme invisible est in-
terprété par Potiron et non pas par M. de
Valéra.
Admirateur. — Vous reverrez Gine
Avril dans Les Trois Lvs de H. Desfontaines.
Edition Septembre. Oui. Speranza dans
Les Trois Masques de H. Krauss.
Strong Man. — Les Associated I rod 11-
cers sont au nombre de 7: Thomas H.Ince.
Maurice Tourneur. Allan Dwan. Marshall
Neilan, George Loane Tucker, John Parker
Read J. Mack Sennett. Rien de commun
avec les Big Four ( United Artists) compo-
ses de David W. Griffith. Charles Chaplin.
Douglas Fairbanks. Mary Pikford.
??? — Non. ne pas confondre Les Trois
Masques et L'Homme aux Trois Masques.
Méphisto. — Ce rédacteur qui vous a
répondu que Lillian Gish est mariée à Da-
vid W. Griffith est bien mal informé. Ce
dernier est l'époux de Linda Griffith une
ancienne artiste de cinéma. Le nom de
l'interprète du Majordome dans le Monas-
tère de Sendomir, m'est complètement
inconnu. Je n'ai jamais vu Jean Périer. par
conséquent...
Carmen Whithe. — Gustave Téry et Clé-
ment Vautel feraient mieux de parler
politique que cinéma. Quant à ce dernier.
c'est très probablement en raison des suc-
cès ramassés lors de l'édition des Petits
Tyrans.
Rose Rouge. — Maurice Tourneur a
tourne de juin 1919 a 1020 : The Life Line
avec Lew Cody, jack Holt. Pauline Starke
et Seena Owen. Victory de Joseph Conrad,
avec jack Holt. Seena Owen et Lon Cha-
ney. Treasure Island de R. Stevenson, avec;
Shirley Mason. Lon Chanev et Charles
Ogle. Deeps IVaters avec jack Gilbert et
Barbara Bedford. The H hi/e Circle deR.L,
Stevenson avec Spottiswood Aitken. Jack
Gilbert etWesley Bârry.
Champion. — Le rôle du vieux cordon-
nier dans Cupidité est tenu par Howard
Hickmann, mari et metteur en scène de
Bessie Barriscalé.
LŒ11 de Chat.
cinea
sentimentale de Maurice de Marsan, inter-
prétée par Christiane Vernon et Georges
Lannes. — Quatre-vingt-treize, grand drame
en 2 époques d'après l'œuvre de Victor
Hugo. — Mme Martinelli, de l'Opéra-Com.
Cinéma Recamier, 3, rue Récamier. —
La Pocharde, ce époque: Une lueur dans les
ténèbres. — Quatre-vingt-treize, 2« époque.
— Loin du Cœur, comédie dramatique. —
Pathé-Journal.
Cinéma Bosiuet, 83, avenue Bosquet.
Direction G. Moyse. — L'Héritage de Ger-
trude, comédie comique. — L'Homme aux
trois masques, < ie épisode : Jean-Claude.
— Le Duc de Reicbstadt, merveilleuse
reconstitution historique de l'épopée napo-
léonnienne.
9e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 66-19. Directeur :
M. A. Jallon. — Eclair- ournal. — L'homme
aux trois masques, i2<= épisode : Le Jus-
Deux amis de la nature, documentaire. —
Chariot mitron, comique. - Les Naufragés
pusort. drame. Intermède: Les Chabas.
musicaux.
DHta-Palace-Cinéma, 17, boulevard
Rochechouart. — Delta-Journal. — Le
Tourbillon, 12e épisode : Le Châtiment. —
Les bas de soie, comédie. — Fatty bolchevik.
comique. — La Grande Kabvlie, plein air.
— La Représaille, comédie dramatique en
3 parties avec Clara Wieth. — Intermède :
Vylna, le fin diseur dans son répertoire.
10e ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Tivoli-Journal. — Pathé-Revue, n° 28. —
L'homme aux trois masques, 12e épisode: Le
Justicier. — Ribadouille a la berlue, comi-
que. — Le navire abandonné, drame marin.
— L'Amour et la Haine, drame.
Crystal Palace-Cinéma. 9, rue de la
Fidélité, 96, faubourg Saint-Denis. —
Nord (07-59. — La Nuit du 1 ?, drame inter-
prété par Yvette Andréyor. — Cœur de
mannequin, comédie dramatique interpré-
tée par Francelia Billington. — Palace-
Joumal, actualités de la semaine. —Attrac-
tion : Harford. dessinateur express.
ue ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace. 95, rue de la
Roquette. — Aubert-Joumal. — Eddie Polo
dans Le roi de l'audace, ciné-roman en
10 épisodes publié par La Presse, 9e épi-
sode : Les deux supplices. — Pauline
Frederick dans L'Amour et la Haine, comé-
die dramatique. — La Pocharde, drame en
12 épisodes, 6e épisode: Le plus grand des
crimes. — L'impossible aveu, comédie.
12^ ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lvon. — Gaumont-
Actualites. — La Pocharde. h- chapitre :
Le plus grand des crimes. — Patbé-Revue,
documentaire. — Les deux bambocheuis.
comique. — Ame sauvage, drame avec
Francesca Bertini.— Attraction : Miss Athea
conlorsouuis/e. — Henry B. Walthall dans
Le Vengeur, Comédie dramatique.
13e ARRONDISSEMENT
Gobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
— liécasson est étourdi, comique. —
L'homme aux trois masques. 10e épisode :
Jean-Claude. — La Pocharde, 5e chapitre :
Une lueur dans les ténèbres. — Quatre-
vingt-treize, drame. 2e époque. — Deux
bons maris, comique. — Pathé-foumal.
14e ARRONDISSEMENT
Gaité, rue de la Gaité. — Pathé-Journal.
— Le lièvre et la tortue, dessins animés. —
L'Homme aux trois masques. 12e épisode :
Le Justicier. — La Pocharde, 5e chapitre:
Une lueur dans les ténèbres. — Quatre-vingt-
treize, drame, 2p époque. — Deux bons
maris, comique.
Sr>lenJide Cinéma 3. rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Tulle et
Brives, plein air. — Les actualités de Splen-
dide-Ciuéma. — La Chute dans le vide.
aventures. — La Revanche d'un timide.
comédie avec Charles Rav. — La légende du
Saule, fantaisie dramatique interprétée par
Viola Dana.
i5e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Pathé-
Journal. — Le lièvre et la tortue, dessins
animés. — L'homme aux trois masques,
12e épisode : Le Justicier. — La Pocharde,
5e chapitre : Une lueur dans les ténèbres.
— Quatre-vingt-treize, drame. 2e époque.
— Deux bons maris, comique.
Splendid-Cinéma-Palace, 60, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Pathé-Journal. — Du Japon aux
îles de Polynésie , documentaire. — L'homme
aux trois masques. 12e épisode : Lejusticier.
— La Nuit du 1 ?, drame avec Yvette
Andréyor. — Quatre-vingt-treize, drame.
— Fridolin déménageur, comique. — Inter-
mède : Georges Régis, de l'Opéra. — Tous
les jeudis à 2 h. 1/2 : Matinée spéciale pour
la jeunesse.
Grand Cinéma Lecourbe, 115-119, rue
Lecourbe. Saxe 56-45. —Gaumout-actualités.
— Loin du cœur, comédie dramatique
interprétée par William Hart. — La chute
de Rome sous nez rond, comique. — Le
diamant de la couronne, comédie d'aven-
tures jouée par Irène Castle. — Attraction :
The Labat Duo. jongleurs et sauteurs
arabes.
Vaugirard-Cinéma, rue de Vaugirard,
273, — Programme du 8 au 10 juillet. -
Deux femmes pour trois maris, comique. —
Apres l'Abandon, comédie dramatique et
sentimentale. — Attractions : Little Joe.
acrobates de précision : Dunand. ténor
bouffe dans son répertoire. — La vieille.
charmante comédie. — Pathé-Journal, actua-
lités. — Programme du i i au 14 juillet.
— Comme papa, comique. — La Pocharde.
5° épisode : « Une lueur dans les ténèbres »>.
— Le navire abandonné, comédie dramati-
que. — Attractions : Georges de Gey, magi-
cien humoriste ; Coignac, chanteur à voix
dans son répertoire. — Quatre-vingt-treize,
2- époque. — Pathé-Journal. actualités.
i6<= ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 8 AU I LUNDI JUILLET.— La pOclhlldc,
(■>* épisode : Le plus grand des crimes. -
Côte Scandinave, plein air. — L'ahurissant
concierge, comique. — Pathé-Journal, actua-
lités. — La lutte pour la vie. comédie. -
Fatty bolcbewik, comique. — Programme
DU MARDI 12 AU JEUDI 14 JUILLET. — ClUC-
Maga{ine, documentaire. — Sons la mer,
instructif. — L'Homme aux trois masques-,
12e épisode : Le Justicier. — Le lièvre et la
Tortue, dessins animés. — Eclair- ournal.
actualités. — Ames brisées, comédie. —
La Vengeance d'Hercule Bradfer. comique.
Mozart-Palace, 49, 5 i,rue d'Auteuil.iôe.
— Programme du vendredi 8 au lundi i i
juillet. — Ciue-Maga{ine, documentaire.
Sous la mer, instructif. — L'homme aux
trois masques, 12e épisode : Le Justicier. —
Le lièvre et la tortue, dessins animés. —
Eclair-Journal. — Ames brisées, comédie. —
La Vengeance d'Hercule Bradfer. comique.
Programme du mardi I2aujeudi 14 Juillet.
— Cote Scandinave, plein air. — L'ahuris-
sant concierge, comique. — / atbc-Jourual.
La lutte pour la vie. comédie. — Fattv bol-
cbewick, comique.
Le Régent, 22, rue de Pa'ssy. — Les envi-
rons de Strasbourg, documentaire. — Lou-
lou, comédie dramatique. — Le Trésor.
comédie avec Mary Pickford. — Le Magné-
lis, ur. comique.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue
Malakoff. — Sur le Gemmier Glass. plein
air. — Rose Marv. la fée aux poupées.
comédie sentimentale interprétée par Marv
Miles. — Les aventures d'un Cbimpauee,
avec le chimpanzé Jack.
17e ARRONDISSEMENT
Cinéma Demours. 7, rue Demours,
Directeur: M. F. Destannes. — Wag. 77-66.
— La vie dans l'Idaho. voyage. — L'Homme
aux trois masques. 12e épisode: « Le Justi-
cier ». — Eclair-Journal, actualités. —
Les découragés, grand film dramatique en
0 parties.
Villiers-Cinéma, 21. rue Legendre. —
Direction : M. Hermua. — A travers la
France : La Provence pittoresque. — Eclair-
Journal, actualités. — Zigoto garçon de
théâtre, comique. — Le roi de l'audace,
9e épisode : « Les deux supplices ». — La
Proie, comédie dramatique. — Intermède :
Riquin.
Royal Wagram. avenue Wagram. —
Récolte du liège en Algérie, film documen-
taire. — Un aventurier, comédie senti-
mentale.— L'amour et la haine, cinédrame
en 4 parties. — Pa/hé- ournal. — La Po-
charde. (v chapitre : « Le plus grand des
crimes ».
Lutetia-Wagram. avenue Wagram. —
Patbe Revue. — Francesca Bertini dans
Ame sauvage, drame en 4 parties. — Un
scandale a l'école, comique. — Haie Hamil-
ton dans Tout s'arrange, comédie. — Ré-
cinea
naissance d'une nation : Le plus bel enfant
de Belgique. — Gaumont-actualités.
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
— Au pars des glaces fumantes. — Le
Tourbillon, 12'' épisode : «Châtiment ». —
Patbé-Journal, actualités. — Faute de Jeu-
nesse, comédie. — Fabienne Fàbrèges dans
Les caprices du destin.
Le Select, 8, avenue de Clichy. —
Les lieux bamboebeurs, comique en 2 par-
ties. — Un aventurier, comédie sentimen-
tale. — Gaumont- Actualités.. — f'athé-
Revue. — Owen Moore dans Un homme
en loterie, comédie. — Renaissance d'une
nation : Le plus enfant de Belgique.
Batignolles-Cinéma, 59, rue de la Con-
damine. — Programme du 8 au 10 juillet.
— Comme papa, comique. — La I oebarde,
Se épisode : « Le plus grand des crimes ».
— Le navire abandonné, comédie dramati-
que. — Attraction : l.eorgesde Gey, magi-
cien humoriste. — L'amour et la haine.
drame avec Pauline Frederick. — Patbé-
Journal. — Programme du i i au 14 juillet.
— Deux femmes pour trois maris, comique.
— Réjane dans Miarka la fille a l'ourse. —
Attraction : Lille Joe. équilibriste de pré-
cision.— La vieille, comédie sentimentale.
— Patbé-Journal
Cinéma Legendre, 128, rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Legendre- Actua-
lités.— L'Héroïsme de Billv, comique en
2 parties. — Courses de taureaux éi Lnuel
(Hérault), actualité. — L'bomme aux trois
masques, 12e et dernier épisode : <» Le Jus-
ticier ». — L'instinct qui veille, grand
drame des mers arctiques en 5 parties. —
Sur scène : Nossam et sa chienne Caroline.
numéro de chant et dressage, comique.
18e ARRONDISSEMENT
Barbes- Palace, 34, boulevard Barbes,
Direction : L. Garnier. — Nord 35-68. —
Un aventurier, comédie dramatique. —
Le Champion, comédie sportive avec
Charles Ray. — L'homme aux trois masques.
12e épisode : « Le Justicier ». — Attraction :
Les Hoxis, cyclistes comiques.
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43.
— Maurice Robert, directeur. — Les Actua-
lités de la semaine. — Le Renard et le Cor-
beau, fable de La Fontaine, animée par
O'Galop, — Le singe d'Afhalie, scène ultra-
comique. Ames d'avares, interprété par
Joyce Dearsley et Henri Victor. — L'Homme
aux trois masques, 12e épisode : « Le Justi-
cier ». — Intermède de Music-Hall : Les
Sherry' Girls, chanteurs et danseurs à
transformations.
Montcalm-Cinéma. 134, rue Ordener. —
Actualités Gaumont. — Au pays des loups.
comédie dramatique. — La Pocbarde.
6e chapitre. — Voleurs de fouines, 11e épi-
sode. — Sur scène : Novil, de Concordia.
Marcadet-Cinéma-Palace,
110, rue
« Le plus grand des crimes ». — Fridolin
déménageur, comique. — Miarka la filL à
l'ourse, interprétée par l'artiste regrettée
Réjane. — Attraction : le célèbre chanteur
de l'Eldorado Vorelly.
Palais-Rochechouart. 56, boulevard Ro-
chechouart. — Aubert-Journal, les actuali-
tés du monde entier. — Le roi de l'audace,
ciné-roman en 10 épisodes publié par La
Presse, 9e épisode : « Les deux supplices ».
— Pauline Frederick dans L'Amour et la
Haine, drame. — La Pocbarde, grande
série française en 12 épisodes, d'après le
célèbre roman de Jules Mary. (>" épisode :
» Le plus grand des crimes ». — Le dia-
mant de la couronne, drame d'aventures
interprété par Irène Castle.
19e ARRONDISSEMENT
Alhambra-Cinéma, 22, boulevard de la
Villette — Directeur-propriétaire, M. Vic-
tor Meunier. — La chasse aux mille lions.
comique. — - L'Homme aux trois masques,
10e épisode. — Actualités- Pathé. — La
Pocbarde, se épisode. — La nuit du 1 3. —
A chaque séance Les chansons filmées de G.
Lordier.
Secrétan. 7, Avenue Secrétan . — Patbé-
Journal. — Patbé-Revue 11" 28, — L'Homme
aux trois masques, 12e épisode :«LeJusti-
cier ». — — La Pocbarde, b? chapitre :
« Le plus grand des crimes ». — L'Amour
et la Haine, drame d'après Clyde Fitch.
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Renaissance d'une nation : Le plus
bel enfant de Belgique. — Patbé-Journal. —
La chasse aux mille lions, comique. —
Jacqueline Forzane dans La Pocbarde,
6« épisode : » Le plus grand des crimes ».
— Attraction : Les Rasy Stars. — André
Nox dans Le sens de la mort, drame philo-
sophique de Paul Bourget.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualités. — Elsie
Ferguson dans Les yeux morts, comédie
dramatique en 4 parties. Renaissance
d'une nation : Le plus bel enfant de Belgi-
que. — Attraction : René de Buxeuil, chan-
teur au piano dans ses oeuvres. — La
j c 1 n e a j
■ ■
■ ■
■ ■
! demande à MM. les i
■ ■
■ ■
■ ■
Directeurs de Cinéma i
■ ■
■ ■
■ ■
| d'envoyer leur programme j
■ ■
■ ■
j dix jours d'avance à j
■ ■
■ ■
■ ■
■ ■
c i n é a I
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — La Pocbarde, 6e épisode:
pocbarde, 0= chapitre : « Le plus grand des
crimes ».
20^ ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — Charlie Chaplin dans Chariot et
le mannequin, comique. — La nuit du 1 ;.
grand drame interprété par Yvette An-
dreyor, André Dubosc et Jean Toulout. —
Attraction : Brown dans son répertoire.
Eddie Polo dans Le roi de l'audace.
ciné-roman en 10 épisodes. 9e épisode :
« Les deux supplices ». — Gladys Walton
dans Ames brisées, comédie dramatique.
— La chasse aux mille lions, comique.
BANLIEUE
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — Quatre-vingt-
treize, d'après l'œuvre de Victor-Hugo,
première époque. — La pocbarde, 4e cha-
pitre : «. Un crime dans les ruines ». —
L'homme aux trois masques, u« épisode:
A Jean Claude ». — Huguette Duflos dans
Lily Vertu, comédie sentimentale.
Levai lois. — Patbé-Journal. — Patbé-
Revue 11° 26. — L'homme aux trois masques.
11e épisode : «Jean Claude ». — Attraction:
Marthe Ilda, diseuse à voix. — La Pocbarde.
4e chapitre : « Un crime dans les ruines ».
— Quatre-vingt-treize, drame d après-1 œu-
vre immortelle de Victor-Hugo, première
époque.
Clichy. — Pathé- tournai. — Patbé-Revue
n°28. — L'Homme aux trois masques, 12 épi-
sode : « Le justicier », tin. — La Pocbarde,
6e chapitre : « Le plus grand des crimes ».
— L'Amour et la Haine, drame.
Olympia Cinéma de Clichy. — Owen
Moore dans Un homme en loterie, comédie.
— Eddie Polo dans Le Roi de l'audace.
4« épisode : « Le mauvais destin ». — Les
deux bamboebeurs. comique en 2 parties. —
Attraction : Les Dionnes, barrîtes serio-
comiques. — May Allison dans La Lumière
du Monde, comédie. — Gaumont-Actualifés.
Mont rouge. — Une biscuiterie moderne.
documentaire. — Montrouge-actualiiés, faits
divers mondiaux. — L'homme aux trois
masques, 12e épisode : « Le justicier ». fin.
— Coquin de printemps, comique. — Le
lièvre et la tortue, d'après la fable de
La Fontaine, dessins animés. — L'Oiseau
s'envole, drame joué par Dorothy Phillips.
Bagnolet. — Patbé-Journal. — Patbé-
Revue n° 28. — L'homme aux trois masques,
12e épisode :« Le justicier ». — La pocbarde.
6e chapitre : « Le plus grand des crimes ».
— L'amour et la haine, drame.
Vanves. Patbé-Journal, faits divers
mondiaux. — Le renard et le corbeau.
d'après la fable de La Fontaine, dessins
animés. — L'homme aux trois masques.
i2« épisode : « Le justicier ». fin. — La
Pocbarde, 5e chapitre : « Une lueur dans
les ténèbres ». — Quatre-vingt-treize,
drame, deuxième époque, fin. — Deux bons j
maris, comique, joué par Harrv Pollard,
cinea
MAX LINDER
Max Linder, venu de Californie à New-York
pour l'édition de sa deuxième comédie en cinq
parties, a réuni en un dîner quelques autres
Français de marque, également de passage à
New-York. Il v avait la : Abel Grance et son
administrateur M. de Bersaucourt, Mme Lé-
once Perret. Albert Capellani. Carperitier et
son manager Descamps, et Henri Roussell.
cinea
MM LES FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Les portes de l'enfer
Des hommes aux larges épaules,
aux yeux bleus, parfois rêveurs
comme de grands enfants, parfois
ivres de sang, comme des Herserkrs,
ont sillonné l'Atlantique, bravé les
tempêtes et les icebergs, colonisé
L'Amérique, poussé à travers les
plaines plus stériles que l'océan pour
aller chercher les deux richesses
blondes, le blé et l'or.
Et cependant des femmes aux traits
lourds d'idoles syriaques, aux yeux
sombres, aux lèvres fardées, aux
danses lascives, quittaient la loin-
taine Judée, esclaves chassées sous
le fouet, ou vaincues fuyant la patrie
dévastée et, après avoir fait escale
dans les ghettos d'Europe poursui-
vaient leur quête, habiles, elles et
leurs frères, à gagner l'or et le blé
par tous les moyens autres que de
les arracher des entrailles de la
terre.
Dans un saloon du Far- West s'at-
tablent les enfants d'Odin et les des-
cendants de Mylitta, représentés.
mieux que par quiconque, par Wil-
liam Hart et Louise Glaum.
L'enfant d'Odin aime la lutte, mais
il aime aussi qu'il y ait franc jeu,
fair plcty. Et quand un de ces
pauvres prédicants de l'ouest, que
M. Pierre Benoît, du fond de son
confortable cabinet, trouve si ridi-
cule, tombent lâchement assassiné
devant sa chapelle en flammes, il le
venge. Un tiscin de l'incendie embrase
à son tour le Walhall sauvage Et le
vengeur, contemple la cité en cen-
Faut=il admettre que le
m
m
[ génie français s'expri=
m
me particulièrement
m
par le théâtre, comme
m
j le génie anglais par le
roman ou le génie amé=
m
m
• ricain par le film. 4 4
dres, debout entre une croix de bois
et une enfant qui pleure.
Le voile du bonheur
La différence entre les esthétiques
française et américaine se révèle
dans la transformation qu'a subie,
en traversant l'Atlantique, la pièce
de Georges Clemenceau. Au vieux
mandarin s'est substituée une jeune
fille aveugle; et la conclusion n'est
plus la rentrée volontaire dans la
nuit du guéri récalcitrant, mais la
disparition de l'ami qui n'a pu four-
nir de prétextes aux rêves que tant
que la réalité demeurait ignorée.
Ce passage alternatif, incessant de
la réalité au rêve, c'est le domaine
propre du cinéma, et Thomas Ince
y est maître. La charmante Enid
Bennett est un instrument intelligent
et sûr aux mains d'un bon meneur
du jeu.
Charité
J'ai été de ceux qui refusaient de
voir le lien entre la prise de Baby-
lone, le procès de Jésus-Christ, l'hy-
pocrisie des organisations chari-
tables, et le récit mélodramatique
d'une erreur judiciaire. Mais telle est
la puissance d'une œuvre achevée
qu'à contempler les pièces recousues
de ce récit j'avais une impression de
lacune, de morcellement II aurait
fallu arriver là sans avoir vu et revu
Intolérance. Ceux à qui leur jeu-
nesse donne cet avantage pourront
admirer sans souvenir et sans ar-
riére-pensée, le rythme presqueexces-
sif de l'oeuvre, les broderies si riches
et si variées que le génie de Griffith
a jetées sur un canevas au fond mé-
diocre, le jeu sobre et pathétique de
Mac Marsh, la jeunesse de Robert
Harron et son angoisse étonnée de-
vant la mort.
L'arrêt du destin
Ce n'est vraiment pas la peine que
les cinéastes américains aient sous la
main les climats les plus variés, les
paysages les plus splendidcs, les
marais de la Floride, les lacs et les
bois des Adirondacks, les cascades
du Yosemite, les bayous de la Loui-
siane, les méandres du Mississipi,
les forêts ondoyantes du Shasta, les
geysers du Yellowstone, pour venir
nous conter d'aussi vilaines histoires
d'assassinat et d'empoisonnements,
que tout le talent de John Barrvmore
rend à peine acceptables.
Chacun sa race
Nul n'admire plus que moi Sessue
Hayakawa. mais en vérité la fabri-
cation en série lui fait parfois dépas-
ser les limites permises. Que signifie
cette Inde invraisemblable, ou contre
des Bouddhistes révoltés intervien-
nent des troupes américaines I Qu'on
nous rende The call o the east si
pauvrement dénommé Œil pour <vil.
L'immigrante
Le danger du cinéma, c'est la pour-
suite simultanée de plusieurs lièvres.
Il est tentant d'utiliser le visage
expressif, le talent dramatique de
Valeska Suratt; il est tentant de
montrer une digue qui saute, un ré-
servoir qui se vide. Mais ces deux
objectifs se nuisent réciproquement,
la mise en scène étouffe la psycho-
logie et une œuvre commencée tic
manière originale et intéressante
tourne au mélodrame.
Lionel Landry .
Vous n ignorer pas,
m
: Madame, quil n est de
■ !
: bonne toile que de Cho=
; ;
let, ni de bon riz que
des Carolines. Mais
m
m
j pour un film... allons
m
au cinéma du coin. 4 4 i
cinea
LES TROIS MOUSQUETAIRES
(ÉDITION FRANÇAISE)
Henri Rollan
(Athos)
Martinelli
(Porthos)
Aimé Simon-Girard
(d Artagnan)
DE GUINGAND
(Aramis)
LES TROIS MOUSQUETAIRES
d'après l'œuvre célèbre d' Alexandre Dumas père et Auguste
Maquet. ^ilise en scène par M. H- Diamant-Berger
en collaboration avec M- Jindreani- Décors de
Rob ,Mallet-Slevens
l.e Cardinal de Richelieu MM. de Max
M. de Tréville .. .. .. Desjardins
D'Artagnan .. .. ■. .. Aimé Simon-Girard
Athos. .. Henri Rollan
Porthot .• Martinelli
Aramis -. De Guingand
Bonacieux .. Joffre
Louis XIII •. .. Rieffler
De Rochefott Baudin
Planchet .. .. ■ •■ .. A- Bernard
Mousqueton .. Vallée
Bazin.. ., . ,- Stacquet
Grimaud Pré fils
Lord de Wmter Jacquet
Felton.. .. . .. Paul Hubeit
Duc de Buckingham ..
D'Artagnan père .
Milady de Winter
Madame Bonacieux
La Reine Anne d'Autriche
Duchesse de Chevreuse ..
Dona Stéphana
Biunelle
Charlier
Mmes Claude Mérelle
. .. Pierrette M»d
• . Jeanne Desclos
Larbaudière
. .. Altem
Mme d'Artagnan, mère .... Vaudry
La Supérieure du Couvent de Béthune .. Mme Joffre
8
cmea
LES TROIS MOUSQUETAIRES
ÉDITION FRANÇAISE
LA PAIX ET L'AMOUR
Pour une femme absente
— ce n'est pas l'Artésienne —
les 3 Mousquetaires, qui sont
quatre, se sont pris de que-
relle avec leurs adversaires
politiques (parti du Cardinal)
avec toute la flamme qu'il
faut pour organiser une
grande bataille en miniature.
cinea
LES TROIS MOUSQUETAIRES
ÉDITION FRANÇAISE
LA GUERRE ET LA GLOIRE
Le Comte de la Eère, dit
Athos. présente l'étendard
des Mousquetaires au Cardi-
nal de Richelieu dans son
camp de La Rochelle.
n
cinea
M M
PORTRAIT EXPRESS
M M
DOUGLAS
FAIRBANKS
Naquit le 23 mai 1883 à Denver
Colorado).
Son père voulait qu'il embrasse la
carrière des mines; mais il l'aban-
donna rapidement pour le théâtre où
il connut le succès dans Richelieu,
Her Lord and Maxtor ail for a girl,
The Pit, A Gentleman from Missis-
sipi, The Cub, Two Little Soldier
Boys, A Gentleman at leisure, Fren-
zied, Finance, Clothes, Officer 666,
The Light of London, Haivthorne
U. S. A., The Neiv Henrietta, He
Cornes Up Smiling, Regular Busi-
ness Mari.
Il vint au cinéma en 1915.
Ses Films :
Triangle Fine Arts 1915-1917.
The Lamb (Le Timide) avec Seena
Owen et Monroë Salisbury.
The good bad Mail (Paria de la vie)
avec Bessie Love.
Manhattan Madness (Lne aventure
à New-York) avec Jewel Carmen.
American Aristocraty (Parvenus
Américains) avec Jewel Carmen.
His Pictures in the Papers (Sa photo
dans les journaux).
The Habit of Happiness (inédit ici).
The Half Breed (Le Métis) avec
Aima Rubens et Jewel Carmen.
The America no (L'Américain) avec
Aima Rubens.
The Matrimaniac (inédit ici) avec
Constance Talmadge.
Double trouble (édition prochaine).
Paramount-Artcraft .
In again ont again (inédit ici) avec
Arline Pretty et Bull Montana.
Scénario d'Anita Loos. Réalisation
de John Emerson.
Wild and Woollg (Sa revanche) avec
Eileen Percy et Joë Singleton.
Scénario par H. B. Carpenter. Réali-
sation de J Emerson.
Doivn to Earth (L'Ile du Salut) avec
Eileen Percy et G. V. Seyfertitz.
Scénario d'Anita Loos. Réalisation
de J. Emerson.
The Man from « Painted Post » (Le
Sauveur du ranch) avec Eileen
Percy et Frank Campeau.
Scénario par Jackson Gregory. Réa-
lisation de Joseph Henaberry.
Reaching for the Mo on (Douglas
dans la lune) avec Eileen Percy et
Frank Campeau.
Scénario et réalisation de John Emer-
son.
A Modem Muskeleer (Douglas, le
nouveau d'Artagnan) avec Marjorie
Daw et Frank Campeau.
Scénario et réalisation d'Allan Dwan.
Headin' South (Douglas for ever)
avec Katherine Mac Donald et
Frank Campeau.
Scénario d'Allan Dwan. Réalisation
d'Arthur Rosson.
Mr. Fix-It (inédit ici) avec Wanda
Hawley, Margery Daw et Kathe-
rine Mac Donald.
Scénario etréalisation d'Allan Dwan.
Say Young Felloiv (Douglas repor-
ter avec Margery Daw et Frank
Campeau.
Scénario et réalisation de Joseph
Henaberry.
Bound in Morocco (Douglas au pays
des mosquées)avec Pauline Curley .
He Cornes Up Smiling (Douglas a le
sourire) avec Margery Daw et
Frank Campeau.
Scénario de Charles Sherman. Réali-
sation d'Allan Dwan.
Arizona (le lieutenant Douglas) avec
Margery Daw et Franc Campeau.
Scénario d'Augustus Thomas. Réali-
sation de Douglas Fairbanks.
A Kniekerbocker Buckaroo (Dou-
glas brigand par amour) avec Mar-
gery Daw et Frank Campeau.
Scénario de D. Fairbanks. Réalisa-
tion Albert Parker.
United Artist's (Big Four).
His Majestij the American avec
Kathleen Clifï'ord.
When the clouds roll by avec
Kathleen Clilï'ord.
The Mollycoddle avec Ruth Renick
et Wallace Beery.
The Mark of Zorro (dans ce film
Douglas joue un [double rôle) avec
Margueritte de la Motte et Robert
Mac Kim.
Scénario de Johnston Mac Culley.
Réalisation de Fred Niblo.
The Three Musl.etcers avec Margue-
ritte de la Motte, Léon Bary,
Georges Siegman et Eugène Pal-
lette.
Scénario de Fred Niblo et Edward
Knoblock d'après le roman d'A.
Dumas. Réalisation Fred Niblo.
•
Douglas a les yeux marron, les
cheveux noir d'ébène, le teint très
hâlé, mesure 1 m. 75 et pèse 73 kgs.
C'est un fanatique de tous les sports
de la vie au grand air.
Voici son adresse :
Douglas Fairbanks
Fairbanks Pictures,
(5284, Selma Avenue,
Hollywood (California).
Lorsque Vous trouvez
qu'une reVue Vous inté=
resse, Vous fournit des
renseignements, des
gravures, des articles
que Vous ne trouvez pas
ailleurs, la conclusion
logique doit être de
Vous abonner. ££ ££
cinea
LES TROIS MOUSQUETAIRES
ÉDITION AMÉRICAINE
DOUGLAS FAIRBANKS F.T EDWARD KNAUBLOCK
Douglas répète un jeu de scène
pour Les Trois Mousquetaires
devant Edward Knaublock, le
célèbre dramaturge américain,
qui a tiré le scénario du roman
d'Alexandre Dumas père. Au
tond, la villa des Fairbanks-
Pickford, à Beverlev Hill^
(Californie!.
12
cinea
LES TROIS MOUSQUETAIRES
ÉDITION AMÉRICAINE
LA PREMIÈRE CHEVAUCHÉE DK D'ARTAGNAN (DOUGLAS FAIRBANKS) SUR LA ROUTE DE MEUNG,
LES TROIS MOUSQUETAIRES
Adaptes du roman d Alexandre Dumas par Edward Kno-
btock- 'Découpage de Fred Niblo , directeur de
réalisation. Décors par Edward M Langley.
Studio Robert fBrunton et
Studio l'airbank*
D Aitagnan Douglas r"airbanks
Athos Léon Bary
Porthos - ■ ■ - Georges Sieamann
Aramis Eugène Pallette
Buckingham Thomas Holding
de Tréville Willis Robards
Louis XIII Adolphe Meujon
Cardinal de Richelieu ■ . Nigel de Brulier
de Rochefort Boyd Irwin
Frère JosepU Lon Poff
Planchct • . Charles Stevens
Boniface S- Franklin
Milady Barbara la Marr
Constance Bonacieux Marguerite de la Motte
La Reine Mary Mac Laren
cinea
13
LES TROIS MOUSQUETAIRES
ÉDITION AMÉRICAINE
IA VOCATION DE 1) ARÏAl'.NAN
Dans la vieille gentilhommière
de Gascogne, le futur mousque-
taire évoque sur la garde d'une
epée de grandes choses comme
l'honneur, la gloire, l'amour, et
des choses moins grandes mais
bien amusantes comme la
guerre, les duels, les querelles
de tavernes et les plaisanteries
qui font rougir les filles.
M
cinea
LES TROIS MOUSQUETAIRES
ÉDITION AMÉRICAINE
DOUGLAS FA1RBANKS
Les mousquetaires de M. de
Tréville aux prises avec un bon
diner. c'est déjà un tableau de
liaulte graisse. Un mousquetaire
gascon devant une pièce montée.
voilà mieux encore. Nous allons
en découdre. Attention ! c'est le
chat et la souris. Quel chat !
Quelle souris !
cinea
15
PORTRAIT
EXPRESS
MARY PICKFORD
De son vrai nom Gladys Smith
naquit le 8 avril 189:5 à Toronto (Ca-
nada) de père anglais et de mère
irlandaise
A 5 ans elle débute sur les planches
dans Le bébé de Bootle et La cane
de l'oncle Tom.
Elle parait ensuite dans The Silver
King, The Little red schooUiou.se,
The fatal Wedding, Edmund Burke,
The Warrens of Virginia.
En 1909, elle délaisse momentané-
ment la rampe p.nir l'écran, ensuite
elle tourne plusieurs films pour
l'I. M P. C et Griffith à la Biograph.
En 1912 elle reparait au Republic-
ïheatre de New- York où elle joue A
good Little Devil pendant un an.
En 1913, abandonnant définitive-
ment le théâtre pour le cinéma, elle
signe un contrat de longue durée
avec la Paramount (pour laquelle
elle a produit 36 films).
En 1918 elle tourne 3 filins pour le
F. N. E. C.
Maintenant elle produit pour les
Big Four.
Mary Pickford a divorcé le 2 mars
1920 à Minden (Nevada) d'Owen
Moore; 20 jours plus tard elle deve-
nait l'épouse de Douglas Fairbanks.
Son adresse :
Mary Pickford
Robert Brunton Studio
5311 Melrose Avenue Los Angeles
iCal).
Sks Films :
Paramount- Artgraft (mars 1913
à juin 1918).
A good little Devil.
The Bishop's Carriage . Réalisation
J. Searle Dawley.
Caprice avec Owen Moore.
Réalisation,]. Searle Dawley.
Heart's Adrift avec Harold Lock-
wojcI.
The River of Romance avec Harold
Loekwood.
Tessibel of the Storni Country avec
Harold Loekwood.
The Eagle's Mate.
Suc h a little Qaeen.
Belind the Scènes.
Cindcrella avec Owen Moore. Réali-
sation de Daniel Frohman.
Mistress Nell.
Scénario de G. C. Hazeton. Réalisa-
tion de James Kirkwood.
Fanchon the Cricket.
Réalisation de .James Kirkwood.
The Daivn of to-morrow.
Réalisation de .James Kirkwood.
Little Pol.
Réalisation de J. Kirkwood.
Rags (Marie les haillons) avec
Marshall Neilan.
Scénario d'E. B. Delano. Réalisation
de Marshall Neilan.
Ksmeralda avec John Barrymore.
Scénario de F. O. Burnett. Réalisa-
tion James Kirkwood.
Tivisted Paths.
Réalisation J. Kirkwood.
The Foodling (Molly).
Réalisation John B. O'Brien
Ma dam Butterfly (Madame Butter-
fly) avec Marshall Neilan.
Réalisation J. Kirkwood.
Poor little Pcppina avec Eugène
O'Brien Réalisation de Sydney
Olcott.
A girl of yesterday. Réalisation de
Marshall Neilan.
7>.s.s Than Dust avec David Powell
Réalisation Marshall Neilan.
The little Princess (dans ce film Ma-
ry Pickford avait un double rôle).
Scénario de F. O. Burnett. Réalisa-
tion Marshall Neilan.
The Eternal Grind.
Réalisation de John B. O'Brien.
A poor little rich girl (ici : une
pauvre petite riche).
Réalisation de Maurice Tourneur.
The Pride ofthe Clan (Fille d'Ecosse)
avec Mattew Moore.
Réalisation de Maurice Tourneur.
Stella Maris (Le roman de Mary)
Dans ce film Mary Pickford avait un
double rôle, avec Conway Tearle
et Marcia Manon.
Réalisation de Marshall Neilan.
Hulda from \Holland (Bout de ma-
man) avec Eugène O'Brien.
Réalisation John B O'Brien.
Rebecca of Sunnybrook Farm (Petit
démon) avec Eugène O'Brien.
Scénario de K. D. Wiggin. Réalisa-
tion Marshall Neilan.
M'Liss (L'enfant de la forêt) avec
Thomas Meighan, Monte Blue,
T. Marshall.
Scénario tiré d'un conte de Bret
Hart. Réalisation Marshall Neilan.
The Romance of the Red-ivoods (La
bête enchaînée) avec Elliott Dexter.
Réalisation Cecil B. de Mille.
The Little American avec Jack Holt,
H. Bosworth, R. Hatton, J. Neil.
Scénario Jeannie M. Pherson. Réali-
sation Cecil B. de Mille.
Amarilly of Clothes-line Alley (A
chacun sa vie) avec William Scott
et Norman Kerry.
Scénario de B. K. Maniâtes. Réalisa-
tion M. Neilan.
Captain Kidd, Junior (Le Trésor)
avec Douglas Mac Lean et Marcia
Manon.
Scénario de R. J. Young. Réalisation
William D. Taylor.
Johanna Fnlists (La petite Vivan-
dière) avec Douglas Mac Lean,
Monte Blue et Wesley Barry.
Scénario de Rupert Hughes. Réalisa-
tion de William D. Taylor.
Hoir Could you ; Jean (L'école du
bonheur) avec Casson Ferguson
Scénario d'E. D. Braynard. Réalisa-
tion William D. Taylor.
First National Exhibitor's
Circuit (11 novembre 1918 à
mars 1919).
Daddy Long Legs (Papa longues
jambes) avec Wesley Barry, Mah-
lon Hamilton et Marshall Neilan.
Scénario J. Webster. Réalisation
M. Neilan.
The Hoodlum (Dans les bas-fonds)
avec Ralph Lewis, K. Harlan et
A. Arbuckle.
Scénario de J. Lippman. Réalisation
M. Neilan.
Heart o'the Hills avec Sam de Grasse,
Cl. Me. Dowell et H. Goodwin.
Scénario de John Fox J. Réalisation
Sydney A Franklyn.
United Artist's (Big Four) 1919.
Pollyanna avec H. Ralston, W.James
et K. Griffith.
Scénario d'E. Porter Réalisation de
Paul Powell.
Suds.
Scénario de Sir John Barrie.
The Flame in the Dark.
Scénario et réalisation de Miss
France* Marion.
Trough the back door.
Scénario de F. Marion. Réalisation
de A. Green et Jack Pickford.
Little Lord Fauntleroy . Mary Pick-
ford joue un double rôle.
Réalisation de Jack Pickford.
DERRIÈRE L'ÉCRAN
cinea
La production française que nous
verrou* la saison prochaine (suite) :
Jettatura, de Gilles Veber avec
Elena Sagrary.
La Maison vide, de M. Raymond
Bernard avec H. Debain, Jacques
Roussel et Alcover.
Le Diamant vert, de M. Pierre
Marodon, — douze épisodes, — Claude
France.
L'Atlantide, de M. Jacques Feyder,
avec Napierkowska, Melchior, An-
gelo, Iribe et Roanne.
Les Roquevillard, de M. Duvivier
avec Van Daële, Melchior, Desjar-
dins.
Un Loup, de M. Jean Durand avec
Berthe Dagmar et Françoise Maïa.
La Terre du Diable, de M. Luitz
Morat avec MM. Modot. Pierre Ré-
gnier, Mmes Yvonne Aurel et Cha-
puis.
La Maison des Pendus, de M. Houry
avec Agnès Souret.
L'Infante à la Rose, de M. Houry
avec Gabrielle Dorziat.
Le crime de Lord Arthur Savile,
de M. Hervil avec Cecil Mannering
et Olive Sloane.
L'Amour du Mort, de M. de Mar-
san avec Thomas Burleigh, A m y
Verity Gaston Jacquet.
Les Trois Mousquetaires, deM. Dia-
mant-Berger.
Le Père Goriot, de M. J. de Baron-
celli avec Sylvio de Pedrelli, Signo-
ret, Grêtillat et Claude France.
Le cœur magnifique, avec Séverin
Mars, acteur et metteur en scène.
L'Eternel Féminin, de M. Lion avec
Gina Palerme.
Phroso, de M. Mercanton, avec
Paoli.
D'autres films encore sont commen-
cés et paraîtront cette saison égale-
ment. Nous en reparlerons.
Les films dont le cadre
n'est qu'un décer rap-
pellent ces femmes dont
on peut dire qu'elles ne
sont point habillées,
mais costumées. ££f
Mme Germaine Dulac, metteur en
scène de Malencontre, la Belle Dame
sans merci, ayant terminé le mon-
tage de sa dernière bande la Mort
du Soleil avec André Nox, qui nous
sera sous peu présentée, songe déjà
à sa nouvelle production.
Mme Dulac réaliserait une adapta-
tion qu'elle a tirée de la pièce danoise
Rêve et Réalité. Les interprètes de
l'œuvre seraient Denyse Lorys, que
nous venons de voir dans la Belle
Dame sans merci, et David Evre-
mond, protagoniste de l'Homme qui
vendit son àme au diable.
Ces deux artistes seraient sans
doute aussi les interprètes d'un pro-
chain scénario qu'à écrit Mme Ger-
maine Dulac : L'Invitation au voyage.
Ce film, s'il est réalisé dons l'inté-
gralité de son inspiration, sera
l'aboutissement des études cinégra-
phiques et l'idéal de mise en scène
de son auteur.
•
Nous avions dit que ce studio fran-
çais, d'où sont sortis tant de films,
venait de clore ses portes. Nous
avions tort, il paraît, et nous en voilà
ravis. Le studio de Neuilly a seule-
ment été loué à M. Hervil pour les
intérieurs du Crime de Lord Arthur
Savile. M. J. de Baroncelli y revien-
drait en septembre tourner un grand
film.
Cette dame pour qui le cinéma
était une affaire de leçons... parti-
culières , réalise son rêve. Il s'est
trouvé chez Elle — tout arrive — Une
jeune étrangère assez généreuse pour
être et la jeune ingénue et le ban-
quier d'un film que cette dame est
partie tourner sur la Côte d'Azur...
Gageons que le Rêve sera une triste
réalité.
Dans le scénario de ce metteur en
scène, habitué de la censure, et dont
les films firent frémir — ignorants
du Grand-Guignol, les habitués des
salles obscures — il était question
d'un jeune homme qui écrivait ainsi
à sa maîtresse : « ... Ne t'inquiète pas...
c'est toi que j'aime, j'épouse la jeune
fille, je divorce dans deux mois. A
nous l'argent, alors, à nous la vie
facile... Ton André »>.
La lettre adressée à Mme X. ., 223,
rue de Monceau, avait été filmée. Or,
ce metteur en scène — oublieux —
laissa dans un taxi sa serviette conte-
nant scénario, papiers... et la lettre.
Affolé, il envoie son secrétaire à la
Préfecture de Police — objets perdus —
La serviette y était. Le secrétaire la
réclame. Mais un bureaucrate à l'œil
inquisiteur :
— Vous savez sans doute ce qu'elle
contient?
— Oui, oui, telle chose, telle autre.
— C'est tout ?
— Je crois bien.
— Ah! bien sûr! Et bien nous ne
pouvons pas vous les rendre ces pa-
piers... On va faire une enquête î
— Une enquête ?
— Oui, ne faites pas l'innocent...
une enquête... Tenez cette lettre...
l'avez-vous lue cette lettre? Ah!
mais!... Vous allez voir!
— Mais, monsieur, voyons... le ci-
néma...
Le pauvre secrétaire ébahi perdit
son temps à expliquer que...
Rien à faire ! une enquête s'impo-
sait... Vigilante, la Préfecture sau-
verait la jeune fille... Ah!... on allait
bien voir !
Le lendemain, le metteur en scène
y alla soi-même et proposa à ces Mes-
sieurs de venir jusqu'au studio... il
leur montrerait le bout du film où
passait la lettre incriminée.
Au bout de deux heures de démar-
ches, enfin, on lui a rendu ses pa-
piers. Ces Messieurs ont simplement
gardé copie de la lettre.
La censure a quelquefois cherché
de sombres chicanes à nos cinégra-
phistes. Elle était seule; mais si la
préfecture de police s'en mêle...
André Davkn.
Ce qui ne Vaut pas la
peine d'être écrit, on
te tourne... Est=ce la
faute du cinéma ou de
ses exploiteurs ? ££
cmea
04 {c^r zJ^u ''fJu^^^J^
cinea
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
^ ■
Lorsqu'il était saoul il m'amenait
chez lui, il prenait son violon et tous
les trois : lui, le violon et moi, —
nous chantions ensemble. C'était si
bon que souvent des larmes me
venaient aux yeux.
Et ensuite Tcherbinine retournait
de nouveau au cabaret.
En rentrant tard dans la nuit, il
m'appellait encore une fois pour
chanter. Je ne me rappelle pas de
l'avoir entendu émettre des propos
intéressants, ni quoi que ce soit d'ins-
tructif ou d'important — mais il était
évident que je lui plaisais beaucoup.
Je le trouvais aussi très sympathi-
que : c'était un homme silencieux,
triste, un de ces rares russes qui
souffrent en silence, étant trop fiers
pour se plaindre des injustices du
sort.
Un soir il me dit :
— Allons?...
— Où donc ?
— Chanter dans les églises.
— Et avec qui ?
— Nous deux...
Et nous nous mimes en route à tra-
vers les champs, se dirigeant vers
l'église de Sainte-Barbe la Martyre.
Nous chantâmes là-bas durant toute
la messe et le lendemain matin nous
y revînmes encore une fois
Ainsi tous les deux nous avons
fait le tour de plusieurs églises pen-
dant un temps assez long, jusqu'à
l'époque ou Tcherbinine entra en
qualité de maître de chapelle au mo-
nastère Spassky.
Il m'avait trouvé aussi un emploi
auprès de lui et je gagnerais ainsi
déjà six roubles au lieu d'un et demi
par mois. C'était énorme et en plus
j'étais encore rétribué d'une manière qui naturellement fût pour moi un
spéciale à l'occasion des mariages, nouveau prétexte pour voir, mon
enterrements, messes, etc. favori « Yachka ».
J'étais obligé de remettre tout cet Je gardai soigneusement mon pre-
argent à mes parents mais, bien mier essai de composition pendant
entendu, je laissais de côté une partie assez longtemps,
pour moi. Puis je le perdis en même temps
C'est ainsi qu'ayant touché après que la correspondance de mon père
des funérailles un rouble ying kop- et mon livre préféré : Les chansons
seks, je gardai la moitié de la somme de Béranger traduites en russe. C'était
pourmepayeruneplacechez>Jachka» un vieux bouquin tout-à-fait usé
et pour pouvoir m'oftrir quelques presque en lambeaux que je trouvai
douceurs. un jour dans un watercloset.
Ah, c'était délicieux ! Chose curieuse, il m'accompagna
Quelle chose magnifique que le partout dans mes pèlerinages durant
chant I Cela vous fait tant de plaisir de très longues années,
et en plus on reçoit encore de l'argent (A suivre) L. Valter, trad.
pour cela.
Durant les fêtes de Noël, j'allai """""""""""""""""""""""'lllll
avec les autres garçons de chœur,
chez les bourgeois de la ville pour • ^
leur chanter les « Noëls » f | 11 W^ 4*\
Cela leur plaisait beaucoup et on ^^ " ^^ ^^ ^*^
nous donnait tantôt cinquante, tantôt
■
soixante kopeks. En somme la jour- '• c ■ j >>n ^!
v , , ', , :Sornmairp du N° 7 •
née nous apporta près de six roubles. : ^=^=====^=^== .
C'était largement suffisant pour nous : Couverture. — Jean Borlin.
bien amuser pendant les fêtes. : Les fi,ms- - René Bizet- L- Landry.
K ,, . A n> • . : D. W. Griffith. — i Portrait express). :
A 1 approche des Pâques je me suis : Lil)ian ujsh (Portrait express). \
décidé d'écrire moi-même un trio :^hef D VV. Griffith — Germaine:
d'après les paroles du «Christ ressus- \ Dulac.
cité ». La théorie de la composition j Notes. — Louis Delluc.
, ,. .. , • Derrière l'écran. — Daven.
musicale était pour moi chose tout- : s,ectacles.__ Eve Francis, Raymond 5
à-fait étrangère mais je me mis au ! Payelle.
travail avec une sorte d'acharnement • Les pages de ma vie — Chaliapine.
et après beaucoup de vains efforts je • Photos et portraits de Yvette:
. , _ ... : Andreyor, Grirhth. Larol Dempster. •
réussis de composer un petit morceau . , mian ^ Richard Barthelmess; I
assez convenable. Je montrai ma ; Donald Crisp, Constance Talmadge, j
production à mes camarades qui la : Alfred Paget. Seena Owen, Robert ;
trouvèrent intéressante. Le « trio » : Harron. Séverin Mars. Musidora Lyda :
,. . . . : Borelh. Signoret, Asta Nielsen. ohan- :
fut vite appris par cœur et eut assez ; sen p^f Claudel, Darius Milhaud, [
de succès auprès des auditeurs. Nous : Eleonora Duse, etc.
gagnâmes pas mal d'argent, avec ce \ ..........:
cinea
FIÈVRE
Drame cinégraphique de Louis Delluc, réalisé par l'auteur
— -
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UNE SCENE DE « FIEVRE » Ph. Henii Castéra
Au milieu, a terre : Eve Francis et Van Daële: a droite, premier plan : Elena Sagrary et Yvonne
Aurel; au fond, sur l'escalier : Modot; sur la balustrade : A. -F. Brunelle et Gastao Roxo :
a gauche : I..-V. de Malte.
Dans un bar interlope du vieux
port à Toulon, trois paisibles manil-
leurs très quelconques jouent. L'un
d'eux est un petit fonctionnaire dont
le coup d œil oblique nous apprend
qu'il se sent fort attiré vers « la pa-
tronne » qui rêve au comptoir à un
ancien amour. Survient tout un équi-
page en bordée de débarquement au
retour d'une croisière aux mers
d'Orient. Le patron, une brute sinis-
tre, siffle aussitôt la meute des filles
galantes habituées du bouge. Et l'al-
cool commence de couler dans les
verres.
Chacun des matelots montre ce
qu'il a rapporté de là-bas, mais nul
d'entre eux n'a fait une acquisition
plus singulière que celui qui ramène
une petite Asiatique accroupie à ses
pieds dans le bouge toulonnais. L'al-
cool, peu à peu. dispense à tous sa
mauvaise fièvre. Filles et matelots
dansent aux sons du piano méca-
nique, les manilleurs eux-mêmes sont
gagnés parce vertige. Mais, dans son
ivresse, le petit fonctionnaire ne perd
pas toute clairvoyance et une jalou-
sie féroce le surexcite lorsqu'il s'aper-
çoit que la « patronne » a retrouvé
dans le matelot qui ramène une Asia-
tique l'ami inoublié II avertit «le pa-
tron » qui provoque le matelot. Et
c'est, avec l'ivresse de l'alcool, celle
du sang. Le petit fonctionnaire, ve-
nant au secours du « patron » poi-
gnarde le matelot. Celui-ci est aussi-
tôt vengé par ses camarades qui
éventrent le petit fonctionnaire, et
assomment « le patron » qu'ils pour-
suivent jusque dans la cave. Affolées
à leur tour par toute cette bestialité
déchaînée, les filles se jettent comme
des furies sur la pauvre petite Asia-
tique et la dépècerait à coups d'ongles
si la police, enfin, n'intervenait.
Et alors, après tant d'horreurs,
voici une chose charmante : la petite
Asiatique, dequis son arrivée dans
le bouge, était visiblement hantée par
l'idée fixe de s'emparer d'une rose
qui plonge dans un vase, sur le comp-
toir : indifférente à l'ignominie am-
biante, elle ne voit que la rose et s'en
saisit enfin quand il n'y a plus autour
d'elle que des cadavres. Et aussitôt,
avidement, elle en veut respirer le
pafum. Hélas T c'est une rose artifi-
cielle, une rose en papier...
Le symbolisme de ce dernier trait
est trop clair pour qu'il ait besoin
d'être expliqué. Mais il doit être mis
en valeur pour justifier M Louis Del-
luc du soupçon de s'être complu par
pur plaisir d'artiste réaliste, à l'éta-
lage et au détail de tant de turpitudes
écœurantes. Son réalisme est très
nettement à tendances sentimentales
et idéalistes. Tout ce que fait cet intel-
20
cinea
EVE FRANCIS
lectuel et raffiné est d'ailleurs, qu'il
le veuille ou non, imprégné d'intel-
lectualités. Derrière chaque geste,
chaque regard, chaque nuance de
pensée ou d'action des héros du film,
il y a l'intelligence de l'auteur qui
poursuit son but et vise à l'effet mé-
dité. Et c'est pourquoi, sans nul doute,
jamais nous n'avons vu un drame ci-
négraphique s'élever à cette intensité
d'expression. Mis en scène avec une
telle recherche d'art — interprété par
des artistes comme Eve Francis, Elena
Sagrary, Van Daële, Modot qui sont
dotés de la flamme intérieure, ce film
cinématographiquement parlant
est admirable. Il est, en tout cas,
inoubliable.
L.a Liberté (P. dk la Borib).
•
Ne pouvant aujourd'hui parler
comme son importance le demande,
comme son succès l'exige, de Fièvre,
l'œuvre nouvelle du plus moderne.
v w DAELÎ
du plus hardi, et peut-être demain, le
plus heureux de nos cinégraphistes,
Louis Delluc.je tiens à noter la grande
impression produite au Colisée par
son film. Le jeu des interprètes, d'Eve
Francis tout particulièrement à con-
tribué ausuccès decetteprésentation.
La censure aurait occupé ses ciseaux
sur la bande. On verra bien si ce qu'elle
aura laissé, au moment de l'arrivée
devant le public, ne vaut pas plus
que telle ineptie autorisée, encom-
brante et banale. On pourrait parier.
Comœdia.
•
C'est dans un bar de matelots,
quelque part dans un port de France,
l'ennui des jours mornes..., les habi-
tués de la manille..., le poivrot ro-
mantique, et dans la rue louche,
étroite, tortue, le lent cheminement
des filles...
C'est, dans ce milieu rance et as-
soupi, la soudaine arrivée de matelots
qui viennent de débarquer. Ils arri-
vent de Chine, de l'Inde, d'une Oré-
noque fabuleuse.de pays dont le nom
seul est une fanfare nostalgique.
Toute l'immense terre s'est reflétée
dans leurs yeux pâles. Les souffles
du large ont tanné les peaux. Le
grand geste de la mer a balancé leurs
corps. Ils viennent là comme à un
port plus sûr.
Et voici, au milieu des filles, le dé-
ballage de leurs sacs : singe, perro-
quets, armes sauvages, étoffes bigar-
rées. Voici, accroupi sur le parquet,
plus passive et inanimée que les
choses sorties des sacs, une petite
Annamite, une « congaïe » douce, en-
fantine et résignée.
Et les passions jouent. La maîtresse
du bar a reconnu dans l'un des marins
l'amour de toute sa jeunesse La dé-
voyée, proie d'une brute, pense aux
jours d'innocence et de paix. Un inci-
dent déchaîne la rixe. Un vieil ivrogne
veut lutiner l'Annamite. On se bat.
Coups, cris de filles, affolement des
bêtes, bouteilles brisées, grappes
d'hommes dégringolant les escaliers,
femelles ivres poursuivant la petite
exotique, femme prostrée sur le corps
de son amant, fuite éperdue, silence,
silence. .
Et voici dans la rue les pas lourds
de la police sur le pavé. 11 n'y a plus
rien qu'une femme qu'on arrache à
un cadavre qu'elleétreint, qu'un ivro-
gne silencieux, qu'une petite congaïe
les mains désespérément crispées sur
une rose d'argent, sur une rose arti-
ficielle... Bonsoir (Pierre Scize).
/?<fcan
ELENA SAGRARY
11 y a, dans ce film, une succession
d'images d'un relief étonnant. Elles
animent cette vision rapide de la vie
des bars ; le port est tout entier dans
ces filles aux joues truquées et aux
yeux salis ; l'Orient vient avec les
matelots las des traversées intermi-
nables. Ils nous ont été présentés
avec une vérité et une force saisis-
santes ; ils sont là, rudes, éloquents,
simples, naïfs ; ils vont à l'alcool et à
l'amour, ils vont à l'illusion, ils vont
endormir leurs nostalgies sur les
seins offerts ; ils vont pleurer sur
leurs vies.
Il est rare de rencontrer dans une
œuvre une interprétation d'une pa-
reille homogénéité. Est-il besoin de
faire l'éloge de Mme Eve Francis et
de M. Van Daële ? Les mots seraient
uw\
cinea
21
inutiles et ne feraient que s'ajouter à
ceux écrits sur ces deux artistes.
A leurs côtés Mlle Elena Sagrary
ligure douloureuse de déracinée ;
M. Modot, au masque dur et expres-
sif ; M. Footitt, à l'œil désabusé ;
M. A. -F. Brunelle, fonctionnaire sour-
nois, et M. de Malte ont composé des
silhouettes d'une vérité et d'un pitto-
resque remarquables.
Et toutes les Fleurs du Mal, Yvonne
Aurel, noyée d'ennui ; Noémi Seize,
fdle aux yeux pervers, au visage in-
génu ; Lili Samuel, que nous vîmes
dans Villa Destin : SolangesRugiens,
âme candide et égarée, toules don-
naient à Fièvre sa puissance et sa vie.
On tourne avec elles, comme balan-
cés par la vague, et le rythme des
mers se prolonge dans un tournoie-
ment maître de l'oubli.
Bonsoir (Auguste Nardy).
•
L'œuvre de Delluc fait penser à
la Fête Espagnole qui est au cinéma
ce que l'Enigme d'Hervieu fut au
théâtre. Film curieux, rempli de no-
tations originales, exactes; quelque
chose qui nous fait songer à Carco.
Passions violentes, matelots, filles,
bouge, et parmi toute cette boue, la
petite fleur. Eve Francis est parfaite,
je dis bien parfaite, dans le rôle de
Sarah. Du côté hommes, Van Daële,
un masque, des attitudes, des silen-
ces expressifs ; Modot remarquable
de composition, et puis, tous, tous...
La photographie est bonne, la mise
en scène expressive. Ah! pourquoi
n'avons-nous pas un cinéma libre
comme il y a un Théâtre-Libre, et
qui donc sera l'Antoine du cinéma!
Voyez-vous l'attrait d'œuvres puis-
santes, vivantes, vraies, autres que
les éternelles histoires des dames du
grand monde?... Voyez-vous quel
succès et surtout quels horizons le
cinéma ouvrirait à ceux qui vou-
draient faire quelque chose qui ne
soit pas « ce qui se fait »?
La Lanterne (C. F. Tavano).
•
C'est lièvre qui devait d'abord
s'intituler La Boue. Mais la censure
a passé par là ; elle n'empêchera pas
ce drame cinégraphique d'accomplir
une belle carrière. La présentation a
eu lieu au théâtre du Colisée, devant
un public difficile dont les applaudis-
sements furent unanimes.
Et c'est un beau succès a l'adresse
de Louis Delluc et de tous ses inter-
prètes. Cinè-Journal.
Les échappées nostalgiques sur le
port, entravées par les portes du
bouge, les marines bleues, le débal-
lage des objets multiples rapportés
par les marins, la figure symbolique
de la petite Chinoise qu'une fleur hyp-
notise, les esquisses d'expressions
burinées comme à l'eau-forte, jettent
des notes d'art indiscutablement so-
nores.
Sarah EVE FRANCIS
L'Orientale . . . . ELENA SAGRARY
Milnis VAN DAELE
Topinelli MODOT
L'homme au chapeau gris. .FOOTITT
La femme à la pipe. . . . Yvonne AUREL
Le petit fonctionnaire. .A. -F. BRUNELLE
Patience Solange RUGI ENS
L'ivrogne. . . . . . L. -V. de MALTE
La Naine. ... .... Lili SAMUEL
La Rafigue Noémi SC1ZE
Colibri Gastao ROXO
Pompon Marcelle DELV1LLE
Le joueur de manille . . . . BARRAL
Grimail WAROQUET
Piquignon BAYLE
Pêche verte . . Jacqueline CHAUMONT
Prunelle S1SKA
Flora .... . . Jeanne CADIX
Javotte V1NTIANE
César Léon MOUSS1N AC
Tonneau BOLE
Alvar W. de BOUCHGARD
Opérateurs . . . . G1BORY et LUCAS
L'exclusivité de ce film appartient pour le
monde entier à la Société Française des Films
Jlrtistiques, 17, rue de Choiseul , 'Paris.
MM. Van Daële et Footit, Mmes Eve
Francis et Elena Sagrary ont servi
avec leur talent habituel, cette con-
ception curieuse.
Courrier Cinématogra-
phique (M. Y).
•
Ici, comme dans la Fête Espagnole,
Delluc part d'une idée uniquement
visuelle. Il pense directement en
images. Il s'agit d'un bar, dans un
port, la nuit C'est tout. De cette
image initiale et dominante procède
la succession des autres images qui
constituent le développement du film.
Ainsi Delluc est dans la vérité ciné-
graphique. L'anecdote n'intervient
que pour servir en quelque sorte
d'armature au tableau, l'animer et
en porter ainsi au maximum l'inten-
sité expressive. L'image se suffit
absolument â elle-même, le texte n'in-
tervient que dans la mesure stricte-
ment indispensable. Demain, Delluc
l'éliminera complètement de ses réali-
sations visuelles. Tout l'intérêt se
concentre, de la sorte, dans la répar-
tition des valeurs. Peu d'œuvres
cinégraphiques sont aussi caracté-
ristiques et plus riches d'indications.
Le Crapouillot (Léon Moussinac).
•
Il ne semble pas que Fièvre com-
porte un compte-rendu dans la forme
ordinaire, car il s'agit moins d'un
film que d'une manifestation. Fièvre,
au surplus, n'est autre que La Boue
qui avait déjà suscité tant de curio-
sité... et de discussions avant d'obte-
nir de la censure, moyennant un chan-
gement de titre et, sans doute, quel-
ques coupures, le droit de paraître
devant le public.
Ce public — je le constate avec un
réel plaisir, car il y a là un symp-
tôme de bon augure pour l'avenir
du cinéma — ce public, dis-je, a té-
moigné, par son attention passionnée
et comme respectueuse, et finalement
par ses applaudissements chaleureux
qu'il sentait, qu'il comprenait qu'une
œuvre d'un caractère tout particulier
et rare, d'une signification et d'une
porte considérables était offerte à
son jugement. Si j'osais faire un rap-
prochement assez hardi, mais non
pas si extravagant qu'on le pourrait
croire, je dirais que — toute propor-
tion gardée la présentation de
Fièvre correspond, quelque peu, dans
l'ordre cinématographique, à ce que
fut dans l'ordre dramatique, la pre-
mière d'JIernani...
... Nous voilà loin, n'est-ce pas et â
cent coudées au dessus de l'histoire
du eow-boy chevaleresque et redres-
seur de tort ou du charmant petit
espiègle qui réussit à réconcilier son
papa et sa maman sur le point de
divorcer, ou de l'odyssée du testa-
ment volé, ou des méfaits de la
« femme fatale », etc., etc.. Nous
voilà loin du déjà fait, du déjà vu,
du « chiqué » conventionnel. Voilà
de la vie intérieure. Et si j'ajoute que
chaque détail du film correspond
à une réalité et à une pensée, que
chaque geste, chaque regard des in-
terprètes est réglé pour ajouter une
touche, une note, un accent utile à la
vibration des couleurs et à l'harmo-
nie totale de l'œuvre, j'aurai, sans
doute, justifié que Fièvre m'appa-
raisse comme une sorte de chef-d'œu-
vre d'art cinématographique.
La Ciuématographie
Française (P. de la Borie).
cinea
Envoyez-nous un scénario ciné-
graphique. Des journaux comme
Le Film, Ciné pour tous, Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appris le décou-
page, le style et le mouvement
de ces ouvrages spéciaux.
Essayez de composer un thème
d'écran, drame ou comédie,
découpez-le et bornez vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Baroncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon 'Poirier,
T^ené Le Somptier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaville, Lio-
nel Landry, P. de la ZBorie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Urviller, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au I er Août prochain.
Prix : Le meilleur scénario
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
connaître des maisons d'édi-
tions françaises
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LES STARS
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SONT EN PHOTO CHEZ
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Portraits de :
MARY PIKCFORD
DOUGLAS FAIRBANKS
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(Mandats au ncm de J. THIOLAT)
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la vie privée, ou des
aperçus du travail ciné-
graphique en plein air,
en studio, etc., tout ce
qui se rapporte à l'écran
et pourra résumer en
quelque sorte les coulis-
ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
opérateurs français :
MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et
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Prix : Le premier prix
recevra deux cents francs
et sera reproduit sur la
couverture de Cinéa, il
y aura quatre seconds
prix de cinquante francs,
qui seront reproduits
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Le Cinéma Suédois : VICTOR SJOSTROM, dans « Les Proscrits >>
Il y a un pays où l'on fait de beaux films, où l'on n'aime pas les mauvais films, où l'on n'imite pas les films américains : c'est
Suéde. Vous avez vu Les Proscrits, Le Trésor d'Ame, IVolo, La Petite Fée de Solbakken, Le Mariage de Joujou, Le Monas
Sendomir. Vous en verrez cent autres aussi beaux encore. En attendant « Cinéa » vous renseigne aujourd'hui sur
LES MERVEILLES DU CINEMA SUEDOIS
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LES PROSCRITS
Voilà sans doute le plus
beau film du monde.
Victor Sjostrom l'a réalisé
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taire. Il s'y est montré
acteur magistral et
humain ainsi que sa parte-
naire Edith Erastoff et un
troisième interprète sin-
gulièrement éloquent :
le paysage.
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DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 15 au Jeudi 21 Juillet
a? ARRONDISSEMENT
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. — La Marseillaise,
reconstitution. — Su{\ flocon de neige,
comédie. — Le tombeau des cœurs, comi-
que. — En supplément facultatif : Le Roi
de l'audace, 10e épisode.
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Les actualités de la semaine. —
Catane. — L'ours et les deux compagnons.
dessins animés. — Mathias Sandorf, drame.
— Charité.
Parisiana. 27, boulevard Poissonnière.
La Cité des Doges. — Joe détective, comique.
La Dette, drame. — Parisiana-Journal. — La
Revue du 1 4 juillet . — Sous le joug de la
morte, comédie. — En supplément excepté
dimanches et fêtes : Un l'ouvre riche,
comédie.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre. — Pathé-Jourual, actualités. —
La Pocbarde, 7e chapitres — Chacun sa race.
comédie. — Beaucitron cbc{ les sauvages.
comique. — Mathias Sandorf, aventures.
3* ARRONDISSEMENT
Pathé- temple. — Pathé-Journal. —
Beaucitron chef les sauvages, comique. —
La Pocbarde, 7e chapitre. — Mathias San-
dorf, aventures. — Chacun sa race, drame.
4e ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73. rue Saint-Antoine.
Saint-Paul-Journal. — Une bonneterie mo-
derne, documentaire.— La Pocbarde,']* épi-
sode.— Beaucitron cbe{ les sauvages comi-
que. — Les Mystères d'une nuit tragique. —
Un Aventurier, drame.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rued'Arras. — Pathé-Journal.
— Patbé-Revue n" 28, documentaire. —
L'homme aux trois masques, 12e épisode :
Le Justicier. — La Pocbarde, 6- épisode. —
L'amour et la haine, drame.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Zigoto dans les carrières, comique. —
L'Amour et la Haine, drame. — Gaumont-
actualités. — Défile de ta Revue du 14 juillet.
— Attraction : Miss Atbea. — Le Sens de la
mort, drame. — La Pocbarde, 6e chapitre.
Saint-Michel-Cinéma. 7, place Saint-
Michel. — Actualités. — Sous le Joug de la
morte, drame. — Zigoto garçon de théâtre.
comique.
6e ARRONDISSEMENT
Régina-Aubert-Palace, 155, rue de
Rennes. — Aubert-Journal. — Le roi de
l'audace, 9e épisode. — La lumière du monde,
comédie. — Patbé-Revue. — Le Fils de son
père, comédie. — La Marseillaise, recons-
titution.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Sèvres, 80 bis, rue de Sèvres,
(angle du boulevard de Montparnasse,
boulevard des Invalides). Fleurus 28-09. —
Pathé-Journal. — Mathias Sandorf, ier épi-
sode.— Attraction : Bal car, manipulateur
de cartes.
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
La Pocbarde, 6? époque. — L'Amour et la
Haine, comédie. — La lumière du monde,
comédie. — l'alhé- Journal.
Cinéma Bosquet. 83. avenue Bosquet. —
Direction G. Moyse. — Fat/v rival de
Picralt. comique. — L'Homme aux trois
masques. 12e épisode : Le Justicier. —
Maître Hvora, comédie.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Colisée, 38. avenue des
Champs-El\ sées. Direction Malleville. —
Elysées 29-46. — Catane et ses environs,
plein air. — L'Etrange complot, aventures.
Gaumont-actualités. — La Revue du 14 Juil-
let. — Charité, drame.
9e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Gutenberg 66-19. Directeur :
M. A.Jallon. — Eclair-Journal. — Le mys-
tère d'une nuit tragique, drame policier. —
Zidore et les métamorphoses, comique. —
Images de Printemps, plein air. — Jack
médecin malgré lui, comédie. - Intermède:
l.inalda, la vivandière dans ses créations.
— La Revue du 14 Juillet.
Delta-Palace-Cinéma, 17. boulevard
Rochechouart. — 10 minutes au Music-
Hall. — Pulcbérie à l'école, comique. —
Mathias Sandorf i^ épisode. — Delta-
Journal. — L'Aveugle de Twin-Fortb, drame.
Intermède : La Phyllia, cantatrice à la
harpe. — Revue du 14 Juillet.
10* ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Tivoli-Journal. — Une Bonneterie moderne,
documentaire. — L'Ours et les deux com-
Les Artistes Suédois
sont en photo à la
û Natura-Film 0
38. rue des Mathurins,
au prix de 5 francs
pagnons, dessins animés. — Mathias Sandorf
Ier épisode. — L'Etoile filante, comique. -
Chacun sa race, drame.
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Aubert-Journal. — Le roi de
l'audace, 10e épisode. — La Pocbarde, .
7e épisode. — L'Aventurier, comédie. —
Chacun sa race, drame.
12* ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumont-
Actualités — La Pocbarde, 7e chapitre. —
Billy dieu d'amour, comique. — Chacun sa
race, comédie. — Attraction : Les Dionnes.
Barristes sério-comiques. — L'Aventurier.
comédie.
i3e ARRONDISSEMENT
(iobelins 66, bis Avenue des Gobelins.
— Patbé-Revue, n° 28. — L'homme aux trois
masques, 12e épisode. — La Pocbarde. ^cha-
pitre.— L'Amour et la Haine, drame. —
Palhé-lournal.
14e ARRONDISSEMENT
Qaité, rue de la Gaîté. — Pathé-Journal.
Patbé-Revue w> 28. — Le mystère d'une nuit
tragique, drame. — La Pocbarde, 6e chapi-
tre. — L'Amour et la Haine, drame.
Splendide-Cinéma. 3, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Sisteron, plein
air. — Les actualités de Splendide-Cinéma. —
Châtiment, aventures. — La Jalousie d Her-
cule Bradfer. comique. — L'Oiseau s'en-
vole, comédie. — Fatfy bolchevik, comique.
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122. rue du Théâtre. — Patbc-
Journal. — Patbé-Revue n" 28, documen-
taire.— La Pocbarde, 6e chapitre. — Mathias
Sandorf. ier épisode. — L'Amour et la
Haine, drame.
Vaugirard-Cinéma, rue de Vaugirard,
273. — Programme du 15 au 17 juillet.—
Charlev blanchisseur, comique. — Pater-
nité, comédie dramatique. — Attractions :
Les Karatcaiefl, Bill and Bell. — Mathias
Sandorf 1er épisode. — Pathé-Journal. —
Programme du 18 au 21 juillet. — Patbé-
Revue. — La Pocbarde, 6e épisode : « Le
plus grand des crimes »>. — Joe le marin,
comique. — Attractions : Galliardin.
O'Briss et Miss Brisett. — L'amour et la
haine, comédie dramatique. — Patbe-Jour-
nal.
Splendid-Cinéma-Palace, 60, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Palbé-Jouriial. — Patbé-Revue,
— La Vie dans lldaho, documentaire. —
cinea
Kaiserberg et ses environs, plein air. —
L'Ours et les deux compagnons, dessin
animés. — Mathias Sandorf, icr épisode.
— L'Aventurier, drame. — L'Amour et la
Haine, drame. -- Chariot opère lui-même.
Intermède : Mme fuaniue, chanteuse bohé-
mienne. — Tous les jeudis à 2 h. 1/2:
Matinée spéciale pour la jeunesse.
16= ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 15 AU LUNDI l8 JUILLET. — Les AlpCS
Dolomites, plein air. — La poc barde,-]' épi-
sode : « Les cendres du bonheur ». —
Coquin de printemps, comique. — Un aven-
turier. — Pathé-Journal. — Programme du
MARDI U) AU JEUDI 21 JUILLET. — Cillé-Ma-
ga:ine, — Mathias Sandorf, icr épisode. —
Billy dieu d'amour, comique. — La vieille,
comédie. — Eclair- journal.
Mozart-Palace, 49, 5 t.rue d'Auteuil.iôe.
I — Programme du vendredi 15 au lundi 18
juillet.— Ci né-Magazine. — Mathias San-
I dorf, ier épisode. — Billy dieu d'amour,
comique. — Eclair-Journal. — Programme
; DU MARDI 19 AU JEUDI 2 1 JUILLET. — Les
Alpes Dolomites, plein air. — La Pocharde,
7e épisode : « Les cendres du bonheur ».
— Coquin de printemps, comique. — Un
aventurier. — Pathé-Journal.
Le Régent, 22, rue de Passy. — Genève.
documentaire. — Le Hallebardier. comédie.
— Le verdict, comédie dramatique. —
; l'ulcbérie à l'école, comique.
Théâtre des Etats-Unis. 56 bis, avenue
Malakoff. — Une femme subtile. — Les
rivières Gray et Green, plein air. — Une
femme d'attaque. — Bill manque de courage,
t comique.
17e ARRONDISSEMENT
Cinéma Demours, 7, rue Demours,
Directeur: M. F. Destannes. — Wag. 77-66.
— Mathias Sandorf, Ier épisode. — Eclair-
journal. — Charité, de D. W Griffith.
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
— Exploitation des ardoises. — La lutte
pour la vie. — Patbé-Joumal. — Mathias
Sandorf. L'1' épisode.
Cinéma Legendre. 128, rue Legendre.
* — Directeur : A. Jallon. — Legendre-Actua-
lités. — Ribadouille a la berlue, comique.
— Mathias Sandorf. ier épisode. — 10 mi-
nutes au Music-Hall, attractions filmées.
- Un drame sous Napoléon. i'e époque. —
Intermède : La Sevilla et Le Brasseur.
Villiers-Cinéma. 21, rue Legendre. —
Direction : M. Hermua. — A travers la
■ France : Antibes. — Eclair-Journal. — Les
deux bamboeheurs. comique. — Le roi de
l'audace. 10e épisode : « Dans la jungle ».
— L'épingle rouge, drame. — Intermède:
■ Valdonne.
Le Select. 8, avenue de Clichy. —
Nouméa, plein air. — Ames brisées, comé-
die dramatique. — L'étoile filante, fantaisie
•burlesque. — Gaumont-actualités. — Suçy,
flocon de neige, comédie sentimentale.
Royal -Wagram, avenue Wagram. —
L'étoile filante, fantaisie burlesque. — La
geôle, drame. — Le petit sans nom. comé-
die dramatique. — La Pocharde, je chapi-
tre : « Les cendres du bonheur». — Pa/hé-
Jourual.
Lutetia-Wagram. avenue Wagram. -
Chacun sa race, comédie dramatique. —
L'arrêt du destin, comédie dramatique. —
Su{j-, flocon de neige, comédie sentimen-
tale. — Gaumont- Actualités.
Batignolles-Cinéma, 59, rue de la Con-
damine. — Programme du 15 au 17JUILLET.
Pathê Revue. — La Pocharde, 7e épisode :
« Les cendres du bonheur ». — Joe le marin,
comique. — Chacun sa race, comédie dra-
matique. — Pathé-Journal. — Programme
du 18 au 21 juillet. — Pathé-Journal —
Paternité, comédie dramatique. — Attrac-
tion : Les Karawaieff. — Mathias Sandorf.
ieP épisode. — Cbarlev blanchisseur, comi-
que.
18e ARRONDISSEMENT
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
— Maurice Robert, directeur. — Excursion
en Laponie. — Sur le ring, dessins animés.
— Actualités. — Pulchérie boxe. — La
Comtesse Chimère. — Mathias Sandorf.
i"r épisode. — Attraction : Jane Eel.
Barbés Palace, 34, boulevard Barbes,
Direction : L. Garnier. — Nord 35-68. —
Mathias Sandorf. i& épisode. — Le fils de
son p'ere. comédie. — Le navire abandonné.
drame. — Ribadouille a la berlue, drame.
— Attraction : Clément et Miss IValter.
Palais-Rochechouart, 56, boulevard Ro-
chechouart. — Patbé-Rcvue. — Le roi de
l'audace, 10e et dernier épisode : « Dans la
jungle ». — La jalousie d'Hercule Bradfer,
comique. — La Pocharde, 7e épisode : « Les
cendres du bonheur. — Aubert-lournal.—
La geôle, drame. — La roue infernale.
Marcadet-Cinéma-Palace , 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — Pathé-Journal et Patbé-Rc-
vue. — MarouJ. — Attraction : Ned and
Miss Margarett.
19e ARRONDISSEMENT
Alhambra-Cinéma, 22, boulevard de la
Villette. — Directeur-propriétaire, M. Vic-
tor Meunier. — L'Homme aux trois mas-
ques, 11e épisode. — Actualités- Pathê. —
La Pocharde. 6- épisode. — L'homme fort.
Secrétan, 7, Avenue Secrétan. — Pathé-
Journal. — Beaucitron che{ les sauvages.
comique. — Catastrophe prés du phare,
drame. — La Pocharde, 7e chapitre : « Les
cendres du bonheur ». — Chacun sa race.
drame.
Jusqu'au Ie1' Septembre
Cinéa paraîtra tous les
quinze jours avec un
numéro double d 0
20c ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — La jalousie d'Hercule Bradfer,
comique. — L'abîme, comédie dramati-
que. — Le roi de l'audace. 10e et dernier
épisode : « Dans la jungle ». — La lumière
du monde comédie dramatique. — Zigolo
garçon de théâtre, comique. — Attraction :
Naiol.
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Pathé-Journal. — Défilé de la revue
du 14 Juillet, actualité. — Zigoto garçon de
théâtre, comique. — La Pocharde, 7e épi-
sode : « Les cendres du bonheur ». -
Attraction : Le trio Cairoli. — La proie.
comédie dramatique.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualités. — Cha-
cun sa race, comédie dramntique. — Défile
de la revue du 14 Juillet. — Attraction :
The Las Bas. — Loin du cœur, comédie
dramatique. — La Pocharde. 7e épisode :
«Les cendres du bonheur ».
BANLIEUE
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — Quatre-vingt-
treize, 2e époque. — La pocharde, 5e cha-
pitre : « Une lueur dans les ténèbres ». —
L'homme aux trois masques, 12e épisode :
« Le justicier ». — La chasse aux mille
lions, comique.
Levai lois. — Pathé-Journal. - Pam-
phile tailleur mondain, comique. — L'homme
aux trois masques. 11e épisode :« Le Justi-
cier ». — Attraction : Marcefs. — La Po-
charde. s1" chapitre : « Une lueur dans les
ténèbres ». — Qjiatre-vingt-trei-e. drame.
2e et dernière époque. - Deux bons maris.
comique.
Clichy. — Pathé-Journal. — Beaucitron
che{ les sauvages, comique. — La Pocharde,
7e chapitre : « Les cendres du bonheur ».
— Mathias Sandorf. ier épisode. — Chacun
sa race, drame.
Olympia Cinéma de Clichy. — Défile
de la revue du 14 juillet. — Suçy, flocon de
neige, comédie sentimentale. — Le Roi de
l'audace, 4e épisode : <» Le globe magique ».
— Attraction : Mary and Daugt. — Le
diamant de la couronne. — Gaumout-Actua-
lites.
Montrouge. — Constantin e, plein air. —
Montrouge-actualités. — L'ours et les deux
compagnons, dessins animés. — Mathias
Sandorf, i«-r épisode. — Une partie de cam-
pagne, comique. — Un aventurier, comédie
sentimentale.
Bagnolet. — Pathé-Journal. — Beauci-
tron chef les sauvages, comique. — La
cathédrale, drame. — La pocharde, 7e cha-
pitre : » Les cendres du bonheur ». — Cha-
cun sa race, drame.
Vanves. - Pathé-Journal. — Pathe-
Rcvuc n° 28. — Catastrophe pies du phare.
drame. — — La Pocharde. b* chapitre :
« Le plus grand des crimes ». — L'Amoui
et la Haine, drame.
cinea
,E MOULIN EN FEU
(KVARNEN)
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IVAN HEDQ.UIST
réalisateur et protago-
niste du Mariage de
Joujou et de La Fille des
Etudiants.
cinea
LES
MM A
FILMS SUÉDOIS
REVOIR ET A VOIR MM
Tei je Vigen (Terje Vigen). Réalisa-
tion de Victor Sjostrom avec- Vic-
tor Sjostrom et Edith Erastoff.
Les Ailes (Vingarne). Réalisation de
Mauritz Stiller avec Lars Ilan.son.
/,c meilleur film île Thomas Graal
(Thomas Graals basta film). Réali-
sation de Victor Sjostrom avec
Victor Sjostrom et KarineMolander.
Wolo (Wolo). Réalisation de .Mauritz
Stiller avec Jenny Hasselquist et
Lars Hanson.
Leur premier Xé (Thomas Graals
basta barnj. Réalisation de Victor
Sjostrom avec Victor Sjostrom et
Karine Molandcr.
La bombe (Bomben). Réalisé par
Rune Carlsten avec Gosta Ekman,
Karine Molander et Lillian Kossel.
L'étrange aventure de l'Ingénieur
Lebel (Dodskyssen). Réalisation et
interprétation de Victor Sjostrom.
Le Chat botté (Masterkatten i stors-
tollar) avec Gosta Ekman, Gustaf
Erédrikson, Mary Johnson et Carlo
Keil-Moller.
Dans les Remous (Sangen om den
eldroda blomman). Réalisation de
Mauritz Stiller avec Lars Hanson,
Edith Erastoff, Greta Almroth, et
Lillebil Christenson.
Les Proscrits (Berg Ejvind). Scénario
tiré de l'œuvre de Sigur Jonson.
Réalisation de Victor Sjostrom avec
Victor Sjostrom et Edith Erastoff.
La fille de la Tourbière (Tosen Iran
Stormyrtorpet). Scénario de Selma
Lagerlof réalisé par Victor Sjos-
trom avec Lars Hanson, Greta
Almroth, Karine Molander.
LE TRÉSOR DARNE (Herr Arnes
Pengar). Scénario tiré de l'œuvre de
Selma Lagerloff. Réalisation de
Mauritz Stiller avec Richard Lund,
Mary Johnson, Axel Nilsson.
Le Monastère de Sendomir (Klostret
i Sendomir) Scénario tiré de la
nouvelle de Grillparzer. Réalisation
de Victor Sjostrom avec Tore
Svennberg, Tora Teje, Renée Bjor-
ling et Richard Lund.
La vengeance de Jacob Vindas
(Fiskebyn). Scénario de Bertil Malm-
berg réalisé par Mauritz Stiller
avec Lars Hanson, Karine Molander,
Eigil Eide, Hildur Carlberg, Nils
Arhen.
La montre brisée (Karine Ingemars-
dotter) Scénario de Selma Lagerlof
réalisé par Victor Sjostrom avec
Victor Sjostrom. Tora Teje, Bertil
Malmberg
Le mariage de Joujou (Dunungen).
Scénario de Selma Lagerlof. réalisé
SIGNH KOLTHOFF
par Ivan Hedquist avec Ivan Hed-
quist. Renée Bjorling, Ragnar Wi-
derstedt.
La voix des Ancêtres (Ingmarso-
nerna). Scénario de Selma Lagerlof
réalisé par Victor Sjostrom, avec
Victor Sjostrom, Tore Svennberg,
Hildur Carlberg, Harriette Bosse,
Hjalmar Peters et Svéa Peters.
La petite Fée deSolbahl.cn (Synnove
Solbakken) Scénario de Bjornestj-
erne Bjornson réalisé par John
Brunius avec Lars Hanson. Karine
Molander, Hjalmar Peters, Eigil
Eide, Ellen Dali, Einar Rod.
Quand l'amour commande (Ett Ear-
ligt Frieri). Scénario de Bjornestj-
erne Bjornson réalisé par Rune
Carlsten avec Lars Hanson et Gull
Croniwall.
La fille des Etudiants (Studenternas
Dotter). Scénario d'Esther Julin
réalisé par Ivan Hedquist avec Ivan
Hedquist. Richard Lund, Renée
Bjorling et llilda Borgstrom.
Maître Samuel (Musterman). Scéna-
rio de Hjalmar Bergman réalisé par
Victor Sjostrom, Greta Almroth.
Concordia Selander, Harald Sven-
zen .
Vers le bonheur (Erotiken). Scénario
et réalisation de Mauritz Stiller
avec Lars Hanson, Karine Molan-
der, Tora Teje et Anders de Wahl.
Le Chevalier du bonheur (Lyck.orïd-
daren). Réalisation de John Bru-
nius avec Mary Johnson, Gosta
Ekman, Bryde.
/.c Moulin en feu [Kvarnen). Scénario
de Karl Gjellerup réalisé par John
Brunius avec Anders de Wahl.
Clara Kjellblad.
Le pèlerinage ci Kevlaar (Vallfarten
till Kevlaar). Scénario d'Henri
Heine réalisé par Ivan Hedquist,
avec Renée Bjorling, Forsten
Bergstrom.
A travers les Rapides ijohan). Scé-
nario tiré du roman dejuano Aho.
Réalisation de Maurice Stiller avec
Jenny Hasselquist et Mathias
Taube.
La 4 Alliance de Dame Marguerite
(Prastankan). Scénario tiré du ro-
man de Kristoffer Janson avec
Einard Rod ^Hildur, Carlberg et
Greta Almrotte.
Sacrifice sublime (Hogre andamal).
Scénario tiré du conte de Aug.
Strindberg avec Ivar N'ilson et
Fxlith Erastoff.
LA CHARETTE FANTOME (Korkar-
len). Scénario tiré de l'œuvre de-
Selma Lagerlof réalisé par Victor
Sjostrom avec Victor Sjostrom,
Tore Svennberg, Astrid Holm, Hil-
da Borgstrom.
(Ce film sera édité en FYance le 18 no-
vembre prochain).
cinea
a a
NOTES
a a
Victor Sjo8trom.
Quand on voit ce grand corps et ce
large masque, on dit : «Ah qu'il joue
Hamlet î » C'est ce que l'on appelle
un grand premier rôle. Zaeeoni, Cha-
liapine, Mareoux, Lucien Guitry, sont
des « grands premiers rôles. Je suis
sûr que Frédérick-Lemaître était LE
grand pemier rôle. Et j'ai envie d'en
(.lire autant de Victor Sjostrom.
Son talent est dans son front, dans
ses -poings, dans ses épaules. Il est
puissant.
Avec des yeux clairs pour les
nuances de l'amour et de la douleur.
Acteur, grand acteur, véritable
acteur, il semble créer une ligne sym-
pbonique de grand style — ah I le
souille au cinéma... — quand il aime.
Montrez nous Les Proscrits sans
orchestre. Je vous jure que j'entends
quand même la houle passionnée des
thèmes déchaînés sur le poème et la
voix de l'interprète qui fut aussi
compositeur de grand duo visuel.
Son geste est chaud comme la voix
de Titta Ruffo ou d'Amato. Son
rythme rebondit, s'épuise, s'élance.
dure, dure, comme le deuxième acte
de Tristan.
Sjostrom en réalisant LesProscrits
a créé UN FILM. En les interprétant
il a VÉCU.
(.'est du cinéma.
•
Edith Erastoff. C'est la partenaire
de Sjostrom dans Les Proscrits.
Vous me dites que c'est une comé-
dienne. Je n'en sais rien. Je n'ai vu
qu'une femme.
lora Teje.
Une chatte.
Il n'existe rien de plus délicieux
qu'une chatte.
•
Renée Bjornling.
C'est ennuyeux : elle n'a pas de
défauts.
Elle est parfaite dans Sendomir,
parfaite dans le Mariage de Joujou,
parfaite dans La Lille des Etudiants.
C'est rare. C'est pourquoi on est
étonné — presque choqué île cette
perfection.
•
Vous souvenez-vous de Wolo?
C'est le premier film suédois vu en
France. Il est de Mauritz Stiller. Jenny
Ilasselquist y dansait le principal
rôle. Nous l'avons revue dans Ibcria
aux ballets suédois. Je préfère Wolo.
Car Jenny Ilasselquist est légère et
stylisée comme Anna Pavlowa avec
cette même grâce romantique qui fait
croire que Fanny Elssler vit toujours
et qu'elle a pris un pseudonyme.
•
Mauritz Stiller est le poète-metteur
en scène de Trésor d'Ame, de Wolo,
et d' Lroti/.cn. Il joue du blanc et du
gris, avec une attention subtile de
troubadour. Il est un peu à l'art muet
ce que furent Charles d'Orléans et
Louise Collet à l'art rimé. Et par ins-
tants, on se l'imagine, avec ses mains
artistes, harpégeant des lumières,
doucement sonores sur je ne sais
quelles cordes chantantes.
Rickard Lund.
Qu'il est beau en costume d'époque !
Je crois qu'il n'a jamais joué à la
Comédie-Française. Je crois qu'il n'a
jamais chanté l'opérette viennoise
Je crois qu'il n'a jamais tourné en
Italie.
Il est déjà très rare qu'un acteur en
habit ait déjà l'air d'un homme du
monde. Que dire de lui si, dans ses
nippes d'il y a trois, quatre ou cinq
cents ans, il a l'air d'un gentleman.
Mary Johson.
Le jour se lève.
L'air du matin cuivre les bois.
Elle a seize ans — et nous avons
aussitôt dix-huit ans.
C'est le trésor du Trésor d'Ame.
•
Ivan Hedquist.
Le marchand de charme.
Il est tellement amoureux de ce qu'il
fait qu'on se demande comment il
peut se séparer de ses films.
•
Tore Svennberg.
La dignité dans le pathétique — ou
la douleur d'un homme bien élevé.
J'admire es phénomène.
•
La Charrette fantôme.
Voilà le grand clavier.
Et voilà l'art de Selma Lagerlolf et
l'art de Victor Sjostrom réunis en
un seul chant qui semble ne pas pou-
voir finir.
•
La Montre brisée est un film dont
le principal interprète est un fleuve.
Le fleuve est si fort qu'il inonde le
pays et il a tant de talent qu il
déborde le film.
Loris Df.li.i'c
IiI-.n|\ 1 VKKMAXN
.EBII. CHRISTENSEN
cinea
j NOTRE PLUS COURAGEUSE ACTRICE DE CINÉMA
m
Quelques aventures étranges des films tournés
Le journal du soir a l'ait une en-
quête auprès de nos acteurs Suédois
en leur demandant de raconter
quelques souvernirs du travail des
tournées cinématographiques de cet
été.
Parmi les réponses données, nous
reproduisons ici le conte de M. Mau-
ritz Stiller sur quelques aventures et
événements.
Jamais une saison de tournées dont
je puisse me souvenir n'a été pour
moi tellement remplie de vrais acci-
dents évités que celle de cet été, dit
M. Stiller, surtout en tournant des
scènes aviatiques de « Erotikon « qui
faillirent me causer du mal.
Un jour.j 'avais à dé montrer quelque
chose avant le tour et je ne pensais
pas que l'hélice de la machine était
en marche ; elle est, comme on le sait,
invisible en tournant en grande vi-
tesse.
Tandis que la machine était encore
fixée à terre, j'aperçus un détail dans
les habits des acteurs qu'il me fallut
corriger et je courr us tout droit contre
l'hélice. Un cri commun de tous ceux
qui étaient autour de moi me fit m'ar-
rèter. A ce moment-là, l'hélice me
frôlait le visage. Si je m'étais appro-
ché de quelques centimètres, j'aurais
été transporté comme un atome dans
la poussière atmosphérique.
Quand je suivis la machine en l'air
pour diriger la tournée cinématogra-
phique, il y eut une anicroche fâ-
cheuse. L'aviateur me fit signe de
pomper et je pompais en effet à la
sueur de mon front parce que j'étais
habillé très confortablement ; c'était
I un hydroplane et il me fallut voler
loin au-dessus des toits et des arbres
jusqu'à l'aube pour pou voir descendre
sans périr.
Mes bras étaient tout à fait épui-
sés, les habits et épées me gênaient
aussi, mais j'essayai de persévérer
jusqu'au bout.
Quand nous fûmes enfin sauvés de
cette aventure,j'étais tellement épuisé
que je reçus un choc nerveux, mais
ce n'est pas cette histoire que j'aurais
à raconter.
Je voudrais saisir l'occasion d'ex-
primer mon admiration et mon res-
■, pect pour Mme Jenny Hasselquist que
j je voudrais sans hésitation distin-
guer comme notre plus courageuse
actrice de cinéma.
Je doute que personne autre n'au-
rait voulu faire la même chose qu'elle
a fait en tournant mon deuxième
film cet été quand il s'agit de des-
cendre en bateau le sauvage et long
courant rapide de Kamlungeau fleuve
de Kalix.
Ajoutez qu'il fallait que cette scène
fut jouée à bord d'un bateau et que
celui-ci devait être conduit par l'ac-
teur qui fit son rôle avec elle et par
conséquent non par un conducteur
habitué. La fraude ou changement de
rôle était impossible et il était néces-
saire de prendre tout son courage en
aide et une confiance absolue en M. So-
mersalmi, un grand et robuste ac-
teur Finlandais.
Mme Hasselquist fut par conséquent
la première femme qui ait osé des-
cendre le Kamlunge oui, simplement
de descendre le rapide long de plus
d'un kilomètre avec seulemeut deux
hommes à bord acte presque surhu-
main, les équipages en général, étant
composés de 7 hommes.
Le rapide n'est pas sans danger,
comme on va le voir : Tandis que le
bateau dansait comme une feuille
dans le courant furieux. M. Somer-
salmi fut jeté à l'eau. Cela fut peut-
être le plus horrible moment de ma
vie.
L'eau montait par-dessus le bateau
désemparé qui avait perdu son con-
ducteur; il était jeté, de ci de là, et
au travers du courant écumeux et
sauvage. C'était un moment terrible.
Mais celle qui ne perdit pas son sang-
froid pour une seconde fut Mme Has-
selquist. Elle se traîna, rapide comme
l'éclair jusqu'à l'arrière et attrapa
dans l'eau la main de M. Somersalmi,
et l'aida à s'accrocher au bord du ba-
teau et de cette manière lui permit de
gagner le bateau.
Nous-mêmes étions sur un radeau
géant qui était à l'avant du bateau
pour pouvoir photographier le jeu
pendant le tour.
Trois appareils travaillaient par
là et deux des photographes furent
prisdelamcme terreurque moiquand
arriva l'accident, et perdirent les ap-
pareils, mais le troisième, M. Boge
vit de suite que tout allait s'arranger
et continua froidement à tourner de
sorte que le document subsite encore.
Outre le courage personnel qui est
nécessaire pour jouer un rôle comme
celui de Mme Hasselquist, la disci-
pline qu'elle a acquise à l'école des
ballets doit être attribuée à la faire
avancer où toute autre personne au-
rait reculé et à juste raison.
Encore une fois, le Kamlunge devint
dangereux. Le dernier jour que nous
étions là, nous allions tourner
quelques films et nous étions <>00 à
monter un fleuve. Parmi nous étaient
A photographes qui avaient apporté
leurs appareils sensibles avec leurs
films exposés au même endroit où
était arrivé l'accident.
Nous faillîmes tous être jetés à l'eau
et moulus en morceaux.
Le bateau fut rempli par l'eau mais
les photographes eurent toutefois
assez de sang-froid pour lever les ap-
pareils avec leurs gaines de cuir au-
dessus des têtes de sorte qu'ils ne
furent pas détruits et le conducteur
put arrêter le bateau coulant contre
une pierre.de sorte que l'on eut assez
de courage pour sauter à bord, tout
prés d'un tournant d'eau sauvage et
patauger dans l'eau tranquille.
Un petit moment encore et nous
étions tous perdus sans retour.
Mauritz Si i i r.ER.
8
cinea
MAURITZ STILLER
un des tout premiers
metteurs en scène de ce
temps, avec IVolo, Dans
tes Remous et ce poème
lumineux et vivant : Le
Tri-sor d'Ame, qu'il aurait
éclipse avec ses deux nou-
veaux films : Erotiken
et j.an.
MARY JOHNSON
Quand apparut /.<■ Trésor
d'Ame, on s écria que
Mary Johnson était la
Bessie Love suédoise. 11
est vrai que Le Trésor
d'Ame est une date du
cinéma comme Pour sau-
ver sa race et il ne faut pas
plus oublier Mary |ohn-
son que Bessie Love — et
il faut admirer Maurice
Stiller comme Th. H. [nce.
cinea
LA FILLE DES ETUDIANTS
Ces Ivan Edquist, réalisateur du Mariage de Joujou, qui a exécuté cette
comédie cinégraphique où nous reverrons Renée Bjorling et Rickard Lund.
10
cinea
MM FILMS ET SAGAS MM
Les films Scandinaves ne sont pas
des comédies ou des tragédies, comme
les films français, ni des chansons de
geste, comme les films américains :
ce sont des Sagas ; ils ont le sens et
le goût du détail ; de la vie réelle, de
l'atmosphère pratique, concrète, quo-
tidienne qui rendent tellement vivants
au bout de mille ans et malgré la dif-
férence des civilisations, les récits
des conteurs norses. L'un des plus
célèbres, la Laxdœla Saga, histoire
d'une vendetta prolongée entre deux
familles islandaises, est un grand
film en soixante-dix-huit épisodes,
tout fait, comme nos lecteurs pourront
en juger d'après le passage ci-après,
qu'il faut essayer de replacer dans
l'atmosphère à la fois très réaliste et
très dramatique que crée l'évocation
de sentiments intenses, de haines et
d'amours tragiques, sur un fond serré
et presque monotone de faits de la vie
quotidienne. C'est déjà l'art de Jane
Eyre, de Vanity Fair, de Midelle-
niarch et celui des artistes de la
Svenska :
Rappelons qu'« au cours des chapi-
tres précédents » Gudreen, qui aimait
Kjartan, a sur la fausse nouvelle de
son mariage avec une princesse nor-
végienne, épousé Bolli, le cousin et
le frère d'armes de Kjartan. A son re-
tour Kjartan, un peu par dépit, a
épousé Hrefna Gudreen a fait naitre
la haine entre les deux amis, jusqu'au
jour où Kjartan et son compagnon
An étant tombés dans une embuscade,
Bolli s'est avancé vers son ami épuisé
par le combat, qui a laissé tomber
ses armes et a reçu le coup de la
mort sans essayer de se défendre.
Bolli reste sous l'impression de ce
meurtre qu'il n'arrive pas à pardon-
ner à la femme qui l'y a poussé, bien
qu'il continue à vivre avec elle. An
est laissé pour mort avec une affreuse
blessure au ventre, dont il guérit
dans des circonstances bizarres qui
lui valent le surnom de tripes de
bruyère. Après une paix boiteuse
qui dure quelques années, Thorgerd,
mère de Kjartan, saisit l'occasion fa-
vorable pour exciter à la vengeance
ses autres enfants et ses amis qui,
conduits par son fils Ilalldor, partent
pour surprendre Bolli. Ici nous lais-
sons la parole au conteur.
« ... Après cela ils partirent à che-
val de Herdholt, les neuf ensemble,
Thorgerd les suivant dixième. Ils
passèrent le long du rivage jusqu'à
Lea Shaws, pendant la première
partie de la nuit. Ils ne s'arrêtèrent
pas avant d'être arrivés à Sa-lingsdale
pour la première marée du matin. A
cette époque la vallée était couverte
de bois épais. Bolli se trouvait là,
« serve dans l'âme un souvenir plus
DESSIN DE E. NERMAN
COSTA EKMANN
« durable des événements qui ont
« coûté la vie à Kjartan. Quand on m'a
« rapporté mourant à Tongue, et que
« Kjartan gisait mort, ma seule pen-
« sée était que je paierais ma dette à
« Bolli aussitôt que j'en trouverais
dans un chalet, ainsi qu'Halldor en
avait été informé... Or, le chalet était
divisé en deux parties le dortoir et la
laiterie Bolli s'était levé de bonne
heure pour distribuer aux hommes
leurs tâches, et il s'était recouché
pour dormir après leur départ. Dans
le chalet ils restaient donc seuls tous
deux.Gudreen et Bolli. Ils s'éveillèrent
au bruit que firent les neuf en descen-
dant de cheval, et ils les entendirent
parler entre eux, se demandant qui
entrerait le premier dans le chalet
pour attaquer Bolli. Bolli reconnut
la voix de Halldor, ainsi que de plu-
sieurs autres de sa troupe. Bolli parla
à Gudreen et lui dit de quitter le cha-
let, de s'en aller, ajoutant que la ren-
contre qui allait avoir lieu ne lui
serait sans doute pas très agréable.
Gudreen répondit qu'elle pensait qu'il
se passerait là des choses qui vau-
draient la peine d'être vues et racon-
tées, et demanda la permission d'en
être témoin, étant donné qu'elle ne
pouvait faire aucun tort à Bolli en
demeurant à ses côtés. Bolli dit qu'en
cette matière il voulait qu'elle lui
obéit, et ainsi Gudreen sortit du cha-
let ; elle descendit jusqu'au bord d'un
ruisseau qui coulait là et commença
à laver du linge. Bolli était mainte-
nant seul dans la laiterie ; il s'arma,
mit son casque sur sa tête, tint son
bouclier devant lui et son épée, Mor-
dante, à la main ; il n'avait pas de
cotte de maille. Halldor et ses com-
pagnons discutaient ensemble com-
ment ils exécuteraient l'entreprise,
car aucun n'était très pressé de péné-
trer dans la laiterie. Alors An, tripes-
de-bruyère dit : « 11 y a dans cette
« troupe des hommes qui étaient plus
« proches parents de Kjartan que moi ;
« mais il n'y en a aucun qui ait con-
« l'occasion. Aussi c'est moi qui entre-
« rai le premier dans le chalet »...
Alors An entra dans le chalet d'un
bond rapide, tenant son bouclier au
dessus de sa tête, la partie la plus
étroite en avant. Bolli lui assène un
cinea
TORA TEJE
La brillante et harmonieuse étoile du Monas-
tère de Sendom ir.de La Montre brisée, d'Erotiken
VICTOR SJOSTROM
Le réalisateur puissant de Les Proscrits, Terge Vigen, La
FilU de la Tourbière, Le Monastère de Sendomir, Korkarlen,
est aussi, dans les mêmes œuvres, un interprète ciné-
graphique d'une rare intensité.
RENEE BJORNLING
Elle enchanta Paris avec le
Mariage de Joujou, pu's
avec le Monastère de Sen-
domir, en attendant La
Fille des Etudiants.
12
cinea
coup de Montante qui lit sauter l'ex-
trémité du bouclier et fendit la tète
d'An jusqu'à l'épaule, et il tomba
mort. Alors Lawbi s'avança; il tenait
son bouclier devant lui et son épée à
la main. En un clin d'œil Bolli avait
retiré Nordante de la blessure ; mais
son bouclier s'était déplacé de ma-
nière à le découvrir, de sorte que
Lambi lui porta un coups à la cuisse,
et le blessa grièvement. Bolli répon-
dit par un coup de taille qui frappa
L'épaule de Lambi, etl'épée lui laboura
le bras d'une telle manière qu'il de-
meura incapable de combattre ni de
se servir de son bras pendant tout le
reste de sa vie. A ce moment Helgi,
fils de llarabien, s'avança, armé d'un
épieu dont le fer était long d'une
aune, et le manche garni de fer.
Quand Bolli le vit, il laissa tomber
son épée, prit son bouclier à deux
mains et s'avança vers la porte au
devant de Helgi. L'épieu de Helgi
passa à travers le bouclier et à tra-
vers le corps de Bolli. Alors Bolli
s'adossa au mur de la laiterie et les
hommes entrèrent tous, à savoir
Halldor et ses frères, et Thorgerd les
suivit dans la laiterie. Et Bolli leur
dit: « Maintenant frères, vous ne cou-
« rez plus de risques à vous appro-
« cher davantage » et il ajouta que sa
défense ne serait plus très longue.
Thorgerd lui répondit, disant qu'il
n'y avait aucune raison de ne pas
traiter Bolli impitoyablement et
qu'elle voulait les voir marcher entre
sa tète et son corps. Bolli était immo-
bile contre le mur de la laiterie, ser-
rant son vêtement contre son corps
pour empêcher les entrailles de
s'échapper. Alors Steinthor Olafsen
s'avança vers Bolli, et d'un coup de
hache à la nuque, juste au-dessus des
épaules, il fit tomber sa tête... Ils sor-
tirent ensuite de la laiterie. Gudreen
s'avança du bord du ruisseau, et
parla à Halldor et lui demanda ce qui
s'était passé avec Bolli. Ils lui dirent
ce qui était arrivé. Gudreen était vêtue
d'un jupon de drap et d'un corsage
ajusté de tricot, avec une grande
coilfe surlatèteet autour d'elle une
écharpe à raies bleu foncé terminée
par des franges. Helgi Hardbiensen
alla vers Gudreen, saisit l'extrémité
del'écharpeet s'en servitpouressuyer
le sang de la lame de son épieu le
même épieu avec lequel il avait trans-
percé Bolli, Gudreen le regarda et
sourit légèrement. Halldor dit:« Voilà
qui est lâche et sauvage ». Helgi lui
demanda de ne pas s'irriter contre
lui « car, dit-il, je ne puis m'empê-
« cher de penser que celle qui est sous
« cette écharpe aura un jour ma vie.»
Alors ils remontèrent à cheval et par-
tirent ; Gudreen les accompagna un
moment, échangeant quelques pa-
roles avec eux, puis elle revint:
Les compagnons de Halldor com-
mencèrent à dire entre eux que Gu-
dreen ne paraissait pas attacher
grande importance à la mort de Bolli,
puisqu'elles les avait accompagnés,
causant avec eu xcommes'ils n'avaient
rien fait qu'elle dût prendre à cœur.
Halldor leur répondit : « Je ne pense
« pas que Gudreen ne prenne pas à
« cœur la mort de Bolli ; je pense que,
« si elle nous a accompagnés en cau-
«sant, c'est plutôt parce qu'elle von-
« lait bien savoir quels étaient les
« hommes qui avaient pris part à l'ex-
« pédition. »
Lire la suite dans la Saga, dont il
existe, à défaut de traduction Iran
çaise, de nombreuses versions an-
glaises et allemandes. L. L.
! LE FILM
SANS TEXTE
Dernièrement un critique cinéma-
tographique posait cette question :
quand aurons nous un film dont l'idée
fondamentale s'impose suffisamment
pour rendre le texte plus ou moins
inutile ?
Cette demande est curieuse mais
très explicable, venant au moment de
la première de Vers le bonheur(Erto-
tiken), le film suédois qui, jusqu'à
présent, est celui qui présente le moins
de texte.
Cela a sans doute suscité, même
inconsciemment, la réflexion : Xe
pourrait-on pas se passer tout à fait
de texte ?
La question étantd'un certain inté-
rêt, nous l'avons soumise au metteur
en scène M. Stiller, qui dit que, natu-
rellement, tout metteur en scène cons-
ciencieux tiendra de plus en plus à
se libérer du texte Un film, dans ces
conditions, serait certainement un
idéal, pour l'avenir, c'est-à-dire quand
le film aura des formes nouvelles que
nous ne connaissons pas encore.
« Dans les conditions actuelles, dit
« M. Stiller, je crois qu'un film sans
« texte serait plus ou moins une ex-
ce périence qui. sans doute, ne sem-
« blerait pas trop bonne. Là où 11 est
« nécessaire le texte, à mon avis, jus-
« tifie encore sa place, si au contraire,
« il est mis pour remplacer une lacune
« dans l'action, causée, par exemple,
« par la coupure du film, ou pour ca-
« cher un défaut quelconque du ma-
« nuscrit, il est exclusivement indiqué.
« Il ne faut pas oublier que le texte
« ne compose que la partie la moins
« essentielle du film, quoique, natu-
« rellement.les plus grands soins doi-
« vent y être appprtés. Ce serait une
« grande faute pour un metteur en
« scène de construire un film d'après
« des textes beaux ou amusants, quel
« que soit leur intérêt littéraire, et
« aucun, ayant le sentiment de sa res-
« ponsabilité artistique, ne s'en ren-
« drait coupable Mais, ainsi que je
« l'ai dit, je considère que le film
« n'est pas encore prêt à se passer en-
« fièrement de texte, D'ailleurs, un
« cas analogue se manifeste dans le
« besoin d'éviter le réalisme à la
« scène Les essais qui ont été faits
« danscesens — seulement des lignes
« avec le concours des couleurs et des
« effets de lumière convenant au mi-
« lieu — comme j'en ai vus sur des
« écrans étrangers, n'ont pas été très
« heureux. Cela est différent quand il
« s'agit de ballets ou de pantomines
« où le réalisme se supprime facile-
« ment. Au théâtre, au contraire, cela
« devient une affectation devant la-
« quelle le public reste froid. Et de
« même, je crains qu'un film sans
« texte soit une sorte de ballet, à
« l'écran. Mais je suis partisan de la
« réduction des textes, dans une cer-
« taine mesure. »
Le metteur en scène, M. Benjamin
Christensen, a peut-être été le premier
à appeler l'attention sur le film sans
texte, comme l'idéal à ambitionner.
Ce but ne pourra être atteint que par
une littérature spéciale pour le film.
Il a comparé le film à un enfant qui
ne peut pas marcher, il cherche trop
son appui dans la littérature. Et,
ainsi qu'une scène muette peut expri-
mer bien plus que de nombreuses pa-
roles, il considère que le film doit
être construit d'images, qui ne créent
que des images, et pas autre chose,
dans le cerveau de l'homme. C'est
un auteur d'images qu'il réclame. Lui
seul rendra le film parfait et indé-
pendant des mots. Aussi M. Chris-
tensen voit-il cet événement dans
l'avenir. V. G.
cinea
13
LA CHARRETTE FANTOME
(K.ORKARLEN)
filmé par Victor Sjostrom
d'après Selma Lagerloff et
interprète par Astrid Holm
avec V. Sjostrom. Nous
demandons a voir ce film.
14
cinea
LA CHARRETTE FANTOME
(KORKARLEN )
n'a pas encore paru en France.
bien que ce film soit très
attendu et très désire de tous
ceux qui aiment l'admirable
ell'i rt c i nèmatogra pli i que
suédois.
cinea
15
^^ME^ç ïïl
LA CHARRETTE FANTOME
est un iirand film tiré des
contes de Selma Sagerloff
par Victor Sjostrom. metteur
en scène et interprète
d'envergure.
cinea
O
DIALOGUE
£)
Elle. — Oh! je voudrais danser;
— je voudrais parler au monde avec
ce langage muselé qu'un corps bon-
dissant invente dans l'espace! —
L'éloquence du geste me paraît plus
féconde, elle raconterait mieux mon
âme illimitée que ce verbe immobile
dont Hermès est le dieu.
Les mots m'apparaissent mesurés,
conventionnels, ils demeurent enfer-
més dans les limites étroites de la
syntaxe, où, esclaves, ils n'ont plus
qu'un recours : tomber dans le do-
maine public. Je vois au contraire
dans la Danse toute une infinité de
modes d'expression, — ses possibi-
lités sont innombrables.
Les gestes, propriété exclusive de
la pensée qui les conçoit, s'esquissent
dans l'air... ils s'y évanouissent invi-
siblement et aussitôt d'autres les
perpétuent... les remplacent... leur
Voix ne s'éteint pas... leur immaté-
rialité leur prête une manière d'éter-
nité...
Lui. — Mais puisque vous appré-
ciez l'expression silencieuse de la
Danse, n'avez-vous donc jamais songé
au Cinématographe qui est une autre
expression silencieuse de la Pensée?
Elle. — Non; pour moi le cinéma-
tographe représente essentiellement
la Vie, la vie dans tout ce qu'elle a
de mélodramatique, de brutal, d'ins-
tantané, de démocratique, tandis que
la Danse réunit en elle toutes les
qualités aristocratiques de l'Art;
elle est surnaturelle, elle est de la
vie transposée, dépouillée de son réa-
lisme, et, elle s'élève, aérienne, avec
magnificence, vers la plus parfaite
expression de la Beauté muette.
Lui. — Si les mots ont aujourd'hui
pour vous si peu de prix, si vous
appréciez le mutisme — il me semble
que le cinématographe devrait déci-
dément vous contenter I — Qu'y a-t-il
de plus sourd qu'un spectateur de
l'écran? Par déduction, qu'y a-t-il de
pins muet qu'un interprète de ciné-
matographe ?
Ki. le. — Le champ est trop petit. .
Un interprète de cinématographe qui
parlerait le mutisme que j'aime en
sortirait à chaque instant!
Notre Ame, c'est à la fois un bond,
un agenouillement, une cambrure,
c'est un saut vers l'Impossible, c'est
une course éperdue, c'est un arrêt
brusque, c'est une succession de mou-
vements irréguliers que l'appareil
de prises de vues ne peut enregistrer
sans vingt fois se déplacer, sans cou-
per tour à tour bras, jambes ou nez!
Il ne peut saisir, et souvent en la
déformant, qu'une fraction de cet
infernal mouvement de l'être humain.
M S III. K. \KKM IS
MAURIÏ7 STILLER
Considérez, je vous prie, la Dou-
leur, l'Amour ou la Joie comme des
sentiments primordiaux, comme des
Thèmes, et voyez sur ces thèmes
quelle vaste symphonie un corps qui
danse est capable d'orchestrer; c'est
incommensurable.
... Nos mouvements et nos pauses
transposent les plus simples harmo-
nies de l'âme, les airs les plus popu-
laires, les plus primitifs du cœur en
une multiforme et multipliable vie
musicale ! Ne croyez-vous pas qu'avec
nos lignes mobiles et nos membres
flexibles notre transformation est
prodigieusement incessante... de
même qu'avec les traits de notre vi-
sage et ses expressions, notre trans-
figuration est miraculeusement per-
pétuelle.
Lui. — Vous parlez de visage? d'ex-
pression? Je vous arrête, car il est
certain qu'un bon objectif est plus
apte à enregistrer la vie extérieure
et même... intérieure d'un visage que
n'importe quel œil... fut-il le vôtre,
qui a su pourtant voir dans la danse
une indemnité et une variété d'expres-
sions qu'il m'a été rarement permis
de percevoir, même avec de bonnes
jumelles !. ..
Elle. — Avec ou sans jumelles
alors vous n'avez pas vu les Suédois
danser.
J'ai admiré parfois la somptuosité,
la vaillance, la grâce naïve des Russes.
— Je me suis inclinée devant l'Art
sévère, religieux d'Isadora Duncan.
J'ai aimé les féeriques danses de cou-
leurs et de lignes que nous ollre la
grande magicienne Loïe Fuller. —
J'ai pensé devant les Ballets Suédois!
Ils nous ont apporté leur âme neuve,
leur jeunesse audacieuse, quelque
chose de serein, de fort, d'intelligent;
Leur esprit s'est révélé sain, clair,
net, très franc, très limpide. Tout de
suite ils ont su nous être infiniment
sympathiques. Dans chacune de leurs
créations, ils ont fait preuve d'un
goût très subtil, très sûr. L'Homme
et son désir, entre autres, est une des
œuvres les plus parfaites que nous
ayons eu la joie d'admirer et je dé-
plore de rencontrer encore des êtres
qui, par snobisme ou parti-pris, ne
louent pas l'atmosphère exception-
nellement heureuse que M. Rolph de
Mare a su répandre autour de cette
œuvre et qui ne veulent pas recon-
naître en Jean Borlin un très surpre-
nant modeleur de beauté plastique.
— Lui. — Je suis satisfait de vous
avoir amenée à parler delà Suéde,
car pour vous convaincre de la va-
leur esthétique du cinématographe
je comptais justement vous emmener
voir certains films suédois.
Nous sommes tous las du film amé-
ricain ou la fortune roule sur une
cinea
17
roue de motocyclette, ou l'amour nait
d'un coup de revolver bien envoyé...
ou de la vie qui devrait devenir :
mort, reste vie même en passant sous
un express, en tombant d'un vingt-
cinquième étage I...
La puérile idylle qui se déroule à
Jacksonville, la sombre aventure de
Broadway ou la joyeuse escapade sur
les « planches » de Palm-lîeaeh n'of-
frent aucune particularité ; elles se
ressemblent et nous n'essayons même
plus de les identifier.
Dans les ateliers de peintre, chez
les grands industriels, au milieu des
jardins fastueux de nobles dames
d'Italie, nous nous sommes promenés
suffisamment, trop peut-être T
Donc à part la France où nous
avons admiré quelques œuvres ex-
ceptionnellement belles mais où nous
n'osons pas toujours rester par pru-
dence, l'Allemagne où nous n'osons
pas trop aller par décadence, nous
devons nous orienter vers la Suède
où il faut bien l'avouer cela nous est
une joie bien raffinée de villégiaturer.
Des côtes tumultueuses de « Terje
Vigen » aux pâturages ensoleillés de
« Solbakken », des rapides de Dans
les remous au monastère neigeux de
M. Arne, vraiment nous goûtons des
satisfactions immenses. En effet il se
dégage des films suédois une sérénité,
une puissance que nous rencontrons
rarement ailleurs. Ils atteignent à un
très haut degré de charme, d'émo-
tion, de beauté, avec des moyens
simples, dépouillés d'artifices qui
nous stupéfient d'abord et nous plai-
sent ensuite absolument.
Retenez les noms de Victor Sjos-
trom et de Mauritz Stiller. Ce sont
eux, et un ou deux français de grande
valeur que je n'ose pas nommer, qui
vous convertiront, j'en suis certain T
Voici enfin de vrais écrivains del'Art
Muet ; ils savent choisir des scéna-
rios et ils savent les visualiser ; ils
connaissent les secrets des intérieurs
intimes où la vie se glisse, se répand
dans les moindres détails ; ils com-
prennent quels costumes, quels pay-
sages seront appropriés à leur sujet,
quelle importance ils doivent donner
au développement psychologique des
personnages, à l'action ou à l'élément
naturel qui intervient (comme la
neige intervient dans Le Trésor
d'Ame pour spiritualiser le drame
et renforcer sa poésie)...
Vous vous passionnerez pour les
particularités frappantes de leurs in-
terprètes ; la féminité hypertrophiée
de Tora Teje, la beauté tragique de
Sjostrom.la fougue de Rickard Lund,
la grâce délicate de Karin Molander,
le charme juvénile de Gosta Ëkman,
la distinction fantaisiste de Renée
Bjorling, la bonhomie de Hedquist,
la virile ardeur de Lars Hanson,..
Vous pleurerez de joie devant l'émou-
vante aieule du Trésor d'Ame, le
troublant enfant de La petite fée de
Solbaeken dont le visage est â la fois
un paradis et un enfer... et surtout
devant la pathétique Mary Johnson,
« Elsalil » inoubliable, miraculeux
JAQUE CATELAIN eu gacmom
l'harmonieux acteur français d'ascen-
dances suédi lises qui vient de créer le
suédois Heedwick dans El Dorado.
visage, jeune fille des légendes au
front pur, aux yeux transparents qui
hantent notre imagination, fabuleuse
incarnation des adolescentes de nos
songes, en face de laquelle, attendris,
nous évoquons les Mélisandes... les
Violaines... les Béatrix... toutes les
grâces flexibles du frêle « escalier
d'or » !...
— Elle. — Mais selon vous, à quoi
tient cette suprématie dont il semble
que les suédois font preuve... et qui
va me décider ?...
— Lui. — Pour arriver â une telle
perfection je pense simplement qu'ils
sont infiniment doués pour cet art
froid, concentré qu'est le cinémato-
graphe, qu 'aussi n'ayant pas fait la
guerre ils ont eu le loisir d'étudier
cet art neuf et que de plus, ils sont
les seuls â l'aimer d'amour T
C'est un fait établi queSjostrom et
Stiller qui sont â l'heure actuelle les
plus hauts représentants de l'art ci-
nématographique suédois sont véné-
rés, adorés, respectés au plus haut
point par les directeurs de firmes qui
les ont pour collaborateurs. D'autre
part cesdeux grands hommes aiment
les poètes qui leur confient leurs œu-
vres, ils affectionnent le visage de
leurs interprètes, qui â leur tour sont
passionnément épris de leur Art T
C'est là sans nul doute toute leur
force, c'est par cela qu'ils atteignent
cette sincérité émouvante, cette vé-
rité.
— Elle. — Mais croyez-vous qu'en
France on soit incapable de cultiver
ce magnifique amour ?
— Lui. — Dans l'avenir, non ; ac-
tuellement, oui. Hélas T tant que les
hommes de valeurs qui pourraient
faire évoluer le cinématographe fran-
çais seront considérés par les entre-
preneurs d'affaires cinématographi-
ques â l'égal de ceux qui ne valent
rien, (car les milieux compétents sont
aussi ignorants que le public, qui ne
sait que bien rarement reconnaître
un bon film d'un mauvais !) Tant que
l'on ne fournira pas à l'Esprit fran-
çais les possibilités de se manifester
librement surles écransd'ici, d'abord,
puis sur les écrans mondiaux ensuite,
taet que l'on travaillera dans l'atmos-
phère amère, désagréable, mauvaise
ou l'on se meut, nous ne ferons
malheureusement rien d'aussi par-
fait que ce que nous serions capables
de faire et c'est dommage, car ainsi
il manquera certainement â l'art
cinématographique quelque chose
d'inestimable... Mais, du moins, en
attendant adorons le visage si grave,
si noble, si merveilleux que la Suède
nous offre dans ses films T
— Ei.i.k. — Votreenthousiasmedanse
si éperdument dans ma pensée que
pour quelques heures je délaisse
Therpsichore... je me consacre à vo-
tre religion.
Je vous en prie... de suite... télé-
phonez .. retenez une baignoire au
Colisée... on y donne enfin un film
suédois... voilà des années que j'y
subis contre mon gré les films amé-
ricains... joyeusement nous irons ce
soir. .. vite... vite...
— Lui. — Victoire !... Allô... Allô
Mademoiselle.. . Elysée 29-46...
Jaque CateI vin.
8
cmea
Le nouveau studio de
la SVenska (Biograftea=
tern, à Stockolm f£££
Le laboratoire a été commencé au
mois de mai de cette année et doit
être prêt le f' janvier 1922 Le temps
a été très favorable et on a activé au-
tant que possible le travail. On peut
dire sans exagération que c'est un
record.
L'Etablissement est situé tout prés
de Stockholm dans la commune de
Rasenda. Le terrain a une superficie
entre (iBO, <>58 et 794, 101 pieds carrés,
et englobe du terrain accidenté, de la
plaine, des forêts et des montagnes
Userait intéressant d'avoir un aperçu
des bâtiments qu'on est en train de
construire, d'autant plus que l'établis-
sement doit être considéré comme un
studio de modèle dans son genre, au
moins unique en Europe.
L'intérêt principal s'attache évi-
demment aux studios. Ceux-là sont
deux, un grand et un petit. Le plus
grand comprend une très grande
surface : 340 X 204 pieds carrés. La
hauteur de tous les deux est de 8 mè-
tres. Ils sont construits en béton
armé et fer. Ce sont là les nouveaux
principes de construction et sont évi-
demment munis de tous les arrange-
ments modernes, tels que scènes de
rotation, plateformes tournantes, glis-
sières horizontales et verticales poul-
ie matériel d'éclairage. Le plus petit
studio contient des loges pour les
figurants et le magasin de décors.
Les deux ateliers sont reliés par un
gros bâtiment dans lequel se trouvent
les loges des figurants. Au premier,
celles des dames, et au second, celles
des hommes, toutes munies de tout
le confort possible. Au rez-de-chaus-
sée, se trouvent les bureaux des met-
teurs en scène et des régisseurs, et
plus haut, les ateliers des tailleurs.
Des loges d'artistes, on passe direc-
tement dans les ateliers, par des
foyers appelés studios. C'est le labo-
ratoire qui captive l'intérêt. C'est une
construction séparée , comprenant
trois étages, et faite de briques. Ce
bâtiment a d'ailleurs été construit
d'après les derniers principes amé-
ricains. Il y a plusieurs ascenseurs
qui communiquent entre les diffé-
rents étages.
Le laboratoire a été construit pour
permettre un tirage d'environ
50.000 mètres par jour. A l'entrée de
cet établissement (la première ville
cinématographique suédoise) on a
construit un bâtiment : l'administra-
tion englobe des bureaux de diffé-
rentes sortes. On y trouve également
d'autres ateliers et des étables pour
les animaux qui serviront à la mise
en scène ; très coquettement, dans un
petit bois à côté, on a construit un
petit restaurant.
Les dessins et les plans de
cette nouvelle ville cinématogra-
phique ont été dressés par l'ar-
chitecte M. Chrone qui est spé-
cialement attaché à la Svenska
Biografteatern
cinea
19
M
LITTÊ RA TU RE
M
Selma Lagerlof qui s'était vouée au
professorat en province d'abord et
risqua seulement à l'âge de 32 ans,
de lancer le fruit de ses inspira-
tions littéraires.
Parce que cette « Légende gosta
Norling » était écrite très cor-
rectement, parce que les compa-
triotes de Mme Lagerlof purent en-
trevoir dans cette œuvre une imita-
tation délicate de la plus glorieuse
époque de leur littérature celle du
romantisme du début du xixe siècle
(M. Sverden l'érudit historien de la
littérature suédoise n'accorde qu'à
cette époque 1780-1850 le titre de
« Grande période »), ce roman devint
très vite populaire. Soyons sincères,
un lecteur étranger ne sera pas
ébloui par ces nuances mauves, peu
éloquentes de ce livre qui fut vite
proclamé un chef-d'œuvre. Lorsque
nous abordons un auteur nordique
nous cherchons chez lui toujours
des sensations fortes, violentes, une
senteur primitive et presque sauvage
qui pourrait nous servir de rafl'rai-
chissement après les consomma-
tions démesurément quotidiennes de
nos productions littéraires. Or, si
dans ce cas nous nous trouvons en
présence d'une chose simple, nor-
male honnête (au point de vue de
réalisation artistique) nous sommes,
avouons-le, presque déçus. Les suédois
eux-mêmes ont contribué à la créa-
tion de ce courant d'opinions dans la
société de l'Europe occidentale. Il y
avait chez ce peuple au cours de son
histoire des apparitions brusques et
formidables qui éclataient au milieu
d'une humanité moyenne telles des
fusées étincelantes, porte-voix, clai-
ronnantes, sonores ; ces Gustaf-
Adolph, ces Charles XII, descendants
des Césars et Annibal, qui embra-
saient la moitié de l'univers dans la
lueur de leur passion rouge-sang,
cette reine Christine mystique, per-
verse, ce formidable Swedenborg,
l'homme qui vivait dans l'après-
demain des rêves, tout récemment
cette tourmente infernale, person-
nifiée dans les cauchemars de Strind-
berg, dernier martyr de l'humanité,
tout ceci était trop violent, trop
aveuglant pour qu'on puisse après
aamHKHHBc tv T'^'tf IfflSB
.
■
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1U|
mÊÊf'-' — - *%J
SELMA LAGERLOFF
ces formidables secousses être cap-
tivé par le classicisme paisible d'un
Isaïa Tegner, les strophes vertueuse-
ment académique d'un Cari Smoïlsky ,
les romans limpides et doux de
Selma Lagerlof.
Donc, c'est une autre raison pour
admirer l'œuvre et la persévérance
de cette femme qui a su s'imposer
dans le monde des lettres et qui, au
bout de trente ans de labeur inlas-
sable, jouit d'une gloire presque uni-
verselle, dont la consécration par le
prix Nobel eut lieu il y a quelque
temps.
C'est surtout l'homogénéité de son
œuvre considérable qui mérite l'at-
tention du lecteur. Non pas qu'elle
eut choisi un coin nettement déter-
miné dans l'ensemble de la nature
humaine en se plaisant de persévérer
dans la plus scrupuleuse analyse
des voies obscures d'un cœur flétri.
Au contraire, on trouve dans son
œuvre des ouvrages empreints du
plus pur mysticisme, telles ces fa-
meuses légendes d'Antéchrist à côté
des romans merveilleusement clairs
qui auraient dû être écrits par une
journée de soleil, la fenêtre grande
ouverte, sous un ciel limpide,
d'une écriture calme et mesurée
sans la moindre rature, toutes les
virgules et tous les accents stricte-
ment observés.
Personnellement, je trouve un
charme particulier aux deux livres
de sa « Jérusalem » ou dans des
pages admirablement construites,
s'entrechoque la mentalité simple et
naïve des rudes paysans de sa terre,
sévère et grave avec la plus haute
conception d'un idéal hautement
religieux qui sut traverser les siècles
toujours jeune et séduisant.
La Terre Sainte frémissante sous
les pas lourds des lents pèlerins sep-
tentrionaux, les vikings en veston et
gilet brodé devant le mur des Larmes
— c'est peut-être une des plus belles
images de ce peuple séculairement
énigmatique.
Selma Lagerlof, c'est un regard
clair et toujours jeune dans les brouil-
lards d'une vieille vie fatiguée, un
vent lointain et frais qui garde tou-
jours la douceur d'une belle main
tendrement maternelle.
(A suivre)
L. Valter, trad.
20
cinea
Expéditions
Cinématographiques
de la Svenska
Pas un pays, sauf peut-être les
Etats-Unis, n'a équipé, ces dernières
années, autant d'expéditions de prise
de vues cinématographiques que la
Suède.
La plus importante est celle de la
Svenska en Afrique Anglaise. Celle-
ci fut entièrement équipée en expédi-
tion d'exploration ; elle a été derniè-
rement soutenue par ladite Société
de films qui ne travaille qu'avec un
seul appareil et pendant un plus
grand nombre d'heures qu'aucune
autre.
On peut se rappeler que l'opérateur,
l'Ingénieur Oscar Olsson, avec des
conservateurs et des chasseurs par-
tirent de Stockholm, il y a deux ans
et demi, et qu'au moment où l'expédi-
tion prit le départ, à Nairobi, dans
les régions sauvages, elle comptait
environ 90 à 100 membres. Des per-
sonnes de haute situation ont fait
l'éloge de la grande valeur d'une telle
expédition.
L'Ingénieur Olsson fut interrompu
dans la tâche qu'il avait entreprise
jusqu'ici, car il dût se rendre en com-
pagnie du prince Guillaume de Suède
(un fils de Roi de Suède, Gustave V)
en expédition dont le point de départ
était Nairobi, au cœur de l'Afrique,
par le lac Victori, dans le Congo
Belge, qui sera la ligne de retraite de
l'expédition vers le Caire. Beaucoup
de choses attendent l'appareil de
M. Olsson : animaux sauvages en
masse, lions, buffles, gorilles, rhino-
céros, qu'il photographiera à son
aise, ainsi que la vie des noirs, leur
mœurs. L'expédition continuera vers
le volcan Kirunga, dont la hauteur
est de 5.000 mètres, qui sera filmé. On
fonde de très grands espoirs sur ce
voyage
Il y a aussi deux voyages d'explo-
ration scientifique qui sont munis
d'appareils cinématographiques sué-
dois, et qui ont pour but de voyage ;
Le Kamschatka et la Chine.
Le premier est conduit par MM. Berg-
mann et Malaise. Ce dernier a fait son
apprentissage dans le laboratoire de
la Svenska Biografteatern, et est de-
venu un excellent photographe. Cette
dernière expédition a déjà eu des
aventures, entre autres, a participé à
un naufrage en mer.
Il y a des raisons pour fonder de
grandes espérances dans le film du
Kamslhatka, d'autant plus que l'ap-
pareil de M. Malaise est sans doute
le premier qui a tourné dans cette
contrée de l'Afrique, relativement
peu connue.
Le voyage entrepris dans la mer
de Glace du Nord, à bord d'un bateau
pécheur Norvégien, et qui fut un
voyage de caractère journalistique,
DESSIN DE I. M KM IN
ARS HANSON
ne fut pas une expédition de plaisir
pour les opérateurs de la Svenska
Biografteatern, car l'opérateur dut
prendre engagement sur ce bateau,
comme homme d'équipe, et prenait
part aux travaux de bord ; les aven-
tures qui leur arrivèrent mirent plus
d'une fois leur vie en danger.
Une tournée de reportage autour
du monde a été commencée ces jours-
ci à la tète de laquelle se trouve le
rédacteur A. Essen. Cette expédition
est aussi entreprise par la Svenska
Biografteatern. M. Essen est un jour-
naliste entraîné : un appareil de prise
de vues dans les mains d'un tel
homme doit être un instrument qui
peut reproduire avec autant d'ex-
pression que la plume et le pinceau
les milieux et décors divers qu'il ren-
contre durant son voyage.
Peut-être l'initiative de M. Essen
sera-t-elle le vrai chemin à suivre,
l'appareil enregistreur étant dans les
mains d'un journaliste opérateur
bien entraîné.
Il est intéressant de rappeler que la
Svenska Biografteatern a fait une ex-
pédition cinématographique durant
l'été 1010, en Islande et au Spitzberg.
On tourne
En ce qui concerne la mise en scène
de cette année, les metteurs en scène
sont :
MM. Victor Sjostrom, Maurice Stil-
ler, Brunius.
On croit pouvoir mettre en scène
huit films.
M. Sjostrom est en train de diriger
un film dont l'action se déroule en
Italie, Pendant la Renaissance. Dans
ce film, on verra le bel artiste Ivan
Hedquist; les autres interprètes sont:
Jenny Hasselquist et Josta Ekman.
M. Stiller mettra en scène deux
films qui auront pour interprètes :
Lars Hanson, Karin Molander, et
sans doute aussi Mar}- Johnson. Il
est probable que M. Hedquist jouera
dans un des films de M. Stiller. Un
de ces deux films sera joué dans un
milieu russe, et sera tiré d'une nou-
velle de Selma Lagerlof. Nous verrons
probablement, dans un des rôles :
RickardLund, que personne n'aoublié
depuis sa création du Trésor d'Ame-
M. Brunius mettra en scène égale-
ment deux films avec les principaux
interprètes : Pauline Brunius, et la
délicieuse Renée Bjorling.
Enfin, la Svenska a engagé depuis
deux ans déjà, M. Christensen, un
danois, qui possède de grandes qua-
lités de metteur en scène, et qui met-
tra en scène deux films qui, paraît-il,
seront une révélation de l'industrie
cinématographique. M. Christensen a
intitulé un de ces deux films Un essai
historique en images virantes.
A. R.
cmea
21
Ce fut sans cloute un moment his-
torique pour l'art cinématographique
suédois quand Victor Sjostrom fut.
ovationne parle public enthousiasmé
d'une grande capitale ; après la pre-
mière représentation de « Korkalen »
au Théâtre de l'Alhambra, à Londres.
De ce fait, on peut considérer que
la victoire complète a eu lieu qui
était désirée depuis longtemps mais
n'était pas encore tout à fait gagnée
malgré des succès mérités, mais plus
rares.
Quand il sera après cela, question
à l'étranger du «film suédois », il y
aura enfin l'attention du public.
L'honneur de ce triomphe appartient
a « l'industrie'suédoise cinématogra-
phique » ; mais il est aussi [question
de l'honneur personnel, un grand nom
suédois passe dans le monde et dé-
fend avec bravoure sa place à côté
de ceux qui sont au monde du film
comparé à des phénomènes astrolo-
giques « Victor Sjostrom ».
En été 1912 ; Victor Sjostrom venait
pour la première fois au film mais
seulement comme acteur.
A la hâte, nous voulons rappeler
comment Sjostrom est devenu une
figure de premier plan maintenant
dans l'art cinématographique.
Sa première œuvre fut Ingerberg
Holm un film social qui a très forte-
ment et non sans résultat critiqué
nos institutions pour les pauvres.
Son deuxième et plus célèbre film
fut à notre avis Terge Yigen, le pre-
mier film suédois ayant une valeur
littéraire dont nous puissions garder
le souvenir.
Il passa également en Allemagne et
en Angleterre et fut un grand succès.
Le film suivant fut Berçj Eyvind et
sa femme la magnifique épopée ro-
mantique de l'Islandais Johann Sigur-
Jonsson adaptée pour l'écran par
Sjostromavec une si grande maîtrise
que l'on peut donner à ce film aujour-
d'hui encore la plus grande estime :
non seulement comme metteur en
scène, mais aussi comme acteur, Sjos-
trom a montré une force intellectuelle
très rare.
Le premier film de Selma Lagerlof
parut en 1917 La jeune fille de Stor-
murtorpet non seulement il eut un
grand succès dans son pays d'origine
mais il en franchit les limites comme
une première documentation vivante
de la culture des paysans suédois
L'année suivante, Lcy fils de Ingimar
un film historique d'une mise en scène
remarquable.
Nous sommes après cela tellement
près de la dernière production qu'une
émunération nouvelle est superflue.
Nous nous souvenons seulement de
La tille de Karin Inamar et — après
avoir réfléchi, et pour montrer l'éten-
due de la souple nature de Sjostrom
— le film Thomas Graal mise en
scène par Stilleravec Sjostrom comme
acteur.
ractère suédois et qui ne sont pas
dépassées en leur genre.
La finesse du regard et le sens ly-
rique, voilà les qualités que possède
à un degré très rare Victor Sjostrom
et si nous regardons les films de
Selma Lagerlof, il a réussi surtout à
interpréter la poésie de cet acteur
d'une manière parfaite.
Rien ne devient laid sous sa direc-
M\ lil I . \I.KM \\
VICTOR SIOSTROM
tion et rien n'est petit : le soleil. illu-
mine la plus humble chaumière de
son plus bel éclat et le plus petit coin
peut donner de belles visions à un
œil qui comprend et qui veut com-
prendre.
De cette manière, il a su donner
au film suédois une vie spéciale où
n'atteignent pas les autres.
Dans un propos sur Korkarlen on
a dit qu'il est jusqu'ici le film qui ait
le mieux compris la question delà vie
et du cœur humains :« C'est un film
que l'on vit plus qu'on ne le voit »
La valeur de ce film ne peut être
mieux dépeinte ; il n'est pas ici ques-
tion grâce aux qualités de metteur en
scène de Sjostrom d'un produit ciné-
matographique ayant une valeur lit-
téraire.
Le réalisateur et l'acteur ont ici
produit quelque chose de plus : une
vue de perspective de l'avenir ciné-
matographique plus pleine d'effets
que les mots imprimés du livre, plus
persuasive qu'une pièce ordinaire.
Cet homme, est un poète national
suédois avec une plus grande in-
fluence et déplus grandes possibilités
de victoire que n'importe quel autre,
il prêche dans le nouveau temple
du peuple : le cinéma ; il est écouté
par des milliers de personnes et il
fait appel à l'organe le plus simple
intermédiaire du cœur et de l'esprit
humains, l'œil. Un discours ? Oui,
ainsi s'est exprimé un curé dernière-
ment qui a dit de Korkarlen que ce
film a été le meilleur discours contre
l'alcoolisme, discours visuel d'autant
plus puissant qu'il était en même
temps écouté par des milliers de per-
sonnes sous des latitudes différentes.
Il y a des signes qu'on ne saurait
méconnaître qui présagent une re-
naissance après le matérialiste pro-
fond caractéristique de cette dernière
décade. C'est après le chaos après sa
chute que les gens commencent à
demander autre chose il est naturel
que la force créatrice qu'est l'art ci-
nématographique soit arrivée à une
réorganisation de ses directives. On
discutera de la valeur des méthodes,
on ne niera pas sa puissance.
En ce qui concerne la renaissance
dans notre pays, la responsabilité en
incombe totalement à une personne,
Victor Sjostrom. Il en est digne.
Homme de réalisation, Homme de
pensée Sjostrom connaîtra de grandes
victoires dans la bataille livrée pour
l'Art cinégraphique.
R. L. C.
22
cinea
TQRA
TEJE
<3TZ
\<ru*~, 'g^--
Dessin d*E Nerman-
cmea
23
LE MONASTERE DE ShNDOMIR
Une œuvre de Victor Sfostrom qui
a fortement saisi le spectateur de
1 écran par sa concision tragique, son
atmosphère, son intimité doulou-
reuse et son mouvement pathétique.
24
cinea
LE MONASTERE DE SENDOMIR
Dans une parfaite pénombre de
style, Sjostrom a prodigieusement
animé le parfait quator de Tora
Teje. Richard Lund. Renée Bjorn-
line. Tore Svennbere.
cinea
25
La nouvelle série de films de
plein air, de voyages de la
Svenska.
La Société Svenska, de Stockholm,
va .sortir cette année sur le marché
mondial une série spéciale de films
de plein air.de voyages et de docu-
mentaires, pris en Scandinavie et
dans les régions arctiques.
Les films de plein air de la Svenska
sont déjà réputés par la variation
des sujets, la très belle photographie,
et surtout l'intérêt qu'ils présentent.
Pendant l'été dernier, la Svenska a
fait une collection de films sembla-
bles, représentant les contrées Scan-
dinaves et nordiques. Les arrange-
ments qui ont été pris pour la
photographiede ces films ont été faits
de façon à ce que les vues représentent
les plus belles contrées de ces pays.
Cette série de films comprend des
tableaux de Suède, du Danemark, et
de Norvège, et également de deux
îles où jamais un appareil de prise de
vues a été vu, c'est-à-dire en Islande
etdans les « spitzbergs » (dans l'océan
glacial arctique).
Le Spitzberg est actuellement d'un
grand intérêt. Cette contrée est « no
man's land » presque depuis qu'elle a
été découverte. Autrefois, elle était
importante par la pêche des baleines
qui se faisait sur le côtes. Aujour-
d'hui, sa possession a été recherchée
à cause des mines de charbon qui y
ont été découvertes. La Norvège et
la Suède exploitent en ce moment les
mines qui n'ont pas été touchées jus-
qu'ici et on y travaille même pendant
l'hiver. L'Islande a été, il y a des
siècles, le pays natal de la poésie et
des légendes du Nord, mais aujour-
d'hui, elle est devenue aussi celui de
son travail et de son industrie.
Jusqu'à présent, ces deux contrées
avaient échappé à l'œil investigateur
du film : c'est pendant l'été de 1918
qu'elles furent photographiées pour
la première fois parla Svenska Bio-
grafteatern. Ces séries comprennent
aussi des vues magnifiques de trois
grandes villes Scandinaves : Copen-
hague, Christiania et Stockholm,
, ainsi que de fort belles et inléres-
i santés vues documentaires sur les
: Régions du Nord de la Suède et de la
Norvège.
Une attention toute particulière a
été apportée pour rendre la vieille et
si particulière culture existant tou-
jours parmi les Lapons. Les films
ainsi obtenus sont merveilleusement
beaux et d'un grand intérêt. En pré-
sentant ces vues au public, laSvenska
Biografteatern espère qu'elles seront
accueillies avec le même intérêt que
les autres films donnés parla Société,
et qu'elles éveilleront l'admiration
pour ces contrées si riches en beautés
naturelles. Le public appréciera cer-
tainement l'opportunité de ces films
et goûtera le charme de ces splen-
dides contrées.
Films scientifiques du Nord
et du Sud.
Les deux Sociétés cinématogra-
phiques qui travaillent ensemble fe-
ront paraître prochainement plu-
1 ■ I-. — I >■ lil. fi. MIDI \.N
KAKIN MOLANDER
sieurs films scientifiques qui, certai-
nement, confirmeront le plus grand
apport qu'est le cinéma au service de
l'étude.
C'est ainsi que le spécialiste d'étude
sur les animaux, le conservateur,
David Sjolander, vient de prendre
plusieurs films intéressants sur la
gent ailée du Nord, donnant une im-
pression singulièrement riche et va-
riée de la vie des oiseaux et de leurs
particularités.
Le meilleur écrivain ou le cliché le
plus parfait ne pourraient montrer
de façon aussi exacte que le film, les
milles petits mouvements des oiseaux
et leur vie intime. 11 est vrai que
M. Sjolander est maître dans l'art de
surprendre toutes les bêtes et de les
« saisir » au moment propice.
Parmi ces films se remarque une
série prise dernièrement dans de pe-
tites îles habitées de préférence par
des oiseaux : Store et Lilla Karlso,
près de la côte de Gotland dans la
mer Baltique. La vie des oiseaux de
mer a été saisie là, sur le vif, entre
autre, celle des goélands à pieds
jaunes, des hirondelles de mer, des
pingoins et des macreuses.
Différentes autres séries ont été
prises autour du petit lac deTakern,
au centre de la Suède, bien connu
pour l'extraordinaire quantité d'oi-
seaux vivant sur ses bords, puis de
l'île de Maklappen près de la côte la
plus méridionale de Suède, et enfin
du lac de Hjartared, dans la province
de Halland, où on trouve les seules
colonies de hérons du pays.
11 faut surtout citer le voyage si
riche en résultats que M. Sjolander
fit dernièrement dans la Laponie sué-
doise, où il vécut tout un été, et dont
une série de six films peut donner un
aperçu complet des oiseaux de mon-
tagne, comme desperdrix, desmerles,
des si/.erons, et de toute la faune de
ces régions arctiques.
En ce moment, M. Sjolander est
loin de son pays natal: il a été envoyé
en Chine comme membre d'une expé-
dition organisée par le Musée Natio-
nal d'histoire naturelle, et il prend
une série de films sur les animaux et
les particularités de ce pays que la
Skandia a l'intention de lancer sur le
marché.
26
cinea
VERS LE BONHEUR (HROTIkON)
Erotikon est, dit-on. l'œuvre maîtresse de Maurice Stiller dont nous
avons admiré la virtuosité en nuances dans JVolo et /..' Trésor d'Ame
cinea
27
VERS LE BONHEUR (KROTIKON)
ToraTeje, Andersde Wahl, LarsHanson, Karin Molander, applaudis déjà dans de beaux films
sont les protagonistes de cette grande fresque où nous verrons autant de luxe que d'art.
28
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LA QUATRIEME ALLIANCE
DE DAME MARGUERITE
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LA QUATRIEME A LL1ANCE
DE DAME MARGUERITE
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Sommaire du N ° 1
Les films d'aujourd'hui. — Léon
Moussinac, Henriette Janne.
De "Rose-France" à "El Dorado" —
Louis Delluc.
En Amérique. — Lionel Landry.
Films cubistes allemands. — Ivan
Goll.
Spectacles. — Eve Francis.
Derrière l'écran. — Daven.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Echos, Réponses, Concours.
Photos et Portraits de Norma Tal-
madge, Cappellani, Mado Minty, Jaque
Catelain, Lili Samuel, Hallys Feeld,
Boldirerï, Louise Glaum. Eve Francis.
Maë Murray, Sessue Hayakawa. Mar-
celle Pradot, Elena Sagrary, Charlie
Chaplin, Footitt, Suzanne Després,
Signoret, Chaliapine, etc.
Sommaire du N ° 2
Les films d'aujourd'hui. — Pierre
Seize, Léon Moussinac. Henriette
Janne, L L.
Louise Fazenda et quelques autres.
— Lionel Landry.
Les films suédois. — Louis Delluc.
L'art pour le septième art. — Canudo.
Notes.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Derrière l'écran. — Daven.
Photos et Portraits de Pearl White,
Irène Castle, Barthelmess. Antoine,
Sacha Guitry, Van Daële, Modot, Ida
Rubenstein, Chaliapine, Yonne Aurel,
etc.
Dessins de Cappiello, Sacha Guitry,
Einar Nermann, Bécan, A. -F Marty.
Sommaire du N ° 3
Les films d'aujourd'hui. — Pierre
Seize, Léon Moussinac, L. L., Henriette
Janne, J. -H. Lévesque.
Notes, — Louis Delluc.
Variations. — Lionel Landry.
Interprétation. — Roger Karl.
Le synchronisme cinémato-
graphique. — Vuillermoz.
Spectacles. — Eve Francis.
Derrière l'écran. — Daven.
Pages de ma vie. — Chaliapine.
Echos, Réponses, Concours
Photos et Portraits deCliarlieChaplin.
Nazimova, Betty Blythe. Jane Mvro,
Roger Karl, Eve Francis". Pavlowa,
Diaghilev*-, Bakst, Stravinskv. etc
Sommaire du N° 4
Couverture. — Raquel Meller.
Les Films. — L. L. Henriette Janne,
Léon Moussinac, etc.
W. S. Hart.
Notes. — Louis Delluc.
Une ténébreuse affaire. — Composi-
tion cinégraphique. d'après le roman
de Balzac, par Lionel Landry.
Le peintre au cinéma. — J. F. Laglen.
Derrière l'écran. — Daven.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Le Film. — Louis Nalpas.
Photos, Dessins, Portraits de Signo-
ret. Max Linder. W. Hart. Lillian Gish.
Marcel Lévesque, Prince, etc.
Sommaire du N ° 5
Couverture. — Douglas Fairbanks.
Les Films. — Léon Moussinac. Lionel
Landry, René Bizet.
Mamamouchi, par J. de Baroncelli.
Studio. — Louis Delluc.
Moving Picture Laud. — Henry Rous-
sel.
Derrière l'écran. — Daven.
Spectacles. — Eve Francis.
Une ténébreuse affaire. — Suite et fin.
Photos et portraits de Yanova. André
Nox. Nikita Balieff. Maë Marsh, Fran-
cesca Bertini. Tsin-Hou. Anieka-Yan.
de Baroncelli. Maria Dalbaicin. etc.
Sommaire du N° 6
Couverture. — Jewel Carmen.
Les Films. — Lionel Landry.
Notes. — Louis Delluc.
Paroles d'acteur muet. — Jaque Cate-
lian.
Le cinéma mystique. — Jean Epstein.
Au fumoir. — Marcel Lévesque.
Derrière l'écran. — A. Daven.
Spectacles. — Raymond Pavelle.
En Amérique. — L. Landry.
Définitions. — Charles Démery.
Littérature. — L. Valter.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Photos et portraits de Suzanne Talba.
André Nox, Jaque Catelain. Elena
Sagrary, Sarah Bernhardt. etc.
Sommaire du N° 7
Couverture. — Jean Borlin.
Les films. — René Bizet, L. Landry.
D. W. Griffith. — (Portrait express").
Lillian Gish. — (Portrait express).
Chef D. W. Griffith. — Germaine
Du lac.
Notes. — Louis Delluc.
Derrière l'écran. — Daven.
Spectacles. — Eve Francis. Raymond
Pavelle.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Photos et portraits de Yvette
Andreyor, Griffith. Carol Dempster,
Lillian Gish, Richard Barthelmess,
Donald Crisp, Constance Talmadge,
Alfred Paget, Seena Owen, Robert
Harron, SéverinMars. Musidora, Lvda
Borelli, Signoret, Asta Nielsen, johan-
sen, Paul Claudel. Darius Milhaud,
Eleonora Du se, etc.
Sommaire du N ° 8
Couverture. — Loïe Fuller.
Les Films. — Lionel Landrv.
Notes. — Louis Delluc.
Impressions d'écran.- Louise Fazenda.
Pour le nu photogénique. — L. L.
Derrière l'écran. — Daven.
Spectacles. — R. Pavelle.
La critique est aisée. — Debacker.
Illustrations. — Huguette Duflos, Le
Lys de la Vie. Tania Daleyme. Marcelle
Souty, Anna Pavlowa, Eric Barclay.
Sommaire du N° 9
Couverture. — Jolanda Figoni.
Les Films. — Lionel Landry.
Notes. — Louis Delluc.
En Amérique. — L. L.
Le peintre au Cinéma. — J. F.
Laglenne.
Douglas for ever. — Louis Delluc.
Derrière l'écran. — A. Daven.
Spectacles. - - Eve Francis et Jean
Cocteau.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Sessue Hayakawa. — (Portrait
express).
Illustrations. — Emmv Lynn, Van
Daële, Shirley Mason. Gahv Morlav.
Louis Forest. Charlie Chaplin. Charles
Alstrup. Lauritz Olsen, Frederik Buch,
Carina Ari. Gaston Jacquet. Hayakawa.
Sommaire du n° 10
Couverture. — Mary Pickford.
Les Films. — Lionel Landrv.
Les Trois Mousquetaires (Pathé .
Les Trois Mousquetaires (Douglas
Fairbanks).
Douglas Fairbanks. — (Portrait
express).
Mary Pickford. — (Portrait express).
Derrière l'écran. — André Daven.
Le nu photogénique. — Musidora.
Les pages de ma vie. — Chaliapine.
Fièvre. — P. de La Borie, Pierre Seize.
Auguste Nardy. Tavano. Léon Moussi-
nac, etc.
Illustrations. — Gina Païenne. Max
Linder. Aimé Simon Girard. Henri
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cinea
| RÉPONSES A QUELQUES LETTRES I
!
Marie-Louise T. — Les extérieurs du
Carnaval des Vérités furent tournés à Biar-
ritz ceux d'El Dorado à Séville et Grenade,
ceux de l'Homme du Large, à Quiberon et
Vannes.
Tullamors. — Les meilleurs incarna-
tions de Van Daële sont à mon avis :
Jacques Hébert de Narayana et Militis de
la Boue. Vous le reverrez dans Pour mu-
nuit d'Autour d'après E. Zola et Les Roc-
quevillard, d'après H. Bordeaux.
Le Penseur. — Annette Kellermann est
née à Sydney (Australie) en 1887. Helen
Fergusson à Decater (Illinois). Margarita
Fisher en 1894 dans l'Iowa et Max Linder
à Bordeaux.
Admiratrice A. Nox. — Cet artiste est
actuellement à Londres, ou il tourne Le
Crime de Lord Arthur Saville. Avant ce
film vous verrez encore La Mort du Soleil.
Admirer NT. — Voici tous les renseigne-
ments concernante Cité Défendue (The
Forbidden City) scénario tiré de l'œuvre
de George Scaborough par Mary Murillo.
Réalisation de Sidney à Franklyn avec
Thomas Meighan (|ohn Worden), Michael
Rayle (Mandarin), A. E. Warren (Wong
Ling), Roggers Lytton (L'Empereur), Reid
Hamilton (Lieutenant Halbert) et Norma
Talmadge dans le double rôle de Toy et de
San-San.
???. — Dans les Trois Lys de Lucie Dela-
rue-Mardrus vous reverrez Gine Avril.
Vivianne. — Viviette est un film de Vi-
vian Martin intitulé également Viviette en
Amérique. Le Scénario a été découpé par
J. Crawford Ivers d'après le roman de
William J. Locke. La distribution com-
prend : Vivian Martin (Viviette), Harrison
Ford (Austin Ware), Eugène Pallette, Kate
Toncray, Clare .Whipple, Donald Blake-
more.
Robert Périscope. — Vous faites erreur
Deux Coqs... Une t ouïe n'est pas une réé-
dition de la Montée vers V Acropole mais
un film de la Nordisk interprété par Lau-
ritz Olsen.
Cora. — Voici les adresses demandées:
Elsie Fergusson ; Famous Players Studio
127 west 56 th. Street, New-York City. —
Mary Miles Minier ; Morosco, Los Ange-
les (Cal). — Enid Bennett ; Ince Studio.
Culver City (Cal). — Bessie Love ; Vitagraph
Studios, Prospect and Talmadge Streets.
Los Angeles (Cal). — George IValsb ; P. O.
Box 24, Station H, care of Fox Film Cor-
poration, 130 West, 46 th. Street. New
York City. — Tom-Mix, Fox Studio. 1.401
Western Avenue. Los Angeles (Cal).
Domino bleu. — Ces renseignements
sont absolument gratuits. Il nous est im-
possible vu le nombre considérable de
lettres que nous recevons journellement,
de vous répondre par lettre particulière.
Allah Garh. — Cette artiste, prenant
son metteur en scène pour un « punching
bail », son directeur l'a congédiée.
Kismet. — Tome Moore s'est marié der-
nièrement avec Renée Adorée une jeune
Française, originairede Lille. — Zigoto se
nomme en réalité Larry Semon. — Gloria
Swanson est née à Chicago (Illinois) en
1899. — André Nox est Parisien, Van
Daële aussi.
Behind the Screen. — L'adresse de Je-
wel Carmen est 260 West 42 nd. Street.
New- York City. — Celle de Betty Comp-
son : care of Goldwyn Pictures Film C°,
Culver City, California U. S. A.
L'Agonie des Aigles. — Renoncez y car
M. Séverin Mars est marié. Aucun lien de
parenté avec le mime Séverin.
Charlotton. — C'est le 14 juillet 1908
que Grifïïth édita son premier film The
Adventures of Dollie il y a donc 13 ans.
Tom. — La mère de Charlie Chaplin se
nomme Mrs Hannah Chaplin. Aucune nou-
velle au sujet de son nouveau mariage. —
Harry Houdini naquit à Appleton (Wis-
consin).
Princesse Ivoirine (fervente lectrice). —
Je ne connait pas le nom de ces deux fiau-
Vous aVez le droit
d'exiger d'un film les
mêmes qualités de style,
de composition, de Vie,
de rythme, Que Vous
entendez trouver dans
roman. £ Et quand
Vous ne les trouvez pas
dans un roman, décla-
rez=Vous que la littéra*
ture est un art inférieur.
ces. Achetez plutôt te journal des jeunes
gens à marier, en vente dans tous les Kios-
ques.
Yvonne St-Raymonu (Toulouse). —
Voici quelques adresses : Louis Feuillade,
53. rue de la Villette Paris. — René Na-
varre, 23, rue de la Buffa, Nice. — Etié-
vant. Ermolieff-Film, 106. rue de Riche-
lieu. — André Hugon, 20, Chaussée
d'Antin. — Pierre Marodon, 19, rue Mar-.
beau. — Pagliéri. 21. rue Saulnier. — Vi-
sio-Film, m, faubourg St-Honoré. — Mau-;
rice de Marsan, Charles Maudru, 8, rue
de Douai. Bonne chance !
Jacqueline F. — Le premier film de Si-
gnoret fut Rival de son Père. — Le premier^
film d'André Nox : Sous les Phares — Lrf
premier film de Van Daële: Le Secret du
Vieux Moulin. Mais vous allez voir le Père
Goriot. Le Crime de Lord Arthur Saville,
Les Rocquevillard.
Peter Pan — L'adresse de Marion Da-
vies est care of Cosmopolitan. 72c) Seventh
Avenue N. Y. C. — Celle de Lew Cody n
care of Talmadge Film Corporation. 318,
East, 48 th. Street New-York Citv.
Water Lily. — June Caprice se nomme
en réalité Betty Lawson, elle est née à Dan-
ville (Kentucky) en 1898.
H. H. — 5.000 dollars à l'heure est le ti-
tre français de Five Thousand an Hour. —
Haie Hamilton... JohnnyGamble — Lucille
Lee Stewart... Constance Joy — Gilbert
Douglas... Paul Gresham — Robert Whit-
tier...Jim Collaton — Robert Middlemass...
Loring. . Hardec Kirkland... Mortimer
Washer. Réalisation de Maxwell Karger}
Le Baiser Camouflé [A Camouflage Kiss)
Scénario tiré par Ralph Spence de l'œuvre
de Stephen Fox. Réalisation : Harry Mil-
larde — avec June Caprice (Martha Tornei,
Bernard Thornton (Rudolph King). Pell
Trenton (Pell Kingston), George Bunny
(John Chandler). Lola Mav (Irène Chand-
ler).
Cœur de Poète [The Heari of Romance).
Scénario tiré par Adeline Leitzbach de
l'œuvre de Frances Cowley. Réalisation
d'Harry Millarde avec June Caprice (June
(ackson). Bernard Thornton (Harvey
Greyson), George Bunny (Judge StalTord),
Joseph Kilgour(JerryGrady), Lillian Page
"(Mrs Kibbfe).Jack Martin (Joë Bernheim),
Jack Raymond (Jack Qearborn).
|e n'ai pas la distribution de Ur.know
2-J4, ni de Patsy mais je vous les cher-
cherai.
cinéa
PORTRAIT
EXPRESS
LÉON MA T HO T
Naquit le 5 mars 1886 à Roubaix.
Reçu au Conservatoire il débute, à
Lyon, au Théâtre des Célestins, au
Théâtre du Pavé et aux Galeries St-
Hubert de Bruxelles.
Ensuite il joue au Gymnase et au
Théâtre Antoine.
Ses Films
Le Pont fatal (Pathé). Réalisation
d'Andréani.
La légende des Chevaliers d'Algal-
bert (Pathé). Réalisation d'An-
dréani.
Le Seeret de l'acier (Pathé). Réalisa-
tion d'Andréani.
Les Rivaux d'Harlem (Pathé). Réali-
sation d'Andréani.
Barberousse (Le Film d'Art). Réali-
sation d'Abel Gance.
Les Gaz mortels (Le Film d'Art).
Réalisation d'Abel Gance.
Le Lord ouvrier (Film d'Art). Réali-
sation de Max André.
Les Ecrits restent (Film d'Art) Réa-
lisation de Georges Lacroix.
Les Dames de Croix-Mort (Film
d'Art). Scénario tiré de l'œuvre de
Georges Ohnet et réalisé par Ma-
riaud.
Le Droit à la Vie (Film d'Art). Scé-
nario et réalisation d'Abel Gance
avec Andrée Brabant et Vermoyal
pour partenaires.
La Zone de la Mort (Film d'Art). Scé-
nario et Réalisation d'Abel Gance
I avec Andrée Brabant, André Lyo-
nel, Vermoyal.
Son Héros. Réalisation de Charles
Burguet avec Huguette Duflos et
Paul Amiot.
Volonté. Tiré de l'œuvre de Georges
Ohnet. Réalisation de Pouctal avec
Huguette Duflos et Paul Amiot.
Le Comte de Monte-Cristo (Film
d'Art). Tiré de l'œuvre d'Alexandre
Dumas père. Réalisation de Pouctal
avec Nelly Cormon, Madeleine
Lyrisse, Modot, Jacques Robert.etc.
La Course du Flambeau (Optima-
Pathé). Scénario tiré de l'œuvre de
Paul Hervieu, par Louis Nalpas et
réalisé par Ch. Burguet avec Yvette
Andreyor et Suzanne Delvé.
La Maison d'Argile, (Optima-Pathé).
Réalisation de Gaston Ravel.
Travail (Film d'Art). Tiré de l'œuvre
d'Emile Zola, réalisé par Pouctal
avec Raphaël Duflos, Huguette
Duflos, Marc Gérard. A.Lyonel.etc.
L'Ami Fritz. Tiré de l'œuvre d'Erck-
mann-Chatrian par Suzanne De-
voyod. Réalisation de René Hervil
avec Edouard de Max, Huguette
Duflos, Thérèse Kolb.
Papillons. Scénario de H. Clerc filmé
par E. E. Violet avec Mag. Murray,
ChristianeVernon.GeorgesLannes.
Blanchette (André-Legrand-Pathé).
Adapté de la pièce d'Eugène Brieux
et réalisé par René Hervil avec
Pauline Johnson, de Féraudy et
Thérèse Kolb.
L'Empereur des Pauvres. Adapté
du roman de Félicien Champsaur
« Le Pauvre » et réalisé par René
Le Prince avec Henry Krauss et
Gina Relly.
cinea
MM LES FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Deux mains dans l'ombre.
Chacun. sait que, lorsqu'on débarque
pour la première foi» en un pays
exotique, on est d'abord frappé du
type général de la race qui l'habite.
Par la suite le caractère individuel
de» physionomies ressort et l'on
s'aperçoit que ces chinois, ces nègres,
ces arabes qui naguère semblaient
tous pareils diffèrent autant l'un de
l'autre, que les habitants d'un village
français et souvent par des caracté-
ristique» analogue» à celles qui dis-
tinguent ces derniers entre eux.
Des livres comme ceux de Lafcadio
Hearn, par exemple, qui nous font
sentir si vivement, si nettement les
divergence» profonde» existant entre
l'Occident et l'Orient, ne sont peut-
être pas ceux où l'on peut trouver
l'image la plus exacte de l'âme orien-
tale. En effet, ces différence» une fois
données, et dans beaucoup de cas
elles portent sur le langage de l'âme
plutôt que surson contenu, il reste à
fouiller le» caractères des individus,
aussi variés au Japon qu'en France,
à faire ressortirl'élément proprement
humain de chacun d'entre eux.
Il y a là deux objectifs artistiques
difficilement compatibles. Plus on
insistera sur le côté ethnique des
personnes, plus le côté humain,
particulier, individuel sera rejeté
dans l'ombre. Etc'est pourquoi Sessue
Hayakawa incarne à nos yeux un
type racial, plutôt que des person-
nages, l'Orient dressé contre l'Occi-
dent plutôt que tel ou tel oriental.
La notion de caractère individuel
des personnages, l'idée que le rôle,
même s'il concrétise des qualités ou
des défauts d'ordre universel, — l'a-
vare, l'indiscret, le jaloux — doit
montrer en même temps des traits
qui lui soient absolument propres et
qui nous obligent à voir en lui non
seulement l'image générale de l'ava-
rice ou de la jalousie mais aussi
l'image particulière d'Harpagon ou
d'Othello sont d'ailleurs des acquisi-
tions de date récente. Qui peut, sauf
dans un ou deux cas, individualiser
les valets de Plaute, les confidents de
Racine, le» amoureux de Molière, ou
même le» brigands romantique» de
Victor Hugo ?
La ressemblance individuelle a dû
au début, être le premier objectif des
arts plastiques, et ce en raison du
caractère eschatologique primitif de
ces arts : il fallait, pour l'agrément
et la commodité de l'autre vie, que
la statue ou l'image du défunt repré-
sentât bien lui-même et non un autre.
Mai» cet idéal avait déjà disparu
devant les exigeancesdes esthétiques,
les canon» imposés, la loi du moindre
effort, qui engage à travailler « de
chic », lorsque l'art dramatique a
pris naissance. 11 ne reparaît guère
qu'avec le réalisme quasi-romantique
de Boccace, où des scalde» islandais ;
il s'épanouit, arrive peut être à son
maximum, dans Shakespeare ; mais
il n'a pas forcé la porte des studios,
où régnent les types, où des nuances
telles que celles qui font que le»
divers matelot» de La Fièvre
marquent des variantes individuelles
du type matelot sont chose inconnue
ou rare. Et après tout, ce» observa-
tions, formulées à l'occasion d'Hayà-
kawa, l'appliquent encore plus à
beaucoup de grands artistes de
cinéma, à William Hart par exemple.
Le cas d'un Sjostrom, qui dans
chaque rôle et sous le vêtement eth-
nique exotique sait nous montrer une
âme humaine nouvelle, est vérita-
blement exceptionnel.
Cœur de femme
« Je dispose, dit le directeur à son
scénariste habituel, d'un certain
nombre de bandes, provenant d'ori-
gines diverses, et dont il s'agirait de
faire un film. Les unes représentent
des scènes de la vie des mineurs, une
explosion de grisou, une émeute ;
les autres, Ethel Clayton sous des
aspects variés, par exemple tenant
une carabine avec une inquiétude si
manifeste qu'on en vient à croire
qu'elle est réellement chargée ;
d'autres enfin des scènes de restau-
rant de nuit, un accident d'automo-
bile, le boudoir d'une courtisane...
(Rassurez-vous : j'ai choisi l'interprète
du rôle conformément aux idées du
bureau réformiste, qui interdit de
rendre le vice aimable). Pouvez-vous
m'arranger un scénario qui permette
d'utiliser tout cela ?
Héroïque, le scénariste a entrepris
la tâche... 11 faudrait n'être pas moins
héroïque pour analyser son œuvre.
Le rédacteur habituel des résumés
communiqués au public a, lui-même
déclaré forfait ; il conclut décou-
ragé :
« Blanche constatant avec tris-
tesse que son mari devient de plus
en plus froid avec elle parvient à la
suite de plusieurs événements («plu-
sieurs » est très au dessous de la
réalité) à ramener son mari qu'elle
adore, dans le droit chemin, après
lui avoir pardonné ses folies pas-
sées. »
En elle-même plusieurs des photos
comprises dans cette rhapsoçjraphie
sont bonnes. Et même il faut avouer
qu'Ethel Clayton donne au person-
nage un cachet d'unité susceptible de
démentir l'hypothèse toute gratuite
que nous venons de formuler.
L'autre parfum
Encore un triangle, mais cette foi»
Wilbur Craft et le bureau de réforme
ne sont pas passés par là, et le vam-
pire n'est pas handicapé par un phy-
sique ingrat. Cela devrait finir mal,
mais finit bien. Et Mar>' Mac Laren a
de très beaux bras, et du talent.
Le Roi des Chemins
La donnée rappelle à la fois une
nouvelle assez longue et amusante
de Bret Harte et une plus courte et
saisissante, de O. Henry. Elle est
heureusement réalisée et interpré-
tée.
L'Enfant du Carnaval
Que M. Mosjoukine, qui a le droit
de croire les éloges adressés au met-
meur en scène et à l'acteur, n'écoute
cinea
5
pas ceux qu'on décerne au scénariste.
Cette histoire d'enfant trouvé re-
cueilli par un riche viveur, qui, tout
a fait par hasard, prend la mère
comme gouvernante, ne vaut que
comme prétexte est fort bien habillé
et fort bien photographié, et c'est
déjà quelque chose.
•
Micheline
Il y a dans l'œuvre d'André Theu-
riet un côté frais, naturel, sylvestre,
qui lui confère, malgré la banalité de
certaines données et la médiocrité
de l'exécution, une durable jeunesse
plus qu'aucun de ses contemporains,
de valeur comparable il a su placer,
l'homme au sein de la nature, faire
participer celle-ci à l'action, le trans-
former en un personnage agissant.
Quand on voudra faire en France
du film suédois, Theuriet est un des
auteurs vers lesquelsl'on se tournera.
M. Jean Kemm a donc été bien inspiré
en choisissant Micheline comme sujet
; de son film, et il en a tiré une œuvre
qui, par ailleurs bien jouée, est
agréable à voir.
Les Cavaliers de la Nuit
Je n'ai pas lu le roman de Zaïre
Grey dont ce fdm est tiré ; mais le
titre (Le Désert de Blé) laisse suppo-
ser que la mer onduleuse des épis
doit en constituer non seulement le
décor, mais encore le protagoniste.
11 subsiste quelque chose de ce
parti dans l'adaptation cinématique,
et l'on frissonne avec admiration au
passage des gigantesques machines
qui moissonnent et battent le blé
tout à la fois. Malheureusement il y
a une histoire, aussi banale qu'obs-
cure, où il est question d'agents à la
soldede l'Allemagne qui, un an après
la paix, s'amusent à jeter dans les
champs des boules incendiaires, les-
quelles d'ailleurs n'incendient rien.
Ces bandits de pacotille vont même
jusqu'à assassiner, pour se débarras-
ser d'un témoin, une infortunée
fdlette.
— Louons à ce propos le metteur en
scène de nous avoir épargné la vue
du meurtre, du cadavre, du sang, et
de n'avoir voulu exciter notre hor-
reur et notre pitié qu'en nous mon-
trant l'horreur et la pitié des témoins
La loi de l'économie d'expression
s'applique sur l'écran comme sur la
scène, et il est piquant de voir les
autodidactes qui découpent les films
au trente-huitième étage du buil-
ding s retrouver les règles qu'ex posait
Aristote.
La Gangue
Frank Keenan trouve son meilleur
champs d'expression dans les drames
de la vie industrielle et financière ; il
fait admirablement vivre ces carac-
tères complexes où le bien et le mal
se mêlent indissolublement. 11 ne
semble pas que, jusqu'à présent, le
public français ait apprécié à leur
véritable valeur l'homme et les
œuvres auxquelles il donne la vie.
Peut-être les spectateurs, peu sen-
sibles au mérite de l'interprétation,
cherchent-ils avant tout au Cinéma
un alibi et préfèrent-ils que l'écran
magique les transporte à l'ombre des
forêts, au bord des eaux courantes,
plutôt que dans une usine en période
de grève.
Jeune fille à louer
Pendant longtemps le régime péni-
tentiaire aux Etats-Unis, surtout dans
les Etats du Sud, le doux pays de
Dixie, a été d'une effroyable rigueur.
Les prisonniers travaillaient sans
répit, sous le fouet ; ils étaient loués
ainsi que du bétail à des fermiers ou
à des entrepreneurs qui les traitaient
exactement comme des esclaves.
Jack London a décrit, dans une nou-
velle(The Hobo and the Fairy) l'exis-
tence d'un condamné qui, évadé, puis
repris, descend tous les degrés de
l'enfer, depuis le cachot et la cami-
sole de force jusqu'au fouet aux
nœuds garnis de pointes, pour être
finalement loué à un bûcheron qui
l'oblige à couper chaque jour pour
une corde et demie de bois. Et ceci
n'est pas simple invention de roman-
cier : Georges Rennan, qui avait vu
de prés les déportés en Sibérie et les
convicts dans les Etats du Sud, n'hé-
sitait pas à décerner la palme de la
cruauté à ses compatriotes.
Pour qui se rappelle tout cela,
l'idée de mettre en film la location
des prisonniers, de faire offrir en
location une jeune fille du monde
condamnée pour excès de vitesse, et
de traiter la donnée dans le mode
comique a quelque chose d'effarant.
Le sadisme y est à chaque instant
frôlé ; finalement l'absurdité même
de la réalisation amène le rire. En
vérité May Allison vaut mieux que
de telles excentricités, couronnées
dignement par la publicité de mau-
vais goût que le titre a inspirée aux
éditeurs français du film.
Lionel Landry.
cinea
IL Y AVAIT... IL Y AVAIT...
MAIS IL Y A "EL DORADO"
I. Le film psychologique.
Le véritable film français est jus-
qu'à présent le film psychologique.
Marcel L'Herbier a fait le premier
film psychologique avec Rose-France
date eapitale dans l'histoire du film
français.
Pour la première fois, en effet, nous
avons vu un film profondément, essen-
tiellement français, un film original.
Original dans sa eoneeption, origi-
nal dans son exéeution.
On a reproché à Roue-France le
manque d'action, c'est qu'on ne l'a
pas compris. A ce compte-là on pour-
rait reprocher un pareil manque
d'action à la Bérénice de Racine, et
à Sagesse, de Verlaine.
Il y avait de l'action dans Rose-
France, non une action extérieure,
mais une action intérieure, infini-
ment intéressante, poignante et dou-
loureuse. Rose-France exprimait de
la vie, non de la vie superficielle, fan-
tastique, rapide, mais de la vie pro-
fonde, nuancée, véritable. Le but de
l'art est l'expression de la vie, les
beaux films américains valent parce
que leurs interprètes expriment par
leur talent la vie de l'âme. Rose-
France aussi exprimait la vie de
l'âme. C'est pourquoi c'était une
œuvre d'art, et elle l'exprimait par
des moyens nouveaux, c'est pour-
quoi c'était une œuvre originale.
Je demande à revoir Rose-France.
*
* *
Louis Delluc lui aussi a vu, ou a
senti que le film qui convenait le
mieux à la France était le film psycho-
logique, et il nous a donné Le Silence.
Vive les artistes qui cherchent, qui
nous donnent du nouveau, et ne re-
font pas sans cesse les choses déjà
faites.
Le Silence est un film parfaitement
original. Cette extériorisation de la
pensée du personnage principal, pen-
sée complexe ou le passé se compé-
nètre avec le présent, m'apparaît
comme une des choses les plus auda-
cieuses et les plus difficiles à réali-
ser que l'on ait encore tentée au
cinéma. En effet, ce n'est pas une
simple évocation de souvenirs qui
nous est présentée, mais l'auteur s'est
efforcé de traduire dans quelle me-
sure les souvenirs et les sentiments
actuels s'influencent les uns les autres
dans la conscience de son héros.
Le Silence nous montre que le ci-
néma peut rendre les plus fines com-
plications psychologiques et il ouvre
ainsi aux auteurs un champ d'études
aussi immense et aussi profond que
l'âme humaine.
*
* *
Promêthée banquier, de Marcel
L'Herbier, m'apparaît aussi, quelque
contradictoire que cela puisse sem-
bler, comme un film psychologique.
De cet instantané dramatique se
dégage une psychologie aiguë, les
caractères des personnages se dres-
sent devant nous avec une telle net-
teté que la suite rapide d'événements
qui se succèdent nous apparaît d'une
logique fatale, et n'a besoin d'aucune
explication. Elle trouve sa raison
suffisante dans le libre jeu des diffé-
rents tempéraments.
Jean Cocteau dans le Coq et l'Arle-
quin, écrit : « Les musiciens impres-
sionnistes ont cru que l'orchestre de
Parade était pauvre parce qu'il était
sans sauce ». Je pense qu'il en est de
même de beaucoup de critiques et
de spectateurs. Ils ont cru que Pro-
mêthée banquier était pauvre, parce
qu'il n'y avait pas de sauce.
II. Le film philosophique.
Certains pensent que c'est aussi
une manière française. En tous cas
voilà une manière que je n'aime
guère. A mon sens elle n'a pas encore
produit une seule belle œuvre. Que
le cinéma puisse faire penser profon-
dément cela est évident, mais la pen-
sée doit se dégager logiquement de
l'expression de la vie, ce n'est pas la
vie qui doit, avec effort, se plier à
l'expression de la pensée.
Et puis, que sont au juste ces films
profonds ?
Le plus souvent ils consistent en
une idée toute simple, banale, pri-
maire, traitée d'une manière compli-
quée, obscure, sans raisons.
Se laissant tromper par les appa-
rences, le public admirera peut-être, j
il prendra pour une œuvre profonde |
ce qui n'est qu'une élucubration pré-
tentieuse et boursouflée. Au résumé,
aura-t-il appris quelque chose? —
Rien du tout. — Et qu'aura-t-il vu ?
Le plus souvent une œuvre de mau-
vais goût ou la forme cherchant à
remplacer le fond, fera du film une
longue suite d'images forcées, lour-
dement symboliques, reliées entre
elles par d'interminables sous-titres
grandiloquents.
Est-ce à dire qu'il ne puisse pas y
avoir de bons films philosophiques?
Certes non. Il peut y en avoir. Mais
le véritable film philosophique sera
juste le contraire de ce que nous
avons vu jusqu'ici. Il consistera en
une idée profonde traitée de la ma-
nière la plus simple L'idée aura l'im-
portance, la forme ne fera que tra-
duire l'idée.
III. El Dorado
Je viens de voir £7 Dorado. Enthou-
siasme, enthousiasme, enthousiasme.
Marcel L'Herbier a fait le plus beau
film que j'ai jamais vu.
Toute l'âme latine est dans ce film.
Mais il n'y a pas que l'âme latine.
El Dorado, c'est l'aboutissement de
toute la culture européenne. C'est le
point de jonction de toutes les vertus
artistiques du passé et des plus extrê-
mes audaces d'aujourd'hui.
Le passé est vivant dans une œuvre
vierge et de sa combinaison avec le
présent naît l'œuvre la plus magni-
fique que le cinéma ait produite.
Eve Francis, que j'ai toujours tenu
pour une très grande artiste, dépasse
là toutes ses créations antérieures.
Elle vient de porter l'expression ciné-
graphique à un point qu'aucune
femme n'avait encore atteint.
Je reparlerai de ce film plus lon-
guement, ainsi que de tous ses autres
interprètes tous parfaits, mais je
tenais à crier au plus tê)t mon admi-
ration aux deux triomphateurs du
jour, Marcel L'Herbier et Eve Francis.
Jacques-Henry Lévesquk.
cinea
MM EL DORADO MM
Lorsque la langue du Cinéma se
sera stabilisée et que l'on cherchera
rétrospectivement à qui en est dû le
mérite, nul ne pourra contester la
part éclatante que M. Marcel L'Her-
bier aura prise à la formulation du
vocabulaire.
La tache d'un inventeur de langage
est double. Il doit tout d'abord recher-
cher les signes, les faire naître au
besoin, les nuancer, les distinguer
entre eux ; il doit ensuite affecter
chacun d'eux à la description précise
et exclusive d'une idée, d'un senti-
ment, d'une situation.
Pour la première partie de cette
tâche M. L'Herbier s'est montré —
dans El Dorado plus encore que dans
ses premières œuvres — sans égal.
Il sait voir et faire voir l'homme et
la nature sous les aspects les plus
variés, les plus imprévus, les plus
appropriés à ce qu'il veut leur faire
dire. Lorque, pour indiquer que
Hedwick est peintre, il nous montre
l'Alhambra qui se déforme sous son
regard, les colonnes qui se tirebou-
chonnent, les terrasses qui se gon-
dolent, les portiques qui s'aplatis-
sent — lorsque les habitués de la
maison de danses, ivres de vin et de
rut, apparaissent défigurés, bestia-
lisés — lorsque le paysage ardent de
lumière blanche chancelle autour de
Sibilla, qui court en titubant vers sa
vengeance — la signification de
chaque image est directe, immédia-
tement perceptible.
Le second degré de l'effort exige
quelque abnégation. En attachant à
tel signe un sens exclusif, on l'enri-
chit de toutes les associations d'idées
que comporte ce sens ; mais on s'in-
terdit en même temps de l'employer
dans un autre sens. Par exemple,
supposons que le cinéaste, parmi des
personnages placés sur un même
plan, nous montre les uns flous, les
(autres nets. M. Marcel L'Herbier
emploie cet effet, à un moment donné,
pour nous indiquer que la pensée de
Sibilla est absente ; son image de-
vient nette quand elle est rappelée à
la réalité. Mais tel autre Cinéaste,
M. L'Herbier lui-même, pourra don-
ner à ce symbole une autre significa-
tion : par exemple un acteur du
drame, n'aura pas remarqué le per-
sonnage indiqué en flou, puis viendra
à l'apercevoir. S'il y a doute, s'il faut
expliquer l'image par le texte, l'effet
en est gâté ; si la signification est
exclusive de toute autre, il faut pou-
voir l'imposer, s'y tenir soi-même ;
et par la suite elle devient chose
banale. Le premier qui a eu l'idée de
dénommer un muscle gonflé « le petit
rat» par analogie avec un animal qui
courrait sous la peau, a créé une
image originale; puis musculus est
devenu du langage courant et qui
songe aujourd'hui au sens primitif
du mot? C'estUa rançon de toutes les
JCRMAN
MARŒLLE PRADOT
reparaît dans El Dorado.
inventions d'art qui consistent en
procédés d'expression : la musique
me fournirait des exemples innom-
brables. Le fait que les neuvièmes
Debussystes sont devenues monnaie
courante nedoitpas nous faire oublier
la profonde et charmante impression
qu'elles nous ont données tout
d'abord.
Qu'importe, d'ailleurs, ce qui se
passera dans cinq, dix ou vingt ans ?
Cette sensation de nouveauté, d'ori-
ginalité, si rafraîchissante au milieu
de la banalité hebdomadaire du Ci-
néma actuel, goùtons-là sans arrière
pensée. Regardons les beaux pay-
sages :
Jardins de l'Alhambra et du Gene-
ralife, vasques de marbre de la Cour
des Lions, eau vive dans les por-
phyres roux, feuillages frémissants;
grisons-nous aux danses sauvages
de Y El Dorado, mêlons-nous à la
foule grouillante d'une procession ;
admirons une photographie presti-
gieuse, d'une virtuosité sans égale,
qui ne fait pas moins d'honneur à
l'opérateur - M. Lucas — qu'au
Cinéaste. J'ai cité tout à l'heure cer-
tains effets ; il y en a d'autres, par
dizaines, par centaines : la course
d'Iliana dans l'avenue qui mène à
l'Alhambra — les silhouettes des
jeunes gens dans le jardin fleuri —
la porte qui se ferme sous la main
vengeresse de Sibilla — enfin l'ombre
du pitre qui danse et grimace ironi-
quement sur la toile de fond pendant
qu'agonise la danseuse...
Si l'on admet maintenant qu'un
film doit répondre aux mêmes exi-
gences de logique et de vraisem-
blance qu'une pièce, on peut élever
de timides critiques. En vérité, Estir-
ria menacé par une femme qu'il sait
aux abois, et lui envoyant une
réponse inutile et brutale, fait tout
ce qu'il peut pour provoquer le scan-
dale qu'il redoute par dessus tout.
8
cinea
Inutile et brutale aussi la phrase de
Hedwick d'où résulte le dénouement:
« D'ailleurs ma mère va s'absenter».
S'il en est ainsi, le moment est mal
ehoisi pour amener Iliana chez elle î
A qui fera-t-on croire qu'une femme
assez large d'esprit pour recueillir
l'enfant malade de la danseuse n'au-
torisera pas sa mère à venir le voir?
Et enfin si ce fils respectueux rougit
d'introduire Sibitla sous le toit de sa
mère, il ne peut lui échapper qu'il est
beaucoup plus incorrect de l'y ame-
ner en son absence!
Cette parole d'une cruauté gratuite
et choquante sert à amener un dé-
nouement qui n'est peut-être pas con-
forme à la vérité et à la vie. En fait
Sibilla ne mourrait pas ; elle remon-
terait sur ses tréteaux ; elle recom-
mencerait à vendre sa salade — ou
à tourner sa meule — sans avoir
l'affreuse angoisse de sentir que son
enfant meurt faute de soins — sans
avoir le soutien moral que lui donnait
sa présence. Et ainsi le cercle se
fermerait, le drame aboutirait à
l'éternel recommencement. Mais si
M. Marcel L'Herbier avait adopté ce
parti, nous n'aurions pas eu l'atroce
et torturant plaisir de voir mourir
Sibilla. C'est donc l'occasion d'appli-
quer l'adage qu'entre deux solutions
la meilleure est celle qui a réussi,
et de constater que celle-ci a réussi.
Alors que M. Marcel L'Herbier
nous donne la sensation un peu eni-
vrante et troublante d'un voyage de
découverte et de conquête tout à la
fois, d'une lutte renouvelée et heu-
reuse pour asservir la lumière,
annexer et utiliser les symboles,
Mme Eve Francis, au contraire, nous
montre ce que peut une artiste qui,
sans chercher à créer un langage
nouveau, s'assure d'une absolue maî-
trise sur celui dont elle dispose. Pas
une de ses attitudes qui ne soit juste
et harmonieuse, pas un de ses gestes
qui ne porte, pas une de ses expres-
sions qui n'émeuve. Pour elle, la vie
n'apparaît point selon l'enchaîne-
ment apparent de ses aspects exté-
rieurs, mais selon la logique intense
de son évolution profonde. Elle s'est
identifiée à Sibilla, amante aban-
donnée, mère, danseuse ; elle a créé
véritablement un être humain dont
la silhouette seule lui était donnée.
Qu'elle danse, qu'elle se venge, qu'elle
étreigne désespérément son enfant,
elle n'est pas une danseuse, une
amante, une mère quelconque, elle
est Sibilla. Et il faut aller voir com-
ment elle meurt.
On pouvait craindre que le relief,
même donné à ce personnage — et a
celui muet, mais non point immobile,
de l'Alhambra — fit de l'œuvre une
sorte de double concerto, restreignit
les possibilités d'expression des
autres interprètes. Il n'en est rien.
Le personnage d'Hedvsick permet à
M. Jaque Catelain de se montrer
plein de jeunesse, de tendresse chaste
et réservée, et pourtant assez viril
pour échapper au risque d'afféterie
auquel l'avaient exposé certains rôles
antérieurs. Quant à Mlle Marcelle
Pradot, elle a su créer un type de
jeune fille très personnel — aussi
virginal et beaucoup moins conven-
tionnel que celui dont nous recevons
d'Amérique des exemplaires sans
cesse renouvelés ; et l'ayant créé, elle
sait le faire vivre, le renouveler, le
développer à chaque nouvelle créa-
tion. — Qu'on le voie lui-même, ou
son ombre, la silhouette de M. Hériat
est hallucinante. M. Paulais est un
échantillon réussi de nouveau riche,
Mlle Rhéal une duègne amusante,
encore que son rôle soit un peu
chargé, et Mlle Claire Prelia à l'air
assez Scandinave pour pouvoir être
la mère de M. Jaque Catelain.
Ainsi le film français s'affirme, à
la fin de cette saison, par trois œuvres
notoires. Nous parlerons prochaine-
ment de l'Atlantide, qui vaut plus
par la matière que par l'interpréta-
tion ; si l'on rapproche les deux
autres œuvres, La Fièvre, et El Do-
rado, on est surpris que deux œuvres
conçues dans le même milieu artis-
tique, placées dans des atmosphères
analogues, jouées par la même inter-
prète, révèlent des tendances aussi
divergentes. Et ceci est excellent, et
le dieu du Cinéma doit être satisfait
de constater qu'il y a plusieurs
demeures dans sa maison.
Lionel Landry.
ISart consiste à choisir,
l'éducation artistique à
oublier ££■£££
[CHRONIQUE DU]
iCINÉ ALLEMAND]
Le film allemand aime le grand
spectacle et les reconstitutions histo-
riques.
Une des choses les plus remar-
quables est Le Comte de Caçjlio-<lro,
entièrement pris au palais de Schon-
brunn : on y voit des photographies
du plus haut intérêt.
La principale protagoniste Hilde
Woerner raconte dans un article,
qu'elle a joué son rôle dans le lit de
Marie-Thérèse, qu'elle s'est déplacée
dans les carrosses impériaux authen-
tiques. Toutes les curiosités de cette
belle histoire et de Schonbrunn même,
anciens uniformes, œuvres d'art et
même une soirée au théâtre du châ-
teau éternisent l'histoire d'une façon
irréprochable. Dans ce domaine, le
film allemand a atteint une belle mal
trise.
Le Richard-Os wald-Film lance deux
nouveaux films d'aventure, attendus
avec impatience en Allemagne. L'un
s'appellera Lady Hamilton l'autre
Le Problème de la Mort, dont le
texte est écrit par Erwin Gepard.
Le Deulig-Film vient de donner Le
Grand et le Petit Monde, film à
grand spectacle, où sont engagés de
premiers artistes de Rheinhardt :
Alfred Abel, Ilka Gruning. Max Xack
est un célèbre régisseur.
On apprend que Pola Negri, la
grande étoile allemande, très appré-
ciée en Amérique, vient d'être enga-
gée par une grande société polo-
naise.
L'événement le plus curieux des!
derniers temps est le film Hamlet,
dont le principal rôle est tenu par
une femme, la grande Asta Nielsen,
la plus brillante Etoile du Nord, da-
noise d'origine.
Ce film, très adroitement tiré d'une
forme primitive de la légende par le
poète Erwin Gepard, a été réalisé au
Danemark même, aux endroits histo-
riques.
Ce film est déjà vendu en Amé-
rique, en Italie et dans tous les pays
neutres.
I. G.
D O R A D O
a permis a Eve Francis une nouvelle création de
passion, d'humanité, d'intensité, de vie enfin.
digne de son incomparable interprétation de Fièvre.
0
Beaucoup de gens se
m
figurent pouvoir tra=
m
| duire ou adapter parce
a
! qu'ils croient connaître
l'anglais ou l'italien. . .
m
\ Ils oublient qu ils ne
n
m
saVent pas le français.
La censure ? Demandez
là-dessus l'opinion des
censeurs eux=mêmes. é
: Que diriez =Vous de quel-
\ qu'un qui Vous annon=
: cerait qu'il Va ce soir
m
| au théâtre, mais qu'il
| ne sait pas si l'on donne
Phi=Phi ou Edda=Ga=
bler ? a C'est pour-
j tant comme cela que
j la plupart des Parisiens
Vont au Cinéma a 0
Ce que l'image peut
montrer, le titre ne doit
pas le dire. M M M
j o Un nouveau film expressionniste o j
■ ■■ ■ -■ ■
ILE CABINET DU I
!Dr CALIGARIi
Voici un second film allemand qui
vient de conquérir le marché et le
public américains. Et c'est un film
nettement expressionniste. Il vient
d'éclater comme une bombe au milieu
de New-York, au « Capitol-Theatre»,
et a jeté le désarroi dans les rangs
de tous les cinégraphistes de là-bas.
Pourquoi ?Ce succès inouï, inattendu,
inespéré d'un film très en dehors de
ceux, que les Américains aimaient
jusqu'à présent, prouve que leur
ancienne manière a vécu. Eux-mêmes
reconnaissent que pour faire un bon
film, il ne suffit pas de jeter de l'ar-
gent par la fenêtre, que le « bluff»
ne suffit plus dans un art qui tend à
devenir le premier art, l'art essentiel
de notre époque!
Les journaux américains ont voué
des éloges dithyrambiques à cette
nouvelle réalisation. Ils se sont sans
doute laissé charmer par le caractère
exotique du film, par tout ce qu'il y
a de fantastique et d'exentrique. Car
le texte pouvait être une invention
de Edgar lllan Poë ou de Stevenson.
En voici les grandes lignes.
Le docteur Sonnow, directeur d'un
asile d'aliénés réussit à imiter le
célèbre docteur Caligari, qui vécut
au xie siècle et dont on raconte qu'il
savait hypnotiser les somnambules
à tel point, qu'il pouvait leur com-
mander des meurtres. Il a trouvé
une créature, Cesare, qui se charge
d'aller tuer quelques individus et
d'enlever une jeune fille. Mais à son
retour Cesare tombe dans un ravin
et se tue. La jeune fille le dénonce.
Or, on trouve chez le docteur Cali-
gari une poupée qui ressemblait à
Cesare, et c'est lui qu'on enferme. Il
devient fou à son tour. Et la chose se
J K
0
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y
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•
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•
J K
y
Le Cinéma nous offre
des spectacles obcènes,
criminels .. .il oblige no-
tre attention à changer
fréquemment d'objet...
Eh bien ? Et la Vie !
Tout est relatif : le
critique indulgent pour
l'œuVre médiocre dé=
prêcie par cela même
l'œuVre de Valeur £ f
Quand le spectateur
français ne comprend
pas il n'a pas un seul
instant l'idée que ce
puisse être sa faute
■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■i ■■■■■■■■■■•■■■>
cinea
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•
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•
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•
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y
•
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termine dans un chaos général : chaos
que les auteurs ont voulu, en laissant
le public en désarroi. Qui est devenu
fou : l'auteur, le docteur ou le public?
C'est ce qu'on ne sait plus.
Ce côté excentrique à précisément
été souligné par les artistes qui ont
exécuté le film. Les journaux améri-
cains nomment cette façon de faire
cubiste, futuriste, dadaïste, ne com-
prenant aucun de ces issues à fond,
n'y voyant que la bizarrerie des pay-
sages, l'irréalisme des personnages.
En réalité, c'est de l'expressionnisme
et la même manière que la peinture,
la poésie, la musique allemande
d'aujourd'hui : grossir les choses,
couper l'inutile, fausser la perspec-
tive, la rendre anguleuse et sans
équilibre ; somme toute : déformation
des choses, pour leur donner un
aspect plus artistique et plus con
forme au sujet qu'elles représentent.
Ce film n'a pas eu autant de succès
à Berlin même qu'à New- York. Car
en Amérique il n'y a pas de succès:
il n'y a que des triomphes monstres,
ou des « fours » complets. Une
énorme réclame s'est échaffaudée et
le directeur M. L. L. Rothafel, qui a
eu le courage d'aller contre l'adage :
« Pas de films étrangers », fait un
petit bénéfice de quelques millions.
Signe des temps. Il faut un renou-
vellement de la cinégraphie. Il faut
chercher la réalisation sur un tout
autre planque la scène habituelle du
théâtre. Voici ce que de jeunes théo-
riciens, auxquels manquent les
moyens de réalisation, ne cessent de
crier dans les oreilles de ceux qui
détiennent le monopole du million et
de la camelote.
Je ne veux pas dire, que le cabinet
du docteur Caligari soit un chef-
d' « œuvre du septième art » : loin de
là. Mais c'est un commencement de
recherche et de réalisation ; c'est une
nouvelle volonté qui se dégage de la
masse inerte des industriels sans
scrupules, et comme tel, ce film aura
sa place dans l'histoire.
Ivan Goll.
Il y a des gens qui ont
admiré Ibsen parce
qu'ils ont cru qu'il ne
saVait pas son métier
L'éducation artistique
sert à écarter les modes
d'expression banalisés
qui paraissent à V in-
culte la Voix même de
la nature £ £ f £
Pris d'après nature
ne signifie pas néces=
sairement vrai ^ ^
Au Cinéma, comme
partout, le style est
l'homme même £ £
Aller au Cinéma sans
connaître le programme ,
c'est dîner aurestaurant
sans connaître le menu.
La belle scène est celle
qui résulte du mouVe=
ment même du drame
et non celle que l'on y
introduit sous prétexte
quelle « fera bien ».
Qui connaît le public ?
Pourquoi a ffi rm er
qu'une œuVre de Valeur
lui déplaira nêcessai*
rement M M M M
Aucune des qualités
que doit posséder un
bon acteur de cinéma
n'est inutile à un bon
acteur de théâtre £ £
IIRHIiailllllMIBSRt
12
cinea
ft »
MATHIAS SANDORFF
Le film que M. Fescourt a soigneusement tiré
du roman de Jules Verne, nous permet de voir
l'émouvante Yvette Andreyor. et Joubé. Tou-
lout et deux remarquables acteurs d'écran :
Modot et Vermoyal.
cinea
13
MATH1AS
SANDORFF
M LE SENS 1 BIS M
La fureur des adaptateurs u'a pas
épargné l'inolTensif Jules Verne. On
semble croire que son œuvre est une
carrière féconde, ouverte aux pros-
pecteurs du cinéma.
Selon moi c'est une erreur.
Jules Verne T Ses aventures impro-
bables, ses points de départ futiles,
ses situations hors de vraisemblance,
et avec cela des précisions enfantines
que la première Géographie géné-
rale ou le premier Manuel de méca-
nique trouvent en faute.
Pour goûter ce conteur ingénu, il
faut être un enfant, poète comme ils
le sont tous, et ignorant. La réalité
fait s'envoler les phantasmes du
songe. La connaissance de la carte
en révèle les dessous.
C'est pourquoi Mathias Sandorff,
conspirateur du Danube, Monte-
Christo des Balkans nous a paru un
peu puéril. Bien traité certes. Les
gens - ils sont nombreux — que
l'aventure charme en elle-même trou-
veront là de quoi se satisfaire. Un
marché d'esclaves à la fin, où le petit
nain de la Sultane de l'Amour, se
livre a des facéties divertissantes ne
manque pas d'une certaine beauté
plastique.
Le grandiloquent Joubé s'y montre
on ne peut plus. Toulout est un bon
acteur muet. Vermoyal aussi.
Quant à M. Modot, il faut haute-
ment regretter de l'avoir ainsi sa-
crifié. C'est un bel artiste d'une
classe supérieure. Il convient que
ceux qui l'emploient ne l'oublient
point.
Pierre Scize.
Tous les auteurs sont
sincères quand ils
affirment qu'ils substi-
tuent la logique Vêri=
table de la Vie aux
procédés artificiels de
composition employés
par leurs devanciers.
Septième art? Dixième muse? Pre-
nez garde à le sous-estimer. Bien
mieux que cela, il est un sens, le pre-
mier sens mécanique. Et à l'œil ce
que le gramophone n'a pas su être à
l'oreille. Vous lui jouez des drames,
et par dessus la banalité de ton sou-
rire professionnel, petite actrice, cet
œil te joue le sien, de drame.
Comme l'autre cette vue a son
optique.
Les sens, il est entendu, ne nous
donnent de la réalité que des sym-
boles, métaphores constantes, pro-
portionnées et électives Et sym-
boles non de matière qui donc n'existe
pas, mais d'énergie c'est-à-dire de
quelque chose qui, en soi-même est
comme s'il n'était pas sauf en ses
effets quand ils nous touchent. Nous
disons : rouge soprano, sucré, chypre,
quand il n'y a que vitesses, mouve-
ments, vibrations. Mais aussi nous
disons : rien, quand le diapason et la
plaque et le réactif, eux, recueillent
des témoignages d'existence.
Le machinisme qui modifie la mu-
sique en y introduisant des modula-
tions de complaisance, la peinture
en y introduisant la géométrie des-
criptive, et tous les arts, et toute la
vie en y introduisant la vitesse, une
autre lumière, d'autres cerveaux, ici
crée son chef-d'œuvre. On parlait de
nature vue à travers un tempéra-
ment et de tempérament vu à tra-
vers la nature. Maintenant il y a une
lentille, un diaphragme, une chambre
noire, des plans focaux. Voilà le tem-
pérament. Et la nature aussi est
autre. Cet œil voit, songez-y, des
ondes pour nous imperceptibles, et
l'amour d'écran contient ce qu'aucun
amour n'avait jusqu'ici contenu, sa
juste part d'ultra-violet. Et ce n'est
qu'un exemple.
Voir, c'est idéaliser, abstraire et
extraire, lire et choisir, transformer.
A l'écran nous revo3'ons ce que le
ciné a déjà une fois vu : transforma-
tion double, ou plutôt, parce qu'ainsi
se multipliant, élevée au carré. Un
choix dans un choix, un reflet de
reflet. La beauté est ici polarisée
comme une lumière, beauté de se-
conde génération, fille, mais fille née
avant terme, de sa mère que nous
aimions de nos yeux nus, et fille un
peu monstre.
C'est pourquoi le ciné est psy-
chique. Il nous présente une quintes-
sence, un produit deux fois distillé.
Mon œil me procure l'idée d'une
forme ; la pellicule contient aussi
l'idée d'une forme; idée inscrite en
dehors de ma conscience, idée sans
conscience, idée latente, secrète, mais
spécifique et merveilleuse; et de
l'écran j'obtiens une idée d'idée,
l'idée de mon œil tirée de l'idée de
l'objectif, (idée)-, c'est-à-dire telle-
ment cette algèbre est souple, une
idée racine carrée d'idée. Le cinéma
est un multiplicateur d'abstraction.
C'est pourquoi le ciné commande
si facilement à la pensée et l'en-
traine où il veut, malgré elle. Occu-
pée non à des objets qui lui sont
étrangers et où elle n'a pas toujours
prise facile, mais à sa sœur de
l'écran, qui se déroule jumelle, tant
de consanguinité la sollicite puis-
samment. Ayant entendu des confé-
rences, je n'en ai écouté vraiment
aucune. Mais au ciné la distraction
n'est guère possible; et si les mau-
vais films agacent tant c'est qu'il
est, tandis qu'on les projette, très
difficile de s'en distraire.
C'est pourquoi, puisque les sens
enregistrent uniquement l'énergie,
le ciné, étant un sens, rend lui aussi
surtout l'énergie. Energie mentale et
énergie physique, car, comme la
nôtre, sa philosophie est moniste.
L'unanimisme, volonté, désir et pas-
sion d'une foule, s'inscrit à l'écran.
Mille bras, mille jambes se lient et
se délient. Et ces gens qui vulgaire-
ment courent au spectacle de quelque
pauvre diable chamarré de décora-
tions, détiennent et dégagent une
cadence prodigieuse. Le geste peut
être beau, mais le bourgeon de pen-
sée d'où il s'échappe importe davan-
tage. Le ciné sournoisement radio-
graphe vous pèle jusqu'au noyau,
jusqu'à votre sincère idée qu'il étale.
Les intentions se lisent et pour la
première fois, évangile I les inten-
tions suffisent dans ce sens de la
bonne volonté. La pensée s'enre-
14
gistre et si bien qu'elle .supplante le
reste et compte seule. Comme une
machine inactive un acteur au repos
peut paraître lourd, maladroit et
morne, ou malingre, ou enfantin, ou
petit, ou ridé. Quand l'étincelle du
sentiment crépite entre deux épi-
démies, tout change. Un retour d'ado-
lescence flambe comme un retour de
flamme. L'enfant mûrit comme un
prodige. Une femme s'étire à la
taille immense de l'amour. La beauté
est une beauté de caractère, e'est-â-
dire d'énergie. Il n'y a plus de con-
ventions parce qu'elles y .sont toutes
spontanément .
L'habitude prépare les gestes pour
l'écran en les chargeant de pensée,
cette pensée qui « photographie
bien «. Un effort truqué est ridicule,
mais l'ouvrier qui vraiment s'ap-
plique et trime à boulonner son joint,
émeut par conviction, désir, utilité.
Un but comme équilibre le dévelop-
pement. Il y a, en France, très peu
de bons acteurs de ciné. Les films de
documentation et de propagande
sportives me paraissent présenter
une proportion très forte d'individus
photographiant bien. Ces athlètes,
coureurs, boxeurs, nageurs, sau-
teurs, cyclistes sont façonnés pour
l'écran par une longue habitude de
gestes pensés, calculés et voulus.
La fatigue — c'est tout à propos —
photographie bien. Déjà en elle-
même tragique, pimentée et perverse,
d'expérience et donc de sympathie
universelles, chacun la juge en con-
naisseur, en érudit et en profession-
nel. Sous l'homme arable reparaît
grâce à elle un sous-sol animal. Re-
devenu organisme et organique, jon-
gleur, acrobate, jockey ou bête de
// faut tout de même
saVoir si nos produc=
teurs tiennent à ce que
nos films puissent se
Vendre en Amérique ou
à ce que les films amé=
ricains ne puissent plus
se Vendre chez nous.
luxe, dénué de maladresse cérébrale,
chaque mouvement des mains entre
les bouteilles volantes ou thoracique
pour inspirer attache comme une
idylle. Ce n'est pas qu'à ce moment
l'homme n'y pense pas. 11 ne pense
pas à autre chose. Et c'est une actua-
lité catégorique comme dans ce
contraire de la distraction également
photogénique.
Si on veut, oui, le cinéma est un
art. Mais alors le premier, incompa-
rablement premier en qualité et puis-
sance esthétiques, premier parce que
le seul art mécanique, automobile. Il
absorbe femmes, autos, la douleur,
baisers et cavalcades; ayant mâché
tout cela d'engrenages, et digéré de
sucs chimiques, il délivre, comme le
pin son ambre, la photogénie, beauté
à lui exclusivement propre. Pour la
première fois, l'appareil de prise de
vue présente un subjectivisme, une
subjectivation mécaniques, automa-
tiques, inorganiques, ni vivants, ni
morts, obéissants à une manivelle, en
dehors de l'homme.
Le Bell-Howell est un cerveau
en métal, standardisé, fabriqué,
répandu à quelques milliers d'exem-
plaires, qui transforme le monde
extérieur à lui en art. Le Bell-Howell
est un artiste et ce n'est que derrière
lui qu'il y a d'autres artistes : met-
teur en scène et opérateur. Une sen-
sibilité enfin est achetable et se
trouve dans le commerce et pa}re des
droits de douane comme le café ou
les tapis d'Orient. Le gramophone
est, de ce point de vue, raté ou sim-
plement à découvrir II faudrait
chercher ce qu'il déforme et où il
choisit. A-t-on enregistré sur disque
le bruit des rues, des moteurs, des
halls de gare. On pourrait bien s'aper-
cevoir un jour que le gramophone
est fait pour la musique comme le
ciné pour le théâtre, c'est-à-dire pas
du tout, et qu'il a sa voie propre.
Car il faut utiliser cette découverte
inespérée d'un sujet qui est objet,
sans conscience c'est-à-dire sans hési-
tations ni scrupules, sans vénalité
ni complaisance, ni erreur possibles,
artiste entièrement honnête, exclu-
sivement artiste, artiste-type.
Pour qu'on ne croie pas que j'exa-
gère la merveille particulière du ciné,
je donne un exemple encore. Des
observations minutieuses de M. \Yal-
ter Moore Coleman (1) montrent qu'à
cinea
certains moments tous les mouve-
ments (locomoteurs, respiratoires,
masticateurs etc.) d'une réunion d'in-
dividus les plus divers pouvant com-
prendre des hommes et des ani-
maux, sans être le moins du monde
synchrones, admettent un certain
rythme, une certaine fréquence soit
uniformes soit dans un rapport mu-
sical simple. Ainsi, un jour, tandis
que les lions, les tigres, les ours, les
antilopes au 200 de Regent's Park
marchaient ou mâchaient leur nour-
riture à 88 mouvements par minute,
les soldats se promenaient sur les
pelouses à 88 pas par minute, les léo-
pards et les pumas marchaient à 132
c'est-à-dire dans le rapport ' -, do-sol,
des enfants couraient à 116, c'est-à-
dire dans le rapport , ,, do-fa, Il y a
donc là une sorte d'euphonie, d'or-
chestration, de consonnance, dont les
causes télergiques (Sir Oliver Xodge)
ou télépathiques ne peuvent être expo-
sées ici et sont d'ailleurs pour le
moins obscures. Chacun sait combien
les scènes de foule au ciné, quand il
y a vraie foule, c'est-à-dire foule men-
talement active, produisent un effet
rythmé, poétique, photogénique. La
cause en est que le cinéma mieux et
autrement que notre œil sait dégager
cette cadence, inscrire ce rjthme, le
fondamental avec ses harmoniques.
C'est ici que le ciné trouvera un jour
sa prosodie propre. (Rappelez-vous
comme Griffith fait continuellement
bourger ses personnages, quitte
même à les faire presque osciller en
mesure d'un pied sur l'autre dans
beaucoup de scènes du Pauvre
anioui-.)
Jean Epstein.
Grâce à des traditions,
à une sorte de Vitesse
acquise, la littérature
résiste un peu au mer=
cantilisme général. . .
Mais le Cinéma a été
contaminé dès le ber=
ceau.En réchapera-t il?
(il Mental Biology, Second Part, Woo-
>ridge and C°, London.
cinea
15
SIGNORET
Le plus actif et le plus
souple des comédiens
français a eu une saison
particulièrement vivante
puisque sur les écrans il a
donné Le Silence, Flipotte,
Le Rêve en attendant Le
Père Goriot tandis que sur
la scène il jouait LaRafale,
Les Amants de Snçv. L'E-
cole des Cocottes , Protné-
thée, Oiiand le Diable y
serait
NEAiM AN
16
cinea
MM FIÈVRE MM
Conspué des uns qui lui dénient
toute espèce de talent, mésestimé des
autres (car j'appelle mésestime un
enthousiasme sans mesure hurlant
au génie), Louis Delluc tient, dès
maintenant, une place exceptionnelle
dans le meilleur lot des metteurs en
scène français.
Dans un art aux ressources inépui-
sables, que toujours trop tard et
chaque fois incomplètement on
essaiera d'utiliser, l'auteur de Fièvre
et de la Fête Espagnole s'est créé
une manière, une personnalité. Le
développement de celle-ci vous offus-
que, vous révolte, peut-être bien;
mais d'autres l'approuvent ou curieu-
sement la suivent, désireux de se
rendre compte jusqu'où elle attein-
dra : à l'à-peu-près, à l'originalité, à
l'inédit.
Pour moi, Louis Delluc ne tient pas
sa vraie formule, ou du moins il ne
tire pas de celle qu'il emploie la so-
lution capable de lui amener à la
fois la foule et les artistes. Mais je
suis tranquille: il touche au but;
quand il cessera de vouloir nous don-
ner une impression, de vouloir créer
une atmosphère, simplement, à tra-
vers un heurt de mauvaises passions
exaspérées, ou de mauvais instincts
déchaînés dans une note vériste, se
prêtant à de faciles oppositions, Louis
Delluc en arrivera au film devant
lequel chacun s'inclinera dompté,
ravi, car la tinesse, la demi-teinte à
la force se joindra, non plus seulement
dans l'arrangement technique d'une
maîtrise déjà presque sans égale,
mais dans le thème de l'action enfin
complète, harmonisée, magnifique.
Je ne souhaite point à cet ardent
cinégraphiste de s'assagir, de se ran-
ger; je ne demande nullement que
se jetant à l'eau... de rose, il tente
d'aborder le drame larmoyant où il
rencontrerait un succès facile. Il
nous doit, au contraire, d'autres
essais méritoires, glorieux même
avant d'atteindre la maîtrise incon-
testable et définitive.
En attendant, examinons ce qu'il
nous donne, production à laquelle
de plus experts et de plus renommés
ne se hausseront sans doute jamais.
Fièvre s'appelait La Boue. La cen-
sure exigea ce changement de titre :
il faut le regretter.
Un seul décor, celui d'un café à
matelots, près du port, à Marseille.
Deux ou trois scènes, brèves, d'ail-
leurs, nous transportent hors de l'éta-
blissement, mais elles sont si brèves,
si peu importantes... En ce cadre où
tous les viees trouvent asile, on boit,
on aime, on se jalouse, on se bat.
Tout est douteux, ou plutôt non, tout
est net : les personnages, les senti-
ments, les mobiles, les gestes, les
réflexes.
On joue du couteau. Qui amena la
bataille? Une femme, et plusieurs.
Pourtant la patronne, une belle fille
qui retrouve dans un des matelots
l'ancien amant qui l'abandonna, sem-
ble responsable de l'agitation ; une
petite concave, ramenée par le mate-
lot, excite la jalousie de la patronne
pour qui prennent fait et cause les
autres clientes de l'établissement.
EVE FRANCIS
la créatrice de
Fièvre, La Fête
espagnole et
El Dorado.
NtRMAN
Dessin de Einar Nerman
Le sang coule, il y a des blessés
Un mort reste sur le carreau, tandis
que la petite Orientale, à l'âme jaune,
aux sentiments naïfs, se dirige vers
une rose oubliée sur le comptoir et
veut au-dessus de cette boue se griser
du parfum de la fleur.
Voilà tout. Un fait divers, mais
exposé, présenté sobrement, chaque
personnage à sa place, chaque péri-
pétie avant et après la bagarre exac-
tement décrite, les sourires précé-
dant les coups ou les suivant.
Je ne crois pas que le cinéma ait
jamais retracé avec une intensité,
une couleur pareilles, telle tranche
de vie. Le spectateur demeure hale-
tant d'un bout à l'autre de cette tra-
gédie dont les héros, sauf la petite
Orientale, n'ont rien de sympathi-
que, et pourtant une sorte de pitié
vous gagne, que l'on reporte sur
chacun des personnages, victimes
de la fatalité autant que de leurs
pires instincts.
On a crié à l'immoralité. La belle
trouvaille! Delluc n'entendait pas
nous offrir une page de la Vie des
Saints. Je ne dis pas qu'il faille dé-
laisser les films d'imagination et de
sentimentalité courantes pour adop-
ter le genre essayé par Louis Delluc
dans Fièvre. Le cinéma moral a se»
adeptes, j'en suis, mais n'entends
point être condamné à n'aimer que
lui, à ne voir que lui. L'art peut exis-
ter en dehors de l'ordinaire morale...
mais voilà que je sors du sujet de
cet article : dire mon impression sur
un film d'impression.
11 m'a plu : son exécution est remar-
quable, ses interprètes ont unifor-
mément du talent. Eve Francis a
mieux que du talent.
Fièvre, que le public pourra juger
la saison prochaine, non dans l'inté-
gralité de sa réalisation, car la cen-
sure a fait baisser cette fièvre de plu-
sieurs degrés. On discutera l'ou-
vrage, on discutera ses tendances
ou sa portée, mais on ne devra pas,
on ne pourra pas contester le grand
talent de cinégraphiste montré par
son auteur, ardent, chercheur, dont
je dis la trouvaille, donc le succès
prochain. J.-L. C.
(Comœdia)
cinea
17
Voici un film qui nous donne enfin
une très grande impression. Plus que
partout ailleurs, nous y apprenons
que le cinéma ne consiste pas dans
le déplacement continuel de l'appa-
reil dans une grande variété de dé-
cors, qu'ils soient beaux ou insigni-
fiants. Fièvre, qui fut La Boue et que
la censure mutila, en prétextant que
le cinéma n'était qu'un spectacle
pour les enfants, se passe entière-
ment dans un café à matelots de Mar-
seille. Il n'y a pas de scénario, pas
du moins ce qu'on appelle commu-
nément un scénario, c'est-à-dire une
histoire plus ou moins compliquée
par un cerveau qui veut trouver du
nouveau et qui le cherche à côté.
Le cinéma, qui est surtout un art
visuel et vivant, peut gagner bien
davantage à puiser dans les diffé-
rents aspects que présente une même
scène dans ses multiples physiono-
mies que de changer continuellement
de lieu. C'est l'art de Grifhth, et aussi
de quelques metteurs en scène fran-
çais. René Le Somptier nous en a
donné de beaux exemples dans La
Montée vers l'Acropole.
Dans Fièvre, Louis Delluca poussé
cette étude à l'absolu. Dans le bouge,
décor unique, coupé de rapides et
admirables visions du port, il y a dix
ou quinze sujets de drame : l'alcoo-
lique insensible à tout ce qui se passe
autour de lui et qui boit, la femme à
la pipe, la fleur de la jeune Orien-
tale, les joueurs de manille. Il y a
aussi ce très grand tableau, si nette-
ment réalisé, de la bataille finale, car
tout de même il y a un sujet qui
commence et finit. La patronne du
bar a épousé le tenancier, parce que
son fiancé, le marin, ne revenait pas,
et celui-ci revient un jour, débar-
quant d'un transatlantique.
Beuverie, bal, luttes, coups de cou-
teau.
Il faut que ce film soit vu à Paris
bientôt. Il donnera des idées, on en
discutera, on dira que cela ne vaut
rien, ou que c'est admirable, ou que
c'est curieux, mais cela ouvrira cer-
tainement l'esprit aux spectateurs,
peut-être même aux professionnels.
(L' Intransigeant) Bois y von.
L'Etat moraliste? Mais
cela Vaut l'Etat com =
merçant f £ £ f
VORTRAIT
EXPRESS
SÉVERIN-MARS
De son vrai nom Malafayde, naquit
à Bordeaux, d'une ascendance bas-
que
Ecrivain d'un rare talent il donna,
encore jeune, au Théâtre-Libre: Mi-
neur et Soldat.
Peu après il publia un roman : Le
Marchand de désespoirs.
Ensuite au Vaudeville : Rois Amé-
ricains.
Abandonnant la plume pour la
rampe il paraît dans :
Ames Sauvages (Th. Réjane). Drame
de Séverin-Mars et Mme Camille
Clermont.
Jacques l'Honneur.
Elen de Villiers de l'Isle-Adam.
Marie Tudor(à Moncey).
L'Homme aux Poupées.
Eugénie Grandet (Th. des Arts).
Hommes de Proie, de Charles Méré
(Champigny-la-Bataille).
Possédés, de Lenormand (Th. des
Arts).
Agence Legris (Ambigu).
La Rafale, d'Henri Bernstein.
L'Oiseau Bleu, de Maeterlinck (Th.
Réjane).
Les Pierrots |à l'Ambigu).
La Marque de la Béte, adapté de
Kipling par Laumann (au Grand-
Guignol).
Taïaut, de Maurice Level (au Grand-
Guignol.
Le Viol, de d'Astorg (au Grand-Gui-
gnol).
Ses Films
La Dixième Symphonie. Scénario et
réalisation d'Abel Gance avec
Emmy Lynn et Jean Toulout.
J'Accuse. Scénario et réalisation
d'Abel Gance avec Romuald Joubé
et Marise Dauvray.
Haceldama. Scénario et réalisation
de Julien Duvivier avec Camille
Bert, Jean Lorette et Suzy Lilé.
Jacques Landauze. Réalisation d'An-
dré Hugon avec Jean Toulout et
Maud Richard.
La Roue. Scénario et réalisation
d'Abel Gance avec Pierre Magnier,
Gabriel de Gravonne, Miss Ivy
Close.
L'Agonie des Aigles. Tiré du roman
de Georges d'Esparbès et réalisé
par D. B. Deschamps avec Gaby
Morlay, Desjardins, Dalleu, Mo-
re no.
Le Cœur magnifique. Scénario de
Séverin Mars réalisé par l'auteur
et Jean Legrand avec Tania Da-
leyme, Erance Dhélia, Léon Ber-
nard, Maxudian.
Séverin-Mars est mort le 17juillet 1921.
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cinea
NOTES
Les actrices françaises disent beau-
coup de mal de Lillian Gish.
Alors pourquoi l'imitent-elle ?
•
Il y a plusieurs Lillian Gish.
Du moins, il y a une Lillian Gish
— et un certain nombre de déforma-
tions de Lillian Gish.
C'est D. W. Griffith qui est l'auteur
de toutes les Lillian Gish.
Si la première Lillian n'avait que
des dons cinégraphiques, Griffith est
un grand artiste. Si elle avait du ta-
lent, Griffith est un grand coupable.
On peut d'ailleurs être à la fois un
grand coupable et un grand artiste.
•
Quand Le Lys brisé a paru en
France, ces messieurs du bas de
l'écran ont dit : « Chef-d'œuvre...
Sublime... Génie... etc. »
Puis quand ils ont vu que ce film
ne faisait pas d'argent, ils ont dit :
«Chiqué... Grossièreté... Lourdeur...
Boche. Ah7 la finesse française, etc."
•
Pendant six mois, les gros éditeurs
de Paris ont commandé à leurs em-
ployés — metteurs en scène — des
imitations (« en mieux! ») du Lys
Brisé .
Ensuite, ils sont revenus à Forfai-
ture.
•
Griffith est sadique. Il triture ses
idées — et ses collaborateurs —comme
Ewers et autres Allemands d'enver-
gure triturent leurs personnages.
D'où cette allure chimiquement
hoffmannesque de Maë Marsh, Seena
Owen, Richard Barthelmess, Donald
Crisp, Robert Harron et Lillian Gish.
Ce ne sont pas ses interprètes. Ce
sont ses œuvres.
•
Griffith a un sens, non, une science
étrange du rythme. Je suis entré dans
une salle de cinéma sans regarder le
programme. J'ai revu un coup de
poing ou un coup de soleil, enfin
quelque chose contre quoi il n'y a
pas de défense. C'était sur l'écran ce
passage de Charité (4e partie (Vlnto-
lèrance), où Maë Marsh assiste à un
bal populaire. La salle, composée de
gens bien élevés, sifflait. Dans les
faubourgs, on acclame.
Je pense au rythme de la mort de
Robert Harron dans le même film.
Et le rythme de Babylone. Et le
rythme du Pauvre amour. Et le
rythme des Cœurs du monde.
•
Et lerjthme de Le Lys et la Rose...
C'est le meilleur film de Griffith. Il
a cinq ans ou six ans d'âge. Il parut
à Paris avec les tout premiers Trian-
gle et les Chaplin en 1916. Ce jour-là
quelques français commencèrent
d'oublier les films de Mlle Robinne
et s'éprirent du cinéma.
•
Il faut avoir vu Lillian Gish dans
Le lys et la rose. Sinon, il est inutile
de parler de Lillian Gish, la vraie,
même, non, surtout si vous l'avez
vue dans les Corsaires, le Roman
de la Vallée heureuse, le Lys brisé,
ou le Pauvre amour.
Lillian Gish, simple, souffre. Voilà
un rôle. Voilà un masque. Voilà du
cinéma.
Depuis Quatre ans nous
réclamons une réédition
de Le Lys et la Rose.
On nous répond toujours
que c'est impossible et
que le négatif est aux
cinq, cents diables main-
tenant. Mais — enfin ! —
on nous rend ce beau
film et nous aVons pu
le goûter de nouveau.
•
Nous Venons d'en Voir
une excellente copie
dans le meilleur ciné=
ma de "Bruxelles. £ff
Pas de cuisine d'alambic pour
lui tirer des larmes et pour forcer
les nôtres. Elle aime comme une en-
fant. Elle vit comme une femme. On
la trompe comme une enfant. On la
salue comme une femme. Il y a un
roman et je viens de vous en citer
les quatre thèmes.
•
Lillian dans son jardin. Gaminerie.
Fraîcheur de province. Douceur styli-
sée par des détails anciens, comme
un portrait qui s'efface un peu, avec
des ondes claires dont la lumière de
l'art silencieux fait tout le rythme.
Les vieilles cousines. La bonne en
boule. Le petit chien. L'oiseau. Les
fleurs. La haie. Le petit voisin frisé,
qui attend derrière la haie.
Et puis un homme passe. Haut de
forme. Jaquette. Œillet de luxe. Et
— et un baiser pour jouer. On oublie
que c'est un jeu. Le mariage finit.
Jeu de vilains.
Après quoi, les larmes. L'homme
s'amuse. Pas un bellâtre de cinéma.
Un croquis de Maupassant. Une mol-
lesse crayonnée à traits durs. Il
trompe. Non. Il se trompe. Il oublie
le lys pour la rose — qui est une
belle danseuse libre. A lui de souffrir.
Le lys se libère. Il y aura un bébé.
Il y a beaucoup de douleur avant.
Ainsi, voir derrière un rideau le
baiser de la rose, sentir que les murs
tremblent, que le plancher s'enfuit,
que l'on s'anéantit dans une chute,
dans l'infini — par terre...
Et tout finira.
On retrouve la haie, les cousines
et le voisin. Il n'y a plus qu'à prépa-
rer le berceau.
La rose dansera ailleurs.
L'homme déçu qui a perdu les deux
fleurs de sa vie n'a plus qu'à se per.
dre, un soir, dans le parc, avec un
peu de calme, un peu de sang, un peu
de silence.
Lillian s'apercevra tout doucement
qu'elle n'est pas morte.
•
Lillian Gish est magnifique dans
Le Lys et la Rose.
Louis Delluc.
cmea
19
DERRIÈRE L'ÉCRAN
Suzanne Talba, que nous vîmes
dernièrement dans Rose de Grenade
est partie en Italie où l'appelle un
engagement avec la Fox-Film.
M. Gordon Edwards, réalisateur
de la Reine des Césars et de La
Reine île Saba, metteur en scène de
cette firme, va tourner près de Rome
un grand film historique intitulé :
Nèrone. Suzanne Talba et Jacques
Grétillat — Néron — seront les prin-
cipaux protagonistes de ce film sen-
sationnel.
M. André Hugon annonce qu'il
tourne Don Quichotte, d'après
l'œuvre de Cervantes, et qu'il pré-
pare la mise en scène d'un autre très
grand film qui retracera la vie ga-
lante et les exploits du célèbre pirate
méditerranéen Avondj-Barberousse.
M. Garbani, chez Pathé — va
commencer la réalisation d'un film
en 12 épisodes dont le titre seul nous
promet des soirées d'hiver pas mo-
roses : Les Parias de l'amour].. .
Nardy, à Bonsoir, nous prédisait
ces temps derniers la mort prochaine
du ciné-roman... mais celui-ci, nou-
veau Phénix, sans doute, renaît de
ses propres cendres... puisque le pro-
gramme de la saison cinégraphique
prochaine ne comporte pas moins de
17 films d'aventures en 10 ou 12 épi-
sodes...
Luitz-Morat, retour de Sicile avec
Modot, Pierre Régnier et Yv. Aurel,
repart ces jours-ci à Naples, termi-
ner La Terre du Diable
M. Louis Feuillade, retour d'Algé-
rie, avec sa troupe, tourne les inté-
rieurs de L'Orpheline — 12 épisodes.
Ce monsieur, qui s'intitule jeune
premier, et dont le « matuvuisme »
n'est plus à redire, ne se sent plus
d'aise depuis la présentation de ce
très grand fdm où il interprétait un
des rôles principaux.
Il ne néglige rien pour soigner sa
publicité, visites incessantes à des
directeurs de journaux cinégra-
phiques, récits faits par soi-même de
ses grands succès... tout y est.., mais
il a trouvé mieux, mais ne se pro-
mène-t-il pas en tenant très ostensi-
blement à la main le programme du
très grand film... où sa photo est
reproduite?... Le plus drôle c'est
qu'immédiatement le désert se fait
autour de lui.
L'ambiance du film sans doute!...
La Ermolieff-film ferait très pro-
chainement une adaptation nouvelle
des Misérables.
Sur la Riviera, M. Boudrioz ter-
mine en ce moment les intérieurs
de Tempête, avec Mosjouskine et
Mme Lissenko, tous deux très re-
marqués dans L'enfant du Car-
naval.
M. Henri Desfontaines ayant ter-
miné Les trois lys, s'apprête à réali-
ser Chichinette et Cie, d'après le
roman de Pierre Custot.
Jean Devalde que l'on vît dans
L'Ami des montagnes et Mme Le-
grand.qui vient de tourner la vivante
épingle, en seraient les" interprètes
principaux.
•
Ce jeune et bouillant critique cillé-
graphique du plus vivant de nos
journaux du soir, commence à trou-
ver très dur son métier qui l'oblige
à assister à de nombreuses présen-
tations.
Aussi lui prête-t-on l'intention de
se venger de façon cruelle des met-
teurs en scène auxquels il doit de si
vilains quarts d'heure.
Et nous aurons prochainement
dans son journal une série de Tètes
de Turcs où certains « cinéastes »
n'auront nulle peine à se recon-
naître.
•
M. Monca part le 1er août à Nice
tourner une bande dont les princi-
paux interprètes masculins seraient
Marcel Vibert et le jeune comédien
Charles Boyer, deuxième prix du
Conservatoire, dont les créations au
théâtre Antoine furent très appré-
ciées. Charles Boyer, au cinémato-
graphe, a débuté dans L'Homme du
Large, de Marcel L'Herbier.
Yvonne Devignes ayant terminé
son rôle des Trois Lys va interpréter
le principal personnage féminin d'un
film d'Henry Houry.
On tournait ces jours derniers au
Croisic les dernières scènes des Trois
Mousquetaires, et l'on attendait l'ar-
rivée du cardinal de Richelieu, de
Max.
On l'attendit longtemps... comme
il ne venait pas, un figurant de la
stature du grand tragédien fut
habillé de ses effets, et dans toutes
les scènes où le cardinal devait pa-
raître, le figurant fut filmé... de dos
seulement.
André Daven
M ■
■ ■
I Hue les Lecteurs de I
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j nous écrivent fran= \
\ chement leurs im= \
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! pressions sur les I
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! films qu'ils ont Vus. \
:o
cinea
M
SPECTACLES
M
Ça va est la grande revue,
pour cette année, de « Ripégi-
gnoux », comme dit Colette, Miousic
l'était pour l'an passé. Une autre le
sera pour l'an prochain. Ça va inau-
gure la période de fabrication. Le
procédé y est déjà aussi manifeste
que dans telle revue à grand spec-
tacle de music-hall. Et, s'il est un peu
plus littéraire, il est moins divertis-
sant.
L'esprit dépensé là en deux heures,
pourquoi donc est-il si facile, telle-
ment moins fin que celui de la moin-
dre causerie parisienne? Est-ce pour
en atteindre mieux tout le public ?
Mais le gros public ne comprend
même pas celui-là, si insistant qu'il
se fasse ; il ne rit que par confiance
et parade. Le grossissement est inu-
tile. Quand les auteurs tiennent une
agréable idée, au lieu de la mettre
dans une bonne répartie, ils l'étaient
sur une scène entière. Celles d'Him-
mel et Galmot, du danseur-taxi, plai-
santes au début, découragent vite la
bonne volonté du spectateur. Et nous
avons trop entendu Marianne parler
de ses amants, Cécile Sorel et Mau-
rice Rostand parler d'eux-mêmes
pour ne pas exiger d'auteurs aussi
réputés que Rip et Gignoux qu'ils
leur prêtent au moins des mots nou-
veaux. Ceux-ci mêmes m'ont paru
inférieurs aux idées scèniques.
Aussi tout le divertissement doit-il
venir, et vient-il — indépendamment
de la mise en scène et des costumes
qui sont d'un art incertain — des
acteurs.
Tous sont excellents, deux sont
incomparables.
Parmi les premiers, une nouvelle
venue, Berthe Plantade, possède une
voix distincte, un maintien paisible
et aisé qui plairont. Pauley est d'une
réjouissante jovialité. Mais Miss
Campton ne dépense point là cette
fantaisie et cet entrain qui lui firent
une carrière si brillante au music-
hall; dans sa scène de l'Atlantide,
son invention m'a paru courte.
Mais il y a Raimu et Thérèse Dorny I
Du premier, chacun connaît cet
extraordinaire naturel, cette manière
d'accommoder le texte en improvisa-
tion, cette voix cocassement timbrée,
ces veux ébahis, cette autorité dans
une inimitable gaucherie. Que de
malice, de sagacité et de tact souve-
rain dans sa composition de Ma-
rianne !
Quant à Thérèse Dorny, j'avoue
que c'est une très belle surprise. La
charmante drôlerie qui était déjà la
sienne n'annonçait pas une fantai-
sie de si haute classe. Son art est
consommé ; il est direct et sûr, animé
d'une personnalité riche, retenu par
un sens clairvoyant de la mesure.
Le physique de la comédienne est de
premier ordre, sa voix très souple.
Sauf dans la scène de Maurice Ros-
tand, qui n'est peut-être pas très bien
écrite, Thérèse Dorny affirme, je crois,
les moyens et le tempérament comi-
ques les plus caractérisés et les plus
variés d'à présent.
•
Le Casino de Paris présente
une revue moins fastueuse qu'à l'or-
dinaire, parce que c'est l'été, plus
spirituelle, parce que Saint-Granier
y mit la main. Le résultat fait un
spectacle beaucoup plus satisfaisant.
Si la galerie n'apprécie point les
couplets en pot-pourri sur les dan-
cings, elle peut s'extasier au défilé
des chemises transparentes. Et c'est
très bien. Des sketches sont drôles,
comme celui où « les enfants s'amu-
sent », des ensembles jolis, comme
celui de la tasse de thé.
La distribution, enfin, n'est pas
moins heureusement disparate. Si
Milton est un acteur bouffe, Saint-
Granier par son parisianisme con-
fine sa bonne humeur charmante
dans des limites distinguées.
Si Dutard épaissit ses effets, Ma-
gnard anémie presque les siens. Si
l'une des belles créatures qui sont là
pour être nues est un peu frêle,
l'autre est plantureuse. Si Nina My-
ral est gouailleuse et clownesque
(d'une manière, il est vrai, que nous
lui connaissions déjà), Nina Myral
est élégante et chaste (d'une manière,
assurément, qui ne nous était guère
plus inconnue). Voilà du divers,
sinon du nouveau.
Henriette Quinault apporte parmi
tout ce désordre un style, une allure
et même une noblesse qui sont de la
plus haute façon, de l'art le plus
certain.
Mary Dubas affirme des qualités
de fantaisie très personnelles, une
aisance complète de danseuse et de
comédienne.
Enfin Maurice Chevalier, ayant fait
à sa gloire la concession de quelque
chanson traditionnellement pleurni-
chante et bien « gosse », consent à
rappeler le comédien peu banal qu'il
fut — s'en souvient-on? — dans Go\
bette of Paris. Naturel, adresse,
vrai comique : que de dons! Sa Cé-
cile Sorel sera peut-être bien la seule
dont, l'an prochain, l'on reparlera.
La seule... des reconstitutions!
•
A l'Olympia, trois bons numéros
se rencontrent le même soir : c'est
une nouveauté qu'on peut dire. La
Terpsichore a choisi ses danses avec
la même audace désinvolte dont elle
a choisi son nom: elle danse le Cygne!
Nous ne penserons plus au Cygne,
sans penser à vous, inoubliable Pav-
lovaî Mais cette petite rivale que
vous ne vous étiez point prévue, Ma-
dame, sur le boulevard des Capu-
cines, n'a qu'une vertu et qui ras-
sure : elle sait adapter la danse de
genre au music-hall, par les moyens
honorables d'une technique suffisante
et d'une fougueuse acrobatie ; au
moins, c'est personnel. Les Titos ont
un esprit charmant dans leurs se-
melles sonores, leur élégance admis-
sible, leurs gestes bien placés. Enfin
les deux frères Angel montrent une
pureté de lignes, un bonheur de pro-
portions, une beauté absolus; on est
bien un peu gêné par d'incompréhen-
sibles échelles de métal sur lesquelles
ils évoluent, un moment, mais quand
ils sont sans ces appareils barbares,
l'aisance de leurs corps et la douceur
de leurs visages évoquent les éphèbes
de la palestre antique et non pas ces
horribles gymnastes habituels aux
pectoraux en consoles et aux biceps
en boules de jardin.
•
A l'Alhambra, médiocre pro-
gramme, avec trop de contorsion-
nistes et une abomination de pseudo
ballet russe (î) que j'ai cru dansé par
des petites filles pas nubiles, et un
boucher fat.
Raymond Payelle.
cmea
21
LE ROMAN D'UN AGENT DE CHANGE AFFAIRE
Histoire américaine de O. Henry
Pitcher, premier clerc de Harvey
Maxwell, agent de change, laissa
paraître sur sa physionomie généra-
lement terne, une expression de sur-
prise et d'intérêt sympathique lors-
que son patron, à neuf heures et demie,
entra d'un pas vif dans le bureau,
accompagné de sa jeune sténogra-
phe. Avec un brusque « bonjour Pit-
cher », Maxwell bondit à son bureau
comme s'il avait l'intention de sauter
par dessus, et se plongea aussitôt
dans le monceau de lettres et de télé-
grammes qui l'attendait.
La jeune femme était la sténogra-
phe de Maxwell depuis un an. Elle
était belle dans un genre qui, déci-
dément, n'était pas sténographique.
Elle n'arborait pas de vastes et pom-
peux chapeaux. Elle ne portait ni
chaînes, ni bracelets, ni boucles. Elle
n'avait pas l'air disposée à accepter
une invitation à déjeuner. Elle était
vêtue d'un costume gris, simple, qui
s'adaptait à sa silhouette avec fidélité
et discrétion. Sur sa toque noire était
nettement piquée une aile de macaw
vert doré. Ce matin, elle était douce-
ment et timidement radieuse; ses
yeux brillaient rêveusement, ses
joues avaient l'éclat authentique des
pêches, et des souvenirs heureux
flottaient sur sa physionomie.
Pitcher,toujourssympathiquement
curieux, remarqua ce matin-là une
différence dans sa façon de faire. Au
lieu d'aller tout droit dans la pièce
voisine, où se trouvait son bureau,
elle s'attardait d'un air irrésolu dans
la première salle. Un moment, elle
s'approcha du bureau de Maxwell,
assez près pour qu'il eut conscience
de sa présence.
Mais l'être assis à ce bureau avait
cessé d'être un homme; c'était une
machine, un agent de change de New-
York, affairé, mu par des roues bour-
donnantes et dès ressorts jamais
détendus.
— Eh bien? Qu'est-ce que c'est?
Qu'est-ce qu'il y a? demanda brus-
quement Maxwell. Son courrier ou-
vert s'entassait comme un amas de
neige de théâtre sur le bureau encom-
bré, son œil gris, vif, impersonnel et
brusque, lança sur elle un éclair
presque impatient.
— Rien, répondit la sténographe,
s'éloignant avec un léger sourire.
— Monsieur Pitcher, dit-elle au pre-
mier clerc, est-ce que M. Maxwell a
dit quelque chose hier au sujet de
l'engagement d'une autre dactylo-
graphe ?
— Oui, répondit Pitcher. Il m'a dit
d'en convoquer une nouvelle. J'ai fait
prévenir l'agence, hier après-midi,
d'envoyer quelques échantillons ce
matin. Il est neuf heures trois quarts
et je n'ai pas encore vu un seul cha-
peau de théâtre, ni un seul morceau
de chewing guni à l'ananas.
« — Je ferai le travail comme d'ha-
bitude, alors, dit la jeune femme,
jusqu'à ce que quelqu'un vienne me
remplacer. » Et aussitôt elle se diri-
gea vers sa table et suspendit la toque
noire avec l'aile de macaw vert-doré
à la place habituelle.
Celui qui n'a pas contemplé un
agent de change de Nanhattan au
milieu du tumulte des affaires est
handicapé pour les études anthropo-
logiques. Le poète a chanté « les
heures entassées de la vie glorieuse. »
Pour l'agent de change, non seule-
ment les heures sont entassées, mais
les minutes et les secondes se pen-
dent à toutes les courroies et se ser-
rent sur les plates-formes d'avant et
d'arrière.
Et ce jour était un jour affairé pour
Harvey Maxwell. Le récepteur com-
mençait à dérouler, en saccades brus-
ques, des serpentins de papier; le
téléphone du bureau avait des accès
chroniques de bourdonnement. Des
hommes se précipitaient dans la pièce
et interpelaient l'agent de change
par dessus la balustrade, joviale-
ment, vivement, furieusement, ner-
veusement. Des petits messagers
entraient et sortaient avec des notes
et des télégrammes. Les clercs, dans
la pièce voisine, bondissaient comme
des marins pendant la tempête. Même
la physionomie de Pitcher marquait
quelque chose qui ressemblait à de
l'animation.
A la Bourse, il y avait des oura-
gans et des éboulements, et des tem
pêtes de neige, et des glaciers, et des
volcans; et ces cataclymes élémen-
taires se reproduisaient en petit dans
le bureau de l'agent de change. Max-
well poussa sa chaise contre le mur
et commença à traiter les affaires à
la manière d'un danseur qui fait des
pointes. Il sautait du télégraphe au
téléphone, de la table à la porte, avec
l'agilité experte d'un arlequin.
Au milieu de cette tension toujours
croissante, l'agent de change perçut
soudain une frange de cheveux d'or,
soutenant une sorte de ciel de lit en
velours garni de plumes d'autruche,
un sac en imitation de peau de pho-
que et un collier dont les grains
étaient aussi gros que des noix de
coco et qui se terminait, tout près du
sol, par un cœur en argent. Il y avait,
en relation avec ces accessoires, une
jeune personne pleine d'assurance
dont Pitcher était là pour expliquer
la présence.
— Mademoiselle vient de l'agence
des sténographes pour la situation
offerte, dit Pitcher.
— Quelle situation ? demanda-t-il
en fronçant le sourcil.
— Sténographe, dit Pitcher. Vous
m'avez dit hier de les prévenir et de
faire envoyer quelqu'un ce matin.
— Vous perdez la tête, Pitcher, dit
Maxwell. Pourquoi vous aurais-je
donné de pareilles instructions? Miss
Leslie a donné complète satisfaction
pendant l'année qu'elle a passée ici.
La place est à elle aussi longtemps
qu'elle voudra y rester. Il n'y a pas
d'emploi vacantici, Madame. Envoyez
un contre-ordre à l'agence, Pitcher,
et ne m'amenez plus personnel
Le cœur en argent quitta le bureau,
se balançant et se heurtant d'un
air indépendant contre les murs,
comme pour marquer son indigna-
tion. Pitcher saisit l'occasion pour
faire observer au comptable que le
patron paraissait devenir chaque
jour plus distrait et plus absorbé.
Le mouvement des affaires était de
plus en plus ardent et tumultueux.
Au Parquet, on était en train d'apla-
tir une douzaine de valeurs sur les-
22
cinea
quelles le» clients de Maxwell avaient
fait de gros placements. Des ordres
dr vente et d'achat allaient et ve-
naient, aussi vifs que des vols d'hi-
rondelles. Quelques-uns de ses pla-
cements personnels étaient menacés
et l'homme fonctionnait comme quel-
que machine perfectionnée, compli-
quée, délicate, puissante, marchant
à haute tension, allant à toute vi-
tesse, précise, n'hésitant pas, avec le
mot et ladécision justes, l'acte prompt
et prêt comme un mouvement d'hor-
logerie. Actions et obligations, em-
prunts et hypothèques, marges et
sécurités, c'était ici le monde de la
finance, et il n'y avait pas de place
pour le monde de l'homme ou de la
nature.
Quand l'heure du déjeuner appro-
cha, il y eut une légère accalmie au
milieu de la tempête.
Maxwell était debout devant son
bureau, les mains pleines de télé-
grammes et de notes, un stylographe
sur l'oreille droite, les cheveux pen-
dant en mèches désordonnées sur le
front. La fenêtre était ouverte, car le
printemps, gardien bien-aimé, avait
laissé sortir un peu de chaleur des
réserves de la terre.
Et par la fenêtre vint une odeur
— errante, peut-être égarée — une
odeur de lilas, douce et délicate, qui,
pour un moment, immobilisa sur
place l'agent de change. Car cette
odeur appartenait à Miss Leslie; elle
était à elle, et rien qu'à elle.
L'odeur la fit paraître vivante, pres-
que tangible, devant lui. Le monde
de la finance se rétrécit soudain,
devint une petite tache. Et elle était
dans la pièce voisine, à vingt pas
de lui.
— Par George, je veux le faire
maintenant, dit Maxwell, presque à
haute voix. Je vais lui parler tout de
suite. Je me demande pourquoi je ne
l'ai pas fait depuis longtemps.
11 se précipita dans la seconde pièce
avec la hâte d'un vendeur qui cons-
titue une couverture. Il se rua vers
le bureau de la sténographe.
Elle le regarda en souriant. Une
légère rougeur couvrit ses joues; ses
yeux avaient un bon regard franc.
Maxwell posa un coude surle bureau.
Il tenait encore entre ses mains des
papiers en désordre et la plume était
sur son oreille.
— Miss Leslie, commença-t-il hâti-
vement, je n'ai qu'un moment à moi
et il faut que, dans ce moment, je
vous dise quelque chose. Voulez-vous
être ma femme? Je n'ai pas eu le
temps de vous faire la cour suivant
les règles, mais réellement, je vous
aime. Répondez-moi vite, je vous
prie; ces gens sont en train d'abîmer
mes Union Pacific.
— Mais... que voulez-vous dire?
s'écria la jeune femme.
Elle se leva toute droite et le re-
garda, ouvrant de grands yeux.
— Ne comprenez-vous pas? dit
Maxwell fébrilement. Je veux que
vous m'épousiez. Je vous aime, Miss
Leslie. Je voulais vous le dire et j'ai
profité d'un moment où les choses se
calmaient un peu. Voilà maintenant
qu'on m'appelle au téléphone. Dites-
leur d'attendre une minute, Pitcher.
Acceptez-vous, Miss Leslie?
La sténographe agit d'une manière
étrange. D'abord elle parut tout éton-
née; puis ses yeux interrogateurs se
remplirent de larmes ; enfin, son sou-
rire brilla comme un rayon de soleil
à travers ses pleurs, et son bras s'en-
laça tendrement autour du cou de
l'agent de change.
— Je comprends maintenant, dit-
elle doucement. Ce sont ces maudites
affaires qui ont tout fait sortir de
votre tête pour un temps. J'ai eu peur
tout d'abord. Ne vous rappelez-vous
pas, Harvey ? Nous nous sommes
mariés hier soir à huit heures, dans
la petite église du coin.
O. Henry.
(Trad. C. Landry.)
I LE TITRE ET
\ LES TITRE URS
Le métier de titreur est essentielle-
ment ingrat. L'esthétique en est celle
que Brummel assignait à l'homme
bien habillé : ne point se faire re-
marquer. Les mérites restent igno-
rés; seules les erreurs ressortent
soulignées par les critiques qui y
trouvent une proie facile. Et comme
les éditeurs jugent superflu de faire
relire titres et sous-titres, personne
n'arrêtera la faute d'ortographe,
d'accord, de syntaxe, qui échappe au
rédacteur ou que lui attribue la
composition.
A cet égard, j'ai un remords.
J'avais noté dans un film, une ré-
plique vive, spirituelle, bien en si-
tuation : je voulais la mentionner,
impossible en sortant de la présen-
tation de me rappeler dans lequel
des dix-sept films que j'avais vus ce
jour là, elle se trouvait. J'opte pour
La lumière du inonde; tant pis si le
compliment fait fausse route.
Généralisons. Quelle place faut-il,
dans un film, attribuer à la lettre
imprimée? Constitue-t-elle un dis-
cord, un mal provisoirement néces-
saire? Doit-on tendre vers le film
muet, la pure pantomime?
C'est ce qu'a fait Joseph de Grasse
dans son dernier film, et maintenant
il déclare que ce n'était qu'un essai,
qu'il n'a pas l'intention de continuer.
Ou bien, au contraire, doit-on con-
server la lettre, le discours, lui faire
jouer le rôle du texte explicatif dans
un livre illustré (et le cinéma est-il
autre chose qu'un beau livre illustré
dont les pages se succèdent sans dis-
continuité?)
Dans cette doctrine, la lettre est
aussi essentielle que l'image; elle
engage, au même degré qu'elle, la
responsabilité de l'auteur. Le scé-
nario doit donc se présenter comme
une alternance rythmée , mesurée,
de choses destinées à être vues et de
choses destinées à être lues.
Il découle de là que le texte ne doit
présenter aucun élément descriptif
Au photographe de nous dire qu'une
robe est claire, qu'une forêt est
épaisse, qu'une femme est jolie; nous
nous rebifferons si le titreur nous
l'affirme, parfois contre l'évidence.
Mais nous lui saurons gré de nous
dire ce que l'écran ne peut révéler,
un nom, une date, une parole déci-
sive, une pensée secrète.
La solution du « film sans pa-
roles » offre des dangers. Elle peut
s'appliquer à des drames d'une psy-
chologie très simple, même pauvre,
et dans ce cas, la portée en est li-
mitée; ou bien elle entraîne l'auteur
vers un symbolisme excessif et fati-
gant, elle l'amène à visualiser lon-
guement, parfois lourdement des
mots, des phrases qui, dans le dis-
cours, donnent tout leur contenu en
un éclair, à transformer l'image en
rébus, à susciter la curiosité aux
dépens de l'émotion. Au fond, en
cette matière, comme en tout art, on
peut faire comme on veut, à condi-
tion de savoir ce qu'on veut, de le
réaliser et de le faire comprendre. ,
L. L.
cinéa
23
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
Tout en poursuivant mes études de
chant, je fréquentais en même temps
une école privée ou j'apprenais à
lire et à écrire. Dans cette école les
garçons et les filles étaient réunis
ensemble dans une même classe et
bientôt j'ai eu une aventure amou-
reuse avec une des élèves.
J'étais assez intelligent et j'appris
très vite à lire, c'est pourquoi je tra-
vaillais d'une façon indifférente, pré-
férant de patiner dans les rues. Je
perdais fréquemment mes livres de
classe, parfois je les vendais tout
simplement pour acheter des gâteaux,
c'est pourquoi je ne savais presque
jamais ma leçon.
En classe j'étais assis à côté d'une
fillette âgée de 2 ans de plus que moi.
Elle s'appelait Tania ; pendant les
interrogations elle me venait en aide
aux moments critiques. C'est pour-
quoi elle provoqua en moi un senti-
ment de sympathie profonde et une
fois pendant la récréation je l'em-
brassai dans le couloir, tout pénétré
de l'irréssistible désir de lui témoi-
gner ma reconnaissance. Elle recula
un peu intimidée et murmura :
— Voyons, voyons! Que fais-tu là?
Est-ce que c'est permis ? Et si la maî-
tresse s'apercevait? Il vaut mieux
attendre le moment ou nous jouerons
ensemble dans la cour — nous nous
cacherons tous les deux quelque part
et alors tu pourras m'embrasser
tant que tu voudras.
Je ne savais pas qu'il n'était pas
convenable à mon âge d'embrasser
les petites filles et de tout ceci je n'ai
saisi qu'une chose : il est défendu de
s'embrasser en présence de la maî-
tresse — probablement parce que cela
ne faisait pas partie des matières
professées par elle. Une vague con-
ception de l'immoralité des baisers
clandestins se forma chez moi après
avoir embrassé Tania plusieurs fois
dans les coins cachés — je compris
alors que cela vous fasse plus de
plaisir que de s'embrasser devant
tout le monde.
Je me mis à rechercher les occa-
sions de rester seul avec Tania et
nous nous embrassâmes à volonté.
Je ne crois pas que ces embrasse-
ments avaient un caractère autre
qu'une caresse enfantine et pure, une
caresse dont est avide chaque cœur
humain grand ou petit. Naturelle-
ment la maîtresse nous découvrit à
la longue, tous les deux ma petite
amie et moi, nous fûmes chassés de
l'école.
Je ne sais pas si mes parents étaient
au courant de la raison de mon exclu-
sion. Probablement que non car
autrement j'aurais été exécuté copieu-
sement.
Mais cet événement laissa une
trace profonde dans mon âme. Je
compris que les baisers en cachette
sont beaucoup plus doux et que c'est
une chose honteuse puisque la maî-
tresse m'avait puni pour cela. Etpuis,
ceci a provoqué chez moi une sorte
de curiosité envers la femme. Je
commençai à éprouver des sensa-
tions neuves pour moi, j'allais sou-
vent aux bains avec ma mère, main-
tenant je refusais de l'accompagner
craignant d'avoir honte d'assister
aux bains des femmes.
Bientôt j'entrai dans une autre
école primaire mais je la quittai très
vite. Aussi à cause d'un événement
assez singulier.
Un jour, lorsque je me rendais à
l'école je rencontrai au coin d'une
rue un gros gas armé d'un bâton et
qui sans aucune raison plausible me
gratifia d'un coup monstrueux sur
la nuque qui fût au même instant
toute inondée de sang.
Après avoir frappé il disparut en un
clin d'œil sans rien dire.
Ma blessure me faisait beaucoup
souffrir. Surtout je ne comprenais
pas qu'elle était la raison de cette
agression tout à fait inattendue; je
n'avais jamais eu de rapport quel-
conque avec cet individu. Mais à la
longue je me consolai : j'arrêtai le
sang, en frottant ma nuque avec de
la neige et continuai mon chemin.
A l'école je ne fis part à personne
de l'accident, à mes parents non plus
— je savais que mon père en appre-
nant cela me battrait une fois de plus
car c'est moi qui serais toujours le
coupable.
La blessure ne guérissait pas avec
le temps, mais comme je portais des
cheveux relativement longs, elle ne
se voyait pas.
Il arriva un jour que j'eus mal
répondu à une question de l'institu-
teur lequel avait une manière spé-
ciale de « pincer le petit oiseau ».
Savez-vous en quoi consiste cette
opération ? On attrape une poignée
de cheveux sur votre nuque et puis
en les serrant fortement on les tire
d'un coup du bas en haut. La sensa-
tion est la même comme si on vous
déchirait en deux le cou tout entier.
L'instituteur «pinça le petit oiseau »
juste à l'endroit de la blessure. Je
hurlai de douleur.
(A suivre)
L. Valter, trad.
24
cinea
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 29 Juillet au Jeudi 11 Août
V ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Les actualités de la semaine. —
La bonne a le sac, comédie burlesque. —
Sur le ///.dessins animés. — Malbias San-
dorf, y épisode. — Reprise de Mon Village,
d'après Hansi. — Attraction : The tbree
ways, excentric's.
Programme du 5 au 1 1 août. — Patbé-
Revue. — La fabrication des paves de bois.
— Le capitaine Grog, dessins animés. —
Matbias Sandorf, 4? épisode. — Le secret
de Ladv Audley, scène dramatique. —
Attraction; Greenand Nello, cyclistes.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre. — Patbè-Journal, — La Pocbarde,
9e épisode. — L'enfant du carnaval, scène
dramatique. — La lampe d'Aladin, scène
comique. — Matbias Sandorf.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. — Muguette et ses
as, comique. — A travers la France : Dans
les vallées Alpines. — Deux mains dans
l'ombre, drame, — L'excitant élixir, fan-
taisie comique. — En supplément faculta-
tif : Dans le pétrin, comique.
Parisiana, 27, boulevard Poissonnière.
— Nouméa, plein air. — Le bal des Pou-
lettes, dessins animés. — Mago-Maga en
Chine, comique. — Seule, comédie. —
Parisiana-Joumal. — Le Diamant de la
Couronne, aventures policières. — Billy
acteur malgré lui, comique. — En supplé-
ment excepté dimanches et fêtes : Les Bas
de soie, comédie avec Constance Talmadge.
3* ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Patbé-Joitmal. —
Lalampe d'Aladin, comique. — La Pocbarde,
9e épisode. — Matbias Sandorf, 3e épisode.
— L'enfant du Carnaval, comédie drama-
tique.
Palais des Fêtes. — 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée. — Billy acteur
malgré lui, comédie. — Deux mains dans
l'ombre, drame en 3 actes. — La doctoresse.
comédie dramatique. — La Pocbarde.
9e épisode. — Pathé- Journal.
Salle du 1e1' étage. — Actualités, édition
Pathé. — Dans le pétrin, comique. —
Madge l'ècervelêe, comédie. — L'enfant du
carnaval, comédie dramatique. — Matbias
Sandorf.
4<= ARRONDISSEMENT
Saint-Paul, 73, rue Saint-Antoine.
Saint-Paul-Journal. — La Pocbarde, cf épi-
sode. — L'excitant élixir, comique. —
Matbias Sandorf, 2e époque. — L'Enfant
du Carnaval, comédie dramatique.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rued'Arras. — Pathé-Joumal.
— Patbé-Revue n" jo, documentaire. —
La Pocbarde, 8e épisode. — Matbias San-
dorf, ze épisode. — Crépuscule d'épouvante ,
drame.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Les pigeons voyageurs, documentaire. —
Crépuscule d'épouvante, drame en 4 parties.
— Gaumont-actualités. — Attraction : The
IVald and Martees, excentriques comé-
diens. — Un Aventurier, comédie senti-
mentale. — La Pocbarde, 8e épisode.
6e ARRONDISSEMENT
Régina-Aubert-Palace, 155, rue de
Rennes. — Aubert-Journal. — Patbé-Revue.
— Loin du cœur, comédie dramatique. —
Le diamant de la couronne , comédie d'aven-
tures. — Billy dieu d'amour, comique.
Palace-Cinéma Danton. - 99. boule-
vard Saint-Germain. — Fleurus 27-5Q. —
Patbé-Revue. — Matbias Sandorf, 3c épi-
sode. — Zigoto et les apaches, comique. —
Crépuscule d'épouvante, drame. — Madge
l'écervelée, comique. — Gaumont-Ac/ua-
lités.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet. —
Direction G. Moyse. — Le renard et le
corbeau, dessins animés. — Magasine de
l'écran n° 1 . — Anatole au sérail, comique.
— Matbias Sandorf, 2e épisode. — Rêves
dorés, scène dramatique.
Cinéma Sèvres, 80 bis, rue de Sèvres,
(angle des boulevards de Montparnasse
et des Invalides). — Fleurus 28-09. —
Pathé-Joumal. — Matbias Sandorf, 3e épi-
sode. — Charité, drame — Patbé-Revue,
— Sosthene s'obstine, comique. — Attrac-
tion : Miss Athea, contorsionniste.
Programme du 5 au 11 août. — Pathé-
Joumal. — L'enfant du carnaval, scène
dramatique en 4 parties. — Matbias San-
dorf, 4e épisode. — Re'i-Gliss aux bains de
mer, comique. — Attraction sensationnelle.
■
: Les Artistes Suédois
■ ■
: sont en photo à la
Svenska Biografteatern
38, rue des Mathurins, j
au prix de 5 francs
Cinéma Récamier, 3. rue Récamier. —
Actualités, — La Pocbarde, 9e épisode. — -
Tentation, comédie dramatique. — Crépus-
cule d'épouvante, drame.
Programme du 5 au 1 1 août
Actualités. — La l ocharde, 10e épisode. —
Fleur de Jade, comédie. — L'Enfant du
Carnaval, drame.
Splendid-Cinéma-Palace, 60, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-ov M. Messie.'
directeur. — Pathé-Joumal. — Patbé-Revue.
— Le Mexique, documentaire. — Coursa
de taureaux a Lunel. —Matbias Sandorf,
3e épisode. — La Sultane de l'amour, drame.
— Crépuscule d'épouvante, drame. — Quel
voyage de noces, comique. — Intermède :
But! et Janett. — Tous les jeudis à 2 h. 1/2:*
Matinée spéciale pour la jeunesse.
La semaine prochaine : L'enfant du car-
naval et Cœur de Mannequin.
io<= ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Paysages d'Eté au Danemark, plein air. — I
Tivoli-Journal. — La lampe d'Aladin. comi-
que. — Matbias Sandorf, 3e épisode. — <•
Zigoto et les apaches, comique. — L'Enfant
dn Carnaval, drame.
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Aubert-Journal. — Une eléve
modèle, comédie. — La geôle, drame. —
La Pocbarde, 9e épisode.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumont-
Actualités. — La Pocbarde, 9e épisode. —
La geôle, drame. — Attraction : Cooke.
équilibriste. — L'enfant du carnaval, comé-
die dramatique.
i3e ARRONDISSEMENT
Gobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
Pathè-lournal. — Patbé-Revue, n° ?o. —
La Pocbarde. 8e épisode. — Matbias San-
dorf, 2e épisode. — Crépuscule d Epouvante,
drame.
14e ARRONDISSEMENT
Gaîté, rue de la Gaité. — Pathé-Joumal.
— Patbé-Revue /;« 50. — La Fuite de Jackson
Bill, comique. — La Pocbarde, 8e épisode.
— Crépuscule d'Epouvante, drame.
Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Les actualités
de Splendide-Cinéma. — Deux femmes pour
trois maris, comique. — La lumière dit
monde, comédie gaie. — Un drame sous
Napoléon, film historique. — Oncle Bemac.
cinea
25
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Pathé-
Journal. — Pathè-Revue //" ?o, documen-
taire. — L'Ours et les deux compagnons, des-
sinsanimés. — Matbias Sandorf, Y épisode.
— Crépuscule d'Epouvante, drame. — La
Pocbarde, 8e épisode.
Vaugirard-Cinéma, rue de Vaugirard,
273. — Programme du 29 au 31 juillet.—
La renaissance d'une liai ion. sélection du
plus bel enfant de Belgique. — Les deux
gosses, Ier et 2e épisodes. — Attraction :
Les Hany IVest, cyclistes comiques. —
Matbias Sandorf, y épisode. — Patbé-
Journal. — Programme du 1er au 4 Août.
Pathè-Revue.— Chariot est bien reçu, comi-
que. — La Pocbarde, 8e épisode. — Attrac-
tions : Les deux Renellvs. travail à la
mâchoire, et Med and Miss Margarcll. mu-
sicaux excentriques. — Crépuscule d'épou-
vante, drame. — Pathé-Journal.
i6« ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 2C) JUILLET AU LUNDI 4 AOUT. — La
pocbarde, 9e épisode. — Etrange complot,
comédie. — Amour brise, comédie. — Pathé-
Journal. — Programme du mardi 2 au jeudi
4 août. — Le mystère d'une nuit tragique,
aventures. — Matbias Sandorf, y épisode.
— Charité, drame. — Eclair- ■ ournal.
Programme du 5 au 8 août
Paysages d'Eté au Danemark, plein air. -
La Pocbarde, o« épisode. — Chariot garde-
malade, comique. — Pathé- journal. —
Programme du q au 11 août. — Une bis-
cuiterie moderne, documentaire. - Matbias
Sandorf. 4e épisode — Reconstitution d'une
nation, concours — Ribadouille a la berlue.
comique. — Eclair-journal. — Sosth'ene
s'obstine, comique.
Le Régent. 22, rue de Passy. — Le plâ-
tre, documentaire, — La petite sirène. —
Dans le désert. — Un grand couturier.
comique.
Mozart- Palace, 49, 51, rue d'Auteuil.i6«.
— Programme du vendredi 29 juillet au
lundi ier août. — Le Mystère d'une nuit
tragique, roman d'aventures. - Matbias
Sandorf, y épisode.— Chanté, drame. —
Eclair-Journal. — Programme du mardi 2
au jeudi 4 août. — La Pocbarde, 9e épi-
sode. — Etrange complot. — Amour brise.
— Pathé-Journal.
Programme du 5 au 8 août
Une biscuiterie moderne, documentaire.
— Matbias Sandorf, 4e épisode. — La re-
constitution d'une nation, sélection finale
du concours de bébés belges nés pendant
l'occupation. — Ribadouille a la berlue.
comique. — Eclair-Journal. — Le navire
abandonne, drame marin. — Sost eue
s'obstine, comique. — Programme du 8 au
11 août.— Paysages d'été au Danemark.
plein air. — La Pocbarde. io« épisode. -
Chariot garde-malade, comique. — I atbe-
Joiirnal. — Crépuscule d'épouvante. —
Excitant élixir, comique.
17e ARRONDISSEMENT
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
— Pathè-Journal. — L'Héritage du père
Bussard, comédie. — Matbias Sandorf.
y épisode. — Les veux morts, comédie
dramatique. — 10 minutes au Music-Hall.
Le Select. 8, avenue de Clichy. —
Billy acteur maigre lui. comique. —
L'arrêt du destin, comédie dramatique. —
Gauiiiout-aclualités. — Chc{ les anthropo-
phgaes, 2" étape. — La doctoresse, drame.
— Zigolo et les apaches, comique.
Royal Wagram, avenue Wagram. —
Vie et mœurs à Tanger, documentaire. —
Madge l'ecervelee. comédie gaie. — Deux
mai us dans l'ombre, cinédrame en 4 parties.
Pathé-Journal. — La Pocbarde, 9e épisode.
Lutetia-Wagram. avenue Wagram. —
Cbeç les anthropophages, 2e étape. — Le
roi du volant, comédie dramatique. —
Zigoto et les apaches. comique. — L'enfant
du carnaval, comédie dramatique. —
Gaumont- Actualités.
Cinéma Demours, 7, rue Demours,
Directeur: M. F. Destannes. — Wag.77-66.
— Cheç les anthropophages. 2e étape. —
Zigolo elles apaches, comique. — Matbias
Sandorf, y épisode. — Eclair-Journal. —
Grande vedette , comédie sentimentale.
Batignolles-Cinéma, 159, rue de la Con-
damine. — Programme du 29 au 3 1 juillet.
Patbe Revue. — La Pocbarde , 9e épisode :
— Chariot est bien reçu, comique. —
Attractions : Les deux Renellys, travail a
la mâchoire, et Ned ami Miss Margarelt.
musicaux excentriques. — L'enfant du
carnaval, comédie dramatique. — Pathé-
Journal. — Programme du ier au 4 Août.
— La renaissance d'une nation, sélection
du plus bel enfant de Belgique. — Les deux
gosses. ier et 2e épisodes. — Attraction :
Les Harry West, cyclistes comiques. —
Matbias Sandorf. y épisode. — Pathé-
Journal
18e ARRONDISSEMENT
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
— Maurice Robert, directeur. — Le Mont-
Don'. — Les forces inconnues. — Les actua-
lités de la semaine. — La dentellière. — Une
étoile, parodie comique. Trois maris pour
une femme, comédie. — Matbias Sandorf,
y épisode. — Attraction : Nossam et sa
chienne Caroline.
Programme du 5 au 1 1 août
Le Gardian. — Dandv tient la bonne
place, comique. — Une Brute. — Muguette
et son as. — Matbias Sandorf, 4e épisode.
— Les actualités. — Attraction: Yvonnett
et Marco's. travail aux anneaux.
Barbes- Palace, 34, boulevard Barbés,
Direction : L. Garnier. — Nord .<>-68. —
Le roi du volant, comédie sportive. —
Matbias Sandorf. y épisode. - L'excitant
élixir, comique. — Bel amant, comédie
dramatique.
Palais-Rochechouart.s6. boulevard Ro-
chechouart. — Dans le pétrin, comique. —
La Pocbarde, 9'- épisode. — Deux mains
dans l'ombre, drame. - Aubert- tournai. -
L'enfant du Carnaval, comédie dramati-
que.
Marcadet-Cinéma-Palace , 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — Parmi les fauves, drame
de la jungle. — La Pocbarde. q- épisode.
— Attraction : Lodia Chatel, diseuse à
voix. — Jeudi 4 août, à (S h. 4s. soirée de
gala Les Dragons de V'illars, opéra-comique
en 3 actes.
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7. Avenue Secrétan — Pathé-
Journal. — La lampe d'Aladin, comique. —
La Pocbarde, 9e épisode. — Matbias San-
dorf. 2e épisode. — L'Enfant du Carnaval.
comédie dramatique.
20= ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — A travers la France : La Pro-
vence pittoresque. — Dans le pétrin, comi-
que. — Du sang dans la prairie, drame.
— La geôle, drame. — La roue infernale.
comique 1
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Pathé-Journal. — L'arrêt du destin.
comédie dramatique. — Attraction : Les
Dioniies, barristes. — La geôle, drame. —
La Pocbarde, 9e épisode.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-aclualités. — Madge
l'ecervelee, comédie gaie. — La Pocbarde.
9e épisode. — Attraction : Jack Frog.
l'homme tortue. — L'enfant du carnaval.
comédie dramatique.
BANLIEUE
Clichy. — Pathé-Journal. -- La lampe
d'Aladin, comique. — La Pocbarde, 9e épi-
sode. — Matbias Sandorf, 3e épisode. —
L'Enfant du Carnaval, comédie dramatique.
Levallois. — Pathé-Journal. — /■eauci-
tron cbeç les sauvages, comique. — La
Pocbarde, 7e épisode. — Attraction : Zibral.
comique du Cirque de Paris. — Matbias
Sandorf, 2e 'épisode. Chacun sa race,
drame.
Montrouge. — De Leopoldville èi Mabadi.
plein zXr.—Montrouge-actualitès.— Matbias
Sandorf, y épisode — Zigoto et les apaches,
comique. — L'Epingle rouge, drame.
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — Attraction :
Hermann dans L'aventure de Pierre Mauiu.
sketch inédit avec Mlle Renée Martelle et
Marcel Collard.— La pocbarde, 7e chapitre.
— Matbias Sandorf. 2'' épisode. — Le
retour d- Tarcan.
Olympia Cinéma de Clichy. — Le roi
de l'audace, f' épisode. — La Doctoresse.
drame. — Attraction : Le trio Larty's,
virtuoses sur xylophone. — Billv acteur
maigre lui. comique. - - Un Aventurier,
comédie sentimentale. — Gaumont- Actua-
lités.
cinea
Envoyez-nous un scénario ciné-
graphique. Des]ournauxcomme
Le Film, Ciné pour lotis, Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appris le décou-
page, le style et le mouvement
de ces ouvrages spéciaux.
Essayez de composer un thème
d'écran, drame eu comédie,
découpez-le et bornez vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Baroncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon "Poirier,
T^ené Le Somptier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaville, Lio-
nel Landry, P. de la {Borie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Ur ciller, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au 1C1 Août prochain.
Prix : Le meilleur scénario
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
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tions françaises
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qui se rapporte à l'écran
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ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
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MM. Bousquet, Chaix,
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couverture de Cinéa, il
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\JgJg sera clos le 1er Septembre prochain J$M\
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Inotre concours de photographies!
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\MM sera clos le 1er Octobre prochain MJff\
cinea
! ON TOURNE I
Miss Edith Blake, jeune star an-
glaise. Mlle Paule Fanzy, la femme
acariâtre de la Rose de Rondin, aux
Champs-Elysées, M. Marcel Bonneau
qui vient de terminer Le Porion
avec M. Champavert, et M. André
Gobin, chargé d'un rôle important
dans le film et régisseur général; tels
sont les interprètes choisis par Jean
Hervé pour Le pauvre village, le
scénario de M. Amiguet, qu'il va
tourner en Suisse.
•
En Allemagne, l'Ernst Lubitsch
Film tournera prochainement une
adaptation des Joyeuses commères
de Windsor.
•
Le parquet de Liège a fait saisir un
film projeté au cinéma de la Maison
du Peuple de Saint-Nicolas-les-Liége
intitulé : La Sacrifiée.
La censure l'avait autorisé.
•
Aux confrères qui avaient annoncé
que Marcel L'Herbier allait tourner
un « ciné-roman » (sic), l'auteur d'£7
Dorado répond :
Voulez-vous rassurer les 56 mil-
lions d'admirateurs que M. Feuillade
compte en France et rassurer du
même coup les trois ou quatre per-
sonnes qui s'intéressent à mes ou-
vrages. Si flatteuse qu'elle soit pour
ma témérité , votre information
d'hier est tout à fait erronée. Non.
Je ne songe pas à m'attaquer au
« redoutable » Judex... et les lauriers
de Barrabas ne me sont pas somni-
fuges .
Au reste, pour les quelques ama-
teurs, curieux de mes intentions,
voudrc/.-vous simplement rappeler
(et nous nous comprendrons certai-
nement) qu'il peut y avoir d'autres
films que des ciné-feuilletons, pour
être contraints, par leur métrage, à
durer plusieurs soirs et, qu'en tout
cas, la tétralogie n'est pas un « film
à épisodes. »
•
Le prochain film de Gina Païenne
sera exécuté par Guy du Fresnay,
metteur en scène de L'ami des man-
iaques.
•
Gaston Modot et Paul Vermojal
sont aussi les interprètes de Mathias
Sandorf.
L'Agence Générale Cinématogra-
phique réunirait sous le titre de Les
avatars de Chariot, les principaux
succès de Charlie Chaplin.
•
lue /leur dans les ruines, film de
Griffith, interprété par Lilian Gish,
a été présenté le 28 juillet, à la salle
Marivaux.
•
Nous reverrons bientôt Lucien
Callamand dans Le mariage d'Agé-
nor, entouré de baigneuses qui rap-
pelleront les girlsde la Sunshine.
•
Aux studios Gaumont, Louis Del-
luc a terminé la réalisation d'un film
bouffe ; Le Tonnerre, d'après un
conte de Mark Twain. Les inter-
prètes sont Marcel Vallée et Lili
Samuel. L'opérateur : Gibory.
•
Jean Pellerin, artiste sincère, écri-
vain ironique et subtil, romancier
de talent, aimé de tous, est mort.
Il avait publié La Jeune fille aux
pinceaux, Le Copiste indiscret, La
chanson du retour. Il appartenait
au groupe des Treize de l'Intransi-
geant.
Il aimait le cinéma, le défendait, le
faisait aimer.
•
Ciné-Coulisses, organe bi-mensuel
des régisseurs et des opérateurs de
prise de vue paraît avec un pro-
gramme net, actif, pratique et vi-
vant.
•
La prochaine production de M.
Pierre Colombier (films Fantasio) a
pour titre Le Pendentif.
m
M. Poirier a terminé Le Coffret de
jade, dont les décors sont particuliè-
rement bien venus.
•
M. Violet, metteur en scène de Li-
Hang le Cruel et de l'Epingle rouge,
est en ce moment à Louviers où il
travaille à une nouvelle œuvre inti-
tulée La ruse. Principal interprète,
M. Alfonso Mesa, un jeune premier
qui avait été très remarqué dans La
double épouvante.
•
Ils tournent! Ils tournent! Tout
tourne!
Lisez tous les jours L'Or du temps
de Pierre Seize dans Bonsoir.
Nous ne sommes pas payés pour
dire tout ça,
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DE FRANCE Lé.m Mnu>sinar). — PARIS-MIDI
Louis Delhi. . LE POPULAIRE François Cnioy);
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cmea
MM LES FILMS D'AUJOURD'HUI MM
La Faute d'Odette Maréchal
Avant qu'eussent été inventées les
Sociétés de Gens de Lettres et d'Au-
teurs dramatiques, les écrivains
étaient, comme chacun sait, indigne-
ment exploités et le métier ne nour-
rissait pas son homme. Il y avait une
solution toute simple qui était d'en
faire un autre, et de ne prendre la
plume que lorsque l'on avait quelque
chose à dire.
Maintenant qu'écrire est devenu
une profession, que les traités sont
passés, le problème est renversé et
l'on entend des écrivains se poser tout
naturellement cette question, qui, si
l'on y songe, est monstrueuse : Etant
donné que j'ai un livre à fournir, que
vais-je y mettre ?
Le Cinéma a hérité de cette situa-
tion et en a porté les inconvénients
au maximum. D'une part, le coût
élevé des réalisations rend très diffi-
ciles les expériences, interdit l'orga-
nisation de débouchés analogues à
ceux (petites revues, journaux de
province, théâtres à côté) grâce aux-
quels les jeunes littérateurs ou dra-
maturges arrivent tant bien que mal
à se faire connaître. D'autre part, la
machine étant montée et fonctionnant
il faut bien l'alimenter avec ce qu'on
trouve ; d'où disparate entre la qua-
lité et la matière première et celle
de l'exécution ; d'où réalisation sou-
vent excellente d'œuvres dont le fond
reste inférieur. C'est pour cela qu'un
film qui fait honneur â l'écran fran-
çais — La Faute d'Odette Maréchal
— qu'on revoit toujours avec plaisir,
avec intérêt, avec émotion, ne repré-
sente point, comme achèvement artis-
tique, ce qu'on peut légitimement
attendre du beau talent de M. Henry
Roussell et de ses interprètes. Mais
tout de même, comme il tranche
parmi les productions en série qui
nous accablent !
•
Mascotte court le Derby.
Il y a dans ce film deux séries de
vues et d'acteurs; le problème consis-
tait en ce qu'elles ne fussent pas sim-
plement juxtaposées. Au début, des
«cènes amusantes, bien prises, du
monde des courses; â la fin, un Derby
avec une arrivée réellement impres-
sionnante ; dans l'intervalle, une his-
toire longue, ennuyeuse et banale,
destinée â expliquer les scènes spor-
tives. Parallèlement, des acteurs ama-
teurs d'un côté, tous excellents; un
jockey, un entraîneur qui possède au
plus haut point le physique de l'em-
ploi (si je me suis trompé et si le
rôle est joué par un homme de métier
celui-ci est de premier ordre) et enfin
Mascotte elle-même interprétée par
un équidé dont on ne nous dit point
le nom. Et de l'autre côté, des acteurs
professionnels, que la comparaison
fait paraître banals, malgré leur
Le pur rêve nous mon=
tre des exotismes plus
Vrais qu'une enfilade
de documentaires. ££
talent, malgré le jeu sympathique et
le charme un peu matronal de Miss
Violet Iiopson.
Et pourtant, il faut s'en rendre
compte, si ennuyeux que soit le
drame proprement dit, c'est pourtant
ce qui donne un intérêt particulier à
des scènes qui, autrement, ne seraient
que des documentaires. Nous voyons
chaque jour à l'écran, des arrivées
de courses ; si celle ci nous passionne
c'est que nous attachons un intérêt
particulier à la victoire de Mascotte;
c'est parce que de cette victoire,
dépend l'issue d'une action où des
sentiments humains sont en jeu.
Au fond, le problème le plus diffi-
cile du Cinéma est peut-être d'assurer
l'harmonie, l'unité de ton entre l'élé-
ment documentaire, naturel, imposé,
— l'arbre qui frissonne, l'eau qui
coule, l'homme qui passe dans la rue,
le cheval qui court -- et l'élément
fictif, dramatique, inventé. On com-
prend que de bons artistes aient pris
peur, aient cru résoudre le problème
en se réfugiant dans un studio pour
rester maîtres de leurs décors ; et
ainsi naissent des œuvres telles que
Le Cabinet du Docteur Caligari.
Mais la difficulté renaît sous une
autre forme: le corps humain, par le
caractère naturel de ses mouvements,
se sépare du décor factice. Si l'on
veut aller jusqu'au bout du parti, il
faut déformer les gestes, faire des
hommes des pantins, cacher les visa-
ges sou»! un masque de fard, ou même,
on l'a proposé, sous un masque véri-
table. Dans ce sens, on arrivera â
réaliser des œuvres peut-être char-
mantes ou fortes, mais qui ne plai-
ront qu'à une coterie : exactement le
contraire de ce qu'il faut chercher au
Cinéma.
C'est encore une des antinomies
éternelles île l'Art, grâce auxquelles
aucune solution n'est entièrement
satisfaisante, et il demeure toujours
nécessaire — heureusement — de
chercher autre chose.
•
Le Mariage d'Agénor.
La note tendre, sentimentale, est
plus spontanée que la note comique.
Lorsque quelqu'un s'assied au piano
pour improviser, il reste souvent
dans les modes mineurs et mélanco-
liques. Sur dix pièces écrites en
dehors de toute idée d'utilisation, il y
a neuf tragédies ou drames. Dans un
drame, même médiocre, on sent, par
instants, que l'auteur est sincère,
qu'il sympathise avec ses personna-
ges; lorsque l'on écoute une comédie
comique (comme disent les program-
mes)il est impossible de ne pas avoir
l'impression que celui qui l'a fabri-
quée était torturé par la pensée de
la fin du mois, des notes du médecin
de la couturière, par l'absolue néces-
sité de faire drôle, pour que cela
rapporte autant que La petite grue
du troisième (mes excuses à l'auteur
s'il existe réellement une pièce por-
tant ce titre.)
Les comédies que met en scène
M. Callamand sont précisément parmi
celles qui donnent le moins cette
pénible impression. Elles ne sont pas
extrêmement comiques, mais il y
règne un ton de bonne compagnie et,
dans l'ensemble, elles sont plus agréa-
bles à voir que d'autres œuvres dont
la drôlerie intense.de caractère pure-
ment mécanique, est physiologique-
ment fatigante. LlONEL Landr1
cmea
Le Cinéma en Amérique et en France
Par Henri ROUSSEL
Il y aà Paris, cela va de soi, comme
dans toutes Les capitales, * un mar-
ché » cinématographique. MaiseXiste-
t-il réellement en France une « indus-
trie » cinématographique avec la-
quelle celles des autres pays doivent
compter?
Faut-il croire que l'industrie née
de la miraculeuse et diabolique inven-
tion demeure empreinte d'un moder-
nisme trop aigu pour être adoptée,
comprise, assimilée par notre vieux
monde latin caduque et perclus?
La peur d'innover
En France, //i/2orerépouvantenotre
capital. C'est un fait. Mais, songeons-y
cela attire les esprits hardis, avides
de meilleurs lendemains, dont tout
autour de nous l'univers est peuplé...
Presque toutes les grandes idées
modernes furent les œuvres de sa-
vants et d'artistes français. Hélas!
pourquoi faut-il que presque toutes
les hérésies politiques, financières,
industrielles aient été commises par
notre vieille et radoteuse bourgeoisie
dirigeante et possédante?
Pourquoi avons-nous permis que
des œuvres de cerveaux français
servent à la gloire et à la fortune de
nos rivaux, voire de nos ennemis?
Le cinématographe, découverte
française, a servi en Amérique à l'édi-
fication d'une formidable industrie.
Puisque nous n'avons pas su devan-
cer nos rivaux, tirerons-nous au
moins quelques profits de leur expé-
rience ? Peut-être I
Non pas, entendons-nous bien, qu'il
s'agisse de copier nos directives sur
un voisin aux mœurs commerciales,
au tempérament différent des nôtres
et que nous ne saurions imiter sans
mécompte; ce qu'il faut bien, plutôt,
c'est noter ses erreurs, afin de n'y
pas tomber nous-mêmes.
J'essaierai de jeter ici, dans un tra-
vail forcément très abrégé, quelques
notes sur les observations que peut
recueillir aux Etats-Unis un témoin
impartial.
Tout d'abord, occupons-nous du
côté purement industriel et faisons
le bilan de « the american moving
picture » à ce jour.
L'industrie du cinématographe est-
elle, à l'heure actuelle, aux Etats-
Unis, dans un état florissant?
// h a crise !
Non. Il y a crise, crise terrible.
Voilà un point acquis, irréfutable,
il est d'importance, j'imagine!
Dans le développement de l'indus-
trie cinématographique, nos rivaux
américains ont trop laissé «jouer»
les défauts de leurs qualités.
Voyons d'abord les qualités.
L'énorme mérite de l'Amérique est
d'avoir compris, des années avant
les producteurs français, l'avenir
prodigieux du cinématographe au
triple point de vue : industrie, art,
véhicule de la pensée.
La notion de la puissance de l'in-
vention nouvelle une fois acquise,
les capitaux, courageusement, auda-
cieusement, affluèrent.
On put donc s'adresser, pour déve-
lopper d'abord, perfectionner ensuite,
la source de richesses qui venait de
jaillir, à des hommes de valeur, à
des intelligences réelles, ayant déjà
prouvé leur maîtrise dans d'autres
branches d'activité, et qui vinrent
au cinéma attiré par les brillantes
conditions offertes. Leur initiation
fut rapide, leur progrès vertigineux.
Des réalisateurs de grands talents
.se révélèrent. Des œuvres d'art véri-
tables conquirent ses lettres de no-
blesse au cinématographe d'imagi-
nation et, aidée par l'absence de
toute concurrence, puisque l'Europe
toute entière était en guerre, l'indus-
trie nouvelle se classa en cinq années
au troisième rang des industries des
Etats-Unis.
Résultat saisissant de puissance
créatrice, œuvre de l'esprit industriel
américain.
Examinons maintenant le revers
de l'étineelante médaille.
Le départ de l'industrie nouvelle
exigeait, de la part du capital, de
l'audace, beaucoup d'audace. Il en
eut Mais on transforma vite cette
qualité commerciale en un grave
défaut : l'imprudence.
On vit « grand » tout de suite, ce
qui était parfait. Mais on méprisa
tout souci d'économie! On gaspilla!
On pouvait faire aussi bien à prix
de revient moindre. On n'y songea
même pas.
Les beaux films coûtaient trop cher!
Puis on produisit des films moyens
«en série ». Méthode chère aux « ame-
rican businessmen ». On produisit
dans des proportions exagérées. Donc,
surproduction d'articles moyens, mé-
vente, bref, le capital ne fut pas
rémunéré..
Les parasites du capital
Et puis, là-bas, comme ici d'ail-
leurs, l'industrie nouvelle n'attira
pas seulement des concours précieux.
Des parasites innombrables envahi-
rent la splendide proie. Les « offices «
se remplirent de hauts fonctionnaires
dont les services ne paraissaient pas
nettement déterminés, mais dont les
exigences d'argent étaient, en revan-
che, impressionnantes. Si bien que
l'industrie du film de là-bas enrichis-
sait déjà beaucoup de gens (dont
quelques-uns seulement « produi-
saient » utilement), alors qu'elle n'en-
richissait pas encore les actionnaires.
l'nearine à deux tranchants
Nous allons à notre tour demander
à notre Parlement, assurent les ré-
voltés, de voter lui aussi une loi pro-
tectionniste fermant nos frontières à
toute importation de films étrangers.
Prenons garde: Arme à deux tran-
chants !
Si cette loi est votée, les films amé-
ricains n'entreront plus chez nous,
soit. (N'entreront-ils plus ?... Hum!
c'est à voir, car n'oublions pas que
pour ces films, complètement amortis
dans leur pays d'origine, les ven-
deurs peuvent demander un prix
extrêmement réduit, puisque ce prix
constituera un bénéfice net). Mais
les films suédois, anglais, allemands,
italiens, seront, comme de juste, frap-
pés du même coup et n'entreront
plus chez nous.
Nous verrons alors ces pays pren-
dre à leur tour, par représailles à
notre égard, des mesures protection-
nistes radicales.
Or, notre production peut pariai-
cinea
Sèment se passer de la clientèle de
l'Amérique — elle s'en est passée jus-
qu'ici, certains films ont constitué de
brillantes opérations commerciales
en ne se souciant pas du marché amé-
ricain, — mais elle ne peut pas se
passer de la clientèle des autres
pays.
On objectera que ces pays ne pro-
duisent pas assez en général pour
alimenter leurs protectionnistes les
plus sévères, acheter des films à leurs
concurrents. Admettons l'objection.
Alors voye/.-vous, là encore, les
Etats-Unis triompher? car eux seuls,
en offrant de la marchandise déjà
amortie dans leur pays, pourront
demander à leurs clients étrangers
des prix tellement bas que, malgré
les droits protectionnistes, le film
américain demeurera encore le meil-
leur marché de tous, le seul impor-
table !
Nous serons encore battus par le
poids lourd... par le grand pays aux
35.000 établissements...
Le vrai protectionnisme
La seule mesure protectionniste
que nous puissions prendre sans
danger consiste, à mon avis, à appli-
quer, en le développant encore, le
principe fiscal que nous trouvons
dans une loi proposée en ce moment
au vote de la Chambre, loi concer-
nant le dégrèvement des exploitants.
Savoir :
Dégrèvement proportionné à la
place faite par les exploitants dans
la composition de leur programme
à la production nationale.
Par l'application de ce principe, on
favorise le film français sans avoir
recours à des taxations douanières
prohibitives, taxations qui ne man-
queraient pas de nous attirer de nos
clients étrangers des représailles aux
conséquences dangereuses.
Qu'on me permette de signaler un
autre danger, conséquence de la fer-
meture de notre frontière à toute
importation.
En contraignant l'exploitant à ne
plus passer d'autres films que des
films nationaux, nous donnerions
trop de sécurité de vente à nos pro-
ducteurs. Ceux-ci, sûrs désormais
d'écouler leurs produits, quelle qu'en
«oit la qualité — puisque débarrassés
de toute concurrence — feraient
preuve de moins d'émulation dans
le soin à apporter à leur fabrication,
tendraient à une économie mal com-
prise dans le prix de revient, et la
valeur artistique du film baisserait
rapidement. On verrait le public dé-
laisser peu à peu le cinématographe.
On aurait tué la poule aux œufs d'or.
N'oublions jamais le principe vital :
la concurrence est l'âme de tous pro-
grès industriel et artistique.
Ce sujet brûlant d'actualité, et qui
passionne à juste titre tous les esprits,
m'a entraîné un peu loin de mes
notes de voyageur; j'y reviens.
Je ne voudrais pas ramasser tou-
jours les mêmes phrases sur l'écou-
lement de nos produits là-bas. Dans
une lettre écrite de New-York et qui
fut publiée ici même, il y a quelques
semaines, je faisais entendre un appel
que je ne craignais pas d'appeler, à
juste titre, je crois, un véritable cri
d'alarme! J'exprimais l'amertume
que peut éprouver un Erançais vi-
vant à l'étranger lorsqu'il constate
que chaque jour, à chaque heure,
nos gouvernants et nos commerçants
préparent le triomphe de nos ennemis
sur le terrain économique.
Et cela parleur veulerie, leur esprit
rétrograde, leur ignorance des né-
cessités industrielles modernes.
Je n'ai pas grand'chose à ajouter
à ce que j'écrivais alors.
Un dangereux état d'esprit
Je résume ainsi mon avis sur la
question écoulement de nos films en
Amérique :
Ne dites plus : « J'ai dépensé deux
millions pour faire mon film; donc,
il faut que les Américains crachent
la forte somme pour l'avoir! »
Ne dites plus : « Mon film a eu un
succès prodigieux devant la presse
corporative et quotidienne, qui a
déclaré que c'était la plus belle œuvre
cinématographique éclose à cette
heure; donc, si les Américains veu-
lent tàter de cette merveille, il faut
qu'ils préparent copieusement leurs
dollars ! »
(Notons que ce ne sont jamais les
directeurs (metteurs en scène) qui
émettent ces prétentieuses théories,
mais les services commerciaux pour
lesquels ils travaillent).
L'Américain... ou le Chinois, ou
n'importe quelle sorte de client...
vous répondra : « Je vous paierai
votre film, si chargé de millions et
de gloire qu'il puisse être dans votre
pays, le même prix que le film de
même valeur commerciale que vient
m'offrir votre concurrent allemand,
suédois, anglais ou italien, car vous
n'êtes pas seul, monsieur, à m'offrir
de la marchandise. »
Or, on l'a dit et redit : le Suédois,
l'Allemand, l'Anglais et l'Italien, im-
patients de faire connaître leurs pro-
duits au fort client américain, font
intelligemment d'énormes sacrifices
pour se faufiler en plus grand nom-
bre possible par l'entrebâillement de
la porte laissée entr'ouverte à la pro-
duction étrangère par l'Américain à
court de films.
Eaites donc comme les autres, fau-
filez-vous avec de meilleurs films que
vos concurrents, consentez des sa-
crifices analogues aux leurs et mon-
trez vos échantillons au public de
là-bas.
« Mais, miséricorde, vous n'y son-
gez pas. J'ai dépensé deux millions,
vous dis-je, parce que je comptais
sur l'Amérique pour m'amortir mon
négatif. »
Qui diable vous a dit que l'Amé-
rique vous amortirait votre négatif?
Vous êtes bien mal renseigné... mais
à qui la faute ? Vous avez dépensé
deux millions, dites-vous ; vous êtes
un hardi champion de l'industrie
nouvelle. Vous n'avez pas craint de
commettre une héroïque impru-
dence... Mais alors, vous n'avez pas
fait une affaire, monsieur, vous avez
tenté un coup de bourse ! Ça ne réus-
sit qu'une fois par hasard, ces coups-
là... Au fait, faut-il vraiment vous
féliciter de votre audace?... Ça n'est
pas sûr! Des esprits aussi... aventu-
reux risquent de faire, j'en ai peur,
plus de mal que de bien à l'industrie
cinématographique de votre pays!
Sur quels principes techniques de-
vons-nous nous appuyer pour établir
nos films au goût du public améri-
cain ?
Voilà bien la question type, qui ne
comporte la possibilité d'aucune
réponse.
Envoyez vos directeurs s'impré-
gner des conceptions de toutes les
races où s'élaborent des films suffi-
samment cérébraux et surtout amu-
sants. Inutile pour cela de les faire
voyager en Suède ou en Amérique.
Recommandez-leur seulement de ne
pas trop aimer leur coin du feu et
leurs pantoufles, et de ne pas crain-
dre de se rendre le plus souvent pos-
sible au « ciné » de leur quartier pour
y voir des films suédois, américains...
et même français. Qu'ils tirent des
conclusions, si faire ils peuvent, du
bâillement de leur voisin de gauche
et des réflexions de leur voisine de
droite.
Je suis convaincu d'ailleurs que
cinea
tous les conseil» qu'on a donnés ou
qu'on donnera sur cette matière
n'augmenteront pas d'une unité la
proportion de nos films achetés en
Amérique.
Epargnons donc les conseils techni-
ques à nos directeurs. Les « doués »
n'en ont que faire. Les autres les
méprisent...
Comme dans tous les pays du
monde, on aime, en Amérique, tous
les « genres » de films, hors le genre
ennuyeux.
Naturellement, nos amis yankees
se montrent un peu plus difficiles
pour la production étrangère que
pour la leur, qu'ils admirent sans
restrictions comme tout ce qui est
américain... Pouvons-nous leur en
vouloir?...
Les trois raisons de la mévente
du film français.
Qu'on soit bien persuadé que si
quelque film français de haute et
réelle valeur n'a pas été vendu aux
Etats-Unis, cela provient d'une des
trois causes suivantes... ou des trois
à la fois :
1° Le sujet heurtait trop catégori-
quement leurs mœurs, leurs concep-
tions de la société ou de la famille
(encore leur arrive-t-il parfois, si le
film leur plaît vraiment, d'acheter
des sujets qui leur paraissent scan-
daleux, quitte à remanier complète-
ment le scénario).
2U On a demandé un prix qui leur
a paru ridiculement exagéré; ils en
ont été assurément blessés et rebutés.
Car tout Américain, sans exception,
est hanté par la crainte d'être, pour
les Européens, une proie perpétuelle
qu'on rançonne sans mesure... et il
a horreur de ça. Etre pris pour une
« poire » le mortifie tout autant...
qu'un Français.
3» On a opéré maladroitement dans
la présentation du film sur le mar-
ché. Par exemple, un film présenté
dans une maison qui, finalement, le
refuse, subit de ce fait une déprécia-
tion énorme sur la place. Il faut donc
ne présenter un film que là où il
existe une quasi certitude de réus-
site.
Seul un négociant américain très
averti des choses du moving pîcture
peut agir avec à-propos sur ce mar-
ché délicat aux dessous très com-
pliqués.
J'ai pu aussi noter là-bas, dans la
présentation tic nos films, une négli-
gence typique qui traduit bien, hélas î
le « je m'enfichisme » de nos services
commerciaux.
Croirait-on que toutes les copies,
ou presque toutes, qus des vendeurs
ont présentées à New-York en ma
présence, étaient des copies mal
tirées et qui trahissaient de ce fait
la valeur photographique du positif
(ceci est vrai, même pour des films
glorieux de notre répertoire natio-
nal).
N'est-ce pas un comble!
Avouons que nous sommes bien la
seule corporation de l'univers qui
fournisse à ses clients éventuels des
échantillons nettement inférieurs en
qualité à la marchandise qu'elle pro-
pose.
Les techniciens du cinématographe
attendent sans doute impatiemment
que j'aborde la description de ces
fameux studios américains pourvus
de tous les perfectionnements, de
tout le confortable imaginable, sur
lesquels, n'est-ce pas, le travail de-
vient une sensation d'art ininter-
rompue, etc., etc.
D'abord, il parait que les studios
du plus récent modèle se trouvent à
Los Angeles et je n'y suis pas allé
(d'autre part, force gens m'ont affirmé
que je voyais à New-York, du moins
pour certaines installations récentes,
le dernier cri du progrès). Soyons en
tous cas bien persuadés que nous
avons, à Paris et dans ses environs,
une demi-douzaine de studios sur
lesquels les directeurs américains ne
se trouveraient nullement dépaysés.
En supposant qu'ils puissent 3- ins-
taller un personnel égal en nombre
et en capacité à celui qu'ils emploient
habituellement et qu'ils aient à leur
disposition les mêmes capitaux que
dans leur pays, on peut affirmer
qu'ils exécuteraient sur ces studios
français de la Villette, d'Epinay-sur-
Seine, de Joinville, de Neuilly ou de
Vincennes, des films de même valeur
que ceux qu'ils exécutent sur ceux
de Long-Island, de Fort-Lee ou de
New-York.
La supériorité des « moyens »
des studios américains.
Si le studio dont dispose le direc-
teur américain ne diffère pas toujours
très sensiblement du studio mis à la
disposition de quelques directeurs
privilégiés de notre pays, il n'en est
pas moins vrai qu'on ne peut conti-
nuer la comparaison en ce qui con-
cerne l'aide apportée à ce directeur
par les méthodes de travail et le
concours du personnel, sans être
amené à constater notre infériorité
Carie décorde construction rapide,
de goût très sûr et « d'atmosphère »
exacte et évocatrice, c'est œuvre d'un
chef décorateur de grande valeur,
aidé par un personnel nombreux et
instruit (charpentiers, maçons, me-
nuisiers, serruriers, machinistes,
peintres, tapissiers, etc.).
C'est œuvre d'un matériel ingé-
nieux, souple, aidant à reproduire
de façon saisissante des manifesta-
tions de la nature : tempête, orage,
pluie, inondation, etc., etc.
Car l'inimitable « photo » améri-
caine :
C'est œuvre d'opérateur bien payé,
encouragé à perfectionner son talent,
ayant à sa disposition un laboratoire
de recherches, atelier de mécani-
que, etc..
C'est œuvre d'appareils de prise de
vue perfectionnés, munis d'objectifs
sélectionnés méticuleusement, com-
plétés par des jeux d'écrans de toutes
sortes. . .
C'est œuvre d'électriciens habiles,
rapides, ingénieux, chercheurs.
C'est œuvre d'appareillage de lu-
mière artificielle surveillé, renforcé
sans cesse, modernisé ;
Œuvre de groupes électrogènes au-
tomobiles;
Œuvre surtout d'un usinage trai-
tant le développement du négatif et
le tirage du positif par des méthodes
inconnues chez nous et qui donnent
des résultats de premier ordre (mé-
thodes créées, d'ailleurs, par des
Français, dont on n'a jamais su utili-
ser ici les capacités à plein rende-
ment).
Par cette énumération rapide et .
qui se limite au personnel et à l'ou-
tillage employés à la réalisation ma-
térielle, on se rend compte déjà des
facilités apportées au directeur.
Il faut y ajouter la collaboration,
en ce qui concerne le côté intellectuel,
d'un personnel composé d'un mana-
ger, d'un assistant-directeur, d'un
rédacteur travaillant à la « conti-
nuity « (découpage), quelquefois d'un
secrétaire, d'une sténo-daetylo et de
deux ou trois régisseurs.
C'est grâce à ces méthodes exemp-
tes de lésinerie, et qui permettent au
directeur un travail ultra-rapide et
ultra-soigné, que, dans certaines
affaires d'organisation parfaite, le
rendement financier a été et sera tou-
jours d'un grand intérêt.
cmea
Des acteurs américains
J'ai gardé pour la fin les acteurs.
Nous connaissons en France les
actrices et les acteurs américains,
nous les voyons à l'écran. Nous leur
reconnaissons des qualités qui bien
souvent provoquent notre admira-
tion, nous les aimons avec peut-être
un peu trop d'enthousiasme béat.
Donnez aux nôtres des directeurs
égaux en talents aux quelques direc-
teurs américains en renom, décidez
l'esprit bourgeois français à donner
aux artistes dramatiques une classi-
fication sociale qui ne soit plus « en
marge », assurez-leur des avantages
financiers raisonnablement propor-
tionnés à ceux qu'on assure à leurs
confrères de l'autre côté de l'eau
(avantages leur permettant, à eux
aussi, de passer une partie de leur
existence dans des clubs corporatifs
extrêmement élégants, de voyager,
de fréquenter les milieux intellec-
tuels et sportifs, de s'habiller chez
les couturiers ou les tailleurs —
d'une certaine classe, d'être enfin des
ladies et des gentlemen), et vous ver-
rez que ce ne sera plus, comme au-
jourd'hui, exceptionnellement que
nos acteurs égaleront leurs confrères
d'outre-Atlantique. On les verra même
les dépasser souvent... C'est déjà
arrivé!
Quant au travail artistique de l'ar-
tiste américain, il l'accomplit sur le
studio de Long-Island, au milieu des
mêmes difficultés que celles rencon-
trées par l'artiste français sur le stu-
dio de Vincennes ou de la Villette...
Il y a pas mal de légendes à démo-
lir sur ce chapitre !
Un exemple entre beaucoup.
Il est certain que, en principe, une
scène doit toujours, là-bas, se tourner
dans le silence absolu. Il est d'usage,
lorsque la lumière est réglée, les dé-
tails précisés , le jeu répété (très
hâtivement toujours... quelquefois
pas du tout... notez celai) lorsque le
directeur est sur le point de dire le
« Go » traditionnel, il est d'usage,
dis-je, qu'un régisseur frappe sur un
timbre très sonore pour demander
que tout bruit cesse sur le studio. Le
régisseur se conforme toujours scru-
puleusement à cet usage... mais son
geste est bien platonique, car le tin-
tamare des coups de marteau, des
vociférations, des grincements de
scie continue imperturbablement, et
c'est au milieu de ce charivari que
va se tourner quelque « close-up »
reflétant, sur une jolie frimousse de
girl, le calme et la sérénité d'un beau
soir... où le nostalgique souvenir
d'un bonheur enfui, sur lequel, soli-
taire, elle pleure amèrement...
Les artistes sont entraînés à ce
« sport » et à bien d'autres...
A prendre leurs repas à des heures
fantaisistes par exemple, mangeant
n'importe quoi, dans des cantines
qui ne valent pas, je vous l'assure
bien, notre classique « Ciné-bistro »
de Vincennes, de Neuilly ou d'ail-
leurs.
Au reste, le lunch n'a lieu qu'au-
tant qu'il ne gène pas le travail et
jamais, quoi qu'il arrive, on n'y con-
sacre plus de trois quarts d'heure.
Cette règle s'applique aux artistes
aussi bien qu'à tout le personnel.
Ce qui ne veut pas dire que les
artistes soient traités là-bas avec
moins d'égards que chez nous. C'est,
vous le pensez bien, tout justement
le contraire. Mais ils comprennent
et se plient d'eux-mêmes aux néces-
sités, à l'imprévu du travail de réali-
sation cinématographique avec un
zèle, une discipline et une conscience
que ne régente aucun règlement syn-
dical tracassier et ineompréhensif.
II faut ajouter qu'un artiste qui,
par sa faute, mettrait son directeur
dans l'embarras, subirait un châti-
ment sévère : le boycottage absolu.
La solidarité des milieux corpora-
tifs permet, là-bas, ce moyen de dé-
fense si efficace contre le collabora-
teur sans conscience.
Si, malgré le perfectionnement des
méthodes de production, le « ameri-
can moving picture » traverse en ce
moment une crise, il n'en est pas
moins vrai qu'il demeure armé de
pied en cap pour rebondir plus vigou-
reux que jamais dès que cette crise
sera terminée.
Il demeurera, soyez-en sûr, un ri-
val redoutable sur le marché mon-
dial.
11 manque de scénarios, dit-on. .
Mais, croyez bien qu'il saura faire
les sacrifices nécessaires pour y
pourvoir.
Agissant comme un autre rival,
cent fois plus dangereux encore pour
notre cinématographe national et
peut-être déjà aussi puissant, il pui-
sera dans notre histoire. Il conti-
nuera à s'attacher nos directeurs les
plus imaginatifs, les plus artistes.
Fions-nous à lui pour savoir utiliser
à son profit toutes les forces que
nous aurons laissées improductives
dans notre pars.
Protégeons le Cinéma
Je le crie encore, et des voix plus
autorisées que la mienne le crient en
même temps que moi en s'adressant
aux pouvoirs publics du haut de la
tribune du Parlement, si nos diri-
geants et nos grands financiers
laissent distancer plus longtemps
notre industrie cinématographique
par l'Allemagne, l'Amérique, la
Suède, l'Angleterre, c'en est fait de
note influence politique, morale, in-
tellectuelle dans le monde.
Non seulement notre pays ne sera
représenté sur les écrans de l'univers
par aucune œuvre nationale, mais
encore il sera attaqué, bafoué, ridi-
culisé par les œuvres de nos concur-
rents et celles de nos ennemis. (De-
mandez aux voyageurs comment, dès
maintenant, on représente le Fran-
çais dans les films américains et alle-
mands? Il y en aurait long à dire là-
dessus !)
Que nos dirigeants, notre haute
bourgeoisie, nos grands financiers,
ignorants du cinématographe, aillent
s'initier à la puissance du septième
« Art » en regardant du beau film
d'imagination. Car le cinématographe
d'imagination est à la base de tout
résultat de propagande, de vulgari-
sation scientifique de prospérité in-
dustrielle.
... Mais pour cela l'Amérique nous
donne encore des leçons.
Dans Cinéa, j'ai dit, dernièrement,
l'attrait des spectacles cinématogra-
phiques en Amérique.
C'est à des soirées organisées avec
ce soin, ce souci d'art et cette préoc-
cupation du confortable, qu'il fau-
drait faire assister un public qui,
chez nous, ne trouve pour ainsi dire
aucun spectacle(à l'exception de ceux
d'un nombre ridicule d'établisse-
ments; organisés pour retenir l'atten-
tion des gens de goût.
Depuis mon retour en France, je
suis allé souvent au cinématographe.
Hélas I combien la comparaison avive
mes regrets de notre navrante infé-
riorité. Projections sans luminosité,
uniformément bousculées en vitesse
vertigineuse par un projecteur inat-
tentif, copies mal tirées, adaptation
musicale pitoyable ou révoltante,
« attractions » vulgaires et sans rap-
port avec le genre de spectacle pré-
senté. La stupidité s'étale là, incon-
venante.
Si c'est ainsi qu'on prétend gagner
au plaisir délicat du cinématographi
les réfractaires et les indifférents, on
8
cinea
se trompe. Quelle étrange école du
goût eteomment s'étonner que le pu-
blic qui fréquente ces spectacles, de-
meure si ignorant, si incômpréhensif
de l'art cinématographique véritable?
Le publie américain ne tolérerait
pas cela. Une représentation dans un
faubourg éloigné de New-York laisse
loin derrière elle les représentations
de certains établissements des Grands
Boulevards.
Si la crise économique que nous
traversons ne permet pas de modifier
nos salles d'exploitation et de les ren-
dre plus confortables, nous pouvons
tout au moins, perfectionner nos ap-
reils de projection, nous pouvons
exiger de nos maisons de tirage un
travail régulier, propre et soigné,
nous pouvons demander à nos proje-
teurs de régler la vitesse de leurs pro-
jections, non pas d'après l'heure à
laquelle ils souhaitent terminer leur
travail et prendre leur métro, mais
d'après les « mouvements » variés des
scènes qui sont projetées sur l'écran.
Présentation*
Et, à ce propos :
On s'est élevé bruyamment tous ces
temps derniers dans la presse corpo-
rative, contre l'abus des « présenta-
tions » de films organisées en présen-
tations de gala. Il est bien certain que
le « navet » aussi bien que l'œuvre
d'intelligence, sert maintenant de pré-
texte à ce genre de solennité. Les
a}ants-droits professionnels n'y sont
pas toujours admis, mais par contre
une légion de gens étrangers au ciné-
matographe s'y prélassent.
Il est regrettable, certes, que tous
les qualifiés n'y trouvent pas place,
mais si nous considérons que ces
« présentations » constituent des oc-
casions à peu près uniques de voir
un film projeté avec quelque soin,
nous devons nous réjouir que les
spectateurs, qui appartiennent assez
souvent au monde des intellectuels,
assistent à des projections soignées
qui font d'eux des fervents du ciné-
matographe tout prêts à faire du pro-
sélytisme pour l'Art nouveau.
Deux événements agréables m'at-
tendaient à mon retour d'Amérique
(passons philosophiquement sous si-
lence les indésirables T)
fout d'abord, j'ai eu la bonne for-
tune d'assister à la vision d'un film
français qui va enrichir le patrimoine
artistique de notre pays d'un de ses
plus précieux joyaux., Je veux parler
tle /*.'/ Dora do.
Ensuite, on m'a raconté, et j'ai cons-
taté que quelques cénacles de lettrés,
de délicats... et de snobs... parfaite-
ment I étaient éelos à l'entour de no-
tre cinématographe national...
Ce n'est pas si mal, savez-vous?
Certes, la constitution d'un syndi-
cat de banquiers serait encore plus
efficace pour donner à notre industrie
cinématographique, l'impulsion qui
doit la sauver — disons la créer î
Henri Rousskl.
I SPECTACLES I
Lai Gaîté Rochechouart.
Quand tant de films nous pré-
sentent de ces personnalités théâ-
trales qui, n'ayant rien à faire à
l'écran, qui n'y font rien — aime à
séduire son public par 1' « en-chair-
et-en-os » des célébrités du ciné-
roman.
Dans une revue où les scènes re-
prises et réparées abondent, mais
aussi la gaîté et l'ingéniosité, oserai-
je avouer que certains des acteurs
parlants et chantants m'ont paru
plus artistes que dans les rôles
muets qui les firent connaître?
Certains y sont aussi médiocres.
Mais l'accent fragile et las, le ton
naturel et quasi sincère de René
Cresté sont préférables, je crois, aux
excès vestimentaires, aux autorités
fatales et souvent défaillantes de
Judex. Biscot ne gagne pas moins à
se trouver en scène : sa voix gogue-
narde et caillouteuse n'est faite que
pour elle; et c'est sur elle, mieux que
sur l'écran qui amplifie si fort, que
sont divertissants cette grimacerie
violente, ce jeu accentué, ce comique,
pour tout dire, matériel; d'ailleurs,
Biscot est fort adroit et — science
du concert — connaît avec précision
ce qu'il faut donner au public, et en
attendre.
Parmi la distribution étrangère
au cinéma : Richard Harnold prouve
d'heureux moyens vocaux et de la
jeunesse. Lina Tyber esquisse des
dialogues et des danses avec finesse;
puis, lorsque cette jeune femme gra-
cieuse, simple, aimable se met à
chanter, l'agrément est presque par-
fait et du plus clair aloi : la voix est
fluide et brillante, avec une douceur
d'inflexion, une docilité au rythme,
une compréhension du texte extrê-
mement flatteuses pour l'artiste.
A l' Alhamhr a.
Presque tout le temps est consacré
à The great Raymond, dont la pu-
blicité et les annonces faisaient pré-
voir un numéro d'hypnotisme que
chacun souhaitait et qui ne vint pas.
Ce n'est qu'un illusionniste qui renou-
velle en des décors variés, avec des
personnages multipliés et des usten-
siles divers, le même tour de passe-
passe, et qu'on nous a fait un peu
partout. On s'ennuie.
L'homme a seulement quelque dé-
sinvolture, et sait se moquer de la
salle de façon que ce soit elle qui
s'amuse.
Elle le fait surtout dès que parait
Trè-Ki.
Voilà bien ce type du music-hall
qui ne sait absolument rien faire,
qui n'a qu'une voix passable, un es-
prit discutable, une vulgarité qui ne
l'est pas; il a — ne riez pas! « créé a
son genre et contracté, lui aussi,
dans toute sorte d'établissements, ce
secret du music-hall français : la
possession du publie. 11 entre en
scène : son pyjama, sa tignasse, sa
matgriote trogne encarminée amu-
sent; la première chanson est drôle,
il s'est appliqué à la chanter : à la
galerie on applaudit; il jette sa pre-
mière plaisanterie, elle est navrante;
à la galerie on se tord de rire. Le
personnage en pyjama est désormais
sûr de pouvoir se lancer aux inep-
ties les plus improbables : l'audi-
toire l'y rejoindra. Et l'un ni l'autre,
au long de trois quarts d'heure de
temps, ne s'en fait faute à la vérité.
Quel ironiste un jour fixera les prin-
cipes de cette psychologie bâtarde et
attristante?
Il y a pourtant un moment d'agré-
ment parmi tout cela : Giblo et Do ris
viennent chanter et danser : l'un,
nègre naïf et désarticulé, l'autre,
petite personne point laide et bien
faite, et agitée de cette trépidation
burlesque et violente où, aux beaux
soirs passés de Folies-Bergère angli-
cisées, Daphné Pollard montra, ma
foi, du génie.
Raymond P vyrllr.
cinea
#~"2
>-*
» *
j
;
- te.
LA FAUTE D'ODETTE MARECHAL
le bon film d'Henry Roussel, à qui
nous devons aussi L'Ame du Bronze et
Visages voilés, Ames closes. EmmyLynn,
Jean Toulout et Joubé sont les inter-
prètes de La Faute d'Odette Maréchal.
0
cinea
MM LES AGES HEROÏQUES MM
PROPOS POUR NOUS CONSOLER D'ÊTRE AU MONDE
Ah ! comme nous vivons !
Quelle chance est la notre, de vivre
à cette époque !
Pourquoi riez-vous ?
l'n humoriste moi ? Non ! Je m'en
défends. Mes amis •vous diront tous
que je suis justement le contraire de
cet animal-là. Je passe volontiers
pour un être grandiloque et encom-
brant.
— Il fait de la littérature à propos
de tout î
Oui... Ça repose de ceux qui font
de tout à propos de littérature.
Et si je vous dis que je suis content
d'être au monde en l'an de grâce 1!I21
c'est que je le pense tout uniment,
tout simplement.
Tout de même, en y réfléchissant,
ça n'est pas si simple que cela. Il
faut donc que je m'explique à vous,
Madame, qui ne pouvez reconquérir
votre sérieux, à vous. Monsieur, qui
hausse/, les épaules . . Expliquons-
nous. On n'a rien trouvé de mieux
pour compliquer les choses.
Tout d'abord il est bien convenu
que je me place au point de vue du
Cinéma. Peut-on dans Cinca en envi-
sager un autre? Donc, à ce point de
vue, je m'estime bien content de vivre
à notre époque.
On y fait beaucoup de mauvais
films.
On en fait quelques-uns qui ne sont
pas mauvais.
On y censure à tort et à travers.
On travaille dans des studios ridi-
cules, ou exigus, ou sales, ou froids,
ou chauds. On ne trouve des capi-
taux que pour les mauvaises beso-
gnes. Mille marchands répandus dans
le temple y font un bruit de cacatoès
dans une rotonde. On y débite la
sottise au mètre. Plus c'est bête, plus
c'est cher.
Parfois un éclair de vraie beauté
passe et alors tout le monde se bou-
che les yeux ou le ne/.. Tout le monde
crie :
- C'est honteux !
Et c'est bien honteux en effet, et
cruel, de mettre tant de cloportes
face à face avec Minerve.
Les tourneurs s'agitent sans qu'au-
cun dieu les mène. M. Aubert a îles
digestions difficiles. Des esthètes
transalpins font se pâmer les foules
devant Gigolette. Le ciné-roman
achève de rendre gâteux ceux que
les superproductions Chose avaient
abrutis. Toutes les midinettes rêvent
de Mlle Huguette Duflos. On brime,
on étouffe, on bouillonne ou l'on mo-
que tous ceux qui osent faire quelque
chose.
Ah î comme nous vivons !
Quelle chance est la nôtre, de vivre
à cette époque !
Lien. Maintenant essayez un peu
d'une anticipation. Prenez, métapho-
riquement, « de la bouteille ». Nous
voici en 1960. Nous sommes moins
nombreux. . . Oui, il y a toujours du
déchet dans ces sortes d'aventures.
Quelle belle époque !
Il n'y a plus que des films parfaits,
fous les metteurs en scène ont com-
pris le cinéma, ce qui est presque
miraculeux. On a aboli toute censure.
Et ça n'empêche pas les films d'être
beaux. Les studios sont des palais où
l'air, la lumière et la chaleur régnent
en maîtres pacifiques. Tous les capi-
taux du monde sont à la disposition
des artistes. Mille directeurs intelli-
gents célèbrent le culte nouveau et
leur assemblée est plus harmonieuse
que la musique des sphères. On y
agite de sublimes concepts.
Lorsque un film plus beau qu'un
autre se présente, on voit des océans
de foules clamer leur amiration. Les
tourneurs ont du génie. M. Aubert
est mort.
Par extraordinaire on ne l'a pas
remplacé.
Et Mlle Huguette. Duflos joue Céli-
mène, écrit aux journaux et casse
des portraits aux Humoristes loin
de l'appareil monoculaire et peu flat-
teur. . .
Non ! mais. . sentez-vous bien à
quel point on peut s'embêter?
Je vis.
Vivre c'est lutter, c'est batailler
joyeusement pour une idée, pour un
homme. C'est désespérer parce que la
bêtise est immense et puis soudain
c'est reprendre espoir parce que l'on
est jeune et que l'avenir nous est pro-
mis. C'est s'indigner et c'est sourire.
C'est se lamenter et s'enthousiasmer
tour à tour, agiter des idées, alimen-
ter des controverses, se faire des
amis et des ennemis.
Vivre c'est faire partie de cette
génération batailleuse qui monte et
cherche à renverser les idoles. C'est
être de ceux qui, lassés un jour de cet
air « trop poli pour être honnête »,
qui fut le plus clair savoir de nos
aînés, ont désiré qu'on les dise trop
honnêtes pour être polis.
Ne vous y trompez pas, Monsieur,
et vous Madame, nous vivons les
temps héroïques du cinéma. Nous
luttons pour fonder quelque chose de
grand.
Ils nous envieront nos fils, comme
nous envions les compagnons d'An-
toine qui viennent nous dire :
— J'étais du Théâtre-Libre I
Et comme les compagnons d'Antoine
enviaient ceux qui leur disaient :
— Si vous aviez vu Frederick...
Taillade. . . Mélingue. . .
Oui. . on rira de nous. On nous
traitera de vieilles barbes. Tout le
même, nous aurons vécu !
Alors pourquoi attendre, pour nous
réjouir de ce que nous voyons, le
temps où nous dirons :
— Moi qui vous parle... J'ai vu
censurer La Bouc... vous savez
bien... cette petite bande si conve-
nable qu'on montre aux visiteurs du
Musée Cinématique î Ah I c'était le
bon temps !
C'était ? Non, non ! C'est T
Ah î comme nous vivons !
Quelle chance est la nôtre, de vivre
à cette époque î
Pierre Scize.
cinea
LE TRÉSOR DARNE
dont Cinca publia déjà une
des plus magnifiques scènes,
est le film qui affirma et
développa le juste succès de
l'admirable cinégraphie sué-
doise que nous avons tâché
de vous faire aimer dans
notre récent albun. ,.»
12
cinéa
M M EN AMÉRIQUE MM
Au moment où paraissait ma der-
nière chronique, je n'avais pas eu
connaissance du discours, habile et
éloquent, qu'avait prononcé David
W. Griffith contre l'institution de la
censure, en présence d'un certain
nombre de parlementaires réunis à
New-Fork.
La position prise par l'auteur d'//i-
tolèraiice est excellente. Sans s'attar-
der à justifier l'écran des torts qu'on
lui impute, il a hardiment pris l'of-
fensive, a dénoncé le principe même
de la censure comme contraire à
l'idéal démocratique de la Liberté,
comme dangereux en ce qu'il peut
s'appliquer, suivant les caprices et
les exigences des soi-disant réforma-
teurs, à n'importe quelle forme de
l'Art ou de la Pensée.
« La censure, a-t-il dit, signifie que
moi, censeur, avec ma pauvre intelli-
gence, j'entends interdire à tout hom-
me de penser et d'agir autrement que
moi. Lorsque Rubla Khan détruisait
les villes comme représentant des
foyers d'immoralité, il réalisait d'un
coup le rêve extrême du censeur.
Qu'il y ait des films choquants, im-
moraux, nul ne le conteste : mais le
principe même d'une censure est un
danger beaucoup plus grave. Les
censeurs effaceraient les trois quarts
de Shakespeare, la moitié de Dickens;
ils condamneraient Jésus-Christ sans
hésiter, s'il revenait sur Terre. On
succombe actuellement sous le poids
et sous le nombre de lois tellement
serrées et compliquées que personne
ne les observe plus, et que le prin-
cipe même de la Loi finit par devenir
ridicule. N'ajoutons pas une entrave
nouvelle à toutes ces entraves... »
Le mouvement faut-il dire de
pharisaïsme ou de puritanisme?
est malheureusement trop fortement
lancé pour que de bonnes raisons
suffisent à l'arrêter. Il y a cependant
quelques atténuations pratiques. San s
doute Griffith renonce à tourner
Fallut ; mais il n'est point certain
qu'on ne nous annoncera pas, le
mois prochain, qu'il s'y est remis, et
ainsi de suite tant qu'il y aura lieu
de faire haleter l'opinion publique.
En tout cas, la Reine de Saba a paru
sur l'écran. William Fox a fait grand
bruit d'une course de chars qui s'y
trouvait; mais le public, et même
les critiques, ont surtout remarqué
les toilettes de Betty Blythe, notam-
ment un certain costume de voyage
composé « d'une ou deux perles »
dont la contemplation est angois-
sante quand on songe avec quelle
facilité les colliers se défilent . .
A l'heure présente, la principale
question à l'ordre du jour est celle
des films allemands. Le succès de
Passion, de Déception, du Cabinet
du docteur Caliaari, désoriente les
augures. Notre confrère Classic plai-
sante agréablement les connaisseurs
pour qui l'opinion publique n'a pas
de mystère. « On se demande, dit il,
comment pourront expliquer ce suc-
cès les soi-disant autorités de l'écran
qui déclarent :
« 1" Que les Américains n'aiment
pas les films étrangers ;
« 2° Que les films à costumes n'au-
ront jamais de succès ;
« 3e Que les habitués des cinémas
ne supporteront jamais de produits
futuristes ;
« 4° Que le succès d'un film qui finit
mal est d'avance compromis ;
« 5° Que les amateurs de Cinéma
tiennent avant tout à voir lies ta-
bleaux de la vie de New-York, avec
beaucoup de scènes de restaurants
de nuit. »
Notre confrère critique ceux qui
déclaraient ce succès impossible ;
mais il n'essaie point d'en détermi-
ner les raisons : où faut-il les cher-
cher ?
Invoquer le mérite propre des œu-
vres dont il s'agit n'est pas une expli-
cation. Doit-on croire à une campa-
gne de propagande commerciale, et
peut-être politique, méthodiquement
conduite ? Faut-il se souvenir qu'il
existe aux Etats-Unis une masse con-
sidérable d'origine ou de culture
germaniques à laquelle la pensée et
l'art allemands seront toujours sym-
pathiques? Faut-il incriminer la per-
sistante monotonie de la production
américaine, la lassitude de voir sans
cesse éditeurs, étoiles, tourner. . en
rond ? L'abus des scènes de eowboys
d'une part, des restaurants de nuit
d'autre part V
Ce qui donnerait quelque poids à
celte dernière hypothèse, c'est que la
faveur du public ne va pas qu'aux
films allemands. Des films italiens,
et très caractéristiques, tels que La
Xave s'apprêtent à paraître sur
l'écran ; les films suédois s'avancent
en bon ordre, et il est même question
d'un film français : J'accuse. 11 y a
là une porte ouverte ; mais pour pro-
fiter de l'ouverture, pour l'élargir,
pour y passer en masse, il faudrait
plus de hardiesse artistique, plus de
moyens d'action et plus d'esprit d'en-
treprise commerciale que n'en réu-
nissent nos producteurs.
Lionel Landry.
cinea
13
Cliché Parisia-Film
MISTINGUET
la Rose bien dansante du
Casino de Paris, la Sans-Gène
de la Porte Saint-Martin va,
dit-on. passer les mers pour
trouver aux Etats-Unis des
succès de music-hall et aussi
d'écranquj lui rappelleront les
anciennes productions Pathé.
D U R E C
Le metteur en scène actif qui
collabora avec Robert d'Hu-
mières et Rouché, au Théâtre
des Arts, qui dirigea la Comé-
die Montaigne, monta récem-
ment L'Atlantide à Marigny
et Arlequin à l'Appolo. c'est
essayé avec bonheur au ciné-
ma dans Le Chemin d'Ernoa. Il
réalise actuellement un grand
film de tradition française.
Dessin de Gesmar
14
cinea
! M LE CHASSEUR DE TÊTES M
Lorsque les hostilités cessèrent en-
tre l'Espagne et l'amiral Dewey, je
partis pour les Philippines. Je restai
là a battre le buisson comme corres-
pondant de mon journal jusqu'au
jour où le rédacteur en chef me si-
gnifia qu'un télégramme de huit cents
mots décrivant la douleur d'un cara-
bao familier à la mort d'un enfant in-
digène ne pouvait pas être considéré
comme nouvelle de guerre. Sur ce
j'envoyai ma démission et revins.
A bord du cargo qui me ramenait,
je méditai beaucoup sur les choses
singulières que j'avais remarquées
dans cet étrange archipel qu'habite la
race à la peau bistrée. Les manœuvres
et les escarmouches de la petite guerre
ne m'intéressaient pas, mais j'étais
subjugué par l'attitude lointaine et
indéchiffrable de ce peuple qui, du
fond d'un passé inconnu, dirige vers
nous son regard sans expression
Particulièrement, durant mon sé-
jour à Mindanao j'avais été fasciné et
attiré par ces tribus païennes d'une
délicieuse originalité qu'on nomme
les chasseurs de tètes. Ces petits
hommes sombres.durs, impitoyables,
que l'on ne voit jamais, mais qui gla-
cent l'heure de midi la plus chaude
par la subtile terreur de leur présence
dissimulée, marchant parallèlement
à leur proie à travers des forêts in-
connues, des sommets périlleux, au
fond de gouffres insondables, au mi-
lieu de jungles inhabitables, toujours
proches et gardant toujours levée la
main invisible de la mort, décelant
leur poursuite seulement par les si-
gnes qui pourraient trahir une bête,
un oiseau ou un serpent qui rampe
— une branche craquant dans la nuit
terrible toute mouillée de sueur,
quelques gouttes de rosée tombant du
feuillage de l'arbre géant où ils se dis-
simulent, un murmure à voix basse
entre les roseaux d'un étang — la
suggestion de la mort à chaque heure
ils m'amusaient beaucoup, ces petits
hommes avec leur idée fixe.
Quand on y pense, leur méthode est
magnifiquement et presque comique-
ment efficace et simple. Voici la hutte
où vous vive/., où vous accomplisse/
la destinée qui vous a été assignée.
Accrochée aux jambages de la porte
de bambou, est une corbeille faite
d'osier vert tressé. De tempsen temps,
suivant cpte la vanité, l'en nui, l'amour,
la jalousie ou l'ambition vous pousse,
vous partez avec votre coupe-coupe
et vous prenez la piste silencieuse.
Vous en revenez triomphant, portant
la tête coupée et sanglante de votre
victime, que vous dépose/, avec un
orgueil bien excusable dans la cor-
beille accrochée à votre porte. Ce
peut-être celle de votre ennemi, de
votre ami ou d'un étranger suivant
que c'est la rivalité, la jalousie ou le
simple amour du sport qui vous a
poussé au travail.
En tout cas, votre récompense est
certaine : les hommes du village
s'arrêtent en passant pour vous féli-
citer, de même que, dans les civilisa-
tions plus calmes, nos voisins s'arrê-
tent pour admirer et louer les bégo-
nias de votre plate-bande. La jeune
fille à peau brune qui vous intéresse
particulièrement s'attarde, le sein
palpitant et jette de doux, regards de
tigre sur ce témoignage de votre
amour. Vous, vous chiquez votre noix
de bétel, vous écoutez, satisfait le
sang qui goutte par intermittence
des artères sectionnées. Et vous mon-
trez les dents en grognant comme un
buflle dans l'eau — c'est ce que vous
pouvez faire qui ressemble le plus à
un rêve — à la pensée que le corps
froid et décapité qui complète votre
ornement de porte est repéré par les
vautours qui tournoient au-dessus
des solitudes de Mindanao.
Envérité,la vie du joyeux chasseur
de tête me captivait II avait réduit
l'art et la philosophie au Code le plus
simple. Prendre la tête de votre ad-
versaire, la mettre en panier à la
porte de votre château, la voir gisant
là, morte, ses ruses ses stratagèmes,
sa puissance abolie à jamais — est-il
une meilleure manière de déjouer ses
complots, de réfuter ses arguments,
d'établir votre supériorité en habi-
leté et en sagesse ?
Le bateau qui me ramenait dans
mon pays était commandé parun sué-
dois vagabond qui changea d'itiné-
raire et me déposa, avec une com-
passion sincère, dans une petite ville
d'une république de l'Amérique cen-
trale située sur la cote du Pacifique
à quelques centaines de milles du
port où il s'était engagé à me con-
duire. Mais j'étais las du mouvement
et des fantaisies exotiques, de sorte
que je sautai avec joie sur le sable de
Xojada, me disant que j'étais sûr d'y
trouver le repos convoité. Après tout,
pensais-je, mieux valait flâner là.
bercé par le ressac monotone des va-
gues et les frissons des palmiers,
qu'aller m'asseoir sur le sofa de crin
de la maison paternelle dans l'Est,
me gorger de sirop de groseilles et de
petits beurres, recevoir les reproches
de parents stupides et verser dans
l'oreille des voisins ébahis des his-
toires mélancoliques sur la mort des
gouverneurs coloniaux.
Lorsque je vis pour la première
fois Chloe Greene, elle était debout,
tout en blanc, sur le seuil de la mai-
son, aux murs de pisé, au toit de
tuiles, qu'habitait son père. Elle était
en train de polir une coupe d'argent
avec un linge et avait l'air d'une perle
placée contre un fond de velours noir.
Elle jeta sur moi un regard qui était
flatteur par sa prolongation, mais qui
avait l'intention d'être réprobateur ;
puis elle rentra, fredonnant un petit
air pour indiquer la valeur qu'elle
attachait à mon existence.
A cela rien d'étonnant, car le doc-
teur Stamford (le praticien le plus dé-
considéré entre Juneau et Valparaiso)
et moi, nous zigzaguions le long de
la rue gazonzée, chantant peu har-
monieusement Auld Lang Syne sur
l'air du Petit cochon noir. Nous ve-
nions de la fabrique de glace, qui
constituait à Xojada le palais de la
débauche, nous avions joué au bil-
lard et ouvert des bouteilles noires,
givrées de blanc, que l'on sortait,
avec des ficelles, des glacières du
vieux Sandoval.
Pris d'un soudain accès de rage je
me retournai vers le 1)' Stamford et
nie trouvai aussi sobre qu'un bedeau
de cathédrale. En un instant j'avais
pris conscience que nous étions des
pourceaux jetés devant une perle.
— Espèce de brute, dis-je. c'est à
moitié votre faute. Et pour l'autre
moitié, c'est la faute de ce maudit
pays. J'aurais mieux aiméêtre revenu
cinéa
15
à Somniferville, et être mort d'une
orgie de sirop de groseilles et de pe-
tits beurres, quede voir arriver cela î
Stamford emplit la rue de son rire
retentissant.
— Vous aussi ! s'écria-t il. Et aussi
vite qu'un bouchon qui saute ! Eh
oui.il semble en effet qu'elle produise
surla rétine uneimpression agréable.
Mais n'allez pas vous brûler les doigts.
Tout Mojada vous dira que c'est
Louis Devoe qui est l'heureux homme.
— C'est ce que nous verrons, dis-
je. Et nous saurons peut-être s'il est
un homme aussi bien que l'heureux
homme.
Sans perdre de temps, je fis la con-
naissance de Louis Devoe. Ce fut ai-
sément réalisé, car la colonie étran-
gère de Mojada ne comptait pas plus
d'une douzaine de membres, et ils se
rencontraient tous les jours dans un
hôtel à demi convenable tenu par un
turc, où ils s'évertuaient à rafistoler
les haillons flottants de patrie et de
civilisation qu'ils conservaient en-
core. Je tenais à connaître Devoe
avant la Perle au velours noir, parce
que j'avais un peu étudié le jeu de la
guerre et que j'étais trop prudent
pour vouloir atteindre mon objectif
avant d'avoir éprouvé la force de
l'ennemi.
Une sorte;de découragement glacial
ressemblant un peu à de la peur, me
saisit lorsque je l'eus apprécié. Je
trouvai un homme si parfaitement
équilibré, si charmant, si profondé-
ment instruit dans la science mon-
daine, si plein de tact, de courtoisie
et d'hospitalité, si bien doué de grâce,
d'aisance, d'une sorte d'autorité hau-
taine et négligente, que je faillis dé
passer les limites en essayant de
l'éprouver, en le retournant sur le
gril pour trouver le point faible ar-
demment désiré. Mais je dus l'aban-
donner ; il me fallut m'avouer avec
amertume que Louis Devoe était un
gentleman digne de mes coups les
plus durs, et je me jurai bien de les
lui porter. C'était un commerçant
important du pays, un riche exporta-
teur et importateur. Il passait toute
la journée dans un bureau meublé
avec goût, entouré d'oeuvres d'art qui
témoignaient de sa haute culture et
dirigeant à travers les portes vitrées
et les fenêtres, les affaires de sa mai-
son.
Physiquement, il était mince et de
taille moyenne. Il avait une petite tête
bien modelée couverte de cheveux
bruns épais, coupés courts, et portait
une barbe brune, touffue également
coupée de près et en pointe. Ses ma-
nières étaient la perfection même.
Avant qu'il fût longtemps, j'étais
devenu un hôte régulier et bienvenu
chez les Greene. Je dépouillai mes
habitudes dissipées comme un man-
teau usé. Je m'entraînai pour le con-
flit avec l'assiduité d'un champion de
boxe et l'abnégation d'un brahmane.
Quant à Chloé Greene, je ne vous
fatiguerai pas de sonnets à la louange
de ses sourcils. C'était une jeune fille
splendidement féminine, aussi saine
qu'une reinette de novembre et pas
plus mystérieuse qu'un carreau de
vitre. Elle avait de singulières petites
théories, déduites de son expérence
de la vie, et qui s'adaptaient aux
maximes d'Epictète comme des ro-
bes princesses. Je me demande après
tout si le vieux raseur n'était pas plus
sage qu'on ne pense.
Chloé avait un père, le révérend
Homer Greene, et une mère intermit-
tentequi parfoispresidait.de manière
pâle, un thé crépusculaire. Le révé-
rend Homer ressemblait à un ris de
veau et avait une tâche à laquelle il
consacrait sa vie : il établissait une
concordance des Ecritures, et il était
arrivé au temps des Rois. En tant que
prétendant plausible à la main de sa
fille, j'étais un objet désigné pour ses
épanchementslittéraires. Bientôt j'eus
l'arbre généalogique d'Israël planté
dans la tête au point de crier tout haut
pendant mon sommeil «...et Amina-
bab engendra Baobab... » et ainsi de
suite, en attendant qu'il ait attaqué
un autre livre. Je calculai un jour que
les concordances du révérend Homer
atteindraient l'époque des sept fioles
mentionnées par l'Apocalypse vers le
troisième jour après celui où les dites
fioles devaient être ouvertes.
Louis Devoé,tout comme moi, était
un ami assidu et intime des Greene ;
c'est là que je le rencontrai le plus
souvent, et je n'ai jamais trouvé dans
ma vie un homme plus agréable et
plus accompli à détester cordiale-
ment.
Par chance ou malchance, j'arrivai
à être connu comme le « gosse ».
J'avais une apparence juvénile et cet
air implorant d'enfantabandonné qui
éveille l'instinct materneldes femmes,
ainsi que les maudites théories et les
marottes des pères de famille.
Chloé m'appelait Tommy et plai-
santait en camarade lorsque j'essayai
de lui faire la cour. Avec Devoe, elle
était beaucoup plus réservée ; c'était
un héros de roman qui aurait pu ex-
citer son imagination et même ses
sentiments plus profonds si sa fan-
taisie avait été portée vers lui. J'étais
plus voisin d'elle : mais je manquais
de brillant, et, je sentais que je serais
obligé de la gagner peu a peu, en sui-
vant ce qui me paraît être la méthode
américaine — avec de la netteté, de
la persévérance, un dévouement quo-
tidien pour briser les barrières d'ami-
tié qui nous séparaient — pour la
conquérir, si je pouvais, en plein
jour, à ciel couvert, sans mettre en
jeu le clair de lune, ni la musique, ni
les raffinements exotiques.
Chloé ne marquait par aucun signe
qu'elle accordât particulièrement sa
gaie affection à l'un de nous deux ;
mais un jour elle laissa échapper une
suggestion sur ce qu'elle préférait
chez un homme. C'était terriblement
intéressant pour moi, mais pas très
clair comme application pratique Je
l'avais tourmentée pour la douzième
fois avec la déclaration et la descrip-
tion de mes sentiments.
— Tommy, dit-elle, je ne tiens pas
à ce qu'un homme me prouve son
amour en conduisant une armée
contre un autre pays, et en faisant
disparaître un peuple de la terre à
coups de canon.
— Si vous voulez dire le contraire
de ce que vous dites, comme on pré-
tend que font généralementles femmes
je verrai ce que j'ai à faire. Les jour-
naux sont pleins de ce conflit diplo-
matique avec la Russie. Ma famille
connaît à Washington quelques gros
personnages qui ont des relations au
Ministère de la guerre et je pourrai
obtenir une commission dans l'artil-
lerie, et...
— Ce n'est pas ce que je veux dire,
interrompit Chloé, je veux dire ce
que j'ai dit. Ce qui compte pour une
femme, Tommy, ce ne sont pas les
grandes choses que l'on fait dans le
monde. Quand les chevaliers, s'en al-
laient cavalcader au loin, de fer vê-
tus, pour tuer des dragons, plus d'un
page demeuré au logis a gagné le
cœur d'une dame solitaire, simple-
ment parce qu'il était là pour lui ra-
masser son gant, ou pour se dépê-
cher de lui donner un manteau lorsque
le vent soufflait. L'homme que j'ai-
merai, quel qu'il soit, doit me mon-
trer son amour dans les détails. Il
faut qu'il ne m'oublie jamais, lorsque
je le lui aurai dit une fois, que je
n'aime pas que quelqu'un prenne ma
gauche pour se promener, que je dé-
16
cinea
teste les cravates voyantes, que je
préfère être assise le dos à la lumière
que j'aime les violettes confites, qu'il
ne faut pas me parler lorsque je re-
garde le clair de lune rellêté sur l'eau
et que souvent, très souvent, j'ai en-
vie de datte farcies aux noix.
- Frivolités, dis-je en fronçant le
sourcil. N'importe quel domestique
bien stylé serait à la hauteur de ces
petits détails.
— Et il faut qu'il sache, continua
Chloé, me rappeler ce dont j'ai envie
quand je ne sais pas moi-même de
quoi j'ai envie.
— Vous devenez exigeante, dis-je;
il semble que ce qu'il vous faut, c'est
un liseur de pensées.
— Et si je dis, en frappant du pied,
que je donnerais tout au monde pour
entendre une sonate de Beethoven, il
doit comprendre par là que ce pour-
quoi mon âme soupire, c'est des
amandes salées, et il faut qu'il en ait
de toutes prêtes dans sa poche.
— Maintenant, dis-je, je n'y suis
plus ; je ne sais pas si votre âme-
sœur doit-être un imprésario ou un
confiseur.
Chloé tourna vers moi son sourire
de Perle.
— Soyez sûr que ce que j'ai dit n'est
pas tout à fait une plaisanterie, pour-
suivit-elle et ne dédaignez pas trop
les petites choses, ô gosse ! Soyez un
paladin si vous voulez, mais que cela
ne paraisse pas trop. Beaucoup de
femmes ne sont que de très grands
enfants et beaucoup d'hommes en
sont de tout petits. Cherchez à nous
plaire, ne cherchez pas à nous domi-
ner. Quand nous avons absolument
besoin d'un héros, nous pouvons en
réaliser un avec le premier é picier
venu, la troisième fois qu'il rattrape
notre mouchoir avant qu'il soit tombé
à terre.
Ce soir là je fus pris d'un accès de
fièvre pernicieuse. C'est une espèce
de fièvre paludéenne avec des per-
fectionnements et des accessoires
compliqués. Votre température s'ins-
talle autour de 40° et reste là, se mo-
quant dédaigneusement et fiévreuse-
ment du quinquina et des dérivés du
goudron. La lièvre pernicieuse relève
du mathématicien plutôt que du doc-
teur. La formule est simple : prenez
votre santé, ajoutez le désir de vivre,
soustrayez la durée de la fièvre, vous
avez le résultat.
J'allai me coucher dans la paillotte
à deux pièces où je m'étais conforta-
blement installé et j'envoyai cher-
cher un gallon de rhum. Ce n'était
pas pour moi : une fois ivre, Stam-
ford était le meilleur médecin entre
les Andes et le Pacifique. Il vint s'as-
seoir au pied démon lit et but jusqu'à
se mettre au point.
— Mon garçon, dit-il, mon cher Ro-
méo blanc comme un lys et plein de
vertus, la médecine ne peut rien pour
vous. Mais je vous donnerai de la
quinine, laquelle, par l'effet de son
amertume, éveillera en vous la haine
et la colère — deux stimulants qui
ajouterontdix pour cent à vos chances
de vivre. Vous êtes fort comme un
buffle, et vous vous en tirerez si la
fièvre ne vous assomme pas, par un
coup de traîtrise, quand vous ne serez
point sur vos gardes.
Pendant quinze jours je restai cou-
ché sur le dos, éprouvant les sensa-
tions de la veuve hindoue sur son
bûcher brûlant. La vieille Atasca,
une garde indienne non diplômée,
était assise près de la porte, telle une
statue symbolique : « A quoi bon I »
attentive à son service qui consistait
principalement à laisser passer le
temps sans en perdre une seconde.
Quelquefois je me figurais que j'étais
retourné aux Philippines, ou, pis en-
core, que je glissais à bas du divan
de crin dans la maison paternelle à
Somniferville.
Un après midi j'ordonnai à Atasca
de disparaître, je me levai et m'habil-
lai soigneusement ; je pris ma tem-
pérature et je constatai avec plaisir
qu'elle atteignait 40 ". J'apportai une
attention presque minutieuse à ma
toilette, choisissant particulièrement
une cravate déteinte sobre et discrète.
Le miroir me montra que la maladie
ne m'avait pas beaucoup altéré. La
fièvre donnait de l'éclat à mes yeux
et des couleurs à mon visage. Et ce-
pendant que je regardais mon reflet,
les couleurs venaient et repartaient
comme je pensais à Chloé Greene et
aux miliers d'ères qui s'étaient écou-
lées depuis que je ne l'avais vue, et à
Louis Devoe, et au temps qu'il avait
gagné sur moi.
J'allai droit chez elle ; je flottais
plutôt que je ne marchais ; je sentais
à peine le sol sous mes pieds. Je son-
geais que la fièvre pernicieuse doit-
être une grande chose pour nous don-
ner une telle sensation de vigueur,
Je trouvai Chloé et Louis Devoe
assis sousla vérandah devant la mai-
son. Elle bondit vers moi, les deux
mains tendues :
— Je suis heureuse, heureuse, heu-
reuse de vous voir, s'écria-t-elle,
chaque mot étant comme une perle
passée sur le fil de sa phrase. Nous
êtes guéri, Tommy, ou vous allez
mieux, naturellement. Je voulais al-
ler vous voir, mais on ne m'a pas
permis.
— Oh oui, dis-je négligemment, ce
n'était rien, rien qu'un peu de fièvre.
Me voici sur pied comme vous voyez.
Nous nous assîmes tous trois et
nous causâmes pendant une demi-
heure à peu près. A ce moment Chloé
regarda l'Océan avec une expression
suppliante et presque lamentable; Je
pouvais lire dans ses yeux bleus un
désir intense et profond. Devoe — le
diable l'emporte — le vit aussi.
— Qu'est-ce que c'est? demandâmes
nous en chœur.
— Du pudding à la noix de coco, dit
Chloé pathétiquement. J'en ai envie,
oh I tellement envie depuis deux
jours. Ce n'est plus du désir, c'est de
l'obsession.
— La saison des noix de coco est
passée, dit Devoe, de cette voix qui
donnait un intérêt palpitant aux as-
sertions les plus simples. Je ne pense
pas qu'on en trouverait une seule à
Mojada.Les indigènes ne les consom-
ment que lorsqu'elles sont vertes et
que le lait est frais. Toutes les mûres,
ils les vendent aux marchands de
fruits.
— Est-ce qu'une salade de langouste
ou des rôties au fromages ne feraient
pas le même effet? demandai- je avec
l'aimable idiotie de quelqu'un qui re-
lève delà fièvre pernicieuse.
Chloé fit la moue, dans la mesure
où le lui permettait son expression
aimable et son profil parfait.
Le révérend Homer passa son vi-
sage doublé d'hermine à travers la
porte et ajouta une concordance à
l'entretien.
— Quelquefois, dit-il, le vieux Cam-
pos conserve des noix sèches dans
son petit magasin sur la colline; mais
il vaudrait beaucoup mieux, mon en-
fant, réfréner tes désirs inopportuns
et recevoir avec reconnaissance la
nourriture quotidienne que le sei-
gneur place devant nous.
— Bonne blague I dis-je.
— Comment dites-vous ? demanda
vivement le révérend Homer.
— Je dis, repris-je, si l'on veut me
permettre ce langage, que c'est un
peuraideque Miss Greene soit privée
dumets qu'elle désire, quandc'est une
chose aussi simple que du pudding à
la kalsamine. Peut-être continuai-je,
cinea
17
quelques noix aux pickles, ou bien
une fricassée de noisettes de Hongrie
feraient l'affaire.
Tous trois me regardèrent en ma-
nifestant une légère surprise.
Louis Devoe se leva etfit ses adieux.
Je le suivis des yeux jusqu'à ce que sa
démarche aisée et majestueuse l'eût
conduit jusqu'au coin de la maison,
où il disparut, se dirigeant vers ses
magasins. Chloé s'excusa et rentra
pour quelques minutes afin de s'oc-
cuper du dîner. Elle était une maî-
tresse de maison de premier ordre,
et j'avais goûté avec béatitude ses
puddings et son pain.
Resté seul, je me retournai par ha-
sard et je vis, accrochée à un clou
près du jambage de la porte, une cor-
beille faite d'osier vert tressé. Avec-
un élan qui fit palpiter mes tempes
brûlantes, mon esprit me représenta,
intensément, des souvenirs de chas-
seurs de têtes, de ces petits hommes
sombres, durs, impitoyables, que
l'on ne voit jamais, mais qui glacent
l'heure de midi la plus chaude par
la subtile terreur de leur présence
dissimulée ... de temps en temps,
suivant que la vanité, l'ennui, l'a-
mour ou l'ambition le pousse, l'un
d'eux part avec son coupe-coupe et
prend la piste silencieuse... Il revient
triomphant, portant la tête coupée
et sanglante de sa victime... la
jeune fille à peau brune ou blanche
qui l'intéresse particulière ment s'at-
tarde, le sein palpitant, et jette de
doux regards de tigre sur ce témoi-
gnage d'amour. ..
Doucement je sortis de la maison et
rentrai dans ma paillotte. Des clous
auxquels il pendait je décrochai un
machetê aussi lourd qu'une masse de
boucher et aussi affilé qu'un rasoir
de sûreté. Puis, riant doucement en
moi-même je me dirigeai vers le bu-
reau, meublé avec goût, de M. Louis
Devoe, qui se permettait d'usurper la
main de la Perle du Pacifique.
Il n'était jamais lent à comprendre
les choses : un regard sur mon vi-
sage, un autre sur l'arme que je te-
nais à la main en franchissant sa
porte, et soudain il disparut de ma
vue. Je courus à la porte de derrière,
la défonçai, et je le vis courir comme
un daim le long de la route qui re-
monte pour atteindre le bois deux
cents mètres plus loin. Je courus
après lui en poussant un hurlement.
Je me rappelle avoir entendu des
femmes et des enfants qui criaient et
les avoir vus fuir à mon passage.
Il filait, mais j'allais plus vite que
lui. Au bout d'un mille j'étais presque
à sa hauteur. Habilement il fit un
crochet de côté et se précipita dans
un pli de terrain qui s'accentuait, de-
venait un petit ravin. Je courus après
lui, et au bout de cinq minutes je l'a-
vais acculé contre une falaise infran-
chissable. L'instinct de conservation
lui donna du courage, comme il en
donne aux animaux traqués. Il se
tourna vers moi, tout à fait calme,
avec un sourire livide.
— Oh I Rayburn, dit-il avec un ef-
fort si terrible pour prendre un ton
dégagé que j'eus l'impolitesse de lui
rire grossièrement à la face, oh, Ray-
burn, voyons, finissons-en avec cette
sottise. Naturellement je sais bien
que c'est la fièvre et que vous n'êtes
pas dans votre état normal. Remet-
tez-vous, mon cher, donnez-moi cette
arme ridicule et revenons en parlant
tranquillement de tout cela.
— Je reviendrai, dis-je, votre tête à
la main. Nous verrons si elle conti-
nuera à tenir de charmants discours
une fois dans la corbeille accrochée à
sa porte.
— Voyons, dit-il d'un ton persuasif,
j'ai trop bonne opinion de vous pour
supposer que vous veuillez vous li-
vrer à une plaisanterie. Mais même
les divagations d'un fou doivent s'ar-
rêter à un moment quelconque. Qu'est-
ce que veut dire cette histoire de tête
et de corbeille ? Remettez-vous et
laissez cet absurde coupe -coupe.
Qu'est-ce que Miss Greene penserait
de vous ? conclut-il avec le ton de ca-
jolerie qu'on prendrait vis-à-vis d'un
enfant gâté.
— Ecoutez-dis-je, vous avez enfin
trouvé la note juste. Ce qu'elle pen-
serait de moi? Il y a des femmes qui
ont le plus profond mépris pour les
sofas de crin et le sirop de groseille.
Pour elles, les modulations savantes
de votre conversation élégante ne fe-
raient pas plus d'effet que le bruit de
prunes pourries tombant de l'arbre
pendant la nuit. Ce sont les jeunes
filles qui vont et viennent dans les
villages, raillant les jeunes hommes
qui les courtisent quand les corbeilles
à leurs portes sont vides. Une jeune
fille, semblable à celles-là, attend.
Seul un imbécile essaierait de con-
quérir une femme en geignant à sa
porte comme un mendiant, ou en se
pliant à ses caprices comme un do-
mestique. Ce sont toutes des filles
d'Hérodiade, et pour gagner leur
cœur, un homme doit leur offrir, de
ses propres mains, la tète de ses en-
nemis. Maintenant courbez la nuque,
Louis Devoe ; ne soyez pas un lâche
comme vous êtes un bavard autour
d'une table à thé.
— Allons, allons, dit Devoe, faiblis-
sant, vous me connaissez, n'est-ce pas
Rayburn ?
— Oh oui, dis-je, je vous connais,
je vous connais, je vous connais :
mais la corbeille est vide ; les vieil-
lards du village, et les jeunes hommes,
et les jeunes filles brunes et celles
qui sont blanches comme des perles
vont et viennent, et voient qu'elle est
vide. Voulez-vous vous agenouiller
maintenant ou faut-il que nous nous
colletions ? Ce ne serait pas digne de
vous que les choses se passent gros-
siérementet brutalement. La corbeille
attend votre tête.
La-dessus il se laissa aller. Il me
fallut le rattraper tandis qu'il es-
sayait de passer à côté de moi comme
un lapin effrayé. Je l'étendis à terre
et je posai un pied sur sa poitrine;
mais il se tordait comme un ver mal-
gré les appels répétés à son sentiment
des convenances et à son devoir, en
tant que gentleman, de ne pas faire
de manières.
A la fin, saisissant l'occasion d'une
position favorable, j'abattis le ma-
chetê. Ce ne fut pas très dur ; il se
débattit comme un poulet qu'on sai-
gne pendant les cinq ou six coups
qu'il me fallut donner pour lui couper
la tête. Finalement il resta immobile
et j'attachai la tête dans un mouchoir.
Les yeux s'ouvrirent et se fermèrent
trois fois pendant les cent premiers
mètres. J'étais rouge jusqu'aux pieds
du sang qui coulait, mais qu'est-ce
que cela pouvait faire ? Avec joie je
sentais sous ma main le contact rude
de ses cheveux courts, drus et bruns,
et de sa barbe taillée de près. J'arri-
vai chez les Greene et je jetai la tête
de Louis Devoe dans la corbeille qui
était encore pendue à un clou près du
jambage de la porte. Je m'assis sous
la vérandah et j'attendis. Le soleil
était à deux heures de son coucher.
Chloé parut et sembla surprise.
— Où ètes-vous allé, Tommy ? de-
manda-t-elle. Vous étiez parti lorsque
je suis revenue.
— Regardez dans la corbeille, dis-
jeenmelevant. Elle regarda et poussa
un petit cri de joie : j'eus la satisfac-
tion de le remarquer.
— O Tommy, dit-elle, c'est juste-
ment ce que je voulais vous deman-
der. Elle coule un peu, mais ça n'a
18
cinea,
pas d'importance. N'est-ce pas comme
je VOUS disais ? Ce sont les petites
choses qui comptent, et nous vous
l'êtes rappelé.
Les petites choses ! Klle serrait la
tête sanglante de Louis Devoe dans
son tablier blanc, De minées filets'
rouges s'élargissaient sur le tablier
et gouttaient à terre. Sa figure était
radieuse et tendre.
Une petite chose, en vérité ! pen-
Bais-je encore. Les chasseurs de têtes
ont raison. Voilà ce que les femmes
aiment que l'on fasse pour elles.
Chloé vint vers moi. Personne ne
nous ohservait. Elle me regarda de
ses yeux bleu de mer qui disaient
des choses qu'ils n'avaient jamais di-
tes auparavant.
— Vous pensez à moi, dit-elle, vous
êtes l'homme que j'ai décrit, vous
pensez aux petites choses, et ce sont
celles-là qui font que le monde vaut
la peine qu'on y vive. L'homme qui
veut que je l'aime doit tenir compte
de mes petits caprices et me rendre
heureuse par de menues attentions.
Il m'apportera de petits péchés rou-
ges en décembre si j'en ai envie, et
pour cela je l'aimerai jusqu'en juin.
Je ne tiens pas, pour moi aux cheva-
liers en armure qui tuent leur rival
ou qui pourfendent des dragons.
Vous me plaisez, Tommy
Je me penchai et l'embrassai. Puis
une moiteur vint à mon front, et je
commençai à me sentir faible. Les
taches rouges disparurent du tablier
de Chloé et la tête de Louis Devoe se
transforma en une noix de coco
brune desséchée.
— 11 y aura du pudding à la noix de
coco pour le dîner, Tommy, dit Chloé,
gaiement, et vous viendrez. 11 faut
que je rentre un moment
Elle s'enfuit avec une délicieuse vi-
vacité.
Le D Stamford arriva précipitam-
ment. 11 saisit mon pouls comme si
c'était avec sa propre fortune que
j'eusse essayé de m'échapper.
— Vous êtes le plus grand fou qui
ne soit pas encore dans un asile, dit-
il furieux. Pourquoi ave/.-vous quitté
votre lit ? Et ces choses idiotes que
vous avez faites ! Ce n'est pas éton-
nant avec votre pouls qui bat comme
une forge !
Décrivez-m'en quelques unes,
dis-je.
Devoe m'a envoyé chercher, ré-
pondit Stamford De sa fenêtre il vous
a vu nous diriger vers h' magasin du
vieux Campos, le chasser vers la col-
line avec sa propre toise; et puis re-
venir en vous emparant de sa plus
grosse noix de coco.
— Ce sont les petites choses qui
comptent, après tout, dis-je.
— C'est votre lit qui compte pour
vous, à cette heure. Suivez-moi tout
de suite ou bien je vous abandonne.
Vous êtes mou comme une chiffe î
Aussi je n'eus pas de pudding à la
noix de coco ce soir là ; mais je con-
çus quelque doute quant à la valeur
des méthodes suivies par les chas-
seurs de têtes. Peut-être après tout
que, depuis des siècles, les jeunes
filles des villages regardent mélanco-
liquement les têtes dans les corbeilles
accrochées aux jambages des portes
et souhaitent d'y voir d'autres et de
moins glorieux trophées.
O. Henry. (Trad. L. Landry.)
■ ■
[un jardin public \
• m
Tout récemment, la Compagnie Ci-
nêtude qui, sous la direction de mé-
decins légistes, s'occupe de filmer
des documentaires intéressant l'édu-
cation physique, voulut filmer dans
un joli cadre de verdure une dizaine
d'enfants faisant des mouvements
respiratoires. Elle pensa au Parc
Montsouris et délégua son opérateur,
M. André Raymond, auprès du con-
servateur des parcs et promenades
pour obtenir une autorisation. Il y
alla et fit sa demande avec l'assu-
rance que donne l'espoir du succès.
Il ne savait pas à qui il avait affaire.
Le conservateur était un adjoint
— période de vacances — et, lorsqu'il
sut ce qu'on attendait de lui, il pensa
en avoir une congestion.
— Tourner dans le parc ! s'écria-t-il,
ma parole... ma parole... (il suffo-
quait), on ne doute plus de rien... Et
quand pensez-vous tourner dans le
parc ?
— Mais... demain.
— Demain. . demain... Mais une
autorisation demande au moins 8 à
10 jours pour arriver à destination.
— Fort bien. Mais a-t-elle au moins
des chances d'être agréée?
— Agréée? Naturellement non. Pen-
sez qu'il y a des gens qui se respec-
tent qui vont au Parc Montsouris.
L'opérateur commença d'être assez
sérieusement inquiet. Personne jus-
qu'alors n'avait mis en doute sa res-
pectabilité. 11 se considère comme
bien considéré, ainsi que les person-
nages parmi lesquels le docteur
Socquet — au nom de qui il faisait
la demande. Il se demanda ce que le
cinéma pouvait bien avoir de réprêt
hensible
— Et qu'est-ce que vous voulez y
faire, dans ce parc ? continua le
conservateur.
M. Raymond expliqua de quoi il
s'agissait. Film d'éducation physique,
dix enfants faisant des mouvements
respiratoires sur un fond harmo-
nieux.
— Qu'est-ce que c'est que cette plai-
santerie, fit le conservateur pour qui,
sans doute, les mots « fond harmo-
nieux » n'avaient pas de sens. Alors,
les fortifs, ce n'est pas assez bon pour
vous ?
Le demandeur crut qu'il s'était fait
mal comprendre. 11 recommença et
fut tout étonné de voir le conserva-
teur s'adoucir et répliquer avec une
certaine bienveillance.
Eh bien! je consentirai à trans-
mettre votre demande si vous m'in-
diquez l'heure exacte, à laquelle vous .
tournerez, l'emplacement exact que
vous voulez et que d'ailleurs on vous
choisira, le nombre de mètres carrés
qui vous seront nécessaires, le lieu
où vous placerez votre appareil et
dont vous ne pourrez bouger sous .
aucun prétexte, le nombre exact des
personnes que vous amènerez.
Mais c'est impossible, le lieu
peut être fixé, mais à cause du soleil,
du temps, de la lumière, on ne peut
être obligé de tourner autour, et s'il
pleut...
- Arrangez-vous, vous ferez une
nouvelle demande pour dix jours
plus tard.
— Et s'il y a un enfant de moins?
- Vous ne rentrerez pas.
— Et s'il y en a un de plus.
— On l'excluera
M. Raymond commençait à avoir
très chaud, il ne trouva rien à répon-
dre. Mais le conservateur n'avait pas
fini. Tout à coup une méfiance lui
vint.
— Et comment, questionna-t-il, soup-
çonneux. Et comment seront-ils ha-
billés, ces enfants?
— Mais... nus jusqu'à la ceinture,
naturellement.
Vraiment, cela dépassaitles bornes.
Le conservateur leva les bras au ciel
et s'écria, tremblant d'indignation:
— Mais alors, ce sont des obscé-
nités que vous voulez filmer.
L'opérateur délégué ne se sentit
pas la force d'insister davantage, il
bredouilla un vague adieu, sortit
rapidement et alla boire quelque
chose de frais.
C'est ainsi que, de nos jours, on
aide en France une Compagnie ciné-
matographique qui voulait « faire
du documentaire » pour rehausser
le prestige du cinéma français et de
l'éducation physique.
Boisyvon,
cmea
19
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
De la déchirure qui se format sur
ma nuque le sang coula à flots, je
m'enfuis précipitamment. A la mai-
son on m'a battu de nouveau « parce
que je ne voulais rien f...» mais je
déclarai carrément « Faites de moi ce
que vous voudrez mais jamais je ne
retournerai plus à cette école ».
On me répondit que j'étais un
« sale animal », « un trou » et autre
chose, puis mon père décida que je
n'arriverais jamais à quoi que ce soit
et me plaça comme apprenti chez le
cordonnier Tonkov mon parrain.
J'avais été déjà quelquefois chez
lui en visite avec mon père et ma
mère et je m'y plaisais beaucoup. Il
y avait dans l'atelier une grande
armoire vitrée et on y voyait dispo-
sés sur des rayons en un ordre par-
fait les différents ustensiles et des
morceaux de cuirs de formes diffé-
rentes.
Le cuir sentait bon, et les jolis
ustensiles proprets donnaient envie
de jouer avec. Tout en général était
très amusant. C'est surtout la femme
de Tonkov qui me plaisait le plus.
En m'envoyant chez le cordonnier
Fonkor, mon père me fit cette der-
nière recommandation :
— Apprend à bien faire les chaus
sures. C'est un métier très avanta-
geux. Tu pourras y gagner beaucoup
d'argent ; nous en avons bien besoin.
Je me mis au travail avec beaucoup
de zèle. En somme, cela me plaisait
beaucoup mieux que les règles de la
grammaire et les tables de multipli-
cation dont on encombrait ma tète à
l'école.
Fonkor avait l'air très respectable:
grand, large en épaules, la tète ornée
de cheveux crépus, il portait toujours
une chemise blanche et un vaste pan-
talon de satin.
Il me reçut d'une manière très ai-
mable.
— Repose-toi aujourd'hui. Regarde
ce que nous faisons. Tu commenceras
ton travail dès demain.
Je dormis mal toute la nuit. Un dé-
sir irrésistible de travailler me domi-
nait et à l'aube, vers six heures du
matin j'étais debout, attendant avec .
les autres les ordres de mon nouveau
maître.
On me donna d'abord un verre de
thé avec un morceau de pain et en-
suite le patron me donna quelques
premières indications au sujet des
cuirs, des semelles etc.
J'étais plein de bonne volonté, mais
à mon grand étonnement cela n'allait
pas du tout. Et puis j'avais sommeil
n'ayant presque pas dormi presque
toute la nuit. A la longue on s'aper-
çut autour de moi que je ne réussis-
sais pas à exécuter ma tache convena-
blement et mes nouveaux camarades
se mirent à m'encourager par des
coups assez énergiques dans le dos et
ailleurs.
Heureusement le patron était mon
parrain et les ouvriers étaient au cou-
rant de ma situation dans la maison
mais quand même ils avaient la main
dure.
Malgré tout, le sort n'a pas voulu
que je devienne cordonnier. Bientôt
je tombai malade, c'était assez grave,
je me rappelle les heures de délire,
les visions fantastiques qui assié-
geaient mon cerveau malade, mon
séjour à l'hôpital et, enfin, la conva-
lescence.
Lorsque je fus complètement réta-
bli mon père me mit de nouveau
chez un cordonnier, mais cette fois-
ci chez un autre. 11 trouvait que mon
parrain était trop gentil pour moi et
qu'il ne m'apprendrait rien de sé-
rieux.
Chez le cordonnier Andreev c'était
tout à fait différent. Malgré que je
connaissais déjà un peu mon métier
je fus désigné pour laver le plancher
de la boutique, aller au marché avec
la patronne, porter l'énorme panier
tout chargé de victuailles...
Bref— c'était une vie de chien. On
me battait impitoyablement. Ce que
je ne peux pas comprendre encore
c'est comment j'ai pu survivre à tout
ce régime. Mais au moins j'appris as-
sez convenablement mon métier et au
bout d'un certain temps j'étais déjà
capable de faire moi-même de petites
réparations.
J'aimais surtout être envoyé chez
les clients pour leur porter les com-
mandes. Des fois je recevais 5-10 ko-
peks de pourboire. Alors je m'ache-
tai un morceau de pain blanc et je le
mangeai avec mon thé. J'avais tou-
jours faim. Le patron nous nourris-
sait bien. Seulement comme j'étais le
plus jeune, je touchais au plat le der-
nier, lorsqu'il n'y restaitpresque rien.
Ce {qui était dur c'est surtout la
veille des Fêtes de Noël : on travail-
lait alors 20 heures par jour : de ô h.
du matin jusqu'à minuit. Je ressem-
blais à un squelette à cette époque. Je
n'en pouvais plus et aux approches
du printemps je déclarai à mon père
que j'avais mal aux jambes, que je ne
pouvais plus travailler et je profitai
de quelques égratignures sur mes
pieds pour prouver à mon père ce
bien fondé de mes prétentions.
(A suivre) L. Valter trad.
20
cinea
D
PROGRAMMES M
CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 12 au Jeudi 18 Août
*e ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15. boulevard des
Italiens. — Mathias Sandorf, 5c épisode. —
Les actualités. — Ambitieuse, scène dra-
matique.— Attraction : Les Salvador s,
acrobates comiques. — Reprise de La
faute d'Odette Maréchal, drame.
.? ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Pathè-Journal. —
Beaucitron et le chapeau gris, comique.' —
La Pochardc, 1 Ie épisode. — Mathias San-
dorf, 5e épisode. — Le souffle des Dieux.
Palais des Fêtes. — 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée. — Coccinel ouvre
la pêche,, comique. — L'autre parfum.
comédie. — La Gangue, scène dramatique.
— La Pocharde, ne épisode. — Pathè-
Journal.
Salle du 1" étage, — Actualités, édition
Pathé. — La pêche au mari, comédie gaie
- Le soufle des Dieux, comédie dramati-
que. — Fille d'indienne, drame. — Maihias
Sandorf, ^c épisode.
Programmes du 19 au 25 août.
Salle du rez-de-chaussée. — Pathè-Revue.
- La fugue de Moune, comédie comique.
— Ambitieuse, comédie dramatique. -
Mascotte courtle Derby, comédie sportive.
— La Pocharde, 1 1'' épisode. — Pathè-
Journal.
Salle du Ier étage.— Actualilès-Pathè.—
Luieehe; les Indiens, comédie comique. —
La revanche d'un timide, comédie dramati-
que. — Son crime, drame. — Maihias
Sandorf. 6e épisode.
4< ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73. rue Saint-Antoine.
— Paysages d'été au Danemark, plein air.
Saint-Paul-Journal. — La Pocharde, 1 r épi-
sode. — beaucitron et le chapeau gris.
comique. — Mathias Sandorf, 4'' épisode.
f s découragés, drame social.
5' ARRONDISSEMENT
Mésange. 3, rued'Arras. — Pathè-Journal.
— Pathè-Revue n" ?2. documentaire. —
La Pocharde. 10 ■ épisode. — Mathias San-
dorf, 4'- épisode. — Micheline.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Billv acteur malgré lui, comique. —
Micheline, comédie dramatique. — Gau-
nwnt-actualitès. — Attraction : l'erehieol.
chanteur. — La geôle, drame. — La Pocharde,
10'' épisode.
6 ARRONDISSEMENT
Palace-Cinéma Danton. — 99, boule-
vard Saint-Germain, — Fleurus 2~j-^(). —
Pathè-Revue. -^ Mathias Sandorf. 50 épi-
sode. — Micheline. — La faute d'Odette
Maréchal, drame. — Gaumont- Actualités.
Programme du 19 au 25 août., — La
revanche d'un timide. — Mathias Sandorf.
6e épisode. — La fugue de Moune. comédie
gaie. — Le souffle des Dieux, drame. —
Gaumont- Actualités,
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Sèvres, cSo bis. rue de Sèvres,
(angle des boulevards de Montparnasse
Voici Venir l'été ', rés=
susciteur de Vieux
films .... Allons, Mes=
sieurs les Loueurs, un
bon mouvement : rap=
pelez Les Proscrits.
et des Invalides). — Fleurus 28-oy. —
Micheline. — Jeune fille a louer, comédie.
— Mathias Sandorf. 5e épisode. — Pathè-
Journal. — Pathè-Revue . — Intermède :
Valdonnc. chanteur à voix.
Cinéma Récamier, 3. rue Recamier. —
Actualités. — La Pocharde, 1 ie épisode. —
Les millions des sœurs Jumelles, comédie
gaie. — Micheline, comédie dramatique.
9e ARRONDISSEMENT
Delta-Palace-Cinéma. 17. boulevard
Rochechouart.Trudaine67-89 — Direction :
M. A. Jallon. — Delta-Journal. — Mathias
Sandorf. y épisode. — Le navire aban-
donne, drame maritime. — Comme Papa .'
comique. — Une bonneterie moderne, docu-
mentaire. — Renoncement . comédie dra-
matique. — Sur scène : Germaine Ri eux,
chants et danses a transformations.
Cinéma-Rochechouart. 66, rue de Ro-
chechouart. Trudaine 67-89. Directeur :
M. A. Jallon.— Ca-ur de mannequin, drame.
— jo'é détective , comique. — Une salome
moderne, comédie dramatique. — Eclair-
Journal. Sur scène : The Tico Brigthorir.
comédiens danseurs.
icK ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Effets de neige au Danemark, plein air. —
Tivoli-Journal. — Beaucitron ehe; les sau-
vages, comique. — Mathias Sandorf,^ épi-
sode. — La pèche au mari, comique. —
/..' souffle des Dieux.
I2<= ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Ganmonl-
Actualitès. — Deux mains dans l'ombre.
drame. — La Pocharde. 1 1« épisode. —
Billy acteur malgré lui. film comique. — 1
Attraction : Perehieot. chanteur. — Le
souffle des Dieux, comédie dramatique.
i3e ARRONDISSEMENT
Gobeiins. 66, bis Avenue des Gobelins.
Patbé-fournal. — Pathè-Revue. n° 52. —
L'ours et les deux compagnons, dessins ani-
més. — La Pocharde. 10e épisode. — Ma-.
thias Sandorf. 4e épisode. — Micheline.
comédie dramatique. — Ribadouille a la
berlue, comique.
14e ARRONDISSEMENT
Gaîté, rue de la Gaité. — Patbe-Journal.
— Pathè-Revue no 7.2. — Oh ! la paix, comi-
que. — La Pocharde, 10e épisode. —
Mie eline. comédie dramatique.
Splendid-Cinéma-Palace. 60. avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Pathè-Journal. — Pathè-Revue.
— Effets de neige au Danemark, documen-
taire. — Au pays des Célestes, plein air. —
Mathias Sandorf, 5e épisode. — Le pauvre
amour. — Micheline, comédie dramatique.
— Joe au studio, comique. — Intermède:
Mme Liane d'Astier. diseuse à voix.
La semaine prochaine: La proie et Le
souffle des Dieux.
Splendide-Cinéma, 3. rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Les actualités
de Splendide-Cinéma. — La pèche au mari.
comique. — La pierre de touche, comédie
dramatique. — Suer Flocon de Neige.
comédie sentimentale.
i5e ARRONDISSEMENT
Grenelle. 122. rue du Théâtre. — Palhe-
Journal. — Pathè-Revue n° 72. documen-
taire. — Le renard et le corbeau, dessins
animés. — La Pocharde, io° épisode. —
Mathias Sandorf, 5e épisode. — Micheline.
comédie dramatique.
cinea
21
Programmes des Cinémas de Paris
La semaine prochaine : Le souffle des
Dieux, comédie dramatique.
i6e ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace, 40, 51, rue d'Auteuil. 16e.
— Programme du vendredi 12 au lundi
15 août. — Une bonneterie moderne, docu-
mentaire. — Matbias Sandorf, se épisode.
— Charley blanchisseur, comique. — L'ava-
îanebe, drame. — Eclair-Journal. — Pro-
gramme du mardi 16 au jeudi 18 août —
La Poeharde. 1 Ie épisode. — Joe détective.
comique. — Patbe-Journal. — Fleur de
Jade. — Une partie de campagne, comique.
Programme du iq au 22 août. — Du
sang dans la prairie, drame. — Matbias
Sandorf, 6e épisode. — Patbé-Journal. —
Le diamant de la couronne. — L'ours et les
deux compagnons, dessins animés. —
Programme du 23 au 25 août. — Chef
les anthropophages, première étape. — La
Poeharde. \2<- et dernier épisode. — La
pêche aux maris, comique. — Pathè-Journal.
— Micheline. — Chariot grande coque/te.
comique.
17e ARRONDISSEMENT
Le, Select. 8, avenue de Clichv. —
Chef les anthropophages. 4e étape. — Deux
mains dans l'ombre, drame. — Gauinont-
acliialitcs. — Madge l'ecervelée. comédie.
Royal- Wagram, avenue Wagram. —
10 minutes au Music-Hall u" 21 — Ambi-
tieuse, comédie. — Briile-la-Route. comé-
die sportive. — Patbè- ournal. — La Po-
eharde, 1 ie épisode.
Lutetia- Wagram, avenue Wagram. —
Chef les Anthropophages, 4e étape- - - Le
Souffle des Dieux, comédie dramatique —
La Gangue, scène dramatique. — Gau-
mont- Actualités.
/
Ternes-Cinéma, avenue des Ter.nes, 5.
— Patbe-Journal. — Master Beverly Dandy,
roman d'aventures. -- Matbias Sandorf,
SL' épisode. — Apres l'abandon, drame.
Maillot-Palace-Cinéma. 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 12 au lundi is août. — La poeharde,
11e épisode. — Joe détective, comique. —
Palhe-Journal. — Programme du mardi 16
au jeudi i8aoùt. - Une bonneterie moderne.
— Matbias Sandorf. y épisode. — Charley
blanchisseur, comique. — L'Avalanche.
drame. — Eclair- ournal.
Cinéma Legendrc. 128, rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Legendre- Actua-
lités. — Cœur de mannequin, comédie dra-
matique. — Le plus bel enfant de Belgique.
— Trois mai is pour une femme, comédie. —
Intermède : M7/v Borello, diseuse à voix.
18e ARRONDISSEMENT
Théâtre Montmartre, cinéma muMC-
haii, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
— Maurice Robert, directeur. — Program-
me du 12 au 18 août. — Les caprices du
destin. — Picratt jockey. — Cotes Scandi-
naves. — Les actualités de la semaine. —
Matbias Sandorf. y épisode. — Attraction :
Douai dans ses créations.
Programme du 19 au 25 août
Profanation. — Joe détective. — Matbias
Sandorf. be épisode. — Les actualités de la
semaine. — Attraction : Jules Combe, le
chansonnier Montmartrois.
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7. Avenue Secrétan — Pro-
gramme du 12 au iSaoùt. — Patbé-Journal.
— Beaucitron et le chapeau gris, comique. —
La Poeharde, 11e épisode. — Matbias San-
dorf, 4e épisode. — Le souffle des dieux.
20= ARRONDISSEMENT
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Patbé-Journal. — La pierre de
touche, comédie dramatique. - Attraction:
Marv and Dauft, équilihristes. — Le roi
du volant, comédie dramatique. — La
Poeharde, 11 «épisode.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumout-actualités. — Les
cavaliers de la nuit, scène d'aventures.
— La Poeharde. 1 ie épisode — Attraction :
Kanui aud Lula. danses. — Le souffle des
Dieux, comédie dramatique.
BANLIEUE
CUchy. — Patbé-Journal. — Beaucitron
et le chapeau gris, comique. — La Poeharde,
1 Ie épisode. — Matbias Sandorf, 5e épisode.
— Le souffle des dieux.
Levallois. — Patbé-Journal. — La lampe
d'Aladiu, comique. — La Poeharde. o>" épi-
sode. — Geo Dax, comique du Cirque de
Paris. — Matbias Sandorf, 4e épisode.
L'enfant du Carnaval, çom. dramatique.
Montrouge. — L'automne an Jutland,
plein air. — Montrouge-actualitès.— Matbias
Sandorf, Y épisode — La pèche au mari,
comique. — Mascotte court le Derby, comé-
die sportive.
Olympia Cinéma de Clichy. — Cocci-
uell ouvre la pèche, fantaisie burlesque. —
La Gangue, scène dramatique. — Le roi
de l'audace. 9e épisode. — Attraction :
Guivel. chanteur- — Deux mains dans
l'ombre, drame. — Gaumont- Actualités.
Bagnolet. — Pathe- 'ournal. — Beauci-
tron et le chapeau gris, comique. — La
poeharde, ne épisode. - Matbias Sandorf.
2e épisode. — Le souffle des Dieux, comé-
die dramatique.
Vanves, — Patbe-Journal. — Patbè-
Revue u" J2. — Le cercueil infernal, drame.
— La Poeharde. ioe chapitre.— Micheline.
comédie dramatique.
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Nous demandons à
VOIR
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La Voix des Ancêtres
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qui vous ont appiis le décou-
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de ces ouvrages spéciaux.
Essayez de composer un thème
d'écran, drame ou comédie,
découpez-le et bornez-vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Baioncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon 'Poirier,
T^ené Le Somplier, etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizet, Canudo,
J.-L. Croze, Fré] avilie, Lio-
nel Landry, P. de la {Rorie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Ur vil 1er, Marcel Yonne t, etc.)
Clôture : La date extrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au 1 er Août prochain.
Prix : Le meilleur scénaiio
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
connaître des maisons d'édi-
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Les 16 photos (18 24) : ÎO fr.
franco : ÎO fr. 50
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(Mandats au ncm de J. THIOLAT)
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qui se rapporte à l'écran
et pourra résumer en
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ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
opérateurs français :
MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et
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Prix : Le premier prix
recevra deux cents francs
et sera reproduit sur la
couverture de Cinéa, il
y aura quatre seconds
prix de cinquante francs,
qui seront reproduits
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Le o'erant : A. Paty.
26 Août 1921
Numéros 16- 17
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Louis DELLUC et A. ROUMANOFF, Éditeurs
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Le Numéro ... 2 fr.
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Ce film est édité par la
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MM sera clos le 1er Septembre prochain MM\
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NOTRE CONCOURS DE PHOTOGRAPHIES!
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MM sera clos le 1er Octobre prochain MM\
cinea
RÉPONSES A QUELQUES LETTRES
Soi in LEVANT. — i" Impossible. — 2" Si
très exactement i m. 88. — "p Oui. —
4u Le Dieu captif ayee W. Hart. n'est pas
un film de Griffith, mais de Th. Ince. —
A qui le dites-vous ? M. Thiolat a tou-
jours à votre disposition les séries de pho-
tographies de La Caravane, Le Dieu captif.
Le Mentor que vous lui avez commandées
il va quelques mois.
Rouletabille. — r Frank Clark était
Michel Donavan dans La Cite Perdue. —
2" Inconnu. — y C'est Maë Murray que
VOUS avez remarquée dans l'A. B. C. de
l'Amour, (Tbe A. B. C. of Love). — 40 Mais
certainement.
Admirateur de Constance. — Les Bas
de soie {A Pair of Silk Slockings) avec
Constance Talmadge, Harrisson Ford.
Wanda Hawley. V. Doria. Florence Car-
penter. Th. Persee. L. Willoughbv. H.
Haskell, L. W.Sterrs. Robert Gordon. Syl-
via Ashton. Scénario de Cyril Harcourt.
découpé par Edith Kennedy et réalisé par
Walter Edwards.
Cinka Reader. — Les 9 derniers films
de W. S. Hart (Contrat Hart-Artcrarï)
sont : The Toll Gâte, Sand. The Cradle of
courage. The Testing Block, O' M aller of
Ihe moiiiited, The IVhistle, Three Word
Brand, WbiteOab, Traveling Ou.
Admirateur Van Daele. — Nous publie-
rons dans notre numéro du 9 septembre la
biographie de votre grand favori.
Daniel. — M.deLamarzelle n'écrit pas de
scénarios pour Mack-Sennett.
G. Codart. — En effet. l'Expédition Sha-
kleloii quitte l'affiche. En octobre, le Cirque
d'Hiver donnera Londres-Melbourne en
avion, avec les frères Smith.
Isa Bell and Misterious. — De ces deux
loustics qui se disent operateurs, l'un est
garçon coiffeur et l'autre pharmacien.
Comme vous pouvez le penser, ils ont des
idées très personnelles sur le cinéma.
D'ailleurs, ils ne ratent jamais les séances
duC. A. S. A.
W110 Knows. — Ivor Novello est né a
CardilT.-- Paul Capellani dans I hroso.
Tous lesdeuxaux films Mercanton.23. rue
de la Michodiere.
Cassacnes. — Les trois 1rs. Scénario de
Lucie Delarue-Mardrus réalisé par Henri
Desfontaines avec André L.Daven, Fscande,
Baissac, Gine Avril, Yvonne Desvignes.
Grumbach. Gau mont éditeur. « Série Pax ".
MalLET. — Dans Expiation et La Houle.
c'est Louise Glaum. Adresse : Care of Ince
studios. Culver City California U. S. A.
Mary.— Tranquillisez-vous, a partir dv.
prochain numéro nous reprendrons notre
parution hebdomadaire, il faut bien des
vacances à tout le monde.
Patricia P. — Dorothv Dalton est née
à Chicago (Illinois) le 22 septembre 1893.
Elle est divorcée de Lewis Cody. Voici
quelques-uns de ses films: Green Eres, The
Maling of Marcello. Triant Fear. Love Me.
Flare upSal, Love Letters, The Price Mark.
The Kaisers Shadoic. The Triple Cross, etc.
— Captain Corirtesr. The Virginian, The
Gentleman from Indiana, The Parson of
Pauamiut, Davv Crockett, David Garrick,
sont bien des films de Dustin Farnum.
Marcel Justinien. — Ce film que vous
avez vu à Londres sous le titre Bonds That
Chape n'est autre que le fameux Erotikon
(Vers le bonheur)de MauritzStiller et dont
l'édition en France est prochaine.
Ranchman. — Je suis tout à fait de votre
avis, Andrew-F. Brunelle est un excellent
artiste mais qui tourne trop peu et dans
des productions généralement médiocres.
Bi.ock Systein. — Nous consacrerons
prochainement un article aux dessins ani-
més.
Charles Boisson. -- Lisez Le Cinéma.
paî" M. Henri Diamant-Berger.
Strong Man. — Jack Pickford est né à
Toronto en 1896. 11 a paru au théâtre dans
Peg Robin, The three of Us. etc.. Ses prin-
cipaux films sont : IVildflower, The Pre/lr
Sisler of José. The Love Route. The Gnl of
Yesterdar avec sa sœur Mary, Poor lit Ile
Peppiua. avec la même, Seveuteen. Gréai
Expectations, Jack and Jill. avec Louise
Huff. The Gost Hou se avec la même. T0111
Sawyer, Tbe Spirit of tj , The Dunimr. The
Girl at Home avec Vivian Martin, Sister
Mary, The Varmint. His Majesty Bunker
Beau. Sandy, Huckand Tom.Mile a Minute.
Kendall, Freckles. IVhat Moner Can't Buy.
Henry Worms. — C'est bien Jaque Cate-
lain que vous avez vu dans Rose-France.
Guy Lécuyer. — Enrico Caruso était ne
à Naples le 2=; février 1873- C'est exact, il
a paru dans plusieurs films, notamment
Mv Cousin.
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I A partir du 9 Septembre
Ici n é a
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reparaîtra hebdomadairement 0
Lecteur assidu. — Marcel L Herbier
habite, =,3. rue de la Villette.
André Brodeur. — Pour recevoir la
photo de William Hart, écrivez-lui tout
simplement en la lui demandant ou adres-
sez-vous àj. Thiolat, 1. rue Darcet. qui
vous la procurera à bon compte.
Mack-Sennett. Girls Admirer. — Mack ,
Sennett est né a Danville (Canada), le
17 janvier 1S80. — Fred Andrew StonJ
est né le 19 août 1873 à Den ver (Colorado). '
C'est plutôt un acteur de théâtre que de
cinéma.
Marie-Louise Th. — Gastonjacquet habite
68, rue Laugier. — Marcel Lévesque. 7. rue
de Berne.
Mademoiselle Gendre. — Voici l'adresse
demandée : A. B. Svensk-Film Industrie
19. Kungsgatan. Stockholm iSuède).
Claude Fayard. — Vovez le scénario de
La Fête espagnole de L. I). dans Ciné pour
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est tirée de l'œuvre de Paul Hervieu et réa-t
lise par M. Charles Burguet pour Louis
Nalpas. avec Mathot. S. Dclvé et Marise
Dauvray. L'Ame de Pierre, du même met-
teur en scène est tirée de l'œuvre de Geor-1
ges Ohnet, avec M. Mariaud. H. Brabant.'
G. Modot, S. Delvé.
Filmosophe. — Voici quelques adresses :
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York City U. S. A. — Nazimova (3. 124.
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14. rue Pcstalozzi. V'. — Eric Barclay.
34. rue Marbeuf. — |. de Baroncellh .47. rue
des Mathurins.
C. K. C— Les principaux films de Mar-
san-Maudru sont: Le Lys Rouge, Le Gouffre .
L'Holocauste. Le Droit de tuer. Près des
Cimes. Un Aventurier. Celle qui n'a pas dit
son nom. Le Talion. La Double Epouvante,
L'Amour du Mort... Et jen oublie.
El Dorado. — En effet. M. Decœur était
tellement bien dans La Faute d'Odette
Marécbalque personne ne l'a plus fait tour-
ner. Dommage^ très dommage.
L'Œil de Chat.
cinea
NERMAN
M AYO L
cinea
J&M LES FILMS D'AUJOURD'HUI M&
Raspoutine.
J'ai oublié — les études grecques
sont .sûrement en décadence — le
nom du dramaturge que les Athé-
niens condamnèrent à une amende
parée que, en prenant pour sujet la
prise récente de Milet, il avait pro-
voqué l'émotion par un procédé trop
facile. Un film* où sont décrits les tra-
giques événements qui précédèrent
l'écroulement de l'Empire russe nous
parait, aujourd'hui encore, manquer
de recul, et l'on peut éprouver cette
impression même si l'on ne possède
point au fond d'un portefeuille quel-
ques titres russes dont les coupons
s'obstinent à ne point se détacher.
Le manque de recul présente un
inconvénient à un autre point de vue ;
plus l'époque est éloignée, plus la
reconstitution en est facile, moins le
public et la critique sont exigeants
quant aux détails. Il est plus aisé de
susciter un romain qui ait l'air ro-
main, qu'un russe ou un chinois plau-
sible, de reconstituer le Forum ou
l'Agora (nous n'y étions pas, n'est-ce
pas ?) que la perspective Newsky ou
Ha-Ta-Men.
Qu'il y ait dans certains des ta-
bleaux de ce film une accumulation
de détails isolément exacts; ce n'est
point suffisant. Il manque ce souffle
qui permet aux Suédois, quelquefois
aux Italiens, de nous transporter aux
époques passées.
Au premier abord, Montagu Love
semble physiquement désigné pour
le rôle de Raspoutine. Il n'y apparaît
point excellent et le reste de l'inter-
prétation ne sort point de l'ordinaire.
Le film tout entier, d'ailleurs, ne
susciterait guère d'attention sans la
réclame spéciale que lui a faite la
censure.
•
L'échéance fatale.
Une action peut être passionnante,
mouvementée, intrigante tout en res-
tant dans les limites de la vie et de
la vraisemblance ; la donnée de ce
drame en sort à chaque instant et
c'est dommage, car il représente un
effort intéressant de réalisation. L'in-
terprétation est bonne, encore qu'il
paraisse invraisemblable que deux
frères soient aussi visiblement, l'un
français, l'autre russe. Et quand on
constate combien M. Nicolas Kimskv
demeure russe en jouant un rôle fran-
çais, on s'étonne moins que Montagu
Love arrive si difficilement à paraître
russe.
L'affaire du train 24.
Que nul des auteur, metteur en
scène, acteurs, machinistes, opéra-
teurs, accessoiristes qui ont pris part
à la fabrication de ce film en huit
épisodes ne soit mort d'ennui, cela
prouve jusqu'où va l'endurance hu-
maine. Mais l'épreuve paraît suffi-
samment concluante et il serait cruel
— surtout par ce temps d'assassinats
en chemins de fer — de la renouveler
sur le public.
Les deux routes.
Je dois faire amende honorable à
Bert Lyttel, pour avoir dit naguère
qu'il était joli garçon; il est mieux
que cela et fait preuve, dans ce film,
d'un talent vivant et sincère. Du film
même il n'y a pas grand'chose à dire.
Un policier (dont le rôle est fort bien
joué) se trouve en face du même pro-
blème que Javert à la fin des Misé-
rables; mais il ne le résoud point,
comme ce Brutus de la Rousse, en se
suicidant; il se contente de ne point
faire son métier et de laisser tran-
quillement partir pour Honolulu l'an-
cien convict dont il estime la conver-
sion suffisamment acquise. Après
tout, la solution n'est peut-être pas
pire qu'une autre.
Les avatars de Chariot.
J'éprouve quelque scrupule à parler
de Charlie Chaplin, dont quelqu'un,
prochainement, va parler très bien.
Mais peut-être faut-il, au contraire,
se hâter d'en parler avant que des
choses définitives aient été dites sur
le mime génial.
J'ai indiqué naguère qu'au cinéma
l'une des principales difficultés était
d'établir 1 harmonie entre le naturel
et le factice, que l'une des solutions
les plus tentantes consistait, si l'on
peut ainsi dire, à s'aligner sur le
factice, à imposer aux objets natu-
rels le devoir de se conformer à une
convention générale. Cela, Charlie
Chaplin partant de l'esthétique de la
pantomime, l'a nettement vu; il a,
cherché à 1 appliquer dès ses pre-
miers films, que déparent cependant
des éléments de comique déjà connus
(les hommes à moustaches, etc.). Plus
tard il a réalisé des œuvres telles
que Chariot noctambule, qui, sans
avoir une portée très forte, ne com-
portent pas une fausse note, cepen-
dant que, sûr de sa technique il ten-
dait vers les œuvres riches, com-
plexes, humaines, de sa dernière
manière, dont nous ne connaissons
que quelques-unes (Une vie de chien,
Chariot soldat, etc.).
D'autre part il est certain que Char-
lie Chaplin fait rire, et sans qu'on
conserve, après avoir ri, cet arrière
goût d'ineptie que laisse trop souvent
le rire obtenu par des procédés pure-
ment mécaniques.
Mais tout ceci s'applique à des œtH
vres de Charlie. Or que nous présente-
t-on aujourd'hui ?Un pot pourri, une
rhapsographie destinée à utiliser
les restes, à faire repasser en troi-
sième décoction les films qu'on nous
a montrés d'abord à leur apparition,
qu'on a fait repasser ensuite dans
tous les sens au point d'en lasser les
yeux, et qu'on essaie de refiler sous
cette nouvelle forme. Que, Rossini
devenu silencieux, des Castil Blaze
aient continué, pour plaire au pu-
blic à fabriquer des Iouna delLago,
et autres Rhapsodies, cela se conçoit:
encore Rossini lui-même les sifflait-il.
Mais le procédé qui consiste à con-
currencer les œuvres d'un auteur en
pleine production avec ses œuvres
antérieure est inqualifiable, et il faut
espérer que le public fera justice de
ce déplorable sabotage.
•
Chimères.
En situant pièces, romans ou films
dans des milieux mondains, les au-
teurs n'obéissent pas seulement à des
considérations de snobisme. La ma-
jorité du public se plaît sincèrement
au spectacle d'hommes bien habillés,
de femmes élégantes. L'aspect d'amu-
sement extérieur que revêtent ces
existences fournit des oppositions
faciles et frappantes avec les senti-
ments qui torturent les personnages;
cinea
5
enfin les .sentiments qui agitent les
âmes de gens cultivés, habitués par
la lecture des romans à reconnaître,
à définir et a diriger dans des sens
déterminés les mouvements de leur
vie passionnelle sont plus aisés à
décrire que ceux d'êtres moins cons-
cients et plus spontanés.
L'inconvénient est qu'on a abusé
de ces facilités et qu'aujourd'hui,
lorsqu'on voitl'èlèij a nt issi mehèroïne
qui s'avance sur l'écran, tandis que
son mari ou son amant allume une
cigarette avec cet air dégagé qui ne
se voit qu'au cinéma, on regrette
trois tables sales, sous un toit pou-
dreux, au fond d'un Saloon, plein de
eowboys.
Il faut avouer que l'héroïne de
Chimères est à plaindre, entre un
mari qui pousse l'aveuglement à un
point tel qu'il ressemble à de la com-
plaisance, et deux amoureux dont
l'un ne sait que se suicider et l'autre
l'accule elle-même au suicide. Mlle
Hespéria se tire bien du rôle, avec
une louable sobriété de gestes et une
beauté un peu trop sculpturale qui
donne l'impression d'un modèle plu-
tôt que d'une femme du monde.
Ambitieuse.
Mrs. Glynn s'est fait une spécialité
de romans dépeignant les mœurs de
la haute société anglaise, a peu près
de la manière dont pourrait les dé-
peindre une dame de compagnie in-
telligente et envieuse, ou, plus sim-
plement, une authoress qui voudrait
corser ses produits en leur donnant
le goût français. Un de ses derniers
romans assez amusant d'ailleurs, la
carrière de Catherine Bush, a tenté
un metteur en scène qui a changé le
nom de l'héroïne, adouci ou supprimé
les incidents scabreux, et réalisé
ainsi un film assez banal, que Cathe-
rine Calvert défend bien avec son ta-
lent, intelligent et sec, assez appa-
renté au type de l'héroïne.
Ce qui condamne le
principe même de la
Censure cest qu'elle ne
commet pas une sottise
de moins quand elle est
exercée par des gens
intelligents et lettrés.
L'Enigme du diable.
On songe à tel concerts de Mendels-
sohn ou de Saint-Saens, où une idée,
de valeur secondaire, développée
avec un art et une expérience ache-
vés fournit à un excellent artiste un
prétexte plausible pour montrer sa
virtuosité. Gladys Brockwell trouve
là un de ses meilleurs rôles, le cadre
est riche et varié, et après tout il y a
des jours où l'on ne tient pas essen-
tiellement à entendre des œuvres de
premier ordre.
•
La Sierra Nevada
Las des épisodes incessants et mo-
notones d'un ciné-roman dont la bê-
tise écrasante a découragé jusqu'aux
directeurs de salles, les yeux se repo-
saient avec joie chaque semaine sur
ces beaux paysages de montagnes,
sur cette eau vivante ; qu'elle soit
neige ou nuage, glacier torrent ou
lac, chose curieuse et déjà signalée,
le cinéma, instinctivement, trouve
les règles classiques : les opérateurs
qui ont pris ces vues, et qui n'ont
sans doute jamais regardé un tableau
de Poussin, de Corot, ou, par exem-
ple, parmi les modernes, de Rouxel,
savent que le paysage doit être animé,
mis à l'échelle par des êtres vivants,
des voyageurs, des chevaux, des
chiens...
•
Le Roman d'un Spahi.
On a souvent remarqué qu'à cer-
tainesépoques un art, sous l'influence
de ce que demande le goût du public
ou de ce qu'offrent les moyens d'exé-
cution, semble subir par avance
l'influence d'un autre art non encore
existant. C'est ainsi que, dans les
structures gothiques, se préforme la
construction métallique, dans les
dessins au phijsionotrace du xvme
.siècle, la photographie.
De même, nombre d'écrivains ont
fait du Cinéma avant le Cinéma. En
Amérique, les noms de Bret Harte et
de O. Henry viennent immédiatement
à l'esprit; en Angleterre, celui de
Conrad, en France, et, dans un genre
différent, celui de Pierre Loti.
Essentiellement romantique par
l'importance qu'il donne au cadre, au
paysage, par son goût pour les
milieux exotiques qui laissent appa-
raître, sous son aspect le plus immé-
diatement perceptible, la diversité de
l'univers, l'auteur de Pêcheurs d'Is-
lande aime présenter des personna-
ges aux âmes non point simples —
aucune âme n'est aussi simple qu'on
le croit — mais inconscientes de leur
complexité relative, qui s'expriment
non point par des mots, par des ana-
lyses explicites, mais par un geste,
un acte synthétique. Et c'est là, au
fond, l'esthétique de l'écran.
Est-ce à dire qu'il soit facile de tour-
ner du Loti ? Non, et justement parce
que c'est déjà du Cinéma ; et l'aver-
tissement vaut pour qui voudrait
s'attaquer à O. Henry, à Conrad, ou
à Bret Harte. Et puis, ce marin hau-
tain, timide et mélancolique a pro-
mené dans les cinq parties du monde
un œil qui sait voir ; à cet égard, on
ne peut guère citer après lui que les
frères Tharaud. Or, pour qu'un objec-
tif voit ce qu'a vu Loti, pour qu'une
pellicule montre ce qu'il nous montre,
il faudrait beaucoup de conditions
— artistiques ou économiques qui
sont difficiles à remplir. Je n'ose point
dire qu'elles soient remplies en ce
qui touche Le Kojnan d'un Spahi.
Les Bohèmes de Paris.
Quel intérêt présente une image de
la vie des paysans normands ou des
artistes montmartrois, exécutée
d'après les idées que s'en fait le met-
teur en scène de Manhattan ou de
Los Angeles ? 11 est possible qu'un
habitant de Des Moines ou de Peoria
la trouve ressemblante, de même
qu'on admire peut-être à Copenhague
le caractère hindou ou martiniquais
de certains films de la Nordisk. Mais
il y a quelque audace à exhiber de tels
tableaux au public français, d'autant
que l'auteur ne s'est pas mis en frais
d'imagination et n'est pas allé cher-
cher ses données extrêmement loin.
Montagu Love a du tempérament
eteonnaît son métier, maison éprouve
quelque regret à le voir gaspiller son
talent à jouer des personnages tou-
jours creux et inexistants auxquels
il n'arrive pas à donner la vie.
Lionel Landry.
// parait que le specta=
cle du crime et de la
passion provoque le
crime et la passion. M
Et le spectacle de la
Vertu à haute dose, quel
effet produirait=il ? M
cinea
Jack London et les Animaux
Dans l'avant-propos de Michaël
frère dejerry, Jack London a écrit :
«Je ne suis pas une femmelette. Je suis
considéré, an contraire, par tons les
critiques littéraires les plus sen-
sibles, comme une sorte de bête pri-
mitive prenant plaisir à la violence.
Sans discuter cette réputation d'ordre
général qui m'a été faite, et l'accep-
tant comme monnaie courante, je
dirai simplement que la vie s'est
chargée en effet de m'instruire à une
très rude école et m'a donné à con-
templer plus d'inhumanité et de
cruauté qu'à la moyenne des hommes,
depuis le gaillard d'avant, les pri-
sons, les bouges, le désert, les
chambres d'exécution et les lazarets
jusqu'aux champs de bataille et aux
hôpitaux militaires... Cependant,
laissez-moi vous le certifier, je n'ai
jamais été aussi écrasé et aussi scan-
dalisé de la cruauté du monde qu'au
milieu des applaudissements et des
rires d'une foule heureuse regardant
des animaux exécuter des tours sur
une scène. L'art de la cruauté a at-
teint sa complète floraison dans le
domaine des animaux savants. »
Et la Ligue pour la défense des ani-
maux s'est inspirée de la préface
dont les lignes qui précèdent sont
extraites, elle a fondé le « Club Jack
London » dont les membres s'en-
gagent à ne jamais encourager les
exhibitions d'animaux dressés en as-
sistant volontairement à ces spec-
tacles, que cela soit cinéma, music-
hall ou autre endroit où ces spec-
tacles ont lieu, et à quitter leur place
en signe de protestation si un nu-
méro d'exhibition d'animaux est an-
noncé en n'importe quel lieu. C'est
d'ailleurs un genre de protestation
que Jack London a lui-même con-
seillé.
Eh! bien, approuvons que la souf-
france d'une bète soit vitupérée et,
quand on le peut, empêchée. Même,
pour un film destiné à du retentisse-
ment par ses propres mérites et parce
qu'il traduit en images un roman
fameux, un animal a été sacrifié.
Nous avons déploré un tel acte com-
mis pour l'amour de l'art, par exa-
gération de la volonté de l'exact.
Dans un autre film, nous avons vu
M. André Nox jouer un personnage
qui battait des chiens; cet acteur de
premier ordre, on le voyait, simulait
ses coups, il ne frappait pas réelle-
ment, c'est lui qui avait raison.
Elevons-nous contre le désir d'ab-
solue vérité... mais acceptons les
animaux au cinéma, tels que les em-
ploient bien des metteurs en scène.
Les bêtes ne souffrent pas, qui font
le beau quelques minutes comme le
chien de Papa Longues Jambes. Le
bouledogue des Quatre Diables qui,
la langue pendue regarde idiotement
un travail d'acrobates est peut-être
dorloté comme les éléphants de plus
d'un film.
Abhorrons la ménagerie, la prison
des fauves, sans air ni lumière, mais,
si des lions ont été capturés, qu'ils
soient photographiés et vivent à l'air
plutôt que d'être enfermés dans de
sales locaux.
Le dressage — s'il y a dressage —
peut, pour le cinéma, être amical,
alors quelle leçon nous donnent les
animaux, leçon de naturel! Mais
qu'ils soient traités avec la plus ai-
mable douceur et, surtout, que ja-
mais, sous n'importe quel prétexte,
on ne les blesse, on ne les tue, les
chiens, les chats, les chevaux, les
autres. Bien sûr, ils ne savent pas
toujours simuler la mort comme des
femmes et comme des hommes, mais
les bébés non plus, ne jouent pas le
drame, les empoisonnerez-vous pour
que, sur l'écran, ils interprètent à
merveille, des rôles de nourrissons
sans lait? Que si la comparaison est
injuste, pardonnez-là.
Alors, protection, justice pour les
bétes, nous le demandons avec fer-
veur aux metteurs en scène qui en
utilisent, mais nous savons que gé-
néralement elles ne sont point tor-
turées, on les gâte.
Reconnaissons les excellentes in ten-
tions du club dédié à la mémoire de
Jack London et souhaitons que l'on
continue de porter à l'écran ses
œuvres, nous y verrons des ani-
maux que l'on n'aura pas fait souf-
frir; même on devrait pouvoir nous
montrer, sans aucune douleur, sans
aucun souci pour eux, les chiens de
Y Appel de la forêi.
Lucien Wahl.
Nous demandons à
VOIR
encore une fois
Chariot Soldat
avec CHARLIF CHAPLIN
SYDNEY CHAPLIN
et EDNA PURVIANCE
Terrible Adversaire
avec DOUGLAS FAIRBANKS
et IEWLL CARMEN
Pour sauVer sa Race
avec WILLIAM HART
Louise GLAUM et Bessie LOVE
0 Le Penseur 0
avec ANDRÉ NOX
L'Homme aux Yeux Clairs
avec WILLIAM HART
Le Lys et la Rose
avec LILIAN GISH
et FRANK MILLS
0 Le Silence 0
avec EVE FRANCIS
:-: et S I G N O R E T :-:
0 Œil pour Œil 0
avec SESSUE HAYAKAWA
0 Le Faune 0
:-: avec FEBO MARI :-:
cinea
LA DANSEUSE J ASMINE
Chaud... d'habits et de beaux soirs à
l'Olympia nous ont révélé ses dons.
Les Dames de l'Amour et de la Mort et
Une Nuit à Thebes au Gaumont-Palace.
l'ont épanouie, exaltée. Bien mieux
encore sera, le résultat de ses derniers
mois de réflexion, de patience, d'effort.
H
cinea
LES COULISSES D'UN FILM
Vous voua plaignez du mépris où
les écrivains français tiennent le
cinéma en général ? Songez an beau
chu lira i-i que /tous vaudrait leur
intervention avec toutes les manies
et les tics dont ils sont encombrés.
Le tout petit et si lent progrès de
notre art deviendrait aussitôt une
reculade désordonnée. Ne vaut-il
pas mieux ne fraterniser avec la
littérature que par une demi-dou-
zaine de talents clairvoyants? Ainsi
le goût moderne et la subtilité
extraordinaire de Mme Colette ont
abordé le cinéma avec une compré-
hension intense. Spectateur d'elle-
même et de la vie, comme ses vo-
lume* l'ont admirablement noté,
elle est venue, à l'écran, à ses réa-
lités et à ses mystères, par une loi
quasi naturelle. Elle est une preuve
complète de l'attirance et du but
artistique du ciné. Sa curiosité l'a
poussée moins que son intelligence
sensible. Elle a écrit dans Le Film
des paget qui resteront pour leur
expérience et leur divination pres-
que cruelle. Et elle fit un film d'après
sa Vagabonde célèbre. Citons quel-
ques impressions — trop brèves —
de ses heures de travail en Italie.
Dehors, c'est le printemps romain :
azur sans vigueur où fauche l'aile
des martinets, nuages émus à peine
par un sirocco faible, et des roses
parmi les jardins, des lilas, des aca-
cias, des épines blanches, des glyci-
nes qu'une seule journée de chaleur
décolore, et qui échangent par-dessus
la via Nomentana leur parfum de
beignets vanillés et de fleur d'orange.
Dedans, sous les vitres du hall sans
murailles, c'est déjà, et jusqu'aux
vents frais de septembre, la four-
naise. L'air séché offense la gorge et
les bronches, « mais », comme l'af-
firme un pensionnaire de la Société
cinématographique en montrant le
thermomètre, « il est bien rare que
ça dépasse cinquante-cinq degrés »
Le canon de midi a tonné sur Rome.
L'odeur de l'huile chaude et du pois-
son frit, venue de la maisonnette des
concierges, a traversé le théâtre de
verre, avec le grésillement des oi-
gnons. Quelques minutes après, l'air
fleura le café et les oranges écorcées.
Midi et demi, - une heure, — deux
heures, — et nul souple acteur italien,
nulle figurante aux vastes yeux, ne
s'est élancé vers le vestiaire d'abord,
vers la trattoria ensuite : ce monde,
borné par des parois transparentes,
régi par la course de l'astre et celle
du nuage, a rompu avec les coutumes
millénaires.
La vedette déjeunera vers quatre
heures; plus heureux, le petit rôle
dépêche à la dérobée une f'rittata
entre deux tranches de pain natio-
nal, bis et compact. J'ai faim. A cinq
cents mètres d'ici je trouverais un
fiacre, cheval sans âge, cocher ver-
moulu et plein de ténébreux mauvais
vouloir... Ce n'est pas mon travail
qui me retient ici, c'est celui des
autres. Moi, je suis seulement ce
témoin, cet indiscret, cet oisif: l'au-
teur du scénario qu'on est en train
de « tourner ». N'importe, je reste.
J'assiste au spectacle cent fois vu et
cent fois nouveau. Le programme de
la journée comportait plus d'une
attraction : pugilat entre deux ri-
vaux, dans un décor de music-hall
miséreux, scène des lettres surprises,
décordes adieux .. Pour l'instant, la
pause se prolonge et les meilleurs
courages chavirent. Une matrone
blanche et blonde, énorme, engagée
à tant le kilo pour jouer le rôle de
la Femme-Canon, halète dans son
justeaucorps de paillettes et l'on pense
à l'agonie étincelante de quelque
poisson des mers lointaines.
Stoïque, pantalonné de gris perle,
le jeune premier reste debout. 11 a
insinué entre son col et son menton
un mouchoir plié, et s'évente avec
un journal. Il ne parle pas, il ne se
plaint pas, tout son visage taurin de
beau garçon du peuple n'exprime
qu'une pensée: « Que je succombe
debout et suffoqué, mais que demeure,
jusqu'après moi, le pli du pantalon
gris-perle I pli rigide qui tout à l'heure
fléchira, une seule fois, pour l'age-
nouillement devant cette éblouis-
sante jeune femme... »
Eblouissante, en effet. Il n'y a rien
de plus blanc que son blanc visage
poudré, sinon ses bras nus, son cou
sans colliers, sinon le blanc de ses
yeux Chaque fois que je regarde ses
yeux, ma mémoire me souffle cette
phrase de Charles-Louis-Philippe :
« Elle avait des yeux d'une grande
étendue... » Noirs ses cheveux et noirs
ses cils, sa sombre bouche entr 'ou-
verte sur des dents blanches — elle
est toute pareille déjà à son image
cinématographique, et les proies
sionnels d'Italie et de France vous
feront d'elle ce compliment sans ré-
plique : « Lue plus photogénique
qu'elle, il n'y en a pas I »
Cette jeune beauté aguerrie défie
la lumière écrasante. Elle s'est fait
— à quel dur entraînement! — des
paupières qui ne clignent point, un
front insensible, et je larmoie rien
qu'à la voir lever, contre les rayons
de midi, son regard de statue... Elle
n'a qu'un peu de sueur au bord de
ses cheveux ondes, et parfois, sans
qu'un trait de son visage vacille, une
larme ronde, fruit douloureux de
l'œil blessé et de la paupière tendue,
quitte ses cils et roule sur sa joue.
Cette jeune femme, la vedette, cuit
sous le toit de verre depuis neuf heu-
res du matin. Hier, elle a changé
onze fois de toilette, de bas, de sou-
liers, de chapeau, de coiffure. Le jour
d'avant, elle grelottait, demie-nue
dans des jardins, sous des lilas dé-
gouttants de pluie. Demain, une auto-
mobile l'emportera, à sept heures,
vers les montagnes encore neigeuses,
quarante kilomètres pour aller, qua-
rante pour revenir, pas d'auberge.
En décembre dernier, elle est entrée,
par trois degrés au-dessous de zéro,
dans la mer et y a nagé. Un film po-
licier l'a jetée sous un train, d'où elle
sortit noire, un peu brûlée d'escar-
billes, l'a assise sur l'aile d'une auto-
mobile en marche...
Etrange destin, qui donne à rêver.
Labeur grevé d'austérité, privé de
la récompense qui galvanise chaque
soir la fatigue au théâtre: l'applau-
dissement, le chaud contact du public,
le réconfort des regards et des con-
voitises... N'est-ce donc que l'appât
du gain qui soutient le grand pre-
mier rôle, homme ou femme, du
cinéma et le conduit à des risques
quotidiens? Je ne puis le croire...
« Rrrrrrrrrrrrr. . . » Le ronronne-
ment connu de l'appareil enregistreur
cinea
■
DO ROT H Y D ALT ON
La star de la Th. Ince Production.
héroïne de tant de drames mon-
dains ou pittoresques — n'a-t-elle
pas tourné Aphrodite — se montre
ici « derrière lecran », vérifiant au
miroir le maquillage que sa superbe
« valise a grime « lui a permis.
avant de se confier a l'opérateur.
0
cinea
m'avertit qu'on reprend le travail.
Trente huit degrés an thermomètre,
— mais je .sais, au balancement des
grappes de glycines contre un mur
incendié, au vol brusque des pétales
de roses, que le « ponentino », le vent
du ponant, s'est levé, ouvrant son
aile fraîche sur la ville, présageant
la chute du jour et la clémente nuit
romaine.
— Andianwl crie le metteur en
scène, et il ajoute un: « Allons-y!»
compris de tous, car — rougissons-
en T — les directeurs de la X... par-
lent un français rapide et aisé, et son
metteur en scène, et ses artistes; —
la Femme-Canon roucoule en fran-
çais comme une grosse pigeonne, et
le petit figurant en frac, que je prie.
- dans quel baragouin! — d'animer
un peu sa chanson mimée, me ré-
pond :
— Je pé pa faire plous de yestes,
ye souis romancier.
... y
— Je chante que la romance, au
café-concert. Un romancier il fé pas
de yestes.
On tourne. On tourne des « petits
bouts », des « passages », ces allées
et venues, ces vues de portes ouvertes
et refermées, de couloirs, qui, posés
comme des points de suture ingé-
nieux entre les scènes d'importance,
donneront au spectateur l'illusion de
la vérité, de la vie, de l'ubiquité...
La belle jeune femme noire et blan-
che évolue dans la lumière magni-
fique de trois heures, selon les indi-
cations du metteur en scène :
— Vous entrez ici, vous sortez là,
après vous être arrêtée un moment
avec inquiétude pour écouter si votre
mari vous suit.
Elle l'écoute, réfléchit, et pose cette
question sibylline :
— Combien ?
— Trois mètres, trois mètres cin-
quante.
Dialogue hermétique, où les initiés
peuvent apprendre que ce « passage »
doit être joué sans lenteur, pour être
enregistré sur une longueur maxi-
mum de trois mètres cinquante de
pellicule. Cet argot du cinématogra-
phe, on le parle à Paris comme ici,
et j'oublierais souvent le lieu où nous
sommes, les frontières lointaines, si
la langueur de l'air ne me les rappe-
lait, et aussi la tranquillité singu-
lière d'un travail qui, chez nous,
n'évite pas la nervosité, la petite crise
de pleurs. « Ici », écrivait Renan, le
« rythme tle la vie est plus lent d'un
degré. . » Un peu trop de sérénité
assoupit la passion du grand amou-
reux, et je renonce à comprendre
pourquoi nous reprochionsleur excès
de mouvement et d'expression aux
interprètes italiens! Qu'ils sont doux,
tous, même celui-là, titulaire d'un
rôle de comique acerbe, oui, celui-là,
qui livre à l'opérateur en ce moment
sa figure rusée, froncée d'un rire inté-
rieur, et son regard étouffé sous une
paupière en abat-son...
— Presto, presto, Ecce-IIomo!
Ecce-Homo? Mais oui, c'est lui.
C'est l'homme, — l'homme qui a joué
Christ us, et qui n'en garde pas plus
d'orgueil qu'il ne faut. Mais sa femme,
auprès de qui je loue ce dieu bon
enfant, rayonne de fierté :
— Croyez-vous qu'il était beau
dans le Christ? Croyez-vous cpi'il
faisait bien en croix? Cette chance
qu'ils ont eue de le trouver, lui qui
ajustement le diaphragme abaissé!
Pas vrai, Sa Sainteté?
L'irrévérencieuse blonde qui parle
ainsi — sans aucun accent — inter-
pelle au passage un somptueux valet
de pied, chargé d'ans et de dorure,
qui porte un plat où les fenouils, ha-
bilement ciselés, figurent les côtes
d'agneau et les pommes soufflées. 11
détourne vers nous une admirable
figure italienne, longue, embellie de
rides nobles, couronnée d'argent.
— Sa Sainteté, venez que je vous
présente... C'est lui qui faisait le Pape
dans le film, vous savez, le film qui
était si bien truqué que tout le monde
a cru qu'on avait filmé le vrai pape...
Il a 78 ans.
Sa Sainteté sourit, équilibre son
plateau sur la main gauche trem-
blante, et, la dextre levée, nous octroie
sans s'arrêter la bénédiction ponti-
ficale...
Quittons ces jeux profanes: la jeune
femme si photogénique va « tourner »
une scène capitale de mon scénario,
pour laquelle on n'a requis d'ailleurs
ni mon avis, ni mes conseils, sans
quoi j'aurais donné à entendre, à
grand renfort de périphrases diplo-
matiques, que le pyjama pour dame,
fût-il accompagné par un diadème
hindou, sied mieux au vaudeville
qu'au drame.
La série des rites se déroule parmi
la transpiration générale. On recule,
dans un décor de loge d'artiste, le
miroir à trois faces, puis on l'avance,
puis on le supprime, puis on le rap-
porte ; — la table coiffeuse valse d'une
paroi à l'autre, lue vieille malle de
tournée mérite le premier plan, jus-
qu'au moment où le metteur en scène
s'avise qu'elle porte, bien lisibles,
sur une vingtaine d'étiquettes d'hô-
tels, les noms : « Dresden, Mûnchen»,
etc., etc. . Exil, à coups de pied.de
la malle. Cavalier seul de cet animal
étrange, caparaçonné de noir et mar-
chant sur six pieds, que forment
l'appareil et l'opérateur Geigne-
ments d'une partie de l'animal. Ré-
partition, en groupe immobile, de la
jeune femme photogénique, d'un gent-
leman robuste, de la Femme-Canon
on l'entend respirer du bout du
hall! — d'un pierrot blanc, d'une
gommeuse excentrique — seize ans,
la plus suave figure virginale — et
d'un paysan calabrais. Cris :
— Gira I
Et ronron de l'appareil : tout le
groupe s'anime sans bruit; — le gent-
leman frêle tient par les poignets la
jeune femme en pyjama, et mâchonne
de sourdes injures. Elle se débat,
tord ses poignets minces, ouvre la
bouche pour un grand gémissement
qu'on n'entend presque pas, se dé-
gage d'an effort et chuchote dans le
visage de son tourmenteur, avec le
masque dune femme hurlante :« Je
vous défends .. je vous défends de
me traiter ainsi... Lâche... miséra-
ble... »
Le gentleman robuste ne dit rien,
— il se contient et étreint sa canne.
Toute sa jambe gauche songe au pli
du pantalon gris-perle... Les autres
acteurs, au fond, murmurent et
s'émeuvent sur place comme un ri-
deau d'arbres atteint par un coup
de vent... Cri :
— Bastal
— Et l'expression collective du
groupe tombe; — les épaules s'aveu-
lissent, les regards perdent leur
flamme passagère, les jarrets plient.
— Basta per oggil K finitoï
— E finitoï Pourtant, parmi les
cris d'enfantine joie des libérés, le
metteur en scène retient encore la
jeune femme photogénique, qui écoute
le programme du lendemain :
- Demain, mon petit, on tourne à
Nemi, départ à huit heures en auto.
Emportez le costume de la fuite, la
robe du jardin, la toilette du soir
avec manteau, tous les accessoires,
n'oubliez rien, hé ? ce n'est pas à côté,
Nemi...
Elle l'écoute avec une soumission
sans espoir, fait « oui, oui », de la
tète, et récite tout bas une litanie de
ses bagages :
cinea
11
— La robe rose, les bas gris, les
souliers de daim, la robe de tulle noir,
le manteau violet, les gants blancs,
le diadème, le kimono, les mules
fourrées, le tailleur bleu...
Et comme si elle eût, jusqu'à cette
minute, par un effort nerveux, com-
mandé à la nature, elle se met tout
soudain à transpirer sans contrainte
et s'en va vers sa loge en psalmo-
diant :
— Le manteau violet, le tailleur
bleu, les mules fourrées, le diadème,
les bas gris...
En suivant de l'oeil cette mince sil-
houette, ce corps tout à l'heure cabré,
à présent mou et ballant dans le
pyjama de soie, je me demande une
fois de plus :
« L'appât du gain, du succès sur
toile, la coquetterie du risque quoti-
dien, peuvent-ils suffire à enchaîner
une jeune femme, des années durant,
à cette existence? Il y a l'amour du
métier, je sais bien, et aussi l'esprit
de rivalité, oui. Mais quoi encore?»
Un bout de dialogue, entre deux
jeunes actrices de cinéma, me re-
vient :
— Ça ne vaut pas le théâtre, et on
s'éreinte, disait l'une.
— Ça se peut, répondait l'autre.
Seulement, au ciné on se voit...
Peut-être faut-il chercher un peu
de ce narcissisme délicat dans la
manière de penser, de dire familière
à certaines étoiles du cinématogra-
phe. L'une des plus notoires vedettes
italiennes, et des plus belles, se cri-
tique, se maudit ou s'admire sur
l'écran, comme s'il s'agissait d'une
autre personne, avec une sorte de
candeur hallucinée :
— Vous avez vu la Piccola fonte '?
me disait-elle. Vous trouvez que c'est
bien? Dans le jardin, quand elle se
traîne contre le mur et la porte, elle
a des attitudes, des gestes de bras
qui sont beaux...
N'y aurait-il pas, chez celles qui
consacrent à 1 écran leurs jeunes
forces, la fleur périssable de leur
visage, une sorte de fanal isme amou-
reux, qu'elles vouent à ces « doubles »
mystérieux, noirs et blancs, détachés
d elles-mêmes par le miracle ciné-
matographique, libres à jamais, com-
plets, surprenants, plus pleins de vie
qu elles-mêmes, et qu elles contem-
plent en créatrices humbles, parfois
ravies, souvent étonnées, toujours
un peu irresponsables?
Colette.
Les Films Allemands
en Suisse Romande £
Petit à petit, lentement mais sûre-
ment ils ont envahi tous les écrans,
enfoncé les portes les plus solides et
pénétré partout.
Ils sont généralement bien pensés,
bien montés et bien joués; tous ceux
que nous avons vus sont des maniè-
res de petits chefs-d'œuvre de mise
en scène et d'interprétation.
Le premier film allemand projeté
à Genève après l'armistice était cette
fameuse Duharrg, qu'interprétaient
avec éclat le célèbre Emile Jannings,
le meilleur tragédien allemand et
cette étrange artiste, mi-polonaise,
mi-allemande, Pola Negri.
Dans ce film, d'un goût douteux,
en dépit d'une mise en scène fas-
tueuse,la France du xvme siècle était
odieusement bafouée. Louis XV appa-
raissait, monumental, impotent, le
visage couvert de pustules. Cepen-
dant, d'une façon générale, les mou-
vements de masses parfaitement ré
glés ne laissaient rien à désirer, et
de nombreuses scènes, telles celles
du Tribunal Révolutionnaire et des
exécutions en masse, avaient vrai-
ment de l'allure.
Ce film fut une révélation pour
beaucoup, et il obtint un grand suc-
cès de curiosité dans toute la Suisse.
Dommage, au fond, qu'il ne fût qu'un
instrument de propagande dirigée
contre la France des philosophes,
paraissant gouvernée, d'après ce
film, par une courtisane illettrée et
capricieuse. En a-t-il été réellement
ainsi?
Nous eûmes, peu après, l'occasion
de voir de nombreuses adaptations
d'oeuvres françaises, puis vinrent des
films de composition nettement ger-
maniques et joués parles meilleurs
artistes d'Outre-Rhin. Savez-vous que
pendant six semaines la foule envahit
littéralement l'heureux établissement
qui avait pu s'assurer l'exclusivité
de l'un d'eux : la Maîtresse du monde,
œuvre moderne impressionnante
jouée â la perfection par Mia May,
véritable type de la femme alle-
mande, blonde et grasse.
Peu après, les cinés genevois que
ce prodigieux succès avait « émous-
tillés » voulurent tous à tour de rôle
offrir des films allemands en pâture
â leurs spectateurs. Quelques titres
sur cent: les Paradis artificiels, le
Pogrom, le Poignard du Malaisien,
le Golem, la Statue en marche,
l'Amour d'un grand homme, le Bé-
néfice tles (/uatre diahles, etc. Les
scènes macabres abondent, les cri-
mes fleurissent à chaque tableau et
vous pensez que les sujets ne sont
pas à l'eau de rose. Tout cela fait
vibrer, le cœur tressaille et l'imagi-
nation est frappée à coups redoublés.
En avril dernier, nouvel émoi dans
le landerneau cinématographiste, on
annonce un film allemand d'une somp-
tuosité inégalée: Anne Bolei/n. Il
retrace la vie de la malheureuse
épouse d'Henry VIII d'Angleterre. La
mise en scène, comme toujours, est
un régal pour les yeux. Mais le
héros, Henry VIII, est représenté
sous les traits d'un homme sensuel,
sournois, irritable et sanguinaire,
commettant les crimes les plus épou-
vantables avec le sourire au coin
des lèvres, à la grande joie des fa-
voris. On devine l'œuvre sournoise I
Après la projection de la Dubarrij,
le bon public qui ne connaît pas beau-
coup son histoire générale s'est fait
une singulière opinion de la France
de Louis le bien-aimé. Après Anne
Boleun, il a dû penser que l'Angle-
terre d'Henry VIII ne valait pas beau-
coup mieux.
Dernièrement encore, un autre éta-
blissement projetait des scènes de
l'Invasion Française en Espagne.
Vous devinez quel parti le metteur
en scène a su tirer d'un tel sujet. Et
une foisde plus le pauvre spectateur
aurait pu murmurer : Tiens, tiens,
mais les Français ne valent donc pas
mieux que les Boches.
— Et le fait est que les scènes d'hor-
reur abondaient dans ce film, d'ail-
leurs joué avec fougue per le même
Emile Jannings qui a brossé une
effrayante silhouette d'un général de
la grande armée.
Aujourd'hui l'on nous promet un
nouveau film allemand sur... Danton.
Ainsi, après la France royale, ce
sera au tour de la France de 1789
d'être traînée dans la boue par le
germain effronté qui oublie sans
doute un peu trop l'histoire de son
pays.
Elle fournirait assez d'anecdotes
piquantes pour qu'un Français tente
d'en visualiser quelques-unes â l'usa-
ge du public neutre qui vient d'en-
caisser, involontairement, tant d'in-
solences contre la France.
F. Marcii.i.v.
12
cinea
COMMENT JE SUIS DEVENU COW-BOY
EXTRAIT DE MÉMOIRES
Saint-Joseph-les-Maraie, mai 1910.
A Georges Delaw.
Mon vieux.
Toi qui m'entendais la semaine der-
nière parler cubisme au eafê, sans
autres projets en tête que de révolu-
tionner le monde avec mes pinceaux,
tu vas t'êtonner sans doute du pays
lointain dont ma lettre est datée.
Qu'a-t-il été faire là-bas? vas-tu dire.
Mon vieux, c'est simple, parce qu'ex-
travagant : je suis eow-boy. Je fais
du ciné.
Je te vois, si ce récit était fait de
vive voix, me sourire, te caler dans
ta chaise, bourrer ta pipe, en me di-
sant : raconte?... Eh bien! allume-la
et écoute.
Passons sur les relations qui me
tirent parvenir jusqu'à l'antre de Bor-
land, le célèbre metteur en scène des
Etablissements Z... Ayant gratté
l'huis, un sonore « Entrez » me fait
ouvrir une porte au montant de la-
quelle je lis, sur écriteau plagiaire :
« Ne dites pas bonjour le Blount s'en
chargera ». J'avance, un peu intimi-
dé, vers un homme jeune, frisé, bien
taillé, genre Américain. Présenta-
tions, mes recommandations font bon
poids, et l'interrogatoire commence
aimablement.
- Avez-vous déjà tourné ?
Je mens, en citant le nom de plu-
sieurs maisons concurrentes.
— Etes-vous acrobate ?
— Mon DieuT pas de métier, mais
j'ai fait beaucoup de sports, et cela,
joint à quelques aptitudes phvsi
ques...
— Bien. Savez-vous nager?
— Mon livret militaire en fait foi.
— Savez-vous tomber de cheval?
Mes tu vauteurs m'avaient bien dit :
« On te demanderas si tu sais « mon-
ter achevai», mais tomber... Diable!
voilà une question à laquelle j'étais
loin de m'attendre.. . et comme ma
réponse tardait, il réitéra, croyant
sans doute que je n'avais pas com-
pris :
— Savez-vous tomber de cheval?
- ... Oui,répondis-je, de l'air assuré
du Monsieur qui n'a fait que cela
toute sa vie, cependant que la sueur
du mensonge se faisait une rigole
du bas de mes reins.
— Parfait, monsieur! nous partons
ces jours-ci faire une série de films
de l'Ouest Américain, voulez-vous
être des nôtres ? Nous discutâmes
les conditions, je signai l'engage-
ment, et Borland prit congé de moi
sur ces mots :
— A bientôt, tenez-vous prêt, on
vous écrira.
Huit jours après, cependant que le
P.-L.-M. roule et que j'écoute son
« tunk tunk » rythmé d'allegro, sur
lequel chante en moi une vague sym-
phonie, je fume des cigarettes accoudé
à la barre d'appui du couloir, en re-
gardant la nuit au dehors. Sous ce
beau ciel étoile de mai, il m'emporte
avec des compagnons inconnus, vers
la Camargue, notre Ear-West, où je
dois vivre, tu le verras, une vie mer-
veilleuse.
Minuit. Depuis quelque temps déjà
les conversations ont pris fin, je suis
le seul vojageur attardé dans le cou-
loir, les autres ayant regagné leurs
coins respectifs, j'éprouve le besoin
de me reposer aussi et je rentre dans
mon compartiment. Quelle vision
d'horreur! Tous mes compagnons
ont l'air d'avoir péri d'une mort vio-
lente. Ils sont là, vautrés, accotés
l'un à l'autre, celui-ci a son faux-col
défait, sa tête dépeignée, sa bouche
est ouverte, la veilleuse du plafond
lui marque en noir les cavités des
yeux et met des creux dans ses joues,
il est livide, on a dû l'égorger! Celui-
là, la tète renversée sur l'épaule du
voisin est plus hideux encore, le peu
de langue que montre sa bouche
entr'ouverte indique bien qu'il a suc-
combé à la strangulation; et tous
autour de moi ont des faces sans
yeux, creusées, noires et blafardes,
au hasard des poses, tordues, recro-
quevillées, ballantes ou crispées, ce
sont tous un peu des cadavres, seul
un bruit de respiration, un ronfle-
ment, m'avertit qu'ils n'ont succombé
qu'au sommeil. Je ne puis reprendre
ma place, un cadavre a mis sa tète
où je devrais m'asseoir. Je n'ose le
réveiller et je vais m'installer au
bout du couloir, sur le strapontin
que je sais libre.
A quelqu'un cpii vous a affirmé sa-
voir « tomber de cheval », il est su-
perflu de demander s'il sait y « mon-
ter ».
Un matin donc, quand costumé et
grimé en guerrier Pawnie.je sors de
l'hôtel, je trouve devant sur la place,
des chevaux qui m'attendent, quel-
ques frères de ma tribu les montent
déjà, d'autres arrangent les brides.
Le régisseur me désigne un grand
bidet gris :
— A vous, montez vite, on part !
Je considère la plus belle conquête
de l'homme, et m'aperçois qu'elle n'a
ni selle ni harnais, une simple bride
lui passe dans la mâchoire, et son
dos est nu comme celui d'un cheval
au vert. Je vais réclamer, mais m'en
retiens à temps : tous les autres sont
ainsi. Naturellement, voyons! les fils
de la Prairie, les Indiens du Ear-
West, montent leurs mustangs à poil.
Le cheval est haut, son épine dorsale
m'arrive à la hauteur de l'œil, pas
d'étrier, comment faire pour m'y ins-
taller. Je pense aux petits escaliers
de l'avenue du Bois, le long desquels
les amazones parisiennes font ran-
ger leurs demi-sang pour se mettre
en selle, et je cherche quelque chose
de semblable autour de moi. Rien.
Seulement : je vois le régisseur em-
poigner la crinière de son 'cheval, de
la main gauche, lui mettre la droite
sur le dos, puis d'une flexion vigou-
reuse des jarrets s'élever en l'air, il
passe vivement la jambe droite, et le
voilà à califourchon. Je soupire en
hochant la tète : « Ben, mon vieux ! »
Je sens que l'on m'observe, et tous
ces veux fixés sur moi réveillent mon
cinea
13
NCRMAN
CARPENTIER
Vous avez vu le film de son match avec
Dempsev ? Vous allez voir le film The
Monder Man dont il est le héros. Qu'im-
porte que le champion français ne soit pas
champion du monde. Réconfortez-vous en
pensant que c'est le boxeur le plus
photogénique.
cinea
énergie, je n'hésite plus, j'exécute
tant bien que mal les mômes mouve-
ments et me trouve, bien étonné, à
cheval à mon tour.
Nous partons. Hue! je tape de mes
talons vierges d'éperons les flancs de
ma monture qui prend son rang dans
le groupe et suit le mouvement. Une
carriole nous suit avec l'opérateur,
les appareils, les accessoires.
Et la route plate, où le soleil méri-
dional commence à chauffer, se
change en sentier de la guerre où
chemine l'armée des Indiens. Ils ont
des ebemises rouges et des pantalons
bariolés, ils ont des ares, des flèches,
et aussi des revolvers, des plumes
d'aigle auréolent leurs têtes, des
scalps pendent à leurs ceintures, et
ils sout tous d'un beau rouge brique
cpii sent bon.
Tant que nous marchons au pas, ça
va bien, et je commence à croire que
je suis, après tout, un cavalier accom-
pli, mais la colonne prend le jpetit
trot et je déchante, a chaque pas du
cheval je saute un peu en l'air et re-
tombe violemment assis, cela sans
arrêt, interminablement. C'est ce que
mon voisin désigne pittoresquement :
« bouffer des haricots ». J'en mange
ma part, de bon cœur pourtant, en
pensant : c'est le métier qui entre î
Et, mascarade ou anachronisme,
tandis que nous avançons dans la Ca-
margue, je pense que tout à l'heure
je ferai mes débuts devant l'appareil,
que mes moindres gestesseront enre-
gistrés fidèlement, impitoyablement,
et qu'un jour avec l'émotion du jeune
écrivain qui se voit imprimé pour la
première fois, je me verrai vivant
sur l'écran. Suis-je ému, ai-je le fa-
meux « trac ? » Non, véritablement,
je me fie à mon adresse et à une fa-
cilité d'adaptation que je me connais.
Nous arrivons à l'endroit choisi, un
petit cours d'eau peu profond serpente
dans la lande, interminable, l'opéra-
teur braque son appareil et prépare
son travail minutieux, et Borland
nous explique :
- Allez vous placer là-bas, à 50 mè-
tres et hors du champ. A mon pre-
mier coup de sifflet, Jackson partira
seul, se dirigera sur l'appareil et fran-
chira le ruisseau. Au second coup,
vous partirez tous et suivrez le même
chemin. Allez, et au triple galop,
hein î
Jackson, c'est le premier rôle, le
seul de nous qui soit aujourd'hui cos-
tumé en co\\-boy,il a chemise et fou-
lard éclatants, énorme pantalon de
peau île mouton et le large feutre
traditionnel, il monte un joli petit
cheval sellé a la mexicaine, c'est lui
que nous devons poursuivre. Dans
notre groupe, attendant le signal
couvenu, les chevaux arrêtés encen-
sent de la tête et de leurs queues,
chassent les mouches. Je regarde là-
bas, le petit groupe formé par le
metteur en scène, l'opérateur, l'appa-
reil c'est là qu'il va falloir passer.
Le premier sifflet stride, Jackson
éperonne son cheval et part au ga-
lop, le corps un peu penché en arrière
un revolver scintille à son poing, et
quand il arrive au ruisseau le second
coup de sifflet retentit.
A nous I Notre groupe démarre as-
sez vite, mon cheval a pris place
dans la ligne de tète, il galope, mon-
trant plus de vigueur que je n'aurais
cru, c'est lui qui me mène et non moi
qui le conduis, et à chaque foulée, je
saute comme tout à l'heure au trot,
mais beaucoup plus haut, et de tout
mon poids je reprends brutalement
avec cette colonne vertébrale, vierge
de selle et de tout point d'appui : les
haricots sont devenus des noix T Je
serre les genoux tant que je puis,
car je vacille de droite et de gauche,
sûrement un miracle me fait tenir
l'équilibre. Mais le galop s'accélère,
mon voisin passe devant moi, et je
reçois violemment dans les yeux des
mottes de terre, projetées par les
pattes de derrière de sa monture, je
ne tiens plus, je souffre des jambes,
des reins, et de plus bas. Une cour-
bature me gagne qui me donne envie
de tout lâcher. Le vent siffle à mes
oreilles, il me semble filer à une al-
lure vertigineuse... et petit à petit,
toute énergie fond en moi, une foulée
plus brutale m'élance haut en l'air...
et c'est fini... je ne retombe cette fois
que dans le vide, des coups de feu
crépitent, je me mets en boule, un
choc violent avec la terre : une ava-
lanche de cliquetis, de sabots ferrés
passe au-dessus de moi accompagnés
Ceux qui inventent un
nouveau langage artis=
tique travaillent pour
l'homme de génie qui
Viendra après eux et
seul saura lui faire dire
tout ce qu'il peut dire.
de souilles chauds et fait trembler le
sol. Puis plus rien., un peu étourdi
je ne bouge plus, je ne sais si je suis
encore vivant ou entier, un grand
désir d'immobilité et de ne rien sa-
voir coule en moi. Brutal, un coup
de sifflet me ramène ici-bas. Un peu
titubant, je me relève et les pensées
me reviennent : j'ai la sensation bien
nette de ma déchéance, tout le monde
a vu quel piètre cavalier je suis. Œil
d'Aigle, le Centaure de l'Arizona, va
se faire engueuler par son metteur
en scène, et penaud, j'arrive près de
Dorland.
— Très bien I s'écrie-t-il en riant,
vous ne vous êtes pas fait mal I
11 raille, j'aurais préféré des repro-
ches à cette ironie qui me vexe. Je le
regarde : il a l'air sincère pourtant,
et une main sur mon épaule, il ajoute:
— Mon vieux, vous m'avez fait une
chute épatante!
Je le regarde encore, il ne raille
pas, je regarde autour de moi, mes
camarades, l'opérateur, l'accessoi-
riste... personne ne se moque... Alors
seulement je comprends et je retrouve
la voix de Dorland quand il me de-
mandait :
— Savez-vous tomber de cheval ?
Parbleu î ils ont cru que c'était ex-
près, je pense aux coups de revolver
que Jackson a tirés sur nous : c'est
ce qu'on peut appeler «tomber au bon
moment I » Alors je me rengorge et,
tout en allumant nerveusement une
cigarette :
— Peuh I c'est rien que ça T dis-je.
Héros modeste je m'éloigne, je re-
trouve mon cheval dans le peloton
qui souffle et s'ébroue, je remonte
dessus : noblesse oblige, et nous re-
partons vers d'autres exploits.
Je passe ma journée à ramper, à
écouter l'oreille au sol le pas des Vi-
sages Pâles, je mets le feu à la prai-
rie, j'exécute une danse de guerre, je
m'assieds au conseil des Anciens et
le calumet de la paix vient de ses vo-
lutes bleues me faire oublier mes
déboires.
Somme toute, bonne journée, je
commence à savoir ce que c'est, le
métier entre, il me rappelle même
par quel endroit, car ent'écrivant ces
lignes, certaines écorchures (ô mai-
greur dorsale des chevaux camar-
guaisî) me font trouver ma chaise
dure. Mais, comme me dit Jackson,
cavalier consommé.
- Ça n'est rien, c'est ça qui donne
de l'assiette.
Gaston Modot.
cinea
15
0 DERRIÈRE L'ÉCRAN
Nous annoncions dans notre der-
nier numéro que le prochain film de
Gina Païenne aurait M. Guy du Fres-
nay comme metteur en scène. Ce
bruit qui a couru ne semble reposer
sur aucun fondement, rien encore
n'ayant été décidé au sujet de la pro-
chaine réalisation cinégraphique
avec cette artiste.
Quand verrons-nous le film de Ca-
ruso?
Le grand chanteur, l'homme à la
voix incomparable, vint au cinéma
ces dernières années. Sans doute, le
manager américain de ces deux ou
trois bandes utilisa-t-il médiocrement
l'illustre ténor, car, même en Amé-
rique, il ne suffit pas d'une vedette
et de (500.000 dollars pour faire un
beau film. Le principal est que tous
les phonographes du monde possè-
dent le splendide écho du cctntove
incantatore.
Quand donc l'écran enregistrera-t-
il les beaux gestes ?
On nous fait remarquer que notre
page consacrée à Séverin-Mars ne
cite pas La nuit du 11 Septembre,
tiré du conte de Daudet : Le crime
de Jean Malory et édité par Ermo-
lieff. Cet oubli est dû â la discrétion
trop grande de la sortie de ce film,
discrétion aussi injuste pour le talent
de Séverin-Mars que pour les efforts
d'Ermolieif.
•
La pauvre Berthe Bady, morte mé-
lancoliquement après une carrière
éclatante et intelligente, s'éprit de
l'art muet après Amen de fous. Elle
tourna une grande bande en Italie.
Elle devait créer une figure tragique
dans cet Ecee Homo 7 qu'Abel Gance
entreprit et dut abandonner. Récem-
ment encore, au temps des Amants
Puérils, elle songeait à un nouveau
projet cinégraphique.
Ce fut, entre deux producteurs no-
toires, un malentendu qui eut en-
gendré la plus cocasse calomnie ou
le moins élégant pugilat, sans le bon
esprit de celui des deux qui est un
einégraphiste. Car celui des deux
qui est un commerçant avait un peu
trop mal pris la réponse publique et
mordante de son confrère à la note,
d'ailleur inexacte, parue la veille dans
un quotidien, pour qu'on dût le croire
innocent de la petite perfidie qu'elle
contenait. Il y a façon d'accueillir les
gens et de leur parler : le vitrage du
studio tremblait trop fort pour qu'on
|
(
\
V
V \
HELENA SAGRARY
dans Jettatura
put hésiter sur les intentions du Mon-
sieur congestionné.
Tout de même, la naïveté était jo-
lie : A peu près Monsieur Zévaco ap-
prenant qu'un jour paraîtraient les
dixJean-Cristophe et disant : «Voyez-
vous ça, ce petit Romain Rolland, il
y vient tout de même au feuilleton I»
«Il faut cultiver son jardin», dit
Candide, mais chacun le sien. Il est
de plus très imprudent et singulière-
ment sot pour un maraîcher de vou-
loir persuader qu'il n'est point de
différence entre les raves qu'il cul-
tive et les roses qu'invente le fleu-
riste son voisin.
Il pourrait advenir du maraîcher
qu'il arrive trop tard au marché...
Diversité de sujets, souplesse de
talent : E E. Violet vient d'entre-
prendre rien moins que de l'Orien-
tal. Le voici revenu de Louviers, où
il fut tourner les extérieurs d'un film
dont le titre et l'histoire sont nor-
mands : La Ruse, histoire paysanne.
Les interprètes en sont : Mag Mur-
ray, dont on se souvient de Papil-
lons et de Li-Hang le Cruel; Dona-
tien, qui fut de L'Épingle Rouge;
AlphonsoMesa ; Marcel Audion.dont
L'Accusateur révéla le talent, et Mar-
cel Boccage, duquel son metteur en
scène espère beaucoup.
9
Chez Gaumont, Bière Colombier a
commencé le second de la série Fan-
tasio-Films. Il est intitulé : Le Pen-
dentif, et joué par Bressol, Hardoux
et la délicieuse Madys
9
M. Jean Kemm est rentré cette
semaine d'Orléans où il exécutait les
extérieurs de son film : La Hantise,
dont l'interprétation comprend la
blonde Geneviève Félix, avec laquelle
il tourna Micheline, Miss Rovel, Fé-
lix Ford, qui se distingua dans L'E-
pingle Rouge, Dolly Davis, dont ce
sont les débuts, et l'excellent artiste
Gaston Jacquet, dont les créations
sont maintenant la preuve d'un véri-
table talent cinégraphique.
•
Paillette Duval, dont le visage nous
fut un charme en certain music-hall
parisien, va rejoindre a Rome, pour
la Fox-Film, Gordon Edwards qui,
nous l'avons dit, y tourne un très
grand film : Nerone. Elle y incar-
nera un personnage doux et touchant
auprès de celui violent et passionné
de Suzanne Talba.
•
On sait que El Dorado doit pas-
ser, le 11 Septembre, en deux grandes
présentations au Gaumont-Palace,
accompagné d'une partition spéciale
et complète d'orchestre.
C'est Marius-François Gaillard qui
a entrepris cet important travail. On
peut mesurer les beautés certai-
nes de l'œuvre à la compétence du
jeune virtuose, prix d'excellence du
Conservatoire pour le piano, et à
la personnalité du compositeur de la
16
cinea
«L 2)
^^vr £BBBH
®ÊM
2^PH
L-' ^
<Z- \
,.-^F ■ fc -^1
' .^**~ •*•*-
partition pour Vitrail, de René Fau- l'aède se dresse et dans sa voix vi-
chois, et île nombreuses mélodies, brent les frémissements tles Cassan-
parmî lesquelles ces Chansons Ras- dres convaincues: « Voilà: mainte-
ses si vivement applaudies dans les nant j'y suis... emportez ma viole
concerts. d'amour ï »
0 On tourne. .
Doublas l'airbanks dans Le Siaae
de Zorro, premier film exploité en
Europe continentale, île la célèbre
production îles « United Arlists »
(marque comprenant les derniers
tilms de Mary Pickford, Charlie Cha-
plin, Douglas Fairbanks et 1). W.
Griftith), a été présenté à la Salle
Marivaux, ce jeudi 18 août, à i) h. 45.
Ce film est considéré comme étant le
meilleur que le grand Douglas ait
jamais l'ait.
La date de sortie de ce film est
fixée au 30 septembre prochain.
Vous le connaissez tous, à coup
sur. Vous le connaissez autant pour
l'indiscutable et très haute valeur de
ses films, que pour le temps considé-
rable accordé à leur préparation,
tandis que tourne... la roue... de la
fortune des commanditaires.
Peut-être, ne connaissez-vous pus
ses méthodes de travail...
Il en a sans doute plusieurs, mais
j'en sais une bien jolie :
Studio, décors, lumière, acteurs.
Tout est prêt. Lui aussi. On va tour-
ner.
Pourtant, la scène se répète mal.
Le cinéaste ne la visualise pas nette-
ment; des points lui échappent; des
détails sont rebelles à la précision.
Les efforts se multiplient — en vain.
L'imagination, déjà faible, soudain
s'arrête.
La nécessité d'une vivifiante inter-
vention s'impose. Il va la demander.
Dans le silence religieux des acteurs
intéressés... par la situation, il s'as-
sied lentement, prend une pose pro-
pice.et sur un tonde femme en peines:
« Apportez-moi ma « viole d'amour».
(Ce n'est pas une plaisanterie), car
un secrétaire empressé et rapide
court chercher le vieil instrument.
Lui... prend la viole, l'admire, la ca-
resse, émeut au hasard ces cordes où
murmura peut-être quelque dixième
symphonie. ..
Longuement, cette âme douloureuse
exprime avec harmonie sa gésine.
Puis, quand l'inspiration, sur l'aile
mauve ou d'or d'un faisceau électri-
que est enfin descendue à l'appel,
Gaston JACQUET, Eve FRANCIS. DUREC
dans Le Chemin d'Ertwa
Le plus grand de nos studios pari-
siens, possède un homme d'esprit.
C'est un tout jeune machiniste qui
sait fort bien ce qu'il faut penser des
metteurs en scène avec qui il tra-
vaille.
On parlait, l'autre jour, devant lui
d'un petit garçon qui voulut prouver
dernièrement que lui aussi saurait
« jouer au cinéma » et qui le montra
en commettant un produit assez in-
forme pour qu'on ne sut démêler le
commencement d'avec la fin.
Aussi s'étonnait-on de le voir re-
commencer un autre film. Sur quoi
le machiniste avec philosophie : « Un-
tel... oh! laissez donc! il travaille
pour les archives!...
Comment trouvez-vous l'expres-
sion ?
André Daven
MM Du 26 Août au
1er Septembre ne
manquez pas d'aller
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M i c k e y 0
avec MABEL NORMAND
Olivier Twist
oo o, avec MARIE DORO
La Dette a
avec DOROTHY PHILIPPS
Les Corsaires
avec L I L I A N G I S H
cinea
17
M
SPECTACLES
M
Le match Carpentier-Demp-
sey.
Ah! c'en est, un « spectacle »T et
pas à négliger, je vous l'assure :
puisque, disent, sans trembler, le
sous-titre et, sans rire, l'aboyeur du
Théâtre de Paris, il nous dispense la
haute grâce d'assister au plus grand
combat du temps moderne .
J'avoue que les chocs qui sont de-
venus â travers les récits, ou même
sans leur grossissement, les plus lé-
gendaires, ne sauraient être compa-
rés à cette rencontre. J'avoue que,
parmi ceux-ci, le plus effroyable et
le plus récent, et duquel il me fut
donné de prendre ma part, m'a rare-
ment laissé aussi troublé que je le
demeurai de cette vision einégra-
phique,
Bestialité pour bestialité, j'aime
encore mieux que son prétexte soit
élevé ou pompeux, et que ses cham-
pions la vêtent d'autre chose que
d'un caleçon.
Pour doucereuse et bien peu de
son temps que soit cette opinion, elle
n'en est pas moins celle de quelques
gens polis qui n'en sont point pour
cela du siècle dernier.
En face d'eux, la populace s'affir-
mait en vérité pacifique qui, place
de l'Opéra, â certaines neuf heures
du soir qu'elle n'oubliera jamais, ni
moi non plus, attendait, endiman-
chée, par familles entières et fé-
brile, la Bonne Nouvelle de 1 Age
Présent! Je jure que j'ai vu dans
cette foule que je traversais, comme
on placarda la défaite de Carpentier,
une femme sangloter. Une autre
femme, le soir que j'étais au Théâtre
de Paris, poussait derrière moi des
ohl d'angoisse dégoûtée qui mirent
la salle en joie. Et j'ai fait une com-
paraison .
Je ne nie point qu'on doive se sou-
cier par principe de ceux qui sont
premiers en quelque chose. L'enthou-
siasme doit peut-être se mesurer à
ce qu'elle est. Cette suprématie-lâ, si
elle intéresse moins le progrès que
la supériorité d'une marque d'auto-
mobile sur une autre, ne le sert pas
de plus loin que le triomphe d'un
poulain rare. Disons cela simplement
et qu'il y eut bien du tintamarre et
de la gesticulation.
En voyant, sur l'écran, quelque
cent mille personnes converger, par-
quées comme des troupeaux, et s'ag-
glomérer autour du ring, je me suis
brusquement souvenu de cette tru-
culente histoire d'Alphonse Allais où
toute une faune innombrable sur-
prise par l'incendie de la forêt qui
l'abrite se rue vers un grand cirque
dénudé où elle s'entasse, se super-
pose et meurt, tandis que sous les
actions du feu et de la pesanteur les
graisses s'élèvent, les chairs diverses
se mêlent, les os isolés descendent
aux bas-fonds : galantine géante,
vaste mine de charcuterie... Là-bas, à
la vérité, on eût dit de deux microbes
restés vivants au centre d'un tita-
nesque pudding bien américain.
Ce n'est pas, au reste, que Georges
Carpentier n'ait pas droit à toutes
les sympathies . Son admirable
beauté corporelle, sa réputation pa-
risienne, son charme et son kimono
de combat plaisent autant â notre
race que son courage de boxeur. On
doit lui savoir gré d avoir apporté
au « noble sport » de la noblesse.
Du point de vue du cinéma, la
bande initiale apparaît excellement
constituée. Les détails de présenta-
tion, les exemples d'entraînement et
de préparatifs sont adroitement
choisis et ordonnés pour éveiller l'in-
térêt et nourrir lattente.
La photo est bonne, sauf durant le
match lui-même où les deux silhouet-
tes blanches n'en évoluent que d'une
façon plus durement impression-
nante, et où certains mouvements
de foule passionnée sont bien de la
luise en scène la plus prodigieuse
qu'on ait réalisée dans le genre.
Quand ce ne serait que ça?...
•
Berthe Bady est morte. C'est
une passion moderne qui se rompt.
Elle fut moins l'actrice applaudie
que l'animatrice d'une œuvre, l'inno-
vatrice d'un état d'âme collectif.
Car, d'autre part, chacun n'aura
pas eu cet aveuglement ingrat de la
supposer séparable d'un certain
théâtre, et de l'imaginer importune
aux reprises des pièces qu'elle créa.
Du moins, si le dramaturge voulut
cruellement lui faire jouer dans la
vie le rôle entier de La Femme nue,
se vit-il infliger une rapetissante
humiliation par cet être dont on sut
bien qu'il était dans ses propres pas-
sions plus humain et plus emporté
que les petits personnages inventés
du poète. Malgré la miraculeuse
Réjane et la sensible Yvonne de Bray
la dramaturgie d'Henry Bataille res-
tera Berthe Bady. Glorieux avan-
tage! Jadis la Champmeslé auprès
de Racine, aujourd'hui Lucien Gui-
try auprès de Bernstein, Eve Francis
de Paul Claudel, Berthe Bady de Ba-
taille, ces diverses mais nobles pa-
rentés font, aux regards de généra-
tions, l'une des plus certaines beautés
d'un art brillant et incomplet.
Et l'on peut, d'autre part, se de-
mander si de tels comédiens ne pro-
longent pas leur influence dans l'es-
prit d'auditoires auxquels ils en-
seignent des sentiments modifiés ou
nouveaux. Peut-être, â force d'être,
sur les trétaux, des hommes et des
femmes dont la psychologie étonne
et séduit, l'inculquent-ils peu â peu à
leurs assistants d'un soir par un lent
travail de persuasion.
Je ne crois point gratuit ni naïf de
penser que nous souffrons depuis
quelque temps avec un peu du cœur
de Bady. Elle sut le donner. J'entends
qu'elle le donnait et savamment ;
par l'entier dévouement d'une nature
artistique déchaînée dans des limites
respectées. Je ne vois guère, chez nos
plus frémissantes comédiennes, des
dons passionnels comparables à ceux
qu'elle eut.
Ce désordre surtout, si puissant, si
magistral, que tout le monde vient
de célébrer, cette façon inoubliable
et si manifeste de
Sentir dans son cœur vif l'air, le feu et le
[sang-
Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre...
Notre littérature et notre tempéra-
ment doivent à coup sûr â cette
grande femme des courages nou-
veaux dans la passion, une manière
de sentir avec violence qui n'appar-
tient qu'au cœur moderne.
Raymond Payelle.
cinea
P A L L
M A L L
La mission mondiale du film
(de Ch, Pathé).
Le ciné est le théâtre, le journal et
l'école de demain. Le sens du ciné est
de servir comme moyen d'expression
universelle. Son influence éducative
extraordinaire a pu être constatée
sur les enfants. Les films américains
ont changé leur mentalité, en bien ou
en mal. L'enfant moderne, par le
moyen du ciné, a une éducation beau-
coup plus rapide que nous lorsque
nous étions enfants. Le monde entier
leur est familier : Tokio, New-York,
Singapoor leur sont connus. Le tra-
vail du ciné est dix ou cent fois plus
rapide que celui du livre, à cause de
la facilité avec laquelle il meuble le
cerveau, Au point de vue social et
artistique le film agit de même sur
les peuples. En un an le ciné pour-
rait, le cas échéant, répandre dans
tous les pays, une nouvelle théorie
idéaliste capable de régénérer l'hu-
manité entière.
Les temps sont proches où les idéa-
listes, apôtres et réformateurs de
tous pays se rendront compte que le
ciné est le seul moyen de propager
rapidement et pratiquement leurs
idées dans le monde entier.
•
Films d'éducation profession-
nelle.
Les films d'éducation profession-
nelle répondent-ils à une nécessité ?
A cette question il y a eu plusieurs
réponses affirmatives. Pour satis-
faire à cette nécessité il faudrait que
l'écoulement du film soit assuré.
Il peut l'être si des écoles profes-
sionnelles s'engagent à acquérir un
nombre déterminé d'exemplaires et
que les cinémas d'école puissent aussi
utiliser ces films.
Dans bien des cas il est très diffi-
cile de donner au film professionnel
le caractère d'utilité pratique qu'il
devrait avoir et parfois il faudrait
plusieurs kilomètres de film. Le
succès n'est donc pas assuré.
I,i' département d'éducation de
« L'Ufa » fera un essai. Elle éditera
ileux films : Ce que l'élève serrurier
apprend le premier semestre et Le
forgeron du village. Ces films se-
ront présentés aux cours profession-
nels et aux écoles de perfectionne-
ment afin qu'il se rendent compte de
leur valeur pédagogique.
A la« Sun Pictures ».
Cette firme d'édition qui termine
actuellement les scènes intérieures
de son film Miss Sportina, sous la
direction du metteur en scène Henry
A. Parys, nous promet pour sa pro-
chaine production une réalisation
d'art non encore égalée jusqu'ici en
Belgique.
Pour le mois de septembre pro-
chain, la « Sun Pictures » fera à Paris,
avant tout autre pays, une présenta-
tion spéciale de sa première produc-
tion.
Progrès effectués par Rober
tson-Cole.
Il est intéressant que le grand pu-
blic sache que dans le court espace
de trois années, la division des films,
de l'organisation Robertson-Cole ,
était composée à l'époque de deux
personnes qui sous-louaient une par-
tie de bureau dans le Times Building
à New-York City, tandis qu'à l'heure
actuelle elle emploie mille em-
ployés, qui occupent un bâtiment
de treize étages, situé dans la même
ville, dans lequel les rouages admi-
nistratifs de la maison mère se trou-
vent logés et d'où rayonne le contrôle
qu'elle exerce sur vingt-six villes et
sur deux continents.
On doit attribuer sa croissance
rapide à la compréhension lucide
d'une maison qui a envisagé l'avenir
intelligemment et dont le fonction-
nement a marché à souhait dès le
début. Son importance a doublé et
triplé progressivement, au cours de
ces trois années de sa courte exis-
tence, surtout en raison de son hon-
nêteté, de son énergie, de sa clair-
voyance; bref, en un mot, de l'intel-
ligent emploi des forces latentes dont
son administration a fait preuve dès
la première heure.
En 1917, au mois de novembre, la
grande maison d'exportation Rober-
tson-Cole,qui avait ses bureaux dans
le bas de la ville, à New-York, conçut
l'idée d'entrer dans le commerce des
films cinématographiques. Elle sous-
loua à une maison engagée dans le
commerce des films, à New York, un
coin de son bureau, et y débuta en
très petit. Au mois de mars 1919,1a
firme de films cinématographiques
juvénile avait déjà grandi au point
qu'elle fut forcée d'avoir un chez soi
en propre, et c'est alors qu'elle ouvrit
ses bureaux n° 1600 Broadway.
C'est le 15 décembre 1918, que la Ro-
bertson-Cole débuta aux Etats-Unis.
Elle fut bientôt en possession de ses
propres succursales d'échange, sises
dans vingt-cinq villes américaines,
qui distribuèrent des attractions cap-
tivantes lesquelles se vendirent rapi-
dement dans toutes les parties des
Etats-Unis.
C'est aussi au début de l'année 1920,
se rendant compte que des attrac-
tions super-captivantes étaient à l'or-
dre du jour et répondaient à la de-
mande générale que la Maison Ro-
bertson-Cole commença à produire
des films hors ligne, à titre d'essai.
La réception enthousiaste que fit le
public américain aux productions
spéciales mentionnées ci-après, telles
que » The Beloved Cheater », « The
Fortune Teller » et « The 'SYonder
Man », décidèrent Robertson-Cole de
se prononcer, au commencement de
l'été de l'année 1920, exclusivement
à la production et en faveur des films
absolument hors ligne.
Le succès encore plus phénoménal
que des films splendides tels que
« Kismet », « The Stealer «,« So Long
Letty », « The First Boni », « Seven
Years Bad Luck », « One Man In A
Million » obtinrent justifièrent d'une
manière éclatante l'idée géniale qui
avait présidé à la création de ces
œuvres hors ligne.
Il y a quelques mois, Robertson-
Cole a inauguré à Los Angeles, ses
nouveaux ateliers où elle tourne
maintenant toutes les scènes d'inté-
rieur de ses films, puis elle est main-
tenant chez elle, dans le magnifique
édifice qui abrite ses bureaux. Ins-
pirée par une activité si débordante,
et tant de progrés réalisés en un laps
de temps si restreint, elle marche
triomphante à la conquête de nou-
veaux mondes et à la recherche de
nouveaux records.
L. G.
cinea
19
LILLIAN GIS H
L'émouvante héroïne du Lys brisé, d'Intolé-
rance, du Roman de la Vallée heureuse, des
Corsaires, de la meilleure suite de composi-
tions dues à Griffith reparait dans Une Fleur
dans les Ruines. Mais quand nous rendra-t-on
Le Lys et la Rose, son meilleur film, son
meilleur rôle.
:o
cinea
ANDREW F. BRUNELLK
Un élégant jeune 'premier dramatique,
excellemment utilise à Londres, puisa
Paris où il se lit remarquer dans La
Force de Iti Vie, Chignole, La Nouvelle
Aurore, Le Silence. Fièvre. Stella
Lucente et Les Trois Mousquetaires.
CHARLIE CHAPLIN
est un grand artiste, vous le savez
tous, mais vous devez savoir aussi
que l'on vous donne maintenant
de très vieux films de lui, sans vous
dire qu'ils sont antérieurs aux douze
ou quinze délicieuses créations que
vous avez acclamées. Donc ne dites
pas que Charlie Chaplin, dit Chariot,
est en décadence, au contraire ! Et
reclamez, comme nous, ses trois
derniers films, qui ont enchanté
New- York, Londres, et la moitié de
la terre — et que nous attendons.
22
cinea
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
— Je vois que tu n'arriveras jamais
à rien, déclara mon père. Fini I Je ne
veux plus que tu te balades ainsi
sans rien faire. Des demain tu te met-
tras à recopiertrois feuilles de regis-
tre municipal par jour. Et bientôt tu
viendras avec moi au bureau.
Je me mis au travail de nouveau.
Quel ennui de tracer lentement, lettre
par lettre, tous ces mots incompré-
hensibles quand le temps est si beau
et qu'on pourrait être dehors avec
lés camarades qui courent à travers
les champs en jouant aux bandits et
aux aventuriers I. ..
A cette époque, j'avais onze ans et
j'avais déjà quelques bons amis. C'est
curieux T Tous, ils moururent très
jeunes. Le chef de la bande, Birilev,
devenu officier, [mourut d'une mala-
die honteuse, Mikaïlev, fils d'un gar-
dien municipal était devenu un alcoo-
lique désespéré, l'étudiant Orninsky
fut tué par quelqu'un dans une ba-
garre publique, Dobrov, sacristain
dans une petite église rurale, mourut
congestionné par le froid un jour
d'hiver lorsqu'il se rendait au village,
complètement saoul, pour recueillir
quelques dons supplémentaires parmi
les fidèles : durant le trajet il tomba
du traîneau dans la neige et étant
ivre-mort, il ne s'aperçut pas du chan-
gement de la situation. Ce n'est que
longtemps après qu'on retrouva son
cadavre.
Ce Dobrov habitait dans la même
maison que moi. Il était alors au sé-
minaire et un jour il m'apprit une
chose tout à fait extraordinaire : dans
l'alphabet latin règne un désordre
complet. Ce n'est pas comme chez
nous : a, b, \v,g etc .. niais a, b.c. d. (1).
J'étais extrêmement surpris. Mais
c'est la sonorité de la langue qui me
frappa surtout, lorsque j'entendis un
jour Dobrov lire à haute voix le dis-
cours de Ciceron contre Catilina.
Je ne pouvais pas comprendre :
l'alphabet est en désordre complet
et 'la langue est si belle quand
même. Et puis, pourquoi donc les la-
tins prononcent-ils : Catilina quand
il est beaucoup plus simple de dire :
Catherine T
A douze ans que de choses compli-
quées et énigmatiques rencontre-t-on
dans la vie I...
J'avais encore un ami, le plus âgé
de nous tous, Pétrov, qui travaillait
chez un notaire. C'était un homme
de lettres. Il était en bons termes
avec le bibliothécaire du Cercle de la
noblesse qui lui prêtait chaque fois
des livres à domicile. Mes amis lisaient
ces volumes avec avidité et je les en-
tendais souvent prononcer les noms
de Pouchkine, Gogol et Lermontov.
Leurs propos m'étaient totalement
incompréhensibles mais j'avais honte
de leur demander des explications,
c'est pourquoi je m'abandonnais aussi
dans un cabinet de lecture et je me
mis à lire les classiques. Je ne com-
prenais pas grand chose mais cela
me paraissait assez amusant.
Comme je l'ai déjà dit, mon ami Do-
brov habitait l'appartement en face
du nôtre. Nous passions toutes les
soirées d'hiver étendus sur le poêle
en lisant les œuvres de Ma3rne-Read.
Ainsi nous avons lu tous ses romans
et j'avoue que ce genre de littérature
me plaisait beaucoup plus que les
œuvres d'un Gogol. Je recherchais .
avec avidité les romans de ce genre.
A la bibliothèque, je cherchais dans
le catalogue les titres les plus im-
pressionnants .. Félix Gold, le radi-
cal... Fiacre n° 14, etc.
Si le livre ne m'emballait pas dès
la première page je le laissai de côté
et j'en prenais un autre. Ainsi j'ai
lu toute une foule de romans, où il
était question de malfaiteurs et de
bandits en capes et aux chapeaux à
larges bords, qui guettaient leur vic-
time au coin d'une rue sombre et
étroite, les duellistes qui tuaient au
moins sept adversaires chaque soir,
les omnibus, les fiacres, les douze
coups de minuit sur le clocher de
St-Germain l'Auxerrois, etc. J'avais
lu tant de choses sur Paris où tout
cela se passait que lorsque j'y suis
venu la première fois, j'eus l'impres-
sion d'avoir habité cette ville durant
plusieurs années.
J'avais douze ans lorsque j'entrai
pour la première fois dans un
théâtre. Voici comment cela est ar-
rivé. Parmi mes camarades du
chœur de Chterbinine il y avait un
garçon charmant, un nommé Pan-
kratiefï'. Un jour pendant la messe il
me demanda si je voulais aller au
théâtre. Il avait un billet de plus qui
coûtait 20 kopeks. Je savais déjà que
le théâtre est un édifice énorme, tout
en pierre avec des fenêtres rondes,
toujours pleines de poussière.
Je doutais fortement que dans un
endroit pareil il aurait pu se passer
quelque chose qui pourrait m 'inté-
resser.
— Et qu'est-ce qu'il y aura là-bas?
— Le mariage russe, une matinée.
Un mariage? J'en avais vu tant
grâce à mon emploi de choriste que
vraiment cela ne me disait pas
grand'chose.
Encore si c'était un mariage fran-
cinea
23
vais, ce sérail toujours plus intéres-
sant.
Mais, quand même, je pris chez
Pankratieff son billet, après pas mal
d'hésitations.
Me voilà au théâtre. Tout en haut
au poulailler. C'était un jour de
fête. La salle était pleine. J'étais
forcé de rester tout le temps debout
en m'appuyant des mains au plafond.
Tout stupéfait je regardais en bas.
Je voyais ce gouffre noir rempli de
fauteuils qu'occupaient successive-
ment les spectateurs.
Le théâtre était éclairé au gaz et
cette odeur resta pour moi durant
toute ma vie le souvenir le plus
agréable.
L'orchestre jouait des airs de cir-
constance. Tout à coup le rideau se
lève, et au même moment j'eus
comme un éblouissement. Un conte
lointain, que je connaissais déjà va-
guement revit devant moi. Dans une
pièce somptueuse, des gens magnifi-
quement habillés se promenaient en
causant entre eux. Leur langage
était d'une beauté extrême, impos-
sible à décrire. Je ne comprenais pas
, un seul mot, mais j'étais tout à fait
bouleversé par ce spectacle et sans
bouger, sans penser à rien, je regar-
dais ce miracle.
Le rideau se baissait et se rele-
vait, moi je restais immobile à ma
place, ébloui par ce rêve magique
que je n'avais jamais vu, que j'atten-
dais toute ma vie, que j'attends en-
core. On me bousculait de tous côtés,
des gens criaient autour de moi et je
continuais de rester cloué à ma place
sans bouger.
Lorsque la représentation fut ter-
minée, on se mit à éteindre la lu-
mière et j'éprouvai une grande tris-
tesse. Je ne voulais pas croire que
toute cette vie brillante avait pris
tin. Je me rappelle avoir chancelé
lorsque je sortis dans la rue.
Je compris que le théâtre est beau-'
coup plus intéressant que le cirque
forain de Jachka Mamonov. Et ce
qui était le plus drôle, c'est qu'il fai-
sait jour encore dehors et le Derza-
vine en bronze sur la place publique
était tout* doré par les rayons du
soleil couchant.
Brusquement, je fis demi-tour et je
rentrai au théâtre pour me louer une
place pour la représentation du soir.
Le soir on jouait Médée. J'étais très
bien placé, ayant une place assise.
ye nouveau, la bouche bée, je regar-
dais la scène, éclairée par une lune
probablement empruntée au ciel
pour ce soir; la noble Médée se la-
mentait en essayant de s'enfuir avec
ses enfants, le beau Jason hurlait de
désespoir. Il m'était impossible de
détacher mon regard de la scène,
même pour une seconde.
Le théâtre me rendit fou. En ren-
trant à domicile, je m'arrêtai au mi-
lieu des rues désertes et en essayant
d'imiter l'accent et la démarche des
comédiens je déclamai :
— Je suis une reine, mais une
femme et une mère aussi!
Alors les rares passants se retour-
naient tout ahuris, sans rien com-
prendre. Quelques-uns s'arrêtaient
même en me demandant ;
— Qu'est-ce qui est arrivé?
Je me sauvais à toute vitesse, sans
rien dire; on devait me prendre pour
un ivrogne.
A la maison je racontai à ma mère
ce que j'avais vu. Je voulais telle-
ment lui transmettre ne fut-ce qu'une
toute petite partie de l'immense joie
qui emplissait mon cœur. Je lui par-
lais de Médée, de Jason, de toute cette
beauté extraordinaire qui illumine
les gens de théâtre, je lui citais leurs
propos, mais je sentais bien que cela
ne l'intéressait pas, qu'elle n'y com-
prenait rien.
— Oui... oui... disait-elle douce-
ment, sans sortir du domaine de ses
pensées.
C'est surtout de l'amour que j'au-
rais voulu lui parler, de cette chose
dont l'importance est capitale au
théâtre. Mais, je ne sais pourquoi, je
ressentais un certain malaise en
abordant ce thème ; d'ailleurs, il
m'eut été peut-être impossible de ra-
conter tout ceci d'une manière claire
et précise.
Je ne pouvais pas comprendre
moi-même pourquoi au théâtre on
parle de l'amour en ternies choisis
et distingués, avec une noblesse et une
pureté exquises et pourquoi au Fau-
bourg des Drapiers, c'est une chose
ignoble, sale, dégoûtante, ne provo-
quant que des risées générales. Au
théâtre, l'amour conduit aux plus
nobles exploits et, dans notre quar-
"Deux conditions détes=
tables pour réaliser une
œuVre Viable : être trop
riche ou trop pauVre.
(ici-, aux coups de poings. Pourquoi?
Est-ce qu'il existe deux sortes
d'amour? Un, qui est le plus grand
bonheur dans la vie et l'autre qui
n'est que débauche et vice?
Naturellement, à cette époque, je
ne pouvais pas trouver une réponse
satisfaisante à cette question, mai.s
ce contraste m'impressionnait beau-
coup, il était vraiment trop frap-
pant.
Je ne pus arriver avec la meilleure
volonté à ouvrir à ma mère ce
monde enchanté. D'ailleurs, moi-
même je n'y voyais pas assez clair :
pourquoi Jason et non pas Jakov,
pourquoi Médée au lieu de Marie, ce
qui serait beaucoup plus simple,
qu'est-ce que c'est que ça « la toison
d'or? »
— Eh oui, disait ma mère, et pour-
tant tu aurais dû ne pas aller si sou-
vent au théâtre. Tu vas encore né-
gliger ton travail. Ton père dit tout
le temps que tu ne veux rien faire.
J'essaye de te défendre, bien en-
tendu, mais c'est la vérité : tu es un
fainéant.
En effet, je ne faisais rien, je
n'avais aucune envie' de travailler.
Lorsque je demandais à mon père la
permission d'aller au théâtre, il me
la refusait toujours.
Chaque fois il me disait :
— Ce n'est pas la peine d'aller au
théâtre. Je vais faire de toi un
dwornik (2). Si, si, un dwornik! 11
faut être dwornik et alors tu auras
un morceau de pain, sale bête!
Qu'est-ce qu'il y a de bon au théâtre ?
T'as pas voulu devenir ouvrier, tu
pourriras un jour dans une prison.
Vois comment vivent les ouvriers :
toujours contents, bien habillés, bien
nourris...
Moi je ne rencontrais dans la rue
que des ouvriers affamés, nu-pieds,
ivres et je n'ajoutais pas beaucoup
de confiance aux propos de mon
père.
— Mais je travaille, moi. Je copie
les registres, disais-je, j'en ai déjà
fait tant...
(A suivre)
L. Yalter, trad.
(i) L'alphabet russe n'a pas le même
ordre que celui des langues romanes.
D'ailleurs ce petit passage est tout à
fait charmant dans son ingénuité. J'es-
père que les lecteurs en goûteront toute
la saveur.
(■2) Vu portier de bas ordre.
24
cmea
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 26 Août au Jeudi 8 Septembre
V ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Matbias Sandorf, 7e épisode. —
Les actualités. — Abisko cœur de la Laponie,
plein air. — Rigouillard s'en va-t-en guerre,
comique. — Reprise de Les Proscrits, scène
dramatique. — Attraction : Les Savoirs,
acrobates.
Programme du 2 au cS septembre
Matbias Sandorf, 8e épisode. — Pathè-
Revue. — ■ Le Silence, comédie dramatique
de Louis Delluc, avec Eve Francis, Signo-
ret. — Lrs actualités, — Coutumes maro-
caines, plein. oir. — Solidarité, scène dra-
matique. — Reprise du Match Carpentier-
Dempscy.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre. — Patbé-'Journal. — L'Echéance
fatale, comédie dramatique. — Calouchard
et Bocalas, comique. — Matbias Sandorf.
7" épisode.
Electric-Palace, 5. boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. — Un mauvais
coucheur, comique. — A travers la France :
Rouen. — Paraître, drame. — Les lions
déchaînés, comique. — En supplément
facultatif : Nick IVinter et ses aventures,
2e épisode.
Parisiana, 27, boulevard Poissonnière.
— An pays des cocotiers, documentaire. —
Chariot garde-malade, comique. — Illusions
comédie. — Parisiana-Journal. — La Vériié
sans voiles, comédie. — Fatlv portier.
comique. — En supplément excepté diman-
ches et fêtes : Le Secret d'une mère, drame.
3<= ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Pathé-Journal. —
Calouchard et Bocalas. comique. — Matbias
Sandorf. 7" épisode.— L'Affaire du train 24,
1er épisode. — L'écbérnce fatale, drame.
4= ARRONDISSEMENT
Saint-Paul. 73, rue Saint-Antoine.
— Industries Indigènes au Congo belge.
plein air. — Saint-Paul-Journal. — La Pèche
au mari, comique. — Matbias Sandorf,
6° épisode. — Caloiicbord et bocalas, comi-
que. — Son crime, drame.
5' ARRONDISSEMENT
Mésange, 3. rue d'Arras. — Patbe-Joiunal .
— Patbé-Revue n° 34, documentaire. —
Lui... ebe; les Indiens, comique. — La
Pochai de. 12 ■ épisode. — Matbias Sandorf,
(•>>■ épisode. — Félonie, drame.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Patbé-Revue. — Félonie, drame. — Gau-
nionl-aelnaliles. — Attraction: Kanui and
Lula, danses. — Brùle-la-Route, comédie
sportive. — La Pêche au mari, comique. —
La Pocbarde, 12e épisode.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
Actualités, — La Pocbarde, 12e épisode. —
Fraternité, comédre. — Le roman d'un spahi,
drame.
Du 2 au 8 septembre
Actualités. — L'Affaire du train 24,
Ier épisode. — Oiiandon a faim, drame. —
La Vérité sans voile, comédie.
Régina-Aubert-Palace. 15s. rue de
Rennes. — Aubert-Journal. — Patbé-Revue.
Nick IVinter et ses aventures. 2e épisode. —
A travers la France : Ajaccio. — Madge
iéeervelée. comédie dramatique. — Jeune
fille à louer, comédie sentimentale.
9e ARRONDISSEMENT
Delta-Palace-Cinéma. 17, boulevard
Rochechouart. Trudaine 67-89. — Direction :
M. A.Jallon. — Delta-Journal. — Matbias
Sandorf. 7e épisode. — Sostbène s'obstine.
comique. — Apres l'abandon, drame. —
Billy limier de la P. P.. comique. —
Sur scène : Mme Rainvil, diseuse.
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Trudaine 67-89. Directeur :
M. A.Jallon. — Les petits chats, documen-
J&M Du 26 Août au
1er Septembre ne
manquez pas d'aller
au Demours Palace
voir
LE TRÉSOR
o DARNE o
avec Richard Lund
et Mary Jonhson
Ceci n'est pas de la
J&MM publicité M£M
taire. — La Pèche au mari, comique. — I
L'Héritage du Père Bussard, comédie dra-
matique. — Eclair-Journal. — Paternité,
comédie dramatique. — Sur scène : Les
Berner, excentriques musicaux.
10e ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg du Temple.
Tivoli-Journal. — Matbias Sandorf, 7'' épi-
sode.— Fat/y portier, comique. — L'èchéanc
fatale, drame.
IIe ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace. 95. rue de
Roquette. — Aubert-Journal. — Parailr
drame. — Nick IVinter et ses aventures
2'' épisode. — L'Echéance, drame.
i2<= ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumonl-
Actualités. — Pathé-Revue. — La Pèche
au mari, film comique. — Madge l'ccerveléa
comédie gaie. — Attraction : Max Kidd et
son chien mécanique. — Illusions de jeunesse.
comédie sentimentale.
i3e ARRONDISSEMENT
Gobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
Paibc Journal. — Patbé-Revue, n° 34. . —
Lui... cheç les Indiens, comique. — La
Pocbarde, 12e épisode. — Matbias Sandorf.
6e épisode. — Félonie, drame.
14e ARRONDISSEMENT
Qaité rue de la Gaité. — Patbé-Journal.
— Patbé-Revue no ^4. — Lui... ebe: les
Indiens, comique. — La Pocbarde. 12° épi-
sode.— Train de nuit, comique. — Félonie,
drame. — Une partie de campagne, comique.
i5e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122. rue du Théâtre. — Palhé-
fournal. — Pathé-Revue n° ^4, documen-
taire.— Lui... che: les indiens, comique.— «■
La Pocbarde, 12e épisode. — Matbias San-
dorf. 7e épisode. — Félonie, drame.
Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle]
Directeur : M. Ch. Roux. — Les actualités
de Splendide-Cinéma. — Vue du vieux
Prague, plein air. ' — Fraternité, coméda
dramatique. — Les Bohèmes de Pans, scène
dramatique.
i6« ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace. 49. 51, rue d'Auteuil.iôl
— Programme du vendredi 20 au lundi
20 août. — Le Fils de son père. — Matbias
Sandorf. 7e épisode. — La Poupée brisée.
comédie, — Eclair-Journal. — Programnfl
cmea
23
du mardi 30 août au jeudi i«r septembre.
■ Clicf les anthropophages, 2e étape. —
Le Guardian, drame. — Fatty à la plage,
comique. — f'albé-Journal. — L'Enfant
du Carnaval, drame. — Joe au studio.
17e ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 26 au lundi 2c> août. — Cheç les
anthropophages, 2e étape. — Le Guardian,
drame. — Fatty à la Plage, comique. —
L'Enfant du Carnaval, drame. — Joe au
studio. — Pathè-Journal. — Programme du
mardi 30 août au jeudi i<"' septembre. —
Le Fils de son Père, comédie. — Mafhias
Saudorf, 7e épisode. — La Poupée brisée,
comédie. — Eclair-Journal.
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
- Pathè-Journal. — Laminoirs et filières. —
Amour brisé, comédie dramatique. — Ma-
thias Saudorf, 7e épisode. — Amour et
Folie, comédie eaie.
Cinéma Demours, 7, rue Demours,
Directeur: M. F. Destannes. — Wag.77-66.
Chef les anthropophages, 6e étape. —
Watty portier, comique. — Mathias Saudorf,
7e épisode. — Eclair-Journal. — Le Trésor
d'Ame, drame.
Cinéma Legendre, 128, rue Legendre.
- Directeur : A. Jallon. — Legendre-Actua-
lites. — Une biscuiterie danoise, documen-
taire. — Le Guardian drame. — Mathias
Saudorf. 7e épisode. — Apres l'abandon,
drame. — Intermède : Drabat, le célèbre
imitateur fantaisiste.
Le, Select, 8, avenue de Clichy. —
Chef les anthropophages, be étape. — Jeune
plie a louer, comédie. — Gaumont-actuali-
tés. — Une grande âme. drame. — Fatty
portier, comique.
Royal Wagram, avenue Wagram. —
10 minutes au Music-Hall n" 22. — Calou-
chard et Bocalas, comique. — L'échéance
fatale, comédie. — Les deux Routes, comé-
die dramatique. — Pathé- Journal.
On signale qu'un entrer-
preneur de cinéma
forain a disparu en
emportant, après les
aVoir pris en location,
les films intitulés Tir-
ha, Polidor trouve un
sosie, Le Truc de
Suzette et Le Postil=
Ion... £ Entre = nous
c'est lui qui parait être
Volé. 4* 4 4 4 4 4*
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. —
Chef les Anthropophages, 6e étape. — Le
Modèle de Cire, comédie dramatique. —
Fat/y portier, comique. — Pathé-Revue. —
Les Hommes marqués, comédie dramatique.
— Gaumoiit- Actualités .
18e ARRONDISSEMENT
Barbes-Palace, 34, boulevard Barbes-
Direction : L. Garnier. — Nord 35-68. —
Amour et Folie, comédie gaie. — Les" deux
Routes, comédie dramatique. — Mathias
Saudorf, 7e épisode. — Le diseur Montv.
Palais-Rochechouart, 56, boulevard Ro-
chechouart. — Les folies du ciné, comique.
— Nick IVinter et ses aventures. 2eépisode.
Paraître, drame. — Aubert- Journal. —
L'Echéance fatale, comédie dramatique.
Marcadet-Cinéma-Palace , 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — Madame et son filleul, comé-
die gaie. — Zigoto et les apaches, comique.
Petit Patron, comédie sentimentale. — Pa-
thé-Joumal. — Pathé-Revue. — Attraction :
Les Kanui and Partner, chanteurs et dan-
seurs des Iles Hawaï.
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
— Maurice Robert, directeur. — Program-
medu26aoùt au 1e1' septemqre. — L'Etrange
complot. — Fatty bolchevick, comique. —
Les actualités de la semaine. — Sosthene
s'obstine, comique. — La Havane.— Mathias
Saudorf, 7? épisode. — Attraction : Charlav,
dans son répertoire.
Programme du 2 au 8 septembre
Le Voile du Bonheur. — Régliss aux bains
de mer, comique. — Le Lièvre et la tortue,
dessins animés. — Les actualités de la
semaine. — Les Habitants des mers, docu-
mentaire. — MathiasSandorf, 8e épisode.
— Attraction : Mlle Régine Odry, de
1 Opéra-Comique
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7, Avenue Secrétan. — Pathè-
Journal. — Calouchard et Bocalas, comique.
— Mathias Saudorf, 6e épisode. — Le Train
24, Ier épisode. — L'Echéance fatale, drame.
20<= ARRONDISSEMENT
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Pathè-Journal. — Ambitieuse,
comédie dramatique. — Attraction : Yama-
moto et Koyoshi, équilibristes japonais. —
Pathé-Revue. — Fattv bistro, comique. —
La Gangue, scène dramatique.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumout-actitalités. — Jeune
fille à louer, comédie, — Attraction : Les
Morisoss, barristes. — Illusions de jeunesse,
comédie sentimentale. — Joè au studio,
comique.
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — A travers la France : Ajaccio.
Bigorno contre Dago-Red, comique. —
L'autre parfum, comédie sentimentale. —
Attraction : Le ténor Dégremont. — Nick
IVinter et ses aventures. 2"- épisode. —
Paraître, drame. -- Fatty fiancé de Mabel,
comique
BANLIEUE
Clichy. — Pathè-Journal. — Calouchard
et Bocalas, comique. — Mathias Saudorf,
7e épisode. — L'Affaire du train 24, Ier épi-
sode. — L'Echéance fatale, comédie drama-
tique.
Levallois. — Pathè-Journal. — Beauei-
trou et le chapeau gris, comique. — La
pocharde, 1 1<-* épisode. — Mathias Saudorf,
6e épisode. — Delval, chanteur à voix. —
Le souffle des Dieux, comédie dramatique.
Montrouge. — Industries indigènes du
Congo belge, plein air. — Montrouge-actua-
lités. — Part èi deux, comédie. — Mathias
Saudorf, 7e épisode. — La Momie, comi-
que. — Le Roi des Chemins, drame.
Bagnolet. — Pathè-Journal. — Calou-
chard et Bocalas, comique. — Mathias Sau-
dorf, 4e épisode. — L'Affaire du train 24,
Ie'' épisode. — L'Echéance fatale, comédie
dramatique.
Vanves. — Pathè-Journal. — Pathé-
Revue n° 14. — Lui... chef les Indiens, comi-
que. — La Pocharde, 12e chapitre. —
Train de nuit, comique. — Félonie, drame.
— Deux Coqs une poule, comique.
Olympia Cinéma de Clichy. — Dix
Minutes au Music-Hall. — Fatty portier.
comique. — Une grande âme, drame. —
Attraction : Dancre-Musty. — Les deux
Routes, comédie dramatique. — Gaumont-
Actualitès.
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — Le Roi du
volant, comédie sportive. — Mathias Sau-
dorf. 6e épisode. — La pocharde, 11e cha-
pitre.— Fridolin chef de rayon, comique .
— Attraction : The Renelly's.
IL FAUT VOIR
Les Proscrits
avec Victor Sjostrcm
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cinea
Envoyez nous un scénario ciné-
graphique. Des)Ournauxcomme
Le Film, Ciné pour tous, Bon-
soir, en ont publiés d'excellents
qui vous ont appris le décou-
page, le style et le mouvement
de ces ouvrages spéciaux.
Essayez décomposer un thème
d'écran, drame ou comédie,
découpez-le et bornez vous à
des moyens simples : peu de
décors, peu de personnages
mais beaucoup de sincérité, un
peu de goût, et du talent si
vous pouvez
Jury : Dans ce Jury seront
représentés les metteurs en
scène (J. de Baroncelli, Mar-
cel L'Herbier, Léon 'Poirier,
T^ené Le Somplier. etc.) les
interprêtes (Signoret, Van
Daële, André Nox, Séverin-
Mars, etc.) et les spectateurs
Boisyvon, René Bizef, Canudo,
J.-L. Croze, Fréjaville, Lio-
nel Landry, P. de la {P>orie,
Pierre Henry, Pierre Seize,
Urviller, Marcel Yonnet, etc.)
Clôture : La date extrême
pour 1 envoi des manuscrits est
fixée au Ie' Août prochain.
Prix : Le meilleur scénario
choisi par le Jury recevra un
prix de Mille francs et sera
publié dans Cinéa, si l'auteur
le désire. Et bien entendu
Cinéa s'emploiera à le faire
connaître des maisons d'édi-
tions françaises
cinea
10, RUE DE L'ELYSÉE
PAR IS
LES STARS
DE FRANCE ET
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SONT EN PHOTO CHEZ
J. THIOLAT, i, rue Darcet
Paris ( 17e)
Portraits de :
Mary PicKford = Norma Talmadge
Charles Chaplin = Douglas
Fairbanks = Nazimova = Mary
Miles Minier = William S-
Iïart ■ Ralph Graves = Pearl
White = Lilian Gish = Richard
Barthelmess - William Farnum
Pauline Frederick = Conslance
Talmadge - Thomas Meighan
Jackie Coogan
Les 16 photos (i!S 24) : ÎO fr.
franco : ÎO fr. 50
Portraits de :
EDMOND VAN DAELE
EVE FRANCIS
ANDRÉ NOX
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Vous dira quels
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en studio, etc., tout ce
qui se rapporte à l'écran
et pourra résumer en
quelque sorte les coulis-
ses du Cinéma. Le Jury
sera composé de six
opérateurs français :
MM. Bousquet, Chaix,
Gibory, Irvin, Forster et
Lucas
Prix : Le premier prix
recevra deux cents francs
et sera reproduit sur la
couverture de Cinéa, il
y aura quatre seconds
prix de cinquante francs,
qui seront reproduits
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Le Numéro ... 1 fr.
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Il sera un grand premier rôle de nos écrans. Il s'est révélé avec La Croisade, Narayana, Ames siciliennes, La Montée vers
l'Acropole . Il s'impose avec ses créations nouvelles de Fièvre, Pour une Nuit d'Amour, Les Roquevillard. Il est l'homme
fort, lucide, ardent, bien vivant, avec une âme nette et des yeux clairs, l'homme dont notre cinéma avait besoin.
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Féminin, le grand film de Roger Lion que
nous aurons bientôt le plaisir de voir a 1 écran.
GASTON MODOT, dans Fièvre
Cliché Alhambra.
C'est un interprète de cinéma dans toute
la force que cette expression devrait avoir.
Ailleurs il serait illustre, accable de dollars,
harcelle' de rôles. Ici du moins il a été un
collaborateur vigoureux pour plus d'un
réalisateur ambitieux et nous admirons ce
qu'il a t'ait dans Monte-Cristo, La Sultane
de V Autour, Un Ours. Le Chevalier de
Gaby, La Fête Espagnole. Matbias Sandorf,
Fièvre, etc.
cinéa
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 9 au Jeudi 15 Septembre
ae ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Matbias Sandorf, <p épisode. —
les actualités. — Le méchant homme, comé-
die. — Le Lvs de la vie, d'après le conte de
S. M. la Reine de Roumanie.
Parisiana, 27, boulevard Poissonnière.
Çbeç les sauvages de l'Océanie documen-
taire. — Select-Revue ttn ?. — La Chemise
de Teddy, drame. — La fugue, de Moune,
comique. — Parisiana-Journal. — Une
grande âme, drame. — Chariot grande
coquette, comique. — En supplément excepté
dimanches et fêtes : Le mystère de W>all-
Street, comédie dramatique.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre. — Pathé- Journal. — Beaucitron
bon juge, comique. — Fronton t jeune et
Risler aine, ire époque. — Matbias Sandorf.
ge et dernier épisode.
Klec trie-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. — A travers la
France : Environs d'Ajaccio. — L'étoile
ignorée, drame. — Un malentendu, comé-
die, r— Deux bons petits diables, comique.
— En supplément facultatif : Nick Winter
et ses aventures, 4e épisode.
3<= ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Patbé-Journal. —
Beaucitron boit juge, comique. — Matbias
Sandorf, 9e épisode. — L'Affaire du train 24,
y épisode. — Fromont jeune et Risler aine.
in époque.
4e ARRONDISSEMENT
Saint-Paul 73, rue Saint-Antoine.
Sur le Fiord de Christiania, plein air. —
Saint-Paul-Journal. — Le Crampon, comé-
die. — Lui... che{ les Indiens, comique.
— Matbias Sandorf, 8,: épisode. — La vie
de Raspoutine, le. moine scélérat, drame his-
torique.
S Une reprise de
m
m
La Xe Symphonie"
a
serait un bel hom=
mage au souvenir
de SEVERIN-MARS
Dessin de Bécan
ED. BENOIT-LÉVY
la personnalité la plus active et la plus
considérable des entreprises — salles,
studios, location, édition, etc. — du
film français.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rue d'Arras. — Patbé-Journal.
— Pathé-Revue n° ?6, documentaire. —
Jeunes filles et marier, comique. — Matbias
Sandorf, 8e épisode. — L'Affaire du
train 24, 2e épisode. — Argent et honneur.
comédie dramatique.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— La fugue de Moune, comique. — L'argent
et l'honneur, comédie dramatique. — Gau-
mont-actualités. — Attraction : Yamamoto
et Koyoshi, équilibristes japonais. — Maga-
sine, documentaire. — Raspoutine, grande
série dramatique.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
Actualités, — L'Affaire du train 24, 2e épi-
sode. — A l'Assaut dit bonheur, drame. —
La Belle de A^tD-Yo/V^comédiedramatique.
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet. —
Direction G. Moyse. — Cbe{ les Anthro-
pophages, 3e étape. — Ribadouille a la
berlue, scène comique. — Matbias Sandorf ,
8= épisode. — Attraction : FJorus, chanteur.
— L Amour, la Vie, la Mort, drame senti-
mental.
Régina-Aubert-Palace 155, rue de
Rennes. — Aubert-Journal. — Nick Winter
et ses aventures, 4e épisode. — Brûle la
roule, comédie sportive. — Pathé-Revue.
— Le cirque de la mort, drame.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Cotisée, 38, avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
Elysées 29-46. — San-Remo et ses environs,
plein air. — Le Méchant homme, comédie.
— Gaumont-actualités. — Le Lvs de la Vie,
film d'après le conte de S. M. la Reine de
Roumanie.
10e ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg" du Temple. —
Tivoli-Journal. — Matbias Sandorf, 9e épi-
sode. — Sur le Fiord de Christiania, plein
air. — Beaucitron bon juge, comique. —
Fromont jeune et Risler aine, drame.
ne ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Aubert-Journal. — Nick
Winter et ses aventures, 4e épisode. —
Les deux routes, comédie dramatique. —
Fromont jeune et Risler aine.
I2« ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumont-
Actualités. — Magasine. — La Course au
THEATRE
DU
COLISÉE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction : Téléphone :
P. MALLEVILLE
ELYSEE 29-46
cinca
tac, film comique. Les deux Roules, comé-
die dramatique. Attraction : Dufieuve,
chanteur comique. — Fromotit jeune et
Risleraînè, d'après le roman d'A. Daudet.
i3< ARRONDISSEMENT
Gobelins. 66, bis Avenue des Gobelins.
Patbé-Journal. — Patbè-Revue, n° ?6. —
jeunes filles à marier, comique. — Mathias
Sandorf, 8» épisode. — L'Affairedu train 24,
2° épisode. — Argent et honneur, comédie.
14e ARRONDISSEMENT
(iaité rue de la Gaîté. — Patbé-Journal,
— Patbè-Revue m ?o. — La Momie, comique.
— L'Affaire du train 24, 2e épisode. — Ar-
gent e I honneur, comédie dramatique. —
Jeunes filles éi marier, comique.
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122. rue du Théâtre. — Pathé-
Journal. — ■ Patbè-Revue n° 36, documen-
taire.— Jeunes filles à marier, comique. —
Mathias Sandorf, 9e épisode. — L'Affairedu
train 24, 2e épisode. — Argent et bonheur,
comédie dramatique.
Splendid-Cinéma-Palace, 60. avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Patbé-Journal. — Patbè-Revue.
La pente des Vosges, plein air. — La Sierra
Nevada, documentaire. — Mathias Sandorf.
if épisode. — Le Rêve. — Raspoutine, le
l'ope noir, scène dramatique. — La Course
en Sacs, comique. — Intermède : IVolff,
baryton.
Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Les actualités
de Splendide-Cinéma. — Cher les Indiens
Taos, documentaire. — Fatly fait ses débuts ,
comique. — Les Cavaliers de la nuit,
comédie dramatique. — La Faute d'Odette
Maréchal, comédie.
i6« ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace, 49, 5 1 ,rue d'Auteuil, 16e.
— Programme du vendredi g au lundi
12 septembre. — Train de nuit, comique.
— Mathias Sandorf, cf épisode. — La
Course en Sacs, comique. — Les découragés.
étude sociale. — Eclair-Journal. — Pro-
grammedu mardi 13 au jeudi 15 septembre.
— Cher les anthropophages. 5e étape. —
Amour et Folie, comédie. — l'athé-Journal.
— L'autre parfum, comédie. — Fattv por-
tier, comique.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue
Malakoff. — La Main invisible. i*T épisode.
— Le roman de la vallée heureuse, drame.
— Le Rêve, avec Signoret. — Zigolo et les
apaches. comique.
Le Régent, 22, rue de Passy. — Sur le
Rhin, documentaire. — Du sang dans la
prairie, drame. — Fascination, comédie. —
L'Excitant elixir. comique.
17e ARRONDISSEMENT
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes. 5.
— Ajaccio. — Patbé-Journal. — Le père
Lebonnard. — Mathias Sandorf, 9e et der-
nier épisode. — Le mari à la campagne.
comédie gaie.
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi o. au lundi 12 septembre. — Cbe{ les
anthropophages, 4e étape. — Amour et foli ,
comédie. — Patbé-Journal. — L'autre par-
fum, drame. — Fattv portier, comique. —
Programme du mardi 13 au jeudi i, sep-
tembre. — Train de nuit, comique. —
Mathias Sandorf. ur épisode. — La Course
eu Sacs, comique. — Les Découragés, étude
sociale. — Eclair-Journal.
Cinéma Legendre. 128, rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Legendre- A dua-
lités. • — Reï-Gliss aux bains de mer. comi-
que. — Mathias Sandorf, if et dernier
épisode. — Stockholm, plein air. — Le roi
des chemins, comédie dramatique. — Inter-
mède : LesSeguy, comiques militaires.
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. —
Chez les Anthropophages, 8e étape. — La
Faim, drame. — Deux bons petits diables.
comique. — Fromont jeune et Risler aine.
reépopue. — Gaumont- Actualités.
Le, Select, 8, avenue de Clichy. —
Chez les anthropophages, 8e étape. — Deux
bons petits diables, comique. — Ménage de
chien, folie caniculaire. — Gaumont-actuali-
tés. — Le méchant homme, comédie. — Match
Carpentier-Dempser.
Royal Wagram, avenue Wagram. —
Mnéage de chien, comique. — Un Malen-
tendu, comédie dramatique. — Le méchant
homme, comédie dramatique. — Patbé-
Journal. — Match Carpcuticr-DempscY.
18e ARRONDISSEMENT
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel. 43,
— Maurice Robert, directeur. — La Petite
Châtelaine, comédie. — Le Collier de
l'Impératrice, aventures. — Mathias Sandorf
oe épisode. — Les actualités de la semaine.
— Attraction: Thipp 's, excentrique.
Marcadet-Cinéma-Palace, 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — Fromont Jeune et Risler aine.
— - Le duel de Bill, comédie gaie. — Beau-
cilron bon juge, comique. — Attraction :
Maria Karsakowa et Mario Lorenri. pre-
miers danseurs d'opéra.
Gau mont-Palace, r, rue Caulaincourt.
— Le Lys de la Vie. — Un malentendu .
comédie moderne. — Le voile fantasque.
Palais-Rochechouart. 56, boulevard Ro-
chechouart. — A travers la France : Envi-
rons d' Ajaccio. — Nick IV i nier et ses aven-
tures, 4e épisode. — La Faim, drame. —
Aubert- Journal. — Fromont jeune et Risler
aine.
Au prochain numéro
suite des biographies
d'interprètes français
Le Capitole. boulevard de la Chapelle?
— La Faim, drame. — Deux bons petits
diables, comique. — Attraction : Francardâ
dans son numéro universel. — Fromont
jeune et Risler aîné, 1 époque. — Pathé-
Jonrnal.
10* ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7, Avenue Secrétan. — l'athe-
Journal. — Beaucilron bon juge, comique.
— Mathias Sandorf, 8e épisode. — L' A
du Train 24. Y épisode. — Fromont jeune et
Risler aine. 1"' époque.
20e ARRONDISSEMENT
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Patbé-Journal. — Dans le pïege\
comédie dramatique. - Attraction : Niotna.
Quand ou a faim, drame. — Ménagede chien.
comique.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualités . — La
deux routes, comédie dramatique. — Fattv
portier, comique. — Attraction : Les Dionues.
barristes. — Fromont jeune et Rislei aine,
ir0 époque.
Paradis-AubertrPalace. 42. rue île bel-
leville. — La pèche au mari, comique. -
Le courage de Madge, drame.— Attraction :
Floret dans son répertoire. — Nick IVinler
et ses aventures, 4e épisode. — Les hommes
marqués, comédie dramatique.
BANLIEUE
Clichy. — Patbé-Journal. — Beaneitron
bon juge, comique. — Mathias Sandorf,
9e épisode. — L'Affaire dit train 24. Y épi-
sode. — Fromont jeune et Risler aine.
Ire époque.
Levallois. — Patbé-Journal. — Calou-
chardet Bocalas comique. — Mathias San*
dorf,8<> épisode. — Cabiria, chanteuse à'
voix. — L'Affaire du train 24. i*1- épisode»
— L'Echéance fatale, comédie dramaiquef
Montrouge. — San-Remo et ses environs.
plein air. — Montrouge-actualitès. — Le
Crampon, comédie dramatique. — Mathias
Sandorf. q' épisode. — Deux coqs, une
poule, comique. — Le Lourdaud, comédie.
Bagnolet. — Patbé-Journal. — Beanei-
tron bon juge, comique. — Mathias Sandorf.
()e épisode. L'Affaire du train 24. y épi-
sode. — Fromont jeune et Risler amé.
i'e époque.
Vanves. - Palhé-Jounial. — Pa/hé-
Rt vue ii° 56. — Part éi deux, comique. —
L'Affairedu tram 24.2- chapitre. — Argent
et honneur, comédie dramatique. —Jeunes
filles à marier, comique.
Olympia Cinéma de Clichy. — La
Noce de Fattv comique. — Les deux
Sœurs, comédie dramatique. — Deux bons
petits diables, comique — Attraction :
Max Rogé, chanteur. — Le méchant homme.
comédie dramatique. — Gaumonl-Aetr.a-
litcs.
cinea
MM QUELQUES FILMS FRANÇAIS MM
Ames Siciliennes.
Du rythme, du soin et souvent le
sens du cinéma. Un effet de terreur
qui, plus au point, eu réalisé une de
ces atmosphères de mystères chère à
Conan Doyle, voire à Gaston Leroux.
Van Daële a de la puissance. Made-
leine Lyrisse, dans un rôle ingrat, a
du tact et du style.
Le secret de Rosette Lam-
bert
Une des plus magnifiques manifes-
tations de la « matière photogénique ».
C'est vraiment du cinéma. Si Tristan
Bernard n'avait pas fait exprès un
scénario banal ce serait un film ex-
traordinaire. C'est tout de même ce
qu'on peut appeler un film.
Lois Meredith est tantôt elle-même
tantôt Fanny Ward, mais c'est tou-
jours joli. Camille Bert, Dullin, Jac-
ques Roussel sont excellents. Henri
Debain triomphe.
Les décors de R. Mallet-Stevens
sont trop photogéniques.
L'homme du large.
Le premier grand succès de Marcel
l'Herbier sont de belles images, mais
le cinéma veut des images animées.
En tout cas, c'est le passage de la pho-
tographie d'art à la photographie ci-
nématographique. Et ce succès nous
réjouit tous.
Catelain s'y impose en torturant
un peu sa nature, à la manière des
derniers filins de Lillian Gish. Roger
Karl débute de son mieux, qui sera
très bien avant peu, car il peut beau-
coup en ligne et en expression.
9
Colomba.
D'un petit conte sec, faire un opéra
cinégraphique n'est-ce pas une er-
reur ? Mlle Marco-Vici serait mieux
Antinéa que Colomba. Il est visible
pourtant que tout le monde a voulu
faire très bien.
Le lys rouge.
Anatole France à l'écran ? Non.
Les photos de Florence sont jolies
mais faciles.
On nous répondra : C'est un film
commercial mais nous répondrons
naïvement : Ce n'est pas vrai.
Fumée noire.
Pour un film raté, c'est un film raté.
L'idée méritait de réussir. La forme
du scénario déraille au deuxième
tiers. L'exécution due à deux com-
plices prouve que l'un des deux met-
teurs en scène ne connaît rien au ci-
néma.
Le négatif poussé au gris escamote
l'intérêt de certains'intérieurs délicats
dûs à la collaboration inattendue de
Francis Jourdain et Van Dongen.
Ce film a obtenu les sympathies et
l'indulgence des gens dégoût et a mis
en colère quelques autres. Un tel ré-
sultat récompense l'effort.,.
Le Remous.
Joseph Boulle est très bien.
Petit ange.
Ne nous disputons pas au sujet de
ce film. Il a gagné de l'argent. Que
voulait-on de plus ?
M. Luitz-Morat est d'ailleurs abso-
lument capable de faire un film.
La Montée vers l'Acropole.
C'est là que Le Somptier a réuni le
plus d'idées cinématographiques,
mais une réalisation inconfortable les
dessert terriblement.
Le rôle de France Dhélia ne lui con-
vient pas.
André Nox et Van Daële défendent
leurs personnages.
Le Silence.
Une heure dans la tète d'un homme
seul.
Signoretfait l'effort leplus difficile
de sa carrière, et, [en somme, réussit.
Eclairages inégaux.
Les images du passé ne sont pas
encore assez loin
Narayana.
Un beau rêve. Tout y est plus indi-
qué que fini. Mais il s'en dégage une
impression d'harmonie intérieure
très artiste et très française qui l'ait
de ce film un enseignement délicat.
Grand succès personnel pour Van
Daële, cariatide de rêve et de pensée.
Myrga, énigmatique , et Marcelle
Souty, sensuelle, l'encadrent exacte-
ment.
Fabienne.
Une honnête comédie.
Yvonne Aurel a un masque émou-
vant, un peu dur, très passionné, at-
tachant. Rien d'une ingénue. Louise
Glaum T
O
Miarko.
Visuellement, Mercanton n'a pas
réussi Miarka comme l'Appel du
sang.
Desdemon a Mazza est une délicieuse
sauvageonne. Réjane nous électrise
pendant cinq minutes. M. Jean Riche-
pin n'arrange pas les choses.
Li-Hang-Le-Cruel.
Zut pour Forfaiture î
Un serpent mélancolique ne suffit
pas à galvaniser le chef-d'œuvre an-
noncé.
Du moins, May Murray, Mary Ha-
rold et Félix Ford sont-ils de justes
interprètes.
Flipotte.
Il s'en faut de peu que ce soit un
bijou. Mais il y a un malentendu
entre l'humour anglais et le cirque
français, et Signoret sentimental n'a
jamais valu Signoret parodique. Mais
l'ensemble abonde en grâce ironique
et quelques coups de ciseaux lui eus-
sent assuré le succès voulu.
La Paix chez soi.
Variation sur Courteline par Robert
Saidreau. Bien dangereux, en prin-
cipe. Mais, en fait, Saidreau a eu rai-
son. C'est un petit feu d'artifice réussi.
e
Tartarin sur les Alpes.
Avec l'accent de Vilbert, je ne dis
pas non. Mais Vilbert muet T Ah que
c'est muet...
•
Tristan et Yseut.
C'est à peine du Massenet,
cinea
Champi-Tortu.
Un thème anti-cinéma exécute avec
de vraie moyens de cinéma. L'atmos-
phère du collège est exquise. L'inté-
rieur meublé des amants est moins
bien.
Janvier et Alcover : remarquables.
Maria Kouznezofï, une petite provin-
ciale gauche ? Ah non!
L'homme qui vendit son âme
au diable.
Une adaptation de la manière amé-
ricaine corsée d'une bonne humeur et
d'une vivacité qui forcent la sympa-
thie. C'est du cinéma, ma foi, et Da-
vid Evremond se révèle acteur d'écran
tout à fait remarquable.
Les deux Gamines.
M. Louis Feuillade soigne techni-
quement ses feuilletons. Il ne lui
reste plus qu'à s'attacher à des sujets
et à des personnages plus intéres-
sants. Cela fera plaisir à tout le
monde. Mais le diable m'emporte s'il
en croit un mot !.. .
•
Villa Destin.
Le meilleur l'Herbier est là. Quel
tonl Finssorefrançaise,on te retrouve
enfin. Jonglons avec l'impossible et
moquons-nous de nos émois. Une
querelle absurde empêche ce film de
paraître? C'est trop juste et c'est, en
France d'écrans, la tradition qu'une
œuvre intéressante ait tous les mal-
heurs.
Brillante interprétation farce de
Saint-Granier, Paulais, Alice Feeld,
Lili Samuel, etc.
•
Le Lys du Mont Saint-Michel.
Le Mont Saint-Michel est la plus
belle colline de France et Agnès Sou-
ret est là plus belle femme de France.
Marier deux vedettes fut toujours
scabreux. Ces unions sont des déjeu-
ners de soleil. Le cinéma peut pour-
tant se nourrir de soleil, quelquefois.
L'Ami des Montagnes.
Romanesque et assez paisible. Du
goût. Et André Nox.
Visages voilés, âmes closes
Henri Rousel est un sûr chef d'or-
chestre cinégraphique. Je le préfère
dans le maniement de la vie des ci-
tés, mais je goûte la saveur de son
Afrique passionnée.
Emmy Lynn, occidentale ardente,
s'orientalise intelligemment.
Mademoiselle de la Seigllère
Après Les Frères Corses, c'est ce
qu'Antoine a fait de mieux. Intérieurs
charmants,] ardinsamenuisés, rythme
bien allant, on se plaît dans ce style
Ile-de-France. Interprétation un peu
théâtre.
•
La Hurle.
Un certain cran. Un peu plus de
nerf et ce serait beau. Juliette Mal-
herbe et Joseph Boulle ont leur suc-
cès.
Les Trois Masques.
La belle maîtrise de Henri Krauss.
Le plein air éparpille un peu l'intérêt
de ce thème brutal comme un coup de
stylet. Henri Krauss, acteur, a de l'en-
vergure. Henri Nollan, Georges Da-
gne et Gine Avril sont émouvants.
Le Talion.
Bon scénario. Mise en scène super-
ficielle. Gaston Jacquet a des quali-
tés supérieures pour le cinéma. Geor-
ges Lannestravaille.Exiane s'efforce.
Le Destin Rouge.
Bref, sobre, vivant. Pas assez de
force. Du sentiment et 1 intelligence
des situations. Van Daële de premier
ordre.
•
Le Rêve.
Ce ne pouvait être du cinéma, sur-
tout pas du cinéma de Baroncelli.qui
est direct et pas du tout intérieur,
mais c'est un beau livre d'images lu-
mineuses, soulignées de quelques
fortes notations photogéniques.
Signoret et Andrée Brabant ont fait
un bel effort. Bravo ! Et Eric Barclay,
dans le rôle de Félicien, est parfait.
•
Blanchette.
Hervilades dons étonnants. Il pour-
rait en user mieux. Qu'y peut-il ? Il
tire de Blanchette mieux que Blan-
chette. Donc tout va bien. Mathot et
Féraudy ont de l'autorité. Pauline
Johnson nous a plu.
Prométhée banquier.
Fantaisie d'un jour, cet instantané
cinégraphique manque du liant voulu
pour assurer son rythme. Mais c'est
du cinéma. C'est du cinéma de haut
goût. Et je souhaite que la mode
vienne chez nous de ces raccourcis
dramatiques en quoi les Français(trop
de fois vaincus par le délayage) excel-
leraient.
La Belle Dame Sans Merci.
Au temps où la presse injuriait
Germaine Dulac, nous avons loué
violemment A mes de fous et le Bon-
heur desautres. Le goût, l'esthétisme
le relief en virtuosité de cette « met-
teur en scène » ont encore gagné de-
puis La fête espagnole et La Ciga-
rette. Elle a parfois sacrifié aux
enjouements américains ou latins,
Dans La Belle dame sans merci elle
elle est bien elle, et cela fait une heure
brillante.
Toulout, Tania Daeyme, Denise Lo-
rys sont intelligents.
Lili-Vertu.
Huguette Duflos est jolie.
L'Epingle rouge.
Le Jardin des supplices pour jeu-
nes filles.
•
Le sens de la mort.
« C'est assez costaud », dirait Gi-
golette.
Yanowa est racée comme un Sloughi
et hardi comme un chat. Nox a de
l'intensité.
La nuit du 13.
Les amis de Fescourt ont eu bien
tort de lui dire que ce film était ad-
mirable. Il est plein de bon sens, mais
de Forfaiture aussi, et ceci gâte cela.
Yvette Andreyor est diverse, vi-
vante, saisissante, remarquable. Tou-
lout est bien. Dubosc est très bien.
Vermoval est tout à l'ait bien.
La fleur des Indes.
Huguette Duflos est jolie.
Matbias Sandorf.
Voilà du bon Fescourt. Des moyens
d'infortune ont compromis certaines
parties de ce roman difficile. L'en-
semble se tient avec de la couleur,
du goût, du soin et s enrichit d'inter-
prètes comme Joubé, Toulout, Ver-
moval, Yvette Andreyor très artiste
et surtout Modot admirablement ci-
néma.
cinea
SIC.NORKT dans Le Pire Goriot
Le film : Le Père Goriot, c'est seulement la douloureuse histoire du Père Goriot. Il ne faut point y
chercher les j^o pages du livre de Bal{ac, on serait déçu.
Le sujet m'a lente parce que : Dans Champi-Tortu. il v avait /canne Chevalier (amour ma/cruel).
Dans le Rêve, il v avait Angélique (amour mystique). Dans le Père Goriot /'/ y a Goriot (amour
paternel)... Trvptiqne.
Enfin la réalisation de ce film présentait certaines difficultés de reconstitution. Et ne devons-nous pas
travailler .?... Mon film est en noir et blanc, sans demies-teintes. Je nie suis efforcé d'être simple, direct cl
facile. Je ne veux pas dire que j'y sois arrive, ces trois mots résumant éi mon sens, tout l'art
ciné graphique.
Ne pense; -vous pas que le plus bel éloge que l'on puisse faire d'un film est dédire : «Comme tout cela adi'i
être facile a faire. « Certaines pages de nos plus grands écrivains donnent cette impression de facilité...
El les films de luce aussi.
I. DE BARONCELLI.
8
cinea
Gigolette.
C'est un feuilleton. Positivement,
c'est un feuilleton.
Séphora Mossé est très bien. Colin
aussi.
El Dotado.
Ça, c'est du cinéma.
Je ne crois pas qu'il y ait d'éloge
plus pur à présenter à un metteur
en scène français. Et Marcel L'Her-
bier, au premier rang de la trop pe-
tite phalange des vrais cinéastes de
Paris., a trop bien témoigné de son
effort d'art et de son indépendance
créatrice pour qu'il faille s'étonner
d'un succès aussi énorme que juste.
Rose-France était une belle pré-
face. L'Homme du large, un album
de belles images dramatiques. Et
Villa Destin, un beau jeu de films et
de nuances de films : Kl Dorado,c'est
du cinéma. Et c'est du cinéma fran-
çais. Un tel film ira dans le monde
entier parce que c'est un vrai film et
parce que l'auteur, français, a fait
une œitvre française. Je n'ose pas de-
mander à ses mille petits confrères,
de l'acclamer, car je pense qu'ils sont
pleins de haine, comme un tas de pe-
tits fauves âpres et cravachés par un
maître.
Eve Erancis, au cinéma et au théâ-
tre, s'est vouée aux nobles batailles.
Ses derniers succès l'ont couronnée.
Et El Dorado est son triomphe.
Jaque Catelain est remarquable.
Depuis la trop subtile intensité de
l'Homme du Large, il a resserré et
ressaisi ses moyens de sincérité. Le
naturel et la tenue de son personnage
nous ont enchantés.
Marcelle Pradot a l'harmonie pen-
sive et le style d'une infante moderne.
Claire Prélia s'est particulièrement
fait remarquer par sa composition
de dignité nordique. Philippe llériat
me semble doué de cette puissante
simplicité active cpii est nécessaire
en cinégraphie.
Une belle fresque. Un grand chœur.
Et — un cœur.
L'Atlantide.
Au sortir de la présentation de
l'Atlantide, on n'a pas envie d'en
dire beaucoup de bien. Seulement on
n'a pas envie d'en dire de mal du
tout. Il faudrait donc en dire beau-
coup de bien. Ce n'est pas l'effort,
les millions et le temps passé que
j'estime là-dedans. C'est l'ampleur,
une espèce d'aisance directe que
l'on trouve rarement dans un film
français.
Le titre est un atout pour le ciné-
graphiste. Le roman lui-même est un
boulet Pierre Benoît fut léger, bril-
lant, attachant avec Kœnigsihark.
Pierre Benoît, avec l'Atlantide, est
confus, pédant, lassant. Il a trop
d'idées et surtout trop d'adresse. C'est
de l'hyperesthésie d'habileté.
Un de mes amis, jaloux (c'est un
écrivain) du succès de V Atlantide,
répète àcpii veutl'entendre:« L'Atlan-
iide, c'est le Phi-Phi du roman!» Il
suffit aujourd'hui de dire :« L'Atlan-
tide ce n'est pas du cinéma ! »
Avez-vousltt Siie de Sir Ridder Ilag-
gar?Ce n'est pas un très bon roman.
C'est un très bon film.
L'Atlantide, de M. Feyder, est
presque un bon film. Il commence
par cette chaleur et ce rythme d'at-
mosphère cpii manquait à la Sultane
de l'Amour et que nous aurions bien
voulu trouver dans la Vierge de
Stamboul. Il y fait chaud. Le désert
parle avec cette éloquence nue qu'on
entend sur les dunes de Flandre, en
Camargue, sur les plateaux de Cas-
tille — et dans la campagne d'Alger.
Ces visions ont delà gueule.
Nous entrons à regret dans le palais
d'Antinéa. Ah î que de regrets T Ce
palais est triste. On y a mis trop de
luxe, de fioritures naïves, de pompe
inutile etsans relief. Sommes-nous au
foyer de l'Opéra ? C'est dommage. La
simplicité des plans pouvait seule
donner de la grandeur à un conte et
à des personnages qui n'en ont pas.
Beaucoup de Français aiment le style
Chauve-Souris et n'aiment plus le
style Châtelet, et hors de France c'est
fait depuis longtemps. Aussi la salle
du trône d'Antinéa nous a-t-elle en-
nuyés.
* *
La prise de vues a, si j'ose dire,
fait de son mieux.
Le sable des premières parties est
somptueux et rutilant.
Pourquoi les visages sont-ils si
noirs ? Pourquoi les chambres de
l'Antinéa-IIousc sont-elles grises ?
Pourquoi Napierkowska n'est pas
elle-même, avec les proportions char-
mantes de son corps menu, de son
cou d'oiseau, de sa tète vive, pré-
cise, volontaire, et non cette majesté
de sociétaire qui lui vient d'ornements
ingénus et d'une dangereuse inconti-
nence de gros « 'plans américains »?
Napierkowska est-elle la vraie An-
tinéa? Je vais vois étonner. Je dis :
oui. On a prononcé d'autres noms,
on pourrait en prononcer mille, et on
n'aurait jamais tort. Antinéa n'existe
pas. Elle n'a pas plus de style qu'une
commère de revue ou un modèle pour
chromos. Personne n'a donc a la réa-
liser. Napierkowska a été Napier-
kowska, voilà tout. Et cela vaut bien
Antinéa.
* *
L'interprétation est bonne. Il est
curieux que les acteurs soient géné-
ralement naturels dans des rôles de
convention
Angelo est un bon Morhange, avec
quelque talent et surtout un magni-
fique sourire qui éclaire tout. Mel-
chior a du soin, de la sécheresse, une
vérité un peu photographique. Iribe
rend aiguë et charmante la para-
doxale Tanit-Zerga.
La mort de Morhange est le point
le mieux équilibré du film. Là, nous
avons réellement une impression de
cinéma, c'est - à - dire de ce degré
étrange où l'algèbre du blanc et du
noir entre dans l'âme et la bouleverse.
Gance eût fait de l'Atlantide une
œuvre sans défauts et sans facilité.
Je préfère les gaucheries nombreuses
et les fautes de M. Feyder dont le film
n'a pas d'ailes mais qui est tout de
même un film.
*
Il est probable que l'Atlantide
sera un succès moral et une décep-
tion financière. Mais on a assez gâ-
ché de capitaux sur des ordures pour
en consacrer un peu, voir un peu
trop à d'intéressants essais.
L'Atlantide est donc un beau film.
Et pourtant M. Aubcrt l'a acheté.
Loris Dei.i.uc
cinea
H'
1 -^
SE*
4 #
- -Vf.'
Cliché Caumont
EVE FRANCIS dans £/ Dorarfo
La créatrice d'El Dorado a
remporté devant la presse
et les professionnels de
l'écran un succès dune
qualité rare et d'un éclat
exceptionnel, digne du
talent passionné qu'elle a
si dépense dans La Fête
espagnole. Le Silence, Le
Chemin d'Ertioa, Fièvre, etc.
0
cinea
Dans le dépôt du
P.L.M., a Nice, se
tourne une scène de
La Rou<-, De gauche
a droite : Séverin-
Mars riant1. Miss
Iv v Close, Gance
(debout), (j. de Gra-
v o n e ; a droite :
H. Burel, l'opéra-
teur d'Abel Gance.
I.A ROUF
coo
Un aperçu du travail minutieux
et puissant d'Abel (iance. le
créateur de Mater Dolorosa. de
La X"'° Symphonie et de J'accuse,
que D.-W. Griffith se plaît a
lancer aux Etats-Unis, l'accuse
dont nous reverrons bientôt a
Paris une réédition remaniée et
présentée d'une façon tout à fait
différente. ooo
MISS IVY CLOSE
délicate et admirable protago-
niste féminine de /.,; Roue.
££
LES FILMS A-BEL GANCE
4*
cinea
II
A coté de Séverin-Mars,
Pierre Magnier a composé
dans La Roue une figure
dont la noblesse et l'am-
pleur émouvante porte-
ront fortement. ooo
LA ROUE ooo
Séverin-Mars dans La Roue. — A ce bel acteur, il fallait
un beau film. Apres J'accuse, La Roue. Séverin-Mars est
mort, hélas, et vous le regretterez encore plus a voir la
puissante réalisation qu'il a campée dans ce drame d'écran.
** LES FILMS A-BEL GANCE
£4
cinea
LA ROUE
Sur le réseau du
P.L.M. Gance, en-
touré de Séverin-
Mars, I v v (11 use.
Ci. de Gravone et
H. Burel, son opé-
rateur, mettent au
point une grande
scène de La Roue.
MISS IV Y CLOSE
dont le talent photogéni-
que éclaire la grandeur
tragique de La Roue.
** LES FILMS ABEL GANCE **
cinea
13
LA ROUE
Le nocturne de la
locomotive. Cet épi-
s< cîe de la prise de
vue évoque déjà la
poésiedigne de Ver-
liaeren ou de Walt
W li itm a n que l'é-
cran nous ré\ élera.
LA ROUE
Séverin-Mars et
Gabriel deGravone,
l'un si ad m i rahle
d&nsj'accuse, l'autre
si j u v é n i 1 e m e n t
doué et compréhen-
sif, composent dans
La Roue un duo
vigoureusement hu-
main, ooo
** LES FILMS A*BEL G AN CE 4*
14
cinea
a DERRIÈRE L'ÉCRAN
Footitt est mort.
Je trois que c'est Toulouse-Lau-
trec, Le premier, qui s'enthousiasma
pour le talent de cet observateur
parodique. Et une carrière éclatante
prolongea ce triomphe d'artiste.
Car Footitt fut un grand artiste es
mime, ironie, satire. Au temps qu'il
v avait encore des clowns, il fut LE
CLOWN, mais sait-on ce que c'est
maintenant ? Footitt est mort. La
piste du Nouveau-Cirque est vide.
Nous espérions sa venue au ci-
néma Sans le mal soudain qui l'em-
porta, il eût affirmé et continué dans
une série de productions muettes ce
sens de l'image qu'il prouva récem-
ment dans Fièvre. La silhouette de
« L'Homme au chapeau gris » qu'il
y composa reste une manière de chef-
d'œuvre.
Nous apprenons avec plaisir que
la direction générale, pour la France,
de la location des célèbres films de
l'United Artists : Mary Pickford, Dou-
glas Fairbanks, Charlie Chaplin, D.
W. Grifflth, a été confiée à M. Fer-
nand Weill.
La maison d'importation et expor-
tation Transocean Film CO G.m.b.II..
Berlin SYV. (i8, Zimmerstrasse 72/74,
vient d'ouvrir une succursale à
Vienne (Autriche) Zollergasse 8, sous
le même nom. La succursale s'occu-
pera avec l'exploitation des films
allemands et étrangers et en même
temps avec l'acquisition des produc-
tions autrichiennes pour l'Allemagne,
l'étranger et outremer.
Il nous semble que les directeurs
de cinéma aient mis une certaine
coquetterie à renouveler leurs pro-
grammes. La dernière saison n'avait
pas toujours été bien heureuse à cet
égard. Septembre est bien meilleur.
Que cela continue et le public sera
content.
Nous félicitons MM. Eysseric. direc-
teurs du Majestic Cinéma, de Nîmes,
pour la remarquable composition de
leurs semaines cinématographiques.
La partie musicale est de tout pre-
mier ordre
M. Coppens, directeur du grand
cinéma de la Monnaie, à Bruxelles,
aime et défend les beaux films fran-
çais. Il les accompagne de ces belles
mises en scène dramatiques ou cho-
régraphiques qui ont eu tant de suc-
cès en Amérique, ces derniers mois.
•
Presque en même temps que Cinéa
se présentait aux lecteurs français,
une salle du boulevard s'ouvrait et
se baptisait Cinéa.
Pour une fois, le cinéma ne l'a pas
emporté : la salle Cinéa devient un
cabaret et se rebaptise Le Coucou.
/^tVn
Desm de Bécan
1.11.1 SAMUEL
dans Le Tonnerre
Anna Widfors, la chanteuse sué-
doise que certains français appellent
la Damia de Stockholm — a débuté
au cinéma, en France, dans Le Ton-
ne i-rc, de Mark Twain.
•
Le cinéma Demours a repris Le
Trésor d' Ame. La salle Marivaux a
repris Les Proscrits. Parisiana et la
salle Marivaux ont repris Le Silence.
Les « dessins animés » vont prendre
une importance pouvelle. Un anglais
et un français préparent à Paris une
ingénieuse adaptation cinégraphique
des Voyages île Gulliver.
Marcel l'Herbier écrit en ce moment
un scénario d'après le Don Juan île
Manara. La réalisation de ce film
commencera en septembre. Ce sera
une version fantaisiste et féerique
en deux époques.
On dit que Christiane Vernon serait
éloignée de l'Ecran pour une assez
longue période. L'interprète du Tra-
quenard. d'Un Aventurier, de La
Double Epouvante se repose.
Une Société Italienne vient de se
fonder dans le but de porter à l'Ecran
la vie du Dante. La divine comédie
sera jointe et adaptée au film. Cette
œuvre considérable coûtera environ
huit millions de lires.
M. Pouctal a commencé chez Pathé
la mise en scène du Crime ilu BouiÂ
d'après le roman humoristique de G.
de Lafouchardière .
M. Rafaël Adam met en scène La
Petite Fadette, d'après la nouvelle
de Georges Saml. Le film sera tourné
sur les lieux mêmes où habitait le
poète
©
Pierre Magnicr a commencé cette
semaine de tourner dans le Curano
de Bergerac que réalisent les Ita-
liens.
cinéa
15
LES INTERPRÈTES BU CINÉMA FRANÇAIS
GASTON MODOT
est venu de la peinture au cinéma, il a tourné
pour :
Gaumont
sous la direction de Jean Durand :
Cent Dollars, Mort ou Vif, La Mort qui Frôle,
Le Collier Vivant.
Eclair
' Les Poilus de la 9e (rôle de la Vclige).
Film d'Art
' La Danseuse Voilée, réalisation de M. Ma-
riaud.
L'Epave, réalisation de Mariaud.
Nemrod et Cie, réalisation de Manaud.
L'Ame de Pierre, réalisation de Ch. Burguet.
Monte-Cristo (rôle de Bertuccio), réalisation
de Pouctal. k$
Phocéa
Elle.
Nalpas
La Sultane de l'Amour (rôle de Kadjar), scé-
nario de Frantz Toussaint, découpé par Louis
Nalpas et réalisé par René Le Somptier et Ch.
Burguet.
Un Ours, scénario de Gaston Modot, réalisé
par Charles Burguet, avec Gaby Morlay.
Le Chevalier de Gaby, comédie sentimentale
de Gaston Modot, réalisée par Ch. Burguet,
avec Gaby Morlay, Bras, Dewillez. f* ** *'p
La Fête Espagnole, scénario de Louis Delluc,
réalisé par Germaine Dulac, avec Eve Francis et
Jean Toulout. ••*'**'
Mathias Sandorf, adapté de Jules Verne et
réalisé par Henri Fescourt, avec Toulout, Yvette
Andréyor et Joubé.
Fièvre (Alhambra-Film), scénario dramatique
de Louis Delluc, réalisé par l'auteur, avec Eve
Francis, van Daële et Sagrary.
La Terre du Diable (Films Luitz Morat), réali-
sation de Luitz Morat, avec Pierre Régnier et
Yvonne Aurel . I* *» * S « %
Adresse : 26, rue Verdi, Nice.
JAQUE CATELAIN
D'ascendances suédoises, Jaque Catelain (de
son vrai nom Jacques Guérin-Catelain), est né
à Saint-Germain-en-Laye, le 9 février 1897 .
1912 : Jaque Catelain paraît pour la première
fois sur la scène dans des matinées au profit
d'oeuvres de bienfaisance ; il s'adonne par la
suite exclusivement au dessin 1913 : Entre à
l'Académie Julian 1914 : Travaille à l'Aca-
démie de Passy 1915 : Entre au Conserva-
toire, classe Paul Mounet. Au bout de quelques
mois, donne sa démission, part dans l'artillerie
lourde .
1917 : Réformé temporaire. A ce moment
Marcel L'Herbier lui propose de débuter au
cinématographe, — il accepte et c est :
Le Torrent, aventure imaginée par Marcel
L'Herbier, mise en scène * par Mercanton et
Hervil, interprétée par Signoret, Henry Roussel,
Louise Lagrange et Jaque Catelain dans le rôle
du jeune montagnard Jnio (Eclipse).
Ensuite : 1918 * Rose-France, cantilène en
noir et blanc, composée et visualisée par Marcel
L'Herbier que Jaque Catelain interprète aux
côtés de Mlle Aïssé et de F. B. Kuhn Qtys-
Film).
1919 : Le Bercail, d'après Henry Bernstein,
aux côtés de Capellani et de Marcelle Pradot
dont ce sont les débuts à l'écran (Gaumont).
1920 : Le Carnaval des Vérités, de Marcel
L'Herbier, aux côtés de Suzanne Desprès, Ca-
pellani, Marcelle Pradot, Eugénie Nau (Gau-
mont).
1920 : L'Homme du Large, marine, par Marcel
L'Herbier, aux côtés de Marcelle Pradot, Roger
Karl, Claire Prélia, Philippe Hériat (Gaumont).
1921 : Prométhée Banquier, instantané dra-
matique de Marcel L'Herbier, avec Eve Francis,
Marcelle Pradot et Signoret (d'après Prométhée
Déchaîné, sketch tragique, représenté au Théâtre
du Colisée et joué par Signoret : Prométhée ;
Eve Francis : Hélène de Sparte ; Marcelle
Pradot : Panthea ; Jaque Catelain : le dactyle.
1921 : El D or ado, mélodrame, par Marcel
L'Herbier, avec Eve Francis et Marcelle Pradot,
Claire Prélia, Philippe Hériat , Paulais (Gaumont) .
Dessin de £. Nermann
JAQUE CATELAIN
EMMY LYNN
Théâtre
L'Aigrette, de Dario Nicomedi, avec Réjane.
L'Eventail de Lady Windermere, d'Oscar
Wilde (Théâtre des Arts).
Kit, avec Max Dearly.
La Marquesita, de Robert d'Humières (Théâ-
tre des Arts), avec Durée.
Mon Bébé (aux Variétés), avec Max Dearly.
Ses Films
Le Camée, avec Henry Roussell.
Le Calvaire, réalisation de Liabel.
Celles qui Restent.
Le Bonheur qui Revient, scénario de Francis
Mair, réalisé par André Hugon, avec Henri
Bosc et Duquesne.
Une Vengeance Diabolique, réalisation de
Charles Maudru, avec Henri Roussell et Du-
quesne. »'*
Mater Dolorosa, réalisation d'Abel Gance,
avec Firmin Gémier, Tallier, Gildès.
Un Homme passa, réalisation d'Henri Roussell.
La Dixième Symphonie, réalisation d'Abel
Gance, avec Sevenn-Mars, Toulout.
Le Destin est Maître (S. C. A G. L.), scénario
tiré de l'œuvre de Paul Hervieu et réalisé par
Jean Kemm. Opérateur : Mérobian, avec Henry
Krauss, André Dubosc, Peyrière, Charlier.
La Faute d'Odette Maréchal, scénario et réali-
sation d'Henry Roussell, avec Romuald Joubé,
J. Toulout, J. Brindeau, Decœur et A. Dubosc.
Opérateur : Oliver.
Visages Voilés... Ames Closes (Jupiter-Film),
scénario et réalisation d'Henri Roussell, avec
Marcel Vibert, Bcgaert, Bras, Alice Fille, P.
Daltour. %
Adresse : 53, rue Cardinet (XVIIe).
VAN DAELE
Edmond Van Daële est né à Paris (nationalité
française).
Théâtre
Théâtre Populaire
Denise, Le Repas du Lion, Le Député Leveau,
Les Idées de Mme Aubray, Une Page d'Amour,
L'Assommoir, Le Monde où l'on s'ennuie, Fran-
cillon, Marion Delorme, Sherlock. Holmes, Le
Grand Soir, Le Fils naturel, La Clairière, Le
Demi-Monde, Champignol malgré lui, Thérèse
Raquin, La Soutane, La Loi du Pardon, L'Af-
faire des Poisons, Nana, La Sacrifiée, La Vie de
Bohême, Parmi les Pierres, Les Grands, Les
Ames ennemies, Fedora, La Nouvelle Idole, Les
Oberlé, Henri III et sa cour, Hernani, Ruy-
Blas, Adrienne Lecouvreur, Charles VII chez ses
grands vassaux, Résurection, Les Gaietés de l'Es-
cadron, Sous l'Epauleite, Les Pierrots, Master
Bob.
Th être- Antoine (direction Gémier)
La Danse des Fous, Le Procureur Hallers, Le
Secret des Mortigny, Poussière, Pendant la Ba-
taille, Antoine et Cléopâtre (rôle de Marc An-
toine).
Théâtre-Impérial
Son Poilu, La Bonne Amie.
Albert Ier
Plus haut que l'Amour.
16
cmea
Sur d'autres Scènes
L Age d'aimer. Maman Colibri, Les Vierges
Folles, Saplw, Patachon, L'Aventurier, Amou-
reuse, Gardiens de Phare, Mon ami Teddu, Les
Marionnettes, J'en ai plein le dos de Margot,
Chez les Zoacques, La Dame aux Camélias, La
Bonne Espérance, Les Avariés, Les Plumes du
Jais, La Race, La Rafale, L' Artésienne, Gaby,
Hamlet, Les Misérables, Le Bossu, Napoléonnette,
Le Flibustier, Cœur de Française, Le Refuge, Le
Secret de Polichinelle, Les Romanesques, La Jeu-
nesse des Mousquetaires, Don Cézar de Bazan,
Le Chemineau, Les Trépidants, L'Auberge rouge,
La Paix chez soi, Le Baiser, Mariage d'argent,
La Retraite, Samson, La Goualeuse, La Closerie
des Genêts, Le Maître de Forges, Théodore et Ci'e,
Les Affaires sont les Affaires, Pour la Couronne
A l'Eldorado de Lyon
F an t ornas.
Dans les manifestations du
Nouveau Théâtre- Libre
La Faux, de Birabeau et Vellone.
Ses Films
La Lumière du Cœur, scénario et réalisation
de Van Daële.
Pendant la Bataille, scénario d'Armand Bour
réalisé par Henry Krauss, avec Armand Bour.
Le Fils de Monsieur Ledoux, réalisation d'Henry
Krauss, avec Henry Krauss.
La Chimère (Messidor-Film), scénario et réa-
lisation de Lucien Lehman, avec Geneviève
Félix.
La Croisade (Films Nalpas), scénario et réali-
sation de René Le Somptier, avec France Dhélia.
Ames Siciliennes (Aigle-Film), scénario de
J.-J. Renaud réalisé par René d'Auchy, avec
Madeleine Lyrisse et Gilbert Dalleu.
Narayana (Pax-Gaumont), rêverie pathé-
thique imaginée et réalisée par Léon Poirier,
avec Marcelle Souty et Madys.
La Montée Vers l'Acropole (Cinégraphie
d'Art), scénario et réalisation de René Le Somp-
ier, avec André Nox et France Dhélia.
Le Destin Rouge (Jupiter-Film), scénario et
réalisation de Frantz Toussaint, avec Madeleine
Lyrisse et S. de Pedrelli.
Fièvre (Alhambra-Film), drame cinégraphique
de Louis Delluc, réalisé par l'auteur, avec Eve
Francis et Elena Sagrary.
Pour une nuit d'amour (Films Thiemann),
scénario tiré du roman de Zola et réalisé par
Jacques Protozanoff, avec Blanche Ross.
Les Roquevillard, scénario tiré de l'œuvre
d'Henry Bordeaux et réalisé par Julien Duvivier,
avec Jeanne Desclos et Desjardins.
Adresse : 14, rue Pestalozzi (Ve).
FRANCE DHELIA
France Dhélia a débuté à quinze ans au théâtre.
Elle a joué au Châtelet, à la Porte Saint-Martin, au
Théâtre Michel.
Elle est venue au cinématographe un peu avant la
guerre dans le rôle de Benjamine de Joséphine ven-
due par ses sœurs.
Elle a tourné avec MM. Maudru, Bourgeois,
Monca, Robert dans la 'Petite Mie\e, V jlmbilieuse,
Cœur de Gaoroehe etc.
En 1916, elle fut pour |les Etablissements Gau-
mont l'héroïne des (épaves de l'jlmour et de Qi-
nelle.
En 1918, elle a tourné le rôle de Daoulah dans la
Sultane de l'Amour, en 1919 elle fut l'héroïne de
La Croisade, puis de Malenconlre.
En 1920, elle fut l'interprète du rôle de France
James dans La Montée vers l'Acropole.
Dessin de Bécan
FRANCE DHÉLIA
Elle vient de terminer Le Cœur Magnifique avec
Séverin-Mars.
France Dhélia est née en 1 898 à Tours.
HUGUETTE DUFLOS
est née à Tunis, en 1892.
Ses Films
L'Instinct, scénario de Kistemaeckers, réalisé
par Pouctal.
La Femme Inconnue, réalisation de Gaston
Ravel, avec Roger Gaillard et Jeanne Diris.
Son Héros, réalisation de Charles Burguet,
avec Léon Mathot et Paul Amiot.
Volonté, de Georges Ohnet, réalisation de
Pouctal, avec Léon Mathot, Paul Amiot.
Les Bleus de l'Amour, tiré de l'œuvre de Ro-
main Coolus, réalisé par H. Desfontaines, avec
Jacques Vitry.
Travail, d'après Zola, réalisé par Pouctal, avec
Raphaël Duflos et Mathot.
Mademoiselle de La Seiglière, d'après J. San-
deau, réalisé par Antoine, avec Huguenet et
Joubé.
L'Ami Fritz, d'après Erckmann-Chatrian, réa-
lisé par René Hervil, avec de Max et Mathot.
Le Piège de L'Amour.
La Fleur des Indes.
Lily-Vertu.
Adresse : 12, rue Cambacérès (VIIIe).
ANDRÉ NOX
de son vrai nom André Nonnez, naquit à Pans'
le 14 novembre 1875.
Doué d'un penchant très prononcé pour le
théâtre, il crée, en 1901, un théâtre libre « Le
Masque », où il paraît dans :
L' Arlésienne .
Amoureuse, de Georges de Porto-Riche.
Jacques Damour, d'après E. Zola, avec Marcel
Bourdel .
L'Anglais tel qu'on le parle, de Tristan Ber-
nard, avec Marcel Bourdel.
Le Juif Polonais. d'Erckmann-Chatrian, avec
Marcel Bourdel.
Gardiens de Phare, de Paul Autier et Paul Clo-
quemin, avec Gaston Brou.
La Gangrène, de Jean de Mayerhoffen, avec
Mme Marcelle Frappa et Daniel Bompard.
L'Etoile, d'André Gill et Jean Richepm, avec
Mme Neith Blanc.
La Chance de Françoise, de Georges de Porto-
Riche, avec Mlle Valpreux.
Psyché, de Gabriel Mourey, avec Mlle Louise
Colliney et Roger Gaillard.
La Main de Singe, adaptation de Robert
Nu nés, avec Daniel Bompard.
Le Choc, de Jean Bernac, avec Mlles Fal"
conetti et Rolande Laffon.
Ses Films
Sous les Phares, scénario et réalisation d'André
Hugon, avec Marie-Louise Derval.
Chacals, scénario et réalisation d'André Hu-
gon, avec Musidora.
Requins, avec Marie-Louise Derval.
Johannès, fils de Johannès, scénario et réalisa-
tion d'André Hugon, avec Musidora.
La Fugitive, réalisation de Jean Manoussi, avec
Marie-Louise Derval et Jane Renouardt.
Plus loin que l'Amour, scénario de Louis
d'Hée réalisé par Charles Maudru, avec René
Le Fiers.
Ames d'Orient, scénario et réalisation de Léon
Poirier, avec Madeleine Sevé, Renée Ludger,
Dullin, Tallier.
Le Penseur, scénario fantastique d'Edmond
FIeg, réalisé par Léon Poirier, avec Madys, Tal-
lier, Jane Even, Finaly.
Une Brute, scénario de Maurice Level réalisé
par Daniel Bompard, avec Jean Signoret.
La Montée vers l'Acropole, scénario et réalisa-
tion de René Le Somptier, avec Van Daele,
France Dhélia.
L'Ami des Montagnes, scénario de Jean Ra-
meau, réalisé par Guy du Fresnay, avec Madys,
Jean Devalde, Mmes Brindeau et Ninove.
Le Sens de la Mort, scénario tiré du roman de
Paul Bourget et réalisé par Protazonoff, avec
René Claire, Baudin et Mme Yanova.
La Mort du Soleil, réalisation de Germaine
Dulac, avec Denyse Lorys et Régine Dumien.
Le Crime de Lord Arthur Savile, scénario tiré
du roman d'Oscar Wilde et réalisé par René
Hervil, avec Cecil Mannering et Olive Sloane.
Adresse : 25, rue Desbordes- Valmore (XVIe).
MARCEL VALLÉE
naquit à Paris, le 15 janvier 1885.
Théâtre
A Déjazet
Tire au Flanc, L'Enfant de ma Sœur, L'Enfant
de la Bonne, Les Camelots du 201e, Les Pigeon-
nettes.
A Antoine
Bonheur, Le Sous-Marin " L'Hirondelle ", Au
Soleil, Une Affaire d'Or, La Tontine, Le Cheva-
lier au Masque, L'Eternel Mari, Pour l'Honneur
et Vers la Gloire, Le Marchand de Venise, La
Mégère Apprivoisée, Le Bourgeois Gentilhomme,
Les Jardins de Murcie, L'Admirable Crighton, Le
Héros et le Soldat.
A Albert Ier
Boudu sauvé des Eaux.
Aux Variétés
Le Marché d'Amour.
Ses Films
1919 :
La Faute d'Orthographe, réalisation de Jac-
ques Feyder.
Les Trois Mousquetaires, réalisation d An-
dréani (rôle de Mousqueton).
cinea
Le Tonnerre, d'après Mark Twain, réalisé par
Louis Delluc, avec Lili Samuel.
Adresse : Marcel Vallée, 22, rue Laugler
(XVIIe).
•
CHARLES DULLIN
Né en Savoie en 1885. Vient à Paris à 18 ans.
Débuts des plus difficiles. Jeunesse mouve-
mentée. La guerre a commencé pour lui en
1903 et se terminera... quand ?... À joué long-
temps le mélodrame dans les théâtres de quar-
tier et en province. Petites tournées. Cachets
qu on récolte entre six et sept à certaines ter-
rasses de café. Engagé à l'Odéon (dir. Antoine),
mais sans que cela apporte un grand changement
dans sa vie. Dégoûté, part sur les routes de
France en chemineau Travaillant de ses mains
comme manœuvre, faisant tous les métiers...
échoue dans une ménagerie qui le ramène à
Dessin de Bécan
MARCEL VALLEE
Pans. D'Humiers le remarque un soir qu'il
disait du Villon au Lapin Agile et l'emmène au
Théâtre des Arts où il crée grâce au regretté
Séverin-Mars et sous sa direction un drame bien
oublié. Duru l'engage au Petit-Théâtre (Le
Drame de Three Corners Bar, Intérieur). Retour
au Théâtre des Arts (direction Rouché), crée
Masurel dans Le Carnaval des Enfants et, enfin,
Shardranoff des Frères Maramozoff. Rouché
abandonne les Arts... Le Vieux-Colombier est à
l'état de projet. Dullin devient un des collabo-
rateurs de la première heure de Copeau. Mo-
ments difficiles. Le Vieux-Colombier est aussi
mal accueilli par la presse qu'il est fêté mainte-
| nant. Dullin crée la première année Nicolas
dans Une Femme tuée par la Douceur, Jean des
Fils Louverni, le Père Fossard dans L'Eau-de-
Vie, Louis Laine, de L'Echange, Le Testament
du Père Leleu. Il joue Harpagon de L'Avare.
L'autre guerre ! Les tranchées. Réformé en
1918, il rejoint le Vieux-Colombier en Amé-
rique où il joue L Avare, Le Testament, Rosmer
dans Rosmeracholm, Cringoire, Le Père Poirier,
Le Voile du Bonheur, Le Quaker de Chatterton et
se convertit au cinéma.
Revient en France, tourne un premier film
avec Poirier (Ames d'Orient). Désillusion. Décide
de ne plus tourner. Va créer le Marchand d'Om-
bres dans La Gronde Pastorale au Nouveau-
Cirque et en même temps commence à professer
au Conservatoire Syndical. Va créer au Théâtre
des Arts, Les Esclaves et Les Ratés. Se laisse de
nouveau tenter par le ciné et tourne successive-
ment Le Secret de Rosette Lambert et L'Homme
qui vendit son Ame au Diable.
Signe à la Comédie-Montaigne avec Gémier.
Arrive à mettre sur pied l'organisation de l'école
à laquelle il pensait depuis longtemps. Crée le
Prophète dans Le Simoun, reprend le rôle de
Lanseney, joue L'Avare et crée Jacques Hury
de L' Annonce faite à Marie. En fin de saison se
sépare amicalement de Gémier pour continuer
son école sous le nom de L'Atelier.
MUSIDORA
est née à Paris.
Théâtre
Tournées avec Polin, avec Max Dearly.
Ba-Ta Clan, Chatelet, Folies-Berceres,
Moulin de la Chanson, Perchoir, Pie-Qui-
Chante.
Arlequin, L'Ecole des Cocottes.
Ses Films
Chacals, scénario de A. Day, réalisé par Ma-
riaud, avec André Nox.
Johannès, Fils de Johannès, scénario et réalisa-
tion d'André Hugon et Paglièri, avec André
Nox.
La Vagabonde, tiré du roman de Colette, réa-
lisé par Eugène Pérégo.
Mademoiselle Chiffon, scénario et réalisation
d'André Hugon.
Vicenta, scénario et réalisation de Musidora.
La Geôle, réalisation de Gaston Ravel, avec
René Navarre et André Nox.
Les Vampires, réalisation de Louis Feuillade,
avec Levesque, Jean Aymé et Mathé.
Judex, scénario d'Arthur Bernède, réalisé par
Lcuis Feuillade, avec René Cresté, Mathé, An-
dreyor, Levesque, etc.
Pour Don Carlos, tiré du roman de Pierre
Benoît, réalisé par Jean Lasseyne sous la direc-
tion de Musidora, avec Abel Tarride, Janvier,
Cynthia, Jean Signoret.
Maman, tiré de l'œuvre de Pierre Benoît, avec
Abel Tarride.
Adresse : 4 bis, rue Gounod, Paris (XVII0).
SIGNORET
Gabriel Signoret est né à Marseille, le 15 no-
vembre 1878.
Théâtre
1er Prix du Conservatoire en 1899.
Théatre-Antoin e
Main Gauche, Article 330, Les Remplaçantes,
Petite Paroisse, La Paix chez soi, La Terre, La
Fille Sauvage, L'Honneur, Discipline, Asile de
Nuit, Le Meilleu: Parti, Babouche, Le Roi Lear,
Comme au Village, Le Perroquet Vert, Vieil
Heidelberg, Canard Sauvage, Les Revenants, La
Puissance des Ténèbres, Le Tablier blanc, La
Bonne Espérance.
Théâtre Réjane
Paris-New-York, Raffles, La Flamme, Jean-
Gabriel Bôrkmann, Madame Sans-Gêne, Qui-
Perd Gagne, Le Risque, Maison de Poupée.
17
Théâtre de la Porte-Saint-Martin
L'Aventurier, Ces Messieurs, Le Voile du
Bonheur, Madame.
Femina
Les Revues de Rip et Bousquet.
L'Accord Parfait, Mais ne te promène donc pas
toute nue, Les Travaux d'Hercule, Paraphe /' ' .
Apollo
Les Cloches de Corneville.
Marigny
Les Eclai reuses.
Gymnase
Le Détour, L'Assaut, La Rafale, Femme Seule,
La Volonté de l'Homme, Petite Reine.
Vaudeville
Miousic.
Théâtre-Michel
Les Amants de Sazy, L'Ecole des Cocottes,
uand le Diable y serait.
Ses Films
Rival de son Père (Film d'Art), réalisation de
Calmette .
L'Usurpateur (Film d'Art).
Le Roi du Bagne (Pathé), avec Robinne,
A'exandre et Jean Dax, réalisation de René
Leprince.
La Comtesse Noire (Pathé), réalisation de
René Leprince, avec Robinne, Alexandre et
Jean Dax.
Plus fort que la Haine (Pathé), réalisation de
René Leprince, avec Robinne et Alexandre.
La Lutte pour la Vie (Pathé), réalisation de
René Leprince, avec Robinne et Alexandre.
Le Vieux Cabotin (Pathé), réalisation de René
Leprince, avec Robinne et Alexandre.
Le Ncël du Vagabond, réalisation de René
Leprince.
Ambitieuse, réalisation de de Morlhon.
L'Usurier, réalisation de de Morlhon.
LOrage, réalisation de de Morlhon.
Miséricorde, réalisation de de Morlhon.
Manuella, avec Regina Badet.
Le Tournant, avec Suzanne Grandais.
Dessin de Bécan
SIGNORET dans Flipotte
8
cinea
Mères Françaises, scénario <!<• Jean Kicliepm,
avec Sarah Bernhardt.
Le Torrent, scénario de Marcel L'Herbier,
réalisé par Hervil et Mercanton, avec Louise
Lagrange, Jaque Catelain, Henry Roussel,
Worms.
Bouclette, scénario de Marcel L'Herbier, réa-
lisé par Hervil et Mercanton, avec Gaby Deslys
et Harry Pilcer.
Le Roi de la Mer (Film d'Art), scénario de J.
de Baroncelli, réalisé par l'auteur.
Le Délai (Film d'Art), scénario de Baroncelli,
réalisé par l'auteur, avec Henri Bosc, Denise
Lorys, A. Cocéa.
L'Homme Bleu (Film d'Art), scénario de
Georges Le Faure, réalisé par Jean Manoussi,
avec Pierre Magnier, Tréville.
Fanny Lear (Film d'Art), scénario tiré de la
pièce de Meilhac et Halévy et réalisé par Ma-
noussi, avec Germaine Dermoz et Baron Fils.
La Cigarette (Film d'Art), scénario de J. de
Javon, réalisé par Germaine Dulac, avec Andrée
Brabant.
Le Secret du Lone Star (Film d'Art), scénario
tiré de l'œuvre de H. Kistemaekers et réalisé
par Baroncelli, avec Fanny Ward, Janvier, Rex
Mac Dougall.
Le Silence (Film d'Art), scénario et réalisa-
tion de Louis Delluc, avec Eve Francis, A.-F.
Brunelle, G. Darnys.
La Rose (Film d'Art), conte visuel de Baron-
celli réalisé par l'auteur, avec Jean Signoret,
Andrée Brabant.
Flipotte (Film d'Art), scénario de H. Kiste-
maekers, réalisé par Baroncelli, avec Andrée
Brabant.
Prome'the'e Banquier, instantané dramatique
de Marcel L'Herbier et réalisé par l'auteur,
avec Eve Francis, Jaque Catelain, Marcelle
Pradot.
Le Rêve (Film d'Art), scénario tiré de l'œuvre
d'E. Zola et réalisé par Baroncelli, avec Andrée
Brabant, Eric Barclay.
Le Père Goriot (Film d'Art), scénario de
l'œuvre de Balzac et réalisé par Baroncelli, avec
Gretillat et Claude France.
Adresse : 84, rue de Monceau (XVIIe).
RENÉ CRESTÉ
Théâtre
Le Domaine, Alléluia, Par une Belle Nuit, Les
Rozeno, Lucifer, Sainte Roulette, La Soutane,
Nos Salariés, Hamlet, Ruy-Blas, Hernani.
Ses Films
Gaumont
Sous la direction de Léonce Perret : Par
l Amour, La Fiancée du Diable, Le Roi de la Mon-
tagne, Les Mystères de l'Ombre, Le Dernier
Amour.
Sous la direction de Louis Feuillade : Déser-
leuse, Le Passé de Monique, Petites Marionnettes,
L'Autre, Le Bandeau sur les yeux, Vendémiaire,
Enigme, Judex, La Nouvelle Mission de Judex,
Tih-Minh.
Eclipse
Le Château du Silence, Le Remords Imaginé,
L'Aventure de René.
Adresse, 4, rue Emma, Nice.
RENÉ NAVARRE
Le Secret du Forçai, La Mort ou la Vie, Le
Pont sur l'Abîme, Le Mort Vivant, La Gardienne
du Feu, S'Affranchir, L'Angoisse, Erreur Tra-
gique, Le Proscrit, Préméditation, Le Grand
Souffle, Le Destin des Mères, avec Suzanne
Grandais ; Fantomas, Document Secret, L'Homme
qui revient de loin. Un Père à marier. Miss, Du
Rire aux Larmes, Ce Bon de La Fontaine, La
Nouvelle Aurore, Tue-la-Morl, Le 7 de Trèfle,
réalisé par Navarre.
Adresse : 23, rue de la Buffa, Nice.
GABY MORLAY
est née à Bi^kra, le Ier février 1897.
Théâtre
L'Homme Riche, Aphrodite, Le Zèbre, Fred,
Les Exploits d'une Petite Française, Le Scandale
de Monte-Carlo, Le Poulailler, Un Soir quand on
est seul, La Petite Bonne d'Abraham, Petite
Reine, Le Traité d'Auteuil. Mademoiselle ma
Mère.
Ses Filins
La Sandale Rouge, scénario et réalisation de
Henry Houry.
Le 2 Août 1914, avec Max Linder.
Pour Epouser Gaby (S. C. A. G. L.), réalisa-
tion de Monca.
Prête-Moi ton Habit (S. C. A. G. L.), réalisa-
tion de Monca.
Le Serment d'Anatole (S. C. A. G. L.), réali-
sation de Monca.
Les Epaves de l'Amour (Gaumont), scénario et
réalisation de René Le Somptier, avec Keppens,
Riessler et France Dhélia.
Le Paradis des Enfants (Louis Nalpas), adapté
Dessin de Don
MARCEL LEVESQUE
d'André 'Iheunet et réalisé par Charles Burguet]
avec Fabris et EHitertre.
Un Ours (Louis Nalpas), réalisation Charles
Burguet, avec Modot et Gil Clary.
Le Chevalier de Gaby, scénario de Gaston
Modot, réalisé par Ch. Burguet, avec Modot.
L'Agonie des Aigles, tiré de l'œuvre de G. d'Es-
parbès et réalisé par D.-B.. Deschamps, avec
Séverin-Mars, Desjardins, etc.
Adresse : 2, avenue Octave -Greard, Paris
(VIF).
Théâtre
MARCEL LEVESQUE
Salomé, Riquet à la Houpe, La Belle au Bois
Dormant, La Sentinelle Vigilante, Le Coup de
Cyrano, L'Ami de la Maison, Les Tribunaux Co-
miques, Dent pour Dent, Galimard Interpellé, La
Blessure, Pour être Aimée, Le Vertige, Madame
Flirt, Le Cadre, Le Prince Consort, Chiffon,
Triplepatte, La Maison des Juges, L'Otage, Pa-
tachon, La Maison en Ordre, Le Poussin, Une
Grosse Affaire, Suzette, La Barricade, Le Cos-
taud des Epinettes, Le Million, L' Amour en Ma-
nœuvre, Aimé des Femmes, Le Petit Café, La Pré-
sidente, L'Ingénu, Le Mannequin, Je 7 'aime,
L'Anglais tel qu'on le parle, Le Billet de Loge-
ment, Tête de Linotte, La Recommandation, Le
Barbier de Séville, Les Remplaçantes, Education
de Prince, La Veine, La Cagnotte, La Marraine
de Charley, La Dame du Commissaire, Le Mys-
térieux Jimmy, Un Fil à la Patte, Faisons un
Rêve, etc., etc.
Ses Films
Gaumont
sous la direction de Léonce Perret :
Léonce et Poupe tte, La Belle-Mère.
Sous la direction de Louis Feuillade :
L'Illustre Mâchefer, L'Hôtel de la Gare, Le
Jocond, Le Gendarme est sans culotte, Tu n'épou-
seras jamais un Avocat, Le Furoncle, L'Escapade
de Filoche, Le Sosie, Le Coup du Fakir, Le Fer à
Cheval, Le Collier, L'Angoisse au Foyer.
Mise en scène de Marcel Levesque : La Pin-
tade et le Dindon.
De nouveau sous la direction de Louis Feuil-
lade :
Les Vampires, L'Oncle de Bout de Zan, Les
Mariés d'un Jour, Les Fiançailles d'Agénor, Les
Fourberies de Pingouin, C'est le Printemps, Le
Retour de Manivel, Le Poète et la Folle Amante,
Si vous ne m'aimez pas. La Reine du Talion,
Lagourdette gentleman cambrioleur, Judex, Mon
Oncle, La Femme Fatale, Débrouille-Toi, La
Fugue de Lili, La Nouvelle Mission de Judex.
Path é-Nalpas
Serpentin à tort de suivre les Femmes, réalisa-
tion de Violet.
Serpentin Janissaire, réalisation de René Plai-
setty.
La Sultane de l'Amour, scénario de Frantz
Toussaint, adapté par Louis Nalpas et réalisé
par René Le Somptier et Charles Burguet.
Eclair-Nalpas
Sous la direction de Jean Durand :
Serpentin au Harem, Serpentin cœur de lion,
Serpentin le Bonheur est chez toi. Serpentin et
les Contrebandiers, Serpentin manœuvre. Ser-
pentin reporter.
Pathé
Serpentin a dressé Bouboule, réalisation d Al-
fred Machin.
Serpentin fait de la Peinture, réalisation d'Al-
fred Machin.
Adresse : 7, rue de Berne.
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Les Nouveaux Films !
1921 FRANÇAIS 1922 :
El Dorado, composé et réalisé par Marcel
L Herbier. Interprètes : Eve Francis, Jaque
Catelain et Marcelle Pradot. (Films Gaumont-
Pax.)
Villa Destin, humoresque de Marcel L'Her-
bier. Interprètes : Saint-Granier, Hallys Feeld,
Lih Samuel, Paulais.
L Ombre déchirée, réalisé par Léon Poirier.
Interprètes : Suzanne Desprès, Roger Karl,
Madys, Jacques-Robert, Tallier et Myrga.
Le Coffret de Jade, composé et réalisé par
Léon Poirier, avec l'interprétation de Roger
Karl et Myrga. (Film Pax-Gaumont).
L'Homme et la Poupée, de Maurice Manaud.
Interprètts : H.Wells, Suzanne Delvé et Talîier
La Vivante Epingle, de Jacques Robert,
d'après J.-J. Renaud, avec Jean Toulout, Jean
Hervé et Mlle Legrand.
Les Trois Lys, adapté du roman de Lucie-
Deîarue-Mardrus et réalisé par Desfontaincs
avec l'interprétation de Gine Avril, Baissac
Yvonne Desvigne et Mme Grumbach. (Film
Pax-Gaumont.)
Chichinette et Cie, adapté du roman de Pierre
Custot, par H. Desfontaines.
L Orpheline, ciné-feuilleton en douze épisodes,
composé et réalisé par Louis Feuillade avec
l'interprétation de Sandra Milowanoff, E. Mathé
J. Herrrran, Biscot, Olinda Mano, etc. (Film
Gaumont-Pax.)
Le Paradis perdu et Le Pendentif, de Pierre
Colombier, avec Lefaur, Lugnet, Mlle Diamant.
Mimi-Trottin, adapté du roman de Marcel
Nadaud et réalisé par Andréani. Interprètes ;
Louise Lsgrange, Lagrenée, etc. ( S. C. A. G. L.
— Pathé.)
L'Hirondelle et la Mésange, scénario de Gus-
tave Grillet, réalisé par André Antoine. Inter-
prètes : Ravet, Alcover, Miles Maylianes et
Maguy Deliac. (S. C. A. G. L. — Pathé.)
Le Cœur magnifique, composé par Séverin-
Ma: s et réalisé par 1 auteur et Jean Legrand.
Interprètes : Severin-Mars, Tania Daleyme,
Léon Bernard, France Dhéîia et Maxudian
(Films André Legrand. Edition Pathé.)
La Mort du Soleil, composé par André Le-
grand et réalisé par Mme Germaine Dulac,
avec l'interprétation d'André Nox, Denise
Lorys et Régine Dumien. (Films André Le-
grand ; édition Pathé.)
La Roue, composé et réalisé par Abel Gance.
Opérateurs : Burel et Bujard. Interprètes :
Séverin Mars, Ivy Close, Pierre Magnier,
Gabriel de Gravone, Georges Térof. (Films
Abel Gance ; Pathé éditeur.)
Fromont jeune et Risler aîné, adapté du roman
d'Alphonse Daudet et réalisé par Henri Krauss.
Interprètes : Henri Krauss, Andrée Pascal,
Escande, Philippe Garnier, Angelo, Suzanne
Paris's, Joffre, Schutz. (Film S. C. A. G. L. ;
Pathé éditeur.)
La Terre, adapté du roman d'Emile Zola et
réalisé par André Antoine. Interprètes : A'exan-
dre, Jean Hervé, Berthe Bovy, Armand Bour,
Jane Br.ey, Lerner, Mme Grumbach. (Film
S. C. A. G. L. ; Pathé éditeur.)
L'Empereur des pauvres, adapté du roman
de Félicien Champsaur et réalisé par René
Leprince. In'erprètes : Léon Mathot, Henri
Krauss, Gina Relly, etc. (Production Pathé.)
Les Trois Mousquetaires, adapté du roman
d'A'exandre Dumas et réalisé par Henri Dia-
mant-Berger et Andréani.
Le Crime de Lord Arthur Savile, tiré du roman
d'Oscar Wilde par André Legrand. Interprète
principal : Cecil Mannering, Olive Sloane et
André Nox. (Films André Legrand; édition
Pathé.)
Miss Rovel, adapté du rcman de V. Cher-
buliez, réalisé par Jean Kemm. Interprètes :
Geneviève Fé'ix, Jean Worms et Jane Faber.
(S. C. A. G. L. — Pathé.)
La Ferme du Choquart, adapté du rcman
de V. Cherbuhez et réalisé et Jean Kemm.
Interprètes : Mary Marquet, Geneviève Fé,ix,
Jane Even. Mevisto, Varennes. (S. C. A. G. L.
— Pathé.)
Romain Kalbris, adapté du roman d'Hector
Malot et réalisé par Georges Monca, avec le
jeune Fabien Haziza dans le rôîe principal
(S. C. A. G. L. — Pathé.)
Le Doute, composé et réalisé par René Le-
prince. Interprètes : Jean Dax, Jean Aymé,
Arquillière, Christiane Delval et Mme Delau-
nay. (Production Pathé.)
Au creux des sillons, adapté d'un roman
d' Alexandre Arnoux et réalisé par M. Bou-
drioz. Interprètes : Jacques de Féraudy et
Henri Roussel. (Films Abel Gance ; Pathé
éditeur.)
L Artésienne, adapté de l'œuvre d'Alphonse
Daudet et réalisé par André Antoine. (S. C.
A. G. L. — Pathé.)
Fièvre, composé et réalisé par Louis Delluc.
Interprètes: Eve Francis, Van Daëe, Elena
Sagrary, Modot, A. Brunelle, L.-V. de Malte,
Footit, Yvonne Aurel, opérateurs : Gibory el
Lucas (A'hambra-Film ; édition Films artis-
tiques.)
Le Tonnerre, d'après un conte de Mark Twain,
réalisation de Louis Delluc, interprétation de
Marcel Vallée et Lili Samuel. Opérateur :
Gibory.
Les Ailes s'ouvrent, composé et réalisé par
Guy du Fresnay. Interprètes : MM. Genica
Missino et Roanne, M.ics Marie-Louise Iribe
et Madys. (Films Jupiter ; édition Films Artis-
tiques.)
L Eternel féminin, composé et réalisé par Roger
Lion. Interprètes : Gina Palerme, Marthe
Lenclud, Ml.'e Raymonde, Eugénie Nau et
Mina Lecceuvre, Rolla -Norman, Maxudian,
Jacques Volnys. (Edition Films Artistiques.)
Le chemin d Ernoa, drame basque, avec : Eve
Francis, Durée, Gaston Jacquet, Mlle Doudjam
Valter, J.-B. Maricha'ar. (Parisia-Films.) (Edi-
tion Films Artistiques.)
Les Roquevillard, d'après le roman de Henri
Bordeaux, par Julien Duvivier, avec Desjardins,
Van Daële, Melchior, et Jeanne Desclos.
La Maison vide, composé et réalisée par Ray-
mond Bernard. Interprètes : A'cover, Andrée
Brabant, Jacques Roussel, Mme Montbuzon et
Henri Debain.
Fils du vent, composj et réalisé par M. de
Carbonnat. Interprètes : Francine Mussey,
Suzanne Talba, Mlle Nautzy, Dehelly fils et
Duvelleroy.
Jettatura composé et réalisé par G. Véber,
avec l'interprétation d'Elena Sagrarv, Jean
Dehelly et Nino Véber.
Un Loup, de Jean Durand avec Berthe Dag-
mar et Françoise Maïa.
Phroso, adapté du roman d'Anthony Hope
et réalisé par Louis Mercanton. Interprètes:
Malvina Longfellow, Jeanne Desclos, Paul
Capellani et Maxudian. (Films Louis Mercan-
ton, édition Royal-Film.)
Le Père Goriot, adapté du roman de Balzac
et réalisé par J. de Baroncelli. Interprète1
Signoret. Opérateur : Gibory (Le Film d'Art :
édition A. G. C.)
L'Atlantide, adapté du roman de Pierre Be-
noit et réalisé par Georges Feyder. Interprètes :
Stacia Napierkcwska, Georges Melchior, Àrgelc,
Marie-Lcuise Iribe. Opérateurs : Sprekt et
Morin.
L'Agonie des Aigles, tiré du. roman de Paul
d Esparbès Les Demi-Soldes et réalisé par Do-
minique-Bernard Deschamps. Interprètes : Sé-
verin-Mars, Desjardins, Gilbert Dalleu, Moré-
no, Mailly, le petit Rozenat et Gaby Morlay.
L'Ecran Brisé, adapté du roman d'Henri
Bordeaux et réalisé par M. D'Auchy. Interprè-
tes : Andrée Lyonel, Mauloy, André Luguet,
Mlle Vasseur et John Warriley.
Kxnigsmarh, adapté du roman de Pierre
Benoît et réalisé par Léonce Perret avec Doris
Keane et Le Bargy.
Pour don Carlos, adapté du roman de Pierre
Benoît et réalisé par Pierre Lasseyne. Inter-
prètes : Musidora et Abel Tarride.
La Douloureuse comédie, scénario et réali-
sation de Théodore Bergerat. Interprètes :
Stacia NaP:erkowska, Dalsace, Marcelle Schmitt
et Eugénie Nau. (Eclipse).
Lucente Stella, composé et réalisé par M. d'Au-
chy, avec Madeleine Lyrisse, Andrew F. Bru-
nelle et Claude Mérelle.
La Lumière sur la neige, composé et réalisé
par André Hugon, avec l'interprétation de
Suzanne Talba (Monat-Film).
L Œil de Montmartre, composé et réalisé
par André Hugon. (Monat-Film.)
Le Porion, adapté du drame de M. G rbidon
et réalisé par G. Champavert, avec i'.nterpré-
tation de Boulle, Marthe Lepers et Juliette
Malherbe (Film Prismos, édition Phocéa.)
La Terre du Diable, de M. Luitz Morat avec
Modat, Pierre Régnier, et Mmes Yvonne Aurel
et Chapuis.
La Maison des pendus, de Henry Houry,
avec Agnès Souret (Dal-Film).
L Infante à la Rose, d après le iom:n de
Gabrielle Réval, par Henry Houry avec Ga-
brielle Dorziat.
Pour une Nuit d amour, adapté du roman d3
Zola et réalisé par M. Protozanoff avec l'inter-
prétation de Van Daëe et Mlle Rosîe (Fims
Thiemann ; édition Fox- Film.)
L'Ile sans amour, scène préh.stonque d'Andié
Legrand, réalisée par Liabel. Interprètes :
Elmire Vautier, Renée Sylvaire, etc. (Films
André Legrand.)
Christmas, composé et réalisé par E. Violet,
avec John Warriley, Mag. Murray et Félix
Ford pour interprètes. (Films Lucifer ; édition
Aubert.)
Les Fleurs sur la mer, scénario d'André
Legrand, réalisé par Liabel. Interprètes :
Renée Sylvaire, Pierre Delmonde, etc. (Films
André Legrand.)
L'Amour du Mort, de Maurice de Marsan,
avec Th. Burleigh, Amy Vérity et Gaston
Jacquet.
Rose de Nice, composé par G. Durmstre et
réalisé par MM. Ryder et Chaillot, avec l'inter-
prétation d'Ivan Hedquist, Suzanne Delvé,
Jean Dax. Paulette Ray, Renée Cari, Thérèse
Ko!b et Rieffler (Natura-Film).
cinea
GEN1CA MËSS1R10
Un jeune roumain venu au ciné-
matographe avec succès et dont
le jeu si ibre et la parfaite élégance
attirèrent l'attention de quel-
ques cinéastes. O Son film La
Neige sous 1rs pas avec Suzanne
Talba sera édite par Pathé.
O Nous le verrons aussi dans
L'Atlantide où il interprète le
rôle du Capitaine Ayinard. O II
vient de tourner avec Guy du
Fresnav dans Lrs Ailes qui s'ou-
vrent un rôle où il a pu donner
libre cours a sa fantaisie éques-
tre, celui d'entre les sports qu'il
pratique avec le plusde virtuosité
0 Le Film pour Tous 0
On a beaucoup parlé des Ecoles de Cinéma, on les a critiquées
tour à tour. Il nous a semblé utile d'avoir là-dessus l'opinion
d'un directeur de cours cinégraphique aujourd'hui en renom.
MM. Négrier et Pitiot dirigent Le Film pour tous qui n'est pas
une Ecole : nous les laissons d'ailleurs parler :
« Il y a école de cinéma et cours de cinématographe. C'est ce
qu'il fallait prouver. Nous n'avons pas la prétention de créer de
toutes pièces des vedettes de l'Ecran, mais nous recherchons
parmi nos élèves ceux dont les aptitudes révèlent un tempéra-
ment cinégraphique. Nous étudions ces aptitudes, les développons
et les perfectionnons.
« Nos cours commencent par quatre leçons par mois au bout
desquelles nous pouvons juger nos élèves. Ceux dont nous
pouvons bien augurer sont sélectionnés et deviennent l'objet de
tous nos soins. Les autres, sans distinction, sont dissuadés par
nous de continuer. La modicité de nos prix n'est pas pour eux
une grande perte.
« Notre studio est éclairé de façon moderne et nouvelle, la
lumière nous est fournie par les Lampes Jupitei dont vous savez
qu'elles représentent la perfection au point de vue photogénique.
« Nos élèves ont ainsi des garanties d'essai absolument
identiques au perfectionnement des studios les mieux conçus.
« Le nombre de nos élèves va toujours croissant et déjà
quelques metteurs en scène ont trouvé dans nos cours des
tempéraments dont ils n'eurent qu'à se louer.
« Ainsi nous espérons arriver à obtenir plus que leur attention
et a leur présenter des débutants qui n'auront rien à envier
à certains artistes.
« De plus, nous avons ici un operateur choisi parmi les
meilleurs qui filme des scènes d'extérieurs et se déplace aussi,
suivant qu'on nous le demande. »
Une prochaine visite faite pendant un cours nous fixera sur
ces tempéraments. Mais nous avons cru bon de signaler aux
personnes qui nous écrivent pour faire dti cinéma un cours où
elles auront toutes chances de savoir m oui ou non elles se
peuvent consacrer a 1' « Art Muet ».
Vous êtes tous
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més. — Les actualités. — Patbé-Revue. —
La Belle de New-York, comédie. — La
chanson éternelle, drame.
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documentaire. — Select-Revue n° 4. — Le
Gardian, drame. — Parisiana-Journal. —
Quand on a faim, drame. — Billy limier de
la P. P . comique. — En supplément, de
7 h. 3o à 8 h. 30, excepté dimanches et
l'êtes : La Parure, comédie dramatique.
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martre. — Pathé- Journal. — Potiron garçon
de café, dessins animés. — Pathé-Revue,
documentaire. — Lui... et la casquette
compromettante, comique. — Non passé le
dimanche en matinée. — Froment jeune cl
Risler aîné, 2e époque, fin.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Journal. — San Reino et
ses environs, plein air. — Patbé-Revue. —
Le Feu, grand drame. — Sibémol l'auda-
cieux, comique. — En supplément faculta-
tif : Nick Winter et ses aventures, 5e épisode.
3<= ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Patbé-Joumal. —
Patbé-Revue 11° 38. — L'Affaire du traim^.
4e épisode. — Lui. .. et la casquette compro-
mettante, comique. — Fronwnt jeune et
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Saint-Martin. Archives 43-16, directeur
M. Imbert. — Cher les Indiens Taos, docu-
mentaire.— Jack l'audacieux, scène d'aven-
tures. — Une idylle aux champs, comédie
gaie. — Fait y fait ses débuts, comique.
Palais des Fêtes. — 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée. — Pathé-Revue.
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sociales. — Fromont jeune et Risler aîné,
2e et dernière époque. — Pathé- Journal.
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Pathé. — Jeune fille à louer, comédie gaie.
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Saudorf, 9e épisode, fin. — L'Affaire du
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époque. — Gaumont-act ualités. — Attrac-
tion : Francardi, dans son numéro. —
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6e ARRONDISSEMENT
Palace-Cinéma-Danton. — 99, boule-
vard Saint-Germain. — Fleurus 27-50,. —
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mentaire. — Fromont jeune et Risler aine.
première époque. — La course éi l'héritage.
étude de mœurs sociales. — Gaumont-
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Actualités, — L'Affaire dit train 24, y épi-
sode. — Fromont jeune et Risler aîné. —
Les gorges de Dunians, plein air. — Gigolo
douanier, comique.
Splendid-Cinéma-Palace, 60, avenue
de la Motte-Picquet, Saxe 65-03. M. Messie,
directeur. — Pathé-Jourual. — Parmi les
Peaux-Rouges, documentaire. — Le sept de
trèfle, ciné-roman. — Fromont jeune el
Risler aine, d'après le roman d'A. Daudet.
— Le drame des Faux-Mortes, d'après le
romande Charles Folev. — Joe détective.
comique. — Intermède : Cécile Gilbert et
Maurice Dbarlav. fantaisistes.
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet. —
Direction G. Movse. — Che{ les Anthro-
pophages, 4e étape. — Chariot vagabond.
comique. — Mathias Saudorf , 9- et dernier
épisode. — Sous le joug de la morte, comé-
die dramatique.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Colisée, 38, avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
Elysées 29-46. — Potiron, garçon de café,
dessins animés. — Pathé-Revue. — Subtilité
féminine, comédie gaie. — Gaùmont-actua-
li/és. — La chanson éternelle, drame.
9e ARRONDISSEMENT
Delta-Palace-Cinéma. 17, boulevard
Rochechouart.Trudaine67-89 — Direction :
M. A. Jallon. — Delta-Journal. — La course
au sac, comique. — Stockholm, plein air. —
Le sept de trèfle, premier épisode. — Les
découragés, étude sociale dramatique. —
Intermède : Jane Rits. diseuse à voix.
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Trudaine 67-89. Directeur :
M. A. Jallon. — Eclair-Journal. — La Chine
et les Chinois, documentaire. — La fugue
de Moune, comique. — L'autre parfum,
comédie dramatique. — Le million des
sœurs jumelles, comédie. — Intermède :
Marcel Saget. chanteur de genre.
10e ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Pathé-Revue n" j8, documentaire. — Tivoli-
Journal. — Lui... et la casquette compro-
mettante, comique. — Fromont jeune el
Risler aiué. drame. 2<' époque. — Zigoto
douanier, comique.
IIe ARRONDISSEMENT
Voltaire- Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Aubert-Journal. — La course
au sac, comique. — Nick IVinter el ses
aventures, 5e épisode. — Deux bons petits
diables, comique. — Pathé-Revue. — Fro-
mont jeune et Risler aine. 2e et dernière
partie.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Gaumont-
Actualités. — Deux bons petits diables.
Comique. — Fromont jeune et Risler aine.
2e et dernière époque. — Attraction :
Duflewve, chanteur comique. — La Faim.
drame.
i3e ARRONDISSEMENT
Oobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
Pathé four nal. — Beaucitron bon juge, comi-
que. — Mathias Saudorf, 9e épisode, lin. —
cinea
L'Affaire du train 24, 3e épisode. — Fro-
mont jeune et Risler aine, drame, première
époque.
M" ARRONDISSEMENT
Gaité, rue de la Gaîté. — Patbé-Journal.
Beaucitron bon juge, comique. — L'Affaire
du train 24, 3e épisode. — Fromont jeune
et Risler aîné, drame, première époque. —
Zigoto garçon de théâtre, comique.
Réglna-Aubert-Palace. 155, rue de
Rennes. — Aubert-Journal. — Nick IVinter
et ses aventures, 5e épisode. — Le: bouuues
indiqués, comédie dramatique. — La faim,
drame. — Deux bons petits diables, comi-
oue.
Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — Les gorges de
Tunvater. — A l'assaut du bonheur, drame.
— Zigoto et les apacbes, comique. — Dans
la nuit du ij. drame policier.
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Patbé-
Journal. — Beaucitron bon juge, comique.
— L'Affaire du train 24, 3e épisode. —
Fromont jeune et Risler aine, drame, pre-
mière époque.
Grand Cinéma Lecourbe, 115-119. rue
Lecourbe. Saxe 56-45. — Pathé-Revue. —
Deux bons petits diables, comique. —
Subtilité féminine, comédie gaie. — Attrac-
tion : Yamainoto et Konwshi. équilibristes
japonais. — Le méchant homme, comédie.
— Gaumont-actualitcs.
16e ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace, 49, 5 1 ,rue d'Auteuil. 16e.
— Programme du vendredi 16 au lundi
19 septembre. — Effets de neige, au Dane-
mark, plein air. — Le 7 de trèfle, premier
épisode. — La carie fatale, ciné-roman. —
Fal/y et Mabel, comique. — Le roman d'un
saphir, d'après Pierre Loti. — Eclair-Jour-
nal. — Programme du mardi 20 au jeudi
22 septembre. — Cheç les anthropophages,
5e étape. — Le Mystère de Wall-Street.
drame d'aventures. — lathé-Journal. —
Les hommes marqués, drame. — Muguette
et son as, comique.
Le Régent, 22, rue de Passy. — Le
faucon pèlerin, documentaire. — Dollv.
comédie. — La Gangue, comédie dramati-
que. — Pélagie et son chien, comique.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue
MalakofT. — La course au sac, comique. —
Prafaimtion, drame. — La Main invisible.
2e épisode. — Les portes de l'enfer, drame.
- Picratt jockey, comique.
17e ARRONDISSEMENT
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
— Patbé-Journal. — Bouclette, comédie
dramatique. — Le Rêve, de Zola.
Villiers-Cinéma. 21, rue Legendre. —
Direction : M. Hermua. — Dans la vallée
alpine, voyage. — Eclair-Journal. — Les
lions déchaînes, scène comique. — Les
cavaliers de la nuit, drame. — Yvonne.
comédie. — intermède : Robert Jugain.
Cinéma Demours. 7, rue Demours,
Directeur: M. F. Destannes. — Wag. 77-00.
— Voyage cbe{ les cannibales, y et dernière
étape. — Le sept de trèfle, ciné-roman, pre-
mier épisode. — La Chanson éternelle,
comédie dramatique. — Le. lys de la vie.
d'après le conte de S. M. la Reine de Rou-
manie.
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. —
Cbe{ les Anthropophages, if et dernière
étape. — Subtilité féminine , comédie gaie.
— Pathé-Revue. — Fromont jeune et Risler
aiué, 2e et dernière épopue — Gaumonl-
Ac/ualiiés.
Royal -Wagram, avenue Wagram. —
Le Music-Hall n° 22, comique. — Le Rêve .
d'après l'œuvre d'Emile Zola. — Le chapeau
de Mitou, comédie. — La course à l'héritage.
étude de mœurs sociales. — Patbé-Journal.
Cinéma Legendre, 128, rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Lcgendre-Acl lia-
ntes. — La pêche au mari, comique. — Du
sang dans la prairie, drame. — Le sept de
trèfle, premier épisode. — La veuve de
New-York, comédie vaudeville. — Inter-
mède : Elwell, diseur.
18e ARRONDISSEMENT
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
— Maurice Robert, directeur. — Le millon
des sœurs Jumelles, de Léonce Perret. —
Le chapeau de Billy. — Dix minutes au
Music-Hall. — Un drame sur la planche à
chaussures. — Le collier de l'impératrice.
2- épisode. — Les actualités de la semaine.
— Attraction : Les Minstrels Parisiens.
Palais-Rochechouart, 56, boulevard Ro-
chechouart. — Pathé-Revue. — Nick IVinter
et ses aventures, 5e épisode. — L'ultime
roman, drame — Aubert-Journal. — Fro-
mont jeune et Risler aine, 2= et dernière
partie.
Marcadet-Cinéma-Palace , no, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — L'Enigme du Diable, drame.
— Fromont Jeune et Risler aine, 2e époque,
lin. — Lui... et la casquette compromettante,
comique. — Attraction : Les Arna. chan-
teurs.
Barbés-Palace, 34, boulevard Barbes-
Direction : L. Garnier. — Nord 35-68. —
La Belle de Neiv-York. comédie. — La
course à l'héritage, comédie de mœurs. —
2 attractions : Les Sascboff, de PAlhambra,
et Le Pierrot Rouge, chanteur à voix.
Le, Select, 8, avenue de Clichv. —
Pathé-Revue. — Cher les anthropophages.
9* et dernière étape. — Le Rêve, d'après
l'œuvre d'Emile Zola. — Patbé-Journal. —
La Faim, drame
Le Capitole, boulevard de la Chapelle.
— Pathé- Journal. — Fromont jeune et Risler
aine. 2e et dernière époque. — Attraction :
Dancré et Mus/y, modeleurs comiques. —
La course èi l'héritage, étude de mœurs
sociales. — Ménage de chien, folie canic...
u la ire.
Gaumont-Palace, 1. rue Caulaincourt.
— Le Lys brise, avec prologue dramrtique
et lyrique. — Subtilité féminine, comédie.
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan. 7. Avenue Sccrétan.-- Patbé-
Journal. — Pathé-Revue n» j8, documen-
taire. — Lui... el la casquette compromet-
tante, comique. — Mathias SandorJ. qe épi-
sode, lin. — L'Affaire du Train 24,4e épi-
sode. — Fromont jeune el Risler aine,
2e époque, lin.
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Pathé-Joumal. — L'Homme et la
Poupée, comédie dramatique. — Attraction :
Helyn aud Frank, jongleurs comiques. —
Cbe{ les anthropophages, tf et dernière
étape. — La Faim, drame.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualitês. — La
vieille ferme, drame. — Pathé-Revue. —
Attraction : Fories, chanteur comique. —
Fromont jeune et Rislei aîné, 2e et dernière
époque.
20e ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — Deux bons petits diables, comique.
— Aubert-Journal. — Mirages, comédie
dramatique. — Nick IVinter et ses aventu-
res, 5e épisode. — La Faim, drame. —
Attraction : Selmar. dans son répertoire.
BANLIEUE
Clichy. — Pathé- Journal. — Pathé-Revue
n° 78. documentaire. — Lui... et la ca
quelle compromettante, comique. — L ' Affai.
du train 24, 4e épisode. — Fromont jeun
et Risler aine, 2* époque, fin.
Olympia Cinéma de Clichy. — Ménage
de chien, folie canic. ..ulaire. — Le Rêve.
d'après l'œuvre d'Emile Zola. — Attraction :
Max Kid et son chat mécanique. — Subti-
lité féminine, comédie gaie. — Patbé-Jour-
nal,
Vanves. — Patbé-Journal. — Beaucitron
bon juge, comique. — L'Affaire du train 24,
3e épisode. — Fromont jeune et Risler aine,
première époque. — Zigoto et la Main
Noire, comique.
Bagnolet. — Patbé-Journal. — Pathe-
Revue n° 38. — Lui... et la casquette com-
promettante, comique. — L'Affaire du
train 24, 4e épisode. — Maibias SandorJ,
7e épisode. — Fromont jeune et Risler aine .
2e époque, fin.
Levallois. — Palhé-Joumal. — Pathé-
Revue n" ?6. — Jeunes files éi Inarier, comi
que. — Mathias Sandorf 9* épisode, fin. —
Intermède : Deschamp, diseur.— L'Affain
du train 24. 2« épisode. — Argent et honneur
comédie dramatique.
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — L'Argent et
l'Honneur, comédie dramatique. — Yvonne,
comédie sentimentale. — Mathias Sandorf.
cf et dernier épisode. — Attraction de
premier ordre.
Montrouge. — Comment on fabrique un
piano, documentaire. — Mont rouge-actua-
lités.— Bécasson capitaine au long cours,
comique. — Le sept de trèfle, ciné-roman,
premier épisode. — La vie de Raspoutine,
drame historique.
!
cinea
Aux studios GaUmont M. Léon
Poirier va bientôt réaliser une œuvre
de très grande envergure et dont la
réalisation demanderait peut-être
une année entière. Paris tel est le
titre de ce grand film. Paris se divi-
sera en trois époques. La première
s'intitule Le Vase Brisé. Le Démon
serait le titre de la deuxième et la
troisième aurait nom Moloch, l'ac-
tion se passerait dans des milieu^
différents dont quelques-uns très
réalistes. L'interprétation compren-
drait jusqu'ici Mlle Myrgu et M. Tal-
lier.
•
Une présentation spéciale sera faite
à la Presse la première semaine d'oc-
tobre au Gaumont Théâtre de l'Om-
bre déchirée et du Coffret de Jade,
de M. Léon Poirier. La Présentation
officielle de ces deux films sera faite
au Gaumont-Palace le 8 octobre.
Une partition musicale spéciale a
été écrite pour l'Ombre déchirée par
le compositeur Charles Quef.
Il y a très peu d'acteurs à l'écran
qui ne veuillent tirer au fleuret avec
Sessuè Hayakawa. Au cercle de la
Cote du Pacifique, où il passe trois
soirées par semaine, on le considère
comme une lame des plus brillantes,
et son jeu à l'escrime peut être aisé-
ment comparé avec celui des cham-
pions du monde les plus renommés.
Pauline Frederick, a réservé un
coin délicieux de sa magnifique pro-
priété de Beverly Hills, en Californie,
à un parc de roses. Bien qu'elle ait la
réputation d'être une des femmes les
mieux habillées des Etats-Unis, il ne
faut pas croire qu'elle dédaigne les
effets charmants produits par ces
étoffes simples, les tissus de toile,
unies et imprimées, qui l'habillent à
ravir, et c'est vêtue de ces toilettes
si seyantes dans ce milieu gai et
ensoleillé qu'elle aime se promener,
ou s'asseoir avec ses travaux d'ai-
guille dans le solarium de sa de-
meure.
•
Deux favorites de l'écran qui bril-
lèrent dans les comédies à baigneuses
de Mack Sennett, au costume de bain
collant d'une pièce, voient briller
leur nom au premier rang des ar-
tistes en vedette depuis quelques
mois. Gloria Swanson est la première
à qui cet honneur revient. Puis, voici
Harriet Hammond dans « Live and
let live » (Vivre et laisser vivre) qui
a été mis en scène par Christy Ca-
banne pour la R-C Pictures Corpo-
ration.
« Mumsie », est le membre le plus
important, et le plus cher, de la mai-
sonnée de Pauline Frederick à Be-
verly Hills, Los Angeles. «Mumsie»
est la mère de Miss Frederick. Son
oncle, George Bettingill, est le direc-
teur d'affaires de l'étoile de la R-C
Pictures, c'est donc dire que lui aussi
fait partie de la maisonnée réputée
pour sa bonne humeur.
Les Editions Filma mettent sous
presse Le Tout Cinéma nouvel an-
nuaire illustré delaCinématographie
mondiale pour 1922.
Rédigé avec le plus grand soin, cet
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levard des Capucines, Paris.
The OUI Nest, présenté a l'Alham-
bra de Londres par la Goldwyn Co.
(Produit par : Réginald Barker).
Simple histoire — ou l'histoire n'est
rien, rien autre que le commentaire
qu'on en fait.
... Vie profonde qui bat en nous, in-
cessante et rebelle... joies et peines
puériles... éveil... désirs fous... et
puis, toujours, les bras tendus des
mères... toujours ï. . .
Voici un film. Et c'est nous-mêmes.
J'ai suivi The Old Nest avec le dé-
sir apeuré d'entendre un cri — un cri
de maman en peine. Toutes les ma
mans, je crois, ont pleuré.
■■••■■■■•■■■■■■■■■■■■■■■■■«■■•■■•■■■■■■•■■■■■■■■■t
Marcel Levesque
dans ... "La Sultane d'Amour"
•£ Jaque Catelain
dans . . "L'Homme du Large"
£ S s Musidora
dans ... "Pour don Carlos"
f Henry Krauss
dans ... "Les Trois Masques"
^t £ £ £ Mathot
dans ... "Papillons"
£ Mary Harald
dans "Tih-Minh"
£ Marcel Vallée
dans "Le Tonnerre"
£ Pierre Magnier
dans "Le Retour aux Champs"
S £ Lili Samuel
dans "Villa Destin"
f Elena Sagrary
dans "Fièvre"
■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■ï
cinea
■■■■■■■■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■
ÂVËFVôïïs'Vïï
£ £ Van Daële
dans "Narayana"
•£ £ Eve Francis
dans ...
"El Dorado"
•£ Séverin=Mars
dans "J'accuse"
Stacia de Napierkowska
dans. "L'Atlantide"
£ £ £ £ Decœur
dansnLaFauted'Odette Maréchal"
S £ Roger Karl
dans ... "L'Homme du Large"
Gaston Jacquet
dans ... "Le Chemin d'Ernoa"
£ S Mag Murray
ians ...
'Papill
ons
£ •£ Harry Baur
dans ... "L'Ame du Bronze"
Suzanne Després
dans "Le Carnaval des Vérités"
^ Gaby Morlay
dans "Un Ours"
■■■■■■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
LES FILMS D'AUJOURD'HUI
Les Proscrits.
Les Proscrits, dont nous avions .si
ardemment réclamé le retour, sont
enfin revenus — ils sont hélas repar-
tis, nous laissant sous l'impression
d'une œuvre admirable et complète.
Tout ce par quoi l'art du cinéma peut
s'affirmer, charmer, émouvoir, s'y
trouve. Le cadre d'abord, l'admira-
ble décor naturel, avec cette lumière
étrange, qui, maintenant, pour nous,
éclaire inoubliablement toute la poé-
sie de la Suède ; puis ce milieu si vi-
vant, si topique, (peut-être plus Sué-
dois qu'Islandais, mais pour nous la
nuance est difficile à percevoir) les
personnages dont aucun n'a l'air d'un
acteur, qui tous semblent aussi
naturellement faire partie du cadre
et de l'action que l'ombre, le lac ou la
cascade ; et enfin le grand drame
humain, tendre, passionné, déchirant,
à l'issue duquel les boulevardiers qui
étaient aller voir cela — comme autre
chose — s'en allaient silencieusement,
un peu honteux de leurs yeux humi-
des. Et tous ces éléments ordonnés
avec un art accompli, selon une com-
position presq ue musicale, où le chant
d'amour, annoncé parmi les scherzi
des jeux populaires, se développe,
pour dépeindre leur solitude heureuse
en un bel allegro vivant et joyeux,
puis meurt en un adagio poignant
sous la neige qui tombe monotone.
En vérité je ne voudrais nommer
ni Victor Sjostrom ni Edith ErastofF ;
ils n'existent plus comme interprètes ;
il est impossible de détacher tel ou
tel passage ; ils sont d'un bout à l'au-
tre, Eyvind et Halla vivant leur Saga
dans la neige, les lacs et les monta-
gnes.
•
Le Lys de la vie.
11 y a deux choses dans ce film.
Tout d'abord, un conte charmant,
un peu puéril ; dont l'inspiration, la
grâce chaste, la fantaisie mesurée,
l'archaïsme de vitrail, les longueurs
même rappellent les idylles de Ten-
nyson, dénotent les influences victo-
rieuses qu'ont subies l'inventrice et
la réalisatrice du film. Lisez la Prin-
cesse et vous saisirez le rapport.
Puis toute une partie qui est du pur
cinéma, et du meilleur et du plus
nouveau que nous ayons vu depuis
longtemps avec des contributions
l'enrichissement du langage de l'écre
telles qu'un Marcel L'Herbier mêi
pourrait en être jaloux. Tout le rêve
de la princesse (qu'enveloppait, ai
Cotisée, une jolie adaptation musi
cale) est un délice, pour ceux qui sa-
vent que ce sont des négatifs au ra-
lenti, teintés ou non, ou pour ceux à
qui il est indifférent de le savoir.
Pour les autres, l'amusement, la cu-
riosité priment l'émotion, et je son-
geais en entendant mes voisins, à une
dame à côté de qui j'ai eu le malheur
d'entendre Daphnis et Chloê de Ra-
vel et qui, chaque fois qu'il partait de
l'orchestre un son inattendu fouillait
d'un œil angoissé les rangs des ins-.
truments, en demandant à son mari :
« Avec quoi est-ce qu'il fait [ça ? »
C'est l'un des inconvénients des in-
novations techniques; l'autre — je l'ai
déjà signalé à propos d'El Dorado —
c'est que l'inventeur ne se résigne
pas à attacher à sa trouvaille le sens
exclusif qui doit conditionner le ro-
mantique d'un symbole : cela fait si
bien qu'il le met à toutes les sauces
et qu'il en dilue, en banalise l'effet.
•
Les Quatre Diables.
Il n'est peut-être pas d'artistes dont
l'existence soit plus étroitement con-
ditionnée par leur art que ceux du
cirque, et c'est peut-être une des rai-
sons qui leur donnent un prestige
particulier. Peut-être aussi ce pres-
tige tenait-il, avant l'âge du Cinéma,
à ce que le Cirque constituait la pre-
mière distraction offerte aux enfants
et laissait par là des impressions
profondes (Alas, poor Footit T...) Et,
dès avant le Cinéma, le Cirque avait
également créé des modes d'expres-
sion éminemment universels.
Les Quatre diables sont quatre
acrobates dont l'art est traversé par
l'amour et la mort. Le sujet est traité
avec moins de truculence, mais au-
tant de force que par un Léon Cladel,
et dans la note particulière aux films
danois qui, malgré les affinités qu'ils
ont avec l'école suédoise, se rappro-
chent plutôt de l'école allemande,
dont ils ont la conscience, la méthode,
le serré, dans les hardiesses ou les
recherches souvent outrées. L. L.
cinea
L'INFANTE A LA ROSE M
L'Andalousie est le sol doré de
l'hospitalité. Du dernier berger au
plus absolu des aristocrates, tous ont
le même tact, j'allais dire le même
faste dans l'accueil au visiteur. Et
voilà pourquoi, une fois de plus, l'hôte
revient enchanté, enthousiasmé, de
ce pays de lumière et de tradition.
Cet hôte était le cinéma français. *.
L'Infante à la rose ne pouvait
se réaliser sans un concours local
considérable. La mise en film du
brillant roman que nous devons à
Mme Gabrielle Réval, l'auteur de
Sévriennes,La Cruche cassée, Notre-
Dame des Ardents, La Bachelière,
Bas bleus, etc., évoque la grande
Espagne de style, que le cinéma n'a
pas encore scrutée attentivement. La
pal-Film qui entreprit la réalisation
cinégraphique de cette œuvre a donc
obtenu à Séville et à Grenade des ap-
puis compréhensifs, sympathiques,
actifs. Mais un véritable Espagnol
peut-il rester indifférent devant un
essai de glorification de sa patrie ?
Et puis les collaborateurs réunis à
cette occasion offraient un éclat non
pareil.
Gabrielle Dorziat, cette comédienne
puissante et racée que nous admi-
rons entre toutes pour sa tenue, son
allure, sa distinction, est plus près
de Velasquez que de Boldini. On ne
la voit pas assez au théâtre où le
goût « nouveau riche » perpétue de
quelconques demoiselles vulgaires.
Si le mot « chic » avait encore un
sens, Gabrielle Dorziat, sur la scène
française, synthétiserait tout le chic,
tous les chics du Paris que nous
aimons. L'écran lui permettra sans
doute de créer davantage et avec
plus de brio cette haute grâce qui
représente la France aux yeux du
monde.
A côté de Gabrielle Dorziat, Denise
Legeay débute dans L'Infante à la
rose. Ce début aura une valeur de
victoire, croyons-nous, car un tel
talent, une telle autorité, s'étalent
dans ce premier effort où l'on voit
plus que la promesse mais déjà la
réalisation.
Citons encore Georges Lannes,
Mme Jalabert, Emilio Portés, et enfin
signalons que la plupart des « petits
rôles » furent tenus par des gens du
monde andalous. On ne se plaindra
plus de la figuration des films fran-
çais, j'espère, si on la confie à des
grands d'Espagne...
Les scènes eurent pour cadre
l'Alhambra de Grenade, les jardins
de l'Alcazar, le palais des Duègnes,
celui de Don Miguel Sanchez-Dalp,
celui des comtes d'Osborne. C'est là,
notamment, que la fête de la Croix
Photo Dal-Film
Gabrielle Dorziat. le metteur en scène Henry Houry et Georges Lannes. répètent une
scène de L'Infante à la Rose — filmée d'après le roman de Gabrielle Réval -
dans la somptueuse demeure des comtes d'Osborne à Séville.
cinea
A la Ganaderia où l'on
« travaille » les tau-
reaux pour les grandes
«corridas de f e r i a »
Georges Lan nés eut
pour partenaires les
gardians authentiques
do meilleures tabla-
dillas.
Photo Dal-F.lrr.a.
de Mai permit une réunion incom-
parablement harmonieuse dont le
film a fixé le .souvenir. Cortèges,
danses, nobles cérémonies, parades
artistes, bal mondain se succédèrent
dans le parc princier des Osborne.
Les attractions eurent pour specta-
teurs — spectateurs, figurants et in-
terprètes — des peronnnalités comme
Maria Luisa, Carmen et Isabel de
Seras; Carmen, Puar, Mercedes Ta-
vira, Maria de los Reyes Laffitte,
Diana Garcia Pesquera, Pépita Vaz-
quez Zafra, Elena et Elisa Vazquez
Henito, Mimi et Lola Roy, Pépita Ar-
jona, Pépita Ternero, Conchita Soto
Ibarra ; Teresa, Luchy, Salud et Ma-
nuela Gonzalez Ibarra et Fernande/.
Palacios ; Angelita Davila, Nené et
Manola Llosent Maranon, Lolita Ben-
jumea et Vazquez, Salud Escobar,
Maria Pepa et Asuncion Villagran,
Luisa Leguina, Elena et Maria Ruiz
de C a s t a n e d a , Maria et Maria
Teresa Casso, Rosario Llo rente,
Maria Ibarra, Candelaria, Vazquez
Torres et Candelaria Ternero, etc.
El Sol, Kl Covreo de Andalueia,
ont conté longuement les plaisirs et
les beautés de ces réceptions. Les
Parisiens en auront bientôt le reflet
en voyant cette Infante à la Rose,
qui s'ajoute aux deux succès de la
jeune firme Dal-Film : Le Lys du
Mont Saint-Michel et La Maison des
Pendus, où s'épanouit le charme
d'Agnès Souret.
Rico.
Dans l'Alcazar des mis
Maures, à Séville, les
artistes modernes —
Henry Hourv et ses
interprètes . Gabrielle
Dorziat, Denise Legeay,
|alabert. Georges 1. au-
nes, etc. — évoquent le
faste ancien de l'Espa-
de Boabdil et de
Velasquez. IO„
Photo Dal-Filma
cinea
Georges Lannes au
milieu des andalous
qui gardent les tau-
reaux dans les
grandes plaines
d'Andalousie. Cette
scène tournée dans
une i^anaderia de la
campagne sévillane
f ai 1 1 i't devenir
tragique de par un
taureau furieux qui
s'en prit à l'opéra-
teur de la Dal-Film.
Phot3 Dal-Film
Photo Dal-Film
A Séville, les inter-
prètes de L'Infante
à la Rose, Gabrielle
Dorziat, Denise Le-
geay, Georges Lan-
nes et leur metteur
en scène Henry
Houry reçurent un
accueil admirable
des comtes d'Osbor-
ne et de la haute
aristocratie qui se
firent un plaisir de
figurer dans le film.
cinéa
Mlle Gâbrielle Dorziat et M. Gargour dans une scène puissamment dramatique de L'Infante a la Rose.
Photos Dal Film.
Mlle Denize Legeay que son début cinégra-
graphique classe parmi les plus émouvantes
interprètes françaises de demain.
00 L'INFANTE A LA ROSE 0 0
cinea
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ANDRhF. BRABANT
La charmante vedette du
Film d'Art a témoigné de
beaucoup de charme et de
tendresse dans La Ciga-
rette, La Rose, Flipollc. Le
Rêve, sous la direction
artistique de Jacques de
Baroncelli.
0
cinea
l
À
l
FIL/A GAUHONT
MAKCEL1.K PRADOT dans El Dorado
Cliché Gaumont
Une jeune fille, une jeune tille française dans un
film français ! Quelle originalité ! Car nous n'appe-
lons pas « jeunes filles françaises » toutes ces paro-
dies de Mary Miles qui promènent dans nos films
leurs sensationnelles perruques... Marcelle Pradot ne
cherche à nous frapper que par sa grâce simple, sa dis-
tinction, sa sincérité. Et voilà pourquoi vousl'avez ai-
mée dans Le Carnaval des Vérités et L'Homme du Large
EL DORADO
Sibilla (Eve Francis) danse
un flamenco hardi sur la
scène pittoresque dont elle
est la vedette acclamée.
Hedwick et Iliana, un suédois et
une andalouse. s'abandonnent à
leur amour sous la chanson magi-
que des jets d'eau de l'Alhambra.
Vision déformée des colonnes mauresques de
l'Alhambra de Grenade Ces notations pictu-
rales de Marcel L'Herbier ont d'autant plus
de saveur que la vieille architecture des
Maures sert de prétexte à leur modernisme.
Phctos Gaumont
EL DORADO
L'idylle est sauvée de toutes
les embûches et de la mort.
Sibilla (Eve Francis) reste
douloureusement sur le seuil
tandis que Hedwick (Jaque
Catelaini et Iliana (Marcelle
Pradot) s'éloignent vers les
neiges apaisantes de la Sierra.
Une gitane d'Andalousie
vue par Marcel L'Herbier
dans l'ivresse visuelle, si
précise, de son El DoiiiJo.
Sibilla (Eve Francis) est restée
seule, sans amour et sans enfant
et la mort seule l'attend. Mais
auparavant elle subira la der-
nière insulte d'un essai de viol
par le pitre Joao( Philippe Hériat).
Pholos Gaumunt
cinea
13
LES INTERPRÈTES DU CINÉMA FRANÇAIS
S. DE NAPIERKOWSKA
Ses principaux Films
Notre-Dame de Paris, d'après Victor Hugo,
rôle de La Esmeralda (Edition Pathé).
L'Empreinte, avec Max Dearly et Mistinguett.
Dans l'Ouragan de la Vie, de Germaine Dulac,
avec Yvonne Villerey.
L'Atlandide, de Feyder, d'après Pierre Benoît.
Rô'e d'Antinéa.
La Douloureuse Comédie, de Théo Bergerat.
ANDRÉE BRABANT
est née à Paris.
Ses Films
Le Droit à la Vie, scénario et réalisation
d'Abei Gance, avec Mathot.
La Zone de la Mort, scénario et réalisation
d'Abei Gance, avec Mathot.
L'Ame de Pierre, réalisé par Ch. Burguet.
Les yeux qui Accusent, réalisé par Ch. Burguet.
La Calomnie, réalisé par M. Mariaud.
Hier et Aujourd'hui, réalisé par D. B. Djs-
champs.
Les Travailleurs de la Mer, réalisé par A. An-
toine, avec Joubé.
Travail, réalisé par Pouctal, avec Mathot.
La Cigarette, scénario de J. de Javon, réalisé
par G.-A. Dulac, avec G. Signoret.
La Rose, conte visuel de Baroncelli, avec G.
Signoret.
Flipotte, conte de Kistemaekers, réalisé par
Baroncelli, avec G. Signoret.
Le Rêve, réalisé par Signoret, avec G. Signoret
et E. Barclay.
La Maison Vide, scénario de R. Tristan Ber-
nard, réalisé par Raymond-Bernard, avec H.
Debain, A'cover, Jacques Roussell.
ANDREW F. BRUNELLE
naquit à Cambrai, le 13 juillet 1891, de père
Français et mère Anglaise.
Après avoir fait des études très complètes sur
la médecine, il abandonna celle-ci pour l'écran.
Ses Films
En 1912, il tourne plusieurs comédies à la
Stee!wîel.
En 1917 :
La Nouvelle Mission de Judex (Gaumont),
scénario d'Arthur Bernède, réalisation de Louis
Feuillade, avec R. Cresté, Levesque, Yvette
Andreyor.
Chignole (S. C. A. G. L.), scénario tiré du
roman de Marcel Nadaud, réalisation de René
Plaisetty, avec Urban, Raulin, Kitty-Hott.
La Maison d'Argile (Pathé), scénario tiré de
l'œuvre d'Emile Fabre, réalisation de Gaston
Ravel.
En 1919 :
The Price of a Crime.
Dont Forget (Films de propagande).
La Force de la Vie (Pathé), scénario et réalisa-
tion de René Lepnnce, avec Mlle Erikcson,
Maupain, Jacques Robert, J. Brindeau, Colomb.
Le Silence (Film d'Art), scénario et réalisation
de Louis Delluc, avec Eve Francis, Signon t et
Gynette Darnys.
Luccnte Stella (Films d'Auchy), scénario et
réalisation de René d'Auchy, avec Madeleine
Lyrisse et Claude Merelle.
Le Son de la Cloche, scénario de Maurice de
1 Espinglet, réalisation de René Coiffard, avec de
Max, Suzanne Lille, Dolly Spring.
Fièvre, scénario et réalisation de Louis Delluc,
avec van Daele, Eve Francis, Elena Sagrary,
Modot, etc.
Les Trois Mousquetaires (Pathé), réalisation
d'Andréani (distribution dans le n° 10).
L Empereur des Pauvres (Pathé), réalisation de
nRené Lepnnce d'après Félicien Champsaur,
avec Mathot, Krauss, Gina Relly.
L'Aiglonette, réalisation de Keppens.
Adresse : 120 bis, avenue Mozart (XVIe).
Dessin de Bécan
ANDREE BRABANT
dans Le Rêve
ROMUALD JOUBÉ
est né dans les Pyrénées Gasconnes.
Théâtre
Odéon
Parmi les Pierres, Antar, Coriolan, Le Roi
Lear, Roméo, L'Honneur Japonais, Saint Genest,
Faust, L Arrmée dans la Ville, Les Mages sans
Etoile, D'Artagnan, Le Bossu, Hamlet, Polyeucte,
Cinna, Le Cid, Oreste, etc., etc.
Comédie- Française
Polyeucte, Le Cid, Hernani, Ruy-Blas.
Ses Films
Philémon et Beaucis, Le Dernier Rêve, La Cara-
bine de la Mort, Marie Tudor, La Reine Margot,
Sublime Amour, Amour Sacré, La Mégère Appri-
voisée (Desfontaines).
Les Frères Corses, tiré de l'œuvre de V. Hugo
et réalisé par Antoine, avec Henri Roussel,
Grétillat, Mme Rose Dione et Henri Krauss.
Le Coupable, tiré de l'œuvre de François
Coppée et réalisé par Antoine.
Les Travailleurs de la Mer, tiré de l'œuvre de
V. Hugo et réalisé par A. Antoine, avec Andrée
Brabant.
Simone, tiré de l'œuvre de Bneux, avec Lillian
Greuze et Duquesne.
J'Accuse, scénario et réalisation d'Abei Gance
avec Séverin-Mars, Marise Dauvray, Des-,
jardins.
Sublime Offrande, scénario de Maurice Lan-
day, réalisé par l'auteur, avec Olga Demidoff.
La Faute d'Odette Maréchal, s3enario et réa-
lisation d'Henry Roussel, avec Emmy Lynn,
Toulout, Decœur, Dubosc.
Mademoiselle de La Seiglière, tiré de l'œuvre
de J. Sandeau et réalisé par Antoine, avec Hu-
guette Duflos.
Fleur des Neiges, scénario et réalisation de
P. Barlatier, avec Marthe Vinot, Max Claudel,
Sylviane Dumont.
Mathias Sandorf, tiré de J • es Verne et réa-
lisé par Henri Fescourt, avec Modot, Vermoyal,
Toulout et vette Andreyor.
Adresse : 18, rue de la Grande - Chau -
mière (VIe).
JEAN DAX
est né à Paris, le 17 septembre 1879.
Théâtre
Chand d'Habits, La Bascule, Manoune, L'Ar-
chiduc Paul, Le Détour, Le Retour de Jérusalem,
Madame Flirt, L'Eventail, L'Ane de Buridan,
Mademoiselle Josette ma Femme, La Chance" du
Mari, Le Convive, Le Bonheur de Jacqueline, Les
Messieurs, Suzette, La Famille Benoîton, Educa-
tion de Prince, Maison de Danses, Bel-Ami, Les
Cadets de Coutras, On naît Esclave, Les Saute-
relles, Montmartre, Le Marchand de Bonheur, Le
Costaud des Epinettes, Rue de la Paix, Sa Fille,
Le Tribun, L'Institut de Beauté, Le Diable Ermite,
Le Mannequin, Les Sentiers de la Vertu, La Chasse
à l'Homme, L'Atlandide.
Ses Films
La Grotte des Supplices, réalisé par Machin.
L'Epi, scénario de H. Lavedan, réalisé par
Calmettes, avec Henry Krauss, Suzanne Demay.
Le Luthier de Crémone, réalisé par Calmettes.
Ferragus, réalisé par Calmettes, avec Claudes
Jarry.
L'Abîme, réalisé par Denola, avec Mistinguett
La Folle de Penmarch, avec Mistinguett, réa-
lisé par Denola.
Le Nabab, réalisé par Capellani, avec Bernard
et Mme J.-J. Frappa.
Le Roi du Bagne, avec Robinne, A'exandre et
Signoret, réalisé par Leprince.
La Princesse Noire, avec Robinne, A'exandre
et Signoret, réalisé par Leprince.
La Jolie Bretonne, avec Robinne, Alexandre,
réalisé par Leprince.
L'Infamie d'un Autre, avec Léontine Massart,
J. Kemm et Mosnier, réalisé par de Morlhon.
L' Escarpolette Tragique, avec L. Massart, réa-
lisation de de Morlhon.
Sacrifice Surhumain, avec L. Massart et Su-
zanne Delvé, réalisé par de Morlhon.
La Fleuriste de Toncso, avec C. Guyon, Guidé,
réalisé par C. de Morlhon.
Une Brute Humaine, avec L. Massart, réalisé
par C. de Morlhon.
Le Pont Fatal, avec Mathot, réalisation de
Vanyll.
Le Lion qui Tue, réalisé par Vanyll.
14
cinea
Sacrifice Fraternel, avec Mary Marquet, Rolla
Norman, réalisé par René Leprince.
La Folie du Doute, avec Arquillère et la petite
Christiane Delval, réalisé par R. Leprince.
La Rafale, avec Fanny Ward, Joffre, Croué,
réalisé par Baroncelli.
Le Lys Rouge, avec S. Delvé, G. Lannes, réa-
lisé par Ch. Maudru.
Près des Cimes, avec G. Lannes, réalisé par
Ch. Maudru.
La Nuit de la Saint Jean, avec Maria Russlana,
Baptiste et Mme Mirabelle
Le Lys du Mont Saint-Michel, avec Camille
Hert, Agnès Souret, réalisé par J. Sheffer.
Humanité', avec Clément et Numès, réalisé
par Albert Dieudonné.
Adresse : 36, rue de Penthièvre
EVE FRANCIS
Eve Francis est née à Bruxelles
Théâtre
Le Cœur Dispose, Le Roi Bombance de Mari-
netti, Hedda Gabier de lbsen,Briseïs,Kleis,Hylaos,
Marthe et Marie, L'Otage de Paul Claudel,
Berghot de Bjornson, La Princesse qui ne Sourit
plus de Louis Delluc, Le Pain Dur, Tête d'Or,
Rosmersholm d'Ibsen, Ma Femme Danseuse de
Louis Delluc, Lazare le Ressuscité de Louis
Delluc, L'Enfantement du Mort de Marcel L'Her-
bier, L'Homme à la Rose, L'Annonce faite à
Marie de Paul Claudel.
Ses Filins
La Dame Blonde, réalisation de
Maudru.
Un Homme Passa, réalisation de
Roussell, avec Emmy Lynn.
Ames de Fous, réalisation de Germaine
Dulac, avec Volnys, Parisis, de Pedrelli.
Le Bonheur des Autres, réalisation de Ger-
Charles
Henry
maine A. Dulac.
Le Bonheur des Autres, réalisation de Ger-
maine A. Dulac.
La Fête Espagnole, scénario de Louis Delluc
réalisé par Germaine Dulac, avec G. Modot et
J. Toulout.
Fumée Noire, scénario et réalisation de Louis
Delluc, avec Jean Hervé, P. Strozzi.
Le Silence, scénario et réalisation de Louis
Delluc, avec G. Signoret, A. F. Brunelle et Gi-
nette Darnys.
Le Chemin d'Ernoa, drame basque, avec G.
Jacquet et Durée.
Prométhée Banquier, scénario et réalisation de
Marcel L'Herbier, avec G. Signoret, J. Cate-
lain, M. Pradot.
Fièvre, drame cinégraphique de Louis Delluc,
réalisé par l'auteur, avec van Daële, Modot, Sa-
grary.
El Dorado, mélodrame de'Marcel L'Herbier,
réalisé par l'auteur, avec J. Catelain, M. Pradot.
Adresse : Alhambra-Film, 10, rue de l'Elysée.
. GASTON JACQUET
naquit en Provence, le 14 août 1883.
Ses Films
Qui a Tué, réalisation de Pierre Marodon,
avec Elmire Vautier.
Les Femmes des Autres, réalisation de Pierre
Marodon.
Le Château des Fantômes, réalisation de
Pierre Marodon, avec Lady Nobody.
Le Sang des Immortelles, réalisation de Liabel,
avec Renée Sylvaire.
Celle qui n a pas dit son nom, scénario de
Maurice de Marsan, réalisation par Charles
Maudru.
Le Gouffre, scénario de M. de Marsan, réalisé
par Charles Maudru, avec Suzanne Delvé.
Le Droit de Tuer, scénario de M. de Marsan,
réalisé par Ch. Maudru, avec Christiane Vernon.
Le Lys Rouge, scénario de M. de Marsan, réa-
lisé par Ch. Maudru, avec Suzanne Delvé.
Le Guardian, réalisation de Joë Hamman, avec
Joë Hamman.
Le Chemin d'Ernoa, drame basque, avec Eve
Francis.
La Double Epouvante, scénario de M. de Mar-
san, réalisé par Ch. Maudru, avec Christiane
Vernon.
Dessin de Bécan
EVE FRANCIS
Le Talion, scénario de M. de Marsan, réalisé
par Ch. Maudru.
Crime ou Folie, scénario et réalisation de L.-V
de Malte.
Les Trois Mousquetaires, tiré de Dumas et
réalisé par Andréani et Diamant-Berger.
L'Amour du Mort, scénario tiré de l'œuvre de
Tom Gallon, réalisé par de Marsan et Charles
Maudru, avec Miss Verity.
£ Hantise, réalisation de Jean Kemm, d'après
un scénario de Jean Dupont, avec Geneviève
Félix.
Adresse : 68, rue Laugier (XVIIe).
GABRIEL DE GRAVONE
est né à Ajaccio (Corse).
Théâtre
Le Vieil Homme, L'Infidèle, Un Drame sous
Philippe II, Sœur Béatrice, Le Cloître, Les Anges
Gardiens, Les Grands, Connais-Toi, Le Marquis
de Priola, Les Etapes, Les Liens, Koatji, Etu-
diants Russes.
Ses Films
Les Misérables, réalisation Capellani.
Les Etapes de l'Amour, réalisation de Capel-
lani.
Le Rêve Interdit, réalisation de Capehani.
Le Roman d'un Jeune Homme pauvre, réalisa-
tion de Denola.
La Maison du Baigneur, réalisation de Gaillard.
Trente Ans ou la Vie d'un Joueur, réalisation
de Caillard.
Le Mariage de l'Amour, réalisation de Daniel
Riche.
Le Charme de Maud, réalisé par Hervil.
L'Effigie, réalisé par Hervil.
Le Gant de Maud, réalisé par Hervil.
Le Mot du Coffre, réalisé par Roudès
Sous le Beau Ciel de Monte-Carlo, réalisé par
G. Roudès.
La Rose du Radjah, réalisé par G. Roudès.
Papillon et le Roi Nègre, réalisé par G. Roudès.
Les Gaz, réalisé par G. Roudès.
Le Scarabée Rouge, réalisé par G. Roudès.
L'Appel du Sang, scénario tiré de The Call
of the Blood, de Robert Hichens, réalisé par Mer-
canton, avec Le Bargy, Phylis Nelson-Terry,
Desdemonna Mazza, Ivor Novello et Salvatore
Lo Turco.
La Roue, scénario et réalisation d'Abel Gance,
avec Séverin-Mars, Pierre Magnier îvy Close.
Ecce Homo, composé et réalisé par Abel
Gance, avec Berthe Bady, S de Pedrelli, Dourga
Adresse : 5, rue Lallier.
JACQUES GRÉTILLAT
est né aux environs de Paris, le 26 août 1 885 "
Théâtre
Roule-Ta-Bosse, La Marne aux Beaux yeux,
L'Apprentie, Ramuntcho, Un Soir, Esther Prin-
cesse d'Israël, L'Honneur Japonais, Antar, Ra-
chel, Le Roi Lear, Jules César, Roméo et Juliette,
Coriolan, La Puissance des Ténèbres, Le Canard
Sauvage, La Lumière, La Vie d'une Femme, Le
Crime de Potru, L'Ame en Folie, Faire Fortune,
La Rafale, Le Divan Noir, La Gloire, L'Aiglon,
Les Aigles dans la Tempête.
Ses Films
L'Homme aux Gants blancs, réalisation d'Al-
bert Capellani, avec Desfontaines et M. Brésil et
Grétillat.
Les Frères Corses, réalisation d'André Antoine'
avec Henry Krauss, Joubé, Roussell et Gré-
tillat.
La Marâtre, scénario tiré de Balzac et réalisé
par Jacques Grétillat, avec Jean Worms, Mmes
G. Dermoz, Colliney.
Géo Le Mystérieux, réalisation de Germaine
Dulac, avec Marken.
La Dernière Charrette, réalisation d'Albert
Capellani, avec Ventura.
Déchéance, scénario de Michel Zevaco, réa-
lisé par Léon Bernard, avec Pierre Magnier,
Lagrenée et Mme Briey.
Un Client Sérieux, adapté de Courteline et
réalisé par J. Grétillat, avec Léon Bernard.
L'Effroyable Doute, tiré de l'œuvre d'André
de Lorde et réalisé par J. Grétillat, avec Mlle Col-
liney, petite Genevois.
Maman Catherine, tiré de l'œuvre d'André de
Lorde et réalisé par J. Grétillat, avec Mme Dux
et'René Rocher.
Quarante HP, tiré de l'œuvre d'André de
Lorde et réalisé par J. Grétillat, avec Roger
Vincent'
Papa Bon-Cœur, d'après Maxime Latour, réa-
lisé par J. Grétillat, avec Léon Bernard, Pierre
Magnier et Mlle Briey.
La Double Existence du Docteur Morart, d'après
André de Lorde et le Docteur Toulouse, adopté
et réalisé par J; Grétillat, avec Grétillat, Ger-
maine Sablon, Delvair.
cmea
Le Père Goriot, tiré de Balzac et réalisé par J.
de Baroncelli, avec Signoret, Grétillat, S. de
Pedrelli, Chrysès.
Néron, scénario de Mistress Gordon Edwards,
réalisé par Gordon Edwards, avec Grétillat,
Salvini, Paulette Duval.
YVETTE ANDREYOR
Théâtre
Le Répertoire Classique avec la Troupe de
la Comédie- Française (à Bruxelles), Hélène
Ardoin (Théâtre du Parc), L'Homme qui Assas-
sina (Théâtre-Antoine), Le Retour.
Ses Films
La Perle (Gaumont), scénario et réalisation
de Léonce Perret, avec André Lugnet, Keppens.
L Ame du Violon, scénario et réalisation de
Léonce Perret, avec Léonce Perret et Jane
Faber.
Nanine, Femme d'Artiste, scénario et réalisa-
tion de Léonce Perret, avec Léonce Perret, André
Luguet, Suzanne Grandais, Jeanne Marie Lau-
rent.
Les Cloches de Pâques, scénario et réalisation
de Louis Feuillade, avec René Cari, André
Luguet.
Mariage de Raison, scénario et réalisation de
Louis Feuillade, avec Leubas et Plateau.
Le Bandeau sur les yeux, scénario et réalisation
de Louis Feuillade, avec René Cresté et Mathé.
Remember, scénario et réalisation de Ch.
Burguet, avec Flateau.
Le Double Jeu, scénario et réalisation de Ch.
Burguet, avec Harry Crimer et Rieffler.
Judex, scénario d'Arthur Bernède, réalisé par
Louis Feuillade, avec René Cresté, Leubas,
Mathé, Michel et Musidora.
La Maison d'Argile, scénario d'Emile Fabre,
réalisé par Gaston Ravel, avec Suzanne Munte,
Mauloy, Mathot, Louise Lagrange.
La Muraille qui Pleure, scénario de Toullet,
réalisé par G. Leprieur, avec Keppens.
Le Calice, scénario de M. de Marsan, réalisé
par M. Mariaud, avec Escoffier et Max Claudet.
La Flamme, scénario de Maurice de Marsan,
réalisé par Maurice Mariaud, avec Gabriel Si-
gnoret.
La Nuit du Treize, scénario et réalisation de
Henri Fescourt, avec Jean Toulout, A. Dubosc
et Vermoyal.
Mathias Sandorf, scénario tiré de l'œuvre de
Jules Verne par Henri Fescourt, avec Romuald
Joubé, Jean Toulout, Vermoyal et Djemil-
Anik.
Chantelouve, réalisation de Monca, avec Jean
Toulout.
Adresse : 2, rue de Bruxelles.
MARCELLE PRADOT
Marcelle Pradot est née au Cinématographe
le 18 juin 1919.
Elle interprétait le rô!e d'Evelyne dans l'adap-
tation cinégraphique du Bercail de Bernstein,
dont la Maison Gaumont entreprenait la réali-
sation avec Paul Capellani et Jaque Catelain.
Débuts : Ils valent à Marcelle Pradot un con-
trat la liant aux Etablissements Gaumont pour y
interpréter les personnages de premier plan.
dans les films à venir.
1920. Elle incarne dans Le Carnaval des Vé-
rités de Marcel L'Herbier le rôle d'une jeune
fille de grande tenue.
1920. Dans L'Homme du Large elle devient
a paysanne Djenna, sœur d'un mauvais garne-
ment (Michel), Jaque Catelain.
1921 Marcelle Pradot au cours d'une ma-
tinée cinégraphique, incarne dans Promélhéc
déchaîné, qui est à la fois un sketch tragique et
sa transposition à l'écran, le double rôle de
Panthéa et de la Dactylo.
Toujours en 1921, Marcelle Pradot reparaît
dans El Dorado, tenant un des rôles de jeune
fille simple et touchante où elle excelle.
GENEVIÈVE FÉLIX
est née à Paris en 1903.
Ses Films
Le Ballon Rouge.
La Phalène Bleue, scénario et réalisation de
Georges Champavert, avec Beauvol, Bailtet,
Marthe Lepers et J. Malherbe.
Le Passé Renaît, scénario et réalisation de
Georgf s Champavert, avec Martel et Mme Du-
riez.
Les Deux Jarretières, scénario et réalisation de
Georges Champavert, avec Hasti.
L'Œil de Saint-Yves, scénario et réalisation de
Georges Champavert, avec Norbert, Martel,
Julian, Mmes Duriez et Malherbe.
La Chimère (Messidor-Films), scénario et réa-
lisation de Lucien Lehman, avec van Daë'e et
Gina Relly.
Miss Revel (S. C. A. G. L.), scénario tiré de
l'œuvre de V. Cherbuliez, réalisé par Jean Kemm
avec Jean Worms, Lerner, Devalde, Jane Faber
et Mme Barbier Krauss.
Micheline, scénario tiré de l'œuvre d'André
Theuriet et réalisé par J. Kemm, avec Polak,
César, Mme Lemercier.
La Ferme du Choquart, scénario tiré de l'œuvre
de V. Cherbuliez et réalisé par Jean Kemm,
avec Varenne, Escande, Mevisto, Mmes Even,
Mary Marquet et Lemercier.
Hantise, scénario de Jean Dupont, réalisé par
Jean Kemm, avec Gaston Jacquet, Fo^d, Àr-
noux, Dolly Davis.
Adresse : 35, rue du Simplon (XVIIIe).
PIERRE MAGNŒR
est né à Paris, le 22 février 1869
1er Prix Conservatoire en 1894
Théâtre
Oeéon
Pour la Couronne, Barquin, Crise Conjugale'
etc., etc.
Vaudeville
Paméla, Sapho, Saza, Phalène, etc.
Gymnase
L'Age d'Aimer, etc.
Porte Saint-Martin
La Griffe, La Flambée, Appasionaia, Femme
Nue, Chantecler, Cyrano, etc.
Ambigu
Ces Messieurs.
Théâtre Sarah-Bernhardt
La Tosca, Théodora, Varennes, L'Aiglon, etc.
Théatre-Rfjane
Tout le Répertoire.
Ses Films
Le Duel d'Hamlet, avec Sarah Bernhardt.
André Cornélis, avec Krauss, Joubé et Mary
Dorska.
L'Argent qui Tue, réalisation de G. Denola.
L'Amour qui Protège, réalisé par Pierre Ma-
gnier.
La Revanche de la Cigale, réalisé par Pierre
Magnier.
Le Poteau de la Mort, réalisé par Pierre Ma-
gnier.
15
Calomnie, réalisé par C. de Morlhon.
L'Ibis Bleu, réalisé par de Morlhon, avec Jean
Worms et Maxa.
L'Ambitieuse, réalisation de de Morlhon, avec
Signoret.
Déchéance, de M. Zévaco.
Le Retour aux Champs, réalisation de J. de
Baroncelli.
Le Maître de Forges, réalisé par Calmettes.
Le Moujik. Jaloux, réalisé par Calmettes.
Marthe, de Gaston Roudès.
La Dette, de Gaston Roudès.
La Reine Margot, réalisé par Desfontaines.
La Dette, de Daniel Jourda et Gaston Roudès.
Papa Bon Cœur, réalisé par Jacques Grétillat,
avec Léon Bernard, Sergyl.
La Roue, scénario et réalisation d'Abel-Gance,
avec Severin-Mars, G. de Gravone.
Cyrano de Bergerac (Cinès). Ce film est en
cours d'exécution en Italie.
JEAN TOULOUT
est né à Paris, le 28 septembre 1887.
Théâtre
Théâtre- Antoine
Théâtre National Ambulant Gémier
L'Homme qui assassina.
Le Sous-Mar-'n " L'Hirondelle ".
La Femme et le Pantin.
Un Grand Bourgeois.
Les Petits.
Poussière.
Gymnase
Les Cinq Messieurs de. Franckjort.
Porte Saint-Martin
Montmartre.
Renaissance
La Peur de l'Amour.
ThÉatre-RÉjane
Mister Nobody.
Nouveautés
La Journée des Surprises.
Ses Films
L'Arriviste, scénario tiré de l'œuvre de Félicien
Champsaur, réalisé par Leprieur, avec Jacques
Guilhene.
La Mission du Docteur Klivers, de Georges de
Buysieulx, avec Olga Demidof et Pierre Bressol.
La Dixième Symphonie, scénario et réalisation
d'Abel Gance, avec Emmy Lynn et Séverin-
Mars.
La Faute d'Odette Maréchal, scénario et réali-
sation de Henri Roussel, avec Emmy Lynn,
Romuald Jubé et Decœur.
La Fête Espagnole, scénario de Louis Delluc,
réalisé par Germaine A. Dulac.
La Belle Dame sans Merci, scénario d'Irène
H. Erlanger, réalisé par Germaine A. Dulac,
avec Tania Deleyme et Denise Lorys, Jean Tar-
ride.
La Nuit du Treize, scénario et réalisation de
Henri Fescourt, avec Yvette Andreyor, A. Du-
bosc et Vermoyal.
Mathias Sandorf, scénario tiré de Jules
Verne et réalisé par Henri Fescourt, avec Yvette
Andreyor, Romuald Joubé, Vermoyal et G.
Modot.
La Vivante Epingle, scénario de J.-J. Renaud,
réalisé par Jacques Robert, avec Jean Hervé et
Mlle L. Legrand.
Adresse : 2, rue de Bruxelles.
LEON MATHOT
(Voir Cinia du 22 juillet, no I 2).
16
cinea
MAO MURRAY
Née à Paris le 22 janvier 1891.
1912. — Débuis au Théâtre Antoine, direction
Gémier.
1915. — Engagement à l'Odéon.
1918. — Engagement cinématographique à la
Société Lucifer (Direction Ollendorff : Violet, met-
teur en scène) pour ces films :
Papillons, de Henri Clerc, avec Mathot.
Li-Hang-le-Cruel, d'André de Lorde, avec
Mary Harald et Tsin-Hou.
La Ruse, d'André de Lorde.
MARISE DAUVRAY
Naquit à Béziers, vint à Paris à 1 6 ans, débuta
bientôt à l'Eclair en compagnie de sa bonne amie
Suzanne Grandais, dans de petites comédies de
300 mètres — que V. Jasset mettait en scène —
fut de toutes les œuvres que cette firme édita, passa
ensuite avec de Morlhon, puis avec Abel Gance,
tourna J'accuse, puis son mari, au retour des armées,
l'emmena en Italie à la Lombardo film ou un contrat
la lie jusqu'à la fin de 1921.
Ses films :
A l'Eclair : 1° La bouquetière de Montmartre. —
Mise en scène de V. Jasset. Principaux interprètes,
Ch. Krauss, Paul Guidé, Gouget, Liabel.
Le cœur d'un: gosse. - Mise en scène de
V. Jasset. Acteurs : Liabel, Ch. Krauss, Cordier,
Renée Sylvaire.
L'Apprentie, de G. Geoffroy. Mise en scène de
Chautard. Acteurs: Madeleine Grandjean, Duquesne,
Gouget.
La série des ' Zigomars'. — Jasset metteur en
scène. Acteurs : Arquillière, Liabel, Ch. Krauss,
Cécile Guyon, Josette Andriot.
La série Nick Carier. — Jasset metteur en scène.
Acteurs : Ch. Krauss, Liabel, Bahier, Madeleine
Grandjean, Cécile Guyon.
Un cri dans la nuit. — Jasset auteur et metteur
en scène. Acteurs : Cécile Guyon, Ch. Krauss, Lia-
bel, Paul Guidé.
Le Testament. — Jasset metteur en scène. Acteurs :
Ch. Krauss, d'Auchy, Liabel, Cordier, Cécile Guyon,
Grandjean,
La Drogue maudite, scénario de de Brisay, mise
en scène de Gh. Krauss. Acteurs : Vibert, Dubosc.
Le Corso Rouge, auteur Pierre Sales. — Met-
teur en scène : Ch. Krauss. Acteurs : Keppens, Pau-
lais, Grandjean.
Chéri-Bibi, auteur Gaston Leroux. — Metteur
en scène: Ch. Krauss. Acteurs: Keppens, Paulais,
Laurent.
Trompe-la-Mort, de Balzac. — Mise en scène
de Ch. Krauss. Acteurs : Arquillière, Guidé, Béran-
gère, Gouget, Madeleine Grandjean.
L'Invisible, de de Brisay. — Mise en scène de
Ch. Krauss. Acteurs : Paulais, Grandjean, Bahier.
La Dame de Montsoreau, de A. Dumas, scé-
j Le prochain
numéro de j
c i n
é a j
sera consacré aux
metteurs <
en scène
| français
4 4
nario et mise en scène de Ch. Krauss. Acteurs :
Derval, Bosc, Perny, Dulac, etc.
2° Avec M. de Morlhon comme metteur en
scène. I" Fille d'art sles ; 2" L'orage; 3° Le secret
de Geneviève; 4° Marise; 5" Miséricorde avec
Arquillière Signoret, Guidé, etc., avec Abel Gance,
J'accuse avec Séverin-Mars et Joubé.
3° Italie. — L'Ultime roman, scénario de Amleto
Palermi . Mise en scène de Ch. Krauss. Acteurs:
Ch. Krauss, Luppi et d'Andreo.
Le Forgeron d'amour, scénario de Palermi. —
Mise en scène de Ch. Krauss. Acteurs : Ch. Krauss,
Del Torre.
Bulle de savon. — Film d'aventures, scénario et
mise en scène de Ch. Krauss. Artistes : Marguerite
Dahl, Carlo Reiter, Chialastri.
La Révolution des Nouveaux- R iches . — Scé-
nario et mise en scène de Ch. Krauss. Artistes :
Ch. Krauss, Carlo Reiter, Chialastri.
Li-Pao Mandarin. — Scénario et mise en scène
de Ch. Krauss. Acteurs : Ch. Krauss, Carlo Reiter,
Orsini.
Cendres Rouges. — Scénario et mise en scène
de Ch. Krauss. Acteurs : Ch. Krauss, Paolo Ros-
mino.
Ces films n'ont pas encore été édités en France,
ils le seront cet hiver.
Les Films Français
PARUS EN 1920=21
Ames siciliennes, légende dramatique de M. J.-
J. Renaud filmée par M. René d'Auchy. Aigle-
Film. Edition Pathé. M. Van Daële, Géo
Leclercq, Gilbert Dallen, Ch. Norville, Mlle
Mad. Lyrisse, Jane Smile.
Fumée Noire, incident dramatique de Louis
Deliuc, réalisé par l'auteur, avec Eve Francis,
Jean Hervé, P. Strozzi, D. Spring, Tsan-Xuan-
Ho (Parisia-Film. Edition Louis Aubert.)
Le Silence, scène dramatique de Louis Deliuc,
réalisée par l'auteur avec le concours de G. Signo
ret, Eve Francis, Andrew Brunelle et Ginette
Darnys pour l'interprétation. (Film d'art.
Edition A. G. C.)
Narayana, rêverie pathétique, imaginée et
réalisée par Léon Poirier, avec Van Daële
(rôle de Jacques Hébert), Myrga, Madys, Ch.
Norville.
Fabienne, mélodrame visuel imaginé et réa-
lisé par M. de Morlhon (Film Valetta. Edition
A. G. C.) avec Yvonne Aurel, Jean Lord.
Les Femmes collantes, vaudeville de Gandillot,
adapté pour l'écran par Georges Monca (S. C.
A. G. L. Edition Pathé) avec Prince, Baron
fils, Gorby, René Worms, Simone Joubert,
Lucy Mareil, Gaby Gladys, Gina Relly.
Miarka la fille à l'Ourse, nouvelle version
du roman de J. Richepin, filmée par Louis
Mercanton, avec Réjane, Desdemona Mazza,
Mme Montbazon, Ivor Novello, Charles Vanel.
Face à l'Océan, roman pathétique composé et
réalisé par René Leprince, avec M. Maupain
Mlle Mad. Erikson, la petite Christiane, M. Lau-
rette, Mlle Duriez et les petites Leone Balme
et Cosette Dacier.
Li-Hang Le Cruel, Scénario de Henri Bauche
et A. de Lorde, filmé par E. E. Violet. (Film
Lucifer. Edition Aubert), avec Tsin-Hou,
John Warriley, Marguerite Murray, de Morero
Mary Harald, Félix Ford.
Flipotte, nouvelle de H. Kistemaeckers,
découpée pour l'écran et réalisée par J. de
Baroncelli ; avec Gabriel Signcret, Andrée <
Brabant, Jeanne Cheirel.
La Paix chez Soi, adapte de la comédie de
G. de Courteline, par Jacques de Féraudy.
Réalisé par Robert Saidreau, avec Jacques dé
Féraudy et Andrée Féranne.
Tartarin sur les Alpes (Lauréa Film ; édition
Phocéa), adapté du roman d'Alphonse Daudet
et réalisé par Henri Vorins, avec Vilbert, Pau-
lette Landais.
Tristan et Yseut, composé d'après Berould et
Thomas, par Frantz Toussaint et réalisé par
M. Marriaud (Film Louis Nalpas ; édition
Union-Eclair), avec Andrée Lyonel, Tania
Daleyme, Sylvio de Pedrelli, Bras, Dutertre,
Frank-Heur, etc.
Champi-Tortu, adapté du roman de Gaston
Chereau et réalisé par Jacques de Baroncelli
(Film d'Art; édition A. G. C), avec Maria
Kousnezoff, Alexandre, Janvier, Alcover, Paul
Duc et André René.
Le Secret de Rosette Lambert, scénario de
Tristan Bernard, réalisé par Raymond Bernard
et Huguenet fils, sous la direction de H. Dia-
mant-Berger, avec Lois Meredith, Henri
Debain, Silvia Grey, Camille Bert, Charles
Dullin, Jacques Roussell. Décoration de Robert
Mallet-Stevens.
Fille du Peuple, composition mélodramatiqun
de M. de Morlhon (Film Valetta ; éditioe
A. G. C), avec Hélène Darly, Ch. de Roche-
fort, Suzanne Herval, Jean Peyrière.
L'Homme du Large, marine, composée et
réalisée par Marcel L'Herbier (Film Gaumont-
Pax ; édition Gaumont), avec Roger Karl,
Jaque-Catelain, Marcelle Pradot, Claire Prélia,
Suzanne Dons, Charles Boyer.
Colomba, roman de P. Mérimée adapté pour
l'écran, par Edmond Chimot et réalisé par
J. Hervé, avec Mirella Marco-Vici, M. Vina,
Marthe Laverne.
Le Lys rouge, roman d'Anatole France adapté
pour l'écran et découpé par Maurice de Marsan.
Directeur de réalisation : Ch. Maudru. (Film
"Lys Rouge" ; édition Aubert, avec Suzanne
Delvé, Jean Dax, Gaston Jacquet, Georges
Lannes, Mangin, Christiane Vernon, Yane
Exiane, Cueille.
Le Remous, composition mélodramatique, de
de M. Georges Champavert. (Film Prismos ;
édition Phocéa), avec Mme de Champclos,
Marthe Lepers, Juliette Malherbe, Joseph
Boulle, Max Claudet.
Petit Ange, conte vaudevillesque de M. Ver-
court, adapté pour l'écran et réalisé par M. Luitz
Morat, avec Régine Dumien, Guyon fils, Lucy
Mareil, Luitz-Morat, Germaine Dermoz, Jeanne
Doly.
Ne manquez pas de Voir
Pauline Frederick
dans ses prochains
films. On se demande
pourquoi cette grande
actrice américaine ne
paraît jamais sur les
écrans de Paris. 000
cinea
17
La Montée vers l'Acropole, composé et réalisé
par René Le Somptier, avec Van Daë e, André
Nox, France Dhélia et de nombreux figurants.
Près des Cimes, scénario de Maurice de Mar-
san, réalisé par Charles Maudru (Film "Lys
Rouge" ; édition Ec'ipse), avfc Jean Dax,
Georges Lannes. Chnstiane Veinon
William Baluchet roi des Détectives, ciné-
roman policier en cinq épisodes composé par
André Bencey et réalisé par G. Leprieur, avec
Mlle D;svigne, Suzanne Talba, Maria Fromet,
Mauloy, Numès, Volnys, John Warriley.
L'Homme qui vendit son âme au Diable, adapté
du roman de Pierre Véber et réalisé par Pierre
Caron (Palladium-Film ; édition Pathé), avec
J. David Evremond, Ch. Dulhn, Halma, G'adys
Rolland.
L'Accusateur, adapté du roman de Jules-
C «retie et réalisé par E. E. Vio'et (Films Luci-
fer ; édition Aubert), avec Fé.ix Ford, de Romé-
ro.
Les Deux Gamines, ciné-feuilleton en douze
éoisodes, filmé par Louis Feuillade popr le
Et. Giumont et narré dans l'Intransigeant par
Paul Cartoux, avec Vio!ette Jyl, Jacques Her-
mann, Sandra M:lovanoff, Olinda Mano,
Georges Biscot, G ston Michel, Blanche Mon-
tai, Bout-de-Zan, Edouard Mathé.
Une Fleur dans les Ronces, composition drama-
tique de C. de Morlhon, révisée par fauteur.
(Film Va!etta ; édition Pathé ; avec Candé,
Sabine Landray, Rol'a-Norman, André Lefaur,
Eugénie Nau, Paul Amiot.
Le Doute, tiré du mélodrame de Daniel
Jourda et réalisé par Gaston Roudès (Gllo--
Film ; édition Harry) , avec Jacques de Feraau
dy, Francen, Louise Colliney, Jean Daragon,
Rachel Devirys.
Villa Destin, humoresque, composée et réah-
ée par Marcel L'Herbier (Film Gîumont-Pax,
édition Giumont), avec Saint-G'anier, Alice
Feeld, Paulais, Lij Samuel, Bob Scalon.
Le L'js du Mont Saint-Michel, tiré du roman de
rilby : Rêve d'amour et réalisé par Jean Sché-
fer (Dal-Film ; édition Soleil), avec Agnès
Souret, Jean Dax, Garni. le Bert, Charlier.
La Double Epouvante, scénario de Maurice
de Marsan, réalisé par Charles Maudru (Films
'Lys Rouge" ; édition éclipse), avec Georges
Lannes, Chnstiane Vernon, Gaston Jacquet.
Tout se paie, tiré du roman de Paul Bourget :
{'Echéance par Pierre Decourcslle et réalisé par
llHenn Houry (Société d'Edit. Cin. ; édition
■ Pathé), avec Peggy Kurton, Rolla-Norman,
I Paul Guidé, Saillard, Mme Jalabert, Charpen-
tier.
| Mademoiselle de La Seiglière, adapté du roman
I de Jules Sandeau, par André Antoine et réa-
I lise par André Antoine, assisté de G. Denola.
1 Production S. C. A. G. L. ; édition Pathé),
l^vec Félix Huguenet, Huguette Duflos, Charles
Ne manquez pas de Voir
LE FEU
aVec Febo Mari et
Vina Menichelli. C'est
le plus intéressant des
films italiens. e> a 0û
G'anval, Romuald Joubé, Catherine Fontency,
Maurice Escande, Charles Lamy.
Les deux Mousquetaires et demi, bouffonnerie
historique de Cami (Films Comiques ; Aubert)
Visages voilés, Ames closes, composé et réalisé
par Henri Roussell (Film Jupiter ; édition
Select), avec Emmy Lynn, Marcel Vibert,
Bogaë t, Médori, A'ice Feeld, Albert Bras.
L'Ami des Montagnes, adapté du roman de
Jean Rameau et réalisé par Guy du Fresnay
(Film Pax-Gaumont ; édition Gaumont),
avec André Nox, Madyx, Jean Devalde.
La Hurle, scène dramatique de la vie foraine
composée et réalisée par Champavert. (Film
Pnsmos-Phocéa ; é lition Pathé), avec Juliette
Malherbe, Joseph Boulle, Marthe Lepers,
Jacques Volnys, Mounet, Bourgoin, Chevalier.
La Fleur des Indes, de Théo Bergerat, avec
Huguette Duflos et Haroutanian.
Le Drame des Eaux Mortes, adapté du roman
de Char'es Foley et réalisé par Joseph Faivre.
(Production du Film tl'Art. ; A. G. C), avec
A'cover, Maria Russ'ana, Rfx Stocken, Mlle
Vahdah, Jean Hervé.
Les Trois Masques, adapté du drame de
Charles Méré et réalisé par Henri Kraus» (Pro-
duction S. C. A. G. L. ; édition Pathé), avec
Henri Krauss, Henri Rollan, Mme Barbier-
Kreuss, Gme Avril, Georges Wague.
Le Talion, scénario de Pierre Maudru, réalisé
par Charles Maudru (Films "Lys-Rouge" ;
édition Eclipse), avec Georges Lannes, Gaston
Jacquet, André Luguet, Jane Exiane, Mme
Marcilly.
Le Destin Rouge, composé et réalisé par
Frantz Toussaint, avec le concours de Van
Daë e, Silvio de Pedrelli et Madeleine Sévé
pour l'interprétation (Film Jupiter ; édition
Select).
La Falaise, composé et réalisé par Paul Barla-
tier, avec la concours de Max Claudet, Volnys
et Marthe Vinot pour l'interprétation (Produc-
tion Lauréa ; édition Phocéa).
Le Rêve, adapté du roman d'Emile Zola et
réalisé par Jacques de Baroncelli. Production
"Film d'Art" ; édition A. G. C), avec Gabriel
Signoret, Andrée Brabant, Eric Barc ay, Cham-
breuii, Jeanne Delvair. Opérateur de prises de
vues : Gibory.
Les Morts parlent, avec Lady Nobody
Blanchette, adapté de la pièce de Bneux et
réalisé par René Hervil (Films André Legrand ;
édition Pathé), avec Léon Mathot, Pauline
Johnson, M. de Féraudy, Thérèse Kolb, Bap-
tiste, de Roméro, Bernard, Jean Legrand.
Fleur des Neiges, scénario de Paul Barlatier
réalisé par l'auteur (Lauréa-Film ; édition
Phocéa). Principaux interprètes : Sylviane
Dumont, Romuald Joubé et Max Claudet.
Prométhée Banquier, instantané cinégraphi-
que, transposition moderne de la légende mytho-
logique, par Marcel L'Herbier avec le concours
de Eve Francis, Gabriel Signoret, Jaque-Cate-
lain et Marelle Pradot pour l'interprétation.
(Edition A. G. C).
Le Château des Fantômes, composé et réalisé
par P. Marodon, avec Gaston Jacquels, Renée
Sylvaire, Lady Nobody.
La Belle Dame Sans Merci, scénario d'Irène
Hillel-Merlanger, réalisé par Germaine Albert
Dulac (Films D. H. ; édition A. G. C), et inter-
prété par Jean Toulout, Tania Daleyme est
Denise Lorys.
Gigolette, mélodrame parisien de Pierre
Decourcelle adapté et réalisé en quatre époques
par H. Pouctal. (Sté d'Edit. Cin. ; édition Pathé
avec Louise Dauville, Fabien Haziza, Ch. de
Rochefort, Georges Co'in, Séphora Mossé,
E'aine Vernon, Paul Guidé, Maud Gipoy,
Camille Bert, Andrée Lyonel, P. Garnier,
C. Delval, etc.
Les Naufragés du Sort, composé et réalisé par
R. de Châtelenx. Interprètes : Germaine Der-
moz, Minia Grey, Thérèse Vasseur, Janvier.
Jean Lord, Fouché et Barardi.
Un Drame sous Napoléon, tiré du roman de
Conan Doy'e : Oncle Bernac et réalisé par Gé-
rard Bourgeois (Film Eclair ; édition Eclair),
avec Rex Davis, Chaumont, Jeanne Roi'er,
Zanie Miens, Drain, Francine Mussey
Lili-Vertu, composé p?r Félix Léonnec et
réalisé par Daniel Bompard, avec Huguette
Duflos, Numès, Jean Devalde, Schutz.
La Parure, d'après la nouvelle de G. de
Maupassant (Idéal Film ; édition A. G. C).
L'Epingle rouge, scénario dramatique de P.
Bienaimé, réalisé par E. E. Violet (Films Luci-
fer ; édition Aubeit), avec Tsin-Hou, Donatien,
Simone Vaudry, Félix Ford.
Le Sens de la Mort, tiré du roman de Paul
Bourget et réalisé par la Société russe P.Thie-
mann (Edition Fox- Film), avec André Nox
et Yanova.
La Proie, mélodrame de G. Roudès, réalisé
par M. Dumont, avec C. Rémy, M. Vinot,
Rolla Norman.
La Nuit du 13, composé et réalisé par H. Fes-
court (Edition A. G. C ), avec A. Dubosc,
J. Toulout, Y. Andreyor, Vermoyal.
Quatre-Vingt-Treize, tiré du roman de Victor-
Hugo, réalisé par A. Capellani et A. Antoine
(Production S. C. A. G. L. ; édition Pathé),
avec Henri Krauss, Philippe Garnier, Paul
Capellani, Mme Barbier-Krauss, Dorival et
Charlier.
Marouf, réalisation de Roger Dessort, avec
Jean Signoret, Mlle Larose.
L'Aventurier, scénario de M. de Marsan,
réalisé par Ch. Maudru, avec Georges, Lannes,
Mangin et C. Vernon.
Mathias Sandorf, tiré du roman de Jules
Verne, réalisé par Henri Ftscourt, en 12 épi-
sodes (Film Nalpas ; édition Eclair), avec
Romuald Joubé, Jean Toulout, Gaston Modot,
Vermoyal, Yvette Andreyor, etc.
La Tentation (A. G. C), composé et réalisé
par Henri de Golen, avec Mme Vahdah, Geor-
ges Wague, P. Daltour et S. Landray.
Crépuscule d'Epouvante, scénario de Julien
Duvivier réalisé par Etiévant (Aigle-Film ;
édition Pathé), avec Jeanne Desclos, Francen,
Ch. Vanel et Maguenat.
Micheline, adapté du roman d'André Theu-
riet, réalisé par Jean Kemm, avec Geneviève
Félix, César, Lemercier, Polak.
Ne manquez pas de Voir
Le Lys de la Vie
de Miss Loïe Fuller et
Gabp Sorrère. d'après
le conte de S. M. la
Reine de Roumanie. 0
8
cinea
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•£ •£ •£ Signoret
dans "Le Silence"
•# Emmy Lynn
dans "Mater Dolorosa"
£ A.=F. Brunelle
ians
"Chignole"
•£ Yvonne Aurel
Ians
"Fièvre"
•£ Jean Toulout
dans ... "La Xme Symphonie"
•£ £ £ £ Modot
ians.
"Mathias Sandoif,,
Yvette Andreyor
dans.. ... "Mathias Sandorf"
Jacques Grétillat
dans "Déchéance"
Marcelle Pradot
dans "Le Carnaval des Vérités"
•£ •£ Desjardins
dans "J'accuse"
LES PAGES DE MA VIE
Par Fédor CH ALI AVINE
Le théâtre m'attirait de plus en
plus et je m'efforçais par tous les
moyens possibles de soustraire au
contrôle paternel l'argent que je ga
gnais avec mon travail. Je savais
que c'était malhonnête, mais vrai-
ment c'était plus fort que moi : il
m'était devenu impossible d'aller au
théâtre tout seul. Il me fallait avoir
quelqu'un à côté de moi, afin que je
puisse donner libre cours à toutes
les extases qui se traduisaient chez
moi par une verbosité excessive.
Donc, je me mis à inviter au théâtre
mes amis, le plus souvent Mikaïloff
qui, lui aussi, se passionnait pour le
théâtre et pendant les entr'aetes
nous avions toujours de longues dis-
cussions en appréciant le jeu des co-
médiens, les qualités de la pièce
représentée.
Un jour s'amena une troupe d'opéra
et on augmenta le prix des places
jusqu'à 50 kopeks. L'opéra m'avait
complètement ébloui. Ayant déjà
travaillé le chant, je n'étais pas très
étonné, naturellement, d'entendre les
gens chanter et chanter des choses
presque inintelligibles. Moi-même je
ne comprenais guère ce que je chan-
tais tant de fois pendant les cérémo-
nies de mariage. Ce qui me frappa
surtout, c'est le fait qu'il existe une
vie ou les gens au lieu de parler
comme cela se pratique chez nous â
Kazan, dans notre quartier, ont re-
cours au chant. Cette vie chantante
produisit sur moi une impression
énorme. Des êtres extraordinaires,
vêtus d'une manière fantastique, in-
terrogeaient en chantant, répon-
daient en chantant également; des
gens qui chantaient debout, assis,
en buvant, en réfléchissant, pour
lancer des injures, pour adresser des
compliments, même étant en train
de mourir — ça, c'était inouï! Et ce
genre de vie me plaisait infiniment!
Mon Dieu, songeais-je, si on pouvait
agir de la sorte partout, si tout le
monde chantait dans la vie, â 1 ate-
lier, an bain, dans la rue!
Par exemple, le patron chante :
- Fedka-a-a-a, apporte-moi le cuir
pour les seme-e-e-lles! Et moi, je
réponds :
— Le voici-i-i-i, Nicolas Evtro-o-o-
pitch ï
Ou bien un agent qui traîne quel-
qu'un au poste de police :
— Viens avec moi au poste de po-
lice-e-e-e I
Et la victime, ténor léger :
— M'sieu l'agent, excusez-moi, ex-
cusez-moi î
En songeant â cette belle existence
je me mis à transformer naturelle-
ment notre vie quotidienne en opéra.
Lorsque mon père me disait :
— Eedka, du kwas, viteî
Je lui répondais, en lançant les
notes les plus aiguës :
— Voilà, voilà î
— Qu'est-ce que tu as à gueuler
ainsi? me demandait-il.
Ou bien je le réveillais en chan-
tant:
— Mon père, lève-toi, viens prendre
le thé!
Il me regardait tout ahuri et disait
à ma mère :
— Tu vois! C'est cela le résultat
des théâtres.
Pour moi le théâtre était devenu
une nécessité vitale. Ma place au
poulailler ne me suffisait plus, j'avais
une envie folle de pénétrer dans les
coulisses, voir où est prise la lune,
comment disparaissent d'un coup les
gens, de quoi sont bâties avec cette
rapidité merveilleuse des villes en-
tières et vers quel endroit s'en va
après la fin de la représentation toute
cette vie somptueuse et éclatante.
Quelquefois j'essayais de pénéirer
dans ce royaume merveilleux, des
hommes féroces se ruaient alors sur
moi, me criblaient de coups et me
chassaient dehors.
Mais une fois, je réussis à tromper
leur vigilance et je vis devant moi un
long escalier, sombre, étroit, tout
encombré de vieux châssis cassés,
des toiles de décor trouées et pous-
siéreuses. Le voici le chemin des mi-
racles ;
En avançant lentement, avec pré-
caution entre ces décombres, je me
trouvai enfin sous la scène au milieu
d'un amas de cordes, appareils mé-
caniques, machines de toute sorte.
(A suivre)
L. Vai.tku, trad.
Imprimerie spéciale de cinéa. CS4. rue Rochechouart, Paris.
Le o-trant : A. Pai v.
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La grande artiste française qui se dévoua toujours aux grandes choses du théâtre — rappelez-vous Maison de Poupée,
Gioconda, La Fille de Jorio, Hamlet, Elektra, Les Flambeaux, etc., — est enfin venue au cinéma pour créer d'abord
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bales, documentaire. — Cbarlie dans le Lie,
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drame. — Ménage de chien, comique. —
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comédie gaie. — Chariot journaliste, comi-
que. — En supplément, de 10 h. 3o à
20 h. 30, excepté dimanches et fêtes : La
Doctoresse, drame.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre. — Patbé- Journal. — Le voile du
mensonge, comédie dramatique. — Alcin-
dor est jaloux, comique. — En supplément
facultatif, ne passant pas en soirée ni le
dimanche en matinée : Le sept de trèfle.
2e épisode.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Aubert-Jourual. — Niek (Vinter
et ses aventures. 6e épisode. — L'homme,
merveilleux, comédie dramatique et senti-
mentale. — Séraphin ou les jambes nues.
comique.
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Pathé-Temple. — Pathé-Jounial. —
Les deux sons de Fritcigli, comique. —
L'aventure de David Strong, comédie dra-
matique. — Alciudor est jaloux, comique.
— L'Affaire du train 24, 5e épisode. — Le
voile du mensonge, comédie dramatique.
Palais des Fêtes. — 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée. — Pathê-Revue.
— La course en sacs, comique. — Marie la
Gaîtè, comédie gaie. — A travers les
rapides,- drame. — Patbé- Journal.
MM. les Exploitants
qui n'ont pas encore
envoyé le montant de
leur abonnement à
Cinéa, Voudront bien
s'acquitter aVant le
premier octobre et nous
les en remercions. JSM
Salle du 1e1" étage. — Actualités, édition
Pathé. — Le voile du mensonge, comédie
dramatique. — Séraphin ou les jambes nues.
comique. — L'homme merveilleux, comédie
sportive.
4<= ARRONDISSEMENT
Saint-Paul, 73, rue Saint-Antoine.
— La presqu'île de Portofino. plein air.
— Saint-Paul-Journal. — Le tour de Nell.
comique. — Alciudor est jaloux, comique.
— Le sept de trèfle, 2e épisode. — Un repor-
tage sensationnel, drame.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rued'Arras. — Patbé-Journal.
— Paihé-Rcvue n° 38, documentaire. —
Lui... et la casquette compromettante, comi-
que. — L'Affaire du train 24, 4e épisode.
— Fromont jeune et Risler aine, 2e époque,
lin. — Zigoto et les apaches, comique.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Les jeunes chiens, documentaire. — La
course à l'héritage, étude de mœurs. — Gau-
nwnt-aclualités. — Attraction : Dufleuve,
chanteur comique. — Fromont jeune et
Risler aîné, 2e et dernière époque.
6e ARRONDISSEMENT
Palace-Cinéma Danton. — 99. boule-
vard Saint-Germain. — Fleurus 27-50. —
Pathê-Revue. — A travers les rapides.
drame. — Fromont jeune et Risler aîné,
2e époque. — Gaumont-Actualites.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
Actualités, — L'Affaire du train 24. 4e épi-
sode. — Fromont jeune et Risler aine.
2e époque, fin. — L'homme merveilleux.
drame.
Cinéma Bosquet. 83, avenue Bosquet. —
Direction G. Moyse. — Cbe% les Anthro-
pophages. sc' étape. — Part éi deux, comique.
- Attraction : le ténor Rouch, dans son
répertoire (opéra, opéra-comiquei. — Le
sept de trèfle, premier épisode. — Un drame
sous Napoléon, film historique en 2 chapi-
tres.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Cotisée, 38, avenue des
Champs-Elysées. Direction Malleville. —
Elvsées 29-46. — Fatty fiancé, comique. —
Quand l'amour vent, comédie. — Gaumont-
aclualitès. — Les quatre diables, film danois
sensationnel.
9e ARRONDISSEMENT
Delta-Palace-Cinéma.
boulevard
mentaire. — Fatty fiancé de Mabel, comique.
— Le sept de trèfle. 2e épisode. — Delta-
Journal. — La faute d'Odette Maréchal.
drame. — Intermède : Salvator, diseur.
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro
chechouart. Trudaine 67-89. Directeur :
M. A.Jallon. — Eclair-Journal. — Bécasson
capitaine au long cours, comique. — La
Veuve de New-York, comédie- vaudeville.
— De Léopoldville èi Matadi, voyage. —
Fraternité, comédie dramatique. — Inter-
mède : Mme Anthelmiue et M. Berthani's,
dans leurs fantaisies et transformations.
10e ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19. faubourg du Temple. —
Tivoli-Journal. — Un ménage de chien.
comique. — La voix qui lue, drame. -
Le voile du mensonge, comédie dramatiquJ
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Les lions déchaînés, comique.
— Nick IViuter et ses aventures. 6° épisode.
— Le voile du mensonge, comédie dramati-
que Aubert-Jourual. — La Faim, comédie
dramatique.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — GaumonU
Actualités. — Le chapeau de Mi/ou, com4
die. — Le voile du mensonge, comédie dra-
matique. — Attraction : Daucré et Mu:l\.
modeleurs comiques. — Le méchant homme,
comédie dramatique. — Alciudor est jaloux,
comique.
i3e ARRONDISSEMENT
Gobelins, 66, bis Avenue des Gobelins
Patbé-Journal. — Pathê-Revue n" ?S, docu-
mentaire. — Lui,., et la casquette compro-
mettante, comique. — L'affaire du train 24
4« épisode. — Fromont jeune et Risler aine.
2e époque, fin.
THÉÂTRE
DU
COLISEE
CINÉMA
38, Av. des Champs Élysées, 38
Direction : Téléphone :
Rochechouart. Trudaine 67-89. — Direction :
M. A.Jallon. — Coutumes marocaines, docu-
P. MALLEVILLE
ELYSEE 29-46 •
cinea
M" ARRONDISSEMENT
Gaité, rue de la Gaîté. — Patbê-Journal.—
Patbé-Revue n° j8, documentaire. — Dans
ta peau d'un autre, comédie dramatique. —
1 Lui... et la casquette récalcitrante, comique.
— L'Affaire du train 24, 4e épisode. —
Wromont jeune et Risler aîné, 2e époque, fin.
Régina-Aubert-Palace, 15.5, rue de
Rennes. — Aubert-Journal. — Nick Winter
cl ses aventures, 6e épisode. — La fiancée
de minuit, comédie dramatique. — Patbé-
Revue. — Un malentendu, comédie senti-
mentale. — La course au sac. comique.
Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle.
Directeur : M. Ch. Roux. — La vie dans les
montagnes, plein air. — Fattv trouve un
emploi, comique. — Quand on a faim.
drame. — La nouvelle adepte, comédie gaie.
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Patbé-
Journal. — Patbé-Revue n° ;5. documen-
taire. — Lui... et la casquette compromet-
tante, comique. — L'Affaire du train 24,
4e épisode. — Frouiont jeune et Risler aine,
2e époque. — Narcisse shérif, comique.
Grand Cinéma Lecourbe, 115-119, rue
Lecourbe. Saxe 56-45. — Le chapeau de
Mitou, comédie. — La Faim, drame. —
Attraction : Yainainoto et Koyoshi, équili-
bristes japonais. — La course à l'héritage,
étude de mœurs. — Gaumont-actualités .
i6<= ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace, 49, 51, rue d'Auteuil.iôe.
— Programme du vendredi 23 au lundi
26 septembre. — Le 7 de trèfle. 2* épisode.
— La villa du Crabe vert, comique. —
La vérité sans voile, comédie dramatique.
— Zigoto et les apaches, comique. — Eclair-
Journal. — Programme du mardi 27 au
jeudi 29 septembre. — Cl:c< les anthropo-
phages, 6e étape. — Paternité, drame. —
La faim, comédie dramatique. — Pathé-
Joumal.
Le Régent, 22, rue de Passy. —
Direction : Flach. — Tél.: Auteuil 15-40. —
Excursion en Laponie, documentaire. —
Apres l'abandon, comédie dramatique. —
Le trésor d'Ame.
Théâtre des Etats-Unis. 56 bis, avenue
MalakofT. — La Main invisible, 3e épisode.
— Les deux sœurs, drame. — Zigoto cbeç
les douaniers, comique. — Le sens de la
mort, d'après l'œuvre de Paul Bourget.
Maillot-Palace-Cinéma 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 23 au lundi 26 Septembre. Che;
les anthropophages. 6e étape. — Paternité.
drame. — La faim, comédie dramatique.
— Pathé-Journal. ~ Programme du mardi
27 au jeudi 29 Septembre. — Le sept de
trèfle, 2e épisode. — La villa du Crabe vert,
comique. — La vérité sans voile, comédie
dramatique. — Zigoto et les apaches. corn.
17e ARRONDISSEMENT
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
Tolède. — Pathé-Journal. — A l'assaut du
bonheur, drame mondain. — Ame sauvage.
drame. — Beaucitron et le chapeau gris,
comique.
Villiers-Cinéma. 21. rue Legendre. —
Direction : M. Hermua. — Ajaccio, voyage.
— Deux bons petits diables, comique. —
Éclair-Journal. — Subtilité féminine, comé-
die gaie. — Là faim, drame. — Intermède :
D'ErioPal.
Cinéma Demours. 7, rue Demours,
Directeur: M. F. Destannes. — Wag. 77-66.
— Le sept de trèfle. 2e épisode. — Le
journalisme mené à tout, comédie. —
Eclair-Journal. — Les quatre diables, drame.
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. —
Chantilly, plein air. — A travers les rapides,
comédie dramatique. — L'Homme merveil-
leux, comédie dramatique. — Gaumont-
Ac I ual 1 lés.
Royal -Wagram, avenue Wagram. —
Les monuments de Scvillc, plein air. —
Alcindoi est jaloux, scène comique. — Le
voile du mensonge, comédie dramatique. —
Les quatre diables, drame. — Pathé- ournal.
Cinéma Legendre, 128, rue Legendre.
— Directeur : A. Jallon. — Legendre- Actua-
lités. — La course au sac, comique. — Le
roman d'un spahi, d'après Pierre Loti. —
Le sept de trèfle, 2e épisode.— L'autre par-
fum, comédie sentimentale. — Intermède :
Les W aller and Baillv, équilibristes.
18e ARRONDISSEMENT
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
— Maurice Robert, directeur. — Le courage
de Madge, drame d'aventures. — Dancing.
scène comique. — Les actualités de la
semaine. — Oh ! la paix ! comédie. — Le
collier de l'impératrice, 3e épisode. —
Attraction : Mlle Mvrelda, dans son réper-
toire.
Palais-Rochechouart, 56, boulevard Ro-
chechouart. — Aubert-Journal. — Nick
Winter et ses aventures, 6e épisode. —
Le voile du mensonge, drame. — L'homme
merveilleux, comédie dramatique. — Séra-
phin ou les jambes nues, comique.
Marcadet-Cinéma-Palace, no, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — Le voile du mensonge, comé-
die dramatique. - Profanation, drame. —
Alcindor est jaloux, comique. — Attrac-
tion : Arayama, équilibriste japonais.
Barbes- Palace, 34, boulevard Barbes-
Direction : L. Garnier. — Nord 35-68. —
L'homme merveilleux, comédie dramatique.
— Les quatre diables, drame. — Séraphin
ou les jambes unes, comique.
Le, Select, 8, avenue de Clichy. —
Chantilly, plein air. — Le chapeau de Mifou,
comédie — L'homme merveilleux, comédie
dramatique. — Pathé-Journal. — Les quatre
diables, drame.
Le Capitole, place de la Chapelle.
— Pathé-Journal. — Le chapeau de Miton.
comédie. — Le voile du mensonge, comédie
dramatique. — Attraction : Les Saschoff's,
danseurs et chanteurs russes. — Les quatre
diables, drame.
Gaumont-Palace, 1, rue Caulaincourt.
— L'homme merveilleux, avec Carpenticr.
— A travers les rapides, drame.
19= ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7, Avenue Secrétan. — Pathé-
Journal. — Alcindor est jaloux, comique.
— L'A [faire du Train 24. y épisode. -
Les deux sous de Frite igli. comique. —
Le voile du mensonge, comédie dramatique.
— Le crampon, comédie.
20= ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — Sibémol l'audacieux, comique.
— Aubert-Journal. — Message aérien, comé-
die sentimentale. — Attraction : Tburin,
dans son répertoire. — Nick IV i nier et ses
aventures, (y épisode. — L'ultime roman,
comédie dramatique. — Zigoto douanier.
comique.
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — Pathé-Journal. — Deux bons petits
diables, comique. — Le serment du proscrit,
drame. — Attraction : Les Nicolelto's, tra-
vail sur aéroplane. — Un malentendu.
comédie dramatique. — Le chapeau de
Mitou, comédie.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Gaumont-actualités. — Ras-
poutine, scène dramatique. — Alcindor est
jaloux, comique. —Attraction : Francardi.
— Che{ les anthropophages, cf et dernière
étape. — Le voile du mensonge, comédie
dramatique.
BANLIEUE
Clichy. — Pathe- Journal. — Alcindor est
jaloux, comique. — L'Affaire du train 24,
5e épisode. — Les deux sons de Frit: igli.
comique. — Le voile du mensonge, comédie
dramatique. — Le crampon, comédie.
Olympia Cinéma de Clichy. — Fabiica-
tion du fromage de Gruyère, documentaire.
— Les deux sœurs, comédie dramatique. —
Le chapeau de Mitou, comédie. — Attrac-
tion : Ridel's. — L'homme merveilleux, avec
Carpentier. — Pathé-Journal .
Vanves . — Pathé-Journal. — Patbé-Revue
n° j8. — Lui... et la casquette compro-
mettante, comique. — L'Affaire du train 24,
4e épisode. — Fromont jeune et Risler aine,
2e époque, fin. — Narcisse Shèriff. comique.
Bagnolet. — Pathé-Journal. — Alcindoi
est jaloux, comique. — Malhias Sandorf.
8e épisode. — Les deux sous de Frit{igli,
comique. — L'Affaire du train 24, 4e épi-
sode. — Le voile du mensonge, comédie
dramatique.
Levai lois. — Pathé-Journal. — Beaucifron
bon juge, comique. — Douglas nouveau
d'Artagnan. aventures. — Attraction :
Renée Bob, le gavroche parisien. — L'Affaire
du train 24, 3e épisode. — Fromont jeune et
Risler aîné, première époque.
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91. — Fromont jeune
et Risler aine, comédie dramatique. —
Le méchant homme, drame. — Attraction :
Torvel's and Torvel's.
Montrouge. — D'Albertville éi Kabalo.
plein air. — Montrouge-actualités. — Le
sept de trèfle. 2- épisode. — Un ménage de
chiens, comique. — Un reportage sensation-
nel, drame.
cinea
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Yvonne
Pansons sur l'invraisemblance du
sujet, sur la danseuse dont la tante
appartient au plus pur faubourg, sur
le directeur de théâtre qui engage un
sujet sans en avoir même vu, appa-
remment, le portrait dans les jour-
naux, au point qu'il est fort embar-
rassé lorsqu'il se présente pour
l'emploi deux titulaires qui se res-
semblent à peu prés autant que Mme
Segond-Weber et Mlle Parisys...Ceci
dit, aimez-vous la crème à la vanille?
C'est une chose agréable, un peu fade
peut-être et écœurante à la longue ;
mais j'avoue que si j'avais à faire sur
Mary Miles un haiki à la manière de
Louise Fazenda, c'est le premier
terme de comparaison que je choisi-
rais. Il faut d'ailleurs beaucoup de ta-
lent pour faire supporter trois quarts
d'heure d'un charme aussi suave-
ment délicieux. Autour de l'étoile,
une de ces bonnes troupes homogènes
qui rendent acceptables beaucoup de
pauvretés : je citerai spécialement
l'acteur qui joue le rôle du jeune Bar-
tlett, et sait si bien doser, si natu-
rellement, le charme, le comique et
la tendresse.
•
La Course à l'héritage.
Lorsqu'un acteur joue un de ces
rôles doubles, tels que celui où Pau-
lin Menier s'illustra jadis dans le
Courrier de Lyon, et que le Cinéma
a multipliés, peut être outre mesure,
sa principale préoccupation et de se
camoufler de telle manière que per-
sonne ne soupçonne, au premier
abord, l'identité d'interprète ; ainsi
les personnages se ressemblent moins
que s'ils étaient joués par deux ac-
teurs différents cherchant à se res-
sembler. Dans ce film, dénommé un
peu prétentieusement Etudes de
mœurs sociales et qui est un assez
banal mélodrame, il s'agit, non point
d'une confusion, mais d'une ressem-
blance entre un frère et une sœur que
leurs vêtements distinguent ; aussi
Violet Mercereau n'a pas besoin d'ou-
trer son grimage. Elle est d'ailleurs
jolie, agréable à regarder, et évoque,
par son charme et son nom, quelque
Viola Shakespearienne dans une co-
médie d'erreurs ou une douzième
Nuit que l'on préférerait infiniment
au pauvre canevas qui lui est ici
fourni.
•
Les hommes marqués.
Autant le cinéma américain est
gauche, emprunté, sommaire, dans
la peinture des mœurs mondaines,
autant i! réussit à montrer dans leurs
luttes entre eux ou avec la nature,
des êtres qui parlent peu, dont la
psychologie ne se traduit générale-
ment que par des gestes.
L'évasion des bandits, la fuite dans
le désert, la rencontre de la jeune
mère, sa mort, celle de deux des éva-
dés, forment autant de tableaux ra-
massés, sobres, émouvants, que ne
gâte pas trop l'optimisme conven-
tionnel de la fin.
Harry Carey est excellent dans un
rôle à effet, et l'ensemble de l'inter-
prétation révèle cette perfection tech-
nique qui permet aux Cinéastes d'Ou-
tre-Atlantique déconsidérer les nôtres
un peu comme des improvisateurs.
•
Un reportage sensationnel.
Nous disions une? Disons deux.
Avez-vous lu Trent's last case (La
dernière affaire de Trent) un des
bons romans policiers parus ces der-
nières années en Angleterre. Il plaît
d'abord par le titre, qui laisse espé-
rer qu'il n'y aura pas de suite, que
Trent ne nous excédera pas comme
Sherlock Holmes ou Rafflcs. Une
fois sur le théâtre du meurtre, on
épuise comme d'habitude les hypo-
thèses banales pour en former une
plus subtile et plus originale : d'ordi-
naire le romancier estime en avoir
assez fait, point du tour; dans ce
livre, lorsqu'on est bien pris, bien
persuadé de cette seconde hypothèse,
une troisième se révèle tout à fait
inattendue et qui est la bonne.
Cela a paru au-dessus de l'intelli-
gence des spectateurs de cinéma; le
metteur en scène en adaptant ce ro-
man, s'en est donc tenu à la seconde
hypothèse ; puis on a supprimé Trent,
ce qui est un peu fort, c'est Sherlock
Holmes réduit au D' Watson, Les
Trois Mousquetaires sans d'Arta-
gnan. Evidemment, je ne me serais
aperçu de rien si je n'avais pas lu le
livre; mais on devait supposer tout
de même, puisqu'on l'a choisi pour
sa célébrité, qu'il y a des gens qui
l'ont lu; et il est vexant, pour les ci-
néastes d'entendre répéter : « Toutes
les fois qu'une œuvre passe â l'écran
elle est diminuée, appauvrie, rac-
courcie... »
Si vous n'avez pas lu le livre, ou-
bliez tout ce que je viens de dire, et
allez voir le film, qui en lui-même est
bon, avec de jolies notations. Vous y
retrouverez l'acteur qui jouait l'en-
traîneur dans Mascotte, et qui avait
tellement le physique de l'emploi que
je n'avais pu admettre que ce fût un
acteur. Je soutiens d'ailleurs que,
comme directeur de journal, il res-
semble à un entraîneur qui, sur ses
vieux jours serait entré dans le jour-
nalisme.
•
Hans la Brute.
Pour la plus grande joie des cinéas-
tes américains, il subsiste aux Etats-
Unis, dans les montagnes du Ten-
nessee, une sorte de Corse où la ven-
detta sévit comme sur les rives du
Liamone, sans que ces Yankees puis-
sent invoquer, ainsi que les compa-
triotes de Colomba, l'excuse d'une
tradition séculaire, puisque les blancs
n'y sont pas installés depuis si long-
temps.
L'inconvénient de ces drames — on
en fabrique en série depuis quelque
temps, et George Walsh était le pro-
tagoniste dune action tout à fait
analogue — c'est qu ils se ressemblent
terriblement. C'est toujours le rejeton
mâle d'une des familles en lutte qui
s'éprend du rejeton femelle de l'autre,
— sauf lorsque c'est le contraire —
et la paix se scelle, non sur leurs
cadavres, comme dans Roméo et
Juliette — le public de Milledgeville
tient à ce que cela finisse bien — mai»
par leur mariage. Lionel Landry.
•
Dans notre numéro du 9 septembre,
sous la photo de Genica Missirio
s'est glissée une erreur typographi-
que. Il fallait lire Missirio au lieu
de Messirio et La lumière sur la
neige en place de La lumière sous
les pas.
cinea
00 L'IRRÉEL 00
Lorsque Narayana fut projeté à
Nice, le critique cinématographique
d'un journal imprimé sur du papier
rose et dont le titre m'échappe écri-
vit à peu prés cette phrase :
« Lorsque M. Léon Poirier se déci-
» dera à supprimer de ses films la
» nébuleuse dans laquelle ses per-
» sonnagessont plongés, il fera sans
» doute de bons films ».
Hélas! je ne ferai donc jamais de
bons films, car l'irréel dans le scéna-
rio me paraît aussi indispensable
que la lumière dans l'appareil de pro-
jection.
Mais, d'abord, entendons-nous sur
le mot irréel. Ce n'est pas chose fa-
cile, étant donné que l'irréel ne se
définit pas — ou, du moins, ne peut
se définir que par une négation :
L'Irréel, c'est tout ce qui n'est pas
réel — on n'en peut dire davantage.
L'intangible, l'impondérable, l'invi-
sible sont dans le même cas, ce qui
ne les empêche pas de faire partie
de chaque minute de la vie, c'est-à-
dire d'exister, au sens le plus précis
du mot.
Sous le prétexte que le ciel est
incommensurable, les esprits «■ posi-
tifs » peuvent-ils le séparer de la
terre où tout est mesure ? Suppri-
mera-t-on de la Nature le Beau, sous
prétexte que jamais personne n'en a
pu l'extraire sous forme d'élixir?
L\Art procédant de la vie naturelle,
même lorsque la férule du « réalisme »
il est condamné à la copier servile-
ment, nourquoi vouloir en bannir
l'irréel ?
ROGER KARL
Rôle d'Arnaut dans L'ombre déchirée.
La Poésie, chanson de l'Irréel a
travers les âges, a été de tout temps
agréable aux oreilles humaines. Elle
a changé de forme, mais on la re-
trouve toujours et partout. Musique,
danse, peint ure, littérature ne seraient
sans la poésie que des lanternes étein-
tes; chaque art, dés sa naissance,
s'est toujours nourri du lait de l'Irréel.
Or, la cinégraphie est un art qui
vient de naître, plus qu'un autre, il a
besoin d'irréel et c'est précisément
en raison de son jeune âge qu'il faut
lui donner en abondance cet aliment
nécessaire à sa formation. Si vous vou-
lez qu'il grandisse, qu'il embellisse,
CI. Gaumont
SUZANNE DESPRÉS
Rôle de la Mère dans L'Ombre déchirée
qu'il plaise, élevez-le donc dans la
poésie — faute de quoi il risquera
fort de rester mesquin comme un
procédé sans cpie jamais lui pousse
des ailes.
Et qu'on n'aille pas dire la cinégra-
phie est l'art des foules, il faut donc
la maintenir dans le domaine du vul-
gaire où la poésie n'a pas cours. Cette
parole que j'ai entendue souvent,
hélas I est un non-sens.
Oui, le cinéma est le spectacle de
la masse; oui, il faut qu'il touche le
plus grand nombre : c'est là sa raison
d être, c est à cause de cela qu'il est
un grand moyen d'échange de pen-
sées, un facteur puissant de progrès
moral, par-dessusles frontiéressocia-
les, économiques , intellectuelles,
ethnographiques — et pour cela jus-
tement, il ne peut s'éclairer que d'une
seule Lumière : la Poésie I. .
Mlle MYRGA CI. Gaumont
Rôle de Muriel dans L'Ombre déchirée
Que MM. les commerçants se rassu-
rent : ils n'ont pas de meilleurs alliés
que les poètes...
Ici, comme en toutes choses, il faut,
bien entendu, faire intervenir le con-
trôle de la raison. Mais, cette réserve
faite, je soutiens que le film poétique
— je n'ai pas écrit esthétique — est
celui qui « se vendra le mieux ». La
foule lève toujours la tête avec plai-
sir : qu'un avion traverse le ciel, les
badauds avec ensemble le regardent
passer; qu'une émotion tendre s'ins-
crive sur lécran, qu'une image vrai-
ment belle l'illumine, tous les cœurs
battront, même si tous les cerveaux
n ont pas compris et vous sentirez
tous les spectateurs, communiant
dans le profond silence de la salle
obscure, ne plus former qu'un seul
public.
Messieurs les commerçants et les
directeurs de salle qui entendez vous
cantonner dans le « sens pratique»,
cette minute de silence, c'est le succès
— recherchez-vous autre chose?...
Enfin, nul art mieux que la ciné-
graphie ne peut par sa technique
— non pas exprimer l'irréel, ce qui
est impossible — mais en faire pres-
sentir 1 existence. La « surimpres-
sion », le « fondu », le diaphragme,
les jeux de la lumière et de l'objectif
sont d incomparables moyens pour
supprimer le temps, la distance, la
limite, la forme, tous ces lourds voiles
de réalité que les mots soulèvent
avec peine...
.,. Non, Monsieur le critique du
journal rose, je ne renoncerai pas à
l'Irréel parce que — comme je viens
d essayer de m'en expliquer en quel-
ques lignes je le crois indispensable,
mais encore, aussi et surtout — ce
qui ne s'explique pas — parce qu'il
est Beau. Léon Poirier.
cinea
IAQ.UE CATKLAIN
Photo Gaurror.t
Le jeune homme de Rose-France a pris de
l'éclat et presque de la puissance. Après Le
Ctirinivtil des Vérités, après L'Homme au
Large, voici Hedwick dans El Dorade et
bientôt un autre grand rôle digne de ce
jeune talent qui va de l'humour à la pas-
sion sans abandonner le tact.
cinea
Cliché Caurr.ont
MARCEL L'HERBIER
Le metteur en scène de Rose-France , Le Car-
naval des Vérités, L'Homme du Large. Villa
Destin, El Dorado. entreprend de filmer la
légendaire histoire de Don Juan de Manara.
Blanco y Ncgro
JSJS (INSTANTANÉS) A J6
A Madame Eve Francis
qui fit El Dorado.
PRADO
Aux environs du Prado.
La nuit.
Une nuit froide de Madrid (Madrid:
trois mois d'hiver, neuf mois d'enfer).
Aux environs du Pradooû dorment
les ehefs-d œuvres encadrés de doru-
res, des gens frileux stationnent en
de longues files encadrés de munici-
paux.
Vont-ils au Prado, en viennent-ils?
Non. Leurs rangées noires se pro-
longent bien au delà du musée. Elles
traversent la place, plongent dans
une ruelle obscure et s'engouffrent,
au bout, par fractions, (imo sola-
menteJiombrel) à travers une petite
porte ruorisque ruisselante de lu-
mière.
C'est une chapelle miraculeuse,
lieu de pèlerinage où il faut avoir
fait ses dévotions dans le temps de
carême si l'on veut la rémission to-
tale.
Avant d'arriver, hélas, l'attente est
longue., on doit s'efforcer pour en-
trer par cette porte étroite.
Mais la piété espagnole n'est pas
un chef-d'œuvre selon Saint-Luc :
c'est un chef-d'œuvre selon Goya.
Elle est figurée en contrastes et en
traits sévères.
11 fait froid. Tu admires l'obstination
pieuse de ces pèlerins .. Mais appro-
che-toi Tu verras qu'ils sont pour la
plupart entre femmes et hommes si
étroitement enlacés que l'intempérie
ne saurait se glisser entre eux. Et tu
en verras d'autres qui mangent si
vite, d'autre qui boivent si fort, d'au-
tres qui. .
Cette sorte de piété aux environs
des chefs-d'oeuvres, c'est encore eux
qui se prolongent C'est eux qui vont,
brutaux et extasiés, des murs du
Prado vers la chapelle de Mirage,
vers la Porte étroite de la foi, mou-
lin à vent du Chevalier, Eldorado
de celui qui voyage, de celle qui
danse.
SEMANA SANTA
Pendant la Semaine Sainte, il n'y
a pas de typique à Séville que les
8
cinea
« Novedades » où Strawinskv pro-
mène un regard d'écaillé et de ver-
res, fumeux comme la salle : — il y
a aussi les processions religieuses.
Longue course à travers la ville de
madones fabuleusement parées, qui,
même eette année, n'ont point versé
dans le siècle au point d'égarer leurs
colliers.
Pourtant c'est trois millions de bi-
joux que la Vierge « Macarena » pro-
mène avec elle sur ses épaules et ses
doigts île cire pendant la « Grande
Procession ».
Partie de son collège vers 10 heures
de la nuit, cette procession, après
12 heures de course aux étoiles, d'er-
rance, de dévergondage, doit rentrer
à la paroisse le lendemain, à 10 heu-
res juste.
Si elle ne parvient pas à l'heure
exacte, une pénalité sévère est impo-
sée par l'évèque président à la con-
frérie pécheresse qui la compose .
Monjoie î Le cortège, cette année,
est rentré à l'église Saint-Denis quel-
ques secondes avant l'heure tixée.
Et ce fut alors, sous le porche, une
sorte de danse fougueuse, irrésistible,
qui agitant les épaules des porteurs
de la Macarena, imprime à la madone
elle-même un vacillement peu rituel.
Et tout en s'en fonçant dans le pé-
nombre de l'autel, la Vierge Marie
dansait encore le tango.
SAETA
Au tournant de la fameuse Calle
Sierpes. Devant la tribune officielle.
Arrêt d'une des processions.
Les portefaix qui ont la charge de
promener l'énorme statue divinne,
les « Costalleros » (les « costauds »)
déposent doucement leur fardeau sa-
cré.
Et puis un grand silence se fait.
Parce que de la foule une voix
monte, — voix éraillée, voix impure
qui chante la « Saeta », — la «Saeta»
qui est le cantique de la piété popu-
laire.
Chacun écoute et la voix entonne :
San Juan y la Madalena
jugabanà l'eseondé, etc..
ce qui signifie à peu près :
Saint-Jean et la Madeleine
jouaient à cache-cache,
Saint-Jean lui marche sur son soulier
parce qu'il jouait mal.
Cependant, en face de l'estrade où
l'évèque président somnole, les por-
tefaix de la madone et les pénitents
encagoulés vident des coupes de man-
zanilla.
Piété fanatique, sacrilège, discor-
dante. En voyant cela, Eve Francis,
qui joue son rôle dans cette foule, ne
peut retenir un sourire indigné.
Eve Francis, elle, faisait maigre
depuis deux jours.
JETS ALTERNÉS
— Dix heures d'un soir de Semana
Santa.
— La cathédrale de Séville, aux
voûtes hautes comme la foi, illumi-
nées comme le Métropolitain.
Dans les larges allées latérales,
bordées des 19 chapelles saintes aux
grottes d'or, la foule, toute la foule
(y compris les touristes)... les chiens,
tous les chiens (y compris leurs... in-
convénients).
L'heure descend... la foule entre
dans la nef... Dieu entre dans la
mort : Vendredi Saint... et c'est la
grande veillée funèbre qui com-
mence...
Devant un fabuleux reposoir où
explosent mille et une lueurs élec-
triques chargées de figurer des cier-
ges, les officiants, lourds de chasu-
bles flamboyantes, se chargent de
figurer la Foi par des courbettes de
courtisans devant de galantes ma-
dones, aux bustes de dentelle, aux
gorges de perles, aux doigts de dia-
mants.
Soudain un timbre vibre par 3 fois...
(3 appels à la Trinité, ou 3 coups de
théâtre ?)
La cérémonie se déroule.
Et elle se déroulera sans que le
fleuve humain s'arrête de circuler,
sans que les parfums songent à se
taire, sans que les gens pieux son-
gent à s'offusquer des bavards... sans
qu'on chasse les petits chiens qui se
poursuivent... sans que, démoniaque
et sacrée, la cathédrale, au vaste ac-
cueil, cesse de contenir toute la vie
vivante T...
Mais voici qu'un chant monte. Le
chant déchirant et sombre. C'est
l'agonie, la supplication, ténèbres.
La palette cadavérique de Gréco...
Les Goya tourmentés d'horreur...
Oui, tout cela est dans ce « Miserere »
que commencent à chanter deux
cents novices aux timbres rayon-
nants d'une cohésion d'amour, et
dont on apprend sans surprise qu'ils
forment la « Confrérie de la Passion ».
...Cependant que dans l'angle som-
bre d'une chapelle où traîne toute
une vermine mendiante de femmes
infirmes, d'hommes infects, derrière
un pilier une sorte de matador courbe
une femme sous un long baiser, —
qui recrucifie Dieu
Miserere mei... Ainsi de tout.
Espagne — « Jets alternés. » — per-
pétuel antagonisme du noir et du
blanc. Paradis pressé contre tous les
Enfers. . .
Au retour, Jacinta qui fait chanter
la nuit avec son regard simple, Ja-
cinta parle de la mort. Et Jacinta
parle de ce qui vient après la mort.
Et naïvement, profondément, elle
dit :
« Après la mort, n'est-ce pas, il n'y
aura pas de ciel... pas d'enfer. . . Il y
aura, comme l'Espagne... comme la
cathédrale de Séville... Il y aura les
bons mêlés avec les mauvais ; mais
ce sera comme c'est déjà : Les mau-
vais, on ne les fréquentera pas... »
ALIIAMBRA
Alhambra, la rouge, où traînent
encore les taches du sang versé par
les rois maures.
Alhambra, fantaisie légère, cons-
truite dans de la fraîcheur et de la
volupté.
Alhambra, dont toute humanité est
exclue, poésie du Nombre et de l'abs-
traction. . . Alhambra, géométrie sen-
timentale, si bien faite pour la ma-
thémathique visuelle de l'écran. . .
ESCALIER
DE VRAI MARBRE FAUX
L'escalier de magnifique marbre
blanc, de marbre de la Sierra-Ne-
vada, l'escalier d'un riche palais où
Eve Francis doit jouer, au cœur de
Grenade, une scène de douleur, de
désespoir.
Massée derrière les grilles, conte-
nue par la police, la foule suit, scep-
tique d'abord, la mimique précise de
l'interprète. Mais bientôt le rythme
intense de la Grande Tragédienne
surprend et convainc les spectateurs.
Un vaste silence tombe sur eux, une
émotion instinctive les attache au
lignes brisée du drame, au visage
délirant de l'héroïne.
Or, une chose étonnante se produit
ici : à la photographie, la douleur de
l'artiste reste véritable, - - mais le
marbre blanc à l'air faux
Marcel L'Herbier.
cinea
HUIT JOURS
DE FIÈVRE
SOLANGE RUGIENS (ROLE DE PATIENCE)
YVONNE AUREL (ROLE DE LA FEMME A
LA PIPE).
Nous avons passé huit jours dans un
cabaret a matelots. Les personnes qui ont
vu le film né de cet étrange semaine ont
compris que le cabaret se situait dans un
port et ce port dans le midi. Barcelone?
Cadix? Gènes? Marseille? Va pour Mar-
seille. Par conséquent, vous vous doutez
que ce drame dit « d'atmosphère « fut
tourné à Paris, dans le studio de M. Léon
Gaumont. avec un nombre sérieux de
degré au-dessous de zéro.
Février aux Buttes-Chaumont. Et c'est
de quoi évoquer Marseille au printemps.
Vu de dehors le studio Gaumont est
une usine. L'intérieur a tout de là cathé-
drale. Il ne manque que les bénitiers.
Mais l'eau bénite ne manque pas. Les
diacres, sous-diacres, frères lais, sont
toute douceur. Il y a un sacristain notam-
ment qui est bien gentil. Petit, confor-
table, souriant, doué d'un œil aigu et
d'un ventre benoît, il veille à tout et
trouve encore le moyen d'écrire de
pieuses pages dans le bulletin de la con-
grégation. Et il voit tout. Ou presque. Et
on le voit partout.
Il n'y a que l'archevêque dont on ne
voit jamais le nez.
Le thermomètre descend avec la viva-
cité d'un avion en pleine chute.
C'est dur pour la cathédrale.
Et dans mon enfance, on m'apprenait
que les églises servent principalement —
comme les musées — à réchauffer les
pauvres bougres!!! Ne sommes-nous
donc pas les pauvres bougres?
Il n'a fallu que quatre jours pour plan-
ter le décor sommaire du Bar-bar. C'est
« un rien ». Maurice, chef de la machi-
nerie, travaille comme les maréchaux de
l'Empire ou comme Antoine à l'Odéon. 11
laisse faire, puis quand il est bien sûr
que « tous ces gars-là ne foutent rien ». il
redresse les erreurs en cinq minutes et
voilà, votre décor est bâti, servez chaud.
Quand je dis : chaud...
•
Le studio Gaumont contient facilement
quatre metteurs en scène au travail, ['en
vois six ou sept.
Dans une cage immense. Berthe Dag-
mar fait bondir des lions qui gueulent
superbement. En mari égoïste. Jean Du-
rand n'entre pas dans la cage et regarde.
C'est du sadisme.
A côté, un corridor de maison de santé.
Et une chambre de malade. René Chau-
mette. avec des veux genre Eve Laval-
, lière, agonise dans un petit lit, sous les
yeux de Protazonoff. Ce maigre, long,
bizarre, nerveux metteur en scène, brandit
perpétuellement une canne de roulier. On
a limpression qu'il va achever le mou-
rant. Heureusement. Mme Yanowa en
femme-du-monde-infirmière circule au-
tour du patient et du curé. Cette Rubins-
tein du cinéma a des pieds distingués et
un bon chausseur. Tout çà. c'est le Srns
(ft- la Mort.
Le sens de la vie s'agite partout. Plus
loin. Léon Poirier croit devoir rafraîchir
encore la température bérésinesque avec
des ventilateurs et des hélices d'avions,
destinées à secouer 1 s ajoncs d'une lande
romanesque ou Suzanne Després promène
la tragédie de son front têtu. Jeanne
Léon-Poirier déploie une verve d'autorité
digne de Mlle de Montpensier et la svelte
Myrga. taciturne et fugace — semble ne
jamais rien remarquer — voit ce qu'elle
\'eut. fait ce qu'elle veut.
La vie du Bar-bar commence.
Eve Francis silhouette sa robe photo-
génique sur la toile de Bécan ou dorment
les bateaux du Vieux-Port. Elle attend
quoi? Que les bateaux aient des pattes,
que la rose d'argent érigée sur le comp-
toir fleure l'héliotrope ou que Modot res-
semble àJoubé?On verra bien.-
Ce Modot est épatant. Et voilà son seul
défaut. Dès qu'il entre dans un rôle, tout
y est, et l'on s'apprête à ne rien lui dire
tant il est peu acteur, mais homme Ses
godillots de faux luxe, sa chemise à car-
reaux, sa coiffure savante, sa gueule pré-
cise et bien musclée, quelle allure! Et
quelque chose en plus, à l'intérieur : />■
sens du cinéma.
Il considère une manille attentive et
calme qui réunit A. F. Brunelle. petit
fonctionnaire à la Dickens, le fils Barrai,
barbu comme Ruv Blas. un tiers dont j'ai
oublié le nom mais qui se tenait bien, et
Footitt.
•
Footitt ne boit pas le vin blanc cassis
dont il a rempli son verre. Footitt est
malade. L'ancien roi du cirque était de-
venu roi du cocktail dans le bar de la
rue Montaigne. Va-t-il devenir roi de
l'écran. Hélas, voilà la soixantaine. Trente
ans de sauts périlleux, de nerfs et de Gor-
don gin finissent par effleurer un homme.
Et depuis huit jours les orgies de Footitt
Ed
^ — — _
"s^'p ""^^■i
VAN DAEI.E (RÔLE DE MILITIS)
EVE FRANCIS (RÔLE DE SARAH)
MODOT (ROLE DE T0PINELL1)
0
cinea
i II I iAKUEL (RÔLE DE LA NAINE)
CENSURÉ
se résument à du lait coupé d'eau de
Vichy qu'il boit avec une paille.
Cela ne l'empêche pas de réaliser le
type du « Monsieur « pour bars du
dixième, ordre. Petite moustache, bague
au doigt, complet sportif, feutre gris de
perle, cet homme n'a pas de métier, c'est
le gentleman des demoiselles ou le pala-
din de l'aventure en eau trouble. Encore
un Lautrec !
Quand je reverrai l'homme au chapeau
gris sur l'écran, je crierai : Vive Footitt,
même s il est mort.
Le coin de studio où nous travaillons
est gracieusement surnomme la Sibérie.
Cela me dispense de bien des artifices
de style.
Pour avoir chaud, nous laissons allu-
mes plus qu'il ne convient les espaliers
de lampes a arc. les plafonniers rutilants
et les projecteurs avides. Le chef électri-
cien grogne un peu dans sa moustache
de colonel, ['aime mieux les électriciens
que les colonels. Mais je parie que la pro-
chaine guerre mobilisera les studios et
les remplira de colonels... Pour le mo-
ment, ce n'est qu'une parenthèse.
l'ajoute ceci : j'ai cru remarquer que
les électriciens de cinéma n'aiment pas
voir l'électricité allumée.
Il v a un autre électricien. Blond comme
Eliacin, l'œil bleu, le sourire cuit a point,
il est agréable a voir évoluer comme un
danseur russe. Il deviendra bon opéra-
teur sûrement. j'allais dire : Quel dom-
mage! Car l'opérateur reste toujours en
l'action auprès de son appareil et ne peut
évoquer Kokine, Bolm et Ni jinsk y .
Le drame trotte. Le metteur en scène
n'a plus froid. Chic métier pour l'hiver!
Pas une minute de repos.
Au comptoir. Francis (tenancière si-
gnée van Dortgen), torche les verres a
Mazagran. Nous voila loin de Claudel et
de Rimbaud! Mais Villon serait ravi.
Dans un dialogue voué aux « premiers
plans ». elle conseille et desabuse une
pauvre folle. Solange Rugiens qui, le
soir, nonne possédée, cueille au confes-
sionnal le baiser de L'Homme à la rose,
qui le jour promène dans des atours a la
Poiret un masque slave, plein de fai-
blesse, de hardiesse, de curiosité...
I.ili Samuel, sortie d'Hoffmann ou
d'Ewers en falbalas de cirque, jette un
œil dans le bar. C'est trop calme! Bon-
soir. Ht elle remporte dans les ruelles son
type et son style de portrait comme vous
en vîtes dans la collection Mirbeau.
Nous la nommons ici La Naine, et elle
représente quelque chose comme L'Ennui.
(lest pourquoi MM. les censeurs diront
plus tard : « Oui. oui. elle raccroche... »
Albert, accessoiriste.
Accessoiriste? Tzigane presque. Vir-
tuose. Il a l'inspiration de la dernière mi-
nute. Il trouve toujours. Parfois, on croit
qu'il se moque de tout le monde, comme
s il était l'auteur.
•
La tenancière va tirer du vin a la cave.
Le sournois petit fonctionnaire se faufile
à sa suite. Brunelle étire ses bas blancs
Il ÉNA SAGRARY(RÔLE DE LORIENTALE)
dans de tristes godasses et l'œil pleure —
ou pas trop — sous le binocle miteux.
C'est un bon entraînement pour jouer
Buckingham des Trois Mousquetaires.
Les opérateurs alternent.
Lucas qui sort, si je puis dire, des bras
de Marcel L'Herbier {L'Homme du
Large et El D, rade) excelle dans les en-
sembles, [uché sur Lin praticable il enve-
loppe la composition d'un œil d'archi-
tecte. Si on lui parle, il a un petit rire en
trois notes qui vous desarme. 11 ne
s'énerve pas. Trois notes de rire.
Gibory, échappé (pour huit jours) à la
passion accaparante de J. de Baroncelli
(voir Lr Rêve) a l'air d'un poète qui serait
dans l'administration. Attention : ce n'est
pas quand il rit ou sourit qu il est iro-
nique, et ce n'est pas quand il se plaint
qu'il est fâche! Et si on lui dit : « Ce que
vous ave{ fait est admirable! » 11 repond :
« Est-ce que ça vous donne satisfaction? »
Note : l'opérateur est la seule personne
du studio qui note jamais s"n chapeau
pour travailler.
Dans un coin. 1 ivrogne. Lest L. V. de
Malte. Il v a beaucoup de bouteilles sur
sa table, beaucoup de liquide dans son
gobelet géant et. je crois, beaucoup dé-
colère dans son cœur. Ah! comme il doit
maudire l'amitié qui lui a fait accepter un
rôle ou il n'y a rien autre a faire qu, si
saouler. Ronge de détresse, vêtu de noir,
les cheveux longs, la bouche amère, in-
différent aux événements, il est rivé à la
table des alcools quotidiens. Un Wilde
exaspéré. Ah! si le public savait qu'il esl
poète! Ah s il avait seulement un beau
crime a commettre! Mais l'auteur, mécham-
ment, na memepas voulu qu'il soit en habit
et il l'oblige a repeter d innombrables
hoquets, que Leonid Valter ne pardon-
nera jamais a L. V. de Malte, mais dont
nous le féliciterons.
•
Autre épave. La femme a la pipe.
Encore un rôle qui ne fait rien. Du
tabac, une | ipe, du gin. un tailleur dé-
modé, une rose fanée, un sourire vaincu
sous le chapeau ridiculement panachard.
Yvonne Aurel fait vibrer a plein son
humain cette detresse-type. Pas une indi-
cation n'est mal comprise? Ht elle se
place exactement dans une composition
tellement sentie que l'interprète vient,
pendant quelques heures, de vivre une
autre vie. sans le savoir.
•
Un paquebot est arrivé a la Juliette.
Voici un stock dematelots, retour d'Orient,
Allons, les enfants, un verre avant de se
séparer, lis se casent tant bien que mal
avec leurs bibelots d'outre-Asie et leur
saint-frusquin serre dans de grands sacs
Waroquet. en chandail bleu, porte un
amour de singe sur l'épaule. Bole. brun et
rond, râblé, roule des veux francs. Léon
Moussinac. charge d'une vaste épine d es-
padon, tangue encore sur ses pieds. Bayle
est triste et comme il est pâle! De Bouch-
gard pense à autre chose. Gastao Roxo.
qui est. à d'autres heures, négociant por-
tugais épaule Van Daèle. l'homme aux
yeux clairs.
Van Daèle entre et il semble qu'une
force soit là. Dépouillez-le des petits afi-
quets de bourgeois engoncé dans de mé-
lancoliques complets et vous aurez, une
stature de grand premier rôle. « Qu'esi-ct
A GAUCHE, VINTIANE (ROLE DE'JAVOTTE)
CENSURÉ
cinea
qu'un grand premier râle? me disait un tout
petit acteur. C'est le type qui peut jouer
Bcarpia et Çavaradossi. » Ce petit acteur
avait trop d'esprit pour réussir.
A boire! Modot, barman ingénieux.
fait flamber l'électricité, met le piano en
mouvement, giffle sa chienne de femme,
jongle avec l'arc-en-ciel papillotant des
bouteilles d'apéro.
•
Et pendant ce temps, le studio grouille.
C'est une cathédrale à Pâques. Dans la
cage aux lions, Berthe Dagmar fouaille
Sultan. Roger Karl rêve et souffre dans la
Bretagne des légendes. André Nox crève
sur un canapé. S. M. Aufan rallie les figu-
rantes. Charles Gaumont trottine comme
une souris dans le labyrinthe des décors
voisins et contradictoires. Fils de la direc-
tion, il représente la direction. Il est sé-
vère mais blond.
Marcel L'Herbier regarde toutes choses
et quand il a bien vu, prend son monocle.
Raymond Payelle. un peu incliné, fait la
cariatide. Que porte-t-il donc? Jaque Cate-
lain est l'homme le plus aimable du
monde, et sincère en général, car tout le
bien qu'il vous dit il le pense, au moins
un jour sur deux. Je l'aime bien.
Madame K. essaie devant l'objectif ses
veux clairs. Que d'yeux clairs! Arkady
Roumanoff ne savait pas que l'on peut (en
France) parler gentiment a des inter-
prètes et Sp. (encore un blond, encore
des yeux clairs) semble un homme de
mer et d'aventures débarqué par le même
paquebot. H. H. semble regretter le
knout pour la figuration. Bérard. régis-
seur lyrique, entend tout.
Damia vient de la salle de projection où
Gahy Sorère lui a montré Le Lys de la Vie.
En passant, elle regarde le Bar-bar. Il n'y
a pas de cocktails, mais les matelots
guinchent avec les filles et le piano méca-
nique glapit un Hindoustan passionné.
Damia est prête a danser.
•
Au bar. les hommes timides hésitent à
livre sans tangage.
L'arrivée du gibier féminin les rappelle
aux realités de la terre ferme. Le gentil
troupeau! Et vite apprivoisé.., Noémi
Seize à qui le maquillage, en attendant
l'écran, donne un masque d'une saveur
étonnante ne s engourdit pas. et — ron-
deur; esprit, tenue, mouvement — vit
son petit personnage avec Lin grand élan.
Si celle-là ne s'installe pas brillamment
dans le cinéma, qu'on me pende!
.Elle adopte un marin russe. Jacqueline
Chaumont, que l'on croyait vouée a Beu-
lemans et à la rythmique Dalcroze, vit
aussi, et à pleine aisance. Son costume est
parfait. Elle s'en prend à Roxo avec moins
de violence qu'a son travail.
Marcelle Delville en grand apparat,
style Jane Hading. figure la poule qui a de
l'expérience. Et le mot vif par-dessus le
marché ! Jeanne Cadix semble une jeune
fille, mais elle rit bien et pour défendre
Moussinac des familiarités de |ane Hading
elle se dépense vertement. Vintiane aux
cheveux courts, aux jambes de garçonnet.
quitte a regret Siska, sensuelle, impé-
tueuse, gaillarde.
Hommes et femmes se mélangent, se
cajolent, se comprennent. Le vin coule.
Le singe a peur. Van Daële a le cafard.
LIL1 SAMUEL, EI.ENA SAGRARV, JEANNE
CADIX. NOÉMI SCIZE ET SISKA.
A. -F. BRUNF.U.E (ROLE DU PETIT FONC-
TIONNAIRE).
Roxo parle comme un moulin. Siska
l'imite sans perdre sa personnalité. Footitt
et Brunelle n'ont pas lâché le manillon.
Les matelots étalent naïvement les reliques
de bazars qu'ils ramènent de Yokohama
ou de Hong-Kong. Et Vintiane montre ses
seins. La censure se chargera de les
mettre à l'ombre. Ce sont des seins d'en-
fant, les censeurs pensent que le cinéma
est fait pour les enfants, oui, mais pas
pour les seins d'enfants.
•
Van Daële présente Elena Sagrary.
Comme Noémi Seize, comme Siska.
comme Cadix, comme Chaumont, comme
Vintiane, comme Footitt. comme Bole.
comme Moussinac, Elena Sagrary n'a
encore jamais fait de cinéma. Et comme
les autres, elle commence par un rôle dif-
ficile mais simple d'apparence
Le masque, la ligne, le geste sont bien.
Hier c'était encore une nonchalante russe.
un peu effacée, distraite et artiste. Et la
volonté, l'ambition, l'intelligence l'ont
aidée a comprendre tout de suite. Voilà
une miniature orientale précise et docile.
S ELENA SAGRARY. FOOT1T ET VAN DAEI.E
Voila en somme un tour de force. Elle
paraîtra sans doute un jour avec plus
d'éclat et plus de facilite dans des person-
nages dramatiques, actifs, réactifs. N'est-
il pas joli qu'elle commence par ce qu'il y
a de plus ardu : regarder agir les autres?
Le peuple du studio se retrouve chaque
jour a midi dans un restaurant des Buttes-
Chaumont. On ne se démaquille pas. On
jette vivement un manteau sur ses
épaules et. vite, aux hors-d'œuvres de
Weber. Il y a la table des dompteurs, la
table du Sens de la Mort, la table de
L'Ombre déchirée. Yvonne Aurel, épave
du gin. est enveloppée de fourrures
chères. Roxo vend du p< rto au restaura-
teur. De Malte et Karl font semblant de
parler littérature. André Nox garde de-
vant l'entrecôte un profil aussi bouleversé
que s'il faisait Hara-Kiri. Chaumette a
l'air en sucre. Footitt lit le Dailv Mail et
boit de l'eau d'Evian. Francis travaille,
pense à la prise de vues, au scénario, aux
lumières, au montage, au maquillage, etc.
Pierre Seize adore le cinéma, mais il
adore le théâtre. Van Daële est doux
comme un grand sauvage. Modot a un
répertoire incroyable d'histoires qui font
rire. Elena Sagrary fume dès l'omelette.
Guy du Fresnay semble étonne de décou-
vrir que les milieux du cinéma sont un
peu désaxes ou pas axés du tout Siska
est toujours gaie. Brunelle est toujours
froid. On se salue, on se présente, on se
commente. Ces voyous, ces rombières,
ces bandits, ces magistrats, ces gens du
monde, ces masques sont d'assez bonne
compagnie. Rien de tel pour se déchirer
l'un l'autre. Un habitué critiquait un
jeune premier dandy : « // a tort, me dit-
il. Pourquoi s'nabille-t-il si bien pour venir
ici ? On en sort /ou /ours en loques. »
m
Trois jours dans le Bar-bar. et il n'v a
plus d'acteurs. Professionnels ou ama-
teurs tous sont entraînés dans un mouve-
ment qui les anime et les humanise. Est-
ce la brutalité de leurs personnages? Est-
ce l'atmosphère amusante du drame? Est-
ce la rapidité, est-ce l'intensité que nous
apportons tous à la réalisation de ce
drame de huit jours qui demandait nor-
malement trois ou quatre semaines? [e ne
12
cinea
le sais pas encore. Je ne le saurai jamais.
La fièvre court. Le bal se démène.
L'alcool enveloppe les dix ou quinze
petites tragédies qui composent cet essai
d'ensemble tragique. Après seulement,
nous comprendrons que c'était folie d'en-
treprendre ce film. Il est raisonnablement
impossible d'indiquer le détail de chaque
minute à trente individus qui doivent
rester au même plan, c'est-à-dire demeu-
rer aussi importants les uns que les
autres aux yeux du spectateur. Mais il
est arrive que trente jeunes gens ont com-
pris ou ont senti la qualité de collabora-
tion qu'on leur demandait. Intelligents,
prudents, mais passionnés, désintéressés.
artistes, spontanés, électrises par leur
propre sincérité, ils composent avec soin
et avec simplicité une espèce d'enthou-
siasme symphonique dont leur Kappelmeis-
ter d'un jour garde une impression de
joie inoubliable.
•
La volupté, l'ivresse, l'amour, le sang,
précipitent les péripéties de cette heure
ardente. Le bar est trouble et désordre.
La discipline de l'action dramatique se
développe par l'improvisation de chacun.
Van Daële a l'air de saisir les sentiments
avec ses poings. Son front fonce sur la
triple tourmente qu'il amène dans ce bar
où le passé l'accueille et l'enlace.
L'ivresse de Footitt s'isole au milieu de
l'univers et ses partenaires s'estompent
dans quel mirage? Sagrary se traîne sur
le sol souillé, son visage s'illumine du
désir de la fleur inconnue. Brunelle éclate
de haine, de haine aiguë et nuancée, il a
beau chercher dans son verre, il ne
trouve que la haine et l'horreur. Barrai
est prêt à pleurer sur soi.
Les couples sont dépouillés comme des
fantômes. Waroquet trouve à chaque pas
de son chemin incertain des notations
inattendues de joie, de désir, de tristesse,
de dégoût. Je vois la trépidation de Samuel,
l'excitation de Castao Roxo, la nervosité
de Siska, l'effarement hallucinant de Noémi
Seize, et le duo lassé de Moussinac et de
Delville, et voilà Jacqueline CHaumont
qui cherche, qui cherche...
De Malte laisse faire, il vide les flacons.
Yvonne Aurel ne veut rien entendre mais
quels remous l'agitent. Elle bouge à
peine. Elle ne boit plus, ne fume plus, elle
souffre on ne sait de quoi. Son accable-
ment muet est déchirant comme la sirène
du bateau en partance.
On a tué le matelot. Eve Francis
s'écroule sur le cadavre et l'appelle au-
delà de tout. Trois minutes, quelques
images, et l'interprète douloureuse a fixé
des premiers plans de désespoir complets
comme une vie.
Modot, le geste romain, l'œil japonais,
calme et terrible, parachevé les malheurs
de cet enfer.
Et c'est fini. Il n'y a plus qu'à tout cas-
ser. Brisons les lampes. Voici la police.
Le drame est mort.
Les opérateurs sont fatigués.
Pour une fois qu'un film se tournait
dans l'ordre il fallait tout de même sacri-
fier aux traditions : le dernier jour on
passe au prologue.
Dans un Orient a peine ébauche. Van
Daële épouse Sagrary. Un bonze opère.
C'est Brunelle. en veine de camouflage,
qui a composé un bonze somptueux.
Nous, nous avons eu tort de lui laisser
une chevelure absalonienne... Une idole
de Narayama s'aventure dans la pé-
nombre. Les robes d'Hélène Berthelot
étalent leurs taches multicolores. Le ciel
est tout noir. Le thermomètre est au-des-
sous de tout.
•
Etait-ce un film? Un rêve? Un conte?
La fièvre vient et puis s'en va. On ne
peut en faire un métier.
Amen.
Louis Delluc,
Pholo Castéra
LILI SAMUEL
la pensive et pittoresque interprète
de Villa Destin , L'Homme du Large,
Le Tonnere . etc.
I QUELQUES TICS... j
Antoine. — A le tort de croire qu'en
devenant subitement poli, il paraî-
trait cabotin. Aux temps que sa
mise en scène se bornait au théâtre,
il s'écria violemment — on répétait
La Passion - « Nom de Dieu ! fou-
tez-moi donc un rayon sur la gueule
de la vierge T. .. » Dans ses films,
s'occupe moins des rayons. Il y a
pourtant des gueules au cinéma.
N'y aurait-il pas de vierges?
Baroncelli. — A l'air d'une nostalgie,
des yeux navrés, une voix blessée,
une lèvre supérieure mal rasée,
non, sa moustache. Ses mains soyeu-
ses caressent ses ondulations fau-
ves. Vous accueille en déplorant
qu'il n'ait pas plus à faire. Est
d'une civilitérare, un peu onctueuse
un peu prélat. S'habille avec re-
cherche, et se montre juste assez
pour n'être point oublié.
Delluc. - Ses paroles nonchalantes
semblent des chats qui s'étirent.
Secret, doux, jamais étonné, il contre-
dit rarement ses interlocuteurs,
mais sourit et pense peut-être à
autre chose.
Son indifférence déguise la modestie
et la timidité.
Exécute avec lassitude un labeur
rapide.
N'attache pas plus d'importance à
ses ennemis c[u'à ses amis.
En résumé : sa caricature par Bécaa
Corridas. Trente et quarante. Wisky-
soda.
•
Diamant-Berger. — C'était naguère un
jeune homme gentil. Puis on le vit
précipitamment grossir, s'aggra-
ver sous des pelisses considéra-
bles. Et adopter les gros cigares.
Et encore bâtir des films consé-
quents et expliquer : « Moi, mon
vieux, vous comprenez je suis un
businessman I »
Desfontaines. — Vous offre toujours
avec sa main un sourire de dan-
seuse. Fume. Adore ses films. Parle
beaucoup de l'Odéon, d'Antoine.
Sait beaucoup. Fume. Energique.
Laborieux. Au travail pose la veste
et même le col; parfois s'agace,
gesticule, éclate... fume. La scène
terminée, se redresse, constate,
évalue, consent : « Mon p'tit, vous
verrez ça... vous verrez ce que je
vous dis .. C'estbien.. . Oui... oui... »
Fume.
Germaine Dulac. — A des doigts com-
posés de bagues, des poignets sculp-
tés de breloques, une cheville cein-
turée d'or. Une canne. Fume, fume.
Sa dextre torturant une cigarette, sa
sinistre ancrée dans la poche de
son tailleur sont très convaincues
de ce qu'elle fait.
Au studio omet gens, heures, repas.
Fume. Fume.
cinea
13
Véhémentement .s'active, se fouette,
et cinglée, commande. Est d'une
urbanité parfaite... et fume, fume.
Wagner, Van Dongen, Vacaresco,
Canudo.
•
Hervil. — La guerre l'a marqué dure-
ment à la tempe.
Travaille comme un fauve échappé.
N'a que des intentions charmantes.
Très simple. Le voir au Napolitain.
•
Abel Gance. — Un visage de lycéen
(rhétorique) qui fait des vers et tâ-
che qu'ils soient « libres ».
Le philosophe du blanc et noir.
Il n'a pas changé depuis quinze ans,
et pourtant on croit qu'il rajeunit
d'un an tous les six mois.
Un révolutionnaire qui sera général
tout d'un coup. Je ne dis pas : Bo-
naparte.
Feuillade. — Ses foulées lourdes
s'augmentent d'une canne. L'allure
d'un dompteur de fauves, a dit quel-
qu'un et le dehors d'un professeur
de lycée avec ses binocles.
En riant très haut, dit des blagues
très grosses, tutoie sa vedette et
son sous-électricien. Au travail, 8e
sied, commande une table, la mar-
tèle de ses poings, plaquant les ac-
cords en basse de sa voix majeure.
Lorsqu'il est aimable, on croirait
qu'il se force. On se trompe.
•
Du Fresnay. — Toujours appuyé sur
un jonc, indolent promeneur, le
souris d'un qui va faire une farce.
Mauvais caractère, assure-t-on. A
pourtant l'air fort amène Ne vous
y fiez pas. Délicat, raffiné, les on-
gles faits. Parle discrètement à pe-
tits mots, à petits gestes.
•
Henry Krauss. — Un taureau. Semble
déterminé à foncer sur quelque
chose. (Sur les premiers plans des
autres, sans doute). Sévère, parle
sec, aimable pourtant Ses mains
ne désertent ses poches que pour
s'installer sur son ventre. Cambré,
campé, léonin fume la pipe. Fre-
derick Lemaître ?
•
René Leprince. — Un de mes amis le
compare à Pierre Benoît. C'est qu'il
a des élans de grande imagination
mais s'y applique avec les soins
menus du romancier qui a beau-
coup de notes.
Porte avec distinction une calvitie
bon enfant. Ignore ou presque le
smoking.
Fume sans relâche. Surpris sur le
studio glisse sa cigarette allumée
dans sa poche et l'y oublie,
•
Marcel L'Herbier. — Se retranche der-
rière un monocle. Accueille, voit,
juge, voudrait intimider. Moins
jeune que son âge. Avec des airs
de Lord romanesque, visualise,
œuvre, fait le champ, soi-même.
Pince, ganté, le cache minuscule,
en matière inconnue : geste d'or-
fèvre. Dit : « madame » à la figu-
rante. Ne se fâche jamais. Souffre
souvent. S'habille . . mieux Se vêt.
fiecm
Dessin de Bécan
J. DE BARONCELLI
Luitz Morat. — Ne fume pas ou guère.
Toujours exactement rasé. S'ha-
bille bien. Se gante de clair. Sur-
veille quelquefois, en marchant, la
pointe luisante de ses souliers. Gai
et mélancolique . Fort bien élevé.
Parle posément dans une gamme
grave. L'air très sérieux. Une en-
trée en scène.
a
De Marsan. — Sa moustache imper-
ceptible, dut-être ciselée par un
myope. Tapote ses doigts de ses lu-
nettes d'écaillé repliées. Sa rondeur,
avenante, reçoit gentiment. Les
yeux mi-clos, semble se lever d'une
sieste... Pour lui un genre, pour
ses films une excuse. Confie des cho-
ses très sensées, à voix profonde.
Parle mieux qu'il ne travaille.
Offre des cigarettes.
•
Louis Nalpas. — Jailli d'un conte des
Mille et une Nuits, fumant dans
une cigarette les narghilés du scep-
ticisme, paraissant ne pas travail-
ler,mais faisant travailler. Ne s'ha-
billant bien qu'en blanc, plus sé-
duisant qu'un calife. Doux comme
un tapis turc.
•
Léon Poirier. — Vous regarde appro-
cher avec dans sa barbe un sourire
blanc de dents découvertes. Faune
ou chérubin? Au travail on dit qu'il
s'emporte, invective les machinis-
tes, flagelle, de son scénario plié,
les petits rôles indociles. Mais cela
se consomme dans le mystère d'un
décor, royaume fermé.
Monarque qui serait homme, s'ap-
paise pour discuter le microsco-
pique détail avec Mme Léon Poirier.
Sitôt qu'on lui parle d'un de ses
films, s'empresse, écoute, inter-
roge : « Oui... vous aimez ça?...
Et sourit...
•
Pierre Decourcelle. — Etait la veille
au Club des Cent, on le voit le len-
demain aux corridas de San Sebas-
tien ou à Biarritz. Ecrit quelque-
fois.llest charmant. Physiquement:
séduisant, cheveux blancs, mono-
cle, gilet clair, guêtres, vestons du
bon faiseur.
Il fait aussi de la mise en scène.
•
Henry Roussel. — Est impeccable-
ment « l'Homme du Monde », son
emploi au théâtre. Parle avec des
gants. Souvent dans les nuées, au-
tomatique répond: « Oui... oui...
oui... Parfaitement. » Il n'a rien
entendu. Cultive: le monocle, la
froideur, le baise-main, la mous-
tache, la publicité, le cinéma.
•
Le Somptier. — En éveil, combatif,
polémiste.l homme de la barricade;
quartier général : le Namur. Pro-
jette des meetings, fait des mots
cruels que d'autres exploitent. Pas
diplomate. Tient ce qu'il promet.
Méprise sa toilette et le tabac blond.
•
Violet. — Gentleman-farmer égaré.
Chérit sa maison de campagne plus
que le meilleur film.
Préfère aux animaux de Mack
Sennetses chiens incomparables et
sa basse-cour, s'habille bien, fume
mieux.
La main droite à sa moustache.
Invariablement s'écrie après toute
grande scène : Ah mon vieux!. . on
vient d'en foutre un bon coup !...
André Daven.
14
cinea
METTEURS EN SCÈNE FRANÇAIS
André ANTOINE
Sa carrière théâtrale, (Théâtre-Libre, Théâtre
Antoine, Odéon) est considérable. Lisez ses Mé-
moires qui vous en donneront une idée.
Venu au cinéma en 191 3- 191 4, il a produit une
série de grands films (S. C. A. G. L. Edition Pa-
thé) dont voici les principaux :
Les Frères Corses, d'après A. Dumas, père, In-
terprètes : Henry Krauss, H. Roussel, Grétillat, etc.
Les Travailleurs de la Mer, d'après V. Hugo.
Interprètes : Romuald Joubé, Andrée Brabant, Clé-
ment, Marc Gérard.
Le Coupable, d'après François Coppée. Interprè-
tes : Romuald Joubé, René Rocher, Jeanne Delvair.
Mademoiselle de la Seiglière, d'après Jules San-
deau. Interprètes : Huguette Duflos, Huguenet,
R. Joubé, Escande, Ch. Lamy.
La Terre, d'après Emile Zola. Interprètes :
Alexandre, Hervé, Armand Bour.
JACQUES DE BARONCELLI
Jacques de Baroncelli dejavon est né à Avignon,
journaliste (V Opinion, Lt Monde Illustré, l'Eclair)
et conteur il fut vite attiré et conquis par la photo
animée comme moyen d'exprimer et de réaliser sa
pensée.
Ses Films :
La maison de l'Es ion, scénario de Jacques de
Baroncelli.
Un signal dans la nuit, scénario de Baroncelli.
Lequel ?... Scénario de Baroncelli.
Trois filles en 'Portefeuilles, scénario de Baron-
celli.
La faute de Pierre Vaisy. scénario de Baron-
celli.
Soupçon tragique, scénario de Baroncelli.
Le Jugement de Salomon, scénario de Baroncelli.
La Main qui éteint, scénario de Baroncelli.
Une Mascotte, scénario de Baroncelli.
Le suicide de Sir Letson. scénario de Baroncelli.
Le Scandale, scénario tiré de l'oeuvre d'Henri
Bataille, avec Denise Lorys, Escoffier et Raulin.
La Nouvelle Jlntigone, scénario de Baroncelli.
L'Hallalil scénario de Baroncelli.
L'Inconnue, scénario de Baroncelli.
Une Vengancz, scénario de Baroncelli.
Le Procureur Lesnin, scénario de Baroncelli.
Pile ou Face ? scénario de Baroncelli.
Le Roi de la Mer, scénario de Baroncelli avec
Gabriel Signoret.
Ramuntcho, scénario tiré de l'œuvre de Pierre
Loti avec René Lorsay et Yvonne Annie.
Le Délai, scénario de Baroncelli, avec Gabriel
Signoret, H. Bosc, D. Lorys, A. Cocéa.
Les 3 K. K., scénario de Baroncelli.
Le Siège des Trois, avec Suzanne Grandais et
Henri Bosc.
L'Héritage, scénario de Baroncelli avec Louise
Lagrange, H. Bosc et Duquesne.
Le Retour aux champs, scénario de Baroncelli,
avec Pierre Magnier, Baron fils, Guyon fils et Mlle
Netmo.
La Rafale, scénario tiré de l'oeuvre d'Henri
Bernstein avec Fanny Ward, Jean Dax, Janvier
Joffre.
Le Secret du Lone Star, scénario d'Henri Kiste-
maeckers, avec Gabriel Signoret, Fanny Ward, Jan-
vier.
La Rose, Conte visuel de Jacques de Baroncelli
avec Gabriel Signoret, Jean Signoret, Andrée Brabant.
Flipott:, scénario de Henri Kistemaeckers, avec
G. Signoret, Andrée Brabant, J. Cheirel.
Champi-Tortu, scénario tiré du roman de Gas-
ton Chérau, avec Paul Duc, Maria Kousnezoff,
Janvier, Alexandre.
Le Rêve, scénario tiré de l'œuvre de Emile Zola
avec Gabriel Signoret, Andrée Brabant, Eric Bar-
clay, Janvier.
Le Père Goriot, scénario tiré de l'œuvre de Bal-
zac avec Gabriel Signoret, Gritillat, S. de Pedrelli,
Claude France, Monique Chrysès.
RAYMOND BERNARD
Ses films.
Le Secret de Rosette Lambert, d'après Tristan
Bernard, avec Dullin, Debain, Dalltu, LoïsMeredith,
etc., etc.
Le 'Petit Café, d'après Tristan Bernard (direc-
tion Diamant-Berger), avec Max Linder.
La £%Caison vide, avec Henri Debain, Andrée
Brabant et Jacques Roussel.
Henri DIAMANT-BERQER
11 vint au ciné en 1913, moitié en spectateur
amusé de la prise de vue, moitié en professionnel.
Tout de suite après sa réforme, il fait un peu de
mise en scène, puis sans cesser de s'occuper d'édi-
tion de films il reprit « Le Film » pour 1916-1917-
1918.
Donne sa revue Paris pzndant la Guerre, au
Vaudeville, collabore à divers films commerciaux.
En 1919, a son retour d'Amérique, produit en
collabora! ion avec Tristan et Raymond Bernard Le
Petit Caf-, puis avec les mêmes en 1920 Le Secret
de Rosette Lçmbert. Enfin cette ann'e, s'attaque,
seul auteur et metteur en scène, aux Trois Mous-
quetaires. .
Pour mémoire, publie Le Cinéma en juillet 1919.
A été entre temps loueur et exploitant.
A eu le plaisir de faire débuter au ciné : Su-
zanne Després, Lugné Poë, Marguerite Moreno,
Charles Fallot, Henri Debain, Pierre de Guingand
et Saint Granier.
A dirigé en outre : Léon Mathot, Max Linder,
de Max, Charles Lamy, Jane Marnac, Desjardins,
Jean Daragon, Joffre, Dorville, Galipaux, Charles
Dullin.
Germaine DULAC
Débute au Cinéma en 1916. Le premier film
mis en scène fut Les sœuri ennemies, d'après un
scénario de Mme Hillel-Erlanger. Opérateur :
Forster, interprètes : Suzanne Després, Grétillat.
Vinrent ensuite :
Géo le mystérieux, d'après un argument de Mme
Hillel-Erlanger. Opérateur : Forster, interprètes :
Marken, Grétillat.
Venus Viclrix, d'après l'argument de Mme Hillel-
Erlanger. Opérateur : Forster, interprète : Napier-
kowska.
Ames de fous, roman à épisodes, scénario de
Mme Germaine Dulac. Opérateur : Forster, inter-
prètes: Eve Francis, Sylvio de Pedrelli.
Pour le bonheur des autres, interprètes: Mme Eve
Francis et Ginette Darnys.
La Cigarette,, argument de M. de Baroncelli.
Opérateur : M. Chaix, interprètes : Signoret, An-
drée Brabant.
La Fête espagnole, scénario de Louis Delluc.
Opérateur : Paul Parguel, interprètes: Eve Francis,
Jean Toulout, Modot.
Malencontre, d'après le roman de Guy de Chan-
tepleure. Opérateur : Asselin, interprètes : Brindeau,
Djemil Anik, J. Roussel.
La belle dame sans merci, d'après l'argument de
Mme Hillel-Erlanger. Opérateur : Oliver, interprè-
tes : Tania Daleyme, Denise Lorys, Jean Toulout.
La Mort du Soleil, d'après le scénario de André
Legrand. Opérateurs: Parguel et Belval, interprètes:
André Nox, Denise Lorys et la petite Régine Du-
mien.
En préparation :
Le Sortilège, adapté par Mme Germaine Dulac,
d'après le roman de Hélène Vacaresco. Interprètes :
Denise Lorys et des artistes roumains.
L'Invitation au voyage, scénario de Mme Ger-
maine Dulac. Interprètes : Denise Lorys et David
Evremond.
Rêve et ;éalité, d'après la pièce danoise de Mol-
bech. Interprètes : Denise Lorys, David Evremond
et des artistes anglais.
DU FRESNAY
Api es avoir composé des scenarii pour le Film
d'Art vint de la littérature à l'Ecran. Exécuta pour
Gaunont La Cathédrale merveilleuse. Ensuite écrivit
le scénario de La Coupe aux lèvres, qu'il réalisa avec
pour interprètes Capellani,Madys et Tallier. 11 monta
après L'jimi des JXTcntagnes, qu'il tourna avec
André Nox, Devalde et Madys. Ayant quitté la
Maison Gaumont pour la firme Jupiter vient de ter-
miner la réalisation d'un scénario de lui intitulé Les
Jliles qui s'ouvrent, avec Madys, Marie-Louise
Iribe, André Roanne, Mauloy et Genica Missirio.
Prépare en ce moment : éXCargoi, d'après la nou-
velle de Musset.
cinéa
aBEL qance
Naquit à Paris en I 890, fit ses études au collège
Chaptal, ressentit très jeune un amour passionné
pour la littérature dramatique, fut pendant deux
années un interprète remarqué, écrivit la Dame du
Lac, mystère médiéval, et La Victoire Je Samo-
throce.
Ses films :
La Fleur des Ruines, Slrass et Cie, L Héroïsme
de Paddy, Les Gaz Mortels, Barberousse,
Le droit à la Vie, avec Mathot, Vermoyal,
Paulais, Andrée Brabant; opérateur : L. H. Burel.
La Zone de la mort, avec Mathot, Vermoyal,
Clément, Mlles Brabant et Lyonel, opérateur :
L. H. Burel.
Mater Dolorosa, avec Emmy Lynn et Gémier ;
opérateur : L. H. Burel.
La dixième symphonie, avec Emmy Lynn, Sé-
verin-Mars et Toulout ; Opérateur : L. H. Burel.
J'Accuse, avec Séverin-Mars, R. Joubé, Desjar-
dins, Marise Dauvray ; opérateurs : L. H. Burel,
Buyard et Forster.
La Roue, avec Séverin-Mars, Pierre Magnier,
G. de Gravone, Ivy Close ; opérateurs : L. H. Bu-
rel, Bujard et Duverger.
René HERVIL
Maud, avec Miss Campton.
Vendetta, en collaboration avec Mercanton.
Manuela, en collaboration avec Mercanton, avec
Régina Badet.
La Remplaçante en collaboration avec Mercan-
ton, avec Gaby Deslys.
Mères Françaises, en collaboration avec Mercan-
ton, avec Sarah Bernhardt et Signoret.
Jane Doré, en collaboration avec Mercanton,
avec Sarah Bernhardt.
Un T^oman d' Amour et d' Aventures, en colla-
boration avec Mercanton, avec Yvonne Printemps
et Sacha Guitry .
Suzanne, en collaboration avec Mercanton, avec
Suzanne Grandais, J. Signoret, Tréville et Marie-
Louise Derval .
Le Tournant, en collaboration, avec Mercanton,
avec G. Signoret, Suzanne Grandais.
Midinettes, en collaboration avec Mercanton,
avec Suzanne Grandais, Jane Danjou, Sarah Ra-
fale, Peyrière.
Oh ! That Kiss (oh ce baiser), scénario et réa-
lisation de René Hervil, avec René Hervil, Man-
suelle et Suzanne Grandais.
La P'tite du Sixième, en collaboration avec
Mercanton, avec Henry Roussel, Mary Marque!
et Suzanne Grandais.
Le Tablier Blanc, en collaboration avec Mercan-
ton, avec J. Signoret, Tréville, Sarah Rafale et Su-
zanne Grandais.
Son Jlventure, scénario et réalisation de René
Hervil avec Henry Roussel, J. de Féraudy et Su-
zanne Grandais.
Le Torrent, scénario de Marcel L'Herbier, réa-
lisé en collaboration avec Mercanton, avec Gabriel
Signoret, H. Roussel, L. Lagrange.
Bouclette, scénario de Marcel L'Herbier en col-
laboration avec Mercanton, avec Gabriel Signoret,
Gaby Deslys.
Simplette, scénario et réalisation de René Hervil,
avec Suzanne Grandais, G. Dalleu.Tania Daleyme.
L Jlmi Fritz, scénario tiré de l'œuvre d'Erk-
mann-Chatnan adapté par Suzanne Devoyod;avec
Léon Mathot, de Max .
HENRY KRAUSS
Naquit à Paris, le 26 avril 1866.
Théâtre :
Elève de Talbot, sociétaire de la Comédie-Fran-
çaise, qui l'emmène en tournée à travers la France,
la Belgique, la Hollande et l'Algérie, lui faisant
interpréter tous les amoureux et jeunes comiques du
répertoire classique.
Entre au Conservatoire (classe Maubant) après
avoir, sur audition, failli devenir pensionnaire de la
Comédie-Française (administrateur J. Claretie) .Quitte
le Conservatoire (fruit sec) pour débuter à l'Odéon
(direction Porel), et y rejouer les amoureux du réper-
toire.
Fait une incursion dans la pantomime : Scara-
mouche, l'Hôte, Coeurs de Majors, Pierrot rouge, etc.
Crée (Porte-Saint-Marlin, Théâtre Sarah Bernhardt,
Odéon, Ambigu, Bouffes, Athénée, Théâtre des
Arts, etc.) :
La Vierge d' Avila (Catulle Mendèsl, rôle de
Philippe II.
Les Bouffons (Zamacoïs), rôle de Vulcano.
Arlequin-Roi [R. de Machiels), rôle d'Arlequin.
Rabelais (comte du Bois), rôle d'Angelo Pignon.
Falstaff (]. Richepin), rôle du prince Harry.
Kosalfs (Armand Silvestre et E. Morand), rôle
de Tarrass Boulba.
15
Les Frères Karamazov) (F. Copeau, d'après Dos-
towesky), le vieux Karamazow.
L'Infidèle de Porto-Riche, Page Blanche de
Gaston Dévore, Les joyeuses Commères, de Catulle
Mendès et Courtelme, La peur des coups, de Cour-
teline, et quantités de drames :
L' Autre France, Pour la Cocarde, Les Révoltés,
La Chanson du pays, etc..
Reprend à la Porte-Saint-Martin et à l'Ambigu,
la plupart des grands premiers rôles de drame :
Kean, Paillasse, le Bossu, La Tour de Nesle,
Louis XI, La Closerie des Genêts, les deux Orphe-
lines.
Ses films :
Un duel sous Richelieu (Film d'Art), réalisation
de Calmettes.
Le Lépreux delà cité d'Aostt (Film d'Art), scé-
nario de Xavier de Maistre, réalisé par Calmettes.
L'Epi (Film d'Art), scénario de Henri Lavedan,
réalisé par Calmettes, avec Suzanne Delvé.
Bal Noir (S. C. A. G. L.), scénario et réalisation
de Michel Carré.
La Tour de Nesles (S. C. A. G. L-|, réalisation
de Albert Capellani.
Notre-Dame de Paris (S. C. A. G. L,|, réali-
sation de Albert Capellani, avec Napierkowska.
Les Misérables \S. G. A. G. L.), réalisation
d'Albert Capellani, avec Mistinguett et Ventura.
Patrie (S. C. A. G. L.), réalisation d'Albert
Capellani, avec Paul Capellani.
Germinal (S. C. A. G. L.), réalisation d'Albert
Capellani.
Qualre-Vingl-Treize (S. C. G. A. L.). réalisation
Dessin de J. Krauss
HENRY KRAUSS
16
cinea
cTAndré Antoine et Albert Capellani, avec Paul
Capellani P. Garnier, Mme Barbier Krauss.
Les Frères Corses (S. C. A. G. L.), réalisation
d'André Antoine, avec Henry Roussel, R. Joubé,
Grétillat et Mme Rose Dione.
Le Coupable, avec R. Joubé.
André Cornélis, d'après Paul Bourget, réalisé par
Jean Kemm, avec R. Joubé, Mme Marydorska.
Le Destin es! Maître, scénario d'après Paul
Hervieu réalisé par Jean Kemm, avec Emmy Lynn,
A. Dubosc.
En 1915, il devient metteur en scène.
Un pauvre homme de Génie, d'après « Michel
Pauper », d'Henry Becque, réalisation et interpré-
tation d'Henry Krauss.
Papa Hulin, réalisation et interprétation d'Henry
Krauss.
Marion Delorme, réalisation et interprétation
d'Henry Krauss, avec Nelly Cormon.
Le Chemin. aj, tiré de l'œuvre de Jean Riche-
pin, réalisation et interprétation d'Henry Krauss.
Honneur d'Artiste, réalisation et interprétation
d'Henry Krauss.
Le Fils de M. Ledoux, d'après Pierre Wolf,
réalisation et interprétation d'Henry Krauss, avec
Van Daële.
Fromont Jeune et Risler Aîné, adapté d'Alphonse
Daudet, réalisé par H. Krauss, avec H. Krauss,
P. Garnier, Escande, Angelo, et Mlle Parysis.
Les Trois Masques, adapté de Charles Méré,
réalisé par H. Krauss, avec H. Krauss, G. Wague,
H. Rollan, Mme Barbier-Krauss.
L'Empereur des Pauvret, adapté de F. Champ-
saur et réalisé par Leprince, avec H. Krauss, Mathot
et Gina Relly.
René LE SOMPTIER
Né à Caen en 1 884. Rédacteur à l'Action et au
Siècle de 1908 à 1912. Auteur dramatique. Poète.
Cinégraphiste (auteur et metteur en scène de tous
ses films).
Ses films :
Etablissements Gaumont
La Gloire posthume, avec Mme Marie Laurent.
Le temps des cerises, avec Mme Marie-Louise
Iribe.
L'Intègre, avec M. Duval .
La Poudre X, avec Mlle Suzanne Privât.
Le Raid aérien, avec Mme Ramey, M. Duval.
Un drame de l'air, avec Mme Marie Laurent,
Mlle Suzanne Privât, MM. Melchior, Dutertre.
Célibataire , avec M. Maurice Vinot.
Prix de Rome, avec MM. M. Vinot, Duval.
La Fille du caissier, avec Mlle Fillacier, M. Mau-
son.
Les Masques, avec Mlle Fillacier, MM. Billard
et Mauson.
Le Pressen iment, avec Mlle Alice Tissot .
Le monde renversé, avec M Melchior.
Grand Maman, avec Mme Jalabert.
Le bon tuyau, avec M. Kessler.
Chef d'école, avec M. Melchior.
Au fond du cœur, avec Mlle Fabrège. MM. Du-
tertre et Dhartigny.
L opérateur de tous ces films est M. Daumain.
191 5- 1 916-191 7 (pendant des convalescences)
(Etablissements Gaumont)
Le pont des Enfers, avec Mlle Marie-Louise
Iribe et la petite Juliette Malherbe. Opérateur :
M. Lucien Lesaint.
L'aubade à Sylvie, avec Mme Ramey, M. Mel-
chior et la petite Juliette Malherbe.
Les épaves de l'amour, avec Mlle France Dhélia.
Opérateur : M. Scheffer.
Ginette, avec Mlle France Dhélia . Opérateur :
M. Scheffer.
1919
(Films Louis Nalpas)
La Sultane de l'Amour, avec Mlle France Dhélia,
MM. de Pedrelli, Modot, Vermoyal. Opérateurs :
MM. Raulet et Duverger.
La Croisade, avec Mlle France Dhélia, MM. Bo-
gaert, Van Daële et Billard. Opérateur : M. Asselin.
1920
(Cinégraphie d'art)
La Montée Vers l'Acropole, avec Mlle France
Dhélia, MM. Auche, Nox et Van Daële. Opéra-
teur : M. A. Morrin.
Marcel L'HERBIER
Né à Paris.
Poèmes : Au jardin des jeux secrets.
Théâtre : L'Enfantenent du mort, (Th. Edouard
VII, Comédie des Champs Elysées, Pitoëff) inter-
prété par Jean Hervé, Mmes Eve Francis et Lara.
Etudes cinégraphiques : Hermès et le Silence, La
France et l'art muet, Les souvenirs de l'idée de
force.
Scénario : Le Torrent, filmé par Mercanton et
Hervil, et interprété par Signoret, Henri Roussel,
Jaque Catelain, Louise Lagrange (Eclipse) ; Bou-
clette L'Ange de minut, filmé par Mercanton et
Dessin de Pière Colombier
LKON POIRIER
Hervil, interprété par Gaby Deslys, Signoret, 1 larry
Pilcer, Maxudian.
Films (Scénario et mise en scène) :
Tiose-France, interprété par Jaque Catelain et
Mlle Aïssé (Itys-Film, Edition Gaumont).
Le Carnaval des vérités, interprété par Suzanne
Després, Paul Capellani, Jaque Catelain, Marcelle
Pradot (Gaumont).
L'Homme du Large, interprété par Roger Karl,
Jaque Catelain, Marcelle Pradot, Claire Prélia (Gau-
mont).
Villa Destin, interprété par Saint-Granier, Hal-
lys Feeld, Lili Samuel, Paulais et Bob Scalon.
El Dorado, interprété par Eve Francis, Jaque Ca-
telain, Marcelle Pradot.
Louis MERCANTON
La Reine Elisabeth, avec Sarah Bernhardt.
Adrienne Lecouvreur, avec Sarah Bernhardt.
y endetta, en collaboration avec Hervil.
Sadouna, avec Régina Badet .
Le Lotus d'Or, avec Régina Badet.
Manuela, en collaboration avec Hervil, avec
Régina Badet et Signoret.
La Remplaçante, en collaboration avec Hervil,
avec Gaby Deslys.
Mères Françaises, en collaboration avec Hervil,
avec Sarah Bernhardt et Signoret.
Jane Doré, en collaboration avec Hervil, avec
Sarah Bernhardt.
Un Roman d'Amour et d'Aventures, en colla-
boration avec Hervil, avec Sacha Guitry, Yvonne
Printemps.
Suzanne, en collaboration avec Hervil, avec
Suzanne Grandais, Jean Signoret, Tréville, M.-L.
Derval.
Le Tournant, en collaboration avec Hervil, avec
Suzanne Grandais, Gabriel Signoret.
Midinettes, en collaboration avec Hervil, avec
Suzanne Grandais, Jane Danjou, Sarah Rafale.
La P'tile du 6e, en collaboration avec Hervil,
avec Suzanne Grandais, Henry Roussel , Mary
Marquet.
Le Tablier blanc, en collaboration avec Hervil,
avec Suzanne Grandais, Sarah Rafale, J. Signoret.
Tréville.
Le Torrent, scénario de Marcel L'Herbier, réalisé
en collaboration avec Hervil, avec Gabriel Signoret,
H. Roussel, L. Lagrange.
Bouclette, scénario de Marcel L'Herbier, réalisé
en collaboration avec Hervil, avec Gabriel Signoret,
Gaby Deslys, Harry Pilcer.
L'Appel du sang, scénario tiré de l'œuvre de
Robert Hichens, avec Desdemona Mazza, I. Novcllo,
G. de Gravone, Le Bargy, Phylis Nelson-Terry et
Salvatoreho Turco.
Miart\a, la Fille à l'Ourse, scénario tiré de
l'œuvre de Jean Richepin, avec Réjane, I. Novello,
D. Mazza, Ch. Vanel et J. Richepin.
Phroso, scénario tiré de l'œuvre d'Anthony Hope,
avec Paul Capellani, Jeanne Desclos, Paoli.
Louis NALPAS
La Sultane de l'amour ; metteurs en scène : R.Le
Somptier et Burguet ; Opérateurs : Raulet et Du-
verger ; interprètes : Mlle France Dhélia, Dourga,
MM. Pedrelli, Vermoyal, Modot, Marcel Levesque.
Un Ours ; metteur en scène : Burguet ; Opéra-
teur : Raulet; interprèles: Gaby Morlay, G. Modo't.
cinea
Le Cheva'ier de Gaby : metteur en scène : Bur-
^uet ; Opérateur : Raulet ; interprètes : Gaby Mor-
lay, G. Modot.
La Fête espagnole de Louis Delluc ; metteur en
scène : Germaine Dulac ; Opérateur : P. Parguel ;
interprètes: Eve Francis, Jean Toulout, Gaston Mo-
dot, Robert Delsol.
La Croisade : metteur en scène : R. Le Somp-
tier ; Opérateur : Aslain ; interprètes : Mlle France
Dhélia, Lise Laurent, MM. S. de Pedrelli, Van
Daële, Bogaert.
7 rislan et Yseult : metteur en scène : M. Ma-
riaud ; Opérateurs : Raulet et Wientzel ; interprètes :
Mlles A. Lionel, Tania Daleyme, MM. S. de Pe-
drelli, Bras, Dutertre.
Xlathias Sandorf : metteur en scène : H. Fes-
court : Opérateurs : Pargu;!, Liront, Wientzel ;
interprètes : Mlle Yvette Andréyor, Djemil Anik,
Romuald Joubé, Vermoyal, Modot, Tallier.
Léon POIRIER
Né en 1 884, dans une famille où les arts furent
toujours en honneur et qu'illustra Berthe Morisot,
une des gloires de l'école impressionniste, Léon Poi-
rier, fut après de brillantes études, jeté subitement
au milieu de la lutte pour la vie ; il devint successi-
vement marchant d'objets d'art, directeur d'une re-
vue : La Moisson, souffleur, admin:strateur, habil-
leur au Théâtre de la 7 our Eiffel, secrétaire au
Théâtre Grévin, caissier au Théâtre Moderne,
puis enfin, en 1904, secrétaire général au Théâtre
du Gymnase dirigé à ce moment par M. Alphonse
Franck qui fut le premier à reconnaître cette jeune
ardeur.
C'est lui qui supprima la morte saison des scènes
parisiennes en instaurant les fameuses saisons d'été
lui qui, confiant dans la force naissante du cinéma-
tographe, fit louer le Théâtre du Gymnase à M.Léon
Gaumont pour y réaliser une exploitation dont le
résultat ouvrit bien des horizons ; lui qui, en 1910,
connut I un des plus grands succès de direction théâ-
trale en faisant jouer sur trois théâtres à Paris (la
Renaissance, le Théâtre Réjane, les Bouffes-Pari-
siens) le célèbre Mariage de Mlle Biulemans. En
191 I, il organise au Vaudeville une étonnante sai-
son d'opérette. En 1913, il inaugurait le Théâtre
Léon-Poirier (Comédie des Champs-Elysées) situé
dans le mSme immeuble qu: le Théâtre des Champs-
Elysées de Gabriel Astruc, et à la construction du-
quel il avait collaboré de tout son effort pendant
des années.
L'échec de cette vaste entreprise, puis la guerre,
— pendant laquelle Léon Poirier, engagé volon-
taire, gaçjna devant l'ennemi ses galons et sa croix
— mirent un point d'orgue dans cette carrière fer-
tile et agitée.
En 1919, Léon Poirier revient à la vie civile
avec la même activité, mais d'autres intentions. Le
cinématographe, est devenu un art, mas un art
jeune, encore inculte où il faut défricher, bâtir, in-
nover. Le théâtre, au contraire, s'est assoupi dans
des reprises perpétuelles de l'ancien répertoire. Léon
Poirier, résolument, se tourne vers la cinématogra-
phie et présente ses projets à M. Léon Gaumont,
dont 1 esprit ouvert à toutes les idées neuves l'ac-
cueille.
Donnant l'exemple, M. Léon Poirier réalise lui-
m5me avec un sens artistique étonnant et une tech-
nique qui eit une révélation, des films comme Ames
d'Oiient, Le Tenseur,
ment considérable.
Narayana, d'un retentisse-
Ses Films.
1913-1914
Ces demoiselles 'Peno'.in, Cadette, Monsieur
Charlemagne, de Léon Poirier, avec Gabrielle
Fleur>', Alice Tissot, Gaston Michel, opérateur :
Victor Monn.
1919
Ames d'Orient, de et par Léon Poirier, avec Ma-
deleine Sévé, André Nox, Tallier, opérateur :
Specht.
Le Penseur, d'Edmond Fleg avec Mlle Madys,
Nox, Tallier, opérateur : Specht.
1920
Narayana, de et par Léon Poirier, avec Mlle Ma-
dys, Myrga, Van Daële, opérateur : Le Curieux.
1921
L'Ombre déehirée, de Jeanne-Léon Poirier, avec
Mlle Suzanne Després, Myrga, Madys, M. Roger
Karl, opérateur : Letort.
Le Coffret de Jade, de Pierre Victor, avec Mlles
Myrga, MM. Roger Karl, Mendaille, opérateur :
Letort.
HENRY ROUSSEL
Un Homme passa, avec Emmy Lynn, Eve
Francis et Mauloy.
L'Ame du Bronze, scénario tiré de l'œuvre de
Georges Le Faure par Henry Roussel, avec Harry
Baur et Lillian Greuze.
La Faute d'Odette Maréchal, scénario de Henry
Roussel, avec Emmy Lynn, Toulout, Decoeur,
Dubosc.
Visages voilés. . . Ames c oses, scénario de Henry
Roussel, avec Emmy Lynn, Marcel Vibert, Bras
et Marthe Sarbel.
EUGENIE NAU
l'émouvante comédienne du Théâ-
tre libre et du Théâtre Antoine
parait a l'écran dans La Doulou-
reuse Comédie et L'Eternel Féminin.
E. E. VIOLET
Après deux années à la Comédie-Française, sept
années à l'Odéon, cinq ans de direction au Théâtre
des Célestins de Lyon, Violet revenu à Paris joue
La Belle Aventure, remplace Sacha Guitry dans
la Pèlerine écossaise et crée l'Ecole dis Cocottes
au Théâtre Michel.
Ses films
Fantaisie de milliardaire (interprété par E. E.
Violet). Aliie. Les s'x petits cœurs des six petites
filUs, Rila, La grande Vedette, Le Songe d'ui
mois d été, La Nouvelle Jlurore.
Papillons, scénario de H. Clerc. Interprètes :
Mathot et Mag Murray.
La Main, scénario d'après l'œuvre de Maupas-
sant. Interprète : C. Wariley.
Li-Hang le Cruel, scénario d'André de Lorde
et Henri Bauche. Interprètes : Mag Murray, Mary
Harald, Tsin-Hou.
L'Accusateur, scénario d'après l'œuvre de Cla-
retie.
Les mains flétries, scénario tiré d'une nouvelle
de Claude Farrère. Interprète : Mary Harald.
L'Epingle rouge, tiré de l'œuvre de P. Bienaimé.
Interprètes : Simone Vaudry et Tsin-Hou.
La Ruse, de Cl. Roland.
Tous ces films ont été pris par M. Louis Dubois,
opérateur et Marcel Audion, photographe.
Louis DELLUC
Né en Gascogne, 1 890.
Théâtre: Francisa, (Pré Catelan, 1911). La
princesse qui ne sourit plus (Opéra 1918) Edith
Cavell (Florence. Lyda Borelli 1916). Ma femme
danseuse (Genève-Pitoëff 1920). Lazare le Ressus-
cité (Comédie Montaigne. Escholiers, 1 920).
Romans : Monsieur de Berlin, La Guerre est
morte, Chez de Max, Le train sans yeux. La danse
du scalp, La jungle du cinéma.
Cinégraphie : Cinéma et Cie, Phoiogénie et
Chadot.
Presse : Comœdii illustré (Rédaction en chef,
191 I à 1914) Le Film (Rédaction en chef. 1917
à 1919) Ciné-Cluh (1919) Cinéa(l921).
Cinéma : La Fêle Espagnol', Fumée Noire, Le
Sihnce, Fièvre, Le tonnerre.
Mme Eugénie Nau, qui est une de
nos comédiennes les plus originales
est aussi une des premières fil-
meuses.
En 1911, elle tourna Gervaise, de
l'Assommoir avec Albert Capellani
(pour la G. C. A. G. L.)
Mme de Lavalette, Les Mystères
île Paris, et beaucoup de films ou-
bliés.
Elle vient de remporter un grand
succès à la présentation de La Dou-
loureuse Comédie, de Théo Bergerat,
rôle de Mme Poutry mère, et après
cela l'Eternel Féminin, où elle est la
marâtre de Gine Palerme.
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martre. — Cœurs de vingt tins. — Beauci-
tron divorce. — Supplément facultatif, non
passé en soirée ni le dimanche en matinée :
Le sept de trèfle, y épisode.
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Une fleur dans les ruines. — Le
Signe de Zorro.
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Chef les Cannibales. 7e étape. — La Tour
de Neli. — Le mari à la campagne. —
La Belle de New-York — N'écrive f jamais.
— L'héritage du père Bussard.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — Le Journalisme mené à tout. —
Chariot fait une cure. — F.n supplément
facultatif : Nick Winter et ses aventures.
7e épisode.
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LA PERLE DE
BROADWAY
3e ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — La chanson éternelle.
— Beaucitron divorce. — L'Affaire du
train 24, 6e épisode. — Cœurs de vingt ans.
Palais des Fêtes. — 8, rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée. — Le lys de la
vie. — Les nuits de New-York.
Salle du Ier étage. — Dudule apprenti
guerrier. — Les quatre diables. — La perle
de Broadway.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rue d'Arras. — Alcindor est
jaloux. — La chanson étemelle. — Les deux
sous de Fritfigli. — L'Affaire du train 24,
5 e épisode. — Le voile du mensonge.
Chez Nous. — 76, rue Mouffetard. —
La canne à sucre. — Quand l'amour com-
mande. — Un drôle de monde. — Le masque
rouge, 3e épisode.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Le voile du mensonge. — Le méchant
homme. — L'homme merveilleux.
6e ARRONDISSEMENT
Palac-Cinéma Danton. — 99, boule-
vard Saint-Germain. — Fleurus 27-59. —
Les quatre diables. — Le 1rs de la vie. —
Dudule apprenti gitenier.
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L'Atlantide
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
L'Affaire du train 24, 5e épisode. — Le lys
de la vie. — Le journalisme mené a tout.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Bosquet. 83, avenue Bosquet. —
Chef les A nthropophages, 6e étape. — Zigoto
douanier. — Le sept de trèfle, 2e épisode. —
Un drame sous Napoléon, 2e chapitre, fin.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Cotisée, 38, avenue des
Champs-Elysées. — Elysées 29-46. — Les
aventures de Sherlock-Holmes. — Le chemin
d'Ernoa. — Le signe de Zorro.
9e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Trudaine 67-89. — Chef les
Indiens Taos. — La villa du crabe vert. —
La loi commune.
Delta-Palace-Cinéma, 17, boulevard
Rochechouart. Trudaine 67-89. — L'exci-
tant élixir. — Le sept de trèfle, y épisode.
— Le méchant homme.
10e ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19. faubourg du Temple. —
Bécasson capitaine au long cours. — Les
merveilles de la sidérurgie moderne. —
Chariot fait une cure. — Le signe de Zorro.
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace, 95, rue de la
Roquette. — Nick Winter et ses aventures,
7e épisode. — Cœurs de vingt ans. —
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— L'affaire du train 24, =;<-' épisode. — Les
deux sous de Fritfigli. — Le voile du men-
songe. — Le crampon.
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Régina-Aubert-Palace, 155, rue de
Rennes. — Nick IVinteret ses aventures.
7e épisode. — L'ultime roman. — Zigoto
douanier.
Gaîté, rue de la Gaîté. — Alcindor est
jaloux. — L'affaire du train 24, y épisode.
— Les deux sous de Fritfigli. — Le voile
du mensonge. — Le crampon.
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Les deux sous de Fritcigli. — L'Affaire du
tram 24, y épisode. — Le voile du men-
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Lecourbe. Saxe 56-45. — Daudv livreur.
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mardi 4 au jeudi 6 octobre. — Chef les
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campagne. — Les avatars de Chariot, pre-
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Malakoff. — La Main invisible, 4e épisode.
Champi-Tortu. — Joe au studio. — L'homme
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Wagram 77-66. — La vallée du Wesserling.
-Le sept de trèfle, y épisode. — La revan-
che de Suzanne. — Une fleur dans les ruines.
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Rouen. — Fridolin à Trou-la-Mer. — La
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Wagram 02-10. — La Bruyère blanche. —
Le signe de Zorro.
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. —
Miss hat/r au bain. — L'enfant du cirque.
— Le signe de Zorro. — Dudule apprenti
guerrier.
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Ca'urs de vingt ans. — Le roman de Babette.
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Cinéma Legendre. 128, rue Legendre.
Central 14-44. — La fugue de Moune. —
Le sept de trèfle, 3e épisode. — Coutumes
marocaines. — Jeune fille à louer.
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Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — Une fleur dans les ruines. —
Cnr-urs de vingt ans. — Dudule apprenti
guerrier.
Barbés-Palace, 34, boulevard Barbés-
Nord 3 5-68. — Le signe de Zorro. — Quand
amour veut. — Chariot dans une de ses
grandes scènes.
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Nord 49-24. — Cal a ne et ses environs. —
Bigorna contre Dago-Rcd. — Le méchant
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chechouart. — Nick IVinter et ses aventures,
7e épisode. — Cœurs de vingt ans. — Le
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Le, Select, 8, avenue de Clichy. —
Marie et C'e. — Dudule apprenti guerrier.
— Miss Fatty au bain. — Le signe de Zorro.
Le Capitole, place de la Chapelle.
— Le tour de Nell. — L'homme merveilleux.
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L'aventure de David Strong. — Bcaucitron
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Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Cœurs de vingt ans. — La
course a l'héritage. — Le tour de Nell.
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — La course an sac. — Qjiand l'amour
vent. — Le tour de Nell. — Le méchant
homme.
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Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — La course au sac. — La fiancée
de minuit. — Nick IVinter et ses aventures,
7e épisode. — La nouvelle adepte.
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Olympia Cinéma de Clichy. — Chan-
tilly. — Dudule apprenti guerrier. — Le
roman de Babette. — Marie et C"\
Vanves. — Alcindor est jaloux. — Le
roi des chemins. — Les deux sous de
Frit{igli. — L'Affaire du train 24, s" épi-
sode. — Le voile du mensonge.
Bagnolet. — Mathias SandorJ.if épisode,
fin. — Bcaucitron divorce. — L'Affaire du
train 24, 5e épisode. — Cœurs de vingt ans.
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (Le
vallois). Wagram 04-91.* — L'homme mer-
veilleux. — Fromont jeune et Ris/er aine,
2e époque, fin. — Séraphin ou les jambes
nues.
Montrouge. — Le Tour de Nell. — Le
sept de trèfle. 3e épisode. — Les nuits de
Nezv-York.
LE SIGNF DF. ZORRO Cliché United Ar.i.ts.
L'énigmatique Zorro (Doublas Fairbanks) défend Lolita (Mary, de la Motte) contre
les audaces de don Ramon dont il délivrera le Mexique pour la cause de la liberté.
cmea
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
L'Atlantide.
Il y a dans l'Atlantide de M. Pierre
Benoît deux sujets, je dirais presque
deux livres
Le premier sujet c est la hantise de
la terre inconnue, qui s'exerce à tout
âge et sur tous. Lorsque j'étais en-
fant, je regardais toujours avec une
sorte d'angoisse certaine crête qui
marquait la limite de l'horizon vi-
sible dans mes promenades habi-
tuelles. Tout ce qui était au delà de
cette crête me paraissait mystérieux;
les noms mêmes des villages sem-
blaient étranges. Depuis lors, je suis
allé beaucoup plus loin, mais jamais
aussi loin que j'aurais voulu, et
lorsque, par exemple, du haut de la
Grande muraille, je regardais les
caravanes ondulant vers Kalgan,
Djehol ou Tsitsikhar, ces villes ne me
paraissaient pas plus inaccessibles
et singulières que les villages dont je
rêvais dans mon enfance.
Ce sentiment là, M. Pierre Benoît
l'a éprouvé et — récompense de la
sincérité — l'a fait éprouver. Et c'est
ce qu'il y a de bon dans l'Atlantide.
Malheureusement il a cru utile d'y
joindre une histoire de femme. Et
cette histoire il n'est même pas allé
la chercher dans la vie. Chacun con-
naît, d'après Jules Janin, la recette
pour composer un vaudeville en par-
tant d'Andromaque, Andromaque
étant remplacée par un pompier, la
jalousie par le désir d obtenir un
bureau de tabac, etc. M. Pierre Be-
noît a supprimé Andromaque; il a
substitué à Hermione une Cléopàtre
de Bal de l'Internat, à Pyrrhus le
père de Foucault; à Oreste un explo-
rateur notoire par son imagination
Cette histoire faite de pièces et de
morceaux, il l'a située dans un décor
de rêve qui n'est point le résultat
d'un rêve, mais de patients démar-
quages. J'écarte d'emblée l'hypothèse
d'imitation de She; dans un cas
comme dans l'autre il }r a utilisation
d'un fantastique de pacotille; mais
Rider Haggard a cru à son histoire;
son roman, gâté par l'emphase, la
lourdeur, l'invraisemblance, émeut
par une sincérité naïve; il a vrai-
ment rêvé de son Ayesha; on sent
qu'il en a été épris, au point que
Mrs Haggard en a été jalouse et que
l'auteur a dû l'apaiser par le poème
palinodique qui clôt le livre. M. Pierre
Benoît lui, s'est amusé de son récit, a
pris soin de marquer, à diverses re-
prises, qu'il n'en était pas dupe. De
sorte que son Antinéa est une créa-
ture beaucoup moins réelle que la
mangouste, le guépard ou le méhari.
Ainsi enlacés les deux sujets se
nuisent l'un à l'autre. Ce qu'il y a de
beau dans l'appel du désert ou du
pôle, c'est qu'il n'y est point de but
final; le sable succède au sable, la
glace à la glace. Qu'un désir sexuel
est donc chose mesquine à côté d'un
tel attrait! Ou bien alors il faudrait
qu'Antinéa fût la personnification de
cet inconnu, une figure semblable à
celle qui se dresse aux seuil du pôle,
devant les yeux hallucinés d Arthur
Gordon Pym, un être aussi intermé-
diaire entre le rêve et la réalité que
le Merlin de Gérard d'Houville.
*
* *
De par la dualité même de la ma-
tière, M. Feyder, trop consciencieux
interprète du livre, s'est trouvé en-
traîné à réaliser une œuvre riche,
variée, mais hétérogène, sans com-
position et sans rythme. Et tout ce
qui s'inspire du désert, de la soif
d'aventure, est de premier ordre;
tout ce qui s'inspire de l'anecdote
factice par laquelle l'auteur du ro-
man a cru le corser n'a pas plus de
vie que cette anecdote même.
Avec quelle joie on applaudit les
magnifiques vues du désert, les pal-
meraies, le sable, les oueds, les fa-
laises, les chameaux au col souple,
aux jambes maladroites, les beaux
arabes au grand manteau, les ber-
bers au visage voilé T Et il ne s'agit
pas ici d'un plaquage : tout cela vit,
fait partie de l'action ; à ce point de
vue l'Atlantide est certainement très
supérieure à tous les films où l'on a
cherché à utiliser les beaux paysages
de l'Afrique du Nord.
Pour le principe faut-il faire
quelques critiques de détail? On est
un peu étonné de voir un convales-
cent, venant de Tombouctou, s'em"
barquer pour la France... à Algerl II
aurait été intéressant de varier les
paysages et les types, de mieux mar-
quer la nuance entre ce qui est Algé-
rien, Saharien, Soudanais. Il semble
que M. Feyder ait attaqué le Sahara
par Biskra-Touggourt, et certes, il a
pu trouver par là de très beaux pay-
sages de sable et de falaises; mais
du côté de Bechar, et pas très loin du
chemin de fer, il aurait rencontré
des Tanezroufts plausibles, de ces
déserts de pierre, si différents du
désert de sable et dont il ne nous a
pas montré le type saisissant. Autres
détails : Y avait-il des jazz-bands à
Paris en 1913? Pourquoi avoir re-
noncé à la mission Flatter», avoir
mené au Bir el Gharama, fait tomber
sous le sabre de Gegheir non plus
l'authentique capitaine Masson, mais
un explorateur imaginaire? Tout
cela, au fond, n'a pas grande impor-
tance et, dans l'ensemble, le premier
sujet — le désert — est parfaitement
rendu.
Malheureusement il y a Antinéa.
On s'en passerait très bien, mais,
comme on sait qu'elle est là, on veut
l'attendre. Et on l'attend d'abord une
heure, sans impatience, dans le dé-
sert, au bord des Oueds, à l'ombre
des palmiers, et l'attente est douce.
Puis, une fois franchi le seuil de son
palais, encore une demi-heure et qui
paraît terriblement longue et froide...
Enfin paraît Mlle Napierkowska, et
il n'y a pas de doute; elle est bien
Antinéa elle-même, celle « pour
laquelle Oxyrrhinchus abandonna le
trône d'Antonomase etc., etc. « (je ne
garantis pas la citation), la Cléopàtre
extérieure dont les romantiques
n'ont pu pénétrer, évoquer l'âme in-,
time et profonde. Elle a toutefois né-
gligé, et l'on ne saurait l'en blâmer,
les ingrédients montmartrois par
lesquels M. Pierre Benoit a cru
rendre original un personnage dont
le modèle était par trop obsédant. Sa
plastique est expressive, encore
qu'elle cherche un peu trop à accen-
tuer l'aspect serpentin de la reine
cinea
L'ATLANTIDE Cliché Auber.
Antinéa reçoit le lieutenant de Saint-Avit dans les splendeurs de son palais du désert africain. Saint-'-Avit (Georges
Melchior). Antinéa (Napierkowska*. adroite d'Antinéa, Tanit-Zerga (Marie-Louise Irihel.
courtisane en jouant, la plupart du
temps, couchée sur le ventre.
M. Melchior joue avec feu le rôle
du lieutenant de Saint-Avit; M. An-
gelo avec beaucoup de mesure, de
composition et d'autorité celui —
complexe et vivant — du capitaine
Morhange ; M. Roanne avec jeunesse
et passion celui du lieutenant Mas-
isard; on aimerait que Tanit-Zerga
fut moins sautillante et minaudière;
le personnage ainsi conçu se rac-
corde mal à ceux des beaux indigènes
graves et sobres de gestes dont il est
censé être la fille et la sœur. Hiram
Roi est souple et félin à souhait; le
méhari, dont j'ai oublié le nom, ac-
complit admirablement un acte im-
portant dans la vie des chameaux et
qui est le seul, nous disent les voya-
geurs, par lequel ils expriment leur
mécontentement : c'est-à-dire, la
mort.
En résumé, si le film de M. Feyder
ne donne pas — du moins au premier
contact -- l'impression d'une unité,
d'un rythme, d'une composition qui
en fassent une œuvre achevée, il
contient assez de belles choses pour
être très désirable à la vue. Et il est
juste de signaler que tous les défauts
procèdent de ceux du roman, tandis
que les belles pages font honneur à
l'effort de recherche du cinéaste, à
la manière dont il a su choisir et
rendre les paysages pour lesquels le
livre lui fournissait tout au plus des
suggestions.
•
Le signe de Zorro.
L idée de ce Brutus californien, bel-
lâtre veule et méprisable sous un as-
pect, hardi redresseur de torts sous
l'autre, travaillant sous le masque
jusqu'à ce que sonne l'heure de lutter
au grand jour pour la Liberté, sort
de la banalité des thèmes ordinaires,
est éminemment favorable aux déve-
loppements de l'écran. Douglas Fair-
banks était-il 1 interprète désigné
pour traiter un tel sujet? Oui et non ;
il campe merveilleusement la sil-
houette du bandit, virtuose du re-
dressement des torts ; il étonne, il
fascine. Mais d'autre part sa person-
nalité s affirme trop extérieurement
pour qu'il puisse y avoir, dans l'es-
prit du lecteur, le moindre doute
quant a l'identité de Zorro et de Don
Diego Vega, et ainsi l'élément sur-
prise disparaît. On reste ravi, char-
mé, amusé et mieux qu'amusé, car
jamais Doug n'a joué avec une verve
plus éblouissante, jamais il n'a mieux
su se montrer tour à tour hardi, ten-
dre, plaisant, persuasif... Il est fort
bien secondé par la jolie Marguerite
de La Mothe, dont le charme, volon-
tairement un peu discret, convient
cinea
L" ATLANTIDE
La mort du capitaine
Morhange (Angelo). Anti-
né a (Napierkowska)
entraine Saint-Avit (Mel-
chior) épouvanté du dra-
me qui s'est déroulé, mais
incapable de résister
aux charmes d'Antinéa.
L'ATLANTIDE
Idylle émouvante et
fatale de la li n e
Tanit-Zerga (Iribe)
et du lieutenant de
St-Avit (Melchior).
cinéa
L'ATLANTIDE cliché Auben
La caravane s'égare dans les rochers du désert saharien, pièges mystérieux,
antichambre de la souveraine inconnue.
L ATLANTIDE Cliché Aubé.t
L'alcôve d'Antinéa. Tanit-Zerga (Marie-Louise Iribe) à gauche, accueille le
capitaine Morhange (Angelol sur le seuil du retrait voluptueux ou Antinéa
(Statia Napierkowska) à droite, attend son nouvel amant.
bien à la partenaire de Douglas Fair-
banks. La mise en scène est parfaite,
remplie de détails amusants et justes,
et le film, dans l'ensemble, est de
premier ordre.
J'avais écrit ce qui précède,
avant d'avoir revu Les Proscrits.
Est-ce que l'on songe un instant, en
voyant Les Proscrits, qu'il y a un
acteur plein de talent, nommé Victor
Sjostrom ? Est-ce qu'il est besoin que
les autres interprètes se maintien-
nent au second plan, atténuent leur
jeu, se résolvent au rôle modeste
d'instruments d'accompagnement ?
Et par contre, quand on voit Dou-
glas croit-on un instant à l'histoire
qui se déroule? S'imagine-t-on une
seconde qu'il existe un homme ap-
pelé Don Diego Vega, susceptible
d'amour, de passion, de souffrance?
— Que nous racontez-vous là ?, s'é-
crie un sage ami. D'abord, tout ceci
n'est plus à la mode, il est peuple de
croire que « c'est arrivé »; l'auteur
estime aujourd'hui affirmer sa supé-
riorité en se tenant dans un coin de
l'œuvre, souriant et prêt à vous rap-
peler, si vous vous laissez aller, que
«tout cela c'est de la blague». Et
puis, vraiment, vous êtes exigeant.
Etant donné le «genre Douglas»,
Zorro est un des meilleurs films de
ce genre. Quant à la valeur même du
genre, elle est connue, chacun sait
anjourdhui s'il l'aime ou non, et ce
que vous écrirez n'y changera rien.
Avouez, d'ailleurs, que vous vous
êtes amusé, beaucoup amusé, et re-
connaissez que 1 amusement porté au
degré génial qu'atteint Douglas, est
à cent coudées au-dessus de l'émotion
factice et fade, de la sentimentalité à
bon marché, des films que produi-
sent....
— Ne nommez personne: vous vous
feriez insulter. Vous avez mille fois
raison : je retournerai voir Zorro.
•
Une fleur dans les ruines.
Une jeune française élevée en Amé-
rique, revenue en France à la veille
de la guerre, est aimée par deux
hommes, un étudiant américain, raf-
finé et délicat, un paysan français,
simple et bon. La guerre éclate,
s'abat sur la petite ville, où elle est
restée; le français meurt sous ses
yeux en faisant son devoir; l'améri-
cain la sauve, mais elle veut rester
fidèle au souvenir du mort, et ils se
séparent.
Le thème est large, riche, prête à
8
cinéa
oppositions pittoresques ou psycho-
logiques. 11 a été traité, au lende-
main de l'armistice, sous l'empire
d'une émotion véhémente, dont le
film porte témoignage par un des
maîtres de l'écran. Il en résulte une
œuvre nettement supérieure à la
moyenne, mais qui ne tient pourtant
pas tout ce qu'elle paraissait pro-
mettre.
Il y a quelque chose de décevant,
d'êlusif, dans l'art de Griffith. Il sait
voir et choisir : les quelques sites
pris aux environs de Château-Thierry
évoquent en un coup d'œil la cam-
pagne française; la photographie,
techniquement, atteint la perfection.
Ici ce serait plutôt l'interprétation
qui ne serait pas à la hauteur de la
donnée; mais de toute manière l'au-
teur doit en être rendu responsable,
car c'est un meneur du jeu pour qui
les acteurs ne comptent pas, qui les
jette dans la fournaise et les remo-
dèle suivant son désir.
Oserai-je dire que Lilian Gish, si
parfaite dans le Lys brisé, m'a déçu?
Suffit-il donc pour marquer le double
côté du caractère de l'héroïne, de la
montrer, en tant que française lisant
d'un air rêveur un livre sentimental
et, en tant qu'américaine, marchant
sur les mains et faisant la cabriole
sur son lit? Sans doute l'excellente
actrice a d'autres moments émou-
vants, amusants, tendres, piquants;
mais ce sont ceux qu elle aurait dans
n'importe quel autre drame, et qui
sont les moins caractéristiques du
sujet.
Robert Harron incarnait un jeune
américain cultivé, raffiné, un peu
égoïste et retiré en lui-même, que
son amour fait sortir de ce retire-
ment.
Nous ne voyons pas tout cela —
tout ce que pourrait montrer un ac-
teur comme Gaston Jacquet, par
exemple, nous voyons un bon petit
jeune homme, un bashful boy sans
arrière-pensée.
Chose singulière, le passage qui
porte le plus, qui fait venir les
larmes aux yeux, est purement épi-
sodique : c'est la mort du soldat
nègre. Voici une des trois ou quatre
morts les plus émouvantes que j'aie
vues au cinéma; elle supporte la
comparaison avec la mort d'Eyvind
et d'Halla (Les Proscrits) avec la
mort de Sibilla (El Dorado). Et en-
core s'agit-il, non point d'un prota-
goniste connu, attirant l'attention
C^â3
f?^S2i
Cliché Cosmograph.
LILIAN G I S 1 1
Tous les cinémas de France ont montre en quelques semaines
Lilian Gish dans les meilleures productions de D.-W, Griffith :
Pauvre Amour. Le Lys brisé, Le Roman àe la ValUe heureuse et la
revoici brillante, spirituelle, passionnée, douloureuse, dans Une
Fleur dans les Ruines ou le génie de D.-W. Griffith donne ses plus
vives notes.
cinea
depuis le début, mais d'un être ano-
nyme, qu'on ne nous montre que
pour le taire disparaître. C'est un
pauvre nègre parti, comme beaucoup
d'autres, d'un cottage de la Géorgie
ou de 1 Alabama, en laissant derrière
lui une grosse vieille mère tendre et
ridicule. Peut-être flottait-il en son
esprit une idée vague que la cause
pour laquelle il allait se battre était
celle de la liberté, de cette entité
quasi mythologique dont le nom fait
ricaner les jeunes gens avertis, mais
pour laquelle vingt mille étrangers
sont venus volontairement mourrir
sous le drapeau français.
Lui aussi, ce nègre, est mort en lut-
tant pour la même cause; et parce
qu'il avait donné à un soldat blanc
sa dernière goutte d'eau, le soldat
blanc lui a serré la main, mais les
enfants du soldat blanc ne serreront
pas la main de ses enfants.
A côté de ce nègre, le paysan fran-
çais qui devrait ressortir n'existe
pas. Cela se conçoit; l'écran rendra
aisément les côtés balourds, ridi-
0
cmea
La révélation de la jolie danseuse [acide Flower (Margarita Fisher) au cours d'un grand ballet
a l'Alhambra de Broadway.
LA VER LE DE
'BROADWAY
|ackie rendue ingénieuse par
l'amour, emploie les moyens
les plus romanesques pour aller
jusqu'au bout de son roman.
Clichés Harry
cinea
cules, d'un croquant champenois :
quant aux qualités du cœur, il faut y
croire sur parole, elles n'appa-
raissent que dans les sous-titres. En
toute sincérité, le choix de la jeune
fille demeure inexplicable. Peut-être
aurait-il fallu placer sa décision au
cours de la guerre; entre le début et
.l'arrivée des américains, Jean Fran-
çois avait quatre ans pour montrer
par des gestes sa noblesse d'âme. Tel
qu'il est, le personnage est manqué,
et sa mort émeut beaucoup moins
que celle d'un inconnu.
•
La Perle de Broadway.
Margarita Fisher est jolie, peut-
être pastrès extrêmement distinguée,
peut-être plus tout à fait jeune : mais
ne lui dites point cela, car elle se
croirait tenue de faire encore plus la
petite fille, et ses mouvements, de
frénétiques, deviendraient . (je ne
trouve plus d'épithète) mais il lui
sera beaucoup pardonné en souvenir
de ce film charmant où, déjà perle
(comme son nom l'indique) elle l'était
des Caraïbe*.
Le film est agréable, avec des scè-
nes de music-hall pas trop usées :
vous le trouverez parfait, si vous ai-
mez Margarita Fisher dans les res-
trictions que je viens d'indiquer.
•
Le courage d'un lâche.
Ruskin prétendait que l'art avait
subi une déchéance irrémédiable du
jour où les artistes, renonçant à su-
bordonner leur œuvre a une œuvre
d ensemble, à recevoir les directives
d'un inspirateur étranger à leur art,
avaient voulu être leurs propres maî-
tres, considérer leurs œuvres comme
des fins en soi.
Evidemment il est tentant, pour un
grand artiste, de se faire son propre
scénariste, de composer des rôles as-
sortis à ce qu il croît être sa vérita-
ble personnalité. Mais qu'advient-il à
ceux qui succombent à cette tenta-
tion ? Ce qui adviendrait à un jockey
qui, sous prétexte qu'une certaine al-
lure est entre toutes admirable, ne
voudrait plus monter qu'un cheval
automatique donnant cette allure...
Rien n'existe que ce qui résiste. Pour
qu'un acteur soit vivant, il faut qu'il
lutte contre la vie, intérieurement et
extérieurement; il est mauvais que
le rôle, d'emblée, s'adapte à lui; il
affirmera bien mieux sa personnalité,
il l'affirmera avec plus de richesse et
de variété en s adaptant au rôle.
Et voilà pourquoi les derniers films
de Hayakawa, malgré la belle glorifi-
cation de l'esprit de sacrifice, sont
monotones, et peut-être d'ailleurs y
a-t-il un ensemble de raisons pour
que Le courage d'un lâche le soit
davantage encore que les précé-
dents.
Lionel Laxdky.
MARGARITA FISHER ci.ché Hany
L'interprète si brillamment fantasque et sentimentale de tant de comédies cinégraphiques américaines reparait
dans La Pair </.■ Broadway avec tout l'éclat de son charme humoristique.
cinea
:
LE COFFRET DE JADE
l 'ne des plus jolies scènes du nouveau film de Léon Poirier : adroite, Mlle Myrga
a DERRIÈRE L'ECRAN a
FRANCE M
M. Henry Roussel va sans doute
commencer un film qui s'intitulera
Vérité. Les interprêtes n'en sont pas
encore officiellement connus. Mais
nous pouvons annoncer qu'Emmy
Lynn sera l'étoile de cette produc-
tion
•
Chez Pathê, M. (1. Monca termine
le montage de Chantelouve, le film
qu'il est allé tourner à Nice avec Jean
Toulout, Charles Boyer et Marcel
Vibert.
•
M. Guy du Fresnav termine en ce
moment le découpage d'un scénario
qu'il a tiré de Margot, la délicieuse
nouvelle d'Alfred de Musset. Guy du
Fresnay réalisera ce film pour le
compte de la firme Jupiter et s'atta-
chera particulièrement à parfaire la
reconstitution des costumes, situant
exactement l'action dans les endroits
où Musset fait évoluer son héroïne.
•
M. Victor Marcel vient d'acheter
l'exclusivité pour l'Europe d'un docu-
mentaire qui fera sensation et éga-
lera en intérêt des films tels que l'Ex-
pédition Slialdeton. C'est le Raid
aérien Loiiflres-Australie en vingt-
huit jours.
•
Jacques Rivev achève une grande
comédie cinégraphique : La singu-
lière aventure de Mil Hogan, jockey,
dont la protagoniste est Mlle Colliney .
André Daven .
•
SUÈDE jâ
Romain Rolland a écrit à la Svenska
Film, la lettre suivante que nous
avons lue et que nous reproduisons
ci-dessous :
« Je viens Justement de parcourir
un numéro du journal Cinéa. Je suis
frappé de la haute valeur intellec-
tuelle et artistique de ces films. Il
serait peut-être intéressant pour vous
d'apprendre que je suis entièrement
persuadé sur les possibilités d'appor-
ter aux films une nouvelle interpré-
tation fantaisiste.
« Moi-même, avec mon ami, le des-
sinateur flamand connu, Franz Mas-
serel, nous avons fait un scénario
pour un film qui, à la fois, est dra-
matique, burlesque et fantaisiste.
Nous ne l'avons écrit que pour notre
plaisir et avons l'intention de l'éditer
en volume illustré dans deux ou trois
mois. Peut-être que nous ne nous
arrêterons pas encore là, et ferons
encore d'autres films, tous différents,
pour montrer d'autres genres d'art.
Cela dépendra de notre fantaisie, car
c'est uniquement pour notre plaisir
que nous travaillons.
« Romain Rolland. »
cmea
13
ANGLETERRE M
The Old Xest nous dit la vie telle
quelle, simple, douloureuse, inévi-
table.
Certains ont dénoncé son thème: le
sacrifice maternel, comme trop ap-
puyé, trop voulu On a ergoté sur le
« moyen » T
Le sacrifice maternel. Non. C'est
mieux, et autre chose, la mère. Et
c'est bien cela.
Mary Alden est admirable (je suis
obligé de mettre le mot. C'est tout ce
que je dirai d'elle. La douleur phy-
sique que nous avons eue à la voir,
nous la t'ait inoubliable.
Le fdm. Il pourrait s'intituler : L'ou-
bli — ou encore : L'égoïsme, — ou
simplement La vie.
Des enfants quittent leur maman.
C'est tout.
La technique est de celles qu'on
n'analyse pas. On suit le mouvement
— on est emporté — on ne se débat
pas. Seule, une crispation trahit la
vérité qui vous travaille.
« Faire pleurer, » a-t-on dit. Allons
donc, « faire vivre » et nous avons
vécu des minutes intenses, où nous
nous sommes connus humbles, repen-
tants, malheureux.
Des trouvailles. Je ne les explique-
rais pas.
Un « effet » Il est reprochable, bien
qu'il soit visualisé avec une maîtrise
incontestable : lorsque la mère rêve
que son enfant revient, et qu'elle part,
dans la nuit, à la rencontre du train
maudit qui la renverse.
Une faute : le dénouement. Tous
les enfants se retrouvent cependant,
au logis familial. Ceci fausse le film,
et le décadre. 11 ne fallait pas tenir
compte de la digestion des specta-
teurs ,
~ The Old Nest méritait comme épi-
graphe :
. . . mourez les mères, mourez du cœur
A. F. Rose.
AMÉRIQUE JS
Parmi les films présentés récem-
ment en Amérique, le succès le plus
marqué est allé encore une fois à un
film allemand, Carmen (le titre an-
glais est Gypsy Blood, Sang de
Bohémienne) tourné d'après la nou-
velle de Mérimée, et s'en rapprochant
davantage que des pièces. Les éloges
ne s'adressent point tant au cinéaste
Lubitsch, dont la réputation est déjà
faite par Déception, qu'à l'étoile,
Pola Negri, dont le jeu réaliste et
sauvage (notre confrère P. I. Smith
prétend qu'elle fait l'amour au jiu-
jitsu) éclipse de beaucoup toutes les
Carmen antérieures, y compris Géral-
dine Farrar.
Through the back Door {La Petite
Porte) le dernier film de Mary Pick-
ford, a paru décidément inférieur et,
malgré le charme de Carol Demps-
ter, on a été sévère pour le dernier
fdm de Griffith, Dream Street (La
Rue du Rêve). Par contre, et parmi
les films purement américains, Boys
ivill be boys (Il faut que jeunesse se
passe) admirablement joué par Wil-
liam Rogers et mis en scène par Cla-
rence Badger a obtenu le plus franc
et le plus légitime succès. Le héros,
devenu riche sur le tard, décide de
regagner le bon temps qu'il aurait
dû avoir quand il était jeune, et cette
prétention lui coûte cher.
•
Herb Howe et F. I. Smith ont établi
sans ordre de préférence, des listes
rivales de prix de beauté. Tous deux
désignent Betty Blythe, Betty Comp-
son, Corinne Griffith, Harriett Ham-
mond et Katherine Mac Donald. Herb
Howe y ajoute Mary Pickford, Anita
Stewart et Florence Vidor; F. I. Smith
y ajoute Elsie Fergusson, Rubye de
Renier et Anna Q. Nilsson; il indique
d'autre part qu'à son avis les cinq
hommes les plus laids sont Bull Mon-
tana, Ben Turpin, Wallace Beery,
Lon Chaney et Will Rogers.
•
Dans Classic Magazine, Frederick
James Smith (Double Exposures)
pose quelques subtiles questions à
ses lecteurs :
Par lequel des trois employés ci-
aprés les sous-titres sont-ils rédigés :
le groom, le concierge, ou le veilleur
de nuit?
Pourquoi les directeurs jugent-ils
utile de construire des salles de bal
plus grandes que le Grand Central
Terminus?
Combien de fois William H art
s'est-il retiré de l'écran?
Depuis combien de temps Charlie
Chaplin a-t-il renoncé au mariage?
Désigner trois actrices connues
qui n'aient pas porté le maillot dans
les films de Mack Sennett? En dési-
gner deux. En désigner une?
Quel âge a Mary Miles Minter?
Quel âge avait-elle en 1918? En 1916?
En 1914?
Indiquer les éléments subtils de
propagande germanique qui se
cachent dans Carmen ? Dans Le ca-
binet du Docteur Caligari?
m
A Los Angelos, George Melford
prépare, d'après une nouvelle de
Ph Oppenheim, un film intitulé La
grande personnification, où Alan
Haie joue admirablement un rôle de
boche odieux, et où Ruth Miller, na-
guère simple figurante, danse dans
une scène de restaurant de nuit, un
pas sensationnel, vêtue d'un costume
qui tiendrait dans un porte-carte.
•
Griffith est en train de tourner Les
Deux Orphelines, avec Lilian et Do-
rothy Gish.
Surpassant la dernière production
de Joseph de Grasse, Hugo Ballin
vient de tourner un film, intitulé Ave
Maria, où, sur une longueur de plus
de 2.000 mètres, il n'y a pas un seul
sous-titre.
•
Marie Prévost, naguère la plus jolie
des Cathing-girls de Mack Sennett,
s'adonne définitivement au grand
art. Elle s'est rendue en grande
pompe à Coney Island, a construit
un bûcher sur le sable et, sous les
yeux d'une foule consternée, a brûlé
son costume de bain.
•
Le jeu de Pauvre Minet se joue
beaucoup dans les studios, pendant
les intervalles de repos. On s'assied
en rond autour d'un chapeau repré-
sentant un chat mort que l'on est
censé veiller, et celui qui rit le pre-
mier paie un gage. Mary Miles Min-
ter y jouait l'autre soir, avec Avery
Hopwood, qui avait fourni le cha-
peau, Jack Mulhall, qui est son fiancé
— dans le film -- et son directeur,
Tom Heffron. C'est elle qui a perdu.
14
cinea
A l'instigation de Viola Dana, des-
cendue au grand hôtel de Coronado
pour tourner un film, un concouru
de costumes de bain a été organisé
Les gagnantes non seulement ont
reçu un prix de sa main, mais encore
ont été prises dans le film.
Un film à épisodes que tournait
Ruth Rolland a dû être interrompu
du fait d'un cheval blanc, qui y
jouait un rôle important, a été volé.
Si le cheval n'est point retrouvé, il
faudra recommencer le film (nous
serons toujours tranquilles pendant
ce temps-là).
•
En 1911, les parents d'une fillette de
neuf ans, nommée Juliet Shelby, qui
jouait dans La petite rebelle, avec
William et Dustin Farnum, imagi-
nèrent pour se mettre en règle avec
la loi qui proscrivait l'exhibition
d'enfants aussi jeunes, de faire passer
leur fille sous le nom et avec les pa-
piers d'une cousine morte jeune et
qui se nommait Mary Miles Minter.
Sous ce nom, la jeune actrice a fait
une jolie carrière, mais son âge —
officiel ou véritable — demeure le
thème d'inépuisables plaisanteries.
•
Betty Blythe est grande liseuse;
adepte de la Christian Scienee elle
est également influencée par la phi-
losophie de Rabindranath Tagore.
Comme on la félicitait sur les cos-
tumes de la reine de Saba, elle a mo-
destement attribué le succès aux fils
invisibles grâce auxquels, sans au-
cune aide apparente, les perles con-
servent des postes que M. Pierre Be-
noit qualifierait d'hermétiques.
•
Les films allemands ont été inter-
dits en Californie à cause de l'état
d'esprit des chômeurs du cinéma qui
attribuent à l'importation des films
étrangers la crise dont souffre ac-
tuellement l'industrie du film aux
Etats-Unis. L. L.
•
On annonce que la nouvelle pro-
duction de William Christy sera
The Barricade — dont le livret a été
écrit par Daniel Carson Goodman,
l'auteur de pièces de ciné bien connu.
L'idée est profondément humaine, la
trame est dramatique et l'on choisit
les acteurs qui interpréteront La
Barricade et qui contribueront à en
faire une œuvre digne de M. Cabanne,
créateur de The Stealers, What's a
Wife Worth ? et Lire and Let Lire,
qui ont également été tournées par
la R-C Pictures. Comme M. Cabanne
se trouvait de passage à New-York
quand il choisit l'histoire de Good-
man, et que le film devait repré-
senter maintes scènes se passant
dans la métropole, il a décidé de
tourner The Barrieade à New-York,
au lieu qu'elle le soit aux studios de
la Californie. C'est pourquoi il a
établi son quartier général dans un
studio fameux de New-York, où
l'œuvre va être mise en train sans
retard.
ITALIE M
Parmi les causes principales de la
crise cinégraphique italienne il y a
l'énormité des cachets qui ont été
payés aux divi. Vous savez bien que
le divo et la diva sont des aimables
personnes qui, pour avoir obtenu
quelques grands succès auprès du
public, ont cru posséder une excep-
tionnelle valeur artistique et ont
majoré leurs honoraires jusqu'à l'ex-
cès. Monsieur le Capital n'a pas
trouvé des raisons pour modérer
cette course au supercachet, et le
divisme a fini pour réduire aux abois
la plus florissante de nos industries.
On a payé souvent cinquante mille
francs ce qui ne devait rapporter que
dix mille : simple erreur de calcul,
comme vous voyez. Notre souverain
Pontife est infaillible, mais la Haute
Finance Cinégraphique ne l'est pas.
Tout le monde a bien le droit de se
tromper et même de se laisser trom-
per. D'ailleurs, cela n'intéresse que
les actionnaires.
La société anonyme Ambrosio Film
de Turin nous annonce qu'elle n'a
jamais fait partie de TUnione Cine-
matogra/ica Italiana. File a seule-
ment vendu à la dite l'tiione quel-
ques beaux films.
Cette mise au point nuit au pres-
tige artistique et industriel de VU. CI.
car des trois films que la même U. C.
1. a pu vendre en Amérique, deux
étaient sortis des ateliers Ambrosio. .
•
Une nouvelle maison éditrice de '
films est née ici à Rome. File tourne
actuellement son premier chef-d'œu-
vre, qui a pour titre Aube Xuptiale.
Nous avons dit chef-d'œuvre, car une
autre appellation serait déplacée,
attendu que la dite maison a choisi
pour son nom celui de Genialissimd
Film, ce qui veut dire le (Uni le plus
çjénial.
La Cita Cinéma vient d'ouvrir une
souscription en vue d'augmenter son
capital de <i à 20 millions.
Notre industrie cinégraphique est
en crise. Ayant tourné tumultueuse-
ment, à la hâte, sans respecter tou-
jours les exigences de l'art et celles
du commerce, nous nous trouvons à
présent avec des centaines de films
sur les bras, — des films que le mar-
ché italien n'amortit pas et que
l'étranger refuse d acquérir.
. On a fabriqué trop et mal : on com-
mence, un peu tard, à s'en aperce-
voir. En outre, les énormes cachets
donnés aux artistes et aux réalisa-
teurs ont rendu la production du film
italien extrêmement coûteuse. On
-essaye à présent de réduire les frais,
on remercie beaucoup de personnel
et on ferme des studios. Peut-être la
fabrication reprendra-t-elle sous peu,
et avec des vues plus éclairées et plus
industrielles. Le film italien resur-
gira.
Le directeur général de l'Uniona
Cinematografica Italiana revient de
son voyage en Amérique. Il a vendu
sur ce marché trois films de grande
importance (Thëodora.Le Navire, Le
Fils de Madame Sans-(iène).
Francesca Hertini est devenue
Mme Paul Cartier. Son mariage a
été célébré le B août. La dire quitte
le cinéma
La Fox Film Corporation de New-
York a ouvert un studio à la Farnej
sina.tout près de Rome. En ce moment,
on y travaille à la réalisation d'un
grand film historique, Néron.
Il y a ici beaucoup de gens qui se
moquent de cette entreprise, sans
avoir l'obligeance d'en attendre les
résultats.
cmea
15
Notre gouvernement a l'air de s'in-
téresser au cinéma. Il a créé jadis, et
vient d'élargir par un récent décret,
un Consiglio Nazionale de! l'Indus-
tria Cinematog raflca, où les indus-
triels, les commerçants et les travail-
leurs du film sont représentés.
Voici les titres de quelques films
qu'on vient de tourner dans nos
studios.
Lucio d'Ambra Film, U.C.I. Une
tragédie sur trois cartes.
Médusa Film, U.C.I. Jeanne la
Pâle, d'après Balzac.
Ambrosio Film Turin. Gamine, Le
Roman de Mina, La Lettre fatale.
Le Château des ténèbres.
Photo-Drama, U.C.I. Le Mystère
de Bernard Brown, d'après Oppen-
heim.
Chez la Cinès (U.C.I.), MM. Au-
guste Genina et Diego Angeli tour-
nent un Cyrano de Bergerac.
M. Gaston Ravel monte à la Médusa
(U.C.I.), Une Idylle tragique, d'après
Paul Bourget, protagoniste Mme Hé-
lène Makowska.
Chez la Lombardo Film, à Naples,
Marise Dauvray et Charles Krauss
interprètent Un cœur, un cerveau,
un poignard.
Chez la Triumphalis, à Rome, on
tourne un autre Néron : l'Impérator
Xero, de Fausto Salvatori.
Chez la Kinascimento (U.C.I.), la
célèbre danseuse Dourga pose dans
Cage Dorée, sous la direction de
M. Amleto Palermi.
I . ni Falco
•
ALLEMAGNE M
L'éducation au moyen du film
prend à Hambourg de plus en plus
d'importance. Le matin les élèves
vont à des représentations ou pro-
jections ; films et conférences se com-
plètent. Malgré une taxe à payer le
nombre des élèves assistants est con-
sidérable. 10 0/0 des élèves sont admis
gratuitement aux représentations.
De nombreux films sont présentés
aux corps professoral et à un consei
de parents.
Par des représentations et conver-
sations cinégraphiques, les élèves
sont amenés à participer activement
aux questions d'éducation par le
ciné.
A des représentations spéciales
furent invités les milieux de sport,
gymnastique, industrie, les den-
tistes, etc. Le dimanche matin il y
a régulièrement des représentations
éducatives.
•
Le dollar s'introduit en Allemagne
et sa présence se fait sentir dans
l'industrie du film. Il est exagéré
d'en conclure à la faillite du fdm al-
lemand ou de le considérer comme
l'esclave du capital américain.
Les capitaux américains per-
mettent aux allemands de gagner de
l'argent et aident le film allemand à
vivre. C'est une aide qu'il ne faut pas
repousser. Cette situation regrettable
n'est pas à changer, il faut la prendre
telle qu'elle se présente et regarder
l'avenir avec optimisme.
Plus tard, lorsque le marché mon-
dial aura la physionomie d'antan,
l'Allemagne pourra reprendre la
concurrence, mais en attendant l'Al-
lemagne ne doit pas rester déserte, il
faut bâtir des studios et des cinés et
faire tout pour entretenir la vie du
film. Le nombre des artistes et indus-
triels du film s'accroît sans cesse, il
ne faut pas perdre courage. Bientôt
l'Allemagne pourra de nouveau se
suffire à elle-même et l'industrie du
film pourra se libérer de la tutelle
américaine qui pendant quelque
temps lui fut utile.
Blancs et Noirs
Qui donc disait de la galanterie
française qu'elle était morte?
Certes la guerre et ses promiscuités
lui furent un mal bien dangereux,
mais il en est de cette maladie comme
de certains breuvages : on les croit
mortels, ils vous endorment seule-
ment...
La galanterie française était en
léthargie.
Elle s'est réveillée vivace.
Le wagon du métro — à la Con-
corde— était plein, tandis que monta
ce très brun jeune premier du théâ-
tre et du cinéma, dont le talent est
aussi terne que sont ses mœurs écla-
tantes.
Avec des grâces de danseuse qui
achève une pirouette, il se vint né-
gligemment accouder à l'un des sup-
ports. Ses yeux étaient d'une demi-
mondaine ainsi que sa bouche, et son
allure générale ne mentait guère plus
que ce fin mouchoir de soie dont l'ex-
trémité mauve apparaissait à sa
manchette gauche...
Les « Trois Grâces » l'eussent pris
pour une sœur travestie...
D'un coin où il était assis — un
monsieur d'aspect sévère et correct —
se lève, qui de la meilleure grâce du
monde s'adressant â l'éphèbe et lui
indiquant sa place : « Monsieur, vou-
lez-vous vous asseoir, je vous prie.
— « Mais, monsieur, vous êtes vrai-
ment trop aimable.
— « Mais non, voyons. . .
— « Monsieur je vous assure.
— « Monsieur, asseyez-vous donc,
je vous en prie, on m'a toujours
appris à céder ma place aux dames I »
Le train s'arrêtait. L'extrémité
mauve du mouchoir s'agita, le jeune
premier rougit légèrement, et tou-
jours avec grâce descendit aux
Champs-Elysées.
— De certaines d'entre les réunions
cinégraphiques. On y applaudit tou-
jours celui qui parle, sans jamais le
contredire.
On y disserte des heures durant
sur l'avenir du cinématographe.
On propose des tas de remèdes aux
maladies dont il souffre.
On n'en fera jamais rienï
Fort heureusement.
Une fiche, un numéro : on le cata-
logue. On le classe.
Et voilà Ile cinéma est sauvé. Bravo î
Merci I
Et avec ça, Messieurs, semble-t-on
y dire, comme au cirque.
Dans ces réunions :
Les Snobs, don d'ubiquité.
Des artistes en quête d'engagements
(illusion!) payés à prix de bravos.
Des metteurs en scène, en mal de
publicité. Puis des figurants, des
artistes, des... on ne sait plus.
Et des parasites. .
Tout ce monde s'agite, se regarde,
s envie, se recherche, se hait la plu-
part du temps... mais se félicite...
quelle pauvreté!...
La réunion finie, on émigré dans
un café proche, on recommence. On
veut absolument sauver le cinéma !...
Et là je pense â cette définition
parfaite que donnait de ces réunions
un des plus jeunes et des plus auda-
cieux cinéastes : « On dirait d'une
brasserie de province où les « Intel-
lectuels » se rencontrent, se serrent
la main, se congratulent chaleureu-
sement, s'assoient, boivent un bock...
puis s'en vont et n'en pensent pas un
mot ...»
André Daven.
16
cinea
i :: SPECTACLES:: S
Auréa, Isabeliia Ruiz. —
Deux noms dont l'un a tenu et dont
l'autre conserve la vedette sur les
affiches de l'Olympia, deux artistes
diversement admirables, deux dan-
seuses espagnoles qui ne sont pas
que de music-hall.
Voici peu de temps, Auréa était
inconnue au public parisien. Paul
Franck la découvrit et la révéla avec
la science de l'art. Elle n'est peut-être
pas beaucoup plus célèbre à présent,
par la sottise d'une galerie, voire
d'un parterre qui la laissa saluer
quotidiennement dans le silence et
qui, un soir, avec unanimité, con-
templa, comme on fait d'un pauvre
fol, un spectateur qui criait : bravo T
L'art d'Auréa m'a ému violemment.
Il faut bien dire qu'il est artificiel.
La beauté de la femme, beauté riche
et musclée, l'harmonie un peu bar-
bare d'un costume « de l'Espagne
ancienne » aux violets et aux argents
rudes, se civilisent par les complica-
tions d'une chorégraphie qui est de
la mimique dansée. C'est très beau.
C est très troublant, parce qu'à une
technique rigoureuse se juxtapose
une telle multiplicité d'intentions
personnelles que l'on doit bien y
admirer l'initiative d'un esprit qui,
un peu partout, prit les éléments de
son invention . Heureusement, Auréa
possède encore un don qui complète
et marie tout ce mélange : une su-
perbe puissance pathétique.
Isabelita Ruiz nous apporte, elle,
des danses plus authentiques, à peine
déformées -à l'espagnole — pour
les besoins des spectacles de là-bas.
Je l'ai vu danser à Madrid, sur une
scène où sa sœur, chanteuse, lui suc-
cédait, où... un film américain précé-
dait son numéro, et où elle rempor-
tait de grands succès, mais à peine
supérieurs à ceux que, sans doute
charmé par une grâce si menue, le
public d ici veut bien lui faire.
Ce qui est particulier en elle, une
l'ois qu'on sait quelle' est une des
bonnes ballerines d'Espagne, c'est sa
jeunesse mignonne et sa diversité.
Son profil singulier est d'une extrême
finesse, ses bras, son buste, ses
jambes sont à la fois beaux et déli-
cats. Mais ses robes, toutes réussies,
sont aussi variées que ses danses,
depuis la presque crinoline sévil-
lane jusqu'à la longue et simple
robe de pauvresse gitane, et à... la
toilette de soirée très 1921!
Et ainsi Isabelita Ruiz danse, tan-
tôt maîtresse brûlante, tantôt vierge
sauvage, noble fille surannée, ou jo-
viale villageoise. Il n'3' a qu'un carac-
tère qu'elle ne quitte point : c'est sa
délicieuse jeunesse.
R. Payelle.
Raquel Meller.
Elle est revenue avec son Relicario
et le Gitanillo, et cette maîtrise de
ton et d'attitude que son visage dou-
cement romantique fait si discrète.
Toujours forte et charmante à la fois,
elle réalise la sobriété par les pro-
cédés de Réjane et de la Duse, mais
avec cette netteté schématique à quoi
l'aide un répertoire de chanson aussi
brèves que dramatiques.
Catalane qui ne néglige pas la
science profonde de l'écoleandalouse,
Raquel, magistrale, précise, savante,
oublie tout d'un coup tout ce qu'elle
sait pour ne plus exprimer qu'avec
son cœur. Quelle leçon pour beau-
coup d'artistes!
Combien de centaines de fois a-t-elle
chanté El Relicario et Gitanillo. Bar-
celone, Madrid, Buenos-Ayres, Rio
de Janeiro ne s'en lassent point Qui
s'en lasserait ? Ce sont deux chefs-
d'œuvre. Et pourtant pas une fois
l'on ne sent la négligence autoritaire
de la vedette satisfaite ! La fraîcheur,
la sincérité, l'amourdominent la tech-
nique. Comme fut Malibran, comme
est Pavlowa, Raquel Meller est un
instrument lyrique d'une sensibilité
infinie.
Spirituelle, bien entendu, elle sait
l'être, et ironique surtout. Savourez
son Ay Cypriano,en attendant qu'elle
nous rende son Ay Ramon célèbre
de Castille aux Amériques. Et comme
sa délicatesse en affirme le relief!...
La Vierge rouge — tragédie to-
tale — n'est pas plus grandiloquente
que ces amusettes. Le drame de la
barricade, fouetté à coup de Marseil-
laise, entre dans les âmes et brûle
la peau. Criet-elle? Un mezzo-voce
modeste qui soupire sa colère, et
cela suffit. O cantatrices qui hurlez
les couplets de Rouget de l'Isle, écou-
tez le jour de gloire que lamente
Raquel sur un pavé, sur la paume de
sa main, sur le cœur d'unerose rouge.
Avais-je donc déjà entendu chanter
la Marseillaise? Tiens, maintenant
je ne m'en souviens plus.
Louis Delluc
RÉPONSES »EQsUEJ
Mimosa. — Les enfants de Fanny Ward
ne font pas de cinéma, leurs noms me
sont inconnus.
Mademoiselle Cassette. — Socitil Hypo-
crites est un film de May Allison alors
que Uncle Tom's Cabin est de Marguerite |
Clark.
René Labeight. — William Farnum esl
né à Boston (Massassuchets) le i 2 août
Ses principaux films sont : Une Volonta
La Femme Fardée. L Homme le plus, fort,
Sang bleu. Un drame d'amour sous la Ré-
volution. Un ours de l'Alaska. Conquéror,
L'Or maudit. Le Secret de Gypsy, Apres le
Tvphon. Dans la Jungle, Le dernier des
duans, Seul contre tous, Les loups de la
nuit. Lassiter le Vengeur, Eastward Ho,
The Seuttlers. Tbe Loue Star Ranger. Les
Misérables, Tbe Raimbotv Trail, Tbe
Joyous Troitblemaker, Heartstrings. Tbe
Orpban. The Adveniurer. If I IVere King,
William Farnum est marié à Olive White.
Roger Beudin. — Pauline Frederick se
nomme en réalité Béatrice Lybby. Alla
Nazimova de son vrai nom Nazimorï est
née à Yolta (Crimée) le 4 juin 1879. An-
tonio Moréno se nomme en réalité Gar-
rido Montéagudo.
Cinégraphiste. — C'est un monsieur
qui cherche un commanditaire... mais ce
n'est pas dans les réunions qu'il organise
qu'il le trouvera.
Paulette Thomas. — Nous pouvons
vous procurer tous ces anciens numéros
au prix de 2 francs l'exemplaire. Voici la
liste demandée des films de Bessie Barris-
cale : L'Outrage, Le prix de l'Ambition. La
beauté fugitive, Comtesse, Les Parvenus,
Jalouse, Sœurs Jumelles, Les quatre irlan-
daises, L'Or, La Petite Servante, Rédemp-
tion, Les Six Orphelines, Peinture d'Ame,
Celle qui paie, Madame Qjii, Au fond de la
coupe. Fille de la Tempête, Une comé-
dienne... une femme. Noble Mensonge. Jouet
du destin. Une femme de tête, Cupidité, Le
pari de Betty, Celle qui souffre. Une aine
saine, La Doctoresse, etc. etc.
Proscrits. — Merci, nous pensions la
même chose. Les Proscrits ont été applau-
dis à Marivaux, tant mieux.
Emeraude. — Léon Mathot. Pathé-Conj
sortiurm 57, faubourg Saint-Martin, Paris.
Félix M. — Non. Philippe Hériat dans
« le Gêneur » de L Homme du Large, pro-
chainement «Jonô «dans El Dorado.
S trong Man. — L'adresse de Van Daële
est 14. rue Pestalozzi (Paris-5e),
Isa Bell and Miss Férious. — Lou lel-
legen se nomme en réalité Edmond v
Dammler. — Olga Petrova de son vrai
nom Minnie Collins est né à Warsaw. —
Gladys Brockwell se nomme en realité
Gladys Broadwell.
L'Œil de Chat.
:inea
17
Mlle MADYS
que nous applaudirons prochainement dans Lrs Ailes qui s'ouvrent le dernier film
de Guv du Fresnav qui sera présenté par la Société des Films artistiques.
9/iftfa*
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Cinéa à Londres
CINEA in
LONDON
MISS BETTY BALFOUR
La délicieuse étoile anglaise, dont Max Dearlv a dit en 1914 : « qu'elle était une des rares artistes étrangères que la France voudrait,
un jour, revendiquer ». Les spectateurs français ont déjà pu l'applaudir et l'aimer dans le Pantin meurtri (production de la Cie Welsh
Pearson). ou ses dons remarquables ont pu s'employer de façon si heureuse. On pourra bientôt l'admirer dans deux nouvelles
productions de la Welsh Pearson Co : Mary Find tbe Gold et Squibs.
M
tMA DE L'ENTENTE CORDIALE
cinea
M
D
PROGRAMMES M
CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 7 au Jeudi 13 Octobre
»« ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, is, boulevard des
Italiens. — Louvre 06-99. — La danse de
la mort. — A 14 millions de lieues de la
terre.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre.— I.rs trois mousquetaires. — Lui...
sur 1rs roulettes. — Supplément facultatif.
non passé le dimanche en matinée : La
Terre. — Le sept de trèfle, 4e épisode.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens.— Nick IVinler et ses aventures 8e épi-
sode (facultatif). — Peppiiia. — Saturnin
ou le bon allumeur.
3<= ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — Lui... sur des roulet-
tes. — L'Affaire du train 24. 71' épisode. —
Les trois mousquetaires, prologue. — La
ferre.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— Cœurs de vingt ans. — Miss Falty au
bain. — Dudule apprenti guerrier. — Les
quatre diables.
4« ARRONDISSEMENT
Saint-Paul, 73, rue Saint-Antoine.
— La fabrication de la faïence. — Le sept
,le trèfle. 4e épisode. — Chariot fait une
Cure. — Le signe de Zorro.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rue d'Arras. — Les décou-
ragés. — Beoueilrou divorce. — L'Affaire du
train 24. 6e épisode. — Cœursde vingt ans.
Chez Nous. — 76, rue Mouffetard. —
Le ver et le crapeau. — Un drame sous
Napoléon. Ire époque. — Le voleur volé. —
Le masque rouge, 4e épisode.
6e ARRONDISSEMENT
Cinéma Récamier, 3. rue Récamier. —
L'Affaire du Ira in 24, 6" épisode. — A tra-
ies rapides. — Coeurs de vingt ans.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet. —
(éhee les Anthropophages, 7e étape. — Le mari
à la campagne. — Le sept de trèfle, ae épi-
sode. — La Vieille.
L' Entente Cordiale
franco=anglaise parle
tantôt anglais tantôt
français. Elle pourrait
peut 'être se servir
aussi du cinéma. 0 a
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Cotisée, 38, avenue des
Champs-Elysées. — Elysées 29-46. — Betty
est revenue. — A 14 millions de lieues de la
/erre. — La danse de la mort.
9e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Trudaine 67-89. — Les Bohè-
mes de Paris. — Dans les régions glacées
du Lakcviezv. — Coccinel ouvre la pêche. —
Le lys de la vie.
: DOUGLAS FAIRBANKS
■
dans Le Signe de Zoro
\ m * j
Delta-Palace-Cinéma, 17, boulevard
Rochechouart. Trudaine 67-89. — Le sept
de trèfle. 4e épisode. — Le match officiel
Carpentier-Dempsev. — Fridolin a bon cœur.
— Ursus.
io<> ARRONDISSEMENT
Tivoli, 19, faubourg du Temple. —
Fridolin a bon cœur. — Idole brisée. —
Les trois mousquetaires, prologue. — La
Terre.
Folies Dramatiques. 40. rue de Bondy.
— De Païenne a Sorrente. — Dudule
apprenti guerrier. - Les. nuits de Neiv-York.
Charles Chaplin
EST A PARIS
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire-Aubert-Palace, 95. rue de la
Roquette. — Nick IVinter et ses aveniurem
8e épisode. — L'ultime roman. — Les tram
mousquetaires, prologue. — La Terre.
12« ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de L\on. — Dudule
apprenti guerrier. — La Terre. — Les trois
mousquetaires. — L'homme merveilleux.
i3e ARRONDISSEMENT
(iobelins, 66, bis Avenue des Gobelins.
— La chanson éternelle. — Beauctlron
divorce.— L'affaire du train 24. (">•-■ épisode.
— Coeurs de vingt ans.
14e ARRONDISSEMENT
Gaîté, rue de la Gaité. — Le roi des
chemins. — Beaucitron divorce. — L'ait aire
du train 24. 6* épisode. — Cours de vin M
ans.
Si>Iendide-Cinéma. 3. rue Larochellej
— /..-s jeunes chiens. — Un pari original. -4
Fridolin a Trou-lc-Mcr. — La loi commune.
Régina-Aubert-Palace, 155, rue de
Rennes. — Nick IVinler et ses aventures,
Se épisode. — Peppiiia. — A travers les
rapides.
Grenelle Aubert-Palace. 141. avenue
Emile Zola (36 et 42 rue du Commerce) —
Miss Fait y au bain. — Cœurs de vingt ans.
— L'homme merveilleux.
i5e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Les
décourages. — Beaucitron divorce. — L'Af-
faire du train 24. 6e épisode. — Cœurs de
vingt ans.
Grand Cinéma Leiourbe, 1 15-1 1 c>. rue
Lecourbe. Saxe ^6-4^. — Chantilly. —
Cœurs de vingt ans. — L'homme merveilleux.
16? ARRONDISSEMENT
Mozart-Palace, 49, 5 r,rue d'Auteuil. 16e.
— Programme du vendredi 7 au lundi
10 octobre. — Sur le Fjord de Christ iaua.
— Le 7 de trèfle. ^ épisode. — Le crampon.
— Les quatre diables. — Programme du
mardi 11 au jeudi 13 octobre. — C' e-
ALLEZ VOIR-
La Danse de la Mort
avec NAZIMOVA
au Théâtre du Colisée
cinea
Douglas Pairbanks
EST A PARIS
Us anthropophages, 8e étape. — Le sang du
coupable. — Les trois mousquetaires, pro-
logue. — Bécasson capitaine au long cours.
— La chanson éternelle. — Les avatars de
Chariot, 2e et dernière partie.
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 7 au lundi 10 octobre. — Cbc{ les
anthropophages, 8e étape.' — Le sang du
coupable. — Les trois mousquetaires, pro-
logue. — Bécasson capitaine au long cours.
— La chanson éternelle. — Les avatars de
Chariot, 2e et dernière partie. — Pro-
gramme du mardi 11 au jeudi 13 octobre.
— Sur le Fjord de Christiania. — Le sept
de trèfle. 4e épisode. — Le crampon. — Les
quatre diables.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue
Malakoff. — La Main invisible, 5e épisode.
— Les hommes marqués — Chariot ministre.
— Le lys brisé.
17e ARRONDISSEMENT
Cinéma Demours, 7, rue Demours,
Wagram 77-66. — Dans le royaume du
Printemps. — Le sept de trèfle, 4e épisode.
— A 1 4 millions de lieues de la terre. —
Le courage d'un lâche.
Villiers-Cinéma, 21, rue Legendre. —
Un pari original. — Au pars de l'olivier. —
Mirages. — Une grande âme.
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
Wagram 02-10. — Mœurs marocaines. — .
Quand l'amour veut. — La danse de la mort.
Cinéma Legendre, r28, rue Legendre.
Central 14-44. — Le rachat du bandit. —
Le sept de trèfle, 4e épisode. — L'hiver au
Danemark. — Billy victime du mariage. —
Le 1rs de la vie.
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. —
Le Delta du Nil. — Cvclone. — Le capitaine
Grogg parmi les Centaures. — La danse de
\la mort. — Les trois mousquetaires, prolo-
gue.
Royal -Wagram, avenue Wagram. —
Amour tenace. — Après la débâcle. —
L'idole brisée.
18e ARRONDISSEMENT
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
Nord 49-24. — Marie la gaieté. — Zigoto
çàrçon de théâtre. — L'ours et les deux
zdmpagnons. — .tournée d'hiver au Dane-
mark. — Le collier de l'impératrice, 5e épi-
iode.
Le, Select, 8, avenue de Clichy. —
Le capitaine Grogg parmi les Centaures. —
Amour tenace. — La danse de la mort.
Marcadet-Cinéma-Palace, 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
:adet 22-81.— La Terre. — Séraphin ou les
ïambes nues. — Les trois mousquetaires.
prologue.
Palais-Rochechouart, 56, boulevard Ro-
chechouart. — Nick IVinter et ses aventures,
8e épisode. — Peppina. — Les trois mous-
quetaires, prologue, — La Terre.
Gaumont-Palace, 1, rue Caulaincourt.
— L'Atlantide.
Barbés- Palace, 34, boulevard Barbès-
Nord 35-68. — La danse de la mort. —
L'idole brisée. — Saturnin ou le bon allu-
meur.
RAQUEL MELLER
l'émouvante et spirituelle chanteuse
hispano-catalane qui nous est reve-
nue avec ses succès de El Relicario,
Los besos falsos, Gifanillo, Ay .' < y-
priano, La Vierge rouge, etc., sur la
scène de l'Olympia.
19e ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7, Avenue Secrétan . —
Lui... sur des roulettes. — L'Affaire du
Train 24, 7e épisode. — Les trois mousqmk"
taires, prologue. — La terre.
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belle-
ville. — A travers les rapides'. — L'Homme
merveilleux. — Les Trois Mousquetaires,
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Le Capitaine Grogg parmi les
Centaures. — Amour tenace. — Les trois
Mousquetaires, — La Terre.
Le Capitole, place de la Chapelle.
— La terre. — Le capitaine Grogg parmi les
Centaures. — La danse de la mort. — Les
trois mousquetaires, prologue.
ALLEZ VOIR-
Les Trois Mousquetaires
.
Mary Pickford
EST A PARIS
20e ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — Miss Fatly au bain. — Le Jeu.
— Nick IVinter et ses aventures ,8* épisode.
— L'homme merveilleux.
BANLIEUE
Clichy. — Lui... sur des roulettes —
L'Affaire du train 24, 7e épisode. — Les
trois mousquetaires, prologue. — La Terre.
Olympia Cinéma de Clichy. — L'idole
brisée. — Le signe de Zorro. — Le capitaine
Grogg parmi les Centaures.
Magic-Ciné, 2 bis, rue du Marché (l.c-
vallois). Wagram 04-91. — Les quatre
diables. — La course à l'héritage.
Levallois. — Alcindor est jaloux. —
L'Affaire du train 24, se épisode. — Les
deux sous de Frit^igli. — Le voile du men-
songe. — Le crampon.
Le Cinéma Anglais
à travers les Ages !...
Que les nombreux lecteurs de Cinea
se rassurent. Je ne remonterai pas au
déluge, c'est-à-dire à ces temps loin-
taine pour moi, où les recherches de-
divers inventeurs : Heyl, Marey, Du-
meny, Edison, etc., aboutirent à cette
huitième merveille : le Cinéma.
A l'époque où débute cette histoire,
que je ne veux faire qu'attrayante, -
ce pourquoi on excusera sa concision et
ses oublis — le cinématographe était
créé. Cinématographe en France, Kiue-
toscope eu Amérique, Animatographe
e^r'r Angleterre, rudimentaire et cepen-
dant complet, il était déjà conquérant.
Les frères Lumière projetaient à Pa-
ris leurs premières vues. Ils les présen-
tèrent bientôt à New- York où Edison
avait fait naître la curiosité avec des
scènes du même genre, montrant des
personnes, des animaux et des choses
en mouvement ; la vie des vagues, etc.
Ils se firent connaître, également, en
Angleterre, par un coup de maître.
Le 12 février 1895, ils ouvrirent l'Em-
pire de Londres, avec un spectacle ci-
nématographique de leur composition.
Quinze jours après, Mr. R.-W. Paul,
un des premiers confectionneurs d'ima-
ges animées (moviug pictures) pour le
kinetoscope, suivit ce bon exemple à
l'Alhambra.
La Compagie Maguire et Borcas ex-
ploitant certains brevets d 'Edison, fut
1111e des premières maisons anglaises
oui se chargèrent de suppléer au plai-
sir de ces gens bonhonimes qui ne peu-
cinea
veut se regarder sans rire. Elle se trans-
forma bientôt, et devint la Warwick
Trading C", dont le managing-Director
fut Mr. Chas Urban.
Parmi ses autres membres, aujour-
d'hui encore renommés dans l'industrie,
furent Mr. Ceci] Ilepworth, actuelle-
ment à la tête d'une des plus importan-
tes Compagnies de production du pays;
Mr. Will Parker qui dirigea par la
suite l'agence de la Vitagraph, à Lon-
dres, et Mr. K.-W. Paul.
En 1S96, Mr. Hayden et Hurry d'Is-
lington, prirent un brevet pour un ap-
pareil de leur invention, et s'inscrivi-
rent parmi les premiers producers an-
glais.
En 1897, la Biograph. exploitant en
Amérique l'appareil qui porta son nom,
vint à son tour, en Angleterre. Son
agence, dans ce pavs, fut d'abord di-
rigée par Mr. C. Urban qui devait fon-
der l'Urban Trading C°. Mr. C. Urban
édite à présent, entre autres produc-
tions, un journal cinématographique,
Kineo Rcview, présenté par une Com-
nagnie américaine de fondation récente,
l'iiiterest Film C°.
Temps bénis où s'amnsèrent bien des
narents. On assistait, bouche béante, à
l'arivée d'une locomotive fumante et fu-
meuse, dont un jazz-band anachronique
dévoillait suffisamment la nationalité.
Puis encore, à quelque meting qui, tout
naeifique qu'il devait être vous donnait
li chair de poule.
Vous souvenez- vons de ce monsieur
corpulent et opiniâtre qui se détachait
'le la foule selon des raisons plutôt dou-
teuses, et s'avançait sur vous avec une
telle insistance, que sa grosseur aug-
mentant à chaque pas, vous louchiez
horriblement vers la porte!... On fP
mieux depuis. Nous avons 1e fondu.
Le cinéma fait pour la foule, selon
la iuste parole de Mr. Louis Delluc.
"'eût pas toujours la faveur de celle-ci.
Peu s'en faut. Il fallut s'ingénier pour
humaniser les gens. La tâche ne fut pas
mince. Le public se faisait t,-rer l'œil,
si l'on peut dire pour paver deniers
comptant des images fugitives et son
veut vagues.
On dût user de stratagèmes. Certains,
utilisèrent, au préalable, les talents de
consciencieux xvlophonistes ;. d'autres,
agrémentèrent leur spectacle'/ cfe^iJume^
ros dansants, Léon Yindt. pqlif.yVi'' crùn'
lonnet de magicien, intrigua d'abord
d'innocentes populations. Le « vous
•liez voir ce que vous allez voir » n'est-
il pas encore la règle du jeu. dans
maints établissements célèbres d'auiour-
d'hui. En vérité, le cinéma à ses débuts
fut une chose drôle. Oublions les pre-
miers comiques de l'écran, qui le furent
moins !...
Jusqu'en 1909, année qui vit l'éta-
blissement du « einématosrraph act »,
p->s-é devant le Parlement, par monts
<*t mr vaux, le ciné déambula. Tl fallait
le faire connaître. Ce fut le temps de<=
randonnées épiques, Mssrs. Albany.
Gilpin. Jury, Ward, Plake, P.ros, Bnr-
ber. etc., furent de ces intrépides qui
le firent, dirai-je. apprécier, à leur
corp; défendant. Toutes les merveille^
du monde annoncèrent-ils. pour dix cen-
times, la parade préliminaire par-des-
sus le marché!
1898, vit l'apparition du cinéma
gazette en Angleterre ; Mr. W.-C. Jea-
pes en fut le promoteur. Producer-exhi-
bitor, il organisa le premier topical bu-
siness du pays. A lui, revient l'honneur
d'avoir présenté au public anglais, pour
la première fois, le Grand National (ce
qu'est le Grand Prix en France). Cette
mémorable projection fut faite en 1903,
au Palace Cinéma de Londres.
Durant cette même année. Mr. R.-YV.
Griffith inaugura, au Peckham Palace,
les « continous performance » où spec-
tacle continu, système de représentation
qui sévit encore aujourd'hui, au grand
dam de nos yeux et de nos oreilles.
Puisse-t-il ne plus continuer longtemps,
nous délivrant ainsi de ces scènes chao-
tiques qu'un opérateur trop zélé meule à
plaisir.
En 1898, également, la Compagnie
Gaumont ouvrit une agence à Londres,
dont le premier Directeur fut Mr. A.-C.
Bromhead. Mr. Bromhead occupe encore
ce poste aujourd'hui.
Les transactions, jusqu'à cette épo-
que, étaient simples : le producer cédait
directement ses films en marché libre
aux exhibiteurs, lesquels les utilisaient
jusqu'à ce qu'ils mourussent d'épuise-
ment.
En 1899, la Walturdaw C°, fondée en
1896, sous la raison sociale Walkcr Tur-
ner et Dawson, se chargea de diffuser
un film dans des conditions plus appro-
priées à la demande. Elle fut la première
maison de louage, établie en Angleterre.
Les industriels débarassés, grâce à
elle, de tout souci administratif, s'en
remirent à ses bons soins, quant à
l'écoulement de leurs films. Aussi, four-
nit-elle pendant longtemps, aux exhibi-
teurs, dès programmes complets. Gau-
mont suivit bientôt son exemple.
Toutes deux furent, d'ailleurs. « boy-
cottées », durant quelques années, par
les Directeurs de cinéma, qui acceptè-
rent, difficilement, de passer sous leurs
fourches caudines. La Walturdaw, à ses
débuts, fut également une Compagnie
productrice.
En 1901, elle ouvrit un des premier-;
studios à Saint-Alban. cependant que
Oaumont en organisait un autre à
Lunghborough Junction.
En 1904, elle produisit une gazette ci-
nématographique hebdomadaire pour le
Palace-Théâtre, déjà cité.
En 1902, la Comnagnie Hepworth,
fondée par Mr. C. Hepworth, un des
pionners de l'industrie cinématographi-
que, en Grande-Bretagne, s'organisa sé-
rieusement pour une production natio-
nale. Les films avaient alors une lon-
gueur de 600 à 1.000 pieds et racon-
taient déjà une histoire à la façon dont
les images d'Epinal donnaient une mo-
ralité. En somme, le cinéma était via-
ble. Tl ne marchait déjà pas mal pour
son âge.
Tl v eut. ensuite, la Williamson C°
qui manufactura l'anpareil du même
nom. Elle vient de céder sou entreprise
à la Butcher C°, nour se consacrer ex-
clusivement aux travaux d 'impression.
T.a Cie Cricks et Martin, fondée vers
In même époque n'existe plus auionr-
d'hui. Tl est possible qu'elle ait fait For-
tune. Puis encore les Compagnies T"r
uer, Kiuemacolor, Windsor, etc.
Et) 1905, Pathé s'implantait, eu tant
que fournisseur de film. Il exploita le
.Marble Arch cinéma, sans grand succès
d'ailleurs, car l'affaire périclita. Le cinl
fut transformé en magasin d'approvi-
sionnement. Depuis 1916, il est revenu
à sa destination primitive, sous le nom
de l 'Electric.
En 1906, la Vitagraph C°, fondée en
1900, à New- York, par un anglais, Mr.
1. Stuart Blackton. eut son agence à
Londres et mit ses films sur le mar-
ché. Le public, familiarisé, goûtait le
cinéma comme un spectacle tranquille
et amusant. Celui-ci n'avait plus seule-
ment un succès relatif de curiosité. Son
attrait particulier lui valait, chaque
jour, de nouveaux fidèles et même des
dévots.
La concurrence entre les divers pro-
ducteurs devint âpre. Pathé réduisit le
prix de ses bandes de 1 shelling à 6
pence, et, soutenu par de gros capitaux,
s'assura la domination du marché.
Eu 1908, la première revue cinéma-
tographique anglaise, le Kinematograph
Weekly, était fondée par Mr. L. Héron.
Elle est, aujourd'hui, dirigée par Mr. A.
Tillev', un de ses premiers collabora-
teurs.
En iqio, la Williamson inaugura le
premier studio, modèle britannique.
Les appareils dont on se servait alors,
étaient de marques Lumière, Moy.
Edison, Biograph, Williamson, etc.
En 1910, la Cie Cricks et Martin inno-
va en donnant des « release date », e'est-
à-dire en indiquant à l'avance les date*
de présentation des films .
En 1911. Mr. Bromhead présenta le
" Chronophone ». machine parlante et
chantante, inventée par M. L. Gaumont
En 1913, il présenta le « Chrono-
cfirome ».
En 1912, la Compagnie Oaumont
s'installa à Shepherds Bush où elle de-
vait faire construire le studio qu'elle oc-
cupe actuellement.
Ce fut, dès lors, le développement
ininterrompu d'une industrie neuve,
anpelant à elle toutes les jeunes
gies, toutes les bonnes volontés. Cha-
que mois vit naître de nouvelles Com-
pagnies : Clarendon Film, Eeko. Foss.
London, etc. Toutes tentèrent l'aven-
ture.
Nombre d'entre elles la menèrent »
bien. Le public était enthousiaste, la vie
était facile, le film ne coûtait pas cher
et plaisait, les exhibiteurs étaient heu-
reux, les producers étaient contents. Ce
fut l'âge d'or du cinéma.
La guerre n'interrompit pas un IpI
essor. Durant les hosti1;tés, le public
anglais s'est attaché, au contraire, an
cinéma comme à un spectacle préféré.
Ce fut un eneouement général qui,
manquant de réflexion comme tout en-
gouement, finit par aveugler le produ-
cer sur ses intérêts véritables. Le nu-
blic acceptant tout, il lui donna n'im-
porte quoi. L'un et l'autre en sont re-
venus, l'un devint exigeant. Celui-là à
présent est raisonnable.
Le producer anglais s'est remis à In
tâche avec 1a ferme volonté de satisfaire
même les plus difficiles de ses contemp-
teurs. Fit-il pas mieux que de ?" plain-
dre.
A. -F. Rose.
cinea
L'INDUSTRIE CINÉMATOGRAPHIQUE ANGLAISE
PRODUCTION
46 Compagnies sont actuellement en-
registrées en Angleterre, disposant de
27 studios. Certaines de ces Compagnies
ont été formées pour la production d'un
seul film. Leur vitalité dépend alors de
leur premier succès. Telles sont les
Compagnies : Cleii, Direct, Seal. D'au-
tres ont pour objet la production d'une
série de films : Minerva Screen Playr.,
Zodiac, etc. 11 n'est pas rare, dans tu £
Compagnie anglaise, de voir le « star »
homme occuper également les fonctions
de metteur eu scène, le poste de direc-
teur (Famous Players Lasky, viz. Mr.
Douai Crisp), quelquefois, il est en ou-
tre auteur... et... l'époux de sa princi-
pale interprète (Georges Clarck Prod.
viz. Mir. Guy Newall). Ceci n'est pas,
d'ailleurs, pour les en blâmer. Qu'im-
porte, pourvu que nous ayons l'ivresse.
Les plus importantes Compagnies
britanniques, les plus solides sont :
Broaduuest, G. Clarck, Hepwort, Idéal,
Gaumont, Stoll, Welsh Pearson.
On trouvera, plus loin, un aperçu
aussi complet que possible sur leui
activité. On peut ajouter, à la
rigueur, à cette liste la Famous Players
Lasky, bien qu'elle soit une affaire plu-
tôt américaine.
Parmi les autres bonnes maisons
d'une importance moindre, il faut si-
gnaler :
ALLIANCE FILM CORPORATION
Directeur général de production : Mr.
Harley Knoles.
Metteurs en scène : Mrs. Harley Kno-
les, Franck Crâne.
Cette Compagnie, formée en novem-
MAURICE ELVEY
Un des meilleurs producteurs et
metteurs en scène (Stoll Picture Prod.)
MISS MADGE STUART
que Paris a admiré dans Le Cheva-
lier de la Taverne (un drame au
temps de Cromwell) vient de tour-
ner Gievnetb 0/ the welsh bills
(Stoll Pictures Prod.)
bre 1919, au capital de £ 1. 000. 000, a
produit « Carnival », mis en scène par
Mr. H. Knoles. Ce film fut, eu quelque
sorte l'événement de l'année. En fait, il
est une super-production britannique,
digne de tous éloges.
Parmi les excellents artistes qui l'in-
terprétèrent, il faut signaler particuliè-
rement Mr. Matheson Lang, le célèbre
acteur du « Jui-Errant »; Miss Heyda
Rayley, etc.
Autres production: « The door that
lias no key », mis en sène par M. Frank
Crâne, avec Betty Faure et Georges
Relph; «La Menace», qui sera présentée
prochainement. Mentionnons, enfin, la
dernière œuvre en voie de réalisation :
«The Bohemiau Girl», adaptée de l'Opéra
célèbre eu Angleterre, pour laquelle Mr.
Harley Knoles a engagé un des acteurs
les plus en vue du Théâtre contempo-
rain, Mr. Aubrey Smith.
IiRITISH & COLONIAL CINEM. Cl
Directeur : M. E. Godall. Films déjà
tournés : Twelve Ten, avec Maria Doro;
The Magie Skiu « la peau de chagrin »,
avec I vomie Arnaut;S\vord of Damocles,
avec José Collins. etc.. Le plus récent
est Le Puppet Man, metteur en scène .
Mr. Frank Crâne.
I. B. DAVIDSON
Metteur en scène et scénariste : M.
A.-E. Colleby.
Cette Compagnie a déjà produit : The
way of the World, sportmg drama, avec
le champion de boxe d'Australie, Gor-
don Coghill; puis, récemment, The call
of the road, avec Phyllis Channaw et
Victor Mac Laglen, un des meilleurs
films de l'année 1920 .
ASTRA
Les productions distribuées par cette
Compagnie sont mises eu scène par M.
Kenelm Foss. Je citerais : The bride of
the Treshams, avec Sir Martin Harvey;
« a bachelor Husband»; « Cherry Ripe »;
« The street of adventure » (film sur la
vie des journalistes). Ces deux dei niè-
res productions, malgré une bonne mise
en scène, furent de moyenne valeur. Il
eût été difficile, sinon impossible, à la
grâce de Mlle Mary Odette, de faire
DONALD CRISP
l'admirable boxeur du Lys brise, et
remarquable metteur en scène.
cinea
Le grand comédien cinégraphique Stewart Rome et Gertrude Mac Cov
dans Christine Johnstone (Broadwest Filmi
BROAWEST COMPANY
Cette Compagnie, fondée en août 1914,
par Messrs \\ aller \\ est et Broadbriugeï
commença par produire de courtes co-
médies, puis entrepris de plus longues
œuvres qui lurent favorablement ac-
cueillie.^.
Elle acheta, en 1915, une superte pro-
priété à Walthamstow où elle fit éri-
ger un studio modèle. Parmi ses près
tniers films, il y a lieu de signaler « Le
.Marchand de \enise», dans lequel Ma?
theson Lang, le célèbre acteur, tint le
principal rôle.
Lu 1910, Miss Violet Hopson, déjà
réputée eu Amérique, comme vedette d|
cinéma, fut engagée et débuta dans
« 1 he Ware Case », avec Matheson
Lang, comme partenaire. Vinrent, en-
suite, « A munitions girl romance »,
où Miss Hopson, tint le rôle d'une ou-
vrière d'usine ; puis, trois films où elle
eût celui de « Sportiug héroïne »; « A
gamble for love » ; « A turf conspj
racy 2 »; « A fortune of stake ». Les
trois films eurent, pour attrait, la repré-
sentation d'une course de chevaux.
Productions suivantes : « A daughter
of Eve », avec Stewart Rome ; « A
great coup »; « Suow in the Uesert »;
ce dernier fut présenté en France, sous
le titre « Le Lion »; « A dead Cer-
tainty », avec Poppy Wyndham, Gre-
gorie Scott et Cameron Carr, et tout
dernièrement, « The romance of a movie
Star », avec Miss Violet Hopson, dans
le rôle de la « movie star » f vedette de
cinéma).
Production à venir : « lu full cry »;
« A sportman wife »; « Vi of Smith's
Alley » et « The imperfect lover ». dans
lesquelles Violet Hopson, interprétera le
principal rôle, avec ses partenaires ha-
bituels : Steward Rome, Cameron Carr,
Clive Brook, Pauline Peters.
GEORGES CLARK PRODUCTIONS
Directeurs : Messrs. ('. . Glarke et Ouy
Xewall. Metteur en scène : M. Ouy
Newall. Stars: Ivy Duke et Guy Xewall.
Productions: « Lure of Crooning Wa-
ter », qui fut présenté en Amérique,
complètemenl oublier l'insuffisance de
leur scénario.
MINKRVA
Directeur : Mr. Adrien Brunel. Cette
Compagnie fût formée en avril 1920,
dans le but de démontrer qu'il était pos-
sible de faire rire sans pour cela être
vulgaire, et qu'une bonne comédie ne
nécessitait pas, forcément, l'appoint de
farces grossières pour amuser et distraire
les gens.
Les quatres premières production de
la Miverva ont été des comédies de deux
réels ; écrites spécialement par Mr.
Miliie, l'humoriste bien connu du
« Punch », elles furent tontes quatre des
succès.
Conjointement avec de telles autres
comédies, Mr. A. Brunel a l'intention de
produire des films d'une portée plus
grande. Il s'est déjà assuré, pour cela,
la collaboration d'auteurs en vogues, ré-
putés.
PROGRESS
Directeur de production : Mr. Sydney
Morgan. Mr. Morgan est un excellent
metteur en scène, à qui l'on doit : Lady
Xoggs; « Little Dorit »; « Two little
.vooden shoes ». La principale interprète
de ces filins fut Miss Joan Morgan, dé-
licieuse artiste de seize ans, qui fut choi-
sie par Bryant Wasburn, comme lea-
diug lady lorsqu'il vinl en Angleterre,
pour tourner spécialement « The road
to London ».
SCREEX PLAVS Ltd
Cette Compagnie a pour objet de met-
tre à l'écran des pièces de Grand-Gui-
gnol. Le metteur en scène, M. Fred
Paul, a déjà produit Infelice, The second
Mrs Tanqueray, Her greatest Perfor-
mance, The money Moon, tous, drames
en un acte; films de deux réels.
Bettv Balfour et Hugh F. Wright dans
Squibs la dernière production de la
Welsh Pearson.
cinéa
ALMA TAYLOR
qui vient de créer Jausy (Hepworth Prod.
■s
MATHESON LANG
le grand interprète dramatique des scènes
londoniennes, dans sa création sensationnelle
de Carnival (Alliance Film Corp.).
ainsi que « Testimony »; « Garden of
Résurrection », qui fut remarquable, à
l'époque, pour la qualité de sa photogra-
phie. « Duke's son », d'après la nouvelle
de Cosmo Hamilton, un des meilleurs
films île l'année 1920, mis eu scène, ce-
lui-ci, par Francklin Dyall.
La Compagnie partit à Nice, cette -
même année ,pour terminer « The per-
sistai! lover ». Mr. Guy Newall en pro-
fita pour se rendre coupable du « Biga-
mist », qui inaugura, très peu brillam-
ment, la saison cinématographique de
l'Alhambra de Londres.
Selon un propspectus qui fut délivré
gracieusement dans la salle. « The Bi-
gamisl » coûta à la G. Glarck Prod.
£ 51.542, ce qui causa une surprise.
Cette somme aurait pu être dépensée
avec plus d 'à-propos. Il est vrai que
cinéa
porte le mieux la toilette. Aussi, ne
nous priva-t-elle pas du plaisir de la
démonstration.
Nous avons pu l'admirer dans de 1
nombreux costumes, plus parfaits l'un
que l'autre, si j'ose dire. Miss Ivy Duke
étant l'une des artistes les plus belles
et les plus photogéniques que je con-
naisse, je ne m'en plaindrais pas. Au
contraire, car elle nous consola alors
de bien des choses, et surtout de la pau-
vreté du scénario. Par contre, la photo-
graphie du « Bigamist » est, dans main-
tes scènes, une merveille.
Honneur, donc, au courage malheu-
reux de Mr. G. Newall, qui voulut nous
donner une histoire morale dont je ti-
rerais cette moralité : « Evitez-noufi
la vertu ennuyeuse. »
HEPWORTH PICTURES l'LAYS d
Directeurs : Messrs. Cecil-M. Hep-
wort. Manager : M. Paul Kimberley.
Stars : Aima Taylor, Chrissie Whitej
Henry Edwards, Gerald Ames, Eillen
Demies.
La Compagnie Hepworth est la plus
ancienne des Compagnies anglaise*
ayant été fondée en 1900. Elle est actuel-
lement une des plus importantes.
Elle possède, de même que la Broad-
west, deux studios; l'un sis à Walton
on Thamis, l'autre à Oatland Parck,
acheté récemment. A l'instar des Com-
pagnies américaines, elle est une
« stock eompany ». Ses metteurs en
scène sont : Messrs. C.-M. Hepwort,
Henry Edwards et Gerald Ames.
Productions : « Anna the Adventu-
ress »; « Alf'Button », avec Leslie Hen-
son, le comédien anglais réputé. Ce
dernier film fut présenté, avec succès,
aux Etats-Inis. Il peut être considéré
comme l'une des meilleures comédies de
l'écran.
Autres films mis en scène par Mr.
C.-M. Hepworth : « Helen of four gâ-
tes » , d'après la comédie de M. Darling-
ton; « Mrs Errieker's réputation »; « The
tinted Venus », qui plut par l'étrangeté
Mi^s Ivy Dukesest l'artiste anglaise qui
de son scénario; « The narrow valley »,
AUX STUDIOS GAUMONT
(Prise de vue d'une scène de tribunal)
cinea
écrit spécialement par M. G. Dewhurst.
Films mis en scène par H. Edwards:
« Alwiu », présenté en France, sous le
titre « Profanation »; « John Forrest
tinds himself »; « Ama zing quest of M.
Ernest Bliss », un des succès de la Com-
pagnie.
Mis en scène par Gerald Ames: « Once
aboard the lugger. »
M. Hepworth vient de s'assurer la
collaboration de M. Dewhurst, en tant
que metteur en scène. M. Dewhurst pré-
sentera bientôt « Dollars in Surrey »,
après un scénario original de sa compo-
sit'on.
La Compagnie Hepworth loue elle-
même ses films, sous le nom de l'Impé-
rial Film C°, dirigée par Mr. P. Kim-
jberley. Elle a son agence en Amérique,
ainsi qu'en France ; celle-ci. dirigée par
Mr. P. -A. Lambert, bien connu dans les
cercles français.
IDEAL FILM COMPANY
Metteurs en scène actuels : Messrs.
A. -Y. Bramble, Denison Clift et M. Tre-
ville, l'acteur français. Je dis — actuels
- car les metteurs en scène de l'Idéal,
changent souvent.
La politique de l'Idéal est essentiel-
lement d'adapter tous romans ou nou-
velles célèbres. Cela lui réussit souvent.
Citons, poduits par Mr. Bramble .
i Mr. Gilfil's love story »; « Wuthering
Heights », qui fut un film marquant ;
« The Will »; « The Rotters », ce dei-
nier film sera loin d'avoir la popularité
de la pièce du même nom.
Produits par M.-D. Clift : « The dia-
moud necklace », d'après la nouvelle de
Guy de Maupassant ; « Demos », qui fut
une excellente production ; « Sonia ».
etc., etc.
M.-G. Txeville tourne, actuellement,
« Ail sorts and conditions of men », avec
deux artistes anglais très connus, Rex
Davis et Renée Kelly.
La Compagnie a également produit :
« Beyond the dreams of avarice », mis
eu scène par Thomas Bentley. Ce film a
été présenté en France sous le titre « Rê-
ves d'avare », Mrs. Henry Victor et
Joyce Dearceley y furent remarqués par
leur jeu sobre et émouvant.
THE CALL OF THE ROAD
Grande scène historique des vieilles mœurs
anglaises (B. Davidson Prod.).
'» • ijC^B KPw^*''^ «B^^S."rrB
^m a/fi ■OflHk
NORA SWINBURNE
dans The Autmiin of Pride (Gaumont Prod.)
Autre films : « Chinose pazzle build
thy house », avec Henry Aiuley, pro-
duits par Fred Goodwyns; « The bache-
lors club ». d'après le roman d'Israël
Zaugwill, etc.
La Compagnie Idéal loue elle-même
ses films. Elle s'est adonnée depuis
quelque temps au lancement de films
français. Parmi ceux-ci, mentionnons :
« La faute d'Odette Maréchal »; « Le
Rêve », etc.
GAUMONT COMPANY LIMITED
Directeurs : Mssrs Bromhead Frères.
Les studios de la Compagnie Gaumont
ont été ouverts en 1914. Ils furent tou-
jours à la peine — on travaille toujours
10
cinéa
beaucoup chez Gaumont-Liniited —
mais rarement à l'honneur. Elle n'est
encore responsable d'aucune super-pro-
duction. Voici pour mémoire quelques
titres de sis films : « Edge of Youth »;
« Fall of a saint »; « The fordington
twins ». Espérons que la dernière pro-
duction : « Roses in the Dust », avec
Iris Rc-we et Gladys Mason, nous don-
nera le plaisir de la nouveauté.
Remercions Messieurs Bromhead
d'avoir importé ici de beaux films fran-
çais : « I.e Penseur »; « Le Carnaval des
Vérités », etc. Dût un changement in-
tervenir bientôt dans la Compagnie, à
leur avantage, espérons qu'ils continue-
ront cette politique d'entente cordiale.
STOLL PICTUREvS PRODUCTIONS
Cette puissante Compagnie possède
à Crickelewood le studio le plus impor-
tant d'Angleterre. Cinq metteurs en
scène y travaillent régulièrement ;
trente œuvres y turent tournées depuis
son ouverture, il y a douze mois.
Productions .Maurice Klvey : « At the
villa Rose ». avec Manora Thew, d'après
le roman de Robert Hiehens, « Sherlock
Holmes », avec l'excellent Ellie Nor-
wood .
Produits par M. Ilarold Shaw :
VIOLET HOPSON
la charmante star de la Broadway Film.
« Wheels of Chance »; « A dear fool »,
« Kipps » ; « tous trois avec G.-K.
Arthur, que Mr. Shaw eût la bonne for-
lune de découvrir ; « The vvoman of bis
dream », etc.
Produits par René Plaissatty : « The
yellow claw »; « The broken road »;
« The four fealhers »; « The woman
with the fan »; « The knave of dia-
monds »; .Mme Mary Massait fut l'étoile
appréciée de ces films.
Nous ne pouvons <pic regretter le
départ récent de Messrs II. Shaw et R.
Plaisetty, de la Stoll C°. Ces deux ex-
cellents metteurs en scène seront, cer-
tainement, regrettés.
Produits par .M. G. Ridgwèll : <« The
amazing partership », avec Milton Ros-
nier, l'un des meilleurs comédiens an-
glais ; « Greatheart », avec Madge
Slnart, déjà connue eu France, etc.
Produits par .M. Martin Thornton :
a l'he iron star »; « Frailty ». avec
Magde Stuart ; « The prey of the dra-
gon ». Il tourne actuellement 2, « Gwy-
neth of the welsh hills », dont Madge
Stuart sera la principale interprète.
FAMOUS PLAYERS LASKY BRI SU
PRODUCERS I.td
Depuis sa fondation, cette Compagnie
a produit :
Mis eu scène par Hugh Ford : « The
great day » ,avee Marjorie Hume; « The
call of youth », avec David Powell et
Mary Glyne.
Produits par Paul Powell : « The
mystery road » et « Dangerous lies »,
avec David Powell et Mary Glynne.
Produits par Donald Crisp : « Ap-
pearances » et « The princess of New-
York », avec Mary Glynne. Mr. Do-
nald Crisp est reparti en Amérique,
après avoir tourné « Résides the Bon-
nie Rriar Bush », dans lequel il eut 1111
rôle.
Deux metteurs en scène, travaillant
actuellement dans les imposants stu-
dios de la F.P.L., à Islington, Mr. Fitz-
maurice, qui tourne « Three live
ghosts », adaptation d'une comédie de
M. Ouida Bergère (alias Mrs Fitzmau-
riee), Mrs. Anna Q. Nilsson en est la
principale interprète, et Mr. J. Ro-
bertson qui travaille sur une adaptation
d'un roman de D. Clary ton Calthrop.
« Perpétua ». Interprètes : David Powel
et Anne Forrest.
Ce dernier film a ceci de singulier,
(pi 'il est à la fois français, selon la So-
ciété Française des Films Paramount,
anglais par la grâce de la Fanions
Players Lasky, américain d'après la
presse d 'outre-atlantique. Puisse-t-il
être vraiment universel.
WELSH PEARSON COMPANY
Cette Compagnie, fondée pendant la
guerre, a produit une des œuvres les
plus remarquables du cinéma anglais :
« Nothing esst matters », qui fut pré-
senté, avec succès, en France, sous le
tire du « Pantin meurtri ».
On lui doit aussi « The better'ocle »
IVY DUKE et GUY NF.WALL
(Ce ngcs Clark Prod.l
qui fut un succès non moins égal en
Amérique, au Canada, etc.
Parmi ses autres réalisations, toutes
mises en scène par Mr. G. Pearson, qui
n'a plus besoin d'éloges, il faut signa-
ler : « Les gosses dans les ruines »,
d'après le roman délicieux de Poulbot ;
« Garryowen », avec Moyna. Mac Gill ;
« Mary find the gold », Mr. Th<
Bentley, produisit, entre temps, « The
old curiosity shop », avec Lilian Mabel
Poulton.
Le dernier film de la Welsh Pearson
Compagny : « Squibs », qui vient d'être
présenté à la presse sera, pour les ama-
teurs de cinéma, un vrai régal. Le rôle
principal est tenu par Miss" Betty Bal-
four, dont on a déjà apprécié les dons
tourent, signalons Mr. Hugh, E.
Wright, artiste hors de pair d'ans des
peu communs de finesse et de sensi-
bilité dans le « Pantin meurtri »;
« Mary find the gold », etc.
Parmi les acteurs excellents qui l'en-
rôles faits spécialement pour lui; Frcd-
E. Graves, etc.
La photographie est de Mr. Eugène
Lauste. Elle n'est pas le moindre at-
trait des films de la Welsh Pearson C",
(pii s'est classée à part dans l'industrie
cinématographique anglaise, eu égard
à son souci constant d'art et de vérité,
A. -F. Rosi:.
cinea
11
J. STUART BLACKTON
producteur de La Glorieuse Aven-
ture, événement cinématographique
de la saison londonienne.
Un Pionnier de l'Industrie Cinématographique :
M. J. STOART BLACKTON
C'est une histoire bien curieuse que
celle de Mr. Stuart Blacktcm, et qui
mérité d'être contée. Actuellement, à la
tête d'une Compagnie anglaise qui enri-
chira bientôt le patrimoine de ce pays,
d'un nouveau chef-d'œuvre - - si l'on
peut, dès à présent, dénommer ainsi sa
dernière production, film original eu
couleurs naturelles, que seuls quelques
privilégiés ont pu voir jusqu'ici, et
qu'ils s'accordent à trouver admirable.
— Mr. J. Stuart Blackton est une des
rares personnes, peut-être même la
seule personne dont la vie soit intime-
ment liée au développement et à l'ex-
pansion de cet art merveilleux qui, déjà,
nous a valu des merveilles.
Mr. J. Stuart Blackton est anglais de
naissance, né à Sheffield. Il émiefra très
jeune en Amérique. Il vit, à New- York,
les premières vues d'Edison et alla in-
terviewer celui-ci sur son invention. Le
résultat de Sa visite fut un article où
il prédit le plus bel avenir au cinéma.
Qui eût dit, (pie cet avenir, il le bâti-
rait !
Vivement intéressé par ce qu'il avait
vu, Mr. Blackton acheta un des pre-
miers appareils et s'associa avec un ami,
Mr. Smith, pour en tirer le meilleur
parti possible.
En 1897, alors que les films ordinai-
res ne représentaient que des personnes
ou {les choses en mouvement, Messrs.
Blackton et Smith firent le premier film,
décrivant une histoire. Ce film, long de
5> ». pieds, fut bientôt suivi d'un autre
d'une longueur double.
J. LUFF et LADY DIANA MANNERS
dans la Glorieuse Aventure (J. S. Blackton Prod.)
12
cinea
LA GLORIEUSE AVENTURE
C'est un grand succès d'émotion, de pittoresque, de mise en scène, qui réunit les noms de Lulï
et. Lady Diana Manners avec celui de leur animateur J. Stuart Blackton.
En 1898, Mr. Blackton prit au Cuba
les premières vues de guerres et les
présenta, avec succès, dans les princi
paux théâtres de New-York. La même
année, ils construisirent, dans cette
ville, sur les toits d'une maison, le pre-
mier studio.
En 1899, ils commencèrent à faire des
films établis d'après des scènes de la
vie familière. Ils quittèrent bientôt leur
studio où ils étaient incommodés par la
mauvaise température, la fumée des
maisons a voisinantes, etc., pour un au-
tre emplacement dans la même rue, plus
aproprié à leurs desseius.
Ils produisirent là, « L'Hôtel Hanté »,
qui fut le premier film à « trucs »; ce
film fut un tel succès que 600 copies
durent être fournies pour répondre à la
demande d'un public avide et curieux.
En 1900, Messrs. Blackton et Smith
fondèrent avec Mr. W.-T. Rock, la Vi-
tagraph Compagnie, dont la première
production fut un film de t. 000 pieds,
intitulé « Raffles », adapté de la pièce
célèbre du même nom.
Puis, vinrent des mélodrames, « The
Automobile thieves ». « The escape of
Sing-Sing », qui excitèrent partout l'in-
térêt.
Le succès de l'entreprise, nécessitant
de plus grandes facilités de travail, la
Vitagraph C°, fit construire un impor-
tant studio hors de la ville. C'est dans
LADY DIANA MANNERS
la délicate et brillante créatrice de
La Glorieuse Aventure.
ce studio que fut produit « Gentleman
of France », où, pour la première fois,
apparu un « star » de la scène, Mr.
Kyrie Bellew.
En 1902, après un recrutement judi-
cieux d'artistes, la Vitagraph Stock C"
était organisée ; la première, en date du
genre.
Mr. Blackton produisit alors le pre-
mier film historique, la « Vie de
Washington », avec Joseph Kileour,
autre acteur en renom. Ce fut là le
premier film de « 2 réels ». Mr. Black-
ton produisit ensuite le premier film
de « 3 réels »; « Taie of Two Citi es »,
d'après la nouvelle de Dickens, dans
lequel Norma Talmage joua pour la
première fois.
Parmi les autres productions de Mr.
Blackton, qui marquèrent chacune un
progrès dans la production et la mise
en scène, on peut citer : « La case de
l'Oncle 'foin », « Les Misérables »,
d'après le roman de Victor Hugo; « Oli-
vier Twist », etc..
En 1915, Mr. Blackton présenta « The
Battle Cry of Peaee », œuvre de pitié
forte et sincère, qui montra, pour la
première fois, le pouvoir de propagande
du cinéma.
cinéa
13
On doit à Mr. Blacktou, entre autres
jaovations, l'utilisation des panneaux
peints, des tableaux, et des photogra-
phies, ainsi que les éclairages de fond
qui, depuis, nous valurent maints effets
admirables. Il comprit, un des premiers,
l'intérêt d'une présentation soignée,
dans un cadre impeccable.
Aussi, ouvrit-il, en 1915, le premier
palace du Cinéma, dans Broadway. 11
fonda, également, le premier magazine
traitant exclusivement de l'art cinéma-
tographique.
Eu 1917. Mr. Blacktou, tout en gar-
dant ses intréêts dans la Vitagraph
Stock C°, prit la direction personnelle
d'un autre studio. Il produisit alors
« A world for sale », « Wild youth »,
« l'assers by », etc.
On pourrait croire que ce fut là tout.
En vérité, ce pouvait être « assez ».
Mais, Mr. Blacktou voulut et fit mieux
encore. Cet homme inlassable est re-
venu, en 1920, dans sa patrie d'origine
pour réaliser une grande ambition :
faire des films essentiellement anglais
qui puissent rivaliser avec ceux de ses
amis d'Amérique.
Quel homme, mieux que lui, pouvait
tenter une telle expérience.
M. Blackton présentera, bientôt, sa
dernière œuvre « The Glorious Adven-
ture », mise à l'écran d'après un scéna-
rio de sa composition. Les principaux
interprètes en sont : Lady Diana Man-
ners. Victor Nac Langlen, etc.
Les quelques photos que M. Blackton
a bien voulu réserver pour Cinéa, don-
neront au publie français une idée de
l'ait avec lequel le film fut produit. Nul
doute qu'il ait le succès qu'il mérite.
Pour moi qui l'ai vu, « The Glorious
Adveuture », première super-production
eu couleurs où se résument tous les ef-
forts d'un homme de volonté et de cons-
cience, sera un autre et digue achève-
vement dans l'histoire de cet art, entre
tous, difficile.
Rendons-en grâce à M. Blackton,
pionnier et conquérant, à qui nous se-
ront encore redevables de minutes pro-
fondes. A. -F. Rose.
L'Entente Cordiale
Cinématographique
L'année 1920 a marqué l'expansion du
film français, en Angleterre :
Exportations françaises en Angle-
terre :
Année 1919 9.843.009 pieds
Année 1920 18.044.437 —
Cette expansion n'a fait que croître
d'une façon parfois très sensible :
Exportations françaises en 1921 :
Janviers 3-35°-759 pi«ts
Février 3.636.512 —
Mars 4.634.057 —
Avril 5.105.299 —
Mai 4.450.165
,T"in 3.031.503
Juillet 3.000.657
Chaque mois de nouveaux filins fran-
çais sont présentés, ici, à un public
avide et curieux, tout disposé à rendre
au don et au goût français l'hommage
qu'ils méritent. Je dirais tout de suite
qu'ils le méritent souvent.
En dépit de campagnes plus ou moins
tendancieuses menées, dernièrement,
par delà le « Channel », sur lesquelles
je n'ai pas à m'appesantir, l'anglais
aime le « gay Paris », la « doulce
France ».
Il conserve pour elle comme un fonds
de tendresse,- comme on en a pour un
ami, parfois exhubérant, mais si sin-
cère, si peu gênant, toujours disposé
à plaire. Je crains fort de passer pour
poétique, c'est-à-dire ridicule.
N'est-il pas dangereux, d'ailleurs,
d'avouer un faible, ou une faiblesse,
mais ma foi, tant pis : j'ai celui-ci!
Ou ne s'imagine pas, en France,
comme le peuple anlgais s'intéresse aux
mille et une choses du continent,
au'elles soient conséquentes ou futiles.
On ne peut que regretter qu'il s'agisse
trop souvent des mille et un faits di-
vers parisiens, et puis qu'importe!...
C'est pour lui, comme un peu de lu-
mière, un soupçon de parfum, quelque
chose de délicat, de raffiné. Cela plaît.
Mieux, cela enchante... C'est français.
Voici presque un mot magique, en vé-
rité.
Nous voici loin du cinéma, direz-vous.
Quelle erreur. Ne pensez-vous point
qu'une amitié réfléchie soit préférable
à un penchant, mon Dieu, plutôt fri-
vole, en cela qu'on ne le discute pas. On
ne le discute pas, justement, parce qu'il
est un penchant.
Pourquoi est-il cela? Parce que... Je
sais des gens qui vont sourire.
Hélas ! Faudrait-il que le Français se
résignât à n'être qu'une espèce de feux-
follet, oaré d'une grâce désuète 1830. ou
d'un laisser-aller 1921, auréolé de suc-
cès , laissez-moi dire, antique. Séducteur
sans cloire. car sans conquête, lui suf-
fira-t-il d'être dans les cœurs et non
d^ns les esprits, irrémédiablement.
Le chic français? Oui... La grâce pa-
risienne? Oui... Le plaisir de la Butte.
des moulins et des cafés chantants ?
Oui... Des fleurs, des danses, des sou-
ners fins, des rires. Ouoi encore?
l'apéritif à la terrasse du Cardinal. C'est
ioli. délicieux, agréable.
TTn noint. C'est tout.
T a France est ditrne d'être appréciée
par d'autres moveus. sur d'autres œu-
vres oins durables, bâties selon cette
lutunnïté profonde qui l'anima tou-
iouvs. Chaque manifestation de son ac-
tivité, chacune de ses initiatives, fut le
point de départ d'un nouvel achemine-
ment. Chacune de ses réalisations fut
comme une éclaircie sur 'un monde
hanté, surtout de mauvais rêves.
Cependant, nous qui l'airnons. la
connaissons-nous? A peine. Les jour-
naux français ne cont pas lus en A11-
flet°rre. Les livres n'ont ou'uuc clien-
tèle restreinte. Des magazines, Vie
Parisienne, ou autre du même genre -
je n'en parlerai pas.
Et voici le cinéma, truchement vé-
ridique, porte-parole aux mille voix d'ai-
rain. Il s'adresse à tous, et tous le com-
prennent... Il vient... Nous lui sommes
soumis.
Le cinéma est là pour apprendre au
peuple anglais le véritable cœur de la
France — pour le familiariser avec les
nuances d'une pensée, entre toutes fer-
tile - - pour lui montrer, enfin, son
vrai visage, avide et tourmenté...
Ici, un mot, un nom surgissant « Le
Penseur », André Nox. Evocation qui
contient tout ce qu'on ne peut dire. Le
public anglais a chaleureusement ac-
cueilli cette œuvre forte, avec raison.
Cette raison n'excluât pas le sentiment.
Au contraire.
S'agit-il, avec « Le Penseur », d'un
fait isolé? Non. «»■ J'accuse » fut un plai-
dover remarquable, discuté, mais d'une
valeur non discutable. « Le Carnaval
des Vérités », « Miarka ». L'Appel du
Sang », « L'Ami Fritz », etc., furent
autant d'oeuvres qui défendirent et il-
lustrèrent dignement la cause du peu-
ple français.
Louons-en les Compagnies Gaumont,
Pathé, Stoll, Butcher, etc., qui les pré-
sentèrent.
Le cinéma est le véhicule (véhicule
comme on dit en anglais) le plus sûr
oui soit pour le génie français.
Pui-se-t-il garder toujours ce je ne
sais quoi qui le distingue d'une autre
œuvre étrangère, ce composé d'imagi-
nation, d'heureuse originalité, d'audace,
où l'on reconnaît sa marque « made in
France ». Alors disparaîtra, bientôt,
cette fausse idée qu'on se fait générale-
ment d'un peuple, charmant entre tous,
qu'on dit léger, parce qu'il admire
toute œuvre sincère de confiance, qu'on
dénomme inconstant, parce qu'il aime
t-^iite beauté.
Des réalisateurs tels que MM. Marcel
L'Herbier, Abel Gance, Léon Poirier,
T.éou Mercanton, etc., sont là pour nous
donner confiance, quant à la bonne pro-
pagande des dernières productions fran-
çaises de l'écran.
Qu'ils sachent — et tous les produ-
eers français avec eux — qu'ils ont ici
de nombreux enthousiastes. Il n'appar-
tient qu'à eux de s'en faire des amis,
clairvoyants, et d'autant plus fidèles.
A ce sujet, qu'on me permette d'ex-
primer le vœu de voir projeter égale-
ment en Angleterre, un jour prochain,
les dernières œuvres de Mssrs. Henrv
■Roussell. Louis Delluc, René Henni.
Henri Diamaut-Benrer, etc., dont quel-
ques échos chaleureux me sont déjà par-
venus. Elles trouveront, ici. un public
attentif, et sans nul doute, un succès
mérité. Chacun des deux pays en reti-
rera quelque avantage.
L'entente cordiale est d'abord une en-
tente, c'est-à-dire une reconnaissance
mutuelle de droits et de devoirs. En ce
oui concerne particulièrement les arti-
sans de cet « art » unanime, de devoirs,
il en est surtout un : être sincère, être
humain. Oser, ensuite, et vaincre.
L'homme est partout le même être
anxieux, aux bras tendus, souvent,
hélas ! nu lèvres closes. La parole peut-
elle jaunis tout dire. Peut-elle tout
montrer. La foule qui le contient — en
qui tous, si divers, se rassemblent pour
14
cinea
écouter, et poui frémii îv'est-elle pas
la même sous tous les cieux. soumise
,'i qui sait la prendre? Ne subit-elle pas
partout le même ascendant? I, 'émou-
voir.
Le mot. dit tout : être impressionné
par ce qui meut, par ce qui vit ; le voir.
Le peuple anglais verra que là-bas,
un autre peuple lui ressemble, qu'ils
ont les mêmes joies, les mêmes souf-
frances, qu'ils poursuivent tous deux
les mêmes idéaux. Ainsi sera réalisé la
parole du sage : « Ils ont vu, ils ont
compris ».
LVutente cordiale nécessite-t-elle au
tre chose ?
A. -F. Rose.
•# Réflexions
d'un Optimiste
11 serait vain de nier la dépression
actuelle, le « Slump » de l'industrie ci-
nématographique anglaise.
Des chiffres sont là, hélas! probants:
Exportation durant les sept premiers
mois de 1920: Longueur. 14.414.034 pieds;
valeur, £ 165. 704.
Importation durant les sept premiers
mois de 1921: Longueur, S. 250. 535 pieds;
valeur, £ 96.125.
Des faits: telle Compagie qui a in-
terrompu toute nouvelle production
jusqu'au début de l'année, telle autre
qui s'adonne au leneemeut de films
étrangers; des constatations, les recet-
tes n'ont pas cessé de décroître.
Ci-dessous, les chiffres relevés pour
les trois derniers mois :
Mars £ 1.057.000
Avril £ 1. 017. 600
Mai £ 775-Ioo
Tirer, de tout ceci, que le cinéma an-
glais est près de rendre l'âme, serait
faire montre d'un esprit aussi faible
qu'étroit, n'en déplaise à ces charita-
bles personnes qui 's'apprêtent à le
mettre en terre; cette dépression n'a rien
dont on doive s'alarmer. Elle n'est pas
une exception dont on puisse, impar-
tialement, tirer parti envers et contre
tous ceux qui se sont dévoués à la
cause de cet art — septième de nom —
qui peut-être un jour rayonnera plus
que tout autre. Elle n'est qu'une con-
séquence, d'un état de choses créé par
la guerre, dont n'importe quelle indus-
trie du Royaume-Unis se ressent éga-
lement.
Il n'est que trop vrai que divers fac-
teurs ont nui particulièrement au dé-
veloppement et à l'expansion de l'in-
dustrie cinématorgaphique anglaise —
pystème de louage des films par série et
d'avance (block and Advance-booking),
interdiction de construire de nou-
veaux cinémas (l.nilding ban), l'échec
du cinéma anglais en Amérique et,
d'autre part, l'envahissement du mar-
ché britannique par les films améri-
cains; une production nationale, orga-
nisé, sur des bases douteuses : films
bon marché, faits à la hâte, sans souci
de vérité, sans pouvoir d'émotion; crige
d'argent qui ne permet pas aux produc-
teurs de faire mieux, sinon bien.
Considérons ces diverses causes d'in-
succès, du film britannique, avec rai-
son et surtout avec bon sens. Nous ver-
rons que la situation présente du ci-
néma anglais trouble et mauvaise en
apparence, permet encore, plus que ja-
mais, tous les espoirs.
Block and Acwance-Booking. — Ce
système de louage des films fut dû aux
conditions incertaines d'exhibitions du-
rant la guerre. Il s'est maintenu, jus-
qu'à ces derniers temps, un peu par
la force des choses; les exhibiteurs ne
voulant pas subir une perte sèche en
interrompant leurs achats; ce qui favo-
riserait leurs nouveaux concurrent, et
aussi parce que certaines Compagnies
de louage se refusèrent, pour leur part,
à annuler les anciens marchés.
Le Bloc and Advance-booking est, ce-
pendant appelé à disparaître prochaine-
ment; la majorité des Directeurs de ci-
némas s'étant rendu compte qu'un statu
quo signifierait la perte de leur clien-
tèle.
Aussi, se sont-ils prononcés contre
lui dans une réunion, qui se tint en fé-
vrier dernier, où furent représentés les
principales branches de la K.E.A.
La Compagnie Hepwort, une des plus
importantes Compagnies anglaises, a
déjà mis en vigueur, depuis 1920, un
système plus rationnel et combien plus
apprécié. Ses films sont présentés au
public trois mois après leur présenta-
tion privée (trade-show).
Après maints tiraillements, entre
loueurs, exhibiteurs et producteurs,
après d'âpres discussions sur la ques-
tion de savoir lesquels d'entre eux per-
draient le moins de plumes, un agré-
ment est enfin intervenu, qui se résume
comme suit :
i° Les marchés, déjà passes, seront
valables, qui concernent des filins de-
vant être livrés aux exhibiteurs avant
le ier janvier 1923.
20 Aucun louage de films à livrer
après le 31 décembre 1922, à moins que
ces films n'aient fait ou ne fassent l'ob-
jet d'une présentation privée, antérieu-
rement au icr janvier 1922.
3° Présentation privée de toute nou-
velle production, dans les trois mois qui
suivront sa registratiou.
40 Aucune nouvelle production ne
pourra être louée avant qu'elle n'ait
fait l'objet d'une présentation privée.
50 Obligation de livrer toute nouvelle
production dans les six mois qui sui-
vront sa présentation privée.
6° Les marchés qui seront passés à
des films devant être livrés, après 1923,
non encore produits ou présentés, se-
ront sujets à annulation.
On voit que c'est là, en quelque sorte,
le dernier coup porté à un système né-
faste, car bon gré mal gré, tous les
exhibiteurs devront se rallier à cet
agrément. Nul doute que dès la pro-
chaine saison les amateurs de cinéma
pourront apprécier les dernières produc-
tions britanniques de valeur, au lieu
d'être contraints par un Directeur qui
n'en peut, mais de suivre les péripé-
ties harassantes — harassantes pour
eux — de drames, de mélodntmmes et
de comédies périmées.
Les productiu)is anglaises sur Us
marchés étrangers. — Les producers
anglais ont fait un sérieux effort en vue
de reprendre pied sur le Continent et
en Amérique.
En France, la majorité des films ex-
portés ont été présentés avec succès;
aussi, les transactions entre les deux
pays n'ont-elles fait que croître.
Exportations anglaises, en France :
positives négatives
Année 1916 270.300 ii.t
Année 1917.... 515-827
Année 1918. ... 1 . 81 .877
Année 1919- • ■ . 2-087. 089 944 . 75 1
L'année 1920 marque encore un sen-
sible progrès.
Eu Italie, le film anglais s'est égale-
ment implanté (exportation eu 1
2-837.434); en Hollande (exportation,
1.772.325); au Brézil, en Argentine, etc.
En Amérique, l'introduction du film
anglais fut un fait d'une certaine va-
leur, s'il faut en croire la mesure de
prohibition demandée par quelques
stocks, Compagnies américaines. Le pro-
ducteur anglais sait maintenant où il
va et ce qu'il veut. Les Compagnies
Hepwort et Stoll (cette dernière, pal
l'entremise de Pathé),ont chez eux un
débouché certain; leurs nouvelles pro-
ductions seront la meilleure des propa-
gandes. Dans les Dominions, Cansda,
Australie, aux Indes, également, le
film anglais a obtenu un tarif de fa-
veur. Son succès est donc certain,
pourvu que sa valeur soit sans conteste.
En ce qui concerne tout particulière-
ment les Indes, une Compagnie anglo-
indienne, The British and Orienta!
Films Ltd, est actuellement en voie de
formation. Son capital prévu est de
£ 600.0 o. Ses buts : produire et dis-
tribuer des super-productions anglaises
et indiennes, respectivement dans cha-
cun de ces pays.
Quant à la distribution des produc-
tions anglaises, la formation d'une as-
sociation indienne, dépendante, est en-
visagée, cpii aura pour objet la cons-
truction et le contrôle de nombreux et
nouveau palaces du cinéma, aux Indes.
Le Directeur de The British a)id
Oriental Films Ltd, est M. Bertrand
Phillips, manager bien connu de la
firme B. P. Ltd, de Londres.
Pour peu que la situation le permette,
les producers anglais augmenteront
leurs débouchés en Autriche, dans les
Balkan -, en Russie, etc.
Nous pouvons donc leur faire con-
fiance. Ils sauront continuer ce qu'ils
ont si bien entrepris.
Le Cinéma anglais au point de vue
financier. — En 1019, l'entrée de gros
capitalistes dans l'industrie, Lord Bea-
verbrook entre autres, eut un énorme
retentissement. Le cinéma anglais mar-
qua alors un sensible avantage. Diver-
ses importantes Compagnies de produc-
tion ou de louage : Stoll, Idéal, Pâmons
Players Lasky, General, etc., augmen-
tèrent leur capital.
Malheureusement, des œuvres faibles,
hors de date (Voir Block et Advance-
booking), éloignèrent le public mal à
propos. La crise économique et les dif-
férentes grèves qui eu furent la consé-
quence, la menace d'un impôt sur le ca-
cinea
15
pital; d'autre part, la faillite de diver-
ses entreprises : la London Film C°, le
Palace, etc., arrêtèrent un nouvel afflux
ft'argent.
Cependant, tout, c'est-à-dire nombre
de faits, laissent prévoir une orienta-
it n diliérente des banquiers à l'égard
du cinéma : l'introduction du film an-
glais sur les marchés étrangers, le goût
marqué du public pour des films d'une
réelle valeur artistique et documentaire:
à valeur égale, la production anglaise
sera préférée à l'américaine; l'agrément
intervenu entre les membres des trois
associations cinénnatograpihques' du
pays (industriels, loueurs, exhibiteurs),
relatif à la suppression de l'Advanee-
bookiug; enfin, pour terminer, l'appro-
che de la nouvelle saison qui marquera,
espérons-le, le début d'une ère de pros-
périté.
Building ban., — L'interdiction de
construire des nouveaux cinémas fut
néfaste à l'industrie anglaise. Interrup-
tion du louage pendant quelques mois,
ou création de nouveaux débouchés, là,
était le remède à son état de cougestiou-
aenient.
Les 3.5c > cinémas actuels ne suffisent
pas pour rémunérer ou pour amortir la
mise de fonds, de plus en plus impor-
tante, que nécessite la fabrication d'un
bon film. Leur capacité moyenne est
d'ailleurs minime: 1.200 à 1.500 places.
La défense, justifiée, des County Cou-
cil, de construire des établissements,
dénommés à tort « de luxe », a donc
mis les Compagnies anglaises dans
l'obligation de sauver (to save),par tous
les moyens possibles, le capital engagé.
Le principal ed ces moyens fut — La
Palisse l'eût pensé - - la réduction du
coût du film. Comme si un mauvais film
pouvait être autre chose qu'une mau-
vaise affaire.
Ou a essayé de remédier à la situa-
tion, en transformant les salles de théâ-
tre en cinémas. Tel fut le cas des théâ-
tres les plus célèbres de Londres : l'Em-
pire et l'Alhambra, à Leicester Square,
le Palace, dans Shafstertury avenue.
Quelques autres ont leur saison consa-
crée au cinéma; London Pavillon, Win-
ter Gardeu. On agit de même en pro-
vince.
Ceci est tout à fait insuffisant, il va
sans dire. Que sont 200 cinémas de plus
sur un territoire qui en nécessite 2.000!
Quoi qu'il en soit, il est bon de sou-
ligner ici cpie cette transformation aura
prouvé aux capitalistes qu'un bon film
pouvait être, à l'instar d'une bonne
pièce, une mine d'or. L'Alhambra qui
ouvrit, le 8 août, avec un spectacle
cinématographique ne réussit pas avec
« Le Bigamiste ». Il ne faut en accuser
que le film. Par contre, ce théâtre fait
salle comble avec « The Old Nest »
(production Goldwyn). Lu seul film -
un bon — et c'est assez; tel est l'avis du
publie. Les capitalistes se rendront à
l'évidence.
On ne peut, on ne doit pas désespé-
rer. D'ailleurs, le building ban, tout
{récemment, ne fut pas si strict qu'on
put le croire. Dans les faubourgs de
Londres, principalement, en province,
des nouveaux cinés ont pu ouvrir (aug-
Imentation totale en IQ20: i6n). Dans
certains cas, les intéressés en ont ap-
CHARLIE CHAPLIN
est venu en Europe, acclamé,
mais discret et calme. Il a séjour-
né à Londres, à Berlin, à Paris, a
Lympne chez sir Philip Sassoon.
Il a vu le moins de journalistes
possible, il a évité les banquets
et les manifestations grandioses.
Il s'est promené dans les bars
intimes, les cafés littéraires, les
cirques, les music-halls avec ses
amis Georges Carpentier, Harry
Pilcer, Jacques Copeau, les frères
Fratelb'ni. etc. Il ne consent à se
montrer que dans des galas de
bienfaisance. Nous l'aimons de
plus en plus. :: ::
pelé devant les tribunaux. Ils ont ob-
tenu gain de cause.
De nombreuses Compagnies se sont
formées pour acheter des blocs de mai-
sons... et attendent des jours meilleurs.
La Stoll C° est ainsi prête « faire cons-
truire le plus grand cinéma de Londres,
le Stoll picture palace qui contiendra
5.000 places. Ce cinéma aura cette heu-
reuse originalité qu'il communiquera
directement, d'une part, avec le métre
(Baker street station); d'autre part, avec
le chemin de fer (Bakerloo station).
Voilà bien le progrès ! Quand verrons-
nous la plateforme pour l'aéro de Ma
dame ?
Croira-t-on qu'en dépit de ce palace
monstre, un confrère a acheté — exac-
tement en face, dans la même rue —
un édifice qui subira une semblable
transformation. Que nous disait-on de
l'incompréhension des capitalistes !
Puissent les Services Administratifs
être aussi intelligents qu'eux.
Pourquoi ne le seraient-ils pas ? Pour-
quoi refuseraient-ils plus longtempsdroit
de cité au cinéma. Son poiuo.r formidable
de propagande ne fait-il pas de lui le
meilleur et le plus sûr agent de la
suprématie britannique, sur tous les
points du monde.
Faisons confiance au Gouvernement,
comme nous faisons cou fiance, à pré-
sent, aux producers. Ceux-ci se sont
rendus compte que l'enthousiasme du
publie était à toute œuvre de mérite,
d'où qu'elle vint. Aussi, peuvent-ils
faire crédit pour leur part, à l'intelli-
gence capitaliste .Ces derniers, sans
doute, le leur rendront bien.
A. -F. ROSE.
Propos séVères /...
Mais /...
Diable; me suis-je dit, en y pensant,
et je fus bien près de résigner ma tâ-
che. Considérez que mon préambule
était ceci :
Le cinéma anglais en dépit de la
grosse publicité qui l'accompagne, poui
ne pas dire de prime abord qu'elle le
soutient, — traverse, actuellement, une
crise très sérieuse. Il étouffe et s'atro-
phie, serré dans des formules comme
dans un carcan, alors que là, tout près,
devant des yeux qui ne savent voir, ni
comprendre, ou simplement qui ne veu-
lent pas voir — il y a l'air libre et la
lumière, les nuances, les rêves, toute
la bonne chanson... la vie sincère, en-
fin... la vie !
La concurrence^ trop exclusivement
commerciale, qui sévit entre la plupart
des Compagnies londonnienues, — cha-
cune visant surtout à surprendre les se-
crets de polichinelle du voisin — les
entraîne parfois, trop souvent, vers des
réalisations — qu'elles disent — où l'art
n'est plus qu'un artifice maladroit.
Aussi le public, qui n'est pas ce qu'un
vain advertiser-specialist pense, est-il
excusable de ne pas leur être irrémé-
diablement dévoué.
16
cinea
A voir la généralité des productions
présentées durant ces deux dernières
années visées, super-visées, master-
pièces, ou all-cast starring — on pour-
rait croire toute véritable humanité,
bannie de cet art, maître du temps,
pour la plus grande gloire d'une mé-
diocrité latente. Direction jusqu'ici im-
puissante à déterminer, et à suivre des
conditions saines de production — man-
que de capitaux suffisants pour l'exé-
cution de « beaux films » — étant en-
tendu que ces beaux filins existent; tel-
les sont les deux causes principales du
malaise profond qui affaiblit l'industrie
britannique, auxquelles tous les pala-
bres et tous les dythirambes ne peuvent
pallier.
L'art exclu du temple, ou tout au
moins singulièrement mitigé, voit ^on
prestige diminuer chaque jour, d'autant
plus que la situation économique du
pays laissant à désirer, le publie res-
treint ses dépenses, délaissant l'agréa-
ble ! pour l'utile.
Quoi faire ? Question angoissante que
se pose chaque « manager » soucieux
des intérêts de sa Compagnie, et des
siens propres.
Quoi ne pas faire ? pourrait-il se de-
mander plutôt, et ceci serait déjà une
bonne solution du problème.
« The end of boom » annonça un jour-
nal du métier, et ce titre était bien si-
gnificatif. La fin d'un engouement, oui,
cela est exact. Mais ne devait-on pas
prévoir cette réaction inévitable, natu-
relle même, qui suit régulièrement la
fin d'une vogue, d'une mode ou d'une
célébrité, et qui atteint aujourd'hui le
cinéma anglais de façon si fâcheuse.
Depuis bientôt un an que des indi-
ces formels l'annoncèrent, n'aurait-on
pas dû s'organiser afin d'en atténuer
autant que possible les >déplorables ef-
fets. Il eut suffi de vouloir « bien faire »
en dehors de considérations d'ordre sur-
tout monnayables.
Du point de vue technique, le cinéma
anglais, dans maintes œuvres, s'est
montré à la hauteur de ses rivaux. Il
possède aussi nombre d'artistes de ta-
lent. Que fallait-il de plus pour réaliser
des œuvres de valeur, caractéristiques
d'un génie national universellement
estimé et reconnu, lesquelles eussent
affermi les crédules, entraîné les hési-
tants ! Des capitaux. Cela n'est que
trop vrai; mais aussi et surtout des ca-
histoires neuves, fortes, remplies de
sève, où la beauté eut été autre chose
qu'une élégance, où l'amour eut été au-
tre chose que tout ce que vous en avez
vu... et le reste !... histoires où la vie
eut été puissante, litre et sincère, his-
toires de tendresse et de pitié. Qu'a-
t-on fait pour les trouver ? Rien ou
l'eu de chose. A part d'heureuses et
trop rares exceptions, le cinéma anglais
vit presque exclusivement sur sa litté-
rature choisie avec plus ou moins de
discernement, alors que son essence
exige qu'il soit un art absolument dis-
tinct, ayant ses lois — celles de la na-
ture, ses caractères — ceux que vous
préférez, ses raisons d'être... et son
destin ! Conséquence d'une telle façon
de produire, il est peu de cas où la
maîtrise du metteur en scène puisse
vraiment s'employer. Sur environ 2.500
films enregistrés durant ces trois der-
nières années, seules une douzaine
d'œuvres méritent d'être signalées et
revues. Je citerai entre autres : Nothing
else matters et Garryowcn (Welsh Pear-
son C°J. — Alf Button et Amazing quest
of Mr. Ernest Bliss (Hepworth). Demos
et Wuthering Heights (Idéal). — Car-
nival (Alliance Film Corporation). —
Call of the Road (L. B. Davidson). -
Duke's sou (G. Clark Prod). — Kipp,
At the Villa Rose (Stoll). — Snow 111
the Désert (Broadwestj.
Qu'on s 'étonne après cela que le film
anglais soit si peu apprécié dans son
pays d'origine, où il ne figure sur les
programmes que dans une proportion
maximum de 30
Actuellement, plus que jamais, la si-
tuation eu Angleterre est critique. Il
s'agit de reprendre sinon de maintenir
la confiance d'un public déjà plus clair-
voyant, eu ne lui présentant que des
films impeccables qui puissent l'émou-
voir, et même l'empoigner. A quoi bon
continuer ces bandes « machine made »
cpii sont comme un défi à son bon sens
et à sa raison. A quoi bon ces comédies
puériles, ces mélodrames cent fois res-
sassés où la longueur le dispute à l'en-
nui, l'ennui restant dernier gagnant et
pour cause ! .Selon l'heureuse formule
de Mr. Hepworth, le moment est venu
de ne mettre sur le marché que des
films bel et bien « produced » et non
plus « manufactured ». A cette condi-
tion, la vitalité dit cinéma anglais sera
sauvegardée. A. F. Rose.
AU STUDIO
La Stoll Compagnie possède, actuelle-
ment, le studio le plus important et le
mieux équipé d'Angleterre. Sis à Crick-
lewood, dans le faubourg nord-ouest de
Londres, tranquille et verdoyant, pro-
che de tous moyens de communication,
ce studio est un modèle du genre.
J'y fus, il y a quelques temps, ayant
à quérir certains tuyaux sur le film
en couleurs, sensationnel, que Mr. J.-S.
Blackton y prépare pour sou propre
compte, qui s'intitule « The Clorions
Adventure ».
Le bâtiment, vu du dehors est im-
posant. Limité par trois rues, il couvre
une superficie de 9.000 mètres carrés.
Erigé originalement en tant qu'usine
d'aéroplanes, il convenait ou ne peut
mieux pour sa destination présente. Ma
première visite datait d'il y a huit mois.
A ce moment, les travaux nécessaires
d'installation n'étaient pas encore ache-
vés. — Aussi, fus-je médusé du change-
ment.
Dès l'entrée, une impression de
grandeur, de force, vous parvient, de
discipline aussi. Des gens liassent af-
fairés, des coups de sifflets vibrent, au-
toritaires. Dans le vestibule, sur une
pancarte, je lis : Mr. Maurice Hclvcv — ■
in —M. G. Rigwell — in M. Martin
Thortou — in — M. .Sinclair Hill — ont
Mr. Maurice Elvev, travaille.
Je tombe bien, ma fo;.
M. Joe GrosSinan, studio manager.
me reçoit avec ce sourire affable, qui le
fait paraître encore plus jeune, ■ on
lui donnerait 25 ans — et, après les pre-
miers mots de bienvenue, me remet aux
bons soins d'un assistant.
— Vous vous perdriez, me dit-il ?
Lt moi qui ne suis pas Prince Char-
mant ! Qui sait, j'eus pet-êtic trouvé,
dans la Glorieuse Aventure, gente Cen-
drillon.
D'abord, les lieux réservés pour la
production. 11 y en a trois, couvrant res-
pectivement 800, 600 et 400 mètres car-
rés. Ils occupent la partie centrale de
l'édiffice, le plus petit étant superposé
au plus grand. Celui-ci affecte la forme
d'un L, étant entaillé par le magasin
des décors et accessoires, — ou rien nu
manque, sauf un beau désordre — et
la pièce qui renferme les dynamos. Le
second, principal emplacement, est nu
peu en surélévation.
Il est équipé de telle façon que le pie-
ducer qui l'occupe (Mr. J. Stuart Black-
ton), eu dispose, peut y travailler en
toute indépendance, sauf, naturelle-
ment, en ce qui concerne l'énergie élec-
trique et les décors, lin large ateliei
de menuiserie fait suite à ces deux em-
placements, contenant huit établis de
taille, et tout l'outillage voulu.
Toutes les pièces de menuiserie, né-
cessaires aux divers producers, sont
faites ici. Est-il besoin d'ajouter qu'on
n'y chôme pas.
Un peu plus loin, agencé de façon
à ce qu'on n'y perçoive pas le choc des
marteaux, le sifflement des scies, se
trouve le bureau des dactylo-. Cinq île
ces charmantes pensionnaires, quatre
blondes une brune, s'emploient à faci-
liter le travail des artistes. Chaque
scène d'un scénario est tapée séparé-
ment sur une feuille, le verso de la-
quelle est une fiche qui donnera toutes
les indications nécessaires pour l'éla-
boration du rôle, du jeu, et du costume,
maquillage compris.
Revenons sur nos pas. Voici le res-
taurant, qui comporte trois salles par-
faitement installées : l'une (réservée
aux étoiles et aux Directeurs, la se-
conde pour les artistes, la troisième
pour le personnel. Puis la cuisine qui
doit être échappée de la Maison Elec-
trique, visitée à Paris, naguère.
Un peu plus loin, les deux magasins
d'habillement ou quiconque, homme ou
femme, peut trouver chaussure à son
pied, déguisement à sa mesure.
Viennent ensuite les offices (3 pièces),
réservées à chacun des six producers de-
là Stoll C°. Bureau Standard, fauteuils,
bibliothèque, des photos, le téléphone;
c'est confortable.
En face, dans la galerie du rez-de-
ehaussée, sont les bureaux des Direc-
teurs, une belle salle de projection, le
bureau où se fait le recrutement et 1;
répartition des artistes.
Je mentionnerais, enfin, les différen-
tes salles où se font les divises mani-
pulations du film : celle pour le déve-
loppement du négatif (7 m. 50 x 4 m.),
pour l'impression (6 m. x 3 m. 50),
pour l'impression positive (7 m.x6 m.),
pour le lavage (15 m. x S m.), la pièce
pour l'ensemblage {\.: m. •■ =; m.), pour
le séchage (15 m. y fi m. 50), et le per-
forage (3 m. x 3 m.).
cinea
Au premier, tout au long d'une ga-
lerie se trouvant sur le pourtour de
l'édifice, sont les loges des artistes, spa-
cieuses, bien aérées et bien meublées; la
pièce où l'on fait les sons-titres et celle
où L'on prend les clichés. Le studio pos-
sède 20 lampes à mercure Cooper
Hewitt, trois Sunlight 20 Wohl broad-
sides, 16 Wohl projecteurs ; ceci, sans
compter le menu fretin, 10 lampes
Kleigl de 70 ampères et trois de 100
ampères, entre autre :
Mr. Grossman m'affirme cpie c'est là
l'équipement le plus formidable qui soit
en Europe. C'est bien possible. L'or-
ganisation complète à coûté £ 400.000.
Son personnel comprend 300 personnes.
Mais, je voulais voir Mr. Helvey. Je
reprends ma marche — Dieu ! qu'il fe-
rait bon s'assoir à l'ombre d'un vrai
chêne! --et monte enfin sur le deck-
floor. Des ouvriers, non loin, érigent
quelques échaffaudages.
Dans un décor, donnant l'impression
d'une salle à manger rustique, Miltoii
Kosmer joue une scène de « The ro-
mance of Wastdale, d'après la nouvelle
de A.-E.-W. Mason. Les lampes à mer-
cure mettent sur son visage une teinte
livide et lui donnent l'aspect d'un res-
capé.
Mr. Llvey se lève... Un coup de sif-
flet... I,e silence... On tourne...
— « Que faites- vous de neuf, Mr.
Llvey ? »
— « Des silhouettes. Tenez, voici
quelques spécimen, celuici vous plaît.
l 'renez.
- « Mon opinion sur le cinéma an-
glais ! 11 manque de capital et d'imagi-
nation. Nous pourrions cependant faire
de belles choses. En France, il y a de
l'imagination. Aussi je suis pour une
échange de bons procédés, je veux dire
de bons films.
— « J'aime beaucoup la France. J'y
fis, d'ailleurs, de nombreux et longs
séjours. J'ai tourné un peu dans tous
ses coins, si l'on peut dire. A Nice,
naturellement, — voici des souvenirs ---
en Auvergne, ailleurs. Je repartirais
pour Bordeaux avant la fin de l'innée.
— « .Sherlock Homes a eu du succès.
m'a-t-011 dit.
— « Oui, le film plaît. Ellie Norwood
ist excellent...
Et quels sont vos projets?
— « ...Prendre une tasse de thé. Vou-
lez-vous? c'est l'heure. »
Mr. Maurice Elvey est un homme
Inarmant.
iLe BoardofCensors" !
Pu égard à la décision adoptée par
lis membres de la K.E.A., de ne présen-
ter dans leurs salles que des films ayant
eu l'approbation du Board of Censors,
li presque totalité de la production an-
glaise est soumise à ce dernier. Celui-
ci édite, mensuellement une liste des
films ayant eu son visa, et l'envoie au\
autorités qualifiées dans chaque pro-
vince, lesquelles en donnent connais-
sance aux Directeurs de cinéma de leur
ressort.
Le Board of Censors n'est pas une ins-
titution gouvernementale, «c'est-à-dire
GUY NEWAL
Vedette de la Georges Clark Prod.
qu'il ne dépend pas d'un quelconque
ministère. 11 a été fondé en mars 1913,
ur les suggestions du .Secrétaire d'État
à l'Intérieur, eu tant qu'organisation
du métier (trade organisation). 11 fonc-
tionne sur des bases absolument indé-
pendantes.
Sou seul objet est de considérer si les
films produits sont « suitable », c'est-
à-dire (la traduetipn ne rend pas exac-
tement le sens du mot), s'ils convien-
nent ou non pour la projection dans
un cinéma usuel. .Son indépendance
étant garante de son impartialité, sa
décision, à ce sujet, est sans appel.
Il y a lieu de souligner qu'elle est par-
tout et toujours respectée.
Il intéressera peut-être les Compa-
gnies françaises, le public français éga-
lement, de savoir que le Board of Cen-
sors est la seule organisation autorisée
- reconnue, — d'autre part, par le gou-
vernement anglais.
Les County Concil n'ont pas le droit
d'interdire un film qu'il a accepté, ils
s'en remettent entièrement à ses juge-
ments. Aussi, ceux-ci ont-ils force de loi
sur toute l'étendue du Royaume.-TTnis.
Les certificats délivrés par le Tîoard
of Censors sont de deux sortes : dénom-
mée U et A ; le certificat V indiquant
que !• film peut passer dans n'importe
ouel programme ; le certificat A spéci-
fiant que le film en question ne convient
nlutôt nue nour exhibition devant un
milieu d 'adultes.
Poir- tout film soumis au Bonn! of
Censors, les industriels et loueurs
payant à celui-ci une redevance", calcu-
lée à raison de 1 shilling par cent pieds
ou partie moindre. J.e droit minimum
est de 5 sh. Une copie du certificat doit
être fournie ainsi à l'exhibileur.
Quoique des journalistes, en mal de
copie, aient pu en dire, le Board of Cen-
sors, sous l'intelligente direction de
Mesrrs. O'Counor Présidence ; Booke
Wilkinson .Secrétaire, a prouvé son uti-
lité, n'étant pas un organisme admi-
nistratif, contraire, par principe, à toute
initiative, retelle à toute heureuse ori-
ginalité.
D'ailleurs, nous ne sommes pas en-
core, hélas ! arrivés à cette période de-
perfection où, sans vice et sans bassesse,
nous pourrons contempler le monde et
la vie recréée à notre image, avec un
bonheur naïf de grands enfants...
Durant l'année .1919, 3.421 films ont
été soumis au Board of Censors, repré-
sentant une longueur de 6.233.155 pieds
(longueur totale depuis sa constitution:
87. 719.479). Sur ce nombre, 2. 311 filins
ont reçu le certificat U; 829 ont eu le
certificat restrictif A; 28 ont été refu-
sés formellement. Le reliquat, soit 253
filins, ont été retenus pour une plus
ample considération.
Parmi les diverses raisons qui ont mo-
tivé le refus définitif ou provisoire du
Board of Censors, je soulignerais les
suivantes :
Mise en relief de l'infériorité des ra-
ces de couleurs ;
Scènes tendancieuses ayant pour but
de faire naître ou d'accentuer les haines
de race ;
Scènes relatives à l'usage des dro-
gues ;
Cruautés envers les animaux ;
Film où le crime, où le meurtre est
l'attrait dominant.
On peut se rendre compte, par ces
quelques exemples que la tâche du
Board of Censors n'est pas vaine, et
qu'il serait sot de la plaisanter, à l'ins-
tar du plus commun des pamphlétaires.
La censure ne peut jamais être qu'un
pis-aller. D'accord. Mais tant que le ci-
né lia ne sera pas entré dans les mœurs
comme dans un spectacle régulier, sain,
agréable, intéressant, e'est-à-dire tant
que les producers n'auront pas le cou-
rage de faire des films avec l'idée de
réaliser une (ouvre d'art et non pas
une affaire, ce pis-aller vaudra encore
mieux qu'une licence où tous les désor-
dres et tous les dérèglements sont per-
monstre.
mis avec aggravation d'une publicité
Ne disons pas que la censure est illé-
gale, absurde, néfaste, qu'elle est un
empêcheur de tourner en grand. Ne la
rendons pas responsable des mauvais
filins, dont un public averti, heureuse-
ment, se rédime.
Il me suffit de savoir, qu'eu dépit des
mauvais marchands, le cinéma — mer-
veilleux instrument de propagande et
de civilisation — est un art, et rien que
cela. Son but est l'idéal que nous pour-
suivons. « Honni soit qui ne veut pas
le reconnaître. »
Il m'importe peu, quant à moi, que le
Board of Censors fasse ou non œuvre
saine.
Que Messieurs les Producers com-
mencent. A. -F. RosiC.
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14 OCTOBRE 1921 - N° 23
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Les Grands Films
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The BIG
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La dél
France
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MARY PICKFORD
icieuse interprète de tant de comédies d écran est arrivée à Paris avec son mari, Douglas Fairkanks, et s'apprête à tourner en
un nouveau grand film. En attendant, nous allons applaudir l'incomparable Mary dans Pollyanna, sa plus récente et
sa plus émouvante création.
LES GRANDS FILMS AMÉRICAINS 44
*
Çpawmoiuib
M AH MURRAY dans Liliane
Une moue délicieuse, les yeux
spirituels, une sorte de i;ràce
ironique et le corps le plus libre-
ment photogénique présente par
l'écran, c'est Maë Murray, la
charmante girl devenue star,
particulièrement brillante dans
Liliane où une mise en scène
exquise souligne de son éclat et
de son imprévu les séductions
de la jolie interprète.
Le Succès
par la Sélection
PI
des Films
LES PUISSANTS
SOMPTUEUX
US RÉCENTS
L'HOMME INCONNU
Drame d'angoisse
LA CHANTERELLE
Drame d'amour et d'aventures
LE COLONEL DU KENTIICKY
Comédie dramatique
avec
BESS1E BARR1SCALE
LES COMPAGNONS DE LA MER
Grandes aventures maritimes
Pour la Vente à l'Etranger
de la Production TRIOMPHE
et la Location :
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33, rue de Surène, Paris (8e)
— Télégramme : Eorcomser —
Télép. Elysée .- 2j-3o ey 2^-So
(THE KID)
de CHARLES CHAPLIN
cmea
M PROGRAMMES M
DES CINÉMAS DE PARIS
du Vendredi 14 au Jeudi 20 Octobre
ae ARRONDISSEMENT
Salle Marivaux, 15, boulevard des
Italiens. — Louvre 06-99. — L'éternel fémi-
nin. — Pour l'humanité.
Parisiana, 27, boulevard Poissonnière.
Cbi'{ les Cannibales, 9e étape. — Onésime
mousquetaire. — La fiancée du Cozv-Boy. —
Le méchant homme. — Dudule apprenti
guerrier. — En supplément de 19 h. 3o à
20 h. 30 : Le loup dans la bergerie.
Omnia-Pathé, 5, boulevard Mont-
martre.— Les trois mousquetaires, premier
épisode. — Le scandale de Fattv et de
Pieratt. — Supplément facultatif : Le sept
de trèfle, ce épisode.
Electric-Palace, 5, boulevard des Ita-
liens. — L'idole brisée. — La Russie rouge.
— Miss Fattv au bain. — Supplément facul-
tatif : Nick Winter et ses aventures. 9e épi-
sode.
A partir du 4 Novembre, le
: film de Charles CHAPLIN, l
\ "LE GOSSE" (The Kid)
passera en excluvioité dans les ■
: établissements suivants :
m m
: Ciné Max Linder, 24. Boulevard j
: Poissonnière. :
■ ■
Tivoli-Palace, 17, Faubourg du :
: Temple.
Palais-Rochechouart, 56, Boule- •
: vard Rocllechouart. :
■ ■
• Demours-Palace,7, rueDemours. ■
■ Montrouge Palace, 73, Avenue ;
: d'Orléans.
Voltaire-Palace, Rue de la ■
! Roquette.
■ 1 ■
Grenelle-Aubert-Palace, 122. ■
: Rue du Théâtre.
3e ARRONDISSEMENT
Pathé-Temple. — L'Affaire du train 24,
8e épisode. — Chariot a débauche Fattv. —
Ultime roman. — Les trois mousquetaires.
premier épisode.
Palais des Fêtes. — 8. rue aux Ours. —
Salle du rez-de-chaussée. — Saturnin bon
allumeur. — La Russie rouge. — A quatorze
millions de lieues de la terre. — Les /rois
mousquetaires, premier épisode.
Salle du Ier étage. — BU ïy victime du
mariage. — L'homme à la lèvre tordue. —
/.<■ journalisme mené à tout, — L'Orpheline,
premier épisode.
4e ARRONDISSEMENT
Saint-Paul, 73, rue Saint-Antoine.
— Le sept de trèfle, 5e épisode. — Peppina.
— La Russie ronge. — A 14 millions de
lieues de la Terre.
5e ARRONDISSEMENT
Mésange, 3, rue d'Arras. — Lui... sur
des roulettes. — L'Affaire du train 24,
7e épisode. — Les trois mousquetaires, pro-
logue. — La Terre.
Chez Nous. — 76, rue Mouffetard. —
L'envol. — 5.000 dollars. — Le renard et
le corbeau. — Oh ! la paix. — Le masque
rouge, 5e épisode.
Saint-Marcel, boulevard Saint-Marcel.
— La Terre. — Les trois mousquetaires,
prologue. — La Russie rouge. — L'Orphe-
line, premier épisode.
6e ARRONDISSEMENT
Cinéma Récamier, 3, rue Récamier. —
L'Affaire du train 24, 7e épisode. — La
danse de la mort. — La Terre. — Les trois
mousquetaires, prologue.
7e ARRONDISSEMENT
Cinéma Bosquet, 83, avenue Bosquet. —
Che{ les Anthropophages, 8e étape. — La
momie. — Les déboires du vicomte. — Le
sept de trèfle, 4e épisode. — Bill Bockey veut
gagner cent sous. — La belle inconnue.
8e ARRONDISSEMENT
Théâtre du Colisée, 38, avenue des
Champs-Elysées. — Elysées 29-46. —
L'éternel féminin. — Pour l'humanité. —
En soirée seulement : La Russie rouge.
9e ARRONDISSEMENT
Cinéma-Rochechouart, 66, rue de Ro-
chechouart. Trudaine 67-89. — Sport nau-
tique. — Le mari à la campagne. — Billy
dans le pétrin. — L'Orpheline, premier
épisode.
Delta-Palace-Cinéma. 17, boulevard
Rochechouart. Trudaine 67-89. — Miss
Fattv au bain. — Zigotto et les apaches.
— Parmi les Peaux-Rouges. — Le sept de
trèfle, se épisode. — Une loi humaine.
10» ARRONDISSEMENT
Tivoli, u). faubourg du Temple. —
Le scandale de Fattv. — Peppina. — La
Russie rouge. — Les trois mousquetaires.
premier épisode.
11e ARRONDISSEMENT
Voltaire- Aubert-Palace, 9s, rue de la
Roquette. — Sibémol l'audacieux.— Peppina.
— Nick Winter et ses aventures, vf épisode.
— Les trois mousquetaires, premier épisode.
12e ARRONDISSEMENT
Lyon-Palace, rue de Lyon. — La Russie
rouge. — L'Orpheline, premier épisode. —
La danse de la mort. — Les trois mousque-
taires, premier épisode.
i3e ARRONDISSEMENT
Gobellns, 66, bis Avenue des Gobelins.
— Lui... sur des roulettes. — L'affaire du
train 24. 7e épisode. — Les trois mousque-
taires, prologue. — La Terre.
14e ARRONDISSEMENT
Qaité, rue de la Gaîté. — Lui... sur des
roule/tes. — L'affaire du train 24, 7e épi-
sode. — Les trois mousquetaires, prologue.
— La Terre.
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Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle.
— La grande montagne. — Mascotte court
le Derbv. — Le journalisme mène éi tout. —
Zigoto douanier.
Régina-Aubert-Palace. 155, rue de
Rennes. — Nick Winter et ses aventures.
9e épisode. — La nouvelle adepte. — Les
trois mousquetaires, prologue. — La Terre.
Grenelle Aubert-Palace. 141. avenue
Emile Zola (36 et 42 rue du Commerce). —
Peppina. — Les trois mousquetaires, prolo-
gue. — La Terre.
cinea
ALLA NAZIMOVA
dans La Danse de la Mort
15e ARRONDISSEMENT
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Lui...
sur des roulettes. — L'Affaire du train 24,
7e épisode. — Les trois mousquetaires, pro-
logue. — La Terre.
Grand Cinéma Lecourbe, 115-119, rue
Lecourbe. Saxe 56-45. — La Russie rouge.
— La Terre. — Les trois mousquetaires.
prologue. — L'Orpheline, premier épisode.
16e ARRONDISSEMENT
Maillot-Palace-Cinéma, 74, avenue de
la Grande-Armée. — Programme du ven-
dredi 14 au lundi 17 octobre. — Cbc{ les
anthropophages. ç« étape. — Les trois mous-
quetaires, premier épisode. — A 14 mil-
lions de lieues de la terre. — Programme
du mardi 18 au jeudi 20 octobre. — Le sept
de trèfle, 5e épisode. — Dégradation. —
La voix qui tue.
Mozart-Palace, 49, 51, rue d'Auteuil,i6e.
— Programme du vendredi 14 au lundi
17 octobre. — L'automme au Jutland. —
Le 7 de trèfle, 5e épisode. — Dégradation. —
La voix qui tue. — Programme du mardi
18 au jeudi 20 octobre. — Cheç les anthro-
pophages, 9e étape. - Les trois mousquetaires.
premier épisode. — Fattv au bain. —
A 14 millions de lieues de la terre.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue
Malakoff. — La Main invisible, 6e épisode.
— A travers les rapides. — Le roman d'un
spahi. — L'adorable folie.
17e ARRONDISSEMENT
Cinéma Demours, 7, rue Demours,
Wagram 77-66. — Chasse aux ours blancs
dans l'Océan Glacial. — Le sept de trèfle,
6e épisode. — La maison vide. — Liliane.
Ternes-Cinéma, avenue des Ternes, 5.
Wagram 02-10. — La belle inconnue. —
L'Orpheline, premier épisode. — Le scan-
dale de Fatty et Picratt.
Cinéma Legendre, 128, rue Legendre.
Central 14-44. — Fabrication delà faïence.
— Les lions déchaînés. — Le sept de trèfle,
5e épisode. — Le méchant homme.
Villiers-Cinéma, 21, rue Legendre. —
Onésime gladiateur. — Le domestique fan-
tôme. — Un pari original. — La fiancée de
minuit. — Deux mois dans l'ombre.
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. —
Reims. — Secrétaire particulière. — La
Russie rouge. — Les trois mousquetaires.
premier épisode.
Royal-Wagram, avenue Wagram. —
Pour l'humanité. — L'Orpheline, premier
épisode.
18e ARRONDISSEMENT
Barbés Palace, 34, boulevard Barbès-
Nord 35-68. — Pour l'humanité. — Les
trois mousquetaires, prologue. — L'Orphe-
line, premier épisode.
Le, Select, 8, avenue de Clichy. —
Pour l'humanité. — L'Orpheline, premier
épisode. — La Russie rouge.
CHARLES CHAPLIN
et son ami Georges Carpentier sortent de
l'Hôtel Claridge, attendus par la foule
parisienne.
(Lauréat de notre concours de photographies)
Théâtre Montmartre, cinéma music-
hall, place Dancourt et rue d'Orsel, 43,
Nord 49-24. — L'Orpheline, premier épi-
sode. — La fête espagnole — Fatty portier.
— Le collier de l'impératrice, 6e épisode.
Marcadet-Cinéma-Palace , 110, rue
Marcadet. Angle rue du Mont-Cenis. Mar-
cadet 22-81. — L'Orpheline. — Les trois
mousquetaires, premier épisode. — Une-
bataille diabolique.
Palais-Rochechouart, 56, boulevard Ro-
chechouart. — Nick Winter et ses aventures,
9e épisode. — L'homme inconnu. — Les
trois mousquetaires, premier épisode. —
La Russie rouge.
Gaumont-Palace, 1. rue Caulaincourt.
— Le Messager de la victoire. — L'Orphe-
line, premier épisode.
19= ARRONDISSEMENT
Secrétan, 7, Avenue Secrétan . —
Chariot a débauché Fattv. — L'Affaire du
train 24, 8e épisode, fin. — Les trois mous-
quetaires, premier épisode. — Fridolin a
bon cœur.
Féerique-Cinéma. 146, rue de Belle-
ville. — Le signe de Zorro. — L'Orpheline,
premier épisode. — Les Trois Mousquetai-
res, premier épisode.
Belleville-Palace, 130, boulevard de
Belleville. — Dudule apprenti guerrier. —
Les trois mousquetaires, premier épisode. —
La Russie rouge. — L'Orpheline, premier
épisode.
Le Capitole, place de la Chapelle.
— La Russie rouge. — L'Orpheline, premier
épisode. — Pour l'humanité — Les trois
mousquetaires, premier épisode.
20= ARRONDISSEMENT
Paradis-Aubert-Palace, 42, rue de Bel-
leville. — Nick Winter et ses aventures.
9e épisode. — Le journalisme mené à tout.
— Les trois mousquetaires, prologue. — Le
signe de Zorro.
BANLIEUE
Clichy. — Les trois mousquetaires, pre-
mier épisode. — L'Affaire du train 24,
8e épisode, fin. — Un reportage sensationnel.
Olympia Cinéma de Clichy. — La
Russie rouge. — Après la débâcle. —
'.'Orpheline, premier épisode.
Levallois. — La chanson éternelle. —
L'Affaire du train 24, 6e épisode. — Cours
de vingt ans — Beaucitron divorce.
Vanves. — Lui... sur des roulettes. —
— L'Affaire du train 24, 71-' épisode. — Les
trois mousquetaires, prologue. — La Terre.
Bagnolet. — Bécassou capitaine au long
cours. — L'Affaire du train 24. (Se épisode,
fin. — Chariot a débauché Fattv. — Le
crampon. — Les trois mousquetaires, pre-
mier épisode.
Montrouge. — Les sports nautiques. —
Le sept de trèfle. 5e épisode. — L'idole
brisée. — La Russie rouge. — Le signe de
Zorro.
ALLA NAZIMOVA
dans La Danse de la Mort
cinéa
•■•■••■■■a
•■■■»■■■■*•
■■■••■■■i
•■*•■•••••
EL DORADO
Mélodrame par Marcel L'HERBIER
Film (jaûnjoQt
Série Pax
Ce qu'en a dit le " Mercure de France "
L en est qui auront la lâcheté de ne pas dire leur complet enthousiasme ou d'avouer leur émotion.
Ils s'épuiseront à découvrir des critiques. El Doracio est un très beau film et l'œuvre la plus
complète de Marcel L'Herbier. Il s'impose comme l'aboutissement logique et puissant de ses
efforts. Après Le Carnaval des Vérités, L1 Homme du Large nous apporta un large espoir de
88 beauté, la confiance en une " forme " qui, sachant se débarrasser de certains maniérismes, d'une
trop volontaire et apparente virtuosité technique, deviendrait un " style ". Voici que celui-ci se réalise
maintenant grâce à plus de simplicité dans le développement des images, à une sobriété d'expression, à une
force de rythme étrangement aiguë (dans la seconde partie surtout) où nous reconnaissons, plusieurs fois,
l'affirmation très nette d'une vérité cinégraphique qui nous avait enchantés déjà dans certains passages de
Villa Destin.
Ainsi, dans l'histoire de la danseuse Sibilla qui souffre et se sacrifie pour sauver son enfant, ne
reconnaît-on justement, grâce à Marcel L'Herbier, que l'exaltation de l'éternelle vérité humaine, douloureuse
et magnifique, qui s'enchante et souffre de l'amour. Et si l'on estime que tel, Y El Dorado ne réalise pas
Interprétation : Eve FRANCIS. Jaque Catelain, Marcelle Pradot
Paulais, Claire Prelia, Edith Real, Ph Heriat
cinea d
néanmoins la formule idéale de l'art einégraphique, on n'a pas pour cela le droit d'en altérer par des criti-
ques la rayonnante beauté. Il faut dire toute l'originalité et l'audace d'une réalisation qui s'égale, en techni-
que, aux plus parfaites productions de l'écran. Il faut dire que ce film réconciliera avec le cinéma la plupart
des dégoûtés et lui procurera la sympathie des sceptiques. Il faut dire que la foule sera secouée par la force
pathétique du drame., emportée dans son rythme, et que les artistes y découvriront l'expression subtile
d'une composition où la sensibilité se substitue enfin à la réalité et qui suggère avec une rare perfection.
Car certaines images de ce film, que le metteur en scène a pénétrées de son émotion et animées avec une
science extrême des valeurs, évoquent justement, dans leurs caractères divers, Goya, Velasquez et Ribera.
Il faut subir l'émotion extrême que provoque l'apparition du grand mur oblique et flou de l'Alhambra, par
exemple, du long duquel Sibilla, forme somnambule, va au-devant de son destin ; et encore la beauté pure
et grande de cette scène où deux amants baignent leur front toujours plus haut dans la lumière, si haut
même qu'il semble un moment que c'est leur front qui a raison contre la lumière tant il rayonne ; et encore
cette mort tragique de Sibilla qui est bien un des plus prodigieux morceaux de photogénie que nous ayons
jamais admiré.
Et je ne parle pas de certains détails de technique, de l'intérêt qui s'attache aux déformations plasti-
ques voulues avec une belle audace par Marcel L'Herbier et qui, réalisées pour la première fois à l'écran,
nous font pénétrer la sensibilité vraie des images, et qui accusent singulièrement l'expression de l'image,
en substituant l'émotion intérieure à l'émotion extérieure. Et je ne parle pas non plus de la photographie
qui est prodigieuse et témoigne d'une virtuosité remarquable.
L'interprétation est d'une homogénéité parfaite. On a vivement acclamé Eve Francis. Sa création du
personnage de Sibilla est inoubliable. C'est d'un art qui s'égale en perfection et en puissance à celui des
plus grands interprètes de l'écran qne nous connaissons. Nous n'avons rien vu de comparable en pathétique
à la scène de sa mort où, dépouillant son âme et son cœur avec une simplicité tragique, elle nous fait parti-
ciper à ses angoisses, à la tourmente de ses souvenirs, à l'afflux de sa tendresse et nous secoue même du
raie de son agonie. On n'est pas allé plus loin dans la vérité photogénique. Eve Francis crée l'atmosphère,
instaure le règne d'une vie douloureusement vraie, poignante, intense et rayonnante avec une richesse
d'expression inouïe. C'est une très grande artiste.
A ses côtés, on retrouve toute l'intelligente, sensible et sobre qualité expressive de Jaque-Catelin,
la grâce pure, émue et simple de Marcelle Pradot, si remarquables tous deux déjà dans L'Homme du Large,
et on ne saurait oublier avec quel juste sentiment de vérité Mmes Edith Real, Claire Prélia, MM. Paulais et
Philippe Heriat ont composé leurs personnages.
Léon Moussinac
C'est avec des Œuvres de la valeur d'
EL DORADO
que le Cinéma prouve qu'il est vraiment un
ART
ANGLETERRE AUSTRALIE
Le Merveilleux Raid Aérien accompli en 28 jours
oo par les Frères Ross et Keith Smith oo
Un film documentaire unique au monde
L'Europe à vol d'oiseau - Le
champ de bataille d'Annibal - Les
caravanes dans le désert - Où
Moïse allait à l'école - La dernière
des sept merveilles du monde -
Memphis, " La mère du monde "
- La traversée du désert de Sinaï -
La Palestine - La ville Sainte - Le
jardin de Gethsemani - Le Mont
des Oliviers - La plus ancienne
ville du monde - La Mésopotamie
Où l'Orient et l'Occident se ren-
contrent - Babylone - L empla-
cement du paradis terrestre -
Survolant le plus beau monument
du monde - Les pèlerins du fleuve
sacré - A deux doigts de la mort
- Poulet, le fameux pilote français -
Les exploits de Poulet monté sur
un avion minuscule - Le temple
mystérieux de Boro Boedor -
Volcans en action - Mille kilomè-
tres de mers inconnues - Une
rencontre inattendue - L'arrivée
en Australie : Les Cannibales
Australiens, etc . . . etc. . .
Ceci n'est qu un aperçu des remar-
quables épisodes que contient ce
film sensationnel.
Victor Marcel Productions
Louvre 35-49
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cinea
POLIR L'HUMANITE
nous saisira par l'ampleur
de sa mise en scène et par
le talent de sa protagoniste,
Dorothy Philipps.
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM I
Pour l'humanité.
C'est un film de guerre, une œuvre
créée sous l'impression collective
laissée parla guerre, et avec le désir
de profiter de cette impression pour
émouvoir plus fortement les specta-
teurs. C'est une œuvre conçue dans
les mêmes conditions à peu près à la
même époque que La Fleur dans les
ruines. Et à ce titre, entre le film de
Griffith et celui d'Allen Hollubar, la
comparaison s'impose.
A côté de la composition artis-
tique, concentrée, mesurée, classique
presque, de Griffith, le film de Hollu-
bar fait l'effet d'une énorme machine,
où le procédé mécanique, la répéti-
tion, fourmillent. Quatre enfants
d'une même mère tués l'un après
l'autre ; deux tentatives de viol,
des bombardements, des explosions
d'obus, des boches bochissimes. Ins-
tinctivement on se défend contre les
moyens presque matériels, et finale-
ment on se laisse émouvoir, car
l'œuvre est sincère, puissante, vi-
vante.
Elle est admirablement jouée par
Dorothy Phillipps, peut-être un peu
femme pour le rôle, au moins au
début; mais, en compensation,
qu'elle a acquis de talent et d'auto-
rité! et par Erich von Stroheim qui
rend parfaitement, comme à son
habitude un rôle de boche odieux.
Je ne puis voir Stroheim dans un
de ces rôles sans me rappeler l'his-
toire des moutardiers, représentant
un cochon coiffé d'un casque à pointe,
dont un faïencier allemand (ceci se
passait avant la guerre) avait si allè-
grement accepté la commande. On
éprouve une sensation presque pé-
nible à voir un acteur d'origine alle-
mande— Autrichienne, si l'on veut —
reproduire avec une réalité telle-
ment saisissante ce qu'il y a de plus
haïssable chez ses compatriotes. Et
puis, lorsqu'on songe à toutes les ac-
trices qui ne veulent jouer que des
ingénues, à tous les acteurs qui re-
fusent de figurer les traîtres, à la
guimauve vertueuse à laquelle nous
condamne le patriotisme de Haya-
kawa, on se sent pris d'une estime
pour le courage artistique de
Stroheim.
La réalisation des épisodes de
guerre est excellente, et le parti
adopté permet de faire cadrer, au gré
de l'auteur, et selon un équilibre sa-
tisfaisant, l'élément décor, documen-
taire, et l'élément dramatique.
En passant, admirons l'ingéniosité
de Hollubar qui, pour mieux assurer
la prise de son film dans chacune
des grandes nations alliées, l'a placé
au Canada, parmi des sujets anglais
vivant en Amérique, de langue et de
civilisation françaises...
Liliane.
Selon une convention à laquelle
nul n'oserait se soustraire, il est
admis, au cinéma américain, que la
vertu, la candeur, la chasteté ont
trouvé leur dernier refuge dans le
cœur des girls de music-hall (le
théâtre est moins optimiste et les
pauvres rats d'outre- Atlantique ont
été fort malmenés dans plusieurs
comédies récentes). La jeune per-
sonne qu'incarne Maë Murray
n'échappe pas à cette règle :
Lys, et l'un de vous tous pour l'in-
génuité...
(En Amérique, elle était même le
Lys d'Or, le Lys entre les Lys; il y
aurait un chapitre à faire sur le Lys
<s
cinéa
dans l'onomastique théâtrale où,
après avoir parlé incidemment de
Jeanne d'Arc qui, on le sait, reçut le
nom du Lys, on mentionnerait
Mlles Deslys, Dherlys. l'armée infinie
de» Liliane», Le Lys de la vie, Le Lys
brisé, etc. etc.).
Ceci étant donné, le sujet est à peu
prés celui du Détour — la jeune fille
aspirant à une vie pure et correcte
qui, s'évadant des milieux douteux
où elle a vécu, tombe dans la pro-
vince, la vertu, le pharisaïsme et
s'évade une seconde fois — au profit
de l'adorateur fidèle, flegmatique et
silencieux qui savait bien que son
tour viendrait. Ainsi que l'on s'en
doute l'adorateur flegmatique épouse;
mais étant donnée la conception
américaine du mariage, cela ne pa-
raît pas constituer une différence
très importante par ropport à la
pièce française.
Le corps de Maë Murray est un
délicieux poème; les danses qui nous
le révèlent sont gracieuses et cha-
toyantes. D'aucuns trouveront même
qu'elles mangent un peu la comédie,
et que c'est celle-ci qui a l'air d'être
le hors-d'œuvre, A noter spéciale-
ment celle où la jeune femme évolue
parmi des ballons colorés; ceci fait
sous réserve de l'emploi de la cou-
leur à l'écran, grave question qui
mérite d'être traitée spécialement.
Il ne faudrait d'ailleurs pas, Mes-
dames ou Messieurs, concevoir de
fausses idées du fait que Miss Murray
apparaît fort décolletée et couverte
de perles. Des communiqués officieux
tout en admettant que ces perles
sont authentiques, déclarent qu'elles
ont été offertes par les admirateurs
du beau talent de l'actrice; et ils
ajoutent qu'elle raccomode des
chaussettes, non seulement dans le
film mais encore dans la vie réelle;
chaque matin Maë Murray apportait
au studio son panier à ouvrage, et
elle racommodait les bas et les
chaussettes des enfants pauvres,
pendant que Robert Z. Léonard, qui
est son mari et metteur en scène, fai-
sait travailler les autres artistes. Si
Fatty avait employé de manière aussi
édifiante ses heures de loisir, nous
n'aurions pas à déplorer de regret-
tables incidents.
L'adorable folie.
Ce film ressemble à une coupe de
Champagne (la comparaison n'est
pas hors de saison puisque le prin-
cipal attrait en est un souper dan-
sant fort réussi). Il laisse quand on
le voit une impression vive, char-
mante, pétillante, qu'on est tout à
faitétanné de trouver dissipée quinze
jours après. Carmel Nyers est fort
jolie mais laisse apparaître parfois
un masque hargneux et crochu qui
m'inquiéterait si j'étais le jeune
Howard (ceci s'applique, bien en-
tendu, au personnage et non pas à
l'actrice).
Après la débâcle.
En vérité, quel intérêt présente
cette histoire sombre, embrouillée, et
un peu sale? Madeleine Traverse est
dramatique; pourtant son type plu-
tôt vulgaire s'adaptait mieux à des
rôles moins mondains; on se sou-
vient sans doute d'un film remar-
quable. — M. Pierre Henry, qui sait
tout du film américain, s'en rappel-
lera certainement le titre — qui se
passait au Canada, sous la neige, au
bord d'un fleuve...
La lumière est une belle chose,
mais la déverser avec une telle pro-
digalité uniforme sur toutes les
scènes — intérieurs, extérieurs —
montre qu'on n'en connaît pas la va-
leur. Ni plans, ni atmosphères; les
personnages finissent par ressembler
à d'aveuglantes silhonettes de carton
MAE MURRAY
dans une scène de
Liliane (The Gildish
Lily) qui fut son
plus grand succès
a New-York et que
l'on peut voir a
Paris maintenant.
1 1 1. m. i'\ii moi m
cinea
découpé. L'œuvre est ainsi desservie
par la puissance même des moyens
d'action...
•
A quatorze millions de lieues
de la terre.
Gunnar Tolnaes a un beau nom ; il
est beau comme son nom; on se le
représente bien, debout à l'arrière
du Long Serpent et entrant, à la
suite de Harald aux blonds cheveux,
dans la sanglante mêlée de Hafrfirth,
ou encore, découvreur d'un monde,
débarquant avec Snorri Thorbrand-
son sur les grèves merveilleuses de
Furdhurstrandhir. On le voit aussi
ramenant dans son hall enfumé
quelque blonde princesse du Nord
qui, un peu lourde et grave, tendre,
Hère et timide, s'appuie à son bras,
évoquant les beaux couples des lé-
gendes Nordiques, Gunnlaug et
Helga, Niai et Bergthora...
Il y a quelque chose de tout cela
dans ce film, sauf que le draken de-
vient un aéroplane qui traverse
l'éther, et que les grèves merveil-
leuses sont celles de la Planète Mars,
où habitent des peuples doux et paci-
fistes, végétariens et anti-alcooliques,
et de blondes Gretchen dont l'une
retourna avec le héros à son foyer.
La photographie est bonne; il y a
notamment un orage extrêmement
réussi.
f^f
H^
?* s
Quand l'Amour veut.
Impressionnés et entraînés malgré
eux par le genre de vie que com-
portent les hôtels du faubourg Saint-
Germain, où l'emplacement de la
piscine n'est point marqué, nos nou-
veaux riches n'ont pas encore intro-
duit dans nos mœurs le bain-récep-
tion; la princesse de P. elle-même,
dont l'imposant hôtel Louis XVI
comporte cependant une installation
hydraulique, n'a pas eu encore l'idée
de demander à Erick Satie la mu-
sique d'une réception pour laquelle
le maillot serait de rigueur. Ses fêtes
aquatiques — ce film en fourmille et
nous en reverrons dans L'Homme
merveilleux — ont donc pour nous
le charme de la nouveauté, et Bessie
Barriscale aura toujours celui du
talent.
Hedda Gabier.
Quand on vient de voir ce film, on
se précipite, affolé, pour lire la pièce
et se rendre compte de la mesure
dans laquelle la riche imagination du
cinéaste italien a complété le vieil
Ibsen. Et l'étonnement redouble
lorsqu'on constate que la plupart des
incidents, même de ceux qui étonnent
le plus, ont leur source dans Ibsen.
Toutefois on se figure que l'auteur
eût assisté avec étonnement à la pré-
sentation, en disant :« de qui est-ce?»
William Archer, s'élevant contre
l'opinion souvent émise par les criti-
ques, que Hedda Gabier est une pièce
« internationale » déclare qu'à son
avis le personnage de Hedda est in-
ternational (je ne suis pas de cet avis
et y vois une descendante directe de
la Gudrun de Laxdala Saga) mais
que l'entourage présente un caractère
nettement norvégien, et de petite
ville norvégienne ; le Christiania
d'avant l'électricité. Or supposez tout
cet entourage concervant les noms
Scandinaves, mais transposé en Ita-
lie (on vous annonce un fjord, vous
voyez la falaise de Sorrente) ; l'im-
pression est déconcertante. Et ceci
est accentué par le jeu des acteurs
qui chargent, poussent au tragique,
au grotesque tout ce qui est indiqué
par Ibsen en trains nets, mais mesu-
rés.
Almirante Mancini est incontesta-
blement belle ; elle montre des qua-
lités gymnastiques remarquables
(sans parler de la solidité étonnante
de sa robe) dans la scène du viol et
la crise d'hystérie qui la suit ; mais
si l'on songe que l'héroïne d'Ibsen est
peut-être la moins gesticulante qu on
ait vue au théâtre ; que même sa phy-
sionomie dure et charmante ne bron-
che pas, son âme ne se trahissant que
par l'arrière-sens de ses paroles, on
renonce à comprendre l'état d'esprit
des cinéastes italiens, le choix du su-
jet et des interprètes . . .
La nouvelle adepte.
May Allison est la faunesse exquise
des grands bois, des parcs un peu
abandonnés,des ruisseaux abondants
de Dixie. Son sourire est charmant;
son corps, quand on veut bien nous
le montrer, reste souple et désirable.
Mais, telle les princesses des contes,
elle est tombée esclave d'un mauvais
génie qui a d'ailleurs des idées, sou-
vent amusantes, mais conformes seu-
lement en partie au génie de son in-
terprète .
Ce scénariste, quel qu'il soit, aime
décidément à traiter de manière lé-
gère des problèmes graves et trou-
blants. En regardant ce film, je son-
geais au livre poignant et ironique
où Hawthorne évoque ces rêveurs de
Brook Farm, qui cherchaient à fon-
der une Salente, et n'arrivaient pas à
laisser à la porte de leur colonie so-
cialiste les passions et les désirs ..
Mais après tout iln'est pas toujours
indispensable de prendre les choses
par leur côté triste. La preuve en est
d'ailleurs que le titre primitif du film
était : Les gaietés du Bolchevisme .
La censure a trouvé sans doute que
le bolchevisme manquait de gaieté ou
peut-être a-t-elle trouvé le titre. . . je
n'ose dire de mauvais goût.,.
Quoi qu'il en soit le film est assez
amusant, mais sans avoir la verve et
le mouvement des précédents.
Dans le numéro du 16 septembre, à
propos du Lgs de la vie, on me fait
parler du « romantique d'un sym-
bole ». Mes lecteurs auront deux-
mêmes rétabli « la sémantique d'un
symbole. »
Un peu plus loin, â la fin de l'ar-
ticle sur les Quatre Diables, j'ai
revu, au Colisée, ce film que j'ai
trouvé encore plus beau et émouvant
qu'à la présentation, il faut lire :
sans les hardiesses ou les recherches
souvent outrées... »
Le début de l'article sur un repor-
tage sensationnel dans le numéro du
23 septembre a pu inquiéter mes lec-
teurs. Ils se rassureront en appre-
nant que le passage auquel se rap-
portait la phrase initiale a sauté à la
composition.
Lionel Landry .
0NÏTEÛ
RRTISTS
LE SIGNE DE ZORRO
Tous les films de Douglas Fairbanks comportent un soin de mise en scène, de lumière, de photogénie. Depuis Une
aventure à New-York jusqu'à Douglas for ever, quel feu d'artifice de poésie visuelle et de verve, et quelle ingéniosité sans
pédantisme dans l'invention du détail! Zorro est né de la même formule. Le stvle hispano-mexicain v étale ses sympathies
primitives et crée une atmosphère d'art dont la force emplit les veux pour ne pas dire lame.
Et cette fois il y a quelque chose de plus. Douglas, que les Français regardent uniquement — et niaisement — comme
un gentil acrobate, a souvent prouvé qu'il pouvait sentir, vivre, exprimer. Notamment la mélancolie amoureuse, si
prodigieusement schématisée par Chaplin, est un des meilleurs thèmes de son répertoire. Zorro est une composition plus
poussée. La partie « mousquetaire » est éblouissante, mais la partie « langueur et lassitude » est admirable. On s'y éprend
malgré soi de la nonchalance dans l'observation^ de la précision dans l'abandon, que rarement on a su traduire ainsi en
blanc et noir. Douglas, en jeune andalou efféminé, drogué, amolli, épuisé, a eu des idées et des mouvements de grand
comédien. Louis Delluc.
cinéa
il
• :
I Mary Pickford j
et
I "POLLYANNA"
Bonjour, Mary!
Vous avez une âme d'enfant. Les
journalistes bêtes — oui, oui, il y en
a — raconteront que vous faites un
effort inouï pour représenter les pe-
tites filles, et ils diront que vous
étudiez devant votre glace la repro-
duction acharnée de tous ces gestes,
de ces moues, de ces regards synthé-
tiques, que vous avez observés dans
les jardins pleins de babies ou sim-
plement dans les jeux de Mary Pick-
ford II. Eh bien, même s'ils n'ont pas
tout à fait tort, je dirai, moi, que ce
n'est pas vrai. Je dis que vous avez
une âme d'enfant.
Quand Molly a paru, beaucoup de
Français ont pleuré. Because... Ah!
les jolies émotions fraîches et saines,
j'allais dire hygiéniques, que vos
films ont apporté du pays où l'on a lu
Dickens et où l'on sait écrire en ci-
néma. Après Molly c'était Marie-les-
Haillons et voilà des heures char-
mantes où le rire, l'attendrissement,
la Pitié, chantaient, chantonnaient,
murmuraient leur inégalable ro-
mance où semblent avoir passé De-
bussy et Myussorosky, berceurs ly-
riques et descriptifs des gosses de
tous les temps.
•
Et depuis ces apparitions, chaudes
comme un jour de Noël et douces
comme un amandier au printemps,
M
m
vous avez créé, petite Mary, beau-
coup de [visages d'enfants que vous
avez essayé de situer au Japon, à
New-York, à Londres, en Californie,
mais qui n'étaient de nulle part, qui
étaient l'enfant, qui étaient la franche
petite fille délicate et vive.
•
Comme nous avons couru et ri avec
vous dans Les Bas-Fonds avec vos
partenaires miniatures. Comme nous
avons souffert la douce douleur de
Slella Maris I Et voici Pollyanna.
Pollyanna, Mary, ah! je ne sais
plus votre nom, Mary Pollyanna,
vous arrivez à Beldingsville, orphe-
line en deuil, et il pleut. Et la vieille
tante ne comprend rien à rien. Heu-
reusement le sens de l'amour mater-
nel s'éveille dans votre cœur et vous
aimez la vie puisque vous protégez
Jimmie Bean. Que de joies vous es-
sayez de créer, mais le malheur in-
siste! Il suffit d'être écrasée par une
auto pour que les yeux des pauvres
niais s'ouvrent tout grands ! Et alors
c'est le bonheur! Non pas le bonheur
d'un dénouement aimable, mais le
bonheur radieux que vous représen-
tez, petite Mary Pollyanna, qui êtes
l'incarnation fragile et forte du
bonheur.
Mary Pickford, vous enseignerez
aux petites artistes françaises qu il
ne suffit pas d'avoir les cheveux
(blonds) bouclés et éclairés par un
projecteur pour représenter une
jeune fille pure et sensible.
L. D.
12
cinea
i^UUftH*\
M'.SSIN DE BECAN
CHARLES CHAPLIN
Notre collaborateur Bëcan a pu croquer ce profil de Charles Chaplin le soir
du ç _octobre, au Trocadéro, au moment où le célèbre comédien — après
l'ovation faite au Kid par 6.000 spectateurs d'élite — remercie le public pari-
sien de son accueil cordial et de l'aide apportée à la belle oeuvre du Comité
Américain des Régions dévastées, dirigée par Miss Ann Morgan.
Chariot à Paris
Chaplin, très acclamé et peu com-
pris, est venu et parti.
•
Il a honoré de sa présence le gala
du 5 octobre au Trocadéro et a pro-
voqué ainsi une recette de 250.000 fr.
au profit des régions dévastées. Il a
été ce soir là presque invisible, mais
on a beancoup vu Mlle Cécile Sorel
dans son costume du dernier bal de
l'Opéra. Elle patronnait Chaplin.
Le tact français est aussi une
région dévastée par la guerre.
•
Heureusement le lendemain Cha-
plin est allé avec son ami Carpentier
à la Cigale. Les figurantes et dan-
seuses ont acclamé le charmant
petit spectateur timide et poli. Régine
Flory l'a salué. Vilbert a été très
bien. La salle, beaucoup moins dis-
tinguée que celle du Trocadéro, a fait
une ovation.
•
La plupart des interviews de Cha-
plin parus depuis son arrivée sont
apocryphes. Il n'a voulu voir per-
sonne. Son secrétaire s'est à peine
montré. Tout au plus le chasseur de
l'Hôtel Claridge a-t-il consenti quel-
ques conversations aux grands repor-
ters parisiens. Charles Chaplin, vous
êtes très sympathique et Cinéa est
enchanté de vous.
Charle Chaplin est un des hommes
les plus tristes du monde. Cette nou-
velle va faire sourire N'insistons
pas T
•
Il y a deux ou trois douzaines de
jeunes interprètes français qui au-
raient du voir Chaplin. Mais le
moyen? La Comédie Française s'en
est mêlée. C'est la plus solennelle
sociétaire de ce vieux théâtre en
ruines qui a chaperonné le plus neuf
acteur du monde. Mais ce sont les
quelques jeunes interprètes évincés
qui lui ont donné leur cœur.
•
Au travail, Charles 1er.
Louis Delluc
cinea
13
I Amour de Chariot j
Tous les critiques, maintenant, de
tous les journaux de toute la terre
admirent Chariot. Il mérite peut-être
un peu mieux que cela.
En Angleterre — août 1914 — je vis
un premier film de lui. A trop rire
tout entier j'essuyais les remarques
désobligeantes de mes voisins. Alors
j'eusse été stupéfait qu'on trouve en
Chariot un génie triste. Un critique
— j'ai bien oublié sa signature — de
L'Opinion n'avait pas encore reconnu
l'essence bergsonienne de ce comique.
Les stocks de tartes à la crème pa-
vaientles rires en plein visage. Vingt-
huit coups de revolver à bout portant
déterminaient à peine un malaise
qu'à pieds joints un saut dissipait
par dessus le piano. Alors Chariot
était souvent ivre et toujours gros-
sier. Il n'était pas très honnête, non
plus courageux, ni bien adroit. Il
était rageur, sournois et sensuel.
Comme dans les Evangiles de l'En-
fance, les compagnons de jeu tom-
baient morts pour punition d'une
légère farce. Le hoquet d'ivresse
troublait les méditations sentimen-
tales. L'amour au cœur, un amour de
voyou à aussitôt soulever les jupes,
et les coups de maillet à la tête ré-
glaient ces suites d'évanouissements,
Il y avait pas mal de morts d'hommes
et une bouteille de whisky brisée. Il
n'y avait pas de pitié, ni d'héroïsme
Il y avait des noyades et des trahisons,
de vilains marchés où tout le monde
était dupe, des combines manquées.
la raison du plus fort, des proprié-
taires de belles femmes trop costauds,
des baisers où Chariot abordait
knock-out. Il y avait le malheur.
Ce malheur était entièrement ridi-
cule. Tout ratait. On riait. Ce n'était
même pas triste, puisque c'était bien
fait. Et Chariot était si vulgaire qu'il
ne portait pas à l'admiration. Les
femmes, je me rappelle, l'avaient en
horreur. Je l'aimais comme un vice.
C'était une belle époque.
Chariot s'est résigné. Il est moins
malheureux et beaucoup plus triste.
Comme il ne boit plus guère, il ne
peut pas oublier les chagrins qu'on
lui a fait. Sans alcool, il esta la merci
des pires affaires de cœur. Presque
honnête, dévoué et amoureux, il em-
ploie maintenant le maillet et la bri-
que à se frayer une vie sentimentale,
et ces instruments grossiers servent
mal une passion presque spéculative.
Mais il a appris à lever des regards
si douloureux que lescœurs des belles
filles chavirent comme des barques
trop chargées. Les femmes et lui se
raille dans l'escalier. Trois fausses
pistes convergent sous une table, ce
qui fait trois syncopes Sauf lui, tout
le monde se trompe de porte, de po-
che et d'adversaire. Les policemen .se
prennent réciproquement au dé-
pourvu . Alors il est naïf et même
niais, chaque fois un peu davantage.
N'ayant six ans fréquenté que les
bars mal famés et les pâtisseries in-
terlopes, sa séduction est maintenant
d'un vierge. Il n'est pas même cou-
pable d'amour inspiré. Tout se passe
par hasard. Mais s'il s'agit de tirerait
flanc ou de dîner à 1 œil, aussitôt il
retrouve tous ses moyens, devient
transparent et invisible, se dédouble,
se montre pile sur son côté face, sou-
rit et s'évanouit. La poursuite dé-
prennent en écharpe sur le palier.
Sauvé par ruse, le visage de Chariot
s'offre une somptueuse mélancolie
qui estle luxe d'une sécurité conquise.
La trêve après les batailles sert à
souffrirait cœur. Une gravité distraite
et désolée tombe comme le soir. Iris.
Fin.
Votre peuple, beau roi, n'est pas de
critiques qui vous admirent. Nous
sommes, prince pitoyable d'un conte
en celluloïd, trois cents millions qui
aimons votre cœur en nage des exi-
gences de la passion.
Jean Epstein.
14
cinea
Les Présentations
La petite Fadette.
Un ravissant film qui pourrait être
dit modeste tant il y manque de ces
recherches fréquentes qui ne sont pas
toujours des trouvailles. Pas de clous,
ni de vedettes ; la lumière même n'y
èhlouit point, et c'est la vie même,
dans un village du Berri, de Fadette,
chez une pseudo-sorcière, puis seule
et toujours aimée des deux jumeaux
voisins, la vie d'espoir ou de douleur
de ces jeunes gens dans une rustique
atmosphère. Les scènes émouvantes
abondent et l'on ne voit pas qu'elles
furent voulues telles. Et les interprè-
tes— hommes, femmes, enfants, pay-
sages, objets — forment un ensemble
de quoi aucun ni rien n'émerge et
voilà pourquoi le film inspiré par le
roman de George Sand à M. Raphaël
Adam est excellent.
Lucien Wahl.
•
Pour une nuit d'amour,
Le vigoureux metteur en scène
russe Protazonoff qui a prouvé sa
maîtrise dans Le sens de la mort de-
vrait se débarrasser une fois pour
toutes du style «vieux cinéma russe »
qui a tous les désagréments du mau-
vais cinéma italien. Il éviterait ainsi
des longueurs, des lourdeurs, des
naïvetés qui accablent son art par
ailleurs direct et saisissant.
C'est un bon mélodrame rapide et
net. La préface est inutile, mais qu'elle
est jolie! interprétation remarquable
avec Van Daële, halluciné, gauche,
vaincu, ému ; avec Blanche Ross, au
front lourd, au masque désenchanté,
aux violences lasses, avec Hiéroni-
nuis avantageux et mesuré, avec
Christiane Delval, fillette déjà femme,
sûre de son métier et forte d'une sorte
de maîtrise qui mérite des rôles.
•
La Charrette fantôme.
Nous serons bientôt très sévères
pour les films suédois. Ils se sont
imposés par un tel mépris de la mé-
diocrité, par une telle délicatesse dans
l'ampleur et dans la force qu'ils se
sont mis hors la loi du cinéma ordi-
naire. Dès les premières images de
chaque film on se sent en présence
d'une ambition supérieure de travail
et d intelligence. Et jamais leur pro-
digieuse ingéniosité de moyens ne
semble destinée à épater le voisin. En
cela vraiment les cinéastes français,
américains et italiens — trop épris
d'attractions — ne sont que des en-
fants auprès de ces artistes.
La Charrette fantôme mêle deux
manières représentées jusqu'ici, lune
par Mauritz Stiller, l'autre par Vic-
tor Sjostrom, c'est-à-dire en somme
par Le Trésor d'Ame et par Les Pros-
crits ; La Charrette, due à Sjostrom
réunit les deux tendances en un
rythme vigoureux La sombre poésie
de la mort se déploie sur un thème
hardi et saisissant. Les visions du
mystérieux équipage, impalpable,
cahotant, ombre d'une ombre, sont
admirables. La rue, la mer, le cime-
tière nous ont particulièrement frap-
pés. Et les désincarnations des morts
dépassent le reste. Quelle science et
cpiel art !
Sjostrom a tiré de lui-même une
intensité rare et ses partenaires le
suivent strictement dans ce poème
d'envergure. Voilà une œuvre. Et
voilà que quelques personnes com-
mencent à croire que le cinéma est ,
un art.
•
L'Infante à la Rose.
Le joli roman deGabrielRevalapro-
voqué un film aimable et calme qui
plaira. Le dessin du scénario manque
un peu de vigueur eteertaines scènes
auraient gagné à être plus poussées
dramatiquement. Du moins avons-
nous la joie de voir tout à notre aise,
les lignes pures et vives des villesan-
dalouses : Grenade et surtout Séville,
dont les rues, les églises, les jardins,
la lumière nous ont enchantés comme
si nous y étions La plus belle page
cinégraphique est celle de la ganade-
ria avec ses chevauchées brillantes
sur l'écran d'une plaine sans fin.
Mlle Dorziat est noble et fine. Mlle
Legeay a de la sensibilité. M. Georges
Lannes a fait de grands progrès.
Et il y a un petit taureau badin
comme une ingénue comique.
•
L'Ombre déchirée.
C'est le Léon Poirier de Naraijana
avec un sens remarquable de la ma-
tière photogénique et pas assez de
netteté parfois dans le développe-
ment dramatique. J'ai trouvé dans
ce film de grandes joies picturales.
Il y a des paysages artistes. Il y a
surtout des intérieurs animés. C'est
rare. La première partie est une des
plus belles choses cinématographi-
ques qu'on ait faites en France. La
suite a moins d'ampleur, et nous le
regrettons.
Suzanne Desprès et magnifique.
Mlle Myrga a une grâce presque
amère et une harmonie de ton dont
nous espérons beaucoup. Roger Karl
est de premier ordre, et je suppose
que cette difficile création va lui
donner le rang qu'il mérite depuis
L'Homme du Large. Il est tout intel-
ligence et humanité.
Louis Dei.luc.
DERRIÈRE
L'ÉCRAN 4
FRANCE M
Charlie Chaplin était au Claridge
Hôtel, Champs-Elysées. Il n'a vu que
ses amis II a raison.
•
Douglas Fairbanks, Mary Pickford
et leur famille sont installés à l'hôtel
Crillon, résidence préférée de M. Lloyd
George et du général Pershing. Ils
comptent demeurer longtemps en
France et tourner un ou plusieurs
films. Peut-être La Dame de Mont-
soreau.
•
Nous reverrons au Gaumont-Pa-
lace les grandes mises en scène et
ballets, illustrant les grands films,
avec musique de Jean Nouguès.
•
André Nox, le vigoureux créateur
du Sens de la Mort, vient de signer
avec la Société Ermolieff, pour un
nouveau film de M. Tourjansky : Le
Prélude de Chopin, dont il interpré-
tera le principal rôle.
•
Notre confrère Paul de la Borie a
terminé un drame cinégraphique qui
sera filmé par J. de Baroncelli.
•
René Navarre va mettre en scène
à Nice pour le compte de la Société
des cinés-romans: Il était deux petits
enfants, de Gaston Leroux. Les inter-
prètes seront Madeleine Aile, Casella
et bien d'autres noms.
•
Vanni Marcoux, qui fut le Me/isto-
fele de Boïto, serait Faust dans
Don Juan de Manara, de Marcel
L'Herbier.
•
Léon Poirier est à Cherbourg pour
tourner le prologue de son nouveau
film Paris.
Jean Kemtn vient de terminer La
Hantise, avec Geneviève Félix et
Gaston Jacquet.
•
M Feuillade commence un nou-
veau cinéroman intitulé Parisette.
Les extérieurs de ce film seront tour-
nés au Portugal. L'interprétation
comprend sa troupe habituelle, Biscot
en tête.
cinea
5
Pierre Colombier écrit le scénario
de son troisième film.
•
Robert Saidreau va tourner une sé-
rie de comédies.
•
Le monde cinématographique aura
I son annuaire, Le Tout Cinéma. Ce
sont les Publications Filma, 3, bou-
levard des Capucines, Paris, 2e, qui
l'éditent sous la direction de MM. A.
Millo et II.Rainaldy.
Cinégraphistes, artistes, éditeurs,
loueurs, directeurs de salles, indus-
triels et fournisseurs en tous pays
vous n'avez plus que jusqu'au 20 octo-
bre pour vous y faire inscrire gra-
tuitement. Hâtez-vous donc d'en-
voyer votre nom et votre adresse
aux éditeurs.
•
Jeudi dernier, (i octobre, a eu lieu
l'ouverture de la nouvelle et somp
tueuse salle Louxor que M. Henry
Silberberg a fait édifier au coin du
boulevard Magenta et du boulevard
de la Chapelle.
La salle Louxor entièrement cons-
truite en ciment armé, a été artisti-
quement décorée, dans le style égyp-
tien, par M. Amédée Tiberti, qui s'est
heureusement inspiré des antiquités
du musée du Louvre.
Fort bien choisi, le premier pro-
gramme a été applaudi par une bril-
lante assistance, parmi laquelle nous
avons reconnu les principales per-
sonnalités de l'art et de l'industrie
cinématographique qui avaient tenu
à honorer de leur présence l'inaugu-
ration de cette nouvelle salle.
Un superbe orgue électrique Abbey
est joint au bon orchestre de M. Ré-
mond, dont les adaptations musicales
méritent d'être applaudies.
Pendant l'entr'acte, nous avons vi-
sité la cabine de projection qui est
une des plus belles de Paris et dont
la projection est impeccable.
Les 1.300 places de Louxor vont être
accessibles au public parisien tous
les jours, matinée et soirée.
Vu le luxe, le confort, les beaux
programmes et la bonne musique,
nous ne doutons pas qu'avant peu la
salle Louxor ne soit une des salles
préférées de tous les amateurs de
beaux programmes cinématographi-
ques.
•
E. E. Violet vient de terminer son
film La Ruse, dont les intérieurs sont
dus à Donatien, qui interprète égale-
ment dans ce film le rôle principal.
Dans notre numéro du 9 septembre,
nous signalions déjà la reprise du
genre « dessins animés », par la pré-
paration des « Voyages de Guliver ».
Cet art va être rehaussé encore par
l'apparition très prochaine d'un nou-
veau film signé : Lortac.
ômt\
VANNI MARCOU
l'admirable tragédien lyrique
de Lorençaccio, de relleas,
des Jovaux de la Madone, de
la Tosca vient au cinéma
après beaucoup d'hésitations
et créera un grand rôle dans
le Don Juan de Manara de
Marcel L'Herbier.
MM. Ehrenhold et Peyrot, ce der-
nier, chef de tournée, conférencier du
« Cinéma à la campagne » en Alsace,
viennent d'avoir l'excellente idée de
s'adresser à cet artiste apprécié et
l'ont chargé d'adapter pour l'écran
les célèbres albums de caricatures
de l'humoriste bien connu R. Toep-
ffer.
L'Histoire de M. Vieux-Bois, cette
charge savoureuse, commencera la
série; ce film tout empreint de fine
satire et de gaieté, sera offert au pu-
blic pour les fêtes de l'An.
Ne serait-ce pas là l'aurore d'une
réforme dans notre production ciné-
matographique si décriée ?
Pour tout complément d'informa-
tion au sujet de ce film, s'adressera
M. Peyrot Schlumberger, 4, rue du
Jura, Mulhouse.
•
AMÉRIQUE M
Dans le numéro de septembre du
Classie, notre distingué confrère
F. J. Smith, a, suivant une tradition
déjà ancienne, désigné les meilleurs
films de l'année écoulée.
Avec une certaine partialité pour
les œuvres allemandes, il compose
ainsi sa première liste :
1. Passion (le film allemand sur la
Du Barry, interprété par Pola N'egri).
2. Descendant vers l'Est (un très
beau film de Griffith, que nous ver-
rons bientôt en France, il faut l'es-
pérer).
3. I.c gosse.
4. Le Cabinet ilu docteur Cagliari
(F. J. Smith se demande s'il ne devrait
pas donner la première place à ce
film si original).
5. Déception (encore un film alle-
mand sur Henry VIII et Anne Holeyn,
interprété par Enil Ianningset Ilenny
Porter).
0. Tommy le sentimental (un film
charmant de J. S. Robertson, d'après
le roman de Sir James Barrie, dont
nous avons déjà parlé à nos lecteurs).
7. /.('(/o/e;n(nouveau film allemand,
étrange et impressionnant, dont il
est question d'autre part).
8. Carmen (interprété par Pola
Negri).
9. L'homme au canif (un film déli-
cat, un peu ténu peut-être, de King
Vidor, qui n'a pas eu de succès en
Amérique).
10. Les quatre chevaux de l'Apo-
calypse (d'après le roman de Vicente
Blasco Ibanez), par Rex Ingram.
La deuxième liste comprend le film
sans sous-titres de Joseph de Grasse
(interprété par Charles Ray) dont
nous avons déjà parlé. La Marque
de Zorro. La Reine de Saba. Le
dernier des Mohicans et Sans béné-
fice de Clergie.
Au cours des années précédentes,
notre confrère avait inclus dans ses
listes plusieurs films qui ont été pas-
sés en France, soit pour les saisons :
1917-1918. Révélation. La Délaissée.
Stella Maris. Une vie de chien.
1918-1919. Le Lys brisé. Chariot1
soldat. Pour l'Humanité. Papa Lon-
gues-Jambes. Les yeux morts.
1919-1920. Polyanna. La Danse de
la mort.
On constate ainsi combien des films
réellement bons qui sont produits
aux Etats-Unis restent en route, et,
inversement, de quelle pacotille faite
pour l'exportation nous sommes en-
combrés.
•
Voici, sommairement, comment
notre confrère F. J. Smith apprécie
l'œuvre des maisons d édition améri-
caine pendant la saison écoulée. 11
est d'ailleurs sévère et attribue à la
médiocrité d'une production où la
fadeur conventionnelle est de règle
le succès des films allemands.
16
Famous-PJayers-Lasky
Caractérisée par l'ascendance des
directeurs, la subordination des ac-
teurs. Les productions les plus rému-
nératrices ont été celles de Cecil B.
de Mille, les plus artistiques, celles
de John S. Robertson.
Fox.
A montré Betty Blythe dans la
Reine de Saba. Tom Mix et "William
Russell poursuivent des succès à bon
marché. Pearl White n'a pas réussi
en dehors des films à épisodes.
Pathé.
Se consacre aux films à épisodes,
que notre confrère déclare « au-des-
sus de ses forces ». A cependant pro-
duit Sans bénê/iee de Clergie, dont
nous parlons d'autre part.
Robertson Cole.
Beaucoup d'étoiles pour rien. Pau-
line Frederick décline; Hayakawa,
gêné par des œuvres médiocres, ne
donne point ce qu'il devrait. Le Kis-
niet, de Louis Gasnier est manqué.
Goldwyn.
Du bon et du mauvais. Rien de
bien saillant.
Realari.
Justine Johnstone, Bébé Daniels et
Wanda Hawley n'ont pas donné ce
qu'on en attendait en tant qu'étoiles.
May Mac Avoy, dans un très médio-
cre film intitulé Scandale privé, n'a
pas retrouvé le succès obtenu dans
Toinniy le sentimental.
Universal.
LetalentdePriscilla Dean est gâché
dans des films médiocres. Erich von
Stroheim n'a pas encore achevé un
grand film en cours. Frank Mayo,
Eva Novak, Harry Carey, Gladys
Walton, Edith Roberts sont employés
à fabriquer des mélodrames écono-
miques.
United.
Mary Pickford et Douglas: inutile
d'en parler.
Selznick.
Productions honorables et sans in-
térêt où paraissent Elaine Hammers-
tein, Eugène O'Brien, Owen Moore
et Conway Tearle.
Métro.
Bert Lyttel est l'acteur le plus po-
pulaire de la firme, avec Viola Dana.
Aucune production remarquable.
First national.
Si Norma et Constance Talmadge
n'étaient pas aussi populaires, les
films médiocres où on les produit
auraient ruiné leurs carrières. Le
film sans sous-titres de Joseph de
Grasse, interprété par Charles Ray,
dont nous avons déjà parlé, est une
œuvre réussie. Hope Hampton, la
belle et froide Katherine Macdonald
n'ont pas obtenu de succès marqué.
Vitagraph
La beauté frappante, la chaleur de
Corinne Griffith sont des éléments
de succès ; mais le caractère mélo-
dramatique des films qu'on lui confie
empêche de juger de son talent. Tony
Moreno, Alice Joyce et Alice Calham
suivent leur chemin. Il y a des gens
que Larrv Seraon amuse.
L. L.
SPECTACLES
Peg de mon cœur (Vaudeville).
Avons-nous vieilli ou bien les ac-
teurs d'après-guerre sont-ils aussi
ingénus que leur public de nouveaux
riches? Le fait est que dans Peg on
joue à l'anglomanie — ton, robes,
smokings, accessoires — et cela n'ar-
range pas les choses. L'ensemble est
d'ailleurs gentil. Germaine Risse a
moins de talent que Mary Pickford
(mais elle ne le sait pas). Stephen est
sympathique. Puylagarde s'ennuie.
Marcelle Lender travaille dans le
genre Théâtre Français, et la mu-
sique de Christine aurait beaucoup
plu.
•
Le Cocu magnifique (L'Œuvre).
Moins cocu que magnifique. Le
premier acte est presque trop bien.
Le troisième nous étrangle. C'est une
œuvre.
Nous avons revu avec joie Regina
Camier, sa robe, son sein, son sourire
et sa mesure charmante, et Lugné-
Poë, parodique et sentimental, aigu
dans son énormité.
La Revue du Bouif (Moulin
Bleu).
De bons mots, de bons couplets,
mais pourquoi si peu de bonnes
scènes? Jean Devalde est beau garçon.
Il pourrait en être moins sûr et ne
pas faire d'imitations. Geo Flandre
est animé. Lénars a tout du Bouif et
du bon Bouif. La menue Yo Maurel
décidera bien des gens à revenir au
Moulin Bleu.
Tu peux y aller (La Cigale).
La Fouchardière a signé la revue.
Il eut mieux fait de l'écrire. Nous
avons failli avoir une bonne revue.
Ah quel dommage! Régine Flory,
cinea
sur cette même scène, connut le
triomphe en 1913. Vilbert ample, pré-
cis, brillant, étale sa verve latine
dans quelques scènes trop peu déve-
loppées. Il y a des girls charmantes.
Et Chariot était dans la salle.
L. D,
La Dolorés, si elle a moins de ca- 1
ractère que les Jardins de Mureie,
n'en plaira pas moins par les mêmes
attraits : couleur, violence, simpli-
cité, naïveté. Mais un mélodrame de
cette formule ne peut charmer que
par la mise en scène, émouvoir que
par les acteurs.
Gabrio, Charlotte Clasissont justes.
Marcel Vallée dépense un comique
qualifié, une bouffonnerie choisie
dont la malignité contente aussi l'es-
prit.
A Mary Marquet, on reproche une
tentative, où je vois moins de pré '
somption que de joli courage. On ne
se dérobe point à l'incomparable éclat
que sa personne pose sur la scène et
au-delà ; et, si ses moyens trop super-
bes ne lui ont pas permis d'être la
Dolorés du 3e acte : faisceau de nerfs
grinçants, corps qui titube, voix qui
bégaie — ô RéjaneT — du moins a-t-|
elle toujours été pleine d'adresse et, ;
à certaines scènes du 2, de qualités
supérieures dans l'orgueil et la co-
quetterie autoritaire.
Pierre Blanchar et Charles Boyer
sont exceptionnels. Le séminariste
du premier conserve tous les défauts
du Chatterton de son concours : man-
que de naturel et « accens » de ténor.
Mais au 2e, puis au 3e acte, voici que
le j eune homme s'est soudain emporté,
déchaîné dans une véhémence sin-
cère, sans une recherche d'effet, où f
les gestes maladroits de la douleur
lui sont venus au corps et ses cris
dissonnants à la voix, une violence
qui a saisi d'émoi la salle, violence
rare, qui est le beau désordre du
théâtre et qui sera sans doute le grand
talent de Pierre Blanchar.
Oserai-je dire que je juge Charles
Boyer comme le seul jeune comédien
actuel. Je n'ai pas aimé certaines de
ses créations applaudies, trop aisées.
Mais, hier, dans son Hirata, aujour-
d'hui dans son Melchior.je crois dis-
cerner les éléments d'une manière
qui deviendra illustre. Il parle vrai,
sans un répit, son jeu émet, par l'in-
tonation, le regard, le geste, l'atti-
tude, une multiplicité d'intentions
admirable. Le résultat, loin d être
schématique, est d'une abondance
qui touche aussi le cœur, Et louons-
en l'intelligence, admirons-y un art.
moderne, à la fois archaïque et con-
tourné, un art qui inspirera.
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divise notre corporation. Dès qu'on
se laisse entraîner dans cette foule
remuante, papotante, bigarrée qu'est
le monde du théâtre, on est perdu ;
la plus forte volonté s'émiette, les
meilleurs principes se volatilisent.
C'est pourquoi il est prudent, dés
qu'on entreprend quelque chose de se
tenir à l'écart sur une réserve toute
cordiale ; mais prêt â la fermeté et â
la défensive.
L'Atelier fondé depuis quelques
mois n'est donc pas â proprement
parler une affaire théâtrale. Né de la
collaboration étroite de quelques ap-
prentis comédiens avec un camarade
plus expérimenté qu'eux qui s'est
chargé de leur enseigner les premiers
principes de l'art du théâtre, l'Atelier
doit rester avant tout une école. Nos
spectacles ne seront que la mise en
pratique de nos études, de nos recher-
ches. On nous prête déjà les inten-
tions les [plus saugrenues : on se
trompe, nous ne parlerons que lors-
que nous aurons quelque chose â
dire et alors seulement on pourra
nous juger, parler de notre effort, de
nos tendances.
Pour l'instant nous mettons en pra-
tique une de nos théories : tout faire
par soi-même. Je laisse un instant la
scie et la varlope pour prendre la
plume. Mes camarades dans la pièce
â côté travaillent aux costumes du
prochain spectacle ; chacun porte sa
part de responsabilité et de souci.
Il y a deux ans quand je remis au
grand comédien Firmin Gémier mon
premier projet d'école j'y notais déjà
ce que je répète aujourd'hui : Le Co-
médien est le premier artisan du
théêtre; de sa valeur intellectuelle et
de sa probité dépend le théâtre de
demain. C'était donc â l'esprit autant
qu'à la formation professionnelle
qu'il fallait s'attaquer. Une école de
ce genre nécessitait une longue suite
dans l'effort â accomplir, elle exigeait
une unité absolue de direction, je ne
tardais pas â me rendre compte de
la nécessité de la rendre absolument
indépendante de toute organisation
théâtrale et je fondai l'Atelier.
Il existe tout de même en dehors
du théâtre de boulevard une esthé-
tique moderne. C'est â ce théâtre de
demain que nous devons penser sans
cesse en éduquant nos acteurs et
c'est vers des formes nouvelles d'ex-
pressions dramatiques que nous de-
vons orienter nos essais. Il est pro-
bable que ces essais auront longtemps
CHARLES DULLIN
le comédien du Théâtre des Arts,
du Vieux-Colombier, de la Comédie-
Montaigne, qui prit contact avec
le cinéma dans Aines d'Orient,
L'Homme qui vendit son âme an diable
et Le Secret de Rosette Lambert.
encore 1 imperfection des tentatives ;
mais c'est à ce titre même d'indica-
tions qu'elles pourront être signifi-
catives et fructueuses.
La réaction contre le mouvement
naturaliste s'est manifesté jusqu â
présent surtout dans la mise en scène,
dans la présentation'seénique et, en
effet, ce qui doit rester de ce coup de
boutoir qu'a porté André Antoine au
vieux théâtre, c'est le rappel de l'ac-
teur à la vérité, â la simplicité. Dé-
pouillée du fatras réaliste l'interpré-
tation de certaines œuvres montées
par le grand metteur en scène reste-
rait encore à l'heure actuelle un mo-
dèle de vérité, de mesure. Cependant
le souci constant de l'imitation de la
nature a trop souvent étriqué le jeu
du comédien :
Il est évident qu'une interprétation
comme celle du Roi Lear ou de Jules
César était loin de Shakespeare ;
quelle différence avec l'évocation si
prenante de La nuit des Rois au
Vieux-Colombier. Le jeu naturaliste
coupait les ailes au poète et ne pou-
vant le suivre le tirait â lui de sa
poigne solide d'ouvrier. 11 a fallu l'ar-
rivée des Russes pour nous rappeler
l'importance de la plastique dans le
jeu. Beaucoup de français n'avaient
rien compris â Sada Yakko et les
Thomassin, les Deminique et tous les
Italiens n'étaient plus que des fantô-
mes gracieux dans l'imagination de
quelques poètes funanbulesques.
Le Vieux-Colombier a senti cela
dés la première heure. Les consé-
quences de ce premier pas sont beau-
coup plus grandes qu'elles ne le pa-
raissent au premier abord ; la modi-
fication de la mise en scène â entraîné
la modification du jeu et a rétabli
l'acteur dans sa valeur primitive.
Evidemment, si l'on examine les
choses d'un peu près l'acteur est tou-
jours resté au premier plan, mais
dans son rôle le plus misérable, comme
agent commercial, comme vedette ;
on va voir un tel dans Racine ou dans
Shakespeare.
Dans une interprétation idéale tou-
tes les valeurs doivent se fendre dans
un ensemble harmonieux, plus l'ac-
teur se tiendra à sa place, plus il sera
près de la perfection.
Le théâtre n'est pas un ensemble de
tous les autres arts, il existe en soi.il
a sa vie intérieure, ses lois, son
rythme. L'acteur n'est pas une tache
mouvante mais une réalité. Dès que
nous montons sur les planches nous
devons nous dire que les théories les
plus séduisantes, ne vaudront quelque
chose que si elles entrent dans le do-
maine des réalités, que si nous leur
prêtons la vie pour quelques heures ;
cela dépend de nous par conséquent,
il faut nous entraîner, nous éduquer
suffisamment pour répondre aux exi-
gences de l'œuvre â représenter. 11
est absurde de demander à des ac-
teurs qui ont joué toute leur vie des
pièces réalistes d'entrer d'emblée
dans un personnage de Shakespeare,
de Racine, de Musset ou de Claudel.
Il faut une préparation, un entraîne-
ment aussi bien pour l'acteur que
cinea
pour le metteur en scène. L'instinct
le plus sûr, le génie même, seront im-
puissants devant une tâche relevant
tout simplement de la compréhension
littéraire d'une œuvre.
Si nous demandons à nos apprentis
comédiens de nous apporter une per-
sonnalité, nous nous garderons de la
déformer en essayant de la reformer
à notre image, c'est là le grand re-
proche que l'on peut faire à l'ensei-
gnement traditionnel qui pousse
l'élève à l'imitation.
L'Improvisation que je mets à la
base de ma méthode d'enseignement
oblige l'élève à se développer sans
cesse, en profondeur. En éveillant
chez lui le sens de l'observation, en
lui apprenant à regarder les choses
et les gens, on lui donne le secret de
tout créateur; s'il ne sait pas en pro-
fiter c'est qu'il lui manque un don
plus précieux qu'une belle voix ou
qu'un beau physique et qu'il n'est pas
artiste
L'Improvisation force l'élève à la
réflexion à la concentration : elle lui
donne le naturel et le laisser aller
dans l'expression ; elle force à travail-
ler sur des sentiments et non pas sur
des internations ; elle oblige à s'en-
fermer dans un caractère ; ses res-
sources comme méthode éducative
sont illimitées ; le même exercice ré-
pété en le plaçant dans des milieux
différents à des époques différentes,
entraîne la modification immédiate
du jeu et la démonstration suit aus-
sitôt la théorie.
Pour l'instant nous n'envisageons
l'Improvisation que comme un mo-
yen d'entraînement ; mais il est pos-
sible que nous arrivions un jour a
former de véritables improvisateurs
et ce jour là on se rendra compte
combien le théâtre gagnerait à ce que
l'acteur et l'interprète se fondent
dans un même personnage.
Nos expériences nous ont permis à
certains moments d'envisager ce que
pourraient être de telles réalisations
mais nous en sommes loin encore.
Je signale en passant que l'Impro-
visation serait la véritable école du
cinéma, mais il faudrait que l'élève
après avoir examiné au point de vue
photogénique consentit à travailler
un certain temps avant de tourner
son premier film Quelle économie de
temps pour le metteur en scène et
quelle différence dans l'ensemble
d'une interprétation.
Châles Dullin.
F.DOUARD DE MAX
dans Les Trois Mousquetaires (Rôle du Cardinal
LICBE ['.M III.
Richelieu)
Les Films d'aujourd'hui
Les Trois Mousquetaires.
Il est des amateurs qui goûtent ces
copies truculentes, de Titien par Ru-
bens, de Rubens par Delacroix, dont
on sent que l'auteur a cherché non
point à calquer l'original, mais à ob-
tenir le même effet en employant ses
propres modes d'expression. Je m'ima-
gine que Les Trois Monsquetairesde
Douglas Fairbanks auront quelque
chose de ce genre de copie. Ceux de
M. Diamant-Berger suivent trait-à-
trait le modèle. Et ainsi, avec un ef-
fort louable vers la mise en scène, il
a réalisé une œuvre qui manque un
peu de rythme, mais non d'intérêt et
de pittoresque.
L interprétation est bonne dans
l'ensemble : on peut particulièrement
citer MM Desjardins, de Guingand
Baudin, Jacquet, Vallée etc., ainsi que
Mme Jeanne Desclos. M. Aimé Simon-
Girard se tire d'un rôle écrasant
aussi bien que peut le faire quelqu'un
qui n'a ni le type physique, ni le
charme, ni le brio de d'Artagnan.
M. de Max a interprété le rôle de Ma-
zarin au lieu de celui de Richelieu :
ce prélat italien, comique, truculent
et gesticulant, ressemble beaucoup
plus au second mari d'Anne d'Autri-
che qu'à son rival politique.
La Terre.
Il y a un rapport, profond, indiscu-
table entre l'évolution des philoso-
phies et celle des esthétiques. Aux
théories sensualistes de Taine cor-
respond exactement l'art de Zola ;
l'un et l'autre paraissent étranges et
surannés aux yeux des jeunes gens
qui ont vu passer Bergson (a qui cor-
respond la littérature dite de la vie)
cinea
LA TERRE
d'André Antoine, d'après Emile Zola.
CLICHE l'ATHi:
et Einstein (ouïe dadaïsme philoso-
phique).
Découvrant l'art et le théâtre au
plus fort de l'influence de Zola, An-
toine devait suivre ce courant, et se
trouver ainsi amené à ses tentatives,
si intéressantes et décevantes, de
mise en scène réaliste. Puis le cinéma,
survenant, rendait absurde le théâ-
tre réaliste : aucun décor, si ressem-
blant qu'il soit, ne vaudra jamais la
nature même.
Aussitôt, Antoine, infatigable, se
consacrait au cinéma. Et, ainsi,
apparaissaient des œuvres d'une
valeur incontestable, telle que Mlle
de la Seiglière, même si leur genre
de mérite n'était pas exactement ce-
lui que le Cinéaste avait cherché à
obtenir.
Il semble qu'à nul autre cette esthé-
tique ne pouvait mieux s'appliquer
qu'au maître du naturalisme, à Zola
lui-même. Et Ion constate avec éton-
nement que ce n'est pas cela, que
Zola n'a pas trouvé ce que ses œu-
vres renferment de vérité par une
accumulation de détails photogra-
phiés, mais par un effort d'imagina-
tion poétique — aussi conventionnel
dans son genre que celui de Virgile
ou de Victor Hugo. A ce point de
vue le dernier film d'Antoine repré-
sente une remarquable critique litté-
raire.
Il représente aussi, et c'est ce qu'il
faut lui demander en première ligne,
un beau film, bien vu, bien observé,
bien découpé, avec un équilibre et
une composition excellents et ne tra-
hissant pas — s'il la transpose -
l'œuvre dont il s'inspire.
La douloureuse Comédie.
— Peuh, le Cinéma T fit le gros mon-
sieur en allumant son cigare...
— Le Cinéma ? Mais il ne faut pas
vous illusionner, cher Monsieur, le
niveau moyen en est très supérieur à
celui du théâtre. (J'entends quelqu'un
murmurer : « Ce n'est pas difficile ».
cela ne veut rien dire; nul n'a l'idée
d'envelopper le théâtre dans une uni-
forme expression de dédain). Allez
voir à l'écran La douloureuse Comé-
die, et dites moi si, sur beaucoup de
scènes, vous voyez l'équivalent d'un
tel film. Regardez comme est évoqué
ce vieux parc où évoluent ces pas
gracieux et captivants de Napier-
kowska ; combien est vivant ce mu-
sic-hall marseillais . Ne faites pas
trop attention à la naïveté d'un ro-
mancier maritime qui conserve des
illusions sur la vertu des reines de
dancing, et demandez-vous, finale-
ment si vous trouveriez, dans beau-
coup des pièces qu'on joue cette se-
maine, le charme, la poésie, l'émotion
de ce film — qui après tout, à 1 écran
n'est qu'une œuvre de second ordre...
L'homme inconnu.
Sans réclame, sans que l'on sût
même les noms des auteurs ou des
interprètes, ce film, que pouvait
écraser le redoutable voisinage du
Gosse, a fait sensation d'abord à
cause du sujet — le dédoublement de
la personnalité — qui, tout exception-
nel qu'il soit, présente pour beau-
coup d esprits, un attrait mystérieux
(c'est sur cette donnée que Stevenson
a écrit son immortel Dr. Ickyll and
Mr. Hyde, sans parler du volume de
nouvelles The Merry Men qu'il a
consacré aux altérations de la per-
sonnalité). Puis à cause d'une réali-
sation presque parfaite, bien équili-
brée, bien rythmée (les scènes d'élec-
tion sont un morceau de premier
ordre) et d'une interprétation très
sobre, très contenue, très émue, par
des acteurs très peu acteurs, [qui
parlent directement au public. Jérôme
Patride est excellent dans le rôle de
l'homme double et l'on comprend son
cinea
hésitation, entre Hélène Serome Eddy
dont le type est si intéressant, qui
représente si bien une femme vivante,
aimante, souffrante, et la délicieuse
Jane Novak, dont le geste, lorsqu'elle
tend la main vers son mari après
l'accouchement, ira au cœur de tous
ceux qui ont vu souffrir un être aimé
et naître de la souffrance une nou-
velle vie. Et, lorsque Langdon Rir-
ven s'éloigne pour toujours, j'ai
retrouvé — en sens inverse — l'an-
goisse qu'on éprouve lorsque dans
le silence, Pierre surgit du fond de
l'appartement.
Chasse aux ours blancs.
C'est un drame en plusieurs actes,
poignant, vivant, inoubliable, dans
la splendeur photogénique des mers
polaires (c'eut du Nord aujourd'hui
que nous vient la lumière). Nos en-
fants trouvent cela tout naturel ;
j'avoue qu il m'apparaît admirable
qu'assis dans un fauteuil, je puisse
contempler l'agonie d'une ourse sur
un glaçon qui mérite doublement
d être nommé arctique.
•
La Danse de la Mort.
Béni soit le scénariste qui, en fai-
sant jouer par Nazimova un rôle de
jeune malade qui se traîne à pas
lents, l'a empêchée de se laisser aller
trop vite aux gestes excessifs, là
obligée à se contenir, à situer le
drame sur son visage si divers, si
prodigieusement expressif, et à réser-
ver ainsi tout l'effet du mouvement
pour les scènes finales.
L'idée, le postulat du drame est
qu'une danseuse, malade et condam-
née sous peine de mort à renoncer à
son art, se trouve amenée à danser
au clair de lune devant les Indous
étonnés qu'elle frappe d'une terreur
superstitieuse, arrêtant ainsi leur
révolte. Selon la logique dramatique
et musicale, elle devrait danser
jusqu'à en mourir; mais sans doute
la Lanterne Rouge avait déjà fait
couler trop de larmes, et il faut bien
tenir compte des sentiments de Madi-
son (Wisconsin). Elle survit donc, se
marie à la fin.
A cette histoire s'en entrelact nt
deux autre — celle d'un Eurasien
qui, las d'être honni de la société
anglaise, fomente une révolte — celle
d'un colonel qui cravache et tue le
chien de son fils, puis cravache son
fils, lequel l'abat d'un swing vigou-
reux. Tout cela est du remplissage
destiné à faire attendre la Danse des
danses...
En elle-même cette danse est belle,
mais encore une fois les cinéastes
devraient s'inspirer davantage de
l'esthétique musicale, comprendre
qu'il est un temps où les thèmes
doivent s'entrecroiser, s'entrechasser
un autre où ils doivent se dévelop-
per, librement, franchement. La
danse de Nazimova donnerait un
maximum d'effet si la suppression
des parenthèses inutiles laissait ap-
paraître la continuité épuisante de
l'effort, le halètement croissant de
celle qui danse jusqu'à en mourir...
Lionel Landry.
LES TROIS MOUSQUETAIRES
Aramis (De Guingamp) Athos (Henri Rollan) D'Artagnan (Aimé Simon-Girard) Porthos (Martinelli)
-.LICMl. P'\THF.
8
cinéa
Ml'RRAY GOODWIN
jeune artiste américain que les Européens ne
connaissent pas encore, mais que New-York a
déjà applaudi.
Guidé par son oncle, Natt Goodwin, le grand et
regretté comédien américain, il a créé 0(1 Boy au
Princess, Clarence au Hudson, et Bob au Park.
Murrav Goodwin se consacre dorénavant à l'art
cinématographique et Guy du Fresnav vient de»
l'engager pour tourner un des principaux rôles
de Margot, d'Alfred de Musset.
cinea
LE COMMERCE DU CINÉMA
Le cinéma a la chance d'être à la
fois un art et une industrie. Le théâ-
tre est d'ailleurs dans le même cas.
Il faut que le commerce d'une chose
aussi complexe satisfasse à la fois à
l'art et à l'industrie. Par exemple,
avant la guerre, le théâtre y arrivait
â peu prés. Actuellement, on néglige
le côté art pour ne penser qu'à l'in-
dustrie, et le résultat obtenu est quel-
que chose comme la mort du théâtre
français. C'est ce qui arrivera au
cinéma français, si l'on persiste dans
la mauvaise voie. Et pour avoir cru
gagner au moins de l'argent, on fera
faillite. Mais ne nommons personne.
Il y a évidemment des films com-
merciaux pour employer une for-
mule chère aux loueurs et exploi-
tants, c'est-à-dire des films aimable-
ment insignifiants qui enchantent la
plupart des exploitants , mais qui
commencent à lasser le public.
Si le printemps et l'été dernier ont
été désastreux pour les recettes des
directeurs de salles, ce n'est pas seu-
lement à cause de la chaleur, du
mauvais état de la finance ou des
difficultés du traité dit de paix. C'est
que leurs programmes sombraient
dans une incroyable et monotone gen-
tillesse. Films commerciaux, peut-
être, mais les salles se remplissent
de nouveau, et cela parce que les
films sont plus variés, parce que, â
côté du film gracieusement banal, il
y a le film inattendu et que le spec-
tateur s'est plu à voir pêle-mêle, Le
Lys de la vie, Les quatre diables. A
travers les rapides, Les Proscrits,
avec Le signe de Zorro, L'Atlantide,
Une Fleur dans les ruines, Peppina,
La Vieille, La perle de Broadway .
•
Au risque d'être une fois de plus
taxé de paradoxe, j'affirme que les
films non commerciaux doivent rap-
porter plus d'argent que les autres.
Le docteur Caligari, film expres-
sionniste allemand que vous croiriez
réservé à une élite ultra-cultivée, est
en train de faire une carrière com-
merciale formidable. Pourquoi? Par
ceque, au lieu de le montrer comme
à regret, on le pousse, on le lance,
on souligne sa valeur de phénomène
et en quelque sorte de monstre.
Prenons un exemple en France.
Vous êtes persuadés que les agréa-
bles comédies d'Huguette Duflossont
plus commerciales qu 'El Dorado. Eh
bien, les comédies d'Huguette Duflos
ne dépassent jamais un certain ren-
dement, tandis que vous tirerez le
maximum A' El Dorado, en le présen-
tant comme le film qui ne ressemble
à aucun autre. Tout le monde ira le
voir. Et ce que je dis du remarquable
film de Marcel L'Herbier s'applique
à une douzaine d'autres productions
dont il semble que les managers aient
eu plus de honte que d'orgueil.
•
C'est la même erreur qui mène à
tripatouiller certains films étrangers
d'un caractère très original. L'habi-
tude a été prise de les arranger pour
le goût français. Folie! Laissez-les
intacts, avertissez le public qu'il va
assister à quelque chose de curieux,
voire d'extravagant, et vous consta-
terez un extraordinaire mouvement
d'intérêt. Je pense â La Charrette
fantôme ou au Kid, qui perdraient
beaucoup, quoi que vous en pensiez,
â ne pas paraître dans leur intégra-
lité. Etudiez donc la mentalité du
spectateur. Il est avide d'inédit. Je
me souviens que jadis les films de
Gabrielle Robinne faisaient beau-
coup d'argent . Cependant quelques
cinémas donnèrent deux films que
vous considérez certainement comme
le contraire de la production com-
merciale : Le cycle des âmes et La
mauvaise étoile. Eh bien, je vous
jure que, pendant ces deux semaines,
les films de Gabrielle Robinne paru-
rent bien fades et passèrent un mau-
vais quart d'heure.
•
Il suffit d'avertir avec énergie le
spectateur qu'il y a quelque chose
de nouveau et il y courra. Croyez-
vous que l'on se serait précipité aux
Ballets Russes s'ils nous avaient
apportés les tutus de Coppèlia et
aux orchestres négro-américains s'ils
avaient réédité la sérénade deToselli!
Naturellement, il faut que cela se
sache II faut attirer l'attention de la
foule. Si populaire que soit le sujet
des Trois Mousquetaires, il faut tout
de même les présenter avec un bat-
tage monstre. Après cela, si vous
croyez qu'on peut tirer quelque .suc-
cès d'une œuvre plus spéciale sans
faire du bruit, ne dites pas que ce
film est anti-commercial. Dites que
c'est vous l'anti-commercial, ce sera
plus juste.
C'est l'éternelle histoire du phéno-
mène. Dans un village, du paysan
qui a un mouton on dira : « 77 a un
mouton . Il a donc dépensé tout pour
l'acheter. » Et c'est tout. Mais s'il a
un mouton à cinq pattes on s écriera :
« Ahl çà, c'est prodigieux. Il a un
mouton à cinq pattes. Il faut aller
le voir. » Seulement, s'il a un mouton
à cinq pattes et que personne ne le
sache, personne n'ira le voir. Il faut
le crier sur le toit.
Remarquez que je n'entreprends
pas de combattre le film moyen au
profit du film original. Je parle à des
commerçants, je sais les difficultés
de l'exploitation cinématographique
dans toutes ses branches et je cher-
che à en préciser les fautes. Je dis
bien vite que si le lancement du film-
phénomène (véritable mine d'or à
qui saurait s'y prendre), est presque
complètement négligé, le commerce
du film moyen n'est pas beaucoup
mieux servi. Les productions dites
commerciales sortent comme elles
peuvent moins par manque d'argent
que par paresse ou incompréhension
et vont à la dérive le long du cou-
rant, alors qu'on pourrait faire beau-
coupplus pour accélérer leur marche.
0
cinéa
Etes- voue satisfait8 de l'organisa-
tion actuelle de la publicité?
On croit avoir tout fait en versant
aux journalistes quelques louis pour
qu'ils prononcent les mots : « Sen-
sationnel... magnifique*., enfoncée,
l'Amérique... triomphe national,
etc., etc. » Ces blagues-là ne portent
plus. Les exploitants eux-mêmes n'y
croient plus. Les journalistes indé-
pendants ont l'ait plus pour le relève-
ment de la cinématographie fran-
çaise avec leurs critiques et leurs
sévérités que les dociles fabricants
de prospectus, pleins de bonnes in-
tentions, mais non dépourvus de ma-
ladresse.
Ne nous plaignons pas. 11 y a un
grand progrès. Je connais des hom-
mes, pourtant besogneux, qui pour
beaucoup d'argent n'écrivaient pas
du bien d'un film qu'ils ont trouvé
idiot Et l'ensemble de la presse fran-
çaise du cinéma s'est nettoyée, assai-
nie, a pris un ton correct et assez
franc qui peut avoir sur nos travaux
la plus heureuse influence.
Il n'est même plus besoin de parler
des derniers spécimens des temps
barbares du chantage qui s'attardent
parmi nous. Envoyez-leur quelques
francs, ils vous baiseront les pieds.
Mais à quoi bon ? Haïs, vieillis, écœu-
rés d'eux-mème, victime de la pour-
riture physique qui parachève leur
pourriture morale, ils vacillent déjà,
c'est la fin, ils vont s'abattre dans le
ruisseau nataloù ilscrèveront. Adios.
•
Quand le cinéma a commencé
d'exister, on a improvisé toutes ces
choses, comme dans les campements
de l'Ouest Américains en 1820. Mais
à la place de la ville de toile s'est
élevée une cité de pierre et de fer,
et tous les détails hâtivement adop-
tés ont besoin, sous peine de dures
catastrophes pour notre industrie,
d'être mis au point et adaptés aux
nécessités de notre art commercial.
•
Méfiez-vous de la vieille formule
classique : « Satisfaire le public. »
J'entends souvent tel ou tel exploi-
tant dire « Mon public demande ceci.
Mon public veut ceci. » Mais trop
souvent vous confondez la volonté
du public avec ses habitudes. Ce
n'est pas parce que le spectateur est
habitué à voir une chose qu'il est
bon de la lui redonner à perpétuité.
Et s'il ne parle pas, s'il ne proteste
pas, s'il n'exprime pas son avis avec
autorité, c'est que la foule française
1
n'aime pas le scandale. Leur seule
critique est la retraite. Plus d'un
directeur a pu en faire l'expérience.
.
Croyez-vous que le spectateur est
content du genre d'affiche que vous
ne voulez pas abandonner? Il est
indigné, le spectateur, et si je vous
citais toutes les affiches qui l'ont mis
en colère, la page n'y suffirait pas.
Vous ne vous rappelez donc pas le
succès des images coloriées de Cabi-
ria, de certains placards de Barrére,
de Hecan, de Don, de Norman ?
La belle affiche est une arme de
victoire, et vous la négliger. Quoi
de plus commercial? Demandez aux
administrateurs de Thermogène, de
Dubonnet, de Cinzano, ce que leur
a rapporte laffiche de Cappiello,
et aux directeurs de théâtre ce que
vaut une composition de Sem, de
Roubille ou d'Iribe ? Attention à vos
affiches.
•
Croyez-vous que le spectateur est
content de vos orchestres? Le nom-
bre de musiciens n'importe pas, ni
le solo de violon en deuxième partie.
La magnificence des partitions choi-
sies est secondaire. Ce qu il faut,
c'est que la musique s'adapte au film.
Quelle que soit la qualité de votre
public, sachez qu'il est venu pour le
film et qu'il ne doit pas être gêné par
une musique trop absurde ou trop
remarquable. Qu'elle soit juste! Mais
il faut que le chef et aussi les exécu-
tants voient au moins deux fois les
films, une fois sans répéter ni même
prendre des notes, une autre fois
pour répéter le premier ensemble.
Attention à vos orchestres.
Je ne dis pas: « Attention aux
salles ». Elles sont ou seront très
bien. Il s'est élevé depuis un an des
palais luxueux, mais intelligemment
équilibrés, où l'on a compris qu'il
fallait de grands plans, des tons
clairs, des lignes amples et pas trop
de dorures, et surtout beaucoup d'air.
Il faudrait que les directeurs de
quelques vieilles salles aient le cou-
rage de fermer un mois ou deux pour
remanier la forme, l'aérage, la cou-
leur, l'intelligence de leur installa-
tion. Xous avons trop de monde
pour interrompre, disent-ils. Oui,
mais si le spectateur brusquement
va chez le voisin, que diront-ils?
Ecoutez toutes les remarques du
spectateur.
•
Méfiez-vous aussi de cette autre
vieille formule : « Un film doit plaire
à tout le monde. » Un bon film, oui,
mais il n'en est pas que de bons, et
il y a des nuances bien marquées
dans les diverses classes de specta-
teurs. Arrivez, arrivez vite à ne pas
imposer n'importe quel programme
à n'importe qui. Si vous saviez quelle
quantité d'habitués peut perdre une
salle où l'on s'est trompé sur les
goûts du public. Que de fois nous
l'avons dit! Et comme le compren-
dront cruellement un jour ceux qui
ne s'y seront pas pris à temps T
Beaucoup de commerçants du ci-
néma ne tiennent compte que du pu-
blic populaire. C'est injuste. Il est
énorme et intéressant, mais il n'est
pas le seul. Inquiétez-vous plus sou-
vent de l'opinion de l'élite française
et ne la fâchez pas. Les artistes, les
intellectuels, les savants sont venus
difficilement au cinéma. Est-ce pour
être déçus? Leur concours est pré-
cieux. Ils dirigent 1 opinion, guident
les capitaux, portent le fanion du
pays. Vous ne pouvez trouver de
meilleur soutien que ce petit public-
là. Je sais une salle où nous avions
amené une douzaine de notabilités
politiques, littéraires, financières, ce
qui n'avait d'ailleurs pas été si com-
mode. Le directeur est tout surpris
de ne pas les revoir. Que ce directeur
relise la liste des films qu'il a donné
depuis six mois : il comprendra peut-
être.
Ces spectateurs-là préfèrent tel ou
tel petit cinéma de faubourg où un
directeur compose ses programmes
avec amour. Les salles qui ont l'af-
freux programme « en série » connaî-
tront plus d'une défection.
•
Comment? Des vérités de la Palisse?
Je le sais. Mais l'évidence n'est pas
évidente pour tous, et il faut répéter
longtemps Deux et deux font quatre
pour que cela se sache.
Nous le répéterons.
Louis Delluc
clnéa
11
DERRIÈRE L'ÉCRAN
0
FRANCE M
Douglas Fairbanks est allé voir
Le Signe de Zorro dans un grand
cinéma populaire. Reconnu et ova-
tionné, il a, avec son mouchoir et
quatre gestes, esquissé devant le
public du boulevard Barbés la sil-
houette spirituelle du jeune espagnol
indolent, applaudi dans le film.
•
A la présentation d'Une Poule
Mouillée, Douglas acclamé pour ses
prouesses et sa virtuosité de comé-
dien-acrobate fut invité à parler du
haut de sa loge, mais indiquant
l'écran, où l'on venait de lui voir
accomplir les plus paradoxales folies,
il soupira : « Non, je suis un peu
fatigué T »
•
Ingénue comique, ce qui est assez
rare, dont le talent s apparente à
celui de Marguerite Fisher et de Mary
Pickford. Marie-Thérèse Décosse va
tourner un nouveau grand film pour
la firme Atlas Film.
•
La distribution du film de M Guy
du Fresna\', tiré de Margot la nou-
velle d'Alfred de Musset, comprend :
Gina Palerme, Genica Missirio et
M. Godwin, un jeune américain dont
ce seront les débuts au cinémato-
graphe.
•
M. Henry Roussel rentre de Rhéna-
nie où il tourna les exérieurs de son
film dont Fmmy Lynn est la princi-
pale protagoniste.
M. Garbagni achève chez Pathé les
intérieurs des Parias de l'Amour,
ciné-roman en douze épisodes.
•
Marcel L'Herbier s'occupe du dé-
coupage de Don Juan de Manara.
Il va prochainement partir en Espa-
gne tourner ses extérieurs. L'inter-
prétation comprend jusqu'ici Van ni
Marcoux dans le rôle de Faust, Mar-
celle Pradot dans celui d'Anna.
Philippe Heriat dansWagner-Mephis-
to, Jaque Catelain dans Don Juan.
On parle d'autres artistes dans divers
rôles, mais rien n'est encore décidé.
F. F. Violet termine le montage île
La Ruse, et va bientôt nous le pré-
senter.
•
Nous verrons prochainement la
Maison du Mystère d'après le roman
de Jules Mary que vient de terminer
M. Volkoffpour le compte de la firme
Frmolieff.
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CLICHE Jl'I'ITER HLM
MARIE-LOUISE IRIBE
et GENICA MISSIRIO
dans une des meilleures scènes de Les
Ailes souvient. (Films Jupiter)
Maurice de Marsan tourne à Epi-
nay les intérieurs de \ Assomoir
d'après le roman de Zola.
Louis Feuillade va partir avec sa
troupe pour tourner au Portugal les
extérieurs de Parisette son nouveau
ciné-roman.
Diamant Berger annonce qu'il
tournera Vingt ans après (suite aux
Trois Mousquetaires).
•
IL de Golen s'occupe du montage
de La Veille du Bonheur qu'il vient
de réaliser avec Brabant.J.de Ferau-
dy, et Monteaux.
•
On lavait annoncé partout. M.
Léon Poirier devait réaliser un scé-
nario de lui intitulé Paris. Les artis-
tes étaient tous engagés, on allait
commencer.
Mais Paris comportait trois épiso-
des. Et M. Léon Poirier avait
compté sans le grand maître de
1' « épisode », qui se trouve avec lui
dans le même établissement, le grand
maître opposa son veto. Paris ne se
fera pas .
M. Poirier va tourner un film en
deux parties.
•
M. Henri Desfontaines vient de pré-
senter au studio Gaumont Chichi-
nette et Cie qu'il vient de terminer.
•
M. Pière Colombier va tourner le
troisième de la série « Fantasio-
Films ». Le scénario s'intitulera sans
doute : Le Réveillon, Mlle Madys en
sera probablement la principale
interprète.
•
Vendredi dernier grand remue-
ménage rue de la Villette, chez Gau-
mont. M. Louis Feuillade tournait
une grande scène de son nouveau
ciné-roman Parisette A travers la
foule des figurants habituels nous en
avons reconnu de nouveaux et non
des moindres tels que : M. Léon Gau-
mont lui-même, M. Léon Bailby direc-
teur de 1' « Intransigeant », notre
confrère Boisyvon, M. Paul Cartoux,
auteur des Deux Gamines, etc..
Et dire que ce film n'aura pas
besoin de toutes ces tètes illustres
pour être loué. .
•
Le Somptier, Germaine Dulac, Fes-
court, se sont associés. — Et certains
de parler. — Bravo î ce ne sera que par
une véritable entente « amicale » que
le cinéma français pourra se suffire
12
cinea
à lui-même. De tout cœur nous leur
souhaitons bonne chance.
•
Après Vannî Marco ux qui accepta
un des rôles principaux du Don Juan
que Marcel l'Herbier va tourner.
Voici Maurice Renaud qui interprète
un des personnages de Vérité le film
d'Henri Roussel.
•
Léonce Perret, le metteur en scène
de l'Empire du Diamant. que nous
verrons bientôt, vient de partir en
Angleterre tourner les extérieurs de
son film l'Ecuyère dont l'interpréta-
tion comprend Mlle Marcya Capri,
Miss Gladys Jennings, MM. Angelo,
Maupain et le metteur en scène Henry
Houry. André Daven
•
Parmi les récentes promotions de
chevalier de la légion d'honneur
nous lisons le nom de M. Louis Au-
bert, administrateur délégué des éta-
blissements Louis Aubert et actif
manager de L'Atlantide.
•
L'Association des poètes russes à
Paris (« Chambre des Poètes » « Pa-
lata Poétoff ») - au café Caméléon,
146, boulevard Montparnasse — a
consacré une de ses soirées à Chariot
Sous la présidence de Valentin Par-
nak, les poètes russes ont fait des
conférences-bouff sur le grand mime
et lu leurs poèmes en son honneur.
Valentin Parnak, Serge Charchoun,
Georges Evangouloff , Alexandre
Ginger, Marc Jaloff — poètes russes,
y ont pris part. Le peintre L. Gon-
drachvili y exposa son charmant ta-
bleau représentant Chariot parmi les
apaches du Caucase. La musique de
jazz-band célébra Chaplin devant
une nombreuse assistance.
•
AMÉRIQUE M
William Hait par lui-même.
« Je suis né le 6 décembre 1876 à
New-Burgh (Etat de New-York). Mon
père était d'origine anglaise et ma
mère irlandaise.
J'étais en bas-âge lorsque mes pa-
rents allèrent s'installer dans le Da-
kota, en plein Far-West. C'est vous
dire qu'avant d'avoir lu les récits de
Gustave Aimard et du Capitaine
Mayne Reid, je les avais vécus en
partie.
Mon père s'absentait très souvent
pour ses affaires, et lorsqu'il fut de-
venu veuf, il nous confia, mes sœurs,
mes frères et moi, à des femmes in-
diennes qui nous élevèrent avec leurs
infants. C'étaient nos petits compa-
gnons de jeux. Et quels jeux !. .
J'avais environ quinze ans lorsque
mon père revint à New-York afin de
nous faire donner une instruction
qui, forcément, avait été assez négli-
gée.
J'avais tellement la nostalgie de
cette vie de l'Ouest que je me prépa-
rais à entrer à l'école militaire de
West-Point, où à dix-huit ans je fus
admis après un brillant examen.
N'étant pas naturalisé américain, ma
nationalité d'anglais nuisit à l'avenir
de ma carrière militaire, que je fus
obligé d'abandonner.
J'eus un moment l'intention de par-
tir en Australie, mais mon père me
conseilla d'aller en Angleterre où
nous avions encore de la famille.
Après un court séjour à Londres, je
voulus connaître la France et, en
1889, je débarquai un matin à Calais,
et le soir même j'arrivais à Paris.
J'y fus tour à tour interprète, homme
de confiance d'un joailler près du
coffre-fort duquel je veillais la nuit,
puis ensuite professeur de boxe dans
une salle d armes très fréquentée du
quartier de l'Etoile.
Presque tous les soirs j'allais au
théâtre, et mes théâtres préférés
étaient, avec votre admirable Comé-
die-Française, les grands théâtres de
drames tels que celui de la Porte
Saint Martin. Je me souviens qu'avec
quelques amis très admirateurs du
talent de Mme Cécile Sorel, qui fut —
mais n'allez pas le lui dire ! - mon
premier « Sweet Heart », nous nous
cotisâmes pour lui envoyer quelques
fleurs qu'elle daigna agréer.
L'été vint. La salle d'escrime n'était
plus guère fréquentée. Les théâtres
se fermèrent les uns après les autres,
et, très seul en votre immense Paris,
où je ne connaissais personne, je le
quittai un soir brusquement, traver-
sai Londres, (m'embarquai à Liver-
pool et débarquai à New-York où je
ne restai pas longtemps, car je venais
d'être touché par la vocation théâ-
trale qui me ramena en Angleterre
où je trouvai le moyen de me faire
engager dans des emplois extrême-
ment modestes.
Faisant partie en 1890 de la troupe
D. B. Bandmann, je revins en Amé-
rique. Je ne gagnais que douze dollars
par semaine et je jouais des rôles un
peu plus importants. Ayant été re-
marqué par Mme Modjeska, la célè-
bre comédienne américaine, je fus
l'interprète de quelques rôles assez
importants, tels que celui de Roméo.
Le succès couronna mes elforts et je
fus considéré comme un des meilleurs
comédiens de Broadway où j'inter-
prétai, d'après votre légende histo-
rique du Masque de Fer, The man
with the iron mask.
C'est au théâtre que je fis la con-
naissance de presque toutes les ve-
dettes cinématographiques améri-
caines telles que Dustin Farnum et
Th. Ince qui, devenu metteur en
scène de la New-York Motion Picture
Co, m'offrit en mai 1914, de faire du
Cinéma.
Mon premier rôle cinématogra-
phique fut celui d'un eow-boy, ce qui
me permit de revivre imaginative-
ment cette vie du Far West que je
regrettais sans cesse. De là vient
peut être le succès que le public vou-
lut bien faire à tous ces petits films
dramatiques où je faisais plus que
jouer la comédie, car j'évoquais des
incidents de ma jeunesse aventu-
reuse.
Lorsqu'en 1915, Th. Ince fonda la
Triangle Keystone avec Griffith et
Mack Sennet, je fus engagé pour in-
terprêter de grandes comédies dra-
matiques en quatre et cinq parties.
En 1917, je suivis à la Paramount
Artcraft Th H. Ince, Griffith et Mack
Sennett.
En 1919, ayant cessé de travailler
avec Th. IL Ince, je fus engagé par
la Paramount, afin de réaliser une
série de films dont je fus à la fois le
metteur en scène et l'interprète.
William Hart.
ANGLETERRE M
La Menace est une production de
Ilarley Knoles, dans laquelle Tyrone
Power et Dorothy Bernard jouent
des rôles importants. Le sujet touche
au bolchevisme.
•
Ce même auteur, à qui l'on doit
Carnaval, est en train de transfor-
mer des opéras pour l'adaptation à
l'écran.
•
L'Australie a frappé les films bri-
tanniques d'une taxe d'importation
de un penny par mètre, et les films
étrangers de 3 pences.
•
Alice Crawford , l'actrice austra-
lienne a fait sa parution â l'écran
dans The Gloriouse Adventure (La
Glorieuse Aventure).
cinea
13
Les Interprètes du Cinéma Français
£ J& M (Suite aux numéros 18 et 19 de " Cinéa ") M Jâ JS
E. DE MAX
Né en Roumanie.
Venu dès son enfance à Paris faire ses études et
travailler au Conservatoire d'où il sort avec un pre-
mier prix de comédie.
Au théâtre, la plus magnifique carrière d'acteur
français à l'Odéon, à l'Œuvre, au Théâtre Antoine,
au Théâtre Sarah-Bernhardt, au Châtelet, à la
Renaissance, à la Porte Saint-Martin, au Théâtre
Réjane, à la Cigale, à l'AIhambra, enfin à la Comé-
die Française.
Citons pour mémoire ses principales créations :
(Rritannicus, Le repas du lion. Ton sang, La prin-
cesse lointaine, Izéyl, La Sorcière, Israël, L'Impé-
ratrice, La guerre en dentelles. Quo Vadis, La
conquête d' Jllhèms, Jules César, L' Jinlulaire, Le
Vrai mystère de la (assion, Tromélhé:, Hélioga-
bale, L'JIn mille, Le Typhon, 'Polyphème, Ma-
lazarte. 'Uimon d' Jlthènes, Le procès de Jeanne
d'jJrc, Esope, Le roi Lear, Shylock- La mort
enchaînée, etc. etc. (Voir dans Chez de Max).
Au cinéma, débute vers 1 908 ou 1 909 au Film
d'Art dans La Tjosca avec Sarah Bernhardt.
Récemment a créé :
Le rôle du rebbe dans L'/3mi Fritz, mise en
scène de René Hervil, avec Huguette Duflos et
Mathot ; le sonneur dans Le son de cloche ; le car-
dinal dans Les Trois Mousquetaires, réalisation de
Henri Diamant-Berger.
•
HENRI ROLLAN
Né à Paris en 1 888.
- Etudes au lycée Saint-Louis. Quitte brusquement
la classe de mathématiques supérieures pour préparer
le conservatoire ; y entre en octobre 1905: 3e prix
au concours de 1 906. Entré à l'Odéon avec An-
toine y reste trois années, ensuite vagabondage à
travers l'Europe.
Une saison à Saint-Pétersbourg, puis Paris : la
Renaissance, le théâtre Réjane.
La guerre (3- zouaves). Réformé en 1917, entre
à la Comédie Française. En a assez au bout de
1 7 mois...
Va avec Gémier, avec qui il est encore.
Au cours de tout cela créations ou reprises :
A l'Odéon ;
Chatterton, La maison des juges de G, Leroux,
L' Artésienne, La mort de Pan, d'Alex. Arnoux,
T^amurttcho, L' Avare chinois.
A l'Œuvre :
Les deniers masques, de Art. Snitzler, Ariane
blessée de Maurice Allon.
A Bruxelles :
Le Pelléas de Pellias et Mélisande.
Avec Réjane :
Jllsace, L'enfant de l'amour, le chat dans
l'Oiseau bleu.
A la Comédie Française :
Le répertoire Molière, Marivaux, Beaumarchais
et les modernes :
L 'Autre danger (Donnayl, Les affaires sont les
affaires (Mirbeau), etc.
Avec Gémier :
Le Bourgeois gentilhomme, Le marchand de
Venise, Les jardins de Murcie, La Captive, de
Ch. Méré, Le Simoun de Lenormand, Le héros et le
soldat de B. Schaffi, L'Annonce faite à Marie.
Au cinéma :
A commencé à faire du cinéma en 1910 (le
cinéma d'avant-guerre?)
Tourne au Film d'Art
L'HêiiHire (Pouctal), à la S . C. A. G L.
plusieurs films, entre autres : Jeanne la Folle, Le
Chevalier de Ma'son-Rouge (Alb. Capellani).
Depuis la guerre :
Mimi Ijrottin (Andréani), Les Trois JXTasques
(Henry Kraussl, enfin Athos dans Les Trois Mous-
quetaires.
•
LILI SAMUEL
Née à Paris en 1883.
Conservatoire. Vieux-Colombier.
A débuté au cinéma dans L'Homme du Large
Crée le rôle de Sarah Pompon dans Villa Destin
de Marcel L'Herbier et celui d'Evangeline Mac
Williams dans Le Tonnerre, de Louis Delluc.
EDOUARD DE MAX
le grand tragédien revenu au cinéma évoqué ici
par Cappielloau temps où il interprétait si presti-
gieusemerxt les jeunes poètes.
14
cinéa
JEANNE DESCLOS-GUITRY
la belle interprète de Les Troi< Mousquetaires, et de l'broso que nous reverrons
dans Les Roquevillard.
MARIE LOUISE IRIBE
Née à Paris le 29 novembre 1 897. Sortie du Con-
servatoire (classe Georges Berr) en 1914 avec un
second prix, j'ai joué en tournée avec le Théâtre
Français : L'Embuscade, La Marche Nuptiale.
Au Vieux Colombier : La Nouvelle idole, La
Qriffe, les Romanesques, Petite hliue; crée avec
Sacha Guitry, Un soir quand on est seul.
A débuté au cinéma en 1913 avec M. Feuillade
dans La Rencontre, Les 'Piques rouges.
Pour Aubert :
La Vierge folle, de Henry Bataille ;
Pour Gaston Ravel : L 'Affaire énigmatique ;
Pour Lesomptier :
Le 'Uemps des cerises, Le Prix de f^ome, Le
'Pont des enfers;
Pour Plaissetty :
Le masque d'amour ;
Pour Jean-Joseph Renaud :
Asphodèle ;
Pour Feyder et Tristan Bernard :
La pièce de dix sous. Le mariage de {ftouchu ;
Pour Feyder :
U Atlantide ;
Pour Guy du Fresnay :
Les Jliles qui s'ouvrent.
•
G1NE AVRIL
Née à Paris
A débuté dans les 'Croîs Masques de Charles
Méré, mise en scène d'Henry Krauss, avec Mme
Barbier Krauss. Henri Rollan et Georges Wague.
Interprète ensuite les rôles principaux des 'Crois Lys
de Mme Lucie Delarue Mardrus, mise en scène de
Desfontaines pour la firme Gaumont, avec Yvonne
Devigne, Baissac et Escande.
JEANNE DESCLOS-GUITRY
Mme Jeanne Desclos, qui fit, au théâtre, en
quelques années, une admirable carrière, vient de
triompher à l'écran dans plusieurs films.
C'est en 1 908, sur la scène de la Renaissance
qu'elle débute dans La Femme Nue, d'Henry Ba-
taille. Ensuite, c'est L'Oiseau blessé de Capus, La
Cruche, de G. Courteline, Le Scandale de Bataille,
au Théâtre de la Renaissance ; La Massière, de
Jules Lemaître, L' Jivcnlurier de Capus, à la Porte
Saint-Martin ; Kismel, au Théâtre Sarah-Bernhardt,
/.' /Issaut de Bernstein, au Gymnase ; Les 'Pequins
de Nicodemi.
\ edette des grandes tournées théâtrales en Amé-
rique du Sud en 191 I, en 1 91 2 et en 1 91 6.
lnterpiète Les Cinq Meisieurs de Francfort et
Pétard d'Henri Lavedan, au Gymnase. Remporte
un triomphe dans le rôle de JKCiette de Dario Nico-
demi sur la scène de la Gaîté. Elle joue, en 1916,
Qrand-'Père, L' Archevêque et ses Fils de Lucien
Guitry.
Son premier film fut : Crépuscule d'épouvante.
Nous voyons enfin Mme Jeanne Desclos dans
'Phroso, d'après l'oeuvre d'Anthony Hope, mis en
scène par Mercanton, dans le rôle de la Reine
d'Autriche des Trois JUCousquelaires et dans Les
Roquevillard, film adapté de l'oeuvre d'Henry
Bordeaux.
L- COLLINEY
Est née à Paris.
Sortie du Conservatoire avec I el' prix de comé-
die, 2e prix de tragédie. Grand prix Osiris.
Théâtre :
Odéon, répertoire classique :
Cabotins ;
Le crime de Polru ;
Monsieur d'Assoucy ;
T^oger Bontemps ;
Ses Films.
Le Scarabée rouge (Eclipse) avec de Gravonne;
Les Requins de 'Paris (Léon Sazie) ;
La Fleur des ruines (A. Gance) avec Aurèle
Sydney ;
L'Héroïsme de Paddy (A. Gance) avec Dieu-
donné ;
Le Secret de lacomtessefS.C. A. G. L.) avecLéa
Piron et Escoffier;
La Délaissée (S. C. A. G. L.) ;
La Mer (S. C. A. G. L,);
La sonnette du diable (S. C. A. G. L.) avec
Emilienne Dux et Jean Kemm ;
Papa Hul n (S. C. A. G. L.) avec Krauss ;
Sous l'Epaulette (de Morlhon) avec Léon
Mathot;
La petite marchande de violettes (de Morlhon |;
La Marâtre (Grétillat) avec Germaine Dermoz
et Grétillat;
L'effroyable doute (Grétillat) avec Grétillat;
La terre commande (Bergerat) ;
Irène (Harryl avec Emilienne Dux et Vibert;
Le Doute (Harry) avec Francen et de Féraudy ;
'Paule Evora (Harry) avec Régina Badet et
Pierre Pradier;
Les deux baisers (Harry) avec Daltour et Pierre
Stephen ;
La singulière aventure de Neil Nogan, Jockey
(Jacques Riven) avec Georges Lannes;
cinea
15
PAUL VERMOYAL
Né en 1888.
Théâtre :
Faust de Marlowe ; Eugénie Çrandel (aux
Arts); La chute de la Maison Uscher, le Crime,
Les Monstres, Hara-Kiri (Grand-Guignol).
Films :
Le droit à la vie, réalisation A. Gance avec
A. Brabant et Mathot ;
La Zone de la Mort, réalisation A. Gance avec
A. Brabant, Lionel, Mathot;
Le Itoi de l'étain, réalisation M. Mariaud ;
L'Epave, réalisation Mariaud, avec Delvé et
G. Modot.
Les eTKCouettes, réalisation M. Mariaud avec
Lionel Clément ;
La Nuit du I I novembre, réalisation Deschamps
avec Séverin-Mars ;
La Sultane de l amour, réalisation Le Somptier-
Burguet avec Dhélia, G. Modot de Pedrelli,
A. Bras;
Fanny Lear, réalisation Manoussi avec Signoret,
Dermoz ;
Mathias Sandorf, réalisation Fescourt avec An-
dreyor, Joubé, Toulout, Modot;
La Nuit du 13, réalisation Fescourt avec An-
dreyor, A. Dubosc, Toulout;
La Double image, réalisation de Chateloux avec
Elmire Vautier et Angelo.
MARY HARALD
Née en Extrême-Orient.
Débute au cinéma sans avoir fait de théâtre et
s adonne entièrement à cet art nouveau.
René Navarre fit son premier engagement. Tourne
sous la direction de Gaston Ravel trois films de sa
composition : Un père à marier. Du rire aux
larmes, Ce bon Lafontaine.
Travaille ensuite pendant 9 mois avec Louis
Feuillade.
Tjhi-Minh, film en 12 épisodes. Le rôle s'adap-
tait à sa personnalité mi-française, mi-asiatique.
Avec Louis Feuillade fut encore la Caraque dans
Vendémiaire.
Puis c'est au Maroc avec M. Pinchon interprète
Saada dans C'était écrit.
Rentrée en France E. E. Violet lui confie les
rôles de la chinoise dans Li-Hang le Cruel, et
Mme de Romans dans Les mains flétries de Cl. Far-
rère.
ANDRE ROANNE
Né à Pans en septembre 1 896.
Commence le ciné en 1915 avec :
En JXCusique Marie Laurent, Le même sang
Navarre, Autour d'une bague J. Signoret, M. Pin-
son Policier Suzanne Dubost, tMime Fleur de
&Ceige, Nelly Palmer. Caston Ravel, metteur en
scène.
Ensuite les films de : J. Feyder : Tète de femmes,
Femmes de tète avec Kitty Ott. Le pied qui étreinl,
avec Suzanne Delvé.
Labruyère : La mar. œuvre amoureuse.
Violet : Le consentement de la marqui e avec
Alice Clairville.
Feyder, l'Atlantide.
Du Fresnay, Les ailes qui s'ouvrent.
Kemm, Hantise.
SUZANNE TALBA
D'origine russe, née à Paris en 1900. Débute au
cinématographe dans La lumière sur la neige,
d'André Hugon, édité par Pathé.
Tourne ensuite Rose de Grenade, avec le même
metteur en scène pour le compte de la Monat-Film.
Principale protagoniste féminine de William Ojalu-
chet, mise en scène de Leprieur.
Actuellement en Italie pour tourner un des rôles
principaux de "Vérone pour le compte de la Fox-
Film, mis en scène par Gordon Edwards.
DESSIN DE BECAN
HENRI DEBAIN
Le spirituel comédien du Secret de
Rosette Lambert et de La Maison Vide
HENRI DEBAIN
Est né à Paris le 3 août 1 886, de parents pari-
siens. A tourné en 1919 au retour de la guerre
dans Le Petit Café avec Max Linder, sous la direc-
tion de Raymond Bernard et pour le compte de
Diamant-Berger, le rôle du Plongeur.
En 1920, le rôle de James Jamier dans Le Secret
de Li -selle Lambert de Tristan Bernard, avec Dul-
lin, Amiot, Camille Bert, Lois Meredith, Sylvia
Grey ; enfin, celte année Lebéchut dans La maison
vide.
Ces trois films avaient Raymond Bernard comme
metteur en scène.
! Les Présentations I
Phroso.
Eaux- fortes et fusains que M. Louis
Mercanton, qui a de la science et de
la conscience, a mis sur l'écran
d'après le roman réputé d'Anthony
H ope. Valaient-elles l'utilisation de
talent et du travail et des efforts?
Sans doute puisqu'une spectatrice
disait : « C'est admirable » et qu'un
spectateur a déclaré : « C'est grec,
c'est turc, et c'est quand même très
américain ». L'opinion d'autrui vaut
bien la mienne qui salue l'île de Néo-
polie représentée avec beaucoup de
pittoresque et de sauvage grâce par
l'île de Sainte-Marguerite.
M, Maxudian est parfaitement
pacha, flegmatique et cruel ; M. Paoli
est beau, agile, fort.
•
Une poule mouillée.
Le sauveur incarné cette fois par
Douglas Fairbanks n'est d'abord
qu'un oisif d'Europe, originaire de
l'Arizona qu'il a quittée à l'âge de
quatre ans; il est entraîné dans une
croisière qui le mène au pays natal,
parmi des aventures que le brillant
artiste rénove et gratifie. Harmonie
d'images : la fuite du héros, son ar-
rivée dans un fdet plein de poissons,
sa promenade accompagnée de chats
faméliques, le pourchas d'un riche et
criminel contrebandier après une
explosion dans les rochers, etc. tout
cela se rehausse à la fois d'un peu
de beauté, de joie, d'audace et
s'adorne de l'affirmation moins opti-
miste et très exacte d'une similitude
des primitifs et des civilisés. Un
excellent film.
•
Le Porion .
La lenteur de l'exposition est ra-
chetée par le dernier tiers du film,
générateur d'angoisse. Un ingénieur,
16
cinea
autoritaire et lâche, cause la noyade
d'une équipe de mineurs et, devant
la fillette du porion qui téléphone à
son père submergé avec ses compa-
gnons, a une attitude immonde. La
conversation téléphonique, scènes
progressivement réconfortantes à
quoi participent les parents ont été-
fort intelligemment mis en scène par
M. Champavert, et M. Bénédict est
un porion réel.
•
Le Miroir de l'âme.
Artifice et convention. Pauvre
fiancée que les apparences accusent
de trahison! Mais elle n'a trompé ni
tué personne, on le saura et elle sera
heureuse Film danois auquel il fal-
lait laisser sa marque; pourquoi en
appeler les personnages MM. de Va-
lory et de la Guérinière?
Laska.
Le Texas, un ranch, une jeune
fille nerveuse, cavalière et sensible,
un grand éleveur qui l'aime et dont
il est aimé, un couple d'égoïstes qui
s'amusent d'eux, une intrigue lente
agrémentée de coins pittoresques et
soudain un tornade, une panique
des bestiaux qui piétinent les amou-
reux. Lui, tandis que la paix se fait
dans le ciel enfin lavé, se réveille
meurtri à côté d'elle, morte, qu'il en-
lève pieusement dans ses bras. Ceci
est bien, Frank Mayo de même, Edith
Roberts aussi .
•
La femme qui assassina.
Parce qu'il y a William Russel,
nous prévoyions humour et gaité,
mais ce n'est qu'une mystification où
ne passent ni de celle-ci ni de celui-
là. Un homme décidé au suicide en
est détourné par un drame fictif réglé
pour faire croire à la vraisemblance
d'un sujet de pièce de théâtre, voilà
un conte possible, mais un film gris
où l'imprévu semble de l'insensé. Un
titre qui déplaira à M. Claude Far-
rère.
•
L'ineffable tendresse.
Un industriel ruiné par un incendie
allumé dans un but de vengeance à
l'expiration de l'assurance, se guérit
d'une tuberculose subite grâce à son
frère qui le retrouve par hasard.
Amoureux de sa belle-sœur, le sau-
veur, à la suite de hasards rebondis-
sants, retourne à des occupations
australiennes. Misères, maladies et,
pour couronner l'œuvre débuts, au
théâtre, de la dame, dans un rôle
pareil à celui qu'elle joue dans la
vie. L'imprésario l'avait sacrée étoile
parce qu'il l'avait entendue un jour,
réciter des vers ! A trois reprises
une minute jolie grâce à des pay-
sages de neige. Une scène à la Berns-
tein, ce qui ne peut vivre dans le
silence.
•
Lacs suédois.
La beauté de ces paysages, photo-
graphiés par la Svenska, réjouissent.
L'eau plane ou savonneuse dans une
lumière qui varie les tons, le mouve-
ment du bois transporté, voilà des
œuvres d'art.
•
L'honneur de la famille.
Le jeune Paul de Thennevière en-
tend dire que sa mère fut, jeune fille
maîtresse de Georges de Mabreuil.
On.se battra. Malheureux! Mabreuil
est son père clandestin, mais son
père légal, Maurice de Thennevière,
ne veut pas d'un duel pareil. C'est lui
qui se bat. Blessure légère, mais
l'honneur est satisfait. L'êtes-vous
moins? Amleto Novelli, qui joue
Paul ressemble à son père, le célèbre
acteur italien.
•
La Bonne Espérance.
Médiocre adaptation hollandaise
du drame d'Heyermans qui, au
théâtre Antoine, faisait vibrer. M. Si-
gnoret, dans le rôle de l'adolescent
que l'on force à prendre la mer sur
un bateau pourri, n'a pas été oublié.
Le film, malgré l'exactitude des
lieux, ne secoue pas comme il le
devrait.
•
Le coq au village.
Mais oui, il épouse celle qu'il aime
quoiqu'il ait promis à un ami de se
marier avec une riche héritière.
•
L'île sans nom-
Aventures, mariage forcé, amou-
reux évadé dans une île déserte où
sombre un couple de touristes aériens,
dont la femme... etc. etc. Marguerite
de Lamotte est bien.
•
Petite Princesse.
Du meilleur genre « Bibliothèque
rose » américaine. Tout homme a
dans son cœur un enfant qui som-
meille et sera touché, charmé par la
gracieuse puérilité de ce film Mary
Pickford a dix ans, vous dis-je, pas
davantage. Une nuit, elle conte Ali
lia ha à ses compagnes de pension ;
évocation jolie, inutile et un peu fas-
tidieuse. Dans un rôle de domestique
martyre, Zazu Pitt est éberluée à
souhait.
•
Daisy mariée.
Pour châtier une vantardise de son
mari, elle imagine « une amusante
plaisanterie », à quoi sont mêlés des
bandits et qui finit par ne plus l'amu-
ser... ni elle, ni d'autres!
•
Un repartage tragique.
Un reporter, pour faire monter le
tirage de son journal, se livre à une
mystification qui tourne mal; comme
le rôle est joué par Houdini, il y a
des acrobates, puis le châtiment d'un
coupable. Tant mieux, n'est-ce pas?
•
Comiques (?)
Ribadouille a de l'émotion parce
que, revenant d'une longue croisière,
il trouve dans sa maison un enfant
de plus qu'il n'en avait laissé, c'est
celui du voisin. Pas bien drôle.
Farces d'écolicres est un Mack
Sennett sans sel, ça remue, ça grince,
ça ne fait pas rire.
Chalumeau serrurier par amour
est piqué d'inventions à long feu que
l'orchestre heureusement accompa-
gnait des refrains de Mam'zelle Xi-
touche.
Fridolin shériff par intérim... a
démissionné. Il a bien fait
Lucien Wahl.
•
Les ailes s'ouvrent.
Guy du Fresnay a prouvé une fois
de plus ses qualités de goût, d'élé-
gance, de grâce française. Peut-être
peut-on lui reprocher d'avoir souvent
sacrifié l'intensité dramatique au
charme décoratif des paysages, mais
ils sont si bien photographiés...
Les deux rôles les mieux dessinés
sont les mieux joués, l'un par Genica
Missirio, gentleman énigmatique et
vrai cavalier (enfin!) l'autre par
Marie-Louise Iribe, qui a des mo-
ments et des mouvements tout à fait
adorables. Mlle Madys, MM Roanne
et Mauloy, en des personnages moins
nets, ont fait tout ce qu'ils ont pu, et
nous savons ce qu'ils peuvent.
Quelques coups de ciseaux dans les
images, et surtout dans lestexte», et
nous aurons un bien joli film fran-
çais.
Louis Delluc
cinea
17
Les Pages
de ma Vie
par
Fcdor Chaliapine
Des gens extrêmement affairée se
bousculaient l'un, l'autre, en s'inter-
pellant à haute voix, lançant fré-
quemment des jurons assez éner-
giques.
Me faufilant doucement comme
une souris j'arrivais sur la scène et
alors mon rêve se transforma en réa-
lité : j'étais entouré des peaux-
rouges, des hidalgos et autres per-
sonnahes chevelus.
11 est vrai que les hidalgos ainsi
que les peaux-rouges s'exprimaient
avec le plus pur des accents mosco-
vites, mais cela ne leur enlevait pas
leur charme; je regardais avec la
plus grande joie ces visages fardés,
ces costumes éclatants.
Et puis, il y avait à côté d'eux
des véritables pompiers avec leurs
casques étincelants, tandis que là
haut, aux galeries supérieures, des
individus qui semblaient imiter le
« paillasse » Mamonov faisaient des
exercices d acrobatie qui me parais-
saient extrêmement compliqués
Tout ceci me fit une impression
inoubliable, qui ne s'effacera jamais
de mon imagination.
Parmi les chanteurs de ce temps
lointain j'ai gardé surtout le souve-
nir d'un nommé Ilyachevitch dans le
rôle de Mephisto. J'avais entendu
dire trop de mal du diable C'était
d'après la conception qui était éta-
blie peu à peu mais d'une façon très
solide, dans mon esprit, une créature
très compliquée, ayant une existence
presque réelle, se trouvant tout le
temps parmi les hommes, pour leur
causer des ennuis, des difficultés de
toute sortes. Eh bien, chez ce chan-
teur tous ces traits diaboliques rece-
vaient une expression particulière-
ment éloquente. Lorsque je le voyais
tout de rouge vêtu arpenter la scène
en lançant ses fameuses invectives
contre l'humanité qui se prosterne
devant le veau d'or, ou bien dans les
coulisses lorsqu'il s'entretenait le
plus paisiblement du monde avec ses
camarades, j'éprouvais une sensation
de terreur et de joie en même temps :
j'avais peur de lui et pourtant je l'ad-
mirais comme un être mystérieux
surnaturel mais attaché à mon âme
par des liens très étroits.
Une fois quand je passais devant
sa loge Ilyachewitch me dit :
— Tiens, petit, voici vingt kopeks
achète moi du raisin ! ..
Je me précipitai vers la sortie et en
bas sur la place publique devant le
théâtre je trouvai chez les marchands
tartares le raisin pour lui.
A titre de récompense Ilyachewitch
m'avait offet une toute petite grappe.
C'était pour moi le comble du bon-
heur et je me décidai de porter ce ca-
deau à ma mère. Durant toute la re-
présentation je la gardai soigneuse-
ment mais chemin faisant ma curiosité
d'enfant qui n'avait jamais dans sa
vie goûté du raisin, vainquit mes bon-
nes intentions et je le mangeai moi-
même.
La jeunesse — les étudiants surtout
— avaient leur favori : c'était le té-
nor Zacryewsky. Ils l'adoraient lit-
téralement. Après la représentation
on dételait les chevaux de son carosse
et on s'attelaient à leur place ; alors
un défilé triomphal commençait à
travers toutes les rues de la ville.
Je me rappelle quelle émotion j'é-
prouvais lorsque je sonnai à sa porte
ou une petite plaque en cuivre por
tait le nom et les prénoms du glorieux
chanteur. Je n'ai pas encore oublié
combien tremblait mon cœur à la
seule pensée que dans un instant je
serais en face de cet homme adoré et
admiré partout le monde.
Quelques années après je l'ai ren-
contré de nouveau : pauvre, affamé,
malade, entièrement oublié. J'eus ce
triste honneur de lui venir en aide
un peu et je vis les larmes de dépit
et de reconnaissance briller dans ses
yeux... des larmes de colère impuis-
sante...
(A suivre)
L. Valter, trad.
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Notre Concours de scénarios nous a valu une telle abon-
dance de manuscrits que nous demandons encore un peu de
: patience aux concurrents, Les membres du jury nous ont
• déjà signalé plusieurs œuvres intéressantes.
Notre Concours de photographies d'amateurs donnera
aussi ses résultats dans un délai très rapproché. Nous avons
pris sur nous de publier dans le numéro 23 de Cinéa un des
: plus sympathiques envois du concours. On se doute qu'il figure
■ déjà sur la liste des récompenses.
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de Chariot: — tn supplément, de : h. 1/2 à » h. i l,
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Petit Croissant. — Suppléments facultatifs, non passés
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Croissant.— La douloureuse comédie. — Les trois mous
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— Programme du vendredi 28 au lundi 31 octobre. —
D'Albertville à Kabalo. — Les trois mousquetaires.
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1" au jeudi 3 novembre. —De Léppoldville à Matadi.
Le sept de trèfle. 7" épisode. — Le signe de Zorro. —
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mousquetaires, premier épisode. - L'Orpheline, 2- épisode.
Vanves. — Ou fameux notaire. - Les trois mous-
quetaires. 2- épisode. — Lis passants. Séraphin ou
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Bagnolet. Un sacre pépin. Los trois usque
laires, 3' épisode. Justice d'abord. Lui... frère du
Petil Croissant.
ANGLETERRE-AUSTRALIE
Le Merveilleux Raid Aérien accompli en 28 jours
oo par les Frères Ross et Keith Smith oo
Un film documentaire unique au monde
L Europe à vol d'oiseau - Le
champ de bataille d'Annibal - Les
caravanes dans le désert - Où
Moïse allait à l'école - La dernière
des sept merveilles du monde -
Memphis, " La mère du monde "
- La traversée du désert de Sinaï -
La Palestine - La ville Sainte - Le
jardin de Gethsemam - Le Mont
des Oliviers - La plus ancienne
ville du monde - La Mésopotamie
Où l'Orient et l'Occident se ren-
contrent - Babylone - L'empla-
cement du paradis terrestre -
Survolant le plus beau monument
du monde - Les pèlerins du fleuve
sacré - A deux doigts de la mort
- Poulet, le fameux pilote français -
Les exploits de Poulet monté sur
un avion minuscule - Le temple
mystérieux de Boro Boedor -
Volcans en action - Mille kilomè-
tres de mers inconnues - Une
rencontre inattendue - L'arrivée
en Australie : Les Cannibales
Australiens, etc . . . etc . . .
Ceci n'est qu un aperçu des remar-
quables épisodes que contient ce
film sensationnel.
Victor Marcel Productions
Louvre 35-49
82, Rue d'Amsterdam
FIEVRE
Les pays civilisés ont leurs plaies et
leurs difformités. Dans les grands
ports d'Occident certains repaires de
trouble et de désordre créés par
l'alcool entretiennent une espèce de
FIÈVRE
malsaine, parfois mortelle. Imaginez
l'impression produite par un bouge
mal famé sur une âme neuve —
une petite orientale — brusquement
jetée au milieu de violence et ne
pouvant s'en évader. A travers la
FIÈVRE
elle ne voit que son rêve et oublie
bientôt de tout son être les laideurs
ou les tristes qui l'entourent. Nous
croyons que la censure n a pas
compris les intentions de l'auteur.
Nous laissons le public juger
FIÈVRE
....... S
■M
/! VARTIR
du 18 Novembre
IL FAUDRA ALLER VOIR
Le Coffret de Jade
Imagerie persane de Léon POIRIER - d'après la nouvelle de M. Pierre VICTOR
Interprétée par
MUe MYRGA, MM. Roger KARL et MENDAILLE
Film (jaûnjorjt
Jamais film ne mérita
mieux Vépithète de chef=
d'œuVre. Scénario, mise
en scène, interprétation,
photographie, tous les
éléments du film ont
donné leur mesure :
LA PERFECTION
■■■••■■■ •■••■
w A(
d'après Tœinj
INTERPRETEE PAR LE CI
VICTOR
ASTRID HOLM
ÉDITION DU
HÊflTIQUE CHEF-D'ŒUVRE
LA
TTE
FANTOME
VISION DRAMATIQUE
émouvante de SELMA LAGERLOF
METTEUR EN SCENE
JOSTROM
RE SVENNBERG
;
xclusivité (a d 0(1)01) t
NOVEMBRE
&*$&. ^y^s^z^^i^y^k "^^ùT^àèi^^k ^dlêiTjib^'dUC^UTdikT^ii'' é£"&C* JlUTdk^Jt
Pont
des
Soupirs
Grand ciné-roman en 8 époques
d'après l'oeuvre célèbre de T&lichel ZEVACO
Première époque .
Deuxième époque
Troisième époque
Quatrième époque
Cinquième époque
Sixième époque .
Septième époque .
Huitième époque .
L'Ombre du Sarcophage.
Le Guet=Apens.
La Fuite dans la Tempête.
Le Pacte de la Grotte noire.
La Fête chez Impéria.
Ce que peut la Haine.
Le Calvaire d'une Mère.
Expiation.
Le Premier film en série à grande figuration
et importante mise en scène
Publié par Cinéma Bibliothèque (Edition Tallandieri
Édition 6 Janvier 1922
PASQUALI FILM
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cinea
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Biscot dans L'ORPHELINE (i'r épisode)
La maison vide.
Un très bon film, extrêmement
français de conception et d'exécution,
où l'on retrouve, autour d'une don-
née qui existe, toutes les qualités de
virtuosité qui, dans le Secret de Ro-
sette Lambert , avaient quelque
chose d'agaçant parce qu'on avait
l'impression que l'œuvre n'était pas
sincère. Et M. Henri Debain, collabo-
rant harmonieusement avec le ci-
néaste, déroule devant nous une
psychologie minutieuse, délicate, en-
veloppée d'une discrète atmosphère
d'attendrissement à la Dickens — ou
peut être à la Theuriet.
L'œuvre est réussie. Mais il fau-
drait aller plus loin dans le même
ordre d'idées, et tourner Les choses
voient. Je suis étonné que ce livre
original n'ait pas encore été trans-
posé à l'écran.
Métempsychose.
Le cinéma, qui se rit du temps et
de l'espace, triomphe lorsqu'il s'agit
de montrer, d'entrelacer des actions
situées à des époques différentes.
Mais il faut rattacher ces actions par
un lien qui sera, soit une idée philo-
sophique ou soit disant telle comme
pour Intolérance, soit le postulat
qu'un seul et même personnage en
est le héros, et nous voici conduits à
l'idée à la survivance.
En général, et je me contenterai de
citer Callirhoë de Maurice Sand, les
romans île (1. A Thierry, Phrathe
Phœnician d'E. L. Arnold et She de
R Ilaggard, les auteurs qui prennent
ce parti essayent d'établir un rap-
port général de situation entre les
drames successifs; le génie désor-
donné et mouvant île Jack London a
rejeté cette convention; les diverses
vies par lesquelles il fait passer son
héros ne présentent aucune analogie
entre elles; il en introduit six ou
sept, il pourrait en introduire vingt,
ou les réduire à lieux, comme dans le
film.
Encore sur ces deux, l'une qui n'est
point tirée du roman est ratée ; peu
île chose aussi grotesques à l'écran
que les jeunes filles qui se livrent à
des exercices respiratoires sur la
grève, à la vue ilu pirate. L'autre —
où il est amusant de reconnaître,
après des déformations successives,
le naïf récit que Henri Hamel, île
Gorcum, nous a laissé du naufrage
île l'Epervier sur l'île Quelpaert en
l(>:5ô -- est au contraire traité avec
vigueur, et exempt de certaines exa-
gérations qui déparent le livre. Le
drame moderne qui sert de prétexte
Biscot et Sandra Mitowanof dans L'ORPHELINE 'y épisode)
8
cinéa
et de cadre à ces évocations est bien
joué et impressionnant, grâce à des
procédés peut-être un peu matériels,
dont Jack London a d'ailleurs sa
part de responsabilité.
La Faim.
Lorsque Lucas Mallet, dans un ro-
man qui fut célèbre (The Wages of
Sin) introduisit — et avec quelles
précautions — l'épisode où une
femme se prostitue pour gagner de
cpioi nourrir et soigner .son amant
malade, il y eut un sursaut en Angle-
terre. La pudeur a évolué, et cetet
donnée toujours émouvante — qui a
inspiré à Nelerassof, je crois, un
poème poignant — est traitée libre-
ment au cinéma Elle formait le
point de départ d'un bon film danois
qui n'a pas été remarqué. Celui-ci est
meilleur, grâce à une excellente in-
terprétation d'ensemble sur laquelle
se détache le jeu sobre et fort de
Frank Mayo.
Lionel Landry.
Le Gosse (The Kid i.
De la meilleure foi du monde, les
personnes cpii ne voient en Chaplin
qu'un pitre, vous assureront dans
quelques mois que c'est le plus grand
comédien moderne, et qu'elles l'ont
toujours dit.
Je ne veux pas hurler avec les loups
et crier haro sur le bouffon. La plèbe
ingrate fuit les tragédiens, se vautre
dans le rire — n'importe lequel, et le
pire au besoin — mais après quoi,
dessaoulée, elle le fouaille d'un mé-
pris supérieur. J'ai bien ri, .sacré
pitre! mais que ta es idiot !!! Ah !
pourquoi tout un chacun ne déclame-
t-il pas cela devant son armoire à
glace ? La lâcheté de l'homme qui a
ri est basse, voyez-vous, Footitt, in-
venteur d'ironie, meurt presque ou-
blié, et le vieux cabot essouflé qui
gueule La fille de Roland depuis
quarante ans crèvera dans les hon-
neurs et entouré du respect de tous
ces braves gens qui lui préféraient
pourtant la farce ardente du clown.
Le cas de Chaplin est autre. Chez
nous le cinéma est, — le gouverne-
ment lui-même vous le dira, — un
jouet d'enfant. Ses as ne sont que ba-
ladins. Et Chaplin — qui ça, Chaplin?
On dit « Chariot », voyons — est un
pitre. Certes, l'esprit simpliste de la
foule ramène tout à la première im-
pression, c'est-à-dire ici aux tartes à
la crème, aux coups de pied au cul,
aux cascades ingénues. Il est donc-
bien regrettable que les loueurs con-
tinuent de produire les anciennes
bandes de Chaplin pêle-mêle avec
Char lie soldat, Sunnyside,Uneviede
chien. Ils ne comprennent pas quel
tort ils se font commercialement et
moralement.
La force du talent finira bien par
arranger les choses. Et quand toute
la France aura vu Le Gosse pendant
six mois, croyez bien qu'on se lais-
sera moins tromper parles affiches.
Le Gosse, pall-mall de Dickens et de
Rabelais, aura des frères sans doute
et durera comme Panurge et Olivier
Twist, et ne plaira pas qu'aux bébés
et aux imbéciles. Il imposera profon-
dément Chaplin, premier comédien
de ce temps. Louis Delluc
L'Homme Inconnu.
C'est un des plus délicats essais de
cinégraphie psychologique. Et vous
avez peut-être remarqué qu'il n'y en
a pas beaucoup.
Le thème n'en est pas parfait La
situation de l'homme à la double
existence pouvait fournir des déve-
loppements à la fois plus justes et
plus audacieux Stevenson et Kipling
l'ont prouvé, — et beaucoup d'autres.
Du moins la forme, le rythme,
l'équilibre, la matière photogénique,
tout dans L'Homme Inconnu a une
force intérieure de grand style. Et
il y a une humanité extraordinaire
dans l'expression des sentiments.
Les spectateurs de la présentation
en étaient enthousiasmés
Le metteur en scène de L'Homme
Inconnu est un maître Notezla scène
de l'élection du maire. Notez l'admi-
rable scène du retour : c'est une sorte
de chef-d'œuvre. Enfin le final — le
départ de l'homme inutile — est, dans
sa sobriété, d'une puissance et d'un
éclat rarement rencontrés au cinéma,
même au cinéma américain.
Une interprétation sans reproche.
Des décors sans faute. Des lumières
et une photographie tout à fait supé-
rieures.
C'est un film.
JEAN DEHELLY dans Le Messager de la Victoire
composition Lyrique et cinégraphique de Jean Nouguès, représentée au Gaumont-Palace
cinea
M Nouveaux Dessins Animés M
II est assez remarquable que, vu
l'étendue prise par l'industrie ciné-
matographique en France, si peu de
personnes aient compris l'importance
du dessin comme auxiliaire du film.
En ce qui concerne les dessins ani-
més, jusqu'ici nous avons vu le
marché français se laisser monopo-
liser par les productions américaines.
Depuis longtemps une grande mai-
son américaine s'est occupée de des-
sins animés, mais ces dessins étant
faits uniquement au goût américain
n'ont eu qu'un succès relatif en
France et dans les pays latins. La
raison provient peut-être de ce que le
côté artistique avait été trop négligé
pour rehausser ciavantage les effets
comiques.
Sans doute on aime le film comique
en France du moment qu'il ne de-
vient pas illogique. Partant de là, il
nous a semblé nécessaire d'essayer
de combler cette lacune et nous de-
vions tâcher de réaliser par le moyen
du dessin ce que l'on peut obtenir
avec une comédie ordinaire.
Pour arriver à ce résultat, il a
fallu mettre de côté le système de
cartons avec lesquels on a fabriqué
les dessins animés jusqu'ici et de
trouver un procédé qui puisse nous
permettre de travailler sur ce que
nous devons appeler les décors. Nos
personnages se meuvent exactement
comme un comédien sur la scène qui
joue devant un paysage en bois ou
en carton, avec la seule différence
que nos acteurs sont en papier sur
des décors en papiers.
Combien y a-t-il de personnes qui
savent le nombre de mouvements
enregistrés par seconde par l'appa-
reil de prise de vues? A-t-on jamais
supposé que pour un ensemble de
mouvements tels que ceux exécutés
par un homme qui marche, il faut
seize dessins pour lui permettre
d'avancer son pied gauche devant
son pied droit? Il suffira d'un simple
petit calcul d'arithmétique pour con-
naître le nombre de dessins néces-
saires pour faire un film de deux
cents mètres.
Nous arrivons donc à la réalisa-
tion parfaite des mouvements, mais
comme nous retirons par cette réali-
sation même le côté essentiellement
comique que nous donnaient les
mouvements saccadés des films amé-
ricains, nous avons mis à la place la
comédie naturelle que nous donne
un personnage comique vivant.
I.e succès obtenu par nos premières
créations de dessins animés /.es
Rêves d'Onêaime (1 ) nous ont montré
qu'il était possible de développer par
le moyen du dessin n'importe quel
thème, mais qu'il était préférable de
traiter des sujets qu'il était impos-
sible d'obtenir parle film C'est ainsi
que nous avons imaginé il interpré-
ter en comédies dessinées /.es voyages
de Gulliver.
Gulliver arrive par des circons-
tances que tout le monde connaît
dans un pays où les hommes sont des
nains, hauts de six pouces. Voici
donc un sujet admirable pour dé-
montrer la possibilité du dessin dans
le cinéma. C'est au public de juger si
cette réalisation a été réussie ou non,
mais quelle que soit la réception
faite aux Voyages de Gulliver, en
comédies dessinées, il est indiscu-
table qu'elles représentent un pro-
grés considérable sur les dessins ani-
més connus jusqu'à ce jour.
Hayes.
(i) Victor Marcel Productions.
£> Le Peintre au Cinéma 0
Le Peintre. — Il faut vous louer de
nous donner sur l'écran le style de
toutes ces choses manufacturées de
la vie que nous n'osons pas encore
peindre.
Le Koran interdisait la reproduc-
tion de l'apparence humaine. Une dé-
fense plus stricte aujourd'hui nous
arrête au seuil de ces valeurs nou-
velles : machine à écrire, pushing-
ball, radiateur, ascenseur, rasoir mé-
canique.. .
Le Cinéiste. — Le Cinéma lui-même
hésite, en s'empètrant dans des his-
toriés de faits-divers à restituer la
beauté vierge des trois nécessités de
la vie moderne : les usines, les gares
et les grands magasins : Nous conti-
nuons, comme les peintres, à dispo-
ser trois pommes sur une assiette et
deux fesses sur un canapé.
Le Peintre — C'est que, plastique-
ment, le sujet lui-même importe peu
au-delà de la raison du symbole : pi-
pes, litres, espagnoles, acrobates au
choix le plus récent. C'est une trame
brute de volume et de couleur sur
quoi se brode toute une réalité spiri-
tuelle. La moindre toile du moindre
peintre concentre à fleur de pinceau
un inconscient d'inexprimé : nostal-
gies de musée, ambiance du café du
coin, affiches-sourires de Bébé-Ca-
dum, étalages de modistes.
Ce totalisme devient odieux s'il est
conscient et organisé. Mais comme
source pure d'émotion la tragédie de
l'insignifiant est à la base de tout
chef-d'œuvre.
Le Cinéiste. — Vous n'arriverez ja-
mais à démontrer aux aveugles qu'on
peut auréoler de lyrisme le texte le
plus commun. Actualités de la se
maine. Inauguration du Concours Lé-
pine par M. Millerand.
Le Peintre — Le hasard qui peut
présider aux choix du symbole n'éli-
mine pas la nécessité de composer.
Il n'y a d'art que dans la composition.
La figuration officielle ne peut vous
aider en ceci. Le Président de la Ré-
publique marche comme tout le
monde car il n'a pas appris à mar-
cher suivant le rythme du Président
synthétique.
Le Cinéiste. — L'éducation photo-
génique, malheureusement, n'est pas
encore obligatoire. Mais il est une au-
tre formule qui peut transmuer en
œuvre d'art ce thème imposé : Inau-
guration du Concours Lépine.
Il n'est pas de chose, si humble
soit-elle, qui ne renferme en elle une
10
cinéa
possibilité de beauté, à condition del
l'envisager sous un certain angle.]
Angle esthétique de la vision dont le
sommet tombe au centre de gravité
(même s'il s'agit d'un film comique)
delà scène à recréer. C'est un esprit
géométrique qui doit satisfaire votre
esthétique cubiste.
Le Peintre. — Nous arriverons tou-
jours, mon cher, à nous mettre d'ac-
cord par un simple travail de trian-
gulation. Tout peintre a dans le cœur
un sculpteur qui sommeille. Le Ci-
néiste, en ce sens, peut aussi être dit
cubiste. L'adjectif dépasse d'ailleurs
aujourd'hui l'usage mesquin d'éti-
quette-école. Injure ou compliment
suivant la rive droite ou gauche.
LeCinéiste. - Compliment d'orfè-
vre. En résumé, en peinture comme à
l'écran le sujet est un prétexte qui
ne vaut que par le mode d'emploi.
Le Peintre. - Evidemment. Georges
Braque, Juan Griset le grand Picasso
avecles mêmes élémentssimples réa-
lisent des valeurs plastiques totale-
ment différentes. Les Cinéistes de de-
main dégageront peu à peu les régies
du scénario-modèle sur lequels'écha-
fauderont les jeux de lumière.
Je ne crois pas qu'il faille chercher
très loin Le mauvais goût a créé
pour l'écran des types utiles: le cow-
boy, la femme-vampire, le japonais
qui nous semblent encore odieux
parce qu'il n'ont pas trouvé le rythme
de leur transposition comme les per-
sonnages éternels de la Comédie ita-
lienne. Ces types arriveront à réaliser
une beauté que nous entrevoyons
déjà. Il y a en eux une fatalité qui
finira par dépasser l'emploi ridicule
auquel les condamnent ceux qui ont
cru les inventer. L'écran a ses lois
mystérieuses comme la toile du pein-
tre. Il faut les subir pour mieux les
asservir à sa fantaisie, si l'on veut
faire une œuvre durable.
Et surtout éviter de s'empoisonner
de littérature. La peinture est de la
peinture. Le cinéma du cinéma.
Lk Cinéistk. — C'est qu'il est très
difficile de se convaincre que le meil-
leur moyen de se faire remarquer est
de s'habiller comme tout le monde et
humiliant de prétendre appliquer en
art le fameux principe politique :
n'importe qui, étant bon à n'importe
quoi...
Lk Peintre. — N'importe quoi, mais
pas n'importe qui. Le jazz-band ne
vaut rien sans un bon drummer.
Jean-Francis Laglenne.
L'ART VU CINÉMA
par CHARLES CHAPLIN
Il est dans la vie d'un homme dis
épisodesdont le temps nepeut effacer
le souvenir. Les applaudissements
qui accueillirent mon dernier film:
le Gosse, lorsqu'il fut présenté récem-
ment dans la salle du Trocadéro, et
surtout la cordialité avec laquelle je
fus reçu partout depuis mon arrivée
en France, constituent une des plus
belles émotions de ma vie. Car pour
un artiste étranger, quel que soit son
succès au cours de ses randonnées à
travers le monde, il lui reste à con-
naître l'inoubliable sensation d être
apprécié par un auditoire composé de
Français qui savent mettre dans leurs
applaudissements plus que de la sa-
tisfaction, quelque chose qui ressem-
ble fort à de l'affection.
AhToui, les Français ont une façon
personnelle de manifester leur appré-
ciation d'une œuvre qui leur semble
bien réalisée, et ils le font d'une ma-
nière qui touche ceux auxquels elle
s'adresse à leur en faire venir les lar-
mes aux yeux et à gonfler leur cœur
de bonheur et de reconnaissance. Et
maintenant, avant mon départ, je me
demande ce que je pourrais bien faire
ce que je pourrais laisser derrière
moi pour tout ce que j'emporte de
souvenirs qui, toujours, me seront
chers au cœur.
Je ne saurais, peuple de France,
mieux te témoigner ma gratitude,
m'assure-t-on, qu'en répondant à la
question que m'a posée mon ami
(ami :« Pourquoi les progrès de l'art
cinématographique français sem-
blent-ils si lents en comparaison du
cinématographe américain? »
Et d'abord, vous savez, n'est-ce pas,
que j'aime votre pays et tout ce qui
le constitue ? Alors, je veux parler
franchement, sans crainte d'être mal
compris, comme le ferait tout étran-
ger qui a deux patries, « la sienne et
puis la France. » Eh bien, voici :
D'abord, laissez-moi vous dire que
la question de Cami ne regarde pas
seulement la France et l'Amérique,
mais bien plutôt l'Europe tout entière;
car s'il y a lenteur dans le progrés de
l'art du cinéma du vieux monde, ceci
n'est pas imputable aux seuls direc-
teurs cinématographiques français,
mais à ceux de tous les pays de ce
côté de l'Atlantique, à l'exception,
peut-être, des Scandinaves et des Ita-
liens qui semblent avoir apporté un
plus grand soin à la composition des
scénarios, à leur mise en scène et,
par-dessus tout, à la pratique de cet
art indispensable en la matière : la
photographie.
Il fut un temps où, en France, tout
film américain était considéré comme
très supérieur aux films européens.
On m'a dit que, entre autres, un film
intitulé: Forfaiture eut un grand re-
tentissement ici et que d'autres films
créés par mes amis Douglas Fair-
banks, Mary Pickford, Lilian Gish,
William Hart et d'autres furent très
appréciés partout où on les présenta.
Mais on m'a dit aussi que maintenant,
alors même que leurs qualités pho-
tographiques et scéniques sont tou-
jours hautement appréciées, les films
américains sont moins en faveur, que
la puérilité apparente de leurs scéna-
rios fait sourire et que si ce n'était la
personnalité d'interprètes auxquels
vous accordez tant de bontés avec
tant d'indulgence, nos films ne se-
raient peut-être plus aussi courus.
Cela tient sans doute à ce qu'en
France on semble donner une préfé-
rence très marquée aux films tirés
d'œuvres littéraires connues, et cela
même est probablement dû au fait
qu'en Europe on n'a pas encore uni-
versellement compris que l'art ciné-
matographique est indépendant de
l'art dramatique tel qu'il constitue le
cinéa
II
théâtre, et de la littérature classique.
Voila pourquoi peut-être tant d'au-
teurs de scénarios se bornent à couder
dans de longs romans et à adapter
ces bribes éparscs à l'écran, plutôt
que de créer de toutes pièces une œu-
vre adéquate à l'écran.
J'ai la conviction que c'est là une
des raisons principales du progrès en
apparence lent de cet art en Europe.
Vos metteurs en scènes — pas tous,
mais beaucoup — s'appuient un peu
trop sur une vieille littérature qui, si
elle est claire et délectable à la lec-
ture, devient plus ou moins abstraite
et fatigante lorsqu'elle se manifeste
par l'écran. Car il est évident que
quel que soit le soin apporlé à la ré-
daction des légendes accompagnant
les images projetées sur la toile, elles
n'ont pas un intérêt descriptif suffi-
sant pour rendre la valeur, dans tous
ses détails, d'une œuvre de Balzac,
de Victor Hugo ou d'Alexandre Dumas
par exemple.
Si je veux lire un livre, je préfère
m'installer dans un bon fauteuil au
coin de mon feu, une pipe entre les
dents, mon chien à mes pieds et, à la
portée de ma main, un verre de ...
quelque chose, plutôt que de passer
trois heures dans une salle, inconfor-
blement assis, pour lire des bribes
fugitives d'un livre que j'ai probable-
ment lu dans ma jeunesse dans des
circonstances plus propices à me le
faire apprécier.
Aux Etats-Unis, nous pensons que
l'art ci nématographique est un assem-
blage de manifestations scientifiques
des temps actuels. Nous croyons
qu'il doit s'exprimer avant tout par
de l'action, du mouvement destiné à
remplacer pour les yeux ce qu'est
au tbéàtre la parole pour l'oreille.
Nous le voyons plutôt visuel qu'intel-
lectuel. Nous essayons de faire du ci-
néma une récréation pour la vue et,
par elle, pour l'imagination plutôt
que de contraindre le Spectateur â un
effort mental qui le fatiguerait. Dans
ce but nous essayons de faire du ci-
nématographe une spécialité bien
affirmée. Nous évitons de couper et
d'adapter à l'écran d'importantes œu-
vres littéraires. Nous créons tout
simplement des scénarios qui expri-
ment notre vie quotidienne qui se
traduit par de l'action. Peut-être en
mettons-nous quelquefois trop, mais
qui peut le plus peut le moins, et peut-
être que graduellement nous arrive-
rons à une juste mesure.
Et puis nous ne nous contentons
pas de placer devant l'appareil du
photographe des célébrités de l'art
dramatique, comme cela semble être
le cas en Europe et plus particulière-
ment en France. Chez nous des gens
se sont spécialisés pour l'écran et on
les croit mieux adaptés à la pratique
de cet art large, aux coudées franches
qu'est le cinéma, que les plus grandes
étoiles de la scène théâtrale.
Nous concevons fort bien que, pour
des raisons identiques, ceux de nos
artistes de l'écran qui vous plaisent
pour l'habileté avec laquelle ils se
servent de leurs mains, de leurs jam-
bes et de leurs traits mobiles, seraient,
sans doute, moinsamusants ou moins
gracieux, si, devant joindre la parole
au geste, limités par l'exiguïté d'une
scène sur laquelle sont braqués
des milliers d'yeux, ils paraissaient
devant vous gauches et gênés dans
les entournures. A chacun son métier,
comme vousdites.Chacunà sa place...
les films seront bien tournés T
Pour me résumer, je crois pouvoir
dire qu'en Europe le cinéma souffre
de trop d'art dans le sens le plus in-
tellectuel du mot et de pas assez d'art
dans son sens technique. Je inex-
pliqué.
On prend une œuvre classique qui
est pavée d'art d'un bout à l'autre. On
choisit ensuite, pour la rendre vi-
suelle, les artistes les plus renom-
més de l'Opéra, des grands théâtres,
des artistes dont les noms encore
sont synonymes d'art. Or, il me
semble que tout cet art devrait être
scindé et que seule devrait être con-
servée la portion nécessaire pour
donner à l'ensemble du film ce cachet
artistique qu'en France, mieux que
partout ailleurs, on sait donner à
toutes choses. Et puis, on devrait
faire un effort plus grand vers un
choix plus rigoureux des sites où se
déroule l'action, dans la pratique des
éclairages, de la photographie et de
la mise en scène. Il faudrait que l'on
s'efforce d'atteindre un degré plus
haut dans l'application de la techni-
que, au lieu de chercher presque-
avant tout à grouper sur une affiche
des noms flamboyants d'artistes cé-
lèbres... au théâtre.
Je vous supplie de me pardonner
si j'ai été trop franc etpar conséquent
un peu brutal dans lexposé de mes
opinions qui, d'ailleurs, sont celles
de beaucoup de Français du métier
qui s'intéressent à l'avenir de votre
art cinématographique. Je l'ai fait en
service commandé T
Et maintenant, je tiens à réfuter
une opinion souvent émise devant
moi depuis que je suis en France.
On dit: « Il n'est pas surprenant que
des films américains montés à coup
de centaines de milliers de dollars
soient quelquefois plus beaux que les
films faits en Europe, où leurs créa-
teurs n'ont pas à leur disposition les
capitaux leur permettant de s'adon-
ner à une telle prodigalité. » Laissez-
moi répondre que ce n'est pas seule-
ment parce qu'ils font donner la lé-
gion des dollars que les spécialistes
américains atteignent quelquefois
leur but. C'est aussi parce qu'ils dé-
pensent l'argent à bon escient. C'est
surtout, parce qu'ils ont fait de leur
art une grande industrie soigneuse-
ment étudiée et développée au même
titre que n'importe quelle autre gran-
de industrie dont le progrès dépend
essentiellement du groupement des
meilleurs ingénieurs, des meilleurs
contremaîtres, des plus habiles ou-
vriers et du plus parfait outillage
que l'argent puisse acheter.
Et maintenant, chers amis de
France, merci encore pour la chaude
hospitalité dont vous m'avez honoré
et dont je vous promets d'abuser dans
l'avenir. Car je reviendrai, je revien-
drai ! Charles Chaplin
12
cinea
0 DERRIÈRE L'ÉCRAN
FRANCE M
Le baryton Renaud qui a fait une
belle carrière à l'Opéra, débute à
l'écran dan» le prochain film d'Henry
Roussel : Vérité avec Emmy Lynn.
•
Trois réalisateurs cinégraphiques
Germaine Dulac, René Le Somptier
et Henri Fescourt viennent de s'as-
socier sous la raison sociale « Union
cinématographique Française ». Leur
commun administrateur sera M. Ra-
tisbonne.
•
Nos lecteurs auront rectifié d'eux-
méme l'annonce des films Triomphe
dans le numéro 24 qui se rétablit
ainsi : 1° Le colonel du Kentucky,
drame d'amour et d'aventures; 2" La
Chanterelle, comédie dramatique
avec Bessie Barriscale.
•
Réparons l'erreur commise dans
notre dernier numéro au sujet de
Lili Samuel. La spirituelle interprète
du Tonnerre est née en 1894 et non
en 1883.
•
Les matinées de Cinéa.
Les cinéastes se réjouiront de cet
essai de spectacles cinégraphiques
dont le premier — fixé au lundi
14 novembre, à 2 h. 30, au Cinéma du
Colisée — comportera, avec d'origi-
nales attractions, le fameux film Le
cabinet du docteur Caligari, qui
vient de faire courir tout New- York
et qui n'a pas encore été vu en France.
Prix des places : loge, 20 fr. ; or-
chestre, 10 fr. ; balcon, 5 francs.
La location est ouverte au Colisée,
38, Champs-Elysées.
. •
SUÈDE jâ
Il n'est pas nécessaire d'indiquer
le nom de tous les films de Victor
Sjostrom, mais il faut se souvenir
qu il a élé autant acteur que créateur
dans Berg-Eyvind, Terge Vigen, et
plusieurs autres; il a incarné l'unité
idéale du film comme auteur, direc-
teur et acteur; mais par exemple,
dans le film de Selma Lagerlof, Le
testament du Seigneur, il n'a été que
régisseur, et dans les films de Graal,
simplement acteur, et dans le Monas-
tère de Sendormir, il a été organisa-
teur et metteur en scène.
Comme directeur, il a une qualité
inestimable; il sait tirerde ses colla-
borateurs tout ce qu ils ont de mieux
à donner; il ne se laisse pas rebuter,
il ne s'abat pas, il le leur arrache
prudemment.
C'est l'impression, entre autres, de
Harriet Bosse, quand elle a raconté
sa première incertitude devant l'ap-
pareil. Cette qualité de chef doit être
une des plus importantes d'un direc-
teur, c'est-à-dire de les faire vivre de
leur mieux et quand il a bien réussi
avec les études et la mise en scène,
GEORGES K. ARTHUR
dans Ripps (Stoll Picture Prod.)
et mille autres travaux préparatoi-
res, alors il jette son veston et entre
lui- même en scène au dernier moment,
jouant les rôles qui lui ont donné une
renommée.
Cette saison, Victor Sjostrom a
deux grandes choses a son actif,
Korharlen, La charrette fantôme,
de Selma Lagerlof et Masterman, de
Hjalmar Bergman.
Il ne produit pas beaucoup, mais
avec la vitesse de travail qu'il pos-
sède, il a obtenu pour lui et pour ses
deux films suédois un résultat telle-
ment bon qu'on peut dire que c'est
par son mérite que le film suédois a,
dès le commencement, rempli une
place de premier ordre dansle monde.
Il fut le premier parmi les plus
éminents directeurs de films suédois
et il continue toujours son chemin.
•
ANGLETERRE M
Gros succès pour The GodofLuck
(le Dieu du Hasard), que Gaumont
Ltd vient de distribuer Le film passe
dans les établissements les plus sé-
lects de Londres: le Marble Arch, le
New-Gallery, etc., comme attraction
spéciale. On fait d'ailleurs queue pour
le voir. Gaby Deslys y est acclamée
comme l'une des plus fascinantes
actrices françaises de l'écran. Hélas I
•
La dernière production de M. M.
Elvey the Romance of Westdale est
à présent achevée. Mlle Valya et Mil-
ton Rosmer, les deux principaux in-
terprètes seront également de com-
pagnie les protagonistes de la pro-
chaine réalisation du même producer
les Amis Passionnés, adaptée de la
nouvelle de H. G. Wells.
•
J'apprends de bonne source que
l'International Artists Film C° irait
tourner prochainement en France.
Sa première production The Xight
Haivk, mise en scène par M. J. Glid-
don, aura probablement un « run »
à l'Alhambra.
•
Voici une innovation à laquelle on
ne peut qu'applaudir : Sir Onwald
Stoll a engagé spécialement Miss
Kathleen Mason pour juger les films
de sa compagnie et ceux présentés
dans ses théâtres du point de vue
strictement « spectateur ». Ceci, afin
de pouvoir modifier et améliorer en
conséquence leur présentation.
Gageons que Miss K Mason pour
remplir sa mission, n'ira pas se ca-
cher dans l'ombre d'une baignoire,
ou s'épanouir dans une avant-scène.
Serait-ce un truisme d'avancer que
c'est bien «d'en haut » que nous vient
la lumière. Oh! oui, qui dira les pre-
miers torts de la foule ?
•
La dernière réalisation de L. Mer-
canton, Phroso, est présentée par la
Gaumont Ltd, à l'Alhambra, le 25 cou-
cmea
13
rant. Production cosmopolite s'il en
fut. L. Mereanton a bien fait la part
des choses, je veux dire celle des
continents: l'interprétation comprend
un anglais , une américaine , trois
français, deux grecs, etc., le reste à
l'avenant. L'opérateur est un russe.
Chaque pays, sans doute, reconnaî-
tra les siens. Voici un film auquel
Mme de Thèbes eut prédit sans doute
un succès universel.
•
A propos, l'intérêt universel d'un
film ne résiderait-il pas surtout dans
son essence, et non seulement dans
son extériorisation. Je viens, par
exemple, d'assister à une présenta-
tion intime du Pupet Alan, mis en
scène par F. Crâne. Celui-ci touchera
à peu près tous les milieux, saut
dans les contrées sauvages. Bien qu il
tende quelque peu vers le mélodrame,
il reste cependant attachant. Et puis
le cirque, les clowns, la grand'route,
des musiques.des paillettes, le charme
opère... La petite Marie Belocci est,
par ailleurs, un gamin charmant.
•
Pathé Frères Ltd, a présenté au
London Pavillon Peck's Bad Boy,
film dans lequel Jackie Coogan, le
désormais célèbre partenaire de
Charlie Chaplin dans le Gos.se, tient
le principal rôle. Bon film. Lire : film
qui plaira à toutes les familles, dans
tous les milieux. Little Coogan sou-
tient dignement sa réputation, celle
qu'il a, et celle qu'une publicité ha-
bile lui valut. Celle-ci, d'ailleurs, n'a
rien dit de trop. Bon exemple, qui
mérite d'être signalé... et suivi.
Avec toute l'inconsciente ardeur de
la jeunesse, l'excellent petit acteur
supporte allègrement le fardeau in-
vraisemblable qui lui fut dévolu :
animer de sa minuscule personnalité
un long film dédié aux grandes per-
sonnes. Il y réussit, et sans efforts,
car ce qu'il a de plus prodigieux en
lui, c'est son aisance inaltérable,
ce qu'il a de moins précoce, c'est le
métier. Six années, il est vrai, sont
une circonstance atténuante. Pas le
moindre soupçon de cabotinerie. Son
jeu — si l'on peut dire — est vivant,
clair, sans malice d'aucune sorte. Ses
mines, ses expressions nous révèlent
l'àme qui l'habite, tour à tour dou-
loureuse, naïve, maligne, ravie, tou-
jours et surtout avide d'une offrande,
avec une instantanéité qui nous
émeut sans apprêt, et qui confond.
Aucun truc. Aucune tricherie. Jackie
Coogan se donne tout entier, sans
arriére-pensée dans chacune de ses
scènes. Il se meut, rit, plaisante, ga-
mine, agit avec une désinvolture
ignorante de l'art de plaire. Puisse-t-
il l'ignorer longtemps. Nous sommes
mieux qu'amusés, séduits par cette
grâce adorable de l'enfance en la-
quelle tous communieront Qui de
nous ne fera pas alors secrètement
quelque vœu involontaire.
L'histoire. . niais est-il besoin de
la raconter? 11 nous suffit qu'elle soit
une succession de tableaux qu'un en-
fant emplit d'une subtile et prenante
humanité. Certaines scènes sont peut-
MARIE-THERESE DECOSSE
Une des plus intéressantes nouvelles
venues à l'écran, dont nous verrons
les souples qualités dans les prochains
films de Pière Colombier, Léon Poirier,
René Leprince.
être forcées. D'autres sont peut-être
inutiles. Qu'importe, après tout. Le
charme n'en subsiste pas moins. J'en
ai retenu particulièrement certain
beau rire et quelques vers délicieux
de Mme A. Daudet ont chanté dans
ma mémoire : riez les blonds enfan-
telets auxbouchettes delinsauvage...
Ce fut comme une vision d'un bon-
heur, dont je ne savais plus trop s'il
était encore de ce monde. A présent,
je sais bien que sans le cinéma quel-
que chose nous eut manqué. Et voici,
bien humblement, mon los.
A. F Rose.
AMERIQUE j&
La réputation de Marguerite Clark
au Cinéma est née de ses succès ré-
pétés dans les genres les plus variés.
Depuis quelques temps, Marguerite
Clark s'est spécialisée dans la comé-
die légère, ayant en même temps un
côté sentimental et romanesque.
Marguerite Clark divertit les specta-
teurs. Quand un film avec cette gra-
cieuse artiste est affiché, le public
sait qu'en la voyant il oubliera ses
soucis, tant la personnalité vive et
enjouée de la petite étoile le réjouit.
Le sujet de Daisy mariée est bien
fait pour mettre en valeur le talent
de Marguerite Clark. Il est original,
plein de scènes inattendues qui font
fuser les rires.
Dès le premier film tourné par
Marguerite Clark, les qualités physi-
ques ainsi que le talent de cette
charmante comédienne ont été consa-
crés. A New-York, etparticulièrement
à Broadway, on cite Marguerite
Clark comme le plus agréable remède
contre la tristesse et la neurasthénie.
Harrison Ford, que vous avez déjà
applaudi dans Un mari pour un dol-
lar, au côtés de YVallaee Reid, joue
le principal rôle masculin de Daisy
mariée . 11 personnifie le jeune époux,
beau garçon, content de lui-même et
qui s'imagine que toutes les femmes
sont faciles à conquérir, Au coursdu
film, Marguerite Clark lui démon-
trera le contraire ce qui donnera
lieu, comme on peut le prévoir, aux
scènes les plus amusantes et à un
dénouement imprévu.
Citons parmi les autres interprètes,
Rodney la Rocque, Helen Greene.qui
dans des rôles importants, bien que
de second plan, sont d'excellents ar-
tistes. N'oublions pas Kid Broad, le
champion de boxe bien connu qui a
définitivement abandonné le ring
pour le cinéma. Dans Daisy mariée,
Kid Broad en est à son dix-neuvième
film
•
Toutes les jeunes filles voudront
voir Daisy mariée et les jeunes
épouses voudront faire voir ce film à
leurs maris auxquels elles montre-
ront la façon plaisante et spirituelle
dont Marguerite Clark donne une le-
çon à son jeune époux qui croyait,
maintenant qu'il l'avait pour femme
après une conquête si facile, qu'il
n'avait plus rien à faire pour lui
14
cinea
plaire. Non .seulement il verra sa
femme lui échapper, mais encore,
après bien des péripéties, il devra
payer 5,000 dollars pour la ravoir !
Et il devra s'estimer bien heureux de
la retrouver à de si bonnes condi-
tions !
•
Ann Forrest est la modestie en per-
sonne.
Elle nous disait un jour, très sérieu-
sement : « Si je pouvais me permet-
« tre, après les petits succès que j'ai
« pu remporter, de donner un conseil
« aux débutants, je leur dirai qu'au
« Cinéma les protections et la chance
« ne comptent pas. Le travail seul
« est nécessaire pour y faire fortune.
« Je suis arrivée ici sans connaître
« personne. Je parlais à peine anglais!
« J'ai toujours vécu aux environs de
« Los Angeles et tous mes amisdau-
« jourd hui sont des professionnels
« du cinéma. Eh bien, je puis affirmer
« qu'aucun d'eux n'est arrivé au suc-
« ces autrement que par beaucoup de
« travail et île persévérance.
« Il a pu se présenter des exemples
« isolés d'artistes qui ont été favori-
« ses pour entrer dans la carrière ci-
« nématographique, mais une fois
« qu'ils y ont été, ils ont du s'y don-
« ner corps et âme pour y rester.
« Les neuf-dixièmes des artistes ar-
« rivés au cinéma ont du travailler
« bien plus pour atteindre la position
« qu'ils occupent que le petit garçon
« de bureau, dont on nous raconte
« l'histoire merveilleuse dans les ma
« gazines et qui, d'avancements en
« avancements, est devenu le Direc-
« teur de la Société où il a débuté ».
ITALIE M
Marcel Léve.sque est à Rome où il
tourne La Dame de chez Maxim's,
avec Pina Menichelli.
Mlle MARY HARALD
l'interprète de Tih-Minb et des Main* Flétries
m
\ Les Présentations !
La femme et le Pantin.
Conchita la cigariére, danseuse en-
suite, prête à se donner a l'officier
qu'elle aime, et toujours se reprenant
et toujours s'amusant de lui comme
d'un pantin, est un caractère qui ne
se connaît pas. Lefilmtiréde la pièce
que le roman de M. Pierre Louvs a
inspiré, précise ce tempérament à
travers une intrigue simplement
dramatique. Séville en fête, la mai-
son de danse de Cadix, le Palacio que
Mateo a donné à Conchita, la grille
derrière laquelle elle se joue si formi-
dablement de l'homme, autant de dé-
cors où se situent des scènes juste-
ment traduites... mais il y a une
minute inoubliable qui élève ce film:
celle où Mateo, au paroxysme de sa
colère et bafoué, brutalise Conchita;
aussitôt il est stupéfié : « Moi, moi,
j'ai frappé une femme! » Et elle, heu-
reuse, sourit en l'étreignant.
Géraldine Farrar, jusque là mer-
veilleuse de brio, de souplesse, d'as-
surance, justifie alors une pleine
admirationet LouTellegenso prouve,
dans la même scène, son digne par-
tenaire.
•
La Vierge folle.
La pièce de M. Bataille, allongée,
trop. Rien de cinématographique.
Relativement sobre, Maria Jacobini.
Le monsieur qui joue le père Cha-
rance a une belle barbe, un front qui
marche. Film italien.
•
Carnaval.
Venises, fêtes et gondoles, belles
photographies. Un grand tragédien,
mari d'une grande tragédienne, finit
par jouer sérieusement le rôle
d'Othello. Pourtant, elle l'aime, mais
pourquoi le ciel, l'eau, enfin l'atmo-
sphère ne le rendaient-ils pas plus ro-
manesque et romantique ?Simonetta
ne va pas jusqu'à l'adultère et l'ac-
teur enfin comprend. Qu'ils s'embras-
sent.
Fauvette.
Commence (un peu) comme Champi-
Tortu et finit (tout à fait) comme du
Capus. Une femme, traitée mal par
ses beaux-parents dont l'influence
grandit sur leur lils. subit toutes
avanies. Son mari, malheureux, part
et va s'enivrer. Elle est femme de
lettres, a des succès, lui, avocat, finit
par en avoir aussi. Qu'ils s'embras-
sent.
cinea
Sa Dette.
L'homme a été .soigné par une belle
jeune fille. Il paie sa dette en lui lais-
sant le fiance qui a voulu le tuer, lui,
et pourtant il aime cette femme C'est
trop long. Hayakawa a de brèves oc-
casions là, d'affirmer son tempéra-
ment et la mobilité de sa figure.
•
Le Sorcier jaune.
Le troisième film allemand présenté
comme tel. Comme les deux autres,
il veut être américain, — ou interna-
tional. Alors il n'est rien qu'une his-
toire pauvre, pâlotte, falote...
•
L'Occasion.
Un riche industriel ne veut pas
connaître la femme de son fils prodi-
gue Le jeune couple doit travailler.
Lui, cherche un emploi, elle, trouve
le sien chez son beau-père dont elle
devient sous un nom d'emprunt la
dactylographe. Dois-je continuer ?
Comptez sur leur bonheur à tous et
reconnaissons le métier du metteur
en scène, car il a su inciter à la pe-
tite émotion et l'acteur qui joue le
violent papa est excellent.
•
Les Morts ne parlent pas
Roman d Hornung (l'auteur de
■ Raffles), dont une traduction fran-
; çaise est annoncée. Sur l'écran, un
naufrage ordonné par un scélérat
qui veut s'approprier un trésor, ne
se souciant pas de la mort de l'équi-
page. Un roman d'amour. Les morts
ne parlent pas, — mais ce n'est pas
une réponse à l'enquête de M.Heuzé:
« les morts vivent-ils ? »
•
Le chien des Baskerville.
Après Hornung, son beau-frère, Co-
nan Doyle avec l'un des mystères le
plus habilement éclairées par la ca-
pacité de déduction de Sherlock Hol-
mes. Un texte copieux, des photogra-
phies nettes. Le sujet est raisonnable
et raisonné, comment les interprètes
s'enflammeraient-ils V
•
Le sacrifice de Rio Jim.
Toujours de son allure unique,
W. Hart est Rio Jim, le bandit qui
meurt pour sauver une enfant qu'il
protège d'une amitié forte.
•
Le Taureau sauvage
Un cirque, oui, encore. On y en-
gage une petite balayeuse qui aurait
voulu danser et, seule, un jour, ayant
trouvé un tutu, elle se livre à des
pas difficiles ; ses maîtres et d'autres
la surprennent et s'extasient : situa-
tion pareille à celle que décrit M. Paul
Reboux dans Maison de danses.
Ensuite ? La petite élevée durement
par une vieille qu'elle a abandonnée
est la fille d'un lord et en porte la
preuve au doigt : anneau. Des gens le
savent. Pauvre petite ! Mais un
athlète du cirque la protège : Ursus.
Inutile de résumer ces cinq épisodes
italiens. La danseuse danse très clas-
siquement, l'homme fort tombe un
taureau et, dans sa loge, pour se dis-
traire, joue avec des souris blanches:
signe de délicatesse.
•
Pour don Carlos
Le film commence au moment où,
dans la sous-préfecture pyrénéenne,
Allegria montre son dévouement à la
cause carliste Le sous-préfet est vite
converti, de même sa fiancée. Un sen-
timent nouveau naît chez Allegria
qui, au prix d'un sacrifice, sauve de
MUSIDORA dans Pour Don Carlos
Preneste, prisonnier Les tentatives
d'arrestation d'Allegria, dont la tête
a été mise à prix ; sa mort qu'elle
s'est attirée en se défendant contre
les soldats chargés de s'emparer
d'elle ; son enterrement immédiat et
sans apprêt par un berger carliste
offrent heureusement plus d'intérêt
que le reste. Mme Musidora a bien
joué la dernière scène, — difficile. Il
était plus difficile encore de ne pas
outrer l'expression et le geste dans
le rôle du général. . allumé, le talent
de M. Tarride y est parvenu.
Lucien Wahl.
L'Irlandaise.
Une œuvre charmante dans cette
manière anglaise qui insiste parfois
15
un peu trop sur des détails qu'il faut
mettre en relief rapidement et sché-
matiquement. Quelques longueurs,
beaucoup de brio, de la race, de la
vie et surtout le talent de Pauline
Starke, une sorte de (iladys Brock-
well, moins puissante et plus ingé-
nue, charmante, animée, émouvante
particulièrement remarquable dans
les dernières scènes du film.
•
La quatrième alliance de
dame Marguerite.
Cette comédie suédoise est, visuel-
lement surtout, extraordinaire. Le
sens des gris, des blancs, des noirs,
est d'un grand peintre du cinéma.
Les tons et les pleins se déplacent
lumineusement et créent un rythme
délicieux. L'esprit français s accom-
mode mal en principe de ce genre
d'ironie réfléchie qu'on trouve dans
les farces du Nord Mais l'ampleur
rabelaisienne de cette histoire drôle
a suivre et belle à voir s'affirmera
fortement. Après le haut style lyrique
de la Charrette fantôme, ces pages
de nette verdeur n'ont que plus de
prix.
El Dorado.
La grande présentation A'El Do-
rado a confirmé le succès des pre-
mières visions. Cette œuvre, riche
de tant d'efforts, d'idées et d'inten-
tions, aura la chance de provoquer
de longues discussions entre les cher-
cheurs d'images animées. Quant au
public, il n'aura qu'à céder au charme
de ce fluide poème et au pathétique
du drame, où les talents d'Eve Fran-
cis et de Jaque Catelain, Marcelle
Pradot, Claire Prélia, Philippe Hériat
se sont épanouis.
La musique de Marius François
Gaillard est intéressante, mais devra
être mise au point et surtout être
exécutée strictement. Louis Delluc.
•
Mlle Suzanne d'Astoria, cantatrice
de l'Opéra de Monte-Carlo, organise
le 5 novembre à 9 h. du soir, salle
Pleyel, 22, rue Rochechouart, une
grande soirée de gala à la mémoire
de César Franck, et en l'honneur de
Mlle Marie Prestat, dernier grand
prix d'orgue et d'improvisation de la
classe du Maître.
Mlle d'Astoria s est assuré le pré-
cieux concours de Mlle M. Prestat,
de Mlle A. Guérin-Desjardins, violo-
niste et de Mlle Lina Chaumont, qui
réalisera pour la première fois à Paris
ses interprétations plastiques d'œu-
vres musicales.
16
cinea
M
SPECTACLES
M
L'Alhambra se néglige et ses
spectacles. Ce furent tour à tour :
Une nuit chez les tziganes, passa-
blement contrefaite, avec une Efre-
inova indigne d'elle-même; Percy
Athos et Cie présentant une certaine
« poésie du mouvement » qui avait
très peu de mouvement et pas du
tout de poésie ; le numéro à demi
cinématographique et entièrement
ennuyeux de Christian Christensen;
Rose Amy, avec une jolie robe, sa
voix vrillante et son manque d en-
train; puis, tout de même, Georgel
et sa facilité sympathique, et l'ido-
lâtrie qu'il fait éclore aux cœurs
simples.
Nouveau Théâtre.
Le nouveau spectacle d'Irénée Mail-
get se signale par l'Exécution et Le
Retour d'Imray. Le premier ou-
vrage, dû à une collaboration inat-
tendue : Henri Mon nier et Isabelle
Fusier, est d'un comique souvent
âpre, mais qui reste livresque. Il y a
bien le bonhomme Barencey et cette
Jeanne Fusier si plaisante dans les
rôles accentués, mais les deux petits
tableaux imposent imparfaitement
leur caractère et leur qualité. Le
charmant « On guillottine pas en
bonnet, ça c'est jamais vu » passe
presque inaperçu. Mais 1 idée est ori-
ginale
Le Retour d'Imray est, d'après
Kipling, par E. M. Laumann, dont la
célèbre adaptation de La maison
l'sher avait peut-être plus de poésie,
un mystère plus élevé que ces deux
actes-ci.
Pourtant leur atmosphère suffo-
cante prend à la gorge, leur mouve-
ment quasi-musclé entraîne. Et le
principe est fort intéressant de ce
drame qui a à sa clé un crime d'au-
tant plus troublant que l'étroitesse
de sa psychologie est disproportion-
née aux conséquences qu'il élargit
dans la pensée II en résulte une cer-
taine grandeur. Auprès de Jacques
Ferréol. simple, frémissant, Cons-
tant-Rémy donne une belle impres-
sion de sa personnalité : voix, sta-
ture, autorité mieux que solides :
métalliques. R. Payelle.
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fiquement portraicturé, si heureusement
décrit, si finement analysé par l'auteur de
Fièvre et de La Fête espagnole. Louis Delluc
présente dans sa biographie de Chariot un
Chariot tel qu'il est. tel qu'il s'est vu et tel
qu'il se raconte.
L'historien suit son modèle du commen-
cement de sa carrière à l'apogée qu'il vient
d'atteindre avec The Kid. à moins que ce
génie, toujours meilleur, toujours plus
haut, ne nous réserve des surprises.
De film en film, derrière Chariot. Louis
Delluc nous guide en critique, en admira-
teur, en remarquable journaliste, je ne crois
pas qu'on ait avec plus de compétence et
avec plus de bonheur parle de la célèbre
vedette de l'écran universel.
). L. C (Comadia)
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! RÉPONSES I
I A QUELQUES LETTRES I
■■■■■■■■■■■■■■«■■■■■■■■■■a
Maurice. — André Roanne est le lieu-
tenant Massard dans l'Atlantide et Genica
Missirio le capitaine Aymard.
Madamk X. Il y a les « gens de
théâtre » qui viennent au cinéma. Et puis
il y a les vrais artistes du cinéma. Deman-
dez à M. Joubé Romuald ce qu'il en pense.
Rose. — Mae Marsh, Alla Nazimova.
Différentes en effet. Mais vous préfère/
peut être Robinne.
Three Anxious Girls. — Olive Thomas
se nommait en réalité Olivetta Helen
Dull'y. Elle était née à Charleroi (Pensyl-
vanie) le 20 octobre 1898. Ce film d'elle :
Héritière d'un jour s'appelait en Amérique
Heiress for a Day.
Jacques B. — Vous verrez Les Ailes qui
s'ouvrent dans un mois.
Romanesque. — Vous en aurez au
moins 17 de ciné-romans. Quelle joie
hein !...
Kitty. — Le mauvais /ils (The World
Apart) est un film de Wallace Reid et
Myrthe Stedmann.
MarcelJustinien. — Charles Ray est né
à Jacksonville (Illinois) le is mars 1891. Il
est marié à Clara Grant. Il a été tourné
pour la Triangle : Richesse maudite. Pein-
ture d'Aine, La Beauté Fugitive, Un Lâche,
Le Déserteur, Tourmente d'amour, La Petite
Servante, le Sexe Faible, Le Lourdaud.
Pour la Paramount : Quand l'agneau se
fâche, Sur la pente fatale. Les Dirigeants,
Fleur des champs, Volonté. Pour venger son
père. Le Champion, Courage petit, la Re-
vanche d'un timide. Au pays des loups. Les
caprices de la fortune, etc. etc.
Li-Lian. — Nettement idiot. Quand un
metteur en scène part pour la Normandie
il annonce qu'il va à Budapest : un rien! Et
ce monsieur prétend renseigner sur le
cinéma, comme c'est commode!
René L'Hoirh. — Ecrivez à Gaston Jac-
quet : 68, rue Laugier. Paris-17' . A Gas-
ion Modot : 26, rue Verdi. Nice. Andrew
F. Brunelle : 120 bis avenue Mozart,
Paris-i6c.
Monte-Cristo. — Cette vedette pour-
rait être surnommé « L'Empereur des
Philatélistes ». Réclamez-lui vos timbres.
Non. —André Roanne et Genica Missirio.
The Man WITH THE I on Mask. — Le
Prisonnier de la Forêt (Prisonuers oj the
Piues) est interprète par Jack Warren
Kerrigan, Lois Wilson. Walter Perry et
Claire du Brev. Le scénario est tiré d'un
roman de Kenneth B. Clarke.
l'Œii.-de-Chat.
■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■a
FIÈVRE
Les pays civiliséi ont leurs plaies et
leurs difformiiés. Dans les grands
porls d'Occident certains repaires de
trouble et de désordre créés par
l'alcool entretiennent une espèce de
FIÈVRE
malsaine, parfois mortelle. Imaginez
l'impression produite par un bouge
mal famé sur une âme neuve —
une petite orientale — brusquement
jetée au milieu de cette violence et ne
pouvant s'en évader. A travers la
FIEVRE
elle ne voit que son rêve et
oublie bientôt de tout son être les
laideurs ou les tristesses qui l'entourent.
Nous croyons que la censure n'a pas
compris les intentions de l'auteur.
Nous laissons le public juger
FIÈVRE
.HP
^NiL-v
w
■■■■■■■•■■••■■■■■■■■■■■■■••■••■■■■■■•a
Le
Pont
Soupirs
Grand ciné-roman en 8 époques
d'après l'œuvre célèbre de 'Michel ZÉVACO
Première époque
Deuxième époque
Troisième époque
Quatrième époque
Cinquième époque
Sixième époque .
Septième époque .
Huitième époque .
L'Ombre du Sarcophage.
Le Guet=Apens.
La Fuite dans la Tempête.
Le Pacte de la Grotte noire.
La Fête chez Impéria.
Ce que peut la Haine.
Le Calvaire d'une Mère.
Expiation.
Le Premier film en série à grande figuration
et importante mise en scène
Publié par Cinéma Bibliothèque (Edition Tallandier)
Édition 6 Janvier 1922
PASQUALI FILM
Exclusivité
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CAUMONT
TOUS LES AMATEURS DE BEAUX FILMS
VOUDRONT VOIR
A PARTIR DU 25 NOVEMBRE
Comédie dramatique en 4 parties
tournée dans le merveilleux cadre de Venise
et interprétée par
MATHESôN LANG, Hilda 0AYLEY, Ivor N^VELLô
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flltltlAHCE FlhM CORPORATION
Exclusivité (jAUf^OHT
cinea
Programmes des Cinémas de Paris
M du Vendredi 4 au Jeudi 10 Novembre M
2 Arrondissement
Salle Marivaux, 1S, boulevard des Italiens. —
Louvre 06-99, Les caprices île la fortune. - La chute
de Babylone.
Parisiana. 27, boulevard Poissonnière. — Gutenberg
50 70. — Les me ments de séville. — Betty et ses
Minier. mis. Le ménétrier (Je la prairie. — Le pendu
dépendu. Pa fierté. Le scandale de Fatty et Picratt.
- Kn supplément, de 7 h. 1/2 à 8 b. 1/2, excepté
dimanches el fêles : Le coup d'encensoir.
Omnia Pathé. — .'>, bouevard Montmartre. —
Les trois mousquetaires, 4e épisode. — Médor chien
sauveteur. Suppléments facultatifs, non passés le
dimanche : Le sept de irèlle, 8e épisode. - La Femme X...
Electric-Palace 5, boulevard des Italiens. —
Cènes et ses environs. — Peggy l'enfant terrible. -
La tournée Mirabelle, London et C"- — En supplément :
Le sacrifice de Rio Jim.
3' Arrondissement
Pathé-Temple. — .Mednr chien sauveteur. — Les
trois mousquetaires, 4e épisode.— Bonheur en péril. —
Tailleur pour dûmes.
Palais des Fêtes, s, rue au\ Ours, — Arch. 37-38.
— Salle du rez-de-chaussée. — Chàrlol patine. — La
Femme X. — Les trois mousquetaires, 4'' épisode.
S.i Ile du premier étage. — Peppina. — Rose de Nice. —
L'I Irpheline, 4e épisode.
Saint -Marcel, boulevard Saint-Marcel.— Pour l'hu-
manité- — L'Orpheline, !■■ épisode.— Les trois mousque-
taires, 3- épisode.
4' Arrondissement
Saint-Paul, 73, rue Saint-Antoioe. — A travers
les glaces de l'Oerenund. — Kntre deux races. — Le
sept de Irèlle, *• épisode. — Chariot paline. — Un
mari pour un dollar.
5- Arrondissement
Mésange. 3, rue d'Arras. — Lui... frère du Petit
Croissant. — Les trois mousquetaires, 3- épisode. —
Justice d'abord. — Chariot l'ait u.ic cure.
Cinéma Saint Michel, 7, p ace Saint-Michel. -
La douloureuse comédie. — Lui... sur des roulettes.
8e Arrondissement
[ THEATRE du COLÏSÉE I
■ m ■
M JS JA CINEMA A M M
38, Av. des Champs=Élysées
! Direction : P. MALLEVILLE Tél. : ELYSÉE 29-46 ■
I — I
De Païenne a Sorrente, plein air.
j :
Les Caprices de la bovlune, comédie S
; r
avec Charles Rav.
■ ■
:
La Femme X...
d'après l'œuvre d'Alexandre Bisson
interprétée par Pauline Frederick.
9e Arrondissement
Cinéma Rochechouart, 00, rue de Rochechouart.
Fabrication de la faïence. — chariot fait une cure. —
L'Orpheline, t" épisode. — Les quatre diables.
Delta-Palace, 17 bis, boulevard Rochechouart. —
lislty est revenue. - Le sept de trèfle, 8e épisode.
- Journée d'hiver au Danemark. — Le crampon. —
La chanson éternelle.
10° Arrondissement
Tivoli, 19, faubourg du Temple. — L'homme
inconnu. — Les trois mousquetaires, l'épisode. — Le
gosse.
11e Arrondissement
Voltaire-Aubert-Palace, o i, rue de la Roquette.
Le paradis perdu. Les l mis mousquetaires, i' épisode.
— l'ue affaire de chiens. — Le Gosse.
12' Arrondissement
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Chariot l'aime. —
— L'Orpheline, i- épisode. — La douloureuse comédie.—
Les irois mousquetaires, 4- épisode.
13' Arrondissement
Gobelins, 00 bis, avenue des Gobelins. — Lui...
frère du Petit Croissant. — Les trois mousquetaires,
3e épisode. — Justice d'abord. — Les as de l'écran.
14e Arrondissement
Gaîtè, rue de la Gaîlé. — Lui... frère du Petit
Croissant. — Les trois mousquetaires, 3- épisode. —
Justice d'abord. — Les as de l'écran.
Splendide-Cinéma, 3, rue Larochelle. — L'enfant
du cirque. — La douloureuse comédie. — L'excitant
élixir.
Régina-Aubert-Palace, 15S, rue de Rennes. —
Le pendu dépendu. - Dureté d'àme — Les trois mous-
quetaires, 3" épisode.
Grenelle-Aubert-Palace, I4t, avenue Emile-
Zola (30 et 42, rue du Commerce). — Une affaire de
chiens. — Les trois mousquetaires, 3" épisode. — h".
paradis perdu. — Le gosse.
15' Arrondisaement
Grenelle, 12-, rue du Théâtre. — Lui... frère du
Petit Croissant. — Les trois mousquetaires, 3e épisode.
Justice d'abord. — Tailleur pour daines.
Grand Cinéma Lecourbe, 1 15-U9, rue Lecourbe.
— Saxe 50-45. — Les pertes du Rhône. — Les trois
mousquetaires, 3- épisode. — Un maii pour un dollar.—
L'Orpheline, 4- épisode.
16" Arrondissement
Mozart-Palace, 49, 51, iue d'Auteuil. — Pro
gramme du vendredi 4 au lundi 7 novembre. — Le sept
de trèlle, 8e épisode. — Chariot patine. — La maison
vide. — Programme du mardi 8 au jeudi lu novembre.
— La fabrication des sabots. — Les trois mousquetaires,
4e épisode. — Le pendu dépendu. — La douloureuse
comédie.
Maillot-Palace, 74, avenue de la Grande-Armée.
— Programme du vendredi 4 au lundi 7 novembre. —
La fabrication des sabots. — Les trois mousquetaires.
4° épisode. — Le pendu dépendu. — La douloureuse
comédie.
Le Régent, 22, rue de Passy. - Auteuil 15-40.—
Les aventures de Sherlok Holmes, 3- conte. — La
Russie Rouge. — Douglas nouveau d'Artagnan. — Le
silence.
Théâtre des Etats-Unis, 56 bis, avenue Mala-
koll'. — La main invisible. — Le scandale de Fally. —
L'orpheline, 3- épisode. — Li douloureuse comédie.
17' Arrondissement
Ternes-Cinéma, :i, avenue des Ternes. — Wagram
02-lu. — Une vieille querelle. — L'Orpheline, 4- épisode.
La femme X...
Cinéma Demours, 7, rue Demours. — Wagram
77-66. — Le sept de trèlle, 8" épisode. — L'homme
inconnu. — Le gosse.
Cinéma Legendre, 12<j, rue Legendre. — Billy se
range des voitures. — L'Orpheline, 3' épisode. — Le sept
de Irèlle, 8- épisode. — La faim.
Lutet.ia Wagram, avenue Wagram. — Les trois
mousquetaires, i- épisode. — La femme X...
Royal Wagram, avenue Wagram. — San Remo et
ses environs. — Les caprices de la fortune. — La cité du
silence. — L'Orpheline, 4- épisode
Villiers Cinéma, 21, rue Legendre. — La plus
belle route des Etats-Unis. — Un mari à combinaisons.
— L'impossible évasion. — L'Orpheline. 3- épisode.— Un
teerrible poltron.
18e Arrondissement
Théâtre Montmartre, Cinéma Music-Hall,
place Dancourt el rue d'Orsel, 43. — Nord 49-24. —
Les quatre diables - Les as de l'écran. — De
Guebwiller a LautenbaCb. — L'Orpheline. 4" épisode.
Palais Rochechouart, 50, boulevard Roche-
chouart. - Secrétaire particulière. — Les Dois mousque-
taires. 4- épisode. — Le Gosse.
Le Select, s, avenue de Clichy. — Sa nuit de noces.
— La femme X... — L'Orpheline, i- épisode.
Marcadet-Cinéma-Palace, no, rue Marcadet
langle me du Mont-Cenis . Marcadel 29-81. —
Peggy l'enfant terrible. — L'Orpheline, 4- épisode. —
Les trois mousquetaires, t" épisode.
Barbés-Palace, 3 l, boulevard Barbes. Nord 35-68.
— La femme X .. — Les Irois mousquetaires, i- épisode.
— L'Orpheline, i- épisode.
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■ UN SPECTACLE SENSATIONNEL
L'Œuvre magistrale du célèbre D. W GRIFF1TH
I LA CHUTE DE BABYLONE
Z en 2 parties et 120 tableaux- 5.000 figurants
■ : ■- En Première Partie : i .. .
\ LE MARCHÉ D'ESCLAVES
Z Grand intermède vocal, soli. chœurs, corps de ballet
Paitition nouvelle de Jean NOUGUES
j M»* NAPIERKOWSKA
; dans la Danse de l'Amour
I :-: M. Fernand BAER, de l'Opéra :-:
Mlle Marcelle RAGON.de l'Opéra-comiq.
:-: :-: 150 artistes - 200 exécutants :-: :-:
sous la direction de P. FOSSE, chef d'orchestre
j En première partie L' ORPHELINE
; 0 p 4e épisode : L'Intruse 0 0
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Secrétan, 7 avenue S errétan. — Médor chien sau-
veteur. — Les trois mousquetaires, Ve épisode. —
Bonheur en péril. — Tailleur pour dames.
Le Capitole, place de la Chapelle. — L'Orpheline.
4- épisode. — La femme X. . — Les trois mousquetaires.
4. épisode.
Belleville-Palace, no. boulevard de Belleville. —
Les trois mousquetaires, 4- épisode. — La fugitive,
— L'Orpheline, 4- épisode.— Chariot patine.
Féerique-Cinéma, 14G, rue de Belleville. —
L'Orpheline, i' épisode. — four l'humanité. — Les trois
mousquetaires, v épisode. — Le pendu dépendu.
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Paradis Aubert-Palace. 42, tue de Belleville.
Saturnin ou le bon allumeur. — Dureté d'àme. — Les
Irois mousquetaires. 3' épisode.
Banlieue
Clichy. — Médor chien sauveteur. — Les trois
mousquetaires. 4e épisode. -- Bonheur en péril. -
Le pendu dépendu.
Levallois. — Un fameux notaire. — La faim. —
Les trois mousquetaires, 2- épisode. — Les passants.
Olympia Cinéma de Clichy. — Le pendu dé-
pendu. — La fugitive. — L'Orpheline. V épisode. —
Liliane.
Vanves. — Lui... frère du Petit Croissant. — Les
trois mousquetaires. 3- épisode. — Justice d'abord. —
Lharlol l'ail une cure.
Bagnolet. — Médor chien sauveteur. Les trois
mousquetaires, 4« épisude. — Bonheur en péril. — Le
précieux gibus.
IVIontrouge. A travers les glaces de l'Oeresund.
— Le sept de trèlle, 8' épisode. — L'homme inconnu.—
Le gosse.
cinea
UN FILM EXPRESSIONNISTE :
I LE CABINET DU !
DR C A L I G A R I I
■ *
Les journaux américains ont voué
des éloges dithyrambiques à cette
nouvelle réalisation. Ils se sont sans
doute laissé charmé par le caractère
exotique du film, par tout ce qu'il y
a de fantastique et d'exentrique. Car
le texte pouvait être une invention
de Edgar Allan Poë ou de Stevenson.
En voici les grandes lignes.
Le docteur Sonnow, directeur d'un
asile d'aliénés réussit à imiter le
célèbre docteur Caligari, qui vécut
au XIe siècle et dont on raconte qu'il
savait hypnotiser les somnambules
à tel point; qu'il pouvait leur com-
mander des meurtres. Il a trouvé
une créature, Cesare, qui se charge
d'aller tuer quelques individus et
d'enlever une jeune fille. Mais à son
retour Cesare tombe dans un ravin
et se tue. La jeune fille le dénonce.
Or, on trouve chez le docteur Cali-
gari une poupée qui ressemblait à
Cesare, et c'est lui qu'on enferme. Il
devient fou à son tour. Et la chose se
termine dans un chaos général : chaos
que les auteurs ont voulu, en laissant
le public en désarroi. Qui est devenu
fou: l'auteur, le docteur ou le public?
C'est ce qu'on ne sait plus.
Les MATINEES de
c i n é a
LUNDI 14 NOVEMBRE à 14 h. 30
au Théâtre du Colisée
38, Avenue des Champs-Elysées
Téléphone : ELYSÉE 29-46
MATINÉE T>E GALA
au profit de la
Croix = Rouge Espagnole
*
La Vie et la Mort
d'EL GALLITO
le plus \grand film d'art
tauromachique avec le plus
grand torero moderne.
#
El CHIQUIIXO
de los Quinteros
Comédie en Un acte
interprétée (en espagnol) par
M"c Jeanne DESCLOS-GUITRY
et M. ALCOVER
*
Le CABINET du
Dr CALIGARI
le fameux essai d'art ciné-
matographique donné pour
la première fois à Paris.
PRIX DES PLACES :
Loges, 20 fr. Orch. 10 fr. Balcons 5fr.
i* • ■■•■■
Ce côté exentrique à précisément
été souligné par les artistes qui ont
exécuté le film. Les journaux améri-
cains nomment cette façon de faire
cubiste, futuriste, dadaïste, ne com-
prenant aucune de ces issues à fond,
n'y vo3rantquela bizarrerie des pay-
sages, l'irréalisme des personnages.
En réalité, c'estdel'expressionnisme:
grossir les choses couper l'inutile,
fausser la perspective, la rendre an-
guleuse et sans équilibre; somme
toute : déformation des choses, pour
leur donner un aspect plus artistique
et plus conforme au sujet qu'elles re-
présentent.
Kf Ce film n'a pas eu autant de succès
à Berlin même qu'a New-York. Car
en Amérique il n'y a pas de succès :
il n'y a que des triomphes monstres,
ou des « fours» complets. Une énorme
réclame s'est 'êchafaudée et le direc-
teur M. L. L. Rothafel, qui a eu le
courage d'aller contre l'adage: « Pas
de films étrangers », fait un petit bé-
néfice de quelques millions.
Je ne veux pas dire, que le cabinet
du docteur Caligari soit un « chef
d'œuvre du septième art»: loin de
là. Mais c'est un commencement de
recherche et de réalisation ; c'est une
nouvelle volonté qui se dégage de la
niasse inerte des industriels sans
scrupules, et comme tel, ce film aura
sa place dans l'histoire.
Ivan Goll
cinea
Eve Francis dans El DoraJo
*±m
ii
! Blancs et Noirs
C'est une blonde charmante et chère
au cœur de bien des habitués de l'écran
par .son air ingénu, ses yeux mélan-
coliques et la façon parfaite qu'elle
a de porter les robes des grands
couturiers.
Dans la vie la blonde enfant a un
époux. Il est blond comme elle, avec
comme elle, des ondulations dont Jean
Baptiste soi-même eut été jaloux.
L'époux ne travaille pas — lui — et
la fortune imaginaire qu'il dépense
pour sa femme n'est autre que celle
des habituels « commanditaires » de
son épouse. Il est persuadé d ailleurs
que nul ne s'en doute.
Dernièrement l'enfant très blonde
tournait, et voyait avec angoisse
l'horloge du studio marquer près de
<i heures. Elle n'avait point caché a
ses amies qu'à <> heures l'attendait un
des principaux « commanditaires. »
Le travail ne finissant point. Elle
fut demander au metteur en scène,
sous prétexte d'indisposition, l'auto-
risation départir.
Au moment de quitter le théâtre,
survint le mari affolé qui : «je venais
« te chercher, ma chérie, j'ai complè-
« tement oublié de te rappeler qu'à
« 6 heures tu as une affaire impor-
« tante ». .
Il y a eu des sourires...
•
On passait — la semaine dernière
— dans un cinéma des Champs-Ely-
sées ce documentaire qui fit couler
beaucoup d'encre et même un peu de
sang: La Russie Rouge \ Rouge pour-
quoi mon dieu ?)
La direction malgré l'habituelle
correction de ses habitués crut de-
voir faire une annonce afin d'éviter
toute manifestation. Le film terminé
quelques personnes crurent bon ce-
pendant de protester contre le Bol-
chevisme. Lénine, Trotsky, etc..
Un monsieur surtout, suant, gras,
et congestionné, y mettait une belle
ardeur... comme régnait autour de
lui un calme parfait, il s'en prit à un
jeune homme lequel assis devant lui
était impassible « Monsieur, c'est
« honteux T vous devez être espa-
« gnol... et si vous aviez fait la
« guerre » .. à quoi l'autre placide et
souriant : « Excusez-moi, monsieur,
c'est applaudir que je voudrais, mais
il ne me reste qu'un bras, le second je
lai laissé au « Chemin des Dames ».
Du danger d'apostropher. .
André L. Daven.
cinea
a
LE GOSSE
a
Dans l'art de Charlie Chaplin, ce
que l'on saisit tout d'abord ce sont
les procédés d'expression qui sont
ceux de la pantomime anglaise, por-
tés à leur perfection et aidés de
toutes les facilités supplémentaires
que donne le truquage photographié.
Dans certains tilms, et non des
moindres (Chariot patine. Chariot
noctambule) il n'y a guère que cela,
et c'est déjà fort amusant.
Peu à peu on s'aperçoit que ces
procédés servent à faire vivre pour
nous un certain personnage très réel,
très riche en sentiments humains où
il y a quelque chose de Charlie Cha-
plin — ou plutôt de l'idée que Char-
lie se fait de lui-même — mais où
aussi, comme dans toutes les grandes
créations artistiques, chacun re-
trouve quelque chose de soi même :
ce personnage, si vous voulez bien,
nous lui réserverons le nom de
« Chariot ».
A qui Chariot s apparente-t-il? Son
ancêtre direct, que peut-être lui-
même ignore, serait Panurge, dont il
a l'esprit délié, l'amoralisme naïf, la
peur naturelle des coups, la haine
méprisante envers la brutalité, la
souplesse et le prompt rétablisse-
ment sous les atteintes du sort, l'in-
dustrie multiple enfin — songeons à
tous les métiers que nous l'avons vu
entreprendre! Mais c'est un Panurge
qui a lu Dickens — peut-être même
(frémissons: Dostoïevski, qui a com-
pris ce que valent la bonté, la pitié,
l'émotion. Toutefois, il a lu aussi
Bergson, et sait que les sentiments
véritables ont leur siège dans la vie
subconsciente; aussi n'a-t-il pas la
raideur prédicante des personnages
de Griffith. Sa charité n'est pas im-
primée sur un écriteau; elle habite
au plus profond de son cœur, y
coexiste avec les désirs, les égoïsmes,
les premiers mouvements plus ou
moins douteux (rappelez-vous Char-
lot soulevant la grille d egout pour y
/Si
H^
%*S
jeter le gosse encombrant). Enfin il a
lu Jules de Gaultier, ou tout au moins
les études que ce grand et subtil phi-
losophe a inspirées à Benjamin de
Cassères, et je ne connais pas meil-
leure illustration de la théorie du
Bovarysme, meilleure démonstra-
tion de l'écart entre ce que nous
croyons ou voulons être, et ce que
nous sommes, que Chariot soldat.
Ainsi conçu, ce personnage — ce
Chariot qu'il est absolument essen-
tuel de distinguer de Charlie Cha-
plin, son père spirituel — s'exprime
par une langue directe, sans figno-
lages, sans recherches de néolo-
gismes, simplement en employant de
manière parfaite les instruments
existants. Les gens du métier, qui
cherchent ce qu'ils pourraient imi-
ter (il n'y a rien qui s'imite mieux
que les néologisme» expressifs ;
Claude Debussy hier, Marcel L'Her-
bier demain) sont presque déçus;
mais le public rit, comme jamais il
n'avait ri, et les blasés pour qui le
spectacle des efforts vers le plaisant
est en général une souffrance, rient
aussi de ce comique à la fois si naïf
et si savant, si préparé et si naturel.
Il paraît que l'éditeur français de
ce film l'a payé fort cher, et Ion
pourrait supposer que c'est parce
qu'il l'estime beaucoup. S'il en est
ainsi, comment se fait il, d'une part
qu'il en ait coupé un cinquième en-
viron — et précisément la partie qui
a eu le plus de succès en Amérique
— d autre part qu'il croyait l'embellir
en y introduisant quelques-unes des
plaisanteries les plus bêtes qui aient
sali un écran? Précisément parce
que l'art de Charlie Chaplin procède
de la pantomime, il comporte un
minimum de texte. En ajouter, c est
imiter cet entrepreneur de spectacle
qui trouvait que Deburau avait bien
du talent, mais que ce serait encore
mieux s'il parlait.
Lionel Landry.
Pauline FREDERICK
dans La Femme X...
Alexandre Bisson, qui fut célèbre
comme constructeur de vaudevilles,
avait, en écrivant un drame, La
Femme A'..., développé une situation
extrêmement pathétique. Les éditions
Erka ont présenté un film inspiré de
cette pièce, qui fera couler bien des
pleurs, grâce, d'abord, au sujet même,
et surtout à l'interprétation de Pau-
line Frederick dans le rôle qui fut
joué au théâtre par Jane Hading.
Rappelons que la jeune femme d'un
substitut, chassée par son mari pour
une faute irraisonnée se laisse emme-
ner par un homme qui bientôt meurt;
la misère et les stupéfiants l'entraî-
nent très bas; enfin elle tue un nou-
veau compagnon pour épargner à
son propre fils, qu'elle n'a pas revu,
la honte de se connaître une telle
mère. Elle veut, pour le même motif,
ne pas dire son nom et, « femme X... »,
ellepasseen Cour d'assises, défendue
par son enfant, avocat, qui ne se
doute pas de la vérité et dont elle
apprend l'identité â l'audience. Tout
cela, vigoureux et vraisemblable et,
si la première partie du film permet
â l'attention de se fixer sur d'insigni-
fiants détails, la dernière est magis-
tralement traitée. Pauline Frederick
justifie un enthousiasme pour toute
la douleur et le désespoir qu'elle
exprime par un visage d'une élo-
quente beauté. Ses partenaires la
secondent avec talent.
La mise en scène a du pittoresque,
surtout aux scènes de tribunal avec
le jury, le public, les juges.
Lucien Wahl.
cinea
a DERRIÈRE L'ÉCRAN
FRANCE M
Nos confrères annoncent qu'Eve
Francis serait la protagoniste fémi-
nine de Don Juan. Ajoutons que, des
remaniements ayant sensiblement
modifié le rôle, la créatrice à.' El
Dorado a crû devoir renoncer à col-
laborer au nouveau film de Marcel
L'Herbier.
Nous apprenons que M. Robert de
Simone, appelé à la direction de l'In-
ternational Film Exchange, impor-
tante entreprise d exclusivités de
grands films internationaux doit
abandonner la direction de la revue
mensuelle «Scénario »et du «Bulletin
Hebdomadaire ». A partir du mois de
novembre prochain, M. Georges Vel-
loni, le jeune journaliste dont les
idées en matière de critique sont fort
appréciées dans le monde cinémato-
graphique, assumera la direction des
publications « Scénario ».
M. de Simone ne renonce pas pour
cela à ses qualités d'auteur et d'écri-
vain et fera toujours paraître de
temps en temps dans la presse corpo-
rative, ses articles si documentés et
qui suscitent tant de polémiques à
l'étranger.
•
A la suite de la note de M. A. F. Rose,
sur Phroso parue dans notre dernier
numéro, la société de films Mercanton
nous fait remarquer que la distribu-
tion de Phroso comprend : une Amé-
ricaine, deux Anglais, un Sicilien,
une Grecque et huit Français et Fran-
çaises.
L'opérateur, M. Vladimir, est en
effet Russe de naissance. Mais il habite
la France depuis plus de 45 ans ; et
son seul fils a été tué à la Guerre
à la tète de sa section dans le régi-
ment français dont il faisait partie,
après avoir été cité plusieurs fois à
l'ordre de sa division.
M. Louis Nalpas, retour d'Amé-
rique avec de nombreux projets
d'expansion française, s'occupe acti-
vement des éditions de La lampe
merveilleuse, qui vont apporter à
l'art du cinéma une aide précieuse
et ardente.
Un nouveau quotidien vient de
paraître Le Jour. Il est dirigé par
M. Deloncle, avec comme secrétaires
MM. Paul Langlois et Jean Wisky.
Sa chronique théâtrale y est tenue
par notre confrère Pierre Seize, la
chronique littéraire par M. Achille
Richard et les nouvelles cinémato-
graphiques seront signées William
Cork (ce pseudonyme cache un de
nos confrères dont la franchise pro-
voqua bien des querelles).
•
La distribution de Margot, le film
de Guy du Fresnay est complète.
Mlle Brown ayant été engagée pour
y tenir un des principaux rôles.
•
Quelques jeunes peintres modernes
vont se réunir pour s'occuper d'affi-
ches de cinéma.
Voilà qui est bien, nous en reparle-
rons prochainement.
•
On va nous donner une nouvelle
édition de J'aeeuse, de M. Abel
Gance.
AMERIQUE M
Quand en 1919, George Fitzmaurice
mit en scène pour Paramount son
premier film L'Avalanche, interprété
par Elsie Ferguson, ce fut, dans le
monde du cinéma, un événement sen-
sationnel. Après plusieurs autres
films tout aussi sensationnels, Fitz-
maurice mit en scène plusieurs pro-
ductions avec Maë Murray — entre
autres Le loup de dentelle — et enfin
Les Egarés, avec la danseuse Doro-
thy Dickson.
Le succès de ces productions a am-
plement répondu au talent de l'ar-
tiste qu'est George Fitzmaurice, et le
public sait maintenant qu'un film
dont il a dirigé la production est
toujours un spectacle d'une rare
qualité tant pour les yeux que pour
le cœur.
Lorsque George Fitzmaurice fut
appelé à la Paromount, sa femme
Ouida Bergère, qui s'était déjà fait
un nom parmi les auteurs de scéna-
0
rios, fut également sollicitée par
cotte compagnie pour lui apporter sa
collaboration. Elle a écrit la plupart
des scénarios des films mis en scène
par son mari et dans Les Effarés
elle a donné toute la mesure île son
talent.
•
D'après l'opinion de Flo Ziegfold,
le célèbre Manager américain, Doro-
thy Dickson est une des danseuses
les plus talentueuses du monde en-
tier. Elle a débuté au cinéma pour
Paramount dans Les Egares, et bien
qu'elle eut été sollicitée auparavant
par de nombreuses firmes cinémato-
graphiques, elle avait jusqu'ici dé-
cliné les offres qui lui avaient été
faites.
Miss Dickson fit ses débuts de dan-
seuse il y a environ cinq années. Elle
interprétait avec son mari, Cari
Hyson, un numéro de cabaret qui
eut un énorme succès. Le directeur
d'une des plus grandes scènes de
New- York les engagea aussitôt pour
paraître dans Oh Boij ! Après ce dé-
but au théâtre, Dorothy Dickson in-
terpréta de nombreux et brillants
rôles. Elle remporta un véritable
triomphe dans Lassie où elle chan-
tait et jouait pour la première fois.
•
Paul Iribe, le dessinateur et déco-
rateur parisien dont la réputation
est depuis longtemps établie en
France, a été spécialement attaché à
la Paramount pour tout ce qui con-
cerne la décoration des intérieurs, le
choix des toilettes, le dessin des
bijoux, etc.
Paul Iribe qui, durant ces dernières
années, a été un des novateurs du
mouvement qui s'est développé en
Fradce pour la création du style
moderne, est fort apprécié en Amé-
rique et son entrée dans le monde
cinématographique dont nous de-
vons nous réjouir, a été un événe-
ment des plus heureux pour l'Art
Français tout particulièrement.
Les films à la production desquels
Paul Iribe a collaboré sont empreints
du plus pur chic parisien, que l'on
reconnaît dans la décoration des in-
térieurs et dans tous les plus petits
détails d'élégance.
Ainsi, dans Les Egarés, certaines
scènes sont de véritables chefs-
d'œuvre de décoration et charmeront
les spectateurs. Le boudoir de Bar-
bara Wyndham (Dorothy Dickson),
le salon intime, le grand escalier et
le décor de cabaret sont tous em-
preints du talent bien caractéris-
tique de Paul Iribe.
•
Houdini, un des hommes les plus
populaires du monde, débuta dans la
vie comme serrurier. Il sut bientôt
forcer toutes les serrures ! Et il lui
vint à l'idée de montrer au théâtre
ces qualités extraordinaires. Ses dé-
buts eurent lieu au cours d'une tour-
née, où, dans un numéro spécial, il
se délivrait des menottes qu'on lui
avait mises. Mais ce n'était là qu'un
des moindres tours de force qu'il
était capable de réaliser, comme
l'avenir le prouva.
On lui mit les menottes, on l'atta-
cha, on le jeta du haut du pont de
Brooklyn enfermé dans un coffre-fort
et, en une minute, délivré de toute
entrave.il était libéré T
Ensuite, devant un public innom-
brable, il se délivra d'une camisole de
force, alors qu'il était suspendu par
les pieds, la tète en bas, à une des
plus hautes constructions de New-
York.
Il s'est échappé de toutes les pri-
sons célèbres du monde, parmi les-
quelles la Tour de Londres et la Con-
ciergerie, à Paris. Il n'a jamais été
vaincu. 11 accepte tous les défis et il
permet à quiconque d'essayer de l'at-
tacher, de le clouer dans une caisse,
etc., etc. Il s'échappe toujours.
Dans Un reportage tragique, Hou-
dini exécute à peu près tous les tours
qui l'ont rendu célèbre. Il y ajoute
des scènes d'aéroplane qui passion-
neront le public, car elles sont mer-
veilleuses.
•
La Tulipe Noire, de Dumas, pro-
duction Granger des Studios de Haar-
lem, a été présentée au Shaftesbury
Pavilion.
•
Pauline Johnson, l'héroïne de Blan-
chette, de Brieux, paraît actuelle-
ment avec Violet Hopson, dans la
version cinématographique de The
Imperfect Lover (L'Amant Impar-
fait).
ANGLETERRE M
Comment fut trahi Kitehener est
le titre d'un nouveau film que Percy
Nash termine pour Screen Plays et
qui sera présenté fin septembre. On
dit que le drame est du plus grand
intérêt , suscité par certains docu-
ments communiqués par M. Bottow-
ley, député, et directeur du journal
John Bull.
cinéa
La Compagnie Master Film est à
présent engagée dans la production
d'une série de films originaux, qui
seront une mise à l'écran des plus
populaires chansons anglaises (en
un réel). Tout serait mis en œuvre
pour donner à ces réalisations un
attrait artistique bien distinct. La
figuration dans le Eorgeron de vil-
lage comprendrait 250 personnes.
Voici qui nous remet en mémoire les
beaux temps du chronophone. Ceci
nous rajeunit, n'est-ce pas ?
•
f M. Harold Shaw, le metteur en
scène anglais réputé qui vient de
quitter la Stoll, prendrait sous peu,
dit-on, figure de directeur. Ce qui ne
l'empêchera pas, bien entendu, de
conserver son mégaphone. Il aurait
traité avec une importante maison
britannique, pour laquelle il réalise-
rait auparavant une super-produc-
tion.
•
M. A. C. Berman confirme que les
United Artists viennent de traiter
avec Nazimova pour la distribution
des films de cette étoile.
•
J'apprends de bonne source que!
Kilner's Exclusives s'est assuré les
droits du Lgs de la vie. Ce film
viendra on ne peut plus à son heure
Christmas prochain .
•
John Barrymore, qui fut le prota-
goniste remarqué du Docteur Jekill
and Mr Hgde est à présent à Londres.
Son intention est de s'adonner à la
production de films, dont le premier
serait une nouvelle version des Aven-
tures de Sherlock Holmes.
•
Mr C. Hepworth et Miss Aima Tay-
lor d'une part, d'autre part Mr G.
Newall ont quitté l'Angleterre à des-
tination de l'Amérique. Leur but (ne
lavez-vous pas déjà deviné) : étudier
les conditions du marché d outre-
atlantique, se rendre compte du goût
et de la demande du public améri-
cain, afin de le satisfaire à coup sûr.
Homme de précaution, Mr G. Ne-
wall a emporté dans sa valise « Le
Bigamiste ». Un tiens — celui-ci —
vaudra-t-il mieux que deux tu l'auras.
•
The Idle Class (La classe oisive),
le dernier film de Charles Chaplin
vient d'être présenté par le F. B. O.
à l'Alhambra. Grosse affluenee. Evi-
cinéa
dominent j'ai ri. Nous avons tous ri,
chacun avec plus ou moins d'à-pro-
pos. Chariot, notre Chariot, reste
inénarrable. Irai-je vous le raconter.
Voici le thème : Chariot vagabond,
en villégiature, entre dans un palace
ou Chariot gentleman et sa femme
(Edna Purviance) résident. Bal mas-
qué. Chariot vagabond, victime du
sort, devient par obligation le flirt
hélas, momentané. Idylle brève, de
quoi illuminer toute sa vie de paria.
Le mari légal, cependant, fait recon-
naître ses droits. La fête est finie...
Meurtri — les hommes compren-
dront-ils jamais son cœur naïf, avide
et douloureux — il repart à la con-
quête d'un bonheur inaccessible, tou-
jours fier, glorieux quand même...
Poor CharlieT
The Idle Class, bien que Chariot y
soit impayable, par moments, vaut-il
les 50.000 livres, valeur marchande
en Angleterre, telle que les direc-
teurs de F. B O. l'ont calculée. Le
public anglais, sans doute, ratifiera
leur estimation... oui, mais 50.000 li-
vres. Le film est court (il dure une
demi-heure). Le plus court, il n est
pas, à mon avis, le meilleur. Après
tout, je dois être encore sous l'im-
pression d'un désir trop exigeant.
Je ne manquerai pas d'aller le revoir
le 7 novembre. C'est là une grâce que
je vous souhaite également.
A. F. Rose.
Il
LES PRÉSENTA TIONS
Cinéa
Directeur : Louis Delluc.
Administrateur : René Delluc.
Secrétariat Général : Jean de Rovera.
Secrétaire de la Rédaction : André Daven .
Critique : Lionel Landry, Lucien Wahl .
Spectacles : Eve Francis et Raymond
Payelle.
Rédaction : Chahapine, Charles Chaplin,
Louise Fazenda, Pierre Seize, Jean
Cocteau, Henri Roussell, Louis Nalpas,
J. de Baroncelli, Léon Poirier, Marcel
Levesque, Jean Epstein, Léon Mous-
sinac, Léonid Valter, Modot, Colette,
Marcel L'Herbier, René Bizet, Roger
Karl, Charles Dulhn, Barry, Ivan
Goll, etc.
Etranger : A. F. Rose (Londres), I. di Falco
(Rome), J. A. Kalmer (Vienne).
Desuns de Bécan, Einar Nerman, Don,
Musidora, Hayes, Cappiello, etc.
Publicité : Jean de Rovera ( Publicité ciné-
matographique), André Daven, Del-
puelch (Publicité commerciale).
Le moulin en feu.
La femme du meunier sent qu'elle
va mourir. Elle est jeune encore, elle
laisse un petit garçon. Elle dit à son
mari : « Tu pourras épouser la sœur
du forestier qui aime bien l'enfant. »
Alors elle meurt. Mitis une domes-
tique du moulin, sœur d'un vilain
braconnier, espère se marier avec
lui. Elle parviendra aux fiançailles
grâce à des tactiques savantes. Heu-
reuse alors, elle ira, en haut du mou-
lin, embrasser le valet. Il y a d'autres
choses auparavant, que vous verrez
et qui sont de justes et prenants dé-
tails. Le meunier fait tomber une
poutre sur le couple, ainsi tué. Et le
sang coule à travers le plancher et le
petit chat blanc regarde d'où vient
ce sang. Plus tard, le meunier se
marie, c'est ce jour-là qu'il court au
moulin qui, pendant un orage, prend
feu, il croit voir le couple ressuscité
et il meurt emportant son secret.
Voilà le Moulin en feu, joué merveil-
leusement par la troupe de laSvenska
avec Anders de Wahl en tête, mis en
scène avec une vraisemblance d'ar-
tiste par John W. Brunius. Cette
œuvre est tirée d'un roman de Charles
Gjellerup.
•
Vers le bonheur.
Les Suédois jouent et mettent en
scène la comédie bourgeoise dite
mondaine — avec autant de caractère
que le fdm rustique ou légendaire. On
reverra Karin Molander, Lars H an-
son, Anders de Wahl en élégants et
l'on admirera le jeu varié, personnel,
extrêmement intelligent de ToraTèje
dans le rôle d'une jeune femme mariée
avec un savant à qui elle déclare un
jour — pour avoir été dénoncée: « Je
vous ai trompé, nous allons divorcer,
je ne me plais pas chez vous, je m'en
vais. » Le mot pouvait être d'une
héroïne ibsénienne, ce qui le précède
et le suit est plus léger. La réalisation
due à M. Stiller est parfaite. Le sujet
est un peu théâtral.
•
Perez le cruel.
Dans une colonie portugaise, Perez,
le commerçant et juge, exerce un
despotisme et, pour truster les soies,
condamne un indigène, son concur-
rent, qui pouvait être sauve par un
Américain. Perez envoie sa femme
chez celui-ci afin de se faire restituer
un papier compromettant. Cette
femme est douce, belle, esclave de son
mari et aime l'Américain qui n'abuse
point d'elle. Une révolte des habi-
tants punit le lâche, et de la joie
vient à ceux qui s'aiment. Olga Pe-
trova joue avec talent ce film artifi-
ciel.
•
Vers la lumière.
.Mise en scène à la russe, interpré-
tation russe ; on pourrait comparer
ce film à un livre luxueusement édité;
mais rédigé par un écrivain froid.
Pourtant c'est une jolie histoire que
celle d'une jeune fille cloîtrée à la
veille de prononcer ses vœux et qui,
enlevée par un peintre, est déçue par
la vie du monde et la fuit pour re-
tourner au couvent. Même lorsqu'elle
est mêlée aux choses extérieures, elle
s'en échappe pour prier dans son
oratoire. Ainsi nous assistons à un
isolement pieux, qui a de la ligne.
•
Le Loup de dentelle.
C'est celui dont, chaque soir, se
masque la femme d'un architecte
new-yorkais, principal attrait d un
dancing, propriété d'un viveur qui la
courtise. C'est seulement à la fin de
l'histoire que cette petite personne
déconcertante venue de Russie et qui
s'appelle Sonia (actuellement) se ré-
vèle professionnelle chorégraphe.
Une intrigue trop longuement déve-
loppée, qui se termine par un drame
bien amené, a été mise à l'écran avec
du goût et de l'opulence; un départ
dans la nuit où la misère s'étale re-
présentée par trois êtres sur un banc
est de la meilleure veine.
Et Maë Murray.qui danse toujours
avec une grâce très music-hall, n'a
peut-être pas ici le rôle qui nécessite
sans cesse des attitudes et des expres-
sions poussées.
•
Teddy dans le monde
Un jeune ménage trop expansif
dans leur affection mutuelle pour
ne pas faire sourire les gens du monde
qui les reçoivent finissent, sur les
conseils d'autrui, par flirter ailleurs,
12
mai» d'assez mauvaise grâce, — d'où
quelques mésaventures dont plu-
sieurs seraient amusantes ou jolies
si le film était sensiblement plus
court.
•
Satan
Du réalisme fantastique : un cul-de-
jatte doté d'appareils suffisants pour
qu'il puisse marcher, mais pénible-
ment, n'oubliez pas que son amputa-
tion est due à une erreur de chirur-
gien. Il prépare une vengeance, même
une révolution. L'outrance d'une par-
tie de ce film est mitigée par des
scènes curieusement imaginées et
rehaussées par celle où le héros,
bandit mégalomane, pardonna la
trahison de la policière qui l'épie,
parce que celle-ci est amie de ses
hymnes improvisés à l'orgue. On
vous dira peut-être que ce film est
abracadabrant, il est intéressant et
attire des discussions. C'est énorme,
cela.
•
Marie chez les loups.
Admettons le postulat mélodrama-
tique, prétexte à prouver l'habileté,
le courage aussi de Mme Berthe Dag
mar. Une fuite malaisée devant des
loups, un corps à corps avec un ours
ne manquent pas d'allure. Et la neige
est un interprète magnifique. Dans
le mot « neige » il y a les mêmes
lettres que dans « génie ». Pardonnez
cette constatation.
•
Prise a.
Beau sujet de poème narratif que
l'exposition des conséquences d'une
coutume observée dans un village
montagnard. Si l'on s'imagine dans
un coin d'aujourd'hui, on s'étonne,
mais il semble plutôt que l'action ait
une apparence de légende. Il y a une
belle photographie de chemin mon-
tant en spirales, une tragédie tumul-
tueuse à la fin et une interprétation
bonne avec MM. Georges Lannes,
Constant Rémy, Schutz et Mlle Ra-
chel Devirys qui a le bon goût de
s'épargner des ondulations et des
teintures reluisantes.
•
Le Démon
La fille d'un banquier qui, par phi-
lanthropie, console des prisonniers de
droit commun, est un jour blessée
sur un terrain de jeux: commotion,
démence. Elle se croit un bandit. Soi-
gnée chez elle, elle s'évade et vole.
Reprise, elle s'enfuit vêtue en homme
et, laissée libre par ordre d'un alié-
niste célèbre qui se déguise en voyou
pour devenir le complice apparent
de sa malade, elle avoue son sexe, a
le cerveau ébranlé en voyant le faux
cambrioleur en danger, car elle
l'aime. Guérison, mariage avec le
thérapeute. Ce cas d'aliénation men-
tale est observé avec détails dignes
d'une thèse de psychiatre, mais non
d'un film, d'ailleurs trop long. Elsie
Janis, qui joue le rôle de la folle, est
aussi l'auteur, avec Ed. Joulding, du
roman qui a inspiré ce film. Elle a
mérité du succès quand elle est venue
à 1 Apollo.
•
La bague tragique.
Encore un film qui joue avec l'oc-
culte et de façon décousue. Comme
une divette est endormie pour une
opération à la gorge, elle se voit en
rêve il y a quelques siècles esclave
d'un grand-prêtre et mourant empoi-
sonnée Les figures de ses partenaires
de jadis lui ont réapparu dans le
moderne. Encore poison? Non, ma-
riage, bonheur, plaisir (pour eux).
•
L'Etrange aventure du Doc-
teur Works.
Troisième histoire incohérente pré-
sentée lemême'jour. Le sujet'cettefois
est dramatique, au point de vue théâ-
tre. Au cinéma, l'aventure de ce doc-
teur qui, pour se sauver avec celle
qu'il aime, abandonne, morte ou près
de mourir, sa femme, puis qui revient
avec son amie à son domicile où des
scènes de terreur lente se suivent, où
cette amie tombe blessée de la même
façon que l'épouse et meurt, ne fait
naître nulle angoisse. Sachez que
Works lui-même, interné dans une
maison de santé et se portant mieux
qu'après le second drame dont il a
été le témoin, tombe à son tour et sa
blessure est la même, au même en-
droit, que celles des deux femmes. Et
j'ai oublié de noter des hallucina-
tions... Drame noir dans plusieurs
sens.
•
L'homme qui a vendu son
cerveau.
Et le même jour encore nous
voyions un épisode de ciné-roman
dans lequel un chirurgien va opérer
de force un homme qu'il a fait ren-
fermer, pour examiner son cerveau!
•
La Flamme du pompier.
Par bonheur.ee film est venu nous
égayer. Il n'y a pas à conter une
telle folie qui force au rire avec des
cinea
inventions comme le personnage ver-
sant des larmes en cascade, des équi-
libres grotesques, une utilisation très
drôle du ralentisseur et de jolies bai-
gneuses.
•
La Fournaise.
La fournaise, c'est le monde, le
grand celui de l'élégance protocolaire
et de l'uniforme ci vil obligatoire pour
les hommes à partir de vingt heures.
Nelly, commère de revue, y entre en
épousant un riche propriétaire (ce
n'est pas absolument un pléonasme).
Malentendu conjugal qui s'affirme â
travers les fêtes luxueuses, monte-
carlistes et londoniennes. Beaucoup
de talent, d'argent, de travail dépen-
sés pour cette longue histoire. Cette
trouvaille : une jeune fille croyant â
tort, à la trahison de son fiancé, lui
signifie son congé ; il part, elle san-
glote tandis que son chien lui lèche
la main, elle se cache la tête, le fiancé
revient qui lui baise la main, elle lui
caresse la nuque, pensant à son chien,
elle lève la tête, s étonne, ravie, et
se jette dans les bras du monsieur.
•
Un drame d'amour.
A la courd'assises.laparole revient
au malade atteint d'aphaxie qui libère
ainsi son frère accusé d'avoir voulu
le tuer et permet le châtiment du
traître qui avait machiné une intri-
gue abominable (trémolo). La dame,
que les deux frères aimaient, épouse
celui qui avait été accusé de tentative
d'assassinat Suzy Prim a une coif-
fure qui lui messied. Le film est doté
de longs dialogues. Il a tort.
Le Colonel de Kentuchy.
Le roman de l'amitié qui risque
d'être brisée par la faute d'un vilain
homme. Deux anciens combattants
de la guerre de Sécession en sont les
héros sympathiques.
•
Le Foyer désert.
Elle veut bien se marier avec son
ami d'enfance à condition de n'être
que sa camarade : elle a peur de mou-
rir en a3-ant un enfant. Triste vie,
séparation, regrets, dangers: deux
enfants naîtront. Film de propagande
en faveur de la repopulation, sans
doute.
•
La Fumée de la mort.
Vol de bijoux, détective, scélérate,
assassinat vengé, mariage de char-
mants jeunes gens. Pas mal, le train
qui déraille dans la nuit.
Lucien W.vhl.
ciii1
ptf
cinea
13
Les Interprêtes du Cinéma Français
(Suite aux numéros 18, 19 et 21 de " Cinéa ")
M M
M M
BISCOT
D'abord comique des cafés concert il fait la con-
quête des faubourgs. En 1904, Bobino music-hall le
voit débuter avec ses premières chansons. Puis l'Eu-
ropéen et l'Etoile-Palace l'applaudissent.
Bientôt c'est le boulevard avec : L'Olympia, les
Ambassadeurs, les Folies-Bergères où il joue plusieurs
revues; La revue galante. Jusqu'au bout, etc.
La tournée Mathonnet l'emmène en Belgique, où
1 a de grands succès, particulièrement à Liège.
Il tourne son premier film avec Dranem, s essaie
dans quelques chansons filmées, mais c'est aux Eta-
blissements Gaumont que Louis Feuillade devait lui
permettre de donner sa mesure avec le rôle de Placide
dans Tih Minh. Ceux de Biscotin dans Qjarrobas,
Chambertin dans les Deux Gamines et Némorin dans
L'Orpheline, consacrent ses qualités joyeuses.
•
GINA RELLY
Née à Paris le 25 décembre 1897, d'un père
peintre et d'une mère musicienne.
A l'âge ou l'on peut commencer à chanter se
destina à l'opérette . Fut demandée un jour par Tré-
ville pour un petit rôle dans un de ses films et comme
elle était photogénique réussit quelques beaux pre-
miers plans qui lui valurent un autre engagement.
Elle ne s'arrêta plus de tourner. Tiocument secret,
avec Navarre, puis La Chimère avec Lehmann,
LesFemmes collantes avec Monca, Nine, pour Osso,
La 'Dette, avec J. Roudès pour Harry, Est enga-
e par la Fox-Film qui l'emmène en Amérique
tourner cC7ie face at \>our windoï». A son retour est
engagée par René Lepnnce pour tourner le rôle de
Silvette dans L'En pereur des 'Pauvres, et tourne
actuellement Le sang des Finoël, de Theunet pour
Pathé-Consortium.
SILVIO DE PEDRELLI
Venu de Constantinople à Paris en 1 909 pour
y faire des études de droit, ce n est qu en décem-
916 qu'il se décidait à aborder le théâtre et
presque en même temps le cinématographe. Débute
au théâtre des Arts. Berthe Bady était alors direc-
trice, dans La Frontière de Lucio d'Ambra.
En 1917, joue aux Variétés où il avait traduit,
Dolly de Lorenzo Buggi que M. Max Dearly voulut
bien recevoir. A cette époque là, Mme Dulac lui
offrit alors un rôle important dans son plus jLmes de
Fous, auprès d'Eve Francis. A tourné depuis, le
prince Mourad dans La Sultane de l'Amour de
Louis Nalpas et Franz Toussaint avec M. Le Somp-
tier comme metteur en scène. Puis, le rôle de Tris-
tan dans Tristan et Yseult aux côtés d'Andrée
Lionel.
Ensuite Ramoun du Destin Rouge, de Franz
Toussaint pour la maison Jupiter, puis Eugène de
Rastignac du Père Goriot au Film d'Artavec M. de
Baroncelli aux côtés de Signoret. Enfin crée
L'Etranger des Amants 'Puérils, de M. F. Crom-
melynk avec Berthe Bady, à la Comédie Montaigne.
Adresse: 38, rue Juliette Lambert.
KMMY LYNN
qui tourne le rôle principal de Vérité, le nouveau film de Henri Roussell,
réalisateur de Visages voiles, âmes closes.
SUZIE PRIM
Ses principaux films :
Haine, de Georges Lacroix.
Passionnément, de Georges Lacroix.
Reine-Lumière, ciné-roman filmé par René Na-
varre.
GEORGES LANNES
Né à Paris le 27 octobre 1894.
Etudes d'ingénieur électricien interrompues par la
guerre 1914 1919.
Ses Films :
Papillons, avec Mathot.
Le droit de tuer, avec Christiane Vernon.
L'Holocauste, avec Christiane Vernon et Delvé.
Le Lys rouge, avec Suzanne Delvé.
'Près des Cimes, avec Christiane Vernon.
La double épouvante, avec Christiane Vernon.
Le talion, avec Gaston Jacquet.
Le Traquenard, avec Christiane Vernon.
Un aventurier, avec Christiane Vernon.
Cendrillon, avec Simone Sandre.
L'Infante à la T^ose, avec Gabriel Dorziat.
L'Assommoir, (Lantier) avec ]ean Dax et Mlle
Sforza.
Adresse : 12, rue Simon-Dereure XVIIIe.
CHRISTIANE DELVAL
Théâtre :
Suzette de Bneux, L'homme à la Rose, d'Henri
Bataille ; Tendresse, d'Henri Bataille ; Ça va, de
Rip et Gignoux.
Ses films :
Face à l'Océan, de René Le Prince (Pathé).
Fabienne, de de Morlhon.
Les Canards sauvages.
Gigolette (rôles de Pâlotte et de Geneviève).
Le Rêve, (rôle d'Angélique enfant).
La Tentation, de H. de Golen.
'Pour une nuit d'amour, de Protazonoff.
GASTAO ROXO
Origine Brésilienne.
Débute dans Géo le mystérieux de Mme Ger-
maine Dulac, rôle de Harry, Grétillat et Margnier.
Ensuite Ames de fous, de Mme Dulac, dans le
rôle juan Filipini avec Mmes Francis Parisis et Pe-
drelli.
Après en Portugal. Le plus fort, scénario portu-
gais metteur en scène (Pallu) Invicta Film, Porto
rôle principal Comte de Saint-Romain.
Enfin dans Fièvre, de Louis Delluc rôle de Co-
libri, Van Daële, Eve Francis, et Modot.
14
cinea*
MUSIDORA
qui présente avec'succès^son nouveau film, Pour Don Carlos, d'après*le roman; de^Pierre Benoit.
cinea
15
SUZIE PRIM
l'interprète de Passionnément, que nous allons revoir dans Reine-Lumïere.
44*
c 1 n e a
44
a publié les biographies de Van Daële, Modot, Signoret, Emmy
Lynn, J. Catelain, Fiance Dhélia. André Nox, Hugutlte Duflos,
Marcel Vallée, Charles Dullin, Musidora, René Cresté, Marcel
Lévesque, Gaby Morlay, René Navarre, S. de Napierkowska,
Andrée Brabant, A. -F. Brunelle, Romuald Joubé, Jean Dax,
Eve Francis, Gaston Jacquet, G. de Gravonne, J. G rétillat,
Geneviève Félix, Pierre Magnier, Jean Toulout, Léon Mathot,
Séverin-Mars, Maë Murray, Marise Dauvray, E. de Max,
Henri Rollan, Lili Samuel, Marie-Louise Iribe, Louise Colhney,
Vermoyal, Mary Harald, Andrée Roanne, Suzanne Talba,
Henri Debain, etc.; et de Antoine, J. de Baroncelli, Raymond
Bernard, H. Diamant-Berger, Germaine Dulac, G. du Fresnay,
Abel Gance, René Hervil, Henry Krauss, René Le Somptier,
Marcel L'Herbier, Louis Mercanton, Louis Nalpas, Léon Poirier,
Henry Roussell, E. - E. Violet, Louis Delluc, etc., etc..
(Numéros 18, 19, 20, 24.)
: V*
<**&
V
I SPECTACLES I
■ ■
■
La danse de mort (Théâtre de
l'Œuvre).
La pièce de Strindberg est d'une
puissance qui fait vaciller le specta-
teur. Qui a parlé d'obscurité nor-
dique? Il n'y a rien tle plus net. C'est
trop net. Vous préférez Amants?
Soit. Duo pour duo, Strindberg or-
chestre dill'éremment, voilà tout.
Etre deux, c'est le thème du drame,
et de la vie si je ne me trompe. La
danse de mort avec ses mille petits
détails pressés, glacés, lâchés, ra-
geurs, terribles, ordinaires, crée une
impression de grandeur comme
lledda Gabier ou Rosmerftliolm,
avec moins de style peut-être, mais
plus de sauvage emprise
La mise en scène de Lugné-Poë
est une des plus remarquables qu'on
ait vues à l'Œuvre. L'interprétation
intelligente de René Fauchois et Mar-
guerite Mayane transpose malheu-
reusement les personnages dans un
ton qui n est sans doute pas le vrai.
•
Sin (Théâtre Fémina).
Maurice Magre fait toujours de
jolis rêves. Sa philosophie chinoi-
sante s'équilibre sur des rythmes
délicats. L'amour et le plaisir al-
ternent. Tout finit bien, et les amants
s en vont au ciel pendant que l'homme
mal aimé devient empereur. En
somme, de l'ironie fleurie.
Gémier s'amuse en baladin. Lagre-
née mord bien ses phrases. Alcover
frappe Suzanne Paris est tendre-
ment lyrique Germaine Webb a un
costume, une voix et des jambes de
premier ordre. Fernande Cabanel
s'efface avec douceur dans un rôle et
une robe de divinité impériale.
•
Le dieu d'Argile (Théâtre Antoine).
Si triste qu'il soit de voir s'enfuir
La Dolorès, c'est tout de même repo-
sant de trouver enfin des pièces
qu'on ne joue pas quinze cents fois.
Celle de M. Schneider ne durera pas
mille soirs non plus. Elle plane sur
des sommets tout livresques où l'on
joue à cache-cache avec Nietsche.
Harry Baur pousse à de vains éclats
lyriques un personnage dont la gran-
deur serait mieux soulignée par de
l'humanité. Suzanne Després dépense
tous les secrets de son talent dans
un rôle qui ne la sert pas.
La meilleure figure de la pièce est
réalisée par Henri Rollan qui en
tire, pour notre plaisir, le maximum.
Eve Francis.
16
La Gloire (Théâtre Sarah-Ber-
nhardt).
Maurice Rostand est un jeune la-
tin bien doué. Mais nous le savons
depuis longtemps et j'admire Paris
qui, brusquement, passe de l'insulte
à l'idolâtrie et trouve du génie —
froidement — à celui qu'il taxait la
veille de gâtisme spécial ni plus ni
moins. Que voulez-vous? Paris est
Paris. Le héros de Maurice Rostand
est assez puéril qui veut donner
comme amour de l'art sa faim exas-
pérée de gloire. Mais il y a de la vie
dans ce texte trépidant, et une jolie
audace â bâtir un conte théâtral sans
amour.
Yonnel, Grétillat, Decœur l'ont un
digne cortège â la sublime, à la mu-
sicale Sarah.
•
La belle de Paris (Apollo).
Les robes, les plumes, les bijoux,
les épaules, les jambes d'Exiane.
Auge et George sont gais. Jenny
Golder, sacrifiée, a une danse exquise
et beaucoup d'esprit, ce qui arrange
bien des ehoses.
La musique de Ganne est honnête
au moins.
O
Ah oui! [Ba-Ta-Clan).
Les revues de Mme Rasimi font
mon bonheur. On y trouve ce dé-
sordre favorable à l'invention des
bonnes minutes de son, de rire ou de
couleur. Par exemple, les orchidées
et aussi les modes blanc-noir et
l'armée des plumes, quels tableaux
amusants ! Et le public de Ba-Ta-Clan
est un chef-d'œuvre.
Cariel grouille bien. Renée Eagan
se trémousse et peut mieux. Van
Duren et Moskowina sont trop sé-
rieux. Le nu est traité avec goût,
mais le paradis terrestre est trop -
ou trop peu — artistique. Edmonde
Guy est belle.
On fait un grand et charmant suc-
cès au Bœuf sur le toit de Jean
Cocteau, où le poète de Paris a manié
si bien la collaboration de Eauconnet
(ses masques), de Dufy (son décor),
de Darius Milhaud (sa musique).
Bravo, et, voyez-vous, Cocteau, c'est
au music-hall et surtout au music-
hall populaire qu'il faut se livrer
tout de suite à chaque tentative.
Vous y trouverez, nous y trouverons
des enseignements et du plaisir,
nous nous y trouverons nous-mêmes.
Il en est temps.
Louis Dki.luc.
j Sous toutes réserves !
■ ■
* ■
Il est complètement faux que Dide-
rot, en écrivant l'histoire de Mme de
la Pommeraye et du marquis des
Arcis, se soit inspiré d'un film récent
intitulé L'Eternel Féminin. Il est
pénible de voir jeter sans cesse â la
face de tous nos grands écrivains
cette ridicule accusation de plagiat.
•
On annonce qu'avec l'autorisation
de M. Vincent dTndy, M. Antoine
s'apprêterait â tirer un film d'Istar,
le poème symphonique bien connu.
Le rôle du Gardien de la Porte serait
confié à M. de Pedrelli ; pour la déesse,
dont le déshabillage constitue le prin-
cipal attrait de l'œuvre, on hésiterait
entre Mlle Dherlys et Mlle Eabris.
M. Vincent d'Indy tiendrait à sur-
veiller personnellement les prises de
vue.
•
Quelqu'un racontait récemment â
la Mutualité qu'un jeune auteur avait
reçu, d'une importante maison d'édi-
tion, une lettre l'informant que le
scénario par lui remis avait été lu,
avait provoqué le plus vif intérêt et
allait être tourné sous peu.
Toutefois, comme le propagateur
de ce récit ajoutait que l'auteur en
question était mort de saisissement,
on voit la créance qu'il convient d'y
attacher.
•
En vue de permettre une meilleure
répartition des présentations, il se-
rait question d'organiser, à la Mutua-
lité, des séances spéciales, consacrées
aux œuvres françaises originales, et
qui auraient lieu de minuit à trois
heures du matin. Il y aurait naturel-
lement un service d'autobus à la
sortie.
•
Par contre, dans une grande capi-
tale étrangère, qu'il ne nous est pas
permis de désigner, on serait en train
d'édifier une salle véritablement co-
lossale, réservée aux présentations,
et où dix appareils et cinq écrans
disposés en quinconce permettraient
de projeter simultanément cinq films.
On se rend compte combien une telle
disposition faciliterait la besogne des
critiques.
L'accompagnement commun des
cinq films serait naturellement po-
ly tonal. Le groupe des six a été pres-
senti, mais on ne sait pas encore quel
est celui qui ne sera pas admis à
collaborer.
cinea
On a beaucoup commenté l'inter-
vention de Mlle Cécile Sorel lors du
gala Chariot En réalité, il s'agit
d'un échange réciproque de services,
et il a été entendu entre les deux
étoiles que, lors de la tournée que
notre quasi-doyenne se dispose â faire
en Amérique, il sera projeté, aux
entr'actes, une courte bande desti-
née à lui assurer, auprès du publie
yankee, la recommandation de Char-
lie Chaplin.
•
Il paraît qu'un directeur de Cinéma
aurait reçu une lettre par laquelle
une personne, dont on ne spécifie ni
le sexe, ni l'âge, l'informerait qu'elle
retournera â son établissement, vu
qu'on y donne de meilleurs films
qu'ailleurs.
Cet état d'esprit, malheureusement
rare, méritait d'être encouragé : voilà
qui est fait.
•
Il est absolument inexact que Mme
Huguette Duflos doive jouer le prin-
cipal rôle dans une transcription ci-
nématique de l'Enfer, de M. Henri
Barbusse.
•
Par contre, nous croyons pouvoir
annoncer de bonne source que M. Mer-
canton prépare un Bajazet qui sera
tourné sur place, d'après des docu-
ments nouveaux.
•
Des rumeurs contradictoires circu-
lent au sujet du prochain film de
M. Léon Poirier. On a notamment
parlé d'une collaboration possible de
M. Bergson : la nouvelle est tout au
moins prématurée, l'éminent acadé-
micien étant entièrement absorbé, à
l'heure actuelle, par des travaux sur
les théories d Einstein. Mais on sait
dès maintenant que ce film aura une
haute portée philosophique, et que
Mlle Myrga y jouera un rôle d'homme.
•
Démentons de la manière la plus
absolue le bruit d'après lequel cer-
taines des visites d'étoiles transat-
lantiques en Erance seraient moti-
vées, soit par la crise du cinéma aux
Etats-Unis, soit par le désir d'écha-
fauder des combinaisons financières,
soit, d'une manière générale, par la
baisse du franc. En réalité, ces vi-
sites doivent être uniquement consi-
dérées comme des paiements de la
dette de reconnaissance contractée
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gramme du vendredi 11 au lundi li novembre. — Les
cotes de la Suède. — Le sept de trèlle. 9- épisode. — I'ne
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du Congo belge. — Le scandale de Fally el de Picratt.
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Mœurs el coutumes du Congo belge. — Le scandale de
Fally et de Picratt.— Les trois mousquetaires, 5" épisode.
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17 novembre.— Les cotes de la Suède. — Le sept de
trèlle, 0e épisode. — Une traversée mouvementée. — La
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L'Orpheline, 4- épisode. — Cendrillon.
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mousquetaires, >• épisode. Le Canard en <
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Pollyanna. — Cendrillon. — Les trois mousquetaires,
5- épisode. — L'Orpheline, r épisode.
Le Select, 8, avenue de Clichy Cendril on. —
Sa dernière mission. — Dudule à Dada. — L'Orph line,
5' épisode.
Le Capitule, place de la Chapelle. — L'Orpheline,
5- épisode. — Dudule a Dada. — Les trois mousquetaires.
5- épisode. — Cendrillon.
19* Arrondissement
Secrétan, 7 avenue Pecrélan. — Les trois mous-
quetaires, 5" épisode. - Miss Rovel. — J'ai perdu mon
Biquet.
Belleville-Palace, I3ïi. boulevard de Belleville.—
Les trois mousquetaires, 5- épisode. — El Dorado.
— L'Orpheline, 5- épisode.
Féerique-Cinéma, U6, me de Belleville. —
L'Orpheline, 5- épisode. — La douloureuse comédie. —
Les trois mousquetaires, ■>• épisode.
20' Arrondissement
Paradis Aubert Palace. 42, tue de Belleville.
— Le pendu dépendu. — Les trois mousquetaires,
i- épisode. — Une affaire d-* chien. — La douloureuse
comédie.
Banlieue
Clichy. — Les trois mousquetaires, 5' épisode. —
Miss Rovel. — J'ai perdu mon Biquet.
Olympia Cinéma de Clichy. — Le Canard en
Ciné. — L'Orpheline. 5- épisode. — El Dorado.
Levallois. — Lui... lïèredu Petit Croissant — Les
trois mousquetaires, 3- épisode. — Justice d'abord. —
Les as de l'écran.
Magic-Ciné, 2 bis. rue du Marché (l.evallois-I'erreh.
— Wagram 04-91. — Pour l'hunanilé. — L'Orpheline,
i- épisode. — Les trois mousquetaires. 3- épisode.
Vanves. — Médor chien sauveteur. — Les trois
mousquetaires. '<■• épisode. — Bonheur en péril. —
L'audacieux.
Bagnolet. - Les trois mousquetaires, 5' épisode.
— Miss Rovel. — J'ai perdu mon Biquet.
Montrouge. La rivière dite Laganaa — Le sept
de Irèlle, 8' épisode. I.a puissance du luoanl. Le
i;osse.
cinea
4 LES FILMS
D'AUJOURD'HUI
Le Calvaire d'une mère.
Bon film, dont le «cul défaut est
d'être de 1). W. Griffith, de sorte
qu'on attend toujours quelque chose
de nouveau, d'imprévu, de troublant,
et qu'on est presque déçu de voir sim-
plement une œuvre qui ferait hon-
neur à tout autre cinéaste. L'atmos-
phère surannée en est amusante et
bien rendue ; l'interprétation excel-
lente et homogène. Richard Barthel-
mess fait presque oublier qu'il n'a
guère le physique du rôle ; Carol
Dempster est charmante, fraîche et
chaste, et la jeune Chiquita réalise la
parfaite maîtresse d'un bandit cali-
fornien du temps de Bret Harte.
Un Colonel du Kentucky
Le Kentucky est un Etat singulier,
où l'herbe se vante d'être bleue, où la
milice compte un nombre considéra-
ble de colonels animés de l'esprit le
plus martial ; où la soif d'aventure
IAMES PAGET (Baltha/ar)
.lans La Chutede Rabvtoue.
- -
rjfo il/!.
BM
SEENA OWEN (La Princesse)
dans La Chulc de Babylone.
•ICIIK \. (..
de l'Ouest, les vieilles haines de clan
du centre se mêlent à la langueur
passionnée du Sud. Tout cela, le pu-
blic américain le sait : il goûte ainsi
des nuances qui échappent forcément
à un public étranger
Il y a dans ce film beaucoup de ces
nuances, et l'atmosphère spéciale du
Bine Grass y est rendue de manière
amusante et pittoresque. Les rôles
des deux vieux enfants chevaleres-
ques dont l'amitié est un instant trou-
blée font valoir J. Dowling et sur-
tout Frederick Vroom, dont je goûte
la physionomie sensible et intelli-
gente.Jim Britsidesdonne un air quasi
Corse à un personnage digne du plus
âpre maquis, et Jack Gap incarne en
ses rares gestes toutes les paresses
méridionales.
Le côté « sujet » est de beaucoup le
plus faible il nous vaut cependant le
joli spectacle d'Elenor Field, revêtant
dans un vieux grenier, une robe déli-
cieusement démodée.
Le film débute par un prologue qui
se passe durant la guerre civile ;
j'avais aimé le parti de le revêtir de
teintes fanées, analogues à celles des
daguerréotypes anciens ; mais je
crois, d'après la suite, qu'il s'agissait
simplement d'une détérioration de la
pellicule Décidément le langage ci-
nématique n'est pas encore établi, et
biendes malentendus sont à craindre!
•
Pollyana.
11 semble qu'aujourd'hui les philo-
sophes, faille de pouvoir définir
préalablement les mots bon et mau-
vais, aient abandonné la vieille que-
relle deroptimismeet du pessimisme,
laissé à la littérature le soin de choi-
sir entre ces tendances, non comme
systèmes dogmatiques, mais comme
modes de sensation et d'expression.
Entre les deux partis, toutefois, la
balance n'est pas égale. La foule,
r+si.
CONSTANCE TALMADGE
iLa Pille des Montagnes)
dans La Chute de Babvlone.
affirme-t-on est optimiste ; elle tient à
ce que les œuvres qui lui sont offertes
le soient également. L'élite, prompte
à contredire pour s'affirmer, soutient
que tout ce qui n'est point pessimiste,
tout ce qui ne présente pas délibéré-
ment la vie sous un aspect triste et
mauvais, est faux ou conventionnel.
11 y aurait beaucoup à dire là-des-
sus. Le pessimisme factice de certai-
nes œuvres est un procédé aussi ar-
tificiel que l'optimisme de beaucoup
d'autres; il était absolument injuste
et faux, parce qu'un sujet comme
celui de Pollyana semble fait sur
mesure pour charmer, en Amérique,
cinea
ASTRID HOLM et VICTOR S|OSTRC)M
dans La Chavretlc Fantônn .
I SVIi.NSK \
la masse des esprits moyens, de sou-
tenir que l'œuvre n'est pas sincère.
En tout cas, le film est excellent,
traité avec un sens parfait de la lu-
mière, et, je ne dirai pas admirable
ment interprété par Mary Pickford;
il y a ici renversement des rôles,
puisque c'est Mary elle-même qui est
l'héroïne, et que le personnage qu'elle
incarne devient son porte-parole ; il
faut dire au contraire, interprétant
de manière aussi vivante sensible et
tendre que possible l'âme charmante
de la jeune actrice.
•
La Charrette fantôme.
Que le critique serait heureux s'il
pouvait, conformément à l'adage an-
cien, ne parler que de ce qu'il aime I
Quelle joie d'avoir à rendre compte
d'un film aussi parfait! La remarqua-
ble technique qu'il révèle n'est encore
pas ce qui inspire le plus d'admira-
tion : c'est après tout, un moyen :
mais comme l'inspiration dramatique
est haute et soutenue, comme la com-
position est ample et serrée à la fois,
avec une réalisation telle que le mot
d interprétation ne convient plus,
puisqu'il évoquerait l'idée d'une lan-
gue étrangère, d'une traduction, et
qu'ici c'est la vie elle-même qui appa-
raît sur l'écran. Comme la leçon mo-
rale est forte, se dégageant avec la
rigueur d'une loi scientifique : La
morale, ainsi conçue, ainsi enlacée à
la vie, prend une valeur esthétique.
une beauté sévère, cesse d'être un
boniment sans lien avec l'action; à ce
point de vue le film évoque l'influencé
de Haw-Thorne (j'ignore dans quelle
mesure elle a pu s'exercer sur Selma
Lagerlof)
J ignore également sous quelle
forme se présente dans le folklore
Scandinave, la légende dont s'inspire
La Charrette fantôme ; mais i rrésis
tiblement on se rappelle la descrip-
tion que donne Procope d'une légende
bretonne, de la barque des âmes,
cette première irruption d;ms la lit-
térature classique de la poésie celti-
que. L'on sait que la barque s'enfon-
çait à mesure qu'on y entassait les
âmes; celles-ci ont donc un poids, et
il n'est pas choquant que le charre-
tier fantôme ait à faire un effort pour
les soulever (ceci se réfère à une cri-
tique subtile que présentait un de
mes voisins) mais lorsque pareille à
une brume flottante, le corps imma-
tériel se dégage delà dépouille char-
nelle, une autre évocation s'est faite
dans nos esprits, et nous avons cru
voir, au fond d'un hypogée, quelque
psychagogne de l'Egypte ancienne
exorciser l'un après l'autre, et l'un
hors de l'autre, le Ka, le Bai et le
Khon du défunt.
11 est regrettable que de larges cou-
pures, même portant sur des passa-
ges dont le public français n'aurait
peut-être pas très bien saisi l'esprit,
aient laissé vagues et obscures les
raisons de l'intérêt particulier que
Sœur Edith porte à David. On com-
prend qu'un traducteur hésite à ren-
dre ce qu'il craint ne devoir pas être
compris, mais on voit ce qu'y perd
l'équilibre de l'œuvre.
Lionel Landry
CLICHÉ SVENSK.V
VICTOR SJOSTROM dans La Charrette Fantôme.
8
cinéa
Le Cabinet du Docteur Caligari
Le Cabinet du D Caligari
Expressionniste, allemand et ac-
clamé, paraît-il, en Amérique, l'aria
va le juger, ce film. Comment l'ac-
cueillera-t-il ? Ne préjugeons rien,
mais souhaitons quatre mots de pré-
sentation e< un appel au silence, —
dans certaines maisons. Monumen-
tal V Colossal ? Non, ni ceci, ni cela,
mais d'un intérêt capital parce que,
dans la croissance précipitée mais
qui durera du cinématographique,
le docteur Galigari cherche, trouve,
indique.
Des fous, c'est entendu ; de mysté-
rieux assassinats, une Kermesse aux
lignes franches, aux angles aigus ;
une porte en isocèle ; une harmonie
étrange de décors plus simples que
le goût moyen, un ensemble qui rap-
pelle certains tableaux exposés sur-
tout chez Sagot, rue Laffitte, il y a
douze ans. Mais cette déformation,
que vous voyez dans chaque objet
est plus curieuse encore dans les
groupements de choses, n'existe plus
chez les personnes Ainsi vous avez
devant vous des personnages d'appa-
rence exacte dans des décors fantas-
tiques, mais mesurés, des meubles, du
paysage un peu violenté, mais qui
n'effarent point.
Spectateurs, je ne subis pas une
emprise ; mes nerfs ne s'exacerbent
pas ; en vérité je ne crois pas à la réa-
lité de ce qui m'est exhibé, conté, co-
loré, je sais que j'assiste à un specta-
cle et je sens qu'il est empreint de
raffinement cérébral. J'examine, je
scrute, je compare. C'est un très grand
plaisir, d'abord parce que le film est
neuf intelligemment, que, parmi de
la folie, du meurtre, de l'incohérence
même, il nous semble découvrir des
possibilités cinématographiques im-
prévues. Nous savons qu'elles sont
illimitées, mais nous n'en devinons
pas encore tous les rythmes. Celui du
docteur Caligari nous étonne et
nous intéresse tout à la fois.
Maintenant, avec cette histoire ex-
traordinaire, pourrait-on nous bai-
gner dans l'effroi ? Je le crois, et non
par la vérité même, mais par l'assi-
milation réciproque des 11103 ens.
C'est-à-dire que la déformation des
individus s'ajouterait à celle des cho-
ses. Des têtes pointues, en trapèzes,
avec des yeux monstrueux, des nez
larges et des bouches édentées ou
pourvues de dents trop longues.
Pour compléter le film, une musique
de cuivre inégale et même « synco-
ped » ou cacophonique. Mais cette
expérience, je ne la souhaite pas, le
cinéma n'a pas à nous « sataniser ».
Tel quel, donc, le cabinet du doc-
teur Caligari vaut que Ion s'y ar-
rête, comme devant une tentative. Et
puis rien n'y est superfétatoire, même
les phrases, quelquefois longues, en
blanc sur noir, dont le macabre sem-
ble un peu se moquer...
Lucien Wahl.
:" ■ ■■■■■;
(DEC L A-FI LM)
I Le Cabinet du Docteur Caligari j
Drame cinégraphigue en (> actes
de Karl MEYER et i>ans JAN0W1TZ j
Mise en scène de Robert WIENE
INTERPRÉTATION :
• Docteur Caligari . . . Werner KRAUSS :
: Césare. . . Conrad VEIDT
■ Francis Fritz F^HER
• ane Lil DAGOVER :
Décors d'Herman WARM, Waltcr
RE1MANN, Walter ROHRIG ■
: :
■ Photographie de Willy HAMEISTER
Le docteur Sonnow, directeur d'un
asile d'aliénés réussit à imiter le cé-
lèbre docteur Caligari, qui vécut au
xie siècle et dont on raconte qu'il sa-
vait hypnotiser les somnambules à
tel noint ; qu'il pouvait leur comman-
der des meurtres. Il a trouvé une
créature, Cesare, qui se charge d'al-
ler tuer quelques individus et d'enle-
ver une jeune fille . Mais à son retour
Cesare tombe dans un ravin et se tue.
La jeune fille le dénonce. Or, on
trouve chez le docteur Caligari une
poupée qui ressemblait à Cesare, et
c'est lui qu'on enferme. Il devient
fou à son tour. Et la chose se ter-
mine dans un chaos général : chaos
que les auteurs ont voulu, en laissant
le public en désarroi. Qui est devenu
fou : l'auteur, le docteur ou le pu-
blic ? C'est ce qu'on ne sait plus.
Ivan Goll.
•
Ce film a été salué en Amérique
comme un échantillon d'art cubiste
ou expressionniste et c'est a ce titre
qu'il a obtenu son éclatant succès.
Maison peut y voir aussi — et j'avoue
préférer cette interprétation, que le
public français adoptera plus facile-
ment et qui est en contradiction ab-
solue avec la première — un essai
pour créer une atmosphère particu-
lière, adaptée à un sujet tout à fait
spécial.
Si l'on admet que le cadre bizarre
où se déroule l'action n'a pas une
valeur décorative générale, que sa
signification est liée à la donnée de
la pièce, il faut attendre que cette
donnée se précise, et elle ne se pré-
cise qu'à la fin, par un coup de théâ-
tre extrêmement bien amené et réussi.
(Mon article serait beaucoup plus
clair si je disais quel est ce coup de
théâtre ; mais je m'en voudrais d'en
diminuer par avance l'effet). Ceci
crée une situation délicate vis-à-vis
du publie français, qui est nerveux,
susceptible impatient et prétend tout
comprendre dés l'abord : et peut être
beaucoup de gens aimeront-ils mieux
comprendre faux tout de suite que
faire crédit pendant quarante mi-
nutes.
En tout cas, et dans quelque mesure
qu'on estime justifié le parti décora-
tif adopté par l'auteur, la réalisation
en est parfaite. Le film abonde en
images pittoresques puissantes ou
poétiques. La Kermesse, l'escalier de
la prison, le lit voilé 'de draperies
blanches où repose la jeune fille etc.
L'interprétation pose un problème
difficile, celui de l'adaptation des
êtres vivants à un parti décoratif,
(j'ai indiqué naquère comment, seul
de tous les cinéastes. Charlie Chaplin
me paraissait l'avoir résolue : la solu-
tion des miroirs déformants.proposée
par M. Marcel L'Herbier est ingé-
nieuse, mais je ne lacroispas féconde)
dans le film allemand et bien que tous
les acteurs soient bons, s'efforcent,
selon la mesure de leurs moyens, de
donner la note juste l'accord n'est
pleinement réalisé que par deux per-
sonnages : celui de Cesare, et celui
du docteur Caligari auquel Werner
Krauss donne un relief saisissant, et
tel, que la physionomie du sinistre
maniaque hante le souvenir d'une
manière presque pénible.
Lionel Landry.
•
Le docteur Caligari n'a pas seule-
ment provoqué ce film original et
une grosse impression. Il a aussi
inspiré un geste heureux à deux ma-
nagers du cinéma français. MM. De-
lac et Vandal ont en effet prêté ce
film à Cinéa amicalement et intelli-
gemment, je veux dire en confrères
exquis et aussi en commerçants com-
préhensifs qui ont bien vu qu'une
telle présentation devant l'élite mon-
daine et artistique de Paris ne peut
que servir les destinées du film dont
ils ont acquis l'exclusivité pour la
France. Je les en félicite. Je les en
remercie. Louis Delluc.
Les matinées de C i n é a
LUNDI 14 NOVEMBRE, à 2 heures 30
au Théâtre du Cotisée
38, Avenue des Champs-Elysées, 38
MATINÉE DE GALA
* * * au profit de la * * *
CROIX -ROUGE ESPAGNOLE
1 La Vie et la Mort du grand Torero EL GALLITO
La plus belle transcription cinégraphique de l'art taurin
qu'illustra tout particulièrement le jeune et brillant
matador El Gallito (Joselito) mort tragiquement il y a
quelques mois à Talavera-de-la-Reina
2° LE CABINET DU DOCTEUR CALIGARI
Le film expressionniste allemand dont l'originalité et
l'effort artistique apportent à l'ait muet une note nouvelle.
L'Amérique a fait à cette œuvre un succès prodigieux,
La France s'y intéressera et, sévère où enthousiaste,
lui réservera un accueil critique, sincère, compréhensif.
M I JU ANITA
Petite farce dramatique, interprétée (en espagnol) par
Madame JEANNE DESCLOS et Monsieur ALCOVER
4° LA DANSEUSE SIRIA
:-: :-: dans ses Danses Espagnoles :-: :-:
PRIX DES PLACES : 5, 10 et 20 Frs
La location est ouverte au COLISÉE
10
cinea
M La Musique et le Geste M
Parlons d'abord de ce qui pourrait
être. Supposons venu un âge d'or où,
sur de beaux films composés selon
une esthétique conforme aux lois
propres du développement musical,
des musiciens, sans croire qu'il s'ac-
quittent d'une corvée que seule la
faim peut excuser, écriraient des par-
titions en cherchant à les adaptera
l'action qui se déroulesur l'écran. On
a toujours le droit de rêver...
Puisqu'il s'agit d'esthétique pure,
nous pouvons proposer deux postu-
lats:
1° Au cinéma, l'image est le mode
d'expression principal, le son le mode
accessoire.
2" L'orchestre doit souligner, com-
menter, ou à l'occasion, contredire ce
que montre l'écran, mais jamais le
doubler (application de la loi géné-
rale de Y économie d'e/J'ort :
Ceci admis, nous en tirons diverses
conséquences.
Tout d'abord, le principe même du
visiophone, de l'appareil intéressant
et ingénieux qui permet de régler le
déroulement de la pellicule sur le
mouvement de lorchestre, devient
vicieux. Accessoriuin sequitur prin-
cipale. C'est la musique qui doit sui-
vre l'image : d ailleurs, elle seule a la
souplesse nécessaire ; si je ralentis
ou j'accélère un geste, j'en altère
réellement la signification ; si je mo-
difie la vitesse de la musique, je n'al-
tère qu'une donnée conventionnelle
(je vois d'ici la grimace du musicien:
que voulez vous, cher maître, au ci-
néma vous n'êtes qu'un invité de
marque ; si vous voulez être chez
vous, prendre le pas, faites des sym-
phonies).
En second lieu, l'idée même d'une
connexion étroite entre le geste et la
musique devient contestable (je n'in-
siste pas sur ce point que j-ai déve"
loppé assez longuement, en réponse
à une interview de M. Chevillard,
dans les colonnes du Film) on se
trouve amené à considérer comme
suffisante une correspondance géné-
rale entre la musique et l'action ; à
proscrire comme superfétatoire et
dangereux tout doublage, (tel que :
faire souligner par des gammes des-
cendantes la dégringolade du héros,
déchaîner la flûte quand le rossignol
ouvre le bec, ou le piano lorsque
.Madge pose les doigts sur le clavier,
dans la pratique une seconde trop
tôt ou une seconde trop tard ..) Tou-
tes ces puérilités n'ont aucune raison
d'être.
Mais la musique, au milieu de la
fête, révélera le trouble qui régne
dans un cœur, ou, quand ce cœur
troublé cherche la solitude, rappel-
lera les rumeurs joyeuses qu'il vou-
drait fuir; en un mot, elle se compor"
tera vis-à-vis de l'écran comme les
accompagnements de Schumann se
comportent vis-â-vis du chant.
Une conception aussi large facilite
les réalisations, se prête aux exigen-
ces propres de la musique, n'oblige
point le compositeur à hacher ses
développements pour suivre dans ses
détails l'action projetée sur l'écran.
Mais, réciproquement, la concep-
tion de l'accompagnement musical
ne doit-elle pas influer sur celle de
l'action lumineuse ?
En général — et pour ne parler que
de la coupe classique à laquelle tous
les novateurs se trouvent plus ou
moins vite ramenés — le développe-
ment musical comporte tout d'abord
une exposition ample des thèmes,
puis une période ou ceux-ci se cou-
pent et s'entrecroisent. Une seule ex-
ception, et qui est une sorte de jeu,
Ylstar, de Vincent d'Indy, où, sous
prétexte de suivre le dépouillement de
la déesse, la composition musicale
revient du composé au simple.
Or, beaucoup de films, et souvent
des plus beaux, évoluent selon cette
dernière formule, débutent par des
rythmes coupés, par une exposition
prosaïque, pour passer de là à des
touches plus larges, ininterrompues,
correspondant à une sorte de mou-
vement hrique. (Le Trésor d'Ame
fournirait à cet égard un excellent
exemple).
Mais tout cela, c'est 1 avenir : même
pas ; c'est le rêve. Passons à la réa-
lité.
Le français, a-t-on dit, « ne déteste
pas» la musique. Nulle part cette for-
mule ironique ne se vérifie mieux
qu'au cinéma, où Ion voit le public
avaler successivement, avec une
même indifférence sereine, La Mort
d'Yseult et Marionnett-Fox-Trot ;
remarquez également le morne acca-
blement que répand l'intermède mu-
sical — sauf s il s'agit d'un solo de
violon Certes, le rôle des chefs d'or-
chestre est ingrat.
La plupart s'y résignent. Ils ont
une carte d échantillon de vingt ou
trente morceaux, toujours les mêmes,
qu'ils découpent et placent au petit
bonheur. L'entracte de la Tosca,pour
la mort du traître 1 ouverture de Co-
riolan pourl'intervention de l'héroïne
La Princesse Jaune, et Mrs Butter (h)
lorsqu'il s'agit d'un film chinois ou
simplement oriental. Quelques ou-
vertures de Weber, de Schumann, de
Mendelsohn, et un certain nombre de
compositions innommées qu'on n'en-
tend que là, mais qu'on y entend sou-
vent.
11 est aisé de critiquer, mais les
remèdes n'apparaissent guère. La
partition composée spécialement est
une solution excellente, qui ne pourra
jamais être qu'exceptionnelle. Et ces
partitions ne feront qu'enrichir le
répertoire général des cinémas comme
il en est pour celle de la Dixième
sijmphonie ; dont certains morceaux
traînent un peu partout, au point que
lorsqu'on les entendra de nouveau à
leur véritable place ils auront l'air
d'être empruntés.
Certes les orchestres pourraient —
si les régies syndicales ne s'y oppo-
sent pas — faire un effort, élargir
leur répertoire Ils paraissent igno-
rer à peu près complètement les mu-
siciens russes, pourtant si plastiques;
l'œuvre de Schubert, celui de Schu-
mann, orchestre, musique de chambre
mélodies, leur semblent également
inconnus. Vraiment les grandes salles
pourraient faire quelque chose dans
ce sens î
Les petites salles auraient d'autres
ressources, auxquelles il est singu-
lier qu'on n'ait pas eu plus souvent
recours.
Tout d'abord l'improvisation. Ceux
qui ont assisté à la présentation de
la Fièvre se rappellent 1 accompa-
gnement chaud, rythmé, parfois ten-
dre, parfois passionné, dont M. Wie*
ver avait enveloppé ce drame. C'était
une improvisation, ou plus exacte-
clnéa
II
ment un impromptu, une improvisa-
tion préparée, quelque chose comme
la Comedia dell' arte chère aux ita-
liens d'avant Risorgimento. Le mu-
sicien, qui avait parfaitement com-
pris dans quelle mesure, large et
souple, la musique doit s'adapter à
l'action donnait là — sans peut-être
s'en rendre compte — une leçon excel-
lente et pratique d'esthétique musi-
cale.
Naguère, l'improvisation était de
règle à l'Eglise, et sauf à deux ou
trois moments des offices où le temps
n'était pas mesuré, l'organiste tenait
à honneur de conduire son accompa-
gnement musical, de rester maître
de son développement. Il devrait en
être de même au cinéma. L'accompa-
gnement ne comporterait qu'un nom-
bre restreint de morceaux propre-
ment dits, bien choisis, placés de
manière à pouvoir être joués inté-
gralement et séparés l'un de l'autre
par des improvisations d'orgue ou
de piano qui ménageraient la transi-
tion entre des œuvres de genre dif-
férent.
Ilest bienentendu que le mot«piano»
ne s'applique pas au chaudron fêlé
sur lequel — dans certains cinémas
du boulevard — un malheureux ga-
giste tape à tour de bras pour accom-
pagner le « documentaire », cepen-
dant que les musiciens s'en vont
prendre un bock.
Dans les salles nouvelles, la vue de
l'orgue, toujours silencieux, fait son-
ger à ces appartements de nouveaux
riches où les deux pianos —il en faut
deux pour la symétrie — attendent,
décoratifs et muets, que quelqu'un
sache en jouer. Quand on songe à
tout le parti qu'on peut tirer d'un
orgue — ne fût-ce, ainsi qu'on l'a fait
quelquefois à la Schola, pour rem-
placer tel ou tel instrument â vent —
on s'étonne de cet abandon.
Une solution diamétralement oppo-
sée, mais particulièrement intéres-
sante pour les petites salles, consis-
terait à confier 1 accompagnement à
un instrument mécanique (pianola
ou orgue automatique Estey, ^Eolian,
Mustel).
Avec l'instrument mécanique, dont
le répertoire est infini, la composi-
tion de l'accompagnement devient
une simple affaire de découpage de
bande. N'importe quelle petite salle
de banlieue ou de province peut rece-
voir, en même temps que le rouleau
de celluloïd, le rouleau de carton
perforé correspondant. En utilisant
simultanément le pianola et l'orgue,
on peut varier les combinaisons,
éviter les arrêts.
Nous n'avons pas à suggérer d'en-
treprises commerciales; il est sim-
plement permis d'indiquer que les
maisons nommées plus haut auraient
le plus évident intérêt à la mise sur
pied d'une organisation qui consti-
tuerait pour elles une réclame de
premier ordre. C'est peut-être dans
ce sens qu'on pourrait chercher a
la salle, consacrée au répertoire, dont
tout le monde réclame l'ouverture :
le problème de l'accompagnement
musical variant quotidiennement se-
rait ainsi résolu, et l'on pourrait
retrouver, le jour où l'on en aurait
envie, Pour sauver sa race ou Les
Proscrits, aussi aisément que Po-
lijcucte ou Andromaque à la Comé-
die ou à l'Odéon.
Et maintenant la parole est aux
directeurs et aux chefs d'orchestre
de cinémas. Il ne faut point dire que
le problème ne se pose pas. L'An-
glais, l'Allemand, l'Américain qui va
voir un film à Paris éprouve, quant
â l'accompagnement musical, la même
impression que ressent le Parisien
quand il va voir Forfaiture au grand
Cinéma de Boussac. Il paraît que le
septième art traverse une crise, qu'il
faut chercher des moyens propres
â attirer le public dans les salles ;
celui qui consisterait â faire voir et
entendre de belles choses n'est peut-
être pas à repousser d'emblée.
Lionel Landry.
M La Finance et le Cinéma M
Depuis quelques mois l'organisa
tion financière du cinéma, secouée de
spasmes violents, tremble sur ses
bases, semble à chaque instant près
de s'écrouler.
Nous voulons bien croire que ce
n'est là qu'un typhon après quoi l'air,
la terre nettoyés de beaucoupde petits
désordres par un plus formidable dé-
sordre (le feu par le feu) reprendront
leur pureté, leur éclat.
Mais le spectateur de ces grands
drames, quasi atmosphériques, peut
se demander quelles raisons ont per-
mis à la tempête de s'élever et decréer
tant de ravages.
Bien entendu, nous ne pensons pas
seulement à la situation bancaire du
cinéma français mais bien à celle de
la grande industrie internationale de
l'écran.
Les Etats-Unis qui à tous les points
de vue, ont tenu pendant longtemps
la maîtrise absolue dans l'industrie
de l'art muet, sont en proie aux plus
grands troubles commerciaux pour
leur spectacle favori.
De même l'Italie, l'Angleterre et
aussi l'Allemagne qui malgré un
commencement de mise au point sé-
rieux souffre encore des mêmes tour-
ments qui bouleversent le marché
mondial.
Que voyons-nous en Erance ?
Nous assistons périodiquement à
d'étranges secousses dans les plus
grandes maisons éditrices. Les grou-
pes financiers qui leur ont donné leur
collaboration, connaissent des sou-
cis incroyables, dont ils se compren-
nent pas eux-mêmes la raison, mais
qui commencent à les détourner d'en-
treprises où cependant l'argent doit
être l'aliment capital, confortable,
indispensable.
Quant aux groupes plus petits qui
gravitent autour de ces planètes di-
rectrices, leur situation, pour être
moins lourde n'en est pas moins dan-
gereuse. Le nombre de commanditai-
res ruinés totalement ou amplement
saigné pour le cinéma est considé-
rable
Il est bien entendu que nous n'en-
visageons pas dans ce chapitre la
malhonnêteté des personnes à qui
ces mécènes d'un jour ont fait con-
fiance pas plus que nous ne voulons
tenir compte des innombrables tares
(Ristournes, commissions, combinai-
sons, etc. .) qui ne pouvaient pas
épargner davantage le cinéma, que la
Bourse, les stocks ou les industries
de guerre.
Nous ne voulons pas non plus met-
tre en question la valeur artistique
des productions de l'écran. Nous som-
mes à une époque où une marchan-
dise vaut beaucoup plus dans l'habi-
12
cinea
leté de ses managers que par «es
qualités intrinsèques. D'ailleurs il
sciait trop commode de nous citer
immédiatement les cas particulière-
ment difficiles où se trouvent certains
entrepreneurs de beauté dans tous
les pays, comme il nous serait trop
commode, en réponse, de vous citer
les exemples d'échecs étonnants en-
courus par des productions que tous
le» bas marchands s'accordaient à
trouver les plus commerciales du
momie
Nous ne parlons aujourd'hui que
d'argent et de crise.
*
* *
Ce n'est pas que l'argent manque.
Nous voyons qu'il suffit tous les trois
mois d'un peu de diplomatie pour apai-
ser provisoirement l'inquiétude ou
la colère des groupes 'financiers d'ail-
leurs fort solides, qui soutiennent en
France, les petits et surtout les gros
fabricants de films.
Mais, si puissants que soient ces
appuis, ils ne peuvent aboutir qu'au
néant s ils ne sont pas étayés par une
administration lucide, précise et sûre
de soi.
Une des plus grandes erreurs qui
gênent ce genre d'affaires, est la naïve
imitation de l'organisation améri-
caine mal comprise.
En effet, on n'a pas tenu compte des
périodes diverses, pour ne pas dire
contradictoires, qu'à traversées lin-
dustrie américaine du film en 5 ou
<i ans.
La dernière période ne semble
pas précisément heureuse. C'est à
croire que les américains ont été,
comme nous-mêmes, victimes des ap-
parences de leur propre organisation
et qu ils se sont mis tout soudain à
en oublier le point de départ, si admi-
rablement conçu.
Du film américain plagié depuis
longtemps avec tant d'ingénuité par
certains de nos cinégraphes nous
avons toujours dit: « Qu'il est beau!
mais tachez donc de le comprendre
avant de le copier »
Et de la finance cinématographique
américaine nous ne pouvons que
dire â peu près la même chose :
« Qu'elle était belle ! mais pourquoi
ne l'avez-vous pan comprise avant
de la copier. »
On la comprend de moins en moins
et on cherche à la copier de plus en
plus.
J'entends à chaque instant des ban-
quiers éperdus , s'inquiétant des
moyens de remonter le courant tor-
rentiel qu'ils n'ont pas su endiguer,
s'épuiser en débats étonnants qui ne
tendent à moins qu'à mettre le bloc
de notre cinématographie sous la
dépendance des banquiers de New-
York. Ils continuent a dire : « L'Amé-
rique] comme certains politiciens
disent L'Allemagne, sans réfléchir
que ces pays ne sont pas des unités
comme l'est à peu près le nôtre, mais
bien des conglomérats, des coopéra-
tives d'unités. C'est évidemment ce
qui fait leur force et ce qui ne fait pas
la nôtre.
Si nous nous laissons aller a mêler
notre toute petite personnalité à ces
associations dévorantes, que voulez-
vous qu'il reste de nous ? Il vaut cent
fois mieux rester dans notre isole-
ment misérable que de vouloir pren-
dre part a un concert où il n'y a pas
de place pour nous.
Au reste, la situation américaine
est actuellement telle que les petits
collaborateurs comme nous sont ap-
pelés positivement au secours pour
cimenter de leur neuve énergie ou de
leurs modestes cadavres les superbes
fissures du grand monument tran-
satlantique.
Les Américains s'aperçoivent trop
tard qu'ils ont eut tort d'oublier leur
origine composite et de s'isoler un
jour dans cet ivresse néfaste des len-
demains de victoires.
11 est donc trop tard pour que ce
soit notre rôle d'aller faire corps avec
eux dans une offensive plus prudente
et mieux concertée qui les mènerait,
croient-ils, à une victoire définitive
à un rétablissement total, mais peut-
être aussi â une faillite coûteuse,
dont je ne vois pas la nécessité pour
nous de payer les frais.
C'est tout le contraire qui doit se
produire.
* #
*
Laissons l'Amérique cinématogra-
phique se tirer de sa crise et souhai-
tons-lui un de ces brusques sursauts
d'énergie par quoi elle a tant de fois
reconstruit l'équilibre de plusieurs
de ces colossales industries. Occu-
pons-nous, â notre tour, occupons-
nous enfin de constituer en face de
cet énorme syndicat qui fut et qui
sera peut-être encore une des plus
grandes forces financières du monde,
un syndicat européen qui pourra, si
on le veut, atteindre à la même force
et même la dépasser.
Je le répète, il ne s'agit pas ici
d'appréciations artistiques d'aucune
sorte que l'on ne s'attende pas à nous
voir citer des noms pour opposer
l'une à l'autre la cinématographie
de tel ou tel pays et celle du voisin.
Cela ne convaincrait personne et
ne ferait qu'alourdir l'intérêt éven-
tuel de ma petite suggestion. Laissons
les artistes causer entre eux, se rap-
procher, négliger quelques frontiè-
res, c'est leur intérêt, c'est un intérêt
pressant.
Ce que nous voulons dire aujour-
d'hui, c'est la nécessité, l'urgence de
trouver un mode, non seulement
d'entente, mais daccord. d'associa-
tion. Je ne peux pas comprendre que
personne, n'ait encore agi utilement
pour réunir les divers groupes de fi-
nanciers, européens qui s'intéressent
volontiers au cinéma mais qui meu-
rent d'envie de ne pas s'y intéresser,
chacun de son côté.
Ce qu'il nous faut c'est une sorte
de Mittel-Europa, des banques ciné-
graphiques. Ce n'est pas par hasard
que j'emploie cette expression alle-
mande, qui a beaucoup perdu de sa
menaçante autorité mais qui n'a rien
perdu de sons sens et qui reste, n'est-
ce pas, le mot d'ordre perpétuel dans
toutes les branches du commerce et
de l'industrie sur l'autre rive du
Rhin
Il est probable que s'ils n'étaient
pas dans la situation un peu spéciale
où ils sont encore pour quelque
temps, les Allemands auraient déjà
mis sur pied ce projet de consortium
européen cinématographique. Ils ont
d'ailleurs prouvé leur habileté à cet
égard par la vigoureuse participation
qu'ils ont prise durant la guerre dans
la constitution financière de l'indus-
trie cinématographique américaine.
Ils viennent d'esquisser un mouve
ment du même ordre dans leurs gran-
des unions germano-italiennes, dans
diverses entreprises viennoises, hon-
groises, hollandaises, danoises et
même dans quelques sérieux prépa-
ratifs dont l'étiquette officielle sera
Londres.
Mais cela ne suffitpas. Les millions
des industriels de la Ruhr ne sont pas
plus capables de bâtir à eux seuls
un édifice solide que les fortunes an-
glaises, suédoises, belges et les ban-
ques françaises si elles ne s'unissent
pas. Cette union, nous le savons bien,
est assez délicate â réaliser. Nous en
avons vu un exemple curieux. C'est
la tentative d'un nouveau lancement
du cinéma russe ébauché depuis deux
ans sur un vaste champ d'action qui
aurait compris comme points de re-
cinea
13
pères. Paris, Londres, Berlin, et que
défendait la bonne volonté de quel-
ques gros banquiers parfois russes
mais généralement internationaux.
11 est évident que cet essai n'a pas
obtenu le succès escompté. 11 était
cependant imaginé et organisé pres-
que très bien, mais il n'en comportait
pas moins cette faute iuitiale d'isoler
sur un groupe ou sur un parti l'enjeu
d'un effort que l'on voulait pousser au
maximum.
Je crois que si l'on arrive, comme
il le faut, à mettre debout cette so-
ciété financière du cinéma européen
il faut en fixer le siège social à
Paris.
Cette • proposition ne correspond
pas, comme vous pourriez le croire à
un écho de ces tendances hyper-na-
tionalistes qui tant de fois nous font
dire: Paris au-tlessus de tout!
Non, avant de dire Paris d'abord,
nous avons causé île cette question
avec des personnalités cinématogra-
phiques et financières de plusieurs
capitales ; nous sommes persuadés
que pour la plupart elles verraient
volontiers Paris représenter la puis-
sance européenne sur le marché mon-
dial du film.
Il est facile de s'en convaincre en
discutant avec ces maîtres banquiers
que les Français rencontrent souvent
sur le boulevard, car si les Français
continuent de ne pas beaucoup voya-
ger, les étrangers continuent de se
montrer aussi fréquemment à Paris
que sur leurs territoires.
Que messieurs les financiers du ci-
néma français ne laissent pas échap-
per cette occasion inespérée. Ce n'est
pas dans quelques mois, c'est dans
le plus bref délai qu'ils doivent
s'acharner à grouper leurs possibili-
tés et à les joindre à celles de leurs
pairs dis nations importantes d'Eu-
rope.
L'Angleterre, l'Allemagne, la Hol-
lande, la Suède, l'Autriche, l'Italie,
la France, en attendant la Russie,
ont tout à gagner à mettre en com-
mun leurs moyens d'action
Ainsi, elles échapperont a un état
absurde où elles se dépensent pres-
que toutes en efforts artistiques ou
techniques extraordinaires et s'épui-
sent en complications budgétaires,
d'autant plus regrettables que la
quantité de millions emportés cha-
que année dans le tourbillon cinéma-
tographique fait une assez, jolie ad"
dition.
Je suis sûr que cette coopérative
monstre satisferait à la fois aux am-
bitions des artistes, ingénieurs, créa-
teurs et aux appétits des banquiers.
Et cela ne se sera jamais vu.
Louis Delluc.
0 DERRIÈRE L'ÉCRAN 0
FRANCE »
Nous apprenons que L'Infante à
la Rose, présenté dernièrement par
la « Dal Film » avec le succès que
l'on sait, vient d'être acquis par l'An-
gleterre, et sera programmé outre-
Manche, dès janvier 1922
•
Voici la distribution de L'Aiglonne
d'Arthur Bernède, qui met en scène,
pour les cinés romans « Keppens » :
MM. Drain, du Françaias (Napo-
léon); Marnay (Fouché) ; Bras-Poggi,
Bourdel, etc.
Mmes Clairnet (1 Impératrice); Cy-
prian Gilles (Laurence); Montalet,
Keppens, etc. et Andrew F. Bru-
nelle, Jacques Ferrand.
•
Musidora est partie à Madrid pour
une série de représentations et, dit-
on, pour tourner un nouveau film.
•
Au studio du Film d'Art, Henry
Roussel continue l'exécution de Vé-
rité. Des scènes de grande figuration
ont été tournées à l'intérieur du
théâtre des Champs-Elysées.
•
Charles Dullin a commencé ses
cours d'interprétation improvisée et
de mimique à L'Atelier qu'il a fondé.
Il ne négligera pas le cinéma dans
ses leçons.
Diana Karenne, Van Daële et G. de
Gravonne seront les interprètes prin-
cipaux du nouveau film que M.Proto-
zanoff part tourner dans le midi pour
la nouvelle Société " Visions d'Art".
•
D'après un écho paru dans un jour-
nal du matin, certains ont cru com-
prendre que M. Fourel quittait défi-
nitivement la maison Pathé.
M. Fourel a simplement donné sa
démission d administrateur, mais il
conserve ses fonctions de directeur
général .
Diana Karenne, la célèbre vedette
italienne de Marie-Madeleine et de
tant dj grands films, interprétera un
rôle considérable dans le nouveau
film de M. Protozanoff.
•
ANGLETERRE J&
La proposition faite par M. R. Pugh
aux exploitants anglais d'aller étu-
dier en Amérique les conditions dans
lesquelles fonctionne le First Natio-
nal qu'il représente, n'a pas eu jus-
qu'ici le succès attendu. Le Congrès
général des exploitants affiliés amé-
ricains s'est tenu le 17 octobre. Les
exhibiteurs anglais n'en purent mais.
Ce qui n'empêche pas M. R. Pugh de
redoubler d'éloquence. Le First Na-
tional anglais dont il suggéra - et
pour cause, la sienne —la formation,
se réalisera-t-il avant que certaines
compagnies intéressées par la for-
mule — producers et loueurs — en
entreprennent un autre, à leur profit?
Les membres de la C. E. A. — la cons-
tatation n'est pas neuve — ne parais-
sent pas autrement pressés de s'en-
tendre ; et ceci n'est pas la seule
question vitale qu'il leur faudrait
résoudre .. avant que le loup ne les
mange.
M. George Tréville, dernièrement
metteur en scène pour l'Idéal, pour
le compte de laquelle il tourna AU
sorts and conditions ofnten et Mar-
ried Life vient de fonder sa propre
compagnie : Tréville Pictures Ltd.,
au capital de 50.000 liv. st. Il utilisera
les studios de la British ActorsFilm C°
à Bushey La production du nouveau
concert devant commencer en jan-
vier prochain, souhaitons dès à pré-
sent à M. G. Tréville une bonne et
heureuse année.
•
Miss Betty Balfour. que sa dernière
création dans Sqnihs (production de
14
cinea
la Welsh Pearson C ), vient de con-
sacrer comme l'une des meilleures
comédiennes anglaises de l'écran,
tourne actuellement pour la même
compagnie, le premier rôle de Maud
lùnihj. Rex Davis est son partenaire.
•
Matheson Lang, le grand interprète
dramatique des scènes londoniennes,
qu'on applaudit en France dans Car-
naval, tiendra le principal rôle dans
la prochaine production de M. Kenelm
Foss, A Romance of Los! Bagdad.
•
M. Gaston Quiribet est engagé
dans la production d'une série de
scénarios pour la Hepworth C'. Le
premier d'entre eux, Up the River
ivilli Molli/, fera les délices des gens
de goût. Je profite de l'occasion pour
signaler que G. Quiribet est l'au-
teur en partie des films Once aboard
the Lugger et Mr. Justice Raffles
qu'il produisit en collaboration avec
M. Gerald Ames. Rendons à César..
•
Le film historico-dramatique de la
Screen Plays Comment Lord Kitche-
ner fut trahi, produit par M. Percy
Nash, est actuellement achevé II
sera présenté sous peu, simultané-
ment à Londres, Paris et Bruxelles.
•
Stoll a présenté General John Re-
gan, adapté de la nouvelle de A. G.
Birmingham. 11 faut admirer et louer
l'effort valeureux de M. Harold Shaw,
qui ne craignit pas d'affronter pa-
reille entreprise, l'œuvre caustique
dont il s'inspira étant une de celles
auxquelles on eut le moins songé
pour une mise à l'écran. Cette his-
toire Henaurme d'une supercherie,
qui secoua pour quelque temps le
petit village irlandais de Ballimoy,
plaisante au possible dans le texte,
n'a pu ici nous persuader, et nous le
regrettons, car la production en elle-
même est minutieuse et impeccable
et contient maintes scènes d'une heu-
reuse venue. Madge Stuart, en ser-
vante d'auberge est amusante à
souhait. Le cinéma n'a pas encore
trouvé son Shakespeare, a-ton dit.
Quand aura-t-il son Molière?
•
Y aurait-il quelque chose de changé
dans la mentalité des amateurs de ci-
néma ? « l'Educational film » semble
devenir en faveur en Angleterre.
Nous avions le Gaumont Graphie —
le Pathé Pictorial — le Bray Picto-
graph (Goldwyn) — le British Educa-
tional Film (filiale de l'Educational
Film d'Amérique) — les Movie Chats
édités par Butcher — les Merveilles
de l'Univers éditées par Granger.
Voici deux nouveaux venus : le Ki-
neto Review édité par M. Chas l'r-
ban, un des pionners de l'industrie
cinématographique en Angleterre
déjà producteur des Movie Chats —
et le Gréville Travelm film qui sera
présenté prochainement. Ce dernier
est édité sous le titre : The White
man Grave (Le calvaire de l'homme
blanc) et promet d'être attachant. Il
sera projeté durant quinze jours à
l'Alhambra de Londres.
L Interest Film Co qui distribue le
Kineto donne aux exhibiteurs la fa-
culté de résilierleurcontrats'ilss esti-
ment non satisfais après le quatrième
film de C. Urbanproje té. Elle a pris éga-
lement une initiative intéressante en
acceptant de fournir gracieusement
un appareil spécial et un opérateur
pour toute séance particulière dans
une école.
Espérons que ce nouveau dévelop-
pement du cinéma instructif aidera à
la disparition prochaine du pro-
gramme composé de deux impor-
tantes productions qui gâte fâcheu-
sement le goût des spectateurs.
A. F. Rose.
AMÉRIQUE M
George Fitzmaurice, le metteur en
scène renommé est un artiste dans
toute l'acception du mot. Né en
France, il y fit presque toute son
éducation. Il en a d'ailleurs conservé
l'inlluence artistique et toutes ses
productions pour Paramount s'en
ressentent très agréablement
Dès son jeune âge, Fitzmaurice
voulut être artiste et il fit ses pre-
mières études dans les principales
écoles artistiques de Paris. Par la
suite, il se laissa tenter par le cinéma
et la merveilleuse occasion qu'il y
vit d'employer ses rares qualités
artistiques.
C'est dans la maison Pathé qu'il fit
ses débuts.
Son talent original et le soin qu'il
apporta aux moindres détails furent
bientôt remarqués et il gagna rapi-
dement la place qu'il occupe aujour-
d'hui dans le monde cinématogra-
phique parmi les premiers metteurs
en scène du monde.
Chez Paramount, il s'occupa
d abord exclusivement de la mise en
scène des films tournés par Elsie
Ferguson. L'heureuse union des ta-
lents de ces deux artistes donna des
résultats merveilleux et toute une
série de productions qui étaient vrai-
ment exceptionnelles se succédèrent.
C'est alors que Paramount signa
avec George Fitzmaurice un nou-
veau contrat suivant lequel il devait
diriger des films spéciaux pour Pa-
ramount sous le nom de « Produc-
tions George Fitzmaurice ».
Tous ces films ont remporté un
accueil enthousiaste auprès du public
et l'on sait maintenant qu'un film
dirigé par George Fitzmaurice est
toujours aussi somptueusement qu'ar-
tistiquement mis en scène, et que le
sujet présente toujours un puissant
intérêt psychologique et humain.
Les scénarios de ces productions
spéciales sont écrits par Ouida Ber-
gère, la femme de George Fitzmau-
rice, dont Paramount s'est réservé la
collaboration en même temps qu'il
s'attachait celle de M. Fitzmaurice.
•
George Fitzmaurice est un fervent
des sports, et de l'aviation en parti-
culier. Chaque matin, quand le
temps le permet, il quitte sa petite
maison de Long-Island pour aller
faire une randonnée dans un hydra-
vion appartenant à un de ses amis.
Il y prend d'ailleurs un tel plaisir
qu'il a récemment commandé un
avion pour son usage personnel.
D'ailleurs, le distingué metteur en
scène pense s'en servir également
pour certaines prises de vues de scé-
narios qu'il compte tourner, car les
scènes prises en avion sont souvent
d'un grand intérêt. Dans Le loup de
dentelle, on voit toute l'île de Ma-
nhattan. Cette vue a été prise à plus
de 2.000 mètres de hauteur. George
Fitzmaurice en dirigea la prise de
vues en avion où il était monté avec
un opérateur. La photographie de ce
panorama est remarquablement
claire malgré une attitude aussi
élevée.
•
Ecossais de naissance, David Po-
well fit ses débuts au théâtre, à
Londres, avec le grand artiste an-
glais Sir Herbert Tree. Ensuite, il
joua avec Ellen Tcrry et Forbes-Ro-
bertson. Mais le cinéma l'attirait et,
bientôt, cet art l'occupa exclusive-
ment.
Depuis son entrée à Paramount,
David Powell a tenu des rôles im-
portants dans les plus grands succès
cinea
15
de cette firme. Récemment, George
Fit/.maurice lui confia les premiers
rôles dans ses grandes productions,
notamment Le Loup de dentelle, rôle
puissant où il donne toute la mesure
de son talent, Le droit d'aimer et
d'autres que vous applaudirez au
cours de cette saison.
Tout récemment, David Powell a
été attaché à la compagnie de Londres,
la Fanions Players Film Company.
YA, il y a quelques semaines, il tour-
nait en France, sous la direction de
Robertson, le grand film Perpétua,
dont il a déjà été parlé dans la
presse.
•
11 y a dans le studio de Thomas
H. Ince un coin surnommé « le coin
des enfants ». C'est là que sont tour-
nés les films avec Douglas Maclean
et Doris May. La raison de ce sur-
nom est l'âge des deux artistes qui
sont très probablement les plus
jeunes étoiles du cinéma. Doris a
tout juste 18 printemps, tandis que
Doug Mac Lean la dépasse d'à peine
trois années.
Ils sont, au studio Ince, la joie de
tous, et ils semblent imprégner l'air
environnant de leur jeunesse débor-
dante et de leur saine gaieté. Tous
les employés et le personnel les
aiment cordialement et se jetteraient
dans le feu pour eux... Ils sont tou-
jours en mouvement, soit qu'ils tour-
nent une scène, soit que, pendant un
moment de repos, ils se précipitent,
dans l'auto de Doug, jusqu'au ter-
rain de golf dont ils sont tous deux
d'enragés joueurs.
Aux Etablissements
CONTIN S OU Z A
Le :{ novembre M. Continsouza
priait la presse cinématographique à
la présentation d'un nouvel appareil
de projection qui devait marquer un
progrès très sensible sur tous ceux
fabriqués jusqu'à ce jour.
M. Thévenin, directeur technique
des Etablissements en expliqua lui-
même le mécanisme, de façon si
claire que chacun pût se rendre
compte de la disposition et de la mar-
che de l'appareil.
Bien équilibré, stable, le«Mundial»
tient peu de place. Parmi tous les per-
fectionnements qu'on a apporté dans
sa fabrication il en est quelques-uns
particulièrement remarquables. Le
film est protégé de telle sorte par des
carters qu'il est à l'abri de toute dé-
térioration et de tout danger d'incen-
die.
Le « Mundial » possède un ca-
drage fixe — on en sait la supériorité
sur le cadrage mobile — et ce cadrage
n'influence pas le régime de l'obtu-
rateur. Une démonstration fut faite
de la projection sur écran blanc sans
aucun scintillement. Le « Mundial »a
aussi un dispositif breveté permet-
tant d'arrêter le film pendant un
temps illimité devant un arc de
100 ampères, sans aucun danger d'in-
flammation. Ce dispositif est telle-
ment efficace que pour l'utilisation
du « Mundial » la Préfecture de Police
a autorisé la suppression de la cuve
à eau. Ce dispositif permet également
le passage du film image par image.
Enfin l'appareil a un mode de démon-
tage et de montage extrêmement
simple. Toutes les pièces sont rigou-
reusement interchangeables.
Cette présentation ainsi que celle
d'un nouvel appareil de salon qui
sera certainement d'ici quelques mois
l'appareil en vogue obtint un très
gros succès.
M. Coissac — président de la presse
cinématographique — félicita vive-
ment M. Continsouza.
Le Tout cinéma assistait d'ailleurs
à cette séance: MM. Blanc, delà mai-
son Pathé, Le Fraper, Dureau,
Verhylle, P. de la Borie, Colette, Vel-
loni, Villemandy, Jourdan, Guilha-
mou etc.
M. Continsouza, a\ec une bon-
homie charmante conta ses débuts
qui ne manquent pas de saveur et
offrit du Champagne à tous ces mes-
sieurs qui s'en furent ravis... en at-
tendant un nouvel appareil.
André Daven.
LA FRANCE QUI UT
REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE, CRITIQUE & BIBLIOGRAPHIE
, v 9 r RÉDACTION & ADMINISTRATION : i w 9 r
Le No L Francs D ,,. . ^.,, . c ., Le N© L Francs
22, Rue d Anjou. I elephone : E.LYSEES 63-29
&
SOMMAIRE DU NUMÉRO DE NOVEMBRE 1921
ARTICLES DE MM
Ch. LAMGLOJS
Je l'Institut
P. LE BRETON
professeur Je littérature française a la Sorbonne
T. de LiOMEJV-CRJSTO
Secrétaire Je la Société
Jes Aitns Jes "Lettres "Françaises
Henri HAVJ^ETTE
professeur Je littérature italienne a la Sorbonne
Ternand DlVOJTiE Pierre Mac OT{LMJV
Louis DELLUC André BELLESSAT{T
RUBRIQUES :
Chez les Editeurs (projets pour vannée prochaine) — Les Nouveautés Littéraires
f. Le Livre Trançais à l'Etranger — Chronique des J{evues
*
^
16
cinea
■
j Les Présentations j
Faute de s'entendre.
Comme c'est traînard et comme on
comprend mal qu'une femme du
monde, même Américaine, ouvre une
pension de famille à l'insu de son
mari, malade il est vrai, mais soigné
dans le même immeuble! lia voulu
se tuer à cause d'une banqueroute
imminente et, plus tard, parla médi-
sance d'autrui, il est prêt au divorce;
mais une brave dame raccommode
le ménage. Quelques types de la pen-
sion de famille sont drôles l'espace
de quelques secondes Et l'on nous
parle de « prêter temporairement »
de l'argent ; d'une femme qui, pour
un homme « nourrissait le plus vio-
lent des amours »; d'un 'désir qui est
un problème et d'un problème à solu-
tionner; on nous dit : « Vous devez
lui aider ». En évitant les sous-titres,
on nous épargnerait ces expressions.
Un film comique précédait, qui rail-
lait la « méthode à ouvrir les petits
pois î »
•
Chasse aux phoques.
Dans l'océan glacial. Le paysage
blanc et l'homme a la recherche du
phoque placide, la tuerie du phoque
à trompe. Et nous nous rappelons
les milliers de ces animaux intelli-
gents dans L'Expédition Scott.
•
0
Pompon cireur.
Pompon, c'est le chien Brownie
d'une adresse remarquable. Il est
cette fois un entraîneur à la manière
du gosse de Charlie Chaplin : il va
salir les chaussures des passants
pour que son maître, cireur, ait de
l'ouvrage. Il a plus d'esprit que son
film.
•
Le Prince charmant.
Un quiproquo, un mariage, et dix
rôles de jeunes filles interprétés avec
une simplicité louable chez des débu-
tantes, par les lauréates du concours
de photogénie organisé par Cinê-
vnagazine.
m
Les Jeux du destin.
Il n'y a pas un film qui ne pourrait
porter ce titre (ni un roman, ni une
comédie). Une erreur, à la suite d'un
accident de chemin de fer, fait qu'un
blessé s'imagine le mari d'une voya-
geuse alors que sa femme est morte.
Lui, a commis des fautes graves, il
les rachète sous l'influence de celle
qu'il a épousé et, à la suite d'une
intrigue sans grande ingéniosité, il
obtient le pardon de son père. Une
histoire de chantage est mêlée à cette
aventure qui se termine bien Mollie
King est jolie, sympathique et ses
yeux sont doux,
•
Amour posthume.
Quand elle apprit la mort, dans un
combat contre des rebelles, de son
mari , officier aux Indes, elle com-
mença de l'aimer, mais cet amour
posthume, à la vérité, est anthume,
car le défunt n'était que prisonnier
et réapparaît, sous un déguisement,
dans l'intimité de sa veuve remariée.
Comme un trop grand nombre de
films récents, celui-ci effleure la pa-
thologie mentale, ce qui n'a pas em-
pêché Maurice Tourneur de réussir
une mise en scène, ni Elsie Ferguson
de se montrer belle sous une cheve-
lure blanche, et magnifique parce
que blanche.
Chariot ne s'en fait pas.
On a bien fait de le rééditer. Re-
voyez le pauvre garçon aux yeux
tristes devant la mission qu'il visite
après, où il va prier en sachant mal
tenir le livre d'heures et assistez
encore à son triomphe de policeman
faible devant des foules rébarbatives
et un colosse méchant.
•
Chariot coltineur.
Moins bien.
•
Les Abeilles.
En trois minutes, des chapitres de
J.-H. Eabre et de Maeterlinck : les
abeilles merveilleusement naturelles
qui surveillent, balaient, récoltent
Madame Butterfly.
Réédition d'un film qui reste joli et
touchant. Mary Pickford, par sa ma-
gistrale simplicité, émeut. Le bébé
asiatique est délicieux tant on a pris
de soin à photographier ses oppor-
tunes attitudes. Une mise en scène
de réalisme sans tache : les rues de
Nagasaki, le repas de noces selon la
coutume japonaise, le mauvais mari
à qui le consul américain refuse la
main, la mort de la pauvre petite
chose qu'est Cho-Cho-San, s'enfon-
çant dans l'eau, se sacrifiant avec
l'espoir que l'homme n'en saura ja-
mais rien.
Le Système D.
« Si j'avais ô.OOO dollars, j'en ga-
gnerais 100.000 ». Son père le prend
au mot et le fils, parti au hasard, se
lance dans des aventures. 11 y est
amené a pouvoir jouer au brigand
et à voler son père lui-même qui lui
avait dit : « Peu m'importent les
moyens, si tu parviens à tes fins. »
Charles Ray a des mines de bon gar-
çon, mais ce n'est pas suffisant pour
qu'un film tienne.
Un cœur d'enfant.
Un financier, sa femme, son petit
garçon, l'associé qui est un sale type,
un domestique placé par l'associé
chez l'autre afin de l'éprouver. Le
financier part pour ses mines de dia-
mant avec le méchant domestique.
Il rencontre en route son frère qui
avait disparu après des histoires et
le décide à revenir avec lui, à « re-
tourner », dit l'écran. Sur le bateau,
complot contre le financier que l'on
sait avoir caché sur lui un diamant
nonpareil. Le bateau saute, tout est
couleur lie de vin. Les deux frères se
ressemblent , c'est le même acteur
qui joue les deux rédes. L associé
présente le frère comme étant l'autre
qui soi-disant a perdu la mémoire,
mais le vrai revient et tout s'arrange.
Je crois que c'est ça, a peu près...
•
La Sierra Nevada
Un dogue vit solitaire dans cette
belle contrée, il se promène, court,
ralentit, s'arrête, cherche, regarde,
ses oreilles bougent, il se roule dans
dans la neige, repart et, un jour,
rencontre un griffon blanc, ils s'exa-
minent ; les belles têtes T les bons
yeux T Bientôt amis, ils jouent, se
lèchent le visage, quêtent du nou-
veau, grimpent sur les rochers,
contemplent, des hauteurs, la plaine,
parcourent de vertes vallées, toujours
ensemble, boivent aux sources co-
pieuses, vont aux merveilleuses cas-
cades et près de celle qui tombe per-
pendiculaire, marchent dans l'eau,
puis vient mauvaise saison, ils exa-
minent sur un roc les alentours,
s'abreuvent et retournent à la mon-
tagne. Assis devant la neige, ils
s'embrassent, on dirait qu'ils dansent.
Las, ils se couchent, le petit entre les
pattes du grand, et, la nuit, l'un
veille, tandis que l'autre dort... Un
beau film.
Lucien Wahl.
cinea
Les Pages
de ma Vie
par
Fedcr Chaliapine
C'était une douloureuse rencon-
tre. Mais c'est le sort d'un artiste
chanteur. Il est le jouet du public,
pas plus. Une fois la voix perdue —
fini .. l'homme n'existe plus, il est
oublié, délaissé par tous ses amis
comme un petit soldat en bois qui a
cessé de plaire à l'enfant. Et pour
éviterceshumiliationsinjustes il faut
travailler de toutes ses forces, lors-
qu'on en est encore capable, s'y donner
tout entier, sans restrictions.
J achevai mes études à l'âge de
treize ans et, ce qui étonna extrême-
ment mes parents, avec un diplôme
d honneur. A dire franchement c'était
le résultat d'une petite supercherie.
A l'examen on proposa à chacun des
candidats de composer un petit récit
dont le sujet serait pris dans leur vie
personnelle. J'étais persuadé qu'il me
serait tout à fait impossible de rédi-
ger une histoire dans ce genre et je
me décidai d'en emprunter une dans
un livre quelconque. Je ne me rap-
pelle plus ou je sus dénicher l'aven-
ture d'un petit garçon qui était parti
avec son grand père à la recherche
du combustible et qui ayant rencon-
tré en route un serpent le tua coura-
geusement. J'en fis un récit vraiment
pathétique en citant mot par mot la
conversation du vieux avec son pe-
tit-fils ainsi que tous les détails de
l'ambiance etc..
En présentant mon travail au pro-
fesseur je tremblais de peur car j'étais
sûr et certain que ma fraude serait
découverte immédiatement. Rien de
semblable. Je fus reçu et un des pre-
miers. Vraiment la science était tou-
jours gentille pour moi ï En dehors
de cette composition si réussie je
conquis les sympathies du jury en
leur récitant le poème de Lermontow-
Borodino d'après toutes les régies et
usages de la vieille école déclama-
toire en rugissant et faisant des ges-
tes éloquents. Le jury trouva cela
très bien, mais mes camarades se
moquaient de moi après, quoique je
crus apercevoir qu'ils écoutaient ma
déclamation avec beaucoup d'intérêt.
Mon père me dit après les examens :
— Eh bien T maintenant que tu as
terminé tes études, il faut te mettre
au travail. Tu ne penses qu'au théâ-
tre et aux romans... Il faut en finir
avec cela.
Et le lendemain lorsqu'il était de
nouveau saoul il m'attirait près de
lui et en me tapant plusieurs fois sur
la tête avec son index il me répéta
lentement.
— C'est un dwornik que je ferai de
toi. Entends-tu : un dwornik î Rien
de plus !...
Un jour il m'annonça :
— Je t'ai fait entrer au Mont-de-
piété ÎAu début tu ne toucheras rien...
On verra après.
Donc me voilà derrière un guichet
du Mont-de-piété. De neuf [à quatre,
des gens maussades apportent des
bagues, des fourrures, des montres ;
l'emplojé établit un prix ; on entend
des jurons, des larmes, quelqu'un
supplie d'augmenter un peu la somme
en invoquant la maladie des parents,
la mort d'un enfant... et moi j'écris
les quittances en songeant tout le
temps au théâtre. Dans mes oreilles
bourdonnent sans cesse les jolies
mélodies de « Faust... » Siebel, Mar-
guerite. . .
Après avoir travaillé deux mois
sans aucune rétribution on me dési-
gna comme appointements huit rou-
bles par mois. Je détestais mon em-
ploi mais j'étais fier de pou voir gagner
de l'argent et venir ainsi en aide à
ma mère.
Durant la saison d'été il y avait
une troupe d'opérette dans le jardin
public. Naturellement, j'étais parmi
les spectateurs les plus assidus. Les
comédiens m'inspiraient la plus vive
curiosité. Mais je ne sais pourquoi
j'avais peur de les approcher et je me
contentais de les observer de loin en
me cachant dans des coins obscurs,
parmi les arbres. Je les regardais et
je me disais :
- Quels gens extraordinaires ! Il y
a un moment c'étaient des dieux, des
grands capitaines, et maintenant les
voici vêtus comme tout le monde
devant leurs bocks I
Tous ces Achilles, calchas, barons,
tziganes et gouverneurs de provinces
me paraissaient également gais et
de bonne humeur toujours, en scène
ainsi que dans leur vie privée. On
n entendait tout le temps que des
rires et des plaisanteries. Quelle
vie amusante et facile devait être la
leur T Et moi qui était cloué à mon
guichet de mont -de -piété d'où on
n'entend qu'imprécations, jurons,
sanglots, malédictions D'ailleurs, au
Faubourg des Draperies, c'était abso-
lument la même. Je quittai bientôt le
Mont-de-piété. Je ne me rappelle pas
exactement pour quelle raison mais
sûrement cet événement avait un
rapport étroit avec ma passion pour
le théâtre.
(A suivre) L. Valter, trad.
-c«é-
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Cinéa est le magazine
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MAE MURRAY
La jolie petite danseuse des " Ziegfeld Follies de New-York" est devenue une comédienne variée et délicate, parfois émouvante.
Nous l'avions admirée dans Un Délicieux Petit Diable. Elle est charmante dans Liliane. Elle sera touchante et toujours exquise
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a publié les biographies de Van Daële, Modot, Signoret, Emmy
Lynn, J. Catelain, France Dhélia. André Nox, Huguttte Duflos,
Marcel Vallée, Charles Dullin, Musidora, René Cresté, Marcel
Lévesque, Gaby Morlay, René Navarre, S. de Napierkowska,
Andrée Brabant, A. -F. Biunelle, Romuald Joubé, Jean Dax,
Eve Francis, Gaston Jacquet, G. de Gravtrme, J. Grétillat,
Geneviève Félix, Pieire Magnier, Jean Toulout, Léon Mathot,
Séverin-Mais, Maë Murray, Marise Dauvray, E. de Max,
Henri Rollan, Lili Samuel, Marie-Louise Iribe, Louise Colliney,
Vermoyal, Ma»y Harald, André Roanne, Suzanne Talba,
Henri Debain, Biscot, Giiia Relly, S. de Pedrelli, Suzie Prim,
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Antoine, J. de Baroncelli, RaymondBernard, H. Diamant-Berger,
Germaine Dulac, G. du Fresnay, Abel Gance, René Hervil,
Henry Krauss, René Le Somptier, Marcel L'Herbier, Louis
Mercanton, Louis Nalpas, Léon Poirier, Henry Roussell, E. - E.
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fiquement portraicturé. si heureusement
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Fièvre et de La Fête espagnoli. Louis Delluc
présente dans sa biographie de Chariot un
Chariot tel qu'il est. tel qu'il s'est vu et tel
qu'il se raconte.
L'historien suit son modèle du commen-
cement de sa carrière à l'apogée qu'il vient
d'atteindre avec The Kid. à moins que ce
génie, toujours meilleur, toujours plus
haut, ne nous réserve des surprises.
De film en film, derrière Chariot, Louis
Delluc nous guide en critique, en admira-
teur, en remarquable journaliste, je ne crois
pas qu'on ait avec plus de compétence et
avec plus de bonheur parlé de la célèbre
vedette de l'écran universel.
[. L. C. (Connrdiii)
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du monde cinématographique
cinea
j REPONSES I
j A QUELQUES LETTRES I
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Bouillani Achille — i" Voulez-vous
ni 'indiquer les noms de ces artistes?
2° J'ignore son âge et son lieu de nais-
sance : « Films Jupiter», io, rue Rocham-
beau.
René Henry. — 53, rue de la Villette. Il
est en ce moment à Paris. Munissez-vous
de vos photos, c'est plus sur.
|ane. — Elle est mariée. Son adresse :
Studios Gaumont, 5!$, rue de la Villette.
Sportsman. — Donald Grisp n'est pas
un acteur. Il est mieux. Il l'ait de la mise-
en scène, ['ignore son âge.
El Khi.icakio. — Raquel Meller a déjà
tourne un film en Argentine pour la firme
« Cairo ». fe ne sais quand nous verrons
ce film et si même nous le verrons jamais.
Trois Mousquetaires. — Aimé Simon-
Girard n'avait encore, je crois, jamais
tourné. Ecrivez « Studios Pathé », rue du
Bois. Vincennes.
j ignore.
Liliane. — Nous aurons cet hiver l'oc-
casion de voir Mae Murray dans divers
films.
La Paramount. 63, avenue des Champs-
Elysées.
Mae Murray est mariée à R. Léonard
qui est aussi son metteur en scène.
Ginette B. — Creighton Haie d'abord,
Charles Rav ensuite, puis Wallace Reid et
Frank Mayo. Thomas Meighan dans la
CI II' du Silence.
Dans quinze jours sans doute.
Remember. — Il a vingt-six ans. Céliba-
taire, ce qui ne prouve évidemment rien.
Essayez si vous voulez.
Charité. — Oui. c'était Robert Haron.
il s'est tué en manipulant un browning.
Sans doute. La dernière production de
GritTith : Way down East. qu'on va présen-
ter à Londres seulement.
Mauricio M. — On a tourné de Blasco
Ibanez. Les quatre cavaliers de l'Apocalypse.
Je crois aussi qu'on réalise en Argentine
Saiigue y Arenas.
Lily. — C'était en effet le Lily 0/ Life
de la reine de Roumanie.
C'était bien elle, parfaitement. Un jour
peut être
Vienne. — Cette artiste est très inégale
à mon sens, ce qui n'empêche qu'on la
puisse comparer aux plus grandes ac-
trices.
D'origine russe. Elle professa la sculp-
ture. Mariée à M. Bryant qui est son met-
teur en scène. Elle ne répond pas.
Lecteur du Cinéma. — Ce journaliste se
plaint de l'amateurisme, quel fou! L'his-
toire de la paille et de la poutre.
Çinéa Reader. — Napierkowska a paru
dans Vénus Viclrix, Dans l'ouragan de
la vit', La douloureuse comédie. I. Atlan-
tide, etc.
Aventure. — Moi je lui trouve l'air
d'une carte postale, niais vous pouvez ne
pas être de mon avis : vous me l'avez
demandé.
Hei.i.oChari.ik! — Il a reçu très peu de
personnes. Mais il a vu Cécile Sorel.
Vous m'en demande/ trop.
L'Appei du sang; Ivor Novello est
actuellement en Angleterre. Oui. Non
musicien.
Admirateur. — Voyez réponse a El
Relicario. Notre idée n'est pas réalisable.
Mais je ne suis pas chansonnier.
Cinéas 11-. — Vovez donc le Shadowland,
leClassic. le Motion Pictures. The Thea-
ter. et même le Vanity-Fair.
Le Peintre. — Quand vous aurez vu le
Docteur Caligari vous serez satisfait. )e
suis ravi de lire votre lettre.
Bravo! j'aime les films du Far-West,
mais j'avoue préférer Les Proscrits ou Le
Trésor d'Ame.
C. R. — Nous n'avons pas donné toutes
les biographies d'interprètes français.
parce que nous n'avions pas assez de
place et aussi parce que quelques-uns
d'entre eux ne nous ont pas encore donné
les renseignements complémentaires. In
tout prochain numéro vous donnera la
suite.
André S. — Par exemple : Le Régent,
rue de Passy, essaie de donner tout ce qui
est intéressant comme films. Suivez ses
programmes.
Josette Allard. — 1" M. Raucourt
était Maurice Hébert dans La Cigarette.
2" C'est un film Belge que je n'ai jamais
vu et je ne puis vous répondre encore.
Robert Thomas. — 1" Nous ferons sans
doute un numéro spécial sur Chaplin.
2" Tout a fait de votre avis sur la façon
honteuse dont sont traités ses films. Mais
si tous les spectateurs comme vous pro-
testaient auprès des directeurs cela ne se
passerait sans doute pas ainsi.
y Nous arriverons à les publier tous.
4" Ils aiment sans doute mieux le sucre
d'orge.
i2bis Avenue de l'Opéra. — J'ai égaré
votre lettre et vous prie de vouloir bien
m écrire de nouveau.
Zorro. — rCreighton-Haleestnéen 1892
à Cork, (Irlande). Ses débuts en 1914 :
The Tairit. Ensuite il tourne successive-
ment : Les exploits d'Elaine et Les Mystères
de New-York ; puis Le Masque aux dents
blanches : The old Homestead, The seven
pearls, Désillusion, Oh box .' avec June
Caprice, Miss Milliard. The Love Cheat et
The Idol daucer.
2" Je vous donnerai l'adresse dans le
prochain numéro.
l'Œil-de-Chat.
âModsVû
Marcel Levesque
dans ... "La Sultane d'Amour"
£ Jaque Catelain
dans . . "L'Homme du Large"
£ S £ Musidora
dans
"Pour don Carlos"
f Henry Krauss
dans
'Les Trois Masques"
£ £ £ S Mathot
lans
"Papillons"
£ Mary Harald
dans "Tih-Minh"
£ Marcel Vallée
lans
'LeT
onnerre
£ Pierre Magnier
dans "Le Retour aux Champs"
•£ •£ Lili Samuel
dans "Villa Destin"
S £ Van Daële
lans
"Narayana"
•# Yvonne Aurel
dans "Fièvre"
£ Séverin=Mars
lans
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J accuse"
Stacia de Napierkowska
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.."L'Atlantide"
S S £ £ Decœur
dans"La Fauted'Odette Maréchal"
•# Gaby Morlay
dans "Un Ours"
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réfugié suspect. — Le voleur. — La charrette fantôme.
Théâtre des Etats-Unis, 56 his, avenue Mala-
kofl'. — L'Orpheline, '■>■ épisode. — Un terrible poltron
La Femme X... — Les aventures de Sherlock Holmes,
premier conte.
17* Arrondissement
Lutetia-Wagram, avenue Wagram. — Les trois
mousquetaires, g- épisode. — L'Eve éternelle. — Le
chasseur chasse.
Royal Wagram, avenue Wagram. — Dix minutes
au Music-Hall. — Petite Princesse. - Le Porion —
L'Orpheline, g- épisode
Ternes-Cinéma, >.avei de» Ternes. Wagram
02-tn. Vues du Vieux Prague, premier voyage.
humée d'opium. I. enfant terrible. — L'Orpheline.
i. épisode.
Villiers Cinéma, 21, me Legendre. — Les chiens
du Mont Saint-Michel. l'.ellv esl revenue. - l.'Orplie
line. 5' épisode. — Peggj l'enfant teiriblc. — Sa nuit
de noces.
Cinéma Demours, 7. rue Demours. - Les
Géants de Norvège. Le sepl de trèfle, 1"' épisode.
ZiogtO maître d'hôtel. Le Porion.
Cinéma Legendre, 128, rue Legendre. Le
pendu dépendu. L'Orpheline, a' épisode. — Le sepl
de irèlle, lie épisode. La douloureuse comédie.
18' Arrondissement
Théâtre Montmartre, Cinéma Music-Hall,
place Danrourt et oie d'Orsel, 4li. .Nord 19-24. —
Me.i Culpa. Chariot patine. L'Orpheline, G' épisode.
Le Select, h, avenue de Clichy. L'Eve éternelle.
— Le chasseur chasse. — Le Porion. — L'Orph Tine.
le épisode.
Palais Rochechouart, >6, huulevard Loche,
chuiiart. La puissance du hasard. — Les trois mous-
quetaires, G' épisode. l'élite Princesse.
Marcadet-Cinéma-Palace, MO, rue Marcadel
(angle rue du Mont-Cenis). Marcadel 20-81. -
Petite Princesse. — L'orpheline, g- épisode. — Les trois
mousquetaires, 6- épisode.
Barbés-Palace, 3t, boulevard Barbes. .Nord 35-68.
— Le Porion. — L'Orpheline, <;• épisode. — Les trois
mousquetaires, t- épisode. — En bordée.
19 Arrondissement
Secrétan, 7 avenue Secrétan. — Les trois mous
quetaires, G" épisode. - Petite Princesse. — Chalumeau
serturier par amour.
Le Capitule, place de la Chapelle. — L'Orpheline,
G- épisode. — Les trois mousquetaires. G- épisode. — Le
Poiion.
Belleville-Palace, 130, boulevard de Belleville.—
Les caprices de la fortune. — L'Orpheline. 6- épisode —
Les trois mousquetaires, 6- épisode.
Féerique-Cinéma, 146, rue de Belleville. —
Les trois mousquetaires, G- épisode. — L'Orpheline.
i.- épisode. — La femme X...
20' Arrondissement
Paradis Aubert Palace. 42. me de Belleville.
— La Corse pittoresque. — La puissance du hasard. —
Peggy l'enfant terrible. - Les trois mousquetaires,
.>• épisode.
Banlieue
Clichy. — Les Mois mousquetaires. G' épisode -
Petite princesse. — Chalumeau serrurier par amour.
Olympia Cinéma de Clichy. - Le chasseur
chasse. — Le Porion. L'Orpheline, g- épisode. — Les
caprices de la fortune.
Levallois. — Medor chien sauveteur. — Les trois
mousquetaires, 4- épisode. — Bonheur en péril. —
Liliane.
Vanves. — Les trois mousquetaires, 5- épisode.
Miss Rovel. - J'ai perdu mon biquet-
Fagnolet. Les trois mousquetaires, 6' épisode.
Petite Princesse. — Chalumeau serrurier par amour.
Montrouge. — Cascade prés de Kien. — Le sepl
de trèlle, lo' épisode. La douloureuse comédie. — La
femme X ..
clnéa
LA MUSIQUE OU LE BRUIT
££ Deux Inventions ££
Un jeune ingénieur parisien de
vingt-cinq ans, M. Charles Delacom-
tnune, vient de mettre au point de
curieux appareils de synchronisme
qui semblent ouvrir au cinéma, au
double point de vue artistique et édu-
catif, des horizons inespérés.
Jusqu'à présent, la musique n'a
guère servi, dans nos salles de ciné-
ma, qu'à pallier le silence obsédant
au milieu duquel gens et choses se
meuvent. « Ce n'est, dit justement
M. Delacommune, que de la musique
anesthésique. » Nul lien entre l'action
du film et l'action musicale. La ré-
cente enquête delà revue La Renais-
sance sur l'avenir du cinéma français
a montré que nos meilleurs cinégra-
phistes étaient unanimes à réclamer
une musique spécialement écrite pour
accompagner les films vrai ment artis-
tiques Malheureusement, composer
cette musique ne saurait suffire. En-
core faut-il que l'exécution en soit,
chaque fois, intimement liée à la suc-
cession si heurtée et si rapide des
images.
Pour obtenir cet le coïncidence entre
la cadence de la musique et des ima-
ges fugitives, M. Delacommune a
pensé à faire dérouler ligne par ligne,
sous les yeux du chef d'oschestre, la
partition d'accompagnement impri-
mée sur une longue bande de papier.
Cette avancée est commandée auto-
matiquement par le déroulement
même du film. Un repère lumineux
indique à chaque instant les mesures
de musique qui correspondent exac-
tement aux images projetées. De plus,
deux lampes de couleur, «'allumant
tour à tour, marquent la cadence mé-
tronimique indispensable dans le cas
de danses, défilés, etc.. Si cette ca-
dence est trop rapide ou trop lente,
un simple rhéostat, placé sous la
main du chef d'oschestre, lui permet
de ramener le rythme de projection
au rythme normal de l'exécution.
Cet appareil, qui s'appelle le ciné-
pupitre, ne permettra pas seulement
à la musique cinématographique de
préciser et d'épanouir sa formule.il
aura aussi sa place marquée dans
tous les milieux où l'on considère le
cinéma comme un précieux moyen
d'enseignement et de vulgarisation.
La bande-musique dont nous venons
de parler sera alors remplacée par une
bande-texte. Si devant le pupitre un
lecteur-conférencier prend place, on se
rend compte qu'il lui sera aisé de gui-
der sa lecture sur l'avancée de la ban-
de, donc sur le déroulement du film.
Nous reprochions tout à l'heure au
cinéma d'être un témoin muet, et,
certes, combien les légendes sont in-
suffisantes à commenter des films
scientifiques ou documentaires. Doré-
navant, le professeur, le conférencier,
le publicisteou même le représentant
de commerce pourront, sans docu-
mentation ou préparation spéciale,
souligner l'apparition des images du
mot juste qui viendra leur donner
une pleine valeur.
M. Delacommune vient également
de présenter, au cours d'une série de
démonstrations privées, un deuxième
appareil de synchronisme. Le cinc-
bruisseur permet de reproduire au-
tomatiquement, en parfaite corres-
pondance avec le film, tous les bruits
essentiels auxquels nos oreilles sont
habituées: vent, pluie, vagues, ton-
nerre, avions, autos, etc ..
11 est certain que la musique ciné-
matique, qui doit prendre sa couleur
— et son sens — dans la vie même de
l'écran, pourrait fort bien avoir re-
cours à ces sonorités dont nous berce
la nature, cette maîtresse incontestée
de tous les arts et de tous les artistes.
Ces bruits, liés intimement à l'action
filmée et harmonisés dans l'ensemble
des mouvements musicaux, seraient
en somme le lien vivant, intime, entre
le rythme des images et, le rythme
de l'orchestre, — ce qui n'empêchera
pas celui-ci, l'instant suivant, de se
dégager de ces attaches terrestres
pour nous emporter dans les sphères
lumineuses du rêve.
Voilà un ensemble d'innovations
qui se complètent heureusement, -
et auxquelles personne ne saurait res-
ter indifférent. Souhaitons seulement,
que ces inventions françaises, après
bien d'autres, et qui ouvrent un si
beau champ d'activité à nos ciné-
graphistes, à nos musiciens et à nos
pédagogues ne fassent pas le tour du
monde avant que nous acceptions de
leur conférer droit de cité. — A. S.
âVez Vous Vï
£ £ £ Signoret
lans ..
"Le Silence"
£ Emmy Lynn
dans "Mater Dolorosa"
f A.=F. Brunelle
lans
'Chignole
£ S Eve Francis
dans "El Dorado"
£ Jean Toulout
dans ... "La Xme Symphonie"
£ £ £ £ Modot
dans "Mathias Sandorf"
Yvette Andreyor
lans. .
. "Mathias Sandorf"
Jacques Grétillat
lans
'Déch
eance
Marcelle Pradot
dans "Le Carnaval des Vérités"
£ S Desjardins
lans
ht'
J accuse
£ £ Roger Karl
dans ... "L'Homme du Large"
Gaston Jacquet
dans ... "Le Chemin d'Ernoa"
S S Mag Murray
dans "Papillons"
£ S Harry Baur
dans ... "L'Ame du Bronze"
Suzanne Després
dans "Le Carnaval des Vérités"
cinéa
4 LES FILMS
D'AUJOURD'HUI
Le Gosse.
En écrivant, au sortir de la présen-
tation, l'étude sur Le Gosse, qui a
paru dans Cinéa du 4 novembre,
j'avais surtout cherché à mettre à sa
place exactel'art de Charlie Chaplin,
ainsi qu'à marquer la filiation du
personnage multiple et charmant
dont il a fait son héros. Du film
j'avais dit peu de chose : il parle de
lui-même ; aucune des intentions de
l'auteur ne manque son effet, aucun
des détails ne dépasse la mesure ou
ne porte à faux. Peut-être le public
français, qui n'aime pas les mets
complexes, qui reste classique, croit
à la distinction des genres, ne saisit-
il pas tout ce que l'œuvre comporte
d'émotion délicate et contenue : des
gens rient au moment où Chariot
s'assied, morne, sur le seuil de la
maison vide.
Très heureusement l'éditeur du film
a supprimé les plaisanteries posti-
ches qui refroidissaient l'action et
rétabli les passages que d'étranges
scrupules de goût avaient fait sup-
primer. L'œuvre a ainsi retrouvé son
équilibre et nous avons pu voir la
délicieuse scène du flirt paradisiaque,
où la jeune Lillian Parker qui joue
le rôle du « Vampire Céleste » s'est
classée du premier coup.
•
Le Coffret de Jade.
L'Orient — y compris le Naghreb,
dont le nom signifie l'Occident — en-
globe beaucoup de données diverses,
éparses, contradictoires. Que mettre
en un conte oriental? Des images
plastiques, sensuelles, voire eroti-
ques, telles qu'en peignent les minia-
turistes persans ? Des récits d'un co-
mique un peu cruel, analogues à ceux
qui, sur l'aile des fables, se sont ré-
pandus à travers le monde ? Des
visions féeriques, magiques, irréelles,
des djinns et des Péris ? M.Léon Poi-
rier a bien vu tout cela, il n'a pas eu
le courage de choisir. Son film, plein
de choses charmantes, amusantes,
poétiques, a plu aux lettrés qui lui
ont su gré de cette hésitation, de ce
dessin point trop appuyé, mais trou-
blera peut être le public, qu'il est si
facile d'entraîner, à condition de sa-
voir ce que l'on veut de lui, et de le
lui faire savoir. L. L.
« Chariot et te Comte ».
Un des plus populaires
succès de Charlie Chaplin.
CHARLES CHAPLIN
(Le Vagabond)
Le Vagabond (CHARLES CHAPLIN) et le
Gosse (JACKIE COOGAN) épient le poli-
ceman (TOM WILSON) avant de casser
fructueusement les vitres du quartier.
CHARLES CHAPLIN et JACKIE COOGAN dans Le Gosse
LE GOSSE
(THE KID)
a été acclamé par
£ les Parisiens £
8
Sous toutes réserves
Petit drame l'autre jour à la Mutua-
lité, où l'employé de M. P., un de nos
plus sympathiques directeurs de ci-
némas, accouru pour annoncer à son
patron que Mme 1'. ressentait les
premières douleurs de l'accouche-
ment, le cherchait en vain dans le
vestibule du haut, dans le vestibule
du bas, au bar, dans les escaliers, et
jusque dans les cabines de projection.
En désespoir de cause, quelqu'un
eut l'idée d'aller voir dans la salle,
d'où M. P., au troisième appel de son
nom, émergea un peu coufus. Il ex-
pliqua le lendemain à ses collègues
que, depuis longtemps.ee grand trou
noir, d'où sortaient des boulï'ées de
musique, parfois des rires et des ap-
plaudissements, l'intriguait ; qu'il
éprouvait une envie inavouée d'aller
voir ce qui s'y passait, mais qu'il
n'avait osé y céder par peur du ridi-
cule. Toutefois ce jour là, poursuivi
par M. R. ,1e jeune premier bienconnu,
et menacé d'entendre pour la n' fois
des détails sur l'exécution d'un célè-
bre film à épisodes, il avait cherché
un refuge dans la salle où d'ailleurs
ce qu'il avait vu l'avait fort inté-
ressé.
Nos lecteurs se rappellent peut-être
lesdéclarationsrécentes et sensation-
nelles au cours desquelles un de nos
confrères, placé à la tête d'une nou-
velle société d'édition cinématogra-
phique, a exposé le programme de
l'entreprise. Celle-ci , disait-il, ne
cherchait pas à faire réaliser de bé-
néfices à ses actionnaires ; tout au
contraire elle s'apprêtait à passer des
contrats onéreux avec d'autres so-
ciétés déjà existantes, dont le groupe
fondateur détenait toutes les actions,
et qui se trouvaient ainsi assurées
d'un profit certain. La confection de
films n'était envisagée que comme
un pis aller, l'entreprise tendant plu-
tôt à acquérir des bandes à prix ré-
duit, dans les faillites ou liquida-
tions. Au cas cependant où l'on
devrait se résigner à produire des
œuvres « originales » l'employé
chargé de traduire les sous-titres et
de retourner les enveloppes avait été
invité, entre temps, à « retourner »
également quelques scénarios con-
nus d'après les méthodes usuelles
(interversion de sexes, changements
d'époque ou de pays, etc.) Quant à
l'interprétation elle serait aisément
assurée par le seul concours des maî-
tresses de MM. les administrateurs et
des gigolos de ces dames.
Ces déclarations ont produit un
émoi compréhensible et d'aucuns les
ont, ajuste titre, taxées de cynisme.
Evidemment un galant homme peut
se trouver amené, une fois entré dans
les affaires, à adopter les solutions
généralement admises : mais c'est
tout autre chose de les ériger dès
l'abord en programme.
•
Chacun sait que les directeurs de
cinéma ont décidé naguère de ne plus
afficher les titres des films qu'ils font
passer. On avait remarqué, en effet,
que certains établissements s'effor-
çaient d attirer la clientèle en annon-
çant des œuvres intéressantes, et il
importait de mettre fin à cette con-
currence, sinon déloyale, tout au
moins indélicate.
On a constaté récemment que les
mêmes établissements essayaient de
tourner la prohibition en publiant
leur programme d avance.dans Cinéa
par exemple. Des mesures sont pri-
ses pour empêcher qu'ils puissent
ainsi se soustraire à l'exécution d'une
décision syndicale.
Certains directeurs sont même allés
plus loin et ont demandé, lors d'une
récente réunion, qu'on fit défense
expresse d'afficher les noms des films
à l'entrée des salles, voire même de
distribuer des programmes ou de
mentionner les titres sur l'écran. A
l'appui de cette thèse, l'un d'eux s'est
vanté de réunir chaque soir dans sa
salle quinze cents personnes (enfants
et chiens non compris), dont pas une
ne savait ce qu'étaient les films ni
de qui ils étaient, ni ne prêtait d'ail-
leurs à ce détail la moindre impor-
tance Il a conclu que c'était là le
public qu'il fallait rechercher, et non
point ces gens capricieux qui vien-
nent ou ne viennent pas selon que le
programme leur plaît ou non.
•
Désireux de voir, enfin, par lui-
même comment étaient ces films dont
il rendait toujours compte d'après
les analyses communiquées par les
maisons d'édition, un de nos confrè-
res s'est rendu l'autre matin, en
personne, à Max Linder, et a rédigé
une appréciation d'après ses propres
lumières.
cinéa
Etait-ce manque d'expérience?
Obscurité du scénario ? Toujours est-
il qu'il a vu dans le film tout autre
chose que ce que l'auteur avait pré-
tendu y mettre. Celui-ci est furieux,
et notre confrère a été obligé de dé-
clarer — il pouvait difficilement
avouer le contraire — que s'il avait
inexactement apprécié le film c'est
parce que, ce jour-là, il n'était juste-
ment pas allé à la présentation.
Et l'on prétend que la critique est
aisée I
FONDU-ENCHAINÉ.
La terreur
au Cinéma
Presque toute la gamme des senti-
ments , même avec ses demi-tons ,
peut être parcourue au cinéma. Des
films nous ont égayé, fait sourire,
rire, nous ont ému à divers degrés,
nous ont fait pleurer par de la beauté,
de la tristesse, ont pu nous faire vi-
brer d'un enthousiasme passager, ils
ont pu nous faire un instant souffrir
avec des gens et des choses, ils nous
ont ennuyé, voire endormi, ils ont
mis en nous de l'anxiété et même de
1 angoisse, aucun d'eux ne nous a
fait encore peur... et l'on est en droit
d'en chercher la raison.
La pièce terrifiante, la pièce dite
Grand-Guignol, est-elle possible au
cinéma l Evidemment, comme les
autres, mais, même bien réalisée,
peut-elle semer l'effroi comme au
théâtre? Sans doute, mais on n'en
sait pas encore d'exemple.
Un film qui s'appelle la Double
Epouvante, montre des hommes qui
s'efforcent de rendre folle une femme,
tandis qu'un prétendu suicide se
mêle à une action dure ; il ne nous
a pas fait peur. Il y a du mystère
dans Ames Siciliennes, et M. Jean-
Joseph Renaud est d'une habileté
non pareille dans l'art du conte à
hantises; nous n'avons pas eu peur.
Les chambres hantées de l'écran ne
nous font pas trembler et l'on n'a
pas encore cité ou mentionné une
femme aux nerfs fragiles qui , au
cinéma, se soit évanouie ou ait trou-
blé le silence par un claquement de
dents révélateur. La /.'?e chaise, le
Drame des Eaux-Mortes ne nous ont
pas fait peur. Y manquait-il l'élé-
ment principal et nécessaire?
Toutefois, voici la troisième partie
cinea
d'une trilogie cinématographique qui
s'appelle les Nuits de New-York, on
a présenté ce film il y a quelques
jours, le public le verra donc bientôt.
Ehl bien, tout là-dedans, concourt à
l'effroi, et le mieux est qu'on n'a pas
l'air de l'avoir préparé, le sujet et
ses incidents comportent de la ter-
reur... et nous n'avons pas eu peurl
C'est la nuit; des bandits, pour un
vol, ligottent un gardien qui, grâce
à des efforts énormes, parvient à té-
léphoner à la police. Plus tard, un
des brigands arrive — toujours la
nuit — sous une maison, et par eau,
et se fait ouvrir le plancher : il est
dans la maison du gardien mis à mal
tout à l'heure et absent, bien entendu,
de son domicile. Il est reçu par une
jeune femme, effrayée, et par un vieil-
lard paralytique qui, tout le temps
du drame, essaiera de s'exprimer (y
réussira) par le regard. Tout cela,
qui est terrifiant en soi, se compli-
que de scènes vraisemblables et qui,
je crois, au théâtre, feraient peur:
elles ne font pas peur. Alors ? Dira-t-
on que c'est du théâtre? du mauvais
cinéma? Ou simplement la peur ne
peut-elle nous être communiquée que
dans une opposition du bruit au si-
lence : des paroles, une émission de
sons variés, puis rien, ou devant des
gens qui parlent, d'autres qui se tai-
sent par force? C'est cela qui doit
faire peur. Pourtant nous avons des
exemples de pantomimes qui font
peur, mais cinématographiez une
de ces pantomimes, il n'est pas sûr
qu'elle produise alors le même effet.
Quand on ne peut pas définir ce qui
manque à une œuvre, on l'appelle le
« je ne sais quoi » et sans doute est-ce
là ce qui a manqué jusqu'alors aux
films dont nous avons été étonnés de
ne pas subir une emprise de terreur
et ce « je ne sais quoi », c'est souvent
le talent que nous voudrions con-
naître plus fort ou le génie que nous
espérons, et qui est rare, rare.. .
Lucien Waiil.
Tel procédé qui nous
paraît employé aujour-
d'hui pour le seul amu=
sèment du cinéaste per=
mettra demain à un
artiste de génie de nous
faire connaître tout ce
Qu'il sent. M M
QUELQUES TICS
Van Oaële.
Un front têtu, lourd de migraine
Une voix chaude avec des « ah »!
glacés !
Des veux bleus — noirs de pessi-
misme.
Une démarche lente qui semble
traîner la vie entière...
Tantôt très bien vêtu.. . négligé le
lendemain...
Fumant peu, riant quelquefois.
Douceur et tristesse I
Paysage des Flandres après la
pluie.
Roger Karl.
A le sourire contraint du Monsieur
pas content.
Il est comédien, interprète cinégra-
phique, poète, philosophe.
Trouve lavie sans intérêt.
Renonce tous les jours au théâtre
et au cinéma et parle d'aller aux An-
tipodes. . .
Mais il reste,..
De la prestance, une belle allure,
un chapeau de cow-boy. La poignée
de main solide.
Mathot.
Semble très convaincu de se nom-
mer ainsi. .
Habillé avec une recherche toute
personnelle ; un pardessus sur le
bras gauche, une cannedans la main
droite, le pied fendant, net, Mathot
marche, digne.
Accentue son air dédaigneux, il pa-
rait ainsi plus aimable quand il sou-
rit.
Modot.
Vous ne le retrouveriez pas...
Il s'exprime avec aisance et les yeux
vous regardent gentiment... On le
cherche.
Il a ^conservé de ses habitudes de
peintre, l'art de paraître négligé.
A la vérité il ne néglige rien.
Jacquet .
Est par dessus tout un homme ai-
mable.
Il sourit, il rit, pas plus.
Il fume le cigare, rien que des ci-
gares et joue au bridge.
Il s'habille avec soin et sait parfai-
tement se vêtir.
Un jour vous le voyez tel un Yankee
rasé.
Le lendemain il apparaît avec une
moustache.
Mais il a le sourire et mâche un ci-
gare, rien que des cigares.
•
Jean Toulout.
Est gai.
En scène il sait faire tordre ses par-
tenaires.
Au studio, il dépense une verve in-
telligente qui réchauffe ceux qui ont
froid ; aiguise l'appétit de ceux qui
ont faim; détend les camarades éner-
vés par ces coquins de metteurs en
scène.
Un bel homme, des épaules, l'œil
clair, la démarche assurée. Donne
mine.
S'habille avec ampleur.
Apprécie la vie, ne s'ennuie jamais.
Le « Roi » des camarades, a dit
quelqu'un.
Signoret
Peut, le matin, tourner un film :
apprendre un rôle en déjeunant ;
tourner un autre film l'après-midi ;
étudier la pantomime et le chant dans
la rue en allant dîner, donner des le-
çons ; jouer le soir un rôle formidable.
Tout cela avec le sourire, car Signo-
ret n'est qu'un sourire.
Au Studio, est prêt avant tout le
monde, obéit au metteur en scène,
fournit un travail gigantesque à des
conditions annuelles qu'une vedette
américaine n'accepterait pas à la se-
maine.
De la douceur, de la douceur.
ES
ïà ;/
Georges Lannes.
Est froid.
Ses yeux sont durs.
Son sourire est figé.
Sa poignée de mains, glaciale.
Rit-il jamais?
Son veston est coupé net, le pli de
son pantalon est d'acier.
Sa cravate est droite, son col cassé,
le tout impeccable.
Uneréception à la Wilhelmstrasse
André L. Davkn.
0
cinea
DERRIÈRE L'ÉCRAN
FRANCE JS
Oh ces publics...
La Russie Rouge, à Barbes : hur-
lements, sifflets et coups de revol-
vers. Au Colisée : silence de mort et
frissons. A Passy : éclats de rire.
Et les loueurs affirment connaître
leurs publics.
•
Mme Maurice Maeterlinck a confié
au directeur de l'Olympia un scéna-
rio qui sera interprété par Raquel
Meller et Mme Maeterlinck elle-même.
C'est Raymond Bernard qui mettra
en scène ce film du dramaturge de
L'Oiseau bleu.
m
La Société des films artistiques an-
nonce La Jettatura, scénario de MM.
Gilles Pierre Veber et Nino, mise en
scène de M. Gilles Pierre Yeber.
C'est un film à trois personnages.
Il s'agit d envoûtement dans un cadre
moderne. Les extérieurs ont été
tournés en Italie. Les protagonistes
de cette œuvre originale sont : Mme
Elena Sagrary, M. Jean Dehelly et
M. Nino.
Nous avons vu M. Robertson, de
passage à Paris, et qui était ravi de
la matinée qu'il avait passée à rece-
voir de nombreux artistes français
pour sa prochaine production.
« Ce sera un réel plaisir de travail-
ler avec eux », nous dit-il.
« L'avenir du cinéma en France
me paraît devoir être des plus bril-
lants. Il n'y a rien qui ne puisse être
fait avec l'atmosphère, le climat, les
paysages, les belles nuances du ciel
que l'on trouve en France.
« J'ai constaté que les laboratoires
parisiens étaient supérieurement or-
ganisés. J'ai eu de beaux résultats
dans le développement de mes pre-
miers négatifs et, je ne saurais trop
le dire, c'est aussi bien qu'en Amé-
rique.
« Je suis très heureux d'avoir pu
saisir la véritable atmosphère fran-
çaise dans ces curieuses petites villes
de la Normandie, telles que Caude-
bec-en-Caux, lorsque j'ai tourné Per-
pétua. »
« J'ai pu faire paraître le cirque
Pinder dans cette production. M. Pin-
der m'a été très courtoisement utile
et nous avons voyagé avec le cirque
pendant deux semaines, ce qui m'a
donné une occasion unique de voir
votre beau pays.
•
M. George Fitzmauriee est parti
pour l'Italie où sa troupe doit le re-
joindre à Xaples. Ensuite, il ira en
Egypte tourner un grand film moitié
moderne, moitié antique et, à son
retour vers le mois d'avril ou mai, il
tournera en France. Quoi? ce sera
fort probablement une Mauou Les-
eaut. Qui sera la Manon?
•
SUÈDE Jâ
Les Exiles, de Maurice Stiller
viennent de paraître avec grand suc-
cès à Stockholm. Lars Hanson, et
Ivan Hedquist, y sont très remar-
quables. Jenny Hasselquist a fait là
une création supérieure que Paris
admirera bientôt
•
La dernière œuvre de Victor Sjos-
trom : Qui juge? triomphe par so
puissance dramatique et la profonde
angoisse qui s'en dégage.
L'auteur du scénario est lljalmar
Bergman. Les interprètes sont : Ivan
Hedquist, Tore Svennberg. Gosta
Hekman et Jenny Hasselquist qui,
sous la direction de Victor Sjostrom,
ont fait merveille.
•
Klara Kjellblad qu'on a pu appré-
cier dans Le Moulin en feu est venue
à Paris avec les ballets suédois de
Jean Borlin. Elle vient de partir en
Amérique.
•
Notre confrère suédois le Filmjour-
nalem signale l'engagement par la
Selznick de New-York de l'artiste
suédoise Holmquist de la Svenska.
•
Au cœur de la Suède est le Varm-
land, une des provinces les plus jo-
lies et les plus riches en histoire de
la Scandinavie. Au cœur du Varm-
land existe un village nommé Ran-
sater. Là vivait au milieu du xixe siècle
un homme qui aimait profondément
son petit pays et qui résolut d'écrire
l'épopée de ce pays et de ses habitants.
Et en 12545, F. A. Dahligren écrivit sa
pièce populaire : Varmlanningarna
(Les gens de Varmland) qui fut re-
présentée pour la première fois au
théâtre royal de Stockholm l'année
suivante. L'action en est très simple.
C'est le mélodrame-type au meilleur
sens. Le jeune Erik, fils d'un riche
paysan, aime une jeune fille pauvre,
Anna, dont les parents sont mé-
tayers. Mais le père d'Erik ne veut
rien savoir d'une telle mésalliance.
Pendant une absence d'Erik, il fait
publier les premiers bans de mariage
avec la fille du plus riche proprié-
taire du village. Anna, non avertie,
vient à l'église, et en entendant la
publication devient folle. Grâce au '
retour d'Erik, elle revient à la raison
et le père récalcitrant est obligé de
consentir à leur union. La pièce finit
par le mariage en grandes réjouis-
sances.
Cette œuvre simple est devenue la
pièce nationale de la Suède et se
donne maintenant tous les Noëls à
l'Opéra royal de Stockholm. Le choix
de cette scène est motivé par une
ouverture de fête et de nombreux
chants au cours de cette pièce, qui y
a déjà été jouée plus de 500 fois. Les
autres théâtres de Suède la jouent
également de temps à auti e et sur les
diverses scènes de Stockholm seul on
l'a représentée environ 1.500 fois.
Il va de soi qu'une telle œuvre,
devenue nationale, ait tenté des met-
teurs en scène de cinéma. Les pre-
miers films suédois virent le jour en
1909. Parmi eux se trouvait Varm-
lanningarna, joué notamment par
des amateurs et mesurant 400 mètres,
ce qui était remarquable à l'époque.
Le succès était assuré en Suède,
mais ce film n'a pas dû être produit à
l'étranger.
« Svea Film », compagnie fondée
cette année, en a repris le sujet pour
son premier film, qui mesure 2.400
mètres, six fois la longueur du pre-
mier.
Pour assurer au scénario un carac-
tère littéraire, on l'a confié à un de
nos premiers jeunes écrivain» et dra-
cinea
11
Portrait Express
Nathalie Kovanko
Nathalie Kovanko est née en Cri-
mée, le 9 novembre 1899. Après avoir
fini ses études elle .se rend à Moscou
en 1917, etsa beauté attire l'attention
de.s metteurs en scène de cinéma.
C'est dans le rôle d'Yvette de Mau-
passant qu'elle tourne pour la pre-
mière fois. A son troisième film Un
bal chez le Die h elle s'est révélée une
artiste de talent.
Quand son mari, le colonel Ko-
vanko de la garde Impériale de l'ar-
mée russe fut exécuté par les bol-
chevicks, à Moscou, la malheureuse
artiste dut s'enfuir.
On la revoit plus tard tourner pour
la Société Ermolieff-Cinéma, à Ialta
(Crimée).
Actuellement Mme Kovanko est, à
Paris, la vedette de la Société Ermo-
lieff Cinéma où tout dernièrement,
elle tenait le rôle de Jeanne dans l'Or-
donnance, roman de Maupassant.
Le 13 décembre prochain, les ama-
teurs du cinéma pourront l'admirer
dans les Mille et une Nuits.
Dans le film en préparation le Pré-
lude de Chopin, d'après le scénario
du metteur en scène M. Tonrjansky,
Mme Kovanko tourne avec André
Nox.
En l'espace de peu de temps, Mme
Kovanko a su s'attirer toutes les
sympathies et nous espérons que
bientôt elle sera aussi populaire en
France qu'elle l'était en Russie.
G. L. S. .
maturge8 : Ejnar •jiSmith. Par une
heureuse coïncidence, l'étoile du ci-
néma américain : Anna Q. Nilsson,
rendait cet été sa première visite à
son pays d'origine : la Suède. Le
metteur en scène Erik Petschler,
l'engagea pour le rôle d'Anna. Le
rôle d'Erik passa à un jeune acteur
de Stockholm, type idéal du suédois :
Tor Weijden. Plusieurs autres ac-
teurs furent des amateurs. Notons
que le rôle de pasteur dans le film
fut tenu par le pasteur de la paroisse
lui-même. Il joua complaisamment
par intérêt pour un sujet aussi natio-
nal. C'est sans doute le premier ec-
clésiastique qui ait jamais joué au
cinéma.
Pour assurer la couleur locale, on
filma le paysage natal de 1 auteur de
la pièce et la maison du paysan riche
est le véritable manoir de Ransater.
Ce film totalement suédois par le
sujet, les mœurs, les superbes vues
naturelles, et où les acteurs carac-
térisent éminemment le type natio-
nal, méritera largement d être donné
hors de Suède. Ture Dahlix.
AMÉRIQUE M
William de Mille, vient de com-
mencer à mettre en scène Miss Luhi
Bett, d après la nouvelle de Zona
Gale. Lois Wilson et Milson Sills en
interprètent les principaux rôles.
•
George Melford vient de terminer
The Sheik.
•
Le prochain film de Roseoë (Fatty)
Arbuckle sera The Melancholy Spi-
rit, mis en scène par James Cruze et
A. B. Baringer.
12
cinea
Betty Compsori vient de commen-
cer à tourner The Utile Minister,
d'après la pièce de Sir James Barrie.
Le metteur en scène Stanlans se ser-
vira du mogaphone pour eette pro-
duction.
•
Thomas Meighan vient de commen-
cer à touriur A Prince there iras, de
Waldemar Young. Sous la direction
de Frank Woode, Tom Forman le
met en scène C'est Mildred Harris
qui joue le principal rôle féminin.
•
Jack Holt et sa compagnie sont
toujours à Mommouth Mountain où
ils tournent The eall ofthe north avec
le concours de Joseph IIenab?rry
pour diriger la mise en scène.
•
Paul Powell vient d'arriver à Lot
Angeles. Il va se mettre au travail et
tournera The Cradle avec EthelClay-
ton comme étoile.
•
Les Trois Mousquetaires, inter-
prétés par Douglas Fairbanks, ont
été favorablement accueillis, en
Amérique, par les critiques les plus
sévères ou les plus délicats. Le côté
ferrailleur du rôle est merveilleuse-
ment rendu par Doug. Quand il n'est
pas sur l'écran, l'action paraît quel-
quefois traînante. La mise en scène
est profuse et, s'il se décèle quelques
influences allemandes quant aux
poses, aux éclairages, le film est
« emballé » avec ce rythme prodi-
gieux dont l'Amérique — et notam-
ment Douglas — aie secret. Les rôles
secondaires sont plus ou moins bien
tenus; Barbara La Marz pourrait
donner du caractère à celui de Mi-
lady si la censure n'était pas inter-
venue à grands coups de ciseaux.
•
Mark Twain a très heureusement
inspiré Emmett J. Flynn. qui a porté
à l'écran une transcription fort co-
mique de la nouvelle intitulée : Un
Yankee du Conneetieut à la cour du
Roi Arthur. Le vieux Cléments aurait
certainement apprécié certaines addi-
tions faites à son œuvre, par exemple
le moment où les Chevaliers de la
Table Ronde enfourchent leurs moto-
cyclettes pour aller au secours de
Sir Bors, et celui où Lancelot, au
plus fort de la mêlée, crie : « Lâchez
les gaz I »
•
Peter Ibbetson, un des plus cé-
lèbres romans de Georges du Mau-
rier, a été mis à l'écran, sous un
autre titre, par Georges Fitzmau-
rice. L'interprétation est de premier
ordre, comprenant Wallace Reid,
Montague Love, Elliott Dexter, Dolo-
rès Cassinelli et Klsie Fergusson qui,
dans le rôle de la duchesse, surtout
dans la scène si profondément émou-
vante de la dernière visite, peut dé-
ployer tout le charme poétique et
tendre de son talent.
On n'a qu'à prononcer les mots
« Tapis Oriental » à portée d'oreille
de Sessue Hayakawa, le Star popu-
ANNA a. NILSON et TOR WEIDJEN
dans Les Gens de iVannland
(Svea Film). — Film d'F.rik Pestchler.
laire des films de la R. C. et vous
n'aurez alors aucune difficulté pour
obtenir une interview qui vous en-
traînera dans les méandres du laby-
rinthe de la philosophie de tous les
peuples et des nations, telle qu'elle
est exprimée par leurs produits ma-
nufacturés. Il y a peu d'experts qui
aient une compréhension plus pro-
fonde de l'art du tissage qu'Haya-
kawa. Les étagères de sa biblio-
thèque sont encombrées de livres
rares traitant du sujet et de l'art de
tisser les tapis et les tapisseries, leur
manufacture, en commençant par le
montage des métiers à tisser et
jusqu'à la coloration des tissus. La :
collection qui orne sa demeure somp-
tueuse, Castle Glangarry, à Holly-
wood, est réputée valoir au delà de
140 000 livres et si sa femme qui est
connue sur l'écran sous le nom de
Tsuri Aoki ne l'en empêchait pas,
Hayakawa hypothéquerait son châ-
teau, sans nul doute, pour augmentes
sa collection, s'il venait à rencontrer
des tapis d'une rareté et d'une beauté
suffisantes pour satisfaire sa passion.
•
Bessie Love aime autant le labeur
du studio que les travaux de son in-
térieur Rien ne lui fait plus plaisir
que de vaquer aux exigences mul-
tiples de son home exquis à Holly-
wood, (Californie) cherchant à donner
un effet plus heureux aux tableaux
qui ornent les murs, draper les plis
d'une tenture plus artistement, ou
même préparer un dîner pour ses
invités. Apportez une échelle à cette
toute exquise et minuscule star du
cinéma, donnez-lui un marteau et
îles clous, et alors vous n'aurez pas
besoin du tapissier ou du décorateur.
•
Maë Murray danse depuis l'enfance.
A Portsmouth (Virginie U. S.) où elle
est née, elle faisait le désespoir de
sa grand'mère qui, après l'avoir long-
temps cherchée, la trouvait en train
de danser au milieu d'un cercle d'en-
fants, aux sons lamentables des
orgues de Barbarie.
Maë Murray qui aimait ses aises,
retirait pour danser ses grosses
chaussures à clous qui blessaient ses
petits pieds mignons, et, en quelque!
heures, ses bas étaient troués.
Non seulement, cette charmante
artiste fut une petite danseuse pré-
coce, mais elle se fit encore remar-
quer comme ayant des rares dons
pour la comédie ; et nul ne fut étonné
de la voir débuter au théâtre, dont,
de l'avis de tous, elle avait la voca-
tion.
C'est en levant les bras au ciel que
sa bonne vieille grand'mère la re-
garda partir pour New-York, à l'âge
de 14 ans, où Maë Murray débuta
dans un théâtre de Broadway. Ce
n'est que vers 1915 qu'elle se fit re-
marquer par le public.
Son premier grand succès fut Xell
Brinkley Girl, aux Folies-Ziegfeldj
et c'est vers cette époque qu'elle ima-
cinea
13
gina un sketch original. La première
partie était un film tourné par Maë
Murray dont l'image s'arrêtait clans
un coin en gros premier plan. On
escamotait rapidement l'écran, et,
au milieu d'une projection éblouis-
sante, Maë Murray apparaissait en
personne aux spectateurs émerveillés
de voir la vision cinématographique
devenir une réalité.
Les principaux éditeurs de films
suivaient assidûment les premières
des Folies-Ziegfeld, où tous recher-
chaient la future étoile qu'ils se dis-
putaient presque aux enchères.
Nombreuses furent les offres faites
à Maë Murray. Elle les déclina toutes,
car, très artiste, cette jeune et jolie
danseuse avait accepté les offres de
M. Zukor qui lui promit formelle-
ment de ne lui faire tourner que les
films dont les rôles lui convien-
draient.
Et c'est ainsi que Maë Murray dé-
buta â l'écran par Sweet Kitty Bel-
Uiirs, dont elle avait toujours beau-
coup aimé lire l'histoire, car Maë
Murray est une liseuse enragée, et
parmi ses livres préférés, citons les
célèbres histoires d'Elsie Dinsmore
qui sont, en Amérique, l'équivalent
des récits de notre bibliothèque rose,
les fables d'Esope et.... « les Trois
Mousquetaires ».
Depuis longtemps la réputation de
Maë Murray est établie. C'est une des
plus charmantes et talentueuses étoi-
les de l'écran. Mais, il faut bien le
dire, c'est à son mari, le metteur en
scène Robert Z. Léonarci, que nous
devons le film qui la présente sous
son meilleur jour.
A sa vivacité, à son charme irré-
sistible, à sa sincérité bien connue,
Maë Murray semble nous avoir révélé
dans Liliane de nouvelles qualités
sentimentales et imprévues.
Cette parfaite artiste a tant de per-
sonnalité, de beauté inquiétante, de
grâce et de vie qu'elle a créé un type
qu'aucune autre étoile de l'écran n'au-
rait pu évoquer.
Le sujet profondément dramatique
de Liliane a été spécialement écrit
pour Maë Murray par Clara Béran-
ger. Ce rôle d'ensorceleuse et blonde
artiste est admirablement interprété
par Maë Murray, et la réalisation
tout entière de cette œuvre est pré-
sentée avec une telle science de l'art
cinématographique qu'elle peut être
comparée à n'importe quelle super-
production parmi les plus célèbres.
En effet, Robert Z. Léonard a ap-
porté à 1 écran des idées et des réali-
sations nouvelles qui le classent
parmi les meilleurs metteurs en scène
de la « Paramount » dont Maë Mur-
ray, sa femme, est une îles plus bril-
lantes étoiles.
Les effets de sa mise en scène sont
extraordinaires, et on ne saurait trop
le féliciter de ses scènes à grand spec-
tacle qu'il convient île classer, non
seulement parmi les plus belles, mais
aussi les plus originales.
La plus curieuse de ces scènes re-
présente un cabaret de nuit dont
Liliane est la grande attraction. Avec
ses tables remplies de joyeux convi-
ves, la salle est d'un aspect féerique
et élégant. A l'extrémité du parquet
de danse, les lourds rideaux de ve-
lours s'entr'ouvrent doucement et
découvrent à nos yeux ravis une
immense urne d'argent remplie de
ballons de toutes grandeurs. Douce-
ment ces ballons s'envolent et entou-
rent Maë Murray vêtue du plus déli-
cat et du plus merveilleux costume
de danse. Ses qualités de danseuse
sont déjà bien connues, mais lors-
qu'elle tourne gracieuse et légère, les
ballons flottant dans l'air autour
d'elle, l'effet produit est si beau qu'il
semble irréel et qu'il est au-dessus
de toutes descriptions.
Pour ajouter à l'impression de rêve,
l'ëcharpe de mousseline avec laquelle
Maë Murray commence sa danse est
bientôt délaissée par elle pour les
ballons que, dune pichenette, elle
envoie se perdre dans les airs.
Au point de vue artistique, tech-
nique et dramatique, cette scène est
une des plus belles qui aient été pro-
duites jusqu'à ce jour. Même si le
drame n'avait par lui-même aucune
valeur, il suffirait d'admirer cette
ravissante petite étoile, qui est une
véritable artiste, alors qu'elle se meut
gracieusement, vêtue des étoffes les
plus merveilleuses et encadrée d'une
mise en scène des plus esthétiques.
Mais Liliane est un sujet aux puis-
santes situations dramatiques qui
se suffisent â elles-mêmes, et dont ces
deux féeriques danses ne sont qu'un
raffinement d'art qui obtiendra les
suffrages de tous les publics.
La censure inévitable s'étant ins-
tallée depuis quelque temps déjà en
Amérique a commencé ses fonctions
« moralisateurs ». La chose la plus
déplorable est le fait que la plupart
des membres de cette censure, éta-
LE CABINET DU DOCTEUR GALIGARI.
Ce curieux et attachant drame d'art ciné-
graphique, que cinèa a eu la bonne fortune
de pouvoir présenter lundi dernier aux
amateurs de belle jphotogénie, a produit
une forte impression.
14
blie dans chacun des Etats-Unis (troÎ8
membres, dont une femme, dans
chaque département) ont très peu ou
même point d'expérience OU de
connaissance de l'art et l'industrie
cinématographique et de tout ce
qui s'y rattache. Ils « coupent » et
« coupent » comme bon leur semble,
n'envisageant que L'effet moral des
films, mais rarement leur valeur ar-
tistique. Voilà pourquoi l'Universal
Film Manufacluring Co de New- York
s'était décidé à inviter un membre
de chaque censure des 48 Etats-Unis
et de toutes les différentes censures
canadiennes à visiter l'Universal
City, surnommé « La Capitale Mon-
diale du Film ». Les invités se sont
réunis à Chicago d'où M. Harry Ber-
man, manager général des Exchanges
de l'Universal, les a accompagnés. A
Los Angeles, un autre groupe de
« coupeurs « s'était assemblé et ainsi
la grande expédition de censeurs, au
nombre d'environ 50, est arrivée à
l'Universal City. Comme toujours, la
capitale du film n'a pas manqué de
faire un effet impressionnant auprès
des visiteurs. Ils étaient émerveillés en
voyant une véritable ville, où tous
les habitants travaillaient exclusive-
ment pour la cinématographie, en
voyant le travail détaillé de chacun
des milliers de collaborateurs, en
voyant les immenses studios, ate-
liers, constructions et reproductions
que nécessite la fabrication de films,
en se rendant compte des grosses
sommes d'argent qu'avalait cette for-
midable machine avec un si minu-
tieux engrenage de travail manuel
et intellectuel, artistique et indus-
triel.
A part l'intérêt que provoquait
auprès des censeurs cette visite vrai-
ment éducative, ils ont tous eu ce
que l'Américain appelle « a darn
good time », car l'Universal a payé
tous les frais, y compris le voyage
aller et retour ainsi qu'un merveil-
leux séjour d'une huitaine dans la
belle Californie. Sous les auspices
de M. Harry Berman et Irving
G. Thalberg, directeur général de
l'Universal City, l'expédition passa
une journée entière dans la vallée de
San Francisquito au « ranch » de
Harry Carey, le célèbre cow-boy de
l'écran, qui ne l'est pas moins dans
la vie privée. Il montra aux membres
de cette expédition que lorsque sur
l'écran un cheval est atteint par une
balle tombe, et se roule par terre,
il a été dressé de manière à inter-
préter le rôle d'un cheval blessé.
L'homme, c'est-à-dire Harry Carey
exécuta de très nombreuses acroba-
ties, et fut largement applaudi par
la foule de censeurs.
Une autre journée fut consacrée à
la visite des nombreuses reconstruc-
tions de Monte Carlo pour un grand
Universal-Jewel « Foolish Wives ».
On avait aussi profité de l'occasion
cinea
pour présenter aux censeurs cette
grande production dont les prises de
vues ont été terminées il va quelque
temps. Les 157.000 pieds exposés
furent transformés en un merveil-
leux film en 12 parties, dont la réali-
sation ne saurait tarder. Aucune
mutilation de la part des censeurs
fut entreprise, quoique Eric Stroheim
auteur, metteur en scène, et princi-
pal protagoniste masculin de « Foo-
lish Wives » est très libre en pensée
et expression, et ne manque pas de
nous faire connaître son Zolaïsme
par l'intermédiaire de ce film. Bref,
au bout d'un séjour d'une semaine à
l'Universal City, après avoir pu se
rendre compte de ce que cela signifie
que de produire un film, les censeurs
adressaient une lettre de remer-
ciements à M. Cari Laemmle, prési-
dent de l'Universal Film Mfg Co et
se mirent en route pour rentrer
chez eux. A l'avenir, ceux qui ont eu
l'occasion d observer le travail de la
population de l'Universal City, « cou-
peront » certainement avec un peu
plus de réflexion. Toute l'industrie
cinématographique américaine était
enchantée de l'idée d'avoir invité
la censure des Etats-Unis et du
Canada à visiter l'Universal City, et
ce fut pour le bénéfice de l'entière
industrie cinématographique améri-
caine, que l'Universal Film Manufac-
turing Co a entrepris ce geste noble
et coûteux.
• ■■■■■■■ ■■ ■■■■" ■••■ ■ toujours parfaitement équilibrés. Le qui a su garder son atmosphère à
rPF*CT/4CLKif '• texte en est toujours lucide. cette belle pièce.
S Le sujet est double : Le sujet dra-
" * ■■■■■ .. , ,. . , ... . Raquel Meller (Olympia).
matique, sobre, bien mené, traite ri- w v , , ^ ,
T ,T ir, . ,iT rj., , .. . u 4-^1 i 4.1. Adieu, Raquel Mellerî La dona Sol-
hEY\\.LE\ÉQVK(Noiiveaii-Theatre). chement et dans un bon rythme, a , 7 , «
.,,.,,, ™. , , ., . . T . . , * • * • • de la chanson retourne a ses Espa-
La pièce d Abel Ruffenach, traduite porte. Le sujet moral, très vaste, ine- u > f
T , „, . , , . i i >* a- i gnes. Comme elle nous a charmes!
par Léon Moussinac, na pas plu a gaiement mis en valeur, étudie le pa- ° « , „
f, „ , j i * i • a 4- ■ i * Sa grâce de femme-enfant est son se-
M. See : c est une œuvre de valeur. tron, surhomme industriel, et sug- °rT
^,, ... , .„,, , , . j.» . . cret. Une étrange finesse — aristocra-
Elle sera discutée, acclamée, sifflee, gère de vives et d émouvantes notes . , . ,
. . ,, _, , . .... , . „ » ,,. . _j tie populaire — la marque toute,
suivie, elle vivra. D aucuns lui repro- d étude moderne. 11 faut bien entendu v F . ?
, , , , . . _, .1- . Voyez ses mains, ses chevilles et ce
chent des maladresses : c est ce que que le spectateur n oublie pas un ins- J '
„..,., ., ., ,.f . .. ,, , délicat visage aux lignes latines,
faisaient dire les premières pièces tant qu il s agit d une œuvre alsa- *> °,
, T, . , _ , , ., .^ . e • i • a -a- Son seul aspect crée 1 atmosphère
de François de Curel. quand il avait cienne, car si parfois le jeu des idées . ,, . u
, , . . , . , ., . • ... , . des chansons quelle interprète en-
beaucoup de talent, mais on s est dépasse le thème initial, sachons que . ^ \ , ;
, . , . ,, , , . , . ,. .. •■*. . . „ . „ , suite avec tant de charmante preci-
calme depuis et Ion s accorde a lui 1 auteur tient a nous garder dans le . . *
. , .. a a \t i i'v * • i» sion et de goût. Elle est gaie. Elle
trouver un talent inouï maintenant cadre du \ al 1 Eveque ou 1 univers se . _,& , . **
... , , ... ». » f i- •» • j- u •* * • a: : i est leune. Elle a de 1 esprit. Elle a du
quila beaucoup de métier. M. Ruf- limite a dix-huit cents individus. .' . _. f
; , , .. , T . . ... soin aussi. Bien des soirs nous som-
fenach doit le savoir. La mise en scène manqued aisance,
, ,r , ,,r, . ... -,, , . . .. A c -4. a i mes ailes nous rafraîchir les veux a
Le val l kveque a ete par ailleurs, mais les interprètes ont tait de leur ,.,.,. „
-,.• a l c a' xi i' 4. \t ^ 4. 4. t> • ^ * cette claire délicatesse. Et nous avons
traite de chef-d œuvre. Non, 1 art et mieux et M. Constant Remy a tenu . .... , ,,
. . . . ,. ,. .. . , . . . ... , », étudie la brillante simplicité qu elle
le talent qui 1 emplissent appartien- avec une séduisante autorité le rôle \ n.
. . , . . tt • .. a c- ti i * * u i » *■ a su composer et établir. Merci, Ra-
nent a la sagesse, pas au génie. Une écrasant de Simon Ihler et Abel Rul- r
sagesse réfléchie, assise en quelque fenach peut être heureux d'avoir eu "
sorte. Les idées et les actes y sont en Léon Moussinac un collaborateur Eve Francis.
clnéa
15
L'affaire... Vuisqu9 affaire il y a
Il semble bien qu'une sorte de cy-
clone s'abatte sur la cinématographie
française, du fait de celui qui aurait
droit à être appelé son fondateur.
J'ai nommé M. Charles Pathè.
Depuis que Pathé-Cinéma s'est uni
à Pathé-Consortium pour le plus
grand bien de l'industrie et de l'art,
rien ne va plus! L'effort que le ciné-
ma est en droit d'attendre de tous
ceux qui se consacrent a sa prospé-
rité, est en partie dépensé en luttes
stériles de personnes et en conflits
peu édifiants d'intérêts.
Dieu nous garde d'entrer dans la
question, de prendre parti pour l'une
ou pour l'autre Je ne prends parti
que pour le cinéma. Et je crie casse-
cou. Le spectacle auquel nous assis-
tons est déplorable, non seulement
pour la dignité de notre art, mais
pour son développement futur.
Pathé-Consortium n'est pas pour le
cinéma et il serait désirable qu'il ne
l'oubliât pas 11 ne peut avoir le seul
souci de sa propre existence et de ses
propres intérêts; il ne peut vouloir
tout accaparer. Pour fort et impor-
tant qu'il puisse se sentir, il aurait
un peu le devoir de songer aux au-
tres, aux plus petits qui comptent
par leur nombre sinon par leur puis-
sance individuelle, et qui mettent en
action un faisceau d'activités, d'in-
telligences et de bonnes volontés qui,
au total, dépasse en importance
même le grand organisme constitué
par des financiers autour de l'œuvre
scientifique et artistique de M. Char-
les Pathé.
Or, cette phalange de bons ouvriers,
-les metteurs en scène et les artistes
qui font tous les jours des efforts
inouïs pour réaliser de belles œuvres -
se ressent durement du discrédit que
les misérables compétitions d'inté-
rêts surgies au sein de Pathé-Consor-
tium, jettent sur l'industrie cinéma-
tographique, sur les sympathies
qu'elle inspire et sur les assurances
qu'elle donne d'un brillant avenir.
Misérables compétitions, je le ré-
pète, bien qu il s'agisse de millions.
Misérables en face de l'intérêt géné-
ral.
Si, une entreprise comme celle de
Pathè-Corsortium donne le triste spec-
tacle de méfiances et d'exécutions,
de révocations et de blâmes, d'as-
semblées attaquées en nullité et de
plaintes déposées en justice, quel
crédit voulez-vous que trouve un
pauvre metteur en scène de génie, en
quête d'un commanditaire pour la
production d'un film important?
Pour moi, toute la question est là.
Ces entreprises privées sont la gloire
et l'avenir de la cinématographie
française. Qu'elles se groupent au-
tour d'un organisme puissant, ho-
norable, respecté et tout ira bien.
C'est dire que Pathé-Consortium a, à
mon sens, un grand rôle à jouer: être
l'Epatant de la force et de la beauté
de notre production nationale ; affir-
mer sa raison d'être et sa supériorité;
lancer dans le monde entier un cer-
tain nombre d'oeuvres de grande en-
vergure et de succès éclatants ; con-
quérir à notre pays tous les marchés
du monde ; être le guide et le soutien
de tous ceux qui contribuent à la
prospérité de notre industrie.
Mais qu'il ne se fasse pas l'illusion
d'être à lui tout seul la cinématogra-
phie française. Ses grandes concep-
tions et ses grandes œuvres pour
nombreuses qu'elles puissent être ne
suffiront pas. Il a lui-même besoin
que dans le sillon qu'il trace, les ini-
tiatives précises suivent sa fortune
et sa gloire II faut donc qu'il s'en
soucie Et c'est au nom de ces initia-
tives qui partent de nos meilleurs
créateurs et de nos meilleurs artistes
que nous avons tous le droit de lui
crier : Vous êtes en train de commettre
une mauvaise action '
Certes, dans la déplorable situa-
tion, — faut-il dire dans le déplorable
scandale? — qui s'est créée à la der-
nière assemblée, chacun a, aux yeux
d'un profane, les raisons et les torts,
ses mérites et ses fautes.
Il est profondément regrettable
qu'un homme tel que M. Charles Pa-
thé, à qui l'art cinématographique
doit la vie et le progrès, soit brutale-
ment exclue de toute activité et de
toute responsabilité dans la gestion
d'un Consortium qui s'est formé
autour de ses trente années de la-
beur et d'effort.
Il se peut parfaitement que certai-
nes méthodes et certaines idées de
ces pionniers du cinéma aient fait
leur temps ; que la constitution d'un
organisme plus vaste fut nécessaire
afin de poursuivre, dans des idées
plus modernes et plus larges, l'œuvre
si heureusement commencée. La
marche du temps produit de ces né-
cessités, et des conflits sont inévita-
bles entre l'âge mûr glorieux et la
jeunesse entreprenante. De là à
l'idée de « révocation » il y a loin ! La
jeunesse paraît plus qu'entreprenante
elle fait figure d'imprudente.
Il est, d'autre part, ineonstestable
que l'impulsion donnée à Pathé-Con-
sortium par M. Denis Ricaud.son ad-
ministrateur délégué, à l'Edition est
considérable, aussi bien comme inten-
sité que comme effort d'art etd'autant
plus méritoire qu'elle a été produite
à un moment où dans un rapport cé-
lèbre M. Pathé déclarait abandonner
à jamais cette partie de l'industrie
cinématographique.
Ne l'oublions pas!
Des films comme Les Trois Mous-
quetaires etl'Empereur des Pauvres
font honneur à ceux qui les ont con-
çus et qui ont trouvé les moyens
pour les réaliser, et font naître le lé-
gitime espoir d'un avenir de plus en
plus brillant, de plus en plus rému-
nérateur, de plus en plus glorieux
pour l'art national.
Notre désirestde ne pas nous immis-
cer dans une querelle financière dont
les chiffres et les arguments nous
donnent un petit vertige, mais nous
souhaitons simplement que de cette
querelle, il ne reste rien. Même pas
le souvenir en un temps prochain.
Tous ceux qui se sont intéressés au
cinéma depuis son invention .connais-
sent les grandes qualités et l'honora-
bilité parfaite des « révoqués ». Ils
n'ont aucune raison de douter de
l'entière bonne foi et de l'absolue pro-
bité des financiers qui sont entrés
dans ce projet et de leur habileté ad-
ministrative dont les preuves ne sont
plus à faire. Que tout cela s'apaise
pour le plus grand bien de notre
art.
Unissons nos efforts, au lieu de les
disperser par de vaines querelles.
Qu'un peu d'indulgence surgisse d'une
part, un peu de discrétion de l'autre,
que les révocations, les plaintes et
les jongleries de chiffres et d'actions
soient à jamais balayées I...
Et que, mon dieu, s'il est absolu-
ment nécessaire qu'il y ait du linge
sale, que chacun le lave en famille T..
Jean de Rovera.
16
cinea
* •
j Les Présentations j
Les morts nous frôlent.
Un homme prêt à l'abandon de sa
famille est assassiné par le mari de
celle qui devait fuir avec lui. Le mort,
par son corps astral, assiste a ses
propres funérailles, au jugement de
son meurtrier; il est, à certain» mo-
ments, visible pour quelques-uns, il
indue sur eux. Son rôle actif et pas-
sif est important Une morale de
croyant se dégage de ce filni dont la
partie terre à-terre pourrait être ré-
duite. L'ombre du mort, ce pêrisprit
ambulant, présente une originalité
incontestable et le dénouement, tout
spirituel (dans le vrai sens), impose.
En Angleterre, en Amérique, jamais
le spiritisme ne fut plus qu'aujour-
d'hui l'objet de méditations, d'expé-
riences et de souci. Kn France aussi,
on l'étudié plus qu'autrefois, et voilà
un film qui l'illustre.
Par l'entrée de service
Un scénario touchant, .sans doute,
mais quelle exécution, en outre! Une
harmonie constante et rien de faux.
Peut-être le couple aux mauvais sen-
timents qui joue un rôle dans deux
ou trois scènes ne vaut-il pas l'inté-
rêt mérité par les autres personna-
ges, mais le reste, qui est presque
tout, est magistralement réalisé, les
trouvailles y sont copieuses en sem-
blant naturelles. Quant à Mary Pick-
ford, on dirait qu'elle peut vous éton-
ner encore par son talent. On s'est
tant servi de termes laudatifs et par-
fois à juste raison qu'on ne sait
comment dire aujourd'hui. Le « très
excellent » serait idiot et pourtant...
La grande artiste, qui est si menue,
menue, est , dans ce film, la petite
Jeanne, presque oubliée par sa riche
mère chez une fermière, en Belgique,
qu'elle appelle maman Marie. La
vraie mère, un jour, vient la cher-
cher, mais la paysanne la fait passer
pour morte. Départ de la belle dame
pour l'Amérique où elle s'est rema-
riée (elle était veuve).
Quand l'invasion des Allemands
commença en Belgique, les longs
cortèges d'émigrants s'organisent et
maman Marie envoie Jeanne en Amé-
rique, afin qu'elle y retrouve sa mère,
en apportant une lettre-confession,
de façon à prouver le mensonge d'au-
trefois. C'est ensuite que Jeanne,
accompagnée de deux petits orphe-
lins qu'elle a pour ainsi dire ramas-
sés sur une route de Belgique, arrive
à la porte du château de sa mère.
['ne belle ceuvre commence alors,
la petite ne peut être reçue là que
« par l'entrée de service ». Il lui est
impossible de se faire reconnaître et,
domestique préposée aux ouvrages
pénibles, elle sera enfin placée où il
faut et heureuse après des péripéties
multiples et fort émouvantes. Il n'im-
porte pas qu'on les signale ici, il sied
seulement de noter la qualité de ce
film et de redire que Mary Pickford...
Mais vous l'irez voir, n'est-ce pas?
Miss Futuriste.
A cause de son excentricité, on l'a
surnommée ainsi, et de son goût, en
outre, pour le futurisme. A vrai dire
on ne s'en douterait pas, car son mo-
bilier, fort original, est charmant et
ses canards-bibelots ont de la grâce.
Quant à son végétarisme, il ne nous
stupéfie pas.
Une fiancée et une épouse de ses
amies abandonnent leur futur et
mari pour devenir ses adeptes. Un
explorateur se promet et parie de la
conquérir. Il y parvient? Bien sûr.
La princesse Alice.
D'après une pièce de Peple. Il man-
que au début l'émotion de haute qua-
lité. On y voit mourir une sorte de
Mimi qui laisse une enfant aux soins
d'un sculpteur dont elle fut le mo-
dèle et qui est fiancé. Il fait partie
d'un quatuor d'artistes qui ressem-
ble au groupe de la Vie de Bohème.
Il élève l'enfant. Il le fait savoir à la
fiancée qui se marie avec un autre.
La petite a grandi. Elle épousera son
père adoptif après bien des scènes
tristes et gaies. Thomas Meighan
joue bien. L'éclairage est d'une belle
opulence.
Le Chevalier errant.
En 1628, le lieutenant Wiwalt croit
tué son chef qui se bat pour la France.
Il se substitue à lui et revenu en
Suède il se fait aimer d'une jolie et
riche héritière, mais l'autre réappa-
raît. L'amour, pourtant, subsiste
entre les deux jeunes gens, et le men-
teur ne serait pas châtié de ses im-
postures si Ion ne 1 obligeait à deve-
nir un chevalier errant. Il y a là de
belles reconstitutions. Les interprètes
ont une allure capable de nous don-
ner l'illusion de l'époque, surtout un
bon vivant qui demande à boire tran-
quille On revoit avec plaisir Marv
Johnson. La ligure de Costa Ekman
est belle et Axel Ringvall pourrait
jouer un Gargantua.
Un magazine
C'est dans le « Paramount-Maga-
zine » que je les ai vus. Ils ont de la
grâce et de l'endurance. Ils travail-
lent chez les Lapons et les Esqui-
maux dans de magnifiques paysages
blancs. Bêtes de trait, elles servent
longtemps. Devenus vieux, ils sont
tués, pour être mangés. C'est ainsi
qu'on les récompense.
Et voici les quartiers de New-York
où se reconstituent comme des cités
lointaines, celui des Polonais et des
Russes, où l'on se croirait dans les
bas-fonds de Varsovie, regardons ce
marchand de pétrole qui fut chassé
de Pologne et dont les écriteaux
annoncent les marchandises en ca-
ractères hébraïques ; le marchand
de tissus envahi par les chalands ; le
centre italien (Mullery Street), c'est
Venise sans le soleil, nous dit-on ..
Scout Girls
Les jeunes Suédoises ont — beau-
coup d'entre elles — l'habitude de
prendre des vacances par groupe, à
la campagne. Ce film nous les mon-
tre à la ferme, trayant des vaches,
puis à la gymnastique... suédoise
naturellement, et dans les champs.
Une bouffée d'air pur semble passer.
Salomé
C'est une parodie. Imaginez une
salle dans laquelle des spectateurs
assistent à une représentation théâ-
trale. D'abord un épisode de la guerre
de Sécession, puis Salomè. Les gaffes
des acteurs et les erreurs de mise en
scène autant que la physionomie du
public sont des prétextes à des exa-
gérations amusantes. C est de l'Hervé
sans la musique et sans les paroles.
Hérode nous a rappelé Brasseur dans
l'Œil crevé. La parodie au cinéma
peut nous amuser beaucoup plus
encore. Dans ce film-là, il y a de jolies
danseuses, Mack Sennett sait les uti-
liser.
Lucien ^VAHL.
cinea
17
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
Je me souviens seulement que mon
père lança tout un flot d'injures, se-
lon son habitude et m'envoya immé-
diatement à Arsk, une toute petite
ville de province, pour y suivre les
cours d'une école professionnelle des
mitiers. Je crois qu'il avait agi ainsi
non pour avoir voulu faire de moi à
n'importe quel prix un ouvrier mais
parce que à Arsk il n'y avait pas du
tout de théâtre. De toutes les villes
qui existent dans le monde entier -
c'est la ville la plus triste et la plus
inutile.
C'était la première fois que je quit-
tais mes parents, que je voyageais
ainsi tout seul en carosse de poste. La
route était ravissante le temps aussi:
un chaud automne avec un soleil
doux qui caressait les arbres à tra-
vers l'air limpide. J étais tout joyeux.
Il me semblait que je m'en allais vers
un pays de songe ou règne la beauté
loin de cette vie misérable que je me-
nais au Faubourg des Drapiers.
Je choisis le métier de menuisier.
J'avais vu que les élèves de la classe
supérieure de cette section fabri-
quaient toutes sortes de casiers et de
petits coffrets pour leur usage per-
sonnel et cela m'avait plu beaucoup.
Mais bientôt ce métier ne m'inspira
plus que du dégoût : c'est que le pro-
fesseur en avait une habitude assez
désagréable : il se servait de tous les
ustensiles qui se trouvaient dans sa
classe pour battre les élèves avec et
comme il y en avait qui étaient assez
massifs, ce moyen correction ne
m'inspirait aucune confiance. Je de-
mandai donc l'autorisation de passer
à l'atelier de reliure. Là-bas, les ins-
truments étaient plus légers et à la
rigueur si même sur votre tête un
livre venait de s'abattre c'était tout
de même moins dur qu'une planche
de quelques centimètres d'épaisseur.
J'appris ce métier très vite et je fis
même un assez bon relieur :
Un jour (c'était en hiver) assis sur
un banc près de l'entrée de l'école et
pensant toujours au théâtre, à Kazan
j'ai eu une idée subite : si je m'en al-
lais d'ici pour retourner à Kazan I
J'avais quelques kopeks dans ma po-
che et en un instant je pris cette dé-
cision : entreprendre le voyage Puis
je me levai et me mis en route tout
simplement. Seulement au bout
d'une dizaine de verstes deux hom-
mes à cheval merattrapérent:c'étaient
un gardien de l'école et un de mes ca-
marades de classe supérieure.
Sans rien dire, ils me prirent au col-
let et me ramenèrent de nouveau à
l'école Là-bas m'attendait naturelle-
ment une exécution copieuse et après
avoir subi cette punition inévitable
je me résignai à la perspective d'y
rester jusqu'au printemps, ne voyant
aucune possibilité de sortir plus tôt.
Mais tout à coup arriva une lettre
de mon père : ma mère était tombée
malade — il n'y avait personne pour
veiller sur elle et à la fin un ordre
pour moi: revenir immédiatement à
la maison.
Le voyage fut assez long : j'étais
admis dans une caravane de mar-
chands qui transportaient leurs mar-
chandises pour la foire prochaine.
Ils n'étaient pas pressés du tout et
s'arrêtaient souvent dans des auber-
ges au bord de la route pour prendre
des interminables tasses de thé au
pain noir. Quelquefois ils m'invitaient
aussi et c'ètaitdélicieux ce thé chaud
après des longues heures passées
dans un chariot découvert par un
temps glacial.
Ma mère, en effet, était gravement
malade. Elle souffrait d'une manière
atroce et ne cessait de gémir et de
pousser des cris terribles. Et moi
qui ne pouvait lui venir en aide î
C'était affreux. Peu de jours après on
la transporta dans une clinique et là-
bas le docteur Winogradoff avait
fait un miracle : en un temps très
court ma mère était guérie. Jusqu'à
la fin de ses jours elle parlait de cet
homme avec une révérence presque
religieuse.
Mon père me fit entrer à l'Ouprava
de district et maintenant je me ren-
dais au bureau tous les jours avec
lui. On nous faisait copier d'énormes
rapports avec un tas de chiffres et
souvent après avoir travaillé tard
dans la nuit nous restions au bureau
jusqu'au lendemain matin en utili-
sant les tables pour nous y coucher
dessus.
Doudkine.le secrétaire de l'Ouprava
était très gentil pour nous. Il venait
de remplacer l'ancien secrétaire Ti-
fief, qui, d'après ce que racontait de
lui mon père, était un homme un peu
spécial: c'est ainsi que par exemple,
il gardait chez lui un knout pour en-
seigner par son intermédiaire à sa
femme l'art de vivre convenablement.
11 paraît que Doudkine tenait mon
père pour un très bon travailleur
car lorsque mon père, étant saoul,
lui disait des grossièretés inouïes, il
ne faisait que sourire en clignant ma-
licieusement l'œil.
(A suivre) L. Valter, trad.
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Programme du vendredi 25 au lundi ss novembre.
Les trois mousquetaires, 7< épisode. Le miroir de
l'âme. Programme du mardi 20 novembre au jeudi
1" décembre. La Charrette Fantôme. — Sa nuil île
noces. Les tables de La Fontaine, première série.
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cinea
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Une poule mouillée.
J'avais tort, naguère, de vouloir
opposer des conceptions d'art essen-
tiellement différentes, qu'il est sans
intérêt d'affronter l'une à l'autre.
Quelle commune mesure avons-nous
entre le Stabat, de Pergolèse.et Sche-
herazade, entre Les Proscrits et
Zorro ? Le nouveau film de Douglas
Fairbanks a l'éclat, le scherzo de
Zorro; il n'en a pas les côtés amusants
de mélancolie sentimentale, d'alan-
guissement andalou, encore que cer-
taines touches destinées à exprimer
l'européanisation du jeune Marshall
soient justes et précises; par contre,
la palette est plus variée, plus char-
gée d'effets imprévus, et nulle part
on n'est tenté de voir dans le sujet
autre chose qu'un canevas; de sorte
qu'on peut se laisser aller, sans au-
cune arrière-pensée, à la joie éblouis-
sante qu'inspire le film.
Heureusement qu'il n'y a point de
sujet! Quel sujet, fut-il aussi tragi-
que qu'une légende mycénienne, ré-
sisterait à cette avalanche de presti-
gieux détails ? Allez voir Douglas,
en habit, tournant le dos à la porte
du foyer, cependant qu'il enfourne
du charbon entre ses jambes, ou bien,
pris dans un fdet plein de poissons,
dont il saisit flegmatiquement le
plus gros pour s'en faire un oreiller
— ou bien, glissant sur la planche
avec le contenu du filet et offrant sa
tête au couteau du saleur surpris —
ou bien déambulant par les rues
avec, à sa suite, tous les chats du
quartier attirés par l'odeur de pois-
son — ou bien encore sautant d'une
montagne sur un arbre, et dégringo-
lant de là dans la plus vertigineuse
des descentes en cascades T Et ne vous
demandez point : « Pourquoi ? Qu'est-
ce que cela signifie?» Que signifie,
je vous prie, le scherzo du quatuor
en fa? ou celui du trio de Lalo?
Voilà deux fois que le mot de
scherzo revient sous ma plume à
propos de Douglas; et l'association
d'idées n'est pas fortuite, puisque ce
mot implique la notion de bondir.
La possibilité de créer une émotion
artistique par le seul mouvement
dans des œuvres dont la signification
interne passe au second plan, n'ap-
partient pas qu'à la musique ; le ci-
néma — si apparenté à la musique
à beaucoup d'égards — y peut égale-
ment prétendre, et Douglas en est la
preuve.
La poésie d'ailleurs y tend égale-
ment; je ne parlerai pas de Musset,
qui, à vrai dire, y est parvenu sur-
tout dans sa prose (Fantasio), ni de
Rostand, dont le Chantecler n'a pas
un autre objectif; je remonterai di-
rectement à leur maître commun :
Shakespeare. Voulez-vous me dire,
s'il vous plaît, ce que signifie nercu-
tio, et si le personnage n'est pas un
UNE POULE MOUILLEE
le nouveau film de Douglas Fairbanks qui plaira autant que le triomphal Signe de Zorro.
cinéa
Vn muet n'écrira pas
" table " s'il peut mon =
trer une table. L'art
muet devrait faire
comme lui ,&* ^
scherzo vivant, lequel, différence
faite des modes d'expression, serait
à la Renaissance Italienne ce que
Douglas est au Far-West des temps
héroïques?
Ensorcelée.
Il y a dans les romans de Cynthia
Stockley une indéniable puissance
tragique et mystérieuse; mais, à ce
point de vue, Rosanne Ozanne, d'où
est tiré ce film, n'est pas le plus sa-
tisfaisant; le dénouement ne se tient
guère; il est trop facile, en vérité,
de nous montrer la charmante jeune
fille qui plaide l'envoûtement, se ma-
rie, épouse l'homme qu'elle aime,
tout en laissant crever comme un
chien le complice de ses vols.
La visualisation de ce récit est
excellente, encore qu'il soit difficile
de suppléer aux paysages étranges
et topiques de l'Afrique du Sud. Ethel
Clayton est une bonne artiste, qui
travaille, et que l'on voit toujours
avec intérêt.
GENEVIEVE FELIX (cliché pathé)
la charmante comédienne française qui vient de reparaître dans Miss Ravel.
Kazan Chien-Loup.
James Oliver Curwood, déclare Karl
Laemmle, est un des trois écrivains
américains dont le nom fait recette
à l'écran, non point tant à cause de
leur talent que de l'intense et com-
merciale réclame organisée à leur
profit. Cette réclame a été assez effi-
cace, naguère, pour me faire com-
mencer un roman de J. O. Curwood;
mais n'y trouvant rien qui ne parût
Le public ne fait pas
crédit ; il ne s'intéresse
aux essais Que lorsqu'ils
réussissent sG° ^
cinea
CLICHE PATHK
M. Aimé SIMON-GIRARD qui avait accepté
la tache difficile d'être d'Artagnan, v a prouvé
du talent, bien qu'il ne représente pas exacte-
ment le personnage de Dumas Père, et nous a
fait apprécier des dons sportifs et pittoresques
de premier ordre.
cinéa
LE VOLEUR
Pearl White et Wallace Mac Cutcheon ont interprété avec éclat ce drame fameux.
sortir de Kipling ou de Jack London,
je n'ai point récidivé.
Littérairement quelconques, ces
récits constituent une excellente ma-
tière de films d'action. Kazan, à cet
égard, prête particulièrement; je
regrette seulement que des tenta-
tives de viol un peu trop multipliées
■
■
Un bon interprète de cinéma fait \
comprendre et sentir ce qu'il \
S éprouve sans qu on soit obligé Z
\ d'imaginer tes paroles qu'il \
\ prononce /&" ^ /G* •
ne les désignent point pour y mener
des enfants, que passionnerait le per-
sonnage du formidable chien-loup.
(En passant et pour répondre au
reproche, jeté à nos romans, pièces
et films, par les gens de Somerville
(Mass.), de ne parler que d'adultère,
notons que nos adultères sont plus
discrets que leurs rapts!)
L'interprétation est solide, cons-
ciencieuse, homogène; il est presque
dommage de ne voir la jolie Jane
Novak que toujours enfouie sous
d'épaisses fourrures, et l'on est heu-
reux lorsque le cinéaste lui donne
enfin un prétexte de se déshabiller,
en montrant une jambe charmante,
au moment d'ailleurs où la prudence
la plus élémentaire lui commanderait
de conserver un maximum de vête-
ments.
Lionel Landry.
Le travail du critique. En deux
jours, trois films, cinq opérations
chirurgicales : « Non, merci ! ce
soir, découper le rôti est au-dessus
de mes forces »• *& *&
cinea
JS DOUGLAS, Mousquetaire du Film M
Un beau jour, Douglas Fairbanks
est arrivé, d'un bond, dans nos habi-
tudes, et, depuis cet événement,
beaucoup de personnes se portent
mieux. Les premières images d'Une
Aventure à New-York apportaient
un air nouveau. Je ne sais quelle mer
invisible y mettait un goût d iode,
desel.un bruit de fouet, une lumièrede
feu. L'art du cinéma s'y épanouissait
en notes sèches et vives. Un homme,
jeune, hardi, inlassablement rythmé,
paraissait comme sorti de 1 imagina-
tion d'un poète, tels ces personnages
de Shakespeare, tels ces tout neufs
instruments de progrès qui nous en-
chantent par leur tenue, leur ligne et
leur originalité. Un avion ou une tor-
pédo, voilà les individus de qui Dou-
glas est parent bien mieux que de
Sacha Guitry ou de Sarah Bernhardt.
Le curieux fut que Une Aventure à
Xciv-York, parodie du drame pré-
tentieux, du roman policier et du hé-
ros romantique, nous révéla en Fair-
banks une sorte de Frederick Lemaître
de l'action moderne. Le panache des
vieux mélos disparaît, mais le mus-
cle paradoxal, audacieux, agressif,
mène le jeu avec un train presque ly-
rique. Ruy Blas, l'Auberge des
Adrets, le Bossu ne sont pas si morts
qu'on l'a cru. Voici Une Aventure à
New-York. Le mystère échevelé s'y
retrouve, mais, bien entendu, aujour-
d'hui il ne faut pas avoir l'air de le
prendre au sérieux. Sourions du
grand frisson et avouons que nous
ne lavons jamais tant cherché. Le
jeunehommede l'Ouest qui arrive à
New-York en chevauchant des toits
de wagons et s'ébroue dans l'enche-
vêtrement arbitraire, insensé, déli-
cieux d'un roman à pièges, nous a
conquis. Qu'il frôle toutes les catas-
trophes, qu'il aguiche de la cape ou
des banderilles le traître, le monstre,
la crapule d'Arizona ou de Broad-
way, il triomphera, il régnera par sa
maîtrise de sourire et son amour du
beau geste T Un héros, un gamin, un
homme.
Ça, c'est un mousquetaire.
Il a ainsi créé de la vie, nous ren-
dant cet inattendu brillant que le
théâtre néglige et que le roman cul-
tive un peu laborieusement. Toujours
franc, généreux, vaillant, fantasque
et gai, il rayonne comme ces grandes
fusées qui s'ouvrent sur le ciel en
ombelles triomphantes. Qu'est-ce que
Terrible Adversaire ? Une chanson,
un poème, un sport ? C'est de l'hé-
roïsme romanesque avec cette négli-
gence apparente qui en assure le
DOUGLAS FAIRBANKS
dans Une Poule Mouillée.
charme. Quand je relis Dumas père,
génie des conteurs, je vois Douglas
crever chaque page et se camper
dans la situation sans issue qui finit
toujours si bien. Chicot. d'Artagnan,
Salvator, Balsamo, créatures si dé-
mesurées et si charmantes, fleuries
d'imprévu, Douglas est votre copain.
American Aristocracg, le Métis,
l'Américain, Sa revanche, le Sau-
Le cinéma est preformé
dans les œuVres des plus
grands écrivains améri°
coins, Edgar Poè", Hato-
thorne, Walt Whitman. En
France, il faut le créer
contre la tendance de tou=
te une littérature ^ ^
veur du ranch, l'Ile du salut, Dou-
glas dans la lune, Douglas au paya
des mosc/uées, Douglas a le soin ire,
le Lieutenant Douglas, Douglas
brigand par amour, et vingt autres
vivent, grouillent, s'agitent et nous
éveillent, et voilà de superbes cou-
rants d'air frais qui ont secoué nom-
bre de petits ronds-de-cuir sur la
vaste terre ou de petites demoiselles
qui lisent en cachette Fantomas ou
Vierge et flétrie. M. Joseph Rouleta-
bille en a pâli.
La plus rigoureuse flamme de cette
gerbe fut Douglas for ever où la réa-
lisation d'Allan Dwan encadra la
verve de Fairbanks d'une beauté et
d'une vertuosité photogénique rare-
ment vues à l'écran.
Je regrette qu'on 'ne voit en Fair-
banks qu'un acrobate. Mon admira-
tion pour les acrobates originaux et
harmonieux ne pourrait que s'accor-
der avec cette opinion si elle était
juste. Elle est fausse, comme les per-
sonnages romanesques dont nous
parlions, Douglas vit plus de gestes
et d'actes que de pensées et met en
avant l'attitude au détriment, par-
fois, de la sensibilité. Mais pourquoi
oublier certains de ses premiers films
le Timide, par exemple, ou Paria de
la vie où il fut surtout humain, déli-
cat, intérieur ? Et le long de ses films
tourbillonnants, que de fois un re-
gard ou un mouvement bref révélè-
rent un sentiment, un don de l'expres-
sion, un sens de la psychologie! En-
fin nous -venons de voir en même
temps (et nous n'avons pas vu toute
sa production) le Signe de Zorro et
Une Poule mouillée où Fairbanks a
composé des personnages complexes
avec une science, une prudence, un
goût de grand comédien.
Dans Zorro particulièrement, il a
précisé un talent très fin et très
poussé qui fera peut-être de lui bien-
tôt un des acteurs les plus complets
de l'époque.
Louis Delluc
0
cinea
Un interview de Charlie Chaplin
Pour nos âmes troublées par L'ana-
lyse, et qui ne conçoivent un senti-
ment que conditionné ou assaisonné
par le sentiment contraire, la diffé-
rence du bien et du mal, du triste et
du gai, du tragique et du comique
apparaît malaisée Par contre, nous
savons distinguer, quel que soit le
genre où ils travaillent, les êtres sa-
tisfaitsd'eux-mêmes, heureux d'avoir
trouvé, et les inquiets qui cherchent
et chercheront toujours ; et c'est avec
ceux-là seulement que nous sympa-
thisons.
Charles Chaplin est un de ces in-
quiets, et cette préoccupation, ce
souci de s'attaquer aux problèmes
les plus graves, les plus insolubles,
les plus éternels, c'est le succès qui
les lui a donnés.
Chaplin — nous empruntons ceci à
un interview, pris par notreconfrcre
Frederick .James Smith que publie
Shadowland, de novembre et où se
trouve dévoilé un peu de la vie inté-
rieure du « Comédien tragique » —
Chaplin n'est plus l'acteur content de
lui-même « se chauffant au soleil de
son succès». La gloire, la fortune
lui ont donné la possibilité de penser,
de réfléchir, d'avoir des idées — chose
impraticable ou dangereuse lorsqu'on
est pauvre. Dans cet état de récepti-
vité, la révolution russe a été une
révélation. Toutes les capacités d'en-
thousiasme de Charles Chaplin se
sont portées sur Lénine et ses colla-
borateurs ; toutes s.es indignations
se sont dirigées contre les puissances
qui ne se sont pas prêtées au déve-
loppement normal de l'expérience
russe. Et ainsi s'explique que l'auteur
de Siuinijsiiie soit devenu commu-
niste en devenant millionnaire.
En même temps, son art lui appor-
tait, avec des joies profondes, des
déceptions renouvelées. « Les possi-
bilités d'expression de l'écran, dit-il,
sont limitées : mais ce n'est qu'un cas
particulier de l'inaptitude générale
des hommes à se faire comprendre
les uns aux autres. Les efforts de la
Terre pour communiquer avec Mars
ne sont rien à côté des efforts d'un
être humain pour communiquer avec
un de ses semblables. Quels sont les
mots, quelle est la pantomime par
lesquels je puis vous faire sentir une
faible portion de mon être intérieur
réel ? Des gens vivent ensemble pen-
dant des années et ne se connaissent
que très vaguement. Considérez la
lourdeur obtuse de l'homme ignorant,
les efforts futiles de l'homme intelli-
gent. C'est la chose pitoyable et tra-
gique de la vie, ce mutisme de l'hu-
manité... »
Et il ajoute : « Cette recherche de
communication avec des amis, et
l'échec auquel elle aboutit générale-
ment, amène le désir de la solitude.
Il en est ainsi pour moi : j'aime être
seul. Au point où j'en suis, il me se-
rait impossible de remonter sur la
scène. Apparaître derrière la rampe,
chercher un contact personnel avec
les gens qui me regardent, tout ris-
quer sur ce faible moyen de commu-
nication : j'en serais désespérément
effrayé. »
Charles Chaplin est fort ennuyé
que ses cheveux commencent à gri-
sonner. Il espérait que cela passerait
avec l'amélioration générale de sa
santé ; mais le gris persiste et s'étend.
De là, la conversation a passé â la
mort. Chaplin déclare qu'il s'est ha-
bitué à l'idée de la mort — ce qui ne
veut pas dire qu'il ne lui serait pas
désagréable d'apprendre qu'il doit
mourir demain; mais la pensée d'une
dissolution finale a cessé de l'indigner.
Il se refuse à considérer la vie comme
une entité ; elle n'existe que quoti-
diennement, et à condition de pren-
dre chaque jour ce qu'elle offre de
beauté, de charme ou déplaisir.
(Jules Laforgue, on se le rappelle,
se plaignait, lui, que la vie fût telle-
ment quotidienne. )
La grande joie de Chaplin est de
trouver une idée. L'effort nécessaire
pour la réaliser lui est extrêmement
pénible. Il déteste le travail mental
au point de ne presque plus pouvoir
lire. Cependant il a lu avec intérêt
l'Histoire Universelle, de Wells. (Cet
ouvrage de vulgarisation, écrit par
un autodidacte génial, a fourni à cen-
taines de milliers d'autres autodi-
dactes de ces certitudes dont l'homme
a beaucoup plus besoin que de la vé-
rité!. Il subit aussi l'influence de
Frank Harris dont l'ardent patrio-
tisme irlandais s'harmonise curieu-
sement avec le mysticisme révolu-
tionnaire russe.
Au fond Charlie Chaplin souffre,
comme beaucoup d'hommes illustres
des inconvénients qu'entraîne l'achè-
vement trop complet de sa personna-
lité. Certes, c'est une grande joie
de réaliser sa personnalité ; mais
au delà d'un certain degré, on finit
par en devenir l'esclave, et c'est
là qu'en est l'auteur du Gosse.
Quand il est débarrassé des raseurs
— auteurs, journalistes, directeurs,
spectacteurs, quémandeurs — quand
il est libre dans l'intimité d'égaux
comme Douglas Fairbanks et Mary
Pickford.il est gai et même bon com-
pagnon.
Lionel Landry.
clnéa
II
0 DERRIÈRE L'ÉCRAN
FRANCE M
Musidora prépare un grand film
de mœurs espagnoles modernes où
elle interprêtera un double rôle.
•
Roger Karl va tourner Le Grillon.
•
La mort du protagoniste M. Michel,
a interrompu le film de M. Feuillade :
Parisette .
Michel était un consciencieux in-
terprète. Sa silhouette curieuse mé-
ritait des drames plus curieux. La
création de Bavrabas lui valut une
sorte de popularité.
Van Daële et Diana Karenne ont
commencé dans les Pyrénées-Orien-
tales le film de M. Protazanoff.
•
Le Cinéma, de Henri Diamant-Ber-
ger, paraît dans une nouvelle édition.
•
Tous ceux qui ont lu dans nos co-
lonnes les articles hardis et précis
de Jean Epstein voudront lire Cinéma
qu'il vient de publier. L'amour de
l'art muet et la parodie de ses fai-
blesses y sont traités avec une âpre
saveur, dans une forme étrangement
spirituelle.
•
Le siège social de la Chambre Syn-
dicale de la Cinêmatographie est
transféré au Palais de la Mutualité,
325, rue Saint-Martin.
•
Douglas Fairbanks.Mary Pickford,
leur famille, retour d'Algérie, sont
partis à Londres avec M. Guy Gross-
well Smith.
•
Jacques de Baroncelli a écrit une
conférence fervente et franche sur
le cinéma. Signoret l'a lue au Salon
d'Automne.
•
Le scénario de Jettatura est de
M. Michel Nina Gilles et Pierre
Veber
C'est un essai cinêgraphique d'en-
voûtement que l'on a essayé de situer
dans un cadre moderne , très mo-
derne même, avec une sorte de sor-
cière, femme fatale en apparence,
dont les amants meurent tous, de
suicide ou d'accident.
En réalité, cette femme, liée au
démon par un pacte, envoûte les
hommes, et les tue par le sortilège
de la Dagyde ou poupée de cire, que
la magicienne pique d'aiguilles, jus-
qu'à gagner le cœur ; ce dernier coup
devant provoquer la mort.
La mise en scène est de Gilles Pierre
Veber.
GABRIELLE DORZIAT
■ protagoniste du film L'Infante à la
Rose, revient à la scène avec
Comédienne, où on l'a
: acclamée.
Le film est interprété par Elena
Sagrary et Jean Dehelly.
Les décors sont de R. Mallet Sevens,
meublés par Fabre.
•
Modot, qui vient de tourner La
terre du Diable avec Luitz Morat et
Pierre Régnier les accompagnera
sans doute au Maroc pour leur nou-
velle production.
ANGLETERRE M
La constitution dn British National
Film Leagu? marquera une date dans
l'histoire de l'industrie cinématogra-
phique en Grande-Bretagne. Ainsi
que je le notai ily aun mois, les deux
causes principales de la stagnation
du film britannique étaient d une part
un manque de direction, d'autre part,
une crise d argent. La communauté
d'intérêts des producers et loueurs
anglais qui vient ainsi de se résoudre
en une unité d'action remédiera à
leurs déplorables effets. Nul doute
qu'elle ne porte bientôt ses fruits,
dont tout un chacun connaîtra le ou
les avantages. Dès à présent, n'envi-
sageant la question que dans un sens
strictement circonscrit par les décla-
rations officielles, on ne peut que
louer les promoteurs de la ligue d'a-
voir pris à temps les mesures néces-
saires pour sauvegarder, et qui plus
est, assurer la prospérité de cette in-
dustrie, réussissant là ou les exhibi-
teurs, par pusillanimité et surtout
manque de coordination, avaient
échoué. L'abolition du blok et de
l'advance booking qualifiée générale-
ment de chimérique, fera, fait déjà
partie du domaine des réalités. Un
afflux très prochain d imposants ca-
pitaux en sera la conséquence immé-
diate. Ce système pernicieux de loua-
ge en moins, l'industrie du film en
Angleterre devient une « affaire » en
cela que les rentrées d'argent, sinon
les bénéfices, seront assurées dans de
courts délais. Une exploitation ra-
tionnelle de bons films fera le reste,
quant à la popularité d'une produc-
tion que les exploitants pourront
qualifier sans crainte: nationale, la
valeur intrinsèque de ces films étant
garantie par la concurrence libre et
franche, la saine émulation que le
B. N. F. L. vient d'instaurer.
•
Cecil B. de Mille, viendrait à Lon-
dres avant la fin de l'année avec, à
l'instar de nombreux autres compa-
triotes, l'intention de produire. S'agi-
rait-il d'une autre reconstitution his-
torique anglaise ?
•
The Glorious Adventure, le film
en couleurs naturelles réalisé par
J. Stuart Blackton, sera présenté par
Stoll au New-Oxford. Afin de donner
un cachet tout spécial à cette présen-
tation, le théâtre sera revêtu d'une
décoration dans le style de l'époque.
Les lecteurs de Cinêa savent déjà
12
cinea
que l'action prend place en 1030, lors
de l'incendie de Londres.
•
Il m'est particulièrement agréable
d'apprendre qu'à la suite du succès
remporté par le Pantin Meurtri, la
Compagnie des cinématographes Har-
i\v, exploitera en France trois autres
productions de la Welsh Pearson :
The OUI Curiosity Shop, Mary Fine!
the Goldet Squibs. Le public français
■s'en réjouira bientôt sans doute avec
moi .
•
Robert Fenemore, metteur en scène
pour The North British Productions,
est engagé dans la réalisation de
films qui seront une mise à l'écran
des poèmes les plus connus d'auteurs
britanniques célèbres. Le premier
poème choisi, dont l'adaptation est à
présent terminée est Le Portrait de
Lord Lytton.
•
Disraeli, adaptation de la pièce de
L. N. Parker, sera distribué par les
Allied Artists en janvier prochain.
L'interprétation de ce film, national
peut-on dire, est presque exclusive-
ment britannique. Elle comprend
entre autres, G. Arliss dans le rôle
principal qu'il tint également à la
scène. L'achat du canal de Suez par
l'Angleterre en 1876, forme le nœud
historique de Faction .
•
A l'encontre de la crainte exprimée
dernièrement par les exploitants an-
glais, les récentes réalisations de
Mary Pickford et Douglas Fairbanks,
Les Trois Mousquetaires et Little
Lord Fauntleroy seront distribuées
dans les cinémas réguliers. Ainsi
vient de l'assurer M. H. Abrams, avec-
opportunité avouons-le. Le sort de
Dream Street (D.W. Griffith prod.)
eut été, sans quoi, bien aléatoire. La
décision des A. A. se rapporterait
aussi à Way Down East qui, quittant
l'Empire après deux mois de succès,
seraprésenté dans les plus importants
cinémas du pays.
•
Gaumont Ltd. a présenté Bluff réa-
lisé par M. Geoffroy Malins pour la
Co. Hardy. Le film a obtenu un franc
succès. L'honneur en revient en pre-
mier lieu à l'auteur qui fut en même
temps scénariste ; M. Rafaël Sabatini.
Son adaptation est une des meilleu-
res que j'aie jamais vues, par meilleure
j'entends dire qu'elle est excellente.
La coopération étroite, intime, qui
doit exister entre l'auteur et l'adapta-
VICTOR SJOSTROM
dans La Charrette fantôme où son talent de créateur s'est imposé.
avec la collaboration de Tore Svennbèrg et Astrid Holm.
teur vient d'être une fois de plus,
clairement démontrée. Espérons que
maints metteurs en scène, jusqu'ici
enclins à reléguer celui-là dans une
tour, où, selon eux, il ne doit rien
faire, lui permettront désormais de
de prendre part à leur travail de vivi-
section. L'histoire de Bluffent loin
d'être originale, mais développée sui-
vant des lignes neuves, grâce à une
technique irréprochable, elle paraît
telle. D'autre part, un soin extrême
apporté à sa réalisation, une inter-
prétation convaincante font que 1 in-
térêt ne faiblit pas un instant. Le film
sera certainement une bonne offre à
l'étranger.
A. F Rosi;.
AMÉRIQUE JS
Fatty est né dans l'état de Kansas,
en Amérique, en 1887. Il a donc
34 ans.
A l'âge de 15 ans, il s'engagea dans
une Compagnie théâtrale, et, bientôt
dirigea personnellement la troupe.
Sa carrière cinématographique
commence en 1913. L'ayant rencontré,
le célèbre metteur en scène Mack
Sennett l'engagea immédiatement.
Par la suite, la Famous Players
Lasky l'engagea et lui signa un con
trat de dix années. Selon les terme
de ce contrat, il est garanti à Fatt
un minimum de 1.000.000 de dollars
par an (au cours actuel plus de 10 mil
lions de francs), ce qui en fait le
comédien le plus payé du monde.
L'immense popularité de Fatty
dans le monde entier a incité la Para
mount â le faire paraître dans des
films plus importants et de plus long
métrage que le sont d'ordinaire les
films comiques. Fatty eut un tel suc-
cès qu'il décida d'abandonner com-
plètemeut les petites productions. Il
tourna Les millions de Fatty et bien
d'autres qui seront présentés au cours
de cette saison.
•
Thomas Meighan, Tommy dans
l'intimité, est l'homme le moins sé-
dentaire du monde et pourtant il
adore la vie tranquille du foyer. A
peine a t-il terminé un film au Studio
Lasky, à Holtywood, qu'il saute dans
un express pour arriver à temps au
Studio de Paramount à Long Island,
où il en tourne un autre. Six se-
maines plus tard, le voilà de retour
en Californie où il en recommence
un troisième.
Tommy connaît par leur prénom
M M JS A Les Matinées de Cinea M M M M
ont été brillamment inaugurées au théâtre du Colisee parla repnsede La
Vie et la Mort d'El Gallito donnée dans son intégralité, et la révélation du
CabineUu Docteur Cahgari, ce film allemand dont il a été tant et tant parle.
Les Français se devaient de le connaître. On nous annonce d ailleurs qu il sera
bientôt soumis au jugement d'un public plus étendu. Cinéa remercie ses lec-
teurs et amisiinonymes d'avoir approuve par leur présence cette manifesta-
tion que, d'ailleurs, quelques professionnels ne dédaignèrent point. Ajoutons
que le programme s'acheva brillamment par les danses de la savoureuse bina
et par Mijuanita, drame bref et hardi de M1- Jeanne Desclos que 1 auteur in-
terpréta harmonieusement avec Alcover. sûr comédien de la scène et de 1 écran.
14
cinea
tous le» porteur» de toutes les gares
de chemin de fer... Il a parcouru
l'Amérique d'un Océan à l'autre tant
et tant de fois qu'il est un véritable
guide humain...
Kt pourtant, personne plus que lui
n'adore sa maison et son foyer, sa
charmante résidence de Hollywood
est un des endroits les plus at-
trayants de la contrée, où il aime à se
retirer paisiblement après une journée
passée dans l'agitation des studios.
Mme Thomas Meighan, est France»
Ring, l'artiste de théâtre connue.
C'est une femme charmante... et l'on
ne peut faire l'éloge de Tommy sans
faire le sien.
Ils n'ont pas d'enfants, ils les
aiment cependant tous deux. C'est
pourquoi leur maison retentit tou-
jours de leurs cris joyeux. Tom
les aime d'une façon qui touche
presque à l'adoration, les petits le
lui rendent bien. On peut facile-
ment s'en rendre compte dans les
émouvantes scènes de tendresse qu'il
joue dans La Princesse Alice. Tom
n'avait pas besoin de « jouer » ces
scènes, il les vivait naturellement.
Thomas Meighan est la régularité
en personne. Quand il n'est pas au
studio, il est chez lui. Il aime la
bonne société, est un fervent des
sports et, tout particulièrement, du
golf dont il est un des plus adroits
joueurs de la colonie de Hollywood.
Si vous aimez les livres, vos yeux
seraient émerveillés en voyant la
bibliothèque de Thomas Meighan
qui est un liseur enragé. Les romans
modernes et surtout les livres qui
concernent la profession d'acteur
ont ses préférence». Tout ce qui a
rapport au théâtre et â l'écran le
passionne.
Récemment il disait â se» amis :
« Je crois personnellement que tout
homme d'affaires doit lire chaque
jour quelque chose concernant su
profession. Mon travail étant le ci-
néma, je me conforme â cette règle
en lisant les journaux corporatifs,
les magazine» cinématographiques
et les livres techniques. J'ai déjà
constaté qu'un jour ou l'autre tout
cela est de quelque utilité. »
Comme on peut facilement le voir
â son physique, Thomas Meighan est
d'origine irlandaise. Son tempéra-
ment celtique se manifeste bien dan»
toutes ses actions et ses goûts.
Son sourire est cordial, spontané
et communicatif. Il est grand, fort,
athlétique et plein d énergie. Il est le
favori des jeunes femmes et des
jeunes fdles qui trouvent qu'il est
un des plus beaux types d'hommes
jouant actuellement à l'écran, c'est le
vrai type du jeune américain.
Thomas Meighan a une adoration
pour les enfants. Pourtant ses cama-
rades furent surpris de le voir en-
trer en courant au studio Para-
mount, une ravissante petite fdle
perchée sur ses épaules. Tout es-
soufflé, il annonça : « Je vous pré-
sente Miss Peaches Jackson, ma nou-
velle partenaire ». Et Peaches cacha
sa tète contre son épaule pour cacher
sa confusion... C'était pourtant la
vérité, Peaches joua dans Princesse
Alice, le rôle de l'héroïne â l'âge de
quatre ans.
William de Mille est arrivé â une
telle notoriété par son talent qu'il est
â peine nécessaire d'ajouter qu'il est
le frère du fameux Cecil B. de Mille
et le fil» du dramaturge bien connu
Henry C. de Mille.
Il fit presque toute son éducation à
New- York et suivit les cours de l'Uni-
versité Columbia. Ses études termi-
nées, il commença â écrire des pièces
de théâtre et y réussit avec le plus
grand succès. Citons Strongheart,
The Warrens of Virginia et The
Woman, justement célèbres en Amé-
rique.
Ce n'est que lorsque le cinéma fut
en plein progrès que les frères de
Mille commencèrent à s'y intéresser.
Dès leur entrée à la Famous Players
Lasky Corporation ils y prirent aus-
sitôt la place prépondérante qu'ils
occupent aujourd'hui.
William, dontl'esprit humoristique
ne demandait qu'à se manifester, se
consacra aux comédies. C'est avec un
talent incontestable qu'il mit en
scène The Ragmuffin, The Clown,
The widoiv's Might et autres ravis-
santes productions.
Par la suite, il consacra ses rares
qnalités artistiques et son talent â la
réalisation d'œuvres dramatiques.
Mais, avec un tact parfait, il y intro-
duit toujours une note amusante et
humoristique afin d'atténuer le côté
tragique de ses sujets.
Une de ces productions les mieux
réussies est incontestablement La
Princesse Alice. D'autres œuvres
viendront bientôt et nous aurons
souvent l'occasion de reparler de ce
metteur en scène de grand talent.
■ -
M1
t .
4
^â
^^s**
\
KAZAN, chien-loup.
(cliché a. g. c.)
cinea
15
La Critique aussi est difficile
La critique n'est pas infaillible. Si
elle s'efforce à la sincérité ou la
prouve naturellement, on peut déjà
lui trouver une valeur. Elle peut se
tromper, de bonne foi. Alors il ne
faut pas la haïr. Il ne faut pas non
plus la détester de prime abord
lorsque l'on croit y trouver une iro-
nie mauvaise. Le lecteur aussi peut
se méprendre : dans une apprécia-
tion brève d'un film récent, j'avais
risqué un à-peu-prés sur un phéno-
mène de la nature généralement très
beau sur l'écran. Une artiste dont j'ai
reconnu le talent a cru y voir un
blâme pour le film dont au contraire
je ne méconnaissais pas le mérite et
a déclaré que plus jamais je ne serai
convié au spectacle des ouvrages où
elle paraîtrait! J'irai voir la repré-
sentation publique de ces films-là,
voilà tout, et je n'en déplore pas
moins d'avoir involontairement peiné
une artiste consciencieuse à propos
d'un film travaillé.
Une autre fois, j'avais signalé
quelques légers défauts très appa-
rents d'un film. Son scénariste et
metteur en scène m'écrivit une lettre
de chaleureux merci* en ajoutant
que j'aurais pu être plus sévère en-
icore puisque je ne connaissais pas
les difficultés auxquelles il s'était
heurté. Je n'oublie pas cette épître
intelligente.
Il y a aussi des consolations à l'in-
grat métier de qui veut dire la vérité.
Ainsi, pour un film dû à un metteur
en scène dont je ne savais même pas
le nom, je reçus une lettre un peu
désabusée, mais de chaude recon-
naissance. Non point que j'estime
naturel un remerciement quelconque
nous n'y avons aucun droit pas plus
que l'on ne nous doit une injure pour
notre sévérité possible, mais j'aurais
pu, là, blesser un homme, ancien
dans la carrière, en avouant mon
ignorance ; il reconnaissait qu'en
effet, malgré son labeur il n'avait pas
acquis la réputation dévolue plus
vite à d'autres pour un talent égal au
sien ou même inférieur.
Quelques-uns s'estiment lésés si
leur propre estime n'est point confir-
mée absolument et des compliments,
parfois, les formalisent, soit qu'ils
ne soient point assez vifs, soit qu'ils
visent une particularité méprisée
par eux.
D'autres encore — ou les mêmes —
affirment que le monsieur qui ose
critiquer « n'y connaît rien », qu'il
n'a pas approfondi les techniques, ne
sait pas les efforts nécessités par la
réalisation d'un film. Que l'on « n'y
connaisse rien », il sied de n'en pas
toujours disconvenir. Pourtant, il
est permis de juger une œuvre sans
être capable d'en fabriquer une égale.
Un gourmet n'est pas fatalement cui-
sinier. Un gourmand non plus.
Et voici une autre aventure :
quelqu'un que je connais bien rédige
des notes sur les présentations pour
une revue dont le directeur est lui-
même cinématographiste. Le rédac-
teur allait un jour voir un film dû à
son directeur, un film qui, à son avis,
n'atteignait pas du tout le but pro-
posé. Il l'écrivit très clairement dans
son compte rendu qu'il remit à son
directeur qui le lut et déclara :
« Alors ça ne vous a pas plu ? Je
vous remercie de l'avoir écrit. » Et il
inséra l'article qui le critiquait.
Je ne donne pas le trait comme
héroïque, mais je ne le crois pas,
d'une fréquence quotidienne!
Les sentiments, les opinions, sont
discutables. Lorsque leur sincérité
est absolue, on a tort de blâmer celui
qui les exprime avec courtoisie et la
susceptibilité n'est pas toujours le
propre des meilleurs.
Lucien Wahl.
C'est entendu, ceux qui
cherchent sont fatigants.
z
• Que direz=Vous de ceux
■ J
: qui croient aVoir trouvé?
•■■■■■•«■.■-*«■• ■■■«■■«
âVez Vous Vu
&•£'?*
tans
Signoret
... "Le Silence"
£ Emmy Lynn
dans "Mater Dolorosa"
£ A.=F. Brunelle
dans "Chignole"
•£ £ Eve Francis
dans "El Dorado"
•£ Jean Toulout
dans ... "La Xme Symphonie"
£ •* £ £ Modot
dans "Mathias Sandoif"
Yvette Andreyor
dans "Mathias Sandorf"
Jacques Grétillat
dans "Déchéance"
Marcelle Pradot
dans "Le Carnaval des Vérités"
•£ £ Desjardins
lans
tir
J accuse'
£ £ Roger Karl
dans ... "L'Homme du Large"
Gaston Jacquet
dans .. "Le Chemin d Ernoa"
£ S Mag Murray
lans
'Papill
ons
•£ •£ Harry Baur
dans ... "L'Ame du Bronze"
Suzanne Després
dans "Le Carnaval des Vérités"
16
cinea
Les Présentations
Le Cœur magnifique.
Le dernier film de Séverin-Mar.s,
très original acteur, qui avait la scien-
ce de la lenteur mystérieuse et terri-
fiante. Son rôle est celui d'un fou en
liberté, jouissant d'une autorité abu-
sive, avec un bel instinct de droiture,
mais capable de crimes soi-disant
vengeurs pour des faits dont il ne
sait aucune preuve. Exemple de mi-
sogyne forcené, déséquilibré mental.
Quelques très bonnes scènes. Inter-
prétes^tous louables: d'abord l'auteur
regretté, puis Mmes France Dhélia,
Daleyme, MM. Granval, Maxudian,
Carpentier, Mevisto.
Les Mille et une nuits.
Le calife Shariar aussi était miso-
gyne et même tant que chaque matin
il faisait trancher la tète de sa com-
pagne dernière. Shéhérazade a pu
échapper à cette tradition grâce à
l'intérêt suscités par ses contes. Iné-
puisable mine pour l'écran et' celui
que nous venons de voir est très
beau, pittoresque et touchant. Le
chapitre de la ville pétrifiée par la
volonté d'Allah est remarquable La
décoration arabe, les caravanes et
et une intrigue qui nous tient aussi
éveillé que le calife nous plaisent.
Mme Nathalie Kovanko, belle et,
tendre ou douloureuse, est la digne
interprète de cette belle histoire.
•
Le Tonnerre.
Comme dans Fièvre dont il était en
même temps le metteur en scène et
le scénariste, M. Louis Delluc a pu,
ici, respecter (à peu près) les trois
unités, mais, cette fois, pour un film
tiré d'une nouvelle de Mark Twain.
Le rire intérieur obtenu à la lecture
par un certain nombre d'œuvres de
cet humoriste illustre peut-il s'épa-
nouir par une vision à l'écran? La
difficulté m'en paraît invincible. La
prose est lente et détachée. Heureu-
sement le film est prompt avec d'ex-
cellents interprètes : M. Marcel Vallée
habile à la caricature, et Mlle Lili Sa-
muel, expressive et dotée d'un phy-
sique à la fois charmant et moqueur.
Nous espérons la retrouver.
Je dois une mention spéciale au
chat du Tonnerre ;|il est beau, souple,
admirable, comme presque tous les
chats des films et de la vie, dont on
nechantera jamais assez la souplesse,
l'indépendance, le vocabulaire, l'in-
telligence, etc., etc.
•
Le Dictateur.
Episode d'un pronunciamento dans
une hypothétique action de l'Amé-
rique Centrale. L'Américain, avec
Douglas Fairbanks, nous présentait
une histoire de ce genre, mais ironique
et grotesque, comme parodique. Ici,
cela est sérieux, malheureusement,
car les conversations et les intrigues
nous y apparaissent un peu tristes.
Vers la fin, une mise en scène mou-
vementée relève le film ; la bataille,
les défilés, les emprisonnements sont
parfaitement agencés. Alors l'aven-
ture des individus n'importe pas.
•
Son orgueil.
Jolis coins mis en valeur par Ince.
Mais vraiment un homme sans for-
tune est-il méprisé par le « monde »
quand il a épousé une jeune fdle riche ?
Le monsieur en question qui a de
l'orgueil conquiert à la fin l'opu-
lence. Le texte copieux est bour-
ré d'apophtegmes profonds. Ainsi :
«Nous ne sommes que les jouet de la
nature. »[Et l'on y appelle «fortunés»
des gens qui ont de la fortune.
•
Les Quatre Plumes
Un officier anglais démissionne au
moment d'une révolte en Egypte que
son régiment est chargé de réprimer.
Il voit sa fiancée se détourner de lui,
ses amis lui témoigner du mépris,
son père le congédier. Il a reçu qua-
tre plumes : symboles de lâcheté II
part pour l'Egyte, il s'y conduit en
héros, courant bien des risques et, au
retour, triomphe aussi d'ennemis
plus proches et retrouve l'amour
dont il était soucieux. C'est joué so-
brement, mis en scène avec soin.
•
Une femme sans importance.
Un titre d'une ironie triste comme
Ce n'est que Mary-Ami d'Israël Zang-
will. Le film Une femme .sans impor-
tance esttiré aussi d'un roman anglais
(d'Oscar Wilde). On y voit un fils
naturel devenir le secrétaire d'un
lord. C'est son père. Ni l'un, ni l'autre
ne le sait. Le lord avait dit de l'aban-
donnée, naguère. « C'est une femme
sans importance. » Trop tard pour
réparer, le père, après une alterca-
tion, s'en va. On demande à la mère:
« Vous avez reçu une visite?» Ré-
ponse: « Oh ! un homme sans impor-
tanée. » Le dialogue du film est nom-
breux ; parce que cela est du théâtre,
plutôt.
•
Marion la Courtisane.
Bouchard y, Anieet-Bourgeois, d'En-
nery renouvelés par le cinéma et, à
la vérité, rajeunis. Marion, enfant
naturel; mère qui meurt; père qui les
a lâchement abandonnées. Marion, ar-
tiste de music-hall, est sage, et emme-
née â Naples par un vieux monsieur.
En tout bien tout honneur, comme
on dit. Marion est aimée d'un jeune
poète qui s'est marié. Elle attire dans
son théâtre cet homme et sa femme.
Elle tue cette dame, mais le père de
Marion reconnaît, à un détail, sa fille
et se déclare le coupable. Un film
mouvementé, avec scène et salle de
spectacle, et veglione. Et puis, Fran-
cesca Bertini, dans un personnage
plus jeune que ses rôles habituels,
semble s'être renouvelée aussi. Elle
a au début une telle légèreté adoles-
cente qu'on retrouve difficilement son
allure.
•
Le troisième baiser.
Un mariage soudain consenti par
l'homme et la femme pour sauver
apparemment la tranquillité d'un
tiers. Lui, semblait aimer une autre;
elle, un autre, et des circonstances
inattendues et vraisemblables mè-
nent à un dénouement heureux. Moins
rutilant de luxe que certains films de
la Paramount, il n'en est pas moins
intéressant, au contraire, il est sin-
cère, naturel, agréable.
Les Millions de Fatty.
Bien amusante l'idée : Fatty, obli-
gé par contrat et pour la posses-
sion future d'une fortune considéra-
ble, d'en dépenser une moindre et de
ne pas se marier durant un certain
temps. Il gagne toujours en voulant
perdre, ne remplit pas la seconde
moitié de son engagement alors qu'il
a pu, malgré les difficultés, s'appau-
vrir. Au début, Fatty a quelques
mois d'âge, puis cinq ans. Le cinéma
réussit â merveille la diminution de
la taille relativement à celle des par-
tenaires du principal interprète.
Lucien Wahl.
cinea
17
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
La lecture des romans passionnels,
la fréquentation toujours croissante
des théâtres avaient pour résultat le
développement excessif de mon ima-
gination. De très bonne heure je me
mis à rêver d'amour Pourtant je
n'étais pas une exception. Tous mes
camarades faisaient la même chose.
Nous étions tous follement amou-
reux d'une jeune fille, Olia Boris-
senko, qui restait toujours froide et
insensible et paraissait n'ajouter au-
cune attention à nos amoureux trans-
ports.
A cause d'elle j'eus même un duel.
Je me suis battu à l'épée comme il
convient à un vrai chevalier Ce duel
n'était pas du tout impossible à éviter
mais nous étions tellement sous l'in-
fluence des romans de Dumas et de
Ponson-du-Terrail que la perspective
du combat nous comblait d'enthou-
siasme. Voici comment cela se passa.
Depuis quelques temps à notre pe-
tite bande très unie, s'était attaché un
lycéen, qui volait toutes sortes d'ob-
jets chez son père, les vendait aux
brocanteurs et avec l'argent gagné
nous payait des consommations dans
les bars. Au fond, c'était un brave
type et il nous plaisait non seulement
parce qu'il nous offrait à boire.
Eh bien, un jour ce garçon se per-
mit de manquer de respect à l'égard
de la dame de nos pensées. Kien de
grave, à proprement parler, mais,
quand on aime... Comme j'étais le
plus jeune de tous et le moins sédui-
sant, Olia accordait à moi encore
moins d'attention qu'aux autres. Et
pourtant c'était moi qui, ayant en-
tendu les propos du lycéen, lui ait
engagé immédiatement « de s'en aller
à tous les diables ».
•'->»
Il avait l'intention de se précipiter
sur moi tout de suite, mais mes amis
l'empêchèrent en lui déclarant que s'il
désirait obtenir une « satisfaction »
il n'avait qu'à choisir n'importe qui
parmi nous. Tout le monde était prêt
à se battre avec lui. Il fut aussi du
même avis : un duel était absolument
nécessaire.
On me choisit pour cette besogne
car je possédais en perfection la
science d'exécuter avec une canne
d'impressionnantes pirouettes théâ-
trales en imitant le duel de Faust et
Valentin.
Il fut décidé à l'unanimité que c'était
moi qui devais punir l'offenseur.
Birilov apporta deux rapières qui
ornèrent durant des années les murs
de sa chambre. Leurs pointes ne nous
parurent pas assez aiguisées. Alors
on porta les armes chez un serrurier
pour les affiler. Je me rappelle elles
devinrent blanches comme si elles
étaient en argent. On choisit le Bois
Ossokine comme endroit pour le
combat. Mes amis servaient de té-
moins de l'un et de l'autre côté mais
ils se conduisirent d'une façon irré-
prochable à l'égard des deux adver-
saires. En somme tout se passait
comme dans le meilleur des romans.
— N'y mettez pas trop de zèle, nous
dit l'un d'eux.
— Faites attention de ne pas frap-
per à mort, ajouta l'autre.
Le duel commença et prit fin en
une seconde, pour ainsi dire. Après
un ou deux chocs des épées, nous les
enfonçâmes, sans trop d'hésitation,
d'après notre fantaisie respective :
moi dans l'épaule de mon adver-
saire, lui — dans mon front. Il eut
très mal probablement car il lâcha
tout de suite la rapière et elle resta
suspendue, sa pointe toujours en-
foncée dans ma tête. Je l'arrachai
immédiatement. Un flot de sang se
mit à couler de ma blessure en inon-
dant tout mon visage. Lui, mon ad-
versaire, aussi avait tout le bras cou-
vert de sang. Comme il était convenu
entre nous de nous battre jusqu'au
premier sang seulement, nos témoins
déclarèrent notre combat achevé et
se mirent à examiner nos blessures.
Mon adversaire et moi, nous nous
serrâmes la main et un instant après
tout le monde se dirigea vers le pota-
ger voisin pour y voler des pommes
ce qui d'ailleurs n'était aucune-
ment considéré comme un vol parmi
nous.
Le soir je rentrais tout fier de mes
exploits. Hélas! je fus battu d'une
manière épouvantable.
Quelle horreur! Voici un homme
qui revient encore tout frémissant
de sentiments héroïques et au lieu
de s incliner devant sa bravoure on
lui enlève sa chemise et son pantalon
et des grosses cordes commencent à
pleuvoir sur son corps nu, c'était
une humiliation insupportable. Et
Olia? Lui avait-on parlé au sujet de
ce duel ? Certainement, oui. Mais cela
ne modifia en rien ses sentiments
envers moi.
J'ai vu dans mes voyages et la
belle mer Méditerranéenne et l'Océan
Atlantique, mais même jusqu'à ce
jour, je me souviens avec une ten-
dresse particulière du Caban, petit
lac sombre et tranquille.
(A suivre)
L. Valter, trad.
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■ .
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Un distingué critique a reçu der-
nièrement la visite d'un metteur en
scène — nouveau dans la partie —
qui, après lui avoir demandé de faire
l'éloge d'un film qu'il allait présen-
ter, a cru bien faire en tendant silen-
cieusement trois billets de cinquante
francs. Inutile de dire que le critique
a bondi indigné, et d'un geste décisif
a congédié son visiteur.
Notre confrère racontait cette his-
toire l'autre jour, devant Marivaux,
et ajoutait philosophiquement :
— Il y a des gens qui n'ont aucune
idée des prix et qui entreraient très
bien chez Rolls Royce en demandant
qu'on leur montre une petite voiture
dans les vingt mille...
•
Deux-cent-soixante-dix-sept mille
huit-ce nt-soixante-t rois m. (277.863) :
telle est la longueur de pellicule qui
a été tournée pour réaliser un film
déjà célèbre où il est question de
chemins de fer.
Nos lecteurs comprendront peut-
être mieux ce que signifie ce chiffre,
si on leur indique que la bande, éten-
due à terre, en ligne droite, couvri-
rait une distance de plus de deux-
cent-soixante-dix-sept kilomètres, ou
si l'on préfère, qu'un aéroplane vo-
lant à trois cents kilomètres à l'heure
mettrait près d'une heure à couvrir
la distance.
En passant, sait-on que l'auteur hési-
tait, initialement entredeuxtitres: La
Bielle et Le Piston? Une réclama-
tion formelle de M. Henry Bernstein,
qui estime posséder un droit de pré-
férence sur tous les mots de six
lettres, a décidé l'auteur à raccourcir
son titre; et, évitant les mots de cinq
lettres qui auraient pu provoquer
l'intervention d'un célèbre général,
ou tout au moins de ses ayants-droit,
il a choisi le titre actuel.
•
Le prochain film de M. de Marsan
sera une œuvre âpre, dure, sévère,
où, une fois posés les trois person-
nages habituels, la jeune fille, le
jeune homme, l'homme mûr — on
découvrira peu à peu que tous leurs
actes sont inspirés par les motifs les
plus sordides et les passions les plus
bestiales.
La distribution réserve, parait-il,
des surprises ; mais nous sommes
nous tenus au secret pour quelques
jours encore.
•
On annonce de source presque cer-
taine que M. Abel Gance va, pour se
délasser, composer un film très court
— treize ou quatorze mille mètres
tout au plus — sur le roman de Gyp
intitulé Le Friquet. Le rôle du Fri-
quet serait tenu par Mme Tania Da-
leyme.
•
Les critiques et directeurs qui fré-
quentent la Mutualité ont constaté
avec plaisir que le bar s'était rou-
vert pour les présentations. Le con-
cessionnaire a déclaré qu'il était
absurde de faire marcher son éta-
blissement les jours où tout le monde
est dans la salle et de le fermer les
jours où tout le monde est au foyer.
L'inconvénient — car toute mé-
daille a son revers — c'est que, dès
que l'on s'est assis à une table pour
faire sa correspondance, un garçon
arrive pour vous demander ce que
vous prenez. Et l'on finit par être
obligé de se réfugier dans la salle où
régnent la nuit et la solitude et où le
bruit de l'orchestre trouble les con-
versations.
•
Un auteur et critique qu'il m'est
interdit de nommer ici s'est demandé
s il était juste de donner toujours le
rôle actif aux êtres humains et le
rôle passif au cadre, au milieu, qui
souvent, au contraire, agit les per-
sonnages.
Son prochain film, inspiré par cette
idée et par les théories récentes sur
la relativité du mouvement, mon-
trera les personnages complètement
immobiles au milieu d'un décor mou-
vant. -
Toutefois, l'interprète habituelle
des œuvres du distingué cinéaste
hésite, dans ses conditions, à se char-
ger du principal rôle de femme. Il
est donc possible que tout cela reste
à l'état de projet : ce serait véritable-
ment dommage.
On sait qu'un de nos confrères a
ouvert un concours de distribution
idéale, dont le thème consiste à dé-
signer les interprètes pour un film
supposé tiré d'une œuvre connue.
Une indiscrétion nous a permis
d'avoir connaissance des résultats
pour deux des œuvres proposées :
nous nous empressons de les commu-
niquer à nos lecteurs :
Britannicus.
Héron, M. Georges Latines, désigné
par 38 votants
Britannicus, M. Mathot, désigné par
37 votants.
Junie, Mlle Huguette Dullos, désignée
par 39 votants.
Agrippine, Mlle Madys, désignée
par 36 votants.
La faute de l'abbé Mouret.
L'abbé Mouret, M. Georges Lannes,
désigné par 38 votants.
Le frère Archangias, M. Mathot,
désigné par 37 votants.
Albine, Mlle Huguette Duflos désignée
par 39 votants.
Désirée, Mlle Madys, désignée par
36 votants.
Cyrano de Bergerac.
Cyrano, M. Georges Lannes, désigné
par 38 votants.
Christian, M. Mathot, désigné par
37 votants.
Le duc de Guiche, Mlle Huguette
Duflos, désignée par 39 votants.
Roxane, Mlle Madys, désignée par
36 votants.
Le général Dourakine.
Le général Dourakine, M. Georges
Lannes, désigné par 38 votants.
Le prince Romane, M. Mathot, dési-
gné par 37 votants.
Nathalie, Mlle Huguette Duflos, dési-
gnée par 39 votants.
Mme Papovska, Mlle Madys, dési-
gnée par 36 votants.
La cinquième œuvre proposée était
Faust, mais le concours a été faussé
du fait que les participants ont tous
confondu le /a/nii/ii.s Wagner avec le
musicien du même nom.
•
Un éditeur bien connu qui vient, à
peu près simultanément, d'être dé-
coré etd acheter un film aussi célèbre
que désertique, est un causeur
exquis, dont l'érudition et l'esprit,
généralement dissimulés, ne brillent
que mieux par des éclats imprévus.
Lorsqu on lui a montré le film pour
la première fois, il a paru un peu
étonné des contorsions faciales d'une
des interprètes. Puis au bout d'un
instant, il a dit — de cet air de ne pas
y toucher que chacun connaît :
— Je comprends. Elle a les yeux
hoggars.
Fox dl-Encii aîné.
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C est à partir
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quetaires, 7- épisode. - Sous les ponts de Paris.
clnéa
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Le Père Goriot
Tout a été dit pour ou contre l'adap-
tation à la scène d'oeuvres littéraires
connues; quelques bonnes raisons
qu'on puisse alléguer contre, un film
:omme Le Père Goriot est un grand
exemple pour. J'ajoute d'ailleurs que
la diffusion de notre patrimoine litté-
raire par la voie lumineuse de l'écran
présente un intérêt de premier ordre
t ceci serait une nouvelle raison
d'offrir nos félicitations à M. de Ba-
roncelli
Il les mérite de toute manière par
le soin, la conscience intelligente, la
fidélité, l'érudition artistique avec
lesquels il a composé son œuvre. Il y
a diverses manières de procéder à
une telle transcription; celle de M. de
Baroncelli est par enveloppement
plutôt que par pénétration, statique
plus que dynamique. Les noms des
acteurs indiquent par avance la va-
leur de l'interprétation; tous, dans la
réalisation de l'œuvre commune, se
montrent dignes d'eux-mêmes et du
maître du jeu .
•
L'Aventure du D Works.
Un chirurgien, en train d'opérer sa
femme grièvement blessée, la quitte
pour répondre a l'appel de sa mai-
tresse, la laisse mourir faute de
soins. Le fantôme de l'assassinée con-
tinue à hanter la chambre, dont il
empêche que nul ouvre la porte et
Une aes plus savoureuses images persanes
composées par Léon Poirier dans Le Coffret de Jade.
l'iioid (liimiinnl
cette Porte close forme le sujet et le
titre du roman dont est tiré le film de
M. Saidreau. Je n'ai pas lu ce roman,
mais je conçois que, d'une telle don-
née, M. Francheville ait pu tirer de
langoisse, de l'émotion. Cette don-
née était-elle cinématique? J'en suis
moins sûr. L'écran peut difficilement
marquer la différence entre la porte
qui ne s'ouvre pas parce qu'il y a un
fantôme derrière, et celle dont la ser-
rure est simplement rouillée.
L'effet ne résultera donc pas direc-
tement de l'image : il faudra un com-
mentaire. Encore convient-il, si l'on
veut que cet effet atteigne un maxi-
mum, de le préparer longtemps a
l'avance, de faire de cette porte une
obsession. Il semble que le cinéaste
y ait songé : au début du film lorsque
les époux se séparent à jamais, une
porte se ferme : est-ce celle de la
chambre? Il faudrait que ce fût celle-
là, et si c'est bien celle-là, il convien-
drait de le souligner, de le rappeler
par la suite (à noter que c'est un des
meilleurs passages du film et des
plus émouvants).
Plus tard, nous voyons la porte
de la chambre où l'épouse est morte
se rouvrir, sans incident, pour lais-
ser passer une servante : nous n'y
songions plus. D'ailleurs notre atten-
tion est lancée sur une autre piste :
les amants coupables vont à Saint-
Moritz (Luge, ski, neige) le fantôme
se matérialise aux yeux de l'époux
assassin (cet épisode qui devrait pro-
duire quelque effet, laisse assez
froid : il est vrai de dire que la Char-
rette fantôme nous a rendus exi-
geants en matière d'apparitions!) A
partir de ce moment, nous nous at-
tendons, à chaque instant, à revoir
ce fantôme : va-t-il s'asseoir sur le
siège du traîneau ? Pas du tout. Une
conversation de cabaret nous fait
connaître enfin l'histoire de la porte
close (c'est par là qu'il aurait fallu
commencer, bien plutôt que par la
conversation de clinique, qui a tort
de rappeler Le renseur) et la catas-
trophe finale trouble, émeut, mais
par des procédés de suspension dra-
matique et non par la vertu de
l'image.
cinéa
L'interprétation du film est intéres-
sante, sans être parfaite. M. Hervé
joue 8céniquement et romantique-
ment le rôle du chirurgien assassin;
l'épouse assassinée est personnifiée,
dans une note beaucoup plus ciné-
matique, par Mlle Rouslana. Il y a
des recherches curieuses de lumière
et de prises de vues, mais aussi
quelques trous, et cette facilité à se
contenter d'à-peu-près qui gâte beau-
coup de films français, originaux de
donnée et de réalisation.
La bague tragique.
Le parti d'enlacer deux actions qui
présentent quelque rapport entre
elles, bien que se passant à des
époques différentes, ne constitue pas
plus un sujet que celui, par exemple,
de montrer à la fois un personnage
et son reflet dans une glace n'est une
image : ce sont là simplement des
modes de présentation qui peuvent
accroître, faire ressortir l'intérêt
propre du sujet ou de l'image, mais
non le créer. En d'autres termes, si
un d ''a me contemporain est en-
nuyeux, faux, invraisemblable, ce
J
^^.:mmW '
JEAN HERVE
Cliché l'ari>ia-l
ilin
dans L'EU
ange Aventure du Docti
;//• Works
LE PERE GORIOT cWhé A. G. c
Mme de Restaud (Claude France) obtient de son invraisemblable
père (Signoret) la promesse de lui abandonner ses derniers trésors.
n'est pas en le doublant d un drame
antique qui en sera comme l'ombre
qu'on l'améliorera.
Cette constatation s'applique exac-
tement au film dont Gladys Brock-
well — avec le talent honorable et
sympathique que nous lui connais-
sons tous — incarne l'héroïne ; l'on
peut ajouter que le procédé employé
pour dénouer l'imbroglio mérite
l'épithête de ficelle; et c'est même
une ficelle tellement employée qu'elle
en est effilochée, prête à casser au
premier jour. On a d'ailleurs l'im-
pression que ce film ne date pas
d hier; la manie de ces éclairages in-
tensifs qui transforment tout, per-
sonnages et décors, en silhouettes de
carton découpé, commence à être
terriblement démodée.
•
Satan.
Un savant, dont j'ai des raisons
particulières de me rappeler les tra-
vaux a écrit, voici quelque quarante
ans, une étude sur la prétendue ir-
responsabilité des criminels alcoo-
liques ou aliénés : sa thèse me reve-
nait à l'esprit en suivant l'intéres-
sant film extrait du roman de Gou-
verneur Morris, ainsi d'ailleurs que
le mot du personnage de Tristan
Bernard qui déclarait avoir, à l'âge
de seize ans et par suite d'une chute
cinéa
de cheval, perdu toute espèce de
i sens moral.
Nous n'avons heureusement pas à
nous préoccuper des problèmes
éthiques ou psychiatriques posés à
l'occasion de ce film, mais seulement
du film lui-même. Il est dominé, de
manière peut-être écrasante, par le
i personnage du redoutable cul-de-
jatte qu'incarne Lon Chaney, et qui a
fait la réputation de cet artiste. En
dehors de la difficulté matérielle et
du courage physique que représente
la réalisation d'un tel rôle, il faut
rendre justice à ce visage dont la
laideur puissante, impressionnante,
arrive à faire naître un véritable ma-
laise. Et jamais le personnage, ainsi
qu'il arrive trop souvent aux traîtres
de film ne tourne au ridicule. Notons
à cet égard la scène où Blizzard,
hissé sur la table de travail, terrorise
les jeunes filles rassemblées dans son
harem-atelier.
La réalisation, dans une mise en
scène très minutieuse et très soignée
est fort simple et directe; l'absence
de recherches d'éclairage et de nota-
tions originales frappera d'ailleurs
les spécialistes plus que le public.
Les mouvements de foule, les scènes
d'ensemble paraissentun peumaigres
et produisent à coup sûr moins
d'effet que les jeux de physionomie
du protagoniste. Ethel Grey Terry
seconde bien Lon Chaney, dans un
rôle dont la psychologie n'est guère
qu'indiquée.
La première et la dernière
création cinématographique
du célèbre clown FOOTITT.
« l'homme au chapeau gris »
dans Fièvre, qui eût été pour
lui le commencement d'une
brillante série si la mort
n'avait interrompu sacarrière
de grand artiste.
(CLICHÉ C. I.)
EVE FRANCIS et VAN DAELE,
deux de nos meilleurs interprètes
dramatiques de l'écran ont trou-
vé dans hfevre l'occasion de
prouver leur talent, leur goût,
leur puissance d'émotion.
(CLICHK FILMS ARTISTIQUES)
cinéa
Perez le Cruel
Sbip me spmcwberes <-<m/ of Sueç, vxljere tbc
\bcst islike tbc worsl,
Wberc tberc arcn't no ten c^mmanàmenh
\an'a d m, m cm raise a ibirst...
Sans aller très loin à L'est de Sue/.,
on trouve Aden, un rocher brûlé par
le .soleil, sans eau ni végétation, où
le» nécessités du commerce et de la po-
litique impériale retiennent quelques
centaines d'anglais, y compris les
femmes et les petits enfants. Suivant
la formule de Kipling, les dix com-
mandements y sont passablement
négligés, notamment le sixième et le
huitième, sur lesquels on s'assied —
et même on se couche — assez cou-
ramment. Le côté ardent, passionné
delà vie coloniale a été peint de ma-
nière vivante par une femme, qui
signe du nom de Dolfe Wyllarde des
romans situés dans les colonies an-
glaises, et qui rappellent un peu la
couleur des premières nouvelles de
Kipling. L'un d'entre eux se passe
précisément à Aden qui, renommé
Exile, fournit le titre du livre; il
brûle de toute l'ardeur du ciel impla-
cable, tles rochers calcinés, des cœurs
et des corps affolés de désir, et 1 on
en tirerait un film splendide, où le
grand pic dénudé jouerait le rôle de
décor-acteur, et que traverserait une
ligure de femme digne du talent de
Norma Talmadge ou d'Elsie Kergus-
son.
(Le geste par lequel Claudia Eve-
rard, en posant sur une table la clef
de sa chambre, annonce qu'elle se
livre à l'homme qu'elle aime, et qui
croit qu'elle le hait, est un des effets
les plus cinématiques que j'ai lus).
Hélas! Le film a été fait, virginibua
puerisque; tout y est doux, bénin et
gracieux; la clef n'a plus besoin de
quitter la serrure; Claudia Everard
a changé de nom, de nationalité et
d'âme : encore une fois les ciseaux
d'un confectionneur ont mutilé, châ-
tré une œuvre forte et vivante.
Après tout, c'est mon seul grief : ce
qu'on aurait pu faire. Ce qu'on a fait
se tient; le film est bon —dans son
genre — Olga Petrova est fort belle;
et comme il est peu probable que
vous ayez lu Exile, ou que vous
soyez obsédé par la vision du pic cal-
ciné, des rochers rougeâtres, de
l'image de sécheresse, de fièvre, d'in-
cendie qu'est Aden, vous aurez toutes
chances de passer en l'allant voir une
agréable soirée.
•
Fièvre.
La Méditerranée est la première
mer qu'aient sillonnée les barques
des commerçants, des guerriers et
des pirates (cette division du travail
étant d'ailleurs relativement récente!
et c'est sur ses bords qu'est né tout
d'abord cet organisme étrange qu
SATAN
Lon Chaney (Blizzard) a l'ail une composition extraordinaire de pittoresque
cl de rigueur dans ce film émotionnarit qui ne ressemble a aucun autre.
i lu-lie Erka
cinéa
s'appelle le port ou l'escale. Réduit à
ses éléments essentiels — allez voir
par exemple Santi Quaranta sur la
côte d'Epire — il comprend le comp-
toir et le lupanar. Grossi, doublé
d'une ville, c'est Marseille ou Gènes.
Mais toujours les deux fonctions pri-
mordiales sont le commerce et la
prostitution ; sitôt le navire à quai, le
subrécargue se dirige vers les comp-
toirs des négociants et l'équipage
vers les bouges des bas quartiers.
C'est qu'il leur faut du plaisir, et
tout de suite. Ils ont risqué leur vie,
mené une existence dure, claustrale,
violente, pendant des semaines ou
des mois; tout cela mérite une com-
pensation. Et, au débarqué de
chaque bateau, des femmes, partout
les mêmes, car les invasions, la pira-
terie et les voyages ont unifié les
races riveraines, attendent les mate-
lots, prêtes à inventorier leurs sacs.
Ce sont là des joies rapides, som-
maires, sans raffinements et sans
nuances. Et si les désirs se heurtent,
le conflit sera bref, violent, inarti-
culé, tout en regards, en gestes, com-
mençant par la bourrade, s'achevant
vite par le meurtre.
Mais le port n'est pas qu'une escale,
c'est aussi une porte, par laquelle
pénètrent, a travers laquelle s'aper-
çoivent des peuples étranges et di-
vers. Et, comme dans les vers de
Henri Heine, les énumérations des
géographies se matérialisent :
Au bord du Gange, à l'ombre des arbres
[géants,
Drs hommes beaux et graves adorent la fleur
[du Loi its.
A leur tour, ces échantillons hu-
mains regardent la rive pour eux
étrangère. Tout ne leur est point nou-
veau, mais presque tout leur est hos-
tile. Ce qu'ils sentent, nous ne pou-
vons guère nous en rendre compte.
Peut être leur âme dépaysée rêve-t-
elle de la Fleur du Lotus; mais elle
garde son secret aussi fidèlement que
l'âme rudimentaire des guenons et
des cacatoès que les matelots rap-
portent, perchés sur leur épaule, ce-
pendant que derrière eux, marche la
congaï docile et mystérieuse.
Telle est l'atmosphère où se situe
Fièvre et d'emblée, on voit que le
drame doit être simple, rapide, di-
rect, mais laisser entrevoir des ar-
rière-plans infinis de rêves et d'asso-
ciations d'idées.
L'interprétation en est admirable,
chacun des acteurs apportant quelque
chose de personnel, de riche et de
profond. Mme Eve Francis fait vivre
le type éternel de la femme vers qui
revient le matelot; mais elle donne à
cet être d'une vérité générale une
âme individuelle forte, passionnée,
un geste sobre et émouvant. Van Daële
semble sortir de la brume d'Islande ;
avec ses yeux rêveurs, il apparaît
nostalgique, presque dépaysé dans
la fumée du bouge; mais lorsqu on
en viendra aux coups, ce sera le Her-
serkr ivre de sang. Elena Sagrary,
puérile, est énigmatique avec ce mé-
lange émouvant de douceur et de du-
reté que les slaves nous apportent
d'Asie. Modot est un inimitable requin
de terre, un patron de bouge au re-
lief saisissant, terrible. Je voudrais
nommer tous les autres interprètes,
car aucun n'est indigne de tels chefs
de file; je les louerai tous en la per-
sonne du meneur du jeu, dont ils ont
suivi l'impulsion ardente, la volonté
île réalisation. Même un étranger au
métier sent que ce film n'est pas la
patiente juxtaposition de bandes
méthodiquement tournées, mais une
œuvre vivante, organique, conçue
d'un seul jet et exécutée par une
troupe dont l'âme collective était en-
traînée d'un même élan.
En écrivant ceci, en retrouvant
dans mon souvenir le rythme brû-
lant de la présentation, je me sens
pris moi-même ; les cinq ou six cri-
tiques de détail que j'avais notées
s'évaporent, s'évanouissent. La fièvre
se mesure au battement du pouls ;
elle ne s'analyse et ne se dissèque
pas.
Lionel Landry.
L'O PERATEUR
ET LUI AUSSI, IL EST PEINTRE !.
Je ne vous apprendrai rien en vous
disant que l'on commence sur toute
la terre, et même en France, à com-
prendre que le cinéma sera un art.
La photo animée devient la cinégra-
phie. La cinégraphie devient un art,
encore torturé par d'affreuses diva-
gations et d'inévitables spasmes révo-
lutionnaires, mais enfin un art qui,
dans peu d'années, s'imposera à côté
des autres moyens d'expression
comme la peinture, le livre, la sculp-
ture, la musique, et continuera sûre-
ment à les supplanter dans la faveur
universelle, puisqu'il a cette force
supérieure d'être la seule langue
universelle, la seule forme d'expres-
sion universelle, la seule tribune
universelle.
Loin de nous l'idée de condamner
ceux qui trop longtemps n'ont vu
dans le cinéma qu'un moyen original
d'enregistrer des images. C'est à eux
que nous devons de savoir que la
machine à pellicule est un atelier
d'art.
On est volontiers disposé à penser
que le développement de cette lumière
nouvelle a suivi la courbe normale.
Et quand vous assistez à un film d'in-
trigue dramatique, vous le considé-
rez certainement comme le perfec-
tionnement des temps pas très anciens
où les cinématographistes brodaient
de hâtives variations sur les vieux
mélodrames ou les romans de cape
et d'épée.
Permettez-moi de penser qu'il en
va autrement.
Pendant que d'ingénieux industriels
démarquaient le répertoire théâtral
ou romanesque, ils ne savaient pas
ce qu'ils faisaient. D'autres n'avaient
pas plus qu'eux conscience de tra-
vailler à un édifiée nouveau, mais
faisaient œuvre plus sûre. Et ces
artisans-là, c'étaient ceux qui s'atta-
chaient uniquement aux dons d'en-
registrement que possède le cinéma.
Les opérateurs obscurs qui continuè-
rent leur apprentissage uniquement
photographique ont fait beaucoup
plus pour la synthèse visuelle de cet
art de demain que les traducteurs
turbulents d'une dramaturgie élimée.
Enregistrer des images, mon Dieu,
vous avez tous fait ça, et les millions
d'instantanés que vous cueillez d'un
kodak ingénu pendant vos vacances
vous ont appris l'aisance et le charme
du rôle d'enregistreur. Et quand vous
voyez à l'écran, entre deux comédies
sentimentales, les actualités de la
semaine vous n'éprouvez aucun res-
pect. Les funérailles marchent d'un
pas saccadé, les coureurs à pied vous
0
cinea
font de la peine avec leur respiration
épuisée. Le Président de la Républi-
que inaugure trop de premières pier-
res, clame trop de discours, embrasse
trop d'honorables fonctionnaires pé-
trifiés d'humilité. Je ne peux certes
pas vous empêcher d'assimiler ces
petits faits-divers à la parodique
exagération des revues de café-con-
cert. Vous me direz qu'il n'y a pas
de couplets au cinéma. Il y a La
Marche funèbre de Chopin et la Ma-
delon de la Victoire, et c'est très
suffisant.
Cependant à côté de cela.il y a des
merveilles.
Il y a ces petits films de quelques
minutes qu'on appelle des documen-
taires. Pensez, par exemple, au plai-
sir d'art, disons-le, que vous ont
causé des visions de fleurs, d'ani-
maux, d'usines même notées par le
cinéma. Des essais de couleur ont
grandi l'intérêt de certains aperçus
botaniques. On n'estpas arrivé encore
à des résultats précis, mais si vous
songez que les peintres triturent la
couleur depuis trois ou quatre mille
ans et cherchent encore les secrets
du prisme, vous accorderez quelque
indulgence aux badigeonneurs de
plantes photographiées, vous savez,
ces lys géants ou ces roses masto-
dontes qui éclosent devant nous en
trente secondes comme un feu d'arti-
fice brutal et parfois comme le vol
des jupes multicolores de la Loïe
Fuller. Ces petites folies représen-
tent tout de même un large champ
d'étude.
Avouez aussi que lorsqu'on vous
a montré la vie, les mœurs, la mort
d'insectes extravagants, de pachy-
dermes compacts, d'animaux de
basse-cour, vous avez été souvent
étonnés, comme si vous les voyiez
pour la première fois. Des phéno-
mènes de muséum ou de jardins zoo-
logiques vous ont stupéfié. Les créa-
tures domestiques vous ont boule-
versé plus d'une fois. L'écran vous
a souligné le caractère, le style, la
ligne de bêtes familières. Un chat,
un âne, un chien, un ours, un serpent
se révèlent pour ainsi dire synthé-
tisés au cinéma.
Et que dire de ce que leur ajoute
cette invention extraordinaire du
ralentisseur ? Vous avez vu, en riant
parfois, et parfois aussi avec je ne
sais quelle émotion, cette décompo-
sition du rythme musculaire d'un
cheval qui saute, d'une biche qui
fuit, d'un oiseau qui se pose. Les
hommes ont dans cette analyse d'ima-
ges une grâce que nous ne leur soup-
çonnions pas. L'exemple le plus
merveilleux est celui du plongeur
dont les élans, la coupe, le mouve-
ment, pris au ralenti, réalisent une
suite incomparable d'attitudes enve-
loppées d'une écume légère et solen-
nelle comme une neige interminable.
Les essais dont le seul poète est un
opérateur photographe ont souvent
une étrange valeur picturale. L'ar-
tisan qui les compose est un créateur
dans le genre des sculpteurs anony-
mes qui œuvraient les temples an-
ciens ou les cathédrales du moyen-
âge. Ils ne songent qu'à tirer une
forme de la matière. C'est ainsi que
l'ouvrier trouve le chemin de l'art.
Le domaine documentaire du ciné-
ma est infini. Je regrette qu'on en
use aussi mal. Que de fois, un com-
mencement de programme vous pro-
mène au soleil d horizons lointains,
L'Egypte, la Chine, la Patagonie, le
Pôle, il n'est pas un point géogra-
phique qui n'ait reçu la visite de
l'appareil de prise de vues. Pourquoi
ces voyages éblouissants ne durent-
ils jamais plus de dix minutes? Je
n'en sais rien Je l'ai demandé aux
directeurs de cinéma, ils m'ont assuré
que le public ne pouvait supporter
qu'une comédie ou un drame et que
si on vous conviait à voyager une
heure en Espagne, au Japon ou au
Pérou, vous vous enfuiriez. Le succès
que l'on a fait à des films comme
L'Expédition Shackleton ou La vie
sons-marine des frères Williainson
m'empêche de croire ces affirma-
tions, Je persiste à penser que vous
consentirez â voir des gens et des
choses que vous ne connaissez pas
même si Judex et Monte-Cristo ne
sont pas du voyage.
L'appareil cinématographique a
d ailleurs voyagé partout. Vous sou-
vient-il d'une certaine « odyssée d'un
transport convoyé par des torpil-
leurs » qui parut il y a quelque trois
ans. On y voyait une tempête désor-
donnée, notée avec une précision
aussi artiste que les tempêtes admi-
rables des livres de Joseph Conrad :
Le typhon ou Le Nègre du Narcisse-
Mais la littérature n'y était pour
rien et personne même n'eut envie
de dire que c'était presque aussi bien
qu'au Châtelet.
Comme j'aimerais qu'un apprenti
metteur en scène commençât tou-
jours par ce travail en marge! Voir,
disent-ils, tout est là. Oui, mais
apprendre à voir, voilà le grand se-
cret. Et voilà le grand appoint des
modestes ouvriers de l'écran, les opé-
rateurs. Certainement, le cinéma part
de la nature, comme tous les arts, il
doit interpréter la nature et la styli-
ser et la recréer sous un angle visuel
nouveau.
La grande erreur des Italiens et
de beaucoup de Français fut de vou-
loir faire collaborer à leurs œuvres
la nature toute entière sous forme
de paysages. Vous avez vu et, je le
crains bien, vous verrez encore les
brunes héroïnes aux yeux pâmés qui
couchées à midi et en robe du soir
sur une terrasse florentine contem-
plent avec de puissants soupirs l'ho-
rizon lumineux des collines italien-
nes. Oh T ce n'est pas tellement
désagréable à regarder. Et il arrive
qu'on applaudit. Mais quand vous
recevez une belle carte postale de
Naples ou de Taormine, vous êtes
enchantés aussi, et vous admirez,
vous savourez, vous dégustez le
paysage si tentant. Avouez cepen-
dant que la carte postale en question
a bien des chances de finir au panier.
Un pa\sage de Corot, de Courbet, de
Claude Monet ne finira pas au panier.
Vous me direz que la carte postale
vaut quinze centimes et que la toile
est négociable à cinquante mille,
voire à cent mille francs. Mais à sup-
poser que votre goût personnel n'es-
time pas à cent mille francs un
tableau dont les frais de toile, cou-
leur et cadre ne dépassent pas posi-
tivement trois ou quatre louis, c'est
le vœu d'une majorité, ou plutôt
d'une minorité supérieure qui a trans-
formé ces quatre louis de toile et de
couleurs en monument de cent mille
francs. L'art s'est imposé. Le pa3rsage
de la carte postale est peut-être le
même que celui du peintre. Mais
celui du peintre a un sens. Ce n'est
pas de la photographie. Et le cinéma
n'est pas de la photographie. Le
cinéma est de la peinture animée.
Il est curieux que cette distinction
ne nous vienne pas, à proprement
parler des artistes du cinéma, mais
de ses ouvriers, et que ce soit vrai-
ment les photographes qui nous ont
appris à être peintres. C'est curieux,
mais reconnaissez-le, bien simple.
Avoir commencé par de grandes
œuvres est la preuve d'une incons-
cience aimable. Les premiers hommes
qui ont soufflé dans une corne d'au-
roch ou tapé sur une casserole pri-
mitive ne peuvent passer pour de
véritables compositeurs. La sympho-
nie est née plus tard.
Louis Delluc.
cinea
PETITS
PORTRAITS
a LE TONNERRE a
Maë Murray.
Bruissement de soie mordorée. Pou-
pée anglaise très savante. Un éeueil
sous un lac bleu et limpide. Les feux
d'un diamant. Petit chat blanc effa-
rouché.
•
Pina Menichelli.
Amazone noire sur escalier de mar-
bre blanc. Un dahlia rouge. Un paon.
Statue inachevée.
•
Lilian Gish.
Une petite oie perdue sur la route.
Robe du dimanche empesée. Petite
faveur précieuse. Sourire de poupée
cassée. Une pâquerette.
•
William Hart.
L'Himalaya. Un jaguar aux aguets.
Cigarettes fortes. Le simoun dans le
désert. Œil de lynx.
•
Eve Francis.
Un lys noir. Deux yeux dans l'om-
bre. Lionne amoureuse. Taches de
sang sur le sable. L'épée de Damo-
clès.
•
Victor Sjostrom.
Un chêne. Une tempête en mer.
Océan glacial. Un château féodal
surplombant un abîme.
Mary Miles.
Sourires. Un rayon de soleil jouant
sur des saphirs pâles Tartine au
miel. Blondeur des blés. Sourires.
•
Frank Keenan.
Vieux singe très affectueux. La
Tamise. Odeur de pipe à la veillée.
Brouillard de Londres. Une forêt en
hiver.
O
Emmy Lynn.
Une harpe pleure au lointain. Voile
de gaze perlée. Un cri dans la nuit.
Cyclamen.
Stacia Napierkowska.
Danse lascive. Un cygne noir. Par-
fum de musc et d'ambre. Coussins
d'or sur divan noir. Cléopâtre. Pan-
thère aux yeux de velours.
•
Douglas Fairbanks.
Un bouchon de Champagne qui
saute. D'Artagnan. Cheval d'ébène
indompté. Un coup rt'épée ironique.
Un feu d'artifices.
Oui, Monsieur, continua M. Mac
Williams — car il parlait depuis un
moment — la crainte du tonnerre est
une desplus désespérantes infirmités
dont une créature humaine puisse
être affligée. Elle est en général limi-
tée aux femmes. Mais parfois on la
trouve chez un petit chien, ou chez
un homme. C'est une infirmité spé-
cialementdésespérante.par la raison
qu'elle bouleverse les gens plus
qu'aucune autre peur ne peut le faire,
et qu'il ne faut pas songer â raison-
ner avec, non plus qu'à en faire honte
â celui qui l'éprouve. Une femme qui
serait capable de regarder en face le
diable — ou une souris — perd conte-
nance et tombe en morceaux devant
un éclair. Son effroi est pitoyable à
voir
Donc, comme j'étais en train de
vous dire, je m'éveillai avec, â mes
oreilles, un gémissement étouffé ve-
nant je ne savais d'où: Mortimerî
Mortimer î Dès que je pus rassembler
mes esprits, j'avançai la main dans
l'obscurité, et je dis :
— « Evangéline, est-ce vous qui
appelez ? Qu'y a-t-il ? Où êtes-vous ?
— « Enfermée dans le cabinet des
chaussures. Vous devriez être hon-
teux de rester là â dormir au milieu
d'un tel orage. »
— Bon î comment pourrait-on être
honteux, si on dort ? C'est peu logique.
Un homme ne peut pas être honteux
quand il dort, Evangéline »
— «Vous ne voulez pas comprendre
Mortimer, vous savez bien que vous
ne voulez pas. »
Je perçus un sanglot étouffé.
Cela coupa net le discours mordant
que j'allais prononcer. Et je dis par
contre :
— «Je suis désolé, ma chérie, je suis
tout à fait désolé. » Je n'avais pas la
moindre intention... Revenez donc
et...
— « Ciel! Qu'y a-t-il, mon amour?
— « Mortimer T
— « Prétendez-vous dire que vous
êtes encore dans ce lit ? »
— « Mais évidemment. »
— « Sortez du lit immédiatement.
J'aurais cru que vous auriez quelque
souci de votre vie, pour moi et les
enfants, si ce n'est pour vous. »
— « Mais mon amour!
— «Ne me parlez pas, Mortimer.
Vous savez très bien qu'il n'y a pas
d'endroit plus dangereux qu'un lit,
au milieu d'un orage C'est dans tous
les livres Mais vous resteriez-là, à
risquer volontairement votre vie
pour Dieu sait quoi, à moins que ce
soit pour le plaisir de discuter et...
— « Mais que diable, Evangéline, je
ne suis pas dans le lit maintenant.
Je... »
(Cette phrase fut interrompue par
un éclair soudain, suivi d'un petit cri
d'épouvante de Mme Mac Williams,
et d'un terrible coup de tonnerre).
— « Là î Vous voyez le résultat! O Mor-
timer,comment pouvez-vous être as-
sez impie pour j urer à un tel moment ! »
— «Je n'ai pas juré. Et ce n'est pas
ce qui a causé le coup de tonnerre
dans tous les cas. Il serait arrivé pa-
reil, si je n'avaispas dit un mot. Vous
savez très bien Evangéline, du moins,
vous devriez savoir, que l'atmosphère
se trouvant chargée d'électricité... »
— « Oui, raisonnez, raisonnez, rai-
sonnez ! je ne comprends pas que
vous ayez ce courage, quand vous
savez qu'il n'y a pas sur la maison
un seul paratonnerre, et que votre
pauvre femme et vos enfants sont
absolument à la merci de la Provi-
dence. Qu'est-ce que vous faites?
Vous allumez une allumette! Mais
vous êtes complètement fou !
— « Par Dieu! Madame où est le
mal ? La chambre est aussi noire que
le cœur d'un mécréant et...
— « Soufflez cette allumette! Souf-
flez-là de suite. Etes-vous décidé à
nous sacrifier tous? Vous savez qu'il
n'y a rien qui attire la foudre comme
une lumière. (Fzt! — crash! — boum
— bolooumî! boum! — boum! — )
Oh! entendez! Vous voyez ce que
vous faites ! »
— « Pas du tout. Une allumette peut
attirer la foudre. C'est après tout pos-
sible. Mais elle ne cause pasla foudre.
Je parierais bien n'importe quoi.
Et encore, pour l'attirer, elle ne l'at-
tire pas pour deux sous. Si cet éclair
étaitdirigé vers monallumette, c'était
pauvre comme adresse. Ce serait
touché une fois sur un million. —
Vrai, à la foire, avec une adresse
pareille... »
— « Par pudeur, Mortimer ! C'est
12
cinea
au moment où nous nous trouvons
juste en présence de la mort, à ce mo-
ment si solennel, que vous osez par-
ler ainsi î
« Si vous ne songez pas à ce qu'il
y aura après...
— « Mortimer T
— « Eh bien ! »
— « Ave/.-vous dit vos prières, ce
soir ? »
- « Je... j'y ai pensé, mais je me
suis mis à calculer combien font
douze fois treize, et...
(Fzt î... Boum — Berroum-Boum I
Bumble-umble-bang-pan!)
— «Oh ! nous sommes perdus I plus
d'espoir! comment avez-vous pu
commettre une telle négligence, en
un tel moment I »
- « Mais quand je me suis couché,
ce n'était pas du tout un tel moment.
11 n'.v avait pas un nuage au ciel.
Comment aurais-je pu penser qu'il
allait y avoir tout ce tapage et ce
tohu-bohu pourunpetit oubli comme
celui-là? Et je ne trouve pas que ce
soit juste à vous de faire tant d'affai-
res, car, après tout, c'est un accident
très rare. Je n'avais pas oublié mes
prières depuis le jour que j'ai amené
ce tremblement de terre, vous vous
rappelez, il y a quatre ans. »
— «Mortimer î Comme vousparlez !
Avez-vous oublié la fièvre jaune?.. .
— « Ma chère, vous êtes sans cesse
à me jeter à la tête la fièvre jaune
et je trouve cela tout à fait déraison-
nable. On ne peut même pas envoyer
directement un télégramme d'ici à
Memphis, comment voulez-vous qu'un
petit oubli religieux de ma part aille
si loin î J'admets pour le tremble-
ment de terre, parce que j étais dans
le voisinage. Mais que je sois pendu
si je dois accepter la responsabilité
de chaque damné. . »
(Boum, berooum, booum, pan! )
— « O mon cher, mon cher! Je suis
sûre qu'il est tombé quelque part,
Mortimer! Nous ne verrons pas le
jour suivant. Puissiez-vous vous
rappeler, pour votre profit, quand
nous serons morts, que c'est votre
langage impie. . Mortimer! «
— « Eh bien quoi?
— « J'entends votre voix qui vient
de... Mortimer, seriez-vous par ha-
sard debout devant cette cheminée
ouverte ? »
— « C'est exactement le crime que
je suis en train de commettre. »
— « Sortez de là tout de suite ! Vous
paraissez décidé à nous faire tous
périr. Ignorez-vous qu'il n'y a pas de
meilleur conducteur de la foudre
qu'une cheminée ouverte? Où êtes-
vous maitenant?
— « Je suis ici, près de la fenêtre.
« Je vous en supplie, Mortimer.
Etes- vous devenu fou? Eloignez- vous
vite. I. 'enfant à la mamelle connaît
le danger de se tenir près d'une fe-
nêtre, pendant un orage. C'est mon
dernier jour, mon pauvre ami Morti-
mer ! »
— « Oui. »
- « Qu'est-ce qui remue comme
cela ?
— « C'est moi. »
— « Que faites-vous donc ?
— « Je cherche à enfiler mon pan-
talon. »
— « Vite, vite, jetez-le. Vous allez
tranquillement vous habiller avec un
temps pareil! Et cependant, vous le
savez fort bien, toutes les autorités
s'accordent pour dire que les étoffes
de laine attirent la foudre. O mon
cher ami , n'est-ce pas assez que votre
existence soit en péril par des causes
naturelles, que vous fassiez tout ce
qu'il est humainement possible de
faire pour augmenter le danger!
— « Oh... Ne chantez pas! A quoi
donc pensez-vous ? »
— « Bon encore! Où est le mal ?
« Mortimer, je vous ai dit, non
pas une fois, mais cent, que le chant
cause des vibrations dans l'atmos-
phère, et que ces vibrations détour-
nent le courant électrique, et que..-
Pourquoi donc ouvrez-vous cette
porte ?
— « Bonté divine ! Madame ! Quel
inconvénient y a-t-il là. »
— « Quel inconvénient! La mort;
voilà tout. Il suffit d'avoir étudié la
question une seconde pour savoir
que, faire un courant d'air, c'est
adresser une invitation à la foudre.
Cette porte est encore aux trois
quarts ouverte. Fermez-là exacte-
ment. Et hâtez-vous, ou nous allons
tous mourir. Oh! Quelle affreuse
chose d'être enfermée avec un fou
dans un cas semblable ! Que faites-
vous, Mortimer ? »
— « Rien du tout. J'ouvre le robinet
d'eau. On étouffe. Il fait chaud et tout
est fermé. Je vais me passer un peu
d'eau sur la figure et les mains. »
— Vous avez perdu tout à fait la
tête. Sur cinquante fois que frappe la
foudre, elle frappe l'eau quarante-
neuf fois. Fermez le robinet. Oh !
mon ami, rien ne peut plus nous sau-
ver! 11 me semble que.. . Mortimer !
qu'est-ce qu'il a ?
— « C'est ce damné . . . C'est un ta-
bleau que j'ai fait tomber.»
— « Alors, vous êtes près du mur !
Je n'ai jamais vu pareille impru-
dence. Vous ne savez pas que rien
n'est meilleur conducteur de la fou-
dre qu'un mur ! Ecartez-vous ! Et
vous alliez encore jurer. Oh comment
pouvez vous être si désespérément
criminel, quand votre famille est
dans un tel péril ! Mortimer ! avez-
vous commandé un édredon, comme
je vous l'avais dit ?
« — Je l'ai tout à fait oublié. »
— Oublié! Il peut vous en coûter la
vie. Si vous aviez un édredon, main
tenant, vous pourriez l'étendre au
milieu de la chambre et vous cou-
cher.vous seriez tout à fait en sûreté.
Venez vite ici, venez vite avant que
vous ayez l'occasion de commettre
quelque nouvelle folie imprudente. »
J'essayai d'entrer dans le réduit,
mais nous ne pouvions pas y tenir
tous deux, la porte refermée, sans
étouffer. Je fis ce que je pus pour res-
pirer, mais je fus bientôt forcé de
sortir. Ma femme me rappela :
— « Mortimer, il faut faire quelque
chose pour votre salut Donnez-moi
ce livre allemand qui est sur le bord
de la cheminée, et une bougie. Ne
1 allumez pas. Donnez moilallumette.
Je vais l'allumer ici dedans. Il y a
quelques instructions dans ce livre. »
J'eus le livre, au prix d'un vase et
de quelques menus objets fragiles.
La dame s'enferma avec la bougie.
Ce fut un moment de calme. Puis
elle appela :
— « Mortimer, qu'est cela? »
— « Rien que le chat »
— « Le chat! Nous sommes perdus.
Prenez-le, et enfermez-le dans le la-
vabo. Vite, vite, mon amour ! Les
chats sont pleins d'électricité. Je suis
sûre que mes cheveux seront blancs
quand cette nuit effroyable sera
passée. »
J'entendis de nouveau des sanglots
étouffés. Sans cela, je n'aurais pas
remué pied ou main pour une pareille
entreprise dans l'obscurité.
Cependant, je vins à bout de ma
tâche, par dessus chaises et toutes
sortes d'obstacles divers, tous durs,
la plupart à rebords aigus ; enfin je
saisisle chat acculé sousla commode,
après avoir fait pour plus de quatre
cents dollars de frais en mobilier
brisé, et aux dépens aussi de mes
tibias. Alors me parvinrent du cabi-
net ces mots sanglotants :
— « Le livre dit que le plus sûr est
clnéa
13
PAU.INK PO
(PHOTO G. !.. MANUEL FRÉRJ S)
Pauline Pô, élue Reine des Provinces de France au
Concours cinématographique du "Journal", tournera
dans quelques mois son premier film avec une compagnie
américaine, sur un scénario de Mme Vanina-Casalonga,
intitulé Corsica.
Lors de son passage à Paris, Charlie Chaplin distingua
le caractère photogénique de la jeune beauté corse dont le
charme ingénu et l'expression concentrée trouveront leur
meilleur emploi dans ce scénario, d'une psychologie et
d'une documentation fidèles des mœurs et de l'atmosphère
corses, situé dans les paysages merveilleux de l'Ile de
Beauté.
' opyright 18 Nov. 'I
14
cinea
de se tenir debout sur une chaise au
milieu de la chambre, Mortimer. Les
pieds de la chaise doivent être isoles
par des corps non conducteurs. C'est-
à-dire que vous devez mettre les
pieds de la chaise dans des verres. »
(Fztl Hooiiiii ! boum-pan î)
— « Oh I écoutez î Dépêchez-vous,
Mortimer, avant d'être foudroyé. »
Je m'occupai de trouver les verres.
J'eus les quatre derniers, après avoir
cassé tout le reste. J'isolai les pieds
de la chaise, et m'enquis de nouvelles
instructions.
— « Mortimer, voici le texte alle-
mand : « Pendant l'orage, il faut gar-
der attaché de soi... métaux. . c'est...
bagues, garder montres, clefs... et
on ne doit jamais... ne pas... se tenir
dans les endroits... où sont placés des
métaux nombreux ou des corps... re-
liés ensemble, comme... des poêles
articulés, des foyers, des grilles. . . »
Qu'est-ce que cela signifie Mortimer?
Veut-il dire que l'on doit garder les
métaux sur soi, ou se garder d'en
avoir ? »
— « Ma foi, je ne sais trop. C'est un
peu confus. Toutes les phrases alle-
mandes sont plus ou moins obscures.
Pourtant, je crois qu'il faut lire « at-
taché à ». La phrase est plutôt au da-
tif, avec un petit génitif ou un accu-
satif piqué, çà et là, pour l'ornement.
D'après-moi, cela signifie qu'on doit
garder sur soi des métaux. »
— « Ce doit être cela. Cela saute
aux yeux. C'est le même principe
que pour les paratonnerres, vous
comprenez. Mettez votre casque de
pompier. Mortimer! C'est presque pur
métal. »
Il n'y a rien de plus lourd, de plus
embarrassant, de moins confortable
qu'un casque de pompier sur la tête,
par une nuit étouffante, dans une
chambre fermée. Il faisait si chaud
que mes vêtements de nuit déjà me
paraissaient trop pesants.
— « Mortimer, je songe qu'il faut
protéger le milieu de votre corps.
Auriez-vous l'obligeance de mettre à
la ceinture votre sabre de garde na-
tional ? »
J'obéis.
— « Maintenant, Mortimer, il faut
s'occuper de garantir vos pieds. S'il
vous plaît, chaussez vos éperons. »
Je chaussai les éperons en silence,
et fis mon possible pour rester calme.
— « Mortimer, voici la suite... «... il
est très dangereux... il ne faut pas...
ne pas sonner les cloches... pendant
l'orage... le courant d'air ..la hauteur
du clocher. ..de la cloche pouvant
attirer la foudre Mortimer! Cela veut-
il dire qu'il est dangereux de ne pas
sonner les cloches des églisespendant
l'orage ? »
« Il me semble que c'est bien le sens,
si le participe passé est au nomina-
tif, comme il me paraît. Cela veut
dire, je pense, que la hauteur du clo-
cher et l'absence de courant d'air
font très dangereux de ne pas son-
ner les cloches pendant un orage.
Ne voyez-vous pas, d'ailleurs, que
lexpression... »
— « Peu importe, Mortimer. Ne per-
dez pas en paroles un temps précieux,
Allez chercher la grosse cloche du
dîner. Elle est dans le hall, sûrement.
Vite, Mortimer, mon ami, nous som-
mes presque sauvés. O mon cher,
nous allons enfin être en sûreté. »
Notre petit cottage est situé au
sommet d'une chaîne de collines as-
sez élevées, dominant une vallée. Il
y a plusieurs fermes dans le voisi-
nage. La plus proche est à quelques
trois ou quatre cents mètres.
Il y avait une pièce de sept ou huit
minutes que, monté sur une chaise,
je faisais sonner cette satanée clo-
che, quand les volets de notre fenê-
tre furent soudain tirés du dehors,
la clarté d'une lanterne sourde tra-
versa la fenêtre ouverte, suivie d'une
question enrouée :
— « Que diable se passe-t-il ? »
L'embrasure était pleines de têtes
de gens, les tètes étaient pleines
d'3'eux qui regardaient avec stupeur
mon accoutrement belliqueux.
Je laissai tomber la cloche, sautai
tout honteux en bas de la chaise et
dis :
— « Il n'y a rien du tout, mes amis;
seulement un peu de trouble causé
par l'orage. J'essayais d'écarter la
foudre. »
Un orage ? La foudre ? Quoi donc,
Monsieur Mac Williams avez-vous
perdu lesprit ? Il fait une superbe
nuit d'étoiles. Pas l'ombre d'un nuage
dans le ciel. »
Je regardai au dehors, et fus si
surpris que je fus un moment sans
pouvoir parler.
Je n'y comprends rien, dis-je enfin ?
Nous avons vu distinctement la lueur
des éclairs à travers les volets et les
rideaux, et entendu le tonnerre.
Tous les assistants, successivement,
tombèrent de rire sur le sol. Deux en
moururent. Un des survivants re-
marqua :
- « Il est malheureux que vous
n'ayez pas songé à ouvrir vos jalou-
sies et à regarder là-bas au sommet
de cette colline. Ce que vous avez en-
tendu c'est le canon. Ce que vous
avez vu ce sont les feux de joie. Il
faut vous dire que le télégraphe a
porté quelques nouvelles ce minuit.
Garifels est élu. Voilà toute l'his-
toire.
Enfin, Monsieur Twain, comme je
le disais au début, ajouta M. Mac
'Williams, les moyens de se préserver
d'un orage sont si efficaces et si nom-
breux, que l'on ne pourra jamais me
faire comprendre comment il peut y
avoir au monde des gens qui s'arran-
gent pour être foudroyés.
Là-dessus, il ramassa son sac et
son parapluie et prit congé, car le
train était à sa station.
Mark Twain.
(Trad. Gabriel de Lautrec).
Les Présentations
L'Assommoir.
Tous les « Rougon-Macquart » y pas-
seront. Pour mon goût, je le souhaite.
Zola ne plaît pas à tous. Des artistes,
d'ailleurs fins et délicats, le honnis-
sent ou l'estiment gros littérateur.
Alors, qu'ils n'aillent point voir
l'Assommoir.
M. de Marsan a fidèlement traduit
cette œuvre. Il a voulu un anachro-
nisme, explicable, en avançant l'ac-
tion du drame d'une quarantaine
d'années, h' Assommoir, roman, n'en
revit pas moins au cinéma, contrai-
rement au théâtre où la pièce de Bus-
nach n'est qu'un mélodrame et une
réduction.
« J'ai voulu peindre la déchéance
fatale d'une famille ouvrière, dans le
milieu empesté des faubourgs », a
écrit Zola. Nous avons assisté à cette
déchéance, voilà pourquoi j'applau-
dis. Et il n'y a point là de généralisa-
tion, de haine, on n'y rencontre pas
une critique de l'ouvrier français. 11
y a du malheur, de la détresse,
comme en d'autres pays, à cause
d'ignorances, de traditions malen-
contreuses et de mœurs Voilà tout.
Et nous avons retrouvé tous les
illustres personnages, Coupeau, Lan-
tier, Gervaise, Adèle, Virginie, Co-
lombe, Nana petite et Nana adoles-
cente et nous avons vu, au commen-
cement, le père Macquart maltraiter
sa femme et ses enfants, nous avons
cinea
15
assisté à la naissance des amours de
sa fdle, reconnut le bon ouvrier
Coupeau qui devintl'ivrogne invétéré
et l'exquis Gueule d'Or et Bazouge et
le trio Mes-Bottes et Cie.
J'ai entendu dire que les ouvrières
de la blanchisserie jouissaient de
bien peu d'espace pour leur repus-
sage, on en voit tous les jours, dans
des boutiques, aussi mal à 1 aise.
Non, cela est bien. Suffisant comme
moyens d'exécution, soigné comme
mise en scène. Le drame et ses épi-
sodes, les misères et les joies, la noce,
la fête et les deuils et l'asile Sainte-
Anne, rien ne manque. L'interpréta-
tion vaut tous les éloges, M. Jean Dax
en tête, Coupeau parfaitement et
peu à peu transformé, et Mlle Louise
Sforza, Gervaise douce, soumise,
puis fatalement amenée au dernier
échelon. M. Georges Lannes est ex-
cellent aussi dans Lantier, tour à
tour timide, audacieux et cynique.
Et tous les autres, nombreux, ap-
plaudissons-les.
Et applaudissons le nom de Zola
qui a créé ces types après des obser-
vations, après des travaux et avec
son amour de vérité et son espoir de
mieux.
Si le film n'atteint pas la perfection
absolue, il y passe du moins le souf-
fle qui a inspiré le roman, et c'est
beaucoup.
Gustave est médium.
Gustave (M. Biscot), petit employé,
rêve que, sans emploi, il découvre
ses dons de médium. Dés lors, devenu
déménageur, il parvient à se faire
obéir de meubles et voitures, chaises,
piano, lit, tableaux et guéridons
marchent à son commandement.
•
Le Canard ea Ciné
M. Lortac publie sur l'écran un
bref journal satirique. Quelques dé-
couvertes ou prétendues inventions
y sont caricaturées, ainsi la possibi-
lité du changement de sexe, et d'au-
tres, parfois amusantes.
•
Mariage forcé.
Un Mack-Sennett qui débute comme
un Rigadin, le mouvement est ensuite
plus original, mais la fin - comme
tant de fois — nous apprend que nous
avons assisté à un rêve.
•
La voix de la conscience.
Ou plutôt Un bienfait n'est jamais
perdu. Un prospecteur, conseillé par
un pasteur, ne se venge pas d'un
voyou qui voulait le voler et le tuer.
Au contraire il s'associe avec lui et
quand il est misérable, l'autre lui
tend la main Le prospecteur a été
escroqué par des gens en habit noir,
mais il épouse quand même la gen-
tille enfant que représente Agnès
Avres.
©
Le diable au corps.
Un mélange de drame et de comé-
die, assez gai au moment que défi-
lent des voleurs grotesques et un peu
sensibles. On lit dans le texte: « inimi-
tés rasades » !
/fe&v,
Dessin île Bénin
ÉLÉNA SAGRARY
qui se manifeste dans un début
doublement heureux dans tùvre
et dans Jctt attira.
Jubilo.
Jubilo, rôdeur des champs, n'a ja-
mais su travailler. Un hasard le mène
dans une ferme et le métamorphose
assez vite. Laborieux, il est mêlé à
une aventure où il triomphe grâce à
un naïf héroïsme, Will Rogers joue
ce rôle avec une fantaisie pittoresque
d'ordre supérieur. On ne voit en
France que M. Signoret qui, dans un
personnage pareil, pourrait l'égaler.
•
Un poing... c'est tout.
Le film vaut beaucoup mieux que
ce calembour. C'est presque une
étude satirique de mœurs politiques,
et le comique, même aux scènes ou-
trancières, qui s'y révèle, a quelque
chose de cruellement amer.
Canavan y est un pauvre et timide
balayeur qui, blessé par une voiture
de maître aux chevaux fiers et aux
voyageurs guindés, change de pro-
fession et, devenu manœuvre dans
une carrière, se voit confier un poste
où il devra faire preuve d'une minime
autorité. Dès lors, l'audace lui vient
et, qu'il s'agisse de la vie familiale
ou des affaires publiques, sa sûreté
de soi le mène vite à la richesse.
Même il épouse la dame dont l'équi-
page l'avait naguère écrasé. Elle nen
sait rien, mais, quand il le lui crie,
comme son attitude est drôle- :
« Boueux I j'ai épousé un boueux ! »
Sachez au surplus que là encore il
vaincra le mépris de sa compagne
par sa poigne et lancera aux specta-
teurs un coup d'oeil île fierté satis-
faite. Tom Moore est mesuré, sobre,
extrêmement amusant.
Le fruit défendu.
Scénario un peu arbitraire, mais
fertile en coups de théâtre et qui a
permis une interprétation parfaite
dans une extraordinaire mise en
scène. Parce qu'un riche industriel
veut retenir chez lui, pour affaires,
un jeune financier, la maîtresse de
maison use d'un subterfuge dont une
couturière pauvre est la principale
actrice. Malheureuse femme d'un fai-
néant, elle sera la victime sentimen-
tale d'aventures qui se termineront
enfin à son avantage. Agnès Ayres,
Théodore Roberts (toujours excel-
lent ),Kathly a Williams et leurs]cama-
rades jouent bien. Quant à la mise
en, scène de Cécil B de Mille, elle est
d'une magnificence non pareille. Rien
d'aussi étincelant n'a sans doute été
obtenu que l'évocation de Cen-
drillon, d'abord parmi les glaces et
le cristal éblouissants, puis, dans un
clair-obscur.
Rédemptrice .
Rhoda ne rachète pas, elle sauve ;
elle convertit à la probité absolue
trois membres éminents de la plus
basse des pègres inconscientes et
organisées Pearl White et ses parte-
naires interprètent comme il sied ce
ciné-roman en un épisode. Il faut
pourtant reconnaître qu'une scène
surpasse les autres de mille coudées :
celle où, dans une église, un homme
venu pour forcer le tronc des pau-
vres et cherchant à se défendre con-
tre deux personnes, atteint d'une
balle de revolver en plein cœur, un
Christ en croix. Alors, la fille de cet
homme s'agenouille, en extase, car
elle croit voir (et nous voyons) la
figure du Christ s'animer, regarder,
sourire comme pour un pardon, puis
redevenir impassible. C'est une mi-
nute très belle, mais ce n'est qu'une
minute. Lucien Wahl.
<&*&:
>|i^:
£ £ cinéa £ £
a publié les biographies de Van Daële, Modot, Signoret, Emmy
Lynn, J. Catelain, France Dhélia. André Nox, Huguette Dufios,
Marcel Vallée, Charles Duliin, Musidora, René Cresté, Marcel
Lévesque, Gaby Morlay, René Navarre, S. de Napierkowska,
Andrée Brabant, A. -F. Brunelle, Romuald Joubé, Jean Dax,
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Henri Debain, Biscot, Gina Relly, S. de Pedreili, Suzie Prim.
Georges Lannes, Christiane Delval, Gastao Roxo, etc.; et de
Antoine, J. de Baroncelli, Raymond Bernard, H. Diamant-Berger,
Germaine Dulac, G. du Fresnay, Abel Gance, René Hervil,
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• aussi ses résultats dans un délai très rapproché. Nous avons
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: plus sympathiques envois du concours. On se doute qu'il figure
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que nous venons de voir dans L'Homme Invisible et dans Ka^an chien-loup, et dont le mariage avec William S. Hart
vient d'être annoncé, puis démenti.
RÉPONSES
A QUELQUES LETTRES
Korkar un. — Vous aurez l'adresse dans
le numéro prochain.
Vous reverre/ la nuit du 1 1 septembre.
Mais pas tout de suite certainement,
comme Jacques Landauçe.
Mme de Renneviiie. (Baden). — Je n'ai
pu avoir les renseignements sur Uhro
Sommersami. Sinon qu'il n'avait aupara-
vant tourné qu'un tout petit film. Mais écri-
vez à.l&Swensk Film industrie y et /<; Kuns-
gatan. Stockholm . Suéde ou au Filmjour-
nalen : Dapid Bagarctgat. ? Stockholm.
Vous aurez là les photos et les renseigne-
ments.
Ginette B. — Vous confondez: Dans le
premier film c'est Olga Petrova et le
deuxième, c'est Pauline Frederick.
Non. Nazimova n'est pas algérienne.
Elle est Slave.
Henri Beau. — Les plus connues sont :
Marion Davies, Marie Prévost, Philis Ha-
ver et Harriett Hamond. Du tout, au con-
traire, cela nous fera plaisir.
Very Anxious. — L'adresse de B.essie
Bariscale est : Bessie Bariscale Pictures
<5 141 .Metrose avenue. Los Angeles Californie.
André Menard. — Envoyez-lui quelques
photos. Fannie Ward était à Paris, il y a
dix jours. J'ignore totalement, mais je ne
crois pas. Elle est mariée à Jack Dean.
Jimmy. — Lilian Gish a joué dans Intolé-
rance: la femme au Berceau Non.
Yvonne A. — Mme Alla Nazimova
Métro films studios, 3 w. 61. Street New-
York.
Claire. — Jackie Coogan a tourné un
autre film depuis comme étoile. Il est inti-
tulé: Peeks bad boy.
Durei.i.i. — On a donné plusieurs fois
la distribution de Caligari, on va bientôt
le voir.
Maurice Genol. — Adressez-vous à
M.René Fernand,Ô3, rue de Chabrol. C'est
un des seuls qui puissent vous donner
d'utiles renseignements.
Ramuntcho. — Non, le film de Loïe
Fuller a été fait sur les studios Gaumont
et non à Los Angeles. Je suis étonné que
ce metteur en scène vous ait donné de tels
renseignements.
Levy Bertin. — C'est M. de Berseau-
court qui administre la firme Abel Gance,
écrivez-lui, 8, rue de Richelieu.
Léon Saget. — Vous êtes très gentil,
mais je ne puis vous conseiller utilement;
le cinéma à l'heure actuelle n'est pas préci-
sément l'El Dorado. Studios Gaumont, rue
de la Villette, 5}.
Doris. — Mlle Myrga. Même adresse.
Raucourt. — Lars Hanson, Ivan Hed-
quist, Costa Ekman, Uhro Sommersami,
et surtout Sjostrom.
Patriote. — Nous parlons aussi des
films français: vous avez pu vous en ren-
dre compte si vous savez lire.
Miss Love. — Le Voleur'» été tourné à la
Fox-Film. Pearl White, je ne saurais vous
dire.
Henri B. — Dans la Cité perdue, c'est
|uanita Hansen qui interprète le rôle fémi-
nin.
Aventure. — Douglas Mac Lean a, je
crois, vingt-trois ans. Non, c'est Wallace
Reid et non Creightori Haie. Dans Miss
Milliard : June Caprice.
MystÉRIA. — Mystéria, film à épisodes.
n'est pas italien mais autrichien, il a été
tourne a la Sacha-film, si je ne me trompe
Amoroso. — Gina Païenne aux films
Jupiter. 10. rue Rochambeau.
Mae. — Maë Murrav n'a aucun lien de
parenté avec Mae Marsh. Robert Léonard
est son mari en même temps que son
metteur en scène.
Lucette. — Van Daële dans le rôle de
Militis.
E. F. — Catherine Calvert est née à Bal-
timore, elle doit avoir vingt-cinq ans.
Je n'ai pas les renseignements sur tous les
autres et vous répondrai bientôt.
Michel Frémieux. — Votre scénario vous
sera renvoyé dès que nous aurons publié
les résultats du Concours.
Votre lettre est très intéressante et vous
avez raison.
Reynaert. — Ces films étant déjà an-
ciens je vais demander qui les possède
maintenant.
A. D. — La Nouvelle Aurore comportait
douze épisodes. La mise en scène est de
E. Violet et R. Navarre. Chéri Bibi : M.José
Davert.
Julien B. — Nazimova tourne toujours.
Nous verronsd'elle : La Danseuse étoile, La
Dame aux Camélias et Aphrodite
Je ne sais en ce moment.
Dartois. — Voici l'interprétation de la
Roue : Séverin-Mars, Pierre Maynier, Ivy
Close. G. de Gravone. Georges Térof. Je
ne sais quand sera présenté ce film.
A. F. — Léon Mathot est marié, il est
né à Roubaix en 1886.
Vous le reverrez dans l'Empereur des
Pauvres de R. Leprince.
Vivienne. — / our l'Humanité a été édité
en Amérique sous le titre : The Heart of
Humanity. Eric von Stroheim est d'origine
autrichienne, mais, établi aux Etats-Unis
au moment de la guerre.
Une jeune fille. — Le Fantôme de Lord
Barringtou est un film de la Select. William
Faversham en est le principal interprète.
Juanita Hansen ne tourne pas seulement
des films en épisodes elle fut la partenaire
de Tom Mix dans Le Téméraire et de Wil-
liam Hart Le Dieu captif.
Caligari. — l'espère autant que vous
voir des films allemands. Voici l'adresse
d'Asta Nielsen: Art film, 72-74. Zimmers-
trasse, Berlin S. W. 68.
J. L. — Maciste, de son vrai nom: Er-
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— Les trois mousquetaires, 8- épisode. — Une poule
mouillée.
Grand Cinéma Lecourbe, U5-119,rue Lecourbe
— Saxe oG-45. — Les grandes chasses de la fauni
africaine. — Chantelouve. — Les trois mousquetaires
s- épisode. — L'Orpheline, 9- épisode.
16' Arrondissement
IVlozart- Palace. 49, 5t, me d'Auteuil. — Pro
gramme du vendredi 9 au lundi 12 décembre. — Reine
Lumière, i' épisode. — Un bébé s'il vous plait. — L'
Père Goriot. — Les fables de La Fontaine, :)■ série. -
Programme du mardi t:i au jeudi 15 décembre- — Cascade
près de Skien, - folle gageure. — Les trois mousque-
taires, 9' épisode. — Son plus grand amour.
17- Arrondissemenl
Cinéma Demours, 7, rue Demours.— Les grandes
chasses de la Faune africaine, première partie. — Reine-
Lumière, ï' épisode. — Dudule, l'âne et l'hercule. —
La Fournaise.
Ternes-Cinéma, 5, avenue des Ternes Wagram
02-10. Le Pendentif. — L'Orpheline. 9- épisode. —
Myrlha. Dudule. l'âne et l'hercule.
Villiers Cinéma, 21, rue Legendre. - Zigoto maî-
tre d'hôtel. - La puissance dn hasard. — L'Orpheline,
s- épisode. — Les labiés de La Fontaine. — La petite
fée d'Irlande.
Lutetia Wagram, avenue Wagram. — Le canard
en ciné. - Le prince charmant. — Les trois mousque-
taires, 9' épisode. — Les grandes chasses de la faune
africaine, première partie. — Le loup de dentelle. —
Dudule. l'âne et l'hercule.
Royal Wagram, avenue Wagram. — Dix minutes
au Musir-ll.ill. — La maison de jeu. — Chariot coltineur-
— La vierge folle- — L'Orpheline, 9- épisode.
Cinéma Legendre, 12», rue Legendre. — Les plus
jolis coins de la forêt de Fontainebleau. — Cbarlol patine.
— L'Orpheline, 8' épisode. — Les fables de La Fontaine,
: série. — Cendrillon.
18e Arrondissement
Théâtre Montmartre, Cinéma Music-Hall,
place Dancourt et rue d'Orsel, 43. — Nord 49-Î4. —
Le Porion. — Le Tour de Nell. — Dix minutes au
Mnsic-Hall. — L'Orpheline, 9' épisode.
Barbes- Palace, w boulevard Barbes. Nord 35-68.
— La vierge folle. — Les trois mousquetaires. 9" épisode.
- L'Orpheline, '.*■ épisode. — Dudule. làne et l'hercule.
Palais Rochechouart, 56, boulevard Roche-
chouart.— Le joui; . — Les trois mousquetaires. 9- épisode.
— Les jeux du destin.
Le Select, 8, avenue de Clichy. — Les grandes
chasses de la l'aune africaine. — La vierge folle. —
Dudule, là ne et l'hercule. — Le loup de dentelle. —
L'Orpheline. 9- épisode.
19e Arrondissement
Secrétan, 7 avenue fecrétan. — Chariot coltineur.
— Les trois mousquetaires, 9' épisode. — Les fables de
La Fontaine. — Reine-Lumière. J- épisode. — Amour
posthume.
Le Capitole, place de la Chapelle. — L'Orpheline,
'.i-épisode. — I es trois mousquetaires, »• épisode. — Les
grandes chasses de la faune africaine, première partie.—
Le toup de dentelle. — Dudule. l'âne et l'hercule.
Belleville-Palace, i30, boulevard de Belleville —
Les trois mousquetaires, 9" épisode.— Chariot coltineur.
— Cendrillon. — L'Orpheline, 9- épisode
Féerique-Cinéma, 14G, rue de Belleville. —
L'Orpheline, 9- épisode. — Carnaval. — Les trois mous-
quetaires, 9- épisode.
20' Arrondissement
Paradis-Aubert-Palace. 42, tue de Belleville.
— Une drôle de maison. — Les trois inousquetaiies
s- épisode. - Zi^nlo maître d'hôtel. — Sept ans de
malheur.
GAUMONT-PALACE
■
■
0 0 1, rue Caulaincourt 0 0
. — _ ■
■
■
Un Grand Film Français
VERS LA LUMIÈRE !
■
■
Comédie dramatique avec Mme YANOVA
LE TAPIS PERSAN iïïïT^é
■
la dinseuse persane flRMEN OHflNIRN
■
UN NUAGE, fantaisie de Léon Poirier
L'ORPHELINE, 9e épis. : Scirs de Paris
clnéa
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Phroso
Phroso est une œuvre charmante;
il aurait fallu en parler comme d'un
beau livre d'images, ne pas aborder
les questions qui se soulèvent à pro-
pos du film ; mais c'est M. Mercanton
lui-même qui nous expose ses théo-
ries, nous convie par là, à les discu-
ter. A dire vrai, il y a toujours un
écart entre la théorie et la pratique :
le programme affirme que tout est
reproduit d'après nature, que chaque
acteur appartient à la nationalité du
personnage qu'il représente ; or, je
ne crois pas que M. Capellani soit
grec, ce qui ne l'empêche pas d'incar-
ner parfaitement le traître Stefa-
nopoulo, non plus que Miss Malvina
Longfellow, ce qui ne l'empêche pas
d'être une charmante et sympathique
Phroso. Par contre, M. Maxudian,
qui, à en juger par son nom, doit
être originairede quelque part par-là
est le pacha Turc de naissance armé-
nienne ; il ne peut pas y en avoir un
un autre. Les paysages des Cyclades
sont originaires, eux, des îles de Lé-
rins,et ne ressemblent pas, m'affirme
un ami qui voyagea dans l'Archipel,
au modèle qu'ils représentent. Si
nous passons à l'éclairage, nous
constatons que les plus jolis effets —
par exemple la Grotte des stalactites,
où la houle lumineuse qui déferle,
précédant la vague sombre — ont
été pris au moyen d'éclairages arti-
ficiels. Le parti de tourner dans lies
intérieurs réels donne de l'atmos-
phère, delà vraisemblance, de la vie;
mais il faudrait savoir rentrer dans
la convention quand il est nécessaire
— notamment pour montrer un geste,
un peu de physionomie. En fait, le
film de M. Mercanton est, comme tra-
vail de prises de vue, excellent;
mais pas pour des raisons très dif-
férentes de celles qui feraient louer
un film établi d'après des théories
toutes différentes.
Une seconde question se pose, c'est
celle de la composition. M. Mercan-
ton, ou plutôt sa scénariste, ont ou-
blié que, même lorsqu'on dispose
d'un camion automobile et d'un pro-
jecteur, il est essentiel de choisir un
point de vue. Dans le très amusant
roman d'Anthon}' Hope, le récit se
déroule du point de vue de l'acqué-
reur anglais et de son cousin : l'en-
trée en scène de Phroso qui est une
pageextrêmementréussie produit un
réel effet de surprise. Dans le film, qui
narre chronologiquement toutes les
actions convergentes, en les plaçant
sur le même plan, l'effet est perdu.
Lorsque le fait saillant, l'impression
;'i faire ressortir, est la convergence,
c est ainsi qu'il faut procéder (voir la
lin d'Intolérance) mais il ne faut pas
gâcher ce procédé en l'employant à
propos de tout.
Maintenant tout cela n'a pas une
très grande importance. Quelle qu'en
soit la valeur absolue, les théories
de M. Mercanton le porteront à choi-
sir des sujets pittoresques et photo-
géniques : ses capacités techniques
lui permettront de les réaliser d'une
manière extrêmement agréable à
l'œil ; et c'est l'essentiel.
Le loup de dentelles.
Quand vous aurez-vu ce film — et
il faut le voir — n'aimeriez-vous pas
être à la place de Van Vechten, pos-
séder son beau tipe nordique, son
calme, sa bonté, sa vue supérieure
de la vie, des êtres et des choses, sans
parler d'une fortune illimitée et de ce
studio I Souhaitez-vous plus jolie re-
traite que cette pièce circulaire, avec
ses vues diverses sur la campagne
et la ville, ses orgues harmonieuses
et décoratives, des bibliothèques
dans l'épaisseur des murs, des livres
faits pour être lus, des sièges desti-
nés à s'asseoir, des tables auxquelles
on peut travailler ?...
cinéa
Cet homme si heureux recueille
une danseuse russe, délicieuse et
primesautière, laquelle épouse un
architecte lequel est en réalité amou-
reux d'une anglaise, belle, froide et
intellectuelle, laquelle a épousé par
dépit un noceur de Broadway. Ce
dernier une fois éliminé, tout s'ar-
range, mais non sans drame ; sa
veuve et l'architecte vont cacher
très loin (ils font aussi bien) leur bon-
heur, et Van Vechten qui a tout re-
gardé de son œil indulgent, recueille
à nouveau — mais cette fois pour en
faire sa femme — la petite danseuse
durement assagie.
La danseuse, c'est Maë Murray, qui
trouve moyen d'être jolie, presque
sans l'être, d'être petite fdle, poulain
échappé, sans tomber dans la mi-
nauderie et l'afféterie, qui est la plus
mutine petite ballerine de la terre,
dont le corps souple et gracieux,
très amplement dénudé, reste chaste
par la vertu de son mouvement et de
son eurythmie.
Ce qui prouve que la personnalité
de Maë Murray existe, c'est la ma-
nière dont elle s'est imposée aux deux
cinéastes successifs, George Fitzmau-
rice d'abord qui a tourné Le Loup de
dentelles, puis Robert Z. Léonard qui
a tourné Liliane. Pour moi, je pré-
fère Le Loup de dentelles, à cause du
studio! Sans doute il n'y a pas la der-
nière danse de Liliane, la danse de
la honte et du désespoir, l'effondre-
ment devant la table, le verre ner-
veusement broyé entre les doigts ;
sans doute aussi l'on est souvent
fatigué par un texte abondant, inu-
tile ; mais le drame est dans l'en-
semble plus humain, plus émouvant,
et il y a une page merveilleuse : celle
où Sonia descend les marches du Pa-
lais de Justice sous les regards cu-
rieux et méprisants de la foule et
sous les éclairs de magnésium des
photographes, plus pénibles dans
leur indifférence et leur indiscrétion
insultante, que la pourpre et le ro-
seau, les soufflets et les verges, le
fiel et le vinaigre.
•
Fleur sauvage.
La jolie Maiken Katia porte avec
aisance le costume de rigueur dans
une île déserte, et qui consiste dans
une pièce de toile roulée autour du
corps dans un désordre savant. (Les
abonnés de Cinéa, peuvent se référer
au n° 1 du Magazine, où ils trouve-
ront un charmant portrait de Norma
Talmadge dans ledit costume. Per-
fectionné, stylisé, il aboutit au Sa-
roag malais, que l'exquise Seena
Owen revêt si gracieusement dans
Victory. Mais verrons nous jamais
Victory ?) Plus tard, elle adopte,
sans trop y perdre, le costume de
jeune fille civilisée — sans l'être.
Le film est maritime, exotique,
amusant ; du Conrad édulcoré pour
grands enfants, avec quelques tou-
ches de satire familière et bourgeoise
à la Frederica Bremer dans les des-
criptions de la vie de château.
•
Vers le Bonheur.
Evidemment le titre Suédois Ero-
tiken était intraduisible en français;
il fournit cependant une indication
sur l'esprit de la pièce, et, malgré
les coupures et les transformations,
permet aux Anthony delà critique de
la reconstituer comme s'il s'agissait
d'une victime d'un plus matériel as-
sassinat. En fait — et ceci paraît
avoir échappé à de perspicaces ciné-
graphes — il ne s'agit nullement
d'une banale comédie d'amour ; le
comique de ce film est d'une saveur
particulière, topique ; elle parodie
plus ou moins consciemment des
œuvres et des tendances toutes Scan-
dinaves : Irène est la nièce de Nora
et d Hedda, et l'arrière-petite-fille de
la redoutable Gudrun.Le rôle est dé-
licieusement joué par Tora Teje,qui
trouve moyen d'associer l'élégance
et la beauté de la ligne à un comique
raffiné, et que secondent parfaite-
ment des partenaires pleins de natu-
rel et de mouvement.
Amour posthume.
La guerre, en rompant des milions
de liens, a rendu une redoutable ac-
tualité aux problèmes de la survi-
vance : ainsi s'explique le flot de
films psychiques, spirites, mystiques,
dont nous sommes inondés. Dans ce-
lui-ci,la donnée psychique n'est qu'un
moyen de constater, par un coup de
théâtre qui est le moment le plus
frappant, mais non le meilleur de
l'œuvre, l'évolution d'un drame inté-
rieur très humain et très plausible.
Le Sunt lacrimœ reruni — au
sens faussé où on l'entend aujour-
d'hui — pourrait servir d'épigraphe
aux scènes ingénieuses, émouvantes,
où la jeune femme, revenue au pays
natal de son premier mari,y retrouve,
matériels et tangibles, les souvenirs
qui lui font comprendre le disparu,
lui révèlent combien elle a été aimée
— combien elle aimait sans le savoir.
Elsie Fergusson est l'interprète
rêvée pour un tel rôle , on ne saurait
oublier ses adieux affectueux à son
mari — le geste par lequel elle sou-
lève le rideau du dhoolie, pour voir
s'il n'est point parmi les blessés — '
ni la vision exquise qu'elle offre,
couchée comme morte parmi ses che-
veux épars qu'a blanchis l'angoisse
d'une nuit. La génération qui vieillit
voit monter avec un charme mélangé
d'effroi, le flot des jeunes actrices,
blondes et bondissantes, pétulantes
cinea
et piaffantes, auxquelles on serait
tenté, comme Peer Gynt à Anitra,
d'offrir une âme, et qui préféreraient
certainement le collier de perles. El-
sie Fergusson a peut être quelques
années de plus que ce gracieux trou-
peau, mais ce n'est pas une question
d'âge. C'est une question presque de
civilisation...
Les autres interprètes sont bons ;
j'ai particulièrement goûté, pour son
type physique, celui qui joue le rôle
du major Bethune. L'ayah qui, telle
le chien d'Ulysse, reconnaît la pre-
mière le maître disparu, a de beaux
gestes d'une humilité presque ani-
male.
Les spécialistes ont admiré certai-
nes pages de guerre, entre autres
une nuit sillonnée d'explosions qui,
en soi-même, est réussie, mais qui a
le grand tort d'être à côté de la réa-
lité : ce n'est plus le siège de Tchitral,
c'est la prise de la crête de Vhny.
J'aime mieux, pour ma part, l'hum-
ble Bhisti qui meurt sous son outre
percée par la balle ; Maurice Tour-
neur a résumé là toute l'émotion de
la guerre, comme Griffith dans le
nègre expirant de la Fleur dans les
Ruines.
Le Père Goriot.
En voyant ce beau film à la pré-
sentation, j'avais été charmé, et peut-
être distrait, par la succession d'ima-
ges vivantes, exactes, pittoresques,
amusantes, par l'éclat d'une des
reconstitutions les plus ingénieuses
qu'on nous ait montrées à l'écran.
J'ai voulu revoir l'œuvre de M. de
Baroncelli, juger de la manière dont
elle portait sur le public. Le public-
donne tort aux critiques — et a rai-
son : il voit et goûte le côté illustra-
tion du fdm ; mais il pénètre le côté
humain, profond, émouvant, et quand
Signoret meurt, abandonné sur son
grabat, il pleure.
Lionel Landry.
•
P. S. — Au sortir du très intéres-
sant concert que vient de donner
M. Jean Wiener, je constate, en me
reportant au passage où j'avais — à
propos de l'accompagnement musi-
cal du Cinéma en général, et de Fiè-
vre en particulier — parlé de ce re-
marquable musicien ; que son nom
avait été estropié à la compo-
sition.
Je répare l'erreur en signalant que,
dans un prochain concert, M. Jean
Wiener compte faire entendre sur le
pleyela, des fragments du Sacre du
Printemps, de Stravinsky. L'expé-
rience, en dehors de son intérêt mu-
sical, est à suivre au point de vue
des ressources que peut offrir cet
instrument pour l'accompagnement
des films.
* •
2e P. S. — Les lecteurs de Cinéa qui
penseraient trouver quelque plaisir à
constater une fois de plus que les criti-
ques ne s'en tirent pas mieux que les
autres quand ils mettent la main à
la pâte sont invités à assister à la re-
présentation que donnera, le ven-
dredi 10 décembre, en matinée, au
théâtre Albert 1er, rue du Rocher, le
groupement La Flamme présidé
avec tant d'autorité par M. Fernand
Gregh. Ils y verront deux pièces :
Le Justicier et Comme on s'ignore,
dont l'une est d'un collaborateur as-
sidu de Cinéa.
L. L.
8
cinéa
VERRIÈRE L'ÉCRAN
m
FRANCE M
Nous avons eu la bonne fortune
de rencontrer les grands représen-
tants de la France à la Conférence
de Washington Nous ne leur avons
pas demandé de dévoiler tel ou tel
secret diplomatique. Nous leur avons
demandé s ils avaient été au cinéma
en Amérique.
M. Philippe Berthelot, un des plus
ardents cinéphiles de Paris, rit en-
core aux larmes quand il évoque
Chaplin et son désopilant Idle clas.
Il l'a vu et revu en compagnie de
iM. Aristide Briand. On sait que notre
Premier a moins de chaleur pour
l'art muet que, par exemple, M. Paras.
Mais il avoue avoir été conquis par
l'humour de Chariot dans les scènes
du golf, du bal masqué, de l'armure
qu'on ouvre avec une clef de boîte à
sardines, des sanglots et du cocktail.
La plus grande impression ciné-
matographique de ces Messieurs est
due aux Trois Mousquetaires, de
Douglas Fairbanks. Ils proclament
délicieuse l'adaptation sobre et vive
des deux ou trois meilleurs épisodes
choisis dans le roman (M. de Trêville,
les Fer rets de Diamants) et décla-
rent à qui veut les entendre que
jamais l'endiablé Doug ne fut si bril-
lant, si charmant, si prestigieux, que
dans cette création de d'Artagnan
où les français le verront bientôt.
•
M. Manoussi filme Le Grillon du
Foyer, dont la protagoniste sera Sa-
bine Landray.
•
Le Visiophone Chaudy que nos lec-
teurs connurent par les pages d'Emile
Vuillermoz a parfaitement fonctionné
à la reprise d'Asmodée à Paris par
le Théâtre du Colisée. Ce film lyrico-
boufïé, présenté en juin dernier au
théâtre des Champs-Elysées, fut ima-
giné par Rip qui y tient plusieurs
Un film est un mouvement
de pensées et de sensations
Visualisées, et non une
juxtaposition d'images.
rôles humoristiques avec une verve
étonnante.
Elena Sagrary qui joue avec une
immobilité hiératique et pathétique
le rôle de l'Orientale, dans Fièvre,
est l'étoile d'un film intitulé Jetta-
tura, qui passera bientôt sur les
écrans et qui permettra au publie
d'admirer une fois de plus les rares
dons plastiques et émotifs de cette
jeune artiste.
•
Douglas Fairbanks a terminé son
tour d'Europe. Décidément il ne sé-
journera pas en France comme il le
souhaitait. Londres deviendra peut-
être son quartier général, — à moins
qu'il ne réintègre tout simplement
sa paisible Californie aux studios
confortables.
Gina Païenne et son metteur en
scène, Guy du Fresnay sont partis
pour la Riviera et les Maures où ils
tournent les « plein-airs ».
La presse de Fièvre fut générale-
ment remarquable. Mais une certaine
catégorie d'exploitants craignaient
ce film pour leur public . Fièvre a
paru, on l'a applaudi dans les salles
les plus diverses, la cause est gagnée.
L'auteur ne perd pas ses paris.
•
On dit que MM. Delac et Vandal re-
prennent le Film d'Art, et vont lui
donner une véritable activité. Enfin!..
On dit que le premier film réalisé
par J. de Baroncelli, cinéaste du
Rêve et du Père Goriot, sera Roger-
la-Honte, le célèbre drame populaire
de Bouchardy.
Signoret sera le protagoniste de
Roger-la-llon te.
•
Léonce Perret poursuit l'exécution
d'un grand film dont la vedette mas-
culine est Angelo, le brillant créateur
de L'Atlantide .
•
Marcel Vibert tourne le principal
rôle du Grillon du Foyer, que M. Ma-
noussi met en scène.
M. Durée vient de terminer aux
studios de l'Eclipsé la réalisation d'un
grand film dramatique.
•
Nous verrons sans doute dans un
prochain film français Eric Barclay
qui fut un si remarquable Félicien
dans Le Rêve et qui vient de créer un
grand rôle d'écran â Londres.
•
M Léon Poirier est parti dans les
Alpes avec ses interprètes pour tour-
ner les extérieurs de l'adaptation ci-
négraphique de Joeehjn
•
C'est la Société Cosmograph qui a
acheté Le Cabinet du docteur Cali-
gari.
•
Après L'Atlantide, nous verrons
sans doute au Madeleine-Cinéma
Asmodée à Paris, ce film de Rip qui,
avec le visiophone Chaudy, obtint
un succès inégal et apporta de cu-
rieuses tentatives dans l'art muet.
•
ANGLETERRE M
MathesonLang serait engagé pour
tourner le rôle principal dans la
prochaine réalisation de Louis Mer-
canton : Les Jardins de Murcie.
m
Stewart Rome, de retour d'Italie
ou il tourna The Predicament pour
Henri Fescourt, tient le principal
rôle dans : Dicky Monte it h le nou-
veau film que M. Kenelm Foss met en
scène pour la compagnie Astra.
•
Peggy Hyland, l'étoile appréciée
de la Yitagraph, puis de la Fox, sera
la principale interprète d'une nou-
velle production anglaise de M. Le
Roy Granville, sous la direction du-
quel elle tourna déjà en Angleterre
l'année dernière The Honegpot.
•
La deuxième production de A. E.
Coleby pour la Stoll sera l'adapta-*
tion d'une histoire dont il est l'auteur
et le scénariste. Le titre, non défini-
tivement arrêté, m'a-t-on dit, serait
The Peacemaher.
•
Little Lord Fauntlerôy sera pré-
senté en Angleterre le 12 décembre.
Les Trois Mousquetaires (version
cinea
Douglas Fairbanks) sera présenté le
25 du même mois. Ainsi viennent de
me l'apprendre M. et Mme Fairbanks.
avec qui je viens d'avoir un charmant
entretien au Ritz. En mars prochain,
Mary Pickford tournerait en Angle-
terre un film, qui serait non à pro-
prement parler une reconstitution
historique, mais qui en posséderait
les caractéristiques : grande mise en
scène, déploiement de costumes. Sur
ma demande, si son époux serait son
protagoniste dans ce film, ainsi qu'on
l'avait chuchoté, Mrs Fairbanks, spi-
rituelle et gracieuse, n'a fait qu'ai-
guiser ma curiosité, sans la satis-
faire. Petite déception d'amour- pro-
pre, qu'un sourire consola...
•
Le film de la Screen Plays Comment
Lord Kitchenerfut trahi qui fit l'ob-
jet de maintes controverses lors de
sa présentation privée, sera présenté
bientôt au public, au Philarmonic
Hall de Londres. Cette décision serait
motivée surtout par l'impossibilité où
se trouvent les exploitants anglais
d'inscrire pour le moment un film
nouveau à leurs programmes, en rai-
son du block et de l'advance boo-
king.
•
A propos de films historiques, il y
a lieu de signaler, dès à présent celui
dont Denison Clift sera le réalisa-
teur : Mary, Queen of Scott s (La
reine d'Ecosse) sera personnifiée par
Miss Fay Compton. Ce film sera le
premier d'une nouvelle série que
M. Denison Clift produira pour son
propre compte; deux drames moder-
nes suivront.
•
Le remplaçant de M. Denison Clift
dans les studios de l'Idéal et M.
George Béranger, qui filme en ce
moment Sinister Street dont il est
l'auteur et le scénariste. Principales
interprètes : Maudie Durham et Amy
Verity.
•
La Compagnie Master innove tou-
jours. Après les chansons filmées qui
viennent d'obtenir un franc succès,
MM. Parkinson et W. C. Rowden pro-
duiront une nouvelle série sous le
titre général : Ten se moments ivith
great Authors (Quelques moments
attachants avec les grands auteurs).
Le premier film de cette série sera
Vanity Fair (la foire aux vanités)
d'après Thackeray, dont les protago-
nistes seront Miss Kyrie Bel le w dans
le rôle de Becky Sharp, et Clive
Brook.
The African Productions Ltd., pré-
sentera Swallow, adaptation du livre
de Sir Ridder Haggard. Le film a été
produit par Leander de Cordova,
précédemment metteur en scène chez
Métro. Les protagonistes en sont :
Joan Morgan et Hayford Hobbs. Les
films suivants seront: Sam's Kid,
avec Gertrude Mac Coy et Hayford
Hobbs, puis ]Vnlchnre Prey, dont
l'étoile est Miss Phyllis. La Compa-
gnie produira prochainement The
Blue Laggon, d'après le roman de
H. de Vere Stacpole. Ce roman fut
déjà mis à la scène et présenté au
Lyric, de Londres, au début de cette
année.
•
Hayford Hobbs dont le contrat avec
« The African Prod. Ltd » est ter-
miné, a quitté Johannesburg pour
l'Australie. Son intention est d'ouvrir
dans ce pays une agence de distribu-
tion, qui favorisera, autant que pos-
sible, l'introduction des films bri-
tanniques. On sait qu'en dépit du
tarif de faveur, obtenu grâce à la
ténacité de compagnies indépen-
dantes, la diffusion de ces films fut
jusqu ici très aléatoire, en raison du
trust tout puissant qui contrôle la
majeure partie des cinémas du pays.
•
Ils y viennent tous!... au cinéma,
il va sans dire. L'un après l'autre,
les plus populaires acteurs et actri-
ces britanniques se décident à affron-
ter les feux des lampes à mercure.
Après Miss Edna Best qui tourna
dans Tilly of Bloomsbnry, après
Miss Sybil Thorndyke, étoile appré-
ciée de Mot h and Rnst (Progress
Film Co.), voici cette fois un acteur
qu'on croArait irréductible amené, lui
aussi, à composition. J'apprends de
bonne source que Robert Loraine, le
comédien réputé, tiendra le princi-
pal rôle dans une nouvelle produc-
tion de l'Idéal Film Co, intitulée Bent-
ley's Conscience, d'après une nou-
velle de Paul Trent.
Il résulte de certaines informations
qu'une compagnie française va s'as-
socier bientôt à une maison de pro-
duction britannique. Des metteurs
en scène viendraient travailler très
prochainement dans les studios de
Beaconsfield. Qui disait que l'entente
cordiale serait toujours un vain mot!
•
Les Aventures de M. Pickwick,
mis en scène par M. Thomas Bentley
pour l'Idéal Film Co, est un succès
d'art cinégraphique, mais démontre
les limitations du film en tant que
moyen reproducteur. La réalisation
de M. Bentley, pittoresque au pos-
sible, révèle un soin minutieux, un
souci fouillé des détails, qu'on ne
saurait trop louer. Il est vrai que
M. Bentley, « dickensien » averti fit
déjà ses preuves. La dernière qu'il
nous a donné de son talent, de ses
talents, ne nous laisse rien à désirer...
rien, si ce n'est le génie essentiel,
primesautier, du maître dont il s'ins-
pira. Fred Volpe fut un M. Pickwick
réjouissant. Bransby Williams, artiste
fêté des music-halls londoniens,
campa un sergent Busfuz authen-
tique. Le film n'ennuira personne;
c'est là un point qui, en l'occurrence,
a sa valeur.
•
Le directeur et metteur en scène
américain, A. B. Garrick, qui vient
de repartir aux Etats-Unis, a annoncé
les nouvelles transactions du British-
American Film Prodncers Alliance
actuellement constituée. Cette orga-
nisation fera distribuer l'année pro-
chaine, vingt-deux productions, dont
douze furent tournées en Angleterre.
A. F. Rosi:.
ALLEMAGNE M
On prévoit la fusion des deux
grandes sociétés: Decla Bioscop-A-G.
avec l'Universiim Film Ahtien gesell-
schaft. Cette dernière ayant fait une
proposition à la Decla.
m
La il fa qui possède 70 des meilleurs
théâtres allemands, voit s'ajouter à
celle l'Universnm film. La U fa a dans
son organisation : la Decla, la Hansa
film, la Frankfurter Kompagnie ce
qui en fait la plus puissante société
européenne.
•
Dans les projets de réforme finan-
cière du Reich, figure une élévation
des droits de douane sur les films
étrangers de 200 à 400 marks auxquels
viendra s'ajouter encore la surtaxe
d'or.
•
Sous le nom de Pigeard - Lœser
Film. G. M. B. H. vient d'être fondée
à Berlin une entreprise de commerce
de films étrangers qui a la représen-
tation de films français, italiens et
suisses, pour les pays de l'Europe
centrale.
10
cinea
On proteste aussi dans les milieux
cinématographiques allemands con-
tre les énormes droits des pauvres
imposés. Les cinémas de Francfort-
su r-le-Mein ont fermé leurs portes pen-
dant six semaines en signe de protes-
tation.
•
Entre le Gouvernement italien et
le Gouvernementallemand un accord
a été conclu d'après lequel les deux
pays se facilitent réciproquement
l'importation de certaines marchan-
dises. Le film appartient à cette caté-
gorie.
•
L'Artiste Italien Maciste a été en-
gagé par le director Jacob Karol
pour une certaine quantité de films
allemands où il jouera.
•
D'après une statistique de Prague,
l'Allemagne livre le 63 0 0 de la pro-
duction cinématographique en Tché-
co-Slovaquie.
TCHÉCOSLOVAQUIE J&
Bien qu'avant la guerre on ait
tenté à Prague la création d'entre-
prises cinématographiques, il n'est
pas téméraire de dire qu'en Tchéco-
slovaquie l'industrie du film n'en est
cependant qu'à ses débuts. Plusieurs
sociétés se disputent la gloire d'avoir
créé l'art cinématographique tchéco-
slovaque Voici d'abord la maison
A. P., qui vient d'être autorisée par
le ministère de l'intérieur, d'accord
avec celui du commerce, à se trans-
former en société anonyme. Elle
s'est surtout consacrée aux scènes de
la vie paysanne du pays. A côté,
nous trouvons la maison Binovec
et Cie, qui tourne principalement des
sujets empruntés aux romans tchè-
ques et qui, grâce à la brillante in-
terprète qu'est Mme Suzanne Mar-
ville, se taille de beaux succès. Avec
le Rival Bohemian Film, le film tché-
co-slovaque, jusque-là cantonné dans
les scènes nationales, se fait plus cu-
rieux : il va étudier l'étranger. Le
Courage ! Le public com=
mence à discerner les bons
films. A Lyon il a sifflé
El Dorado et obligé La
Charrette Fantôme à
quitter l'écran & ^
Rival Bohemian Film, en effet, se
présente au public par un drame, La
Vengeance de la Mer, emprunté à
une nouvelle Scandinave mais tourné
au milieu de beaux paysages yougo-
slaves de l'Adriatique, admirable-
ment choisis. Quoi qu'on puisse pen-
ser du sujet, il faut constater que
l'art de la mise en scène et l'habile in-
terprétation des rôles principaux par
MlleMaryJansovaetM. Vladimir Pos-
pisil, ont assuré à cette tentative un
succès marqué. C'est un exemple en-
courageant pour l'industrie cinéma-
tographique tchéco-slo vaque qui
pourra trouver, dans les pays slaves
voisins, un admirable champ d'ac-
tion.
SUISSE M
La Société cinématographique amé-
ricaine « John Barrymore Co », à
New-York, a fait fdmer, dans la ré-
gion du Montreux-Oberland bernois,
plusieurs scènes d'un film important
intitulé Sherlock Holmes. Ces épi-
sodes ont été tournés en partie aux
Avants, à Chàteau-d'Oex, à Gesse-
nay, à Gstaad et à l'Hôtel des Sports
de Saanenmœser ainsi que sur les
sommités environnant Gstaad. Les
premiers rôles étaient joués par les
acteurs Albert Parker et Robert
Schable, de New-York, par Miss
Peggy Bayfield, de Londres.
AMERIQUE M
Les films importés d'Amérique en
France ne sont pas nécessairement
choisis parmi les meilleurs ; un grand
nombre d'œuvres de valeur reste
en route. Il nous a paru intéressant
d'indiquer ci-après ceux des films,
parus depuis le début de 1920, qui,
ayant fait plus ou moins sensation
aux Etats-Unis, sont encore inconnus
du public français. Cette liste est na-
turellement sujette à erreur, étant
donnés les changements que les édi-
teurs apportent aux titres : pour la
même raison, nous avons cru devoir
conserver aux œuvres leurs noms
anglais. Celles qui ont été particu-
lièrement remarquées sont indiquées
en lettres grasses.
Gai] Old Dog,de Mrs. Sydney Drew,
avec John Cumberland.
Isle of Conquest, avec Norma Tal-
madge.
Treasure Isldnd, (d'après Steven-
son) avec Shirley Mason.
Victory (d'après Conrad), de Mau-
rice Tourneur, avec Scena Owen,
Jack Holt, YVallace Beery, Lon Cha-
ney, Bull Montana, etc.
The Miracle Man, par G. L. Tucker,
avec Betty Compson et Lon Chaney.
Whea the Cloud rolls bu, avec-
Douglas Fairbanks.
The Idol Dancer, de D. W. Griffith,
avec Clarine Seymour.
Dr. Ielnjll and Mr. llijde (d'après
Stevenson) de John Barrymore.
The Prince Chap., de YVm. B. de
Mille, avec Lila Lee.
Way Down East,de D.W. Griffith,
avec Lilian Gish et Richard Barthel-
mess
Idols of Claij, de G. Fitzmaurice,
avec Mae Murray.
Over the Hill, de Harry Millard,
avec Mary Carr.
Man Woman, Mariage, d'Allen
Holubar, avec Dorothy Philipps.
The four Horsemen of the Apoca-
lypse (d'après Vicente Blasco Ibanez)
par Rex Ingram, avec Rudolph Va-
lentino.
Sentimental Tommy, (d'après James
Barrie)par John S. Robertson, avec
Gareth Hughes et May Mac Avoy.
The Last of the Mohicans (d après
Fenimore Cooper),par Maurice Tour-
neur.
Queen of Sheba, par J. Gordon Ed-
wards, avec Betty Blythe.
Prisoners of Love, avec Betty
Compson.
Hold ijour Horses par Tom Moore.
The Passion Floiver, par H. Bre-
non, avec Norma Talmadge.
The Old Swimmin, Hole, par J. de
Grasse, avec Charles Ray.
The AfTairs of Anatol (d'après
Schnitzler) par Cécil B. de Mille,
avec Gloria Swanson, Bebe Daniels,
Wanda Hawley, Agnès Eyre, YVal-
lace Reed.Elliott Dexter.
Wilhout Benefit of Clergy (d'après
Kipling) avec Virginia Faire Brown.
L'objet de l'art est de
faire parler une âme à une
autre âme. Les procédés
d'expression ne sont que
des moyens pour atteindre
cette fin ^ ^\ /&
clnéa
JACKIE COOGAN
le délicieux interprète du Gosse.
et le seul enfant qui ait pu offrir
à sa mère une automobile sur
son salaire de la semaine.
12
cmea
Boys Will Be Boys, par Irvin S.
Cobb, avec Will Roger*
Dream Street, par I). \V Griffith,
avec Carol Dempster.
Dangevous Curve Ahéâd, par Ma-
8on Hopper, avec Helen Chadwick.
The Jack Knife Mari, par King Vi-
dor
•
Nortna Talmadge rêve de tourner
Le Jardin d'Allah, mais dans un
cadre où elle puis.se rendre le mys-
tère spirituel et la couleur de cette
œuvre puissante. On sait que le beau
roman de Robert llichens a déjà tenté
les cinéastes; mais généralement
— et notamment dans le cas de Sa-
hara, avec Louise Glaum — les scè-
nes du désert ont été tournées aux
Etats-Unis.
Théodore Roberts, le cher vieux
père à moustache blanche, toujours
bon et irrité, et qui ressemble tant
à un vieux compagnon d'armes de
J. E. B. Stuart (on le reverra avec
plaisir dans Le Fruit défendu), a été
gravement malade et a failli mourir.
Il est rétabli aujourd'hui, et s'est
remis à tourner.
Ernest Lubitsch vient de produire
en Amérique un nouveau film inti-
tulé : One Arabian Night (Une Nuit
d'Arabie), inspiré de la Sumurun,
de Reinhardt. Edulcoré pour répon-
dre aux exigences des censures, le
film n'évoque que faiblement la dan-
seuse du désert qui passe, laissant
derrière elle le sang et la mort. Mais
Pola Negri interprète le rôle de ma-
nière ardente et passionnée, Ernest
Lubitsch et Paul Wegener sont excel-
lents dans ceux du Bossu et du
Sheileh.
•
Alla Nazimova vient de tourner,
sous le titre de Camille, La Dame
aux Camélia*. Elle a eu l'idée sin-
gulière — question de mode — de si-
tuer le drame dans un décor « expres-
sionniste ».
A la façon de Caligari...
Deux dénouements ont été prévus,
Le cinéma est une indus- :
• s
: trie, c'est entendu, mais \
s •
industrie n'est pas spno- :
s
nyme de brocante Jâ M :
l'un où la courtisane meurt seule,
l'autre où elle meurt dans les bras
d'Armand Du val. Armand, c'est Ru-
dolph Valentino (qui vient de s'illus-
trer dans Les Quatre Cavaliers).
.Mais son rôle ne ressort guère, Nazi-
mova ayant confisqué à son profit
toutes les « grosses têtes », dont le
film contient, d'ailleurs, une propor-
tion considérable.
Mary Piekford a trouvé un « véhi-
cule », comme on dit là-bas, adapté
à son génie puéril et charmant, dans
le joli et célèbre roman de Frances
Hodgson Burnett, Le petit Lord
Fauntleroy. (L'œuvre a déjà été mise
au théâtre, et je crois qu'une adap-
tation en a été donnée à Paris). Elle
y joue un double rôle, celui du petit
lord et de « Chérie », sa mère; les
surimpressions de ce double rôle
sont, au point de vue technique, des
chefs-d'œuvre. La manière dont elle
interprète le personnage de la mère
indique ce qu'elle pourra donner
lorsque son talent évoluera avec
l'âge. A côté d'elle, Claude Gilling-
water joue avec une vie et un natu-
rel parfaits le rôle du vieux comte
goutteux et grognon. Et le nombre
de « grosses têtes » que lui a accordé
Mary Pickford fait l'objet des com-
mentaires du Tout-Film américain,
où l'on n'est pas habitué à voir les
étoiles mettre aussi libéralement en
valeur leurs partenaires.
La classe oisive, tel est le titre du
dernier film de Charlie Chaplin. La
déclamation démagogique contre la
richesse et le luxe y sévit de ma-
nière plus ou moins latente, mais
fatigante. La première impression
des critiques est beaucoup moins fa-
vorable que pour Sunnyside et The
Kid.
•
La Société d'édition qui publie ces
charmants magazines — Shadow-
land, Classic, Notion Pieture, — va
lancer un périodique intitulé Beautg,
qui sera consacré à l'art d'être belle.
Dans le premier numéro, Elsie Fer-
gusson expliquera comment la beauté
peut être obtenue et conservée par
une pensée droite et une vie droite,
et Norma Talmadge traitera de l'aide
que les cosmétiques apportent à la
beauté.
•
Will Rogers, que nous allons goû-
ter dans Jubila, va remplacer Fattv
Arbuckle dans un film en prépara- !À
tion, dont le titre sera The Melan-
choly Spîrit (Spirit signifiant à la
fois esprit et spiritueux, ce titre pa-
raît d'une actualité presque exces-
sive).
Le mariage de William Hart avec
Jane Novak est remis — peut-être
sine die. — Il y a un premier obsta-
cle, c'est que Jane Xovak est déjà
mariée avec Frank Newburg, mais
ceci est facile à arranger et le divorce
est en train. Ce qui est plus grave,
c'est que Miss Novak refuse de se
séparer de sa mère et William Hart
de sa sœur; on craint que ces deux
dames ne s'entendent pas.
•
On annonce le divorce de Gloria
Swanson, qui désire se consacrer
entièrement à son travail et à son
enfant
•
Agnès Ayres a divorcé d'avec le
capitaine Frank Shucker.
•
La mode des « anneaux de divorce »
se répand de plus en plus parmi les
étoiles. La belle Rubye de Renier en
porte un qui a fait sensation sur
Hollywood (le quartier général du
Cinéma californien), mais dont mal-
heureusement on ne nous donne pas
le modèle exact.
•
A l'usage des figurants qui devaient
représenter les invités d'une grande
soirée au Ritz, Allan Holubar avait
fait afficher l'avis suivant :
« Ne soulevez pas votre danseuse
par les oreilles.
« Ne traînez pas la jambe droite en
saluant.
« Ne donnez pas des coups de poing
dans les côtes de votre hôtesse afin
d'attirer son attention.
« Si vous représentez des membres
du corps diplomatique, ne vous bat-
tez pas à coups de poing tant que vous
êtes dans le champ.
« Ne mangez tout ce qu'il y a sur
la table de souper qu'après vous être
assurés qu'il ne sera pas nécessaire
de prendre une seconde bande. «
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14
cinea
M M WORESTE A RIO JIM M M
Le vrai film dramatique est né le
jour où quelqu'un a compris que la
transposition à l'écran des acteurs de
théâtre et de leur télégraphie plas-
tique devait s'effacer devant la na-
ture. Quand je dis la nature, je veux
dire nature morte. Plantes ou objets,
plein-airs ou intérieurs, détails maté-
riels, toute la matière enfin, donne
un relief nouveau au thème drama-
tique. Mise en relief elle-même, cette
nature morte ou muette s'anime selon
la place où l'utilise le compositeur du
film. Cette mise en avant des choses
atténue la personnalité de l'homme,
de l'acteur. Il n'est plus, lui aussi,
qu'un détail, qu'un fragment de la
matière du monde. Il est une note
dans la grande composition du musi-
cien visuel. Les choses dont le rôle
est immense dans la vie et dans l'art
retrouvent leur vrai rôle et leur élo-
quence fatidique. Lorsque ce premier
pas fut fait vers la synthèse de l'or-
chestration cinématographique, le ci-
néma, art d'expression, a existé réel-
lement. Et ce jour-là seulement vous
y êtes venus tous, profondément,
avec stupeur, avec joie.
•
C'est aux Américains que nous de-
vons ce miracle. Dans leurs premiers
films du Far-West — que depuis lors
ils fabriquent en série car il n'y a pas
que chez nous des mercantis du ci-
néma — dans ces films dont le plus
typique fut certainement Pour sau-
ver sa race, on vous a intéressés
autant au cheval du cow-boy qu'à
ce cow-boy lui-même. Un chien est
un grand personnage. Le caboti-
nisme reçoit un rude coup, l'atmos-
phère change, il n'y a plus une ve-
dette et des figurants, il y a des
hommes, des choses, pas même, une
vaste pâte symphonique triturée par
un rythme qui n'est encore que l'una-
nimisme mais qui présage la grande
cadence des futures symphonies vi-
suelles.
•
L'importance de ces détails expres-
sifs est étonnante. Si étonnante qu'elle
paraît naturelle maintenant — et in-
dispensable. C'est l'harmonie du vrai
style. Etiez-vous choqués par le seau
où boit Rio Jim, les dés qu'il jette sur
le comptoir du bar, les cartes signi-
ficatives des buveurs? Le plan de ces
images dépassait en proportion la
tête des héros et condensait tout un
drame sur un objet minuscule grandi
cent fois. Nous sommes familiarisés
avec ces accessoires du film d'aven-
tures, nous songeons même à les
abandonner ou à les employer à de
plus hardis usages, mais ne les re-
nions pas. N'oublions pas Pour sau-
ver sa race, Grand frère, L'Au-
berge du signe du loup, La Con-
quête de l'or, L'Homme aux yeux
clairs, Le serment de Rio Jim, belles
heures pour nos yeux et pour notre
amour de la vie. La ceinture char-
gée d'or, la table du croupier, la
cruche de grès d'où coule un fil-en-
quatre qui fait llamber les têtes et
ces pistolets incroyables qu'on sort
brusquement de sa ceinture pour im-
mobiliser trois douzaines de brutes,
autant de personnages qui nous
ont conquis et troublé. Pensez à
ces deux manchettes de gros cuir,
cloutées de cuivre et lacées avec une
coquetterie sauvage, que l'on voit
aux poignets de William Hart.
Leurs premiers plans résumaient la
/?#4f\
cmea
15
force, la colère ou la douleur, et les
poings même de Rio Jim, .se* poings
de bronze, ont valu souvent un beau
portrait.
Il y a quelque chose de plus. Je
pense que Rio Jim est la première
figure campée par le cinéma, c'est le
premier type et sa vie est le premier
thème réellement cinégraphiqne.
Déjà classique, l'aventure de l'aveu-
i turier qui cherche fortune au Nevada
ou dans les Montagnes Rocheuses,
qui arrête la diligence, pille la poste,
violente le dancing, brûle la maison
du pasteur et épouse la fille du shé-
rifF, voilà un thème établi, si établi
que vous le jugez banal désormais.
(Mais on n'en a pas trouvé d'autre
encore aussi net et aussi attachant.
[C'est que toute la photogénie s'y
trouve rassasiée. Plaines grises dé-
nuées d'obstacles, montagnes ardues
et lumineuses, comme des écrans,
chevaux et gens en pleine animalité,
large intensité de vie simple qui per-
met le rythme, le relief, la beauté et
qui donne un éclat d'humanité in-
comparable nu sentiment toujours
simple — amour, devoir, vengeance
— qui y surgit.
•
Vous ne me trouverez pas trop ri-
dicule si je vous dis que depuis le
théâtre grec nous n'avions pas eu un
moyen d expression aussi fort que le
cinéma. Les hémicycles de pierre
contenaient tout un peuple. Les spec-
tacles qu'on y donnait devaient donc
plaire à toutes les classes de la so-
ciété. Cela n'a pas empêché de pro-
duire des chefs-d'œuvre Mais ces
chefs-d'œuvre, inégalés n'est-ce pas?
vivaient de thèmes simples, de per-
sonnages directs et dépouillés de
complications civilisées La guerre
de Troie, la vie d'Œdipe, l'apostolat
de Dyonisos, poésie et religions mê-
lées dans un drame aux lignes
franches, fut-il meilleur répertoire?
Oreste , Agamemnon, Iphigénie ,
Electre ont traversé vingt-cinq siècles
Lie mœurs diverses, de littératures
diverses, d'horreurs diverses et de-
Films usagés pour amateurs et
particuliers, depuis OJOcentimes.
BAUDON = SAINT = LO
345, rue Saint-Martin, PARIS
Téléphone : ARCHIVES 49-17
meurent intacts. Ils ont une solidité
de statues,
L'hémicycle où se réunissent les
spectateurs du cinéma c'est le monde
entier. Les êtres les plus divers et
les plus extrêmes assistent à la même
heure au même film sur toute la
mappemonde. N'est-ce pas magni-
fique? Un héros peut émouvoir tant
de millions d'individus qui ne se con-
naissent pas, qui ne se comprennent
pas; qui s'entrevoient et s'entre-
tuent. Rio Jim est le premier qui ait
soutenu ce paradoxe. Où ne le con-
naît-on? Simple comme Oreste, il se
meut dans une tragédie éternelle
sans bavures psychologiques. Je
vous parlais de Pour sauver sa race
tout à l'heure. Est-ce que la terrible
femelle qu'interprétait Louise Glaum
n'a pas la fatale splendeur de Kly-
temnestre? Est-ce que Bessie Love
n'évoque pas la pudique et sauvage
énergie d'Electre? Ce film a parlé à
tous les cœurs. En Erance, j'ai vu
son impression sur les publics les
plus divers; à Marseille, devant des
pêcheurs saisis; dans une petite ville
de province devant de petites gens
timides et engourdis, ravis; à Belle-
ville, et l'on pleurait; dans la salle
du Colisée, j'ai vu des ironistes ces-
ser de rire et des intellectuels com-
plètement réfractaires au cinéma,
enthousiasmés et convertis.
Certes ce que sera le cinéma dans
quelques années effacera violemment
ces heures qui nous parurent de pre-
mier ordre. Mais l'avenir du drame
cinématographique est dans ces thè-
mes d'humanité simple. Il s'attarde
souvent à d'ingénieux vaudevilles
mondains comme s'attarde notre
théâtre affadi. Cela ne durera pas.
La poussée irrésistible des esprits
fait à l'art muet un sang difficile à
empoisonner. Croyez bien qu'il en
sortira de grandes figures nouvelles,
créées par des créateurs à venir,
comme Eschyle créa Promêthêe,
comme Shakespeare créa Macbeth et
Hanilet, comme Wagner créa Parsi-
fa). C'est tellement simple que les
cinégraphistes n'y pensent pas. Ehî
bien, qu'ils n'y pensent pas. Ce n'est
pas exprès qu'Eschyle a fait Promê-
thêe. 11 y a été forcé par lui-même.
Rio Jim est lavant-garde des grandes
figures prochaines.
Louis Deixuc.
Le film, comme la
musique, émeut en se
mouvant /G° ^ &
16
cinea
Les Présentations
La ferme du Choquait.
Dans Micheline (d'après Theuriet)
M. Jean Kemm avait déjà réalisé des
scènes simples dans l'atmosphère
qui convenait, mais l'histoire en était
mince et l'un des rôles était tenu
avec de l'emphase. Cette fois, il a
tiré un excellent scénario d'un ro-
man de Cherbuliez. Non seulement
le drame qui, peu à peu se développe
dans un village veut une attention
continue, mais encore chacun des
personnages olfre un caractère net.
11 faut mettre ce film sur le même
rang que certaines œuvres suédoises
à cause de sa sincérité générale et des
particularités des gens qui y évo-
luent dans des circonstances pré-
cises. A tous les interprètes, de vives
louanges, à Mlle Geneviève Félix,
d'une exemplaire sobriété; à Mlle
Marie Marquet (la femme ambitieuse
et mauvaise); à Mme Jane Even, par-
faite en fermière autoritaire et juste ;
à MM. Varennes, Mevisto, Aldebert.
M. Jean Kemm a prêté son talent à
un petit rôle de médecin de cam-
pagne.
Carnaval Tragique.
A Venise, un artiste peintre quitte
son amie, pour la gloire et d'autres
succès, et pour Paris. Un peu comme
dans Toute une vie, mais plus artifi-
ciellement. On pense un peu à la
Femme Nue et l'interprète principal
rappelle (un peu aussi) M. Henry Ba-
taille, par son physique Le peintre,
relancé par son ancienne compagne,
croit la tuer. Erreur, tragédie, comé-
die! Et n'oublions pas de copier sur
l'écran : « les canaux semblent rou-
ler des larmes d'amour. »
•
La vivante épingle.
Encore un mystère et, comme,
dans une de ses nouvelles, c'est M.
Jean Joseph-Renaud qui l'a exposé,
puis éclairci, on se doute de son in
térèt. A l'écran, une abondance de
texte était inévitable, parce que une
déduction ne peut pas souvent figu-
rer en image. Qui a tué le littérateur
détestable Hacquey, célèbre par ses
diffamations et reçu quand même
dans les salons honorés? Ce n'est
plus ici un reporter et un détective
qui se chargeront de l'enquête. La
police se déclare incompétente, et
seul un oculiste réputé mène à bien
la tâche. Il fallait un tel homme, car
une puissance de suggestion formi-
dable a joué puisque, par exemple,
plusieurs personnes ont senti du
musc et vu un crocodile, 1 un et l'autre
inexistants.
M. Jacques Robert a mis à l'écran
cette histoire étrange avec talent. On
a pu voir M. Jean Joseph-Renaud, cé-
lèbre escrimeur, dans un rôle épiso-
dique et comme acteur d'un duel.
•
Le Mystère de la chambre
jaune.
Un des premiers (et des plus ha-
biles) romans de M. Gaston Leroux.
Quel est l'auteur de la tentative d'as-
sassinat et des crimes ou vols sui-
vants? Jusqu'à la fin, on se le de-
mande, pour s'étonner de la réponse.
Dans le film peut-être, prévoit-on ou
suppose-t-on le véritable meurtrier à
cause de certain geste vague, mais
on ne peut pas affirmer que c'est... ce
monsieur-là. M. Chautard a mis en
scène avec soin cette histoire, un peu
touffue à deux ou trois instants.
•
Toute une vie.
Dix minutes avant la fin de ce film
qui en dure une quarantaine, je me
disais : « Voilà une jolie, jolie œuvre,
elle est sincère, sincère, et si déli-
cieusement et fraîchement jouée et
douce, douce et cette simplicité, cette
sincérité émeuvent » Je répète ces
mots, puisqu'ils sont justes. Le jeune
poète que sa gentille Musette quitte
pour ne point entraver des succès
littéraires, toute une vie, celle île cet
académicien heureux dans un amour
adultère (ou presque heureux) et
puis le départ de 1 amante, l'évoca-
tion de la Musette d'autrefois, la
vieillesse dans le célibat, c'est char-
mant et gracieux et la bonne larme
perle aux yeux, mais, proche le dé-
nouement, l'arrivée d'une admira-
trice américaine et jeune qui res-
semble à Musette comme une goutte
d'eau à une autre goutte d'eau
«'explique mal ou ne s'explique pas.
Il reste... le reste qui est déjà beau-
coup et une interprétation hors pair
avec M. Jacques de Féraudy, un des
tous premiers acteurs de l'écran,
ému lui-même de son rôle, et Mlle
Andrée Brabant et M. Paul Hubert.
Ce film, de M Georges de Buy-
sieulx, est mis en scène de la meil-
leure manière, par M. Henry de Go-
len. Le monument élevé au peintre y
réapparaît en leit-motiv harmonieux.
Ghiquette.
Un mariage étonnant : l'homme,
ivre, est sacré l'époux de son amie
autour d'une table bien garnie, car
leur commensal, magistrat, a le
droit de sceller cette union légale-
ment. Le mari n'admet pas sa situa-
tion, mais la femme s'efforce de mé-
riter une approbation définitive et y
parvient après quelques immixtions
de ses parents sympathiques. Rien
autre n'est à dire, mais reprodui-
sons :« une jolie Heur fauchée parla
faulx cruelle du malheur. »
•
L'île de la terreur.
Objet précieux, homme en dan-
ger, scélérats, femme charmante, un
héros capable des plus audacieuses
prouesses puisque c'est Houdini. Et
le trésor, sauvé, fera des heureux
grâce à ses détenteurs, couple amou-
reux et philanthrope.
•
Marie, les fauves et les hom-
mes.
Marie Ancell part pour l'Afrique
où vient de mourir son mari dont
l'associé, tout de suite, laisse malgré
lui deviner ses desseins criminels. Il
en commence la réalisation. Un heu-
reux dénouement s'ensuivra après
maintes aventures dont l'originalité
se prouve dans les quelques scènes
où Mme Berthe Dagmar est aux
prises avec des fauves. Auparavant,
Marie se désole de la disparition de
son enfant lorsque son chimpanzé,
expressif, lui entoure le cou de son
long bras et semble aussi triste.
Quant aux fauves, voici : une pan-
thère lutte contre Marie. Un autre
moment, la malheureuse mère cherche
dans la plaine désertique son petit
garçon et rencontre une lionne dont
un nègre vient de voler le lionceau.
Le fauve tourne autour de la femme
comme pour l'étourdir et finit par la
laisser passer parce que, nous dit-
on, les deux mères se trouvent dans
une identique situation. Quelques
spectateurs ont ri. Il n'y a pas de
quoi. Le mystère est dans les senti-
ments des animaux et même si la
lionne ne sait pas, elle peut éprouver
une sorte de pitié. On a d'ailleurs
souvent cité des exemples de ce
genre et, s'ils sont inexacts, du moins
pouvons-nous les accepter aussi faci-
lement et mieux que certaines aven-
tures soi-disant humaines contées
par des films.
Lucien Wahl.
Cinéa. Kowlateurs ; Louis Dl.l.l.l'c ul A. KOUMAMOh'I'
Cinéa. Imimuc/ lettres, mandats, ubonneincnts ;i Louis iii LLU( , Directeur.
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
*^v
C'est surtout durant les nuits d'été
qu'il m'attirait. Je descendais en
bas, grimpais sur un arbre qui se
trouvait sur ces rives et ainsi jusqu'à
l'aube je restais immobile, perché
sur une branche, tel un oiseau de
nuit, rêvant de je ne sais quoi, le re-
gard plongé dans le lointain. Le
calme et le recueillement remettaient
un peu d'ordre dans mes idées m'éloi-
gnaient de toutes les misères de cette
vie quotidienne qu'on traînait lente-
ment et paresseusement au Faubourg
des Drapiers. Un silence profond
régnait autour de moi. De temps en
temps seulement le faible écho d'une
voix plaintive qui chantait une ro-
mance très populaire à cette époque :
Elle jura de garder jusqu'à la mort
Sou noble et pur amour,
c'étaient des nuits inoubliables.
Pendant l'hiver, le lac nous offrait
aussi beaucoup de distractions. On
patinait sur la glace épaisse, et puis
surtout les combats en masse où l'on
se battait à coups de poings nous
autres russes de Kazan avec les tar-
tares des faubourgs. C'était un sport
très en vogue dans tous les milieux
de la population.
L'affaire commençait par une que-
relle d'enfants. Je patine, par exemple;
Tout d'un coup se faufile entre mes
jambes un petit tartare: je tombe à
plat ventre et il disparaît en riant.
Je me relève et sans trop de colère
j'envoie ces quelques paroles à sa
suite :
— Attends un peu, espèce de gueule
en cuirî Tu auras encore de mes nou-
velles !
Et le premier gosse tartare tombé
sous ma main se trouvait sacrifié à
mon esprit de vengeance. Ses cama-
rades venaient à la rescousse. Les
miens aussi, et peu à peu, la foule
des combattants grossissait de plus
en plus des deux côtés.
C'étaient d'abord les gamins de
12 à 18 ans. Puis venait le tour de
jeunes gens approchant de leur ving-
tième année, et vers la fin, apparais-
saient des vieux bonshommes bar-
bus et moustachus. On se battait
avec acharnement, sans épargner ni
soi-même, ni l'adversaire. Mais même
au cours des batailles les plus cruelles
on ne violait jamais les règles, que
1 usage et la coutume avaient établi
depuis des générations: on ne frappe
pas celui qui est par terre, ni celui
qui s'est accroupi, les coups de pieds
sont défendus, il était défendu de ca-
cher dans les « roukavitzy»(l) aucun
objet massif; au cas où l'on retrou-
vait chez quelqu'un une monnaie mé-
tallique, une balle ou un morceau de
fer tout simplement — celui-ci était
battu d'un commun accord par ses
ennemis aussi bien que par ses pro-
pres amis.
Pour nous, les enfants, la plus
grande attraction de ces combats —
c'étaient les « champions ». Du côté
russe c'étaient Mercoulow et Jou-
kowsky,deux garçons de bains, tous
les deux ayant déjà largement dé-
passé la quarantaine et assez paisi-
bles et rangés dans la vie ordinaire.
J'éprouvais envers eux la même
vénération qu'à l'égard des « cham-
pions » tartares. Tous produisaient
(i) Gants en fourrure portés par tout
le monde en Russie pendant l'hiver.
sur moi l'impression d'être des
géants fabuleux descendus tout
droit de la légende dans notre triste
existence si ordinaire. A propos de
ces « champions », on racontait de
nombreuses histoires à la suite des-
quelles notre admiration ne fai-
sait que croître encore. Ainsi, on di-
sait au sujet de Mercoulow que le
gouverneur de province en personne
lui avait défendu de prendre part à
ces combats et donna l'ordre de tim-
brer ses deux mains avec cette ins-
cription ineffaçable :
« Il est rigoureusement interdit au
porteur de ceci de participer à toute
sorte de combats ».
Mais il arriva une fois que les tar-
tares forcèrent les russes de battre
en retraite. Nos rangs fléchirent et
nous reculâmes jusqu'au pont de Bou-
lak. Tous les « champions » russes
étaient battus et tombaient de fati-
gue. Alors, on se décida d'appeler
Mercoulow à la rescousse. Comme
il était surveillé par la police, on
l'amena vers le lac, caché dans un ton-
neau. C'était comme si l'arroseur
municipal arrivait pour renouveler
sa provision d'eau.
Une fois arrivé sur les bords du
lac il sortit du tonneau. On le recon-
nut immédiatement : les russes et les
tartares. Chez les uns ce fut une
folle joie, chez les autres une panique
terrible.
Un cri résonna :
— Mercoulow.
Et l'enthousiasme revint dans les
rangs des vaincus. On se redressa et
on se jeta en masse sur ladversaire.
(A suivre) L. Valter, trad.
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■ •••■•••■■■••••■■■■.. *
| SCÉNARIOS !
■ ■■■•■■■•■■■■■■■■■■■a. s
; ■
féT Résultats du Concours JfjT
L'ensemble des œuvres envoyées à Ci-
néa est plus qu'intéressant et dénote un
goût marqué de lu recherche visuelle et
en et lu V intelligence, assez vive, de l'art
muet.
•
Premier prix.
Aucune œuvre ne nous a paru assez
« au point » pour mériter d'être exécu-
tée telle quelle.
Nous regrettons que les meilleures
productions de ce concours soient uni-
quement remarquables par la forme et
assez médiocres par l'idée.
La somme de mille francs destinée au
meilleur thème cinégraphiqué sera ré-
partie entre les auteurs des quatre scé-
narios suivants :
Semaine anglaise.
Les métamorphoses.
La demoiselle suppliciée.
Le poignard.
•
Mentions.
/° Scénarios partiellement réalisables
et doués de vraies qualités cinégraphi-
ques.
La Prière à Pallas (M. V.).
La Naufragée (A. B.).
Une grande épreuve (V.)
L'Intrus (L. B.).
Amour de Zingaro (E B.).
Un cas de conscience (H. ,].).
Le Ramoneur, le Peintre et la Salomé
(C. F.).
2° Scénarios difficilement réalisables
mais témoignant d'un sens juste du ci-
néma ,
Le Moulin de Grand Vent (A. P.)
Le Bébé Maudit (L. B.).
Au Carrefour (X. M.)
Hérédité (J. C. F.).
Scénario sans titre (G. de M.).
■ ■
■ ■
: Une succession de sous= \
m m
: titres commentés par :
quelques images ne font
m
: pas un film. £ £ £ \
Le jeu Cruel (J. G.).
Le Crime inutile (C. A. T.).
Jeunesse ardente (M. C).
La dernière des immortelles (Cl. F.).
Un homme parmi les hommes (M. G.).
Marion la meunière (F. M ).
Une femme passa.
L'honneur du nom (S. Ch.).
La nuit justicière (G. L.).
Le coffre souterrain (A. P.).
Dans l'ombre de la mort (Ch. 1).).
Jean et Jeanne (L. D. C).
•
Enfin citons un certain nombre d'œu-
vres dont le ion et le style nous ont paru
d'une qualité cinégraphiqué insuffisante
mais dont l'effort et le soin exigent notre
sympathie .
La véridique aventure de Beaumar-
chais (A. P. B).
Rosalie n'y est pour rien (E. D.).
Le lion broute (P. R.).
L'hirondelle (G. D. A.).
La leçon méritée (J.).
Une fortune dans les mains d'un singe
(J- L. F.).
Deux frères (G. D.).
L'homme propose (H. B.).
Flanoche (P. D).
Le Triomphe du cœur (P. P.).
Ame de boxeur (R. D.).
Cabotin (A. F.).
Marie-Thérèse (L.).
Hubin l'énigmatique (E. D.).
Un roman au village (M. Ph).
Vers l'abîme (M. F.).
Jenny (A. V).
L'amour qui tue (F. V. N.).
Un sourire (H. G.).
Le Conte (A. F.).
La rançon (J. H.).
•
Xous publierons les noms des auteurs
qui en feront la demande à Cinéa.
Xous insérerons des fragments d'œu-
ores classées pour le premier prix si les
auteurs l<' désirent .
Xous retournerons les manuscrits aux
auteurs qui enverront un franc de tim-
bres-poste à Cinéa.
J. L. S.
REPONSES
A QUELQUES LETTRES
Lucienne. — Félonie est un film delà
Paramount (1916), interprète par Sessue
Hayakawa, Lou Tellegen, Ralph Lewis et
Cleo Ridgeley.
Non, c'est Messie Love.
Curieuse. — |ack Pickford était le mari
d'( )live Thomas.
Une Créole. —Très bien Mademoiselle.
Genica Missirio qui tut le Capitaine
Aymard de L'Atlantide est Roumain.
11 doit avoir vingt-cinq ans.
Des photos de lui et une notice ont été
publiés dans le numéro 18, île Cinéa.
lia tourne dans un film de M. Guy du
Fresnay Les Ailes s'ouvrent que vous ver-
rez bientôt. Il est en ce moment dans le
midi avec le même metteur en scène et
interprète un rôle important dans un nou-
veau film. Ecrivez-lui aux Films |upiter.
io, rue Rochambeau.
Giovanna Diard. — J'avais éuare votre
lettre. Envoyez votre photo et je vous ré-
pondrai.
J. Belot. — On enverra très prochaine-
ment les numéros à plat dans un sac de
papier.
Arly. — Jack Holt est né à Winchester
(Virginie). Il doit avoir un peu plus de
trente ans. Marié. Ce film doit être la
Délaisse,' avec Katherine Mac Donald.
Gloria L. — Petite Princesse est un film
tourné par Bessie Love. Son adresse : 7021
Hollywood. Los Angeles. (Californie).
Zorro. — The mark' of Zorro. [Le signe
de Zorro) a été tourné en décembre 1920,
d'après le roman dej. Mac Cullev : met-
teur en scène Fred Niblo: interprétation de
Douglas Fairbanks. Robert Mac Kim.
W. Beerv et Marguerite de La Motte.
R. R. — Même réponse.
Richard. — Raspoittine est interprété par
Montagu Love. Je ne l'ai pas vu. C'est
la World C° qui l'a tourné aux environs
de New-York, à Fort-Lee.
William. — Films Triomphe. 3^, rue de
Surène 8e. Paramount. (>}. avenue des
Champs-Elysées. Harrv. i=;8ter. rue du
Temple. Erka. 38 bis, avenue de la Repu-
blique. Essayez, vous verrez bien.
Lisette. — Wallace Reid appartient à la
Paramount. Vous le reverrez prochaine-
ment dans Dancing fool avec Bebe Da-
niels.
Liliane. - Juanita Hansen dansA<iC/7<;
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taires, io* épisode.— Dudule, l'âne et l'hercule.
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caine, i- partie. — Chariot coltineur. —Les trois mous-
quetaires, 9* épisode. — Le loup de dentelle. — L'Orphe-
line, 10* épisode.
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Les grandes chasses, première série — Un beau coup
de lilet. — Les trois mousquetaires, 10'" épisode. —
La .Maison des supplices. — Zigolo maître d'hôtel. —
Programme du mardi 2o au jeudi 21 décembre. — Reine-
Lumière, 3" épisode. — Les fables de La Fontaine. — Le
sacrifice de Rio- Jim. — Les ailes s'ouvrent — Une drôle
de maison.
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gramme du vendredi 16 au lundi 19 décembre. — Reine-
Reine-Lumière, 3' épisode.— Les l'alites de La Fontaine.
— Le sacrifice de Rio- Jim. — Les ailes s'ouvrent. —
Programme du mardi 2o au jeudi 21 décembre. — Les
grandes chasses, première série. — Un beau coup de
lilet. — Les trois mousquetaires, 10* épisode. — La
conquête du sceptre. — Zigoto maître d'hôtel.
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koiï. — Les aventures de Sherlock Holmes.— Rigouillard
s'en va en ville. — L'Orpheline, 9- épisode. — Entre deux
races. — Une poule mouillée.
Le Régent, 22, rue de Passy. - Auleuil 15-40.—
Les aventures de Sherlok Holmes. Le diadème vole. -
Daisy mariée. — Vers le bonheur. - L'enlèvement de Bob.
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chasses de la Faune africain*-, 2' partie. — Reine-
Lumière, 3* épisode. — La Petite Fadette. — Pour
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;• série. L'Orpheline, 9' épisode. — Liliane.
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mousquetaires, I0- épisode. — Les glandes chasses de
di la faone africaine, 2' partie. — Héliotrope.
Royal Wagram, avenue Wagram. — Excursion
en Norvège. — La Petite Fadette. — L'Ombre déchirée.
— L'Orpheline. 10' épisode
Villiers Cinéma, 21, rue Legendre.— De Sisteron
a Saint-Geniez. — Les fables de La Fontaine. — Le
truc du professeur. - Une drôle de maison. L'Orphe-
line. 9* épisode. — L'occasion.
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peintre. — Les trois mousquetaires, 10' épisode. - Les
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taires, 9- épisode. — Les labiés de La Fontaine. —
Amour posthume. E ii bombe.
cmea
MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Héliotrope.
La lignée spirituelle de Victor Hugo
est considérable; s'il n'avait écrit,
M. Pierre Benoit, par exemple, n'au-
rait qu'à fermer boutique. Il est cu-
rieux de constater le prestige que
Les Misérables ont conservé en Amé-
rique, depuis le temps où, bivoua-
quant dans la boue du Potomac.les
soldats de Lee et de Grant attendaient
avec impatience chaque fascicule de
la traduction pour savoir ce que
devenaient l'idylle et l'épopée.
Le héros d'Héliotrope descend en
ligne droite de Jean Valjean, et sa
fille de Cosette. Par sa senti menta-
lité immédiate, ce film plaira à la
masse; il intéressera les techniciens
par un maniement tout à fait remar-
quable de la lumière. La salle de
danse où les groupes des dîneurs
apparaissent et disparaissent tour à
tour sous le pinceau lumineux qui
suit les mouvements de la danseuse
— les éclairages des intérieurs — le
rythme singulier que donne aux
scènes d'hôtel le passage de l'ascen-
seur éclairé, montant et descendant
dans sa gaine sombre, tout cela ra-
vira ceux qui goûtent dans l'art muet
les modes d'expression plus que l'ori-
ginalité des choses exprimées.
Frederick Burton joue bien, encore
que ses gestes soient souvent en de-
hors : ma préférence irait à l'acteur
qui joue de manière sobre et vivante,
le rôle de l'ancien bandit devenu
honnête.
Pour Don Carlos.
Une petite gardeuse de chèvres,
devenue riche, distinguée par un
prétendant, mettant à son service
toutes les armes que lui donnent sa
fortune et sa beauté, aimant, pour le
quitter à la fin, et parce qu'elle l'ai-
me, un jeune homme qui, pour l'amour
d'elle, s'est lancé dans l'aventure Car-
liste; autour d'eux, un milieu bizarre
où les intrigants qui cherchent leurs
profits, coudoient les audacieux qui
cherchent l'aventure, tel est — avec
des différences d'ailleurs aussi mar-
quées que les ressemblances — la don-
née générale de deux romans parus
à peu près vers la même époque: The
Arrow of Gold, de Joseph Conrad,
et Pour Don Carlos, de M. Pierre-
Benoit.
Le roman anglais, dont Louis Gillet
a excellemment parlé, voici quelque
temps, dans la Revue des Deux Mon-
des est un chef-d'œuvre; celui de M.
Pierre Benoît est intéressant, moins
qael'Âtlantide, beaucoup plus que le
Le Lac Salé, et prête au développe-
ment cinégraphique, qui le transfor-
me, en fait disparaître l'insincérité,
mais aussi les côtés amusants de bla-
gue et de charges. De plus, les limites
imposées au cinéma ont rendu néces-
saire de réduire à un seul épisode,
renouvelé de l'histoire de Judith et
Holopherne, le récit touffu du roman-
cier; et la fin mélancolique, amère
qui est un des meilleurs passages du
livre, disparaît pour faire place à une
conclusion banale, mélodramatique,
et dont letableau final — l'ensevelisse-
ment — rappelle, par trop, les derniè-
resscénesde L'Atlantide. (Consolons-
nous en pensant que le roman de
—
h2k,
i mlr-* k* _^*' ni» *- -kil
t
4S ^1
?
^HBr.* ^^^^Bfc^. ■
^^mc?—** v*^b ■' *
i^;
N '
"**»-
^w,
Deux épisodes de combats pathétiques restitués
par M. Jacques LASSEYNE dans Pour Don Carlos.
cinéa
Conrad n'échapperait pas à de telles
améliorations, et que, sur l'écran,
on verrait à coup sûr, Rita épouser
M. George.)
Les beaux paysages des Provinces
vivent devant nous avec une inten-
sité que ne leur donne pas la prose
un peu sèche du romancier. Tout le
côté mise en scène est excellent, reste
dans la mesure juste, encadre l'ac-
tion sans l'étouffer. Le découpage est
bon, l'interprétation satisfaisante. La
beauté étrange de Mlle Musidora cor-
respond bien à l'idée que nous pou-
vons nousfairedu typesingulierd'Al-
legria Detchard;elle sait être émou-
vante .tragique même; ellele sera plus
encore quand devenue toutà fait sûre
d'elle-même, elle pourra se laisser
aller au mouvement du drame, ne
donnera plus l'impression qu'elle se
regarde jouer. Les autres rôles — peut-
être un peu sacrifiés au sien — sont
bien tenus et la figuration est excel-
lente, en bonne harmonie avec le
paysage
•
L'Ombre déchirée.
Voici l'un des plus beaux thèmes
d'exposition que j'aie vus depuis
longtemps au cinéma : cette mère à
qui l'Ange de la Mort dit : « Tu veux
mourir pour que ton enfant vive;
vois la destinée qui l'attend si tu es
exaucée. » Le style en est ample, pro-
fond, religieux, rappelant, avec moins
de perfection technique, mais peut-
être avec plus d'humanité, le déve-
loppement de la Charrette fantôme.
L'idée de mettre en scène « ce qui
aurait pu être », est féconde; elle est
éminemment cinématique, difficile-
ment réalisable partout ailleurs qu'à
l'écran : il était juste qu'elle tentât
l'imagination, riche et plastique, de
M. Léon Poirier.
A ce magnifique début, je ne ferai
qu'un reproche : il élève l'œuvre à
un niveau si haut qu'il lui est diffi-
cile de se soutenir. Et, d autre part,
je chicane la conclusion Quoi, cette
mère renoncera au sacrifice proposé,
laissera l'enfant mourir sous ses
: " :
Si l'on méprise l'écran
parce Qu'il sert à expri'
mer des pauvretés, on doit
étendre le même mépris
au HVre, à la toile, ou
même à la par oie humaine.
MTSIDORA
dans le mie d'Allegria.
POUR DON CARLOS.
cinéa
yeux, parce qu'il lui est révélé qu'à
vingt ans la jeune fille aura un cha-
grin d'amour et s'écriera : « Pourquoi
suis-jenée? » Si encore ce chagrin,
cette déception venant du tempéra-
ment même de l'enfant, ou s'il s'agis-
sait d'un de ces êtres foncièrement
néfastes ou malfaisants dont la mort
est une délivrance pour ceux qui les
entourent, on comprendrait le parti
de la mère. Mais pas du tout: Muriel
est une âme généreuse, le malheur
qui la frappe vient d'abord d'un con-
cours de circonstances comme il s'en
rencontre plus au théâtre ou au ci-
néma que dans la vie (un carnet de
chèques perdu, des propos tenus au
bal par un goujat), puis d'un de ces
sacrifices qui font souffrir, mais qui,
vus de loin et lorsque la plaie est
cicatrisée, laissent l'impression tou-
jours consolante, qu'on a été meil-
leur que les autres...
Le lien, ou, comme dirait un mathé-
maticien, le lieu du drame, c'est le
visage pathétique de Mme Suzanne
Després, qui, tel l'océan profond un
ciel orageux, reflète en d'inoubliables
expressions toutes les péripéties de
cette vie hypothétique. M. Roger Karl
est dramatique, humain, douloureux,
et Mlle Myrga, dont je n'avais pas
aimé la raideur un peu factice dans
Narayana, prête à la jeune Muriel
une silhouette souple, gracieuse et
vivante.
Pour une nuit d'amour.
Bon film qui transporte à l'écran
une des œuvres romanesques de Zola,
et où Van Daële déploie son talent
profond, ardent, nonchalant et mélan-
colique.
■ ■
■ ■
■ Le Cinéma est un moyen :
■ •
: nouveau de faire con= i
■ ■
naître l'homme, Qui, en
: lui = même , n'a guère \
m
: changé. ^ ^ /&
IMPRESSIONS \
M D'ÉCRAN M \
Louise Glaum .
Les héroïnes de Robert Hichens.
Lotus blanc. Plumes de paon. Encens
et myrrhe. Fumée d'opium Futu-
risme. Toiles d'araignées sur une rose
blanche.
•
Bebe Daniels.
Pavots de Californie. Les cloches
de la vieille Mission sonnent. La Pa-
loma. Parfum des fleurs écrasées
dans les allées étroites.
Doris Keane.
A travers les vitraux, les rayons
du soleil font des taches sur le pavé
de marbre. Miniatures. Magniolas.
Fleurs d'herbier. Menuet joué sur
l'épinette.
M. ROGER KARL et Mlle MYRGA
dans
\' Ombre déchirée.
Ethel Clayton.
Jeunes veuves toutes seules en
Egypte. « Divorçons ». Dîner chez le
Recteur. Palm Beach. Parasols blancs
sur les planches.
•
Dorothy Dalton.
Roses trémières et pivoines. Alexan-
drie. Cléopâtre sur le Yukon. Les
eaux du Lethé.
•
Shirley Mason
Gouttes de pluie sur les violettes.
l'n écho. Petites filles en robes de
fête. « Madame Butterfly ».
O
Vivian Martin.
La première jupe longue. Jardins
sous le soleil du matin. Rose rose sur
un chapeau gris. Mauves.
Roscoe Arbuckle-
Sucres d'orge. Bébé
L'homme dans la lune.
a été fi
Théodore Roberts.
Le colonel confédéré raconte ses
souvenirs parmi les plates-bandes de
menthe. Le roi Lear au Cirque. David
rlarum. Bouton de col perdu.
Louise Fa/.knda.
Nous extrayons ce passage du livre
de M. Jean Epstcin " CINEMA ".
Agile
comme le roseau du chef d'orchestre sur l'océan des
Idièzes
les fenêtres sont les seules portes et les gouttières
de tendres sentiers où promener ses fiançailles
les toits s'enjambent
les chevaux tombent
et dans la frénésie d'un film
où l'on gagne $ 200.000 à rire
et à se fiche des bourrades
le traître passe un bien vilain quart d'heure
Ressuscite
la lourde poussière des pépites
parmi le vent des beaux mirages
courbe femelle d'une plage
Nymphes! la barque automobile
emporte vos rires civilisés
Un burnous
Un palmier
du sable
La motocyclette crève le désert comme un cerceau île
| papier
Les chameaux s'écartent parce qu'un clackson rote
et soudain
un sourire se fend
baille doucement
cligne et scintille
sous la lumière de 15 lampes à arc qui violentent un
Douglas Fairbanks
| visage
0
cinea
a
DERRIÈRE L'ÉCRAN 0
FRANCE #
On nous annonce, qu'à L'entrée du
Boulevard Barbés, «era mis prochai-
nement en construction un cinéma
palace pouvant contenir 3.000 spec-
tateurs.
Doublas Fairbanks, Mary Pickford
et leurs familles retournent en Amé-
rique. La France les a charmés. L'or-
ganisation de nos mœurs cinémato-
graphiques ne les a pas enchantés. Il
y a des gens pour dire qu ils sont bien
difficiles...
Eve Francis tourne La Femme de
nulle part, où nous reverrons Roger
Karl ainsi que Gine Avril, remarquée
dans les Trois Masques, et Noémi
Seize, André Daven, Michel Duran,
etc. L'opérateur est A. Gibory.
ANGLETERRE &
Les compagnies Ilarma et Claren-
don viennent de fusionner, sous la
raison sociale: « Associated Exhibi-
tors Co. » M. Herbert Wilcox, Direc-
teur del'Astra Film Co, (qui exploite
les productions de M. Kenelm Foss)
est managing-direetor de la nouvelle
organisation. Celle-ci est une stock
Company ; parmi les principaux ar-
tistes, dès à présent engagés, je si-
gnalerais: Marjorie Willis, Constance
Worth, James Knight, Bernard Dud-
ley, etc. Deux films ont été déjà tour-
nés pour la Compagnie : Love in the
Hills, mis en scène par Bernard Dud-
ley, avec Marjorie Willis et James
Knight; et The Corner Man dans le-
quel Hugh E. Wright tient le princi-
pal rôle, celui d'un minstrel. La star
est Miss Ida Lambart. Metteur en
scène: M. Einar J. Brunn.
NAPIHRKOWSKA dans l'Atlantide.
Henry Edwards vient de compléter
pour la llepworth Pictures Ltd.
Simple Simon, dans lequel il tient le
principal rôle. Sa protagoniste dans
ce film est Miss Chrissie YVhite.qui
obtint récemment un grand succès
dans Wild Heather.
M. George K Arthur, le créateur
de Kipps, un des meilleurs films de
la Stoll Film Co, mis en scène par
M. Harold Shaw, tourne dans la der-
nière production de M. Martin Thorn-
ton : The Lamp in the Désert.
La dernière production deM.A.W.
Bramble pour l'Idéal, Shirley, est à
présent terminée. L'interprétation
comprend Miss Mabel Terry Lewis,
nièce de Miss Ellen Terry, Miss Eli-
sabeth Irving, Clive Brook, etc.
•
Miss Ellen Terry paraîtra dans un
nouveau film de M. Granville Taylor
intitulé Potter's Clay Scénariste :
M. LangfordReed. Potter's Clay sera
exploité par une association nouvel-
lement formée: The Big Four Produc-
tions Ltd.
•
Dans une interview donnée récem-
ment à un reporter américain,
M. F. E. Adams, Directeur des Pro-
vincial Cinématograph Théâtres, le
plus important circuit anglais, a con-
firmé son intention de former une
compagnie de production. Celle-ci
serait peut-être, je crois, la London
Film Co, de célèbre mémoire, qui re-
prendrait alors, sous un nouveau
nom, son activité. On sait que M. F.
E. Adams en est toujours le Directeur
en titre tout au moins.
•
Miss Mary Glynne, étoile de la Fa-
mous Lasky, parait dans une pièce
nouvelle du ]\'eleome St ranger pré-
sentée au Lyric Théâtre.
•
The London Indépendant Film Tra-
ding Co, qui s'était plus spécialement
occupée depuis deux ans de 1 intro-
duction des films italiens en Angle-
terre, Aient d'annoncer qu'elle a ac-
quis les droits de toute la production
des Fert Studios de Rome et Turin
des années 1921 et P)22. Le premier
film delà Fert Co, qu'elle exploitera
i lut a
11
est The Island of Happiness (l'Ile
tlu bonheur) dont l'étoile est Diomira
Jacobini.
•
On dit que D. W. Griffith aurait
l'intention de produire, aussitôt Les
Deux Orphelines terminé, un film
qui n'aurait pas moins de 55.000 mè-
tres (72 réels) Sa réalisation revien-
drait à environ 7.250.000 dollars.
A. F. Rosi:.
AMÉRIQUE ^
Cari Laemmle, président de l'Uni-
versal Film Manufaeturing Company
deNew-Yorkaenvoyéde Deau ville, où
le grand producteur américain a sé-
journé pendant quelque temps sur
son voyage annuel à travers l'Europe,
une énergique lettre d'avertissement
et de protestation au sujet de la taxe
« ad valorem » qu'on a l'intention
d'imposer à l'importation aux Etats-
Unis de tout fdm exposé. D'autres
grands producteurs protestent égale-
ment contre la nouvelle loi et l'on
espère bien qu'ils atteindront leur
but. L'Universal a fait suivre la
lettre de son président aux autorités
américaines qui s'occupent du projet.
Cari Laemmle dit entre autres
choses :
« Généralement, lorsqu une nou-
velle loi est établie par un certain
gouvernement, cetteloi a, comme but,
soit de renforcer la sûreté publique,
soit d'augmenter les recettes du gou-
vernement ou du peuple, bref.une telle
démarche envisage toujours une
amélioration quelconque ou un avan-
tage général pour le propre pays.
Tout au contraire, nous avons ici un
projet de loi, dont l'acceptation signi-
fierait très probablement un dom-
mage matériel et financier pour l'une
des plus grandes et plus prospères
industries de notre pays. Et si la taxe
en question ne faisait qu'empêcher
l'entrée des bonnes productionsétran-
Letemp)Viendrapeut-être :
■
ouïes sous-titres des Vieux :
films, paraîtront aussi j
démodés que les noms :
qui, placés au=dessus des j
personnages des Vieux j
dessins, indiquent ce \
qu'ils représentent. £ £ :
MARY P1CKFORD
que nous verrons bientôt' dans
Par l'Entrée de Service.
gères . . ce serait déjà assez déplo-
rable, et indigne de notre pays.
« Ce n'est pas la première fois que
je le dis : Notre industrie cinémato-
graphique a les moyens de laisser
projeter sur nos écrans tous les bons
films d'Europe ou d'ailleurs, nous
pouvons et devons même leur
souhaiter la bienvenue, car nous
n'avons rien à craindre d'eux en
forme d'une invasion ou d'une con-
currence en Amérique.
« Une bonne production cinémato-
graphique, sans considération quel-
conque de son origine présente une
amélioration et un bénéfice généraux
pour l'art et l'industrie cinématogra-
phique universelle. Par le « Fordney
Bill » nous perdrions bien plus que
nous pourrions y gagner. Les quel-
ques milliers de dollars que repré-
sentent le chiffre d'affaires fait par
les productions étrangères en Amé-
rique, ou les quelques milliers de
dollars que notre gouvernement ar-
riverait à la rigueur à encaisser par
la taxe en question, que signifient
ces sommes en comparaison avec
nos florissantes affaires d'exporta-
tion ? Et il n'y a pas le moindre doute
que, dans le cas d'adoption du projet
de taxe, nos confrères d'Europe et de
partout ailleurs, nos clients agiraient
en conséquence. Personne ne pour-
rait leur en vouloir si, dans ce cas,
ils limitaient au plus stricte l'impor-
tation de nos films dans leur pays.
J'ai eu l'occasion de parler à des
intéressés de la cinématographie de
tout pays, et ne puis qu'apprécier
leur désir de placer leurs produc-
tions sur notre marché. Il est indis-
cutable que notre production natio-
nale est en général supérieure à
toutes les autres, mais il ne faut point
croire, qu'il n'y a que nous qui sa-
vons comment faire de bons films.
Un geste indigne de notre pays serait
celui de l'acceptation du « Fordney
Bill » qui rendrait plus difficile en-
core le placement des produits étran-
gers aux Etats-Unis. »
Sessue Hayakawa était sur le point
de terminer un film intitulé : Jusque
dans l'éternité, où tourne avec lui la
Films usagés pour amateurs et
particuliers, depuis 0, 1 0 centimes.
BAUDON = SAINT»LO
345, rue Saint-Martin, PARIS
Téléphone : ARCHIVES 49- i 7
cinea
13
jolie Bessie Love. Il restait environ
une semaine de travail lorsqu'il fut
pris d'une crise d'appendicite. Les
médecins déclarèrent qu'il était ur-
gent d'opérer — ce qui signifiait
qu'il fallait remettre la suite du film
à plus tard, perdre une grande par-
tie du travail déjà l'ait. Hayakawa
refusa. Courbé en deux par la dou-
leur, se redressant quand venait son
tour, il travailla pendant trois jour-
nées. Chaque soir, il se faisait entou-
rer de glace jusqu'au moment de re-
prendre le travail.
Le quatrième jour, l'appendice se
rompit ; et Sessue tint encore bon pen-
dant quatre jours, le temps de finir
le film jusqu'à la dernière scène. On
l'emporta alors d'urgence à l'hôpital
où trois des meilleurs chirurgiens
de Californie se précipitèrent sur lui.
A peine opéré, il fut pris de hoquets
apparemment incoercibles, qui em-
pêchaient la cicatrisation. C'est alors
que l'ancien élève de 1 Académie Na-
vale se rappela le temps où il étu-
diait les premiers principes du Bu-
shido, le code d'honneur chevale-
resque du Japon. Par une concen-
tration intense de sa pensée et de sa
volonté, il parvint à faire cesser les
hoquets, et à les arrêter chaque fois
qu'ils menaçaient de reprendre.
M
PO U RQ UOI VA S
M
Comme, après avoir reçu quelques
visiteurs, je me remettais à écrire,
pour la vingtième fois, la sonnerie
du téléphone se fit entendre auprès
de moi.
— Allô?
— Drrrrrr...
— Allô! Qui est à l'appareil?...
Qui?... A qui ai-je l'honneur de?...
Comment ? .M. le Président de la
Chambre ? M Raoul Péret ? Allô, ne
coupez pas, mademoiselle T . .. Allô ?...
oui, ici M. Doublon, parfaitement,
Monsieur le Président.
Et j'entends ceci :
— Monsieur, vous n'ignorez pas que
la séance de demain à la Chambre
des députés s'annonce comme inté-
ressante. L'honorable M. Marcel
Cachin y développera sa nouvelle
interpellation sur la politique exté-
rieure du gouvernement en ce qui
concerne la Russie, et vous savez
quel déchaînement de répliques ceci
peut amener. L'honorable M. Léon
Daudet répondra à M. Cachin, et l'on
s'attend à des discours de MM. Man-
del, Lefèvre, etc. Bref, séance inté-
ressante, je le répète, très intéres-
sante.
— On pourrait peut-être dire mou-
vementée, Monsieur le Président,
voire orageuse.
— Mouvementée, sans doute. D'ail-
leurs, la tribune diplomatique sera
tout entière occupée — je suis pré-
venu — et l'on n'arrête pas de récla-
mer des cartes à la Questure, ce qui
me fait supposer un public plutôt
nombreux... et élégant.
Et M Raoul Péret voulut bien
ajouter :
— C'est pourquoi je voudrais faire
cinématographier cette séance. Vou-
lez-vous, Monsieur, vous charger de
ceci? Ayez l'obligeance de vous mettre
en rapport avec M. Mercanton en
vue de faire disposer dans la salle
des séances les projecteurs néces-
saires et les appareils de prise de
vues; prévenez les opérateurs; bref,
je m'en remets complètement à vous
afin que soit « tournée » du début à
la fin, ou du moins dans ses parties
les plus essentielles, la séance de
demain. D'ailleurs nous ferons ainsi,
dorénavant, car je juge puissamment
utile l'aide que le cinématographe
peut nous apporter en de telles occur-
rences. Il y a des journées qui pour
n'être pas absolument « historiques »
sont néanmoins tout emplies d'ensei-
gnements et pour les parlementaires
et pour le public. Je vous remercie,
monsieur, à demain!
— Monsieur le Président, je...
— Brrrrrr.
Je raccrochai, laissai mon courrier
en retard, me précipitai sur mon
pardessus et me disposai à me ren-
dre chez Mercanton, mais au dehors,
le froid me saisit. .
Et je me réveillai.
Ce n'était qu'un rêve, un de ces
rêves imbéciles qui, au réveil, vous
laissent dans un état d'hébétude tel
qu'on se demande : ai-je réellement
rêvé? Hélas T j avais rêvé; l'éminent
président de la Chambre ne m'avait
pas téléphoné; on ne « tournera »
pas la fameuse séance ; personne n'y
avait jamais songé ! Bien pis encore :
si j'émettais seulement le désir de
pénétrer au Palais-Bourbon accom-
pagné d'un opérateur de prise de
vues, j'étais certain de me faire écon-
duire, et de la plus belle des façons...
Mais alors, l'emprise du métier est-
elle à ce point profonde que seule
elle permette d'expliquer mon beau
rêve? Mon imagination est elle à ce
point vagabonde?
Non. J'ai trouvé ce matin sur mon
bureau l'explication, ou plutôt le
point de départ de mon songe. Et le
voici :
« Washington, novembre.
« M. Balfour pénètre à 10 h. 35 dans
la salle des délibérations. Il est suivi
de MM. Hughes, Briand et Viviani.
« Les délégués sont debout et con-
versent cordialement. La salle est
absolument comble. L'élément fémi-
nin domine dans l'assistance.
« Quand tous les délégués sont ins-
tallés, de puissants projecteurs sont
mis en action pour permettre aux
photographes et aux opérateurs de
cinématographes de prendre les vues
de cette conférence historique.
«M. Hughes rend compte des tra-
vaux de la conférence et de leurs
profits depuis la dernière séance... »
Une dépêche, une simple dépêche.
Trois lignes, mais à combien éloquen-
tes ! « Quand tous les délégués sont
installés, de puissants projecteurs » ..
Ah! quandse décidera-t-on,en France,
à comprendre l'utilité du cinéma, la
valeur de son aide, la force de son
action sur le public ? Et ce que j'ap-
pellerai « sa valeur future », je veux
dire l'intérêt documentaire d'un film,
de celui qui s'est tourné à Washington
pour l'avenir, pour nos enfants, pour
nos petits-neveux? Pensez donc à
ce que serait pour nous la vision
authentique d'une séance de la Con-
vention, par exemple! !!
MM. du Gouvernement, et vous
MM. les Parlementaires, songez-y !
LrciiN Dorm on.
14
cinea
Sous toutes réserves
Sous toutes Réserves.
M. Péhor, le sympathique direc-
teur de cinéma .s'est cru visé par une
information parue, sous la présente
rubrique, dans le numéro du 18 no-
vembre, et nous requiert d'insérer
une réponse d'étendue double et ré-
digée dans le même style, ainsi que
le prescrit la Loi.
A notre grand regret nous ne pou-
vons lui donner satisfaction : sa let-
tre, en effet, bien que fort courtoise
met en cause des tiers ; un passage
notamment est ainsi conçu : « Etant
donné que les directeurs de théâtre
montent des pièces sans jamais lire
de manuscrits, je ne vois pas pour-
quoi les directeurs de cinéma seraient
obligés d'aller voir les films. » Il
n'échappera pas à nos lecteurs que,
si nous publions cette phrase, nous
aurions au courrier, le lendemain,
des lettres de protestation signées de
tous les directeurs de théâtre de Pa-
ris et de la banlieue.
M. Péhor déclare d ailleurs lui-
même qu'il est célibataire, et que
pour cette raison, sa femme n'a pu
avoir d'enfant. Dans ces conditions,
il est évident que ce n'est pas lui qui
était visé par notre entrefilet, et qu'il
a attaché une importance excessive
à une simple similitude d'initiale.
•
L'éditeur d'un film intitulé La
Femme et le Pantin, d'après la pièce
de Pierre Frondaie est très sensible
au reproche qu'on lui a adressé
d'avoir omis de citer l'auteur, Pierre
Louys, et l'interprète, Géraldine Far-
rar.
Il nous prie de faire connaître que,
s'il avait su que ces deux noms pos-
sédassent quelque notoriété, il n'au-
rait pas manqué de les inscrire
sur le programme.
•
On sait que, lors de son récent
passage à Paris, une très jeune, très
charmante et très célèbre étoile de
cinéma américaine, épouse d'un non
moins célèbre artiste, s'est amusée à
se camoufler en modeste débutante,
et s'est présentée à une maison d'édi-
tion connue, où, du premier coup
d'œil, il a été jugé qu'elle n'avait au-
cune disposition pour l'écran, et
qu'elle ferait mieux de prendre un
autre métier.
Nous avons reçu de dix-sept direc-
teurs des lettres par lesquelles cha-
cun d'eux nous fait savoir que ce
n'est pas chez lui qu'une telle erreur
a été commise, et qu'étant donné
d'ailleurs le soin avec lequel il re-
crute son personnel, l'effort qu'il lait
pour découvrir les talents naissants,
un tel démenti est presque superflu.
Dont acte.
•
Nos lecteurs auront rectifié d'eux-
mêmes l'information concernant un
illustre cinéaste, parue dans notre nu-
méro du 2 décembre. Même lorsqu'il
s'agit de M. Abel Gance, un film de
treize ou quatorze mille mètres ne
saurait être considéré comme court :
il faut lire treize on quatorze cents.
•
Plusieurs de nos confrères onteon-
lirmé notre renseignement touchant
le Bajazet actuellement en prépara-
tion. Certains ont même rappelé -
détail qui manquait à notre docu-
mentation — que la pièce dont ce
film était tiré avait pour auteur Jean
Racine.
En réalité l'œuvre est loin d'être
mûre. La nécessité de n'utiliser que
des interprètes turcs ou turques rend
assez difficile le recrutement et le
dressage de la troupe. Une seule ex-
ception : le personnage de Roxane
serait confié à Mlle Andrée Brabant.
Le film suit assez étroitement, en
la transposant visuellement, la pièce
originale. Par exemple le vers :
Allez, que le sérail soit désormais fermé...
est remplacé par un premier plan,
tout à fait impressionnant au dire
de ceux qui l'ont vu, du verrou glis-
sant dans sa gaîne.
0
L'autre soir notre confrère, M. L..1
L..y, qui fréquente assidûment un
Cinéma de quartier où il ne manque
pas un épisode des Trois Mousque-
taires, a eu la surprise de voir arri-
ver, avec l'allure degensqui viennent
de consacrer par un bon dîner une
amitié récente, M. D. t-B. r, le ci-
néaste illustre, et M. P. e H. y, le cri-
tique bien connu. Celui-ci, qui n'avait
pas encore vu le film, goûta fort les
exploits de d'Artagnan-Aimé Simon-
Girard, et lorsque Milady-Claude Mé-
relle parut sur l'écran, s'écria, dans
un élan sincère : « Ils n'en ont pas
comme cela en Amérique ! »
•
La récente publication du livre de
M . Jean Epstein a produit un résultat
inattendu pour ceux-là seulement qui
n'estiment pas à leur juste valeur la
hardiesse artistique et l'esprit d'ini-
tiative de nos grandes maisons d'édi-
tion Moins de huit jours après la
mise en vente des premiers exem-
plaires l'auteur avait avait déjà reçu,
de quatre grandes firmes françaises,
des lettres lui demandant d'envoyer
un scénario, conçu selon l'esthétique
si originale que développe ce livre,
et d'indiquer ses conditions, qu'il
pouvait considérer comme acceptées
d'avance. Et voilà quatre beaux
films en perspective.
•
On assure qu'un contrat récent,
passé par une étoile très jolie et très
brune, stipule qu'elle doit subir dans
chaque film au moins deux tenta-
tives de viol. Il parait que la jeune
artiste trouve un certain plaisir per-
sonnel... Mais ne franchissons pas
le mur de la vie privée.
Toutefois, l'acteur engagé pour
jouer le rôle du satyre refuse absolu-
ment, au nom de l'hygiène de ses
nerfs, de se ruer bi-mensuellement
sur sa partenaire, sans résultat au-
cun. Et le metteur en scène se trouve
dans un cruel embarras.
Inutile d'ajouter que cette histoire
se passe en Amérique.
•
Il est douteux que Le Lac Salé soit
jamais mis à l'écran. Tous les prépa-
ratifs étaient faits, les interprètes
pressentis ; Mlle Musidora devait
prendre le rôle d'Annabel Lee, M. An-
gelo celui du père d'Exilés et M.
Joubé celui du pasteur. Mais au der-
nier moment, l'auteur s'est aperçu,
d'une part qu'il avait commis une
grave erreur historique en confon-
dant les généraux Joseph E. Johns-
ton et Sydney A. Johnston, d'autre
part, qu'il avait inconsciemment
emprunté à Edgar Poe le nom de son
héroïne. Et xM. Pierre Benoît est de-
venu tellement chatouilleux sur les
questions d'emprunt qu'il songerait,
dit-on, à arrêter le film projeté.
FONDU-EXCHAÎNÉ.
■ ■
■ ■
j Pour mesurer la place que
: tient le cinéma dans Vart,
j il suffit de songer à toutes j
: les belles oeuvres, artis=
m m
tiques ou littéraires, qui j
: semblent aujourd'hui :
J m
conçues selon V esthétique j
d'un film. M M M
cinea
15
■ a
I Les Présentations i
Parisette.
Après Sauvons le gosse, dont l'ac-
tion mouvementée est renouvelée par
des comédiens à quatre pattes et à
quatre mains, nous avons vu au Gau-
mont-Palace les quatre premiers épi-
sodes du nouveau ciné-roman de
M. Louis Feuillade. D'autres ont dit
que le feuilleton d'écran est désiré
par un certain public, et applaudi.
A la vérité, la règle générale veut
des exceptions et nous devons dé-
plorer, même pour des spectateurs
indulgents, les séries de vols, crimes
et joyeusetés de même farine. M. Louis
Feuillade a su, lui, moderniser et
même enjoliver les sortes d'aventures
qu'aimait raconter un Richebourg et,
s'il y a dans sa Parisette, un assas-
sinat, on ne nous en décrit pas à
plaisir les détails, il n'est point une
attraction, on ne s'y attachepas. L'er-
reur judiciaire fatale apparaît, nous
la supportons parce que des détails
plus intéressants font une sauce ad-
missible et souvent aimable.
Il y a mieux, et cela, il le faut sou-
ligner: d'abord des prises de vues au
Portugal, contrée presque inédite à
l'écran, de l'abbaye de Belem, entre
autres, et, dans le premier épisode,
une scène d'un dramatique puissant:
la prise de voile, chez les Carmélites,
d'une jeune fille qui se donne à Dieu
pour racheter le crime supposé de
son grand-père et la mort de la même
jeune fille, immédiatement, alors
qu'elle pressent son erreur. Mais des
scènes gaies surgissent ensuite avec
Biscot, drôle ou ému dans le rôle d'un
beau garçon de recette. Mme Sandra
Milovanoff est la vedette idéale des
fdms de M Louis Feuillade; elle nous
a cette fois révélé son talent choré-
graphique. Leurs camarades habi-
tuels jouent avec l'ensemble que l'on
sait, sauf, bien entendu, le regretté
Gaston Michel, remplacé par M. De-
rigal, qui est correct.
L. W.
L'admirable Crichton.
Admirable, il l'est, ce domestique
dont le flegme voile une âme forte et
noble, et, par hasard, l'occasion
s'offre à nous d'ouvrir l'armoire aux
hyperboles, car on peut qualifier
aussi d'admirable ce film adapté de
la célèbre pièce de J.-M. Barrie.
Par hasard encore, 1 épithète « cé-
lèbre » est parfaitement équitable,
ici. Le postulat des conditions so-
ciales renversées demeure bonne ma-
tière à de la satire. Dans le film,
l'ingéniosité jointe à l'imprévu con-
tribuent à la démonstration du théo-
rème et la critique de l'oisiveté ne
s'est peut-être jamais exercée mieux.
La mise en scène de Cecil de Mille (le
réveil des inutiles au début et leur
vie dans l'île déserte) n est pas allée
à l'exagération. Thomas Meighan est
parfait. Oui, tout cela est très, très
bien.
•
L'Ile déserte.
Parmi de nombreux êtres cupides
et de rares désintéressés, une jeune
fille sincère. Elle se dévoue pour une
mère appauvrie, en épousant un
riche débauché. L'exposition des
faits préalables et subséquents donne
lieu à des scènes qui diffèrent peu de
bien d'autres, connues . Mais, lorsque,
après un naufrage qui s'est déclaré
pendant un bal masqué des passa-
gers, la jeune fdle aborde une île dé-
serte avec son sauveur, le filin se
rehausse infiniment. Elle, ayant souf-
fert par son mari, abhorre tous les
hommes ; lui, chauffeur dans le ba-
teau, est tombé dans la misère après
des chagrins causés par une femme,
il est devenu forcené misogyne.
Comment vont-ils vivre en tête-à-
tête obligatoire? Comment l'amour
pourra-t-il naître dans ces cœurs
désabusés? L'auteur a résolu le pro-
blème par une gradation délicate et
nuancée. Cette partie du film, excel-
lente, vaut de vifs éloges et permet
d'oublier la banalité des quelques
aventures précédentes. Le mouve-
ment est bon et Norma Talmadge est
entête d'une distribution homogène.
Son portrait, dans ce rôle, a été pu-
blié dans le premier numéro de
Cinéa.
•
Le crime du Bouif.
M. Pouctal s'est montré là fort
habile. D'un drame tiré d'un roman
de M. de la Fouchardière, dans lequel
l'esprit se révèle à peu près unique-
ment par des mots, il a pu s'inspirer
pour un film où le dialogue à lire
non seulement ne fatigue pas, mais
amuse et souvent beaucoup. M. Tra-
mel est un épique ivrogne aussi
ahurissant qu'ahuri. Il vend des
tuyaux, sur le champ de courses du
Tremblay, avec une admirable con-
viction et ses attitudes d'honnête
homme devant la justice sont d'un
hilarant effet, mais tous ses parte-
naires devraient être cités à l'ordre
du jour : Mme Kolh en marchande de
quatre-saisons; M Gerbault en doc-
teur-assassin ; les clowns Prieto et
Tom Toche en policiers, etc. Quant à
M. Charles I.amy, en juge d'instruc-
tion, sûr de soi dans son cabinet, et
chahutant au cabaret, son comique
atteint les hauts degrés, il garde une
mesure délicieuse dans le burlesque.
•
Le Roi de Camargue.
Pourquoi n'avons-nous pas senti
battre notre cœur au moment que
dans l'eau tombait la douce Livette
par la faute d'une belle et astucieuse
bohémienne et d'un « guardian »
vindicatif et laid? L'histoire contée
par Jean Aicard en vaut bien d'autres
mais il manque au film ce fameux
«je ne sais quoi », ce souffle de sin-
cérité, de conviction, qui fait les
grandes choses. Tel quel, le Roi de
Camargue ne manque pas de qua-
lités, car les à-côtés ont une allure
intéressante, la cérémonie religieuse,
la fête, les allées et venues des trou-
peaux de taureaux, Mlle Elmire Vau-
tier est jolie et joue avec une grâce
discrète, Mme Claude Mérelle est
belle et M. Toulout s'est enlaidi su-
perbement.
Il y a un combat dans les marais
entre lui et M. de Rochefort qui se
termine à souhait, mais nous aurions
voulu éprouver un petit frisson, au
spectacle d'un tel drame.
•
Isobel.
Que cela est beau! Un drame em-
preint de sensibilité. Dans les ré-
gions polaires, un négociant en four-
rures et sa femme Isobel. Sur le ba-
teau, une nuit, le capitaine qui avait
attaqué celle-ci, est jeté à l'eau par le
mari. Des esquimaux et des soldats
de la police sont mêlés aux re-
cherches du meurtrier. Le sergent
Mac Veigh est, dans ces magnifiques
paysages, un sauveur à qui, plus
tard, bien plus tard, une récompense
idéale viendra. Il y a une enfant, en
outre, et, au-dessus de tout cela, des
expressions de sentiments qui étrei-
gnent par leur justesse. La vie de la
petite fille entre deux hommes dans
une cabane isolée est touchante.
D'autres détails notables méritent
des bravos. Jane Novak et House
Peters jouent avec une sincérité pre-
16
cinea
liante. Et, en passant, voici une jolie
réflexion du caporal de police, pen-
sant à son existence rude et mon-
trant une fleur bleue : « Les Esqui-
maux l'appellent : « la plus belle
ebose du monde »; moi je l'appelle
« la femme ». Cela peint une situation
et un caractère.
O
Le Jockey disparu.
Jamais je ne suis allé sur un champ
de courses. Alors j'ai regardé ce film
comme une nouveauté : on nous y
montre Maisons-Laffitte et peut-être
Enghien et sans doute Longchamp,
le public de la pelouse, l'entraîne-
ment, les bars d'hommes de chevaux,
les propriétaires, les palefreniers et
les jockeys. Quant au drame qui
fait la sauce de ce plat, il consiste en
rivalités d'amour et de succès spor-
tifs, on fait des piqûres à une bête et
on poursuit un jockey pour l'empê-
cher de vaincre. Et le mariage
souhaité aura lieu tandis que le bon
cheval du bon maître triomphera.
Le Jockey disparu est un film diver-
tissant, on voudrait pouvoir le dire
de beaucoup d'autres...
•
Les parias de l'amour
Je viens de déchirer les feuillets où
j'avais résumé le début de ce film
dont trois épisodes sur sept ont été
présentés. Oublions, oublions I...
Gratte-moi le dos.
Un charmant audacieux, sur-
nommé Char d'assaut, parvient à
sauver d'un maître-chanteur une
jeune femme qui serait navrée de la
révélation, à son mari, d'un passé
fort honorable, mais dans une pro-
fession parfois décriée. Le titre se
justifie par un point de départ et un
dénouement humoristiques. Situa-
tions amusantes, mais fâcheusement
coupées par un texte trop copieux
malgré son élégance. Et ne chica-
nons pas ceci : « ...tomber sur un bec
de gaz, comme disent les parlemen-
taires d'extrême gauche », bien que
l'on imagine malaisément M. J. Paul-
Boncour ou M. Léon Blum employant
une telle expression.
L'Aiglonne.
M. Arthur Bernède met à l'écran
(et au feuilleton) l'enfant de la mar-
quise de Novailles et du lieutenant
Bonaparte. Nous n'avons pu voir que
des parcelles de ce nouveau ciné-
roman.
Du moins avons-nous pu recon-
naître que M. André Marnay est un
Fouché vraisemblable; M. Andrew
Brunelle , un enthousiaste con-
vaincu; Mlle Su/.ie Prim, une dolente
Mme de Novailles, et retrouver M.
Drain en Napoléon. Et la mise en
scène de M. E. Keppens semble fort
intéressante, si nous en jugeons par
l'épisode troisième.
Le stratagème de Fred Law-
ton.
Lne jeune fille, orpheline en même
temps que ruinée, voit se détourner
d'elle la plupart de ses amis ou pré-
tendus tels. Demeurent fidèles deux
scélérats et un honnête homme qui,
par un subterfuge, triomphe de la
vilenie et de la naïveté ambiantes.
Des scènes qui seraient banales si le
charme distingué d'Elsie Fergusson
ne venait les éclairer.
Voilà le plaisir, Mesdames !
Une farce brève où Harold Lloyd
est suffisamment vif, de jolies bai-
gneuses et une dame qui a un tic
pouvant faire croire à des œillades.
Nous avons connu ce personnage
dans le Contrôleur des wagons-lits
•
Rien faire et la séduire.
Dicky, c'est William Russell. Donc :
sourires, solidité, amour. Dicky veut
rester oisif, mais Madge n'épousera
qu'un laborieux. Quand même, il
vaincra après une comédie-drame
dont il a tiré les ficelles. 11 y eut
mieux, il y aura pis.
•
Trucke, Muche et Cie.
On nous a suffisamment montré
des fous de drame pour enfin nous
gratifier de fous destinés à nous faire
rire. Ils n'y réussissent pas toujours,
mais quoi! en passant...
La journée du rôdeur de
quais.
M. Boisyvon a entrepris des « do-
cumentaires vivants ». Idée excel-
lente. La première série (types de
Paris) commence par La journée
du rôdeur de quais. Inauguration
où la fantaisie vient illustrer le réel,
la misère du bougre cpii n'est pas au
coin du quai se promène avec un sou-
rire, et ce fatalisme plus connu au-
jourd'hui sous le nom du « ne-t'en-
fais pas ». L'interprète principal de
ces tableaux prestes a merveilleuse-
ment saisi l'esprit de M. Boisyvon, il
ne l'aurait pas mieux fait lui-même,
n'est-ce pas?
•
L'Eveil de la bête.
Il s'agit des passionnels désirs a
quoi certains résistent mal. L'héroïne
de ce film en est la victime, mais ira
sans doute vers un bonheur doux,
grâce â la délicatesse d'un homme
qui l'aime plus encore pour elle que
pour soi. Des hasards commandent
une intrigue â laquelle deux sœurs
qui ne se connaissent plus parti-
cipent. Interprétation remarquable-
ment sobre et juste, avec Betty
Compson et ses dignes partenaires.
Lucien YVahi..
Le livre qu'il faut avoir lu
■
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M. de Brunoff, éditeur •
Cinéa. Konilateurs : Louis DKI.LUC cl A. ROUMANOH'
Cinéa. Envoyez li Un
mand.its, ubonnenicnta ;i I unis DEI.LU
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
W/». \
Les tartares furent forcés de se re-
plier jusqu'aux abords de leur vil-
lage. Là, ils reçurent des renforts et
résistèrent assez longtemps, jusqu'à
ce que les pompiers surviennent...
et « l'eau mit fin au combat. »
C'était, je crois, un des derniers
dans ce genre. Peu de temps après,
des agents étaient postés aux bords
du lac les jours de fête et empêchaient
les attroupements.
J'avais encore une passion : poul-
ies incendies. Ils créent une vie tout
à fait spéciale, intense, profondé-
ment dramatique. Je me rappelle l'in-
cendie des moulins de Chamoff. Tout
était rouge autour, même les fenê-
tres du palais du gouverneur. Et le
petit capitaine des pompiers qui se
surmenait, tout noir et mouillé, en
injuriant les spectateurs qui ne vou-
laient pas aider les pompiers. On en-
tendait des propos :
— Cela ne me regarde pas I
— C'est assuré, il n'y a pas de
doute !
— Ils ont mis le feu eux-mêmes.
— Sûrement I. .
Et tous étaient contents que l'in-
cendie frappait des riches, personne
ne regrettait cette énorme quantité
de travail réduite en cendres au bout
d'une demi-heure.
De cette époque j'ai gardé le souve-
nir de deux événements importants :
Un matin, au moment de se rendre
au marché, quelqu'un annonça dans
la cour que dans quelques instants
on allait voir un éclipse de soleil.
On parlait de cela déjà auparavant,
mais en haussant les épaules et avec
des sourires ironiques.
— Une farce d'étudiants!., disaient
les gens du quartier.
Mais lorsqu'on aperçut un mince
tilet noir sur les bords du soleil une
légère inquiétude commença à s'em-
parer des gens.
— Tiens, en effet, il se passe quelque
chose I
Le ciel était sans nuages, le matin
clair et lumineux et tout à coup une
ombre grise et lourde couvrit tout
autour. Les visages des gens deve-
naient effarés, on se regardait anxieu-
sement, sans rien comprendre et le
disque noir devenait de plus en plus
grand et couvrait presqu'entiérement
le soleil. Tous éprouvaient un certain
malaise. Le travail s'arrêta, on ne sa-
vait pas si c'était la peine de le con-
tinuer. Plus de jurons, plus d'impré-
cations un silence impressionnant
partout.
Mais cela ne dura qu'un moment.
Le soleil reprit sa clarté habituelle
et les gens se ressaisirent. Deux mi-
nutes après, l'air retentissait de nou-
veau de jurons formidables, de pro-
messes de casser la figure, etc., etc..
Plus tard, je compris que dans la vie,
c'est toujours comme ça.
Peu de temps après cet événement,
j'entendis une histoire vraiment ex-
traordinaire. C'était le cas d'un jeune
étudiant qui, ayant déclaré à ses ca-
marades, n'avoir pas peur des morts,
consentit à se rendre vers minuit au
cimetière et à descendre dans une
tombe nouvellement ouverte. Ses
amis voulant lui jouer un tour se ca-
chèrent derrière les arbres et lorsque
le jeune homme apparut, ils se mirent
à gémir et à murmurer en imitant
les voix d'outre-tombe. Mais celui-ci
ne fut pas intimidé du tout et s écria:
— Hé 1 là-bas, les morts !... Voulez-
vous vous taire. Ce n'est pas la peine
de faire ce chahut — je n'ai pas peur!
Il resta dans le tombeau un quart
d'heure : lorsqu'il sortit pour s'en
aller les amis lui lancèrent quelques
petites pierres à sa suite. Il conti-
nuait de rire. Mais tout à coup, il
rencontra un rat sur son chemin. Il
s'arrêta et tomba raide Lorsqu'on
s'approcha de lui, il était mort.
Ayant entendu jusqu'à la fin cette
histoire, je m'aperçus qu'il était déjà
tard et qu'il fallait rentrer vite. Par
malheur, pour arriver à notre mai-
son il fallait passer devant le cime-
tière et cela me faisait peur terrible-
ment. En arrivant à cet endroit je
me mis à courirde toutes mes forces.
C'était une course folle. Il me parais-
sait que tous les morts me regar-
daient sur mon passage et que si je
tournais ma tète ce serait fînidemoi.
Et dire qu'en général, je trouvais les
morts beaucoup plus sympathiques
que les vivants ; mieux élevés, ne se
disputant pas, ne battant pas les pe-
tits. Quand même, j'évitais toujours
de passer devant cet endroit depuis.
(A suivre) L. VALTER.trad.
Un mode d'expression ne
prend toute sa Valeur que
lorsqu'il sert à exprimer
quelque chose. ^ <£°
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Jf Ayez pitié M
des beaux films,
& même étrangers. M \ Lopdres : A. J
Hebdomadaire Illustra -- Louis DELLUC, Directeur
PARIS, io, Rue de l'Elysée — Téléph. : Elysées 58 84
ROSE Représentative, 102, Cbaring Cross Road. W. C.
N'acclamez pas trop
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M même français. M
MARY MILES MINTER
La seule interprète de l'écran qui ait, en réalité, huit ans de moins que son âge.
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Films usagés pour amateurs et
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Téléphone : ARCHIVES 49- i 7
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M. de Brunoff, éditeur
Hue les Lecteurs de
c i né a
nous écrivent fran=
chement leurs im=
pressions sur les
films qu'ils ont Vus.
REPONSES
A QUELQUES LETTRES
Sibillia. — La revue Bcauty est éditée
par la maison qui t'ait le Sbadou'land et le
' lassic. La librairie Hrentano. avenue de
l'Opéra vous donnera tous renseignements
à ce sujet.
La Charrette Fantôme. — Ecrivez :
Swensk-Film Industrie. 7 et [9, Kunsga-
tan, Stockholm (Suède).
Lewimichlly. — (Choisissez un pseudo-
nyme un peu moins compliqué). Ces ren-
seignements sont très longs à avoir. Ayez
quelques jours de patience
Gilbert Grange. — Vous repondrai par
lettre cette semaine.
B. R. K. — Ecrivez à Mlle Geneviève
Félix, y-,, rue du Simplon. 18e arrondisse-
ment.
Re\i;-Luc. — Les Films Erka sont instal-
lés, 38 bis, avenue de la République, M.
Edelstein, je crois.
Lionneli.e. — Maë JV.urray n'a aucun
rapport avec Maë Marsh.
Remembe». — Nazimova dans Occident
et la Lanterne Rouge.
Lumière. — Voyez le n° 18 ou a été
reproduite sa photographie.
L. M. — C'est une erreur de ma part en
effet : Juanita Hansen n'était pas la parte-
naire de William Hart dans Le Dieu captif
mais dans Loin du cœur.
Vivienne. — Tora Teje est. en effet, l'in-
terprète du Monastère de Sendomir. Oui,
Vers le bonheur est le film Erotikon.
Futuriste. — Caligari sortira en France
malgré les détracteurs de l'Art Moderne.
Vous en verrez certainement d'autres.
B. I. — Je m'abstiens totalement de cri-
tiques et regrette de ne pouvoir vous
répondre.
J.-L. Marie. — Constance Talmadge est
la sœur de Norma. Elle est mariée à un
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des mille et une nuits, premier épisode.— Mabel et Fatty
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corsetle mieux. — Les contes des mille et une nuits. —
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11* Arrondissement
Voltalre-Aubert-Palace, B5, rue de la Roquette.
— Un drame d'amour. - t'ne drôle de maison. — Les
coules des mille el une nuits. — Les trois mousquetaires,
11* épisode.
12' Arrondissement
Lyon-Palace, rue de Lyon. — Les grandes i basses
de la faune africaine, !■ partie. - L'Orpheline, 1 !■ épisode.
— Soirée de réveillon.— L'infernal. Les trois mousque-
taires, 1 1" épisode.
13' Arrondissement
Gobelins, go bis, avenue des Gubelins. — Beauci-
tron artiste peintre. Les trois mousquetaires, 10* épi-
sode. — Les fables de La Fontaine. — Reine-Lumière,
4' épisode. — Pervenche.
14* Arrondissement
Gaîté, rue de la Gaîlé. — Beaucitron artiste peintre.
— Les trois mousquetaires, lo- épisode. — Les fables
de La Fontaine. — Pervenche.
15' Arrondissement
Grenelle, lit, rue du Théâtre. — Beaucitron artiste
peintre. — Les trois mousquetaires, lu- épisode. — Les
tables de La Fontaine. — Reine-Lumière, V épisode.
— Pervenche.
Grenelle-Aubert-Palace, I4t, avenue Emile-
Zola (:sii et 42, rue du Commerce). — En dernière
heure. — Les trois mousquetaires, in- épisode. — Sept
ans de malheur.
Grand Cinéma Lecourbe, U5-H9,rue Lerourbe.
— Saxe 50-43. — Cerveau brûlé. — Les grandes chasses
de la faune africaine, 2- partie. — L'Orpheline, ir épi-
sode. — Soirée de réveillon. — L'infernal. — Les trois
mousquetaires, il- épi'ode.
16* Arrondissement
Maillot-Palace, 74, avenue de la Grande-Armée.
— Programme du vendredi 23 au lundi 20 décembre. —
Les grandes chasses, 2- série — Pompon pompier. —
Les trois mousquetaires, 11* épisode.— Le loup de
dentelle. — Programme du mardi 27 au jeudi l'.< décem-
bre. — Reine-Lumière, i- épisode. — Les contes des
mille et une nuits, premier chapitre. — L'ombre déchirée.
Mozart -Palace, 49, 51, me d'Auteuil. — Pro-
gramme du vendredi 23 au lundi 20 décembre. — Reine-
Reine-Lumière, 4' épisode. — Les contes des mille ei
une nuits, premier chapitre. — L'ombre déchirée —
Programme du mardi 27 au jeudi 2u décembre. — Les
grandes chasses, 2 série. — Pompon pompier. — Les
trois mousquetaires, 11' épisode. — Le loup de dentelle.
Le Régent, 22, rue de Passy. - Auteuil 15-40. —
Scout girls suédoises. -- Le canard en ciné. — Les aven-
tures de Sherlock Holmes. — Le Revenant. - Ilouglas
au pays des mosquées. — Pour une nuit d'amour, avec
Van Daèle. — Dudule. l'âne el l'hercule.
Théâtre des Etats-Unis, 50 bis, avenue Mala-
koll. — L'Orpheline, lo- épisode. — Myrtha. — Seule... —
La petite Fadette.
17* Arrondissement
Villiers Cinéma, 21, rue Legendre.— Betty et ses
soupirants. — Les grandes chasses de la l'aune africaine.
— Chariot s'évade. — L'Orpheline, 10- épisode. — La
Mlle de la lier.
Cinéma Demours, 7, rue Demours. — Reine-
Lumière, 4- épisode. — Les grandes chasses de la Faune
africaine, 3- partie. — Chariot ne s'en fait pas. — Par
entrée de service. — Pompon pompier.
Ternes-Cinéma, 5, avenue des Ternes. — Wagram
02-10. — Fils de peaux -rouges. — Le signe de Zorro.—
Saturnin ou le bon allumeur. — L'Orpheline, ir épisode.
— Le chevalier errant.
Lutetia Wagram, avenue Wagram. — Les grandes
chasses de la faune africaine. 3- partie. — Pompon pom-
pier. — Les trois mousquetaires, 11- épisode. — Par
rentrée de service. — Soirée de réveillon.
Royal Wagram, avenue Wagram. — Le Canard
en Ciné. — L'infernal. — Les contes des mille et une
nuits. — La Princesse Alice.— L'Orpheline, il- épisode
18* Arrondissement
Théâtre Montmartre, Cinéma Muslc-Hall,
place Dancourt et rue d'Orsel, 43. — Nord 49-24. —
La pelite fée d'Irlande. — Pour une nuit d'amour. —
L'Orpheline, 11" épisode.
Palais Rochechouart, 58, boulevard Roche-
Chouart. Les contes des mille et une nuits. — Les
trois mousquetaires, tl- épisode.— Par l'entrée de service.
Barbes-Palace, 34, boulevard Barbés. Nord 35 68
— Par l'entrée de service. Chariot ne S'en fail pas.—
Les trois mousquetaires 11' épisode. — L'Orpheline,
1 1" épisode.
Le Select, 8, avenue de Clichy. L'infernal.
Les grandes chasses de la faune africaine. ::■ partie. -
La Princesse Alice. — L'Orpheline, 11. épisode.
Le Métropole, avenue de Saint-Ouen. Pompon
pompier. — Soirée de réveillon. Les contes des mille
et une nuits, premier chapitre, — l'ai l'entrée de service.
Marcadet-Cinéma-Palace, no. rue Marcadel
angle rue du Mont-Cenis), Marcadel 29-81. -
L'infernal.— Soirée de réveillon. — L'Orpheline, il- épi-
sode. Les trois mousquetaires, U" épisode.
19' Arrondissement
Secrétan, 7 avenue Secrétan. — Oui, mais Lui...
ciirsi lie mieux. — Les trois mousquetaires, 1 1* épisode.
— Les fables de La Fontaine. — Reine-Lumière. '»■ épi-
sode. — Les contes des mille f t une nuits, premier cha-
pitre.
Le Capitole, place de la Chapelle. — Les grandes
chasses de la faune africaine. 3- partie. — L'Orpheline.
Il- épisode. — Les Irois mousquetaires, 11- épisode. —
L'infernal — Soirée de réveillon. - Pompon pompier.
Bellevilie-Palace, i3o, boulevard de Belleville.—
Soirée de réveillon. — Les trois mousquetaires, il- épi-
sode. — Sa dette. — L'Orpheline, 11* épisode
Féerique-Cinéma, 14G, rue de Belleville. —
L'Orpheline, U- épisode. — L'occasion. — Les trois
mousquetaires, 111 épisode. — Iiudule. l'âne el l'hercule.
20* Arrondissement
Paradis Aubert Palace. 42, rue de Belleville.
La Corse Ile de Beauté. — Le joug. — Le fantôme du
anch. — Les trois mousquetaires. 10- épisode.
Banlieue
Clichy. — Oui, mais Lui... corselte mieux. — Les
trois mousquetaires, l l'épisode. — Les Fables de La
Fontaine — Reine-Lumière, 4- épisode. — Les contes
des mille el une nuils. premier chapitre.
Olympia Cinéma de Clichy. — Les grandes
chasses de la l'aune africaine, première partie. — L'om-
bre déchirée. — L'Orpheline, ir épisode. — Héliotrope.
Levallois. — Chariot coltineur. — Les trois mous-
quetaires, '■'■ épisode. — Les Fables de La Fontaine. —
Amour posthume. — Un mari pour un dollar.
Vanves. — Beaucitron artiste peintre. — Les trois
mousquetaires, 10- épisode. — Les fables de La Fontaine.
— Pervenche.
Montrouge.— Laghouat Tunisie .— Reine-Lumière,
4* épisode. — Dudule, l'âne et l'hercule. — Héliotrope.
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■ Un spectacle nouveau et sensationnel
pour les Fêtes de NOËL
SOIRÉE DE RÉVEILLON, comédie punenae
I LE CHEVALIER ERRANT. :,",:"-
| LE NOËL b'AIiSRCE
:-: Féerie cinégraphique et scénique :-:
! Chorégraphie de StilSOn, musique de J. Nouguès
avec le concours de M. BAER, de l'Opéra
j La Danseuse JASMINE
; :-: dans le rôle de la pelite Suzel :-:
j et ROBERT ROBERTY
S :-: dans le rôle du 7'ouei merveilleux :-:
L'ORPHELINE, 1 le épisode : Le Revenant
cinéa
! MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Une scène de Par l'Entrée de Se,
Par l'entrée de service.
Il est, en vérité, des jours où l'on est
mal disposé, où les plats les plus su-
crés, les femmes les plus suaves ne
vous disent rien. Et pourtant com-
ment ne pas aimer Mary Pickford, si
charmante avec ses jolies petites
boucles blondes, et son sourire, et ses
gamineries ? Evidemment, on ne
songe pas un instant à ne pas l'ai-
mer. C'est le sujet qui vous agace,
par ses côtés conventionnels, ses in-
vraisemblances ; mais il faudrait
l'oublier, se laisser aller à son plai-
sir. Par exemple au lieu de s'amuser,
tout simplement, de la manière dont
les gens élégants passent leur week's
end, de goûter le flirt « direct » à la
mode de l'Ouest, le pied nu posé sur
le pied nu (les personnages passent
leur existence en costume de bain)
on songe maussadement que tout ce
tableau a été introduit pour flatter les
passions démagogiques, les aigreurs
puritaines des fermiers de l'Arkansas
et des boutiquiers de New-Hampshire,
pour donner à leurs âmes pharisaï-
ques Fimpressionagréable qu'ils sont
lesélusdu seigneur, et nullementsem-
blables à ces publicains...
De même, lorsque Mary Pickford
va en visite chez une fermière fla-
mande maniaque de propreté, où
tout reluit sous un astiquage conti-
nuel, on sait d'avance qu'elle y ira en
se déchaussant, en marchant pieds
nus dans la fange du ruisseau, de
manière à maculer le beau parquet,
à le recouvrir ensuite d'une eau sa-
vonneuse sur laquelle elle fera des
glissades, genre Chariot Patine.
Pourquoi s'irriter de le savoir
d'avance ? S'irrite-t-on de voir Zam-
belli entrer en dansant? On le savait
d'avance aussi. Ce sont là conven-
tions spéciales à tel ou tel art.il faut
les accepter sans protester; accepter
aussi que dans toutes les scènes pa-
thétiques l'héroïne tienne à bout de
bras une paire de chaussures : l'effet
est réussi, la note de grâce mala-
droite et timide est donnée : qu'im-
porte le moyen ? Allez-vous repro-
cher à un violoniste d'attaquer tou-
jours son instrument avec le même
archet ?
Non; quand on est aussi mal disposé,
quand les plus jolis numéros du ré-
pertoire enfantin de la grande étoile
vous laissent froid, il vaudrait mieux
ne pas en parler. Ou tout au moins ne
parler que de ce qu'on a aimé; des ex-
pressions charmantes, craintives, in-
décises; de quelque chose de vraiment,
de naturellement frais et juvénile,
chaque fois qu'un procédé quelconque
destiné à produire mécaniquement
l'effet de jeunesse n'est pas mis en
jeu ; et aussi de toute la mise en
cinea
MARY PICKFORD
Que nous allons goûter dans Par l'Entrée de service, et que nous admirerons prochainement
dans Le Petit Lord Fauntleroy.
scène soignée, mesurée, jamais ex-
cessive, toujours exacte et en rapport
avec l'action : notez la vieille ferme
flamande, si réussie avec ses volail-
les, son chien et son chat, et les dé-
tails amusant du week's end, les in-
vités, leurs flirts. Et puis il vaut
mieux, au fond, se résigner aux lé-
gers inconvénients que comporte le
genre Mary Pickford que se priver
du plaisir de la voir. Et, d'après ce
qu'on nous annonce, nous aurons ce
plaisir , sans aucun mélange en
voyant ses dernières productions, et
notamment Little Lord Fauntleroy .
La Princesse Alice.
Grâce au progrès des lumières, et
d'une manière générale à la crainte
de paraître dupes, nos enfants ne
croient plus aux Contes de fées, ni
même leurs parents, qui pourraient
être devenus plus sages. Tout film
basé sur une conception féerique de
cinea
la vie risque donc de provoquer les ri-
canements des gens sérieux et des
tempéraments « réalistes ». Si, heu-
reusement pour vous, vous ne vous
rangez pas dans ces catégories, allez
voir celui-ci, qui est charmant, conçu
avec moins de raffinement dans les
détails que ne l'aurait fait, par exem-
ple, Fitzmaurice, mais peut-être d'un
rythme plus simple et moins encom-
bré par la mise en scène. 11 est vrai-
semblablement inspiré d'un roman
jadis célèbre, Tuteur et Papille, et
raconte l'histoire d'une petite fille
qu'on voit d'abord à quatre ans, in-
terprétée par Penches Jackson, à huit
ans.parMay Giraci et à dix huit ans,
par Lila Lee (l'amusant est qu'on a
trouvé moyen de donner un air de fa-
mille aux trois artistes). Elle aime
son tuteur, lequel est pour elle le
« Prince » que sa princesse, la belle
et lointaine Alice Travers (Kathlyn
Williams) attend, enfermée dans la
Tour de la Fidélité. Alice épouse na-
Dieu dit : « Que la lumière
soit. » Et presque aussitôt,
M. Ricciuto Canudo lui
indiqua la manière de s'en
servir. M M Jâ M
turellement un autre homme, puis
devient veuve, et... allez voir la
suite.
L'interprétation de Lila Lee est
charmante ; elle dépeint de manière
exquise, émouvante, la jeune fille qui
cesse d'être une enfant ;ses premiers
plans, à la fin, sont tout simplement
délicieux. Thomas Meighan joue fort
bien, encore qu'il ne soit peut être
pas l'homme qu'il faudrait pour re-
présenter le « Prince » et Charles
Ogle donne sa mesure dans le rôle
secondaire du domestique.
•
Les Contes des Milles et Une
Nuits.
En portant à l'écran — ou à la
scène — une histoire orientale, on
peut insister, soit sur le côté humain,
général du récit, soit sur la couleur
locale. C'est ce dernier parti, plus
tentant au point de vue pittoresque,
qvi 'adoptent généralement les Ci-
néastes ; il présente un danger. Plus
le caractère oriental est accusé, plus
la couleur devient semblable d'un
épisode à l'autre, plus les personna-
ges perdent leurs vertus humaines
pour devenir des types légendaires
ou topiques.
Tel est le défaut commun de ces
deux œuvres excellentes et colorées
— La Sultane de l'Amour, et les
Contes, mis en scène, à plusieurs an-
nées d'intervalle, par M. Nalpas et
M. Tourjanski. La comparaison est
imposée, tout d'abord par le rappro-
chement inévitable que suscitent les
thèmes communs : il faudra évidem-
ment que les cinéastes renoncent,
quand ils voudront évoquer l'Orient,
à montrer invariablement des Sul-
tans grotesques et furibonds, entou-
rés de ministres barbus, de nains
difformes et d'eunuques pervers,
gardés par des nègres porte-épieux
et occupés à martyriser d'innocentes
princesses captives. Nous sommes
un peu blasés sur ce genre d'effets ;
la légende en comporte d'autres, et
M. Tourjanski a su en dégager — par
exemple l'épisode de la ville de de son
peuple pétrifiés, qui donne une sa-
veur si originale au second épisode.
Moins hardi au point de vue plas-
tique, moins riche en sensualité fé-
roce que celui de MM. Frantz Tous-
saint et Nalpas, celui-ci lui demeure
Un cinéaste doit tenter de
retenir, d'organiser et de
réaliser ses thèmes Visuels
comme un musicien fait
de ses thèmes sonores. #
LES
CONTES
DES
MILLE
ET UNE
NUITS
cinéa
supérieur en ce qu'il met en «cène
de beaux et authentiques paysage»
africains, bien choisis, qui encadrent
l'action sans l'écraser. L'interpréta-
tion est excellente : M Nicolas
Rimsky était né pour être fils de roi,
et Mlle Nathalie Kovanko.que j'avais
trouvée simplement jolie et amusante-
dans un film moderne, est une déli-
cieuse princesse orientale, tendre,
langoureuse, émouvante, et digne
que des princes tassent des miracles
pour la sauver et la conquérir. Et
lorsque, dans le premier épisode,
seule sur la terrasse, elle attend la
mort, il n'y a plus de légende ni de
décor ; c'est une femme qui souffre.
•
La Fée du Logis.
Il est bon, il est nécessaire qu'il
existe des films qui ne s'efforcent pas
de dévoiler les mystères profonds de
l'âme ou du geste humain, mais sim-
plement distraient les spectateurs de
leurs soucis quotidiens, en leur mon-
trant la vie sous une apparence con-
ventionnelle et plaisante.
Le joli film où figure Mabel Nor-
mand possède presque toutes les
qualités qu'on peut demander à ce
genre d'œuvre. D'abord, d'être sans
prétention, de ne jamais chercher à
se faire prendre pour plus et pour
mieux qu'il n'est ; puis d'être bien
composé. Le rythme de La Fée du
Logis est, à ce point de vue remar-
quable ; soutenu jusqu'à la fin, sans
longueur, ni fausse note, il vous
conduit agréablement jusqu'à la fin
L'interprétation de Mabel Normand
est amusante, fantaisiste, réellement
jeune ; celle de Cullen Landis, excel-
lente.
Je regrette que l'éditeur français
ait cru devoir adopter un parti très
à la mode en ce moment et que je
trouve détestable ; celui de souligner
les sous-titres (ils sont d ailleurs bien
traduits et correctement rédigés)
par une image qui reproduit, en
beaucoup moins bien, ce que va
montrer la projection. Le texte est
un mal nécessaire : l'essentiel est
qu il soit rare et inoffensif. Un parti
ornemental peut n'être pas déplai-
sant, à condition d'être excellent et
de ne rien enlever à la lisibilité de
l'écriture ; un parti ornemental mé-
diocre est la pire chose Disons le
franchement, celui adopté pour ce
film, et pour d'autres titrés de la
même manière, est nettement mau-
vais et gâte un peu une œuvre en
elle-même charmante.
Lionel Landry.
Depuis qu'il est aVéré que
le cinéma est une indus=
trie, il trouve de nombreux
chevaliers. * £ £ £
••■■■•■•■■■■■■■■■■■•■■■■•••■■■■■••■■■■■■ti«i**iiiii*'
■
■
j L'esprit souffle où il Veut;
d'aucuns ont eu la réVéla =
m
m
i tion du cinéma en Voyant
■ ■
" Les 3 Mousquetaires ". :
A chaque instant la Vie
fait du cinéma. Il est
temps que le cinéma fasse
de la Vie. & & &
cinéa
UNE ESTHÉTIQUE DU CINÉMA
A propos du livre de M. Jean Epstein
Il est facile de dire : « toute esthé-
tique est vaine ; ce sont les œuvres
qui comptent et non les doctrines ».
Cette position se conçoit, dans une
certaine mesure, tant qu'on parle de
poésie, de musique, de peinture, en
un mot : d'arts qui permettent maté-
riellement de produire une œuvre et
même de la faire connaître aussi faci-
lement qu'une doctrine. Le cinéma,
au contraire, se rapproche de l'archi-
tecture par les difficultés matérielles
de réalisation qu'il comporte, diffi-
cultés qui rendent impossible de de-
mander a un scénariste, metteur en
scène, un échantillon réalisé de son
talent; il faut juger sur plans et
d'avance, ce qui suppose des règles
de construction, une esthétique re-
connue.
Que les notions les plus élémen-
taires de cette esthétique soient géné-
ralement ignorées, on n'en saurait
douter lorsqu'on constate les erreurs
grossières que commettent, quant au
choix du sujet, à la composition, au
rythme, au montage, des cinéastes
même avertis. Et l'on se rend compte
que l'expérience individuelle de cha-
cun, souvent inutile à lui-même, l'est
toujours aux autres : ici, les archi-
tectes apprennent la bâtisse en cons-
truisant au petit bonheur, et il ar-
rive que les édifices s'écroulent, ou,
pour rester dans notre domaine, que
les films rentrent dans le néant; ce,
au grand dam des commanditaires,
qu'on n'y reprendra plus, du public
qui peu à peu se détourne du cinéma,
et des véritables artistes qui voient
les routes se fermer devant eux, tout
cela parce qu'il n'existe ni tradition,
ni doctrine.
Cette esthétique indispensable de
l'Art du Mouvement, dirai-je que
M. Jean Epstein a essayé de la for-
muler? Je n'ose prêter cette inten-
tion — peut-être même faudrait-il
dire, cette prétention — à l'auteur
d'un livre charmant, amusant, plein
de fantaisie et d'imprévu, et dont la
forme est tellement liée au fond qu'il
semble difficile de traduire la pensée
de l'auteur dans une autre langue
que la langue imagée et vibrante par
lui adoptée.
Les lecteurs de Cinéa ont déjà pu
goûter, en deux fragments de M. Jean
Epstein — Ciné Mystique et Le Sens
1 bis — ses dons de vision aiguë, pré-
cise, complexe, de coordination phi-
losophique, d'expression rare et pit-
toresque. Il ne s'agit pas de le citer,
mais de l'analyser. Donnons donc la
parole, non point à l'auteur, mais à
un disciple supposé, accoutumé à
penser selon les formules et à parler
selon le langage de l'esthétique clas-
sique. Voici, semble-t-il, ce qu'il nous
dirait :
« Le cinéma est mouvement. Vous
ne devez donc jamais considérer une
ELSIE FERGUSSON
image en elle-même, mais toujours
dans son devenir. L'immobilité au ci-
néma est aussi antinomique que le
silence en musique. Une telle règle
proscrit le paysage rigide, le pitto-
resque statique, la carte postale il-
lustrée servie, soit isolément, soit
comme décor d'une action.
« Elle proscrit également toute vue
prolongée d'un état. Notamment lors-
qu il s agit d'un gros plan. Le gros
plan est un élément essentiel à l'écran
mais il faut qu il soit bref et mobile,
qu'il n'arrête pas le rythme.
« Le cinéma permet de voir succes-
sivement un être sous tous les as-
pects, à toutes les échelles, de l'ana-
lyser, de le décomposer suivant cha-
cune de ses dimensions matérielles.
Et c'est une fin suffisante. Cessons
d'avoir l'obsession du sujet, de la
petite histoire; n'importe quel thème
est bon, l'on peut même s'en passer,
pourvu qu'il y ait prétexte à mouve-
ment et à décomposition de gestes.
« Suivez dans la rue un homme,
une femme qui marche, attachez-vous
à un bateau qui remonte un fleuve, à
une barque qui danse sur les vagues ;
rien qu'à voir et à montrer tous les
aspects d'un de ces mouvements,
vous susciterez un intérêt tout autre
que celui qui résulte de ces intrigues
psychologiques banales, vulgarisées
par le roman et le théâtre.
« Car enfin, qu'est-ce que le ci-
néma? Est-ce un art? Oui et non.
C'est un procédé de connaissance et
d'exposition, à la fois art, science et
industrie.
« Que signifie en matière d'écran la
vieille formule : la nature vue à tra-
vers un tempérament? Ici le tempéra-
ment se fabrique en série : c'est celui
de l'appareil qui prend les vues.
« En résumé, les films seront sans
sujet, ou, si l'on admet qu'il en faut
un, comme concession au public,
construit sur n'importe quelle don"
née comportant mouvement et ana-
lyse de gestes. Cette analyse doit for-
mer l'objet principal du cinéaste, qui
la poussera selon toutes les dimen-
sions (et Dieu sait si M. Epstein est
disposé à n'en voir que trois!) sui-
vant tous les aspects du modèle. »
*
* *
Ai-je rendu exactement les idées
de M. Epstein? Il est relativement
facile d'expliquer sa propre opinion,
facile encore d'exprimer l'opinion di-
rectement opposée. Le plus embar-
rassant est d'exposer des théories
que l'on trouve justes, mais qu'on
plaie à des plans différents, qu'on
obtient par d'autres raisonnements,
qu'on subordonne à d'autres prin-
cipes, principes que M. Epstein ignore
ou dédaigne.
Tout d'abord, je m'écarte nette-
ment de lui en ce qui concerne la
valeur d'un sujet. La plupart des
hommes, il ne faut pas l'oublier, ne
0
cinea
conçoivent pas l'art sans un sujet, se
préoccupent plus de la chose expri-
mée que du mode d'expression; ils
ne goûtent la musique que si elle
comporte des paroles ou un titre
propre» à diriger leur rêverie; ils
voient avant tout dans la peinture le
modèle représenté, la ressemblance
physique ou psychologique des per-
sonnages. Un art uniquement tourné
vers la recherche de modalités d'ex-
pression, comme celui d'un Rodin,
ou des maîtres expressionnistes,
les laisse froids. Et ce qui est vrai de
la plupart des individus lest de (on.s
les publics. Or, le cinéma est essen-
tiellement un art collectif, fait pour
un public : 11 y faut donc un sujet. Le
documentaire le plus exact, présenté
comme tel, intéresse et n'émeut pas.
Lancez un canoë à travers les ra-
pides, le public le regarde avec inté-
rêt; s'il porte le message qui doit
sauver l'héroïne, il le suivra hale-
tant. Un film récent nous montrait
un homme tué par un crocodile.
C'était un inconnu, un anonyme;
l'épisode avait pour seul objet d'in-
diquer que les crocodiles sont des
animaux dangereux. Le public res-
taitfroid; si on lui avait donné une
raison d'attacher quelque impor-
tance à la vie ou à la mort de cet
homme, chaque bond aurait fait pal-
piter la salle.
Puis donc qu'il faut un sujet, le
choix en est-il indifférent? Je le nie.
L'artiste a un devoir envers le pu-
blic; il est responsable de la qualité
des émotions qu'il provoque ( «... l'é-
motion, même religieuse, dit Rémy
de Gourmont, est humiliante lors-
qu'on la demande aux littératures... »,
disons d'une manière générale : aux
œuvres « ... sans art et sans beauté. »)
Si nous jugeons ainsi ceux qui
éprouvent une émotion de qualité
médiocre, que dirons-nous donc de
ceux qui la provoquent? Entre leurs
mains, l'art se prostitue.
Quand je vois La Fleur dans les
La puissance d'illusion de
l'homme est infinie. Tous
les ans, l'Académie des
Sciences reçoit Vingt=cinq
démonstrations du Postu-
lat um d'Euclide, et les
maisons d'éditions sept
mille scénarios de films.
ruines, Pour l'humanité, Les Pros-
crits, La Charrette Fantôme, Fièvre,
L'Homme inconnu, El Doraclo (j'en
passe) je sens une âme qui parle à
mon âme; quand se déroule devant
moi tel film de confection — à épi-
sodes ou autre — avec ses appels ba-
nals et mécaniques à la pitié, à la
terreur, à la sensualité, à la ten-
dresse, j'ai l'impression d'être allé
chercher chez une fille un frisson ar-
tificiel.
Que le cinéma soit l'art du mouve-
ment, cela encore est incontestable;
faut-il cependant proscrire absolu-
ment l'immobilité, exiger que tout,
jusqu'au décor, danse autour des
personnages? Revenons à la mu-
sique, puisqu'il y a tant de parenté
entre les deux esthétiques; l'un des
moyens d'expression de la musique
est précisément le silence (Cf. Beetho-
ven : Scherzo de la 9e symphonie,
Variations op. 126; Wagner : marche
funèbre du Crépuscule, etc ). Le
rôle que le silence joue en musique,
l'immobilité le joue à l'écran. Mais il
faut qu'elle soit exceptionnelle et
voulue (allez voir, la semaine pro-
chaine La Ville pétrifiée). Autre-
ment dit, le cinéma ne doit se servir
de décor inerte que pour faire mieux
ressortir le mouvement qui est son
domaine normal.
A ce point de vue, ce que dit M.
Epstein des gros plans, de la néces-
sité d'en limiter la durée, est tout à
fait juste. Reportons-nous encore à
l'esthétique de la musique : l'expres-
sion ou le geste en gros plan, c'est le
thème joué « en dehors » confié au
trombone, au cor, aux violons dou-
blés. Le procédé est d'un effet puissant,
mais rapidement monotone.
Je n'estime pas, avec M. Epstein,
que la décomposition du geste cons-
titue le domaine propre de l'écran. Le
cinéma est capable de le faire, y
excelle même, tout comme la littéra-
ture peut donner des œuvres pous-
sées, fouillées, susceptibles d'une
minutie d'analyse que ne comporte
ni le théâtre ni la poésie Personnel-
lement j'éprouve une délectation
morose à relire Adolphe ou La Lettre
Rouge, ou certaines œuvres de M.
Marcel Proust; mais n admettre que
cette voie me paraîtrait terriblement
exclusif. Et en fin de compte, je crois
qu'au cinéma je préfère encore
l'œuvre lancée d'un élan : Pour sau-
ver sa race, Une aventure à New-
York, Fièvre. En un mot, je crois
qu'il y a une certaine antinomie
entre les deux objectifs que M. Eps-
tein assigne au cinéma, le mouve-
ment et l'analyse
J'ajoute que cette antinomie n'est
peut être qu'apparente et je serais
heureux qu'une œuvre réussie
m'obligeât à reconnaître mon erreur.
Enfin, je m écarte encore du subtil
cinégraphe quand il prétend sous-
traire l'écran aux lois communes de
l'art. Et je refuse d'admettre que le
tempérament du cinéaste, ou même
de l'opérateur doive s effacer devant
celui de l'appareil. Je suis persuadé
que deux films de G ri f fit h tournés
avec des appareils différents porte-
ront une marque commune bien plu-
tôt qu'un film de Griffith et un de
M. René Navarre tournés avec le
même appareil
L'équation personnelle s'affirme
même en science; les expériences
d'un Léon Foucault, d'un William
Crookes, d'un Fizeau, d'un Jean Per-
rin — je cite au hasard — ou encore
les explorations d'un Stanley, d'un
Brazza, d'un Nansen, sont choses si-
gnées aussi bien qu'un tableau de
Delacroix ou d'Ingres, qu'un film de
L'Herbier, de Delluc, de Fitzmaurice,
de Tourneur. En science comme en
art, la machine est un serviteur, et
les moyens d'action une fois assurés,
c'est l'homme qui compte.
Mais, j'ai tort de discuter ainsi les
solutions; il est excellent que là où
M. Epstein en voit une, j'en voie une
autre; il serait encore meilleur que
notre discussion en suggérât au lec-
teur une troisième. Ce qui est inté-
ressant, c'est de poser les problèmes
plus que de chercher â les résoudre :
Je connais, sur le cinéma, peu d'ou-
vrages qui en posent autant, de ma-
nière aussi pénétrante, aussi vivante
aussi philosophique que M. Jean
Epstein; et peut-être, après tout, au-
rait-il suffi dédire cela.
Lionel Landry.
Le snob est plus utile à la
m a
: civilisation quel' antisnob, \
m m
j que le critique qui, eau \
froide ou eau tiède, lance
m ■
■ sur les enthousiasmes la \
m ■
: douche de sa colère ou de
m m
de sa blague. M M M
Rémy de GOURMONT.
cinea
II
DERRIÈRE L'ÉCRAN
FRANCE M
La Compagnie Française des Films
Jupiter dont M. Manehez est le direc-
teur artistique a entrepris un très
beau film.
A Marseille, M. Guy du Fresnay,
metteur en scène de cette compagnie
tourne les extérieurs du scénario
qu'il a tiré de Margot, la nouvelle
de Musset. La reconstitution histo-
rique en est parfaite. Mlle Gina Pa-
lerme sera Margot. Nous y verrons
ausei Mme Jalabert et Miss Brown.
Les interprètes masculins sont
MM. Murray Goodwin, dans le rôle
de Pierrot, Martel et Genica Missirio
très impressionnant dans son rôle
d'officier de hussards.
*
La Société Française des Films Ar-
tistiques, 17, rue de Choiseul, conti-
nue avec succès le placement à l'étran-
ger des principaux films de sa
production.
Qu'on en juge ; elle a vendu :
Pour la Hollande : Le Dogue des
Baskerville, les Aventures de Sher-
lock Holmes, l'Eternel Féminin et
les Ailes s'ouvrent.
Pour l'Angleterre : Les ailes s'ou-
vrent.
Pour l'Espagne: Les Aventures de
Sherlock Holmes, L'Eternel Féminin,
Le Destin Rouge.
Pour la Suéde : L'Eternel Féminin.
Pour la Suède, la Norvège et le Da-
nemark : Visages voilés... Ames clo-
ses.
Pour la Pologne : Visages voilés...
Ames closes. Les ailes s'omirent,
L'Eternel Féminin.
Pour l'Amérique: Visages voilés...
Ames closes.
Pour le Japon : Visages voilés...
Ames closes.
... M. Feyaubois, 41, rue de Paris,
à Lille, est l'agent général pour la
région de Lille, de la Société Fran-
çaise des Films Artistiques, 17, rue
de Choiseul, Paris.
Aux studios Gaumont, M. Henry
Desfontaines ayant terminé Chichi-
nette et Cie, vient de commencer les
intérieurs du film qu'il a tiré de Son
Altesse, le roman de Delphi Fabrice.
Ce sera la suite de Chichinette et Cie
et les acteurs en sont les mêmes.
•
M. André Hugon va mettre en scène
Le Diamant noir, d'après le roman
de Jean Aicard. Les interprètes sont
MM. Armand Bernard et Henry
Krauss et Mme Claude Mérelle.
Léonce Perret vient de terminer
son film L'Ecugère.
On annonce que M. de Baroncelli
avant de tourner Le Fleuve va met-
tre en scène Roger-la-Honte.
Les Petits portraits, publiés sans
signature dans le numéro de Cinéa
du 2 décembre sont de M Jacques
Christiany.
Sir Ross Smith et Sir Keith Smith,
les héros du raid en avion, de Lon-
dres en Australie, sont arrivés à Ma-
drid il y a quelques jours. L'Ambas-
sadeur d'Angleterre et les notabilités
de la ville ont donné un grand ban-
quet en leur honneur, et le 10 décem-
bre, ils furent reçus par le Roi et la
Reine d'Espagne qui, comme tout le
monde le sait, portent un grand inté
ret à 1 aviation et à la cinématogra-
phie. Le Roi et la Reine ont assisté
à la première représentation du film
du Raid Aérien qui a obtenu un très
gros succès.
i c i n e a j
■ ■
■ ■
■ ■
: demande à MM. les !
■ * m
m m
m m
! Directeurs de Cinéma i
■ ■
■ ■
■ ■
! d'envoyer leur programme I
■ ■
■ ■
i dix jours d'avance à i
■ ■
■ ■
■ ■
■ ■
I c i n é a I
Pour donner une idée de L'intérêt
suscité parce film, il suffit de dire
que trois jours avant la première
représentation il y avait plus de huit
mille pesetas de location, c'est-à-dire
environ sei/.e mille francs.
Nous rappelons que c'est la Maison
Victor Marcel Productions, 82, rue
d'Amsterdam, qui a ajouté ce beau
film documentaire à sa série de Scott,
Armées combattantes et Shackleton.
ANGLETERRE M
Ainsi que je l'avais annoncé il y a
deux mois, MM. Bromhead Frères
sont devenus propriétaires de la Gau-
mont Co. Ltd. de Londres. M. A. C.
Bromhead est Directeur de la compa-
gnie depuis sa constitution en 1898.
La fille de Lord Birkenhead, Lord
Chancellor d Angleterre, tiendra un
rôle dans une nouvelle production
de la Hardy Film Co. Le dernier film
de cette compagnie The Scourge (Le
Châtiment) est à présent terminé.
Le suivant The Reaping d'après un
livre de Rafaël Sabatini, qui donnera
lieu à des reconstitutions de scènes
de la Révolution Française.
e
Dans la série « Tense moments with
greats authors » (Master Films Co's
productions) paraîtront des adapta-
tions de scènes tirées de Sapho, Les Mi-
sérables, Trilhg, Olivier Twist, The
Onlg Way, etc. Miss Sybil Thordike
tourne actuellement le rôle de Nancy
dans Olivier Twist.
•
La Bird Film Co., a présenté The
Woman in his House (la Femme
dans sa maison) dont la vedette est
Mildred Harris Chaplin. C'est là une
excellente production, une super-pro-
duction même, dirai-je. On ne pourra
lui reprocher qu'un scénario un peu
touftu, qui déroute par moment le
spectateur. Jeune fille, jeune femme,
jeune maman heureuse, puis meur-
trie, Mildred Harris conserve une
personnalité d'un charme bien dis-
tinct. Gracieuse, fine, fragile; visage
aux traits délicats exprimant, tout
12
cinea
en nuance, lessentiments et émotions
Les plus subtils; nous avons devant
nous un être précieux, auquel les
qualificatifs de joli, adorable, ne con-
viendraient pas; je dirai tout simple-
ment, féminin. Féminine, Mildred
Marris l'est, idéalement. La mise en
scène de John M. Stahl est luxueuse,
artiste, toujours d'un goût sûr. La
photographie est irréprochable: il y
a des effets de nuit, une tempête en
mer, entre autres scènes, qui sont
d'une réalisation parfaite. Je n'ou-
blierai pas de signaler un acteur de
trois ans, Richard Hedrick, délicieux
bambin susceptible d'éclipser, dans
un autre genre, la gloire de Jackie
Coogan; puis Gareth Hughes, qui
dans un rôle difforme nous donna
par instant, l'impression tragique,
horrible du Destin.
Il est fort probable que dès le dé-
but de la nouvelle année, Pathé Frè-
res Ltd., prendra rang parmi les pro-
dueers britanniques. Ce ne serait pas
là, d'ailleurs, la seule « suprise » que
nous amènerait Janvier 1922.
Le cinéma continue ses conquêtes.
Des représentations auront lieu régu-
lièrement, trois fois par semaine,
dans un temple anglican du Pays de
Galles. Ainsi viennent de le décider
ses pasteurs, en vue de combattre,
ont-ils dit, le goût pernicieux de leurs
administrés pour les films « sensa-
tionnels », modèle courant.
L'assemblée générale annuelle des
actionnaires de la Général Film Ren-
tingCo., a montré un déficit important
dans les affaires de cette Société, une
des plus grosses entreprises de
louage britanniques. Il est possible
qu'elle reprenne son activité l'année
prochaine, sous un autre nom, avec
une nouvelle direction.
Direct Film Traders Co., a présenté
Four men in a van (Quatre hommes
dans une roulotte) dont le producer
est M. Hugh Croise. Principaux inter-
prètes .-Johnny Butt.Manningrlaynes
Donald Farle, Gordon Hopkirk. Le
film a reçu en général un accueil
chaleureux. Je doute cependant qu'il
trouve un grand succès à l'étranger
à moins qu'il ne soit revu et raccour-
ci, surtout en ce qui concerne les
sous-titres. Ceux-ci, au nombre de
164, contiennent un humour. que seuls,
les anglais peuventpleinement appré-
cier: la principale difficulté sera de
les adapter au goût des spectateurs
étrangers éventuels. Il n'y a pas
d'histoire, simplement une succession
d'épisodes, dont certains sont amu-
sants, ayant pour but de nous mon-
trer les tribulations de quatre jeunes
gens partis en vacances dans une
roulotte. En résumé, un bon film an-
glais, pour l'Angleterre.
•
The old Witoes Taies (Conte de
vieilles Femmes) est une adaptation
un peu décousue du livre de Arnold
Bennett. Le film ayant voulu suivre
de très près cette adaptation contient
trop de choses, trop d'événements,
si bien que le sens général de l'œuvre:
la fugacité de la vie, échappe. L'inté-
rêt s'éparpille sur des scènes secon-
daires, qu'on tourna, d'ailleurs, sur-
tout à cette fin, telle celle qui nous
montre Mme Tamara Karsavina dan-
sant dans un restaurant à Paris.
Nombre d'invraisemblances dans
l'histoire surchargent par surcroit le
scénario: le départ d'un ballon cap-
tif, dans la nuit, de Paris assiégé (en
1870); l'héroïne échouant dans une
maison << privée » de la rue Bréda,
puis devenant propriétaired une pen-
sion bourgeoise delà rue Byron, où
parle plus grand des hasards, elle
est reconnue par un ami de son ne-
veu, etc. L'esprit reste désorienté, et
c'est dommage, car le film contient
de jolies et même de belles choses.
Des scènes prises sur le parvis de
Notre-Dame; au pont des Arts, ont
une valeur artistique et documentaire
indéniable. Parmi l'interprétation,
Miss Fay Compton est adorable de
blondeur et de grâce. Même sous ses
bandeaux blancs de vieille femme,
son visage reste émouvant. D'autres
rôles sont bien tenus par Florence
Turner, Mary Brough, Henri Victor,
etc. M. Denison Clift n'a pas eu tou-
jours la chance, travaillant pour
l'Idéal Co., d'avoir des scénarios où
il eut pu donner la mesure complète
de son talent.
A. F. Rose.
AMÉRIQUE ^
D'après notre confrère américain
F. I. S. le public croit, dur comme
fer :
Que toute étoile de Cinéma divorce
ou va divorcer.
Que les « vampires » font toujours
brûler de l'encens autour de leur
foyer.
Que les traîtres sont toujours d'ex-
cellents maris.
Que les jeunes premiers mènent
des existences en vue.
Que les baisers échangés sur
l'écran ne sont jamais véritables.
Que les directeurs déchirent tou-
jours le scénario avant de commen-
cer à tourner.
Que les éditeurs volent tous le»
bons sujets de scénarios qui leur
sont soumis.
Que les directeurs se servent tou-
jours du mégaphone, et que les opé-
rateurs portent toujours leur cas-
quette la visière en arrière.
Que les doublures accomplissent
toujours les tours difficiles, tandis
que l'étoile les regarde, confortable-
ment installée dans sa limousine.
Que les interviewers passent tou-
jours, en compagnie des étoiles,
d'agréables moments dont ils ne par-
lent pas dans leurs articles.
Que les photographies représen-
tant les étoiles à domicile sont tru-
quées et qu'on emprunte la maison
d'une autre personne pour les faire
poser devant la façade.
Que les baigneuses de Mack Sennett
ne savent pas nager.
Que les auteurs ne lisent jamais
les romans d'où ils tirent leurs scé-
narios.
Que les actrices se couchent a neuf
heures parce que les excès laissent
des traces.
Que les larmes sont toujours obte-
nues au moyen d'oignons ou de gly-
cérine.
Qu'une étoile ne peut circuler dans
la rue sans provoquer un rassemble-
ment.
Que les artistes se servent réelle-
ment des produits qu'elles recomman-
dent dans les annonces.
Que les étoiles n'ont jamais pro-
noncé les phrases queleur attribuent
les interviewers.
Qu'une étoile fait souvent boule-
verser tout un film s'il y a quelque
chose qui ne lui va pas ou une oc-
casion de se mettre en vue.
Que Griffith tourne ses films en
consultant des notes prises sur ses
manchettes et sans jamais se servir
de manuscrit.
cinea
13
Les Récentes Productions j
I :: GAUMONT :: j
■ ■
■ ■
Parisette.
Nous avons, dans notre dernier nu-
méro, annoncé le nouveau film de
M. Louis Feuillade en soulignant ses
qualités. Ciné-roman, il garde une
tenue dans ses imbroglios ; au drame,
s'ajoutent des notes discrètement
comiques. Mais ce qui donne surtout
à Parisette une originalité remar-
quable, c'est dans le premier épisode,
la scène de la prise de voile, au Car-
mel. Non seulement la situation de
Manoëla, la jeune fille désespérée, est
une des plus douloureuses que nous
connaissions à la scène et à l'écran,
mais encore la réalisation est, avec
la conception, de celles qui font hon-
neur à un artiste. Les quatre pre-
miers épisodes permettent donc de
s'attendre à une suite aussi intéres-
sante.
•
Sauvons le gosse.
La plupart des interprètes de ce
film sont des animaux. On peut
presque dire que c'est une raison
pour qu'il soit parfaitement joué.
C'est que les animateurs de ces sortes
de pièces savent admirablement uti-
liser les bêtes. Le sujet, au reste,
n'est qu'un prétexte à des scènes in-
terprétées par un singe, un chien, un
cheval, etc. Le chimpanzé, à qui un
Le Fils dt- Madame Sans-Gêne
bébé donne la réplique, est d'une ha-
bileté surprenante et l'a déjà prouvé
dans quelques comédies du même
genre.
•
Le Fils de Madame Sans-Gène.
M. Emile Moreau, l'un des auteurs
de Madame Sans-Gène (on sait que
l'autre est Victorien Sardou), a écrit
un roman dont on a tiré le film qui
vient de nous être présenté. Les Ita-
liens aiment illustrer à l'écran l'his-
toire et ce qui la côtoie plus ou moins
agréablement. Ils remuent des foules
avec harmonie, mais trop souvent ils
choisissent des scénarios qui néces-
sitent un texte copieux et leurs lu-
mières n'ont pas toujours l'éclat dé-
sirable. Le Fils de Madame Sans-
Gène est photographié beaucoup
mieux que certains autres de leurs
films et l'aventure que l'on y conte
est d'un sûr intérêt dans un cadre
mouvementé à souhait.
A la vérité, c'est la maréchale Le-
febvre qui joue le grand rôle. Nous
assistons, d'ailleurs, à sa première
entrevue avec le futur duc de Dant-
zig et à son existence de vivandière.
Un enfant lui vient et c'est Jean qui,
dès son adolescence, s'éprend, chez
Isabey, de Marie de Bonneval, fille
d'émigré fiancée à d'Abzac un cons-
pirateur. Suivent des difficultés di-
14
cinéa
verses Le maréchal, revenant blessé
de la guerre, voit son fils le voler. Une
scène terrible : la maréchale, elle,
protège toujours son iils .. Le père,
irrité, non encore guéri de sa bles-
sure, dit :« Je nie croyais un ancê-
tre; il est beau, mon descendant ! »
Le maréchal repart pour la guerre
et cette fois avec son tils. Jean, soldat,
est détourné de sa mission par la
rencontre de la femme qu'il aime.
Par sa faute, deux mille combattants
français vont mourir. Le père livre le
fils au conseil de guerre. Condamna-
tion à mort. Fuite du condamné grâce
à la mère. Enfin Jean accomplit un
acte courageux qui assure une nou-
velle victoire et, mourant, il est dé-
coré par l'empereur.
On voit que, sans stupéfiants coups
de théâtre, l'aventure se déroule con-
venablement et l'on peut ajouter que
Hespéria, belle, joue bien le rôle de
Madame Sans-Gène. Même, un peu
trop sobrement peut-être dans les
premières scènes, où elle pourrait se
livrer à des gestes plus vulgaires. 11
n'y a rien à critiquer dans la mise en
scène des combats, qui est importante
et bien réglée.
L. W.
l*e chevalier Errant.
D'où vient la supériorité marquée
que possèdent sur nous, pour tout ce
qui est reconstitution historique, les
cinéastes Scandinaves ? Peut-être y
a-t-il dans cette impression une part
d'illusion ; l'éloignement dans l'es-
pace facilite l'éloignement dans le
temps ; en regardant un acteur sué-
dois qui joue un rôle du xvne siècle,
nous ne remarquons pas tel ou tel
détail trahissant l'homme d'aujour-
d'hui, qui n'échapperait pas à un de
ses compatriotes et que nous note-
rions chez un acteur français. Mais
je crois aussi qu'il y a là-bas, entre
le passé et le présent, un écart moins
marqué que dans notre pajs, que le
recul est plus facile, plus spontané-
ment réalisable.
Dans un genre moins grave, moins
profond, moins émouvant, plus lé-
ger, ce film comporte une réalisation
aussi parfaite que le Trésor d'Ame.
Le souvenir de cette œuvre admira-
ble vient d'ailleurs à l'esprit quand
on revoitla délicieuse Mary Johnson,
si frêle, si juvénile, si fée, qu'on se
demande parfois si c'est une femme
de chair et d'os, ou quelque soeur de
Saskia qui serait descendue de son
cadre.
Axel Ringvall, lui, est bien en
chair, et la manière dont il absorbe
les chopes de bière exclut toute hy-
pothèse mystique ou poétique. Quant
à Gosta Ekman, il fera battre bien
des cœurs, et les hommes même com-
prendront que l'héroïne fasse des
sottises pour lui, car il est impossi-
ble de se figurer aventurier plus ga-
lant et chevaleresque. (A ce propos
le titre et le programme diffère : le
soi-disant comte était-il, en réalité,
un laquais ou un officier subalterne?
Il y a une nuance.)
Naturellement — on finit par trou-
ver cela tout naturel quand il s'agit
d'un film suédois — les paysages
sont remplis d'une exquise et bru-
meuse poésie, de grands champs de
blé ondulent au soleil; des troupeaux
de bœufs mugissants et de porcs
gras attestent la richesse du seigneur
Gripj. Kt ainsi se complète, s'encadre
un de ces livres d'images délicieux,
jeunes et naïfs, que les grands en-
fants rêveurs du Nord aiment à feuil-
leter, au coin de l'àtre où flambent
les grosses bûches, dans la nuit
joyeuse de Yule.
- •-- - Z ■£■'.. 3z%t
cinea
j LA SINCERITE
j DES PUBLICS \
m
On siffle dans des salles... A la
bonne heure! On lutte, on s'enthou-
siasme, on s'invective même les uns
les autres pendant ou après une pro-
jection. De telles manifestations heu-
reuses ne sont plus de mode au théâ-
tre et voilà encore, pour l'écran,
une supériorité.
Où recommencerait-on la bataille
d'IIernani, sinon à Lutetia ou à l'Ar-
tistic, ou au Colisée? Même les belles
audaces qui ravissent des specta-
teurs de théâtre n'effarouchent pas
le traditionnaliste qui s'endort ou
s'abstient, ou dit : «charmant », quand
il pense : « la barbe î »
A remarquer, en outre, que cer-
taines gens n'osent pas manifester
leur opinion, qui se le permettent au
cinéma. Tant mieux! Je vais citer
M. Henry Bordeaux. Vous permet-
tez ? Voici :
« Il y a quelque chose de changé,
et c'est le public. Allez, non pas aux
répétitions générales, mais aux re-
présentations ordinaires et vous en
ferez aussitôt la remarque. Tout un
lot de nouveaux riches, de petits
boutiquiers, d'entrepreneurs, de mar-
chands de légumes, d'épiciers, de
confiseurs, de parfumeurs, etc., etc.,
s'étale à l'orchestre et dans les loges.
C'est leur tour, pensent-ils. Je veux
bien. Mais il les faut éduquer. Le
goût ne se gagne pas aussi vite que
la fortune? »
Boni mais qui les éduquera? La
critique?
Or, ces mêmes messieurs et dames
qui avalent tout au théâtre et qui,
au cinéma, se croient plus capables
de discernement, émettent des avis,
en entendent d'autres, et voilà l'édu-
cation qui se forme..
On a donc sifflé dans certaines
salles, la Charrette fantôme qui fut
acclamée ailleurs. Un ami m'a dit :
«Quelle belle œuvre! » Une dame:
« Que je me suis ennuyée... c'est
idiot I » Une autre : « On m'a dit que
c'était ridicule. » Qui ? Des gens intel-
ligents ? Elle m'a répondu : « Je vous
assure que ce sont des gens chic. »
Qu'est-ce qu'elle entendait par là?
Au reste, aucun mépris ne doit
s'adresser à qui ne pense pas comme
nous.
J'ai donc répété à l'un des plus im-
portants directeurs de cinéma que
le film susdit avait été hué dans tel
établissement. Il m'a répondu : « Pas
possible! le public de cette maison
est cultivé ! » Qu'est-ce que ce Mon-
sieur aussi entendait par cultivé?
«chic » ou pas « chic»? Toutefois
il ajouta : « Le film aura sûrement
du succès dans des salles populaires.»
Un autre directeur (en disponibi-
lité provisoire) que je crois, lui, cul-
tivé ou plutôt, ce qui est plus clair,
assoiffé de culture, a payé sa place
dans une salle pour voir La Charrette
Fantôme qui. une fois projetée, sus-
cita îles ricanements des spectateurs.
11 se retourna vers eux et leur cria :
« Qu'est-ce qu'il vous faut ? Toujours
la même histoire? Toujours les
mêmes personnages? »
Il y a longtemps, au théâtre comme
ailleurs, qu'on a remarqué la sincé-
rité du public modeste. Il peut se
tromper, voire se laisser influencer:
il est sincère. Et qui donc peut pré-
voir ses avis? Les directeurs moins
que personne.
Des habitués leur expriment leurs
sentiments? Sans doute Maisd'autres
se contentent, mécontents, de se
déshabituer... de ne plus revenir.
Laissez-les donc siffler. Offrez-leur
de l'audacieux quand il s'en présente
(à condition que la fumisterie ne s'y
étale pas en dadaïsme forcené, — et
nous avons peu à craindre cette es-
pèce à l'écran, car elle coûterait cher
inutilement).
S'ils sifflent, croyez- vous, ils ne
reviendront pas. Erreur! Sils s'en-
nuient, ils finiront par vous être infi-
dèles; mais s'ils sont choqués par
des innovations, ils éprouveront
comme une satisfaction d'être éton-
nés, et puis ils discuteront chez eux
ou ailleurs, sur le film scandaleux.
D'où : propagande.
On disait tout à l'heure : « Il se
trompe, le public. » Son erreur sin-
cère se redressera d'elle-même. Dans
le Gosse, Charlie Chaplin est extrê-
mement douloureux à plus d'un mo-
ment : des spectateurs rient, ils rient
comme sur commande parce que,
dans leur esprit, cet artiste est co-
mique toujours. Ils comprendront la
prochaine fois, — car ils re verront
le Gosse, pour la plupart. Un bon
film revu dévoile des beautés nou-
velles et Ion commence à le savoir.
Parmi les gens qui jugent par eux-
mêmes, j'en noterai un : l'autre jour,
à Passy, où se donnait Amour de
Geisha, un des bons films de Sessue
Hayakawa. Un couple derrière moi.
L'homme, ne manquait pas de pré-
tentions dans ses trivialités verbales,
15
ne comprenait rien au scénario pour-
tant simple; sa femme était obligée
île lui fournir des explications! La
projection terminée, ce Monsieur,
cossu d'accoutrement, déclarait en
parlant du grand interprète japo-
nais : « Il fait trop de mai] nés. »
Ce vilain argot (il y eu a un beau)
dénotait peut-être déjà un manque
de goût et que l'homme, rehaussé
par une position sociale peut-être
soudaine, avait, par outrecuidance,
abandonné sa simplicité native. Les
femmes, en s'élevant, ont générale-
ment plus île modération, d'indépen-
dance et de sincérité
En Amérique, la richesse subite
est, depuis bien plus longtemps qu'en
Erance, fréquente, mais précisément
l'amour de la sincérité ne doit pas
s'y perdre aussi vite. Pays neuf?
Sans doute! Et qui...
Mais voilà une chronique qui a
dépassé déjà les limites qu'elle s'était
d'abord octroyées, et son auteur vous
en demande pardon, — sincèrement.
Lucien Waiil.
j SPECTACLES
?... .. :
Représentation de "La Flamme"
au Théâtre Albert I"
Un Justieier, pièce en trois actes
de M. Eaurè-Eremiet, est un drame
court, ramassé, saisissant, inspiré
par la guerre et montrant la réper-
cussion qu'exerce sur la vie de deux
êtres un de ces drames qui paraissent
normaux dans la tranchée II a été
bien joué sous l'énergique et habile
impulsion de M. Henry Duval.
De l'au tre pièce, Com me on s "ia nore,
l'auteur m'interdit de parler. Mais
j'en puis louer les interprètes, qui
sont excellents. M. Pierre Bayle, met-
teur en scène plein de vie, a bien
rendu le côté jeune, affectueux, non-
chalant, du caractère de Jacques.
M, Le Elon est un parfait gentil-
homme campagnard, plein de bonho-
mie sans vulgarité et de lourdeur
sympathique. Mlle de Gerlor a joué
avec autorité et distinction le rôle
complexe de Madeleine, tour à tour
décidée, subtile, émue; enfin Geor-
gette de Kerivoual a incarné le per-
sonnage d'Andrée, avec sa coquette-
rie naïve, sa charmante inconscience,
son égoïsme tendre et capricieux. La
musique de Robert Mon fort enve-
loppa d'une jolie atmosphère cham-
pêtre la lin du second acte.
Intérim.
16
cinea
: Les Présentations j
La Maison sans portes et
sans fenêtres.
Le Cabinet du Docteur Caligari
semblait une réaction contre le pom-
piérisme. La Maison sans portes et
sans fenêtres, moins esthétique,
mêle du romantisme facile à du sym-
bolisme hétéroclite et le cubisme n'y
est appliqué que pour deux ou trois
décors. Je crois — sait-on jamais ? —
que le postulat traité à la manière di-
recte apparaîtrait puéril et ridicule.
En le présentant sur le mode expres-
sionniste, on n'a peut-être pas évité
cet êcueil et, de telles répliques, on
dirait une imitation, parodique un
peu, d'Aglavaine et Seh/sette ou des
Aveugles. Le titre provient d'une
maison construite par un vieil être
fantastique, pour une femme vouée à
l'immobilité. Son mari veut un jour
l'empoisonner, elle s'en aperçoit à
temps, lui dit :« Va vers ta destinée»;
il'part, revient, elle meurt, ellel'aimait
il retourne à sa destinée qui s'appelle
Yalena et l'adore.
Au cours de ces péripéties, nous
avons vu, sur un toit d'édifice en cons-
truction, Yalena évoquer par ses
danses la fin de Byzance. Le plus
étranga des personnages s'appelle
Gaudéamus. Gandêamus donc, mais
pas trop. Le Cabinet du Doeteur Ca-
ligari se tient, dans sa bizarrerie.
Ici, un peu de décousu et aussi de la
lenteur avec des vues infiniment cu-
rieuses au surplus. Mais il ne faudrait
pas abuser...
La Mort du Soleil.
La sincérité de ce film est indubi-
table, aussi ne nous abandonnerons-
nous pas à une comparaison avec le
précédent, mais, si la mise en scène
où Mme Germaine Dulac a prodigué
de la joliesse avait été excentrique
et si le texte avait été nimbé de
mystère, nous aurions ressenti une
impression de la même espèce. C'est
que les personnages, d'abord pla-
cés dans une situation normale, agis-
sent en anormaux. On voit mal un
savant arracher et cacher un enfant
à sa mère pour le guérir de la tuber-
culose, même en des occurrences par-
ticulières. Toutefois, la fin est heu-
reuse pour ces gens naturels aux
actes fantastiques. Par une inadver-
tance à quoi l'on peut remédier.
M. André Legrand a utilisé trop le
mot « grand» (grande science, grande
consolation, grandes choses, grand'
chose, grande fête, grand vieillard,
etc., etc.)
Quand au docteur qui donne son
nom au sérum qu'il a inventé, on a
oublié qu'il y a des cachets « du doc-
teur Faivre ». Cela dit, soulignons la
grâce ingénieuse de la mise en scène,
et de la mise en images... des images
verbales, et rendons hommage à
M. André Nox, car nul comme lui ne
saurait exprimer ce rôle de savant
angoissé, ou désespéré, ou soucieux
de hauts devoirs; c'est une belle figure
de notre cinéma.
L'Agonie des Aigles.
Traduction, en film, des Demi-Sohle,
de M. Georges d Esparbès, par
M. Bernard Deschamps. Cette sucecs-
sion^de tableaux ne fera peut-être pas
surgir le frisson des enthousiasmes,
elle n'en est pas moins bien ordonnée
et la projection s'y continue sans
lasser. Le culte de l'empereur y est
célébré par des actions d'adorateurs
fanatiques. Ainsi plusieurs de ces
demi-solde provoquent en duel des
royalistes afin de les tuer. Peu après
le début, nous assistons aux adieux
de Fontainebleau, puis à la mort de
Napoléon. Une grande scène est celle
où le commandant Montander, un
des chefs de la conspiration pour le
rétablissement de l'empire, pénètre
une nuit dans les jardins de Schœn-
brunn où il rencontre le duc de
Reichstadt ; il lui conte les exploits
de la grande armée et les espoirs de
ses survivants. Les évocations guer-
rières sont réalisées fort intelligem-
ment. On doit encore louer, la mise
en scène des coulisses de l'Opéra et
d'une représentation au théâtre Ita-
lien.
L'Agonie des Aigles se termine par
la condamnation et l'exécution des
demi-solde, courageux et gardant
chacun sa personnalité au moment
d'être fusillés par la garde Suisse, à
défaut des soldats français qui n'ont
pas voulu se servir de leurs armes.
De l'allure, surtout dans le texte de
M. Georges d'Esparbès étincelant de
panache puisqu'on y lit, par exemple :
« Ouvrez toutes grandes les fenêtres
pour que puisse y entrer l'âme de la
France. » Séverin-Mars, en Napoléon
et en demi-solde, sera revu avec plai-
sir et regret. M, Desjardins est excel-
lent.
Sous le masque d'amour.
Géraldine Farrar et Montagu Love
dans des rôles où ils ne peuvent se
prouver étonnants. Il s'agit là d'une
femme, victime sentimentale d'un
aventurier, qui trouve le bonheur
quand même. Un enfant égaie ce film
ordinaire.
•
Le Sacrifice de Sato.
Sato, c'est Sessue Hayakawa. Il a
rencontré de meilleurs rôles et des
scénarios moins banaux, mais un tel
acteur n'ennuie jamais.
•
Les Rapaces.
11 s'agit d un groupe qui, sous un
masque dévot, abrite une répugnante
cupidité et précédé par un financier
digne de lui. Parr (tel est le nom de
ce monsieur) brise un couple honnête
qui lui avait donné sa confiance,
laisse partir son fils qu'il a cruelle-
ment séparé de sa fiancée. Il est, en
affaires, pareil aux hommes des Ven-
tres dorés, de M Emile Fabre.il res-
semble, un autre moment, au père
Duvalen face de Marguerite Gauthier
et, à des occasions diverses, rappelle
les mauvais riches de Charité, de
Griffith. Un bon pasteur, qu'il a cir-
convenu, connaît un jour la vérité et
crache son mépris à ses paroissiens,
les hypocrites, les rapaces. Le vilain
personnage est blessé par une de ses
victimes et meurt, entouré des bra-
ves gens retrouvés, en leur deman-
dant pardon pour lui et les gens de
la même farine, « car ils ne savent ce
qu'ils font. »
•
La Jolie Infirmière.
Mary Miles, duchesse cette fois,
devient par charité, infirmière et,
soignant un député travailliste, se
fait passer pour la fille d'un gargo-
tier. Ainsi elle va éprouver l'amour
du parlementaire. Des complications
couleur tendre agrémentent cette his-
toriette qui est à la fois artificielle et
délicieuse. La vision d'un tel film
avant le sommeil doit inspirer de
jolis rêves.
Lucien Wahl.
: V :
... il n'est pas mauvais, et ;
m ■
: c'est, après tout, un signe :
;
de supériorité, d'être cré-
i
dule au génie, au talent,
à Y effort loyal et désinté-
• s
ressé. ^ ^ ^
: •
Rémy de GOURMONT. ■
Cinéa. Fmiilateors : Lonis hl l.l.i i cl A. Uni \l\\ni I
Cinéa. Envoyez Irtiic-
nianilats. aljomieiiii'iits ;i I s lil.l l.li . I
Les Pages
de ma Vie
par
Fédor Chaliapine
J'avais un ami qui jouait des petits
rôles dans un théâtre d'été. Il avait
à peine 17 ans, il s'appelait Kamensky.
Un jour il me dit :
— Tu peux avoir chez nous une
excellente occasion de t'essayer au
théâtre. Notre directeur est très sé-
vère, mais plein de bienveillance
pour les jeunes. Va le voir.
— Mais je ne saurai pas jouer...
— Cela ne fait rien T Essaie tou-
jours! On te donnera peut-être un
petit rôle de quelques lignes.
Je me présentai chez le directeur
et il me donna immédiatement le
rôle du gendarme dans une pièce
intitulée : Le gendarme Roger. Dans
cette pièce figurent des voleurs et
des vagabonds qui inventent chaque
fois de nouveaux tours d'adresse,
tandis que le gendarme Roger essaye
en vain de les capturer. C'est juste-
ment ce gendarme maladroit que je
devais personnifier. Lorsque je fus
capable de comprendre tout le degré
de responsabilité qui m'incombait
ainsi, une sensation de joie presque
religieuse, une sorte d'enthousiasme
frénétique m'envahit entièrement.
Les répétitions commençaient à onze
heures du matin, et moi, je devais
être à mon bureau à cette heure-ci.
Comment faire ? Naturellement, je
commençai à éprouver les migraines
les plus atroces. Je prenais l'air d'un
homme qui ne peut plus lutter contre
la douleur, et je m'adressai au chef
comptable :
— Fedor Michaïlovitch, je vous en
supplie, permettez-moi de rentrer
chez moi, j'ai un mal de tête terrible
Le chef comptable, un homme sé-
vère et silencieux, me regardait sans
rien dire pendant quelques secondes,
puis comme s'il m'avait écrasé par
son regard, me disait brièvement :
— Va-t-en
Je me dirigeais vers la sortie, com-
prenant bien qu'il ne me croyait pas,
mais, à tout hasard, ne cessant pas
de me frotter le front et ralentissant
le pas afin de donner l'impression de
quelqu'un qui ne tient plus debout.
Afin qu'on ne puisse pas voir des
fenêtres de l'Ouprava dans quelle
direction je m'en allais, je me faisais
tout petit, en me pliant presque en
deux en passant devant l'édifice mu-
nicipal.
Dans le Jardin d'Eté régnait la joie
et la gaieté. Des arbres en verdure,
des oiseaux qui sautillent. Dans les
allées, des charmantes comédiennes
se promenant à pas lents comme des
reines, en riant et en plaisantant.
Je connaissais déjà personnellement
quelques-unes d'elles et même je leur
copiais des rôles, ce qui m'emplis-
sait d'un orgueil indescriptible.
J'étais d'une timidité extrême, pres-
que maladive, mais pourtant aux
répétitions, entouré des gens que je
connaissais derrière le rideau baissé,
j'arrivais à comprendre ce qu'on
exigeait de moi, et je n'étais pas
entièrement incapable de suivre les
indications du metteur en scène.
Enfin, la fameuse soirée si longue-
ment attendue, arriva. Je vins au
théâtre le premier, avant tout le
monde. Je passai dans ma loge, un
costume de gendarme m'y attendait:
une tunique verte et rouge et un pan-
talon blanc. Je mis très peu de temps
pour m'habiller et je passai au ma-
quillage : comme je ne m'y connais-
sais pas du tout, j'essayai un peu de
toutes les couleurs afin d'avoir plus
de variété dans les nuances. Après
tout, je n'étais pas content de moi-
même. Mon cœur battait trop fort.
Les jambes ne m'obéissaient pas.
La représentation commença. Je
ne peux pas exprimer ce que je res-
sentais durant cette soirée. Je me
souviens seulement que ce ne fut
qu'une longue suite de sensations
désagréables et douloureuses. C'était
comme si on m'arrachait le cœur
pour le piétiner ensuite, le réduire
en poussière Je me rappelle qu'on
ouvrit une porte dans les coulisses
et qu'on me poussa sur la scène. Je
comprenais parfaitement qu'il fallait
parler, faire des gestes, se mouvoir.
Mais il me fut absolument impos-
sible de faire le moindre mouvement,
de prononcer une seule syllabe. Mes
pieds s'enfoncèrent comme des raci-
nes dans le tapis, les bras se collè-
rent au corps, la langue devenue
brusquement énorme remplit toute
ma bouche et ne m'obéissait plus.
Je restais- immobile comme une sta-
tue de marbre, mais j'entendais les
voix furieuses qui venaient des cou-
lisses :
— Mais parle donc... parle donc!...
— Veux-tu bouger, enfin...
— Flanquez-lui un bon coup dans
la g. . . !
Tout se mit à danser devant moi.
Un gouffre immense était tout rem-
pli des rires multiples et sonores, la
scène oscillait. J'avais la sensation
de mourir lentement, de disparaître
dans le néant.
(A suivre)
L. Valter, trad.
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\ Sous toutes réserves I
L'enquête à laquelle a donné lieu
l'attaque du courrier de Medenine a
révélé que, depuis quelque temps,
de.s forains circulent dans les oasis
sahariens, projetant des films qui
représentent des attentats, notam-
ment des vieux films de Rio Jim.
Ainsi s'explique que des populations
naturellement laborieuses et paisi-
bles se soient trouvées amenées à
voler sur les grands chemins.
Par contre, à Dunkerque, depuis
que M. le Maire a pris des mesures
pour éviter la « provocation aucrime
par l'affiche de cinéma » la paix rè-
gne, et il se passe souvent une jour-
née entière sans qu'aucun tramway
soit assailli et dévalisé par des ban-
dits armés.
Notre spirituel confrère le Cri de
Paris vient d'ouvrir une rubrique
cinématique où sont développés des
aperçus ingénieux et nouveaux. Dans
un précédent numéro, l'auteur indi-
quait comment, en voyant Les Trois
Mousquetaires, il avait été très
frappé des progrés réalisés par l'art
muet; dans le dernier paru, il cite,
comme caractéristique de l'état d'es-
prit des auteurs américains, un film
de Maurice Tourneur, mais auquel il
attribue le titre d'une œuvre de
D. W. Griffith. Ces critiques, déga-
gées comme on voit des préjugés
d'école, ont une saveur fraîche et
naïve tout à fait plaisante, et nous
attendons la suite avec intérêt.
•
Les amateurs d'émotions fortes ont
pu ou pourront sous peu voir enter-
rer — évidemment vivantes, puis-
qu'aucun communiqué ne nous a an-
noncé leur mort — Mlle Iribe dans
l'Atlantide, Mlle Musidora dans Pour
Don Carlos, et Mlle Kovanko dans
Les Contes des Mille et Une Nuits.
Cette dernière sera déterrée ensuite
sous les yeux du spectateur ; peut-
être eût-il été bon, afin de rassurer
les âmes tendres, d'en faire autant
pour les deux autres jeunes artistes.
On nous a affirmé que la Société
pour le développement de la Créma-
tion comptait utiliser ces films pour
sa propagande. Mais certains des di-
rigeants de ce groupement estiment
qu'un procès actuellement en cours
lui impose, au moins pendant quelque
temps, la plus grande réserve.
Mlle Lili Samuel nous prie de dé-
mentir l'information d'après laquelle
elle tournerait prochainement le rôle
de la princesse de Cléves, dans un
film portant ce titre, sous la direc-
tion de M. Champavert.
Voilà qui est fait.
On assure que l'ameublement
étrange, éclairé par une minuterie
singulière, qui figure, au Salon d'Au-
tomne, dans le stand d'une maison
connue, est destiné à constituer l'un
des décors d'un film qui sera tourné
prochainement sur le Jardin des
Supplices, d'Octave Mirbeau. Seules,
des difficultés diplomatiques soule-
vées par le Céleste Empire en retar-
dent l'exécution. La question serait
une de celles que M. Briand est allé
traiter à Washington en connexion
avec le statut de la Chine.
La biographie détaillée de Landru,
que se dispose à publier M. René Ba-
zin et dont on vient de nous commu-
niquer les bonnes feuilles, nous ap-
prend que le sinistre locataire de
Gambais n'aimait pas le cinéma. Il
paraît toutefois que, pendant son
emprisonnement, il a exprimé le re-
gret de ne pouvoir aller contempler
un film intitulé Les voleurs de fem-
mes. Peut-être comptait-il y trouver
des arguments pour sa défense ? Ou
bien faut-il supposer, comme on avait
l'air de le dire l'autre jour au Gau-
mont, que toute cette histoire serait
un vaste film à épisodes, lancé selon
une méthode en vérité inédite et dont
l'auteur — en même temps que l'in-
terprète du double rôle principal,
serait M. Tristan Bernard ?
Une importante maison d'édition a
eu une idée ingénieuse et touchante
Dans la jolie salle consacrée à ses
présentations, elle a réservé un cer-
tain nombre de sièges et de tables
sur lesquels sont inscrits les noms
des directeurs de cinémas, auteurs,
journalistes et interprètes morts au
champ d'honneur ou simplement à
la peine. Ces places restent toujours
vides, en apparence, du moins,
car il est probable qu'avec un bon
éclairage on pourrait y voir — en
surimpression — les corps astraux
des disparus, hantant le théâtre de
leurs anciennes activités.
Fondu-Enchaîné.
■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■a
REPONSES
A QUELQUES LETTRES
Louis B. Ecrivez : Maria |acobini,
Itala-Film, Ponte Trombetta, Torino
(Italia).
!.. Aimand. I.a distribution de Calv-
gari a plusieurs fuis déjà été donnée
Uni, Werner Krauss, que vous reverrez
dans d'autres films le jour ou Ion pourra
voir librement des films allemands.
Un Pilier de Ciné. — Le jour ou nous
aurons tous documents nous en parlerons.
Nous pensons d'ailleurs écrire là-dessus
un article très long et très documente.
Je suis de votre avis.
Je ne pense pas qu'on puisse le revoir
en France.
Je suis certain que ce rôle n'était pas
tenu parOwen Moore mais bien par Albert
Roscoë. Ces deux artistes sont maries. Lui
a environ quarante ans et son épouse
trente ans.
Il y a cinéma et photographie évidem-
ment.
Charles O. — Je n'ai pas vu ce film,
mais je puis vous indiquer Houdini sans
vous apprendre ses procédés, qui sont
d'ailleurs, j'imagine, son secret. Ecrivez a
cet artiste, 7, rue de Berne.
Solbakken. — Lars Hanson, Care of
Svensk-Film Industrie. Stockholm. Karin
Molander 99, Birgerjarlsgatan, Stockholm.
Tora Teje avait interprété un rôle dans le
Monastère de Sendomir.
Son adresse : Care of Svensk-Film
Industri, 19, Kun^'sgatan. Stockholm.
Reginalu. — Griffith a commencé Les
deux Orphelines, son opérateur s'appelle
VV. Bitzer.
La distribution de ce film comprend :
Lilian Gish (Henriette), Dorothy Gish
(Louise), Creighton Haie (Picard).
Lucii.e Pedro. — Marcel l'Herbier doit
être revenu ou va incessamment revenir
d'Espagne. Ecrivez-lui aux studios Gau-
mont, ,3, rue de la Villette.
Marcelle Pradot dans ce rôle.
Hermann. — Asta Nielsen vient de ter-
miner un film d'après la pièce de Strindberg
Mademoiselle Julie, intitulé Comtesse Julie.
Elle tourne pour la Transocean-Film. Son
adresse : Art-Film 72-74, Zimmerstrasse,
Berlin S. W. 68.
Rigolo. — Fatty de son nom véritable
Roscoë Arbuckle. dit Fatty a cause de sa
corpulence. Fatty cuisinier.
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une nuits, 2- chapitre. — Chichinette et cie. — Les Irois
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L'Orpheline, 12e épisode, lin.
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environs. — Reine-Lumière, 5- épisode. — Mabel et
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2- chapitre. - L'assommoir, première époque.
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chapitre. — Les trois mousquetaires, 11- épisode.
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imis mousquetaires, 12* épisode, lin. —L'Assommoir,
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sode. — Reine-Lumière, 5e épisode. — Les contes des
mille el une nuits, premier chapitre.
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mieux. - Les trois mousquetaires, il* épisode. —
Les contes des mille et une nuits. — Jeu mortel.
15' Arrondissement
Grenelle, 122, rue du Théâtre. — Oui. mais Lui...
corsette mieux. — Les trois mousquetaires, 11- épisode.
— Reine-Lumière, :>• épisode. — Les contes des mille et
une nuits, premier chapitre.
Grenelle-Aubert-Palace, 141, avenue Emile-
Zola (36 et 42, rue du Commerce). — Les contes des
mille et une nuits, premier chapitre. — Les trois mous-
quetaires, 11- épisode. — Par l'entrée de service.
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Mozart- Palace, 49, 51, iue d'Auteuil. — Pro-
gramme du vendredi 30 décembre 1921 au lundi 2 janvier
1922. -- Reine-Lumière, 5- épisode. — Les contes
des mille el une nuits, 2- chapitre. — Héliotrope. — Pro-
gramme du mardi :i au jeudi 5 janvier. — Les grandes
chasses, 3 partie. — Chariot ne s'en fait pas. — Les
trois mousquetaires, 12e et dernier épisode. — La Petite
Fadelle.
Le Régent, 22, rue de Passy. - Auteuil 13-40. —
Les aventures de Sherlock Holmes.— Soirée de réveillon.
— Héliotrope. — Picratl cerveau brûlé.
Théâtre des Etats-Unis, >6 bis, avenue Mala-
koif — Le sacrifice de Rio- Jim. L'Orpheline, il- épi-
sode. — Le Père Goriot.— ZigotO maître d'hôtel. — Les
aventures de Sheilok Holmes.
17- Arrondissement
Ternes-Cinéma, 5, avenue des Ternes. — Wagram
02-10. — L'Orpheline, 12- épisode. - Chichinette el Cie.
L'Assommoir, première époque.
Cinéma Demours, 7, rue Deinours. — Reine-
Lumière, >■ épisode. — Les grandes chasses de la Faune
africaine, 4- partie. — Son orgueil. — Impossible rupture.
Villiers Cinéma, 21, rue Legendre. — Fridolin
Shérif par intérim. — Les grandes chasses de la faune
africaine. — L'Orpheline, II- épisode.— L'enlèvement
de liob. — L'Ile sans nom.
18" Arrondissement
Théâtre Montmartre, Cinéma Music-Hall,
place Dancourt et rue d'Orsel, 43. — Nord 49-24. —
Le ivre Goriot. — Dudule, l'âne et l'hercule. — La
vallée de wildenstein. — L'Orpheline, 12' épisode.
Palais Rochechouart, 56, boulevard Roche-
chouart. — Une drôle de maison. — Les contes des
mille et nue nuits. 2- chapitre. — Les Irois mousquetai-
ies, 12- épisode, lin — L'Assommoir, première époque.
Barbes-Palace, i boulevard Barbés. Nord 35-68.
L'Assommoir, première époque. — Les trois mousquetai-
res. 12- épisode, lin. — L'Orpheline, 12' épisode, lin.
Marcadet-Cinéma-Palace, no, rue Marcadet
(angle rue du Mont-Cenis). — Marcadet 29-81. —
L'Assommoir, première époque. — L'Orpheline, 12- épi-
sode, lin. — Les trois mousquetaires, 12- épisode, lin.
19e Arrondissement
Secretan, 7 avenue Pecrétan — Le li-lils a sa
mémère. — Les trois mousquetaires, 12e épisode. —
Reine-Lumière. 5" épisode. — Les contes des mille fl
une nuits. 2. chapitre.
20° Arrondissement
Paradis Aubert-Palace. 42, tue de Belleville.
Un drame d amour. — Les trois mousquetaires. Il- épi-
sode. — L'Assommoir, première époque.
Banlieue
Clichy. — Le li-lils à sa mémère. — Les trois mous-
quetaires. 12' épisode. — Heine-Lumière. J- épisode. —
Les coules des mille el une nuits. 2- chapitre.
Levallots. — Beaucitron artiste peintre — Les trois
mousquetaires, lo- épisode. — Pervenche. — Sa dernière
mission.
Bagnolet. - Le li-lils a sa mémère. — Les trois
mousquetaires, 12e épisode, lin.— Reine-Lumière. 5- épi-
sode. Les contes des mille el une nuits, ï- chapitre.
Vanves. — oui, mais Lui... corsette mieux. — Les
Irois mousquetaires, il- épisode. — Les coules des mille
el une nuits, premier chapitre. — Jeu mortel.
Montrouge. — L'Été dans le Nord. — Reine-Lu-
mière, 5* épisode. — L'infernal.— .Mabel el PattJ se
marient. — L'occasion.
Étude de M' COROT. Nctaire à Sens Yonne
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par Mille de dissolution amiable d'association en
l'Etude el parle ministère de M-COHOT. Notaire
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S adresser pour visiter sur place à la Direction.
et pour tous renseignements, a Me Coiot. Notaire.
cinéa
! MM FILMS D'AUJOURD'HUI MM
Les quatre plumes.
Vraiment, ce que les cinéastes sa-
vent le mieux, c'est leur commence-
ment: que de beaux débuts, analogues
à ces brillants débuts de symphonies
classiques que gâte parfois la pau-
vreté des développements subsé
quents ! J'avais bien auguré de l'expo-
sition de ce film dont le sujet parais-
sait original. Suivre la naissance,
les progrès de la sensation de peur
dans l'âme d'un enfant, puis d'un
jeune homme; montrer — évidem-
ment,nous savions qu'on en viendrait
là — comment il arrive à surmonter
cette sensation, c'était là une idée
intéressante et nouvelle.
Malheureusement, l'auteur — du
roman peut-être, du scénario en tout
cas -- n'a pas suffisamment fouillé
la psychologie de son œuvre; il n'a
pas nettement distingué ce que l'on
peut appeler la couardise morale et
la couardise physique ; l'une qui fait
que l'on se tient délibérément à l'écart
du danger, l'autre qui fait que le
danger actuel paralyse et terrifie.
(Un roman de Conrad (Lord Jim)
contient une belle étude de couardise
physique; un homme à l'âme fière,
vaillante, ambitieuse, commet, en
un moment fatal, sous la pression
de circonstances très dures, une lâ-
cheté destinée à peser sur toute sa
vie).
Le personnage de Harry Fevers-
ham, le héros du film, est flottant.
Enfant, ses terreurs sont d'ordre
physique ; il essaie de les surmonter.
Jeune homme, on ne voit pas qu'il
ait peur, à proprement parler; ce
qui l'engage à donner sa démission
au moment où son régiment va par
tir en campagne, c'est tout autant
l'amour de sa fiancée, de son confor-
table, que le désir d'éviter le péril.
Et lorsque ses amis et la jeune fille
lui ont donné les plumes blanches
(qui en Angleterre symbolisent la
lâcheté et en France l'héroïsme) lors-
que, honteux de sa faiblesse, il décide
de partir, s'expose aux pires dan-
gers, on ne voit pas que ces dangers
le troublent. L'intérêt psychologique
disparaît ; le film devient une his-
toire d'aventures, supérieure à d'au-
tres seulement parce qu'elle est amu-
sante et bien présentée.
Une grande partie de l'action se
passe en « Orient ». L' « Orient » est
quelque chose de vague : c'est le pays
où habitent les « Teurs », un vaste
pays qui va du Maroc au Turkestan,
cinea
et qui est peuplé de mokhazni prêtés,
pour la circonstance, par le bureau
arabe, et d'Ouled Nayl louées à la
journée. Un jour le public deviendra
exigeant, tiendra à ce qu'on marque
un peu les nuances entre l'Egypte et
l'Algérie, entre Tourfan et Agadir;
pour le moment, il n'y songe guère;
tout au plus commence-t-il à trouver
un peu monotone ce cadre dont on
ne se préoccupe pas de varier les
aspects. (Cette observation ne s'ap-
plique pas au film de M. Tourjanski,
dont on donne, cette semaine, le
deuxième épisode).
Mlle Mary Massart — qui, si je ne
me trompe, est française — est belle
et joue bien. Ses camarades anglais
sont bons également, un peu froids
peut-être; Henry Vibart possède exac-
tement le physique qu'on se plaît à
attribuer aux officiers qui ont illustré
ce nom dans l'Inde, et se trouve par
conséquent tout à fait qualifié pour
jouer le rôle du général Feversham.
•
Une femme sans importance.
Tiré d'une œuvre d'Oscar Wilde,
ce film se passe dans cette haute so-
ciété anglaise dont le poète du De
P rofundis aimait à montrer les tares;
mais il ne reste plus grand'chose du
ton cynique qu'il affectionnait. La
mise à l'écran fait bien ressortir la
maigreur habituelle des données de
Wilde, et chose curieuse, la satire de
mœurs mondaines disparait pour
faire place à un mélodrame senti-
mental. On s'embrasse beaucoup dans
ce film: mère, fils, fiancée, échangent
entre les sous-titres des baisers atten-
dris qui eussent étonné l'auteur de
Salomê. (Peut-être est-ce pour cela
que 1 importateur français a négligé
de mentionner son nom). Un mot de
bon sens, repose (je n'ai pas vérifié
de qui il était) : lorsque la mère, irri-
tée de voir que son fils se dispose à
suivre Lord Illingworth, lui déclare
que cet homme est un misérable,
qu'il a séduit et trompé une jeune
fille (c'est elle), il répond avec calme :
« Mais il y a peut-être aussi de la
faute de la jeune fille. »
La photographie est bonne, sans
donner le choc de l'inattendu, et d'une
interprétation dans 1 ensemble satis-
faisante se détache la figure drama-
tique, décorative, émouvante, de Fay
Compton.
Envoûtée.
Jolie légende écossaise, dans une
atmosphère assez topique et où on
a le plaisir de retrouver la charmante
Peggy Hyland.
Les Contes des Mille et une
Nuits (suite).
L'idée de la Ville Pétrifiée est ex-
trêmement ingénieuse et cinéma-
tique ; elle offre, artistiquement, un
grave inconvénient; c'est que le pu-
blic est tellement préoccupé de sui-
vre la réalisation, d'observer tous les
personnages pour vérifier si aucun
d'eux ne bouge, si aucun sourcil ne
se fronce, si aucune poitrine ne se
soulève, qu'il perd de vue l'histoire
elle-même et cesse momentanément
de s'y intéresser. C'est le danger qui
menace toutes les œuvres de tech-
nicité difficile, et des exemples ana-
logues pourraient être indiqués en
musique (par exemple les étonnants
contrepoints du troisième acte de
Tristan et Ysolde, ou les effets de bat-
terie de Daphnie et Chloê.
Lionel Landry.
cinea
Pcitt-oii imaginer plus gracieuse mascotte pour placer
sur le capot d'une automobile, que cette SUNSHINE GIRL ?
cinéa
0
"DERRIÈRE L'ÉCRAN
FRANCE M
Tout Marseille s'émeut à voir
chaque matin l'auto emporter Guy
du Fresnayetles interprètes de Mar-
got en costumes rétrospectifs: Gina
Païenne, pastel charmant aux robes
amples; Murray Godwyn, amoureux
romantique et distingué ; Genica Mis-
sirio, hussard aux favoris sensation-
nels, à l'uniforme ultra-collant et
suggestif.
•
Louis Feuillade est arrivé à Nice et
s'active aux studios Gaumont. Pari-
sette est en bonne santé.
La Société Française des Films
Artistiques, 17, rue de Choiseul a
l'exclusivité pour le monde entier du
film de M. Roger de Chateleux: Les
Naufragés iln Sort, et a seule qua-
lité pour la répartition des droits
d'exclusivité pour 1 étranger.
clnéa
Les Films Jupiter et les Films Artis-
tiques sont définitivement unis. Espé-
rons beaucoup de jeune vie et de
mouvement de cette liaison sympa-
thique.
•
Navarre tourne un scénario de Va-
lentin Mandelstamm qui collabore,
dit-on, à la mise en scène.
•
On a remarqué les belles affiches
composées par Bécan pour Le Lys
de la vie, Fièvre, Rio Jim, Les ailes
s'ouvrent, etc. L intérêt de ces belles
et amples images a frappé le public. Il
ne reste plus qu'à décider la majorité
des loueurs et éditeurs à suivre cet
exemple et à nous donner plus sou-
vent des affiches dignes de nous.
Le Comptoir Cinématographique
de l'Ouest, 6, Petite rue Emile Sou-
vestre, à Nantes, devient l'agence gé-
nérale de la Société Française des
Films Artistiques, 17, rue de Choiseul
pour la région de l'Ouest.
•
Léon Poirier continue aux studios
Gaumont son Jocelyn commencé dans
le Midi. La fameuse grotte sera un
curieux décor où s'abritera le couple
légendaire : Jocelyn (Tallier) et Lau-
rence (Myrga).
•
M. H. Diamant-Berger commence
un film intitulé le Mauvais Garçon.
L'interprétation de ce scénario est
particulièrement brillante;
Maurice Chevalier, dont ce sera les
débuts au cinéma, Pierre de Guin-
gand, Joffre, Martinelli, Pré fils et
Stacquetdu côté hommes, Mme Marg.
Moreno, Denise Legeay, Mlle Gué-
reau et, dit-on, Nina Myral.
On annonce — pas officiellement —
que M. Feyder,le metteur en scène de
l'Atlantide, entreprendrait prochai-
nement une série de trois grands
films, avec, comme vedette un des
principaux interprètes de L'Atlan-
tide.
•
Mat hiasSandorf 'remporte partout
un succès qui réhabilite le genre dé-
crié du ciné-roman, et nous nous en
réjouissons, mais nous persistons à
nous étonner de voir sacrifier com-
plètement dans la publicité des ar-
tistes delà valeur de Modot et de Ver-
moyal, dont le talent égal, n'est-ce
pas ? celui des protagonistes.
La province a plus d'un directeur
intelligent. Signalons et félicitons
celui du Novelty de Nice qui a le goût
de mettre au même programme Le
Lys de la vie, le splendide film lyri-
que de Loïc Fuller et Gaby Sorère, et
Une Fleur dans les ruines, où D. W.
Griffith a mis de si belles pages d'émo-
tion.
•
Le Majestic-Cinéma de Nîmes, où
les frères Eywerie imposent à un pu-
blic peu à peu éduqué les spectacles
décran les plus originaux, a joué
avec succès La Princesse des huîtres,
ce curieux film allemand dont la dé-
coration et le rythme sont d'un haut
intérêt.
•
Notre confrère, Le Courrier Ciné-
matographique, relève que l'auteur
de la campagne menée à Dunkerque
contre le cinéma est un mastroquet,
furieux sans doute de voir déserter
son assommoir.
La Mutuelle du Cinéma.
Nous apprenons la fondation défi-
nitive de la Société de Secours Mu-
tuels « La Mutuelle du Cinéma », au-
torisée par décision ministérielle du
18 juin 1921, sous le numéro 2977.
La deuxième réunion constitutive
a eu lieu le 17 décembre 1921, sous la
présidence de M. Mirouel, membre du
Conseil Supérieur de la Mutualité.
Les Statuts ont été approuvés, avec
quelques modifications de détail.
Au cours de cette réunion, le Bu-
reau a été définitivement constitué
comme suit :
Président: E. Boutillon, directeur
de Cinéma;
Vice-Présidents: MM. Zigler; admi-
nistrateur de Cinéma, Pouctal, met-
teur en scène ;C. Démolie, représen-
tant; L.Conore, opérateur-projection-
niste ;
Secrétaire général: M. G.'M. Cois-
sac, Presse Cinématographique:
Secrétaire-adjoint: M. Baubault,
opérateur;
Trésorier: M. J. Mariani ;
Trésorier adjoint: Mme Marcelle
Montrouge, représentant.
Administrateurs: MM. G. Lion,
J Schmitdt, Stein, représentants;
M. Richmann, opérateur de prise de
vues : F. Lefebvre, G. Benoist, régis-
seurs; Mme Pognard, MM L. Brézil-
lon, Jallon, Mazella, Affre.G. Parisot,
directeurs de Cinémas.
ANGLETERRE M
Il semblerait , d'après certaines
conversations particulières, que la
Stoll Film Co, limiterait son activité
productrice, pour une période encore
indéterminée, mais qui s'étendrait
au moins jusqu'en mars ou avril pro-
chain. Durant l'hiver, on Détournera
dans les studios de Criklewood que
les Aventures de Sherlock Holmes.
Le septième épisode de la série, que
met en scène M. G. Ridgewell, est à
présent terminé. Parmi les autres
producers de la compagnie, M. Mau-
rice Elvey, à l'instar de M. Denison
Clift, constituerait sa propre firme.
Madge Stuart, sa femme, serait, il va
sans dire, l'étoile de ses nouvelles
productions.
La George Clarck Co, inscrit un
succès à son actif. M. Guy Newall a
cédé les droits de son dernier film
Le Bigame pour l'Amérique, à la
Robertson-Cole Co. Le contrat com-
porte une avance en garantie de
56.000 dollars. Le film sera présenté
dans le courant de ce mois au Central
Théâtre de New-York.
Walter Forde, vedette des films de
la Zodiac Films Convient de prendre
une assurance sur la vie de £ 25.000
(soit au cours actuel du change en-
viron 1.200.000 francs). La Zodiac
Films Co, qui le découvrit, vise à l'éta-
blir comme le Charlie Chaplin bri-
tannique. Bien que dans son jeu, il
soit parfois hanté par ce maître, ses
deux premiers films sont de bonnes
productions, et qui plairont.
Wydham Standing, qui créa de fa-
çon saisissante le rôle de Dick, dans
les Morts nous frôlent, est de pas-
sage à Londres. 11 aurait l'intention
de tourner en Angleterre.
J'apprends de bonne source que la
Lambart Film Co, ira tourner d'ici
quelques mois en France. Cette com-
pagnie, nouvellement formée, a déjà
produit Romanee et Réalité, metteur
en scène : Capt. Lambart. L'étoile de
ce film est Miss Cora Griffin.
Les opérateurs de la Gaumont Ltd,
ont filmé les procédés de l'invention
de M. Howard Edmund, appelée photo-
10
cinea
sculpture, d'après des photographies.
Cette bande intéressante paraîtra
dans le documentaire de la Gaumont,
Around the Town.
•
Au meeting du London County
Coucil qui s'est tenu cette semaine, le
Comité des Théâtres et Music-llalls
londoniens a soumis une motion,
relative à l'exploitation des films
passés par le Boavd of Censors.
Après une longue discussion, il a été
décidé que l'entrée des cinémas pro-
grammant des films ayant eu le cer-
tificat « A » (adultes), ne serait pas
autorisée aux enfants, non accompa-
gnés, au-dessous de seize ans. Dans
tous les cas, les certificats donnés par
le Hoard of Censors devront être
montrés aux spectateurs.
•
Une expédition patronnée par les
autorités françaises et espagnoles
quittera Londres le 28 décembre, dans
le but de tourner des documentaires
en Algérie, au Maroc et en Espagne.
Elle est sous la direction de Sir Percy
Sykes, explorateur renommé, connu
plus particulièrement par ses recher-
ches en Asie Centrale. Sir Percy
Sykes a pour assistant M. Adrian
Brunel, précédemment directeur et
metteur en scène de la Minerva
Film Co.
•
Comme suite à mon compte rendu
de la semaine dernière, relatif à la
production de M Denison Clift The
OUI Wives Tais, je soulignerai que
celle-ci a pu paraître « décousue », et
manquer par là d'intérêt, du point de
CLir.HK ciimoi un
La danseuse JASMINE qui vient d'interpréter avec une grâce exquise,
au Gaumont-Palace. Noël d'Alsace, de MM. H. Costil et Jean Nouguès,
en attendant qu'elle paraisse à l'écran.
vue exploitation, en raison des im-
portantes coupures que l'Idéal Film
Co, crut indispensable d'effectuer,
sans doute à tort. Dans sa forme ini-
tiale, tel que M. Denison Clift l'avait
Une scène de Une femme sans importance.
achevé, le film avait une longueur de
(i.000 pieds. L'Idéal le ramena à
5.200 pieds, sans consulter au préala-
ble le producer sur la mutilation
qu'elle faisait ainsi subir à une œu-
vre, conçue et réalisée, pouvait-il
croire, de façon définitive. Certaines
scènes essentielles furent donc arbi-
trairement éliminées, ce qui nuisit à
la continuité de l'histoire ; la valeur
artistiquedu film en fut, d'autre part,
grandement diminuée. Je me fais un
point d'honneur de rendre justice, à
ce sujet, à M. Denison Clift ; d'autant
plus que ceci met au jour un point
intéressant à discuter ; le metteur en
scène peut-il, et doit-il avoir un re-
cours contre de semblables agisse-
ments, que la seule question «com-
merciale » ne peut justifier ? Le film
est en soi une œuvre d'art, bâtie se-
lon des lois distinctes, auxquelles on
ne peut impunément toucher. Le cas
de The Old Wives Taies montre la
nécessité pour le producer d'avoir
une garantie que sou travail sera
respecté.
cinea
11
« The British and Transcontinental
Film, Ltd » est une nouvelle compa-
gnie anglaise de production dont tous
les films seront tournés dans des lo-
cationsétrangères. Elle a pour Direc-
teurs MM. J. G. Wainright.II. C. Sla-
per et G Me Elwee. Le premier film
intitulé The Door ofFate (la porte
du Destin)a pour vedette Nora Swin-
burne. 11 a été pris en Allemagne,
principalement au Jardin Zoologique
de Dresde, sons la direction de M.
John Hagenbeek. M. J. C. Wainright
est actuellement en Amérique, en
pourparlers avec M. Selig, directeur
de la Selig Polyscope Co, qu'il repré-
sente en Angleterre. Il est propable
qu'il organisera une distribution in-
ternationale de ses films ; celle-ci
sera assurée en France parla société
des Films Artistiques. D'autre part,
la compagnie ouvrirait prochaine-
ment un studio en Angleterre.
A. F. Rose.
•
RUSSIE M
Des représentants de« l'Union ciné-
matographique américaine» viennent
darriver à Pétrograd. Ils ont com-
mencé des prises de vues aux envi-
rons de Pétrograd. Ils ont pris égale-
ment tous les artistes de l'Opéra et
du corps de ballet. Leur intention
est d'évoquer les aspects caractéris-
tiques du Pétrograd actuel. Quand
ils auront terminé, ils se rendront à
Moscou et de là, dans le bassin de la
Volga.
On vient de créer à Moscou une So-
ciété de Cinéma : « Kino-Coopérative »
Les premiers fonds sont donnés par
un groupe d'américains. La plupart
des interprêtes sont russes, artistes
des théâtres de Moscou .
•
La plus grande organisation ciné-
matographique existant en Russie
est la « Vciérossiiski-Photo-Kino. »
Elle groupe tous les plus remarqua-
bles interprêtes du cinéma russe:
Barantzevitch, Rébikoff, Donnaïefï,
Knorr, Koulgans La « V. P. K. » a
commencé des prises de vues desti-
nées à des Chroniques de la vie
russe. L'une s'appelle: Dans le tour-
billon de la Révolution, l'autre La vo-
leuse Staritza.
•
Tchardénine, le célèbre régisseur
russe, metteur en scène des films de
Véra Holodnaïa, — la géniale artiste
de cinéma morte subitement à Odessa,
en février 1920, à l'âge de 22 ans, —
se trouve maintenant à Riga, où il
travaille à la Latwijà Film. Nous es-
pérons en obtenir ses impressions
sur le cinéma russe contemporain.
Arthur Toupink.
Riga, décembre 1921 .
PETITS
PORTRAITS
Alargarita Fisher.
Un diable en jupons. Une anguille
sous roche. Bonbon au sel. Parade
de cirque.
e
Pearl White.
Moineau querelleur. Petit revolver
en pendentif. Une gazelle aux abois.
Un gavroche. Points interrogatifs???
•
Musidora.
Une chatte caressante. Vierge folle.
Maillot noir. Sirène sur la grève.
•
André Nox.
Le penseur. Un hibou dans la nuit.
Fin d'orgie. Une lampe qui s'éteint
peu à peu Statue de bronze.
•
Harold Lloyd.
Une pendule folle. Jazz band. Une
puce au pied. Eros en auto.
Tsuru Aoki.
Pagode d argent au clair de lune
Papillon d'Hawaii. Chrysanthème.
Kimono bleu ciel. Rosée de larmes
sur une petite fleur d amandier.
•
Charles Ray.
Jeune lionceau timide. Baisers à
la crème. Flirt. Raie sur le côté. Hési-
tation .. Décidément flirt î
Jacques Christiany.
12
cinea
M M
A U FUMOIR
par Marcel LéVesque
M M
V I I
Dans la fumée lourde la discussion
montait :
— La vérité, c'est que vous autres,
Latins, vous êtes pourris de littéra-
ture! déclara Patchkine, le composi-
teur. Même en musique, nos cama-
rades font île la littérature quand
ils ne prétendent pas réaliser du
Rembrandt ou de l'Angelico.
— La vérité, la vérité... c'est que
chaque art devrait rester à sa place I
trancha Forestier.
— L'art moderne, renchérit Paroi,
prétend aujourd'hui exprimer indif-
féremment la peinture et la musique
par la poésie, et inversement...
— A la rigueur, déclara Rossif, le
mouvement moderne je le comprends
en littérature. Dans les arts plas-
tiques, je le comprends déjà moins:
mais au ci né T.. . le cinéma ou plutôt
la projection cinématographique est
rapide et vous ne pouvez pas obliger
le public à comprendre instantané-
ment des choses obscures... l'effort
est seulement possible ?vec le livre
dont on peut relire un passage, le
méditer, le reprendre, l'interpréter...
comme par exemple l'exige Rimbaud
et les modernes qui en découlent.
— Quel jargon pour un académi-
cien! souffla Maurice à Propelse.
Celui-ci intervint :
— Permettez-moi, maître, de n'être
pas complètement de votre avis : Les
modernes, en un raccourci puissant,
remplacent par des heurts d'images
de longues phrases inutiles : le ci-
néma peut admettre ce procédé. A
dire le vrai, les mots ne sont que les
grossiers symboles d'une réalité dont
les nuances ne sont pas entièrement
exprimables ; or, l'écran est peut être
l'interprète le plus fidèle de la pensée
humaine, car il peut exprimer de
l'homme autre chose que ce dont il a
une conscience précise, comme dit
Han Ryner (et moi je l'applique au
cinéma) 1 écran a pour lui : « le sou-
rire, l'attitude, le geste, le serrement
de main, le baiser, il a les mouve-
ments et les attouchements qui
disent des spontanéités et des mys-
tères, du profond et du non analy-
sable... », bref tout ce qui est vrai-
ment humain et n'appartient pas seu-
lement à un seul langage phonético-
analytique, mais pourrait être com-
pris à chaque étage de la Tour de
Babel.
— BravoT cria ingénument Mau-
rice.
— Bis! ajouta Forestier.
— C'est une conférence... murmura
Paroi.
— N'est-ce pas de tout cela qu'est
fait, en somme, le silence si éloquent
des amoureux? acquiesça Rossif.
Yand continua :
- Le mal provient évidemment de
ce que signalait dernièrement Billy.
— Hello? demanda W. K. Thornton
en prenant son verre.
— Nos scénarios ne tiennent pas
suffisamment compte de cette pro-
priété merveilleuse de l'écran : ils
sont conçus peu visuellement, tou-
jours trop compliqués, et ne laissent
presque rien à l'expression de la
« nature » des comédiens; or, malgré
tout, c'est encore cela qui est le plus
« photogénique ».
— Parbleu! affirma Chanteroy (de
l'Odéon), mais en France, on ne re-
doute qu'une chose : la vedette!
Enfin, Thornton, ajouta-t-il en se
tournant vers l'Américain, le meil-
leur du succès de vos compatriotes
ne provient-il pas de l'exploitation
intelligente de la Star?
— L'Etoile est le pivot! confirma
Billy.
— Ah! triompha le comédien... eh
bien, en France, sitôt qu'un artiste
commence à être aimé du public, il
devient un objet de la méfiance géné-
rale des professionnels et il ne trouve
pas un éditeur assez commerçant
pour le défendre : on le tient à l'écart
ou on lui jette un « ersatz » dans les
jambes.,, tel un cheval de course que
l'on cesserait d'entraîner sous pré-
texte qu'il rcr trop bien...
— Sans doute, mon vieux, ap-
prouva Forestier; mais il y a une
nuance, le cheval de course ne coûte
pas plus de picotin s'il arrive au po-
teau... tandis que l'artiste!
— Il y a une fortune à faire en
France, pourla compagnie qui saurait
exploiter un consortium de vedettes,
déclara Billy.
— Eh bien, faites là, répliqua Fo-
restier.
- Je ne dis pas... déclara W. K-
Thornton, hochant la tête.
— Il n'y en a pas, de vedettes! jeta
Paroi.
— Chez nous, jamais Chariot ne
serait parvenu à s'exprimer, renché-
rit Chanteroy, jamais aucun éditeur
n'aurait consenti à lui fournir les
moyens de réaliser une seule de ses
productions sur le vu du scénario ;
car il ne s'y trouve pas « d intrigue »,
selon la formule française, tout est
dans le détail...
— Et le détail seul est pictural...
c'est ce que je disais, intervint le
peintre Vigneux.
— Si vous étiez à la tête d'une
grosse industrie, peut-être hésiteriez-
vous avant de vous lancer dans des
aventures et penseriez-vous aussi à
suivre, malgré tout, le goût du pu-
blic, remarqua Rossif.
— Mais qui le connaît? demanda
Paroi.
— Et, d ailleurs il change sans
cesse, remarqua Forestier.
— Nous a-t-on assez « corné les
oreilles» avec l'amour du public pour
le naturel et la simplicité au cinéma.
— Il n'y a pas d'art véritable, au
ciné, sans cela, dit Yigneux.
— Mais croyez-vous que le specta-
teur soit si entiché de naturel et de
simplicité? L'expérience nous ap-
prend que le public aime apercevoir
la difficulté surmontée par l'artiste,
il aime voir l'effort... c'est pour cela
que les rôles de composition font
plus particulièrement se récrier d ad-
miration les spectateurs avertis. Au
théâtre, les plus gros succès d'artiste
sont allés aux comédiens qui, dans
une même soirée, ont pu se faire ap-
plaudir sous deux aspects vraiment
divers... et cela sans autre effort sou-
vent qu'un peu d'ingéniosité dans le
maquillage; mais là, le public dis-
cerne mieux la volonté de l'artiste,
cmea
13
sent l'effort d'art et y applaudit.
C'est cette mentalité que flattent les
acrobates et les jongleurs lorsqu'ils
soulignent la difficulté de leur travail
en ratant à dessein de façon répétée
l'exercice capital qui, finalement réus-
sit impressionne plus profondément
les spectateurs et déchaîne d'autant
mieux leur admiration.
— Eh mais, approuveriez-vous
cette sorte de cabotinage? demanda
Rossif.
— Certes non, répondit le comé-
dien; mais écoutez ceci :
Robert-Houdin, dans ses « Mé-
moires », raconte qu'ayant créé un
automate il le présentait aux specta-
teurs, émerveillés du mécanisme qui
fonctionnait sous leurs yeux avec
un bruit compliqué de déclics et
d'engrenages. Il voulut supprimer
ce bruit inesthétique qu'il considérait
comme une imperfection, Il travailla
de longs mois pour parachever sa
mécanique et la rendre aussi silen-
cieuse qu'un mouvement d'horloge-
rie; puis, fier du résultat, il présenta
de nouveau son chef-d'œuvre au pu-
blic... mais il eut alors la surprise
de constater que celui-ci ne se récriait
plus d'admiration ; car ce qui l'éton-
nait était bien moins le travail exé-
cuté par l'automate lui-même, que le
mécanisme compliqué qui l'action-
nait. L'illusion créée était trop par-
faite, aussi... l'illusionniste crut-il
devoir remettre les rouages inutiles
et bruyants, pour retrouver son
« effet » antérieur.
— Evidemment, dit Vigneux.
— C'est un fait, constata Forestier.
— Mais du public ou de l'artiste,
lequel doit suivre l'autre? demanda
Maurice.
— On doit faire l'éducation du pu-
blic, insista Vigneux ; il n'y a pas
lieu de tenir compte de ses goûts
puisqu'en fait il n'a pas voix au cha-
pitre.
— On impose ce que l'on veut im-
poser, le tout est de vouloir, continua
Perlier. Le secret du succès mondial
de Chaplin est d'avoir su ce qu'il
voulait et d'avoir précisé de fois en
fois sa formule : sa force est de nous
présenter des types généraux. Cha-
cun de ses scénarios, de ses gestes,
de ses pensers enfin, tend incons-
ciemment, peut-être et de par son
génie propre en général. Il est ar-
rivé à établir la synthèse d'un carac-
tère, en procédant par l'effet inverse
de « l'analyse visuelle » de menus
faits, qu'il décomposait de plus en
plus, de même qu'il décomposait de
plus en plus les situations de la vie.
Il se garde d'user d'un thème de vau-
deville, comme on le fait chez nous,
car c'est se limiter, limiter son
expression et sa puissance comique.
Il faut renoncer à ce lieu commun
que les films américains ne com-
portent pas « d'histoire », il y en a
toujours une; mais très simple, ré-
duite à sa plus simple expression « à
l'état de support strictement néces
saire ».
Chaplin a compris que le comédien
de cinéma devait être non pas un
interprète, mais un poète se créant
une vie à l'écran et y traduisant une
conception de l'existence. Comme le
disait Paroi citant Gauthier, Charlie
pousse jusqu'au bout la logique de
l'absurde, traitant avec une fantaisie
outranciére une donnée vraie et psj-
chologique. Le rire n'a pas de plus
grand ennemi que l'émotion, et c'est
pour cela que jamais les spectateurs
ne veulent remarquer la double si-
gnification des gestes de Chariot
mais il est humain avec des côtés
d'abandon et de grâce plaisante ou
de plaisanterie gracieuse... Son Idylle
aux champs a toute la grâce d'une
bucolique et c'est une rêverie de
poète : c'est le roman du rêveur
éveillé, de l'éternel coureur d'idéal
qui trébuche sur les réalités... rêveur
candide que guette malicieusement
la vie pour le remettre dans la réalité
avec un coup de pied au derrière...
C'est pourtant ce qui déchaîne le
rire du public; car, comme dit Berg-
son, le rire est loin de s'inspirer
d'une pensée bienveillante ou même
d'équité...
— Est-il bavard le petit bougre T
remarqua Forestier, et il cite ses
auteurs!
Maurice continua :
— Le meilleur scénario peut être
saccagé par l'animateur, ou inverse-
ment; et dans les dernières produc-
tions de Chaplin on reconnaît le cer-
veau qui a monté toute la machine,
jusqu'à ses moindres nuances. Son
grand mérite est d'avoir établi du
rire, au cinéma, un étalon qui peut
nous servir de critérium; Chariot y
est poète et le plus grand des poètes
comiques vivants, et comme les vrais
poètes, il a le don en plus de l'intelli-
gence... je crois qu'il demeurera
classique, comme Molière ou Shakes-
peare...
— Simplement! conclut Forestier.
— Quel enthousiasme! mon jeune
ami, constata 1 académicien en pre-
nant congé; il faut bien qu'il y ait
quelque chose de vrai dans vos ob-
servations pour vous enflammer à ce
point... d'ailleurs, je suis retourné le
voir, et... en réfléchissant bien... il
m apparaît en effet que Chariot...
nous en reparlerons, ajouta-t-il en
tournant sur ses talons...
— Merci pour lui, murmura Patch-
kine.
- Il est plein de bonne volonté, cet
homme, lui répondit Yagneux-La-
brousse...
— Maurice le fera, pas vrai? de-
manda le chroniqueur au jeune ba-
chelier en lui tapant familièrement
sur l'épaule.
Les groupes se formaient autour
des pardessus. Chanteroy aillait
l'académicien à mettre sa pelisse.
— En somme, lui dit celui ci avec-
un sourire de remerciement, en
somme, par l'exercice de son art si
différent de celui du théâtre, le comé-
dien de cinéma, ne subirait pas cette
sorte de déformation professionnelle
qu'on reproche avec une souriante
indulgence à son confrère le comé-
dien de théâtre...
— Le comédien est souvent le
même... mais la déformation est pire!
mon cher maître ; songez qu'en sor-
tant de sa loge, le comédien de
théâtre, lui, y laissait ses oripeaux
et ses accessoires de carton; mais le
comédien de cinéma accoutumé de
« tourner » dans des milieux authen-
tiques, avec de luxueux accessoires,
se trouve désobligé (son travail fini)
d'abandonner .sa somptueuse limou-
sine; car il se croit encore le maître
de l'admirable château sur le perron
duquel il vient de serrer la main de
son cousin le roi du Mazout!... à
force de tourner au cinéma, le ci-
néma lui a tourné la tête!
— Juste retour, conclut l'académi-
cien avec un sourire,., et, comme ils
étaient arrivés sur le trottoir, chacun
après un dernier adieu s en fut de
son côté.
Marcel Lévesqui .
Films usages pour amateurs et
particuliers, depuisOJOcentimes.
BAUDON = SAINT"LO
345, rue Saint-Martin, PARIS
Téléphone : ARCHIVES 49- 1 7
cinéa
Le Cinéma,
École de Crime
zmmm t :
Cinéa a reçu la lettre suivante,
dont aucun indice extevneou interne
ne permet d'affirmer — bien que la
première hypothèse semble plus
vraisemblable si elle est sincère
ou si elle constitue une simple fumis-
terie. A titre documentaire, nous ne
croyons pas devoir refuser de la pu-
blier.
Monsieur le Directeur
Je suis, je n'ai pas honte de l'avouer,
cambrioleur. La Société m'a donné
une instruction qui devait, paraît-il,
m'ouvrir toutes les portes et j'ai cons-
taté qu'elles ne s ouvraient qu'à con-
dition de les aider, et n'ayant ni les
relations, ni les dons physiques né-
cessaires pour réussir dans la poli-
tique ou la haute Banque, j'ai dû
adopter un métier analogue, mais
plus dangereux et moins rémunéra-
teur.
J'aime beaucoup le cinéma, surtout
les films français, quant ils sont hon-
nêtes et sentimentaux comme ceux de
M. de Marsan. Et je trouve très aga-
çant d'entendre des gens, qui seraient
absolument incapables d'ouvrir le
tiroir de leur bureau avec un tire-
bouton, ou d'aller de Paris à Rouen
sans billet, tomber sur le cinéma, dé-
clarer que c'est une école de crime,
où la jeunesse va puiser toutes les
notions nécessaires pour escroquer,
voler ou assassiner.
Les escroqueries, je n'en parlerai
pas; ce n'est pas ma partie, et tout
ce que je puis dire c'est que si les
honnêtes gens étaient aussi bêtes
pour se laisser ilouer qu'on les
montre dans les films, ce serait trop
tentant de se mettre filou. Tenons
nous-en au vol : ça me connaît. Eh
bien, je puis vous dire que nous avons
souvent ri, mes collègues et moi, en
constatant comment étaient repré-
sentés, au cinéma, des travaux qui
demandent tout un apprentissage
Vous avez peut-être vu le film qui re-
présente la fabrication des pianos à
Springield (Connecticut)? Vous n avez
pas eu l'idée, en rentrant chez vous,
de prendre une scie et des planches,
et de vous mettre à construire un
quart-de-queue? Eh bienl vous réussi-
riez encore mieux que si vous vou-
liez forcer une serrure ou ouvrir un
coffre d'après les renseignements que
donne Jim, le Roi des Cambrioleurs,
ou tout autre film de ce genre. Ah! il
ne s'embête pas, Jim, quand il s'agit
d'ouvrir les coffres du dernier modèle!
Il arrive, la lampe électrique à la
main, il colle l'oreille contre la paroi
métallique, fait tourner le bouton fi-
leté entre ses doigts, et... crac, le
coffre s'ouvre ! Essayez sur le vôtre,
en rentrantchez vous, si le coeur vous
en dit! Savez-vous le temps que nous
avons mis à ouvrir le coffre, chez le
bijoutier de la rue de la Paix? Cinq
heures, Monsieur; et si nous n'avions
su que ce qu'on peut apprendre de
notre métier sur l'écran, nous y se-
rions encore.
Dans le film, Jim est pincé parce
quele vieux gardiende nuit se dégage
de ses liens et va prévenir la police.
Je l'avais prévu dès que j'ai vu la fa-
çon dont ils s'y prenaient pour le
ligoter. Moi qui vous parle, je connais
très bien la question, ayant servi à
Versailles, dans les aérostiers: je sais
faire des nœuds qui tiennent, et dans
la bande de Frédéric Masson (rien de
commun avec l'académicien ; c'est le
vrai nom de mon copain, je le donne
pour qu'on ne le reconaisse pas, car
il a été condamné sous un faux nom)
c'est moi qui était chargé d'amarrer
les gens. Et je vous assure que vous
pourriez me confier votre Houdini
sans crainte de le voir sortir des
cordes.
Je ne parle pas des coups de revol-
ver; je n'en ai jamais tiré dans le mé-
tier; Frédéric, qui n'avait pas beau-
coup de préjugés, répétait volontiers
qu'on s'évade de la Guyane, et pas
de la guillotine; et avant chaque
expédition, il nous fouillait pour être
sûr que nous n'avions pas d'armes.
Tout de même j'ai eu des histoires
avec des types, comme tout le monde,
et il a bien fallu que je sorte mon
browning. Eh bien, je puis vous assu-
rer que, lorsque je tirais, je ne faisais
pas de grands gestes comme au ci-
néma, je n'avais pas l'air d'envoyer
des coups de poing dans la figure des
gens, et ça portait tout de même. Le
seul acteur de cinéma qui ait l'air de
savoir ce que c'est qu'un revolver,
c'est Sessue. L'avez-vous vu dans El
Jaguar, quand l'autre type le prenait
à la gorge et que lui, sans bouger,
lui appuyait son arme sur le creux
de l'estomac, avec le sourire? Celui-
là est épatant, j'aimerais à travailler
avec lui. Pas avec Douglas, je ne
pourrais pas le prendre au sérieux,
ni avec Rio Jim, il a l'air trop triste,
il doit faire de la morale entre les
heures du travail .spécialement quand
il est saoul.
Il faut avouer d'ailleurs qu'au ci-
néma, la police n'est pas plus forte
que les voleurs. Avez-vous remarqué
comment ils s'y prennent pour courir
après l'assassin? Ils se mettent en
paquet, de manière à passer tous en-
semble sur le pont miné; et lorsqu'ils
attaquent la maison par devant, c'est
rare s'il y en a deux ou trois qui vont
guetter la porte de derrière. Aussi le
lascar s'esbigne par là, quand on en
est au six cent soixantième mètre :
lire la suite dans Le Petit Journal.
Je sais bien que, s'il était pris tout de
suite on ne pourrait plus passer l'épi-
sode suivant ; mais moi je parle seu-
lement au point de vue instructif.
C'est comme les femmes. Dans les
films américains, toutes les bonnes
femmes qui gagnent leur vie à dan-
ser dans les boîtes (il paraît qu'on
peut y arriver, la-bas, en ne faisant
que cette partie-là du métier : moi
j'aime mieux le croire que d'y aller
voir) sont des modèles de vertu, et
un garçon n'a qu'à se confier à
elles pour éviter tous les embête-
ments. (Je n'ai vu qu'un film où il y
avait une poule de ce genre-là qui
était peinte au naturel, et je vous
assure que Rio Jim l'arrangeait
comme elle le méritait!) Moi, la seule
fois où j'ai été vendu, c'est par une
femme; je m'en suis tiré et elle ne l'a
pas emporté en paradis ; suffit, res-
pectons le mur de la vie privée, comme
dit Landru. Mais si j'avais un fils, je
ne lui conseillerais pas de se fier à ce
que racontent les films.
Je vous écris tout cela parce que
cela m'agace d'entendre dire des bê-
tises. Vous ferez ce que vous voudrez
de ma lettre. Vous comprendrez les
raisons pour quoi je ne signe pas.
Avec tousmes remercîmentsd avance
votre distingué.
Le devoir civique aurait peut-être
commandé de tenir à la disposition
de l'autorité judiciaire cette lettre
dont l'écriture, le timbre de la poste,
lesempreintes digitales pourraient.
si elle émanait véritablement d'un
malfaiteur professionnel.constituer
des indices intéressants. Il a paru
toutefois que le devoir professionnel
commandait à Cinéa de ne pas tra-
hir la confiance ainsi manifestée
par un rédacteur, même occasion-
nel. Aussi la lettre a-t-elle été dé-
truite après composition de la pre-
mière épreuve
cinea
15
Nous avons déjà parle dans nos
numéros précédents du Cabinet du
Docteur Caligari. Nos lecteurs seront
peut-être curieux desavoir l'impres-
sion que ce remarquable film a pro-
duit en Amérique. Il nous a paru
intéressant, à cet égard, de citer
intégralement l'article de notre
confrère Robert Florey dans /'Union
(de Los Angeles) du 26 novembre :
ha Légion des anciens combattants
américains s'était vivement opposée
à la première présentation du fameux
film allemand Le Cabinet du Doc-
teur Caligari. Un accord a dû cer-
tainement intervenir entre la direc-
tion du Miller's Théâtre et l'hono-
rable Légion, car le film a été pré-
senté la semaine dernière sans inci-
dents.
Ce film est incontestablement un
pas en avant dans l'art cinémato-
graphique et je vous assure que j'ai
goûté infiniment plus de plaisir à le
« visionner » qu'à regarder une his-
toire de cow-boys ou de bandits mas-
qués.
La bizarrerie des décors, la concep-
tion spéciale de l'exécution de la
mise en scène, la silhouette et le jeu
des artistes ont été des révélations
inattendues. L histoire elle-même du
Docteur Caligari est spéciale, étran-
ge, et d'une mentalité maladive. On
dirait un récit d'Edgar Allan Poe,
Le Docteur Cali-
gari dans une fête foraine (j'ai beau-
coup aimé ce décor où l'on voyait
des carrousels de cauchemars tour-
ner à une effroyable vitesse, tandis
qu'au fond de l'image se découpait
un décor de maisons construites
d'une façon incohérente, les unes sur
les autres) présente dans sa baraque
un jeune homme (c'est plutôt un spec-
tre) qui depuis 2:? ans est sujet à une
crise de somnambulisme ininterrom-
pue. Ce spectre d'homme commet
tiprés les avoir prédits, une série île
crimes atroces qui ont le don de faire
perdre la raison aux proches des vic-
times, Les rues, les maisons (et ce
bureau de police où les agents sem-
blables à des Martiens sont juchés sui-
des tabourets de trois mètres de
haut...) les meubles, les chaises avec
leurs dossiers immenses, les portes
qui s'ouvrent obliquement dans des
murs peints d'une manière diabo-
lique, la maison de fous, la prison,
tout enfin dans ce film est fait pour
impressionner profondément. Beau-
coup n'ont pas compris la recherche
du nouveau qu'il y a dans cette
bande et ils s'en sont moqués. Ils ont
eu tort. Du reste, ce film allemand
n'est pas le seul du genre et nous en
verrons d'autres, je connais une
grande compagnie américaine qui
tourne actuellement de semblables
productions. Comme de tout on s'en
lassera... Mais il faut avoir vu Le
Cabinet du Docteur Caligari. C'est
un film exceptionnel
Un épisode du
Cabinet
du
Docteur Cal i "il ri.
:: FILMS ::
COSIVIOGRAPH
7, Faubourg -Montmartre
Tél. : BERGÈRE 49-82
16
■
î Les Présentations j
Les Frontières du Cœur.
Comme dans le Dictateur, voici le
pouvoir central d'un État hypothé-
tique de l'Amérique (centrale aussi).
Une jolie citoyenne de l'Union y est
arrêtée comme auxiliaire de.s rebelles
et, prisonnière du général des troupes
régulières, est sauvée par lui et par...
amour. Avant sa fuite, elle avait un
jour revêtu le costume local. Revenue
chez elle, elle en arbore un pareil
pour un bal et elle pense au général.
On aurait pu, ici, terminer par une
scène de fierté mitigée par du regret.
On a préféré faire réapparaître
l'homme expulsé de son pays pour
avoir sauvé un protégé de la demoi-
selle. Le général exilé, alors, épouse...
Précisément, des coups de fusil pen-
dant une émeute, un baiser, etc. Un
tableau fut agréable, celui de la cam-
pagne au clair de lune, quand l'officier
accompagne sa prisonnière libérée.
L'Homme à la peau d'écu-
moire.
Une « Sunshine comedy » : Un
homme qui par mégarde a son visage
imprégné de papier tue-mouches,
semble malade. Comme sévit une
épidémie de variole saunn>n-ver-
dâtre, chacun s'enfuit à son appro-
che : caricature de certaines phobies.
Plusieurs personnages éclatent de
rire grâce à du gaz hilarant. Si le
protoxyde d'azote n'offrait aucun
danger, les directeurs de cinéma
pourraient en dispenser à leur public
pour le succès des films prétendus
comiques. L'Homme à la peau d'êcu-
moire est, d'ailleurs, un peu drôle et,
à la fin, charmant à cause d'une
guenon et de son petit.
•
Douglas au pays des mos-
quées.
Dans un précédent numéro de
Cinêa, on a dit les qualités de Marie
chez les loups, où Mme lierthe Dag-
mar lutte avec intrépidité contre un
ours, parmi des neiges magnifiques.
Gaumont a présenté de nouveau ce
film, en même temps qu'une réédition
de Douglas au pays des mosquées.
Douglas Fairbanks y affirme sa pres-
tance, sa prestesse, son prestige, son
allégresse et son alacrité en enlevant
d'un harem une jeune fille menacée
de regrettable union. Le comique ne
semble point abondant, ici, mais une
mise en scène mouvementée s'agré-
mente d'une perspective très critique
et les femmes, les hommes, les che-
vaux, flattent la vue.
Le Canard... en ciné.
Dans ses charges d'actualité,
M. Lortac a eu la main assez heureuse
pour ce numéro, il a imaginé des
jouets satiriques. L'un d'eux est un
jeu de massacre, mais les fonction-
naires que l'on y abat ressuscitent
immédiatement. Il y a dans le dessin
comique animé, une source de drô-
leries possibles.
Le français tel qu'ils le par-
lent.
Un soldat américain, libéré,
retourne à sa petite ville, chez ses
parents, passe à tort, pour connaître
le français, retrouve une française,
ils se comprennent grâce au diction-
naire et aux sentiments. C'est gentil
et la photographie est quelquefois
magnifique, alors que l'on croit voir
des fusains.
Les conquérants.
1860... les travaux qui doivent abou-
tir à l'établissement d'une voix ferrée
entre l'Atlantique et le Pacifique, un
monde laborieux entouré de trap-
peurs vaillants, de paresseux aussi
qui jouent dans les bars installés
là-bas. Un marchand d'alcool capable
de toutes les vilenies, un ingénieur
brave, une jeune fille aimante et vic-
time, une femme aussi aimante et,
elle, victime définitive. Du tumulte,
du sentiment, surtout une impression
d'exactitude dans les mouvements
de groupes, au bar ou dans une lutte
de caravane contre Indiens.
L'Amour du Mort.
Parfois « la façon de traiter vaut
mieux que ce qu'on traite ». Qu'un
forçat évadé puisse sauver une jeune
fille des griffes d'un médecin sans
scrupules et se marie à la fin avec la
la belle demoiselle, ce n'est pas neuf,
mais un certain mystère, puis un
personnage demi-fou, relevant cette
histoire adaptée d'un roman de Tora
Gallon par M. de Marsan et inter-
prétée par une troupe franco-britan-
cinea
nique (ou franco-américaine?) Le
titre du film est maintenant : La
Fiancée du disparu.
Un Fantaisiste.
Comédie policière sans ingénio-
sité. Rôle principal tenu par William
Collier qui rappelle, par son masque,
le mime Paul Legrand.
Un Charmeur.
Un américain, à Oxford, est rap-
pelé par sa famille après quinze ans
d'absence. Désolation, car il aime
une anglaise ; son oncle et sa tante
exigeront un mariage avec une autre.
Un de ses camarades, John Pratt,
prend sa place et se présente, de
l'autre côté de l'eau, comme le neveu
destroisdamesetdu monsieur graves
et sévères. John Pratt, c'est Douglas
Fairbanks qui a dit et redira :
« J'arrangerai cela. » Et il arrange
tout, en effet, après avoir beaucoup
dérangé. Il rencontre une jolie orphe-
line pauvre et ses cinq petits frères
et sœurs. Il les installe dans sa
pseudo-famille malgré le méconten-
tement avonculaire. Peu à peu, ces
personnes rébarbatives s'humani-
sent, sourient et rient, car le petit
monde, inspiré par l'optimisme de
John Pratt, les émeut et ravit. Le
début, un peu lent, est bientôt suivi
de scènes charmantes. Douglas Fair-
banks, agile comme toujours, joue
avec un rare talent de comédien.
Des mouvements de foules, une nuit
dans la rue et des établissements de
nuit. Un film agréable et, à divers
endroits, gracieux et unpeutouchant.
Pathé- Journal et Revue
Le beau magazine que Pathc-
RevueJ Dans le dernier numéro, le
lac de Garde et les Châteaux d'alen-
tour, Sfax, son port, ses chameliers.
Dans le Pathé-Journal, le maréchal
Foch en Amérique, dans une tribu
de Peaux-Rouges, sautillant par
courtoisie le sobre dandinement de
ces amis, fiers d'une telle visite. Voici
le monument de Flaubert, Saint-Saëns
au piano, voici l'opérateur de cinéma
Ercole entrant en Russie soviétique
sous la garde de soldats rouges, puis
une vue de malheureux qui ont fui
la famine de villes et de villages,
à Samara.
Lucien \Yaiil.
Cinéa. Fondateurs : Louis DELLUC et A- KOUM.wniT
Cinéa. Envoyez lettres, mandats, abonnements b Lonis DEI.LI l< . D
SPECTACLES \
Le sujet de Lorsqu'on aime (Gym-
nase), condamnait cette pièce à n'être
supportable et, pour ainsi dire, réus-
sie, qu'à la condition d'être manquée
par un homme de grand talent. C'est
André Pascal qui l'a manquée. Et
l'audace de cet essai devient, sinon
maladresse, assurément naïveté Les
péripéties se succèdent sans raison,
sans excuses. Les personnages em-
ploient cette langue, non: ce parler,
qui sonnait juste dans le Caducée;
mais ici ce n'est plus d'un meuble à
vendre, d'une piqûre à administrer
qu'il s'agit; et, en fait de mots de
l'âme, nulle vétusté platitude ne nous
est épargnée. Or, comme ça se passe
dans le grand monde (?) et que ce
sont des duchesses et des généraux
qui émettent cette littérature, on di-
rait de fols qui se feraient annoncer
pour monter dans le métro.
M iraele.qu'Arquillière émeuve, que
Jeanne Provost charme, Germaine
Gallois, Rolla-Norman ont de l'éclat,
mais point de naturel. Et Môssieu
André Calmettes, avec vingt défauts
de plus que M. Raphaël Dutlos, ensei-
gne sans une défaillance la façon de
jouer la comédie comme on n'a pas
le droit de le faire.
•
La Couronne de carton, en s'ins-
tallant au Nouveau-Théâtre semble
n'avoir rien voulu conserver, ou le
moins possible, de la mise en scène
de Lugné-Poe. Je crois que c'est dom-
mage.
Je crois que l'atmosphère, à l'Œu-
vre, était exceptionnellement dépouil-
lée, cristalline. Mais cette pièce pré-
tentieuse reste adorable. Plus neuve,
plus concise et plus gonflée que le
Pêcheur d'Ombres, plus poétique,
la Couronne reste une merveilleuse
volupté de l'esprit, quand le Pêcheur
ne l'est que du sentiment Quelle
humanité ici, brillante, frissonnante,
trépidante î
•
VéraSergine, dans L'Aiglon (Sarah-
Bernhardt) est délicieuse, aux mo-
ments de simplicitéet de gaminerie,
admirable, à ceux d'inquiétude et de
douleur, mais dans l'acte de Wagram
elle manque peut-être d'abondance;
Jacques Grétillat habille de la plus
goguenarde rondeur cet impardon-
nable grognard d'opérette; et tous
les autres personnages paraissent
falots et sans grandeur dans cette
œuvre où presque tout n'est qu'élo-
quence. Et puis, n'est-ce pas, c'est
trop célèbre : on attend chaque scène,
et, sitôt jouée, on pense d'elle : tiens I
c'était un sketch...
Raymond Payelle.
LES PAGES DE MA VIE
par Fedor Chaliapine
On baissa le rideau et moi je con-
tinuais à rester immobile, comme si
j'étais en pierre, jusqu'à ce que le
metteur en scène, tout blanc de
colère, commence à me distribuer
des gifles en arrachant de mon corps
le costume du gendarme. Tel que
j'étais à moitié nu, on me chassa
dehors dans le jardin et quelques
instants après on me jeta mes vête-
ments par la fenêtre. Dans un coin
perdu du jardin, je me rhabillai ma-
chinalement. Puis je m'en allai. Je
pleurais.
Je me retrouvai après chez Ka-
mensky, je ne sais comment. J'y suis
resté deux jours dans une cave ayant
peur de sortir dans la rue. Il me
paraissait que tout le monde, la ville
entière, même les vieilles ménagères
qui étaient en train d'étaler leur linge
dans la cour, tous enfin, étaient au
courant de ma triste aventure.
Enfin, je me suis décidé de ren-
trer à domicile et ce n'est qu'alors,
chemin faisant que je me rappelais
soudainement que cela faisait déjà
trois jours que je n'étais pas allé à
mon bureau. Ma mère me demanda
d'où je venais. Je répondis par un
vague mensonge quelconque. Elle
hoche tristement la tête et me dit :
Sûrement on va te chasser de l'Ou-
prava. On est déjà venu demander
deux fois pourquoi tu ne te montre
pas.
Le lendemain je me présentai quand
même au bureau et je demandai au
stepan, le gardien, ce que l'on allait
faire de moi.
— Mais ta place est déjà prise par
un autre, mon petit, répondit celui-ci.
Je restai quelques instants immo-
bile, puis je rentrai lentement chez
moi.
Dans ma famille, les affaires n'al-
laient pas du tout : mon père buvait
de plus en plus. Chaque jour il ren-
trait ivre-mort. Ma mère s'épuisait
aux lourds travaux de ménage en
ville Je continuai de chanter dans
le chœur de l'église, mais cela ne
rapportait pas beaucoup et puis ma
voix, avec l'âge, avait perdu son
timbre enfantin, sans avoir acquis
encore la gravité d'une voix d'homme.
On m'avait suggéré l'idée de faire
une demande au greffe du Tribunal
Civil pour obtenir une place de
scribe. Contrairement à toutes mes
prévisions je fus nommé commis aux
écritures et me voici de nouveau
dans une pièce étroite, toute remplie
de fumée de cigarettes, en train de
recopier les arrêts du Tribunal.
Ici les fonctionnaires n'étaient pas
en veston ou en redingote comme à
l'Ouprava, mais en uniforme aux
multiples boutons dorés.
Tout autour avait l'air très distin-
gué, sévère et grave, j'en ressentais
un grand respect pour toutes ces
choses solennelles et importantes,
mais au fond de mon cœur j'avais le
pressentiment que je ne resterai pas
longtemps dans ce temple de Thémis.
Ici pour la première fois dans ma
vie, je goûtai le plaisir de boire du
café, un breuvage complètement in-
connu pour moi jusqu'alors. On se le
procurait chez les gardiens au prix
de cinq kopeks la tasse. Comme je
ne touchais que quinze roubles par
mois je ne pouvais me payer ce luxe
tous les jours. Mais je m'arrangeai
pour travailler des heures supplé-
mentaires en remplacement de nus
camarades, ce qui me rapportait cin-
quante kopeks de plus pour chaque
séance et ainsi je pus bientôt boire
presque autant de café que le chef de
bureau en personne. Ce chef était un
personnage très important. Il avait
l'air très bien avec ses cheveux gris,
sa moustache fine et une petite bar-
biche, toujours soigneusement tail-
lée. Il avait une voix magnifique,
sonore, une vraie voix de théâtre et
c'était un vrai plaisir de l'entendre
prononcer les paroles même les plus
insignifiantes. Je parle de lui avec
autant de détails, car jusqu'à ce jour
je n'ai pu comprendre comment cet
homme aux manières si distinguées
put me mettre à la porte si grossiè-
rement.
Comme je n'arrivais pas à recopier
tout ce qu'on me confiait pendant les
heures de présence au bureau, j'em-
portais le reste à mon domicile pour
y achever ma tâche.
(A suivre) L. Valter, trad.
DUCHESNE
ucf
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